Source : Paul R. Pillar, Consortium News, 07-06-2017

L’ancien analyste de la CIA Paul R. Pillar explique qu’une attaque terroriste revendiquée par l’EI et ayant fait une douzaine de victimes en Iran montre à quel point le gouvernement américain est malhonnête en associant l’Iran à des groupes terroristes qu’il a combattus avec acharnement.

Les attaques mortelles de ces jours-ci à Téhéran génèrent une grande dissonance cognitive chez les Américains nourris par une rhétorique qui associe constamment l’Iran aux commanditaires, et non aux victimes du terrorisme ; l’Iran y est systématiquement qualifié de « principal État promoteur du terrorisme » ; et la rhétorique officielle, celle du discours de Trump à Ryad, mélange l’Iran à la variété de terrorisme islamiste sunnite que pratique Daech, dans un méli-mélo de Mal indifférencié.

Le chef suprême de l’Iran Ali Khamenei, assis sous un portrait de son prédécesseur, l’ayatollah Ruhollah Khomeini.

Mais aussi déconcertante qu’ait pu être cette nouvelle, elle est vraie. Une opération manifestement bien planifiée a frappé, au cœur de l’Iran, son parlement et le monument du fondateur de la République islamique. Au moins une douzaine de personnes ont été tuées et des douzaines d’autres blessées. La crédibilité de la revendication par l’EI est renforcée par le fait que le groupe a publié un enregistrement vidéo de l’attaque.

Pour quiconque regarde la réalité au-delà de la rhétorique, cette attaque n’a rien de surprenant. L’Iran est l’un des ennemis les plus acharnés et les plus actifs de l’EI. La raison principale pour laquelle une attaque comme celle-ci n’est pas arrivée plus tôt est probablement la difficulté de l’EI à trouver des recrues iraniennes.

L’Iran a été un leader dans le combat contre l’EI, principalement en Irak et dans une moindre mesure en Syrie, en partie avec son propre personnel mais principalement par l’appui matériel donné à ses clients et alliés. De nombreux Irakiens font à juste titre crédit à l’Iran d’avoir sauvé Bagdad de l’EI, lorsque le groupe faisait ses conquêtes territoriales spectaculaires au nord et à l’ouest de l’Irak en 2014.

Si les États-Unis pouvaient surmonter leur refus actuel de faire affaire avec l’Iran, ils trouveraient un partenaire intéressant dans de nombreux aspects du contre-terrorisme, particulièrement en ce qui concerne la lutte contre l’EI.

Du côté iranien, il y a depuis longtemps de la bonne volonté, et la reconnaissance nécessaire d’intérêts communs.

En septembre 2001, juste après les attaques du 11 septembre sur New York et Washington, le chef suprême Ali Khamenei et le président d’alors Mohamed Khatami condamnèrent fermement les attaques. La compassion à l’égard des victimes américaines s’exprima par des veillées aux chandelles et par lune minute de silence observée par des dizaines de milliers de personnes pendant un événement sportif.

Deux semaines après l’attaque, Khatami déclara : « L’Iran comprend tout à fait les sentiments des Américains au sujet des attaques à New York et Washington ». Khatami remarqua à juste titre que l’administration américaine avait été au mieux indifférente au sujet des attaques terroristes contre l’Iran depuis la révolution de 1979, mais que les Iraniens n’avaient pas les mêmes sentiments et exprimaient leurs condoléances en conséquence.

Condoléances ou sanctions ?

Nous attendons d’entendre de la part de l’administration de Trump, la forme d’expression de sympathie et de solidarité qui est habituellement adressée aux nations étrangères victimes d’attaques terroristes importantes. Nous risquons d’avoir à attendre longtemps.

Le Président iranien, Hassan Rouhani, célèbre la réalisation d’un accord transitoire sur le programme nucléaire iranien le 24 novembre 2013, en embrassant la tête de la fille d’un ingénieur nucléaire assassiné. (Photo du gouvernement iranien).

Les Iraniens n’attendent certainement plus. Ils ont connu, dans le contexte de la menace terroriste commune, une longue histoire de postures américaines envers eux, allant, de l’indifférence au mieux au claquement de porte.au pire. Dans les quelques mois qui ont suivi le 11 septembre, les fonctionnaires iraniens ont coopéré de façon efficace avec les fonctionnaires américains pour faire naître en Afghanistan un nouveau régime remplaçant les Talibans.

Les Iraniens pensaient que cela pouvait être le début d’une nouvelle coopération contre une menace commune. Mais les États-Unis leur claquèrent alors la porte au nez, quand George W. Bush parla de l’existence d’un « axe du mal » dans lequel l’Iran se trouva associé à la Corée du Nord et à l’Irak de Saddam Hussein.

Dans les quatre dernières décennies, le principal auteur d’actes de terrorisme en Iran a été le Mujahedin-e Khalq (MEK), le groupe terroriste islamo-marxiste qui avant la révolution avait revendiqué des Américains parmi ses victimes. En grande partie grâce à l’activité du MEK, l’Iran a acquis par nécessité une grande expérience en contre-terrorisme. Khamenei perdit l’usage de son bras droit quand il fut blessé par une bombe du MEK lors d’une tentative d’assassinat en 1981.

La gestion américaine du MEK ces dernières années a vu le gouvernement américain succomber à une campagne de lobbying bien financée pour le compte du groupe ; cette campagne trouva un appui important au Congrès américain, et le groupe fut finalement retiré de la liste américaine des organisations terroristes étrangères. Si Khamenei, estropié, montre par réflexe quelques sentiments anti-américains, ne pensez-vous pas que cette histoire a quelque chose à y voir ?

En ce moment précis, le jour même des attaques terroristes à Téhéran, le Sénat des États-Unis doit effectuer son premier vote sur une loi qui imposerait encore plus de sanctions à l’Iran. Il semble que la réponse la plus immédiate des Américains aux attaques consistera en sanctions, et non en marques de sympathie pour la victime.

Dans les mois à venir, en réponse aux attaques, l’Iran mènera peut-être des actions à l’extérieur de ses frontières. Les États-Unis, depuis le 11 septembre, revendiquent le droit d’être impitoyablement agressifs au nom de leur riposte au terrorisme, se déchaînant avec force sans trop tenir compte des dommages collatéraux ou des lois internationales (sans parler de leurs propres exigences constitutionnelles).

L’Iran peut ressentir le besoin d’être plus agressif dans des régions comme l’Irak ou la Syrie, par souci de riposte contre l’EI. Les États-Unis lui accorderont-ils la même indulgence qu’il se sont accordée à eux-mêmes ? Ou bien, comme l’habitude a été prise, de s’opposer à tout ce que fait l’Iran et de ne pas prendre précisément en compte ses intérêts supérieurs ou menacés, est-ce qu’ils dénonceront les réactions iraniennes comme des comportements « néfastes, mauvais et déstabilisants » ?

Paul R. Pillar, durant ses 28 années au sein de la CIA, est devenu l’un des meilleurs analystes de l’agence.

Source : Paul R. Pillar, Consortium News, 07-06-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

26 réponses à L’attaque de l’EI révèle la propagande anti-Iran, par Paul R. Pillar

Commentaires recommandés

Caliban Le 09 juillet 2017 à 03h50

Un pays souverain est un pays qui dérange le gouvernement des Etats-Unis : Russie, Chine, Vénézuela, Iran, Cuba, Corée du Nord, …

Ce n’est évidemment pas la nature du régime politique qui importe, cette fable des Etats-Unis promoteur de la démocratie dans le monde il n’y a même plus une majorité d’Américains pour y croire.

Cette hostilité n’est pas non plus motivée par la lutte contre le terrorisme, auquel cas l’Arabie Saoudite eut été rasée sous un tapis de bombes et la CIA démantelée.

Cette donne géopolitique ne s’explique que par les velléités impérialistes du gouvernement américain, qui rêve d’un monde unipolaire. C’est-à-dire d’un monde où les nations sont des coquilles vides et les relations internationales des liens de subordinations politiques et économiques.

Reste l’obstacle du Droit international. Le terrorisme est objectivement le meilleur atout des Etats-Unis (comme il l’est depuis des décennies pour Israël) pour mettre à bas le Droit, car il justifie en tous lieux et toutes circonstance la loi du plus fort.

  1. Caliban Le 09 juillet 2017 à 03h50
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    Un pays souverain est un pays qui dérange le gouvernement des Etats-Unis : Russie, Chine, Vénézuela, Iran, Cuba, Corée du Nord, …

    Ce n’est évidemment pas la nature du régime politique qui importe, cette fable des Etats-Unis promoteur de la démocratie dans le monde il n’y a même plus une majorité d’Américains pour y croire.

    Cette hostilité n’est pas non plus motivée par la lutte contre le terrorisme, auquel cas l’Arabie Saoudite eut été rasée sous un tapis de bombes et la CIA démantelée.

    Cette donne géopolitique ne s’explique que par les velléités impérialistes du gouvernement américain, qui rêve d’un monde unipolaire. C’est-à-dire d’un monde où les nations sont des coquilles vides et les relations internationales des liens de subordinations politiques et économiques.

    Reste l’obstacle du Droit international. Le terrorisme est objectivement le meilleur atout des Etats-Unis (comme il l’est depuis des décennies pour Israël) pour mettre à bas le Droit, car il justifie en tous lieux et toutes circonstance la loi du plus fort.


  2. Fritz Le 09 juillet 2017 à 04h18
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    La République islamique d’Iran a dénoncé très tôt le régime des Taliban en Afghanistan, bien avant les attentats du 11 septembre 2001. Elle-même avait subi des attentats spectaculaires en 1981, comme le rappelle Paul Pillar. Puis elle a subi en 2009-2010 les attentats du groupe djihadiste sunnite Jundullah ou Jundallah, qui aurait été soutenu par les États-Unis.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Joundallah_(Iran)

    Certes, l’Iran avait retenu en otage le personnel de l’ambassade américaine à Téhéran, pendant 443 jours (1979-1981). Cette action de militants anti-impérialistes, étudiants “dans la ligne de l’imam”, était évidemment contraire au droit international, mais à l’époque on ne la qualifiait pas de TERRORISTE ; les ennemis de l’Iran parlaient plutôt d’État-pirate.

    Puis est venue cette régression intellectuelle, la rhétorique occidentale anti-terroriste. En 2006, France-Soir faisait de l’Iran “le principal sanctuaire d’al-Qaida” au Moyen-Orient. Le discours de Trump à Riyad est du même niveau.


    • Jean-Paul B. Le 11 juillet 2017 à 14h04
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      Souvenons-nous des conditions de l’arrivée de Khomeiny au pouvoir en 1979:
      le Shah,homme des américain était très malade et très contesté par le peuple, le PC iranien avait des chances d’accéder au pouvoir, devant ce risque les USA ont tout misé sur Khomeiny sans savoir exactement vers quoi ils s’engageaient (comme pour Ben Laden en somme!).
      L’Histoire est ironique et cruelle.


  3. RGT Le 09 juillet 2017 à 08h24
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    Depuis 1979, l’Iran, pays qui possède une grande culture et une civilisation ancestrale, est devenu la cible favorite des occidentaux.

    Au même titre d’ailleurs que la Libye, simplement parce les révolutions de ces pays avaient “volé” les ressources pétrolifères aux “gentilles compagnies occidentales” en nationalisant les ressources naturelles afin d’éviter la fuite des profits à l’étranger sans que la population puisse en profiter.

    En 1953, l’Iran avait déjà fait une première avancée (Mossadegh, véritable socialiste) mais “l’ordre” fut rapidement rétabli avec le retour du chah qui s’empressa de re-privatiser tout ça.

    Bref, après 26 ans de “pacification” grâce à la célèbre SAVAK (“parainée par la CIA) ce fut de nouveau le bordel car ce peuple fier et courageux ne pouvait plus supporter les spoliations.

    Les seuls “attentats” commis par l’Iran depuis cette date ne concernent que des aparatchiks du régime du chah ou des réponses à des pays qui s’étaient montrés “indélicats”…


    • RGT Le 09 juillet 2017 à 08h36
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      Second point : En Iran, les femmes ont réellement des droits qui font rêver les femmes des pays voisins.
      Elles ont le droit de vivre leur vie comme elles l’entendent, la seul “contrainte” étant une tenue “décente”.
      Elles ont le droit de conduire, elles peuvent hériter, elles font des études, peuvent travailler (et se retrouvent souvent en haut de la hiérarchie), etc. etc.

      Elles peuvent même se déplacer dans le pays et à l’étranger SANS être surveillées par un chien de garde.

      Elles peuvent AUSSI demander le divorce, et obtiennent des compensations incroyables pour un pays “barbare”.

      Renseignez-vous.

      Quand BHL nous alerte sur une femme condamnée à la lapidation (après avoir assassiné son mari, ne l’oublions pas) il oublie juste que cette condamnation est purement symbolique, un moratoire ayant été décrété il y a bien longtemps sur cette pratique que les iraniens jugent cruelle et barbare (la lapidation est une directive du Coran qui n’est appliquée que par les sunnites salafistes).


      • DocteurGroDois Le 09 juillet 2017 à 11h27
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        Si on se renseigne, on voit qu’en Iran une femme vaut légalement la moitié d’un homme.

        Donc son témoignage en justice vaut la moitié de celui d’un homme, à moins d’être accompagnée de deux hommes. Et elle peut être condamnée a mort dès l’age de 9 ans (15 pour les garçons).

        Elle peut conduire, mais seulement avec des femmes. Elle peut étudier, mais les universités interdisent certains sujets aux femmes, comme la biologie(?!). Etc, etc. Le tout sous la surveillance de la police religieuse.

        La jeune fille de 16 ans dont vous parlez, qui a tué son mari et cousin de 30 ans n’a pas été lapidée, elle a été pendue en prison sept ans plus tard.

        C’est beau le progrès.


        • Lysbeth Levy Le 09 juillet 2017 à 12h09
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          Je doute que les femmes en Iran soient interdites d’étudier la biologie et qu’on le sache l’affaire Sakineh était une fumisterie de plus à l’encontre de l’IRAN par le “rossignol des charniers” Bernard henri Levy : https://www.legrandsoir.info/A-PROPOS-DE-SAKINEH-ET-DE-TERESA-L-imposture-scandaleuse-de-BHL.html Sakineh n’a pas été pendu ni lapidée d’ailleurs. Le pire pour notre “filousofe” national a été humilié par le comique dieudonné qui lui s”est déplacé en personne pour demande la grâce de Mme Sakineh. Et c’est là que tout a été découvert. Est-ce la raison de l’acharnement étatique contre lui ? Une longue histoire rmais trop de propagande anti-iranienne autant de “fake-news” et “nos-news” qui ne servent qu’a motiver le MEK ou l’OMPI groupe terroriste, qui pense renverser les mollah et le “remplacer” par “eux mêmes” bien sur. Ils sont invité a Paris souvent : http://www.ncr-iran.org/fr/communiques-cnri/presidente-elue/15909-maryam-radjavi-dans-un-colloque-au-senat-a-paris-le-regime-iranien-n-est-pas-un-allie-de-l-occident Un “régime change” en vue depuis des années mais qui a foiré a plusieurs reprises.


        • WASTERLAIN Le 09 juillet 2017 à 12h21
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          Oui, et alors ? Cela justifie-t-il le non respect du droit international des USA ? Le sujet n’est pas de savoir s’il y a ou non des pratiques barbares en Iran, mais de savoir si oui ou non l’Iran soutient le terrorisme. Ce n’est manifestement pas le cas. Par ailleurs, ces pratiques que vous dénoncez existent également dans de nombreux pays dont les USA soutiennent les monarchies non parlementaires !


        • Fritz Le 09 juillet 2017 à 12h43
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          Lors de son procès, Sakineh Mohammadi Ashtiani n’avait pas 16 ans, mais 39 ans : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sakineh_Mohammadi_Ashtiani
          Mais parler d’elle (en ne citant que son prénom) comme d’une jeune fille martyrisée par les affreux mollahs barbus, c’était plus sexy.


          • WASTERLAIN Le 09 juillet 2017 à 12h57
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            En outre, elle n’a pas été pendue, mais graciée en mars 2014.
            Mais encore une fois, ce n’est pas le sujet…


        • Nadji Khaoua Le 10 juillet 2017 à 02h58
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          Je vous le concède. Mais le sujet est le terrorisme islamique. Ses parrains et financiers sont connus depuis les atentats du 11/09.
          Je vous pose une seule question. Pourquoi les USA, la G.B. et la France les protègent et accusent l’Iran systematiquement sans la moindre preuve ?
          N’est ce pas la matière à s’interroger si on cherche à être objectif ? Pr Nadji Khaoua.


  4. Toubib53 Le 09 juillet 2017 à 09h47
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    Sur le comportement des génies pacifiques U.S.:
    pendant des années c’était aux USA de prouver que Iran fabriquait la bombe atomique
    Mais, comme ils n’y parvenaient pas, renversement de la preuve:
    c’était à l’Iran de prouver qu’il ne la faisait pas …

    Alors les preuves et affirmations U.S. …….. c’est à prendre avec énormément de recul


    • Chris Le 09 juillet 2017 à 13h17
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      La crise à propos d’un Iran nucléarisé a été fabriquée de toutes pièces à partir des mensonges des services de renseignement israéliens et étasuniens qui savaient dès 2003 que l’Iran avait renoncé au nucléaire militaire.
      http://www.alterinfo.net/Menace-nucleaire-imminente-de-l-Iran-Une-chronologie-des-avertissements-depuis-1979_a81909.html
      La cible des opérations étasuniennes et israéliennes n’a jamais été un Iran nucléaire, mais la République islamique iranienne qui s’entête à mener une politique intérieure et étrangère indépendante.


  5. Fritz Le 09 juillet 2017 à 09h53
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    2001 : les États-Unis sont frappés par des attentats djihadistes. L’Iran exprime ses condoléances et apporte son aide aux Américains en Afghanistan.

    2009-2010, 2017 : l’Iran est frappé par des attentats djihadistes. Les États-Unis n’expriment aucune condoléance et leur Sénat renforce les sanctions contre l’Iran.

    Question à deux balles : entre les deux pays, quel est l’État-voyou ?


  6. Michel Ickx Le 09 juillet 2017 à 09h57
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    Les bien pensants occidentaux et plus particulièrement les étasuniens ont tort d’attirer l’attention sur l’Iran au moment où ils accusent la Syrie de perpétrer des attaques au gaz Sarin.

    En effet les mêmes arguments mensongers ont été utilisés contre l’Iran, et démontrés faux par les instances internationales, au cours de la Guerre Irak Iran.

    On lira avec intérêt Wikipedia qui ne peut être taxé d’antiaméricanisme.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_Iran-Irak

    Les articles « Armes chimiques » et « Implication occidentale dans le conflit » montrent combien, ô curieuse coincidence, les mêmes mensonges d’alors concernant l’Iran sont repris aujourd’hui contre la Syrie.

    Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose


  7. Nerouiev Le 09 juillet 2017 à 10h37
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    Ce n’est pas directement le sujet évoqué ici, mais je crois que encore et encore ça sent le pétrole. Le Shah d’Iran avait été évincé par les USA lorsque il avait traité avec l’Italie en échange de 75% des bénéfices. Son sort (alors qu’il était porté aux nues jusque là) aurait été réglé lors de la conférence de Guadeloupe (1979) par l’équipe Carter, VGE, Callaghan et Schmidt :
    http://www.lepoint.fr/monde/les-derniers-secrets-du-shah-d-iran-12-12-2015-1989410_24.php


  8. reneegate Le 09 juillet 2017 à 10h38
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    Les cubains ont ressenti la même morgue et n’ont pas manqué d’exprimer leur compassion. L’éthique disait Fidel est une arme redoutable et nécessaire. (Fidel Castro “Ignacio Ramonet”)


  9. Duracuir Le 09 juillet 2017 à 10h50
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    Chacun sait aujourd’hui que les deux pires états voyou de la planète sont les USA et Israël.
    Le premier est derrière chaque flot de sang sur la planète depuis 37ans.
    Le second est la seule vrai raison de la transformation de tout le moyen-orient et du nord de l’Afrique en enfer sur terre.


  10. LS Le 09 juillet 2017 à 11h11
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    Ouais : les US instrumentalise l’EI, oui. Il se focalise sur l’Iran, OK. Nos médias mentent, oui.
    En gros, rien de nouveau.

    PS : Que signifie “islamo-marxiste” ? c’est comme si on disait christo-marxiste, je manque d’imagination mais je n’arrive pas à faire coller ça. J’ai bien conscience que le mot est fait pour mettre en avant l’incohérence de ces activistes mais quand même.


    • DocteurGroDois Le 09 juillet 2017 à 11h54
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      @LS

      L’idéologie des Moudjahidin du Peuple (MEK) est du type islamiste progressiste, avec des éléments empruntés aux mouvements de guérilla de l’époque (Cuba, Tupamaros, etc).

      Aujourd’hui ils essaient de se débarrasser du label marxiste qui déplaît aux Américains.


  11. Chris Le 09 juillet 2017 à 12h27
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    Bizarre tout de même que l’EI attaque l’Iran, la Syrie, la Russie, mais pas l’Arabie Saoudite, ni Israël !


  12. Lysbeth Levy Le 09 juillet 2017 à 12h35
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    Pour ceux qui croient que le MEK serait d’inspiration “marxiste” il y a belle lurette que cette “marotte” a été viré du groupe par les atlantistes et pro-israeliens. Mariam Marjavi est une véritable “gourou” de cette secte politique financés par de nombreuses pétromonarchies, Usa et autres bailleurs de fonds proche du milieu pétrolier.https://classe-internationale.com/2016/07/04/lorganisation-des-moudjahidines-du-peuple-iranien-lobby-ou-secte/ Il y a un lobby pro-Mek administré par les israeliens, exilés iraniens_américains, néocons qui oeuvrent à préparer la guerre contre ce pays très riche en ressources essentielles : https://www.niacouncil.org/about-niac/ Encore une guerre qui plane au-dessus de nos têtes et encore un groupe terroriste que la France soutient sans honte.


  13. christian gedeon Le 10 juillet 2017 à 10h04
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    Ah,l’Iran objet de tous les fantasmes…si on ne comprend pas que dans l’histoire récente l’Iran a été l’objet de deux attentats Mossadegh…et le Shah,on ne comprend rien à ce qui se passe là bas.Mossadegh a été ousté par les anglo-américains parce qu’il avait des velléités de vraie indépendance…le Shah,eh oui,et même si çà déplaît a été ousté pour exactement les mêmes raisons…avec un résultat inattendu,dans ce cas précis. la situation de la femme en Iran est certainement meilleure que ses voisins arabo musulmans.Mais bon,faut pas s’enflammer quand même. le problème des “occidentaux “est qu’ils sont affrontés à la quadrature du cercle avec l’Iran. Et n’ont pas la clé. je rappelle quand même à la raison ceux qui mettent l’Iran dans le même sac que la Corée du Nord et la Chine…c’est tellement stupide,pour des raisons différentes.


  14. Lysbeth Levy Le 10 juillet 2017 à 12h23
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    Le plan Ajax pour punir Mossadegh d’avoir avoir “nationalisé le pétrole” iranien entre autres choses : https://www.cia.gov/library/center-for-the-study-of-intelligence/csi-publications/csi-studies/studies/vol.-56-no.-2/pdfs/McMurdo-The%20Economics%20of%20Overthrow.pdf
    Le choix du remplacement du Shah d’Iran date de sa collaboration avec l’OPEP et le prix du pétrole mais aussi l’envie des Usa dont Zbigniew Brzezinski le grand-père des djihadistes, de Ben Laden et Al Qaida, qui voulait une “ceinture verte” entourant les “ennemis”” russes ou même chinois : http://www.iran-resist.org/article1973 Pour cet homme rien n’est stupide il n’a jamais voulu reconnaître ces grosses bêtises en créant le monstre qui ronge le MO et l’espace ex-soviétique. Au contraire dans le Caucase ou sa cause vie encore les “freedom-fighter” sont encore nombreux.


  15. Yanick Toutain Le 12 juillet 2017 à 23h25
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    L’auteur écrit
    ++++
    Dans les quatre dernières décennies, le principal auteur d’actes de terrorisme en Iran a été le Mujahedin-e Khalq (MEK), le groupe terroriste islamo-marxiste qui avant la révolution avait revendiqué des Américains parmi ses victimes. En grande partie grâce à l’activité du MEK, l’Iran a acquis par nécessité une grande expérience en contre-terrorisme. Khamenei perdit l’usage de son bras droit quand il fut blessé par une bombe du MEK lors d’une tentative d’assassinat en 1981.
    °°°°
    ….. en reprenant le vocabulaire EXACT de la SAVAK, le service secret pro USA du Shah


  16. Yanick Toutain Le 12 juillet 2017 à 23h26
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    t le vocabulaire EXACT de la SAVAK, le service secret pro USA du Shah
    Il suffisait de lire Wikipédia
    ++++
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_des_moudjahiddines_du_peuple_iranien#cite_note-6
    L’OMPI a été fondée en 1965 par un groupe de jeunes intellectuels iraniens se réclamant d’un islam libéral, teinté d’idéologie de gauche. L’organisation fut qualifiée d’organisation « islamo-marxiste » par la Savak (police politique du shah). Selon l’intellectuel Afchine Matine-Asgari (2004), il s’agissait toutefois là d’« une étiquette polémique ingénieuse » pour stigmatiser les opposants au shah 3. Le CNRI lui-même affirme que Massoud Radjavi rejetait le matérialisme historique dès 1979, tandis qu’il s’était opposé dès les années 1970 à l’ayatollah Khomeini 4. En août 1981, l’ex-sous-secrétaire d’État américain George Ball (en) écrivait :

    « Cette habitude de la presse de condamner les Moudjahidine en tant que « gauchistes » a aggravé sérieusement le problème. Massoud Radjavi est le chef de file du mouvement. Son intention est de remplacer l’actuel régime islamique rétrograde par un islam chiite moderne tirant ses principes égalitaires des sources coraniques, et non de Marx5. »


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