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30.novembre.201430.11.2014 // Les Crises

[Reprise] La leçon du G20 et le jeu de la Russie

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Commençons par ce qui n’est pas d’actualité. Il s’agit d’un article du professeur James Petras, Bartle Professor (Emeritus) de sociologie à l’université de Birmingham dans l’État de New York, USA, le 12 novembre 2014 sur le site 4thMedia.org. Il s’agit d’une analyse de l’évolution de la Russie depuis la chute du Mur et la fin de l’URSS, pour aboutir aux possibilités de l’actuelle Russie de Poutine de s’adapter de façon constructive, voire offensive (ou contre-offensive) aux conditions créées par les sanctions économiques. Petras est de l’avis de Yevgeny Primakov (qui n’est pourtant pas un conservateur poutinien), dite sur Itar-Tass le 27 octobre 2014, qui confirme la version de l’agression du bloc BAO au travers de sa politique des sanctions perçue comme un acte de guerre («The aim of anti-Russian economic sanctions is to weaken Russia, corner us, put into practice the idea of a “color revolution” in our country»)

Petras développe une analyse extrêmement stricte, qui prend en compte tous les événements de l’ère eltsinienne, l’intervention du capitalisme sauvage international sous coordination américaniste, l’effondrement des conditions économiques et sociales, etc. Il reconnaît à Poutine une très grande réussite dans son entreprise de relèvement du pays mais juge que la méthode employée a comporté plusieurs points de faiblesse qui rendent aujourd’hui la Russie vulnérable aux sanctions. L’illustration de la faiblesse principale de la méthode poutinienne a été son comportement vis-à-vis des oligarques qui avaient amassé leur fortune durant les années 1990. Poutine a attaqué les “politiques” (ceux qui ont fait de l’activisme globalisant et considéré comme antirusse, et antipoutinien, à partir de leurs fortunes), les éliminant souvent en les forçant à émigrer, mais il n’a guère pris de mesures contre les oligarques “économiques”, ceux qui n’avaient pas de projet politique et se sont rangés du côté du pouvoir poutinien. Aujourd’hui, ces oligarques “économiques” sont en difficultés ou deviennent suspects du point de vue politique, parce que l’essentiel de leurs fortunes est investie dans le bloc BAO. Finalement, la méthode poutinienne n’a pas été très différente pour l’économie russe elle-même, et elle montre aujourd’hui sa faiblesse à cause des liens de dépendance économique établis avec le bloc BAO. Voici comment Petras conclut cette longue analyse de la situation russe face aux sanctions, – ou comment s’en sortir…

»First and foremost Russia must diversify its economy; it must industrialize its raw materials and invest heavily in substituting local production for Western imports. While shifting its trade to China is a positive step, it mustnot replicate the previous commodities (oil and gas) for manufactured goods trading pattern of the past.

»Secondly, Russia must re-nationalize its banking, foreign trade and strategic industries, ending the dubious political and economic loyalties and rentier behavior of the current dysfunctional private ‘capitalist’ class. The Putin Administration must shift from oligarchs to technocrats, from rentiers to entrepreneurs, from speculators who earn in Russia and invest in the West to workers co-participation– in a word it must deepen the national,public, and productive character of the economy. It is not enough to claim that oligarchs who remain in Russia and declare loyalty to the Putin Administration are legitimate economic agents. They have generally disinvested from Russia, transferred their wealth abroad and have questioned legitimate state authority under pressure from Western sanctions.

»Russia needs a new economic and political revolution – in which the government recognizes the West as an imperial threat and in which it counts on the organized Russian working class and not on dubious oligarchs. The Putin Administration has pulled Russia from the abyss and has instilled dignity and self-respect among Russians at home and abroad by standing up to Western aggression in the Ukraine. From this point on, President Putin needs to move forward and dismantle the entire Yeltsin klepto-state and economy and re-industrialize, diversify and develop its own high technology for a diversified economy. And above all Russia needs to create new democratic, popular forms of democracy to sustain the transition to a secure, anti-imperialist and sovereign state.

»President Putin has the backing of the vast majority of Russian people; he has the scientific and professional cadre; he has allies in China and among the BRICs; and he has the will and the power to “do the right thing”. The question remains whether Putin will succeed in this historical mission or whether, out of fear and indecision, he will capitulate before the threats of a dangerous and decaying West.»

Cette voie que recommande Petras, la réunion du G20 de Brisbane a montré à Poutine qu’elle était de plus en plus inévitable. Rien, absolument rien ne peut être attendu des dirigeants du bloc BAO, qui se tiennent les uns les autres dans un même réseau serré d’obligations fondamentales de radicalisme dont la crise ukrainienne a fait une prison hermétique. Il n’y a aucun argument, aucune raison, aucun espoir de négociation à attendre, et même, à notre sens, l’idée de diviser l’Europe et les USA, – qui sont également fautifs, avec l’UE en tête, dans cette affaire, – est complètement vaine. Le départ avancé de Poutine de Brisbane (voir le Guardian du 16 novembre 2014), d’ailleurs présenté comme étant une mesure de simple efficacité, sans aucune appréciation officielle de critique, ne fait finalement qu’acter une évidence. Tous les sommets et rencontres des processus internationaux et transnationaux dans lesquels le bloc BAO est partie prenante, et où le bloc BAO parvient, soit par le nombre, soit par la préséance de l’organisation (si un membre du bloc est organisateur de la rencontre), à maîtriser et à orienter la communication, devient automatiquement un théâtre de communication dont le seul but est d’accréditer la narrative du bloc BAO. Les arguments sont d’une nullité consternante, les attitudes dignes de l’agitation de jeunes élèves dans une cour de récréation d’école primaire, lorsque se font les rassemblements conformistes où chacun veut briller plus que l’autre en rajoutant sur la sottise originelle.

Ce phénomène quasi-stupéfiant d’infantilisme de comportement est devenu aujourd’hui écrasant, étouffant, bloquant tout dialogue possible, parce que la narrative dominante est celle de l’Ukraine, et qu’elle est absolument construite sur des fondations sans aucun rapport avec la réalité, illustrant des événements également sans rapport avec la réalité. Lorsque deux interlocuteurs se rencontrent et que l’un dit à l’autre “Je vous serre la main mais n’entame une conversation constructive que si vous retirez vos troupes d’Ukraine”, et que l’autre lui répond “Mais je n’ai aucune troupe en Ukraine, comment voulez-vous que je rencontre votre demande” (on notera qu’en exposant cela, nous ne prenons pas position, même si notre position est connue), – on se trouve dans une situation schizophrénique qui n’a aucune issue, où les deux mondes ainsi définis n’ont aucune chance de se rencontrer. Et ce phénomène n’est pas accessoire, il n’est pas “pour la galerie”, “pour les médias”, etc., il est fondamental notamment dans l’attitude du bloc BAO, – parce que le bloc BAO ne peut tenir sa cohésion, sa position, son standing, son “rang” si l’on veut qu’en ne cédant pas un pouce de sa narrative. Il en est aujourd’hui le prisonnier plus que jamais, alors qu’il en a été au départ la dupe plus encore que le constructeur conscient.

Cette situation générale implique que toutes les démarches de Poutine pour parvenir à un arrangement sont absolument vouées à l’échec. Ce n’est pas un constat bien nouveau, certes, mais ce qui est remarquablement nouveau c’est la constance avec laquelle ce constat ne cesse de se renforcer. Comme on observe la situation, nous dirions que la seule issue se trouve dans une “sortie vers le haut”, c’est-à-dire une tension, un affrontement, une crise-dans-la-crise, une crise-au-dessus-de-la-crise, etc., dans des domaines autres que la seule situation ukrainienne (du cas du Mistral à celui de la dédollarisation, à celui de l’évolution des BRICS, il ne manque pas de champs de manœuvre dans ce sens), où des intérêts essentiels de membres du bloc BAO peuvent se trouver en opposition à cette occasion, conduisant à des divergences significatives de position vis-à-vis de la Russie. En attendant, Poutine n’a qu’une seule issue, qui s’imposera de plus en plus à lui, qui est celle de chercher systématiquement un renforcement de la position russe dans des postures étrangères au bloc BAO, ou antagonistes du bloc BAO. Du point de vue russe, c’est dans ce contexte que les observations du professeur Petras deviennent intéressantes, notamment ce paragraphe où il recommande une “nouvelle révolution économique et politique”, – qui pourrait être vue comme une seconde démarche gorbatchévienne, – la première ayant servi à sortir la Russie de l’emprise du Système par l’attaque et la destruction de la bureaucratie soviétique, la seconde, celle de Poutine, allant dans le sens de sortir la Russie de l’emprise du Système par l’attaque et la destruction de de la restructuration capitaliste et corruptrice forcée des années 1990…

«La Russie a besoin d’une nouvelle révolution économique et politique, – à l’occasion de laquelle le gouvernement doit identifier l’Ouest comme une menace impérialiste et pour laquelle il s’appuiera sur une organisation des forces russes du travail et non plus sur des oligarques douteux et suspects. L’administration Poutine a sorti la Russie des abysses et a à réappris aux Russes la dignité et le respect d’eux-même, chez eux autant qu’à l’extérieur en tenant tête à l’agression occidentale en Ukraine. Appuyé sur cette fondation, le président Poutine doit aller de l’avant et démanteler entièrement les structures corrompues de l’État eltsinien et de son économie, pour ré-industrialiser, diversifier et développer ses hautes technologies dans une économie rénovée. Par-dessus tout, la Russie doit créer une nouvelle démocratie, une forme populaire de démocratie pour soutenir cette transition vers un État souverain et anti-impérialiste…»

A cette lumière, nous dirions que le conseil est effectivement bon, mais avec deux ajouts qui pourraient paraître contradictoires et qui seraient éventuellement plutôt complémentaires : le premier, que cette voie est en train de se dessiner peut-être plus vite que ne le croit Petras, sous la pression des événements, parce qu’elle devient la seule échappée possible pour Poutine qui devra s’appuyer de plus en plus et de plus en plus rapidement sur une sorte de souverainisme populiste en s’ouvrant sur ses alliés type-BRICS pour résister aux pressions du bloc BAO ; le second, qu’une amorce d’évolution dans ce sens, ou une évolution déjà en route, susciterait, si elle n’apprête déjà à le susciter, des remous suffisants pour précipiter certains de ces événements que nous évoquions pour une “sortie vers le haut” de la crise ukrainienne, c’est-à-dire vers une crise internationale plus grave encore qui secouerait gravement la cohésion du bloc BAO et certaines situations intérieures de pays du bloc BAO.

Quoi qu’il en soit des calculs des uns et des autres, le jeu de la Russie (dans le sens où l’archi-gaulliste Philippe de Saint-Robert parlait du Jeu de la France) est aujourd’hui d’une importance vitale, non seulement pour la Russie certes, mais bien au-delà, pour l’équilibre et le sort du Système. D’un point de vue absolument objectif et nécessairement métahistorique, le jeu de la Russie n’a de réelle importance que dans la mesure de ses effets sur l’équilibre et le sort du Système. Il n’est pas sûr que cela convienne aux plans et à la prudence de Poutine, mais cela nous paraît une nécessité métahistorique qui écarte tout le reste.

Source : P Grasset

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Commentaire recommandé

philbrasov // 30.11.2014 à 07h56

je voudrais juste reprendre un excellent commentaire et qui mérite une réflexion approfondie, d’un intervenant sur le site dedefensa, et concernant cet article propose par OB.
“Alex Kara – (mail.kara[at]caramail.com)
17/11/2014

Il y a quelques mois, j’avais écrit ici que les BRICS étaient une optimisation de la globalisation, suivant une progression régulière à travers les siècles, tout comme finalement l’Angleterre du XVIIème siècle optimisait la “globalisation” ibérique avant de la supplanter.

Il ne faut pas idéaliser les BRICS car comme tout système organisé, il travaille pour ceux qui l’ont mis en place, ceux que l’on qualifie d’élites.

En parlant des oligarques, James Petras rappelle un point essentiel, que l’on occulte trop rapidement lorsqu’on évoque les BRICS, pressés que nous sommes à nous nettoyer de notre bloc BAO en pleine décomposition : pour qui travaillent les BRICS ? Les élites des BRICS sont-elles d’une meilleure nature que celles du bloc BAO ?

Certes, pas ici d’analyse approfondie, mais des stéréotypes peut-être pas si loin du compte :
Elites chinoises : construisent des mégacités vides, sans doute pour y parquer les 250 millions de paysans bientôt chassés de leurs terres par l’agriculture mécanisée. Salaire & conditions de travail chinois.
Elites russes : élite “comprador” (merci The Saker) d’une loyauté douteuse (Cf. Petras)
Elites indiennes : on pense à l’humaniste Mittal, mais le bidonville indien va-t-il vraiment disparaître ou au contraire prospérer ?
Elites brésiliennes : là aussi des bidonvilles très pittoresques, mais aussi la déforestation à marche forcée, l’extinction des espèces, le sciage de la branche etc.
Elites sud-africaines : combien étaient déjà là sous l’apartheid ?

Bref, ce n’est pas en étant bon voire transcendant qu’on devient quelqu’un qui compte dans l’économie mondiale, donc ne nous attendons pas à un monde meilleur avec le BRICS, seulement moins décomposé qu’avec notre BAO-Tordesillas. Tout ça pour ne plus avoir à subir les Femen, les BHL et le Sapin Anal sur nos écrans vespéraux.

Je cite à nouveau le texte : “ré-industrialiser, diversifier et développer ses hautes technologies dans une économie rénovée.”

Dans l’état actuel de la technologie, ça signifie les robots, et c’est normal.

Les tracteurs kolkhoziens chassèrent les paysans de leurs terres, tout comme les tracteurs de la Grande Dépression. La méthode diffère, mais pas la Technologie sous-jacente… ni même le modèle, le Stalinets-60 étant la copie du Caterpillar 60 ! ( https://de.wikipedia.org/wiki/Stalinez_65 )

Aujourd’hui point de T34 et de Sherman, mais que le robot (ouvrier) ou le drone / robot de combat (soldat) soit chinois au lieu d’être Etats-unien, la belle affaire.

Alors, oui, la narrative de Poutine est plus spirituelle que celle du BAO (le pope au lieu de la Pop) (ha ha) , mais n’est-elle pas finalement tout aussi bidon ? La société russe a-t-elle vraiment surmonté son traumatisme extraordinairement profond de la décomposition des années 80 (c’est notre stade actuel à nous autres Occidentaux), puis la Grande Prostitution du pays (littéralement, à échelle familiale, avec l’exode de leurs belles filles vers l’Occident et l’occidentalisation avide des restantes), pour aboutir finalement dans le même univers déconnecté smartphone-facebook-playstation-extasy que tous les autres ?

Le problème n’est pas résolu avec le BRICS parce que le problème n’est pas le bloc BAO (même si ça sens très mauvais) mais ce qui l’a crée. Finalement, si on n’arrive pas à résoudre le problème de fond, aussitôt après la décomposition finale du BAO le BRICS nous construira sa propre désillusion, version russe ou chinois (ou brésilienne !) de cette phrase immortelle : “We’re an empire now, and when we act, we create our own reality” , les mêmes causes menant aux mêmes effets.”

49 réactions et commentaires

  • vérité2014 // 30.11.2014 à 01h31

    De + en + ubuesque l’Ukraine.On apprend que Poro choco vend des armes tenez vous bien…aux rebelles.

    https://www.youtube.com/watch?v=sTr-fmHch18

    Better, he also says that Poroshenko used to sell weapons to the anti-Nazi insurgents.

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  • Jean Marc // 30.11.2014 à 04h21

    “Les arguments sont d’une nullité consternante, les attitudes dignes de l’agitation de jeunes élèves dans une cour de récréation d’école primaire, lorsque se font les rassemblements conformistes où chacun veut briller plus que l’autre en rajoutant sur la sottise originelle.” Et tous ces gens dirigent le monde. Vite ma soucoupe, je retourne sur ma planète! 🙂

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    • Jean Marc // 30.11.2014 à 12h57

      Hallucinant, comme quoi, il n’y a pas de petits profits! Et puis il faut qu’ils soient menaçants et armés pour qu’ils aient l’air méchant. En plus, pour peu que ce soient des armes russes, ils vont pourvoir aller crier au loup.

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  • vérité2014 // 30.11.2014 à 04h35

    Russian lawmaker claimed that the recipe for full collapse of the European Union is to let Ukraine join the alliance.

    http://sputniknews.com/politics/20141130/1015309270.html

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  • vérité2014 // 30.11.2014 à 04h57

    Coming soon near you ! This is their own promotional video of Ukrainian ultra right wing military unit called Batalion Azov made up from volunteers prepared to fight for Ukraine to get closer to Europe and join EU. I strongly believe if those units did not became part of Ukrainian ministry of internal affairs, the violence in South East of Ukraine would never get so badly out of control. See for yourself what kind of people fight to get into EU. They don’t care whatever they are wanted in Europe or not, only their way is the right way and they are prepared to kill or die for ” glory to Ukraine “. Please note, this is not Russian propaganda – this is their own recruitment promo video.
    https://m.youtube.com/watch?v=LZHvUW2nwKI

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  • traduction // 30.11.2014 à 05h15

    First and foremost….and decaying West.»

    En tout premier lieu la Russie doit diversifier son économie ; elle doit fonder une industrie pour ses matières premières et investir lourdement pour remplacer par une production locale les importations occidentales. Tourner ses relations commerciales vers la Chine est certainement une mesure positive, mais qui ne doit pas reprendre l’ancienne méthode d’échange de matières premières (pétrole et gaz) pour des biens manufacturés.

    Ensuite, la Russie doit renationaliser son système bancaire, son commerce extérieur et ses industries stratégiques, mettant fin aux loyautés économiques et politiques douteuses et au comportement de rentier de l’actuelle et dysfonctionnelle classe capitaliste privée. L’administration de Poutine doit passer des oligarques aux technocrates, des rentiers aux entrepreneurs, des spéculateurs qui gagnent à l’est pour investir à l’ouest à une co-participation des travailleurs – en un mot elle doit renforcer le caractère national, public et productif de l’économie. Il ne suffit pas de prétendre que les oligarques qui restent en Russie et se déclarent loyal au gouvernement de Poutine sont des agents économiques légitimes. Ils ont en général retiré leurs investissements de Russie, transféré leur richesse à l’étranger et ont contesté l’autorité légitime de l’état sous la pression des sanctions occidentales.

    La Russie a besoin d’une nouvelle révolution politique et économique – qui verrait le gouvernement reconnaître l’Ouest comme menace impérialiste et compter sur une classe ouvrière organisée et pas sur des oligarques suspects. Le gouvernement de Poutine a sorti la Russie des abîmes, et en faisant face à l’agression occidentale en Ukraine a instillé la dignité et le respect de soi-même aux Russes tant chez eux qu’à l’étranger. A partir de là, le président Poutine doit avancer et démanteler l’état et l’économie cleptocratique de Yeltsine et réindustrialiser, diversifier et développer sa propre haute technologie pour une économie diversifiée. Et par dessus tout, la Russie a besoin de créer de nouvelles formes de démocratie soutenues par le peuple pour poursuivre la transition vers un état stable, anti-impérialiste et souverain.

    Le président Poutine a le soutien de la vaste majorité du peuple russe ; il a les cadres scientifiques et professionnels ; il a des alliés en Chine et parmi les BRICs ; et il a la volonté et le pouvoir de “faire ce qu’il faut”. Il reste le problème de savoir si Poutine va réussir dans cette mission historique ou si, par crainte et indécision, il va capituler
    devant les menaces d’un Occident dangereux et en décomposition.

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    • yanis // 30.11.2014 à 16h09

      une video montrant ce qu’a fait poutine en 12 ans ,

      certains le nomme le DE GAULLE russe ,

      http://reseauinternational.net/qua-fait-poutine-en-12-ans-de-gouvernement/

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    • Spiridon // 01.12.2014 à 03h26

      Bon, malgré sa fine et longue analyse, Petras ressort quelques bons vieux clichés. L’économie russe est déjà en voie de diversification et d’innovation. Les ressources naturelles aujourd’hui ne comptent que pour 11 à 12% du PIB, contrairement aux idées reçues et à la propagande européenne et polonaise. Les “oligarques économiques” par opposition aux “oligarques politiques”, ça semble analysé, décortiqué, mais c’est vraiment vieux jeu. Il y a eu Khordokovsky, aplati, exilé et Berezovsky, le financeur des rebellions de couleur, déçu par les US, voulant rejoindre lui-même Poutine et opportunément suicidé dans sa villa de Londres. Et c’est à peu près tout.
      Aujourd’hui les acteurs économiques ou les gens de pouvoir ne sont pas déterminés par rapport à Poutine, ils ne sont ni tellement pro-Poutine ni anti-Poutine. Ce qui caractérise leur évolution et leurs sentiments c’est leur rapport aux USA! Soit principalement leur déception, le sentiment que les US ne sont pas fiables et peuvent trahir leurs engagements. En conséquence de quoi, par contraste, ils se rapprochent actuellement tous de Poutine, et vont le soutenir.
      La faiblesse de la Russie, c’est le comportement de sa banque centrale, qui doit accumuler du $ pour garantir le rouble, et ce, de par la constitution de 1991 (constitution léonine, concoctée par les US). Il faut donc changer la constitution. Si Poutine y arrive, ce qu’il ne peut faire seul car il n’est pas un autocrate, alors, il aura gagné. D’un coup d’un seul, toute l’économie russe partira à la hausse, avec des investissements en roubles ; à la chinoise, et pour des années. Tous les contrats actuellement signés avec la Chine en roubles/yuans ne sont que la première étape de cette indépendance ; ils sont inefficaces si la constitution n’est pas changée et la banque centrale restructurée.

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  • Judabrutus // 30.11.2014 à 07h48

    Comme toujours, une très bonne analyse des rapports des forces en présence. À ceci près – et une fois n’est pas coutume, je vais pécher par optimisme : “sous la pression des événements”, l’affaire ukrainienne est d’ores et déjà “pliée” . Elle est pliée parce que dans la confrontation à laquelle nous assistons, chacun a pu voir qu’un peuple prêt à se radicaliser faisait face à un consortium de chancelleries et d’administrations. Le bloc BAO a échoué à mobiliser les opinions sur ses positions confuses et visiblement malveillantes, les gesticulations n’ont jamais cessé d’apparaître comme telles et personne, désormais, dans le camp occidental ne prendra le risque de s’ engager plus avant dans l’ordre des hostilités : ce serait étaler au grand jour la grande solitude des stratèges qui ont oublié de faire suivre l’intendance. Si bien que ce qui, dans un premier temps a pu les servir en leur laissant du champ : à savoir l’indifférence des peuples occidentaux à la tragi-comedie ukrainienne, constitue maintenant les limites de leur action. Dans tous les centres de décision, politiques, économiques, militaires, on sait que ces gesticulations ne sont tolérées qu’à la condition de ne rien coûter ni en sacrifices financiers ni en vies humaines ; de la même façon, il n’est pas souhaitable que s’ étalent de manière insistante sous les yeux de la majeure partie des nations européennes, les souffrances réelles infligées au peuple de Novorossia en leur nom. Naturellement les opinions publiques européennes ne sont pas plus disposées à payer le gaz ukrainien et à fortiori une intégration précipitée de ce pays dans l’Union. Toute évolution qui irait dans ce sens ferait immédiatement apparaître une faille béante entre les rives de l’Atlantique : je crois que Washington a bien pris la mesure de ces conditions gravement restrictives, et que sans cesser de multiplier les actes ponctuels de nuisance, l’administration américaine a depuis lontemps amorcé un mouvement de repli.
    De sorte que si, effectivement, Poutine a tout intérêt à initier “une nouvelle révolution économique et politique”, c’est en dehors de toute pression qu’il doit le faire, en évitant de commettre l’erreur d’isolement catastrophique des administrations occidentales, c’est-à-dire en prenant le plus grand soin de se conserver un assentiment public dans les décisions nécessairement douloureuses qu’il serait amené à prendre

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    • Chris // 30.11.2014 à 15h00

      “je crois que Washington a bien pris la mesure de ces conditions gravement restrictives, et que sans cesser de multiplier les actes ponctuels de nuisance, l’administration américaine a depuis lontemps amorcé un mouvement de repli”
      Pour éclairer votre propos, cette info :
      http://russeurope.hypotheses.org/3079
      “26 nov. 2014 – En visite à Kiev Breedlove reconnaît qu’il n’a pas de troupes russes en Ukraine mais seulement 8 à 10 bataillons massés à la frontière… russe
      «le problème est moins le nombre et plus le fait qu’il s’agit d’une grande force qui peut être exercée si elle est requise».
      Mon commentaire : n’est pas le propre de la dissuasion ?

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  • philbrasov // 30.11.2014 à 07h56

    je voudrais juste reprendre un excellent commentaire et qui mérite une réflexion approfondie, d’un intervenant sur le site dedefensa, et concernant cet article propose par OB.
    “Alex Kara – (mail.kara[at]caramail.com)
    17/11/2014

    Il y a quelques mois, j’avais écrit ici que les BRICS étaient une optimisation de la globalisation, suivant une progression régulière à travers les siècles, tout comme finalement l’Angleterre du XVIIème siècle optimisait la “globalisation” ibérique avant de la supplanter.

    Il ne faut pas idéaliser les BRICS car comme tout système organisé, il travaille pour ceux qui l’ont mis en place, ceux que l’on qualifie d’élites.

    En parlant des oligarques, James Petras rappelle un point essentiel, que l’on occulte trop rapidement lorsqu’on évoque les BRICS, pressés que nous sommes à nous nettoyer de notre bloc BAO en pleine décomposition : pour qui travaillent les BRICS ? Les élites des BRICS sont-elles d’une meilleure nature que celles du bloc BAO ?

    Certes, pas ici d’analyse approfondie, mais des stéréotypes peut-être pas si loin du compte :
    Elites chinoises : construisent des mégacités vides, sans doute pour y parquer les 250 millions de paysans bientôt chassés de leurs terres par l’agriculture mécanisée. Salaire & conditions de travail chinois.
    Elites russes : élite “comprador” (merci The Saker) d’une loyauté douteuse (Cf. Petras)
    Elites indiennes : on pense à l’humaniste Mittal, mais le bidonville indien va-t-il vraiment disparaître ou au contraire prospérer ?
    Elites brésiliennes : là aussi des bidonvilles très pittoresques, mais aussi la déforestation à marche forcée, l’extinction des espèces, le sciage de la branche etc.
    Elites sud-africaines : combien étaient déjà là sous l’apartheid ?

    Bref, ce n’est pas en étant bon voire transcendant qu’on devient quelqu’un qui compte dans l’économie mondiale, donc ne nous attendons pas à un monde meilleur avec le BRICS, seulement moins décomposé qu’avec notre BAO-Tordesillas. Tout ça pour ne plus avoir à subir les Femen, les BHL et le Sapin Anal sur nos écrans vespéraux.

    Je cite à nouveau le texte : “ré-industrialiser, diversifier et développer ses hautes technologies dans une économie rénovée.”

    Dans l’état actuel de la technologie, ça signifie les robots, et c’est normal.

    Les tracteurs kolkhoziens chassèrent les paysans de leurs terres, tout comme les tracteurs de la Grande Dépression. La méthode diffère, mais pas la Technologie sous-jacente… ni même le modèle, le Stalinets-60 étant la copie du Caterpillar 60 ! ( https://de.wikipedia.org/wiki/Stalinez_65 )

    Aujourd’hui point de T34 et de Sherman, mais que le robot (ouvrier) ou le drone / robot de combat (soldat) soit chinois au lieu d’être Etats-unien, la belle affaire.

    Alors, oui, la narrative de Poutine est plus spirituelle que celle du BAO (le pope au lieu de la Pop) (ha ha) , mais n’est-elle pas finalement tout aussi bidon ? La société russe a-t-elle vraiment surmonté son traumatisme extraordinairement profond de la décomposition des années 80 (c’est notre stade actuel à nous autres Occidentaux), puis la Grande Prostitution du pays (littéralement, à échelle familiale, avec l’exode de leurs belles filles vers l’Occident et l’occidentalisation avide des restantes), pour aboutir finalement dans le même univers déconnecté smartphone-facebook-playstation-extasy que tous les autres ?

    Le problème n’est pas résolu avec le BRICS parce que le problème n’est pas le bloc BAO (même si ça sens très mauvais) mais ce qui l’a crée. Finalement, si on n’arrive pas à résoudre le problème de fond, aussitôt après la décomposition finale du BAO le BRICS nous construira sa propre désillusion, version russe ou chinois (ou brésilienne !) de cette phrase immortelle : “We’re an empire now, and when we act, we create our own reality” , les mêmes causes menant aux mêmes effets.”

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    • chios // 30.11.2014 à 10h36

      Pöur aller dans le même sens, avec un exemple “de la vie de tous les jours”,
      http://www.rferl.org/content/russia-health-care-reform/26674311.html

      Des manifestations à Moscou et dans d’autres villes du pays.
      Réforme du système de santé.
      Nombreux licenciements.
      Privatisation….

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    • Crapaud Rouge // 30.11.2014 à 10h38

      Tout à fait d’accord avec le commentaire d’Alex Kara, sauf que, pour être cohérent, il faudrait élargir le champ de vision à l’espèce humaine dans son ensemble. En effet, puisque les BRICS sont appelés à n’être que les successeurs du bloc BAO comme l’Angleterre succéda à l’Espagne dans l’hégémonie mondiale, il faut en conclure que le flambeau change de mains mais que cela ne change rien sur le fond : l’espèce humaine continue de “brûler” son environnement comme si c’était son carburant. Cependant, ce n’est pas dans un tel cadre que l’on critique le “bloc BAO” : c’est pour sa stupidité qui le conduira à perdre le flambeau plutôt que de le partager. Aussi critiquables que soient les BRICS dans leurs affaires intérieures, (la déforestation au Brésil par exemple), ils n’en proposent pas moins, sur le plan international, une vision de l’avenir qui s’oppose radicalement à l’aventurisme hasardeux et belliqueux du “bloc BAO”.

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      • Jean Marc // 30.11.2014 à 13h19

        Tout à fait d’accord. C’est un tournant de civilisation et vous n’imaginez pas à quel point élargir le processus à l’espèce humaine en entier est indispensable. Le système dans lequel nous sommes enlisés se construit aussi sur une vision de partitionnement de la planète (pour vendre ma sauce, il faut qu’il y ait quelqu’un pour l’acheter) et donc de l’espèce humaine. La dichotomie gigantesque qui en découle par la répartition des richesses qui créé des zones de paupérisation de la population sont des terreaux fertiles pour le fanatisme, quel qu’il soit, pour avoir quelque chose vers quoi se tourner. Nous arrivons un stade où il n’est plus possible de faire semblant que la planète et donc ses ressources sont illimités, les tensions sur les tentatives de territorialisation des pôles et maintenant de Lune en sont des symptômes majeurs. Mais jusqu’où s’arrêteront-ils?

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    • Chris // 30.11.2014 à 15h08

      Oui, bien d’accord, mais qu’est-ce-qu’on fait ? Les humains sont en surnombre et dévastent tout : relisez le rapport Meadows du Club de Rome en 1973, halte à la croissance, changer ou disparaître.
      Tout y est ! Et nous entamons la dernière ligne droite, la plus dramatique.

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    • Flash // 01.12.2014 à 00h37

      “[…] le Stalinets-60 étant la copie du Caterpillar 60.”

      C’est bien normal puisque de nombreuses usines soviétiques, jusqu’à la fin des années 30, étaient pilotées par des ingénieurs US. Voir à ce sujet un petit ouvrage publié à compte d’auteur il y a une 30aine d’années par Pierre de Villemarest.

      Ces éléments doivent également figurer dans l’ouvrage d’Antony Sutton publié en français par le Retour aux sources : http://www.leretourauxsources.com/index.php/wall-street-et-la-revolution-bolchevik-detail

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  • purefrancophone // 30.11.2014 à 08h49

    RC 2014.11.17 V.Poutine par F.Pons 1/2
    RC 2014.11.17 V.Poutine par F.Pons 2/2

    J’ai écouté l’interview de cet homme qui vient d’écrire un livre sur POUTINE .
    En plus d’être intéressant à écouter , il détail la vie et la mentalité de POUTINE .
    Il en ressort que l’ambition de POUTINE est bien de relever son pays , ce qu’il semble arriver à faire , mais redonner cette grandeur à ce peuple , cette dignité que les soviétiques avaient écrasés .
    Analyse intéressante également sur l’Ukraine
    Je n’ai pas encore lu ce livre , mais j’ai hâte!!!!

    PS: je précise que je n’ai aucun intérêt dans cette publication ; je ne fais que partager l’écoute de cette émission qui m’a be

    http://dai.ly/x2aom8w
    http://dai.ly/x2aoljp

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    • Lesag // 30.11.2014 à 10h03

      Merci de mettre un explicatif de quelques mots à vos liens. La prochaine fois, sans explication, il seront modérés. Nous n’avons pas forcément le temps d’aller contrôler tous les liens. Merci.

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      • purefrancophone // 30.11.2014 à 10h45

        Lesag;
        Effectivement j’aurai du préciser que les deux liens correspondaient au message précédent !!!!!
        ——————————————————————
        MODERATION : messages compactés pour une meilleure lisibilité

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    • yanis // 30.11.2014 à 15h49

      une analyse de poutine par F.PONS fort intéressante , qui reconnait lui même

      la superficialité de ses confrères dans leurs caricatures non étayées, de même des hommes politiques français.
      curieux , y a t il une exception française à l’intelligence de la géopolitique internationale ?

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    • Chris // 01.12.2014 à 12h05

      Excellents liens. Un portrait en vidéo qui reprend peu ou prou le même contenu :
      https://www.youtube.com/watch?v=pP3XpkCYBYs
      KGB, pas seulement une police politique mais aussi une école d’administration de haut niveau.
      Poutine est souvent snobé pour être issu du KGB. Par contre personne ne s’offusque que Bush senior fut chef de la CIA en son temps !

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  • Louve Bleue // 30.11.2014 à 09h04

    C’est comme en mathématiques. Tout part d’un axiome de base. Les raisonnements peuvent être justes , logiques…Les USA ne veulent pas revenir sur l’axiome de base. La Russie n’a pas le même.
    Itou pour l’économie capitaliste néo-libérale. C’est l’axiome de base qui est à changer. C’est une “religion” qui n’a aucune légitimité autre qu’un choix particulier non démocratique. On nous l’assène non pas par la preuve que cet axiome est le bon, mais par les raisonnements qui suivent…
    Il faut changer d’axiome , pour espérer sortir du chaos organisé par ceux qui nous l’imposent. (les 1% de dominateurs psychopathes) Montrer que le “bétail” se rebiffe !

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  • purefrancophone // 30.11.2014 à 09h18

    Analyse de ROUGEYRON à écouter pour avoir encore une vision de la situation.
    Phttp://youtu.be/A8Jl4g7SIpk

    Poutine remplace le matériel militaire obsolète qui reste de l’URSS , il y en a encore pour quelques années avant d’être à un bon niveau , mais cela arrivera .Et la non-livraison des deux Mistral ne changera rien !!!
    Idem pour les industries , l”agriculture …:il a repris le pays en main , lui redonne espoir et ambition , pas étonnant qu’il soit soutenu par une majorité de sa population !

    Il cherche à tous prix à maintenir la paix , mais combien de temps tiendra t-il en prenant des propos insultants , des accusations infondées ?
    Aucun chef d’État ne supporte longtemps d’être insulté , diffamé sans réagir au bout d’un moment !!!!!

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    • le Prolo du Biolo // 30.11.2014 à 21h41

      Il froncera les sourcils quand il aura toutes les cartes en main …
      Pour l’instant il rassemble les forces et les capacités économiques et militaires de la Russie.

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    • Flash // 01.12.2014 à 00h47

      Au sujet de Poutine, un bouquin plus politique que celui de Pons, c’est celui de Yannick Jaffré :
      Vladimir Bonaparte Poutine – Essai sur la naissance des républiques

      publié aux éditions Perspectives libres.

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  • Crapaud Rouge // 30.11.2014 à 09h39

    parce que la narrative dominante est celle de l’Ukraine, et qu’elle est absolument construite sur des fondations sans aucun rapport avec la réalité” : voilà un thème cher à Grasset que l’on peut rapprocher du titre d’un article récent de Paul Craig Roberts : “En Occident, le respect de la vérité n’existe plus” (http://www.les-crises.fr/en-occident-le-respect-de-la-verite-nexiste-plus/)

    Le mensonge existe depuis la nuit des temps, mais c’est tout à fait nouveau d’en faire un usage systématique, donc à tous propos, pas seulement pour les affaires internationales mais aussi sur : les valeurs boursières, l’état des banques, les chiffres du chômage, le réchauffement climatique, l’or qui disparaît des coffres, les traités secrets, etc. Même les théories économiques sont fausses ! Mais fausses à tel point qu’il faut y voir un avatar économique du modèle de Ptolémée. (http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2014/10/01/%C2%AB-l%E2%80%99imposture-economique-%C2%BB-puissante-critique-de-la-theorie-economique-dominante-1/) Et le tout sur fond de trahison des droits les plus fondamentaux, en particulier ceux d’avoir une vie privée et de pouvoir manifester sans craindre pour sa vie.

    C’est nouveau et c’est étrange car, si l’on comprend bien que des mensonges ponctuels soient parfois nécessaires, l’on imagine mal comment un système politique peut durablement miser sur le mensonge et le reniement de ses “valeurs”. Si les citoyens se mettaient à exiger le respect de la vérité et la fin des narratives, le système finira par s’effondrer.

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    • Jean Marc // 30.11.2014 à 13h33

      Pierre9459, c’est vrai qu’à bien regarder nous ne sommes pas si nombreux mais essentiellement parce que le système a aussi construit une sorte mirage aux alouettes pour nous faire croire que notre système est le bon et produit de la richesse et de la sécurité pour tous. C’est d’ailleurs l’un des éléments de base de la propagande (la croissance va revenir, chômage va baisser, on va redresser l’Europe avec 315 milliars d’euros etc ….)Vous trouverez plus de posts en effet sur les photos de Nabilla en prison que pour les statistiques des restos du Coeur en 2013. Mais cela leur est aussi possible parce que jusqu’ici, la vérité de leur petit confort n’a pas bougé. Il est à gager que le pourcentage de ceux qui souhaitent un vrai changement de société sont plus nombreux en Grèce, ou en Espagne. J’ai lu ce matin un article sur une possible ouverture du premier marché communautariste de Paris (http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2014/11/30/la-louve-est-entree-dans-paris_4530347_4497319.html) et cet excellent reportage sur certaines alternatives de par le monde sur ARTE nous donne aussi des raisons de rester quelque peu optimistes (http://www.youtube.com/watch?v=-jpKpSoyF1k).

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    • Crapaud Rouge // 30.11.2014 à 15h08

      @pierre9459 : en parlant des “citoyens”, je ne pensais pas tant à la “masse” des invisibles qu’à une hypothétique poignée d’intellectuels qui s’empareraient de ce thème, le “respect de la vérité”, par opposition au discours dominant qui est devenu aussi dogmatique que la bible de jadis. On a besoin d’un nouveau siècle des Lumières, c’est-à-dire d’une base philosophique renouvelée. Tant que l’on n’a rien à opposer au système, (sinon les initiatives marginales d’une minorité de citoyens), les foules ne bougeront pas, car, pour sortir de notre place assignée par le système, (comme le fait Olivier avec son blog), il faut de l’énergie, du temps, et des qualités rares.

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    • benoit // 30.11.2014 à 19h03

      Vrai et expérimenté autour de moi : famille, collègues, amis : indifférence généralisée au sort du monde et vis-à-vis du flot de mensonge que nous subissons. Repli hédoniste et égoïste, bref le résultat d’une culture de l’indifférence orientée vers le seul consumérisme.

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    • Anne // 30.11.2014 à 19h32

      Je ne pense pas que les citoyens qui savent qu’on leur ment soient aussi ” ultra minoritaires ” que vous le pensez.

      Ici en France, il y a énormément de gens absolument furieux de la politique du gouvernement, autant intérieure qu’extérieure, de l’Europe et du monde, et énormément de gens très très très inquiets de la tournure des événements. et de tous les aspects du glissement vers une perte de civilisation dont ils voient les effets dans leurs vies quotidiennes : les crises qui affectent le monde (décortiquées dans ce blog), et ces gens viennent de toutes les couches de la société.

      Merci à Olivier pour ce travail de clarification, et d’incitation à une réflexion collaborative positive entre des tas de gens ici sur ce blog.qui apportent souvent des nouvelles informations de nouveaux points de vue de nouvelles connaissances et les partagent avec les autres.

      Regardez ce qui se passe par exemple au Portugal, en Grèce en Espagne, les gens sont tous touchés directement par les différentes crises qui les affectent ils sont pour le moment “sonnés” essaient de survivre au jour le jour en retrouvant la valeur de la solidarité.

      Ce ne sont pas des militants ce sont des gens ordinaires des familles ordinaires.

      Il n’y a pas moyen pour eux de vivre autrement qu’en essayant de ne pas couler, il faut suivre le courant survivre. d’ailleurs pour la majorités des gens touchés par la crise économique, sonnés choqués et furieux (comme au Portugal devant la corruption affaire Socrates et consorts en ce moment même) la solidarité est essentielle tant pour la survie matérielle que morale.

      Les gens indignés bien que majoritaires, ne croient pas à l’action violente, ils savent que détruire encore plus ne résoudra rien.

      Ils savent qu’il faudra passer par d’une profonde remise en cause de notre société qu’il faudra en arriver en arriver là, mais ils ne sont pas prêts à suivre n’importe qui et ils se méfient.

      Ils découvrent l’ampleur de la tricherie des élites autoproclamées mais ne savent pas comment agir encore pour la contrer.

      Cela fait penser à l’URSS avant son éclatement, la situation ne pouvait plus durer, mais on ne savait pas jusqu’à quand.

      Les gens sont dans la plupart des cas, très inquiets du glissement vers le grand n’importe quoi…. des glissements civilisationnels, de la corruption, du mensonge des médias… Des oligarchies qui poussent à la guerre. De la pollution, des problèmes d’énergie….

      Et des oligarchies qui pensent qu’un affrontement, une guerre résoudrait les choses…
      Elles sont d’ailleurs folles car d’un affrontement nucléaire., personne ne sortirait vivant.

      Les Russes ne se sont pas couchés devant Hitler ils ne se coucheront pas devant les américains et oligarques qui leur ont fait tant de mal les dernières années.

      Bien sûr il y a aussi les autruches et ceux qui ne s’inquiètent pas tant qu’ils peuvent consommer, mais je ne pense pas qu’ils soient aussi
      majoritaires, ils existent dans des milieux protégés pour l’instant.

      Merci Olivier 🙂 pour le formidable boulot,

      Ps : j’espère que mon commentaire n’est pas trop confus et brouillon et qu’on peut y comprendre quelque chose…..

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      • reneegate // 30.11.2014 à 22h34

        votre commentaire est plus que touchant. D’où nous écrivez vous.? au plaisir de vous lire, votre chaleur fera toujours beaucoup de bien à tous

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        • Anne // 01.12.2014 à 17h42

          Merci Reenegate, cela me va droit au cœur ce que vous me dites car je pensais que l’on trouverait mon commentaire un peu “simplet”, et que par rapport aux raisonnements argumentés des autres je ne faisais pas le poids dans le fil de ces posts.

          A votre question je répondrai que j’ai des racines russes et ukrainiennes et des racines françaises.
          Mes racines russes et ukrainiennes viennent de loin, une partie de ma famille à du quitter la Russie juste après la révolution.

          Je me sens proche des Russes, ils ont vécu une tragédie terrible au 20 ème siècle, je trouve que ce peuple a malgré tout réussi à survivre, et maintenant il montre l’exemple de beaucoup de choses positives.

          Ils ont réussi à maintenir la culture russe, la nation russe dans des condition effroyables , après que le pays eut été saigné par les immenses massacres, le lavage de cerveau la dictature, la guerre, une idéologie rouleau compresseur et anti russe.

          Ceux qui ont survécu aux années de pillage après l’effondrement de l’URSS au démembrement de leur pays au pillage de leur nation sont aujourd’hui, sont plus riches moralement aujourd’hui.

          Même si parmi eux il y a les oligarques et les mafias (souvent issus du milieu apparatchiks qui les opprimait déjà du temps de l’URSS) cela n’ôte rien.

          En tant que peuple, Ils ont survécu et réussi à reconstruire quelque chose de fort, dont le monde entier a besoin en ce moment, car c’est un peuple, dans sa grande majorité non matérialiste, qui fut soumis à un joug matérialiste sans aucune pitié et qui a compris à cause de cela beaucoup de choses.

          Je trouve leur attitude souvent héroïque, et je pense en cela autant aux russes du passé comme ma famille par exemple, qu’à ceux d’aujourd’hui, et je crois qu’il y a une grande force chez les Russes de tous milieux, et qu’en ce moment ils résistent en tant que nation pour qu’un monde meilleur existe, et je suis heureuse que le peuple russe ait été capable de renaître de ses cendres.
          C’est un peuple idéaliste, divers et uni en même temps, je pense que sa musique est une illustration parfaite de son originalité, de sa poésie de sa sensibilité, et que de ce fait, les Russes sont plus à même de comprendre et aimer les autres peuples, et d’aider à trouver des solutions.

          Même s’il ne faut pas idéaliser les BRICS, c’est tout de même une réalisation magnifique de fédérer des pays aussi divers, et je pense que cette union de pays aux civilisations si différentes, dont surtout il n’y a pas volonté de les fondre dans une seule unité, mais de les réunir dans le respect des particularités de leurs peuples.

          Cette Idée est à l’antipode de la globalisation et de son uniformisation générale à l’image des États Unis, c’est une vision qui apporte de l’espoir et de la beauté à l’humanité.

          Je crois à la valeur d’un monde multipolaire parce que je suis émerveillée des peuples différents et leurs qualités différentes, de leurs coutumes leurs façons de vivre, leurs arts, et tout ça est une immense source de richesse morale pour la planète entière qui devra bien finir par chercher ensemble une solution pour vivre ensemble sur notre terre.

          Les solutions militaro atlantistes matérialiste, égoïstes égocentriques et oligarchiques basées sur la puissance de l’argent, me semblent n’offrir aucun espoir pour l’avenir des terriens.

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          • anne jordan // 01.12.2014 à 18h12

            @Anne , ma sœur , Anne , voici la ” carte des résistances ” !
            “Grands projets inutiles : corruption, police et gaspillage. Voici la carte des résistances” :
            > http://www.reporterre.net/spip.php?article6215

            il y en a certainement d’autres , mais , j’abonde dans le sens de votre constat et de vos souhaits , pour un monde multipolaire et plus juste !

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          • reneegate // 01.12.2014 à 23h25

            m’autorisez vous à citer votre texte (avec vos guillemets)?

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          • reneegate // 02.12.2014 à 09h09

            @ann j’ai repris votre texte (que je trouve parfait) : http://www.la-lef.fr/france-russie-des-etats-dame-retrouvee/.

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    • phane // 01.12.2014 à 17h49

      pour Crapaud Rouge :
      “mais aussi sur : les valeurs boursières, l’état des banques, les chiffres du chômage, le réchauffement climatique, l’or qui disparaît des coffres, les traités secrets, etc”
      vous avez raison, certainement, sauf sur le réchauffement climatique; et c’est là qu’on mesure la puissance de la propagande de certaines multinationales, qui ont réussi à discréditer le savoir qui risquait de les gêner. Le fait que les gens qui remettent en cause des “vérités” assénées dans les médias se voient obligés de tout interroger, a des conséquences embêtantes, car par exemple les changements climatiques sont tout à fait réels. Après il est facile de traiter les contestataires en général de “complotistes” et de balayer ceux-ci d’un revers de la main.
      Lire “Les marchands de doute” :
      http://www.editions-lepommier.fr/ouvrage.asp?IDLivre=509

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  • reneegate // 30.11.2014 à 11h48

    Pour poursuivre sur le message de Kara, bien évidemment les BRICS usent des mêmes centres boursiers, des mêmes méthodes. C’est la fin de l’hégémonie BAO et le retour à une situation de confrontation entre 2 blocs qui peut permettre à des pays qui commencent à réellement s’émanciper (tels qu’en amérique centrale et du sud) de passer entre les mailles.Ensuite rien n’empêche des pays très éloignés de créer leur propre route commerciales (ce que Chavez avait entrepris avec la libye etc..).
    Enfin j’ai aussi l’espoir que les mouvements en Novorossia sont plus politisés et poussent le peuple Russe (et donc Poutine) a faire des choix politiques plus marqués (démarquées du capitalisme productivisme). Il manque un pays européen pour que tout cela démarre, l’Espagne peut être?

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  • Alae // 30.11.2014 à 11h52

    @philbrasov
    “Il ne faut pas idéaliser les BRICS car comme tout système organisé, il travaille pour ceux qui l’ont mis en place, ceux que l’on qualifie d’élites.”

    Les BRICS ne sont certes pas parfaits. Ils se débattent même tous avec des histoires douloureuses dont ils tentent de sortir bon an, mal an, avec plus ou moins de résistances intérieures et de handicaps culturels ou historiques. La Chine sort du maoïsme et tente actuellement de maîtriser sa course à la libéralisation sauvage ; l’Inde, pays superstitieux à souhait, reste très encombrée de structures sociales qui la figent dans le passé ; le Brésil sort de 21 ans de dictature militaire et du néolibéralisme qui s’en est ensuivi, et tente de se délivrer vaille que vaille de la corruption catastrophique qui les accompagnaient, de son délabrement social et de ses inégalités ; la Russie se remet peu à peu du communisme et des années Eltsine, qui ont bien failli détruire le pays ; quant à l’Afrique du Sud, pas besoin de faire un dessin. Mais au moins, tous ces pays tentent d’aller de l’avant, peut-être en boitant, peut-être trop lentement à votre gré, chacun à son rythme et comme ils peuvent, mais dans le respect mutuel de leurs intérêts nationaux et la compréhension de leurs handicaps respectifs. Alors que le bloc BAO ne sait que détruire.

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    • philbrasov // 30.11.2014 à 15h50

      tout d’abord mon intervention n,avait pour but que de mettre en avant l’intervention de KARA sur le site de dedefensa a propos de cet article propose par OB.. Je ne suis donc pour RIEN dans cette analyse.
      Cependant comme je le faisais remarquer, elle nécessite une réflexion de fond, sur les BRICS, et leur devenir, mais plus généralement sur les devenirs de ce monde de plus en plus multipolaire.
      Pour ma part, je pense aussi que les BRICS emploient les mêmes méthodes ou emploieront les mêmes méthodes capitalistes que le bloc BAO. et que le devenir des “BRICS” impose une nouvelle reflexion notamment la place des peuples au travers de leur culture de leur croyances et leur histoire. Et c’est sur ces questions fondamentales que les revolutions devront se faire. En dehors même du système capitaliste.
      Car l’on voit bien que les conflits TOUS les conflits sur cette terre, sont le fait de l’imposition d’une culture sur une autre.. Vouloir IMPOSER la démocratie qui en Lybie, qui en Syrie, qui en Afghanistan est un NON SENS ABSOLU qui mène au CHAOS… Il en va de même ,en Ukraine… Il en a été de même dans les Balkans etc etc…. Et il en sera de même en Europe de l’OUEST.
      Ce qui est effrayant . c;est que certains sont prêts a raser des peuples ou les mener a la guerre civile, au nom d’un monde unipolaire, leur histoire , leur culture LEUR LANGUE et leurs croyances religieuses.
      Le danger est la.. pas dans le fait de savoir si les BRICS ou le bloc BAO est plus ou moins ceci ou cela…

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      • Spipou // 30.11.2014 à 18h21

        Philbrasov, j’ai lu vos deux commentaires et je suis tout à fait d’accord avec vous.

        En dehors de l’incroyable manipulation, et propagande, antirusse que nous subissons depuis les évènements ukrainiens, il ne faut pas idéaliser Poutine ou les élites russes ni en faire des anges dénués de désirs personnels au détriment de moins forts qu’eux !

        Quant au Brésil, on pourrait citer un seul exemple, celui d’Evo Morales, président de la Bolivie, qui se plaignait de l’impérialisme de Petrobras !

        La nature humaine est ainsi faite, celui qui a le pouvoir en veut toujours plus…

        Mettez Evo Morales à la tête d’un état puissant, et il paraîtra certainement moins sympathique.

        Les aztèques, à présent réduits au rang de minorité nahuatl défavorisée, étaient autrefois fort peu sympathiques à leurs voisins.

        Etc.

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      • benoit // 30.11.2014 à 19h15

        Sans vouloir les idéaliser, les BRICS sont intrinsèquement meilleurs par leur multipolarité et la diversité de leurs cultures (tant que cela durera et que l’une d’entre elles ne voudra pas avoir l’ascendant sur les autres). Il y a aussi une spécificité états-unienne, ce messianisme particulièrement pénible les portant à considérer qu’ils sont la pour montrer le droit chemin aux autres, et qui à ma connaissance n’a d’équivalent ni chez les russes, ni chez les chinois, ni chez les indiens, ni chez les brésiliens, ni chez les sud africains. Ce n’est pas non plus un hasard si – exception faite des allemands – les plus fidèles vassaux de l’empire ont un passé colonial (GB, France), ressortant de la même logique insupportable qui consiste à penser que son propre système est le meilleur et à vouloir l’imposer aux autres nolens volens

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        • Spipou // 01.12.2014 à 02h17

          Je ne connais guère de puissant qui ne pense que son système est meilleur que celui des autres, et qui ne cherche à leur imposer s’il en a la possibilité. Ce sont juste les moyens qui varient : messianisme pour les uns, force brute pour les autres, infiltration pour les troisièmes… Demandez aux vietnamiens et aux japonais ce qu’ils pensent de la Chine, ou demandez aux coréens et aux chinois ce qu’ils pensent du Japon.

          Il est probable que dans les années qui viennent, on observe un rééquilibrage du monde, et qu’on aura des surprises que personne n’aurait pu imaginer – comme celle de la crise ukrainienne – mais j’évite de trop rêver sur les résultats.

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    • Louis Robert // 30.11.2014 à 16h28

      Permettez, Alae,

      Il faut dire et redire plutôt que les pays du BRICS sont d’abord occupés à se libérer, encore et toujours, du colonialisme et de l’impérialisme, tentant de surmonter des siècles de pillage, de massacres, de guerres, d’exploitation et d’esclavage. Bref, ils veulent d’abord se libérer de nous, Occidentaux, y compris lorsqu’ils nous serrent si fort dans leurs bras, parfois avec un grand sourire…

      Il faut des siècles, et non pas seulement quelques années, pour y parvenir… Surtout que les Maîtres résistent avant de dégager… Mais ils dégageront. A vrai dire, ils seront tout simplement dépassés et finalement abandonnés derrière… Ce dont ils commencent à se rendre compte avec effroi. D’où la terrible menace de guerre accompagnée des provocations que tous connaissent tout particulièrement sur ce site.

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  • Louis Robert // 30.11.2014 à 13h16

    “… le jeu de la Russie n’a de réelle importance que dans la mesure de ses effets sur l’équilibre et le sort du Système.”

    Je vois par là un ‘”occidentalocentrisme” suraigu et malsain… comme j’en ai toujours vu dans l’assertion récente selon laquelle “la croissance de la Chine n’a de réelle importance et de réel intérêt que dans la mesure où elle assure la croissance de l’économie mondiale” (l’Occident étant manifestement en panne de croissance…).

    Ni la Russie ni la Chine n’ont quelque obligation que ce soit de se définir par rapport à l’Occident et au Système occidental, non plus que de venir au secours de l’Occident en l’aidant à régler ses propres problèmes. Au contraire, toutes deux ont intérêt à ne pas le faire et doivent s’abstenir.

    Dans le jeu géopolitique auquel nous assistons, les peuples russes et chinois ont leur propre passé, leur propre présent, et un avenir bien à eux, qu’ils sauront définir de façon à servir au mieux leurs propres intérêts.

    Liberté, égalité, fraternité? — “Or c’est l’égalité dont on n’entend jamais parler… Bizarre!”, ne cessent de répéter les dirigeants russes et chinois…

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  • vérité2014 // 30.11.2014 à 23h56

    Ukraine / Russie ou la suite de la partie de poker menteur

    http://russiepolitics.blogspot.ru/2014/11/ukraine-russie-ou-la-suite-de-la-partie.html#more

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  • vérité2014 // 01.12.2014 à 01h48

    Massive Ukrainian Grad barrage against #NAF positions in eastern #Ukraine. https://www.youtube.com/watch?v=96PnH1HiB9U

    https://twitter.com/rConflictNews

    Heavy battle goin on around #Donetsk tonight, and #Andriivka – artillery/ GRAD and troops movements by NAF #cdnpoli #Ukraine #ceasefire

    Bassam Tahhan : “La guerre du pétrole vise à affaiblir la Russie”

    https://www.youtube.com/watch?v=wez2_2Kg5rA

    Ca chauffe aussi à HKG,demain à Prague….les USA et leurs larbins en mode ‘despair’

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  • MICHEL R // 01.12.2014 à 13h53

    bonjour,
    la pensée atlantiste est désormais bien intégrée dans les cerveaux de nos tétes pensantes.
    voici ce qu’écrit ph. dessertine dans le qotidien sud ouest du 30/11/2014,parlant de la baisse du brut:
    “Quelle sera sa(V POUTINE)réaction face à l’énorme récession qui menace son pays?En deviendra -t-il enclin à la tempérence dans ses visées expansionnistes,ou privilégiera-t-il au contraire la surenchère en menaçant d’autres cibles, comme le redoutent les républiques baltes,la Pologne,la Roumanie,voire le reste de l’Ukraine?”…..

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  • Gérard Lepage // 02.12.2014 à 12h05

    Au suivant ! Après la Hongrie la Tchéquie, l’insupportable ingérence des USA.
    http://french.ruvr.ru/news/2014_12_02/Republique-tcheque-manifestation-anti-presidentielle-a-Prague-7080/

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  • christiangedeon // 02.12.2014 à 19h21

    avec la chute vertigineuse des prix du pétrole et du gaz,M. poutine se retrouve dans une situation…délicate.Sans industrie de transformation,avec une agriculture déficiente,la Russie est fortement tributaire de ses exportations de pétrole et de gaz…et là,c’est un peu la cata.l’ouverture à fond des robinets dans le Golfe,les gaz de schistes aux USA,et la “crise ” mondiale se conjuguent pour mettre la Russie en grande difficulté…tout çà n’est bien entendu pas innocent. Mais les conséquences sont là. Grand joueur d’échec,peut-être…homme à sang froid sûrement…mais là,il a intérêt à bien protéger son roi et à faire manœuvrer à fond sa reine et ses tours.. .les contrats avec la Chine ne suffiront pas à le sortir de ce mauvais pas.Ils sont quasi léonins,en faveur des chinois. L’heure des grandes décisions arrive…pourvu que ce soit les bonnes.L’ours va être très tenté de montrer les crocs…et un ouirs acculé,c’est très très dangereux.

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