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13.décembre.202113.12.2021 // Les Crises

Les guerres américaines sont sales et le massacre en Syrie ne fait pas exception à la règle

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C’est bien d’être indigné, mais ne soyez pas choqué : notre façon de faire la guerre n’est ni propre, ni humaine. Elle ne l’a jamais été.

Source : Responsible Statecraft, Peter Van Buren
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Photo par Omar Albam / SOPA Images/Sipa USA)

L’Amérique ne veut pas savoir ce qu’il se passe dans ses guerres. Elle veut croire que chaque guerre commence dans la bonne foi. Elle veut croire que notre camp est propre, comme toute force de bonne foi doit l’être. Et puis, à un moment donné, on veut oublier tout cela, à l’exception de quelques surclassements en classe affaires pour les soldats qui rentrent chez eux la semaine prochaine pour Thanksgiving. Mais que se passe-t-il lorsque la vérité, la vérité primordiale qui dépasse un seul événement, jaillit de sous la lourde couverture des mensonges ?

Vous vous souvenez peut-être que l’Amérique est entrée en guerre en Syrie en 2015 sous Barack Obama. En fait, c’est devenu un enjeu majeur de la campagne 2016, avec la question, omniprésente dans les débats, « Mettriez-vous des soldats sur le terrain ? » Trump, qui n’y était pas ouvertement favorable, l’a quand même fait, et maintenant, sous un troisième président, quelque 900 Américains sont toujours sur le terrain en Syrie à la recherche d’un moyen d’en sortir.

Il serait surprenant qu’un Américain sur 100 sache aujourd’hui que nous sommes toujours en guerre en Syrie. Ne demandez pas au sénateur Tim Kaine, le colistier de Clinton en 2016. Lors d’une récente audition, il a déclaré à propos de l’Amérique : « Je suis soulagé que, pour la première fois en 20 ans, les enfants qui naissent aujourd’hui dans ce pays ne naissent pas dans une nation en guerre. » Il est douteux que Kaine ou quiconque, lorsqu’il est informé du combat en cours en Syrie, puisse expliquer pourquoi il se poursuit.

Il était donc assez surprenant de voir le New York Times publier en première page une enquête sur une attaque aérienne américaine vieille de plus de deux ans à Baghuz, en Syrie, attaque qui a tué quelque 80 femmes et enfants. Bien que l’intégralité de l’attaque ait été filmée par un drone, il est peu probable que l’on puisse compter précisément le nombre de morts, car les armes larguées – qui totalisent plus de 2 500 livres d’explosifs – auraient réduit la plupart des morts à une fine brume rose. Difficile de compter cela. La quantité d’explosifs utilisée contre ces cibles humaines sans défense en plein air était à peu près équivalente à celle transportée par un bombardier B-25 pendant la Seconde Guerre mondiale. Rien de chirurgical là-dedans.

Le reste de l’article du Times est un refrain familier : la frappe de Baghuz en 2019 a été l’une des plus grandes pertes civiles de la guerre, mais n’a jamais été reconnue publiquement par les États-Unis. Un officier juridique militaire a signalé la frappe comme un possible crime de guerre, nécessitant une enquête. Mais à presque chaque étape, l’armée a cherché à dissimuler ce qui s’était passé. Le nombre de morts a été minimisé. Les rapports ont été retardés, aseptisés, et bien sûr, rendus confidentiels. Les forces de la coalition ont rapidement détruit le site de l’explosion au bulldozer. Un lanceur d’alerte, en contact avec le Congrès, a perdu son emploi.

Le New York Times a reconstitué ce qui s’est passé, a détaillé la dissimulation et a publié l’histoire ce week-end. Un porte-parole du CENTCOM a déclaré : « Nous abhorrons la perte de vies innocentes », mais a maintenu que la frappe aérienne était justifiée en vertu des règles qu’ils ont eux-mêmes établies. Il est très peu probable que quelque chose de plus sorte de tout cela. Les corps en cendres de femmes et d’enfants ne sont que des fantômes supplémentaires de la politique de guerre américaine.

Il y a bien sûr beaucoup de raisons d’être indigné, y compris le fait que de bonnes personnes ont essayé de signaler quelque chose de très mauvais à travers la chaîne de commandement et qu’à chaque fois, elles ont été baillonnées et contrecarrées. Il semble que la surveillance et la responsabilité n’existent pas. Et oui, le lanceur d’alertes a été grillé. Encore une fois.

Mais le véritable scandale est celui qui n’est pas reconnu par le Times. Ils traitent cela comme si c’était tout nouveau – le choc des morts civils, la dissimulation, le lanceur d’alertes [devenant] lui-même la nouvelle cible. Mais nous refusons, dans notre nouvelle bonne foi, de reconnaître que c’est plus proche de la norme que de l’exception. Après près de 1 000 frappes aériennes en Syrie et en Irak en 2019, utilisant 4 729 bombes et missiles, le décompte militaire officiel des morts civils pour l’année n’a été que de 22, ce qui est dérisoire. En tant que civil du département d’État intégré à l’armée pendant la guerre d’Irak 2.0, j’ai vu de nombreux restes de bâtiments touchés par des frappes aériennes. Il était très difficile de maintenir l’illusion que ces bâtiments – chacun ayant quatre étages et plusieurs appartements dans un quartier ordinaire de petites habitations – ne contenaient que des insurgés lorsqu’ils ont été détruits. Mais c’est ce que nous nous sommes dit.

Nous choisissons d’utiliser le terme de crime de guerre uniquement lorsque nous pouvons l’attribuer à un peloton rebelle ou à un SEAL [militaire d’un des corps de l’armée] sadique. Mais lorsqu’il s’agit de l’utilisation d’armes modernes contre des groupes de civils, cela devient une sorte d’événement quasi-juridique qui doit être débattu et commenté à la forme passive. Des erreurs ont-elles été commises ? Pouvons-nous trouver un moyen de réduire tout cela à une erreur inévitable, peut-être commise par un souffre-douleur qui peut être puni à peu de frais pour l’ensemble du corps qui l’a mis sur un terrain si fertile pour des atrocités ?

Nous permettons aux États-Unis de présenter leurs guerres comme précises et humaines parce que, pour soutenir politiquement la guerre dans un cadre orwellien, il est nécessaire de le croire. Nous avons besoin de croire que chaque rapport de victimes civiles fait l’objet d’une enquête et que les résultats sont rendus publics, un modèle de responsabilité. Nous y croyons tellement que nous sommes choqués de lire ce qui s’est passé lors d’une frappe aérienne en Syrie et nous nous précipitons vers le refuge psychologique qui consiste à nous concentrer sur la dissimulation et non sur le meurtre.

Le récit préféré est de ressembler à une ligne de journal de Netflix : « Une poignée de courageux reporters savaient ce qui était juste et ont tout risqué pour dénoncer le crime ! » Nous passons commodément sous silence la dissimulation de la dissimulation – celle qui dissimule le fait que ce qui s’est passé en Syrie est dû au fait que nous étions en guerre contre un ennemi douteux, selon des règles d’engagement douteuses, dans un but douteux, et tant pis, des gens vont mourir dans ces circonstances.

Ce n’est pas différent du Vietnam ou de Fallujah, de dizaines de fêtes de mariage afghanes, ou lorsque des hôpitaux ont été visés et que des innocents sont morts. C’est la conversation que l’Amérique a évitée depuis le jour où nous nous sommes proclamés la Police du Monde et avons déclaré unilatéralement que nous avions raison, simplement parce que c’était nous qui faisions cela, quel que soit le « cela ». C’est une conversation sur la différence entre combattre et tuer. Nous considérons toujours Hiroshima – et Baghuz – comme l’exception, et non la règle.

Source : Responsible Statecraft, Peter Van Buren, 16-11-2021

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

Ellilou // 13.12.2021 à 12h14

Certes non et nul ne l’a jamais affirmé, certainement pas cet article. Il n’en reste pas moins que les USA mènent toujours LEURS guerres au nom de principes (je vous les passe, ça me fatigue…) censés en faire les gentils de l’histoire et jamais, Ô grand jamais pour des raisons aussi basses et terre à terre que l’avidité, l’accaparement, un anticommunisme tellement primaire qu’on en pleure de rage, l’installation de gouvernements plus « dociles », l’installation du capitalisme et du marché libre et non faussé….certainement pas 🙁

18 réactions et commentaires

  • Fabrice // 13.12.2021 à 07h15

    Une vieille philosophie jugeais que l’épée dégainée c’était déjà avoir perdu, les USA alimente sa perte depuis des décennies et nous l’a suivons trop longtemps dans ses délires.

    Mais personne n’est dupe elle n’est que capable que d’alimenter que la haine contre elle et ses alliés, ses guerres à répétitions seront notre perte mais par lâcheté on s’est rallié à cette course folle.

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  • Mariflo // 13.12.2021 à 08h44

    Rien de nouveau dans le monde de l’oncle Sam. Cet article enfonce une porte ouverte vers un monde où nombre de gens qui n’ont pas franchi cette porte, n’ont pas la moindre idée de l’horreur qui s’y trouve ou bien ne veulent pas le savoir.
    Le choc psychologique de ces révélations de Baghuz n’est pas assez puissant à la manière d’un Pearl Harbor pour faire prendre conscience.
    Triste monde depuis 2001.

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    • Saïd Herta // 14.12.2021 à 14h08

      Attention avec les chocs psychologiques. Jamais sur des gens qui souffrent déjà de facteurs aggravants type PTSD ou troubles bipolaires.
      Le choc psychologique de 2001 qui devaient leur faire prendre conscience que c’était pas un bonne idée de foutre le feu au moyen orient à conduit leur réflexion à retourner foutre encore plus le feu au moyen-orient.
      « Mais pourquoi ils (les Irakiens. NDT) ne nous aiment pas ? On est les gentils pourtant » déclarait GW Bush en 2003…après avoir rasé pour la deuxième fois en 10 ans leur pays.
      [modéré]

        +3

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  • Auguste Vannier // 13.12.2021 à 09h31

    Depuis l’origine la politique US est décidée par une oligarchie qui a seulement comme obligation de « convaincre » les citoyens que ses choix sont les meilleurs. D’où le développement d’un savoir faire efficace pour entraîner l’opinion où c’est nécessaire. Edward Bernays a expliqué cela dans son livre Propaganda, et toute une « industrie culturelle »,médiatique et de lobbying s’est constituée dans cette perspective, que ce soit pour convaincre que le Tabac est bon pour la santé, que Coca-Cola est une boisson saine, et que les guerres menées par l’Amérique sont nécessairement justes car l’American Way of Life est l’horizon indépassable de l’humanité.
    Nous en savons quelque chose en France ou une élite passée par les Young Leader accompagne, voire précède dans tous les domaine cette véritable colonisation des esprits, de nos politiques et de nos richesses…

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  • LibEgaFra // 13.12.2021 à 09h42

    L’un des faits inacceptable est l’impunité des criminels de guerre qui ont commis mille fois plus de crimes que Milosevic ou Kadhafi.

      +17

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  • KelKON // 13.12.2021 à 10h27

    Et les guerres non américaines sont propres ?

      +2

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    • Ellilou // 13.12.2021 à 12h14

      Certes non et nul ne l’a jamais affirmé, certainement pas cet article. Il n’en reste pas moins que les USA mènent toujours LEURS guerres au nom de principes (je vous les passe, ça me fatigue…) censés en faire les gentils de l’histoire et jamais, Ô grand jamais pour des raisons aussi basses et terre à terre que l’avidité, l’accaparement, un anticommunisme tellement primaire qu’on en pleure de rage, l’installation de gouvernements plus « dociles », l’installation du capitalisme et du marché libre et non faussé….certainement pas 🙁

        +26

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    • Marie Colin // 13.12.2021 à 15h54

      Est-ce le sujet ?
      Qui fomente et attise des conflits partout depuis des décennies (même si le premier champ de ruines a été historiquement l’Amérique latine, dès le XIXe siècle), avec des dizaines de millions de victimes au moins ?
      Sous des prétextes bienséants de défendre la « démocratie » ou de lutter contre le « terrorisme » – objets bien commodes pour tenter de camoufler des intérêts privés plus que douteux…
      Les autres ne sont que « petits bras » en comparaison !

        +10

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      • kriss34 // 14.12.2021 à 08h14

        Gengis Khan approuve ce commentaire…

        Mon Dieu qu’est devenu ce site? Le rendez vous des pourfendeurs de « yankees » ? C’est tellement facile.
        Évidemment que l’Empire use de tous les mauvais coups, mais vous découvrez la vie ou quoi? Vous n’avez pas l’impression d’enfoncer des portes ouvertes? Et en contrechamp, vous n’avez pas l’impression qu’il se passe ailleurs un mouvement tectonique, allez je vous aide, dans la zone d’un Empire longtemps immobile..?

        Faut dire, au bout de 134 articles de Chris (Crises) Hedges et de 255 publications de Responsible Statecraft, on se sent un peu lavés du cerveau.
        La pollution? Les US
        Le réchauffement ? Idem
        La décolonisation qui n’en finit pas ? Itou
        Le covid ? Yes
        Les Ouïghours,? Pareil. Ah non là circulez ya rien à voir pardon.

          +3

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        • Pong // 15.12.2021 à 14h19

          @KelKON @kriss34

          Il est un fait objectif que les US sont, de longue date, le pays le plus belliqueux de la planète (le plus souvent en guerre, de très loin).
          Il est un fait que c’est aussi le plus puissant. Les deux n’étant évidemment pas sans liens.
          Il est un fait que c’est le pays le plus interventionniste.
          Il est un autre fait qu’il est le seul à se voir comme l’incarnation du bien ici-bas et à prétendre l’imposer au reste du monde en revendiquant son exceptionnalité avec une candeur déconcertante.
          Un fait encore qu’ils n’ont pas leur pareil pour commettre les pires horreurs au nom de ce bien qu’ils pensent incarner.
          Un fait enfin (sondage planétaire à l’appui) qu’ils sont perçus à peu près partout sur terre comme la plus grande menace pour la paix.

          Cela me semble justifier une attention un peu particulière, vous ne pensez pas ?

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    • antoniob // 13.12.2021 à 16h25

      non, mais en fait souvent plus sanglantes, car le niveau d’industrialisation et de puissance de feu américaines font plus de morts. Exemple Nagasaki. Pour Hiroshima on peut invoquer le doute conçernant l’effet de la bombe, mais pour Nagasaki pas de doute possible. Du reste même pour Hiroshima, le but était bien de viser une ville pas une installation militaire.
      Le Japon ne menaçait pas les États-Unis. Tout argument pro-américain et toute opinion américaine sur ces questions m’est radicalement irrecevable jusqu’à ce que les américains eux-mêmes chez eux ne reçoivent les beautés de la guerre.
      [modéré]

        +9

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  • Touriste // 13.12.2021 à 10h31

    Toutes les guerres sont sales par nature. Pas plus les américaines que les autres ; bien que ça n’excuse rien.
    Ce qui choque c’est qu’un pays qui se targue d’être le phare de la liberté, de la démocratie et du droit au bonheur soit aussi belliqueux et, donc, aussi hypocrite.
    Dénoncer cette hypocrisie c’est bien. Dénoncer les raisons profondes et véritables (celles qui ne sont pas données au public) d’une guerre c’est mieux.
    L’idée de guerre « propre » n’est qu’un fantasme, un leurre, une diversion, un os à ronger à destination des « bien-pensants ».
    Une guerre pour conserver la valeur de sa monnaie, remplir le réservoir de son 4X4 à pas trop cher ou bien remplir les poches de quelques oligarques, c’est bien moins glamour que bombarder au nom de la liberté et de la démocratie.

      +4

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  • RGT // 13.12.2021 à 10h37

    Les crimes de guerre US ne datent pas d’aujourd’hui ni même du Vietnam.

    Pendant la seconde guerre mondiale mon grand-père, cheminot et résistant, avait appris que les américains allaient bombarder les voies ferrées de la ville qu’il habitait.
    Bombardement inutile d’ailleurs car la ville avait été libérée par les résistants et les allemands étaient partis depuis plusieurs jours.

    Il a immédiatement averti toutes les personnes qui se trouvaient près de la gare et des voies et tout le monde est allé se réfugier dans les hangars à proximité.

    Les bombardiers US sont alors arrivés et AUCUNE bombe n’a été larguée ni sur les voies, ni sur la gare.
    Par contre, les hangars ont été méthodiquement pilonnés ce qui a causé de très nombreux morts et blessés graves.

    Lorsque quelques jours plus tard l’armée US est arrivée en fanfare pour planter son drapeau sous les huées de la population, mon grand-père a demandé au général qui commandait la division pourquoi le bombardement des voies s’était transformé en destruction totale de hangars sans intérêt et en massacre des civils qui s’y étaient réfugiés.

    Réponse du général : Comme il n’y avait plus d’allemands les voies et la gare pouvaient nous être utiles mais nous avions un stock de bombes à écouler… Alors nous avons tout cassé pour permettre ensuite de tout reconstruire…

    Mon grand-père l’a traité de gros con et a rapidement compris que l’objectif des USA n’était pas de libérer des pays occupés mais simplement de venir conquérir de nouveaux territoires pour faire du business.

    Les victimes civiles, ils s’en foutaient.

    Comme avec les allemands, lorsque les américains voulaient réquisitionner des trains ils étaient tous en panne, avec en plus l’excuse que les pièces détachées nécessaires à la réparation avaient été détruites lors du bombardement.

      +13

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    • Ellilou // 13.12.2021 à 16h23

      Témoignage édifiant! En 1944 Le bombardement par les alliés de Royan au napalm (le premier de l’histoire si je en m’abuse…) est dans le même genre: tester un nouveau joujou alors que l’objectif stratégique était nul. Lire à ce sujet le livre remarquable d’Howard Zinn « La Bombe » https://journals.openedition.org/lectures/6695

        +6

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    • Pong // 15.12.2021 à 14h31

      Même type de témoignage de mon grand père en basse Normandie en 44. Ayant repéré des fuyards allemands quasi désarmés (de jeunes soldats inexpérimentés et apeurés) qui bivouaquent dans son pré au fond d’une cuvette, il s’en va prévenir le commandant d’un détachement américain qui approchait. Il indique la position des allemands et précise qu’il leur suffit d’arriver par le haut avec qq soldats pour les cerner et de les cueillir sans doute sans tirer un coup de feu. Les américains y vont à l’artillerie. Les soldats allemands fuient et mon grand-père perd deux ou trois vaches.

        +1

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  • Denis Monod-Broca // 13.12.2021 à 15h29

    « […] depuis le jour où nous nous sommes proclamés la Police du Monde et avons déclaré unilatéralement que nous avions raison, simplement parce que c’était nous qui faisions cela, quel que soit le « cela ». »

    Telle une tribu primitive, la tribu constituée des nations du monde s’est donné un roi sacré. Ce roi sacré, ce sont les États-Unis d’Amérique, vénéré comme il se doit pour un roi sacré, alternativement adoré et haï, prisonnier de son statut, se livrant aux pires transgressions. Ainsi nous l’accusons et le condamnons, lui faisant porter nos fautes collectives. Il est promis au sacrifice et il le sait.

      +1

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    • Grd-mère Michelle // 14.12.2021 à 14h36

      « …la tribu constituée des nations du monde s’est donné un roi sacré…les États-Unis d’Amérique… »
      Faux: à la suite de la 2ème guerre mondiale, les nations du monde se sont réunies et constituées en institution, avec, comme objectif déclaré, l’établissement et le maintien de la PAIX, à laquelle ont adhéré, entre autres, les USA: les Nations-Unies.
      Un de ses derniers faits d’œuvre est la conception, la rédaction, et la ratification par une majorité de ses membres d’un Traité d’Interdiction de l’armement nucléaire (TIAN- majorité atteinte le 22/1/2021, date de son entrée en vigueur).
      Il est à remarquer qu’aucun membre de l’OTAN n’a daigné (n’a pu?) le signer, tout comme aucun des pays possesseurs de bombes nucléaires… reniant ainsi le sage engagement de leurs ancêtres, trahissant leur parole et leurs bonnes intentions.
      C’est donc l’Alliance Atlantique, et non « les nations du monde », qu’il convient en premier lieu de dénoncer et d’abolir, du moins pour ses membres de l’UE.
      La dépendance d’un (groupe de) pays envers un autre est toujours créée à partir de dettes, financières et/ou « morales ».

        +4

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  • Lev // 13.12.2021 à 17h23

    Biden continuant la politique des Bush, Clinton ou Trump prépare un conflit autour de l’Ukraine attaquée par la Russie.
    On ne change pas une politique qui vous fait gagner des millions de dollars en échange de la vie de quelques koulaks

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