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7.mars.20197.3.2019 // Les Crises

“Les oubliés de la République”. Par Jean-Michel Naulot

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Source : JDD, Jean-Michel Naulot, 04-03-2019

Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers, répond à la philosophe Dominique Schnapper. Pour lui, la crise des Gilets jaunes n’est pas seulement l’expression de l’individualisme, comme affirmait l’intellectuelle, mais surtout le cri de révolte des classes moyennes et populaires face aux inégalités.

Les Gilets jaunes sont-ils l’expression d’un “individualisme poussé à l’extrême”? C’est ce qu’affirmait dans nos colonnes la philosophe Dominique Schnapper la semaine passée. Jean-Michel Naulot, ancien membre du collège de l’Autorité des marches financiers, y voit surtout l’injonction adressée par les classes moyennes et populaires à “repenser un système” inégalitaire. Voici sa tribune : “Dans un entretien au JDD, le 24 février, Dominique Schnapper voit dans le mouvement des Gilets jaunes l’expression d’un “individualisme poussé à l’extrême” risquant de nous faire “sombrer dans une sorte d’anarchie qui ferait le lit du totalitarisme”. Il est tentant d’analyser ainsi une révolte. Mai 68, comme d’autres mouvements protestataires dans l’Histoire, fut en apparence un bel exemple de cet “individualisme poussé à l’extrême” par une jeunesse qui, comblée après dix ans de forte croissance, rêvait que l’on puisse un jour “interdire d’interdire”… Fallait-il pour autant n’y voir qu'”une sorte d’anarchie”?

Les excès sont toujours présents dans les révoltes mais ils sont comme l’écume de mer : ils n’expliquent en rien les tempêtes. Dans le cas des Gilets jaunes, la cause profonde de la révolte et, ne l’oublions pas, de l’adhésion initiale d’une très large majorité de Français n’est-elle pas d’abord le refus obstiné de nos dirigeants, actuels et récents, de reconnaître leurs erreurs collectives?

En France, les protestataires ne défendent pas des revendications catégorielles mais la nécessité de repenser un système.

La révolte des classes moyennes et des catégories défavorisées n’est pas propre à la France. Elle traverse tout l’Occident. Elle s’exprime à l’égard de dirigeants qui ont laissé se développer depuis vingt ans au moins de graves dérives du capitalisme, ce que l’on a appelé le capitalisme financier. En France, les protestataires ne défendent pas des revendications catégorielles mais la nécessité de repenser un système. Ces oubliés de la République dénoncent la baisse du pouvoir d’achat, les inégalités sociales, les excès de la finance, la précarité comme solution au chômage, la toute-puissance des métropoles, la désertification des territoires, l’abandon des banlieues, la montée de la misère.

Les dirigeants occidentaux, qui avaient dans l’ensemble plutôt bien conduit les affaires du monde au lendemain de la guerre, ont commis des erreurs qui rendent la situation explosive. Les Anglo-Saxons ont cru qu’en faisant tomber les règles, notamment dans la finance, en libéralisant à tout-va, ils allaient doper la croissance. Ce fut vrai un temps, au début des années Reagan-Thatcher. Puis, très vite, les crises à répétition éclatèrent.

Les Européens ont eu le tort de suivre le mouvement. Pire, ils ont imaginé que l’adoption d’une monnaie commune, en gommant les frontières, allait elle aussi doper la croissance et faciliter la marche vers le fédéralisme. Or, cette monnaie attise les divisions au lieu de les réduire.

Aux Etats-Unis, le pouvoir d’achat des classes moyennes n’a pas augmenté depuis la fin du siècle dernier.

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, affirme qu’aux Etats-Unis le pouvoir d’achat des classes moyennes n’a pas augmenté depuis la fin du siècle dernier. Quinze pour cent des Américains se nourrissent avec des bons alimentaires. Deux millions et demi d’enfants dorment dans la rue.

En zone euro, la monnaie “renforce les forts et affaiblit les faibles”, comme le soulignait Louis Gallois en 2012. Depuis la création de l’euro, la production industrielle allemande a progressé de 36 %, celles de la France, de l’Italie et de l’Espagne ont diminué respectivement de 3 %, 15 % et 16 %. Aucun transfert financier n’a été mis en place pour corriger les inégalités creusées par la monnaie commune.

Il est temps de redessiner notre modèle économique et social en prenant appui sur nos racines humanistes au lieu de poursuivre dans la voie du tout-libéral.

Il est temps de définir un nouvel horizon si l’on veut éviter que notre beau pays ne finisse par se morceler et sombrer. Il est temps que les technocrates, à Paris et à Bruxelles, prennent un peu de recul après avoir pris tant de décisions “hors-sol”.

Il est temps de redessiner notre modèle économique et social en prenant appui sur nos racines humanistes au lieu de poursuivre dans la voie du tout-libéral. Il est temps de refonder l’Union européenne en respectant nos vieilles nations au lieu de s’attacher à une vision fédéraliste qui conduit à la confrontation.”

Source : JDD, Jean-Michel Naulot, 04-03-2019

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Toff de Aix // 07.03.2019 à 06h32

“il est temps de refondre l’UE”. Et pour cela rien de tel que l’article 50 : sortie ordonnée de ces traités de malheur, contre lesquels soi disant “il n’y a pas de choix démocratique possible”, dixit l’inénarrable Drunker. Je suis absolument sidéré par les preuves d’aveuglement constantes et renouvelées de nos euro béats de dirigeants,et des soi disant “philosophes” et autres autoproclamés “intellectuels” constamment à leur remorque. Ils puent l’ancien monde, le vrai, celui qui n’a pas encore compris que la fin de leurs privilèges est désormais inéluctable.

Emmanuel et sa “pensée complexe” ont trois trains de retard, ils sont tous paumés, élevés à la même soupe, ils ne pourront jamais comprendre. Ils préféreront voir le pays sombrer plutôt que de s’avouer que leur religion c’est du pipeau, qu’on leur a menti pendant des décennies, qu’ils se sont menti à eux mêmes en plaçant leur foi aveugle dans la magie technocratique et financière.

Et quand je vois Napoléon Jupiter 1er faire son cinéma en roulant des yeux tel un épagneul effaré sur “l’Europe qui protège” j’ai juste envie de lui claquer le beignet : protéger quoi ? Notre économie ? Les plus fragiles ? Nos emplois ? Ou plutôt vos petits copains oligarques, l’économie allemande, les flux financiers ? Arrêtez de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas ! Ça ne marche plus. Ils n’ont pas encore compris il me semble…

Les gilets jaunes sont une chance, au contraire même la seule chance, pour éviter un trop grand chaos, justement.

Nul doute que si demain le Ric passait, un des premiers référendums a mettre en avant serait celui sur le Frexit. Car mieux vaudrait une sortie ordonnée, qui permettrait de sauver les meubles, et ce qui reste de notre pays, que d’attendre sagement sur le rivage que le tsunami qui vient n’embarque tout sur son passage.

52 réactions et commentaires

  • Barbe // 07.03.2019 à 06h19

    Merci à mr naulot.
    En revanche Mme schnapper est à classer dans la longue liste de ces intellectuels prétentieux, qui passent à côté de la réalité, car elle ne correspond pas à leurs oeillères.

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    • Caliban // 07.03.2019 à 08h02

      Cette sociologue est avant tout au service du gouvernement, c’est dans sa fiche Wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Schnapper).

      Juge et partie mais qui ne justifie pas qu’on s’arrête juste à la citation “individualisme poussé à l’extrême”.

      Voici son texte complet : https://www.lejdd.fr/Politique/dominique-schnapper-sur-les-gilets-jaunes-cest-lindividualisme-a-lextreme-qui-provoque-la-crise-3862958

      Et c’est pire puisqu’on peut y lire :
      • “Ceux qui protestent actuellement prônent une démocratie directe, dont le référendum d’initiative citoyenne serait l’étendard. Cette aspiration conduit tout droit à un régime autoritaire.” (phobie du peuple)
      • “On en oublie que ce qui est fondamental dans une démocratie, c’est le respect de l’élection et des élus du peuple.” (confusion vote / élection typique des aristo)
      • “Aujourd’hui, le mouvement des Gilets jaunes laisse s’exprimer les fantasmes anciens, mais toujours vivaces, du complot juif qui vise à dominer le monde.” (sans commentaire, ça en vaut pas la peine)

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  • Toff de Aix // 07.03.2019 à 06h32

    “il est temps de refondre l’UE”. Et pour cela rien de tel que l’article 50 : sortie ordonnée de ces traités de malheur, contre lesquels soi disant “il n’y a pas de choix démocratique possible”, dixit l’inénarrable Drunker. Je suis absolument sidéré par les preuves d’aveuglement constantes et renouvelées de nos euro béats de dirigeants,et des soi disant “philosophes” et autres autoproclamés “intellectuels” constamment à leur remorque. Ils puent l’ancien monde, le vrai, celui qui n’a pas encore compris que la fin de leurs privilèges est désormais inéluctable.

    Emmanuel et sa “pensée complexe” ont trois trains de retard, ils sont tous paumés, élevés à la même soupe, ils ne pourront jamais comprendre. Ils préféreront voir le pays sombrer plutôt que de s’avouer que leur religion c’est du pipeau, qu’on leur a menti pendant des décennies, qu’ils se sont menti à eux mêmes en plaçant leur foi aveugle dans la magie technocratique et financière.

    Et quand je vois Napoléon Jupiter 1er faire son cinéma en roulant des yeux tel un épagneul effaré sur “l’Europe qui protège” j’ai juste envie de lui claquer le beignet : protéger quoi ? Notre économie ? Les plus fragiles ? Nos emplois ? Ou plutôt vos petits copains oligarques, l’économie allemande, les flux financiers ? Arrêtez de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas ! Ça ne marche plus. Ils n’ont pas encore compris il me semble…

    Les gilets jaunes sont une chance, au contraire même la seule chance, pour éviter un trop grand chaos, justement.

    Nul doute que si demain le Ric passait, un des premiers référendums a mettre en avant serait celui sur le Frexit. Car mieux vaudrait une sortie ordonnée, qui permettrait de sauver les meubles, et ce qui reste de notre pays, que d’attendre sagement sur le rivage que le tsunami qui vient n’embarque tout sur son passage.

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    • Chris // 07.03.2019 à 07h02

      Pitié, ne pas invoquer l’article 50 qui lui aussi est un piège à c…s !
      Regardez ce qui se passe au le Royaume Uni. Les Brexiteurs regrettent amèrement de s’être engagé dans cette voie, source de tous les chantages possibles et imaginables.
      Suivre plutôt le conseil de De Gaulle : “je suis couillonné ? Ok, je me tire !”

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      • Recits d’Yves // 07.03.2019 à 09h28

        Quitter l’UE, oui mais on ne peut la quitter comme cela. Il y a des dispositions légales à respecter qu’on le veuille ou non.
        De plus ne serait-ce que pour assurer une transition et enfin une collaboration avec le monde y compris l’UE, du moins si elle existe toujours ?

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        • camille // 08.03.2019 à 08h54

          On peut la quitter LEGALEMENT; La solution est proposée par le PARDEM. Je ne suis pas du PARDEM mais c’est une solution :
          articles 61 et 62 de la Convention de Vienne du 23 mai 1969 sur le droit des traités. Ces articles décrivent le droit de retrait d’un traité international par un État, au motif notamment d’un « changement fondamental de circonstances.
          Voilà. Et rien n’empêche d’avoir les 2 solutions en main combinées !

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          • Osiris // 15.03.2019 à 13h06

            La France n’a jamais ratifié la convention de Vienne. De plus, le “changement fondamental de circonstances” n’est pas réellement qualifié, et enfin il s’applique surtout aux traités n’ayant pas de clause de sortie. l’article 50 est un clause juridiquement légale et approuvée par tous les partenaires européens. Il n’y a pas a chercher plus loin. Quand à la qualité de sa mise en oeuvre, commencer par confier cela à un homme qui souhaite la sortie et pas des tenants du remain amélioreront grandement sa réalisation.

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      • Véro // 07.03.2019 à 09h38

        je ne vois pas comment sortir autrement que par l’article 50. Puisqu’une disposition juridique existe, il est difficile de ne pas l’utiliser.
        Oui on peut aussi se torcher avec les traités. Mais ça n’empêchera pas les règlements de comptes au sens littéral.
        Article 50 ou pas, le Royaume-Uni aurait de toutes façons été obligé de négocier comme il le fait.
        En plus la France a l’euro pour monnaie. Donc c’est encore plus compliqué.

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        • jmd // 07.03.2019 à 12h58

          Non justement. Actuellement le Royaume Uni ne négocie que sa sortie. Les relations futures avec l’UE ne pourront commencer qu’après sa sortie effective de l’UE. Et l’on voit bien qu’un accord pour quitter l’UE est difficile à obtenir à tel point qu’un nouveau référendum est envisagé.

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      • Toff de Aix // 07.03.2019 à 10h33

        @ Chris : désolé, mais vous oubliez une donnée dans votre équation. La France n’est pas la Grande Bretagne.

        Si d’aventure un référendum sur ce sujet était organisé dans notre beau pays (et à fortiori un référendum suite à une demande populaire directe via le RIC), absolument aucun doute que cela mettrait un coup direct, et fatal, à cette construction européenne qui n’a plus de construction que le nom… La France est quand même la deuxième économie de la zone euro, ne l’oublions pas. Ce serait un coup de tonnerre qui provoquerait un effet domino, et je parie que nous n’irions même pas au bout de la procédure de l’article 50 en totalité, avant que n’apparaissent des failles supplémentaires dans ce bateau à la dérive (Italie, Espagne, Portugal…). C’est bien comme cela qu’il faut le voir : un électrochoc salutaire, qui appellerait des réactions en cascade.

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        • Subotai // 09.03.2019 à 18h32

          Toff, les failles augmentent tous les jours, le bateau prend l’eau et personne n’est en mesure de le sauver. Macron et les autres, c’est l’orchestre et les danseurs sur le Titanic.
          Ca ne change rien d’accélérer le naufrage sinon augmenter le nombre de victimes…
          D’autres travaillent à des alternatives.
          Sortir du cadre…

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      • lvzor // 07.03.2019 à 16h09

        “Les Brexiteurs regrettent amèrement de s’être engagé”

        À part dans la presse europhile, où avez-vous vu que les brexiters regrettent ?

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      • Booster // 08.03.2019 à 11h47

        Propagande propagande. Le Brexit c’est une guerre ä mort entre les peuples et l’oligarchie. Le dénouement reste á définir, aux peuples d’Europe d’aider le peuple anglais au dépend de l’oligarchie!!!!

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    • Dune // 07.03.2019 à 09h23

      A mon humble avis, le premier referendum – le préalable à tous les autres – devrait porter sur les média (en s’inspirant par ex des ordonnances du CNR de 1948).

      En effet rien n’est moins sûr que le peuple voterait en faveur d’un Frexit tant que les cerveaux seront globalement tenus en laisse par les média / chiens de gardes des milliardaires, ni qu’il serait “lui-même” (c’est à dire généralement capable de décider correctement dans son propre intérêt) sur toutes autres questions…

      Ensuite, je vois bien le Frexit, puis la monnaie pleine, la question d’une liste d’urgence d’entreprises stratégiques à renationaliser et des limites drastiques aux participations financières dans les entreprises, dans l’ordre chronologiquement fonctionnel des cinq questions les plus importantes.

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      • clauzip 12 // 07.03.2019 à 17h25

        la nationalisation d’entreprises stratégiques est à mon sens une nécessité si frexit.
        C’est bien dans cette perspective que les idéologues du gouvernement vendent et bradent nos bijoux nationaux.
        Ainsi ,le pays ne pourra inverser leur politique et les circuits financiers qu’ils ont installé!
        La France n’aura plus les moyens si ce n’est augmenter les impôts ou endetter plus.

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    • roger // 07.03.2019 à 10h55

      Je pense qu’il est déraisonnable de penser qu’ils ne comprennent pas. C’est tout le contraire, ils comprennent très bien. Ce qu’ils font, ce n’est pas par bêtise mais sciemment, bien calculé et en toute connaissance de cause.

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      • Robert // 09.03.2019 à 07h51

        D’ accord avec vous. Les dirigeants ne sont pas inconscients : juste corrompus !

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    • Macarel // 07.03.2019 à 13h40

      Effectivement je suis profondément pour la paix en Europe, et c’est justement parce que je suis pour la paix en Europe, que je pense urgent de sortir de l’UE et de l’euro. Ce double carcan des peuples qui conduit chaque jour un peu plus nos sociétés au bord de la guerre civile. Le mouvement des gilets jaunes en France est là pour nous le rappeler, et en face les réactions brutales et méprisantes des classes privilégiées soutient du “roitelet Micron”, sont là pour nous alerter du danger pour la paix civile.
      On nous a vendu le projet Européen comme garantie de paix entre nations sur le continent, mais ce n’est pas pour faire de l’Europe une “maison de redressement des peuples” sous la coupe d’une UE qui impulse ou sert d’alibi aux bourgeoisies nationales à vampiriser les classes moyennes et les plus défavorisées.
      Nous ne voulons, ni de la guerre avec nos voisins européens, ni de la guerre civile chez nous.
      Le 26 mai 2019, pour renverser la table le choix qui s’impose c’est FREXIT !

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    • Koui // 07.03.2019 à 13h52

      Avant d’invoquer l’article 50, il faut préparer la sortie en faisant en sorte que l’UE souhaite la sortie de la France. Pour cela, il faut bloquer totalement l’institution par un veto systématique et tous les mécanismes légaux d’obstruction. Si d’autres pays font la même chose, il sera peut être même possible de changer complètement l’institution plutôt que d’en sortir. Dans tous les cas, il faut réduire le déficit de l’État car celui qui passe son temps à emprunter quand tout va bien fuira toujours l’affrontement avec ses créanciers.

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    • Micmac // 08.03.2019 à 19h28

      De toutes façon, quitter l’UE, c’est engager un rapport de force.

      L’épisode Britannique montre bien qu’il vaut mieux engager le rapport de force selon nos règles plutôt que selon les leurs. L’article 50 est un attrape gogo pour rendre la sortie impossible.

      Et ne venez pas me parler de légalité. La seule légitimité est démocratique, et la légalité en découle. La démocratie prime sur les traités (n’en déplaise à l’alcoolique optimiseur fiscal en chef), la cour internationale de La Haye a déjà statuée sur des cas semblables, il y a une jurisprudence sur ce point. Traités déjà refusés démocratiquement. Point. Et cette UE n’existe pas et ne fait que singer les prérogative d’un État. De toutes façons, l’UE n’a pas de siège à l’ONU et n’existe pas du point de vu du droit international.

      Vous aurez forcément des objections à ce que j’écris, et c’est normal. Il y a toujours des débats contradictoires en droit international depuis le Moyen Age (lisez l’histoire -très drôle d’ailleurs- de la Guerre de Cent Ans pour vous faire une idée…). Celui qui remporte le débat et celui qui remporte le rapport de force, et puis c’est tout. Je trouve l’argumentation juridique des militants de l’UPR d’une immense (et le mot est faible) naïveté. Leur chef n’est pas un technocrate pour rien…

      Pour résumer, leur article 50, ils peuvent se le rouler en cône est s’assoir dessus.

        +3

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      • Scytales // 09.03.2019 à 12h11

        “L’épisode Britannique montre bien qu’il vaut mieux engager le rapport de force selon nos règles plutôt que selon les leurs. L’article 50 est un attrape gogo pour rendre la sortie impossible.” (Micmac)

        Ben non.

        En vertu de l’article 50 du traité sur l’Union européenne, le 29 mars 2019 à 23 h 30, heure de Londres, le Royaume-Uni (s’il le veut tout seul comme un grand, ce qui est la plus pure manifestation du droit du plus fort, quoique je dirais plutôt le droit du plus libre), sort de l’Union européenne en toute légalité, accord de sortie ou pas.

        Et, si le fameux accord que le Parlement britannique refuse de voter n’est pas adopté par ce Parlement à cette date, celle qui se retrouvera comme deux ronds de flan, c’est l’Union européenne, avec un trou de 44 milliards d’euros dans ses budgets des trois années à venir.

        Vous confondez le moyen (procédure de l’article 50) avec la fin (la décision de sortir de l’Union européenne).

        Le rapport de force, il doit être instauré non pas entre un pays et l’Union européenne, mais à l’intérieur du dit pays ! Le rapport de force, il doit être établi à l’intérieur d’un pays pour dégager une majorité politique en faveur de la sortie de l’Union européenne.

        ll ne faut pas se tromper de combat !

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  • delor // 07.03.2019 à 07h25

    Je ne crois absolument pas, pour ma part, qu’il y ait eu et qu’il y ait “aveuglement” de la part de nos dirigeants (et européens et Français). Bien au contraire, ils ont agi et agissent sciemment, en toute connaissance de cause, en “pleine conscience” pour parler moderne. Ils ont répondu, à chaque fois et par le menu, à toutes les exigences de la finance, des banques et de-l’-é-tran-ger, sachant pertinemment que ces exigences égoïstes allaient à l’encontre des demandes pressantes des peuples concernés. Cette façon de faire s’appelle purement et simplement TRAHISON ET COMPROMISSION. Nos dirigeants européens et Français qui sévissent depuis 4 ou 5 décennies maintenant doivent être arrêtés, emprisonnés et être jugés sur ces chefs d’accusation. Les soubresauts auxquels nous assistons en France et partout en Europe et dans le monde, sont les symptômes d’une profonde maladie due à un cancer financier rendu au stade final. Ils sont le signe que “l’âme humaine” cherche à s’incarner dans un autre système qui tient compte de l’intérêt général et non plus de certains intérêts particuliers particulièrement délétères, socialement et sociétalement déstructurants et destructeurs ! Si nos dirigeants ne lui donnent pas très vite, “ici et maintenant” et la possibilité et les moyens d’atteindre cet objectif, il y aura un embrasement global et particulièrement violent. Il n’y a rien de plus fort et dangereux que le désespoir et la désespérance …

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    • Urko // 07.03.2019 à 08h06

      Certains dirigeants savaient ce qu’ils faisaient en imposant l’agenda européen à leurs pays pour mieux les détruire et créer sur leurs décombres une nation européenne unie, quitte à en importer la population pour diluer des autochtones trop attachés à leurs cultures et à leur histoire. Mais d’autres n’y pas vu malice, croyant à ce raisonnement simpliste (et absurde selon moi) selon lequel à plusieurs, on pèse plus lourd. D’autres enfin, avaient compris les sombres desseins des premiers mais pensaient pouvoir utiliser les institutions créées pour les détourner de leurs objectifs initiaux de destruction des états nations.

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    • moshedayan // 07.03.2019 à 12h23

      Je partage votre commentaire. Les dirigeants européistes ont voulu cette Union européenne, pour faire face au “bloc soviétique” d’abord et avec l’OTAN. Maintenant, après l’échec de leur plan d’effondrement total du monde russe, ils sont “déroutés” par le coût social de leur stratégie. Ils ont deux choix possibles : poursuivre plus loin par le fédéralisme ou abandonner leur ambition et revenir à des “gestions nationales” compatibles aux grands enjeux futurs (contrairement à tout ce qui se dit). Votre président est dans le premier choix et a bien dit qu’il veut une UE ambitieuse et agressive contre l’Eurasie, quel qu’en soit le prix pour ses peuples. Bon courage !

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  • bhhell // 07.03.2019 à 07h41

    “en prenant appui sur nos valeurs humanistes”: toute l’arrogance occidentale condensée dans cette formule grandiloquente et creuse qui fonde notre “exception”. Vous savez, cette exception qui légitime l’extermination de la planète et de ses habitants depuis 5 siècles.

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    • Urko // 07.03.2019 à 08h24

      Vous ne savez vraisemblablement pas ce que signifie l’humanisme, d’où il vient (contexte historique et religieux de sa naissance puis de ses mutations) et ce qu’il sous tend. Si vous l’aviez su, vous n’auriez pas écrit un tel commentaire, erroné en plusieurs points. On peut se défier de, voire haïr, l’humanisme, mais pas croire qu’il s’agit d’un “concept creux” ni qu’il a été uniformément adopté par l’Occident comme bannière. Quand on porte des accusations graves, on se donne au moins le soin de bien étudier le dossier d’instruction et de s’intéresser au suspect. Les plus grands massacres de l’histoire humaine – maoïsme, stalinisme, nazisme – ont tous été le fait de régimes rejetant, sans équivoque ni précautions, l’humanisme, et la notion d’Occident. Quand on raisonne sur ce que l’on ignore, même la plus grande intelligence conduit à proférer des bêtises.

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      • Sandrine // 07.03.2019 à 09h04

        Oui,
        J’ajouterai que le thème de “la mort de l’homme” théorisé par Foucault dans les années 60 allait ouvrir la voie au société en “réseau” et au néo-libéralisme triomphant.

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      • charles // 07.03.2019 à 10h12

        sincèrement, les deux points de vues valent d’être défendu.

        il n’y a pas d’humanisme des bon mots, il n’y a d’humaniste que le résultat matériel qu’on apporte à la considération humaine.

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      • bhhell // 07.03.2019 à 10h55

        Le contexte de l’humanisme est précisément celui de la montée de la rationalité, de l’individualisme et de la colonisation sauvage. Si vous ne voyez un lien de causalité évident, c’est regrettable. J’adore par ailleurs votre réduction des plus grands crimes aux régimes vaincus (nazisme, communisme), comme s’ils n’étaient pas eux-mêmes le fruit abominable de sociétés individualistes et capitalistes devenues folles. Les plus grands crimes de l’histoire humaine incluent je vous signale de grandes démocraties humanistes animées par des fins très rationalistes: le génocide indien perpétré par la “plus grande démocratie du monde”, les guerres mondiales impérialistes, le pillage sans retour des ressources planétaires par les nations porteuses des valeurs humanistes, et ce à leur seul profit. Qui ignore quoi?

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        • Sandrine // 07.03.2019 à 12h24

          Que de « confusionnisme » 😊 bhell. Avec vous, on dissoudrait d’emblée la France et on remplacerait son peuple avec un autre moins déplorable…

          Non, désolée, vous faites un regrettable amalgame entre rationalisme et humanisme. Et ce faisant, vous faites le jeu de tous ceux qui brulent de tout noyer dans les eaux froides du calcul.

          Lisez ce texte et dites-moi en quoi il est rationaliste ou qu’il prépare l’impérialisme européen.

          https://www.fondamentaux.org/2012/jean-pic-de-la-mirandole-de-la-dignite-de-lhomme/

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          • Bhhell // 07.03.2019 à 13h53

            vous parlez de théories et de grands principes qui ont produit l’exact contraire de ce qu’ils prônaient. Les peuples primitifs ne se sont jamais considérés comme le centre de l’univers et n’ont pas eu besoin de concevoir une definition haute de l’homme pour vivre en harmonie avec la nature, au lieu de la piller. Ils n’ont jamais affirmé leur supériorité, leur destin manifeste, par rapport au reste de la nature. L’humanisme est un échec historique qui devrait être clair pour tout un chacun. Considérer l’humain comme la base de toute chose ne rend pas l’être plus respectable et respectueux

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            • Sandrine // 07.03.2019 à 14h57

              Sûre que vous n’avrez pas vécu ne serait-ce qu’un jour avec les peuples premiers que vous idéalisez et que vous ne les connaissez qu’au travers l’ecran de votre ordinateur ou au mieux par le biais d’une agence de voyage…

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            • politzer // 07.03.2019 à 19h01

              Un “oubli” de taille dans votre plaidoyer anti européen et surtout anti français et non seulement anti impérialiste : les luttes de classes notamment en France qui ont fait de l”humanisme abstrait ( celui que vs dénoncez ) un humaniste réel fondé sur la solidarité des luttes anti colonialistes et anti impérialistes pour lesquelles des Français se sont battus jusqu’à la mort ! merci pour eux !

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            • Subotai // 09.03.2019 à 18h55

              Heu… La parfaite sauvagerie de l’animal humain envers lui même et les autres vivants n’est compensée que par la conscience de son interdépendance avec les autres, ce qui n’empêche pas chaque peuple de se définir soi même comme Être Humain – pas Chacal, Lion ou Fourmi – et d’exercer toute sa sauvagerie si ses fondamentaux de survie directe sont en cause.
              L’Homo Consommatus, coupé des nécessités basiques de l’approvisionnement (contact direct avec la source de bouffe), a perdu de vue l’interdépendance et se croit libéré des contraintes relationnelles avec son environnement.
              L’Humanisme est simplement le fait de rappeler que Humanité se définit par l’interfécondité de ses membres, ce qui en fait des égaux en nécessités.
              Quand une femme scandinave se retrouve seule un certain temps sur une ile déserte avec un homme boshiman, personne ne s’étonne de retrouver une famille quelque temps après.
              L’humanité c’est ça.
              L’humanisme c’est le prendre en compte.

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        • Urko // 07.03.2019 à 12h39

          J’avais bien compris ce que vous visiez mais la colonisation n’a pas été menée au nom de l’humanisme. Jamais. Collomb cherchait l’Inde, de soto, Cortés etc. n’étaient pas connus pour leur humanisme (pas sûr qu’ils aient jamais entendu le mot, certain qu’ils ne l’ont jamais prononcé). En revanche, la colonisation et ses dégâts, notamment en Amérique latine (entre couronnes portugaise et espagnole avec l’Eglise, divisée, qui s’en mêlent), a renforcé le camp des humanistes. Le Mayflower n’était pas davantage rempli d’humanistes. Etc. etc. Quant aux massacres que je mentionne, ce sont les pires, vainqueurs et vaincus confondus. L’Afrique en 1900, c’est moins de cent millions de personnes. L’Amerique a l’arrivée des Espagnols et de leurs maladies, c’est entre 20 et 80 millions de personnes. Autant dire que les 80 millions de morts dûs à Mao… Bref, l’humanisme n’a pas engendré le colonialisme, mais la colonisation a bien renforcé l’humanisme.

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      • Toff de Aix // 07.03.2019 à 11h22

        @ Urko : Bonjour, pour rajouter mon grain de sel je dirais qu’on peut toujours se payer de bons mots, ça ne mange pas de pain. Vous écoutez macron et toute sa clique, ils se posent en “progressistes” qui seraient le seul rempart contre les “populismes” et les extrêmes. C’est beau, très beau. Et après, qu’est ce que ça change à la réalité des choses ?

        Malheureusement se payer de beaux mots n’a jamais prouvé quoi que ce soit, bien au contraire. La bonne foi d’un homme, fut il macron (ou Mao, ou Hitler, ou monsieur dupont), se mesure non pas à ses paroles, mais à ses actes. Ceux qui aujourd’hui se réclament de l’humanisme, comme hier, sont ceux par qui le pire bien souvent arrive, hélas. Les occidentaux en premier lieu, ce qui leur a permis de légitimer, comme le dit si bien bhhell, plusieurs siècles de pillage des soi disant “civilisation arrièrées”, c’est à dire ne vivant ni ne pensant comme eux…or, en quoi, je vous le demande, le fait de rejeter cette façon de faire constituerait une hérésie ? Je préfère mille fois les valeurs de respect mutuel, d’entraide, d’intégration homme/environnement qu’avaient développées les indiens d’Amérique (que l’homme blanc à exterminé, sous des prétextes civilisateurs et humanistes), que les valeurs “droit de l’homme” qui servent de prétexte divers et variés aux pires abus. Tout idéal ne devrait pas servir de justification. Jamais.

        On peut le déplorer, on peut souhaiter que cela n’arrive pas, mais c’est un fait : macron et ses sbires, de la même manière que tous les néo libéraux se réclamant à cor et à cri des Droits de l’Homme, sont ceux par qui le pire arrivera obligatoirement. Ils sont la voie royale vers le fascisme, et les dérives les plus autoritaires que nous ne commençons que trop bien à constater. Car leurs actes parlent pour eux : leur humanisme n’est qu’une façade, car adossé à des “valeurs” d’exploitation et de domination qui fondent le modèle même de développement sur lequel nos sociétés occidentales vivent. Sur lesquelles prospère notre petit confort. Et invectiver ceux qui le constatent, quand bien même ils n’auraient pas votre talent, n’y changera (hélas) pas grand chose.

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        • Sandrine // 07.03.2019 à 15h32

          @Toff. Vous aussi (comme Bhell qui porte bien son pseudo sur ce coup là) vous “payez de “bon mots” et d’idées reçues à la mode”. Il est de bon ton de soupirer nostalgiquement en pensant aux “peuples premiers” qui vivaient naguère dans le jardin d’Eden en bonne entente avec leur “environnement” avant que les diables occidentaux ne les en délogent.
          La vérité est bien plus complexe que vous ne la présentez et surtout vous oubliez un peu vite que c’est la tradition de l’humanisme occidental, qui, précisément vous permet de tenir ce genre de discours nostalgiques. Vous sciez la branche sur laquelle vous etes assis.
          Est-ce que vous comprenez que sans idéaux humanistes, la revote des gilets jaune n’est bonne qu’a être mâtée dans le sang?!
          Nous vivons vraiment une époque nihiliste.

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          • lvzor // 07.03.2019 à 16h25

            Vous n´avez apparemment pas envisagé que l´humanisme est aux “humanistes” occidentaux ce que les “droits de l`homme” sont à la CIA.

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            • Sandrine // 07.03.2019 à 16h54

              Les “humanistes” occidentaux? C’est à dire? Qu’entendez-vous concrètement par là? Qui sont les humanistes orientaux?
              Pour moi l’humanisme est un courant intellectuel et spirituel divers apparu à la fin du moyen-age, suite notamment à la redécouverte des penseurs antiques, grecs notamment et laminé à l’époque moderne par la science (qui s’est largement construite contre l’humanisme).

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            • lvzor // 07.03.2019 à 19h30
            • Subotai // 09.03.2019 à 19h10

              L’humanisme ne pouvait apparaitre que là où la toute puissance de la Déité (par le biais de ses représentant déclaré) en était arrivé à la négation de la valeur intrinsèque de l’humain – Catholicisme triomphant ET radical.
              La redécouverte des Antiques a été un bon prétexte pour remettre l’Humain et non la Déité au centre des débats.
              Les autres Civilisations aux déités triomphantes se sont en général gardé de “nier” humanité mais plutôt de mettre ces Déités au service des Humains moyennant quelques rituels… 🙂

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  • Nanie // 07.03.2019 à 08h26

    M.Naulot a bien centré le problème des Gilets jaunes. On ne peut pas parler d’ individualisme quand les protestations concernent “les oubliés de la République” ainsi que plus de 60% des Français. L’ euro, même si initialement a favorisé les échanges entre l’ élite des nations européennes, a fini par détruire la souveraineté des peuples et anéantir la Démocratie qui devait être renforcée sur la base des Droits de l’homme et du citoyen (ne) et non sur le Capital débouchant inévitablement sur les inégalités sociétales lesquelles ont provoqué le ras le bol suivi de mesures autoritaires et répressives.
    Oui, il faut repenser l’Europe, mais comment?
    La réalité est cuisante car l’ Euro maintient, malheureusement, le fragile équilibre international et mondial qui retarde l’ explosion inévitable… explosion qui se fera bien sûr au détriment des nations et des peuples.

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    • Subotai // 09.03.2019 à 19h18

      La focalisation sur le “moyen d’échange” fait oublier que le “problème” est dans le RAPPORT DE FORCE gérant l’échange.
      C’est ce rapport de force que les gens au Pouvoir ne veulent pas remettre en question, c’est ce rapport de force que la Commission Européenne “déclare” illégale (Junker) et c’est ce rapport de force qu’un certain mouvement politique entend engager.
      Il se trouve que le “poids” économique ET politique de la France lui donne des armes pour “gagner” ce rapport de force.
      Encore faut il l’engager…

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  • Rond // 07.03.2019 à 09h09

    Ca va de soi et ça va encore mieux en le disant … et en le lisant. Et ça changera quoi ?
    Ce qui est rageant, c’est que ces articles ne sont lus que par ceux qui veulent comprendre et comprennent. Inversement, ils ne seront jamais lus par ceux qui, forts de leur science infuse, leurs certitudes, leurs doctrines, continuent de vouloir enfoncer des clous, là où la haute couture serait de mise.
    Ils ont un problème neurologique ces gars et ces filles, mais que faire face à des marteaux marteaux ? C’est là que nous manquons un peu de solutions, de méthode et de cohésion.

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  • charles // 07.03.2019 à 10h07

    je doute que l’on puisse refonder l’europe, mais cet article est dans le bon, selon ma petite vision du monde.

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  • Catalina // 07.03.2019 à 10h17

    “les oubliés de la République” ou les “sacrifiés de la République” ?

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  • Louis Robert // 07.03.2019 à 12h53

    « Il est temps… Il est temps… »?

    Oui, il est plus que temps, mais un peu tard pour cela, je crois. Tous ces vœux pieux s’avéreront stériles, j’en ai bien peur.

    Devant l’effondrement auquel nous assistons en France (et ailleurs, un peu partout dans l’Empire…), deux groupes s’affrontent dans une (très vieille) lutte à finir. D’une part celui au Pouvoir, prêt à tout, y compris à tout détruire pour y rester. De l’autre, une masse citoyenne de plus en plus mobilisée et prête à tout pour ne pas sombrer et crever en silence. À terme, cette confrontation mène tout droit à la destruction de la France, et pas seulement… « Il fallut détruire le village (Ben Tre) pour le sauver! »

    Un nouveau monde est en gestation.

    Suite à l’effondrement en cours, ne sera-t-il érigé que sur des ruines? Ou l’aventure se terminera-t-elle plutôt par un avortement et la mort des géniteurs, dans le lourd silence de l’anéantissement?

    Shakespeare: “Under which king, Bezonian, speak or die!”

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  • Denis // 07.03.2019 à 13h50

    “Les plus grands massacres de l’histoire humaine – maoïsme, stalinisme, nazisme – ont tous été le fait de régimes rejetant, sans équivoque ni précautions, l’humanisme, et la notion d’Occident.”

    An effet! Et le capitalisme faschoïde??? Il est oublié de la liste.
    Ben ça alors! Tous les jours on tue par drones, par balle, par bombardement
    par LBD, dans l’intérêt de la prolifération de la démocratie! On rigole!!!

    Mais en fait, pas de problème pour l’espèce: 7 650 000h. et ça continue de progresser.

    Bonne journée 🙂

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  • Maud // 07.03.2019 à 16h08

    Ceux qui dirigent l’Etat ont oublié que celui ci avait pour mission un rôle d’arbitrage entre les besoins de chaque catégorie sociale et ne devait pas être au service de quelqu’uns.
    C’est le mal dont souffre les pays occidentaux et dont on voit les effets sous différentes formes.
    JM Naulot par un positionnement équilibré envoie un message éclairé mais hélas peu répandu. Que sera la suite ?

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    • Louis Robert // 07.03.2019 à 20h12

      Ils n’ont pas oublié, ils refusent catégoriquement cette mission, et obstinément de tenir ce rôle, dépendants qu’ils sont des riches afin d’accéder au Pouvoir et inféodés qu’ils demeurent aux puissants qui gouvernent réellement, derrière, et qu’ils acceptent servilement mais non moins joyeusement de servir.

      La suite? Elle est inscrite dans l’effondrement en cours mais, par aveuglement collectif, ne deviendra manifeste qu’au terme de cet effondrement, passés les points de non-retour.

      Patience, c’est pour très bientôt. Déjà les prévisionnistes avouent avoir grossièrement sous-estimé les dégâts… et leurs conséquences.

        +3

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  • is // 07.03.2019 à 16h39

    Mai 68 mouvement au quel j ai participé activement côté ouvrier, a ceci en commun avec la révolte actuelle qu’il s agissait d’une double manifestation de révolte contre une société très autoritaire et très inégalitaire -même en situation de “plein emploi” . Le monde étudiant concentrait ces deux caractères.

    Les rapports de classes changent, la petite bourgeoisie est emportée dans le maelstrom de la déréglementation ultra-libérale à la française . Le mouvement des gilets jaunes exprime les revendications des classes dominées par l’oligarchie des milliardaires: comme en 68 , arrêt de la dérive autoritaire ( referendum de 2005 volé)et relance d un pouvoir d’achat dégradé depuis 15 ans, contemporain de la mise en place de l Euro.
    La grande différence aujourd’hui, la crainte d un pouvoir aux abois, c est la mise en mouvement de la petite bourgeoisie dont la condition se rapproche de celle des ouvriers et qui subissent les effets d’une immigration ( absente des luttes! NB)de plus en plus envahissante, sur laquelle le pouvoir s appuie depuis les années 80 pour diviser les masses populaires .
    Je me laisserai aller à une hypothèse je dirais prometteuse : les classes “bourgeoises” petites et moyennes ont soutenu les gilets jaunes à 85%, jusqu’à la mise en scène des violences où elles se sont sinon arrêtées mais pour le moins divisées ; si le pouvoir attaque encore leur pouvoir d achat pour “habiller Pierre”, elles risquent alors d accepter toutes les violences potentielles retenues des gilets jaunes les plus déterminés, en qui elles verront des champions de leur cause ! Amen !

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  • politzer // 07.03.2019 à 16h41

    j ai dû couper ceci pour faire accepter mon post

    Le monde étudiant concentrait ces deux caractères. On pouvait voir un proviseur gifler en public un élève de 18 ans pour je ne sais quel motif futile au lycée Rotrou de Dreux en 63; les étudiants issus de classes populaires de proche province se trouvaient dans l ‘impossibilité matérielle de se loger à Paris pour suivre leurs études, à cause d’un nombre insuffisant de bourses et face à une sélection impitoyable à l entrée de l’université. Le nouveau ministre de l’Education nationale Edgar Faure y mit fin très rapidement à la satisfaction des bénéficiaires dont je fus.
    On a beaucoup glosé sur lesdites “3 glorieuses” qui pourtant n’ont guère fait sentir leur effet sur le pouvoir d achat des classes laborieuses, sinon au bénéficie de la petite bourgeoisie plus favorisée alors qu’aujourd’hui. C’est pour cette raison que satisfaite des réformes, elle s est vite désolidarisée des ouvriers au meeting de Charléty où ses représentants socio-démocrates ( les précurseurs du PS) adressèrent une fin de non recevoir à l espérance d’un changement radical basé sur l alliance avec les ouvriers.

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