Scott Ritter est un ancien officier de renseignement et ancien inspecteur en armement de l’ONU en Irak de 1991 à 1998.

Source: The Huffington Post, le 09/04/2017

La responsabilité de l’attaque aux armes chimiques à Khan Cheikhoun est toujours source d’interrogations.

Il fut un temps où Donald Trump, l’« homme d’affaires new-yorkais devenu président », vociférait en septembre 2013 contre le président Barack Obama à propos de la non intervention militaire américaine contre la Syrie. À cette époque, les États-Unis envisageaient l’utilisation de la force contre la Syrie en riposte aux allégations (désormais largement contestées) que le régime du président Bachar el-Assad avait utilisé des armes chimiques contre des civils de la Ghouta, dans la banlieue de Damas. Trump tweetait alors « avertissement à notre leader très stupide, n’attaquez pas la Syrie, si vous le faites il n’en résultera que du mauvais et les É-U ne retireront rien de ce combat ! »

Le président Obama, en dépit de ses déclarations publiques affirmant qu’il déclencherait une action militaire américaine si la « ligne rouge » de l’utilisation des armes chimiques était franchie, renonça finalement à lancer une offensive. Ce recul était largement fondé sur les avertissements de James Clapper, Directeur du renseignement national, indiquant que les responsabilités de l’utilisation des armes chimiques lors de l’attaque de la Ghouta ne pouvaient être clairement établies.

Le président Obama, lors d’un entretien en 2016 avec The Atlantic, observait : « il y a un manuel à Washington que les présidents sont sensés suivre. C’est un manuel écrit par l’establishment de la diplomatie. Et le manuel prévoit des solutions pour différents événements, et ces solutions tendent à être des solutions militarisées. » Pour Obama, si le « manuel de Washington » peut être utile en temps de crise, il peut également devenir « un piège qui peut mener à des décisions néfastes. »

Sa « ligne rouge » concernant l’utilisation des armes chimiques, combinée avec les discours enflammés de ses plus proches conseillers, dont le secrétaire d’État John Kerry, faisant allusion à une réponse militaire, était l’un de ces pièges. Finalement, le président Obama choisit de reculer, au motif que « larguer des bombes uniquement pour démontrer que l’on est prêt à larguer des bombes est tout simplement la pire raison d’utiliser la force. » Les médias, les Républicains et même des membres de son parti ont condamné Obama pour cette décision.

Toutefois, en novembre 2016, Donald Trump, alors président-élu, renchérissait sur la reculade d’Obama par rapport au « manuel de Washington ». La situation sur le terrain en Syrie a fondamentalement changé depuis 2013. L’État islamique en Irak et en Syrie avait pris le contrôle de larges territoires en Irak et en Syrie, établissant une « capitale » à Raqqa, en Syrie, et proclamant la création d’un califat islamique. Les tentatives américaines pour que le président syrien Assad quitte le pouvoir commençaient à porter leurs fruits, forçant la Russie à intervenir en septembre 2015 afin de prêter main forte au président assailli.

Trump, en rupture avec les positions dominantes de la plupart des acteurs politiques américains, Républicains comme Démocrates, déclara que les États Unis devaient s’attacher à combattre et vaincre l’État islamique (ÉI) plutôt que de viser à un changement de régime en Syrie. « Pour moi, » déclarait Trump, « on combat la Syrie, alors que la Syrie combat l’ÉI, et il faut se débarrasser de l’ÉI. La Russie est maintenant totalement alignée avec la Syrie, et il y a aussi l’Iran, devenu plus puissant à cause de nous, qui est aussi aligné avec la Syrie… Maintenant nous soutenons les rebelles contre le gouvernement syrien, alors que nous n’avons aucune idée de qui ils sont vraiment. » En outre, pour Trump, compte tenu de la forte présence russe en Syrie, si les États-Unis s’attaquaient à Assad, « nous finirions par combattre les Russes en combattant la Syrie. »

Durant plus de deux mois, la nouvelle administration Trump propageait l’idée que Donald Trump avait, comme son prédécesseur avant lui, balancé le “manuel de Washington” par la fenêtre en ce qui concernait la politique syrienne. Après avoir lancé une série d’ordres de nouveaux déploiements militaires en Syrie et en Irak visant spécifiquement le combat contre l’ÉI, l’administration Trump commença à communiquer sur un changement majeur de politique vis-à-vis du président syrien.

En août 2011, le président Obama déclarait que le changement de régime à Damas était un pré-requis pour l’arrêt de la guerre civile qui faisait rage depuis avril 2011. Pour la première fois depuis cette prise de position, des représentants officiels du gouvernement américain déclaraient que ce n’était plus le cas. “On choisit ses combats,” affirmait Nikki Haley, ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, à des journalistes le 30 mars 2017. “C’est-à-dire que l’on change de priorités et notre priorité n’est plus de se focaliser sur l’éviction d’Assad.” Les déclarations d’Haley étaient relayées le même jour par le secrétaire d’État Rex Tillerson en visite officielle en Turquie, “Je pense que… l’avenir à long terme du Président Assad sera décidé par le peuple syrien.”

Ce nouvel axe politique a duré à peine cinq jours. En début d’après-midi le 4 avril 2017, des images et clips vidéo alarmants commençaient à être diffusés depuis la province syrienne d’Idleb par des activistes anti-gouvernement, dont des membres des “Casques Blancs”, une équipe de secouristes bénévoles dont le travail a été filmé dans un documentaire éponyme récompensé par un Oscar. Les images montrent des victimes à divers stades, y compris décédées, victimes selon les activistes d’une exposition à des armes chimiques larguées par les forces aériennes syriennes sur la ville de Khan Cheikhoun le matin même.

Les images de ces morts tragiques ont immédiatement été diffusées par les médias américains, commentés par des experts dénonçant l’horreur et l’atrocité de l’attaque chimique, qui a été presque unanimement attribuée au gouvernement syrien, bien que l’unique preuve fournie provenait d’images et témoignages d’activistes anti-Assad, lesquels dénonçaient le revirement de la politique américaine vis à vis du changement de régime en Syrie quelques jours auparavant. Le président Trump a vu ces images, a été très choqué par ce qu’il a vu, particulièrement celles d’enfants morts et blessés.

NEW YORK, NY – 5 Avril – L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nations Nikki montre des photos des victimes de l’attaque chimique. (Photo by Drew Angerer/Getty Images)

Les images furent utilisées comme exemple dans un discours enflammé de Haley durant le Conseil de Sécurité du 5 avril 2017, où elle confronta la Russie et menaça d’action militaire américaine unilatérale si le Conseil ne répondait pas aux prétendues attaques chimiques syriennes. “Hier matin, nous avons découvert les images d’enfants la bave aux lèvres, en convulsion, transportés par leurs parents désespérés,” a dit Haley, brandissant deux des images fournies par les activistes anti-Assad. “Nous avons vu des rangées de corps sans vie, certains en couche-culotte… Nous ne pouvons fermer les yeux à ces images. Nous ne pouvons fermer nos esprits à la responsabilité d’agir.” Si le Conseil de Sécurité refuse de prendre des mesures contre le gouvernement syrien, a dit Haley, alors “Il y a des moments dans la vie d’un État où nous sommes contraints à agir par nous-mêmes.”

En 2013, le président Barack Obama fut confronté aux images de civils morts ou blessés, incluant de jeunes enfants, en provenance de Syrie et qui étaient aussi déchirantes que celles exposées par l’ambassadeur Haley. Son secrétaire d’État, John Kerry, avait fait un discours sans passion qui appelait à une action militaire contre la Syrie. Le président Obama a demandé, et reçu, une large gamme d’options militaires de la part de son équipe de sécurité nationale visant le régime du président Assad ; seule l’intervention de James Clapper, et les doutes qui existaient sur la véracité de l’information reliant l’attaque chimique de la Ghouta au gouvernement syrien, ont retenu Obama de donner le feu vert au bombardement.

Comme le président Obama avant lui, le président Trump a demandé à son équipe de sécurité nationale de préparer différentes options pour une intervention militaire. Contrairement à son prédécesseur, Donald Trump n’a pas cherché à faire de pause dans sa prise de décision pour laisser ses services de renseignement enquêter sur ce qui s’était effectivement passé à Khan Cheikhoun. Tout comme Nikki Haley, Donald Trump était guidé par sa réaction viscérale aux images disséminées par les activistes anti-Assad. Dans l’après-midi du 6 avril, alors qu’il se préparait à quitter la Maison-Blanche pour une réunion au sommet avec une délégation conduite par le président chinois Xi Jinping, les mots mystérieux de Trump lui-même en réponse à un journaliste au sujet d’une riposte américaine semblent indiquer que sa décision était déjà prise. « Vous verrez bien, » a-t-il dit avant de s’en aller.

En quelques heures, deux destroyers de la marine des États-Unis ont lancé 59 missiles de croisière avancés Block IV Tomahawk (dont le coût est d’environ 1,41 million de dollars chacun), visant avions, abris blindés, entrepôts de combustibles, approvisionnement en munitions, défenses aériennes et installations de communications à la base aérienne d’al-Chaayrate, située en Syrie centrale. Al-Chaayrate hébergeait deux escadrons de SU-22, des chasseurs-bombardiers de fabrication russe opérés par l’aviation syrienne, le décollage de l’un d’eux depuis al-Chaayrate avait été repéré par les radars américains le matin du 4 avril 2017, et survolait Khan Cheikhoun à peu près au moment où l’attaque chimique se serait produite.

L’objectif de la frappe américaine était double : premièrement, envoyer un message au gouvernement syrien et à ses alliés que, selon le secrétaire d’État Tillerson, « le président est disposé à prendre des mesures décisives lorsque c’est nécessaire, » et en particulier face à des preuves d’une attaque chimique sur laquelle les États-Unis ne pouvaient pas « détourner le regard, fermer les yeux. » L’autre objectif, selon un porte-parole de l’armée américaine, « réduire la capacité du gouvernement syrien à livrer des armes chimiques. »

De plus, la lune de miel politique de l’administration Trump était terminée et elle venait récemment d’annoncer le changement de régime en Syrie. « Il est très, très possible, et, je vais vous dire, c’est déjà arrivé, que mon attitude envers la Syrie et Assad ait beaucoup changé, » a dit le président Trump aux journalistes avant que les tirs de missiles ne commencent. Le secrétaire Tillerson est allé plus loin : « Il semblerait qu’il n’y ait pas de rôle pour lui [Assad] pour qu’il gouverne le peuple syrien. »

Un tel revirement dans les fondamentaux et la stratégie politiques dans un laps de temps aussi court est stupéfiant ; Donald Trump n’a pas juste dévié légèrement de son axe, il a fait un revirement à 180°. La précédente politique de non-ingérence visant à vaincre l’EI et à améliorer les relations avec la Russie a été remplacée par une prise de position résolue pour un changement de régime, un engagement militaire direct avec les forces armées syriennes et une posture conflictuelle vis à vis de la présence militaire russe en Syrie.

Normalement, un changement de politique aussi majeur ne pourrait s’expliquer que par une nouvelle réalité, étayée par des faits vérifiables. La supposée attaque aux armes chimiques contre Khan Cheikhoun n’était pas une nouvelle réalité ; les attaques chimiques en Syrie se sont produites régulièrement, malgré les efforts internationaux pour le désarmement chimique de la Syrie entrepris en 2013 et qui ont joué alors un rôle prépondérant dans la prévention d’une action militaire américaine. Les enquêtes internationales sur ces attaques ont donné des résultats peu probants, certaines étant attribuées au gouvernement syrien (ce que le gouvernement syrien dément farouchement), et la majorité étant attribuées aux combattants du régime, en particulier ceux affiliés au Front al-Nosra, affilié à al-Qaïda.

En outre, il y a une telle confusion sur les responsabilités lors de l’utilisation des armes chimiques en Syrie qu’il semblerait très impulsif de condamner uniquement le gouvernement syrien pour les événements de Khan Cheikhoun sans avoir les résultats d’une enquête officielle. C’est pourtant exactement ce qui s’est produit. Un événement chimique a eu lieu à Khan Cheikhoun, ce qui doit être établi, c’est qui est responsable du déclenchement des armes chimiques qui ont causé la mort d’aussi nombreux civils.

Personne ne conteste le fait qu’un chasseur bombardier SU-22 de l’armée de l’air syrienne a conduit une mission de bombardement contre une cible à Khan Cheikhoun au matin du 4 avril 2017. Les activistes anti-régime à Khan Cheikhoun ont cependant dépeint une armée de l’air syrienne lâchant des bombes chimiques sur une population civile endormie.

Une information cruciale largement absente de la couverture dans les médias grand public est que Khan Cheikhoun est le point de départ pour les djihadistes islamiques au centre du mouvement anti-Assad en Syrie depuis 2011. Jusqu’en février 2017, Khan Cheikhoun était contrôlée par un groupe pro-EI, appelé Liwa al-Aqsa, qui était engagé dans une lutte souvent violente avec son organisation concurrente, le Front al-Nosra (qui s’est transformé par la suite en Tahrir al-Sham, constituant quelle que soit l’appellation la branche d’al-Qaïda en Syrie), pour le contrôle des ressources et de l’influence politique au sein de la population locale.

 

Le ministre russe de la défense a affirmé que le groupe Liwa al-Aqsa utilisait des installations à l’intérieur et autour de Khan Cheikhoun pour fabriquer des obus chimiques rudimentaires et des mines destinées aux forces de l’EI combattant en Irak. Selon les autorités russes, l’usine d’armes chimiques de Khan Cheikhoun est similaire à d’autres sites découverts par les forces russes et syriennes à la suite de la reconquête des zones d’Alep contrôlées auparavant par les rebelles.

À Alep, les Russes ont découvert des laboratoires militaires sommaires de production d’armes qui permettaient de remplir des obus de mortier et de mines avec un mélange de gaz chloré et de phosphore blanc ; après qu’une enquête méticuleuse a été menée par des spécialistes militaires, les russes ont confié des échantillons de ces armes ainsi que des échantillons de sol prélevés dans des zones touchées par des armes produites dans ces laboratoires à des enquêteurs de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques, afin qu’un examen plus approfondi soit mené.

Al-Nosra a une longue histoire en terme de confection et d’utilisation d’armes chimiques rudimentaires ; l’attaque chimique de 2013 sur la Ghouta comprenait l’utilisation de gaz Sarin de mauvaise qualité, fabriqué localement, tandis que les attaques sur et autour d’Alep en 2016 employaient un mélange de chlore et de phosphore blanc. Si les conclusions des russes sont correctes, et que le bâtiment bombardé à Khan Cheikhoun au matin du 4 avril 2017 produisait ou permettait le stockage d’armes chimiques, il y a une forte probabilité que des agents chimiques opérationnels et d’autres contaminants toxiques se soient répandus dans les quartiers environnant, puis se soient répandus plus loin sous l’action des vents dominants.

L’explication alternative proposée par les Russes et les Syriens, cependant, a été minimisée, ridiculisée et ignorée à la fois par les médias américains et par l’administration Trump. De même que l’absence totale de logique des éléments mis en avant pour expliquer pourquoi le président Assad risquerait tant en utilisant des armes chimiques contre une cible n’ayant aucune utilité militaire, à un moment où la balance des forces sur le plan stratégique avait basculé fortement en sa faveur. De la même manière, pourquoi la Russie, qui s’était investie de manière considérable dans le démantèlement de l’arsenal chimique syrien après 2013, serait restée passive pendant que les forces aériennes syriennes menaient une telle attaque, et notamment alors qu’il y avait une forte présence militaire russe sur la base aérienne au moment de l’attaque ?

Une analyse de la sorte semble hors de portée du quatrième pouvoir des États-Unis. Au lieu de dela, les organes de presse tels que CNN prennent pour argent comptant toutes les déclarations faites par les sources officielles américaines, y compris les insinuations particulièrement grotesques sur le fait que la Russie était de connivence avec les attaques chimiques ; la présence mentionnée ci-dessus d’officiers russes sur la base d’al-Chaayrate a été mentionnée comme la preuve que la Russie devait avoir eu connaissance de l’arsenal chimique syrien, et n’avait rien fait pour prévenir l’attaque.

Pour supporter ce non-sens, le public américain et les preneurs de décisions font usage d’une campagne de propagande sophistiquée impliquant des vidéos et des récits fournis par les forces opposantes au régime de Bashar al-Assad, ceci incluant des organisations telles que les “Casques Blancs”, l’association médicale américano-syrienne, le centre médiatique d’Alep, qui ont un passif de production d’information biaisée destinée à promouvoir un message anti-Assad (Donald Trump a tout fait sauf admettre que ces images ont joué un rôle majeur dans sa décision de réviser son opinion sur Bashar al-Assad et d’ordonner l’attaque aux missiles sur la base aérienne d’al-Chaayrate).

De nombreux combattants membres de Tahrir al-Sham sont des vétérans de la bataille d’Alep, et en tant que tels sont intimement familiers avec les outils et l’échange de propagande de guerre qui fut menée simultanément au combat physique dans un effort pour influencer l’opinion occidentale dans le sens d’adopter une posture plus agressive en opposition du gouvernement syrien d’Assad. Ces outils ont été amené pour supporter la promotion d’une contre-histoire au sujet de l’incident chimique de Khan Cheikhoun (ironiquement, beaucoup d’activistes en question, y compris des “Casques Blancs”, ont été entraînés et équipés pour des tactiques de manipulation via les réseaux sociaux avec l’argent fourni par les États-Unis ; il n’est très probablement jamais venu à l’esprit du département d’État qui a conçu ce programme que ces technique finiraient par être utilisées pour manipuler un président américain à réaliser une action de guerre.

Même un entraînement médiatique astucieux, cependant, ne peut dissimuler des inconsistances factuelles basiques. Plus tôt, des médias d’opposition anti-Assad étiquetaient l’incident de Khan Cheikhoun comme une attaque à l'”agent nerveux Sarin” ; un docteur membre d’al-Qaïda a envoyé des images et un commentaire via un réseau social qui documentaient des symptômes, tels que les pupilles dilatées, qu’il diagnostiquait comme provenant de l’exposition à l’agent nerveux Sarin. Le Sarin, cependant, est une substance inodore et incolore, dispersée sous forme de liquide ou vapeur ; les témoins oculaires, eux, parlent d’une “odeur âcre” et de nuages “bleu-jaune”, qui indiqueraient plutôt du gaz chlorine.

Et pendant que les médias américains, à l’instar de CNN, ont parlé de munitions “remplies à ras bord” avec l’agent nerveux Sarin qui fut utilisé à Khan Cheikhoun, aucune preuve citée par aucune source ne peut corroborer ces dires. Des images déchirantes de victimes traitées par des “Casques Blancs” ont été citées comme preuve de symptômes de type Sarin, cependant la fiabilité médicale de ces images est en question ; aucune image n’a été prise des victimes sur les lieux de l’attaque. A la place, la vidéo fournie par les “Casques Blancs” montre des procédures de décontamination et autres traitements réalisés à une base des Casques Blancs après que les victimes, mortes ou vivantes, y ait été transportées.

Le manque de vêtements de protection adaptés portés par les “Casques Blancs” pendant le transport des victimes est une autre indication que les agents chimiques en question n’étaient pas du Sarin de qualité militaire ; si c’était le cas, les sauveteurs eux-mêmes seraient devenus victimes (certains témoignages mentionnent ce phénomène, mais il s’est produit sur le site de l’attaque, où les sauveteurs ont été submergés d’une “âcre odeur” chimique – encore une fois, le Sarin est inodore).

Plus de 20 victimes de l’incident de Khan Cheikhoun ont été transportées vers des hôpitaux turcs ; trois d’entre eux sont morts en cours de route. Selon le ministre de la justice turque, les autopsies pratiquées sur ces corps confirment que la cause du décès était l’exposition à des agents chimiques. L’Organisation Mondiale de la Santé a indiqué que les symptômes des victimes de Khan Cheikhoun correspondent à une exposition avec Sarin et Chlorine. Les médias américains se sont déchaînés contre les déclarations des Turcs et de l’OMS comme “preuve” de l’implication du gouvernement syrien ; cependant, toute exposition avec le mélange chlorine/phosphore blanc associé avec les armes chimiques d’al-Nosra produirait des symptômes similaires.

De plus, si al-Nosra a réutilisé à Khan Cheikhoun le même type de Sarin de mauvaise qualité employé à la Ghouta en 2013, il est hautement probable que les victimes en question affichent des symptômes de type Sarin. Les échantillons sanguins prélevés sur les victimes pourrait fournir une lecture plus précise des composants chimiques impliqués ; de tels échantillons ont prétendument été récoltés par des membres d’al-Nosra et donné aux investigateurs internationaux (il est stupéfiant qu’une unité d’investigation sérieuse puisse accepter des preuves légales provenant d’al-Nosra lors d’une investigation où al-Nosra est l’un des deux coupables potentiel, mais c’est précisément ce qui s’est passé). Cependant, l’administration Trump a décidé d’agir avant que ces échantillons puissent être analysés, peut-être par crainte que les résultats ne corroboreraient pas les allégations sous-jacentes de l’emploi du Sarin par l’armée de l’air syrienne.

Les médias grand public américains ont volontairement et ouvertement accepté une version des faits fournie par des membres d’al-Qaïda dont l’usage d’armes chimiques en Syrie et la distorsion et fabrication de “preuves” promouvant les politiques anti-Assad en Occident – ceci incluant le changement de régime – sont bien documentées. Ces médias ont délibérément pris la décision d’endosser la vue d’al-Qaïda au sujet d’une fiction fournie par les autorités gouvernementales russe et syrienne sans aucun effort pour vérifier les faits d’une des versions. Ces actions, cependant, ne semblent pas choquer la conscience du public américain ; quand il s’agit de la Syrie, les médias grand public américains et son audience ont depuis longtemps cédé à la version d’al-Qaïda et autres groupes islamistes anti-régime.

Les véritables coupables sont ici l’administration Trump, et le Président Trump lui-même. La tendance du président à accorder plus de poids à ce qu’il voit à la télévision qu’aux briefings de son département renseignement (briefings auxquels il participe ou pas), son manque de curiosité intellectuelle et de familiarité avec les nuances et la complexité des politiques de sécurité étrangères comme nationale, ont créé des conditions où les images des victimes de Khan Cheikhoun qui ont été répandues par des structures pro al-Nosra (e.g. Al-Qaïda) sont en mesure d’influencer des décisions critiques de vie et de mort.

Il n’est pas surprenant que le Président Trump soit susceptible de manipulation aussi peu subtile, étant donnée sa prédilection à rendre les coups sur Twitter pour toute offense perçue ; il est en revanche scandaleux que son équipe de sécurité nationale l’ai laissé être ainsi manipulé, et n’ait rien fait pour influencer l’opinion de Trump ou faire traîner le passage à l’action dans l’attente d’une vérification approfondie des faits. L’histoire montrera que Donald Trump, ses conseillers et les médias américains étaient un peu plus que volontairement dupes d’al-Qaïda et ses membres, dont la manipulation du récit syrien résulta dans un changement de politique majeur qui sert leurs objectifs.

L’autre vainqueur de cette tragique histoire est ISIS, qui tira parti de la frappe américaine contre al-Chaayrate pour lancer une offensive majeure contre les forces du gouvernement syrien autour de la ville de Palmyre (al-Chaayrate a servi de base aérienne principale pour les opérations dans la région de Palmyre). La cassure dans les relations entre la Russie et les États-Unis signifie que, dans un futur proche tout du moins, le type de coordination qui a eu lieu dans le combat contre ISIS est du passé, ce qui ne profite qu’aux combattants d’ISIS. Pour un homme qui a mis une telle emphase sur le fait de combattre ISIS, les actions du Président Trump peuvent uniquement être vues comme une blessure auto-infligée, une sorte d’escadron de tir circulaire, ce qui ressort plus des actions d’un policier de Keystone que du commandant en chef de la nation la plus puissante du monde.

Mais la personne qui pourrait rire le dernier est le président Assad lui-même. Alors que le Pentagone a annoncé qu’il a considérablement dégradé la base aérienne d’al-Chaayrate, avec 58 des 59 missiles atteignant leur cible, la Russie affirme que seulement 23 missiles ont touché ces infrastructures, n’y faisant que des dégâts limités. La piste de décollage est intacte ; en effet, l’après-midi du 7 avril 2017, un bombardier syrien décolla d’al-Chaayrate et vola vers la province d’Idleb où il a attaqué les positions d’al-Nosra près de Khan Cheikhoun.

Source: The Huffington Post, le 09/04/2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

86 réponses à Des hommes d’influence – Al-Qaïda aurait-il manipulé Donald Trump et les médias américains ? Par Scott Ritter

Commentaires recommandés

Zevengeur Le 11 avril 2017 à 09h33

En synthèse, après quelques jours de réflexion, on peut considérer que l’hypothèse la plus probable est la plus simple.
Trump n’est qu’un crétin redneck sans cervelle qui ne fonctionne que sur le pathos. Ce type est très dangereux.
Par ailleurs les 35 missiles manquants ont de toute évidence été abattus par les défenses anti-aériennes russo-syriennes.

  1. Zevengeur Le 11 avril 2017 à 09h33
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    En synthèse, après quelques jours de réflexion, on peut considérer que l’hypothèse la plus probable est la plus simple.
    Trump n’est qu’un crétin redneck sans cervelle qui ne fonctionne que sur le pathos. Ce type est très dangereux.
    Par ailleurs les 35 missiles manquants ont de toute évidence été abattus par les défenses anti-aériennes russo-syriennes.


    • izarn Le 11 avril 2017 à 11h39
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      La Russie a déclaré ne pas utiliser ses propres forces pour défendre la Syrie contre les USA.
      De fait, l’armée russe a déclaré aussi qu’elle améirait les défenses syriennes au niveau de la “DCA”…
      36 missiles de croisières abattus, ce qui fait quand meme 18 camions de 2 missiles chacun. C’est pas rien. Et visiblement la réussite est de 100%.
      On comprends mieux les 60 missiles lancés, pour saturer les S300.
      Ensuite le Pentagone a pu observer l’efficacité de ces armes russes….


      • Zevengeur Le 11 avril 2017 à 13h37
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        @izarn

        La défense anti-aérienne Syrienne n’est pas équipée de S300 et encore moins de S400, ces derniers ne possèdent que des S200 modernisés par les Russes ainsi que des Pantsyr, les plus efficaces contre les missiles de croisière.
        Seules les bases Russes sont protégées par des S300/400 sous contrôle de l’armée Russe.

        Ensuite, que les Russes aient donné un “coup de main” aux syriens pour abattre les Tomahawk tout en déclarant ne pas être intervenu serait de bonne guerre, si je puis me permettre l’expression !


        • aleksandar Le 12 avril 2017 à 08h26
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          Tout a fait exact.
          Et il est peu probable que les Syriens aient réussis a descendre autant de tomahawks avec leurs batteries de Pantsyr.
          Raytheon et le Pentagone se vantent d’une efficacité de 90 %, or les militaires américains qui ont participé a l’agression contre l’Irak dans leurs mémoires et publication parlent d’une efficacité aux alentours de 50 %.
          C’est une première explication possible.
          La deuxième est que les russes qui ont développé depuis 10 ans de très fortes capacités de détection et de brouillage aient réussi a détourner ou détruire, via leur système interne d’auto destruction ces missiles. L’emphase mise volontairement par les Russes sur ce fiasco opérationnel américain est destiné a la fois aux acheteurs d’armes ET aux américains. ” Nous avons les moyens de vous contrer “.
          Quoi qu’il en soit,il y a quelqu’un au Pentagone qui sait ce qui s’est passé et qui ne doit pas être très a l’aise en ce moment.
          Les russes et les syrien ont été pris par surprise, ce ne sera plus le cas.
          L”efficacité d’une prochaine frappe en Syrie suite au renforcement prévisible des défenses AA par les russes et des capacités de détection et brouillage va tourner a l’humiliation pour les américains.
          En fait, un peu plus, puisque cette “disparition” de 36 missiles Tomahawk fait déjà rire de nombreux intervenants sur les blogs a caractere militaire un peu partout dans le monde.


          • Zevengeur Le 12 avril 2017 à 10h36
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            On rappellera l’affaire du Destroyer Donald Cook lors de l’incident avec le SU 24 Russe en mer noire.
            Selon les médias alternatifs le système Aegis du navire avait été aveuglé par le système de guerre électronique de l’avion russe.
            Et donc au sujet de nos Tomahawks disparus….


        • VAZY Francky Le 12 avril 2017 à 20h08
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          Vous auriez du aller sur la page de Wikipédia, et vous sauriez que l’armée Syrienne possède aussi des BUK, des Strella, des Igla S et surtout des Pantsir fraichement modernisés et livrés récemment. Le tout étant déployé un peu partout sur le territoire. Quand au S-300, la Russie a bien livré une batterie complète à Damas. Un complexe S-2500 antey de nouvelle génération afin de protéger la ville et le palais présidentiel. Il est entièrement sous le contrôle Syrien. Les S-400 et les S-300P (version marine du PMU2) à Tartous protègent Heymemin et Tartous contre d’éventuelles attaques. A noter que les Chinois ont également déployé leurs propres systèmes, et qu’en outre les Russes ne s’interdiront jamais de brouiller les missiles sans les abattre avec leurs systèmes actuellement déployés et qui couvrent l’intégralité de la Syrie. C’est certainement pour cette raison que peu ont atteint leurs cibles…


      • Dominique Le 12 avril 2017 à 00h25
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        « Ensuite le Pentagone a pu observer l’efficacité de ces armes russes »
        Peut-être un des objectifs de l’attaque ?


    • Eg.O.bsolète Le 11 avril 2017 à 12h41
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      Il se peut aussi qu’il n’ait pas pu résiter davantage à l’assimilation imposée par le l’état profond. Le fait qu’il ait fait appel à une service de sécutité privé quand il s’est installé à la maison blanche en dit long sur le dégré de pénétration de l’état profond au coeur du système washingtonnien.

      Je me dis parfois que nous sommes dirigés par des borgs. A partir d’un certain moment le l’état profond assimile et prend le contrôle total des dirigeants. Ceux-ci se retrouvent alors réduits à faire de la figuration au service de l’état profond, réduits à se mettre en scène, réduits à danser, à parader, à blaguer, comme pour masquer leur frustration et leur impuissance.

      Et je me prends à divageur, peut-être essayent t’ils même de nous faire passer un message subliminal de type ‘ce n’est plus moi’, en poussant jusqu’à la caricature de ce qu’ils ne sont pas. Exemple avec ces européens qui comme par excès de zêle vocifèrent plus fort que leur maître.


    • Prométhée Enchaîné Le 11 avril 2017 à 13h59
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      Oui, la plus simple est que le régime syrien en est coupable.

      “Les enquêtes internationales sur ces attaques ont donné des résultats peu probants, certaines étant attribuées au gouvernement syrien (ce que le gouvernement syrien dément farouchement), et la majorité étant attribuées aux combattants du régime, en particulier ceux affiliés au Front al-Nosra, affilié à al-Qaïda.”

      Je suppose que les traducteurs voulaient dire que la majorité était attribuée aux opposants syriens ? Si c’est le cas, quelles sont les fameuses enquêtes internationales ?

      Quoiqu’il en soit, dans aucun des rapports de la Commission d’Enquête Indépendante de l’ONU pour la Syrie, les rebelles (Daesh exclu) ne sont identifiés comme responsables de la moindre attaque chimique. [Modéré] http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/HRC/IICISyria/Pages/Documentation.aspx


      • Prométhée Enchaîné Le 11 avril 2017 à 14h01
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        “De plus, si al-Nosra a réutilisé à Khan Cheikhoun le même type de Sarin de mauvaise qualité employé à la Ghouta en 2013 (…)”

        Ceci est factuellement faux :

        1/ 7th Report of Commission of Inquiry on Syria – A/HRC/25/65

        12 February (published on 5 March 2014) :

        ‘The evidence available concerning the nature, quality and quantity of the agents used on 21 August indicated that the perpetrators likely had access to the chemical weapons stockpile of the Syrian military, as well as the expertise and equipment necessary to manipulate safely large amount of chemical agents.’

        2/ “Mr Sellstrom confirmed that the quality of the sarin was superior both to that used in the Tokyo subway but also to that used by Iraq during the Iraq-Iran war,” he told reporters.
        http://www.reuters.com/article/us-syria-crisis-un-idUSBRE98F0ED20130916


        • Pegaz Le 11 avril 2017 à 14h59
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          D’abord ce n’est pas une affirmation. « De plus – SI – Al-Nosra….. » c’est au conditionnel.

          D’autre part, pour prétendre que c’est faux, il faudrait pouvoir comparer. Cela sera possible quand une analyse du gaz de Khan Cheikhoun aura été effectuées. Et ce n’est surement pas des enquêtes de 2014 qui pourront valider vos propos.

          Par contre – A/HRC/25/65 – page 20 – C1 – 128:
          S’agissant de l’incident de Khan Al-Assal du 19 mars, les agents utilisés dans cette attaque portaient les mêmes caractéristiques uniques que celles des agents utilisés à la Ghouta.

          A cette période Khan Al-Assal était sous protection du gouvernement syrien. C’est pour cela que l’OSDH annonçait, au moins 26 décès, dont 16 soldats du gouvernement et 10 civils, et plus de 86 blessés.


          • Prométhée Enchaîné Le 11 avril 2017 à 15h27
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            Ce qui est factuellement faux est l’usage d’un sarin dégradé à la Ghouta.


            • V_Parlier Le 11 avril 2017 à 22h42
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              Et même s’il n’était pas dégradé, ça changerait quoi? Avec tous les pillages d’arsenaux qu’il y a du y avoir depuis 2013 (des sites de productions d’armes chimiques étant tombés en zones rebelles à ce moment là *), je ne vois pas ce que ça prouverait.
              (*) Selon l’OPCW: https://youtu.be/WLK7oZ5hjNw?t=3m29s .

              Puis je vous cite: “la plus simple est que le régime syrien en est coupable”. C’est sur que comme ça on ne se fatigue pas. Les USA choisissent ainsi toujours les solutions les plus “simples” et je vois que ça vous plait (même si cette prétendue simplicité n’a aucune logique).


            • Prométhée Enchaîné Le 12 avril 2017 à 00h53
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              Soyez cohérents, soit vous censurez Parlier qui rebondit sur mon commentaire pour relancer le débat, et moi-même, soit personne.


      • Pegaz Le 11 avril 2017 à 14h28
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        Conforme aux mandats.

        A/HRC/25/65 – Page 2 – fin du résumé

        L’utilisation d’armes chimiques, du sarin plus précisément, a été constatée dans de
        multiples incidents au cours de ce conflit. Le seuil fixé par la commission quant au
        caractère probant des éléments de preuve n’a été atteint pour aucun de ces incidents en ce
        qui concerne leurs auteurs.


      • Homère d'Allore Le 11 avril 2017 à 14h53
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    • Vladimir K Le 11 avril 2017 à 14h04
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      @Zevenger :

      Premier point : La Russie avait déjà des S-300 et S-400 en place sur sa base de Tartus, et en a ajoutés à l’automne 2016 suite à des bavures de la coalition occidentale en septembre. Potentiellement toute la Syrie peut être protégée, surtout maintenant que le memorendum de non utilisation de ces missiles est caduc.

      Second point : Il semble de plus en plus que cette affaire d’attaque chimique soit un fake. Une association suédoise de médecins pointe du doigts plusieurs faits troublants :
      – le gaz sarin est invisible, inodore et tue en à peine quelques minutes, donc les témoignages et vidéos qui parlent d’un nuage, d’un odeur de sarin, des médecins qui traitent les victimes sans protection ne sont pas compatibles avec l’accusation portée,
      – des vidéos montrent de fausses manipulations effectuées par les fameux casques blancs.

      http://theindicter.com/white-helmets-movie-updated-evidence-from-swedish-doctors-confirm-fake-lifesaving-and-malpractices-on-children/

      Et là, ils répondent à une équipe de fact-checkers allemands
      http://theindicter.com/swedish-doctors-for-human-rights-reply-to-german-ardbr-television-verification-team-ref-rt-interview-on-white-helmets-video/


      • POL Le 13 avril 2017 à 04h13
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        si vous regardez la video ou un soit disant “medic” effectue une injection sur un bébé a l’agonie vous constatez, même sans être spécialiste, qu’il n’a aucune idée de la manière de faire ce genre d’injection dans le coeur, il “trifouille” lamentablement, et surtout, il n’injecte absolument rien, le piston ne se déplace pas d’un millimètre entre le début et le fin du simulacre de soin. On espère seulement que le bébé était déjà mort, car ce qu’il subit est vraiment immonde.


    • Pegaz Le 11 avril 2017 à 20h11
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      Avis au lendemain de l’attaque chimique présumée.

      Par Peter Ford, ex-ambassadeur UK en Syrie – STfr
      https://www.youtube.com/watch?v=iWHM1O018_o

      Par Tom Duggan, journaliste anglais à Damas – Angl
      https://theinternationalreporter.org/2017/04/09/syria-terrorist-attacks-on-civilians-in-damascus-alleged-chemical-attacks-in-idlib-tom-duggan-reporting-live/

      Au Conseil de Sécurité
      Le jour de l’attaque US, le représentant de la Bolivie exprime leurs points de vue – STfr
      https://www.youtube.com/watch?v=eBBPZHTkB7w


    • mmmm Le 11 avril 2017 à 23h57
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      La fiabilité des missiles américains est peut être aussi en cause.


    • Kongovox Le 12 avril 2017 à 15h22
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      Cette attitude de la part des gouvernements occidentaux à mentir systématiquement et à imputer aux Syriens l’usage des gaz toxiques au lieu de désigner et de condamner les vrais coupables c’est à dire les gentils rebelles djihadistes ne peut que encourager ces derniers (les djihadistes) à posséder et à faire usage de ces gaz chimiques dans le futur ! C’est de la pure folie ! Quelle sera la réaction des Occidentaux le jour où les terroristes islamistes feront usage de ces gaz chimiques dans leurs attentats ici dans les pays européens sur les populations européennes ???


  2. Fritz Le 11 avril 2017 à 09h42
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    « il est stupéfiant qu’une unité d’enquête sérieuse puisse accepter des preuves légales provenant d’al-Nosra lors d’une enquête où al-Nosra est l’un des deux coupables potentiels » : c’est cela, la “justice internationale” ? Juge et partie ?

    « cependant, l’administration Trump a décidé d’agir avant que ces échantillons puissent être analysés » : c’est de bonne méthode. Frapper d’abord, réfléchir après.

    Défi : qui se dévoue pour insérer cet article de Scott Ritter dans l’article Wikipédia consacré à cet affaire, article exemplaire qui est un monument d’impartialité ?

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Khan_Cheikhoun_du_4_avril_2017


    • Guillaume Le 11 avril 2017 à 10h14
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      Pour faire le lien avec un autre billet, sur la page Wikipédia dans la catégorie enquêtes
      et rapports, l’unique source est Bellingcat


    • John B Le 11 avril 2017 à 10h58
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      Mais je ne comprends pas, l’enquête et fini et le responsable a été officiellement désigné ou pas ?

      Non parce qu’en lisant l’article wiki, les “faits” (comme présentés) sont là et c’est bien l’armée syrienne qui a “bombardé et utilisé des armes chimiques”.

      une petite perle :

      “La responsabilité du régime syrien, ou l’usage même d’armes chimiques à Khan Cheikhoun, sont également niées dans des théories du complot relayées notamment par l’extrême-droite américaine”

      Pour cet article, la culpabilité du régime syrien ne fait aucun doute.

      Quelle impartialité … mais bon c’est wiki, on sait à quoi s’en tenir.


    • Fritz Le 11 avril 2017 à 11h34
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      Je viens de citer le texte de Scott Ritter dans l’article de Wikipédia (fin de la section) :
      « Selon Scott Ritter, ancien inspecteur en désarmement des Nations unies, le front al-Nosra serait responsable du gazage de Khan Cheikhoun. »

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Khan_Cheikhoun_du_4_avril_2017#D.C3.A9roulement

      Sans illusion : les chiens de garde atlantistes étant vigilants sur Wikipédia, je parie que ma modification sera effacée avant une heure. Rendez-vous à 12 h 34 donc.


      • kriss34 Le 11 avril 2017 à 13h10
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        Votre modification (utilisateur Deu*et) est toujours là, elle a juste changé de section… Jusqu’à quand je ne sais pas.


        • Fritz Le 11 avril 2017 à 15h14
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          Exact. Cette modification a été déplacée à la fin de la section “Contestation de la version russe”. Pari perdu.
          L’intérêt de cette encyclopédie est d’offrir toutes les sources, tous les points de vue : celui de Scott Ritter devait être pris en compte.


          • Papagateau Le 11 avril 2017 à 19h20
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            Mais qu’est-ce qui les a pris de mettre ça dans “Contestation de la version russe” ?
            A la limite sous un titre de section comme “Version russe” ou “Contestation syrienne” , mais “Contestation de la version russe” , ça n’a pas de sens. Ou plus exactement le titre ne correspond pas à la section. Est-ce fait exprès pour être perturbant, donc fatiguant, donc sans effet, inexploitable et sans danger ?

            Rendre fatiguant ce qui ne peut être contesté, c’est un métier.


  3. lesampan Le 11 avril 2017 à 10h12
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    et pendant ce temps de bombardement les russes dormaient car ils n’ont pas répondus ils sont outillés contre les missiles mais Poutine nous raconte qu’ils en est tombés 28 et non 59 c’est à ne rien comprendre à moins que Trump lui est envoyé ou passé un coup de fil .


    • Seraphim Le 12 avril 2017 à 05h47
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      Voilà ! Exactement! Sous le coup d’une exaspération on décrit subconsciemment la vérité. Coup de fil ou pas, bien sûr qu’il y a une sorte de négociation des événements, au moins dans leurs grandes largeurs, avec les Russes. Si Trump a, publiquement, joué sur les affects, le tempérament, c’est précisément qu’il a agit autrement, sur d’autres ressorts. A part les pauvres victimes, quantité hélas négligeable pour tout le monde (d’ailleurs sont-elles avérées? ), tout est théâtre ici. Des pets de lapin juste avant le G7, pour que les pintades européennes caquètent en ordre, au lieu de pousser à hue et à dia contre les US, le rendement de l’opération est plutôt déjà bon. Pendant ce temps Tillerson, sous le couvert du “refroidissement des relations”, habilement appuyé par le retrait de Poutine, négocie sans Johnson et sans témoins à Moscou, la suite des opérations: couper ou ne pas couper la Syrie?


  4. Bordron Georges Le 11 avril 2017 à 10h31
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    L’exhibition des photos par l’ambassadrice américaine rappelle fortement celle des photos que Colin Powell en 2003 et finit par conduire encore, à des agressions de la part des USA.
    Ce genre d’exhibition, que ce soit par les mains de personnalités politiques ou par des journalistes, devient un instrument systématique des pouvoirs occidentaux pour justifier de nouvelles agressions. Cette propagande est criminelle dans sa méthode et dans ses intentions, surtout quand on connaît les vrais intérêts (pouvoir et cupidité), qui se cachent derrière ces attitudes moralisantes.
    Ce sont ces faucons (vrais salopards), détenteurs de la moitié de l’armement international qui rendent le monde actuel extrêmement dangereux.


    • Fritz Le 11 avril 2017 à 10h54
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      J’ai fait aussi le rapprochement avec Colin Powell, mais en fait Nikki Haley va plus loin dans l’indécence : elle brandit des photos d’enfants morts, comme si cela prouvait qu’Assad les a gazés.

      Cela me rappelle Timisoara : là aussi, des images insoutenables sur nos écrans de télévision, là aussi, des chiffres terribles (4 632 morts selon l’AFP, 4 630 selon Guillaume Durand), là aussi un monstre désigné… Mais Ceausescu fut liquidé avec sa femme un mois avant que la supercherie du faux charnier de Timisoara ne soit éventée.

      Je me rappelle de la “réflexion” d’un journaliste à ce moment-là : « l’important, c’est de garder l’ÉMOTION ». L’émotion de la révolution roumaine à laquelle nous participions par TV interposée.
      L’émotion qui devient une arme de guerre après cette “préparation d’artillerie” — la diabolisation.


    • Catalina Le 11 avril 2017 à 11h49
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      tiens mais ? cette femme pleure sur les enfants morts mais que pense t-elle des 500 000 milles enfants tués en Irak par les usa parce que ça en valait la peine ?Je pense que le public est fatigué de ce deux poids deux mesures et des mensonges constant des usa. Je pense que les gens commencent à découvrir que les usa se rapprochent de plus en plus de la définition d’état terroriste.


      • Papagateau Le 11 avril 2017 à 19h28
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        ça aurait été mieux pour les historiens avec “parce que ça en valait la peine” entre guillemets, parce que la vidéo d’Hillary Clinton sur les 500.000 enfants irakiens a beaucoup tourné sur internet.


    • Nasir Le 11 avril 2017 à 12h03
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      L’ambassadeur de la Bolivie s’est justement chargé de rappeler cet épisode au conseil de sécurité le 7 avril dernier, en exhibant des photos dudit Colin Powell avec sa petite fiole, ce qui est assez cocasse devant l’ambassadrice américaine.

      Voici le lien, sur RT france, car bien entendu on ne trouve pas de trace de ce discours pourtant magistral du représentant bolivien à l’ONU dans les médias français.
      https://francais.rt.com/international/36633-bolivie-trolle-usa-armes-irak-onu


    • Dominique Le 12 avril 2017 à 00h42
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      On peut se rappeler aussi l’histoire montée de toute pièce sur les couveuses koweïtiennes.


  5. Annette Lanonymette Le 11 avril 2017 à 10h33
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    Excellent article, je regrette juste qu’il ne soit pas fait mention de l’action sur le mode urgent de Hollande , tant dans sa condamnation d’Assad que dans sa virulence à exiger une réunion de l’ONU et une prise de position immédiate de cette organisation ..


    • Caliban Le 11 avril 2017 à 19h54
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      Hollande ? C’est qui ?

      Autre point concernant cet article : je crois qu’il y a un “biais” typiquement américain dans la thèse développée, celle d’un Trump tout fou, fonctionnant à l’affect et incapable de conserver une même ligne diplomatique.

      C’est quand même ce gros ballot qui a mis au tapis tous ses concurrents à l’élection présidentielle, les mass media et les lobbyistes. Les Yankee ont énormément de mal a avaler la pilule, leur amour propre a été ravagé par l’élection de ce clown.

      Il me semble qu’il y a un fond de “rationalité” tout de même dans ce bombardement. Celle consistant à compliquer les négociations de paix. Un pays voisin est d’ailleurs adepte de ce genre de politique : Israël et son processus de guerre permanente avec les territoires occupés.

      Et pour finir, c’est cynique mais c’est ce que l’on apprend à Harvard : là où il y a de l’anarchie, il y a du profit.


  6. pythos Le 11 avril 2017 à 10h59
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    Oui, un revirement à 180° qui ne peut s’expliquer par la manipulation. Après tout ce que nous avons déjà vu, personne ne croit plus en ces thèses et je n’ose imaginer que le nouveau Président des Etats-Unis se soit juste fait manipuler… non, il est plus crédible d’imaginer qu’il s’agit là de pressions redoutables telles que la fraîcheur du métal sur la tempe ou quelque chose de similaire.


    • Papagateau Le 11 avril 2017 à 19h37
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      Plus simplement, une énorme pression médiatique mercenaire, combinée à une rumeur de procédure “d’impeachment”.
      Le congrès US, c’est 50% de démocrate qui rêvent de le dégager, plus des républicains dont la moitié sont appointés par le lobby de la guerre.

      Total environ 75%.
      La vérité ne pèsera pas lourd.


  7. Vincent Le 11 avril 2017 à 11h02
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    Comme dans toute enquête criminelle, à la recherche des coupables, la question est : “A qui profite le crime ?”. Comme il est indiqué dans l’article, Assad serait un idiot patenté de lancer une attaque chimique alors que tous les événements récents sont en sa faveur. Ce n’est certainement pas un saint, loin s’en faut, mais je ne pense pas qu’il soit stupide au point de s’aliéner les Russes.


  8. serge Le 11 avril 2017 à 11h44
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    Comme d’hab, tous les responsables se sont précipités pour condamner avec 3 photos, une interview d’un quelconque quidam qui aurait vu l’homme qui aurait vu le loup et 2 vidéos de date et localisation pas très précises. La culture de l’immédiateté là où devrait présider une bonne enquête. Mais bon, le(s) coupable(s) sont archi connus, les relais sur le terrain sont super fiables et il faut bien alimenter le 24/7 d’info. Ce qui devrait interpeller quand même est que plus de la moitié des missiles que toute la planète a applaudi en réponse “de suite” à ce “massacre” se sont fait ramasser et que, la prochaine fois, ceux qui les ont shooté feront peut-être plus. Et ça, nos braves couillons de gouvernants devraient un peu plus s’en préoccuper, parce que un porte-avion unique en réfection et 3 rafales ne font pas une défense adaptée.


  9. Catalina Le 11 avril 2017 à 12h00
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    “Les États-unis et certains alliés Européens utilisent les entrepreneurs de la défense pour former les rebelles Syriens sur la façon de sécuriser les stocks d’armes chimiques en Syrie, un haut responsable AMÉRICAIN et de plusieurs diplomates de haut rang a déclaré à CNN dimanche.”

    http://www.awdnews.com/political/wikileaks-proof-u-s-orchestrated-chemical-weapons-attack-in-syria


    • Papagateau Le 11 avril 2017 à 19h59
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      C’est écrit “sécuriser” et non pas “neutraliser”, en fait on leur apprend à conserver et à transporter des armes chimiques. On verra ça en Europe dans un an.

      Sinon, comment neutraliser facilement des armes chimiques dans un pays en guerre ?
      – Méthode conservatoire : on creuse un trou de 3 mètres à la pelleteuse, on met les obus dans le fond, chaque obus avec l’amorce vers le haut, on recouvre de 2 m de terre. Personne n’ira les déterrer à la pelleteuse de la durée de la guerre.
      – Méthode définitive : on tire l’obus dans un champ d’exercice vide.
      Dans les 2 cas, pas besoin de formateurs français.


  10. sassy2 Le 11 avril 2017 à 12h16
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    il est tout à fait possible que trump sache qu’on a tenté de le manipuler et fasse tout ceci à dessein

    il aurait besoin de ce genre de choses pour eliminer definitivement par ex mc cain

    la manipulation ayant était exposée par ntaleb genre 2h après!
    (ou du moins 48h avant on savait que cela allait avoir lieu)


  11. Pegaz Le 11 avril 2017 à 13h15
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    Erreur faite par le médecin relayant ses observations via réseau social (reprise par les médias). Les symptômes d’une exposition au sarin sont : myosis (pupilles contractées) et non dilatées. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarin#Effets_biologiques

    Propos nuancés dans le CP de MSF et le constat que les victimes dégageaient une forte odeur de chlore.
    http://www.msf.ch/news/communiques-de-presse/detail/attaque-de-khan-sheikhoun-les-victimes-vues-par-msf-presentent-des-symptomes-concordant-avec-une-ex/


  12. Vincent Le 11 avril 2017 à 14h04
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    Lu sur dedefensa aujourd’hui…

    Selon Robert Parry, en bombarant la Syrie, Trump a délibérément passé outre les déclarations de Mike Pompeo (CIA) et de Dan Coats (DNI) qui lui ont confirmé que ce n’était pas Assad le responsable, pour que les néo-cons et les médias lui lâche la grappe sur sa proximité avec Poutine….sans en dire un mot à son équipe rapprochée…qui a été bluffée comme tout le monde.

    Le pire, c’est que selon Parry, tous ceux qui veulent sa peau ont maintenant une occasion légale en béton pour lui coller une mesure d’empeachment, car il s’est mis dans l’illégalité la plus complète, mais ils n’en feront rien car ils devraient pour cela manger leur chapeau sur le mantra “Assad est coupable” …..C’est vraiment le foutoir.

    On croit rêver.


    • tepavac Le 11 avril 2017 à 22h49
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      Il ne peut y avoir de destitution au prétexte que Trump aurait agit sans l’aval du congres.
      La raison en est simple, il y a quelques mois, en catimini, la congres a octroyé tous les pouvoir de guerre au Président Obama.
      J’ai à cette date, envoyé le lien à O.B.


      • Pierre Le 12 avril 2017 à 00h08
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        Bonjour, pouvez vous donner nous donner le lien vers cette info svp?
        Merci


        • tepavac Le 12 avril 2017 à 23h56
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          Désolé, j’ai vainement tenté de retrouver le lien qui date de l’année dernière, mais je l’ai adressé à Olivier car il m’apparaissait important de souligner un tel fait. il devrait le retrouver.
          Cdlt


          • madake Le 13 avril 2017 à 21h29
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            Je doute que les pleins pouvoirs soient transférables lors d’un changement de président


  13. PierreH Le 11 avril 2017 à 15h14
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    “les attaques chimiques en Syrie se sont produites régulièrement, malgré les efforts internationaux pour le désarmement chimique de la Syrie entrepris en 2013 et qui ont joué alors un rôle prépondérant dans la prévention d’une action militaire américaine. Les enquêtes internationales sur ces attaques ont donné des résultats peu probants, certaines étant attribuées au gouvernement syrien (ce que le gouvernement syrien dément farouchement), et la majorité étant attribuées aux combattants du régime, en particulier ceux affiliés au Front al-Nosra, affilié à al-Qaïda.”
    Ce serait bien d’avoir une source en béton à la fin du paragraphe au lieu de balancer ça comme ça comme si c’était une évidence… Sinon ça fait juste extrêmement partisan.


  14. David D Le 11 avril 2017 à 15h15
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    Si je fais mon enquête à la Bellingcat (faut que je songe à me financer un sofa), je construirais la base du raisonnement ainsi. Premièrement, il faut rattacher l’intervention actuelle de Trump au fait qu’il avait fait mine d’admettre l’espionnage russe devant les médias, il n’avait pas attaqué de but en blanc les prétendues preuves. Ce premier point peut ouvrir la voie à une réflexion sur la possibilité d’un président rendu influençable par la propagande interne aux hautes sphères américaines. Deuxièmement, l’alternative pour le présent incident : “Trump est-il subtil ou est-il allumé ?” s’articule sur un fait inquiiétant. Trump est visiblement un président sous pression, très haute pression. On peut imaginer qu’il frappe la Syrie, tant cette pression est forte. Il aurait été rapidement influençable, il aurait peur pour lui-même. Quant à l’idée d’une action subtile, elle est possible, mais il faudrait la doser. Ce n’est sans doute pas ou tout stupide ou tout parfait.


  15. Basile Le 11 avril 2017 à 15h18
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    Trump, après son effort surhumain pour décrocher son poste, est prêt à tout pour le conserver. Je ne dirais pas faiblesse humaine, mais simplement lâcheté digne de petit fonctionnaire. N’oublions pas que dès son élection, quelqu’un a démarré un compteur qui égraine les secondes à rebours (vu sur Facebook en France)relayé par tous les “je suis charlie”


  16. moshedayan Le 11 avril 2017 à 15h53
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    Avis très très personnel :
    à moins d’être un expert militaire avec des moyens.
    Ce n’est pas sur un blog que l’on peut juger de l’efficacité des Tomahawks et en face des S-200 ou que sais-je encore. Je suis plutôt désespéré de voir l’attitude de nos médias : chiens enragés de garde, véritable pittbulls sans cervelle.
    Les islamistes de tous bord sont capables de mettre au point des gaz mortels à base de chlore avec des cocktails de résidus pétroliers et de les stocker près d’habitations (et je précise pour les “chiens de garde” l’Armée légale syrienne peut faire de même). La seule question valable : à qui profite le crime ?
    En tant que militaire, moi j’aurais plus été intéressé par des bombes incendiaires qui sont plus impressionnantes et surtout qui causent suffisamment de blessures pour mettre hors de combat l’ennemi.
    Zevengeur a raison : donc je me fous de savoir si Trump a été trompé par son entourage. Le fait est qu’il a agi de façon débile. Et la suite reste à venir !!!


    • Fritz Le 11 avril 2017 à 16h03
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      A qui profite le crime ? Si vraiment Bachar al-Assad a ordonné à son aviation de gazer Khan Cheikhoun, il serait un criminel suicidaire qui se serait tiré trois balles dans le pied :

      1) En déchaînant la vindicte internationale contre lui
      2) En annulant le grand pas que Trump venait de faire en sa faveur
      3) En plaçant son puissant allié russe dans l’embarras – et même en l’humiliant, puisque c’est la Russie qui avait proposé en septembre 2013 le démantèlement de l’arsenal chimique du régime syrien.
      Elle se portait garante de ce désarmement.

      Risquer une attaque américaine et le lâchage de la Russie ? Trop fort le mec…


      • jacqoucracant Le 11 avril 2017 à 17h52
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        Depuis que nous avons constaté qu’il y a eu autant de décapitations que de pays engagés dans la coalition occidentale, tout est possible. L’EI a donc décapité pour que l’occident viennent en Syrie, détruire Daech, une aubaine ? Non. Sous couvert de Djihad, beaucoup d’étrangers ont pu aussi allé en Syrie combattre Assad. Puis des attentats ont été perpétrés dans les pays où les populations n’étaient pas “chaude bouillante” pour aller se battre en Syrie, la propagande a été ainsi soldée. Alors nos experts éditorialistes pensent qu’Assad a gazé (encore) son peuple pour dire à D.Trump qu’il s’en fout puisqu’on le laisse faire et qu’il n’y aura pas de sanction (B.Guetta – France Inter). Après avoir réduit Trump à une caricature grossière, il est difficile de dire maintenant qu’il est devenu stratège. Nos médias sont en hélice médiatique.


      • tepavac Le 11 avril 2017 à 23h40
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        Bonsoir Fritz,
        Il y a quelques jours j’avais fais part de mes sentiments sur le sujet à LBSSO qui en avait pris ombrage. Je le dis aujourd’hui avec tristesse. Peut-être est-ce dû à mon aptitude à percevoir les choses plus simplement, mais j’avoue ne pas comprendre ces joutes dilatoires qui masquent toute l’horreur de la situation.

        C’est vrais, cela me révolte, et c’est dans les tripes. Car un type annonce publiquement qu’il va tuer 7 personnes en les nommant, puis méthodiquement , il en tue une au prétexte de la légitime défense. Il en tue une deuxième, au prétexte qu’elle l’empêche de respirer. Puis la troisième, quatrième, cinquième….
        et les “spectateurs” de ce massacre discute de savoir si les victimes auraient pas méritées leur sort, ou ne l’avaient pas cherchées, peut-être même sont elles coupables du crime…

        A tel point de l’absurde, que même des trolls se permettent leur offense.
        Je tien à rappeler la sentence du tribunal de Nuremberg;
        “une guerre d’agression est donc non seulement un crime contre l’humanité; il est le crime suprême , ne différant des autres crimes de guerre en ce qu’il contient en lui-même le mal accumulé de l’ensemble des crimes.”


  17. amer Le 11 avril 2017 à 16h00
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    Le bon sens, mes amis, le bon sens est la meilleure des analyses…Que gagnerait une armée déjà accusée d’attaque chimique en 2013, sans preuves, et dont les faits et gestes sont surveillées par la presse mondiale et toute sorte d’ONG affiliées aux pays occidentaux, à mener une attaque chimique contre de civils innocents ?

    Le bon sens, mes chers amis, le bon sens voudrait que cela n’est qu’une grossière manipulation des soit disant rebelles “modérés”, en fait des terroristes à la botte de certains pays occidentaux et leurs alliés du Golfe qui investissent dans leur économie en contre partie de soutien sur le terrain…

    Et n’oubliez que plus le mensonge est gros, et plus il a des chances de passer….


    • Mases Faussier Le 12 avril 2017 à 15h27
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      Tout à fait d accord avec vous @ amer. L EI et les rebelles ont l habitude des actions sous “fausse bannière” et celle ci est destinée à manipuler les puissances qui voudraient régler le conflit au profit de la Syrie d’Assad. Pour ce dernier cette attaque serait un pur suicide politique et je pense qu il est assez subtil pour le savoir. Dans cette affaire on a du mal à savoir qui est le dupe de qui…


  18. azuki@haricophile.org Le 11 avril 2017 à 16h15
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    De là a penser qu’il y a des gens aux USA qui ont tout intérêt à ce qu’il y ait la guerre et qu’elle dure le plus longtemps possible…. mais je suis un complotiste, je le confesse, ce n’est pas possible que des gens dans le camp du bien aient ce genre d’idée, malgré les milliards de $ hors tout contrôle (même pas de compta analytique) que ça leur rapporte.


  19. koui Le 11 avril 2017 à 17h55
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    Un détail pour améliorer la traduction : chlorine (en anglais) veut dire chlore (en francais).


  20. Bruno Fornili Le 11 avril 2017 à 20h17
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    S’il ne fallait retenir qu’une phrase, selon mon modeste avis :

    “De même que l’absence totale de logique des éléments mis en avant pour expliquer pourquoi le président Assad risquerait tant en utilisant des armes chimiques contre une cible n’ayant aucune utilité militaire, à un moment où la balance des forces sur le plan stratégique avait basculé fortement en sa faveur.”

    A qui profite le crime ?…
    Certainement pas à l’accusé d’office.


  21. Raoul Le 11 avril 2017 à 20h46
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    Voici le point de vue de Sergueï Soudakov, membre de l’Académie des sciences militaires de Russie.

    http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8460

    Le plus grave dans cette affaire, outre le fait d’être passé très près d’une guerre entre puissances nucléaires, c’est la régression des relations entre la Russie et les États-Unis. Elles n’étaient pas bonnes, mais un certain niveau de dialogue avait pu être établi. C’est désormais terminé.

    Les semaines à venir vont être importantes. Soit il s’agissait d’une action isolée, soit elle sera suivie d’actions du même type. Dans le second cas, la situation pourrait devenir très grave et dégénérer rapidement surtout si Trump ne sait pas s’arrêter au bon moment (ce qu’Obama, tout détestable qu’il fût, savait faire).


    • Krystyna Hawrot Le 11 avril 2017 à 23h08
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      Le plus énervant c’est ce côté procureurs, juges et gendarmes du monde. Quand est ce que le gouvernement des Etats Unis va désapprendre ça? Quand les enfants du Donbass étaient massacrés par les missiles Grad personne ne s’appitoyait devant leur photos…


  22. Changezrien Le 11 avril 2017 à 23h23
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    Et Samuel Laurent, le preux journaliste du Bien, continue à affirmer que l’attaque chimique en etait bien une et le fait du gouvernement syrien. Sans l’ombre d’un doute, alors qu’aucune enquête n’a été menée… (cf sa critique de la position de Dupont-Aignan).
    Quelqu’un peut lui demander s’il connaît Colin Powell, s’il a déjà entendu le mot anthrax, s’il sait ce que designe le mot “Irak” ?
    On peut aussi lui demander ce qu’il pense de cette déclaration de Madeleine Allbright et des criminels de guerre en général : https://m.youtube.com/watch?v=RM0uvgHKZe8


  23. kenetbarbie Le 11 avril 2017 à 23h26
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    https://m.youtube.com/watch?v=RM0uvgHKZe8

    Samuel Laurent ! Oui, certains dirigeants américains peuvent commettre des crimes de guerre ! Reveille-toi, mon pote 🙂 @samuellaurent


  24. kenetbarbie Le 11 avril 2017 à 23h32
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    Enfin à 500000 enfants, on arrive peut-être à autre chose qu’un crime de guerre #anthrax #bush #powell


  25. damien Le 11 avril 2017 à 23h43
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    Dernières spéculations des “anti systèmes” venues des Etats Unis (Robert Parry) : la communauté du renseignement (CIA notamment) aurait informé Trump que Assad n’était pas en cause et que c’était sans doute un accident doublé d’un fake. Trump n’en aurait pas tenu compte du tout et aurait même caché l’info aux membres du cabinet de sécurité où même le New York Times a relevé l’absence du directeur de la CIA au moment des frappes, alors qu’il est présent normalement en un tel moment… Trump aurait décidé de passer outre et aurait voulu profiter de l’opportunité pour rabattre leur caquet aux néo-conservateurs et autres médias hystériques qu’il a sur le dos , en vue de pouvoir enfin entreprendre un dialogue avec la Russie sur des bases moins minées…. C’est pour ça qu’il aurait aussi “surjoué” sa réaction émotive devant les caméras sur les “jolis gros bébés de Dieu” qui ont été tués par Assad… Les Russes ont compris la manoeuvre et l’ont facilité. De toutes les hypothèses, c’est celle que je trouve la plus rassurante pour notre avenir à tous !


  26. dupontg Le 12 avril 2017 à 01h05
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    a noter malgré tout que le 7 avril juste apres l’histoire des missiles,son poulain à la cour supreme neil gorsuch a ete confirmé sans probleme par le senat avec meme 3 votes democrates.

    c’etait une carte determinante pour pouvoir mener ses actions constamment bloquées par la justice.

    y a t’il un lien entre les deux? mystere


  27. Subotai Le 12 avril 2017 à 02h35
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    Déjà qu’à la base, j’ai un doute avec ces bombardiers tactiques comme vecteur d’arme chimique.
    Il me semble que l’obus d’artillerie est bien plus fiable pour ce genre d’armement.
    Quelqu’un aurait des précisions..?
    Ensuite les bénéfices tactique, stratégique et politique d’une telle attaque à cet endroit feraient prendre les généraux et les stratèges syriens pour des imbéciles…
    Bref, à mon avis 100% conneries et l’explication russe du dépôt de munitions qui fait boum, le plus probable.


    • aleksandar Le 12 avril 2017 à 08h48
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      Vous avez raison.
      Les vecteurs d’emploi de l’arme chimiques sont principalement l’artillerie et les helico.
      L’artillerie en tir direct et les helicos pour épandage.
      Je ne me souviens pas avoir jamais entendu parler pendant les cours de lutte NBC de largage de munitions chimiques par des avions de chasse.probablement pour deux raisons.
      1 ) La vitesse d’impact au sol des bombes qui rend probablement aléatoire la réaction chimique et la vaporisation.
      2 ) Le manque de précision, un gradient de température au sol défavorable, un petit coup de vent et c’est toute VOTRE armée située a 10 km de là qui est détruite.


    • POL Le 13 avril 2017 à 04h22
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      pour faire une réponse simple, c’est techniquement très bête de larguer des armes chimiques par avion, il y a 9/10 chances de rater les cibles, sauf dans le cas ou l’on se moque complètement de savoir ou elles vont tomber. C’est un travail dévolu à l’artillerie.

      POL


  28. Julien Le 12 avril 2017 à 07h28
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    C est tombé sur la matinale d Europe 1 ce matin, c est Assad ainsi que toutes les attaques depuis 2013 ! La journaliste ne parlait plus d avion mais de roquettes (sic). La source ? Les analyses de sang fait par la Turquie sur des victimes (sic)… Le gaz employé serait celui fabriqué par Assad.
    Je ne sais plus quoi pense devant tant de bêtises, j ai l impression de combattre des chimères, leurs mensonges sont de plus en plus énormes. ..


  29. obermeyer Le 12 avril 2017 à 07h36
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    Il faut espérer que la popularité de Trump ne descende pas trop dans les années à venir, car il semble qu’il fera comme tous les chefs d’états affaiblis : il enverra les bombes.
    En France on a une chance de retrouver une vraie diplomatie : écoutez le discours de JLM sur la paix à Marseille .


  30. pole Le 12 avril 2017 à 14h42
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    Senecat et Laurent, les deux pigistes hollando-otanesques sont à fond : le premier fait passer la seule intervention televisee d’un “expert” comme preuve irréfutable de l’attaque syrienne…A ce degré d’infamie il faudrait peut-être rappeler à ces trostkistes de pacotille que le Tribunal de Nuremberg a jugé l’Allemagne avant tout parce qu’elle avait provoqué la guerre.


  31. juliettedesesprits Le 12 avril 2017 à 15h44
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    Les journalistes font penser a des perroquets répétant en permanence ce qu’ils viennent d entendre.
    Pas d interrogations, pas d’esprit critique…c.est de l’entre soi…on se demande s’ils ont peur d être discriminés s ils s écartent de la Doxa ambiante ne serais-ce que par une réflexion de fond ! C’est le vide abyssal …Comment, aujourd’hui peut-on prétendre détenir la vérité?


  32. Julie Le 12 avril 2017 à 19h18
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    désolée si déjà cité , hier au “grain à moudre” Rony Brauman a expliqué que l’usage du chlorine comme arme de guerre n’est pas interdit.. de la à soutenir bien sûr….
    https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/y-t-il-encore-une-diplomatie-des-droits-de-lhomme


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