Source: Consortiumnews.com, le 07/04/2017 Par Robert Parry

Le président Trump a reçu les applaudissements des néoconservateurs pour sa décision hâtive d’attaquer la Syrie, et pour avoir tué une douzaine de syriens environ, mais son acte irréfléchi présente tous les signes d’un moment « Des hommes d’influence », écrit Robert Parry.

Deux jours seulement après que la nouvelle a éclaté d’une attaque présumée au gaz toxique dans le nord de la Syrie, le président Trump a balayé les conseils de certains analystes du renseignement des États-Unis doutant de la culpabilité du régime syrien, et a lancé en représailles une frappe de missiles meurtrière contre un terrain d’aviation syrien.

Le destroyer lance-missile USS Porter conduit des offensives depuis la mer Méditerranée, le 7 avril 2017.

Trump a immédiatement reçu les applaudissements de Washington, en particulier des néoconservateurs, qui essaient d’arracher le contrôle de sa politique étrangère à ses conseillers personnels tournés vers la nation, depuis les jours qui ont suivi sa victoire surprise le 8 novembre.

Il y a aussi un conflit interne concernant le renseignement. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le secrétaire d’État Rex Tillerson a dit que la communauté du renseignement des États-Unis avait évalué avec un « haut degré de confiance » que le gouvernement syrien avait largué une bombe à gaz toxique sur des civils dans la province d’Idleb.

Mais de nombreuses sources du renseignement ont fait des analyses contradictoires, déclarant que la majorité des preuves suggérait l’implication des rebelles affiliés à al-Qaïda, soit qu’ils aient orchestré la fuite intentionnelle d’un agent chimique par provocation, soit qu’ils possédaient des cuves de gaz toxique qui se sont rompues lors d’un raid de bombardement conventionnel.

Une source d’un service de renseignement m’a dit que le scénario le plus probable était un coup monté par les rebelles destiné à forcer Trump à renverser une politique annoncée seulement quelques jours auparavant, c’est-à-dire que le gouvernement des États-Unis ne viserait plus un « changement de régime » en Syrie et se focaliserait sur l’attaque de l’ennemi commun, les groupes terroristes islamiques qui représentent le noyau des forces rebelles.

Mon interlocuteur m’a dit que l’équipe de sécurité nationale de Trump était divisée entre les conseillers personnels proches du président, comme l’énergumène nationaliste Steve Bannon et son propre gendre Jared Kushner d’un côté, et les néocons de l’ancienne ligne qui se sont regroupés derrière le conseiller en sécurité nationale H.R. McMaster, un général de l’armée, protégé du favori des néocons le général David Petraeus.

Lutte interne à la Maison-Blanche

Dans ce récit, l’éviction préalable du général Michael Flynn du poste de conseiller en sécurité nationale et le renvoi cette semaine de Bannon du Conseil de sécurité Nationale étaient des étapes clés dans la réaffirmation de l’influence des néocons dans la présidence de Trump. Les personnalités étranges et l’extrémisme idéologique de Flynn et de Bannon ont rendu leur éviction plus simple, mais ils représentaient des obstacles que les néocons voulaient lever.

Bien que Bannon et Kushner soient souvent présentés comme des rivaux, selon ma source, ils partageaient la conviction que Trump devrait dire la vérité sur la Syrie, en révélant l’analyse de la CIA sous l’administration Obama que l’attaque mortelle au gaz sarin de 2013 était une opération sous « faux drapeau » destinée à embobiner le président Obama pour qu’il rejoigne pleinement la guerre en Syrie du côté des rebelles, et ils partageait les convictions des analystes du renseignement à propos de l’événement de mardi, qui sont identiques.

Au contraire, Trump a accepté l’idée de se précipiter sur un jugement hâtif rendant Assad responsable de l’épisode du gaz toxique d’Idleb. Mon interlocuteur a ajouté que Trump a vu l’attaque aux missiles de la nuit de jeudi comme une façon pour que Washington parle d’autre chose, à un moment où son administration subit de vives attaques de la part des Démocrates prétendant que son élection résulte d’une opération clandestine russe.

Si changer le récit était le but de Trump, il a plutôt atteint un début de succès avec plusieurs des plus vifs critiques néocons, comme le sénateur néocons John McCain et Lindsey Graham, qui saluent la frappe de missiles, tout comme le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Les néocons et Israël cherchent depuis longtemps un « changement de régime » à Damas même si une éviction d’Assad pourrait conduire à une victoire des extrémistes islamiques associés à al-Qaïda et/ou à l’État islamique.

Des hommes d’influence

Trump usant d’une stratégie « Des hommes d’influence », mettant en évidence son leadership dans une crise internationale pour détourner l’attention de problèmes politiques internes, cela rappelle les menaces du président Bill Clinton d’attaquer la Serbie début 1999 alors que sa procédure de destitution était enclenchée pour avoir eu une relation sexuelle avec la stagiaire Monica Lewinsky. (Clinton a, lui aussi, été accusé d’user d’une stratégie « Des hommes d’influence » lorsqu’il a mis à feu des missiles vers des bases supposées d’al-Qaïda en Afghanistan et au Soudan en 1998 en représailles des attentats contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie.)

 

Les conseillers de Trump, dans leur conférence de presse de jeudi soir, se sont étendus sur la compassion qu’éprouve Trump pour les victimes du gaz toxique et sa détermination à bombarder l’armée d’Assad contrastant avec le souhait d’Obama de laisser le renseignement mener une enquête sérieuse sur les preuves concernant le cas du gaz sarin de 2013.

Finalement, Obama écouta ses officiers du renseignement qui lui dirent qu’il n’y avait pas de preuve irréfutable impliquant le régime d’Assad et il retint une frappe militaire à la dernière minute – tout en maintenant la fiction que le gouvernement des USA était certain de la culpabilité d’Assad.

Dans chacun des cas – 2013 et 2017 – il y avait de fortes raisons de douter de la responsabilité d’Assad. En 2013, il venait d’inviter les inspecteurs des Nations Unies en Syrie pour enquêter sur des cas où les rebelles auraient pu user d’armes chimiques et de ce fait il était improbable qu’il ait lancé une attaque au gaz sarin dans les banlieues de Damas, étant sûr que les inspecteurs de l’ONU en seraient avertis.

De même, l’armée d’Assad est maintenant en position de force vis-à-vis des rebelles, et Assad vient de marquer une victoire diplomatique majeure avec l’annonce par l’administration de Trump que les États-Unis ne cherchaient plus un changement de régime en Syrie. Le perspicace Assad saurait qu’une attaque aux armes chimiques en ce moment provoquerait sans doute des représailles des États-Unis et remettrait en question ce que son armée avait réussi avec l’aide russe et iranienne.

Le contre-argument à cette logique – présenté par le New York Times et d’autres médias de la tendance néoconservatrice – tient essentiellement à affirmer qu’Assad est un fou barbare qui testerait sa nouvelle position de force en provocant le président Trump. Bien sûr, si c’était le cas, il serait logique qu’Assad se vante de son geste, plutôt qu’il ne le nie.

Mais logique et respect des faits ne prévalent plus au sein de Washington, ni dans les médias mainstream aux États-Unis.

Insurrection du renseignement

L’inquiétude dans la communauté du renseignement US au sujet de la décision hâtive de Trump d’attaquer la Syrie a fait écho du Moyen-Orient jusqu’à Washington, où l’ancien officier de la CIA Philip Giraldi rapporta que ses contacts dans le renseignement sur le terrain avaient été choqués par la distorsion de la nouvelle affaire de gaz toxique par Trump et les médias mainstream US.

Philip Giraldi, ancien officier de la CIA (Crédit photo: Gage Skidmore)

Giraldi dit en interview sur le net à Scott Horton : “J’entends des sources sur le terrain au Moyen-Orient, des personnes en contact direct avec les informations disponibles, qui disent que le scénario que nous entendons tous, le gouvernement syrien ou les Russes utilisant des armes chimiques sur des civils innocents, est une imposture.”

Giraldi dit que ses sources sont plutôt en accord avec l’analyse qui postule un dégagement accidentel du gaz toxique après un bombardement aérien par les Russes d’un dépôt d’armes d’al-Qaïda.

“Les informations confirment largement le compte-rendu donné par les Russes … qui est qu’ils ont frappé un entrepôt où les rebelles – ceux-ci étant bien sûr connectés avec al-Qaïda – où les rebelles stockaient leurs propres produits chimiques et cela a finalement provoqué une explosion qui a causé ces pertes. Apparemment le renseignement est très clair sur ces faits.”

Giraldi dit que la colère chez les membres de la communauté du renseignement, provoquée par la distorsion de l’information afin de justifier les représailles militaires de Trump, est si forte que certains officiers sous couverture envisagent de se prononcer publiquement.

“Dans l’agence [la CIA] et dans l’armée, ceux qui ont l’information paniquent car Trump a réellement déformé ce qu’il aurait déjà dû savoir – mais peut-être qu’il l’ignorait – et ils craignent que la situation évolue en direction d’un conflit armé,” disait Giraldi avant le tir de missiles de jeudi soir. “Ils sont stupéfaits du jeu que jouent l’administration et les médias US.”

Couverture partiale

Les médias grand public américains ont représenté la crise actuelle avec le même biais profondément néoconservateur qui infecte la couverture de la Syrie et du grand Moyen-Orient depuis des décennies. Par exemple, le New York Times de vendredi a publié un article important de Michael R. Gordon et Michael D. Shear qui présentait la responsabilité du gouvernement syrien pour l’incident au gaz toxique comme un fait avéré. Le développement ne daignait même pas mentionner les dénégations de la part de la Syrie et de la Russie quant à une quelconque utilisation intentionnelle de gaz toxique.

 

L’article est également conforme au désir de Trump d’être montré comme un dirigeant décisif et puissant. Il est décrit comme menant d’intenses délibérations sur la guerre ou la paix, et faisant montre d’une profonde humanité envers les victimes du gaz toxique, l’un des rares moments où le Times, qui est devenu une feuille de propagande néoconservatrice de référence, a écrit quelque chose de favorable sur Trump.

Selon les rapports syriens de vendredi, l’attaque américaine a tué 13 personnes, dont 5 soldats, sur la base aérienne.

Gordon, dont les services à la cause néoconservatrice sont notoires, était l’auteur principal avec Judith Miller de l’histoire du Times sur le faux “tube en aluminium” en 2002, qui prétendait à tort que le dirigeant irakien Saddam Hussein redémarrait un programme d’armement nucléaire, un article qui fut alors cité par les assistants du président George W. Bush comme un argument clé pour l’invasion de l’Irak en 2003.

Concernant les événements de cette semaine, le désir désespéré de Trump d’améliorer l’image négative que les médias donnent de lui et les preuves douteuses incriminant Assad dans l’incident d’Idleb pourraient correspondre au scénario du film de 1997 “Des hommes d’influence”, dans lequel un président attaqué de toutes parts crée une crise artificielle en Albanie.

Une fausse scène de guerre dans la comédie noire de 1997 “Des hommes d’influence”, montrant une jeune fille et son chat fuyant sous un bombardement en Albanie.

Dans le film, l’opération de la Maison-Blanche est une opération psychologique cynique destinée à convaincre le peuple américain que d’innocents enfants albanais, dont une charmante fillette portant un chat, sont en danger, alors qu’en réalité la fillette est une actrice jouant devant un écran vert qui permet d’insérer des scènes de ruines fumantes en arrière-plan.

Aujourd’hui, parce que Trump et son administration sont désormais décidés à convaincre les Américains qu’Assad est vraiment responsable de la tragédie du gaz toxique de mardi, les perspectives d’une enquête exhaustive et transparente sont effectivement nulles. Nous pourrions ne jamais savoir s’il y a du vrai dans ces allégations ou si nous avons été manipulés dans une opération psychologique à la manière “Des hommes d’influence”.

Le journaliste d’investigation Robert Parry a publié une grande partie des articles sur l’affaire Iran-Contra pour Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source: Consortiumnews.com, le 07/04/2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

30 réponses à Le moment « Des hommes d’influence » de Trump, par Robert Parry

Commentaires recommandés

TC Le 12 avril 2017 à 13h06

Certains disent que ces bombardements ne sont qu’une pure opération de communication qui aurait pour but de dissuader les Russes de continuer à soutenir Assad (les Russes ont été avertis quelques heures avant la frappe) et de mettre la pression sur la Corée du Nord (un porte-avion se dirige vers les eaux sud-coréennes).

Pour ma part, je n’ai pas d’avis sur la finalité de cette opération mais une chose est sûre, les dirigeants US sont vraiment les plus dangereux de la terre et je pense que si personne ne met le holà, nous irons vers une crise majeure. Ces types sont des psychopathes !

  1. Catus Imperator Rex Luminae Le 12 avril 2017 à 09h48
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    Bon, maintenant ça suffit avec les chats !!!
    😳😳😳🙀

    On sait tous (ou presque…) qu’ils sont coupables de tout et depuis toujours, mais toute accusation, même totalement fondée, n’est pas toujours bonne à dire. Demandez-voir au Déconnex !


    • fanfan Le 12 avril 2017 à 18h53
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      Tout le monde sait que l’armée syrienne ne possède pas d’armes chimiques, son stock ayant été intégralement détruit sous contrôle de l’ONU, conjointement avec des spécialistes américains et russes, en 2014.


      • V_Parlier Le 12 avril 2017 à 21h07
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        Ca n’empêche pas nos médias et politiciens de la frange otanienne de répéter que cette destruction était de la seule responsabilité des russes. Tous les autres sont apparemment amnésiques.


      • Prométhée Enchaîné Le 12 avril 2017 à 21h56
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        Non, pas tout le monde. Sputniknews est au courant des propos de Clapper en 2016 :
        https://sputniknews.com/us/201602251035344834-syria-chemical-weapons/

        “We assess that Syria has not declared all the elements of its chemical weapons program to the Chemical Weapons Convention (CWC),” Clapper stated. “Despite the creation of a specialized team and months of work by the Organization for the Prohibition of Chemical Weapons (OPCW) to address gaps and inconsistencies in Syria’s declaration, numerous issues remain unresolved.”

        Sinon… Pourquoi la Russie a-t-elle opposé son veto à la résolution de l’Onu d’aujourd’hui ?


        • Patrick Le 13 avril 2017 à 22h20
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          Parce que la résolution était une provocation. Elle demandait un accès inconditionnel à toutes les installations militaires syriennes. Ne prévoyait pas de s’intéresser aux djihadistes. Et surtout prévoyait l’usage de la force si la Syrie ne coopérait pas, et les russes se rappellent de l’affaire libyenne.
          A noter que je n’ai pas trouvé le texte dans la presse française ni sur le site du ministère des affaires étrangères


  2. françois brigouleix Le 12 avril 2017 à 11h58
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    Outre le fait que cet article est on ne peux plus judicieux, un autre détail me perturbe :
    59 missiles tirés avec chacun une charge militaire de 450kg (pentrite je crois) soit un total de plus de 26 tonnes d’eplosif, sur une base aérienne en pleine nuit ou au petit matin, et il n’y aurait “que” 12 morts !?. Bien peux efficace que tout cela … ou alors des gents ont été prévenus par avance et/ou des choses ont été interceptées avant impact (36 pour, être exacte, il se murmure). Bref il va y avoir des suites a toutes ces bêtises humaines.


    • POL Le 12 avril 2017 à 15h32
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      déja , il semblerait que seulement 23 sur 59 missiles aient atteints le tarmac de Shayrat, les autres se sont perdus ou ont été abattus on ne sait ou, par on ne sait qui, ce qui n’est pas très glorieux.
      Vu la quantité de missiles et le petit nombre des victimes, C un des assassinats les plus couteux de l’histoire de l’humanité….
      Je rappelle également qu”il est techniquement très peu usité, pratiquement jamais en fait, de bombarder avec des gaz largués d’avion, ça tombe à peu près n’importe ou, sauf sur la cible…

      POL


      • Fred Le 12 avril 2017 à 16h34
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        Concernant les missiles non arrivés à destination, j’ai lu la possibilité qu’ils aient été interceptés par 2 S300 russes, chaque S300 pouvant détruire 12 missiles.

        L’armement russe est devenu supérieur à celui des américains. Mais ces derniers en ont beaucoup plus que les Russes.


        • Mouarf Le 12 avril 2017 à 21h30
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          Encore plus fort, il semblerait qu’ils aient étés brouillées et envoyés se perdre on ne sait où! (dans le sable ou à la mer??)


  3. Fritz Le 12 avril 2017 à 12h20
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    Il serait bon que les agents de renseignement furieux de la distorsion des faits imposée par Trump se déclarent publiquement, puisque Trump n’a pas voulu rétablir la vérité sur le gazage de la Ghouta. Cela devient même urgent, quand on considère le biais néoconservateur qui affecte aussi bien les tristes médias français que leurs congénères américains.

    Quant à la thèse d’un Bachar ivre de puissance qui gazerait son peuple pour narguer un Trump complaisant, elle est exposée en long et en large dans l’article de Wikipédia sur l’affaire de Khan Cheikhoun. J’essaierai de la compenser par cet article de Robert Parry.


    • Fritz Le 12 avril 2017 à 17h50
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      C’est fait, l’article original de Parry (en anglais) est cité dans cet article Wikipédia.
      Par ailleurs, j’ai complété la citation d’Alain Chouet, en rétablissant les mots : « Tout est imaginable dans cette affaire ».


    • tepavac Le 13 avril 2017 à 04h37
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      Un Président ne peut disposer son propre pays dans l’Embarras, le ferait-il par probité et honneur, il serait face à la plus haute trahison envers les siens.
      Sans doute n’était-il pas de taille pour affronter l’organisme qui agit sur toute la planète, il aime trop sa famille, ses enfants, la vie….


  4. Michel Ickx Le 12 avril 2017 à 12h37
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    Dans les circonstances actuelles cette attaque est de la folie pure. Heureusement que la Russie réagit avec la plus grande retenue, mais pour combien de temps?

    Trump va-t-il se montrer plus dangereux que H. Clinton ?
    Je suis curieux de savoir ce que dit l’horloge qui indique les minutes avant la guerre nucléaire


  5. TC Le 12 avril 2017 à 13h06
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    Certains disent que ces bombardements ne sont qu’une pure opération de communication qui aurait pour but de dissuader les Russes de continuer à soutenir Assad (les Russes ont été avertis quelques heures avant la frappe) et de mettre la pression sur la Corée du Nord (un porte-avion se dirige vers les eaux sud-coréennes).

    Pour ma part, je n’ai pas d’avis sur la finalité de cette opération mais une chose est sûre, les dirigeants US sont vraiment les plus dangereux de la terre et je pense que si personne ne met le holà, nous irons vers une crise majeure. Ces types sont des psychopathes !


    • fanfan Le 12 avril 2017 à 19h24
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      Interrogé par Fox News, Sean Spicer, porte-parole de la Maison-Blanche, a affirmé que “nous n’avons eu aucun contact avec les dirigeants politiques russes”, ce qui revient à dire que les États-Unis ont effectivement voulu “prendre de court” les Russes. Mais la surprise semble ne pas “avoir trop bien fonctionné” !
      Sur les 59 missiles tirés contre la base, seuls 23 sont arrivés à bon port autour des pistes … Les 36 autres, ceux destinés à démolir les pistes, infrastructure essentielle ont été neutralisés électroniquement par l’armée russe. Les missiles Tomahawk, datant des années 70, sont actuellement trop lents pour ce type d’opération.


      • Kiwixar Le 13 avril 2017 à 05h41
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        Ne pas avoir eu de contact avec les dirigeants politiques russes n’exclut pas qu’il y ait eu des contacts au niveau militaire pour informer de l’attaque via la hotline pour éviter les bavures aériennes.


  6. bm607 Le 12 avril 2017 à 13h52
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    Un article du même style, de Philippe Migault, qui complète ou appuie les dires de R. Parry :
    La Syrie, Rex Tillerson et le cortège d’absurdités occidentales
    https://francais.rt.com/opinions/36784-syrie-rex-tillerson-cortege-absurdites-occidentales

    Une perle parmi d’autres :
    “Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, qui doit rencontrer demain son homologue russe Sergueï Lavrov, a adressé aujourd’hui [11 avril] au Kremlin un avertissement d’une finesse toute texane : «Rejoignez la cause des Etats-Unis et de ses alliés sur le dossier syrien, ou soutenez l’Iran, le Hezbollah et le leader syrien Bachar al-Assad», a-t-il déclaré

    S’imagine-t-il une seule seconde qu’il peut arriver à Moscou comme dans un saloon en sommant Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine de choisir leur camp ? En Russie, ce genre de rhétorique bolchévique n’impressionne plus personne…”

    Tout en délicatesse et en nuances ces américain$…
    Pas étonnant que notre diplomatie devenue insignifiante et nos ministres “de la guerre et de la propagande” successifs, LF et JMA, leur emboîtent systématiquement le pas.


  7. Fred Le 12 avril 2017 à 13h57
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    Poutine a eu le même problème quand il est devenu président. Il s’est occupé des oligarques qui l’entravaient, un par un afin de ne pas avoir à en affronter plusieurs en même temps en commençant par les plus dangereux pour lui, puis ceux qui ne respectaient ses ‘consignes’.
    Il en a ainsi déchu bon tiers.
    Khodorkovsky, le plus meurtrier d’entre eux, a été emprisonné lorsqu’il négociait la vente d’une partie de Gazprom a Exxon-Mobile.

    Aux Etats-Unis depuis le bombardement de l’aéroport syrien, McCain jubile.


  8. Paul Le 12 avril 2017 à 14h41
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    Merci pour ce billet,
    il est dommage que les commentaires dans la version originale ne puissent être traduit ……Cela à mon avis donnerait la possibilité aux non anglophones
    de se rabibocher avec nos cousins US lesquels sont loin d’accepter la soupe de latrines d’aucuns cabinets noirs. …….Suivez les mouches


  9. Larousse Le 12 avril 2017 à 15h14
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    Poutine en conflit avec les oligarques : oui c’est vrai et c’est toujours le cas, compte tenu de la fuite des capitaux de ceux-ci depuis les sanctions. Seul fait un peu vengeur, avec la tension internationale, leurs placements à l’étranger ne leur rapportent plus autant. Reste que leur attitude rend les sanctions dans le domaine financier plus efficaces,mais ils peuvent y perdre à long terme. Quand à Trump et ses “hommes d’influence” : on est ce que l’on veut bien être. On ne fera pas du neuf avec du vieux. Comme la culture de la Guerre froide est dominante aux Etats-Unis, ce que constatait plusieurs analystes dans l’émission C dans l’air. Seuls des pays “périphériques” pourront peut-être mettre en déroute le cours de la politique américaine dans le monde. (prise de revers…)


  10. serge Le 12 avril 2017 à 16h50
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    Cela pouvait être une option au début du mandat de Trump. Mais là, au vu de ses dernières déclarations et actions contre à peu près tout le monde, je crains qu’il ne soit qu’un autre visage de l’expression du leadership américain. Et je pense également que vu l’état de délabrement avancé des US (son côté social, santé, infrastructures et non militaires), ils n’ont pas le choix d’attendre. Le bordel c’est maintenant (le gagnant rafle la mise) car après, ils ne pourront plus, le multipolaire les aura cerné.


  11. fanfan Le 12 avril 2017 à 19h31
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    Cité par Mike Whitney, Trump’s War Whoop : a Gulf of Tonkin Moment ?, CounterPunch, 6 avril 2017, http://www.counterpunch.org/2017/04/06/trumps-war-whoop-a-gulf-of-tonkin-moment/


  12. Lepage Gérard Le 12 avril 2017 à 19h39
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    « Depuis la fin de la guerre froide, […] on assiste à une décadence vertigineuse de la démocratie, à tous les niveaux et dans toutes les sphères de la vie publique des pays occidentaux, témoignant d’une tendance très puissante au totalitarisme généralisé. J’appelle cela le totalitarisme occidental. […] La course du monde occidental vers le totalitarisme est occultée par le voile épais de la désinformation, de la propagande idéologique et du mensonge qui surpassent ceux de l’époque hitlérienne et stalinienne, tant par leurs moyens techniques et leur ampleur que par leur pénétration intellectuelle et leur hypocrisie. Le totalitarisme belliqueux de l’Occident s’avance sous le déguisement de l’humanisme, de la démocratie, de la lutte pour les droits de l’homme, de la justice. Mais par sa nature, ses actes et ses conséquences, ce totalitarisme est plus terrible et plus dangereux que ses précédents hitlérien et stalinien. En effet, il ne se dévoile pas, il est plus profond et ne rencontre aucune opposition sérieuse […]. »
    Alexandre Zinoniev, « Une guerre contre l’Europe »


  13. dupontg Le 13 avril 2017 à 00h29
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    tout ce cirque n’est que de la poudre aux yeux.

    les choses serieuses se passent en ce moment en coulisses.
    -trump a pris le controle de la cour supreme le jour meme de l’envoi de ses missiles.
    les democrates et republicains vatenguerre ont adoubé son poulain.
    -yellen s’affole d’une tentative de prise de controle de la FED…
    vouloir prendre le pouvoir des banquiers est terriblement dangereux…


    • Kiwixar Le 13 avril 2017 à 01h08
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      Oui, et Trump a une GROSSE négociation sur les bras : le relèvement du plafond de la dette fédérale. Sinon, dans quelques mois, son gouvernement s’arrête, faute d’argent.


  14. bluetonga Le 13 avril 2017 à 00h34
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    Bonsoir à tous,

    juste un mot pour partager le lien suivant :

    https://drive.google.com/file/d/0B_Vs2rjE9TdwR2F3NFFVWDExMnc/view

    Le professeur Theodore Postol, professeur émérite de Science, Technologie et Politique Nationale de Sécurité au Massachussets Institute of Technology démonte en long et en large la thèse d’une attaque aérienne à Khan Sheykhun lors de la dispersion de gaz toxique. Il critique vertement le “rapport des renseignements” produit par la maison blanche pour justifier son bombardement de rétorsion.

    Son argument principal est que les débris supposés de la bombe au sarin témoignent d’un écrasement par un souffle d’explosion vertical extérieur, incompatible avec la dynamique d’une bombe s’écrasant au sol. Il est très ferme dans ses propps, conclut à la mise en scène volontaire, s’inquiète d’abord et avant tout de la falsification et de l’instrumentalisation des données des renseignements à des fins politiques. En passant, il rappelle le cas de l’épisode de la Ghoutta.

    Très éloigné en qualité et consistance du pathos dégoulinant de Kareem Shaheen dans le Guardian qu’il faudrait croire sur parole.


  15. Grub Le 13 avril 2017 à 01h13
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    La réaction compatissante de Trump est plutôt habile. Il passe pour quelqu’un de gentil et humain. S’il s’avère avoir été trompé il pourra justifier d’autant plus facilement une purge sévère.


  16. Vassili Arkhipov Le 13 avril 2017 à 15h53
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    On peut tous faire amende honorable, nous pauvres fous qui croyons que Trump était un peu moins dangereux que Clinton. On a maintenant l’illustration parfaite que changer d’homme ne sert à rien, il y a des forces plus puissances à l’oeuvre que ce pantin ridicule


    • martin Le 13 avril 2017 à 21h04
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      Je ne peux m’empêcher de penser que ce que vous écrivez n’est pas analytiquement juste.

      L’Europe dans les choux, il reste quatre acteurs majeurs sur la planète, qui sont:

      1> La Chine, 2> L’Iran, 3> Les Etats-Unis, 4> La Russie.

      Poutine a besoin des USA pour négocier avec l’Iran en position favorable concernant l’avenir de la Syrie. Trump était faible, cerné par les Néocons et le Russiangate. En lui offrant un faux acte de pretige sur le dos des syriens (limité par le Krashuka cependant), Poutine le remet en selle(comme hier Obama) et lui rend une marge de manoeuvre pour lui sevir de pivot face aux iraniens et aux syriens avec leur projet trop chiite pour des yeux russes.

      Plus j’examine cette hypothèse, plus elle me paraît convaincante.

      DM


      • Narm Le 16 avril 2017 à 23h01
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        C’est assez valable

        le peu de dégats résultant en serait une confirmation.


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