Source : Russia Today, John Laughland, 07-04-2017

© Carlos Barria Source: Reuters

Les récentes frappes contre la Syrie ont détruit l’espoir que Trump rejette la politique d’ingérence. Il s’est montré, en réalité, la marionnette l’«Etat profond», explique l’historien John Laughland.

Le revirement de 180 degrés du président Trump sur la Syrie met fin à toute illusion sur sa présidence. Loin de représenter une révolution, son élection l’an dernier n’est que la énième preuve que le processus démocratique est aujourd’hui incapable d’effectuer de vrais changements dans la vie politique des grands Etats, tant les grandes lignes de cette politique sont fixées par un appareil de l’Etat qui, lui, ne change jamais.

En attaquant la Syrie, Donald Trump – un homme dont la confiance en soi frôle la mégalomanie – s’est montré, en réalité, la marionnette de ce qu’on appelle l’«Etat profond». Depuis son inauguration, nous avons observé l’ampleur de l’opposition, y compris au sein de son propre parti, à sa volonté déclarée d’avoir un bon rapport de travail avec Moscou. Cette opposition acharnée tourne au délire, comme en atteste l’obsession avec le fantasme d’une ingérence russe dans les élections américaines en sa faveur.

Avec ses frappes aériennes, le président américain veut sans doute éradiquer ce soupçon qui menaçait d’empoisonner tout son mandat. Comme tous ses prédécesseurs, Trump a recours à la force militaire de son pays pour renforcer sa propre position sur l’échiquier politique interne. Mais en le faisant, il a capitulé sur un élément central de sa campagne, son refus de permettre que l’Amérique soit le gendarme du monde, un refus qu’il avait d’ailleurs réitéré dans son discours devant le Congrès le 1er mars.

La fameuse révolution trumpienne, qui devait mettre fin à de longues décennies d’ingérence américaine, vient de s’évaporer comme la rosée matinale

Au lieu de renforcer sa position, Trump se ridiculise par cette capitulation devant les exigences de ses ennemis. Combien de fois avons-nous entendu de sa bouche l’affirmation que le terrorisme islamiste était l’ennemi principal ? Il l’avait notamment martelé dans son discours inaugural. Ses actes montrent qu’il n’en est rien. Au moment où la paix en Syrie, qui passe par la défaite des islamistes, était à portée de main, Trump vient de redonner de l’espoir aux rebelles qui étaient sur le point de jeter l’éponge. La fameuse révolution trumpienne, qui devait mettre fin à de longues décennies d’ingérence américaine, vient de s’évaporer comme la rosée matinale. Avec le grand coup de pied que Trump vient de donner à la fourmilière syrienne, nous voilà donc repartis pour encore plusieurs années de chaos au Moyen-Orient.

Chaos aussi dans la politique étrangère américaine. Il y a moins d’une semaine, Washington avait déclaré que le départ d’Assad n’était plus une condition ; Paris n’a pas tardé à suivre la nouvelle ligne dictée par les Américains. Maintenant, cette politique est jetée aux oubliettes, tout comme la politique pro-russe que Trump appelait plusieurs fois de ses vœux, et son attitude vis-à-vis de l’OTAN. Sur tous ces sujets, Trump s’est montré d’une incohérence totale. On passe, du jour au lendemain, de la Russie comme «partenaire occasionnel» (Rex Tillerson, 12 janvier 2017) à la Russie comme «concurrent stratégique» (James Mattis, 31 mars 2017) ; de la dénonciation de l’OTAN comme alliance «obsolète» (Trump, le 16 janvier 2017) à l’expression du «soutien fort» à cette même alliance (Trump, le 17 mars 2017). Une telle cacophonie est tout simplement absurde.

Ce que Trump reproche à Obama, en réalité, c’est d’avoir laissé la Syrie aux Russes. Voilà ce qui est insupportable pour l’establishment américain comme pour son président

Elle est absurde par son incohérence mais aussi parce qu’elle fait tomber le masque. Pourquoi, au fond, Trump a-t-il changé d’avis sur la Syrie ? Pour comprendre cela, il faut l’écouter attentivement. Dans sa conférence de presse avec le roi de Jordanie, le 6 avril à la Maison blanche, Trump a accusé le président Obama d’avoir reculé devant une intervention en Syrie en 2013. Pour Trump, cet acte de couardise serait à l’origine de la situation actuelle. C’est un pur mensonge : ce n’est pas Obama qui n’a pas voulu intervenir en Syrie, c’était le Congrès américain dominé par les Républicains. Le Congrès exigeait un vote sur une éventuelle intervention car il n’était pas prêt à la cautionner.

Pour se distancer d’Obama, Trump a plusieurs fois utilisé l’expression «les lignes rouges» qu’Obama aurait permis à Assad de franchir sans réagir. Mais cette accusation, qui est d’un néo-conservatisme pur et qui relève donc de l’idéologie des pires ennemis de Trump, révèle involontairement les vrais enjeux, qui sont géopolitiques. Ce que Trump reproche à Obama, en réalité, c’est d’avoir laissé la Syrie aux Russes. Voilà ce qui est insupportable pour l’establishment américain comme pour son président. Incontestablement, l’intervention russe a augmenté l’influence de Moscou en Syrie et au Moyen Orient : le but des frappes aériennes américaines n’est donc pas de mettre fin au déploiement des armes chimiques, mais seulement de contrer cette nouvelle influence russe afin que les Etats-Unis soient, eux, maîtres du jeu.

Les frappes aériennes sont, une fois de plus, un outil pour donner l’apparence d’une virilité en réalité inexistante

La politique du chaos, qui a caractérisé l’action des présidents Obama, Clinton et Bush fils, va donc continuer, sans interruption, sous Trump. Les frappes aériennes sont, une fois de plus, un outil pour donner l’apparence d’une virilité en réalité inexistante. Avec son attaque intempestive, qui aurait été inspirée par de simples images, l’homme fort de la Maison blanche s’est montré au contraire un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de faire de lui la risée du monde. Une fois de plus, aux Etats-Unis comme en France, les électeurs ont été trompés par un homme qui, se présentant comme un révolutionnaire, une fois élu fait le contraire de ce qu’il a promis. Jamais la prédiction lugubre du prince de Lampeduse n’aura été si vraie : il fallait que tout change pour que rien ne change.

Source : Russia Today, John Laughland, 07-04-2017

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46 réponses à Trump : «un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de devenir la risée du monde», par John Laughland

Commentaires recommandés

Alain Le 12 avril 2017 à 04h41

Le pire est de se dire que Clinton aurait fait exactement la même chose

  1. Spectre Le 12 avril 2017 à 01h43
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    Il fallait quand même être sacrément naïf pour croire que Trump allait rester sagement chez lui dans une optique isolationniste. Il doit maintenant être évident que bombarder le Moyen-Orient fait partie de l’ADN de n’importe quel président US, quelles que soient ses intentions initiales affichées (de toute façon vouées à être réorientées par l’appareil d’État…). Ajoutons-y les tensions croissantes avec la Corée du Nord, et youpi, en avant vers le conflit généralisé !

    Notons aussi la répugnante réaction de notre gouvernement de néocons belliqueux qui ne trouve rien de mieux à faire qu’applaudir au fait du Prince. Hier, Trump était à leurs yeux un demi-fasciste lunatique ; le voilà maintenant devenu fréquentable, si ce n’est héroïque, après avoir balancé du Tomahawk pour montrer ses muscles à Washington. Vivement le grand coup de balai qui vient.


    • dieutre Le 12 avril 2017 à 08h24
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      le coup de balai c’est pas sur qu’il vienne, il y a plein de cons qui vont voter Macron


    • bats0 Le 12 avril 2017 à 09h21
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      “Vivement le grand coup de balai qui vient”, justement : “aux Etats-Unis comme en France, les électeurs ont été trompés par un homme qui, se présentant comme un révolutionnaire, une fois élu fait le contraire de ce qu’il a promis”, je crains qu’une fois de plus, les peuples, pardon les électeurs, soient instrumentalisés par des messages subliminales (la propagande, les campagnes électorales où chaque candidat s’évertue de promettre ce qu’il ne pourra mettre en application).
      Ce qui m’ennuie le plus, est que les manipulateurs arrivent à minimiser les candidats potentiellement corrects (Bernie Sanders); pour dire si la structure communicante des “maîtres” est bien organisé (propriété des grands médias).
      Voir “La Fabrique de l’Opinion publique – La Politique économique des médias américains” de Noam Chomsky : “Nous pensons qu’entre autres fonctions, ces médias se livrent à une propagande qui sert les intérêts des puissantes firmes qui les contrôlent en les finançant et dont les représentants sont bien placés pour orienter l’information. Une telle intervention est généralement assez subtile : elle passe par la sélection de tout un personnel bien-pensant et par l’intériorisation, chez les journalistes et les rédacteurs, de certaines définitions de ce qu’il convient d’imprimer en priorité, conformément à la ligne politique de l’institution.”


    • Lysbeth Levy Le 12 avril 2017 à 09h58
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      Tout a fait dès lors que Trump a lancé ces missiles a tant de millions de $ ce qu’on appelle la “gauche” chez nous a sauté de joie et en surveillant les réseaux sociaux on se rends compte de la pourriture de cette “pseudo-gauche” “morale”, guerrière et immorale au fond d’elle même. Le clan des néocons étant les plus partisans d’une intervention en remettent des couches de mensonges sur Assad ou Poutine que ça en devient risible si ce n’était grave .C’est qu’eux ne voient pas du tout ces conséquences mortelles mais la seule possibilité d’éliminer Assad et de “libérer” ce pays selon la formule consacrée. En vérité on le sait que les partisans d’Israel veulent le découpage, de la Syrie en tant que “nation arabe laique”. L’épisode Trump a fait sortir “ces gens” du bois et là on voit qui est qui tant ils s’alignent sur les voeux des va-t’en-guerre ! Soudain Trump redevient confortable, le sheriff revient à la maison, ils sont rassurés !


  2. Lysbeth Levy Le 12 avril 2017 à 01h46
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    Girouette ou volatile, bipolaire ou incompris, quoiqu’il en soit c’est important de parler de la Réunion de Bruxelles et les effets attendus à la sortie sur les compensations financières qui vont permettre à la Syrie (on l’espère !) de se reconstruire et permettre enfin de voir la fin d’un conflit de 6 ans :
    http://reliefweb.int/…/SyriaConf2017%20Pledging%20Statement…

    https://tcf.org/content/commentary/syria-theres-money-missiles-no-funding-food/

    Pourquoi le présentez ainsi si ce n’est de l’arrogance américaine ? Je n’ai pas tout lu mais je mets les liens importants : https://tcf.org/content/report/four-perspectives-syria-round-ii/
    A suivre hélas rien n’est vraiment fini et les dessous de cette affaire m’échappe pour le moment ..En espérant qu’un jour ces maudites guerres sans fin selon le plan Bush s’arrêteront définitivement ..


  3. libvert.fr Le 12 avril 2017 à 01h59
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    Une remarque plus ludique : Connaissez-vous ce jeu vidéo qui montre qu’en tant que joueur, plus on envoie de bombes sur la zone en conflit, plus les tensions et conflits augmentent ? (quelle que soit le joueur ayant procédé)

    La morale de ce jeu est : Mieux vaut utiliser le plus possible la diplomatie préventive (et donc former les ‘puissants’ à accepter leurs échecs par ex)


  4. Dominique Morin Le 12 avril 2017 à 02h08
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    Oui … pour ma part, je suis beaucoup plus inquiet des développements possibles du côté Nord-Coréen …. La Chine n’est plus disposée à s’effacer, mais au contraire à s’affirmer, dans une affaire qui en plus se passe à sa porte …

    Mais Trump ne pourra pas dire qu’Obama ne l’avait pas prévenu : il avait au contraire dit clairement que le dossier Nord-Coréen serait le plus difficile !

    Mais, si se mettre à dos à la fois la Russie et la Chine serait bien dans la personnalité du bonhomme, il pourrait bien s’apercevoir que même la grande Amérique a besoin d’alliés …..


    • François Le 12 avril 2017 à 03h10
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      A défaut d’allier, elle a son caniche européen qui votera des sanctions qui ne pénaliserons vraiment que l’Europe elle même pendant que les états unis continuons de faire du “business as usual”.

      Çà a parfaitement fonctionner avec l’affaire en Ukraine, ça marchera aussi avec la chine.


    • Bernie Le 12 avril 2017 à 06h40
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      Il est temps que les usa se prennent une bonne dégèle.


    • atomiq_49 Le 12 avril 2017 à 10h56
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      Je pense plutôt que les dirigeants chinois sont assez exaspérés des frasques de Kim 3 en Corée du Nord et qu’il ne verraient pas d’un mauvais œil que ce chien fou de Trump et ses alliés de Corée du Sud “fassent le job” pour déboulonner “Gros bébé Kim 3” … sans utiliser évidemment l’arme atomique.
      Ceci aurait deux conséquences immédiates :
      1 – régler un problème récurent sans se salir les main,
      2 – supprimer le prétexte bien commode de la présence des bases américaines dans la région, le “danger” étant écarté …


      • Catalina Le 12 avril 2017 à 15h52
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        atomiq, ça m’étonnerait que les usa enlèvent leurs bases quel que soit le scénario.


        • Alfred Le 12 avril 2017 à 22h39
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          C’est clair. Pourquoi supprimer la “marche” de Corée du Nord et ainsi permettre aux amerloques de planter des bases tout complément très la Chine (ce qu’il feront à coup sur). Les chinois ne sont pas si naïf. Bébé Kim va rester là car personne ne peut faire comme fiancé aux Américains (et certainement pas les chinois).


  5. Garibaldi2 Le 12 avril 2017 à 04h28
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    Eh! bien, tout est dit, et il y a donc peu à rajouter. Sauf peut-être ce que j’avais déjà essayé de poster ici : les USA ne sont pas le gendarme du monde, ils sont son gangster.

    Les 5 ans qui viennent vont être un vrai cauchemar. Ceux qui ont applaudi à l’élection de Trump vont s’en mordre les doigts, surtout s’ils pensent que ce coup de Tomahawk n’était qu’à usage interne, car il est bien connu, comme l’écrit John Laughland, que quand on a des difficultés internes, le mieux c’est d’obtenir un ”succès” externe pour redorer son blason. La flotte US qui cingle vers la Corée du Nord pourrait bien se prendre un missile sur la tête si Trump y réédite son ”exploit”. Ce type est un mégalo dangereux qui est arrivé au pouvoir par accident.


    • Alain Le 12 avril 2017 à 04h41
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      Le pire est de se dire que Clinton aurait fait exactement la même chose


      • Georges Clounaud Le 12 avril 2017 à 07h25
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        Elle aurait même déjà fait pire comme par exemple exacerber le conflit ukrainien. Les oligarques locaux faisaient partie de ses principaux bailleurs de fonds. Nul doute qu’elle aurait rapidement renvoyé l’ascenseur.


      • V_Parlier Le 12 avril 2017 à 20h50
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        Elle a précisé qu’elle aurait déjà fait plus que ça.


  6. DUGUESCLIN Le 12 avril 2017 à 05h22
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    Ceux qui ont espérer dans l’élection du nouveau président sont floués. Ce qui sera sans doute la même chose chez nous.


    • Garibaldi2 Le 12 avril 2017 à 05h43
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      Comme il est dit dans la chanson d’Higelin : La liberté de choisir l’étendard de tes futures désillusions,


  7. Kiwixar Le 12 avril 2017 à 06h10
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    Avec cette attaque illégale (au niveau international mais aussi illégale en droit US, car pas approuvée par le congrès US), les USA ont affaibli leur position en Syrie puisqu’elle a donné à la Russie un prétexte pour interrompre la hotline d’information mutuelle permettant d’éviter les bavures aériennes. Désormais les US sont obligés de faire des sorties aériennes de manière beaucoup plus prudente (F-22), idem pour ses alliés (la Belgique a interrompu ses sorties aériennes sur la zone).

    Pourquoi la Russie a-t-elle laissé la base syrienne se faire bombarder par ces tomahawks? “Ne jamais interrompre un adversaire quand il est en train de faire une erreur”. Cette situation où les deux adversaires (Otan, Russie) acceptent d’évoluer de concert sur la même zone est sans doute très motivée par la volonté d’étude mutuelle des capacités militaires de l’adversaire (avions, furtivité, radars, systèmes anti-aériens). Ils doivent jouer au poker avec les cartes tout près du buste.


    • Téji Le 12 avril 2017 à 20h01
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      oui, et du coup les tomahawks manquant à l’appel (à la pelle…) prennent une sacré signification… que je n’ai pas vu évoquée beaucoup mais que les intéressés n’ont sans doute pas manquée ^^


  8. Papagateau Le 12 avril 2017 à 06h19
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    D’un autre coté, il y a eu presque zéro victimes, mais en revendiquant l’intention de punir Assad/Poutine, ça donne une bonne raison à Poutine d’interdire aux avions américains de survoler la Syrie, donc d’y faire des erreurs “involontaires” et des bêtises … comme il y a eu à Deir Ezzor.

    C’est plus efficace qu’une promesse qu’il n’y aura plus de truc comme à Deir Ezzor.
    Et en même temps, ça dévitalise son opposition interne : “j’ai fait ce que vous me demandiez, mais maintenant je ne peux plus rien car la DCA russe est trop forte, c’est pas de ma faute”. Maintenant, si vous êtes républicain, vous soutenez le président élu (qui est républicain aussi).


    • EAUX TROUBLES Le 12 avril 2017 à 10h34
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      “Presque zéro victime” : soit il n’y en a pas, soit il y en a. Il semble qu’il y en ait. Les victimes apprécieront. Le presque est de trop !


    • LPP Le 12 avril 2017 à 10h37
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      C’est difficile pour moi de lire qu’il y a eu 0 victimes.
      Pour nos dirigeants une dizaine de morts est négligeable.
      C’est une dérive dangereuse et anti humaniste.
      on ne peut pas continuer ainsi.


    • Fritz Le 12 avril 2017 à 13h06
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      “aucune victime ou presque”, en français.
      Utiliser zéro comme adjectif est une manie agaçante.
      Mais ce n’est pas le plus important, quand on est soi-même victime d’un tomahawk.


    • Pascalcs Le 12 avril 2017 à 13h19
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      Pas que les avions américains. La prochaine fois qu’un F15 ou 16 israélien se pointe au dessus de la Syrie, il risque d’avoir chaud aux fesses.


  9. Seraphim Le 12 avril 2017 à 06h28
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    La vanité de ces bombardements est apparue très vite. C’est donc qu’elle était voulue. Non, Trump n’a pas fait de “revirement” ni ne s’est soudain mis à genoux devant “l’état profond”. Ça, c’est pour amuser la galerie, soit des commentateurs usuels, soit de leurs critiques. Trump méprise les médias et ne leur parle pas. Là il leur a parlé. Parce que soudain il les estime et les revère?? Non, ce bombardement est un coup d’épée dans l’eau (au sens propre aussi puisque nombre de missiles n’ont pas même atteint le rivage) destiné à brouiller les cartes non de la politique américaine, mais des médias, bien embarrassées maintenant! La politique, elle, continue, avec visite au G7, puis, seulement ensuite, visite à Moscou. Tillerson va-t-il porter la bonne parole morale consciencieusement épelée par les ministres potiches du G7? Qui peut croire ça ? Au contraire, il y va les mains libres! Les victoires de Niki Haley ou Jean-Marc Ayrault, avec leur indignation émotionnelle apparaîtront pour ridicules, ce qu’en a toujours pensé Trump.


    • Renaud 2 Le 12 avril 2017 à 11h42
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      Je pense également qu’il n’y a pas de revirement. La semaine dernière, Rex Tillerson disait que c’était au peuple syrien de choisir son dirigeant. Une ligne a été ouverte entre Washington et Damas. Les S-300 de l’armée syrienne et les S-400 de l’armée russe sont censés arrêter ce type de missile. Pourquoi la base était si peu nombreuse en personnel ? Ne pas oublier aussi que Trump joue beaucoup sur la communication. Tous ces éléments contredisent la version présentée par les médias. Il est possible qu’il y ait eu concertation entre Washington, Damas et Moscou. La question est : dans cette hypothèse, qu’ont à gagner les trois parties, en particulier el-Assad et Poutine ? Bref, difficile de conclure quoi que ce soit pour l’instant. Je trouve que les médias et les commentateurs s’enflamment un peu vite.


      • Pascalcs Le 12 avril 2017 à 13h27
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        Je ne sais pas si les S300 ou 400 sont dessinés pour intercepter des missiles de croisière qui volent à basse altitude et souvent hors des couvertures radar. Par ailleurs, il semblerait que sur les 59 missiles tirés, guère plus d’une trentaine auraient atteint leur but. Le reste perdu en route ou abattu?


  10. atanguy Le 12 avril 2017 à 07h20
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    Oui ,il y avait beaucoup de naïveté sinon d’incohérence dans les commentaires sur le milliardaire Trump, ici même.
    Le capitalisme US est a bout de souffle et comme toute bête traquée il devient d’autant plus dangereux: Le changement sur la Syrie n’en est qu’une preuve supplémentaire, ses attaques contre le peu d’acquis sociaux pour les américains les plus pauvres (obamacare), ses nominations d’éléments fascistes aux postes de responsabilités,ses attaques contre l’environnement et la remise en cause du changement climatique. Ajouter l’augmentation de 20% du budget militaire,déjà le plus haut du monde entier,et maintenant l’aventurisme avec la Corée du Nord. Un président imbécile,Tout cela n’augure pas de bonnes choses pour les US et pour l’humanité.


    • Kiwixar Le 12 avril 2017 à 09h18
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      Je reste circonspect sur les intentions de Trump. Envoyer un groupe porte-avion en mer de Chine permet au contraire de couper l’herbe sous le pied des néo-cons si ils souhaitent vraiment agraver la situation en Syrie. A la fin du mandat d’Obama, le Pentagone s’était arrangé pour avoir TOUS ses porte-avions à quai, ce qui n’était jamais arrivé. Ce que veulent les huiles du Pentagone, c’est se faire du pognon dans le privé, pas aller affronter un adversaire sérieux, se prendre une dérouillée et devoir ensuite entrer en guerre réellement.


  11. openmind Le 12 avril 2017 à 08h02
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    Parce que vous croyez tous que Trump peut combattre l’Etat profond d’un coup, en face, a decouvert avec ses petits bras muscles? Relire SunTzu et apprennez qu’il faut etre plus malin que son adversaire pour le battre surtout quand il est ojectivement plus fort. Le soutien du peuple est une chose mais l’infiltartion au plus profond de l’Etat americain des forces neoconservatrices sera longue a eradiquer. Rex Tillerson va a Moscou et pas Lavrov va a Washington….ca aussi il faut le comprendre. C’est une serieuse partie d’echec qui se joue a l’heure actuelle pas de baby foot au bar du coin.


    • Kiwixar Le 12 avril 2017 à 08h21
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      Je partage votre avis, l’adversaire (l’état profond) est très puissant et très bien établi. Trump marche sur des oeufs : ses propres oeufs. D’un autre côté, depuis le départ, il a été sous-estimé, pris pour un charlot. Et pourtant il a eu l’investiture, et pourtant il a été élu. Il faudra faire le bilan de sa tsiprasisation (ou pas) dans 4 ans… si il tient jusque là. Autoriser l’attaque en Syrie de manière illégale (sans l’aval du congrès) était peut-être une manière pour lui de chercher à se faire “impeacher” (jeter l’éponge)?


    • calal Le 12 avril 2017 à 08h24
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      oui faut attendre avant de juger.peut etre qu’il essaie de se faire lacher la grappe par ses adversaires sur le plan interne “a peu de frais” ( illegal sur le plan international mais qqprt on y est habitue) tout en obligeant peut etre la chine a regler elle meme le cas nord coreen (soit elle y va soit elle a des bases americaines en coree du nord suite a intervention;sur le plan international,dur quant meme pour la chine de defendre la coree du nord donc elle devra y aller elle meme).


    • atanguy Le 12 avril 2017 à 09h06
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      “Trump peut combattre l’Etat profond”
      Ah Vous y croyez encore! Trump n’est que le produit de cet état: Un caméléon qui s’est fait élire en disant ce que les pauvres petits blancs voulaient entendre. A l’arrivée et a sa stupéfaction d’ailleurs, il s’est retrouvé président – Lui qui ne sait que faire des escroqueries avec l’argent des imbéciles qui croient a ce qu’il dit. Maintenant il ne sait pas quoi faire sur le plan interieur et exterieur et se fait manipuler par le complexe militaro-industriel.


      • openmind Le 12 avril 2017 à 09h40
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        Bonjour atanguy.

        Vous utilisez un biais cognitif. Je n’ai pas écris “Trump peut combattre l’Etat profond”
        Mais “Vous croyez que Trump peut combattre l’Etat profond seul avec ses petits bras musclés en duel ouvert”. Ceci étant, je comprends votre incroyance en la volonté de Trump de le combattre. Contrairement à vous mon sentiment profond nourri de lectures diverses, expériences, croyances, espoirs, désillusions me laisse penser que comme Kennedy, il est issu de “la famille capitaliste” mais c’est souvent en son sein que la bête nourri son antidote, Kennedy rejetait la guerre au Vietnam, la main mise absolue de la FED sur la monnaie (décret présidentiel 11110) et donc qu’il est peut-être en train de jouer une partie très serrée contre cette hydre.


        • alain samoun Le 12 avril 2017 à 20h47
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          @openmind:
          “Kennedy rejetait la guerre au Vietnam” Moi qui habite les US,je dois dire que votre comparaison Kennedy-Trump ferait rire plus d’un américain. Bien que Kennedy ait commencé la guerre du Vietnam et nous ait fait frôler la guerre nucléaire avec la crise cubaine,sa personnalité et popularité n’avaient rien a voir avec celles de ce clown Trump.
          Quant a sa soi disant partie contre la FED,c’est une autre plaisanterie avec les conseillers de Goldman Sachs qui l’entourent. Vous croyez que ce milliardaire Trump qui a fait sa fortune avec les casinos de la mafia deviendrait soudainement le chancre de “l’état profond”? On peut avoir une “openmind” Mais revenez sur terre tout de même…


  12. dieutre Le 12 avril 2017 à 08h23
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    pour résumer, les US et ses alliés agissent comme de “sales gamins”, si on les compare à la sagesse de Poutine. La fille de Trump, choquée par les images filmées par les fameux “Casques Blancs”, demande à son papa qu’il bombarde la Syrie, il le fait pour écouter fifille. Les occidentaux qui disaient pis que pendre de Trump, maintenant l’applaudissent pour ce geste inconséquent. Ca fait peur, que le monde soit en de telles mains de “sales gosses”


  13. jessim Le 12 avril 2017 à 09h09
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    Que ce soit Trump qui change de bord montre aux yeux des américains ce qu’est réellement leurs politiques. Cela aurait été Killary cela aurait paru normal mais avec Trump les américains se rendent compte que l’état profond joue contre eux.

    Ce qui me sidère c’est que les USA sont les rois de l’ingérence alors que la bas, la fracture est tellement profonde qu’il suffit de bien peu pour lancer un conflit civil qui serait monstrueux étant donnée que tout le monde est armé la bas et qu’une grande partie des jeunes sont dans des gangs.

    Pour ma part, j’ai bien peur de ce qui se passe en Corée plutôt qu’en Syrie parce que Bachar et Poutine savent manier le feu alors qu’en Corée le mec en a clairement rien à faire des menaces et la Chine ne semble pas vouloir tempérer le tempo.

    A voir comment tout cela va avancer pour moi, il est clair qu’ils veulent la guerre pour résoudre une crise du capitalisme et prévenir l’effondrement de leurs système financier.


    • Catalina Le 12 avril 2017 à 16h42
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      N’oubliez pas que la Corée du Nord s’est armée car menacée par les gangsters us. Qui utilisent maintenant cette défense comme une “attaque”.


  14. Raoul Le 12 avril 2017 à 09h41
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    On peut faire toutes les hypothèses que l’on veut sur ce qui se passe dans la tête de Trump, ce qui compte c’est le résultat. Et, le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas glorieux.

    Les possibilités de rapprochement entre les États-Unis et la Russie sont détruites, probablement pour pas mal de temps. Les États-Unis ont perdu le droit de survoler librement la Syrie. Ils le pourront le faire, à leurs risques et périls. Si les russes éviteront probablement de détruire un avion états-unien, ils pourraient ne pas avoir cette timidité avec les avions des alliés des États-Unis. Et, de toute façon, les syriens auront certainement moins d’hésitations.

    Les lois internationales ont été, une fois de plus, grossièrement violées avec l’assentiment de plusieurs pays européens, dont la France. Ce qui, combiné avec la rhétorique guerrière de Trump contre la Corée du Nord, nous a fait entrer de nouveau dans une période extrêmement dangereuse.

    Alors, même s’il s’agissait d’une manœuvre de Trump pour reprendre la main dans son pays, les conséquences au niveau international sont telles qu’on peut déjà dire qu’elle a échoué. Rétablir la confiance avec les quelques pays qui voulaient lui donner sa chance va être une tâche titanesque.


  15. Louis de Constance Le 12 avril 2017 à 10h17
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    Every politician , everywhere in every democracies is getting more realistic after his campaign. That’s the game. Wise Gamblers are supposed to know the rules and so, not to be disappointed! Dead-Ass ?


  16. DonetskiyVasya Le 12 avril 2017 à 10h19
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    Depuis quelques jours c’est devenu très agréable de regarder la télé russe. Le revirement à 180 degrés de la politique éditorial concernant Trump. Heureux de voir que ce site suit cette tendance. Il a fallu moins de 3 mois pour que Trump devienne pire qu’Obama. Et on n’est qu’au début de son mandant.
    Il parait qu’à l’époque, les soviétiques soutenaient la candidature de “pragmatique” Reagan contre “droits de l’homiste” Carter. Je vois que l’histoire se répète, mais en accéléré.


  17. serge Le 12 avril 2017 à 16h33
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    Ma foi, à part les quelques tweets en légère rupture de politique internationale de Trump, dont on peut penser que, comme nos candidats à la présidentielle, ils sont faits pour la communication de campagne, les actions de Trump depuis son élection sont quand même une grande continuité militaro-industrielle. Les ressources pétrolières du moyen-orient sont pour les US et donc les empêcheurs de forer en rond doivent être contrés le plus longtemps possible. Le Pacifique Nord est US donc la Chine doit être bloquée (voir la mobilisation chinoise aux frontières nord-coréennes). Et l’Amérique du sud est l’arrière-cour pour le reste (voir les diverses déstabilisations en cours). Les US ont un budget militaire très important dont l’usage est quand même la meilleure réappro. Le dollar est leur monnaie et notre problème. Et In God they trust… Bref, la différence avec Clinton est qu’elle était partie pour appliquer le programme de suite. Je ne suis pas sûr que le léger délai change grand-chose.


  18. Sebastien Le 13 avril 2017 à 10h53
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    Pensez-vous que Trump, qui est un pragmatique, a accepté ces frappes pour se réconcilier avec des membres du congrès?
    Il vient tout juste d’essuyer un échec cuisant sur son Medicare. Il a peut être compris qu’il a besoin d’alliés dans son pays s’il veut passer ses projets.


  19. georges glise Le 16 avril 2017 à 06h42
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    il me paraissait évident que, quel que soit le président, l’Empire washingtonien avec son pentagone et ses marchands d’armes et son wall street continuerait comme avec obama et ses prédécesseurs. cqfd.une évidence pour moi, confirmée donc par le bombardement en syrie!


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