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1.mai.20201.5.2020 // Les Crises

L’Histoire dangereuse de l’Immunoprivilège

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Source : The New York Times
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr

Nous avons vu ce qu’il se passe lorsque des personnes immunisées contre une maladie mortelle sont traitées de façon particulière. Et ce n’est pas bien joli à voir…

Par Mme Olivarius, professeur adjoint d’histoire à l’université de Stanford.

Une gravure du XIXe siècle représentant deux pauvres hommes à l’agonie à Jackson Square, à la Nouvelle-Orléans. D’après une série d’images intitulée « Le grand fléau de la fièvre jaune – Incidents de ses horreurs dans le district le plus meurtrier des États du Sud ». Archives Bettman, via Getty Images

A la fin du mois de mars, un site web conservateur appelé The Federalist a publié un article préconisant que de jeunes Américains en bonne santé s’infectent délibérément avec le Covid-19, dans le cadre d’une stratégie nationale d' »infection volontaire contrôlée » destinée à construire une « immunité collective ». Si un nombre suffisant d’Américains s’exposent au virus et deviennent immunisés, la théorie veut que le pays dispose d’un noyau mobile de citoyens immunisés. Ces citoyens immunisés pourraient alors rouvrir des entreprises, retourner au travail et sauver l’économie américaine.

L’article a été largement discrédité par les experts de la santé publique et les économistes, qui tant les uns que les autres l’ont jugé à la fois discutable sur le plan logique qu’éthiquement spécieux, mais ce type de réflexion a déjà fait des métastases. Des personnes comme Glenn Beck et le lieutenant gouverneur Dan Patrick du Texas ont fait de la disponibilité à subir une attaque de coronavirus un acte patriotique et pro-économique ; l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni jouent tous avec les notions de « passeports d’immunité » – preuve qu’une personne a vaincu le Covid-19 – qui permettraient aux personnes ayant des anticorps de retourner plus rapidement au travail.

Que des gens puissent se servir de leur « immunocapital » durement gagné pour sauver l’économie relève de la pure science-fiction. Mais alors que nous attendons des mois ou des années pour obtenir un vaccin fiable, l’exploitation des anticorps des gens pourrait bien faire partie de notre stratégie économique. Si c’est le cas, nous devrions tirer les leçons du passé et nous méfier des dangers sociaux potentiels. En tant qu’historienne, mes recherches ont porté sur un moment et un lieu – le Sud profond du XIXe siècle – qui fonctionnait autrefois selon une logique très similaire, mais avec un virus bien plus mortel et redoutable : celui de la fièvre jaune. L’immunité au cas par cas a permis à l’économie de se développer, mais de manière inégale : au profit de ceux qui se trouvaient déjà au sommet de l’échelle sociale, et aux dépens de tous les autres. Lorsqu’un virus dévastateur est entré en collision avec les forces du capitalisme, la discrimination immunologique est devenue une nouvelle forme de préjugé de plus dans une région déjà imprégnée d’inégalité raciale, ethnique, sexuelle et financière.

Dans le Sud profond du XIXe siècle, il était impossible d’échapper à la fièvre jaune, un flavivirus transmis par les moustiques et c’était là un facteur de terreur quasi permanent à la Nouvelle-Orléans, plaque tournante de la région. Au cours des six décennies qui se sont écoulées entre l’achat de la Louisiane et la guerre civile, la Nouvelle-Orléans a connu 22 épidémies de grande ampleur, qui ont fait plus de 150 000 victimes au total. (Peut-être 150 000 autres personnes sont-elles mortes dans les villes américaines voisines.) Le virus a tué environ la moitié de tous ceux qu’il a infectés et il les a tués de façon abominable, de nombreuses victimes vomissant un sang noir épais, de la consistance et de la couleur du marc de café. Les heureux survivants se sont « acclimatés », c’est-à-dire qu’ils ont été immunisés à vie.

La Nouvelle Orléans de l’époque Antebellum (1803-1860) était une société esclavagiste où les blancs dominaient les noirs non esclaves et asservissaient les gens par la tolérance d’une violence légale. Mais une autre hiérarchie invisible s’est mêlée à l’ordre racial ; les « citoyens acclimatés » blancs se trouvaient au sommet de la pyramide sociale, suivis par les « étrangers non acclimatés » blancs, puis par tous les autres. Le fait de survivre à la fièvre jaune était connu localement comme le « baptême de la citoyenneté » : preuve qu’une personne blanche avait été choisie par Dieu et s’était établie comme un acteur légitime et permanent au Royaume du coton.

L’immunité était importante. Les blancs « non acclimatés » étaient considérés comme inaptes à l’emploi. Comme le déplorait l’immigrant allemand Gustav Dresel dans les années 1830, « j’ai cherché en vain un poste de comptable », mais « engager un jeune homme qui n’était pas acclimaté relevait d’une piètre spéculation ». Les compagnies d’assurance-vie refusent systématiquement les demandeurs non acclimatés ou exigent une lourde « prime d’acclimatation ». Si vous étiez blanc, votre statut d’immunité avait une incidence sur votre lieu de résidence, vos revenus, votre capacité à obtenir des crédits et les personnes que vous étiez autorisé à épouser. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux nouveaux immigrants aient recherché activement la maladie : se serrer les uns contre les autres dans des logements exigus, ou sauter dans un lit où des amis venaient de mourir – les prédécesseurs antebellum des « fêtes de la varicelle », sauf qu’elles étaient beaucoup plus mortelles.

Mais l’immunité était plus qu’un produit d’une simple fortune épidémiologique. Dans le contexte du Sud profond, elle a été utilisée comme une arme. Dès le début, les riches blancs de la Nouvelle-Orléans se sont assurés de faire en sorte que la fièvre jaune soit tout sauf indifférente à la couleur, même si les moustiques étaient des vecteurs d’égalité des chances. Les théoriciens pro-esclavagistes ont utilisé la fièvre jaune pour faire valoir que l’esclavage racial était naturel, voire humanitaire, car il permettait aux Blancs de respecter une distanciation sociale ; ils pouvaient rester chez eux, dans une sécurité relative, si les Noirs étaient contraints de travailler et de faire du commerce en leur nom. En 1853, le journal « Weekly Delta » affirmait, de façon ridicule, que les trois quarts des décès dus à la fièvre jaune étaient le fait des abolitionnistes.

Les Noirs, qui avaient un accès limité aux soins de santé, avaient bien sûr tout autant peur de la fièvre jaune que n’importe qui d’autre. Mais les esclaves qui avaient acquis une immunité augmentaient leur valeur marchande de 50% pour leurs propriétaires. En somme, l’immunité des Noirs est devenue le capital des Blancs.

La fièvre jaune n’a pas fait du Sud une société d’esclaves, mais elle a creusé le fossé entre les riches et les pauvres. Il s’avère qu’une mortalité élevée était économiquement rentable pour les citoyens les plus puissants de la Nouvelle-Orléans, car la fièvre jaune maintenait les travailleurs salariés dans l’insécurité, et donc dans l’incapacité de négocier efficacement. Il n’est donc pas surprenant que les politiciens de la ville se soient montrés peu disposés à dépenser l’argent des impôts pour les efforts d’assainissement et de quarantaine, et aient plutôt soutenu que la meilleure solution pour endiguer la fièvre jaune était, paradoxalement, une augmentation de la fièvre jaune. La charge de l’acclimatation incombait aux classes ouvrières, et non aux riches et aux puissants, qui devaient investir dans des infrastructures de protection sociale.

Nous savons que les épidémies et les pandémies exacerbent les inégalités existantes. Au cours des trois dernières semaines, plus de 16 millions d’Américains – dont un grand nombre de serveurs, de chauffeurs Uber, de nettoyeurs, de cuisiniers, de concierges – ont sollicité une allocation chômage. Pendant ce temps, les cadres techniques, les avocats et les professeurs d’université comme moi peuvent se séquestrer chez eux, travailler en ligne, tout en ramenant à la maison un salaire et en conservant leur assurance maladie. Déjà, on voit comment les Américains les plus riches vivent différemment des plus pauvres le corona-capitalisme.

Une fois de plus, les politiciens américains affirment que l’immunité virale pourrait être optimisée pour un bénéfice économique. Si une certaine version de cette stratégie semble possible, voire probable, nous ne devrions pas permettre qu’un cachet officiel d’immunité au Covid-19, ou la volonté personnelle de risquer la maladie, devienne une condition préalable à l’emploi. L’immunité ne devrait pas non plus être utilisée pour renforcer nos inégalités sociales préexistantes. Concernant ce virus, il existe déjà une inégalité raciale et géographique en matière d’exposition et de dépistage. Les personnes les plus vulnérables de notre société ne peuvent être punies deux fois : d’abord à cause de leur situation, et en plus par la maladie. Nous sommes déjà passés par là et nous ne voulons pas revenir en arrière.

Source : The New York Times
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr

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Commentaire recommandé

Santerre // 01.05.2020 à 11h03

Vous avez raison au XIXe et début du XXe siecle, les centaines de milliers de corvéables Africains qui sont mort sur le chantier du train du Congo, les centaines de milliers de fellah égyptiens morts sur le chantier du canal de Suez où ils avaient été astreints à bosser gratis par un roi pote comme cochon avec de Lesseps, les millions de mineurs et d’ouvriers qui crevaient de misère à 36 ans dans les grandes villes d’Européens ou d’Amérique du nord, n’avaient pas besoin de la fièvre jaune, du typhon, de la diphtérie ou du choléra pour les empêcher de negocier. Angoisse de la faim, angoisse du tout, angoisse de la maladie et puis Milices patronales, polices, armées et système judiciaire pourri jusqu’à l’os, suffisait amplement.
C’est ce que les bourgeois ne comprennent pas, n’ont jamais compris et ne comprendront jamais. Le propre de la pauvreté, c’est l’angoisse.

35 réactions et commentaires

  • LUC DEFEBVRE // 01.05.2020 à 08h27

    Un argument de plus pour refuser les projets de traçage …

      +12

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  • Santerre // 01.05.2020 à 09h04

    J’ai vu New York Times et je me suis signé d’épouvante. J’ai titubé quelques lignes et là j’ai vu « Stanford » et je me suis évanoui. Je viens de me réveiller, hagard. Quelle horreur. 🙂

      +14

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    • François // 01.05.2020 à 14h53

      Complément d’accord. Ces publications nous ouvrent les yeux. Il faut passer a l’action car l’expérience du covid nous montrent que nous ne sommes pas préparé et que dénoncer n’est pas suffisant.

      Personnellement, je me suis inscrit à une class action a la française.

      Allez voir le site noublionsrien.fr

      Faites vous votre propre opinion.

      Passez a l’action est aussi un combat du citoyen et nous sommes le 1er mai

        +5

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  • Rond // 01.05.2020 à 09h15

    « Nous savons que les épidémies et les pandémies exacerbent les inégalités existantes. » Une étude statistique rétrospective (Voir l’article sur le paradoxe de Simpson) devrait venir à bout de la question suivante : Quelle classe sociale a été la plus touchée par le coronatruc ? Quel serait alors le facteur de confusion ? Quel effet aura eu le confinement, sur le résultat ? Vous avez une heure !
    Il me semblait avoir lu qu’avoir été affecté par coronatruc n’immunisait en rien celui qui en réchappait. Il y aurait même eu des cas d’auto-contamination. Statistiquement, les conditionnels me rendent confu…

    Gardez-vous bien !

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  • Fabrice // 01.05.2020 à 09h37

    L’immunité à une maladie sera la faille pour la prochaine et mettre ainsi ce genre de thèse c’est se priver de la pluralité nécessaire pour faire face aux menaces sanitaires.

    on le voit dans l’agriculture, les céréales, légumes qui sont de moins en moins diversifiés sont de plus en plus vulnérables aux attaques des maladies, ce qui augmente le besoins en traitement avec de moins en moins d’efficacité on le voit avec le cas de la tomate qui sait si on a tué une variété de tomate qui aurait pu apporter la résistance nécessaire à contrer celle-ci.? :

    http://www.leparisien.fr/societe/la-tomate-menacee-par-une-nouvelle-maladie-vegetale-04-02-2020-8252178.php

      +8

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  • Crapaud Rouge // 01.05.2020 à 09h41

    Très intéressant. Seul un détail m’a fait tiquer : « car la fièvre jaune maintenait les travailleurs salariés dans l’insécurité, et donc dans l’incapacité de négocier efficacement ». Avaient-ils besoin de l’épidémie pour « maintenir les travailleurs dans l’insécurité » ? Certainement pas, à cette époque c’était partout pareil, et c’est encore vrai aujourd’hui. L’insécurité du travailleur vient du fait qu’il est dans la nécessité immédiate de devoir bosser pour gagner du fric.

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    • Santerre // 01.05.2020 à 11h03

      Vous avez raison au XIXe et début du XXe siecle, les centaines de milliers de corvéables Africains qui sont mort sur le chantier du train du Congo, les centaines de milliers de fellah égyptiens morts sur le chantier du canal de Suez où ils avaient été astreints à bosser gratis par un roi pote comme cochon avec de Lesseps, les millions de mineurs et d’ouvriers qui crevaient de misère à 36 ans dans les grandes villes d’Européens ou d’Amérique du nord, n’avaient pas besoin de la fièvre jaune, du typhon, de la diphtérie ou du choléra pour les empêcher de negocier. Angoisse de la faim, angoisse du tout, angoisse de la maladie et puis Milices patronales, polices, armées et système judiciaire pourri jusqu’à l’os, suffisait amplement.
      C’est ce que les bourgeois ne comprennent pas, n’ont jamais compris et ne comprendront jamais. Le propre de la pauvreté, c’est l’angoisse.

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  • LBSSO // 01.05.2020 à 09h58

    Tests sérologiques: il-faut-positiver !

    Coronavirus : des tests sérologiques ouverts à tous en Bretagne.
     » Dès ce lundi 4 mai, des tests de dépistage au covid-19 sont accessibles à tous les Bretons qui le souhaitent. Il s’agit de tests sérologiques, par prise de sang, dans les 33 laboratoires Eurofins de Bretagne. Au prix de 25 euros, ils ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.
    Ces tests peuvent se faire avec ou sans ordonnance, mais également avec ou sans rendez vous. « On devrait pouvoir en faire environ 1000 à 2000 par jour, avec un résultat dans les 24H pour le patient par SMS ou par un système de messagerie sécurisée », annonce Johann Evano, biologiste médical et directeur régional des laboratoires Eurofins en Bretagne. Et si certaines entreprises ou collectivités financent les tests de leurs salariés, le groupe rappelle que « seul le patient aura accès à ses résultats ». Mais bien sûr…
    https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/coronavirus-des-tests-serologiques-ouverts-a-tous-en-bretagne-1588257499
    Très tôt, des épidémiologistes ( sur les plateaux de télévision ) ont mis en garde contre l’utilisation des tests sérologiques en tant que certificats individuels plutôt qu’outil d’étude globale d’une population.Sans doute avaient-ils en tête cette histoire de la Nouvelle Orléans que j’ignorais.En cours de recrutement,imaginons que je demande à chacun des candidats s’il est immunisé…

      +10

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  • Barachin // 01.05.2020 à 10h44

    Merci pour la traduction de cet article très intéressant.

    On a l’impression que « de tout temps », les Étatsuniens ont les pires difficultés à percevoir la santé comme un « bien commun », la contamination est une stricte affaire de Providence. Soit tu as Dieu avec toi, soit tu as Dieu contre toi. Encore plus binaire que la roulette russe.

    Cela permet de comprendre que certaines personnes aient pu chercher à tomber malades volontairement, faisant fi du réflexe de survie le plus élémentaire.

    Cela m’a rappelé un court reportage vu récemment sur le quartier othodoxe de Jérusalem.
    https://www.arte.tv/fr/videos/096947-032-A/viral-roumanie/

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  • Anouchka // 01.05.2020 à 11h04

    La question subsidiaire est : est-ce qu’une personne immunisée peut être en même temps un porteur sain?

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    • Barachin // 01.05.2020 à 11h56

      L’immunité permet de ne pas être porteur du virus.
      Du coup …

        +0

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      • RGT // 01.05.2020 à 14h49

        Faux : L’immunité vous permet seulement de ne pas subir une infection dangereuse de votre propre organisme, mais il est possible que quelques virus parviennent à passer sous les écrans radar et se multiplier tant qu’ils ne sont pas détectés par le système immunitaire.

        De plus, même en étant immunisé, vous pouvez très bien simplement transporter les virions d’un endroit A contaminé à un endroit B sain et contaminer toute la population sans même en être conscient.

        C’est bien là le principal problème rencontré par les personnes « pas malades » : Vous pouvez allègrement trimballer l’infection à votre insu sans en être atteint (même sans immunité, juste parce que le virus ne parvient pas à vous infecter pour une raison biologique quelconque) et contaminer toute la population.

        C’est bien là un problème dans les pandémies : Suite à certaines mutations génétiques ou expressions phénotypiques, vous pouvez très bien ne jamais être infecté (ou si peu que vous n’aurez même pas de réponse immunitaire, donc testé comme « non contaminé ») mais vous serez un véritable danger pour les autres…

        Une pandémie n’extermine JAMAIS 100% d’une espèce. Les variations génétiques font que certaines personnes passent au travers des gouttes et se reproduisent ensuite « comme des lapins » avec une descendance qui sera insensible pendant que les autres seront terrassés par l’infection.

        Ensuite, une autre pandémie viendra « faucher » la grande majorité de ces descendants alors que de nombreuses victimes étaient peut-être insensibles…

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  • calal // 01.05.2020 à 11h17

    est ce que cette immunité ne decoule pas plutot principalement des conditions economiques et sociales de l’epoque?
    Grosso merdo, peu de chances que l’episode de la « grippe espagnole » ne se reproduise a l’occasion du corona virus actuel car nous sommes tous (encore? ) suffisamment bien nourris ?

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    • Arno // 01.05.2020 à 13h12

      Parle pour toi; des millions de personnes en France sont mal nourries et n’ont pas l’accès minimal aux soins. Le ticket modérateur d’une simple consultation est une dépense plus souvent évitée qu’on ne croit… Et puis un virus se fiche que tu sois bien nourri ou pas; dans certain cas, être en pleine santé peut même favoriser le déclenchement d’un choc cytokinique, ce fut d’ailleurs le cas avec la grippe espagnole où on ne comprenait pas pourquoi ce sont les jeunes gens en pleine santé qui mourraient le plus.

        +2

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    • Barachin // 01.05.2020 à 13h29

      Par ailleurs, être « bien nourri » n’est pas sous nos latitudes une simple histoire d’accès à la nourriture. Par exemple, 50% des Étatsuniens sont obèses (https://www.arte.tv/fr/videos/RC-019407/bienvenue-en-globesite/) et la pente sucrée de la malbouffe semble être suivie par les autres pays.

      Dans la crise sanitaire actuelle, l’obésité un facteur aggravant de mortalité.

        +1

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  • Bientôt 78 ans // 01.05.2020 à 11h37

    L’obsession de « rouvrir des entreprises, retourner au travail et sauver l’économie » rend fous. Durant pareille pandémie, entre la bourse et la vie, choisissant la bourse, à coup sûr on perd, à la fin, et la bourse… et la vie.

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    • LibEgaFra // 01.05.2020 à 12h52

      Vous avez raison, mais ici une majorité de commentateurs soutient le patronat et veut mettre fin au confinement et tout rouvrir.

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      • lon // 01.05.2020 à 14h26

        Vous êtes rentier, retraité, avec un revenu fixe assuré ? Tant mieux pour vous . Mais votre revenu assuré qui vous a permis de vous confiner volontairement plus tôt que les autres ( c’est bien vous ? à moins que je ne vous confonde avec un autre intervenant ) dépend de la bonne marche de l’économie .

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        • Ovni de Mars // 01.05.2020 à 14h47

          Pour moi, le confinement ne dépend que de conditions matériels : essentiellement assurer l’approvisionnement en nourriture et en énergie et fournir des traitements médicaux. Et fournir également l’information nécessaire à la population

          Dans le cadre de l’économie capitaliste, il est malheureusement nécessaire pour beaucoup d’assurer son revenu par le travail sous peine de ne plus être capable de subvenir aux besoins élémentaires, et ceci même si le travail à effectuer est parfaitement inutile

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          • Gaby // 01.05.2020 à 15h23

            Dans le cadre de la vie, il est malheureusement nécessaire de se bouger pour trouver à bouffer. Le fait que nos systèmes soient extrêmement complexe, qu’on utilise massivement des machines et des sources d’énergies puissantes ne devrait quand même pas nous faire perdre la notion de la réalité au point qu’on oublie ce fait élémentaire.

            ça me fait doucement marrer les confinés qui continuent à se faire nourrir par les autres et qui traitent ceux qui souhaiteraient reprendre le travail d’affreux capitalistes. Dois-je argumenter qu’un monde « écolo » et non capitaliste serait un monde où on travaillerait surement différemment mais largement autant voire plus? (Si on prend bien sûr le travail au sens large, c’est à dire tout ce qu’on fait pour répondre à nos besoins)

              +4

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            • Ovni de Mars // 01.05.2020 à 16h47

              « Dans le cadre de la vie, il est malheureusement nécessaire de se bouger pour trouver à bouffer »

              Est-il utile de rappeler cette évidence de la Palice ?!

              « ça me fait doucement marrer les confinés qui continuent à se faire nourrir par les autres et qui traitent ceux qui souhaiteraient reprendre le travail d’affreux capitalistes.  »

              Et pourquoi donc ? Moi ça ne me fait pas rire. Pas plus que la situation actuelle où la recherche du profit capitaliste fait que l’on ne disposait de peu de matériels de protection à donner aux professionnels de la santé et aux caissières par exemple, ou que les hôpitaux publics sont .dans un sale état ou encore que les masques qui vont être fournis à la population seront payants.

              Par ailleurs, la plupart des personnes qui reprennent le travail le font car elles n’ont pas le choix ! ce ne sont pas des capitalistes mais juste des personnes qui doivent nourrir leur famille. Les capitalistes sont ceux qui les obligent directement ou indirectement à rependre un travail qui n’est pas utile lors de la période de confinement

              « Dois-je argumenter qu’un monde « écolo » et non capitaliste serait un monde où on travaillerait surement différemment mais largement autant voire plus? »

              Argumentez s’il vous plait car dans un monde décroissant, avec donc une production largement diminuée et une consommation réduite, je ne vois pas pourquoi l’on travaillerait plus et ceci même en tenant compte de l’utilisation de techniques et d’outils simplifiés à plus faible rendement

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            • Gaby // 01.05.2020 à 17h07

              @Ovni de Mars je ne peux pas répondre sous votre message alors je vous réponds ici en espérant que vous puissiez voir mon message :

              Oui il semble qu’il faille le rappeler car dans tous les discours le retour au travail est systématiquement associé au fait de retourner faire engranger des profits aux grands capitalistes mais jamais au fait de répondre aux besoins direct des gens, et il y a encore beaucoup de métiers qui s’y consacrent, heureusement.

              Ne pas avoir le choix de travailler c’est l’essence même de la vie justement, rien à voir avec le coronavirus. Mon mari est retourné travailler dans son usine, il n’a pas peur et moi non plus, si ce n’est de son avenir professionnel avec la crise gigantesque qui vient. Je le précise pour que vous ne pensiez pas que je parle de loin de cette situation. ça veut dire quoi « pas utile » en période de confinement ? Comprenez qu’on ne peut changer notre organisation en quelques mois et pour l’instant on dépend de celle-ci pour se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner, se déplacer. Ce n’est pas parce que vous ne sentez pas encore les effets du confinement qu’ils ne viendront pas et qu’ils ne seront pas autrement plus terrible que le coronavirus, et qu’ils toucheront d’ailleurs les premiers de corvées qui sont déjà aujourd’hui au front.

              Vous savez combien d’hommes il faut pour faire le travail d’une moissonneuse ? D’un abatteuse ? D’une ensileuse ? D’un tracteur avec groupe de fauche ? Vous savez combien de temps cela prend de coudre un vêtements avec une simple machine domestique ? De cultiver des légumes pour une famille ?

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        • RGT // 01.05.2020 à 15h06

          N’oublions surtout pas que les retraités sont bien souvent, avec leur « retraite dorée », les seuls personnes à pouvoir permettre à leurs petits enfants (et même souvent à leurs propres enfants) de survivre dans notre société si « performante ».

          Je vous prierai d’avoir un peu de respect pour ces personnes qui, dans leur immense majorité (tout le monde ne peut pas être énarque) ont travaillé dur et ont permis de financer tous les services publics (désormais à l’abandon) qui vous ont permis d’être en bonne santé et (à peu près) éduqués.

          Votre raisonnement est réellement une inversion d’accusation : Vous profitez d’avantages considérables (et indus, comme si le fait de recevoir 75% du SMIC allait spolier ceux qui travaillent actuellement) et vous n’en avez rien à foutre du fait que le reste de la populace tire la langue pour arriver à se nourrir.

          Petite question : Comparez seulement le PIB de la France par habitant avec le revenu MÉDIAN et expliquez-moi où va la différence…

          Bien sûr, une telle remarque ne peut provenir que d’un communiste-le-couteau-entre-les-dents.

          Avec de tels raisonnements on comprend bien pourquoi les « réformes » du gouvernement passent sans levée de boucliers.

          Chacun pour soi et contre tous.

          Quand vous serez à la retraite vous ne viendrez pas pleurnicher parce que vous crevez de faim, sous un pont et sans soins.

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    • Arno // 01.05.2020 à 13h17

      Exact; mais les zélateurs du medef ne comprennent pas qu’à partir d’un certain taux de mortalité, les gens resteront chez eux volontairement, et l’économie sera stoppée non pas de manière à peu près organisée, mais dans la débandade la plus folle. C’est ce qui a eu lieu avec la grippe espagnole, et à l’époque les économies n’étaient pas si imbriquées, et les industries moins indispensables à la survie; imaginez un absentéisme anarchique dans les centrales nucléaires.

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    • Anouchka // 01.05.2020 à 13h27

      “L’obsession de rouvrir les entreprises”
      Ce que certains ne semblent pas comprendre, c’est que sans production , il n’y a pas non plus de médecine capable de guérir du Coronamachin.
      C’est totalement nihiliste d’opposer “santé” et “économie”. L’un ne va pas sans l’autre

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      • Barachin // 01.05.2020 à 13h39

        « C’est totalement nihiliste d’opposer “santé” et “économie” »

        Les nihilistes ne sont pas ceux que vous croyez.

        La dialectique « Santé / Economie » est celle imposée par les dirigeants, les medias qui ne cessent de vous parler de chiffres (le JT = 1 rubrique conso de 40 min.) et plus généralement « l’économicisme » qui embrigade les mentalités depuis des décennies.

        Tout le monde sait et nos dirigeants en premier que le monde d’avant la pandémie était déjà voué à l’effondrement, et ce en raison des réalités physiques (holocauste du vivant, dérèglement climatique, …)

        Maintenant que l’effondrement est là, ils vont tirer leurs dernières cartouches et de manière violente et impitoyable. Récurer les fonds de casserole pour eux et leurs enfants, sachant qu’après c’est le déluge. La surveillance de masse et le tir à balle réelle va suivre …

        La promotion de l' »immunité collective », plus ou moins dissimulée derrière le prétexte des impératifs économiques, sera un moyen pour éradiquer ceux qui ne sont rien. Le tri hygiéniste a déjà commencé dans les Ehpads.

        Le vrai visage des « libéraux » risque de choquer certains bourgeois qui jusque lors formaient le socle de ce monde tout entier voué au dieu PIB.

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      • RGT // 01.05.2020 à 15h23

        Vous oubliez cependant un paramètre très important…

        Les industries ont réussi à récupérer des sommes considérables avant cette pandémie (dont la propagation est intimement liée au fonctionnement de l’économie qui leur a tant profité).

        Il serait tout à fait « normal » que les profits illimités du passé, quand « tout roulait sur des rails » servent aujourd’hui à payer les dégâts, ne croyez-vous pas ?

        Nous sommes dans la même situation que celle causée par une entreprise qui a totalement détruit l’environnement en déversant sans vergogne tous ses déchets dans la nature pour « optimiser les profits » et qui d’un coup se retrouve à devoir payer pour réparer des décennies de désastres.

        Mais heureusement les lois du capitalisme sont là pour éviter de mettre les responsables sur la paille : Il suffit simplement de « déposer le bilan » et le problème est résolu.
        Bien sûr quelques lampistes seront jugés responsables, mais qui s’en préoccupe, tant que les « élites » son épargnées ça n’a aucune importance.

        Et surtout, ce dépôt de bilan permettra, comme plus personne (selon la loi) ne peut payer, tous les frais du désastre seront socialisés et ce sont les victimes qui devront financer les réparations…

        Pendant ce temps, les anciens actionnaires pourront se « refaire » en investissant dans une entreprise de dépollution pour encore profiter de la manne céleste…

        Si vous volez un pain pour nourrir votre famille vous risquez la prison ferme.
        Si vous pillez sans vergogne les fonds publics et vous goinfrez au détriment des plus faibles vous risquez la « légion d’honneur ».

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      • red2 // 01.05.2020 à 17h33

        Vous croyez que la production d’Airbus, Renault, des chantiers de Saint-Nazaire, des arsenaux de Cherbourg ou Brest, de Publicis, de Pierre et vacances… est nécessaire « à la médecine capable de guérir du Coronamachin » ? C’est bien ça la difficulté, il n’y aucune, priorisation de rien dans la reprise du travail et pourtant on sait bien que si on met tout les travailleurs dans le métro ou dans les usines en même temps on risque d’avoir des problèmes…

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  • LibEgaFra // 01.05.2020 à 12h46

    Ce qu’on oublie un peu trop facilement c’est que le meilleur traitement contre le virus est un traitement à base d’anticorps sérologiques prélevés sur les personnes immunisées. (Tiens donc, le charlatan intergalactique n’y a pas pensé?) Curieux et significatif que l’article ne pense pas à soigner, mais seulement à remettre des gens au travail.

      +3

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    • lon // 01.05.2020 à 18h28

      Un traitement à base d’anticorps sérologiques ? Vous pouvez développer et éclairer nos lanternes ? Merci

        +2

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  • calal // 01.05.2020 à 13h13

    cet episode historique de la fievre jaune confirme un autre fait « historique »: si les dominants d’une societe et d’une epoque donnee dominent « sans partage » comme par exemple dans cette louisiane esclavagiste,leur societe se bloque et n’evolue plus.Idem pour la france de 2020,dominee sans partage depuis 40 ans par TINA et ou la pression monte telle dans une cocotte.MAis les domines s’en moquent car ils tiennent bien leur systeme.

    Pourtant,ces dominants sans rivaux devraient se mefier car ces blocages empechent un progres qui va continuer ailleurs,dans les autres systemes. Pour la louisiane et le sud des us,c’etait au nord que l’industrie se developpait et qui allait produire le choc exogene de la guerre civile que le sud allait perdre.Pour le systeme occidental actuel,c’est en russie et en chine que le progres continue et qui fait que l’occident est en train de perdre sa predominance dans presque tous les domaines.

    Un equilibre dynamique (meritocratie) doit se mettre en place dans les societes pour que celles ci continuent de progresser. Sinon elles seront detruites par le moindre choc exogene comme un virus chinois…

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  • Christian Gedeon // 01.05.2020 à 20h19

    Tiens ça m’aurait étonné. Les indigénistes de tous les pays restent unis le regard résolument tourné vers le passé avec ardeur. Dommage qu’ils ne demandent pas les mêmes comptes aux arabes musulmans ou aux ottomans…ah vous ne saviez pas qu’ils étaient esclavagistes en diable? Ce regard monoculaire sur le passé est risible.

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    • Patrick // 02.05.2020 à 09h03

      « aux arabes musulmans ou aux ottomans…ah vous ne saviez pas qu’ils étaient esclavagistes en diable? »

      Les Arabes et les Ottomans sont-ils directement responsables de la présence d’esclaves dans les champs de coton de la Louisiane ? Je ne vois pas ce que vient faire ce commentaire ici.

      En outre il n’est pas question pour l’auteur de « demander des comptes » mais de parler la notion d’immunoprivilège au siècle dernier.

      Hors sujet.

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