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5.décembre.20145.12.2014 // Les Crises

« Parachèverons-nous l’Ordre Mondial par le chaos ou la réflexion ? » par Henry Kissinger

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Superbe interview réalisée par Juliane von Mittelstaed et Erich Follath pour le journal allemand Spiegel.

Cette bonne vielle crapule de Kissinger – tel un Talleyrand – a juste raison depuis le 1er jour – relire son interview de début mars ici. Mais qu’importe, quand l’intégrisme et la bêtise gouvernent ?

Henry Kissinger est le plus fameux et le plus controversé des secrétaires d’état qu’aient jamais eu les États-Unis. Dans une interview, il commente son dernier livre dans lequel il analyse les crises de notre temps, de la Syrie à l’Ukraine, ainsi que les limites de la puissance américaine. Il affirme s’être conformé à ses convictions lors de la guerre du Vietnam.

Henri Kissinger fait plus jeune que ses 91 ans. Il est concentré, affable, mais aussi sur ses gardes, sur la défensive à tout instant pour éviter les questions embarrassantes. Ce n’est, bien sûr, pas une surprise. Alors que son intelligence est communément respectée, son héritage politique est controversé. Au fil des années, on a tenté de le juger pour crimes de guerre à plusieurs reprises.

De 1969 à 1977, Kissinger a servi sous la présidence de Richard Nixon et de Gerald Ford, d’abord en tant que Conseiller à la Sécurité Nationale, puis comme secrétaire d’état. Postes auxquels il partagea la responsabilité des bombardements au napalm au Vietnam, au Cambodge et au Laos, qui ont tué et mutilé des dizaines de milliers de civils. Kissinger a aussi soutenu le putsch contre Salvador Allende au Chili, et il est accusé d’avoir eu connaissance des complots meurtriers de la CIA. Des documents déclassifiés il y a quelques semaines révèlent qu’il avait établi des plans secrets pour des frappes aériennes contre Cuba. Cette idée fut abandonnée dès l’élection du démocrate Jimmy Carter en 1976.

Néanmoins, Kissinger reste un homme dont la présence est souvent la bienvenue à la Maison Blanche, où il donne encore jusqu’à ce jour des conseils aux présidents et secrétaires d’états.

Rien dans les années de jeunesse de Kissinger ne laissait présager de son ascension fulgurante dans la politique américaine. Né Heinz Alfred Kissinger dans la ville allemande de Fürt en 1923, sa famille juive émigra aux États-Unis en 1938. Après la Seconde Guerre Mondiale il revint en Allemagne pour participer à la recherche d’anciens membres de la Gestapo. Plus tard il étudia les sciences politiques et devint professeur à Harvard à l’âge de 40 ans.

Kissinger a publié récemment son 17e livre, une œuvre dont l’entreprise est tout sauf modeste et qui porte le titre « l’Ordre Mondial ». Pendant que nous préparions avec lui son interview il nous demanda que l’Ordre Mondial en soit le sujet. Malgré ses racines germaniques et le fait qu’il lise chaque semaine Der Spiegel sur son iPad, Kissinger préfère s’exprimer en anglais. Au bout des 90 minutes passées ensemble à New York, Kissinger nous dit qu’il risquait sa tête pour tout ce qu’il avait raconté. Mais bien sûr un homme tel que lui sait précisément ce qu’il veut et ne veut pas dire.

SPIEGEL : Dr Kissinger, lorsque nous regardons le monde aujourd’hui, il semble plus désordonné que jamais – avec des guerres, des catastrophes et du chaos de toute part. L’est-il vraiment plus qu’avant ?

Kissinger : Il semble qu’il le soit. Le chaos nous menace de par la propagation des armes de destruction massive et du terrorisme transfrontalier. Il y a aujourd’hui un phénomène de non-gouvernance territoriale et nous avons vu, par exemple, qu’en Libye un territoire non gouverné peut avoir une grande incidence sur le désordre du monde. L’état en tant que tel est attaqué, pas dans toutes les parties du monde, mais dans de nombreuses parts. Mais en même temps, et cela semble être un paradoxe, c’est la première fois que l’on peut parler d’ordre mondial.

SPIEGEL : Qu’entendez-vous par là ?

Kissinger : Pour la plus grande partie de l’histoire jusqu’à un temps récent, l’ordre mondial était un ordre régional. C’est la première fois que différentes parties du monde peuvent interagir avec chaque partie du monde. Cela rend nécessaire un nouvel ordre pour le monde globalisé. Mais il n’y a pas de règles universellement acceptées. Il y a le point de vue chinois, la conception islamique, la vision occidentale et, dans une certaine mesure, le point de vue russe. Et ils ne sont pas vraiment toujours compatibles.

SPIEGEL : Dans votre nouveau livre, vous faites souvent référence au traité de paix de Westphalie de 1648 comme modèle pour l’ordre mondial, suite à la guerre de Trente Ans. Pourquoi un traité datant de plus de 350 ans devrait-il être encore pertinent aujourd’hui ?

Kissinger : La paix de Westphalie a été conclue après que près d’un quart de la population d’Europe centrale eut péri à cause des guerres, de la maladie et de la faim. Le traité a été fondé sur la nécessité de parvenir à un arrangement avec l’autre, pas sur une sorte de moralité supérieure. Les nations indépendantes ont décidé de ne pas intervenir dans les affaires des autres États. Ils ont créé un équilibre des forces qui nous manque aujourd’hui.

SPIEGEL : Avons-nous besoin d’une nouvelle guerre de Trente Ans pour créer un nouvel ordre mondial ?

Kissinger : Eh bien, c’est une très bonne question. Crée-t-on un ordre mondial par le chaos ou par la réflexion ? On pourrait penser que la prolifération des armes nucléaires, les dangers du changement climatique et le terrorisme seraient suffisants pour établir la base d’un programme commun. Donc, je souhaiterais que nous puissions être assez sages pour ne pas subir une guerre de Trente Ans.

SPIEGEL : Prenons un exemple concret : comment l’Occident devrait-il réagir à l’annexion de la Crimée par la Russie ? Craignez-vous que cela signifie que les frontières ne seront plus intangibles à l’avenir ?

Kissinger : La Crimée est un symptôme, pas une cause. De plus, la Crimée est un cas particulier. L’Ukraine a longtemps fait partie de la Russie. On ne peut pas accepter le principe que n’importe quel pays puisse changer les frontières et prendre une province à un autre pays. Mais si l’Occident est honnête avec lui-même, il doit admettre qu’il a commis des erreurs de son côté. L’annexion de la Crimée n’est pas une étape d’une conquête globale. Ce n’est pas Hitler entrant en Tchécoslovaquie.

SPEIGEL : De quoi s’agissait-il alors ?

Kissinger : Il faut se poser à soi-même cette question : Poutine a dépensé des dizaines de milliards de dollars pour les jeux Olympiques de Sotchi. Le thème des jeux était que la Russie est un état progressiste ancré à l’Occident par sa culture, et de ce fait on peut présumer qu’elle veut en faire partie. Donc, cela n’a aucun sens qu’une semaine après la clôture des jeux, Poutine veuille s’emparer de la Crimée et commencer une guerre contre l’Ukraine. Donc il faut se demander pourquoi c’est arrivé.

SPIEGEL : Ce que vous êtes en train de dire, c’est que l’Occident a au minimum une part de responsabilité dans cette escalade ?

Kissinger : Oui, c’est ce que je dis. L’Europe et l’Amérique n’ont pas compris l’impact de ces événements, qu’il s’agisse des négociations sur les relations économiques entre l’Ukraine et l’Union Européenne ou des manifestations à Kiev. Tous ces événements, et leur impact, auraient dû faire l’objet d’un dialogue avec la Russie. Ce qui ne signifie pas que la réponse de la Russie était appropriée.

SPIEGEL : Il semble que vous soyez très compréhensif vis-à-vis de Poutine. Mais ne fait-il pas exactement ce contre quoi vous nous mettez en garde : créer le chaos dans l’est de l’Ukraine et menacer sa souveraineté ?

Kissinger : Certainement. Mais l’Ukraine a toujours eu une signification particulière pour la Russie. C’était une erreur que de ne pas s’en rendre compte.

SPIEGEL : Les relations entre l’Occident et la Russie sont plus tendues aujourd’hui qu’elles ne l’ont été depuis des dizaines d’années. Devrions-nous nous inquiéter de la perspective possible d’une nouvelle guerre froide ?

Kissinger : C’est clairement un danger et nous ne devrions pas l’ignorer. Je pense que la reprise de la guerre froide serait une tragédie historique. Si un conflit est évitable, sur une base tenant compte de la morale et de la sécurité, on devrait essayer de l’éviter.

SPIEGEL : Mais l’annexion de la Crimée par la Russie n’a-t-elle pas forcé l’UE et les États-Unis à réagir en imposant des sanctions ?

Kissinger : D’abord, l’Ouest ne pouvait pas accepter l’annexion ; certaines mesures étaient nécessaires. Mais personne à l’Ouest n’a proposé de programme concret pour restaurer la Crimée. Personne ne souhaite se battre à l’est de l’Ukraine. C’est un fait. On pourrait dire que nous n’avons pas à accepter cela et que nous ne traitons pas la Crimée comme territoire russe au regard des lois internationales – tout comme nous avons continué à traiter les états baltes comme indépendants pendant la période soviétique.

SPIEGEL : Ne serait-il pas mieux d’arrêter les sanctions, même sans aucune concession des Russes ?

Kissinger : Non, mais j’ai quelques problèmes avec les sanctions. Lorsque nous parlons d’une économie globale et qu’ensuite nous usons de sanctions à l’intérieur de l’économie globale, on induit la tentation pour les grands pays, qui pensent à leur avenir, d’essayer de se protéger contre des sanctions potentielles, et ce faisant, ils créeront une économie globale mercantiliste. Et j’ai un problème particulier avec cette idée de sanctions personnelles. Et je vais vous dire pourquoi. Nous publions une liste de personnes qui sont sanctionnées. Ensuite, quand le temps viendra de lever les sanctions, qu’allons-nous dire ? « Les quatre personnes suivantes sont maintenant libres de toute sanction, et les quatre autres non. » Pourquoi ces quatre-là ? Je pense que l’on doit toujours réfléchir, lorsque l’on commence quelque chose, à ce que l’on cherche à faire et comment cela devrait finir. Comment cela finit-il ?

SPIEGEL : Cela ne s’applique-t-il pas également à Poutine qui s’est isolé tout seul ? Est-ce plutôt un signe de force de sa part, ou au contraire de faiblesse ?

Kissinger : Je pense qu’il s’agit d’un signe de faiblesse stratégique, qu’il chercher à faire passer pour de la force tactique.

SPIEGEL : Qu’est-ce que cela implique lorsque l’on traite avec lui ?

Kissinger : Il faut garder à l’esprit que la Russie joue un rôle important sur la scène internationale, et qu’elle est donc utile dans la résolution de toutes sortes de conflits, comme nous l’a démontré l’accord sur la prolifération nucléaire avec l’Iran, ou avec la Syrie. Cette capacité de résolution doit avoir priorité sur toute escalade tactique d’un conflit donné. D’un côté il est important que l’Ukraine reste un état indépendant et qu’elle ait le droit de choisir ses alliances économiques et commerciales. Mais d’un autre côté je ne pense pas qu’il y ait un loi naturelle impliquant que chaque État doive avoir le droit d’intégrer l’OTAN pour être un allié. Vous savez comme moi que l’OTAN ne votera jamais l’entrée de l’Ukraine à l’unanimité.

SPIEGEL : Mais on ne peut pas dire aux Ukrainiens qu’ils ne sont pas libres de choisir leur avenir.

Kissinger : Pourquoi pas ?

[NB : c’est amusant, quand l’UE a refusé la demande d’adhésion du Maroc en 1987, personne n’a dit qu’on l’empêchait de choisir son avenir…]

2e partie : La guerre contre l’ÉI a le large soutien de l’opinion publique

SPIEGEL : Vous parlez comme une superpuissance qui est habituée à ce que les choses se fassent à sa manière.

Kissinger : Non, les États-Unis ne peuvent pas imposer leur volonté, et ils ne devraient pas essayer. Ce serait même une erreur de croire qu’ils en ont le pouvoir. Mais en ce qui concerne l’OTAN, les États-Unis compteront comme une voix dans une décision fondée sur l’unanimité. C’est également l’avis de la chancelière allemande.

SPIEGEL : L’Amérique est très polarisée. Le niveau d’agressivité dans le débat public est extrêmement élevé. La superpuissance est-elle encore capable ne serait-ce que de gouverner ?

Kissinger : Je suis inquiet de ces dissensions nationales. Lorsque je travaillais à Washington, le combat politique était rude. Mais il y avait bien plus de coopération et de contacts entre les opposants des deux grands partis.

SPIEGEL : Aux dernières élections, le président Obama a également perdu la majorité au Sénat.

Kissinger : Techniquement exact. Mais en même temps, le président est plus libre de se battre pour ce qui lui semble juste. De la même manière que l’a fait Harry Truman entre 1946 et 1948, quand il a mis en place le Plan Marshall après avoir perdu la majorité au Congrès.

SPIEGEL : La prochaine campagne présidentielle va bientôt démarrer. Hillary Clinton ferait-elle une bonne candidate ?

Kissinger : Je considère Hillary comme une amie, et je pense que c’est une personne forte. Donc oui, je pense qu’elle peut être candidate. D’une manière générale, je pense qu’il est préférable pour le pays qu’il y ait une alternance. Et je pense que nous, les Républicains, devons avoir un bon candidat.

SPIEGEL : Dans votre livre, vous écrivez que l’ordre international « doit être cultivé, et non imposé ». Que voulez-vous dire par là ?

Kissinger : Cela signifie que les Américains que nous sommes seront un acteur majeur grâce à la vertus de nos forces et de nos valeurs. On devient une superpuissance en étant fort mais aussi en étant sage et en ayant une vision à long terme. Mais aucun état n’est assez fort ou assez sage pour créer un ordre mondial tout seul.

SPIEGEL : La politique étrangère américaine est-elle sage et résolue en ce moment ?

Kissinger : En Amérique, nous croyons que nous pouvons changer le monde non seulement par notre puissance d’attraction, mais aussi par notre puissance militaire. Ce n’est pas le cas de l’Europe.

SPIEGEL : L’opinion publique américaine est très réticente à l’engagement militaire et aimerait que l’on se concentre plus sur les affaires intérieures. Obama lui-même parle d’une « nation qui se construit de l’intérieur. »

Kissinger : Si vous regardez les cinq guerres auxquelles l’Amérique a participé depuis la Seconde Guerre mondiale, elles ont toutes obtenu un large soutien populaire. La guerre actuelle contre l’État Islamique a un large soutien populaire. La question est de savoir ce qui se passe à mesure que la guerre persiste. Être très clair sur ce que l’on attend de cette guerre est essentiel.

SPIEGEL : L’objectif le plus important ne devrait-il pas être la protection des populations civiles qui souffrent en Irak et en Syrie ?

Kissinger : Premièrement, je ne pense pas que la crise syrienne puisse être définie comme ayant d’un côté un dictateur sans pitié et d’un autre une population impuissante et que cette population sera plus démocrate si vous renversez le dictateur.

SPIEGEL : Mais les civils souffrent, peu importe la définition donnée aux événements.

Kissinger : Oui, ils souffrent, et méritent compassion et assistance humanitaire. Laissez-moi juste vous dire ce qu’il se passe selon moi. C’est pour une part, un conflit multiethnique. C’est pour une autre part une rébellion contre les vieilles structures du Moyen-Orient. Et, pour une autre part encore, c’est une sorte de rébellion contre le gouvernement. Maintenant, si on souhaite régler tous ces problèmes, si on est prêt à faire les sacrifices qu’implique la résolution de ces problèmes et si on pense que l’on peut imaginer quelque chose qui va permettre de mener à bien cette opération, alors on peut dire « nous allons appliquer notre droit d’ingérence. » Mais cela signifie prendre des mesures militaires et s’empresser d’en assumer les conséquences. Regardez la Libye. Il est indéniable que le renversement de Mouammar Kadhafi était moralement justifié, mais nous n’avons pas eu la volonté d’en combler le vide consécutif. En conséquence de quoi, nous sommes en présence aujourd’hui de milices qui s’affrontent. Vous obtenez un territoire non dirigé politiquement et une réserve d’armes pour l’Afrique.

SPIEGEL : Mais nous sommes en présence d’une situation tout aussi insupportable en Syrie. L’état se délite et des organisations terroristes gouvernent une grande partie du pays. N’était-ce pas immoral de ne pas intervenir pour éviter un chaos qui représente à présent également une menace ?

Kissinger : Dans ma vie, j’ai quasiment toujours été pour une politique extérieure active. Mais vous devez savoir avec qui vous coopérez. Vous avez besoin de partenaires fiables, et je n’en vois aucun dans ce conflit.

SPIEGEL : Comme pour la Guerre du Vietnam. Vous arrive-t-il de regretter la politique agressive que vous avez menée là-bas ?

Kissinger : Vous aimeriez que je vous réponde ‘oui’.

SPIEGEL : Bien sûr. Vous en avez assez peu parlé dans votre vie.

Kissinger : J’ai passé toute ma vie à étudier toutes ces choses et j’ai écrit un livre sur le Vietnam intitulé ‘Ending Vietnam War’ (Pour en finir avec la Guerre du Vietnam, inédit en français), ainsi que de nombreux chapitres dans mes mémoires sur le Vietnam. Il faut vous souvenir que l’administration dans laquelle j’ai servi a hérité de la guerre du Vietnam, 500 000 soldats américains étaient déjà déployés là-bas par l’administration Johnson. L’administration Nixon, elle, retira progressivement ces troupes, et les troupes de combat au sol ont été retirées en 1971. Je ne peux que dire que mes collègues et moi même avons agi sur la base d’une réflexion circonspecte. En ce qui concerne les directives stratégiques, il s’agissait de ce que j’ai pu élaborer de mieux et j’ai agi au mieux de mes convictions.

SPIEGEL : Il y a une phrase dans votre livre, en dernière page, qui peut être comprise comme une sorte d’autocritique. Vous écrivez que vous pensiez autrefois être en mesure d’expliquer l’Histoire mais qu’aujourd’hui vous êtes plus modeste quand il s’agit de porter un jugement sur des événements historiques.

Kissinger : J’ai appris, au fil de mes écrits, que l’Histoire doit être découverte et non affirmée. C’est une compréhension que l’on acquiert au fil des ans. Ce n’est pas forcément une autocritique. Ce que je voulais dire c’est que l’on ne doit pas penser que l’Histoire peut être façonnée uniquement par la volonté. C’est aussi pour cela que je suis contre le concept d’intervention quand on n’en mesure pas toutes les implications.

SPIEGEL : En 2003, vous étiez en faveur d’un renversement de Saddam Hussein. A cette époque aussi les conséquences de cette intervention étaient incertaines.

Kissinger : Je vais vous dire ce que je pensais à l’époque. Je pensais qu’après l’attaque qu’ils avaient subie, il était important que les États-Unis revendiquent leur position. L’ONU avait admis que des violations majeures avaient été commises. Je pensais donc que renverser Saddam était un objectif légitime. Je pensais qu’il était irréaliste d’essayer d’apporter la démocratie au moyen de l’occupation militaire.

SPIEGEL : Pourquoi êtes-vous si sûr que c’est irréaliste ?

Kissinger : À moins que vous ne soyez disposés à le faire pendant des décennies et que vous soyez sûr que votre peuple va vous soutenir. Mais c’est probablement au-delà des ressources de n’importe quel pays.

SPIEGEL : C’est pour cette raison que le président Obama combat le terrorisme par les airs, au moyen de drones et d’avions militaires au Pakistan et au Yémen et désormais en Syrie et Irak également. Que pensez-vous de cette stratégie ?

Kissinger : Je suis favorable aux attaques contre des territoires depuis lesquels des attaques terroristes sont menées. Je ne me suis jamais exprimé publiquement sur l’utilisation des drones. Ils menacent davantage les civils que leur équivalent employé pendant la guerre du Vietnam, mais c’est du même acabit.

SPIEGEL : Dans votre livre, vous déclarez que pour entrer en guerre l’Amérique doit prendre ses décisions en se basant sur ce qui pourra être la « meilleure combinaison en termes de sécurité et de morale ». Que voulez-vous dire par là ?

Kissinger : Non, cela dépend de la situation. Quel est notre intérêt précis en Syrie ? Est-ce seulement l’humanitaire ? Est-ce de la stratégie ? Bien sûr on voudrait toujours agir le plus moralement possible, mais en pleine guerre civile vous ne pouvez pas ignorer les réalités, et c’est ensuite que viendra l’heure des jugements.

SPIEGEL : Ce qui signifie que pour un temps défini, pour de raisons réalistes, nous pourrions être du côté de Bachar el-Assad pour combattre l’État Islamique ?

Kissinger : Eh bien, non. Nous ne pourrions jamais combattre aux côtés d’Assad. Ce serait remettre en cause tout ce que nous avons fait et affirmé pendant des années. Mais honnêtement, je pense que nous aurions dû avoir un dialogue avec la Russie et nous aurions dû nous demander quelle issue nous souhaitions en Syrie et formuler une stratégie ensemble. Nous avons eu tort d’avoir demandé d’emblée le départ d’Assad – bien que ce soit un objectif souhaitable à long terme. Maintenant que nous sommes enfermés dans ce conflit avec la Russie, un accord sur le programme nucléaire iranien est devenu plus difficile.

SPIEGEL : Êtes-vous favorable à ce que l’Europe et l’Allemagne en particulier aient un rôle plus affirmé ?

Kissinger : Oui, certainement. Il y a un siècle, l’Europe avait quasiment le monopole de l’ordre mondial. Aujourd’hui le danger est qu’elle ne s’occupe plus que d’elle-même. L’Allemagne est le pays européen le plus important et, oui, elle devrait être plus active. J’ai vraiment la plus haute estime pour Madame Merkel, et je pense qu’elle est la bonne personne pour amener l’Allemagne à endosser ce rôle. D’ailleurs, j’ai rencontré et entretenu des relations amicales avec tous les chanceliers allemands.

SPIEGEL : Oh, même avec Willy Brandt ?

Kissinger : Je tiens Willy Brandt en très haute estime.

SPIEGEL : Cela nous surprend un peu ici car il y a quelques mois, une conversation entre vous et Nixon a été dévoilée, dans laquelle vous traitiez Brandt de « dangereux idiot ».

Kissinger : Vous savez, ces phrases prises hors contexte ne reflètent pas la réalité. Voilà deux personnes qui à la fin d’une journée épuisante se disent des choses qui reflètent l’humeur du moment, et cela était probablement à propos d’une divergence d’opinion sur un sujet dont je ne me rappelle même plus. Nous avions quelques doutes sur l’Ostpolitik de Brandt au début, mais nous avons travaillé étroitement avec lui par la suite. Demandez à Egon Bahr, il vous le dira : sans l’administration Nixon, l’Ostpolitik de Brandt n’aurait jamais atteint ses objectifs, en particulier sur la question berlinoise.

SPIEGEL : En Allemagne, vous êtes un politicien très controversé. Quand l’Université de Bonn a voulu créer une chaire à votre nom, les étudiants ont protesté. Avez-vous été déçu, ou même irrité ?

Kissinger : J’apprécie le geste, c’est un honneur. Je n’ai rien réclamé, et je ne l’ai appris qu’après sa création. Je ne veux pas faire partie de la discussion, c’est entièrement la décision des autorités allemandes. Je pense que l’Allemagne devrait le faire pour elle-même ou ne pas le faire pour ses propres raisons.

SPIEGEL : M. Kissinger, nous vous remercions pour cette interview.

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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mathieu // 05.12.2014 à 11h19

Cet homme est surement malin, et probablement qu’il voit bien que tout ce désordre est devenu trop ingérable et qu’il dessert les us qui sont en train de passer pour des enfoirés de première, en particulier depuis 10 ou 12 ans ….. Alors , au lieu de remettre en question sur le fond l’ingérence et le néo-conservatisme, il se contente de nous expliquer qu il devrait y avoir un peu plus de morale, et un peu plus de réflexion sur les conséquences dans les interventions “occidentales”, mais sur le fond, c est toujours nouvel ordre mondial et intérêt stratégique. Moi ce que je retiens à chaque fois de ce qu il dit c’est : “regarder, on peu discuter avec moi, je suis moins bourrin que les autres, je suis capable d’admettre certaine chose, mais vous savez sur le fond, je suis toujours prêt à tout pour l’hégémonie américaine” ……….En fait , ces gens sont mille fois plus dangereux, je te saupoudre mon idéologie totalitaire d’un peu de vérité et d’un peu de bonne volonté, tu peux continuer à en manger.
Olivier, je pense modestement que quand vous relayez Kissinger, ou d autres néo-con ,néo libéraux, impérialistes..etc qui se repentent ou enrobe avec un peu de réalité et de vérité leur idéologie tarée, il faudrait réaliser un petit texte (comme pour Paul creg roberts) expliquant le contexte de l idéologie de cette personne et l’idée que ce qu’il dit puisse être juste une maniére de faire passer une pilule empoisonnée…..Quand on lit ces gens, on ne retiens pas quand on est exercé, les passages souligné en jaune indiquant un point d’accord, on retient que tout le reste et on se dit que ce qui est en jaune était bien le minimum à concéder, je trouve qu il faudrait un moyen dans le relaie de mettre en garde contre cela….ce n est que mon avis, merci pour tout ce que vous faites et ce que l on devine que vous êtes

41 réactions et commentaires

  • vérité2014 // 05.12.2014 à 05h32

    Complot bien réel pour renverser Poutine via Soros.

    West behind falling ruble and oil prices – Russian spy chief.

    Washington and its allies are pursuing a regime change policy towards Russia, deliberately introducing sanctions and attacking the ruble through manipulation of world oil prices, the head of Russia’s external intelligence agency has said.

    Mikhail Fradkov, the head of the Foreign Intelligence Service (SVR), warned that Moscow is aware of US moves to oust Putin from power.

    http://rt.com/news/211599-ruble-oil-sanctions-russia/

    Russian Spy Chief Blames U.S., EU for Ruble, Oil Price Collapse

    http://www.bloomberg.com/news/2014-12-04/russian-spy-chief-blames-u-s-eu-for-ruble-oil-price-collapse.html

    Those looking to profit from plunging ruble will be ‘dealt with’ – Putin

    http://rt.com/business/211455-putin-speculative-ruble-punishment/

      +8

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  • odjo // 05.12.2014 à 07h07

    Je verrai bien ce triste sir avec les deux Buch Cheney McCain et Cie envoye finir leur retraites a Guantanamo pour leurs mefaits et crimes contre humanite passe ou presente .
    Ca couterait helas encore trop a nous autres contribuables Americains pour les nourrir “force feeding style” mais la au moins l’on pourrait parler de moralite dont ce triste sir ce croit representer encore .

      +19

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    • MartinLL // 05.12.2014 à 11h32

      Malheureusement, ce sont les gens qui espèrent cela qui seront bientôt emmenés dans des camps du style Guantanamo… Voir cet extrait enregistré sur Russia Today : https://www.youtube.com/watch?v=RcvvE2zHcn0

        +1

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    • Chris // 05.12.2014 à 12h43

      “Non, les États-Unis ne peuvent pas imposer leur volonté, et ils ne devraient pas essayer. Ce serait même une erreur de croire qu’ils en ont le pouvoir. Mais en ce qui concerne l’OTAN, les États-Unis compteront comme une voix dans une décision fondée sur l’unanimité. C’est également l’avis de la chancelière allemande”
      Ce vieux renard pratique l’enfumage, semant ça et là, quelques demi-vérités. Il n’est reste pas moins un pur produit du système globalisant US : un cancer, une gangrène.
      Il essaie de nous faire croire que les USA “n’ont pas le pouvoir d’imposer” leur politique, ce qu’ils font pourtant à force de terroriser la terre entière (50% du budget militaire mondial !) par toutes sortes de mesures coercitives, monétaires, embargos, guerres, changement de régimes, assassinats, corruption, imposition de modèles juridiques et économiques pour piller les ressources d’autrui, ingérences diverses au prétexte de “démocratie”.
      Ces contributeurs au chaos et violations de toutes sortes sont d’une malfaisance inouïe et devraient être passés par les armes : ils ne méritent même pas un procès.

        +16

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      • Crapaud Rouge // 05.12.2014 à 20h51

        Il n’est reste pas moins un pur produit du système globalisant US” : oui, mais c’est justement ce qui donne tout son poids à ses propos. Quand il dit que “l’Ukraine a toujours eu une signification particulière pour la Russie“, et donc que c’est une erreur de ne pas en tenir compte, il faut comprendre que cette erreur est énorme et qu’elle ne jouera pas en faveur de l’Amérique. Kissinger et Gorbatchev ne sortent pas de leur réserve pour commenter le tout venant.

          +2

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    • boduos // 06.12.2014 à 13h46

      Philippe Grasset recentre parfaitement le débat et si Gorbatchev a brillamment déçu nos marionnettes avec son discours inattendu du 25eme anniversaire de la chute du mur,je ne crois pas a l’interview du vieux forgeron de Satan des années 70-80.
      ils sont toujours tous à la manœuvre pour réduire l’Eurasie,promouvoir le grand Israël au rang de haut commissaire de l’Europe et la mise sous tutelle définitive de celle ci.
      de manière plus explicite je pense:
      http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/stupid-wars-la-guerre-contre-le-47887

        +4

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  • luci2/29 // 05.12.2014 à 07h40

    Au fond,Kissinger ,sans doute sincère, (l’âge ? ) dit essentiellement une chose:
    Cherchons avant tout Le Sens de notre action.Avec tout ce que cette position engendre sur les plans des choix ,des stratégies.

      +5

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    • R.-M. Mukarutabana // 05.12.2014 à 12h16

      Sincère, sans doute – mais seulement si l’on tient compte du fait qu’il a d’abord du s’hypnotiser sur la doctrine sacro-sainte des USA maitres du monde de droit divin.
      9/11: l’Amerique, attaquée, doit se venger, sur le premier venu s’il le faut – c-a-d. en fait sur celui dont la chute arrange les affaires US par sionnistes interposés (ou bien est-ce l’inverse?).
      Idem Kaddafi, dont l’assassinat fut un acte légitime, voire vertueux.
      Il est évident, de par son raisonnement, que Kissinger trouve normal que Poutine ait repris la Crimée, mais comme cela représente un pied de nez a l’Amérique, il s’interdit de l’approuver.
      Ce qu’il dit sur H. Clinton n’est que langue de bois. Sur Merkel, pareil: il affecte de croire qu’elle a les coudées franches face aux USA. Non par simple politesse envers les lecteurs de ce journal, mais pour mieux endormir les Allemands…

        +6

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      • Bordron Georges // 05.12.2014 à 16h39

        «Sincère, sans doute …… doctrine sacro-sainte des USA maîtres du Monde de droit divin.»
        Oui, c’est ce que dit Kissinger: «En Amérique, nous croyons que nous pouvons diriger le Monde non seulement par notre puissance d’attraction, mais aussi par notre puissance militaire.»

        «L’Amérique attaquée doit se venger.»
        Mais elle se sent toujours menacée, donc plus ou moins attaquée. Aux vrais attaques, drones ou pas drones, elle riposte tous azimuts, souvent à côté de l’origine de l’attaque.

        «Idem Kadhafi, dont l’assassinat fut un acte légitime voire vertueux»
        Oui, ils s’y prennent tellement bien que leur ambassadeur à bénéficié du même jugement et de la même condamnation que Kadhafi.

        En résumer, ils ne font que de très grosses bêtises internationales.
        Je sais, il y a toujours le problème du pétrole.

          +6

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    • Jean // 05.12.2014 à 14h02

      Sincère je ne sais pas, mais que maintenant avec les médias comme Internet, à la disposition de plus de citoyens, ça leur devient difficile de cacher tout leur interventionnisme passé qui donne le monde chaotique du présent.

      Trop facile de se mettre à réfléchir seulement maintenant, alors qu’ils ont eu toute leur carrière à ne faire que ça.
      Ils (lui et similaire qui “parlent vrai” à la fin de leur vie) n’ont pas d’excuses comme les autres citoyens pris par leur “métro, boulot, dodo” ou de ne pas avoir le niveau.

      Eux ont été payés qu’à faire ça toute leur carrière de politicien ou de stratège !
      Donc même de la sincérité au dernier moment, alors que c’est le résultat qui compte sur des dizaines et des dizaines d’années de grand n’importe quoi, c’est inacceptable !

        +3

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  • luci2/29 // 05.12.2014 à 08h12

    Tout ce qui précède ,nous pouvons-devons- très aisément y souscrire.
    Retenons simplement un point de vue ,certes original , auquel j’adhére:
    celui de Pascal Roussel (Divina Insidia) qui estime que les “Gens” du “Systéme” s’entrechoquent,pour ne pas dire s’entretuent ,en particulier ces 4/5 dernières années.. [ et on peut penser qu’ “ils” sont les premières victimes du chaos organisé (KO).d’où les repentances de dernière heure.]
    Pourquoi pas ?

      +2

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  • Eric // 05.12.2014 à 08h42

    Quelle que soit la méthode, l’objectif est le même, nous sommes donc bien d’accord. C’est le projet de l’atroce Attali et de beaucoup d’autres à sa suite, moins explicites et bavards que lui sur ce thème.
    C’est une journée qui commence bien. Me voilà désormais lavé de tout soupçon de complotisme 🙂

      +6

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  • reneegate // 05.12.2014 à 09h33

    Un interview sur mesure, je ne comprends pas pourquoi vous n’avez pas souligné ceci : “sans l’administration Nixon, l’Ostpolitik de Brandt n’aurait jamais atteint ses objectifs, en particulier sur la question berlinoise.”.
    Il n’y a évidemment pas de justice sur terre, pour faire court, je pense à Sankara et à tous les autres.

      +4

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  • sergeat // 05.12.2014 à 10h36

    PPDA était un gamin avec son interview de Castro,nos informateurs le surpassent de façon hollywoodienne.

      +3

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  • Crapaud Rouge // 05.12.2014 à 10h44

    Les interventions à contre-courant de Kissinger et Gorbatchev sont bien sûr très importantes, parce qu’elles pointent un changement de cap fondamental du “bloc BAO” depuis la chute du Mur. Avant, les Américains pouvaient traiter l’URSS d’empire du Mal, mais tenaient compte de sa puissance et de ses intérêts stratégiques. Les relations étaient à couteaux tirés, mais l’on se gardait bien de porter des coups. Rien de tel avec la Russie que l’on dépouille de toute légitimité, et contre laquelle tous les coups semblent permis. Aussi, en affirmant que “l’Ukraine a toujours eu une signification particulière pour la Russie“, Kissinger reconnaît à cette dernière la légitimité de ses intérêts en Ukraine. Cette minuscule affirmation fait voler en éclats la “narrative” du “bloc BAO”, son système de justifications absurdes, et devrait provoquer un virage à 180 degrés de la diplomatie américaine. Mais ils vont continuer, tout simplement. Ce point de vue de Kissinger est donc un signal de mauvais augure, pas un signe d’espoir.

      +3

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  • Kiwixar // 05.12.2014 à 11h03

    Si je résume la pensée de Kissinger et des Washingtoniens en général :

    1) procédons à toutes les crapuleries possibles et imaginables où on veut sur la planète, en incluant les génocides (Indiens), l’esclavage (noirs), les bombes atomiques sur les civils, l’Agent Orange, l’uranium appauvri qui enrichit le sol pour des millénaires, la destruction de nations, le pillage à tours de bras, les false flags comme s’il en pleuvait, les doubles standards sans tiquer, la vassalisation de vieilles nations millénaires, l’achat ou la compromission de politiciens, le privilège exorbitant du dollar, la guerre perpétuelle dans le Heartland (Eurasie), l’Etat policier orwellien, Goulaganamo, le dronage d’Américains sur simple sélection du POTUS (la liste du mardi, cochez la bonne case, ups sorry les dommages collatéraux)

    2) si ça ne fonctionne pas : oups, on aurait dû mieux nous y prendre

    3) on recommence et on continue

    Au lieu d’étudier comment mieux s’y prendre, ne devraient-ils pas étudier la moralité de tout ça, et craindre le Châtiment pour toutes ces Abjections?

      +17

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  • mathieu // 05.12.2014 à 11h19

    Cet homme est surement malin, et probablement qu’il voit bien que tout ce désordre est devenu trop ingérable et qu’il dessert les us qui sont en train de passer pour des enfoirés de première, en particulier depuis 10 ou 12 ans ….. Alors , au lieu de remettre en question sur le fond l’ingérence et le néo-conservatisme, il se contente de nous expliquer qu il devrait y avoir un peu plus de morale, et un peu plus de réflexion sur les conséquences dans les interventions “occidentales”, mais sur le fond, c est toujours nouvel ordre mondial et intérêt stratégique. Moi ce que je retiens à chaque fois de ce qu il dit c’est : “regarder, on peu discuter avec moi, je suis moins bourrin que les autres, je suis capable d’admettre certaine chose, mais vous savez sur le fond, je suis toujours prêt à tout pour l’hégémonie américaine” ……….En fait , ces gens sont mille fois plus dangereux, je te saupoudre mon idéologie totalitaire d’un peu de vérité et d’un peu de bonne volonté, tu peux continuer à en manger.
    Olivier, je pense modestement que quand vous relayez Kissinger, ou d autres néo-con ,néo libéraux, impérialistes..etc qui se repentent ou enrobe avec un peu de réalité et de vérité leur idéologie tarée, il faudrait réaliser un petit texte (comme pour Paul creg roberts) expliquant le contexte de l idéologie de cette personne et l’idée que ce qu’il dit puisse être juste une maniére de faire passer une pilule empoisonnée…..Quand on lit ces gens, on ne retiens pas quand on est exercé, les passages souligné en jaune indiquant un point d’accord, on retient que tout le reste et on se dit que ce qui est en jaune était bien le minimum à concéder, je trouve qu il faudrait un moyen dans le relaie de mettre en garde contre cela….ce n est que mon avis, merci pour tout ce que vous faites et ce que l on devine que vous êtes

      +27

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  • achriline // 05.12.2014 à 11h29

    Quelques remarques qui me font douter de la sincérité de Kissinger.

    “Il y a le point de vue chinois, la conception islamique, la vision occidentale et, dans une certaine mesure, le point de vue russe”
    Pourquoi dans une certaine mesure seulement pour les Russes. Il a du mal a reconnaître que la Russie est de nouveau un pays avec lequel il faut compter au moins autant que la Chine (du point de vue militaire). Il semblerait qu’il ne soit pas encore parvenu à sortir totalement de son “état d’esprit guerre froide”, Chassez le naturel, il revient au galop.

    “On ne peut pas accepter le principe que n’importe quel pays puisse changer les frontières et prendre une province à un autre pays”
    Sauf s’il s’agit des Etats-Unis bien sûr. Vous remarquerez qu’il ne mettra jamais en cause les US seuls, il associe toujours l’Europe avec eux. Exit la responsabilité des Nuland, Cheney et ONG’s financées par la CIA.

    “L’Europe et l’Amérique n’ont pas compris l’impact de ces événements”
    Ah oui … ou ne l’ont-ils que trop bien compris et ont-ils même provoqués ces événements. Il est étrange qu’un diplomate avec une telle réputation devienne subitement amnésique à propos de certains événements.

    “Mais ne fait-il pas exactement ce contre quoi vous nous mettez en garde : créer le chaos dans l’est de l’Ukraine et menacer sa souveraineté ?”
    On peut apprécier ici l’impartialité des journalistes. Ce ne peut être que la Russie qui crée le chaos bien sûr.

    “D’abord, l’Ouest ne pouvait pas accepter l’annexion”
    Ah !!! quid du vote des criméens. Là encore seuls les pays autorisés par l’Empire ont le droit de faire sécession.

    “Cela ne s’applique-t-il pas également à Poutine qui s’est isolé tout seul”
    Là encore, incapacité des journalistes à remettre en cause la narrative, c’est l’occident qui a tenté d’isoler Poutine et non lui-même qui a tenté de s’isoler tout seul.
    Ensuite peut-on dire qu’il est isolé quand il a avec lui les 3 milliards et quelques habitants des BRICKS.

    “Je pense qu’il s’agit d’un signe de faiblesse stratégique, qu’il chercher à faire passer pour de la force tactique”
    Ce n’est pas parce une stratégie est différente de la stratégie dominatrice et guerrière des états-unis que l’on peut la qualifier de faible.

    “Cela signifie que les Américains que nous sommes seront un acteur majeur grâce à la vertus de nos forces et de nos valeurs”
    Quelles valeurs ???

    “En Amérique, nous croyons que nous pouvons changer le monde”
    Et un peu plus tard
    “Non, les États-Unis ne peuvent pas imposer leur volonté, et ils ne devraient pas essayer”
    En gros, un bon discours d’homme politique, dire une chose et son contraire.

    “Si vous regardez les cinq guerres auxquelles l’Amérique a participé depuis la Seconde Guerre mondiale, elles ont toutes obtenu un large soutien populaire”
    Modeste Kissinger, Wikipédia en recense plus d’une quarantaine. Mais il voulait certainement parler des conflits majeurs (officiels). Il oublie cependant d’avouer qu’elles ont toutes été des échecs et que le soutien des américains ne l’a été qu’au prix de mensonges et de manipulations.

    “Laissez-moi juste vous dire ce qu’il se passe selon moi. C’est pour une part, un conflit multiethnique. C’est pour une autre part une rébellion contre les vieilles structures du Moyen-Orient. Et, pour une autre part encore, c’est une sorte de rébellion contre le gouvernement”
    Une analyse complétement erronée comme chacun le sait maintenant mais parfaitement en ligne avec la narrative de l’Empire.

    “Regardez la Libye. Il est indéniable que le renversement de Mouammar Kadhafi était moralement justifié”
    Mais pas celui des Saoud ?

    “l’Europe avait quasiment le monopole de l’ordre mondial. Aujourd’hui le danger est qu’elle ne s’occupe plus que d’elle-même”
    Ne serait-ce pas plutôt que les états-unis s’occupent trop d’elle ?

    En conclusion, certes l’occident a fait des erreurs, rien de bien méchant mais par contre la Russie a annexé la Crimée (ça c’est pas bien) et Poutine s’est isolé tout seul (l’occident n’a donc pas de responsabilité)
    Kissinger, la “vieille crapule” de 91 ans “is making the job” comme disent les américains. Jamais de remords ni de regrets, en service commandé jusqu’au bout.

      +20

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  • Kiwixar // 05.12.2014 à 11h45

    Soit dit en passant, les pays non-Otan (en commençant par les Brics et l’Amérique du Sud) devraient mettre en place (et annoncer officiellement) une politique officielle de “containment” contre l’ingérence des Zuniens dans les affaires des autres pays.

      +13

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  • Feuille de Mars // 05.12.2014 à 12h03

    Ha ! Damned ! Ce qui est dit à la fin de l’article est d’une évidence telle que je ne l’avais même pas remarqué !!! Aujourd’hui, des gens qui étaient très opposés les uns aux autres (Kissinger, Gorbatchev…et même Castro d’une certaine façon) partagent tous le même point de vue sur la stupidité crasse (même s’ils ne l’affirment pas tous haut et fort) de la politique impérialiste du BAO & de l’OTAN. Avec de tels dénonciateurs, on peut se demander si la toute-puissance de l’occident ne serait rien d’autre qu’une illusion, une illusion qui ferait encore beaucoup de morts et provoquerait encore maintes catastrophes, mais une illusion quand-même (je me souviens que l’année dernière sur BFM, pour le bilan économique de l’année 2013, un fort gros journaliste à lunette nous assénait que cette année se terminait donc très bien, économiquement, pour l’occident et voyait la crise & la misère se propager chez “les autres”…gageons qu’ils nous répèteront la même chose dans un mois).

      +2

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  • Daniel // 05.12.2014 à 12h31

    Encore un billet précieux. Peut-être que l’on pourrait mettre en valeur – et ce n’est qu’une suggestion – la phrase de Kissinger “La Crimée est un symptôme, pas une cause. De plus, la Crimée est un cas particulier. L’Ukraine a longtemps fait partie de la Russie.” Je pense qu’elle en dit long.

      +4

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    • Daniel // 05.12.2014 à 14h25

      Par un souci de clarté, j’aimerais juste compléter que je trouve ce billet précieux car il est révélateur de la personnalité du vieux renard qui a toujours été Henry Kissinger. Ses propos, ne soyons pas dupes, ne “mettent pas sa tête à prix” comme il le dit, il n’y a rien à craindre, voyons.

      Le vieux renard (ou la vieille crapule, si l’on veut) est comme un poulpe qui prend la forme du récipient où il se trouve, en l’occurrence, il s’adapte en grand rusé aux questions du journaliste qui l’a interviewé. Si celui-ci était français Mr. Napalm aurait dit que c’est “la France le pays européen le plus important et, oui, elle devrait être plus active.” Un grand futé aussi quand il répond au sujet de Willy Brandt. Voilà l’étoffe des gens qui nous dictent “l’Ordre Mondial”.

      Un précieux billet, je me répète, car révélateur. Ou plutôt, confirmatif. Merci encore, Olivier.

        +8

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    • boduos // 06.12.2014 à 14h11

      La Crimée et Kiev font partie de la Russie historique et n’ont en été séparées que par idéologie marxiste soviétique anti nationale ( l’internationnaaaale sera le genre humain )
      rejoignant sur ce point l’intelligentsia de Wall Street et de Tel Aviv et ce dont nous faisons les frais en Europe : le grand “effacement” (culturel) pour préparer le grand”remplacement”, l’homme nouveau des constructivistes à l’homme sans genre,sans racines,sans passé ( sauf honteux),l’homme cultivé hors sol qu’il suffira de débrancher de son goutte à goutte…..
      voilà le rêve Vladimir qui les effraie:
      carte russie d europe1850.pdf

        +1

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  • Delphin // 05.12.2014 à 12h45

    Bonjour,

    Hier matin, Gaël Giraud sur France Inter (“Le 6/9”). Précis, concis, pédagogue comme d’habitude.

    Amicalement,

    Delphin

    http://www.franceinter.fr/emission-le-79-gael-giraud-les-economistes-orthodoxes-nont-pas-interet-a-ce-que-le-debat-ait-lieu

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  • Monertov // 05.12.2014 à 13h11

    Cet homme me dégoûte profondément.Penser qu’il va mourir de sa belle mort,probablement dans son lit, sans jamais avoir eu à répondre de ses crimes , et ils sont nombreux, me fait desesperer de notre monde actuel .

      +9

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  • olivier69 // 05.12.2014 à 14h11

    Bonjour,
    pour ceux qui voudraient se faire (ou refaire) une idée relative (restons critique) sur Kissinger, je mets la fiche wiki.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Kissinger
    Cdlt
    ps : au coeur de la géopolitique américaine…

      +1

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  • Alae // 05.12.2014 à 14h11

    “Au lieu d’étudier comment mieux s’y prendre, ne devraient-ils pas étudier la moralité de tout ça, et craindre le Châtiment pour toutes ces Abjections? ”

    Mais ils ont une moralité, Kiwixar. Seulement, pas la même que la votre. Ils croulent même sous le poids de la morale qui a fondé l’Amérique (c.f, la “Manifest Destiny”), et qu’ils ne cessent de rappeler.
    N’oublions pas que les Américains se prennent pour LE peuple élu, que leur devise est “In God we trust”, et qu’il n’y a pas plus moraliste qu’un impérialiste : c’est toujours au nom d’une supposée supériorité morale qu’ils portent la guerre, l’esclavage et la destruction chez les autres.
    Ce qui leur manque n’est certes pas la moralité, dont ils ont des excédents et qu’ils vous exposeront en long, en large et en travers même, et surtout, quand vous ne leur avez strictement rien demandé, mais la bonne vieille règle d’or de l’éthique de réciprocité, “traite les autres comme tu souhaites toi-même en être traité”. Mais celle-là, j’ai bien peur qu’elle dépasse très nettement les capacités cognitives de leur leaders.

      +10

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    • Anne // 06.12.2014 à 12h21

      @ Alae,
      Tout à fait d’accord avec votre raisonnement.

      Le suprématisme américain conduit à tous les dévoiements, et il me semble que s’il y un Dieu, (ce qu’on est en droit de croire, où ne pas croire), et en tous cas ce qu’ils semblent croire eux … Il me semblent qu’ils lui font une insulte majeure en captant pour leur propre nation le droit d’écraser toutes les autres.

      C’est une vision primitive, primaire, une façon de penser pathologique, que l’on est plus aimé de ce Dieu, et pourquoi ?

      Parceque l’on y est par nature prédestiné.? …choisi …? (à mon avis c’est une escroquerie qui excuse par avance toutes les mauvaises actions)… ( et je sais ce dont je parle )….
      Ou bien, de façon quasi superstitieuse antique : parcequ’on a fait les plus grands et beaux sacrifices à Dieu, ….c’était les sacrifices d’animaux et mêmes d’humains dans des religions primitives.

      Il me vient une idée, est ce parce qu’ils se croient les élus de Dieu que les zuniens néocons se croient en droit de tuer tellement de gens sur la planète, droit de vie ou de mort sur les ceux qui ne sont pas des leurs et qui ne veulent pas êtres pillés ou soumis ??? tout ça parce qu’ils se croient les élus, les héritiers de la terre….
      Je préfère les paroles de Jésus : ” Heureux les pauvres car ils hériteront la terre” cela sans aucune préférence nationale ou ethnique, dans un total universalisme et sans violence….

      Je pense qu’il y a un grand retour en arrière pour la conscience humaine qui est véhiculée par les zuniens néocons.
      Une brutalité antique qui repousse la conscience humaine des millénaires en arrière.

      C’est vraiment toxique de se prendre pour le peuple élu. C’est un messianisme dévoyé et superstitieux, qui excuse tous les crimes.

        +1

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    • boduos // 06.12.2014 à 15h01

      l’Amérique s’est construite contre l’Europe,
      d’abord avec ses guerres de libération contre l’Angleterre,contre la France ,la Louisiane… contre l’Espagne,le Texas.. New York fut un établissement français de Jesse de Forest
      Ces populations se sont constituées d’émigrants économiques comme les Irlandais mais surtout de fugitifs et d’esclaves victimes des négriers européens ,de chevaliers d’industrie peu scrupuleux et de déportés délinquants ,certes ,pour souvent un pain volé mais dont la rancœur anti nationale n’était pas moindre.
      Alors,la vieille Europe catholique du sud devinez ce qu’ils en pensent les puritains évangélistes ;alors Kennedy,le dernier président catho pas question qu’il dirige et puis son frangin Robert encore moins!
      Peuple élu avec ses latinos,ses afro américains,ses irlandais polonais catholiques…?,
      non ?ceux là ne le pensent pas. La population restreinte de la City ,évidemment là c’est la concentration du peuple élu à l’origine des temps .
      On comprend mieux le mépris et l’ignorance qu’ils ont pour l’Europe dont la Syrie et l’Irak font partie dans leur atlas approximatif.Divisés ,désorganises , désinformes ,c’est ce qui nous attend après l’Ukraine.
      partant du principe que lorsqu’il manque de l’avoine,les chevaux se battent ,le déclin sera organisé pour nous opposer les uns aux autres dans une libanisation généralisée.les nations homogènes s’en sortiront mieux.

        +0

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  • Kiwixar // 05.12.2014 à 18h56

    “Mais ils ont une moralité, Kiwixar. Seulement, pas la même que la votre.”

    Je pense que LA moralité est une valeur absolue, et on trouve la même en Occident, en Orient ou ailleurs dans toutes les franges de la population qui n’est pas au pouvoir (j’exclus le haut de la pyramide où le darwinisme amène les psychopathes). C’est cette morale qui a permis la survie de notre espèce en établissant sa cohésion devant l’adversité (les prédateurs, le froid, la faim). Il y a bien eu une morale qui nous a convaincu que l’esclavage était mal, ou bien est-ce seulement le fait d’avoir trouvé une meilleure source d’énergie que les bras (charbon, pétrole) ?

    Il y a sans doute une bonne partie de la population occidentale qui s’accommode d’un surcroît de confort en échange d’immoralité (les pillages coloniaux, le comportement de l’Empire du Chaos), mais je suis persuadé qu’ils savent bien à quel point c’est mal. Ils ferment juste leur esprit dessus et cherchent la consolation dans la futilité (la télé, le sport, les occupations à la con), la fuite, le déni et le dénigrement des victimes.

      +6

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    • Anne // 06.12.2014 à 12h37

      C’est vrai c’est quelque chose de commun à toute l’humanité, tout â fait d’accord avec vous ” la morale est une valeur absolue” , j’ajouterai que la conscience est une composante universelle de l’esprit humain. Mais parfois certains systèmes humains dévoient de façon maligne, maladive, dévoyée, ces consciences individuelles vivantes, pour des visées criminelles, instincts criminels qui font aussi partie de nature humaine… C’est là que réside le choix…pour chacun de nous individuellement…

        +1

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  • DECHAMPS // 05.12.2014 à 20h01

    Ce monsieur j’ai eu l’occasion de l’approcher, dans les années soixante dix quand il était négociateur des États-Unis sur le Viet Nam j’étais à l’époque collaborateur de la délégation de la République Démocratique du Viet Nam . Ce monsieur à fini par céder à signer les accords de Paris sur le Viet Nam , car il a compris que les Vietnamiens ne céderaient pas car ils avaient le monde derrière eux . Mais ils leurs à fait payer très cher, par des bombardements comme on ne peut pas imaginer plus de bombes que pendant la deuxième guerre mondiale et aussi le pire des millions de litres de produits chimiques déversé sur le Viet Nam en particulier une saloperie qui s’appelle “agent orange” de Monsanto ! ce Type ne méritait pas le prix nobel de la Paix qu’il lui a été attribué avec Lé DUC THO qui a refusé !

      +7

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    • Daniel // 05.12.2014 à 21h37

      Vous savez, Dechamps, les prix Nobel (ou plutôt Prix de la Banque de Suède) sont des récompenses à ceux qui oeuvrent pour la perpétuation des valeurs du Establishment. Les lauréats, en son immense majorité, appartiennent qu’à une dizaine de pays occidentaux seulement.

      Ce n’est que très sporadiquement – et dans un contexte hautement politico-médiatique – qu’on invite un ressortissant “d’ailleurs” pour un prix Nobel de la paix (le plus “démocratique”) ou alors de littérature (que depuis les années 70 accepte quelques rares écrivains de l’Amérique latine de langue espagnole). Autrement c’est pour faire l’éloge de la recherche scientifique américaine par-dessus tout.

      Peut-être que c’était pour cela que J-P Sartre a refusé de plein gré ce prix.

        +2

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  • georges dubuis // 06.12.2014 à 01h12

    nous pouvons changer le monde non seulement par notre puissance d’attraction…..

    Voici une phrase qui résume parfaitement la puissance …..de la fantaisie dans le monde occidentale….distrait. Dr Etrange Amour où allo coit ! Quand les gâtés n’ont pas ce qu’ils veulent çà finit mal, une rage incontrôlable, çà fonctionne à tous les étages en ce moment.

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  • Anne // 06.12.2014 à 12h26

    Ce “vieil homme” comme vous dites, est un criminel, et ils ne regrette rien de ses crimes….

      +2

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    • reneegate // 06.12.2014 à 13h51

      Il ne conçoit pas ses actes comme des crimes. C’est plus que de la suffisance, c’est de la confiance en soi biberonnée, matinée de suffisamment d’ignorance pour que le brouet tienne. C’est …. américain. Par exemple, impossible de parler avec l’accent américain avec de la retenue, il faut s’imposer aux autres pour parler américain, cela vient de très loin …. donc sincère il serait génial, mais perfide comme celui ci c’est un monstre. Ne dit on pas “ce sont les meilleurs qui partent les derniers”?

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  • Malko // 06.12.2014 à 19h46

    Russia, Ukraine, Modern Cold War, & Edward Snowden – Expert Interview w/ Professor Stephen F. Cohen
    http://www.youtube.com/watch?v=zdCcR8pEm3g

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  • Jourdon // 07.12.2014 à 13h34

    “Je pense que l’on doit toujours réfléchir, lorsque l’on commence quelque chose, à ce que l’on cherche à faire et comment cela devrait finir. Comment cela finit-il ?”

    Absolument!

    “On devient une superpuissance en étant fort mais aussi en étant sage et en ayant une vision à long terme.”

    Chapeau…

    “Kissinger : J’ai appris, au fil de mes écrits, que l’Histoire doit être découverte et non affirmée. C’est une compréhension que l’on acquiert au fil des ans. Ce n’est pas forcément une autocritique. Ce que je voulais dire c’est que l’on ne doit pas penser que l’Histoire peut être façonnée uniquement par la volonté. C’est aussi pour cela que je suis contre le concept d’intervention quand on n’en mesure pas toutes les implications.”

    Très intéressant… Les historiens d’aujourd’hui devraient donc examiner les prémices théoriques d’Henry KISSINGER afin de faire progresser leur discipline théorique dans toutes ses dimensions – et son degré de fiabilité – après l’époque antique et la création de l’histoire par HERODOTE, puis la période moderne et la création de cette discipline dans les abaques de la science moderne notamment par GIBBONS ou CARR!

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  • Bob // 07.12.2014 à 23h25

    wai Bof….
    Kissinger est autant Prix Nobel de la paix qu’Obama, donc soit il est totalement hypocrite dans cet interview.

    Soit vu son grand age il devient (un peu ) moins belliqueux que ses acolytes et là c’est flippant, car McCain, Obama et Clinton veulent la guerre avec la Russie et l’affaiblissement de l’Europe.

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  • emmanuel // 09.12.2014 à 06h48

    J’ai le sentiment que ce vieux renard est en train de préparer l’ultime chantage qui sera de choisir entre une grande guerre ou un nouvel ordre mondial avec remise a zéro des dettes et nouvelle monnaie de référence. Cela risque de ne pas être simple, mais avec la puissance de leurs médias, ils peuvent très bien passer encore une fois pour les sauveurs du monde, il leur suffit de continuer a ostraciser ces méchants BRICS qui veulent la guerre et de continuer a se poser en protecteurs des libertés.
    Dans le meilleur des cas nous allons gentiment négocier un redécoupage économique du monde, et dans le pire des cas un bon gros virus fera son apparition pour racketter et ramener les plus récalcitrants a de meilleurs sentiments.
    Le capitalisme et mort, vive le néo-capitalisme, quel tristesse ;-(

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  • NAPO // 09.12.2014 à 14h39

    Les répondes du docteur sont adressés aux bisounours, nous avons un très haut niveau d’imposture et de tromperie, poursuivre ce combat à son âge, est la preuve d’une dimension plus que politique mais bien spirituelle voire religieuse.

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