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22.octobre.201922.10.2019 // Les Crises

La Chine se retire d’un projet gazier géant en Iran

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Source : The Wall Street Journal, Benoit Faucon, 06-10-2019

Ce retrait chinois de la République islamique fait suite à un désengagement plus général sous la pression des États-Unis.

Alors que l’escalade des tensions menace de mettre un terme aux échanges commerciaux entre Pékin et Téhéran, essentiels à la survie de la République islamique, la China National Petroleum Corp. (CNPC) renonce à un projet gazier de 5 milliards de dollars en Iran.

Le retrait de Pékin – qui s’était juré de résister aux entraves américaines exercées sur l’Iran – est un coup porté aux efforts de Téhéran pour rompre son isolement économique croissant. Il intervient après que Washington a imposé de nouvelles sanctions aux entreprises chinoises qui commercent toujours avec l’Iran.

Le ministre iranien du pétrole, Bijan Zangeneh, a déclaré dimanche que la compagnie nationale Petropars Co. avait entièrement repris un projet de développement du champ gazier de South Pars après que CNPC en était sorti.

Téhéran avait espéré que l’entreprise publique chinoise remplacerait la société française Total SA, qui a quitté le projet l’année dernière après que les États-Unis eurent rétabli les sanctions contre l’Iran.

L’Iran a besoin de ce développement pour continuer à fournir du gaz naturel à ses centrales électriques. Cependant, les dirigeants de CNPC ont déclaré que l’entreprise rencontrait, en raison des pressions américaines, des difficultés à trouver des circuits bancaires pour transférer des fonds en Iran. Bank of Kunlun, la propre banque de CNPC et le principal intermédiaire pour les échanges commerciaux de la Chine avec l’Iran, a informé ses clients qu’elle n’acceptait plus d’échanges commerciaux avec la République islamique, bien que son intention soit officiellement de maintenir ses relations commerciales avec Téhéran.

D’autres entreprises chinoises – dans des secteurs allant de la banque à l’automobile en passant par la technologie – se sont retirées d’Iran au cours des derniers mois, suite aux mesures prises par les États-Unis pour réduire les exportations de pétrole du pays et suite à l’inscription de sa force paramilitaire sur leur liste des organisations terroristes. Les données douanières montrent que la Chine – qui est le dernier grand acheteur de pétrole iranien – a importé en moyenne 233 000 barils par jour d’Iran entre mai et juillet, soit un tiers des 700 000 barils par jour qu’elle achetait avant que les États-Unis ne rétablissent les sanctions.

Par conséquent, le total des échanges entre les deux pays – essentiellement la vente de pétrole iranien en contrepartie d’achats de matériel, de contrats d’infrastructure et de biens de consommation chinois – est passé de 3,5 milliards de dollars en juillet 2018 à moins de 2 milliards en juillet dernier, selon les douanes chinoises.

Selon des diplomates occidentaux, ces mesures ont aggravé les difficultés de l’économie iranienne et elles n’ont pas incité Téhéran à tenir ses engagements en vertu de l’accord nucléaire international que les États-Unis ont dénoncé l’an dernier.

En pleine guerre commerciale avec Washington, la Chine est devenue plus méfiante à l’égard de l’Iran en particulier depuis que l’Arabie saoudite a accusé l’Iran d’être l’instigateur des attaques contre ses installations pétrolières le 14 septembre. Ces attaques sont intervenues au terme de mois d’escalade au cours desquels Téhéran a été accusé par les États-Unis d’avoir attaqué des pétroliers dans le golfe Persique.

Fin septembre, le Trésor américain a annoncé de nouvelles sanctions contre des organismes chinois qui conserveraient des liens commerciaux avec l’Iran.

Deux des sociétés, accusées par les États-Unis de transporter du pétrole iranien, Kunlun Shipping Co. et Kunlun Holding Co., sont liées à CNPC.

Les États-Unis ont également mis sur liste noire le géant public chinois du transport maritime Cosco Shipping Holdings Co. Cette société, également accusée d’avoir transporté du pétrole iranien, a été contrainte de cesser l’émission de titres au sein de sa division « transport pétrolier ».

La prochaine victime de l’escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis, pourrait bien être, selon des sources internes, l’entreprise d’État chinoise China Petroleum & Chemical Corp. avec ses projets de développement d’un champ pétrolier en Iran.

En janvier dernier, des représentants de l’entreprise, plus connue sous le nom de Sinopec, avaient indiqué que des discussions étaient en cours pour un investissement de 3 milliards de dollars dans la prochaine phase de développement du champ pétrolier iranien de Yadavaran, que Sinopec exploite déjà.

Sinopec était censée en contrepartie se voir livrer du brut produit du champ pétrolier. Cependant, ses dirigeants ont déclaré que les négociations étaient au point mort suite à l’interdiction totale imposée par les États-Unis sur les exportations de pétrole iranien.

« Plus personne ne veut rester en Iran. Nous nous préparons à un conflit majeur », a déclaré un conseiller de Sinopec en République islamique. « Ce qu’il y a de mieux à faire, c’est de se mettre aux abris et de quitter l’Iran, autant que possible ». Sinopec n’a pas donné suite à notre demande de commentaires.

Source : The Wall Street Journal, Benoit Faucon, 06-10-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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aladin0248 // 22.10.2019 à 08h22

Les USA veulent clairement pousser l’Iran à la faute en l’étranglant. C’est bien un acte de guerre similaire à ce qu’ils ont fait en 1941 contre le Japon. L’Iran n’aura d’autre choix que de couper la circulation dans le détroit d’Ormuz. La suite est écrite d’avance. Les américains riposteront en attaquant militairement les installations et les villes iraniennes. C’est ce qu’ils attendent avec impatience depuis des décennies. Les iraniens qui auront conservé une petite partie de leur potentiel détruiront les installations saoudiennes, les bases américaines proches et attaqueront Israël avec l’aide du Hezbollah. Selon l’ampleur des destructions et les victimes collatérales, la 3ème guerre mondiale pourra commencer. L’identité des fauteurs de guerre ne pose aucune question. Ce sont toujours les mêmes… à moins que Trump soit beaucoup plus intelligent qu’il en ai l’air.

46 réactions et commentaires

  • aladin0248 // 22.10.2019 à 08h22

    Les USA veulent clairement pousser l’Iran à la faute en l’étranglant. C’est bien un acte de guerre similaire à ce qu’ils ont fait en 1941 contre le Japon. L’Iran n’aura d’autre choix que de couper la circulation dans le détroit d’Ormuz. La suite est écrite d’avance. Les américains riposteront en attaquant militairement les installations et les villes iraniennes. C’est ce qu’ils attendent avec impatience depuis des décennies. Les iraniens qui auront conservé une petite partie de leur potentiel détruiront les installations saoudiennes, les bases américaines proches et attaqueront Israël avec l’aide du Hezbollah. Selon l’ampleur des destructions et les victimes collatérales, la 3ème guerre mondiale pourra commencer. L’identité des fauteurs de guerre ne pose aucune question. Ce sont toujours les mêmes… à moins que Trump soit beaucoup plus intelligent qu’il en ai l’air.

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    • Séraphim // 22.10.2019 à 11h34

      Ben voyons, la 3ème guerre mondiale, rien que ça! A chacun son catastrophisme. Collapsologie tous azimuts. Par ailleurs Trump n’a pas “l’air” pas intelligent, loin de là. Ecoutez sa dernière interview d’hier, parfaitement maîtrisée, claire contre ses ennemis.

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      • aladin0248 // 22.10.2019 à 11h52

        Je n’ai pas dit que la 3ème guerre mondiale était là, mais que 3 étapes nous en séparent (au passage, l’horloge de la fin du monde – doomsday clock – marque minuit moins deux). La politique de Trump est compliquée ; 95% des gens autour de moi -et sans doute autour de vous- pensent qu’il est fou, instable -d’où ma phrase-, mais ce n’est pas mon opinion personnelle.

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        • Séraphim // 22.10.2019 à 13h57

          Encore cet hoax “l’horloge de la fin du monde”!! Comment peut-on croire à une ‘horloge’ qui a commencé sa vie “scientifique” en 1947 à minuit moins 7 et n’a jamais été plus loin de minuit que de 17 minutes (comme par hasard en 1991 quand Gorby/Eltsine avaient tout cédé)? Quant aux 95% des gens, je ne sais pas, je ne fais pas de statistiques, l’intelligence ne se mesure pas par des avis et des sondages. Que Trump soit intelligent, comment dire, ça se voit, sauf à être endoctriné. Ce n’est pas une question de parti: pour la démocrate Tulsi Gabbard ca se voit et s’entend aussi

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      • LePseudoManquant // 22.10.2019 à 16h20

        [modéré] Et ne pas oublier que l’Iran avait respecté toutes les demandes de l’AIEA, tandis que peu à peu les USA ont tissé leur toile belliqueuse une fois de plus. S’il y a un coupable d’une guerre qui, de toute façon, aggravera la situation de tous les peuples du monde, c’est le gouvernement US, en guerre éternelle.

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    • Duracuir // 22.10.2019 à 13h02

      Impayable. Vous croyez que la Chine qui lâche l’Iran économiquement au premier froncement sourcil US et la Russie qui la compte en quantité négligeable dans le règlement Syrien vont risquer la vie de leur population et la destruction de leur pays, voire de l’humanité pour ce pays et surtout ses rêves d’Arc chiite qui ne les concernent pas? Vous vous mettez le doigt dans l’œil. On est plus en 1914. Tout le monde sait aujourd’hui à quoi mène les jeux d’alliance doublée au jeu de la poule mouillée. Non, je pense même que Trump a échangé la Syrie avec les mains libres sur l’Iran. Ce pays a un peu trop poussé son avantage ces derniers temps.
      Si les USA lâche du lest en Syrie, Russe et Chinois devront sécuriser les USA mais aussi Saoudiens et Israéliens à propos des visées régionales de l’Iran. C’est de bonne guerre et c’est souhaitable.
      Si en plus,clés Russes en viennent à garantir l’intégrité territoriale iranienne alors ce pays pourrait même renoncer à ses missiles balistiques. Ce qui contribuerait à une grande détente. Et en ce cas, il ne s’agirait pas d’une défaite ou d’une soumission.

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      • JMD // 22.10.2019 à 16h52

        Impayable en effet.
        Renoncer à sa souveraineté et à son indépendance « qui contribuerait à une grande détente » ne serait ni une défaite ni une soumission car « les Russes garantiraient l’intégrité territoriale iranienne ».

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        • Duracuir // 22.10.2019 à 20h30

          Je parle realpolitik. Je ne fais pas de romantisme échevelé sur le dos d’un peuple. Si vous tenez tellement à la souveraineté, commencez par vous battre pour celle de votre pays avant de payer votre fantasme d’héroïsme avec le sang des autres.

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          • fred emmanuel // 23.10.2019 à 09h00

            une realpolitik qui connait bien mal l Iran…

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          • JMD // 23.10.2019 à 16h06

            realpolitik
            La république islamique d’Iran a toujours été dans la ligne de mire des Etats-Unis. Pourtant l’Iran est devenu une puissance régionale (« ce pays a un peu trop poussé son avantage ces derniers temps ») que les Etats-Unis ne peuvent affronter militairement sans conséquence fâcheuse.

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      • RGT // 23.10.2019 à 08h07

        L’Iran, des visées expansionnistes ?

        Arrêtez de lire la “presse libre et indépendante” je vous prie.

        La seule chose que souhaitent les iraniens, c’est qu’on leur foute la paix et qu’on les laisse vivre comme ils l’entendent.

        Et quand ils apportent leur aide à un de leurs voisins, c’est toujours suite à une demande du gouvernement ou de la population locale.

        Au sujet de “l’arc chiite”, il ne faut surtout pas oublier que les populations qui habitent ces zones sont victimes depuis des siècles des dictatures sunnites qui ne souhaitent qu’une seule chose : Les exterminer jusqu’au dernier.

        Donnez-moi un seul exemple dans lequel les iraniens ont agressé leurs voisins depuis le début de ce siècle (et même avant).

        Par contre, au vu des richesses naturelles de ce pays, les convoitises sont exacerbées et les sanctions n’ont pour simple objectif que de “préserver” les stocks desdites matières premières en attendant qu’elles deviennent si rares de part le monde qu’il sera alors tout à fait rentable d’attaquer ce pays et d’exterminer toute sa population pour accéder à la “manne céleste”.

        S’il n’y avait pas les hydrocarbures, tout lle monde se foutrait allègrement de ce qui se passe dans ce pays.

        Concernant l’Afghanistan, ce n’est pas du pétrole dont regorge son sous-sol : C’est surtout du lithium, métal si précieux pour la fabrication des batteries de tous les “machins” électroniques rechargeables (et accessoirement des bagnoles électriques).

        Et il en va de même pour tous les territoires dont la population bénéficie “honteusement” de ressources rares.

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    • Rano // 23.10.2019 à 12h25

      Et si tout ça était liée au projet de Trump de se faire réélire en 2020 ?

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  • Matt // 22.10.2019 à 08h23

    Difficile de croire à une guerre directe et immédiate entre Etats-Unis et Iran.

    En revanche compter sur une lente dégradation des conditions de vie des Iraniens pour déstabiliser le pays tout en excitant quelques wahhabites prêts à se faire sauter au nom du Miséricordieux… cela s’est déjà vu, juste de l’autre côté de la frontière.

    Pour mémoire : plus d’1 million de morts en Irak en une dizaine d’années du fait d’un embargo onusien, sobrement appelé “Pétrole contre nourriture”.

    On peut comprendre la volonté du gouvernement iranien d’accélérer ses centrifugeuses…

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    • aladin0248 // 22.10.2019 à 09h55

      L’Iran n’a aucune envie de d’affronter aux USA. Il ne le fera que s’il est vraiment dos au mur. Les fous agressifs ne manquent pas en revanche dans l’autre camp. C’est là que le rôle de Trump peut faire la différence.

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    • Matt // 22.10.2019 à 16h07

      “L’Iran n’a aucune envie de d’affronter aux USA.”
      Cela me fait penser à une citation du comte de la Johnnisse : https://www.youtube.com/watch?v=Lk6W5-JXkg4

      “C’est là que le rôle de Trump peut faire la différence.”
      Entièrement d’accord, un président normal n’a qu’un but, celui de se faire réélire. Et donc jamais il ne déclenchera de guerre en fin de mandat. Trump pourrait faire exception tellement il est “hors norme” et un peu bourrin.

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      • Séraphim // 23.10.2019 à 04h04

        Ni bourrin ni hors norme. Bien évidemment que lui non plus ne veut pas faire la guerre. Il n’arrête pas de le dire, en mettant ‘guerres’ au pluriel, donc incluant l’Iran (“These ridiculous endless wars”…”Turkey, Europe, Syria, Iran, Irak, Russia and the Kurds will now have to figure the situation out” tweet du 9 oct.). En revanche il veut bien se plier à des déclarations tonitruantes que seuls des benêts prennent pour argent comptant. C’est là-dessus, l’argent comptant, que comptent ses sponsors financiers comme Sheldon Gary Adelson qui, même eux, ne veulent pas la guerre, mais juste fournir aux politiciens israéliens la propagande qu’ils aiment. Tout ça pour que le business US-Israel continue tranquille

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      • RGT // 23.10.2019 à 08h19

        “jamais il ne déclenchera de guerre en fin de mandat”…

        Êtes vous sûr ?

        N’oubliez JAMAIS que cette chère “Maggy_TINA_Dame_De_Fer” a été réélue suite à la guerre des Malouines.
        Les USA ont sacrifié leur pion argentin pour sauver un pion largement plus important d’une débâcle qui aurait sonné de glas de l’expansionnisme ultra-libéral en €urope.

        Une “bonne guerre” : Il n’y a rien de mieux pour “souder la population” (des abrutis) derrière leur “guide suprême” et faire exploser les compteurs des résultats des “élections libres” à faire pâlir d’envie le pire des dictateurs “démocratique”.

        Quand la “partie est en danger” suite à une “agression extérieure” (même si elle se situe à l’autre bout de la planète) la propagande ronronne à plein pot, les €uropéens en ont assez payé le prix, ne serait-ce qu’au XXème siècle. Mais avant ça n’était pas mieux.

        Réfléchissez un peu, une déclaration de guerre (même si elle suit une attaque sous faux drapeau) est de loin le meilleur moyen pour un dirigeant de se faire réélire.

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      • Matt // 23.10.2019 à 16h36

        “Ni bourrin ni hors norme.”

        Je m’étonne qu’il puisse se trouver des personnes qui trouvent des qualités de tempérance à Trump. Juste par détestation de ses adversaires politiques. Abonnez-vous à son fil Twiter, comparez avec celui de l’ancien président. Ou même au compte de n’importe quel autre élu, de là-bas ou d’ici.

        Vous comprendrez ce que signifie “bourrin” et “hors norme”. Et encore j’emploie ces deux vocables mais je suis à peu près persuadé qu’un étudiant en première année de psycho viserait plus juste avec des termes médicaux.

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  • isidor ducasse // 22.10.2019 à 10h00

    Les investisseurs quittent-ils l’Iran a cause d’un risque de guerre, ou sous la pression des américains qui un ont le pouvoir de nuire au grands groupes chinois ?

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    • EugenieGrandet // 23.10.2019 à 22h51

      Les industriels quittent en raison du risque US (pénal pour les dirigeants, financiers pour les entreprises -Bnpparibas peut en témoigner pour avoir ignoré les avertissements du DoJ-.) Les européens comme les chinois. Hier les chinois ne craignaient pas les éventuelles mesures US. Aujourd’hui avec D Trump (la “trade war”), je pense que c’est clairement un autre point de vue qui prévaut à Beijing.

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  • Parousnik // 22.10.2019 à 10h21

    Curieux cette info est déjà été éditée par Sputnik il y a au moins un mois..

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  • Fritz // 22.10.2019 à 10h45

    Rêvons un peu, pour nous distraire de ces temps de malheur : si un jour un nouveau Tribunal de Nuremberg devait juger les responsables de la Troisième Guerre mondiale, il ajouterait aux crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité un quatrième chef d’accusation : les crimes économiques.

    Les parties civiles ne manquent pas : les peuples cubain, irakien, iranien…

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    • Duracuir // 22.10.2019 à 16h34

      Ça dépend de qui gagnera. Ce sont les vainqueurs qui font des procès.
      Vous avez entendu parler de jugement des responsables de l’aviation stratégique allié à Nuremberg ? Ou des liquidations sommaires et crimes de guerres commis par TOUS les alliés ? Ou de la famine au Bengale orchestrée par les Anglais en 42? 2 millions de morts quand même…et j’en oublie sûrement.

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      • Fritz // 22.10.2019 à 16h59

        Entièrement d’accord avec vous, ce n’est qu’un rêve. A Nuremberg, le « Tu quoque » était interdit, c’est-à-dire que les accusés ne pouvaient mettre leurs accusateurs en accusation. Un procès utile pour connaître les crimes des vaincus, mais qui reste entaché d’un vice de forme : on ne peut être à la fois juge et partie, or il s’agissait d’un tribunal interallié.

        Je n’ai guère de passion pour la chose judicaire. J’aimerais juste voir les tartufes qui ont jugé Milosevic, Saddam Hussein, L. Gbagbo… pris à leur propre piège de « justice internationale ».

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        • fredEmmanuel // 23.10.2019 à 09h08

          memo: ajouter à la liste les crimes d origine industrielle (monsanto and co)

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  • christian gedeon // 22.10.2019 à 11h05

    Depuis quelque mois,nous avons connaissance de ce retrait,qui n’a rien de surprenant. La Chine voit les interets de la Chine,c’est comme l’oeuf de Colomb.Son principal partenaire commercial est,je vous le donne en mille,les USA.Evidemment la vision parousiaque de beaucoup quant à l’axe(sic!) Chine,Russie,Iran,Syrie en prend un bon coup de bambou derrière les neurones. Ce n’est pas faute d’avoir écrit et réecrit que cet “axe” (resic!) était une vue de l’esprit,complètement détachée des contingences géopolitqiues et économiques,telles qu’elles sont. Et les chinois ,pragmatiques en diable, et qui ont d’autres chats à fouetter,en ont tiré les conséquences.

      +6

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    • Séraphim // 22.10.2019 à 13h59

      S’assoir sur 250 millions de barils, dans un contexte de demande croissante d’énergie, ça c’est super pragmatique!!

        +4

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      • Christian Gedeon // 22.10.2019 à 15h59

        Merci d’expliquer les 250 millions de barils s’il vous plaît.

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        • Séraphim // 23.10.2019 à 03h51

          C’est ce que la Chine achète annuellement de pétrole iranien. Même l’article le mentionne, en soulignant que l’arrêt du projet gaz n’est qu’un volet d’un retrait chinois plus vaste. Comment peut-on s’autoriser à commenter un article en n’en ayant lu que le premier paragraphe?

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          • christian gedeon // 23.10.2019 à 10h16

            Mais il ne faut pas prendre la mouche comme çà. La Chine n’achète déjà plus ces 250 milliuons de barils. La preuve qu’elle peut s’en passer en achetant ailleurs.Vous m’avez mal interprété ou je me suis mal exprimé,on va dire çà. L’Iran,malgré l’importance démesurée que lui donnent bien des commentateurs…et les USA(se rappeller de la cinquième armée du monde et des WMD irakiens) parce que çà les arrange,n’ a pas les moyens stratégiques d’aller à l’affrontement direct. ET surtout sa contribution au “pétrole mondial ” n’est pas indispensable. A supposer même que les jusqu’au boputistes iraniens et US aillent à la guerre et que les installations arabiques soient touchées,et le détroit d’Ormuz fermé,l’impact,quoique important sera limité. Et touchera surtout des pays de moyenbne importance,dont les pays…européens. Mais arrangera les affaires des russes et des …américains,et de tous les pays producteurs situés hors zone de conflit. Bien sûr le prix du pétrole augmentera un temps de manière significative. ET sur ce point,je rappelle aussi que le prix du baril de référence en dollars constants,est le même qu’après 1973 à lambda près.

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      • Duracuir // 22.10.2019 à 23h17

        Baril? Heuuuu, on parle de gaz là. Et tout le monde en a à revendre du gaz: les Russes, le Qatar, les Azeris, les USA, et bientôt Turcs et Israeliens. Raison pour laquelle ça bastonne dur entre ces fournisseurs possibles. Et dire que les deux derniers ne sont même pas encore entrés dans la danse.

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  • Louis Robert // 22.10.2019 à 11h26

    Un effondrement systémique, et qui s’étend, se généralise, mondial, planétaire, des États qui ne peuvent plus répondre aux besoins essentiels des populations, effervescence des populations, soulèvements, état d’urgence, état « de guerre » (Chili): l’Empire en guerre, totale, « hors limites », perpétuelle.

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    • Haricophile // 22.10.2019 à 11h55

      Les empires qui s’effondrent ne le font pas parce qu’ils sont attaqué «par les barbares», mais parce qu’ils sont trop pourris de l’intérieur.

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      • Christian Gedeon // 22.10.2019 à 18h43

        Les empires s’effondrent quand ils renoncent à leur puissance…de ce point de vue les US ne sont près de s’effondrer. Par contre cet effondrement attend les pays européens. Ils ont pratiquement renoncé France et RU mis à part à avoir des forces armées minimum, sans compter le fait que des pans urbains entiers des pays européens de l’ouest échappent,en pratique à l’autorité ou ce qui en reste des états. Mais voir les USA s’effondrer,c’est vraiment une vue de l’esprit.

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        • Séraphim // 23.10.2019 à 12h41

          “Les civilisations meurent par suicide” Arnold Toynbee (1889-1975), célèbre historien anglais

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  • Séraphim // 22.10.2019 à 11h43

    La guerre “hors limites’ ce n’est pas la guerre totale, mais seulement la guerre en dehors de son champ habituel (tanks, avions, bombes, fusils). C’est donc une guerre quasi pas militaire. Ce n’est pas très productif de se faire peur sans cesse, bien que ce soit une passion comme une autre…
    On ne sait pas qui est ce soi-disant “conseiller de Sinopec en Iran”. Il est chinois? Iranien? Autre? Pour ce que valent les conseillers et les experts…En revanche Sinopec ne dit rien. Et pour cause: que dire au Wall Street Journal qui ne serait pas instrumentalisé, décortiqué, retoqué et surtout resservi avec une autre sauce et d’autres accompagnements? Cette soi-disant servilité de la Chine, “démontrée” ici par le WSJ, n’a aucune crédibilité

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    • Louis Robert // 22.10.2019 à 16h45

      Désolé que l’Empire vous fasse peur… mais sur « la guerre hors limites » que pratique ledit Empire, vous errez.

      Lisez en entier le texte de Qiao Liang et de Wang Xiangsui. La guerre hors limites EST la guerre TOTALE par excellence, à savoir par TOUS les moyens, MILITAIRES et «non-militaires ».

      _________

      « If we acknowledge that the new principles of war are no longer “using armed force to compel the enemy to submit to one’s will,” but rather are “using ALL means, including ARMED FORCE or non-force, MILITARY and non-military, and LETHAL and non-lethal means to compel the enemy to accept one’s interests.” … « We have no reason for optimism… while we are seeing a relative reduction in military violence, at the same time we definitely are seeing an increase in political, economic, and technological violence. However, regardless of the form the violence takes, WAR IS WAR, and a change in the external appearance does not keep any war from abiding by the principles of war. »

      https://archive.org/stream/Unrestricted_Warfare_Qiao_Liang_and_Wang_Xiangsui/Unrestricted_Warfare_Qiao_Liang_and_Wang_Xiangsui_djvu.txt

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      • Séraphim // 23.10.2019 à 03h46

        Bof, ce livre de Qiao & Wang, 超限战 (chao xian zhan) écrit en 1999 dit bien ce que je dis! On peut y aller à coups de citations; en chinois peut-être, ce serait préférable au globish ? En tous cas, ici où là, commentaires de lecture; “cette diffusion de la guerre dans tous les pans de la société se caractérise par une volonté de remplacer la « guerre sanglante » par la « guerre non sanglante » “; ou bien « Si nous voulons nous assurer la victoire dans les guerres à venir (…) nous devons mener une guerre affectant tous les domaines de la vie du pays concerné sans que l’action militaire en soit l’élément dominant. ». Une domination non-sanglante, une guerre “en dehors de son champ usuel” comme dit le chinois. Ca ne fait pas la fin du monde…

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  • Casimir Ioulianov // 22.10.2019 à 14h20

    Article du 6 du Wall Street Journal. Depuis, les négociations commerciales chine-US ont capotés, personne n’a fermé Ormuz et le prix du pétrole n’a pas explosé.
    Beaucoup de bruit pour pas grand chose.
    Par contre la FED a prolongé son action sur le marché interbancaire (jusqu’au 9) et les grèves commencent à se multiplier aux states (Les salariés de GM trahis par l’UAW commencent à rallier des salariés de Ford et FCA , les profs manifestent de plus en plus etc…), quelques pétroliers ont passé le blocus du Yemen et la dernière manie de la presse US : “X est acheté par Moscou”: McCarty , le re-re-re-re-retours. Pourtant McCarty Vs Mueller n’avait pas fait le succès attendu au box-office , je me demande pourquoi les studios continuent d’investir dans la franchise.

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  • max // 22.10.2019 à 16h52

    La Corée du Nord n’accepte pas la présence de troupes chinoises sur son territoire, ce qui lui permet d’avoir une politique indépendante, contrairement à la Corée du Sud même si personnellement je préférerai vivre dans le confort du Sud que du Nord (c’est un aparté).
    Accepter des troupes des USA/Russie/Chine sur son territoire, c’est être mis sous contrôle et donc avec une autonomie limitée, les iraniens ont préféré rester maitre chez eux plutôt qu’être placé sur orbite chinoise.

      +1

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  • sabr // 22.10.2019 à 17h01

    Il y a 2 volets dans ce partenariat un volet technique et économique. L’autre volet est un volet symbolique.
    Je suppose que total et/ou CNPC ont obtenu des avantages conséquents. Vraisemblablement, une partie des Iraniens n’étaient pas d’accord pour céder leurs richesses nationales. Ils se sont précipités pour récupérer leur champ gazier dès que les délais de réalisation du projet s’éternisés. Certes, l’interdépendance technologique du monde rend les pressions américaines au niveau de la réalisation de ce projet efficaces. Il est très difficile même aux chinois de réaliser ce projet sans appel à la technologie occidentale . D’autant plus, il paraît que ce projet présente quelques défis technologiques et que seul Total comme partenaire avait le savoir faire nécessaire.
    Le maintien du contrat et qui relève du volet symbolique de ce partenariat ne serait-ce que pour montrer que l’Iran n’est pas isolé devient très coûteux pour les Iraniens.
    À mon avis c’est les Iraniens ou une partie du régime qui ont précipité la fin du contrat.
    Ceci étant dit, il est vrai ni les Russes ni les chinois ne sont des alliés inconditionnels des iraniens.
    Les russes rêvent de rejoindre de nouveau le G8. Les Chinois rêvent de vendre leurs marchandises comme avant la guerre commerciale avec les États-Unis. Le paradis pour les Iraniens serait de pouvoir vendre leur pétrole
    Le seul lien entre ces trois pays pour l’heure une inimitié vis-à-vis des USA. Il faut quelques décennies pour que cela se transforme en alliance stratégique. Auront-ils Le temps?

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    • Eugénie.Grandet // 23.10.2019 à 23h04

      Il n’y a pas d’avantage à attendre des redoutables négociateurs iraniens. Il y a une juste rémunération profitable pour les engagements contractuels signés. Et encore les iraniens ont l’habitude d.être de “mauvais” payeurs.
      Suis pas sûr qu’il y ait eu une clause compensatoire en cas de sanctions renouvelées.
      Je pense que Total a pris son risque (que les US ne reviendraient pas sur le Jcpoa) et a perdu, y compris ses coûts engagés.

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  • Brigitte // 22.10.2019 à 19h07

    Un certain nombre de billets en particulier sur ce site nous ont bien fait rêver sur les intentions de la Chine et la Russie, mais aussi les pays du golfe de prendre leur indépendance par rapport au dollar. Ce retrait indique que la réalité est toute autre. Certains y voient du pragmatisme, le même sans doute que celui qui a empêché Total de faire commerce avec l’Iran, ou celui qui a empêché la vente de rafales à l’Egypte, ou encore celui qui a fait débourser des millions de dollars à BNP Paribas ou à ENGIE de renoncer au gazoduc russe.
    L’empire du pire est encore loin du collapsus!
    C’est à désespérer de voir qu’aucune alliance stratégique ne peut leur tenir tête.

      +10

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  • koui // 23.10.2019 à 09h50

    Sanctionner la Chine pour son aide a l’Iran, voilà qui ferait de beaux titres pour la campagne électorale americaine. Les chinois sont prudents. l’Iran et le Venezuela n’ont qu’à survivre avec la vente discrète d’un peu de pétrole. Avec un peu de chance, les cartes seront complètement rebattues d’ici un an, soit a cause d’une crise financière, soit a cause d’une crise électorale. Ce n’est pas le moment d’investir dans des pays menaces. Leur prêter un peu d’argent est déjà assez coûteux.

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  • pyrrhogaster // 23.10.2019 à 11h37

    L’attaque de Pearl Harbor fut une réponse du Japon à un embargo pétrolier décrété par les USA contre le Japon.

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    • Séraphim // 23.10.2019 à 12h48

      Exactement! Enfin pas seulement le pétrole mais surtout les métaux, bruts et transformés (acier etc.). Qui plus est, la réaction en question était attendue par les Américains, ainsi que les archives petit à petit le décryptent. Et c’est hélas cette “expérience” historique qui fait référence à Washington: si on serre la vis, on a envie de nous taper dessus, ça nous donne des raisons d’intervenir. Les aventuriers (Bolton, néocons) disent “serrons la vis”, les semi résistants à la Trump disent “ça on peut toujours le faire un peu” et après, personne ne maîtrise. Cependant les Iraniens sont de bien meilleurs connaisseurs de l’Occident que les Japonais. Ils ne devraient pas tomber dans les mêmes pièges

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