Intéressant billet de William Blum (né en 1933 – 81 ans), qui est un écrivain et journaliste américain critique de la politique étrangère des États-Unis.

Par William Blum – Publié le 16 octobre 2014

L’État Islamiste

Vous ne pouvez pas croire un mot de ce que les États-Unis ou ses médias grand public disent du conflit actuel impliquant l’État Islamique (EIIL).

Vous ne pouvez pas croire un mot de ce que la France ou le Royaume-Uni disent de l’EI.

Vous ne pouvez pas croire un mot de ce que la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït, la Jordanie, ou les Émirats Arabes Unis disent de l’EIIL. Pouvez-vous dire avec certitude quel côté du conflit est en réalité financé, armé et entraîné par l’un de ces pays du Moyen-Orient, si en fait ils ne soutiennent qu’un seul côté ? Pourquoi laissent-ils leurs jeunes enragés rejoindre les extrémistes islamiques ? Pourquoi la Turquie, membre de l’OTAN, laisse-t-elle autant d’extrémistes islamiques traverser ses frontières pour rejoindre la Syrie ? La Turquie est-elle plus intéressée par l’élimination de l’État Islamique ou des Kurdes assiégés par l’EIIL ? Ces pays, ou ces puissances occidentales, sont-ils plus préoccupés par le renversement de l’EIIL ou par le renversement du gouvernement syrien de Bachar el-Assad ?

Vous ne pouvez pas croire les soi-disant rebelles syriens « modérés ». Vous ne pouvez même pas croire qu’ils sont modérés. Ils ont la main sur tout, et tout le monde a la main sur eux.

L’Iran, le Hezbollah et la Syrie combattent l’EIIL ou ses précurseurs depuis des années, mais les États-Unis ont refusé de s’allier pour la bataille avec l’une de ces entités. Washington n’a pas imposé non plus de sanction à un quelconque pays soutenant l’EIIL, comme il l’a fait promptement pour la Russie en raison de son rôle supposé en Ukraine.

Les fondations de cet abominable embrouillamini d’horreurs politiques et religieuses qui balaient le Moyen-Orient ont été creusées – profondément creusées – par les États-Unis durant les 35 ans (de 1979 à 2014) passés à renverser les gouvernements séculiers d’Afghanistan, d’Iraq, de Libye et de Syrie (comme supplément à la pagaille ambiante durant la même période il ne faut pas oublier les bombardements américains incessants du Pakistan, de la Somalie et du Yémen). On ne peut pas détruire des sociétés modernes, relativement développées et éduquées, en déchirer le tissu social, politique, économique et juridique, torturer des milliers de personnes, en tuer des millions, et s’attendre à la survie de la civilisation et de la décence humaine.

Un point crucial de ces fondations a été la décision américaine de, pour faire simple, jeter à la rue, sans emploi, 400 000 Irakiens formés au combat, dont un corps complet d’officiers. C’était la formule parfaite pour créer une insurrection. Humiliés et amers, certains de ces hommes rejoindront par la suite divers groupes de résistance qui agissent contre l’occupation de l’armée américaine. On peut avancer sans trop de risques que la plus grande partie des véhicules blindés, des armes et munitions et des explosifs qui tuent à chaque minute au Moyen-Orient, sont estampillés « Made in USA ».

Et tous les chevaux de Washington, tous les gens d’armes de Washington, ne peuvent plus réparer ce monde. [NdT : Allusion à la comptine Humpty Dumpty : And all the king’s horses and all the king’s men couldn’t put Humpty together again.] Le monde sait, à présent, que ces endroits sont des «États ratés ».

Pendant ce temps, les États-Unis bombardent la Syrie quotidiennement, officiellement parce que les États-Unis sont en guerre contre l’EIIL, mais en endommageant gravement par la même occasion les capacités de production pétrolière de ce pays (un tiers du budget du gouvernement syrien), ses capacités militaires, ses infrastructures, même ses réserves alimentaires, prenant d’innombrables vies d’innocents, détruisant des sites antiques ; le tout rendant le relèvement d’une Syrie dirigée par Assad ou de toute autre Syrie hautement improbable. Washington cherche sans doute des moyens pour dévaster tout autant l’Iran sous couvert de combattre l’EIIL.

Rien de bon ne peut être dit sur cette terrible situation. Toutes les issues semblent horribles. Tous les participants, de quelque côté que ce soit, sont très suspects, quand ils ne sont pas criminels et déments. Cela pourrait être la fin du monde. A quoi je réponds : bon débarras. Bien essayé, les humains ! Je dirais même, BEL ESSAI… mais bon débarras quand même ! EIIL… Ebola… Changement climatique… irradiation nucléaire… L’Empire… Lequel nous aura le premier ?… Bonne journée.

Le monde est-il plus mauvais et effrayant aujourd’hui qu’il ne l’était dans les années 50 où j’ai grandi, pour lequel croît ma nostalgie à chaque nouvelle horreur ? Ou serait-ce que les horreurs d’aujourd’hui sont bien mieux médiatisées, puisque nous nageons tous dans un océan d’information et de vidéos ?

Après avoir visionné plusieurs vidéos de l’EIIL sur Internet, remplies de scènes des plus dégoûtantes, contre les femmes particulièrement, voici ce que je pense : donnez-leur leur propre pays ; celui qui y habite actuellement et qui veut partir, sera aidé à partir ; toute personne dans le monde qui voudra y aller, sera aidée à le faire. Une fois sur place, ils pourront y faire ce qu’ils voudront, mais ils ne pourront s’en aller qu’après avoir passé des entretiens rigoureux à la frontière afin de s’assurer qu’ils auront retrouvé leur attachement à l’humanité. Quoi qu’il en soit, comme peu de femmes, sans doute, iraient là-bas, le pays ne perdurerait pas longtemps.

Le Mur de Berlin – Un autre mythe de la Guerre Froide

Le 9 novembre marquera la chute du Mur de Berlin. L’extravagant battage a commencé il y a des mois à Berlin. Aux États-Unis, nous pouvons nous attendre à ce que tous les clichés sur la Guerre Froide et Le Monde Libre opposé à La tyrannie Communiste soient débités, et que le conte simpliste de la création du mur soit répété : en 1961, les communistes de Berlin Est ont construit un mur pour empêcher leurs citoyens opprimés de s’échapper vers Berlin Ouest et vers la liberté. Pourquoi? Parce que les communistes n’aiment pas que le peuple puisse être libre, et ainsi connaître la « vérité ». Quelle autre raison pourrait-il y avoir ?

Tout d’abord, avant que le mur ne soit érigé en 1961, des milliers d’Allemands de l’Est effectuaient le trajet vers l’Ouest pour y travailler tous les jours et rentraient à l’Est le soir ; d’autres faisaient des allers-retours pour des courses ou pour d’autres raisons. Donc ils n’étaient pas retenus à l’Est contre leur gré. Pourquoi le mur a-t-il donc été construit ? Il y a eu deux raisons majeures :

1) L’Ouest tourmentait l’Est par une vigoureuse campagne de recrutement de professionnels et de travailleurs qualifiés, qui avaient été éduqués aux frais du gouvernement communiste. Cela a conduit à une sérieuse crise de main d’œuvre et de production à l’Est. A titre indicatif, le New York Times reportait en 1963 : « Berlin Ouest souffre économiquement de la présence du mur avec la perte d’environ 60 000 personnels qualifiés qui se déplaçaient quotidiennement depuis leur domicile à Berlin Est, vers leur lieu de travail à Berlin Ouest ».

Il faut noter qu’en 1999, USA Today rapportait : « Quand le mur de Berlin s’est effondré [1989], les Allemands de l’Est se sont imaginés une vie de liberté où les biens de consommation seraient abondants et où les difficultés s’évanouiraient. Dix ans plus tard, une proportion remarquable de 51% d’entre eux disaient avoir été plus heureux sous le communisme ». Des sondages faits plus tôt auraient même probablement donné plus de 51% de gens exprimant la même chose, parce que, au cours de ces dix ans, nombre de ceux qui se souvenaient de la vie en Allemagne de l’Est avec affection s’étaient éteints ; même si, dix ans de plus après, en 2009, le Washington Post a pu écrire « les Allemands de l’Ouest de Berlin disent en avoir assez des commentaires nostalgiques sur l’époque communiste ressassés par leurs compatriotes de l’Est ».

Un nouveau proverbe est né en Russie et en Europe de l’Est au cours de la période post-unification : « Tout ce que les communistes disaient sur le communisme était faux, mais tout ce qu’ils disaient sur le capitalisme était vrai ».

Notons, de plus, que la division de l’Allemagne en deux États, en 1949 – qui a posé le décor de 40 ans de guerre froide – était une décision américaine et non soviétique.

2) Au cours des années 50, les tenants américains de la guerre froide, en Allemagne de l’Ouest, ont lancé une grossière campagne de sabotage et de subversion contre l’Allemagne de l’Est conçue pour faire dérailler la machine économique et administrative du pays. La CIA et d’autres agences militaires et de renseignement ont recruté, équipé, entraîné et financé des groupes d’activistes allemands et des individus, aussi bien de l’Est que de l’Ouest, pour qu’ils mènent des actions dont l’éventail allait de la délinquance juvénile au terrorisme ; tout ce qui était possible pour rendre la vie difficile aux populations d’Allemagne de l’Est et affaiblir leur soutien à leur gouvernement ; tout ce qui était possible pour donner une mauvaise image des communistes.

C’était une entreprise remarquable. Les États-Unis et leurs agents ont utilisé des explosifs, des incendies volontaires, des courts-circuits, et d’autres méthodes pour endommager des centrales d’énergie, des chantiers navals, des canaux, des docks, des bâtiments publics, des stations d’essence, des transports publics, des ponts, etc. Ils ont fait dérailler des trains de marchandises en blessant gravement des travailleurs ; ils ont brûlé douze voitures d’un train de marchandises et détruit les conduites d’air comprimé [NdT : qui servent pour les freins] sur d’autres ; ils ont utilisé des acides pour saboter des machines de production industrielle vitales ; mis du sable dans la turbine d’une usine jusqu’à la stopper ; mis le feu à une usine de carrelage ; promu des ralentissements des cadences dans des usines ; tué par empoisonnement 7000 vaches dans une coopérative fermière ; ajouté du savon à du lait en poudre destiné à des écoles d’Allemagne de l’Est ; étaient en possession, lors de leur arrestation, de grandes quantités de cantharidine, avec laquelle ils avaient prévu d’empoisonner des cigarettes destinées aux leaders de l’Allemagne de l’Est dans le but de les tuer ; lancé des boules puantes pour perturber des meetings politiques ; ont tenté de perturber le Festival mondial de la jeunesse de Berlin Est en envoyant de fausses invitations, de fausses promesses d’hébergement gratuit, de fausses notifications d’annulation, etc ; ont mené des attaques contre les participants avec des explosifs, des bombes incendiaires, et des équipements destinés à crever des pneus ; ont fabriqué et distribué de grandes quantités de cartes de rationnement pour causer de la confusion, des pénuries et des ressentiments ; ont envoyé de faux avis d’impôts, d’autres directives gouvernementales et des documents variés pour désorganiser et rendre inefficaces l’industrie et les syndicats… tout cela et bien plus encore.

Le centre d’études international Woodrow Wilson (Woodrow Wilson International Center for Scholars) de Washington DC, des conservateurs pro guerre froide, dans l’un de leurs papiers de travail sur l’histoire internationale de la guerre froide (#58, p.9) déclare : « la frontière ouverte de Berlin a exposé la RDA [Allemagne de l’Est] à un espionnage massif et à la subversion et, comme les deux documents de l’appendice le démontrent, sa fermeture a donné une plus grande sécurité à l’État communiste ».

Au cours des années 50, les Allemands de l’Est et l’Union Soviétique ont porté plainte de façon répétée devant leurs alliés d’autrefois de l’Ouest et devant les Nations Unies à propos d’actions précises de sabotage et d’activités d’espionnage, et demandé la fermeture des officines d’Allemagne de l’Ouest qu’ils tenaient pour responsables, et dont ils donnaient noms et adresses. Leurs plaintes sont tombées dans l’oreille de sourds. Fatalement, les Allemands de l’Est ont été amenés à durcir les conditions d’entrée dans leur pays, ce qui a conduit finalement à la construction de l’infâme mur. Malgré tout, même après la construction du mur, il y avait une émigration légale régulière, bien que limitée, de l’est vers l’ouest. En 1984, par exemple, l’Allemagne de l’Est a laissé partir 40 000 personnes. En 1985, selon des journaux de la RDA, plus de 20 000 nouveaux émigrants en Allemagne de l’Ouest souhaitaient revenir en Allemagne de l’Est à la suite d’une déception sur le système capitaliste. Le gouvernement de la RFA (Allemagne de l’Ouest) a dit que 14 300 Allemands de l’Est étaient repartis au cours des dix années précédentes.

N’oublions pas non plus que, alors que l’Allemagne de l’Est était totalement dénazifiée, en Allemagne de l’Ouest, pendant plus d’une décennie après la guerre, les plus hauts postes au gouvernement dans les branches exécutives, législatives et judiciaires se voyaient occupés en grand nombre par d’anciens nazis et « des anciens » du nazisme.

Enfin, il faut se rappeler que l’Europe de l’Est est devenue communiste parce qu’Hitler, avec l’approbation de l’Ouest, l’a utilisée comme autoroute pour atteindre l’Union Soviétique et détruire définitivement le bolchévisme, et que les Russes, au cours des deux guerres mondiales, ont perdu environ 40 millions de vies parce que l’Ouest avait utilisé cette autoroute pour envahir la Russie. Il ne devrait pas sembler étonnant qu’après la Seconde Guerre mondiale les Soviétiques aient été résolus à fermer cette autoroute.

Pour un très intéressant point de vue supplémentaire sur l’anniversaire du mur de Berlin, voir l’article « Humpty-Dumpty and the Fall of Berlin’s wall » [Humpty-Dumpty et la chute du mur de Berlin], de Victor Grossman (né Steve Weschler) qui a fui l’armée américaine en Allemagne sous la pression des menaces de l’ère McCarthy, et qui devint un journaliste et écrivain pendant ses années passées à l’Est en République Démocratique d’Allemagne. Il habite toujours à Berlin et met en ligne de façon irrégulière son « Berlin Bulletin » sur des sujets concernant l’Allemagne. Vous pouvez vous y abonner à wescher_grossman@yahoo.de. Son autobiographie : « Crossing the River: a Memoir of the American Left, the Cold War Life in East Germany » [De l’autre côté du fleuve : mémoires de la gauche américaine, la vie sous la guerre froide en Allemagne de l’Est] a été publiée par la University of Massachusetts Press. Il revendique être la seule personne au monde étant à la fois diplômé d’Harvard et de l’université Karl Marx de Leipzig.

Al Franken, le chouchou des libéraux

Je reçois un flot continu de courriers électroniques d’organisations « progressistes » me demandant de voter pour le sénateur Franken ou de contribuer à sa campagne de réélection de novembre, alors que je n’habite même pas le Minnesota. Même si je pouvais voter pour lui, je ne le ferais pas. Quiconque ayant été un soutien de la guerre en Irak n’aura mon vote que s’il ne renie clairement cet engagement. Et je n’entends pas par là le renier à la manière absurde d’Hillary Clinton prétendant n’avoir pas eu suffisamment d’informations.

Franken, l’ancien comique du Saturday Night Live, aimerait que vous croyiez qu’il a été contre la guerre en Irak depuis le début. Mais il s’est rendu au moins quatre fois en Irak pour divertir les troupes. Quel sens cela a-t-il ? Pourquoi les militaires fournissent-ils des amuseurs aux soldats ? Pour qu’ils gardent le moral bien sûr. Et pourquoi les militaires veulent-ils que les soldats gardent le moral ? Parce qu’un soldat plus heureux fait mieux son travail. Et quel est le travail d’un soldat ? Tous ces charmants crimes de guerre et ces violations des droits de l’homme que moi ainsi que d’autres ont documenté en détail durant des années. Franken sait-il ce que les soldats américains font pour gagner leur vie ?

Une année après l’invasion américaine en 2003, Franken critiqua l’administration Bush car elle « avait échoué à envoyer assez de troupes pour faire correctement le travail. » Pour quel « travail » cet homme pense-t-il que ces troupes avaient été envoyées et qui n’aurait pas été réalisé dans les normes par manque de main-d’œuvre ? Voulait-il qu’ils tuent plus efficacement les Irakiens qui résistaient à l’occupation ? Les troupes de volontaires américains ne pouvaient même pas se défendre en disant y avoir été envoyées contre leur gré.

Cela fait longtemps que Franken soutient le moral des troupes. En 2009, il était honoré par la United Service Organization (USO) pour ses dix ans passés au service du divertissement des troupes à l’étranger. Y compris au Kosovo en 1999, une occupation impérialiste comme vous en rêveriez. Il parle de son expérience à l’USO comme « une des meilleures choses que j’aie jamais faites. » Franken a également pris la parole à l’académie militaire de West Point, encourageant la prochaine génération de combattants impérialistes. Est-ce un homme à remettre en question la militarisation de l’Amérique, chez elle et à l’étranger ? Pas plus que Barack Obama.

Tom Hayden écrivit ceci à propos de Franken en 2005, quand Franken produisait un programme régulier sur la radio Air America [NdT : L’Amérique à l’antenne]. « Quelqu’un d’autre est-il déçu de la défense quotidienne d’Al Franken de la prolongation de la guerre en Irak ? Pas la guerre version Bush, car cela saperait l’objectif louable d’Air America de rassembler une audience anti-Bush. Mais, disons, la guerre version Kerry, celle où on gère mieux et où on gagne, avec d’une manière ou d’une autre de meilleurs gilets pare-balles et moins de chambres de torture. »

Pendant qu’il était en Irak pour amuser les troupes, Franken déclara que l’administration Bush « avait gâché la diplomatie ce qui fait que l’on n’a pas de réelle coalition », puis qu’elle fut incapable d’envoyer suffisamment de troupes pour faire le travail proprement. « Par pur orgueil, ils ont mis la vie de ces gars en péril. »

Franken sous-entendait que si les États-Unis avaient eu plus de succès à corrompre et à menacer d’autres pays pour qu’ils joignent leur nom à la coalition menant la guerre en Iraq, les États-Unis auraient eu plus de chance de GAGNER la guerre.

Est-ce l’opinion de quelqu’un qui s’oppose à la guerre ? Ou bien qui la soutient ? C’est l’esprit d’un libéral américain avec toute sa guimauve à l’eau de rose.

Source : William Blum, le 16/10/2014

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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71 réponses à Le Rapport Anti-Empire n° 133, par William Blum

Commentaires recommandés

Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 06h30

Les vraies causes de l’édification du Mur sont pour moi une vraie découverte. Elles sont beaucoup plus réalistes que la thèse officielle des “citoyens opprimés [qui voulaient] s’échapper vers Berlin Ouest et vers la liberté” : d’une part parce qu’elles ont toujours cours aujourd’hui comme le montrent ces “révolutions” qui surgissent ça et là comme par enchantement, (et alors qu’il n’y en a pas en Grèce où le peuple souffre horriblement), d’autre part parce que personne n’essaye de fuir nos contrées où la liberté d’expression est pourtant étouffée.

Soyons réalistes : quelque soit le régime politique en place et ses méthodes pour contrôler les masses, les gens se fichent de la liberté d’expression, de consommation et d’action. Elles ne cherchent qu’à vivre de façon stable, avec les moyens disponibles et en prenant le minimum de risques, le but de chacun et de chacune étant d’assurer la pérennité de sa famille. La catégorie des entrepreneurs, avides de nouveautés, de risques, de responsabilités, d’informations libres et de libertés en tous genres, n’est probablement qu’une minuscule minorité. Sur cette base, la théorie selon laquelle les citoyens des pays communistes, (ou d’ailleurs), ne pouvaient que désirer ardemment la “liberté” des Occidentaux n’est qu’un leurre. La seule vérité de base, c’est que le citoyen de base veut pouvoir assumer ses besoins de base. Tout le reste n’est que du flanc.

  1. Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 06h30
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    Les vraies causes de l’édification du Mur sont pour moi une vraie découverte. Elles sont beaucoup plus réalistes que la thèse officielle des “citoyens opprimés [qui voulaient] s’échapper vers Berlin Ouest et vers la liberté” : d’une part parce qu’elles ont toujours cours aujourd’hui comme le montrent ces “révolutions” qui surgissent ça et là comme par enchantement, (et alors qu’il n’y en a pas en Grèce où le peuple souffre horriblement), d’autre part parce que personne n’essaye de fuir nos contrées où la liberté d’expression est pourtant étouffée.

    Soyons réalistes : quelque soit le régime politique en place et ses méthodes pour contrôler les masses, les gens se fichent de la liberté d’expression, de consommation et d’action. Elles ne cherchent qu’à vivre de façon stable, avec les moyens disponibles et en prenant le minimum de risques, le but de chacun et de chacune étant d’assurer la pérennité de sa famille. La catégorie des entrepreneurs, avides de nouveautés, de risques, de responsabilités, d’informations libres et de libertés en tous genres, n’est probablement qu’une minuscule minorité. Sur cette base, la théorie selon laquelle les citoyens des pays communistes, (ou d’ailleurs), ne pouvaient que désirer ardemment la “liberté” des Occidentaux n’est qu’un leurre. La seule vérité de base, c’est que le citoyen de base veut pouvoir assumer ses besoins de base. Tout le reste n’est que du flanc.


    • Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 07h03
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      La question politique de la liberté date du fameux “Discours de la servitude volontaire” d’Etienne de la Boétie. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire) Une œuvre qu’il est de bon ton d’admirer mais que je déteste parce qu’elle cache, (comme je l’expliquais longuement sur le site de Jorion, http://www.pauljorion.com/blog/2011/03/10/la-liberte-la-servitude-et-la-mort-par-crapaud-rouge/), “un brûlot contre la liberté“. La Boétie considère en effet que la liberté ne coûte rien : “La seule liberté, les hommes la dédaignent, uniquement, ce me semble, parce que s’ils la désiraient, ils l’auraient : comme s’ils se refusaient à faire cette précieuse conquête, parce qu’elle est trop aisée.” En réalité, “la liberté se paie au prix du sang“, (la vraie liberté, bien sûr, celle du résistant contre l’oppresseur). Cela suffit pour penser que les masses ne sont jamais prédisposées à sacrifier leurs besoins vitaux pour obtenir la “liberté” : les réflexes de survie biologique suffisent à le justifier. Si cela arrive pourtant, comme aujourd’hui dans le Donbass, c’est probablement parce que : 1) l’oppresseur, contrairement au tyran abstrait portraituré par de La Boétie, se présente d’abord comme un ennemi; 2) la masse ne peut pas se dérober à la rébellion, contrairement à ce qui s’est passé en France en 1940, parce que les premiers résistants ont pris le dessus sur elle. Sans doute y a-t-il d’autres conditions : je pense en particulier qu’un peuple se révolte vraiment qu’à condition de se sentir humilié, car cela peut conduire aux conditions précédemment citées.


      • coinfinger Le 10 décembre 2014 à 08h13
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        Pour ce qui est des NovoRossia , réaliser que le combat entr’eux et les Galiciens ne date pas d’hier . C’est une constant historique qui remonte à l’origine du monde Russe .
        Ce qui explique leur promptitude à trouver les bons moyens . Z’ont mis femmes et enfants à l’abri coté Russe et s’explique avec les Galiciens aussi constants dans la régression/transgression qu’eux dans l’émancipation . L’erreur vient des Russes ( Gorbatchev) d’avoir mis le gaz sous controle Galicien , alors qu’ils n’en savent que faire , sauf comme source de pillage . On se demande pour qui travaillait Gorbachev . Z’ont bien fait de l’éjecter .


    • Monika H Le 10 décembre 2014 à 11h42
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      Le rideau de fer est surtout un vaste rideau de propagande;
      Quiconque a fait un travail de recherche un peu poussée sur la période 1956-1989 sait qu’il n’y a jamais eu de rideau de fer en Europe: il y a TOUJOURS eu des échanges économiques, politiques (de très très nombreuses visites et délégation de travail et des visites officielles), éducatifs (surtout des étudiants boursiers de l’Est à l’Ouest et la France était la championne en la matière dès les années 1956) et humains. Par contre ces échanges étaient régulés par les Etats – oui, il y avait des visas à avoir, mais toute l’organisation sociale était régulée par les Etats ca ne choquait donc personne qu’il fallait un visa pour aller dans un pays étranger!).


      • Lage Le 10 décembre 2014 à 23h57
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        Ce n’est pas parce que les échanges existaient que le rideau de fer n’existait pas ! Quant aux visa, il ne faut pas tout mélanger : chaque pays exigeait certes un visa, mais pour les gens qui entrent, pas pour ceux qui sortent !

        Je suis assez perplexe que les cause que ce monsieur donne sur les constructions du mur. Le départ d’environ 3 millions d’Est-Allemand vers l’Ouest dans les années qui ont précédé la construction du mur me semble une raison beaucoup plus convaincante que toutes les déstabilisations et sabotage de la CIA.

        Je vais être méchant avec les USA, mais il faut se méfier de l’anti-américainisme des américains. Comme le reste du monde n’a aucune importance pour eux, ils ont tendance à défendre des thèses anti-américaines en ne tenant absolument pas compte des faits – puisque ceux-ci, de toute façon, ne concerne que des non-américains…


    • Chris Le 10 décembre 2014 à 16h04
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      Un billet qui décoiffe et remet à leur (bonne) place les mythes qu’on nous ressasse : dans la poubelle de la propagande.
      Quelle chance d’avoir encore des personnes âgées qui restituent l’histoire factuelle.
      Un billet somptueux car il replace les événements et les enchainent, tel un puzzle auquel on ajoute les dernières pièces pour rendre une image compréhensible.
      Un grand merci à William Blum ainsi qu’aux traducteurs.


  2. Judabrutus Le 10 décembre 2014 à 07h05
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    À lire ce document, je me dis que tout ce chaos qui ne cesse de s’ étendre de par le monde depuis la dernière guerre mondiale tient à un facteur aussi simple que lourd de conséquences : la ” démocratie” américaine, avec son bipartisme scénarisé, est en réalité unijambiste. Ce qui manque à ce pays, ce qui lui a presque toujours manqué c’est une gauche digne de ce nom, c’est à dire, organisée, active , capable de donner une réplique de niveau aux flibustiers démocrates et républicains qui alternativement se passent les clefs de la maison blanche. Tant que cette gauche sans cesse tuée dans l’oeuf, qui se réduit à quelques dissidents radicaux exilés de l’intérieur ou expatriés, n’aura pas su s’ imposer dans le paysage politique américain et dans les mentalités de cette nation “vertueuse et patriote”, alors le monde ne sera sûr pour personne. Et si l’on ne veut pas qu’en Europe s’ accentue encore le phénomène de déclin de nos propres gauches authentiquement alternatives , alors il devient urgent d’ouvrir une souscrition, de récolter des fonds pour aider à la naissance de vraies organisations d’opposition politique dans un État passé maître dans l’art de détruire le pluralisme dans les caves de son édifice constitutionnel democratique. Je plaisante à peine : le pays qui, aujourd’hui, a le plus urgent besoin que l’on y fomente une révolution de couleur ce sont les USA eux- mêmes ! Faute de quoi, nous pouvons nous préparer au pire .


    • Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 07h30
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      Vous avez mille fois raison, mais l’on voit bien que l’Amérique est trop jeune pour avoir eu le temps de faire apparaître un bipartisme réel, alors qu’en Europe les vraies oppositions abondent : le christianisme contre le paganisme, le protestantisme contre le catholicisme, la science contre le dogmatisme religieux, la république contre le monarchisme, les communistes contre les fascistes, etc. Aux USA, ils n’ont connu que la guerre de Sécession à cause de l’esclavage : mais ce don de la liberté aux esclaves n’a pas contribué à diversifier l’offre politique ni intellectuelle.


      • Judabrutus Le 10 décembre 2014 à 08h40
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        Bien sûr, crapaud rouge, mais considérez aussi que c’est peut-être le bipartisme lui- même qui doit être remis en cause, comme levier de contrôle et de restriction des possibles politiques. L’Angleterre n’a pas la circonstance atténuante de sa jeunesse et c’est pourtant elle qui a montré la voie de cette forme d’emprise consensuelle sur ce qui peut être considéré comme la forme tolérable de l’opposition politique policée. Ce bipartisme qui s’ installe un peu partout dans les vieux pays comme les jeunes me paraît à plus d’un égard, au prétexte de fournir une majorité solide à l’exécutif (USA) ou à défaut de constituer des coalitions de gouvernement( Israël par exemple), un moyen commode de neutraliser en douceur l’intrusion de forces neuves dans un combat politique réduit à l’état de simple débat sur les moyens, en occultant soigneusement les questions de fond . La démocratie, oui, mais la démocratie sous contrôle ! telle me semble être la règle de fonctionnement de cette conception du jeu démocratique qui aujourd’hui prétend à l’exclusivité. Et je crois que cette recette éminemment conservatrice est une supercherie vieille comme le monde.


        • Renaud 2 Le 10 décembre 2014 à 11h37
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          Le bipartisme est un simulacre de démocratie, et ça ne date pas d’hier. Voilà par exemple une citation d’un journal de banquiers américains datant de 1892 :
          “Nous (banquiers de Wall Street) devons occuper le peuple avec des antagonismes politiques […] sur des questions qui, pour nous, n’ont de toute façon aucune importance.”
          (“We must keep the people busy with political antagonisms. We’ll therefore speed up the question of reform (of tariffs within) the Democratic Party; and we’ll put the spotlight on the question of protection for the Republican Party. By dividing the electorate this way, we’ll be able to have them spend their energies at struggling amongst themselves of questions that, for us, have no importance whatsoever.” United States Bankers magazine, 1892 as quoted in the Michael Journal, Jan-Feb 2003).
          Edward Bernays a peaufiné le concept (élaboré d’abord par Gustave le Bon au XIXème siècle) avec son livre “Propaganda” sorti en 1928. Le but a toujours été de manipuler l’opinion publique pour qu’elle n’interfère pas avec les “Affaires”.
          Les antagonismes cités par Crapaud Rouge ne sont pas tous pertinents. Je ne vois que deux mouvements qui s’opposent aux “Affaires”, les religieux de tous bords qui condamnent l’usure, et certains écologistes (et autres) qui remettent en cause le productivisme.


        • Milsabor Le 10 décembre 2014 à 16h16
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          Cette dégénérescence de la démocratie que vous dénoncez comme un effet du bipartisme n’est-elle pas l’évolution naturelle darwinienne de la perversion de pouvoir permise par la démocratie représentative ? Les élus se sont constitués en classe entrée en collusion avec les alliés de classe que sont les capitalistes, les militaires, les curés et les managers du culturo-mondain. C’est la grande imposture de la Révolution Française.


      • Alae Le 10 décembre 2014 à 13h04
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        @ Crapaud Rouge :
        Le bipartisme, aux USA, n’est pas dû à un manque de confrontations. Ils en ont même plus que leur content : c’est une des sociétés les plus divisées au monde.
        La cause en est le système instauré par les Pères Fondateurs, qui se méfiaient du peuple au point de refuser ce que les Américains appellent encore aujourd’hui, comme un credo fondamental, “la tyrannie de la majorité”. Les Pères Fondateurs avaient bien spécifié que l’Amérique n’était pas une démocratie, mais une République (quoi qu’ils aient entendu par ce mot). Le système des grands électeurs, censé opérer comme une zone-tampon entre la masse du peuple et la minorité autorisée à prendre des décisions politiques pilotées par les partis, verrouille les élections au profit des deux tendances majoritaires.
        http://www.thisnation.com/question/011.html
        D’où les multiples contrepoids offerts par les tribunaux, associations, lobbies du secteur privé, etc, qui contribuent à polariser la politique tout en atomisant la prise de décisions et en instaurant un climat de conflits perpétuels. La politique, aux States, est un étrange mélange de patchworks judiciaires où les tribunaux, au niveau des Etats, passent leur temps à contrer l’Etat fédéral et de bipartisme monolithique.
        Ajoutez à ça les montagnes de dollars offerts aux candidats des deux partis majoritaires pour leurs campagnes, et vous avez le package complet d’un bipartisme indépassable inscrit à l’intérieur d’un cirque monumental.


    • boduos Le 10 décembre 2014 à 14h02
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      @judabrutus
      faux bipartisme aux USA,c’est juste mais il n’y a qu’une mouvance de gauche: cette mouvance qui méprise les racines des l’homme (et promeut l’homme nouveau,la théorie du genre,le politiquement correct,l’ingérence humanitaire, …le messianisme maçonnique..)
      L’atlantisme de la SFIO et de ses héritiers en est la preuve.
      L’anti américanisme de de Gaulle en est une autre.


    • Alae Le 10 décembre 2014 à 15h41
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      @judabrutus
      “Ce qui manque à ce pays, ce qui lui a presque toujours manqué c’est une gauche digne de ce nom, c’est à dire, organisée, active…”

      Il ne peut pas y avoir de vraie gauche sociale aux USA, suite à un endoctrinement ultra-libéral et anti-étatiste dont je ne m’explique pas l’extraordinaire ancrage dans les mentalités. C’est un phénomène que l’on ne peut que constater sans en comprendre l’origine exacte : diabolisation du communisme sur des générations ? phobie du pouvoir central (toujours assimilé au fascisme ou au communisme) instaurée dès l’école ? En tous cas, quand on parle avec eux, leur incompréhension du rôle théorique de l’État en tant que reflet de la volonté du peuple et organisme de régulation fondé sur le bien commun est carrément sidérante.
      A l’arrivée, la seule contestation possible, chez eux, est centrifuge : encore plus de libéralisme avec, à l’extrême, l’anarcho-capitalisme des ultra-libertariens, à savoir plus d’Etat du tout et un libre-échange totalement dérégulé.
      Et à gauche, les Américains n’ont rien d’autre dans leur besace que le progressisme sociétal.


      • Judabrutus Le 10 décembre 2014 à 18h10
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        Je partage complètement votre analyse, jusqu’à la perplexité sur laquelle elle vous laisse.À croire que dans ce pays qui fut pendant tout le 1er tiers du XXe une terre d’immigration pour tous les desperados politiques d’Europe, s’ opère une sorte de mutation génétique. En deux générations, il vous fabrique des anticommunistes qui le sont d’autant plus que n’en ayant jamais vu, ils en voient partout.


      • Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 20h42
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        Alae, tout ce que vous dites est très intéressant, mais je n’ai pas grand chose pour vous répondre, sinon que leur anti-étatisme me semble dans le droit fil de la révolte luthérienne qui était dirigée contre l’Église catholique et sa papale hiérarchie. Pour les cathos, vivre en “bon chrétien” c’est surtout se conformer aux préceptes de l’Église, (en premier lieu le respect de l’ordre établi), pour les protestants seule la foi personnelle importe. Il me semble qu’ils refusent, ou du moins qu’ils ont beaucoup de mal à respecter des autorités instituées et à leur faire confiance. D’où ces batailles en pagaille que vous évoquez dans un com’ plus bas.


        • Alae Le 10 décembre 2014 à 21h59
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          C’est exactement ça, Crapaud Rouge, bravo d’avoir noté les bases protestantes de l’esprit américain. Leur haine de toute centralisation découle effectivement du Protestantisme, chez eux un mélange de Luthéranisme et sotto voce, du Calvinisme des Puritains, qui mettent tous deux l’accent sur la doctrine du libre examen : chaque croyant est, au même titre que tous les autres, porte-parole de la “volonté divine”. Il n’y a pas de théologien “pro” qui vaille et tous ont un accès égal à la “grâce”. De sorte que chaque personne, même si elle est seule à soutenir une vision particulière, porte celle “de Dieu” à ses yeux et est convaincue d’avoir raison contre tous. Et en avant toutes, les conflits et les divisions !

          A opposer à l’esprit centralisateur du Catholicisme, qui unifie ses troupes grâce à un dogme commun. Les anciens rois païens tels que Clovis, par exemple, avaient parfaitement compris les avantages politiques du christianisme “centralisé” façon catho/orthodoxe (pré-schisme) de l’époque : l’unification des territoires par une foi et une doctrine communes. S’il s’est converti et a poussé ses sujets à la conversion, c’était avant tout dans ce but.

          Cela étant, il doit y avoir autre chose en plus du Protestantisme. Je ne pense pas q’une peur pareille de toute centralisation ou de toute délégation de pouvoirs à l’Etat puisse n’avoir qu’une seule cause… mais quelles sont les autres ?


      • Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 21h13
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        Alae, je profite de votre post pour prolonger le débat. Il se trouve que j’avais pondu, encore sur le site de Jorion, un billet traitant de la thèse de Weber dont je suis fan. (http://www.pauljorion.com/blog/2010/06/17/lesprit-du-capitalisme-dapres-le-roman-loeuvre-de-max-weber/) Pour moi il est évident que les doctrines religieuses sont le terreau de toutes les autres, même si les liens peuvent sembler très lâches. Mon billet avait été franchement contesté par “Moi” qui m’expliquait que “Les théologiens ne se sont pas inspirés de l’économie, mais ils ont été sélectionnés sur base de leur utilité pour l’économie.” : soit, mais si les théologiens n’inventent pas d’abord des théologies, l’économie ne peut pas les “sélectionner”. Bref, les idées religieuses précèdent les autres, parce qu’elles concernent des principes fondamentaux, comme celui de l’acceptation/refus d’une autorité instituée.


        • Alae Le 10 décembre 2014 à 22h23
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          “Bref, les idées religieuses précèdent les autres, parce qu’elles concernent des principes fondamentaux, comme celui de l’acceptation/refus d’une autorité instituée.”

          Bingo, Crapaud Rouge. Encore bravo ! Et cela situe la problématique des relations entre les USA et nous sur le terrain d’un clash culturel sur des principes fondamentaux, dont je ne pense pas qu’il soit artificiellement réductible. Pour arriver à s’entendre, il faudrait que l’une des parties renie ou oublie l’ensemble de ses bases culturelles… ça risque d’être coton, même si les USA travaillent dans ce sens depuis longtemps ici.


        • olivier69 Le 11 décembre 2014 à 02h10
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          Bonsoir crapaud,
          Autorité ? Pas seulement, il y a aussi parfois une évidence, et même scientifique (cf les constantes cosmologiques, la probabilité d’une protéine,…). Pour certains, cela peut également être un espoir (ce n’est pas mon cas). L’espoir et/ou l’autorité se retrouvent davantage chez ceux qui pensent que l’argent est une récompense…Malgré mon admiration pour Pasteur, dans le cas présent, Eddington voit plutôt juste :
          https://www.youtube.com/watch?v=ig5rjCk_HWI
          Cdlt
          ps : pratiquement les 20 plus grands de l’histoire scientifique.


    • Chris Le 10 décembre 2014 à 16h07
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      Un pays qui restera “unijambiste” aussi longtemps qu’il pratiquera un colonialisme outrancier. C’est le colonialisme (peu importe la forme) qui est la seconde jambe !


  3. ISTINA Le 10 décembre 2014 à 07h41
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    Comme dans toutes les théories, il y a à boire et à manger.

    J’ai sévi en Allemagne et dans l’est Européen après le 8 Mai 1945.
    En Allemagne de l’Ouest, ce fut une invasion de hordes d’Allemands
    de l’Est qui fuyaient le Communisme.

    Quelle fut la réaction des Allemands de l’Ouest ???

    élémentaire, chaque famille de l’Ouest devait prendre en charge
    une famille équivalente de l’Est(( soit logement et nourriture)).
    Quant au Landrat lui, il donnait l’exemple, il s’attribuait Deux Familles et personne
    ne s’en plaignait.
    Tous devraient être objectifs, je trouve que l’auteur de l’article, pousse un peu trop
    le positif vers la R.D.A.


    • ISTINA Le 10 décembre 2014 à 07h54
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      Mille excuses, au niveau France, le Landrat ça équivaut à un Préfét.
      A la différence, au point de vue Espace territorial, ce serait l’équivalence
      en France, d’une sous-Préfecture mais, le Landrat a quasiment les
      mêmes attributions qu’un Préfét Français.

      N’est-ce pas un peu embrouillé ? Issu de l’immigration, mes tournures
      de phrases s’avèrent un tantinet alambiquées.
      p/s par issu de l’immigration, cela signifie, ma famille fût Francisée
      en vertu du SENATUS CONSULTE de l’an 1865 à la même époque
      que les Référendums qui attribuèrent la SAVOIE et le COMTE de NICE
      à la France.


      • Monika H Le 10 décembre 2014 à 11h54
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        Sur la prétendue “prise en charge de chaque famille” je vous conseille de voir l’excellent film “de l’autre côté du Mur” – de Christian Schwochow, en Allemand le titre du film est “Westen”. – on y voit une femme s’enfuir avec son enfant de l’Est à l’Ouest et … pourrir pendant des mois dans un de ces fameux “camp de transit” dont j’imagine que peu en France soupçonnait l’existence. Allez voir ce film, il vous montrera comment ca se passait vraiment avec ceux qui avaient “choisi la liberté”! ( et n’oubliez pas que quand les citoyens de l’est employaient cette expression, “choisir la liberté” , il le disaient ironiquement!)

        Dans mes souvenirs personnels des années 80 j’ai les camps en Autriche – les Polonais pouvaient aller en Autriche sans visas dans les années 80. Inévitablement une partie d’entre eux demandaient l’asile politique et atterrissaient dans les fameux camps de transit. Il y étaient tellement humiliés et maltraités qu’ils… demandaient l’assistance au consul polonais… du régime qu’ils venaient pourtant de fuir! Le consul était bien embêté parce qu’il voulait aider ses compatriotes mais normalement il ne pouvait plus le faire puisqu’ils avaient choisi de se mettre sous la protection de l’Etat autrichien! De plus on n’a jamais enlevé le passeport polonais à ces fuyards – ce que le régime aurait pu faire, mais il ne l’a pas fait.


        • ISTINA Le 19 décembre 2014 à 00h01
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          J’ai choisi la Liberté ????????
          Ich welt fur die Freïheit …………..Orthographe non garantie car, je suis illettré
          en Allemand !


    • Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 08h11
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      une invasion de hordes d’Allemands de l’Est qui fuyaient le Communisme” : effectivement, car le communisme d’alors ne constituait pas seulement un système de non-liberté de pensée : c’était aussi, par l’espionnage généralisé des gens jusque dans leur vie privée, un système d’obligation de penser conformément aux dogmes. Ce système était inadmissible parce qu’il sollicitait la délation et faisait vivre les gens dans la peur, comme le fascisme ou la mafia. Et il faut dire qu’en Chine, il fut porté encore plus loin, par exemple avec l’épisode du Grand Bond en Avant qui provoqua des millions de morts par famine. Tout cela fut pain béni pour les libéraux sauce occidentale : ils ont pu sanctuariser “la liberté” et la servir à toutes les sauces, alors qu’elle ne constitue nullement un bien en soi.


      • Renaud 2 Le 10 décembre 2014 à 12h04
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        Dans ce commentaire Crapaud Rouge, vous faites l’analogie entre le communisme et le fascisme, tandis que dans le précédent vous parlez d’antagonisme. Il y a en effet beaucoup d’analogies à faire entre communisme et fascisme – tels qu’ils ont été appliqués en tout cas -, tous deux sont productivistes, tous deux restreignent la liberté des peuples (et tous deux ont été financés par Wall Street…).


        • Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 13h12
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          Dans mon com’ ci-dessus, je prends pour argent comptant le point de vue d’ISTINA, après avoir pris, dans mon 1er com’, celui de l’auteur du billet. Deux points de vue totalement contradictoires : j’avoue ne pas savoir où est la vérité, parce que le système policier des régimes communistes n’est quand même pas une légende.


        • ISTINA Le 19 décembre 2014 à 01h24
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          Je ne fais qu’écrire ce que j’ai vécu ou à quoi j’ai assisté.. .
          où fut pratiquée la solidarité entre Allemands; ce n’était pas en 2014 après Jésus-Christ. Mais tout simplement 1945, d’un Pays quasiment en ruines, tous les hommes mobilisés,donc prisonniers, les femmes de tous âges déblayaient les décombres, les plaçaient sur le trottoir afin de pouvoir permettre de
          se déplacer à pieds ou charriots le long des rues.
          Les mises en demeure d’accueillir des familles de l’Est, c’était en Rhénanie
          Palatinat dans une localité non bombardée.
          Je ne fais pas un reportage à sensations, seulement de vie courante.
          Nous, nous avions à manger !
          Une soirée pour assister au quotidien de ces civils.
          Un grande salle, un énorme chaudron dans lequel la carcasse d’un boeuf
          était mise à bouillir, tête et sabots inclus !
          Ensuite, chaque mère de famille avec un bidon, repartait avec le bouillon gratuit.
          LE BOUCHER SORTAIT LA CARCASSE,les déchets retombaient dans le chaudron, les os et les 4 sabots, les cornes, récupérait les petits morceaux de viande, les passait au cuter en ajoutant une poudre colorante orange et garnissait
          les saucisses. j’ai été dégoutté définitivement des saucisses genre Franckfort.


      • boduos Le 10 décembre 2014 à 14h10
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        @crapaud rouge
        “…espionnage généralisé ..”
        c’est de la France ( et de l’Allemagne d’aujourd’hui dont tu parles ?


    • Papagateau Le 11 décembre 2014 à 00h52
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      Année 1945 ?
      C’est pas l’année où 5 millions d’allemands des nouveaux territoires polonais (Silésie, vieille Prusse, Poméranie orientale) ont été expulsés ?
      A mon avis, ni les russes, ni les polonais n’ont cherché à les retenir.
      Quant aux allemands de l’est, leur pays était trop petit pour un tel afflux.
      Il ne faut pas parler de courageux défenseur de la liberté mais d’expulsés. C’est beaucoup moins valorisant pour l’ouest, et contraire à la rengaine médiatique, mais c’est plus vrai.
      /
      Pour l’argument de la soif de liberté, je le trouve un peu gonflé pour un peuple qui lui a préféré Hitler.
      Les communistes plus tatillon que la Gestapo ? Plus violent aussi ?
      Rappel : les landers où Hitler a dépassés les 50% ont été ceux de l’Est. Une forme de justice divine ?


  4. arnold99 Le 10 décembre 2014 à 08h23
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    Sur les deux zones géographiques que cite William Blum, je voudrais poser deux questions.

    Que serait-il advenu de l’Iran sans le coup d’état fait par la CIA contre Mossadegh, théorisé par Kermit Roosvelt et utilisé sans fin par les frères Dulles pour arriver à la révolution des parapluies en passant par les révolutions de couleurs et autres printemps arabes ?

    Je pense que tout le Moyen Orient aurait été beaucoup plus stable du fait du développement économique qu’aurait entraîné l’exploitation des richesses pétrolières. Mossadegh avait réussi à évincer les compagnies pétrolières britanniques et leur système colonial.

    Les Américains tout en critiquant ouvertement l’attitude coloniale de l’Angleterre ont implantés leurs compagnies pétrolières soutenant une politique de répression policière infiniment plus dure et plus abjecte que celle précédente pour finir par un régime islamique dont le peuple subit encore de nos jours les conséquences.

    Que serait-il advenu de l’Europe si l’URSS ne s’était pas opposé aux USA ?

    N’imaginons pas que nous serions devenus Américains pour notre plus grand bonheur, nous serions devenus une simple colonie, un peu comme celle que nos élites nous préparent.

    La transition de peuple libre vers asservi aurait été simplement plus brutale.

    Je tiens à préciser que je ne fais pas l’apologie du stalinisme, du soviétisme, etc… car je connais très bien les souffrances matérielles du peuple russe.

    Et je dis une nouvelle fois merci à ce peuple russe pour les sacrifices de la seconde guerre mondiale, pour la période soviétique et pour la période de désintégration libérale orchestrée par les USA dans les années 90.

    Et aussi aujourd’hui aussi !


  5. coinfinger Le 10 décembre 2014 à 08h33
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    Ici bas , il n’existe pas de sainteté . Méme les saints ont un doute sur eux mémes , ce n’est qu’avec circonspection , (en tout cas çà devrait ) qu’on délivre le certificat .
    Forcément à l’Est , ils sont moins riches , donc moins généreux , plus tyranniques .
    La vraie question elle est pour les riches , dont nous sommes , tout au moins certains . Il est requit depuis la nuit des Temps qu’ils soient encore plus généreux . C’est l’humanisme , le christianisme , etc … Socialisme et Internationalisme en était les derniers avatars .
    Mais à quoi assistons nous depuis , au moins trente ans ? Les Riches se rebiffent contre leurs devoirs , s’émancipent du reste de l’humanité , renouent avec leurs démons ancestraux : tout pour ma gueule ‘ , abus de pouvoir en tous genres . Conséquence : il est nécessaire de les ramener au réel , çà passe par une condescendance pour les travers des pauvres . Assumée , pas question de tomber en admiration devant Poutine ,ex Chavez ou les Novo Rossia ou les osties , simplement les défaults des uns ( ceux nés avec une cuiller dans la bouche qui croient que tout leur est du ) sont plus grave que ceux des autres .
    On peut étre cool sur la question : l’histoire a toujours tranché du bon coté , les derniers sont devenus les premiers . ( et ainsi de suite ) .


    • pierre9459 Le 10 décembre 2014 à 09h19
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      Absolument pas d’accord avec cette vision dirigée que vous proposez.
      Être moins riche, c’est être moins généreux et donc tyrannique … on croirait que vous affirmez ça pour vous en convaincre vous-même.
      Ensuite, vous affirmez ou présupposez sans rire que les riches ont décidé d’oublier les devoirs qu’ils avaient envers les pauvres et que maintenant, c’est le règne du Tout Pour Ma Gueule pour ces gens là.
      Vous faites d’une majorité d’humains conditionnée à ça une vérité de la minorité qui depuis la nuit des temps (ou quasi) parasite les autres et leur vole ce qu’ils produisent.
      Il ne s’agit pas de ramener ceux qui tirent les ficelles à ce que vous appelez leurs devoirs car agir ainsi, c’est accepter ça comme étant une loi de la nature : non pas celle du plus fort, mais celle du plus malin qui se sert d’un artifice particulier (la richesse qu’il a lui-même défini au départ par la force) pour dominer les masses et les asservir.
      Ce vers quoi il faut absolument tendre si l’on veut changer cette fois-ci durablement les choses, c’est purement et simplement l’élimination de ces classes parasites qui empêchent le monde de pouvoir progresser. Quand je parle d’élimination pure et simple, j’aimerais bien sur que cala puisse se faire en douceur, sans violence et dans la sérénité la plus totale. Mais vous savez qu’il n’en sera jamais ainsi car tant que le pou est sur votre tête, ce n’est pas juste en le mouillant qu’il s’en ira…
      Alors bien sûr, vous modérez quelque peu votre propos en christianisant légèrement la fin de votre propos (les derniers seront les premiers). Il n’empêche que tant que la masse acceptera qu’une infime minorité se serve sur sa couenne, rien ne pourra avancer et cette minorité pourra toujours œuvrer en coulisses pour que cet état perdure, y compris et surtout par le meurtre et la guerre comme on le constate journellement !
      Poutine, je ne sais pas, c’est un patriote qui défend me semble t-il les intérêts de son Pays. Que ces intérêts servent les siens propres n’y change rien. Chavez a fait bien plus pour le Venezuela en 10/12 ans que n’importe quel gouvernant n’a fait pour son propre pays. Je n’irai pas pour ma part reprendre les slogans impérialistes des USA contre Chavez (insécurité, corruption etc) pour tenter d’amoindrir des choses bien plus criantes (misère en baisse, santé, alphabétisation etc etc)
      J’affirme ici que les bilans de Chavez et de Poutine (les autres je ne connais pas assez) sont largement positifs.
      Si vous le désirez, on peut maintenant parler du bilan des USA, de leurs grandes oeuvres dans le monde, de leur apport “démocratique” sur la planète …mais pour ça, il faudrait laisser la parole à des gens qui hélas ne sont plus là pour témoigner. Mais la magie des USA fait qu’en matière de saloperies en tous genres, on peut affirmer : “Série en cours” !
      Georges Carlin déclarait de son vivant : Vous savez pourquoi on parle de rêve Américain ? C’est parce qu’il n’y a qu’en dormant qu’on pourrait croire pareilles âneries !


      • coinfinger Le 10 décembre 2014 à 09h31
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        Pourquoi vous vous énervez là . Généreux , c’est relatif . En proportion ce sont les plus pauvres les plus généreux . Mais ils donnent moins en absolu . Méme chose pour la liberté , si vous pouvez perdre beaucoup , vous étes plus large vis à vis des fantaisies et erreurs des uns et des autres , surtout que parfois y a du génie qui apparait .
        C’est dialectique mon propos , dans le yin y a du yang et inversement . J’en suis là au baton courbe , il est courbé dans un sens , faut le recourber dans l’autre sens pour avoir du droit .


        • boduos Le 10 décembre 2014 à 14h27
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          @coinfinger
          d’ailleurs ils sont pauvres parce généreux.
          ce rêve américain qui nous aliène dans un perpétuel désir de posséder souvent le superflu est notre chaine.
          tout est dévoyé dans le discours américain et de ses inspirateurs tout puissant,je préfères leur vraie tradition du “Jubilé “.


      • fanfan Le 10 décembre 2014 à 10h59
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        @pierre9459
        “Poutine, je ne sais pas, c’est un patriote qui défend me semble t-il les intérêts de son Pays. Que ces intérêts servent les siens propres n’y change rien”

        Réponse >>> “Putin 2000 – 2014, Midterm Interim Results: Diversfication, Modernization and the Role of the State in Russia’s economy” – 09.12.2014 – Awara Group – Jon Hellevig

        « The study reveals a range of impressive indicators on the development of the economy between 2000 and 2013 and the health of the Russian economy (…)
        « Totally contrary to these facts, the Western media, financial analysts, and even leaders such as U.S. President Obama keep parroting the refrain that “Russia only relies on oil and gas” and “Russia does not produce anything”. Clearly, Barack Obama has not been analyzing the Russian economy, so this must mean that those whose job it is to do so are misleading the President.(…)
        « Correct data will help investors to make a profit. And correct data will help political leaders to maintain peace. Knowing that Russia is not the economic basket case that it is portrayed to be would help to steer the foes from the collision course with Russia they have embarked on.
        http://www.awarablogs.com/putin-midterm-interim-results

        You can read the full report in PDF here.
        http://www.awaragroup.com/upload/Awara-Study-Russia-Economy-09.012.2014.pdf


  6. Homère d'Allore Le 10 décembre 2014 à 09h40
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    Existe t’il, hors des propos de M. William Blum, des sources sur les sabotages que les services occidentaux auraient commis en R.D.A ?
    C’est, en effet, un éclairage très intéressant sur les raisons de la construction du Mur ( et, de manière plus générale, de l’ensemble du Rideau de Fer). Mais, pour reprendre ces données dans un argumentaire, il faut un peu plus de précisions sur les faits. Sinon, un contradicteur vous
    “renvoie dans vos 22” en vous disant que vous ne faites que reprendre sans vérification un discours de type STASI.
    Y a-t-il, parmi les intervenants, quelqu’un qui puisse donner des sources
    ( même en allemand) sur tout cela ? De préférence, des livres, à défaut des liens.
    En tous cas, un beau sujet de recherche en Histoire contemporaine !


    • Alae Le 10 décembre 2014 à 13h13
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      Homère d’Allore, William Blum lui-même a écrit deux livres sur la politique étrangère des USA, Killing Hope et America’s Deadliest Export: Democracy.
      C’est un historien sérieux, qui se fonde uniquement sur des sources fiables (documents déclassifiés, avec noms et dates). Nul doute que vous trouverez votre réponse dans ses bouquins.


      • Homère d'Allore Le 10 décembre 2014 à 13h16
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        Merci, Alae, je savais que je pouvais compter sur vous !


    • Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 13h17
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      Effectivement, des faits et des sources sont absolument indispensables pour soutenir une thèse aussi fondamentalement contradictoire à celle communément admise, et qu’ISTINA a d’ailleurs repris : “hordes d’Allemands de l’Est qui fuyaient le Communisme“.


    • Ztong Le 11 décembre 2014 à 10h00
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      Je partage ta prudence. Le texte est très militant, et si l’on se base sur les seuls chiffres, il semble un peu léger.
      Que 60.000 travailleurs de l’Est aillent à l’Ouest pour bosser est crédible.
      Mais cela peut aussi s’expliquer par des salaires plus élevés qu’à l’Est, à compétence égale.
      Le système d’éducation à l’Ouest n’était pas mauvais non plus. L’Allemagne n’est pas les USA…

      En revanche, les ultra-gagnants étaient les frontaliers de l’Est, et il n’est pas impossible que le pouvoir de Honecker ait souhaité mettre un terme à ce qui risquait de devenir pour lui une compétition impossible à soutenir, d’autant qu’on en rajoutait pas mal pour faire de la RFA une vitrine du paradis capitaliste…


    • reneegate Le 11 décembre 2014 à 10h04
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      Robert Parry (post ici même http://www.les-crises.fr/comment-la-presse-de-washington-a-mal-tourne/) parle exactement des mêmes méthodes envers Cuba. Ligne à ligne, empoisonnement de denrées alimentaires, etc… Ce type de coïncidence ne trompe : CIA.


  7. Nerouiev Le 10 décembre 2014 à 09h59
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    “Georges Carlin déclarait de son vivant : Vous savez pourquoi on parle de rêve Américain ? C’est parce qu’il n’y a qu’en dormant qu’on pourrait croire pareilles âneries !”
    Mais les Russes ne peuvent pas comprendre, ils ont un mot pour chacun des sens.


  8. Louis Robert Le 10 décembre 2014 à 11h09
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    Orwell: “Le mensonge passe aux archives, devient vérité permanente… De telles pratiques ne semblaient pas l’horrifier. Elle ne sentait pas l’abîme s’ouvrir sous ses pieds à la pensée que des mensonges devenaient des vérités.” (“1984”)

    +++

    William Blum se penche ici sur cet abîme. Il nous le fait voir en décrivant minutieusement le chaos qu’y fait régner l’Empire:

    “Vous ne pouvez pas croire…”

    Il conclut magistralement: “On ne peut pas détruire des sociétés modernes, relativement développées et éduquées, en déchirer le tissu social, politique, économique et juridique, torturer des milliers de personnes, en tuer des millions, et s’attendre à la survie de la civilisation et de la décence humaine.”

    Cronos désormais dévore ses propres enfants.

    +++

    Le nouveau monde qui se lève ne pourra que se passer avantageusement d’un tel Empire. C’est pourquoi il aspire si intensément à s’en passer, et plus tôt que tous ses courtisans ne le prévoient.

    “La Chine devient la première puissance économique mondiale”

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/12/08/20002-20141208ARTFIG00199-la-chine-devient-la-premiere-puissance-economique-mondiale.php


  9. MICHEL R Le 10 décembre 2014 à 12h56
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    bonjour, aucun rapport avec l’empire,mais lu sur RESEAU INTERNATIONAL:
    “L’Ukraine face au spectre d’une pénurie de charbon”
    éclairez ma lanterne please..
    le régime de KIEV détruit le DOMBASS,extermine ses habitants,et en méme temps demande du charbon et du gaz à son ennemi viscéral qui dit ok !!
    j’ai du mal à comprendre ,je suis béte sans doute..


    • Louis Robert Le 10 décembre 2014 à 13h50
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      Bonjour Michel,

      Pour réussir à fuir ce monde illusoire vers la réalité des choses, il faut apprendre la novlangue chez Orwell.

      Détruire, c’est saisir.
      La libération, c’est le terrorisme.
      La démocratie, c’est l’extermination.
      Le frère, c’est l’ennemi viscéral.
      Attaquer, c’est se défendre.
      Occuper, c’est libérer.
      La paix, c’est la guerre.
      La liberté, c’est l’esclavage.
      L’ignorance, c’est la force.

      Et ça continue…

      Ainsi va ce monde.


    • boduos Le 10 décembre 2014 à 14h32
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      @michel R
      et dont on ne paye plus les retraites (cotisées je suppose)et les salaires


    • Chris Le 10 décembre 2014 à 16h24
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      Oui, mais la Russie leur envoie du charbon. J’ignore à quel tarif.
      http://www.romandie.com/news/La-Russie-reprend-ses-livraisons-de-charbon-vers-l039Ukraine/543796.rom
      ou les petits arrangement du pouvoir…
      Les Polonais ont refusé car Kiev le voulait gratis.


  10. Nicolas Le 10 décembre 2014 à 13h43
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    Merci pour cet article formidable, qui m’a appris bien des choses sur les réalités de Feu la RDA, et des opérations de déstabilisations US menées à son encontre.
    Tout le mal que je souhaite aux USA, au final, est que leur pouvoir de nuisance s’éteigne, faute de combustible (effondrement financier du $ par exemple), comme une bougie que l’on éteint.
    Ainsi, je rêve, toutes leurs bases “overseas” devraient être abandonnées, et ils pourraient enfin s’employer, j’espère pour leur Peuple, à redresser leur propre pays, au demeurant fort délabré.


    • Chris Le 10 décembre 2014 à 16h26
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      Ils ont la chance d’être protégés par un océan à l’Est et à l’Ouest. Dommage pour nous, sinon le cauchemar aurait duré moins longtemps.


    • Crapaud Rouge Le 10 décembre 2014 à 16h41
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      Leur “destinée manifeste” est bien sûr à mettre en rapport avec “leurs bases “overseas”” !!! Ils finiront par les déserter, ces bases, dans un grand mouvement de repli qui signera la chute définitive de leur empire comme de leur emprise. Et les Chinois prendront le relais avec d’autres méthodes…


  11. boduos Le 10 décembre 2014 à 13h48
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    une interpellation qu’aucun deputé n’a encore fait chez nous au prime minister :
    http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/la-mise-en-cause-d-angela-merkel-47954


  12. Fabrice Le 10 décembre 2014 à 14h27
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    autant j’aime bien que l’on réexamine l’histoire autant j’aimerais bien rappeler que l’URSS, n’était pas en reste en actes de sabotages, assassinats, espionnages, … C’était une guerre froide avec des coups de crasses des deux côtés dont le territoire préféré (mais pas que) était l’Europe en général.

    Je précise bien des deux côtés on se rappellera du réseau Gladio, mais n’oublions pas aussi Action directe, …, gardons un peu de recul et remettons la description qui est intéressante car elle éclaire ce qui se passait à l’Est mais ne fait pas l’effort de l’autre côté et surtout donne une synthèse moins parcellaire (pour ne pas utiliser un terme qui serait moins sympathique et peut être excessif).


    • boduos Le 10 décembre 2014 à 14h39
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      Fabrice a raison mais justement,il n’y a plus de rideau de fer .
      ce qui est dénoncé c’est la volonté de l’empire de réactiver cette époque pour le plus grand profit de son complexe militaro-industriel et par l’instrumentalisation de L’OTAN et de ses larbins colonisés consentants.

      MESSAGE DE LA MODERATION. MALGRÉ NOTRE AVERTISSEMENT TOUT LE FIL EST PARTI EN DÉRIVE DE POLÉMIQUE DÉBILE, GRATUITE ET SURTOUT COMPLÉTEMENT HORS SUJET. DONC TOUT LE FIL A ÉTÉ SUPPRIME. MERCI DE NE PAS POLLUER LE FORUM.


  13. Le Sudiste Le 10 décembre 2014 à 16h14
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    J’aime beaucoup la première partie de l’article sur “L’état islamiste”. Une description de ce qu’il se passe au Moyen-Orient depuis 35 ans s’il vous plait et tout le monde est là!
    Turquie, Arabie Saoudite, Qatar, Koweit, Jordanie, Emirats Arabes Unis, Syrie, Afghanistan, Iraq, Libye, Pakistan, Somalie, Yemen.
    Il ne manque personne? Tout le monde est là?
    Il est rigolo ce journaliste américain… William Blum…
    Et personne ne voit? Incroyable.

    Je ne vais pas réécrire les mêmes trucs tous les jours. Donc pour les redoublants, les retardataires et les aveugles, les cours de rattrapage, c’est par là: http://www.les-crises.fr/reprise-linde-devrait-se-tenir-a-lecart-de-la-guerre-contre-letat-islamique/


  14. Renaud Le 10 décembre 2014 à 16h21
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    J’ai lu une grande partie des commentaires ci-dessus. Ce débat est intéressant.
    À noter les deux messages de Crapaud-Rouge @ aujourd’hui 10 décembre à 6h30 et à 7h03. C’est bien ça, en très résumé mais essentiel, les gens veulent la sécurité matérielle et celle du lendemain et perdurer ainsi avec leurs familles, si il y a la “démocratie” tant mieux, sinon, dans la mesure du supportable compte tenu des conditions matérielles garanties un minimum pour l’essentiel, et bien la démocratie passe après…
    On voit aujourd’hui assez clairement que la “démocratie” (sous entendu la seule démocratie politique) dont on nous rebat sans fin les oreilles, n’est que le -faux-nez- de la haute finance mondialisée qui tire les ficelles “essentielles”… C’est le système fabien (de la Société Fabienne) hélas presque inconnu en France dirait-on, mais omniprésent dans le monde anglo-saxon depuis la fin du 19ème siècle et surtout depuis le début des années 30 par le bais du Commonwealth, puis, progressivement, le monde entier.
    Mais la -clé-, soigneusement oubliée ou occultée est, tout simplement la Démocratie Économique car, personne ne s’en est aperçu?? Rien n’est moins démocratique que l’argent, c’est à dire la monnaie, sa création et son contrôle !! Il Reste à accéder à la Démocratie Économique.
    Le chemin de la Démocratie Économique se trouve dans ce texte ci-dessous. Ce texte n’a pas pris une ride depuis 65 ans! Mieux, la technologie actuelle ne fait que le confirmer…

    http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=2128

    et aussi cette vidéo numérisée de 12 minutes (en 1962) est la meilleure leçon d’économie à retenir sans faute !

    http://www.dailymotion.com/video/xfkmmz_les-dettes-publiques-louis-even_news


  15. reneegate Le 10 décembre 2014 à 17h30
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    J’ai à plusieurs reprise témoigné de mon expérience personnelle. Je travaillais avec des techniciens, développeurs, industriels allemands dans les années 1990. Beaucoup d’ingénieurs venaient de l’Est attirés par l’énorme gap de niveau de vie. Cependant déjà de nombreuses personnes étaient sur les trottoirs et ils soulignaient tous cela. En Allemagne de l’Est tous n’avaient pas de voiture sinon de vieilles Traban mais tous avaient un emploi et partageaient un logement. C’est cela le partage, vivre avec moins mais vivre tous ensemble. Autre chose à souligner, ce sont tous ces industriels ouest Allemand qui d’une certaine façon donnent des leçons de bonne conduite à toute l’Europe, qui ont pillés toutes les ressources et les technologies en Europe de l’Est, financés sous forme de crédit d’impôt. Un de mes actionnaires allemand possédait une usine en Allemagne de l’est qui lui permettait de fabriquer des têtes thermiques (composant intégré ) à des prix 10 fois inférieurs de ceux du marché. L’économie Allemande se porte bien certes mais elle a été lourdement subventionnée. Tout cela est savamment tu. L’Europe actuelle est une vaste escroquerie américaine.
    Cependant il ne faut pas oublier les américains qui nous ont fait rêver, les Mc Murtry, les Edouard Abbey, les Hunter Thompson, les Bradley Manning, les Edward snowden et tous ceux que j’oublie ou/et qui sont en prison pour de lourdes peines souvent pour simplement avoir grimpé sur un arbre. Les Texas Rangers dans Lonesome Dove (Mc Murtry) qui ont combattus toute leur vie les indiens et les hors la loi pour le compte des politiciens et des commerçants (les mêmes au pouvoir actuellement) se posent la question suivante en observant les chemins de fer et les nouvelles villes : ne se sont ils pas trompés d’adversaire? Et à recommencer ……… Bon je n’ai jamais été Texas ranger mais je ne me trompe plus sur mes ennemis. Ce ne sont surement pas les américains mais les fous furieux qui dirigent ce pays depuis leur révolution. Les billets sur ce site sont très explicites. Voilà ça fait du bien de le dire.


  16. jerome Le 10 décembre 2014 à 19h56
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    Je suis d’accord que la situation de l’état “islamique” au levant est sans doute fort différente de l’image qu’en donne la presse occidentale.
    Je suis d’accord que la situation de l’Ukraine est sans doute différente de l’image qu’en donne la presse occidentale.
    Je suis d’accord que les USA ont semé désordre, guerre et dévastation sur l’ensemble du monde depuis 1945.

    Mais lorsque William Blum laisse entendre que le mur entre les deux Allemagnes a été érigé à l’initiative de l’ouest, il pousse le bouchon un peu loin. Allez, comme moi, parler avec des Allemands de l’ex RDA et il vous sera tout à fait clair que:
    -le régime de la RDA était un totalitarisme Orwellien.
    -le voisin russe était un envahisseur autrement plus encombrant que l’occupant américain.
    -bien des allemands de la RDA seraient passés à l’ouest s’il n’y avait pas eu un mur et des soldats qui leur tiraient dessus.

    Combien de morts parmi ceux essayant de passer le mur? De quelle longueur étaient les files de Trabant au moment où les frontières se sont ouvertes?

    Un peu de sérieux, s’il vous plaît. Vous évitez l’écueil de la propagande pro USA sur ce blog, évitez aussi la propagande de l’autre bord. Merci d’avance.

    MODERATION: vous avez raison sur le fait que cet article mériterait plus de références et de sources comme le souligne Crapaud Rouge plus haut, mais vous seriez aimable de donner les vôtres.


    • jerome Le 10 décembre 2014 à 22h11
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      Je peux vous présenter les miennes si vous voulez, puisque ce sont de vrais gens que je rencontre dans la vraie vie (en Allemagne, donc) et pas sur internet. De là à vous donner des sources sur le net, il y a une étape difficile à franchir…

      Mais répondons simplement à quelques questions ensemble: juste après la construction du mur, combien de passage à l’ouest et combien de passage à l’est? S’il y en a eu nettement plus dans un sens que dans l’autre, et c’est bien sûr le cas, le discours de William Blum ne tient pas debout.

      Bref: ce blog est très bien pour passer l’information au crible du bon sens lorsqu’il s’agit de l’Ukraine, par exemple. Sur le texte de William Blum, vous auriez du appliquer la même méthode. William Blum n’est simplement pas crédible. C’est tout.


    • Zylo Le 10 décembre 2014 à 22h45
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      – En effet l’article est un peu orienté. De même que l’article précédent du même auteur sur ce site. Peut-être préciser plus clairement en préambule le prisme de lecture de l’auteur pour que le débat ne porte pas que sur l’orientation probablement assumée du texte ?
      – En ces périodes de pensée unique de préférence pré mâchée, je trouve très appréciable d’avoir un 2ème son de cloche. A chacun de faire son marché.
      – @jerome : enfin (c’est une hypothèse de ma part), on peut bien imaginer que le système communiste s’est décrépi au fil du temps, cad au moment ou le mur a été construit, la vision que défend l’auteur était proche de la réalité du terrain, et que quand il s’est effondré votre vision était plus proche de la réalité….


    • reneegate Le 10 décembre 2014 à 23h37
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      les allemands de l’est achetaient leurs disques de rock en Hongrie et moi je les achetais en Andorre. Disons que l’on nous incitait à percevoir l’Est comme un dictature alors que l’on nous incitait à nous sentir en liberté. Vous avez encore un peu de chemin à parcourir, la propagande ce n’est pas rien……. et la liberté se mérite, et finalement ce n’est pas si mal. Voulez vous vraiment? (les américains disent : come on?)


    • Lage Le 11 décembre 2014 à 01h19
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      Voilà donc des références :

      1) Le nombre de personnes tuées tentant de franchir le mur de Berlin porte à controverse, la notion même de “mort au mur” et délicate… Une grande enquête récente a fait un peu de lumière : Hertle, Hans-Hermann. Nooke, Maria. “The Victims at the Berlin Wall, 1961–1989”, arrive à 136 victimes.

      2) Sur la fuite des Est-allemands vers l’Ouest. Il y a consensus, au sens universitaire du terme, sur les chiffres : à peu près trois millions de personnes sont parties, soit presque 20% de la population. Les jeunes diplômes furent sur-représentés. Voir, par exemple : Dowty, Alan (1989), Closed Borders: The Contemporary Assault on Freedom of Movement, Yale University Press. Mais les paysans fuirent aussi en masse, laissant près de 10% des terres arables inexploitées à certaines époques, cf Dale, Gareth (2005), Popular Protest in East Germany, 1945–1989.

      La construction du mur fut une des mesures qui mit fin à cet exode. Et ceci de façon efficace, du moins au début.


    • olivier69 Le 11 décembre 2014 à 01h53
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      Bonsoir Jérome,
      je vais mettre de l’eau à votre moulin. 🙂
      je pense qu’un petit rappel s’impose aux promoteurs du communisme.
      URSS : « À ce titre, cet État policier est responsable de près de 700 000 exécutions entre 1929 et 1953, tandis que sur la même période, 18 millions de Soviétiques ont connu la déportation au Goulag et 6 autres millions l’exil forcé au-delà de l’Oural – soit un Soviétique adulte sur cinq. Il faut ajouter les millions de morts des famines, et la somme inquantifiable des destins brisés, de pressions psychologiques et d’angoisses endurées. » Heureusement, je ne comptabilise pas les morts avant 1929, parce que leur nombre a atteint des sommets par millions.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27URSS_sous_Staline
      CHINE : Avec « le grand bond en avant » fierté de ses 50 millions de morts.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Mao_Zedong
      Conclusion : C’est une gestion humaine particulière et une gestion économique des ressources superficielle. Les deux ne se soucient guère de la diversité, de la spécificité des hommes et des territoires.
      On peut également regarder qui ont financé, ces mouvement à l’origine…
      Cdlt
      ps : il y a la partie et il y a le tout.


  17. vérité2014 Le 10 décembre 2014 à 22h02
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  18. fanfan Le 10 décembre 2014 à 22h37
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    * * *  APPEL   * * * “Une autre guerre en Europe ? Pas en notre nom !”
    En Allemagne, d’anciens présidents, des artistes, des industriels lancent un puissant appel pour une politique de détente en Europe. Leurs collègues italiens [et français] se taisent.

    Désormais, des pans entiers des classes dirigeantes allemandes voient se profiler le risque toujours plus grand d’une nouvelle guerre mondiale. Ils assistent effarés aux campagnes d’hystérie anti-russe dans les médias et font remarquer la soumission des gouvernants allemands et plus généralement européens qui, tel un troupeau allant au suicide, obéissent aveuglément aux mauvais bergers dirigés par les néocons de Washington.
    Les esprits les plus ouverts en Allemagne pointent du doigt la responsabilité primordiale des médias, infestés qu’ils sont par des éditorialistes et des commentateurs qui « diabolisent des nations entières, sans donner un crédit suffisant à leurs récits. » Ils rappellent les leçons dramatiques de l’Histoire, qui voient dans la Russie une puissance ayant une fonction dirigeante incontournable dans la vie politique européenne. Et même si d’éminentes personnalités allemandes appellent les classes dirigeantes russes au respect du droit international, leur doigt est clairement pointé vers cette tentative aussi folle que vouée à l’échec de dissocier la Russie de l’Europe. Ceux qui lancent cet avertissement sont des personnalités qui se sont toujours exprimées de façon modérée.

    http://www.mondialisation.ca/appel-de-personnalites-allemandes-une-autre-guerre-en-europe-pas-en-notre-nom/5418910


  19. Perret Le 11 décembre 2014 à 08h10
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    Billet très intéressant et qui donne des infos qui complètent ce qu’on trouve par ailleurs. Je suis cependant surpris par l’oubli que le système Est-Allemand, comme le Soviétique d’ailleurs, reposait sur une surveillance de tous les instants et une répression d’une extrême dureté de tout non-conformisme. STASI n’était pas l’acronyme de l’équivalent local du Club Méd.
    D’autre part, le débat a ceci de déprimant qu’il ne sort pas de cette manie française de tout ranger dans deux tiroirs, celui de gauche et celui de droite, de nombreux contributeurs précisant aussitôt que la gauche dont ils parlent n’est pas la gauche pour laquelle on vote ou que la droite dont ils parlent n’est ni celle pour laquelle on vote, ni celle pour laquelle on pourrait voter. En gros, ces discriminants sont sans valeur et ne correspondent qu’à l’extrême pauvreté du débat politique français. Il faut remonter à avant 1914 pour avoir de vrais débats. On parlait alors de monarchistes (qu’on faisait siéger à l’extrême-droite, mais qui n’étaient pas “d’extrême-droite” au sens actuel du terme) ou de républicains (dont certains, comme Clémenceau, siégeaient à l’extrême-gauche sans que je discerne l’ombre d’une ressemblance entre le Tigre et les Poutou et Besancenot de service – de décharge de service dirais-je même), ils se retrouvaient par exemple pour combattre la colonisation, contre un Jules Ferry qui, lui, siégeait au centre-gauche et qui m’apparaît pourtant aujourd’hui comme un extrémiste raciste et suprématiste dont les principes tordus l’ont finalement emporté.


  20. anne jordan Le 11 décembre 2014 à 15h02
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    A la -re – lecture de ce billet de W.Blum , il me vient une question :
    et si la fureur de mme Merkel , au moment où l’espionnage américain lui fut connu ( ?) , était motivé par des révélations sur son passé , non de jeune communiste , ( ce qu’elle était OBLIGEE d’être ) mais de PETITE CRIMINELLE SABOTEUSE , payée par la CIA?


    • Chris Le 11 décembre 2014 à 20h20
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      Un emploi qui semblerait être devenu à plein temps !…


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