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19.octobre.201919.10.2019 // Les Crises

Quadra-Kurdes… Par Richard Labévière

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 14-10-2019

La machine médiatique à décerveler s’est à nouveau emballée avec la dernière offensive turque menée dans le nord de la Syrie. Une fois encore, émotions et morale (politiquement correcte) supplantent l’information factuelle et l’analyse politique, ramenant une situation complexe à l’étroit dualisme bons/méchants, bien/mal, Kurdes/Turcs… Les belles âmes droits-de-l’hommistes usent et abusent de l’anachronisme historique n’hésitant pas à qualifier la non-réaction occidentale face à l’offensive turque de « Munich d’aujourd’hui ». Bernard-Henri Lévy et ses complices multiplient les impostures intellectuelles et la « menteuse des plateaux » – Caroline Fourest – nous assène un clip à la gloire des « combattantes » kurdes, financé par des bailleurs de fonds israéliens. Pas simple donc, de chercher à comprendre cette nouvelle péripétie de la « guerre civilo-globale » de Syrie.

Bien des journalistes, qui situent tout juste la Syrie sur une carte, nous rabattent les oreilles avec l’autonomie du « Rojava ». Le Rojava ? C’est l’appellation d’un territoire « fabriqué », dont les bases démographiques et historiques sont largement fantasmées. Le 17 mars 2016, des factions kurdes proclament le « Rojava », entité « fédérale démocratique » comprenant les trois cantons « kurdes » – d’Afrine, de Kobané et de Djézireh. Mais avant de considérer le « Rojava » comme une entité naturelle, géographique sinon éternelle qui aurait toujours existé, il faut s’arrêter un instant sur la généalogie historique de cette appellation pour mieux voir ce qu’elle recouvre.

QU’EST-CE QUE LE « ROJAVA » ?

Le terme est employé par certains mouvements nationalistes kurdes pour désigner une zone géographique, historiquement peuplée par les Kurdes, et incluse dans l’État syrien par les autorités françaises après la Première Guerre mondiale et le démantèlement de l’empire ottoman. En effet, par l’accord franco-turc du 20 octobre 1921, la France avait annexé à la Syrie et placé sous son mandat les provinces kurdes de la Djézireh et de Kurd-Dagh. Les populations kurdes occupaient le long de la frontière turque trois zones étroites séparées (sans continuité territoriale) : les régions d’Afrine, de Kobané et de Qamichli, raison pour laquelle certains auteurs ne parlent pas d’un « Kurdistan syrien » mais plutôt de « régions kurdes de Syrie ». Les trois enclaves kurdes prolongent néanmoins les territoires kurdes de Turquie et d’Irak.

Dans sa constitution auto-proclamée de décembre 2016, le nom officiel du « Rojava » s’accompagne de l’expression suivante : « Système fédéral démocratique de Syrie du Nord ». Cette proclamation a été faite à Rmeilane par le Parti de l’union démocratique (PYD). Depuis 2012, le Kurdistan syrien est contrôlé par différentes milices kurdes. En novembre 2013, des représentants kurdes ont déclaré un gouvernement de facto dans cette région qui abrite quelque deux millions d’habitants.

En 2012, les autorités syriennes sont obligées d’envoyer des troupes prioritairement vers Alep et autour de Damas. Ces urgences stratégiques ne permettent pas de sécuriser l’ensemble du territoire syrien, l’insurrection se développant dans les villes d’Afrine, Kobané et Hassaké. Depuis le 12 novembre 2013, le Kurdistan syrien dispose ainsi de sa propre « administration autonome » auto-proclamée. L’annonce a été faite par le PYD, la filiale syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) installé en Turquie. Cette entité prétend gérer les questions « politiques, militaires, économiques et de sécurité dans la région kurde de Turquie et en Syrie ».

Faite unilatéralement par le PYD, cette proclamation n’a pas recueilli l’accord du Conseil national kurde qui lui reproche « d’aller dans la mauvaise direction ». Pour sa part, le PYD répond à l’opposition syrienne non islamiste de n’avoir rien fait pour défendre les localités kurdes attaquées depuis le printemps par des groupes jihadistes comme l’organisation « État islamique », le Front Jabbath al-Nosra et des formations salafistes comme Ahrar al-Cham. Finalement, le PYD a proclamé une « constitution du Rojava », le 29 janvier 2014.

Comme « Eretz-Israël » (le Grand Israël), le « Rojava » est, donc bien une création politique et idéologique qui relève de l’auto-proclamation d’organisations politiques kurdes et non d’une géographie qui s’imposerait depuis le début des temps. Par conséquent, il faudrait éviter d’utiliser cette appellation à tort et à travers comme s’il s’agissait du Pôle nord ou de la Terre Adélie !

LES « FDS », COMME L’UCK DU KOSOVO

Comme ils l’ont fait au Kosovo à la fin des années 1990 avec la création de l’UCK (Armée de libération du Kosovo) – une bande de voyous et d’assassins pratiquant les trafics d’armes, de drogues et d’organes -, les services spéciaux américains ont fabriqué les FDS, les « Forces démocratiques syriennes » dans l’Est de l’Euphrate, majoritairement à partir de factions kurdes et pro-kurdes. Pour ne pas prêter le flanc aux critiques adressées à une telle « milice confessionnelle » et présenter, à contrario, une devanture multiconfessionnelle, les services du Pentagone ont intégré aux FDS des « Arabes », souvent des combattants perdus, des mercenaires initialement engagés dans les rangs de la Qaïda ou de Dae’ch.

L’architecte de cette armée locale a été le général Joseph Votel qui fut le patron des Forces spéciales américaines. Le 24 juin 2014, le président Barack Obama a nommé Votel à la place de l’amiral William H. McRaven au poste de 10ème patron du commandement des opérations spéciales des États-Unis. Cette nomination a été confirmée par le Congrès en juillet et le changement de commandement a eu lieu le 28 août. Joseph Votel est devenu le commandant d’USCENTCOM le 30 mars 2016. Le 23 avril 2018, Votel a effectué sa première visite officielle en Israël en tant que commandant du CENTCOM. Au cours de sa visite, il a rencontré le chef d’état-major de l’armée israélienne – Gadi Eisenkot -, le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat et d’autres hauts responsables sécuritaires israéliens chargés du suivi de la guerre civilo-globale de Syrie.

En tant que commandant du CENTCOM, le général Votel a supervisé la poursuite de la très officielle « guerre des États-Unis contre le terrorisme », en particulier avec la Force opérationnelle interarmées mixte – Opération Inherent Resolve – contre l’organisation « État islamique » en Irak et en Syrie. Ces opérations contre Dae’ch ont vu le CENTCOM s’impliquer davantage dans les guerres syrienne et irakienne. En fait, sous prétexte de lutte anti-terroriste, il s’agissait surtout de renverser « le régime de Bachar al-Assad », pour reprendre l’expression usitée par les rédactions parisiennes désignant le gouvernement syrien.

LUTTE « ANTI-TERRORISTE » POUR RENVERSER BACHAR

Le 25 septembre 2017, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem déclare que les Kurdes syriens « veulent une forme d’autonomie dans le cadre de la République arabe syrienne. « Cette question est négociable et peut faire l’objet d’un dialogue », commente-t-il. Ce type de déclaration et l’emploi du terme d’« autonomie » est une première pour Damas, mais il annonce dans le même temps son opposition au référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien « totalement inacceptable pour la République arabe syrienne ».

Depuis l’ouverture de la crise syrienne en mars 2011, Washington et ses alliés mettent en avant la lutte anti-terroriste – menée notamment en appuyant différentes factions kurdes – pour renverser le gouvernement syrien. Cherchant à faire en Syrie ce qu’ils ont appliqué en Irak, les responsables américains poursuivent une casse, une « partition » du pays, pudiquement baptisée « solution fédérale », même si personne ne croit en la volonté de Washington de transformer la Syrie en Confédération helvétique…

Les médias occidentaux accusent régulièrement Damas d’avoir délibérément libéré des milliers de jihadistes emprisonnés pour justifier ses opérations militaires. Reprise par l’ensemble des donneurs de leçons syriennes, cette affirmation est un contre-sens absolu, dans la mesure où cette demande était une exigence de l’Arabie saoudite afin de permettre aux représentants de l’opposition syrienne – nommés et financés par Riayd – de continuer à participer aux discussions de Genève sous l’égide des Nations unies.

Avec la généralisation de la guerre civile, les Etats-Unis et la France ont armer plusieurs unités de l’Armée syrienne libre (ASL), présentée comme une organisation d’opposition « modérée », « laïque » et « démocratique ». Diantre ! Au fil des mois, l’ASL va s’imposer comme l’antichambre obligée de la plupart des groupes jihadistes les plus radicaux engagés contre l’armée gouvernementale syrienne. De son côté, les services britanniques vont financer la création d’une ONG des plus étranges – les « Casques blancs » – dont la mission officielle est de secourir les combattants jihadistes. Avec le temps, ces mêmes « Casques blancs » basculeront dans l’action armée antisyrienne et le trafic d’organes d’êtres humains, comme l’avait fait au Kosovo les nervis de l’UCK du criminel de guerre Hassim Thaçi, le petit protégé de Madeleine Albright alors secrétaire d’Etat.

Dans une conversation téléphonique qu’il a eu le dimanche 6 octobre 2019 avec Recep Tayyip Erdogan, le président des Etats-Unis a donné son feu vert aux forces armées turques pour pénétrer en Syrie à l’est de l’Euphrate, et y occuper tout ou partie du « Rojava ». Le Pentagone a indiqué que si les FDS s’avisaient de résister les armes à la main, les forces américaines (qui sont établies sur huit bases situées entre Kobané et Raqqa) s’abstiendraient de les soutenir. Le départ des troupes américaines du nord de la Syrie vient d’être confirmé. La France dispose encore de cinq mini-bases militaires au Rojava, pratiquement couplées avec des bases américaines. Va-t-elle se retrouver seule face à l’armée turque avant d’être obligée de se replier en Irak ?

Depuis 2013, Moscou somme Washington de lui transmettre la liste des factions rebelles dites « modérées », « laïques » et « démocratiques », afin de nouer une meilleure coordination anti-terroriste. En fait, les services américains n’ont jamais voulu ou pu transmettre cette fameuse liste parce que les organisations terroristes soutenues par les pays occidentaux, ceux du Golfe et même Israël, se révèlent être les plus radicales sur le plan du fondamentalisme religieux.

Le 26 septembre dernier à Ankara lors du sommet tripartite rassemblant les présidents turc, iranien et russe, il a été décidé de mettre en place des couloirs humanitaires afin d’épargner les populations civiles de la poche d’Idlib (à l’ouest d’Alep). A l’issue du sommet, Moscou a informé les autorités de Damas de l’attaque imminente d’Ankara, estimant que c’était le meilleur moyen de faire rentrer le PYD dans le rang et de reprendre le contrôle – à terme – de cette longue bande de territoire qui longe la frontière turque d’Alep à Deir ez-Zor (à l’extrême-Est du pays). Depuis plusieurs années, le Kremlin ne désespère pas d’aboutir à une poignée de main entre Recep Tayyip Erdogan et Bachar al-Assad. On en est encore loin, mais tel demeure l’un des objectifs de la diplomatie russe.

Pour sa part, Téhéran s’oppose résolument à l’opération turque quoiqu’en prenant soin de ne pas en rajouter afin de ne pas mettre en danger le très bon niveau de la relation bilatérale des deux pays. Le grand perdant dans cette affaire est Donald Trump qui après avoir donné son feu vert à cette nouvelle opération militaire, offre maintenant… sa médiation. Comme pour la Corée du Nord et l’Afghanistan, ce n’est pas gagné ! Toujours est-il que les plus hauts experts du Pentagone et du Parti Républicain ont condamné la décision de la Maison Blanche et reconnaissent qu’en Syrie, les Etats-Unis ont perdu la partie, comme ils vont aussi la perdre au Yémen grâce ou plutôt à cause de l’incurie de l’allié saoudien.

Faiblesse et hystérie américaines font ressortir la force tranquille de l’ours russe qui sort grand vainqueur de cette nouvelle épreuve de force. Au Moyen-Orient comme ailleurs, l’empire reflue et laisse peu à peu la place à son grand adversaire stratégique même si le chemin sera tout sauf une promenade de santé pour Moscou…

LES KURDES N’ONT PAS LIBERE PARIS !

En définitive, il ne s’agit pas de blanchir Ankara et de tomber, à notre tour, dans un contre-dualisme tout aussi absurde que celui que nous avons pointé en préambule. Non, il convient même de rappeler que les services secrets turcs ont participé à l’émergence de l’organisation « Etat islamique » (Dae’ch) en Syrie de 2014 à 2016, se rendant coupables de nombreux attentats extrêmement meurtriers. Fidèle aux commandements de l’idéologie des Frères musulmans, Recep Tayyip Erdogan lui-même s’est prononcé à de multiples reprises en faveur du renversement du « régime de Bachar al-Assad », mécréant aux yeux de la rue sunnite turque. Ankara n’a cessé de jouer la carte de l’ouverture des vannes de migrants à l’encontre des pays européens et il continue de le faire.

En dépit d’une session extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies – organisée à la demande de la France – mais qui n’a rien donné, pourquoi l’Union européenne (UE) n’annuel-t-elle pas – purement et simplement – toute espèce de discussion concernant une adhésion de la Turquie à l’UE de plus en plus improbable ? Pourquoi l’OTAN ne prend-elle pas des mesures pour condamner clairement l’attaque unilatérale de l’un de ses principaux Etats membres ? Pourquoi aucune sanction économique n’est envisagée pour répondre au coup de force d’Ankara ?

Très mal conseillé sur le plan historique – comme le relève Alain Chouet (voir ORIENT-ATIONS) – Donald Trump n’aurait pas dû s’étonner que les Kurdes n’aient pas combattu sur les plages du Débarquement allié le 6 juin 1944 – les Papous, les pygmées et les Yanomamis non plus, les Salauds ! -, par contre il aurait pu rappeler que plusieurs factions et populations kurdes ont, bel et bien participé au génocide arménien d’avril 1915 à juillet 1916, ainsi qu’à ses résurgences en 1923 ! Par conséquent, on ne va pas se laisser enfermer dans le pleuroir de Kurdes qui seraient les éternels victimes de l’Histoire. Certes, liés à de difficiles revers militaires, leurs échecs successifs sont aussi et surtout le fait de leurs responsables politiques au premier rang desquels ceux des unités de protection du peuple (YPG), la branche armée du Parti de l’Union démocratique, le PYD.

Enfin, comment prendre au sérieux l’écrivain français Patrice Franceschi et sa défense hystérique des Kurdes lorsqu’on voit qu’il arbore si fièrement – au-dessus de la poche gauche de son uniforme d’officier de réserve -, l’insigne des parachutistes israéliens !!! C’est non seulement une faute de goût, mais aussi une sérieuse entrave au code militaire qui proscrit un tel usage des insignes d’une armée étrangère. Par ailleurs, et avant d’adhérer ainsi aux intérêts du régime de Tel-Aviv, cet écrivain-officier devrait plutôt se recentrer sur les intérêts vitaux de son pays. Il comprendrait ainsi qu’aux Proche et Moyen-Orient, les intérêts d’Israël ne correspondent pas forcément à ceux de la France éternelle…

Richard Labévière

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 14-10-2019

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Commentaire recommandé

Jean D // 19.10.2019 à 11h33

Dans l’histoire de l’ONU, une seule guerre a été réellement jugée hors-la-loi par le Conseil de Sécurité : l’invasion du Koweït par l’Irak.

Tous les autres conflits, des guerres par proxy entre le deux blocs puis des implosions “ethniques”, n’étaient effectivement pas du ressort du Conseil de sécurité de l’ONU mais régis par le principe de souveraineté des Etats (traité de Westphalie, 1648).

L’agression turque de la Syrie n’aurait jamais été possible si la Charte de San Francisco avait été protégée et respectée (https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_des_Nations_unies#Pr%C3%A9ambule). Au lieu de cela des Etats voyous, les Etats-Unis en tête depuis 2001, font systématiquement prévaloir la force sur le Droit.

De quel droit les troupes françaises, étasuniennes, britanniques, israéliennes … se trouvent-elles en Syrie ? De quel droit ces mêmes acteurs, tous membres du Conseil de sécurité, seraient-ils légitimes pour interdire le massacre des Kurdes syriens par l’armée turque ? Pour actionner le Chapitre VII de la Charte de l’ONU, tous ces pays devraient évacuer la Syrie, c’est-à-dire reconnaître l’illégalité de leur intervention et renoncer officiellement au renversement du Président syrien.

La Charte de San Francisco part en confettis au milieu d’un flot ininterrompu de pétrodollars. Et pour ne rien changer, ce sont toujours les populations arabes qui trinquent.

25 réactions et commentaires

  • Duracuir // 19.10.2019 à 08h50

    Ce qui se passe est simple. Il y a eu visiblement accord quadripartite. Et tout ça a été exécuté avec brio. Trump veut partir de Syrie. Il n’y a absolument aucun intérêt, les USA non plus et visiblement Saoudiens et Israéliens ont reçu des assurances qui les font sortir du jeu. Les Turcs font semblant de faire une attaque surprise, les USA lâchent les Kurdes, qui appellent les Syriens au secours, qui se ruent sur la frontière pour en découdre avec l’envahisseur.pas un seul blessé des affrontements syro-turcs. Les FDS dont dissoutes. Les Turcs font un cesser le feu. Les gagnants : les Turcs n’auront plus de menace kurde. Les Syriens récupérent leur territoire. Les USA sortent d’un guêpier coûteux et sans aucun intérêt stratégique. Les Russes sortent de là avec un prestige immense et la possibilité d’entrevoir un départ de SYrie.
    Les perdants : les Kurdes. On s’en fout. Les néoconservateurs et pro-grand Israël de tous pays. Ils perdent la face, la main et dont désormais nus et en pleine lumière sur l’épouvantable charnier syrien. Les Français : en retard d’une guerre, cornerisés, traités comme quantité négligeable, ridiculisés. Les Iraniens dont la sortie de Syrie a du être le prix à payer pour les renoncements israelo-saoudiens.
    Mais l’artisan principale pour la paix dans le monde a un nom. Trump. Ne l’oublions pas.

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    • micron travaille pour les banques // 19.10.2019 à 19h15

      pas si simple que vous le présentez, par exemple des force pro-turques ont étés salement malmenées par l’armée syrienne appuyée par l’aviation russe, jetez donc un oeil ici https://syria.liveuamap.com/

        +1

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    • pouet // 19.10.2019 à 19h18

      pas si simple que ça, jetez donc un oeil ici https://syria.liveuamap.com/ , particulièrement hier et avant-hier, où on voit que les milices pro-turques ont morflées par l’armée syrienne aidée par l’aviation russe

        +1

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  • moshedayan // 19.10.2019 à 10h07

    Difficile de comprendre tous les éléments de cette séquence des événements. La télévision russe insiste sur le ralliement de factions kurdes à l’Armée légale syrienne. Des blindés et troupes syriennes s’approchent de la zone, afin de rappeler l’intégrité des frontières. Le reporter russe sur place a évoqué la fuite de terroristes vers la Turquie et l’évacuation de populations vers la Syrie hors des zones de combat et la demande de “couloirs sécurisés” pour permettre aux réfugiés dans les camps en Turquie de revenir vers la Syrie. Eliminer les opposants djihadistes et autres acharnés contre la Syrie semble donc une opportunité parallèle.
    adversaires de la Syrie

      +5

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  • Catalina // 19.10.2019 à 11h27

    Pour comprendre les faits, pas mieux que Observatus géopoliticus avec ses Chroniques du grand jeu

    http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/10/temps-etranges.html

      +14

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  • Jean D // 19.10.2019 à 11h33

    Dans l’histoire de l’ONU, une seule guerre a été réellement jugée hors-la-loi par le Conseil de Sécurité : l’invasion du Koweït par l’Irak.

    Tous les autres conflits, des guerres par proxy entre le deux blocs puis des implosions “ethniques”, n’étaient effectivement pas du ressort du Conseil de sécurité de l’ONU mais régis par le principe de souveraineté des Etats (traité de Westphalie, 1648).

    L’agression turque de la Syrie n’aurait jamais été possible si la Charte de San Francisco avait été protégée et respectée (https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_des_Nations_unies#Pr%C3%A9ambule). Au lieu de cela des Etats voyous, les Etats-Unis en tête depuis 2001, font systématiquement prévaloir la force sur le Droit.

    De quel droit les troupes françaises, étasuniennes, britanniques, israéliennes … se trouvent-elles en Syrie ? De quel droit ces mêmes acteurs, tous membres du Conseil de sécurité, seraient-ils légitimes pour interdire le massacre des Kurdes syriens par l’armée turque ? Pour actionner le Chapitre VII de la Charte de l’ONU, tous ces pays devraient évacuer la Syrie, c’est-à-dire reconnaître l’illégalité de leur intervention et renoncer officiellement au renversement du Président syrien.

    La Charte de San Francisco part en confettis au milieu d’un flot ininterrompu de pétrodollars. Et pour ne rien changer, ce sont toujours les populations arabes qui trinquent.

      +31

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  • Rafa // 19.10.2019 à 12h45

    Merci pour cet article salutaire.
    Comme si on s’en doutait pas un peu !!!
    Malgré la sympathie que l’on pouvait éprouver de prime abord pour l’expérience du Rojava, qui peut citer un seul exemple d’expérience progressiste dans le Monde qui n’est jamais été soutenu par la soldatesque états-unienne ? Aucune et le Rojava eut fait figure d’exception.
    Les forces spéciales américaines tenait le Rojava comme la corde tient le pendu.
    CQFD

      +7

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    • Frédéric // 19.10.2019 à 18h35

      C’est vrai que c’était étonnant que les USA soutiennent des communistes. Mais comparer les milices Kurdes Syriennes aux traficants Kossovars c’est quand même pousser le bouchon un peu loin. Si Erdogan envoie ses soldats contre eux c’est qu’ils sont, d’après lui-même, des clones du PKK, parti d’extrême gauche en Turquie même. Les americains avaient-ils vraiment intérêt à affaiblir un allié important de l’OTAN? Je crois que les américains ont choisi, comme les Israeliens, des alliés non-arabes à utiliser en tant que proxi pour compliquer la tâche à Assad, arabe d’abord et anti-Israelien. Mais Poutine-Zorro est arrivé…

        +5

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  • Myrkur34 // 19.10.2019 à 15h40

    Donc en fin de compte le pouvoir légal syrien va bientôt remettre la main sur l’ensemble de son territoire.
    Et comme Le Kurdistan irakien ou Kurdistan du sud est une entité politique autonome du nord de l’Irak, reconnue par la constitution irakienne, adoptée le 15 octobre 2005 par un référendum populaire, les kurdes syriens devraient être aidés (Onu bouge ton luc)) à y émigrer pour pouvoir mener une vie décente. Cela fait déplacement forcé ou presque mais bon entre Bachar et Erdogan , l’avenir ne sera jamais rose car tu as juste le droit d’attendre qu’ils disparaissent pour les populations concernées.

      +3

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    • plipploup // 20.10.2019 à 11h51

      On ne peut pas déplacer les gens comme ça. Regardez pamis tant d’autres exemples la Palestine, excellent résultat.

        +3

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  • Brigitte // 20.10.2019 à 10h18

    Ce matraquage médiatique est indécent. Rien de tel sur le Yemen par exemple. De toute façon je ne regarde plus les infos TV sauf quelque fois pour m’assurer que la propagande bât son plein et me conforter dans mon choix.
    N’étant pas spécialiste du Moyen Orient, j’ai lu dans wikipedia que le Kurdistan n’a jamais été un pays ni une langue unifiés, de par les aléas de l’histoire. Après la chute de l’empire ottoman, de l’URSS et les traités issus des deux guerres mondiales, certains pays ont vu le jour comme le Liban, l’Arménie et Israël. Le Kurdistan a raté une fois de plus son rdv avec l’histoire. Pourquoi?

      +2

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    • Matt // 20.10.2019 à 11h06

      Les frontières tracées au Moyen-Orient l’ont été avant la seconde guerre mondiale (hormis Israël), lors du dépeçage de l’Empire Ottoman entre Français et Britanniques.

      Les Etats mis en place ont chacun des “protecteurs” occidentaux (les Etats-Unis arrivant après la seconde guerre mondiale), et parfois dans un même pays, chaque ethnie / confession a son propre protecteur étranger (Liban, Syrie, …)

      Les Kurdes étant dispersés sur 4 pays différents, ils n’ont jamais pu s’insérer dans ce clientélisme qui est la caractéristique du Moyen-Orient. Les soutiens dont ils ont pu disposer ont toujours été éphémères / conjoncturels.

      Aujourd’hui les yankees ont poussé le cynisme un peu plus loin en Syrie avec le principe du kurde-kleenex.

        +6

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  • daniel // 20.10.2019 à 11h33

    On va faire simple dans un moyen-rient compliqué:
    Les Kurdes de Syrie et de Turquie sont une menace existentielle pour la Turquie. Elle sera tranquille dès lors que les Kurdes cesseront d’exister. Et depuis 1860,1898,1916,1923 les Turcs savent y faire en matière de menaces internes par des ethnies non islamiques ou déviantes de l’islam. Faut les comprendre, aussi.

      +2

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    • Alligator427 // 20.10.2019 à 13h24

      L’essentialisation des “turcs” est limite raciste, cela laisse entendre que les “turcs” sont génocidaires par nature.

      Au lieu d’exprimer des à-priori racistes, il me paraît plus judicieux de s’instruire sur l’Histoire de la région :
      • mise en place de l’autoritarisme ottoman avec Mahmoud II
      • passage de l’Empire ottoman à l’Etat moderne turc
      • le rôle des Etats européens dans les différentes crises d’Anatolie et le démembrement de la Sublime porte
      • …

      Pour cela vous avez d’excellents cours au Collège de France :
      https://www.college-de-france.fr/site/edhem-eldem/index.htm
      https://www.college-de-france.fr/site/henry-laurens/index.htm

        +2

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  • plipploup // 20.10.2019 à 11h48

    Les frontières irako-syriennes sont des constructions fantaisistes franco-britanniques. Les Kurdes existent depuis toujours que leur région s’appelle Rojava ou Disneyland n’a aucune espèce d’importance. Actuellement ils sont les seuls dans la région à tenter une expérience démocratique forte. Qu’ils aient reçus le soutiens des USA, d’Israël ou de l’Europe n’en fait pas pour autant les ennemis des anti-impérialistes US de la planète. On voit bien que cette question Kurdes divise et perd complètement la majorité des commentateurs de tout bords. Ce qui est bon signe pour ceux qui aiment la liberté des peuples à disposer d’eux mêmes. Qu’on les laisse crever comme on à fait avec les rouges et les noirs en Espagne en 39, vous avez raison, ils ont l’air bien trop sincères dans leur démarche. Blague à part, pourquoi personne ne s’imagine qu’il soit possible qu’ils aient un état entre les états fantoches d’Irak et de Syrie ? Pourquoi serait il impossible en Turquie d’ammener gouvernement Turc et Kurdes à discuter pour leur donner plus de libertés comme bien des états le font à travers le monde ? Pays Basque, Catalogne (oui je sais), Lander allemands, états américains etc…

      +3

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  • Turco // 20.10.2019 à 15h02

    De quel gouvernement Kurdes parler vous ?

      +0

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    • Babar // 20.10.2019 à 19h24

      Dans le message de plipploup les mots “gouvernement Turc” sont tous deux au singulier et “Kurdes” au pluriel n’est pas un adjectif à relier à gouvernement mais un nom propre qui se rapporte au peuple kurde.

        +1

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  • Solstice // 20.10.2019 à 17h25

    “Les médias occidentaux accusent régulièrement Damas d’avoir délibérément libéré des milliers de jihadistes emprisonnés pour justifier ses opérations militaires. ”

    Mince, il n’y avait pas que des innocents dans les geôles d’Assad ?

    C’est sur que si on avait eu sa peau, on aurait trié le bon grain de l’ivraie à la sortie des prisons, comme en Lybie.

    Al-Baghdadi lui est est bien passé par la case prison, et en a été libéré. C’était pas une prison syrienne…

      +4

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  • christian gedeon // 22.10.2019 à 11h25

    Ah les kurdes! Ils n’ont vraiment pas de bol,pourrait on se dire.leur destin depuis très logtemps,est celui de troupes supplétives. Il est loin le temps ou Salaheddine El Ayoubi,allait cérser le califat fatimide chiite du Caire avec son oncle Chirkouh,pour ensuite prendre Jérusalem. Eh oui,ce sont les Kurdes qui ont battu les Croisés, pas les arabes,et ce sont d’autres non arabes,les mamelouks qui parachèveront le travail avec Baïbars. Ce sont des turcs qui prendront Constantinople,et qui bien plus tard,utiliseront les kurdes,ravis de l’aubaine,pour massacrer les arméniens,et les chrétiens dits assyriens,à savoir les chrétiens d’Irak. Alors,la sympathie générale ou presque à l’égard des kurdes doit être légèrement modérée,n’est ce pas? je rappelle quand même que quand l’EI a pattaqué les territoires environnant Mossoul,ils se sont retirés sur leur place forte sans tirer un coup de feu,laissant une nouvelle fois,les chrétiens d’irak et les yézidis aux mains des massacreurs de l’EI,tout comme les milliers de prisonniers de l’armée irakienne,éxécutés en masse. Bien sûr personne ne souhaite l’écrasement des kurdes,mais bon,en faire des saints auréolés est une autre histoire.

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    • daniel // 22.10.2019 à 13h08

      De toute évidence, des Arméniens, alliés potentiel des moscoutaires, ont massacré des Kurdes. Les Kurdes se sont défendu, avec usure probablement. Et les Turcs ont réussi à les séparer.

      D’un autre côté, selon l’observation de Pétain (il avait l’art d’enfoncer des portes ouvertes…) : si on choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille. S’agissant des Kurdes actuels ( ceux de Turquie et de Syrie, moins ceux d’Irak, pas du tout ceux d’Iran, pourtant majoritaires ou presque) est-il conforme à la Justice de les tenir coupable des horreurs commises par leur arrière grand’pères? Je ne le crois pas. Le père de la fratrie au pouvoir au KRG, Mustapha Barzani, le disait et le montrait déjà en 1967 en incorporant d’autres ethnies et religions dans le combat de libération ( autonomie et participation politique) contre la république d’Irak.
      L’Histoire est bonne fille; restons-en à l’actualité de fond.

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    • Matt // 22.10.2019 à 22h15

      “Alors,la sympathie générale ou presque à l’égard des kurdes doit être légèrement modérée,n’est ce pas?”

      Raisonnement assez creux qui consiste à caricaturer l’indignation légitime consécutive à l’agression des populations civiles kurdes.

      Non, personne ne “sanctifie” un peuple en particulier (c’est un non sens) et contrairement à vous, personne n’a l’idée de se référer au Moyen Age ou au début du XXe siècle pour stigmatiser les victimes du moment. C’est à la limite du racisme de caractériser “un peuple” en lui attribuant les méfaits de ses ancêtres. Imaginez un seul instant que je remplace le mot kurde par juif.

      Les raisons de l’indignation sont parfaitement réfléchies et cela ne tient pas au fait que les victimes soient kurdes :
      • agression illégale au regard du droit international (1er motif de protestation, le non respect de la Charte de l’ONU)
      • agression motivée par des raisons politiques (2e motif d’indignation, la brutalisation de la liberté de conscience)
      • agression permise par la lâcheté des pays européens et des Etats-Unis (3e motif d’indignation, nos démocraties sont du mauvais côté du manche)

      Faudrait de temps en temps cesser d’être “partisan”, juste être un peu humain histoire d’essayer de faire honneur à ce qui se trouve dans notre boîte crânienne.

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      • Christian Gedeon // 24.10.2019 à 14h39

        Je ne remonte pas si loin. L’abandon par les kurdes des assyriens et des yezidis est tout récent,n’est ce pas?

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  • Grd-mère Michelle // 23.10.2019 à 15h47

    Vu de mon salon, ce conflit me parait aussi provoqué par les difficultés que rencontre Erdogan avec les innombrables réfugiés syriens…(qui ne veulent par repartir-on se demande pourquoi?)
    Il s’agit sans doute de faire d’une pierre deux coups: éliminer un maximum de “terroristes (terme pratique quand on ne veut même pas écouter des revendications légitimes) kurdes” et/ou les éloigner de la frontière et de leurs cousins de Turquie, ainsi que se donner la possibilité de se débarrasser de ces multitudes de réfugiés “qui viennent manger le pain des turcs”, en les déversant(les livrant à ce qu’ils ont fui) sur cette étroite bande couverte à présent de ruines, occupée jusque-là par les kurdes de Syrie… (Alors que l’UE a grassement payé la Turquie pour les garder chez elle)
    Que vont devenir tous ces pauvres gens sans terre, sans pays, sans papiers, disséminés un peu partout dans le monde, étroitement gardés dans des camps indignes, alors qu’ils ont été poussés à l’exil par la féroce ambition de “dirigeants” incapables, occupés à jouer au plus fort ou au plus malin dans un gigantesque Monopoly interminable?

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