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23.octobre.201923.10.2019 // Les Crises

Les généraux américains s’inquiètent de l’influence grandissante des russes et des chinois en Afrique, documents à l’appui

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Source : The Intercept, Nick Turse, 13-08-2019

Illustration : Soohee Cho/The Intercept

L’ADMINISTRATION TRUMP et le Pentagone l’ont dénoncé à plusieurs reprises, la Chine et la Russie étendent leur influence en Afrique, continent sur lequel les deux adversaires de longue date des américains « interfèrent avec les opérations militaires américaines et représentent une menace importante pour les intérêts des États-Unis en matière de sécurité nationale », a déclaré en décembre dernier John Bolton, conseiller à la sécurité nationale.

Ce point de vue a été partagé par l’ancien chef du Commandement des États-Unis pour l’Afrique, le général du corps des Marines, Thomas Waldhauser, qui a cessé son travail le mois dernier, et par son remplaçant, Stephen Townsend, tous deux ont témoigné publiquement devant le Congrès au début de cette année. Mais les deux généraux sont allés plus loin dans leurs réponses par écrit au Congrès que The Intercept a pu obtenir via la Freedom of Information Act, décrivant une Afrique toujours plus susceptible de tomber sous l’emprise de Pékin et de Moscou – la Russie exerçant une influence dans pas moins de 10 pays africains différents et la Chine étant susceptible d’ouvrir davantage de bases sur le continent. [Le Freedom of Information Act (FOIA) (en français, loi d’accès à l’information) est une loi américaine signée le 4 juillet 1966 par le président Lyndon B. Johnson, et entrée en application l’année suivante. Fondée sur le principe du droit à l’information, elle oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande, quelle que soit sa nationalité, NdT]

Pékin et Moscou n’ont cessé de multiplier partout en Afrique leurs liens économiques, tout comme leur influence diplomatique. Au cours des 40 dernières années, le commerce entre la Chine et l’Afrique est passé de 765 millions de dollars à plus de 170 milliards de dollars et 39 des 54 pays africains ont maintenant signé l’Initiative de la Nouvelle Route de la Soie de Pékin, un plan d’un billion de dollars visant à lier infrastructures et commerce via un vaste réseau de routes, lignes ferroviaires, ports et oléoducs à travers l’Eurasie, le Moyen-Orient et l’Afrique. Les échanges commerciaux de la Russie avec l’Afrique sont passés de 5,7 milliards de dollars en 2009 à 17,4 milliards de dollars en 2017, et le pays s’emploie activement à y promouvoir tant l’infrastructure nucléaire et les partenariats technologiques que les investissements pétroliers et gaziers.

Les deux nations ont également cherché à accroître leur influence culturelle. Le nombre d’instituts Confucius financés par le gouvernement chinois en Afrique, et qui font la promotion de la langue et de la culture chinoises, est passé de zéro en 2004 à 48 l’an dernier, selon les données compilées par Development Reimagined, une société internationale de conseil sise à Pékin. Les documents du commandement des États-Unis pour l’Afrique [AFRICOM : Le Commandement des États-Unis pour l’Afrique est un commandement unifié pour l’Afrique créé par le Département de la Défense des États-Unis en 2007 et entré en fonction en 2008. Il coordonne toutes les activités militaires et sécuritaires des États-Unis sur ce continent, NdT] indiquent que ces centres sont situés dans 20 pays africains différents. L’équivalent russe, la Fondation Russkiy Mir, une organisation non gouvernementale à but non lucratif, est active dans neuf pays africains, selon l’Africom.

La Russie et la Chine ont également tissé des liens militaires plus étroits avec les pays africains par le biais de ventes d’armes, d’accords de sécurité et de programmes de formation militaire. Selon l’Africom, des sociétés militaires privées russes sont actives dans 15 pays africains.

Le mois dernier, selon le ministère chinois de la Défense, Pékin a accueilli le premier Forum Chine-Afrique sur la paix et la sécurité, qui a réuni près de 100 responsables de la sécurité de 50 pays d’Afrique et de l’Union africaine, dont 15 ministres de la défense et chefs d’état-major. Pendant ce rassemblement, l’agence de presse russe Tass a annoncé qu’environ 35 dirigeants africains avaient confirmé leur participation au premier Sommet Russie-Afrique – coprésidé par le président russe Vladimir Poutine et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi – qui se tiendra en octobre à Sochi, station balnéaire russe de la mer Noire.

Dans son témoignage devant la Commission sénatoriale des forces armées, Waldhauser s’est surtout intéressé aux incursions croissantes de la Russie en République centrafricaine et, dans une moindre mesure, en Algérie, en Libye et au Soudan. Mais dans ses réponses écrites, Waldhauser a mentionné six autres nations qui avaient également pris des engagements avec la Russie ou susceptibles d’être sous son influence, notamment l’Angola, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie et la Tunisie. Selon Waldhauser, la Russie tire parti ou cherche à tirer parti de son aide militaire en échange de droits miniers et de partenariats énergétiques. « Pour contrecarrer les efforts d’exploitation de la Russie, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique continue de travailler avec un grand nombre de pays pour devenir un partenaire militaire privilégié en Afrique », a-t-il écrit.

En République centrafricaine, « la Russie a renforcé son influence grâce à une coopération militaire accrue, notamment par des dons d’armes, qui lui ont permis d’accéder aux marchés et aux droits d’extraction minière », a expliqué Waldhauser dans son témoignage public. « Avec un investissement minimal, la Russie s’appuie sur des entrepreneurs militaires privés, comme le groupe Wagner ». Il a noté que le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, avait récemment fait appel à « un civil russe comme conseiller à la sécurité nationale. Le Président a également promis que les forces armées seraient déployées dans tout le pays pour rétablir la paix dans le pays grâce à des forces vraisemblablement entraînées, équipées et, dans certains cas, accompagnées par des entreprises militaires russes. La capacité de la Russie à faire adopter des pratiques de sécurité musclées, dans une région déjà en proie à des menaces pour la sécurité, tout en extrayant systématiquement des minéraux, est inquiétante. »

Interrogé sur ces « pratiques de sécurité musclées », Waldhauser a mentionné des informations faisant état de la coopération d’entrepreneurs russes avec des milices et de leur complicité quant à la violation des droits humains; les abus commis à l’encontre de stagiaires des forces de sécurité locales ainsi que de civils « qui remettent en question les intérêts miniers russes » ; et la probable participation aux meurtres de journalistes russes qui ont été assassinés en République Centrafricaine alors qu’ils enquêtaient sur les activité d’entreprises militaires russes.

Lors de son témoignage public, Townsend a classé la Chine juste derrière la Russie en tant que menace contre la primauté des États-Unis en Afrique, mais il a ajouté qu’il s’attendait à ce que la République populaire éclipse la Russie. « Je pense qu’ils cherchent à contrôler et influencer à nos dépens », a déclaré le nouveau commandant de l’Africom parlant de la Chine. Townsend a également dénigré officieusement les efforts de la Chine sur de multiples fronts, y compris les ventes d’armes, et a expliqué que les États-Unis devaient mettre l’accent sur la mauvaise qualité de la technologie militaire chinoise dans les pays africains. « La Chine a fourni au Nigeria des systèmes aériens armés sans pilote … mais la mauvaise qualité des plates-formes a contribué à des utilisations peu fréquentes », a-t-il écrit. « Le faible coût et les délais de livraison courts incitent les partenaires africains à acheter du matériel chinois, mais très fréquemment, les achats ne répondent pas aux besoins militaires sous-jacents. C’est ce récit que nous devons propager largement. »

Dans ses remarques écrites, Waldhauser a expliqué que les efforts actuels de la Chine en Afrique n’étaient pas susceptibles d’entraver la participation militaire et les opérations américaines à court terme, mais il a averti que « dans la prochaine décennie, la Chine pourrait y arriver ». Alors que ce n’est qu’en 2017 que la Chine a ouvert sa première base militaire à l’étranger, à dix kilomètres du camp Lemonnier de l’armée américaine à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique, Waldhauser a mentionné d’autres implantations chinoises se profilant à l’horizon. « La Chine travaille activement avec des partenaires africains pour ouvrir de nouvelles bases dans plusieurs endroits sur le continent », a-t-il écrit. « En travaillant avec d’autres pays [africains]… nous pourrons peut-être faire en sorte que, lorsque la Chine ou la Russie réussiront à avoir un accès militaire aux ports, aux bases ou à l’espace aérien, elles ne pourront pas profiter pleinement de cet accès pour menacer la liberté de manœuvre des États-Unis en Afrique et dans les régions avoisinantes. »

En réponse aux menaces perçues par ses grands rivaux, l’Africom a lancé un plan de campagne quinquennal destiné, en partie, à contrer la « présence accrue » de la Chine et de la Russie sur le continent. Le commandement renforce également les alliances afin de « dissuader les actions malveillantes chinoises et russes », a écrit Waldhauser en mars. Dans ses réponses écrites, Townsend fait également référence à « l’influence néfaste de la Russie en Afrique » et s’en prend à la Chine, notant que « les Chinois ont défendu avec succès le discours fallacieux affirmant que leur aide est sans condition ».

Alors que Waldhauser et Townsend qualifient les motivations russes et chinois de « pernicieuses » et celles de l’Amérique de vertueuses, certains experts ont un point de vue différent. « Il est difficile de soutenir sans ambages que toutes ces grandes puissances ont vraiment à cœur l’intérêt supérieur de l’Afrique. Le comportement de l’Amérique ne peut tout simplement pas être qualifié d’altruiste parce que sa politique étrangère militarisée à outrance depuis le 11 septembre entraîne de fait une augmentation de la violence sur le continent plutôt que d’être un élément dissuasif », a déclaré à The Intercept Temi Ibirogba, chercheuse associée au Programme Afrique du Centre pour la politique internationale. « Des responsables américains comme Nagy », parlant du secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, « tout comme Waldhauser semblent avoir la fausse impression que la politique étrangère américaine est appréciée et bien accueillie par les Africains, mais ce sont en fait les Chinois qui y gagnent en ce moment ».

Dans son témoignage public devant le Sénat en février, Waldhauser a noté que la Stratégie de Défense Nationale a souligné l’importance de limiter « l’influence néfaste des puissances non africaines sur le continent ». Ibirogba a approuvé. « L’affirmation de Waldhauser selon laquelle les puissances non africaines ont une influence néfaste en Afrique est exacte et les États-Unis sont l’une d’entre elles », a-t-elle dit.

Au moment même où les efforts militaires américains en Afrique ont flambé, comme The Intercept l’a déjà signalé, les indicateurs clés de la sécurité et de la stabilité sur le continent se sont effondrés. « Selon le Centre africain d’études stratégiques du ministère de la Défense, globalement, l’activité des groupes islamistes actifs a doublé en Afrique depuis 2012 ». Il y a maintenant environ 24 « groupes islamistes militants actifs » qui opèrent sur le continent, contre seulement cinq en 2010 ; 13 pays africains font face à des attaques de ces groupes – une augmentation de 160 % pour cette même période et le nombre d’« événements violents » sur le continent a bondi de 960 %, passant de 288 en 2009 à 3 050 en 2018.

Source : The Intercept, Nick Turse, 13-08-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Je me marre // 23.10.2019 à 09h40

Entendu sur cnews: “aujourd’hui ce n’est pas l’amérique qui est impérialiste…”

Ah bon, ils ont fermé toutes leurs bases militaires à l’étranger?!?

Ah oui, celui qui a osé prononcer cette phrase est connu pour porter une chemise blanche sans cravate et comme agent de l’impérialisme en Yougoslavie, en Géorgie, en Libye, en Syrie, en Ukraine…

Et aujourd’hui il relaie le discours des généraux yankees. C’est manifestement un agent de l’étrange…

22 réactions et commentaires

  • Guadet // 23.10.2019 à 06h59

    Qui parlait de “fin de l’histoire” déjà ?
    Une alternative terrible nous attend :
    – soit une “gouvernance mondiale” effective, c’est à dire le pire totalitarisme jamais imaginé puisqu’il sera impossible d’y échapper et qu’on sera obligé de trouver bonnes toutes ses décisions.
    – soit une recrudescence des guerres locales par lesquels les puissances s’affronteront.

      +11

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    • Grd-mère Michelle // 26.10.2019 à 19h51

      Heu… on pourrait aussi imaginer une revigorisation de l’Union Africaine…
      Ce n’est pas parce que l’Union Européenne mal “dirigée” s’est soumise, à peu près sans restriction, à ses anciens “alliés” et aux lois du Grand Marché, que les pays africains ne peuvent pas tenter de faire mieux pour gérer et partager leurs ressources, et bouter hors du continent les pilleurs, anciens et nouveaux, qui les volent, les trompent et les martyrisent sans relâche. Pour cela, ils devraient cesser de compter sur les aides et investissements, bref sur “l’argent”, et puiser dans le formidable potentiel humain que représentent les nouvelles générations, ainsi que dans le gigantesque réservoir de connaissances désormais à disposition de qui que ce soit.

        +2

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  • Owen // 23.10.2019 à 07h53

    Le problème est que les Africains seront toujours susceptibles de développer des accords économiques et militaires avec d’autres pays que les États-Unis. Je comprends l’inquiétude des généraux américains.Je comprends moins leur absence de vision stratégique: en débarrassant tous les Africains, les terres du continent seront sous contrôle. Les États-Unis seront alors réellement en sécurité.

    Aux accusions clintoniennes et résonnantes contre Tulsi Gabbard d’être un agent idéal des russes, cette dernière a ôté les gants:
    «La reine des bellicistes, incarnation de la corruption et personnification de la pourriture qui rend le parti démocrate malade depuis si longtemps» . Le parti démocrate et les médias n’arrive toujours pas à corriger ses propos.
    Il y a une autre inquiétude que je voudrais transmettre aux généraux: personne à Washington n’a compris pourquoi les électeurs ont voté Trump. On sait encore moins ce qu’ils vont voter en 2020.
    En susurrant à leurs oreilles que la candidate est un vétéran de l’armée américaine qui s’est battue en Irak pour défendre la liberté et la démocratie.

      +13

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  • Je me marre // 23.10.2019 à 08h59

    La présence des Russes en Afrique, une affaire de sécurité “nationale” yankee?

    Impossible! Ne nous a-t-on pas seriné que la Russie était isoléeeeeeeeeeee et plus petite, plus faible et n’innovant pas?

    On nous aurait menti? Je ne peux le croire!

    A part ça, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais.

    Sécurité nationale yankee = soumission des autres pays aux intérêts des multinationales yankees. C’est la raison du nombre de bases militaires yankees: assurer la soumission au besoin par la force. Et au diable la démocratie comme en Russie et comme en Chine.

      +28

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    • Je me marre // 23.10.2019 à 10h17

      A propos de soumission aux intérêts des multinationales yankees, qui a donné Alstom à General Electric?

      Ne serait-ce pas celui qui a été porté au pouvoir par nos multinationales à nous?

        +35

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  • Patrick // 23.10.2019 à 09h19

    Horreur !! Malheur !!
    La Chine et la Russie tissent des liens économiques !!
    Bon oui , c’est toujours mieux que d’amener la démocratie à coup de B52 !!

    Les USA n’ont plus rien à offrir sur le plan économique , ils ont délocalisé et détruit leur industrie et ne savent plus qu’importer.

      +27

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  • weilan // 23.10.2019 à 09h39

    Je me demande vraiment si ces militaires américains comprendront un jour que les africains désirent peut-être autre chose que des bases militaires ! Distribuer des chewing gums autours d’une base ne suffirait donc plus ?
    Construire des routes, des ports, des lignes de chemin de fer, bref des infrastructures, serait peut-être plus utile.

      +17

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    • Grd-mère Michelle // 23.10.2019 à 12h13

      Des routes, des ports, des lignes de chemin de fer ont été construits au siecle dernier au Congo(actuelle RDA) par la Belgique: fer de lance de la colonisation(et du transport des marchandises soustraites aux congolais), à côté de son pendant “culturel” : l’évangélisation catholique.
      La néo-colonisation utilise les mêmes procédés éprouvés

        +3

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      • Seraphim // 24.10.2019 à 05h59

        Il y a infrastructure et infrastructure. Les routes construites par les impérialistes ont toujours été des lignes mines/port, les ports eux-mêmes et les villes portuaires. Par ex. au Gabon, Libreville est OK, mais la route jusqu’a France ville, une catastrophe. Au Congo Kinshasa, pas de chemins de fer interregionaux, mais une ancienne ligne reliant le Katanga aux ports angolais. C’est la technique Bolloré: juste des spots pour la logistique, pas de structures réellement “développantes”

          +5

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        • azuki // 24.10.2019 à 11h39

          Tout a fait, majoritairement des infrastructures destinées au pillage des matières premières des pays bien avant l’amélioration des conditions locales.

            +4

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  • Je me marre // 23.10.2019 à 09h40

    Entendu sur cnews: “aujourd’hui ce n’est pas l’amérique qui est impérialiste…”

    Ah bon, ils ont fermé toutes leurs bases militaires à l’étranger?!?

    Ah oui, celui qui a osé prononcer cette phrase est connu pour porter une chemise blanche sans cravate et comme agent de l’impérialisme en Yougoslavie, en Géorgie, en Libye, en Syrie, en Ukraine…

    Et aujourd’hui il relaie le discours des généraux yankees. C’est manifestement un agent de l’étrange…

      +55

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  • Duracuir // 23.10.2019 à 09h43

    les généraux US s’inquiètent.
    C’est bien le probléme des Yankees, ils s’inquiètent de tout et tout le temps. Doubler cette craintivité permanente avec une mauvaise conscience due au conflit entre une avidité digne de l’adoration du Veau d’Or et une bigoterie quasi superstitieuse et souvent blasphématoire, et vous avez le fonds de l’Empire US.
    Ils s’inquiétaient des Français? Ils les ont fait virer d’Amérique. Ils s’inquiétaient des Indiens? exterminés. Ils s’inquiétaient des Espagnols? Ils les ont viré. Ils s’inquiétaient de l’anti-protectionisme des états du Sud? Ils ont envahi le sud et exterminer son mode de vie bien au delà du simple esclavage. Ils s’inquiétaient des noirs libérés? ils ont créé le KKK. Ils craignaient les voyous, les bandits, les squatters, les voisins? Ils se sont individuellement armés plus que tout autre nation au monde.

      +28

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    • azuki // 24.10.2019 à 11h33

      Ne pas oublier la fameuse «lutte contre la drogue» qui a été bien avant la «lutte contre le terrorisme» un système paranoïaque d’incendie qu’ils essayent d’éteindre tout en l’ayant allumé et en versant continuellement du pétrole dessus ;
      qui est comme le terrorisme une brillante invention britanico-états-unienne avec la complicité des pays Européens ;
      inventé à l’origine pour détruire l’Empire chinois comme Al Quaida a été inventé pour détruire l’URSS ;
      qui leur a servit abondament pour discriminer leurs «minorités» chinoises, cubaines, noires…. à une époque ou c’était politiquement incorrect de développer au grand jour des discours racistes ;
      qui leur a abondament servi et leur sert encore à financer les «opérations spéciales» de la CIA, a corrompre et déstabiliser les pays en vu de leur contrôle et de l’organisation des «government change» ;
      accessoirement qui sert aussi a refinancer les banques après les «cracks» et a blanchir dans un même tuyeau bancaire totalement opaque et sans aucun contrôle étatique «l’optimisation fiscale», la corruption et la criminalité….

        +8

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  • Kokoba // 23.10.2019 à 09h57

    Et maintenant les américains pleurnichent qu’ils perdent de l’influence ?
    Je me demande pour quelle raison…

    Si on s’en tient à l’exemple de la Syrie, ce sont les Occidentaux qui ont déclenché le merdier. La Russie n’est intervenu qu’après, en réaction. Quand on s’amuse à démarrer quelque chose, il faut assumer les conséquences.

    Et les Occidentaux ont fait tellement n’importe quoi ces dernières années, qui pourrait leur faire confiance ?
    – Trump qui déchire chaque traité international
    – Trahison de l’accord avec la Russie pour une simple zone d’exclusion aérienne en Libye qui s’est transformé en assassinat de Kadhafi
    – La France qui annule l’accord sur la vente des Mistrals avec la Russie
    – Les sanctions tout azimut des US
    – L’accaparement de systèmes internationaux (SWIFT) à des fins politiques
    – Des interventions militaires dans tous les sens sans logique aucune
    – Les US qui font la guerre commerciale avec tout le monde (y compris les soit-disant pays alliés)
    – aucun respect des règles internationales ou de l’ONU
    – mensonges et propagande éhonté par les médias occidentaux

    qui pourrait encore faire confiance aux occidentaux ?

    A comparer avec la Russie qui n’abandonne pas ses alliés, qui respecte scrupuleusement le droit international et qui n’agit pas dans l’hystérie.

      +39

    Alerter
  • koui // 23.10.2019 à 10h01

    Les américains sont comme les romains de l’Antiquité. Ils voient des menaces partout autour d’eux et se sentent obligés de rétablir leur sécurité par des interventions militaires de plus en plus lointaines. Maintenant, ils se penchent sur l’Afrique qu’ils ignoraient avec mépris au 20 ème siècle. Il va y avoir de la navigation en Méditerranée.

      +8

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  • Grd-mère Michelle // 23.10.2019 à 12h51

    “…l’Afrique qu’ils ignoraient avec mépris au 20ème siècle.” (?!!!)
    Il faut savoir que “les américains”(heu… ne serait-ce pas plutôt “les états-uniens”?) ont placé leurs billes en Afrique dès les années 1950-60 (tout comme l’URSS, d’ailleurs) et la proclamation des nouvelles Nations “indépendantes”. Et qu’ils ont envoyé, depuis 40ans, des centaines de milliers de “nouveaux évangélistes”, d’obédience protestante, qui se sont substitués aux catholiques, jusque dans les communautés de la diaspora africaine en Europe.
    (Ne pas négliger les guerres d’influence des religions persistantes, outil précieux de la néo-colonisation).

    Il serait intéressant de connaître les fluctuations des sommes (investissements et bénéfices) et les initiatives prises par eux en Afrique depuis des décennies pour les comparer à celles présentées ci-dessus.

      +11

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  • HerrHesser // 23.10.2019 à 13h26

    Excellente conférence sur le sujet de Clément Nguyen :

    https://m.youtube.com/watch?v=EsOwDjwhd-g

      +1

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  • Larousse // 23.10.2019 à 13h29

    Beaucoup de commentaires fort justes .
    “Breaking News” …: le Zumbubuland a vu cette année son PIB dépassait le PIB des Etats-Unis par habitant, grâce à ses nombreux brevets techno-scientifiques dont la maîtrise de l’énergie “crypto-cinétique”…
    Le dernier rapport de la NSA s’inquiète de la puissance grandissante du Zumbubuland, et selon quelques conseillers, les Etats-Unis et ses alliés doivent envisager une “contre-offensive” dans un délai proche, avant qu’il ne soit trop tard…
    Les Américains au pouvoir sont de grands malades mais ici on en a autant qui les admirent…

      +4

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  • catherine // 23.10.2019 à 15h18

    Les Russes ne s’en cachent pas expliquent :

    “Poutine assure que la Russie va élargir sa présence en Afrique” .

    https://fr.sputniknews.com/international/201910231042310050-poutine-assure-que-la-russie-va-elargir-sa-presence-en-afrique/

    Et en plus on les appelle à l’aide :

    https://fr.sputniknews.com/afrique/201910231042311384-quand-des-manifestants-appelant-la-russie-a-laide-defilent-au-mali—video/

    Après maintes expériences, beaucoup de pays reconnaissent en la Russie un pays fiable, avec des valeurs et des paroles respectées.
    On récolte ce que l’on sème.

      +7

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    • azuki // 24.10.2019 à 11h18

      Il ne faut pas oublier les Turcs. J’avais cru comprendre qu’ils ont pas mal développés leur «partenariats» économiques par la bas, mais comme c’est sous des formes peu agressives, personne n’en parle. Me trompe-je ?

        +0

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  • fox23 // 23.10.2019 à 15h38

    Les “élites” étasuniennes sont arrivées à un stade de décomposition intellectuelle qui laisse pantois. Trouver comme raison majeure du développement de la présence russe la volonté de profiter des ressources minières ! Les pauvres, c’est vrai que chez eux ils n’ont rien !
    Ça me rappelle un de nos bons proverbes, on juge toujours les autres en fonction de soi…

    Cela dit, des textes un peu moins défraîchis (13/08)seraient les bienvenus…

      +7

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  • Roger // 25.10.2019 à 15h10

    Apparemment, le simple fait qu’il y ai d’autres pays sur terre constitue de facto une menace pour la sécurité des USA. C’est clair qu’ils ne risquent pas de sortir de l’auberge.

      +4

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