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30.mars.201930.3.2019 // Les Crises

L’Estonie planche sur une IA capable de remplacer ses juges. Par Setra

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Source : Presse Citron, Setra, 27-03-2019

L’Estonie, ce petit pays de 1,3 millions d’habitants, ne cesse d’impressionner le monde grâce à son utilisation du numérique. Le dernier projet en date : une IA que serait capable de faire le travail d’un juge.

C’est ce que révèle un article du magazine Wired cette semaine. D’après celui-ci, le ministère estonien de la justice aurait demandé à Ott Velsberg, chief data analyst de ce petit pays, de développer un “robot juge”.

L’objectif ? Utiliser des algorithmes capables de juger sur des litiges de moins de 7 000 euros. D’après Wired, l’Estonie espère utiliser ce dispositif afin de réduire la charge de travail des juges et ainsi “résorber un arriéré de plaintes pour les juges et les greffiers”.

Pour le moment, ce projet de “robot juge” estonien n’en serait qu’à sa phase initiale. Mais il pourrait être lancé avant la fin de l’année avec un pilote qui concernera les litiges sur les contrats. L’idée serait que pour régler un contentieux, les parties envoient les documents et toutes les informations pertinentes à cette IA, qui pourra ensuite utiliser ceux-ci afin de donner un verdict. Ce verdict pourrait cependant être contredit par un juge humain.

On ne peut pas corrompre une machine

Ce projet ne serait pas la première application de l’IA dans le domaine juridique. Par exemple, grâce à l’intelligence artificielle, l’application DoNoPay (une sorte de “robot avocat”) conseille déjà des mobinautes pour faire sauter les PV de stationnement. En moins de deux ans, celle-ci a permis de faire sauter 160 000 amendes aux Royaume-Uni et à New York.

Mais il semblerait que ce sera la première fois que l’on demandera à une intelligence artificielle de se mettre à la place du juge.

La réticence à ce projet pourrait par ailleurs être moindre dans ce pays où presque toute l’administration est accessible sur ordinateur ou smartphone, et où 44% des électeurs ont voté en ligne lors des dernières législatives.
(Source)

Source : Presse Citron, Setra, 27-03-2019

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Bèbert le Fou // 30.03.2019 à 06h16

Et quand Skynet va diverger, ça va faire mal !
Plus sérieusement, comme l’écrit Éric Sadin, l’IA est en train de passer de l’information à la préconisation, de là à l’injonction puis à la coercition. “…Car en ambitionnant de continuellement nous gouverner, ces systèmes instaurent un rapport strictement utilitariste à l’existence, supposant que toute action doit viser une fin, que ce soit un prétendu confort ou l’optimisation de séquences de nos vies…”
Ne nous moquons pas des Estoniens, ils seront parmi les premiers à être broyés.

43 réactions et commentaires

  • Bèbert le Fou // 30.03.2019 à 06h16

    Et quand Skynet va diverger, ça va faire mal !
    Plus sérieusement, comme l’écrit Éric Sadin, l’IA est en train de passer de l’information à la préconisation, de là à l’injonction puis à la coercition. “…Car en ambitionnant de continuellement nous gouverner, ces systèmes instaurent un rapport strictement utilitariste à l’existence, supposant que toute action doit viser une fin, que ce soit un prétendu confort ou l’optimisation de séquences de nos vies…”
    Ne nous moquons pas des Estoniens, ils seront parmi les premiers à être broyés.

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    • Marie // 30.03.2019 à 08h40

      …”instaurent un rapport utilitariste à l’existence”…vous avez tout dit. En matière de justice, il faut lire Eric Dupont-Moretti et son intime conviction que “tout le monde MENT”…ensuite on raisonnera sur l’IA appliquée au jugement.

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      • Glbert Gracile // 30.03.2019 à 20h52

        de toutes façons, tout le monde numérique est une horreur… à commencer par internet, ce machin inventé par l’armée américaine bienveillante… un réseau hyper-centralisé dont les clef-racines sont entre les mains de 7 personnes à l’ICANN… un réseau fait de câbles possédés et contrôlés par quelques états et multinationales, avec des noeuds, des serveurs et des data-center sous surveillance, et une alimentation électrique tout ce qu’il y a de plus classique… Le numérique est le frère du capitalisme (le nombre) : 1/ “objectiver” les choses et les relations, 2/ mesurer et quantifier, 3/ comparer et hiérarchiser, 4/ monétiser et contrôler, 5/ capitaliser… tous les aspects de notre vie sociale et intime y passent… sans compter l’économie et la politique.

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    • moshedayan // 30.03.2019 à 09h26

      @Bébert le Fou
      Les dirigeants estoniens se targuent d’être “à part” face à la menace russe, alors que pas loin de 25% de sa population est russophone, ils s’appliquent à purifier leur population dans un contexte d’émigration économique forcée (les “russki” vers la Russie et nombre d’Estoniens vers l’UE). A coup d’immenses financements de l’UE, l’Estonie avance dans l’informatique comme une visite du “village Potemkine”. Ses villes sont bien tenues mais l’arrière-pays n’a pas décollé économiquement. Les sanctions de l’UE ont bloqué les exportations agricoles et industrielles vers la Russie, en contre-mesures. Enfin, grâce à l’informatique, en moins de 24 heures, l’UE sera capable de bloquer et de mettre à genoux, ce pays s’il advenait que celui-ci ait envie de revenir vers le monde russe. Les Estoniens effectivement vont vite apprendre à “bien se tenir” de leurs nouveaux maîtres, évidemment l’Allemagne (quand la crasse intellectuelle persiste, il n’y a pas à avoir de complaisance…)

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    • yann // 30.03.2019 à 10h08

      Quand je vois un “nouveau” terme technique ou informatique passer la barrière des médias, mon premier réflexe c’est de regarder si ça veut dire quelque chose, si il a un contenu, si ça n’est pas de la pure propagande ou un mot vague qui englobe tout un tas de techniques obscures pour le novice.
      Et ici, à mon avis on pourrait remplacer IA par ce vieux mot qui est “automation”, car finalement l’IA qu’on nous vends c’est un ensemble de techniques informatiques associées à des mathématique (on utilise les algorithmes de régression), à du mimétisme de la nature (réseau de neurones) et il y a beaucoup de choses à rajouter mais bon ces deux exemples sont parlant.
      Donc une fois désintoxiqué, on commence à réfléchir et entrevoir les problèmes que l’utilisation de ses techniques impliquent. Il est sur qu’un politicien qui veut se faire passer pour moderne utilisera le mot IA (le coté IN de l’anglais) que ce vieux vocable d’automation qui fait moins rêver et vous fait dire mais c’est quoi ces cons qui veulent remplacer des humains par des algorithmes qui seront aux mains d’une autocratie pour juger son bas peuple?

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      • Sandrine // 30.03.2019 à 11h09

        Derrière l’automation, il y a la foi indéfectible dans les mathématiques comme expression ultime des lois de l’univers. Le « monde est écrit en langage mathématique » à dit Galilée (je cite de mémoire), signant par la la naissance de la science occidentale moderne. Mais cette conception quasi religieuse des mathématiques est plus ancienne, elle remonte au moins à Platon et avant lui Pythagore -et c’est une spécificité de la philosophie grecque (je ne pense pas qu’elle soit présente dans d’autres univers culturels comme en Chine ou en mezzo-Amérique)

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        • yann // 30.03.2019 à 13h20

          Sandrine, merci pour votre commentaire.
          A mon tour de partager un mot découvert dernièrement sur twitter: “agnotologie” qui est l’étude de la production culturelle de l’ignorance (https://fr.wikipedia.org/wiki/Agnotologie) : terme inventé par Robert N. Proctor en 1992.
          Je crois que ce mot définit bien l’état dans lequel on se trouve face à notre société occidentale devant l’emploi de ces termes issues d’une croyance quasi-mystique dans les sciences pour régler tous nos problèmes.

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        • Serge F. // 30.03.2019 à 17h28

          « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours ouvert devant nos yeux, je veux dire l’Univers, mais on ne peut le comprendre si l’on ne s’applique d’abord à en comprendre la langue et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique et ses caractères sont des triangles, des cercles et autres figures géométriques, sans le moyen desquels il est humainement impossible d’en comprendre un mot. Sans eux, c’est une errance vaine dans un labyrinthe obscur. » Galilée, L’Essayeur, 1623.

          Galilée avait raison. Les mathématiques sont un outil formidable pour comprendre le monde, mais on ne doit pas l’utiliser pour faire n’importante quoi, comme gérer des vies par exemple.

          Alexandre Grothendieck, peut-être le plus grand mathématicien français du XXème siècle (dont pourrait s’inspirer le macroniste Cédric Villani qui en a fait pourtant l’éloge après son décès), a déclaré :

          « Au début, nous pensions qu’avec des connaissances scientifiques, en les mettant à la disposition de suffisamment de monde, on arriverait à mieux appréhender une solution des problèmes qui se posent. Nous sommes revenus de cette illusion. Nous pensons maintenant que la solution ne proviendra pas d’un supplément de connaissances scientifiques, d’un supplément de techniques, mais qu’elle proviendra d’un changement de civilisation. »

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          • Sandrine // 30.03.2019 à 18h52

            Qu’esy-ce qu’il entendait par « changement de civilisation »?

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            • Serge F. // 30.03.2019 à 19h28

              Voici l’intégralité du discours prononcé par Alexandre Grothendieck au CERN en 1972 dont est issu l’extrait que j’ai cité :

              https://sciences-critiques.fr/allons-nous-continuer-la-recherche-scientifique/

              Alexandre Grothendieck ne se lance pas dans un long discours philosophique. Il nous dit simplement que notre civilisation est condamnée à disparaître et qu’il va falloir remettre la vie au centre de tout.

              « Nous voyons maintenant notre rôle dans la direction suivante : être nous-mêmes partie intégrante d’un processus de transformations, de ferments de transformations d’un type de civilisation à un autre, que nous pouvons commencer à développer dès maintenant. Dans ce sens, le problème de la survie pour nous a été, si l’on peut dire, dépassé, il est devenu celui du problème de la vie, de la transformation de notre vie dans l’immédiat ; de telle façon qu’il s’agisse de modes de vie et de relations humaines qui soient dignes d’être vécus et qui, d’autre part, soient viables à longue échéance et puissent servir comme point de départ pour l’établissement de civilisations post-industrielles, de cultures nouvelles. »

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            • Serge F. // 30.03.2019 à 19h36

              Edgard Morin, le grand philosophe français, va dans le même sens :

              « C’est lorsqu’on est au bord de l’abîme que l’on décèle les réflexes salvateurs. Nous n’en sommes pas encore là et peut-être ne les trouvera-t-on pas, mais nous pouvons espérer. D’abord parce qu’il existe une marge d’incertitude sur les prédictions, par nature hypothétiques, qui annoncent l’état de la planète d’ici un siècle. Le péril sera-t-il, dans les faits, plus massif ou plus supportable, interviendra-t-il plus vite ou plus lentement ? Nous en sommes à faire des paris. Ce qui peut laisser le temps d’accomplir la seule transformation véritable et durable qui soit : celle des mentalités. Combattre les sources d’énergie sale est bien, mais ce n’est pas suffisant. Seule une prise de conscience fondamentale sur ce nous sommes et voulons devenir peut permettre de changer de civilisation. »

              http://www.humanite-biodiversite.fr/article/extraits-d-une-interview-d-edgar-morin

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        • un citoyen // 31.03.2019 à 11h26

          On peut aussi citer Thalès de Milet – et sans doute d’autres savants- (quelques décennies plus tôt) qui essayait d’expliquer les phénomènes naturels de façon physique par l’observation scientifique et le raisonnement, et qui avait été en Egypte où les constructeurs utilisaient les nombres (nombre d’or, pente de 14/11 en lien avec une approximation de pi, …) pour ériger les pyramides.
          Mais il semble que Pythagore ait bien été un tournant majeur par cette nouvelle vision des mathématiques (‘tout est nombre’).

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    • Paul Atreide // 30.03.2019 à 10h33

      oui enfin en même temps je comprend qu’ils en viennent là, la quantité massive d’infos qu’il faut gober pour devenir magistral est monumental, et c'”est probablement l’une des raison pour lesquelles il n y a pas foule dans ces corps de métier. je pense cependant qu’effectivement pour les délit mineur où l’infraction a été commise, et la sentance plus une formalité administrative qu’autre chose, bah ca peut avoir une utilité , ca pourra jamais juger les fait grave et autre trafic, mais au moins pour ce qui est du mineur, il ne devrait pas y avoir de problème

      enfin j’ajouterais que la population plus nombreuse genère plus de difficulté de cet ordre, et la population de magistrat n’évolue pas proportionnellement avec l’augmentation du nombre de gens, donc il est logique qu’aujourd’hui les magistrat soient débordé et que ce genre de solution soient envisagé,
      après y a toujours des recours, on est dans des état où le droit est assez abouti, puis bon terroriser la population à coup de robot juge, c’est un peu cliché sf, alors si le sujet est intéressant, il ne faut pas non plus crier à la dictature à la première innovation de ce type.

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      • yann // 30.03.2019 à 13h45

        Ne pensez vous pas plutôt que le manque de magistrat (et de toutes les personnes constituant la chaîne de justice) est voulu, organisé dans un paradigme de société ultralibérale. Sans vouloir entrer dans des considérations politique, ce nombre était différent en proportion de la population à d’autres époques.

        Sans rentrer dans un récit dystopique, imaginez vous devant le futur guichet unique de votre pays. Vous auriez donc affaire à votre écran pour un conflit de type “banal” (terme assez vague pour englober beaucoup de conflits) et PAF! super en deux coups de cuillères à pot je porte plainte et dans la foulée la partie adverse est prévenue et le juge virtuel délibère rapidement (le rêve 😉 )… On aurait donc complètement éliminé le facteur humain (autant en coup que relationnel ou d’erreur humaine) de l’équation et franchement je ne sais pas sur quoi ça pourrait aboutir?

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  • 5cents // 30.03.2019 à 06h23

    Relire le tome 3 de SOS bonheur page 15-》 , une BD de 1986 visionnaire en bien des choses.

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  • Fritz // 30.03.2019 à 07h04

    Je suis vachement impressionné par l’Estonie. Je vais demander à ce pays de me remplacer par une IA devant mes élèves, lundi prochain, et pour donner une conférence, la semaine suivante.

    Quant au vote électronique, c’est bien, mais pourquoi s’arrêter à mi-chemin ? Pourquoi ne pas remplacer par des robots les électeurs humains faillibles et tentés par le populisme ?

    Quand les êtres humains seront tous remplacés par des robots, la félicité règnera sur Terre. « Le progrès fait rage, le futur ne manque pas d’avenir » (Philippe Meyer).

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  • Fritz // 30.03.2019 à 07h08

    Je suis vachement impressionné par l’Estonie. Je vais demander à ce pays moderne de me remplacer par une IA pour faire cours devant mes élèves, lundi prochain.

    Quant au vote électronique, c’est bien, mais pourquoi s’arrêter à mi-chemin ? Pourquoi ne pas remplacer par de parfaits robots les électeurs humains faillibles et tentés par le populisme ?

    Quand tous les êtres humains seront remplacés par des robots, la félicité règnera sur Terre. « Le progrès fait rage, le futur ne manque pas d’avenir » (Philippe Meyer).

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  • Catalina // 30.03.2019 à 07h14

    franchement, ça sert un quoi un juge ? y a qu’a ponctionner direct sur les comptes en banque et si insolvalbe, prendre un membre que l”état pourra revendre sur le marché des organes. en cas de litige à plus de 7000 euros, l’état tuera le contrevenant parce bon, il veut bien être gentil, mais y a des limites.

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  • zx // 30.03.2019 à 07h48

    L’Estonie n’y est pour rien où si peu, le même process est en cours partout.

    Simple application de la logique capitaliste de réduction des coûts pour augmenter les profits, pas les siens mais ceux des créanciers en payant ses dettes.

    Misère du monde moderne ou l’économie n’est plus au service de l’humain mais l’inverse, une économie hors sol et criminelle. In fine si on continue à sacrifier sur l’autel du veau d’or il n’y aura plus rien à y apporter. Et le veau mourra lui aussi qui ne se nourrit que du vivant.

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  • calal // 30.03.2019 à 08h13

    Tout ca peut etre interessant mais reste la question de qui detient le pouvoir et qu’en faire?

    A propos d’automatisation:

    https://www.zerohedge.com/news/2019-03-29/boston-dynamics-new-warehouse-robot-threatens-millions-jobs

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  • Fabrice // 30.03.2019 à 08h46

    Quand on met une machine en position de juger l’homme, sans qu’elle ne comprenne ce qui anime un humain cela donne un désastre ; Car elle appliquera à la lettre des décisions qui sont absurdes car fruit de lois humaines qui laissaient au juge l’interprétation selon les cas qu’il rencontre, ce qui échappera à l’IA.

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  • Rond // 30.03.2019 à 09h23

    Pour l’Estonie, je ne sais pas. Mais pour nous, quand on sait l’amour infini que nous portent nos “décideurs”, leur transparence, leur bonne volonté légendaire, leur totale impartialité, j’ai comme un doute. Étant commanditaires de tels outils, j’imagine déjà l’enfer ++.
    Dans un monde où nous serions redevenus les vrais décideurs et contrôleurs, il faudrait voir, sans jeter le bébé avec l’eau du bain. Une I.A n’est qu’un outil. Reste à savoir au service de qui.

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  • Calal // 30.03.2019 à 11h12

    C’est intéressant : combien de gens ne vont pas en justice a cause des délais et des coûts.quand on voit la misère du budget de la justice en France mandat après mandat.un outil puissant a utiliser avec discernement mais comme tout outil.et on ne peut s’empêcher de se dire devant les merveilles de l’IA,ben qu’un être humain tout bête,volontaire et “éclairé”, ben c’est performant aussi.
    PS: je ne peux résister au besoin de titiller notre cher corps professoral en leur disant qu’ils ne sont d’une part plus compétitif avec les économies d’échelle permises par internet et que pendant très longtemps,les professeurs n’étaient pas des jeunes de 25ans,mais les trop vieux pour aller chasser…

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    • Sandrine // 30.03.2019 à 13h55

      « L’homme ne vit pas que de pain »… ça ne vous rappelle pas quelque chose?

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      • calal // 30.03.2019 à 17h32

        ventre affame n’a pas d’oreilles: une maxime que l’institution eglise catholique a toujours eu du mal a assimiler.Tandis que les musulmans disent qu’il faut d’abord remplir le ventre avant de pouvoir ecouter la parole de dieu ou quelque chose comme ca.

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        • Sandrine // 30.03.2019 à 18h44

          C’est bien pour ça, n’esy-ce pas qu’un des piliers de l’Islam, c’est de faire une période de jeûne très dure (sans eau…) et très stricte de 28 jours…
          Exigence qui se retrouve d’ailleurs dans le christianisme avec les différentes périodes de carême et de jeûnes, notamment celui indispensable avant tout communion…

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          • calal // 31.03.2019 à 08h26

            Je me souviens d’un socialiste qui disait dans les annees 1980 ou 1990, qu’il serait content quand “les pompistes auront bac+5”,sous entendu pour lui un gars qui n’aurait pas pu faire d’etudes,qui doit travailler pour vivre pourrait choisir d’obtenir un diplome dans un domaine qui le passionnerait pendant ses loisirs. Or la realite actuelle ,c’est sont des etudiants qui “subissent” la regle pas de diplome pas de boulot ,qui font bac+5 en je ne sais quoi,qui ne trouvent tout de meme pas de travail et qui sont obliges de devenir “pompiste”.ca c’est de “l’intellectualisme” subi.
            quelle est la part de gens qui font bac+5 et qui trouvent un boulot en adequation et combien font bac+5 pour rien,la est la question.
            Le declassement menace tout le monde,meme ceux qui se pensaient a l’abri. C’est la consequence de la decadence du clan france,ou les dominants du clan ont detruit l’ascenseur social pour diminuer la pression de la concurrence interne des domines,affaiblissant ainsi tout le groupe.
            .

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            • lateo // 03.04.2019 à 01h31

              À la louche, ne trouvent pas rapidement :
              25% des diplômés du supérieur
              45% des diplômés CAP/BEP/BAC
              55% des non-diplômés.

              Les BAC+ tirent donc leur épingle du jeu, mais encore 1 sur 4 qui reste sur le carreau après un tel investissement ça peut laisser songeur.

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    • Sandrine // 30.03.2019 à 14h05

      J’ajouterai, sans vouloir vous offenser, que votre message témoigne d’un anti-intellectualisme primaire qui, malheureusement est assez dans l’air du temps et que beaucoup confondent très naïvement avec l’esprit démocratique.
      En cela notre époque ressemble beaucoup à celle qui a vu l’émergence des fascismes – a moins qu’il faille y voire une version capitaliste du maoïsme

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      • Geoffrey // 30.03.2019 à 15h31

        ça veut dire, quoi, Sandrine…”une version capitaliste du maoïsme” ?

        c’est pas un oxymore, çà ? comme “musulman-athé” ou “végétarien-carnivore”.

        serait-ce là de l’anti-intellectualisme secondaire ? ou sa forme tertiaire ?

        pour “Moa”, Mao, c’est le staline des chinois : une déf’ de base qui ne doit pas être très éloignée de la vérité historique.

        pq lire 1001 ouvrages sur l’économie ? tu n’as pas encore cerné le truc ? tu veux fignoler un mémoire en 15 volumes (que personne ne lira), sensé nous sauver tous ?

        Mishima a dit : savoir sans agir, ce n’est pas vraiment savoir – à quand l’action, Sandrine ?

        Geof’ – expert en action (entre autres choses)

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        • Sandrine // 30.03.2019 à 18h36

          @geof, je ne sais pas ce que vous entendez par « action »; si c’est le sens que lui donnait H.Arendt, c’est à dire celui d’action politique, il me semble qu’elle nécessite beaucoup de réflexion et de mûrissement intellectuel préalable. L’action sans réflexion est au mieux un travail d’esclave, au pire un travail de machine.
          Je ne sais pas si il existe des musulmans athées, mais en tout cas je sais qu’il existe des prêtres athées, donc parler de maoïsme capitaliste ne me semble nullement un oxymore. La preuve : la Chine contemporaine, qui a ma connaissance n’a nullement répudié officiellement le maoïsme.
          Je pense d’aiilleurs que le fait que beaucoup de libéraux-libertaires-néocons actuels soient d’anciens maoïstes ne relève nullement de la trahison de leurs idéaux de jeunesse. Au contraire il y a une grande cohérence de fond dans leur conception de l’homme et du monde (la « révolution culturelle » et le mythe de la possible re programmation de l’homme, justement -qui s’exprime à travers les fantasmes relatifs à l’IA et le transhumanisme)

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          • Geoffrey // 31.03.2019 à 10h08

            aaaah d’accord, ce maoïsme-là. J’aurais – alors – plutôt dit “une révolution culturelle maoiste, mais sans projet communiste ni violence physique”, ce qui est nettement moins “teasing”.

            C’est clair qu’un certain communisme et un certain capitalisme se retrouvent sur l’idée de rupture absolue avec la Tradition ; moi, je dis : le communisme doit changer la société, pas l’ê humain (sa génétique, son anthropologie…).

            les communistes sont tenus de fournir un résultat populiste (=pour le peuple), pas les capitalistes : si la CM est contente, comme en France, pas de Révolution…CQFD

            quant à Hannah Arendt, je n’ai rien lu d’elle, et je m’en fous…

            hitler a écrit dans son best-seller que lire des livres, c’est très bien mais que l’expérience est irremplaçable/lui est supérieure, et que d’ailleurs le but de l’existence, c’est vivre, pas connaître…

            je ne suis donc pas un GJ, je suis un GR…et toi ?

            Geof’, gilet rouge

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      • calal // 30.03.2019 à 17h45

        anti-intellectualisme ? a 25 ans on fait de la recherche et du developpement pas de l’enseignement…c’est a 50 ans voir plus tard qu’on transmet en enseignant.

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        • Sandrine // 30.03.2019 à 18h47

          À bon alors du coup à 25 ans, si on fait de la recherche, on peut pas non plus aller chasser… J’ai du mal à suivre

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  • Chris // 30.03.2019 à 12h12

    Ont-ils une telle fuite massive des “cerveaux” de la classe moyenne et supérieure pour que l’Estonie en soit réduite à se rabattre sur des robots mal embouchés ?
    https://fr.scio.pw/D%C3%A9mographie_de_l%27Estonie
    “La population de l’Estonie était de 1 351 640 en janvier 1970[6]. Elle est passée à 1 570 599 en janvier 1990[6]. Cependant depuis 1990, l’Estonie a perdu environ 15 % de sa population soit environ 230 000 personnes, passant à 1 340 194 en janvier 2011.
    Le § espérance de vie a particulièrement attiré mon attention :
    Espérance de vie
    L’espérance de vie en Estonie est globalement plus faible qu’en Europe occidentale. Pendant la période soviétique, l’espérance de vie masculine se situait autour de 64 à 66 ans, et celle féminine de 73 à 75 ans. Après l’indépendance, l’espérance de vie a chuté jusqu’à atteindre son plus bas niveau en 1994 avec une espérance de vie de 60,5 ans pour les hommes et de 72,8 ans pour les femmes. Après quoi l’espérance de vie est remontée, passant en 2011 à 68 ans pour les hommes et 79 ans pour les femmes. Le pays accuse ainsi un fort différentiel d’espérance de vie entre les deux sexes, avec une différence située ces dernières décennies entre 11 et 12 ans.
    Cette différence s’explique par une forte mortalité des jeunes hommes due à des morts violentes (accidents, meurtres, suicides)”.

    Serait-ce lié au fait que depuis son adhésion à l’Euro en 2011, non seulement l’économie ne décolle pas du fait de la politique d’austérité, mais que la population ne se sent aucun avenir ???

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  • Babar // 30.03.2019 à 14h38

    Je n’ai pas d’à priori devant cette proposition. On sait tous qu’en présence d’un même procès, il y aura des différences de résultats suivant le juge à qui reviendra la décision (je ne parle pas de cour d’assises). Dans le cas d’une IA, au moins les mêmes causes produiront les mêmes effets. Que les Estoniens essuient les plâtres ne peut avoir que des conséquences positives. Quand ce sera affiné, si c’est satisfaisant, un RIC permettra ou non d’y recourir?

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  • Myrkur34 // 30.03.2019 à 16h28

    C’est vrai qu’employer une nouvelle technique de jugement est plus simple à mettre en place que de former une dizaine de juges supplémentaires…. Pourtant une des bases de l’état régalien, une juste non partisane et efficace.
    A chaque fois, c’est le même trémolo, çà coûte trop cher, c’est des gauchistes et j’en passe et des meilleures. L’IA a bon dos.
    NB: Les 160000 pv sautés grâce à l’IA, forcément le type ou radar l’ayant mis, s’est trompé 160000 fois(lol). C’est quoi le truc, le pv n’est pas arrivé par la poste en AR?

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  • Fred // 30.03.2019 à 19h46

    Dans le même registre, en Chine, un programme d’intelligence artificielle anti-corruption qui a permis de mettre en cause plus de 8000 fonctionnaires et surtout hauts fonctionnaires a été arrêté car trop efficace.

    https://www.scmp.com/news/china/science/article/2184857/chinas-corruption-busting-ai-system-zero-trust-being-turned-being

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  • Touriste // 31.03.2019 à 01h52

    Bonjour,
    Il ne faut pas oublier que les IA actuelles sont essentiellement programmées par des humains (l’apprentissage automatique a encore beaucoup de progrès à faire !) avec les failles humaines. Aujourd’hui encore la machine est tout autant corruptible que l’humain. Seule la méthode change : la poignée d’octets bien placés remplacent la poignée de billets sous la table.
    Ce qui signifie que, dans un monde régit par l’IA, ceux qui commandent les programmeurs d’IA seront les seuls vrais maîtres de ce monde. C’est ça la véritable menace et non pas le fantasme, implanté dans l’imaginaire collectif, de la machine libre et indépendante, et souvent dépeinte comme agressive, sournoise et impitoyable. Bégaudeau y verrait peut-être l’évocation (pas si fortuite) de l’angoisse sourde et latente de la classe bourgeoise envers le prolétaire soudain conscient de sa condition. Le Terminator : symbole de la lutte des classes ! Marx aurait trouvé un nouveau champion : James Cameron ?…
    Bref, le “tout numérique” ne rend pas le citoyen libre; il le rend plus aliéné : avec la disparition de l’argent physique il est totalement et immédiatement à la merci de celui capable de presser le bouton de blocage de compte bancaire ; avec le vote électronique il ne sera jamais certain de la prise en compte de son choix ni de son anonymat ; il ne sera pas à l’abri de l’exploitation des failles des systèmes médicaux (c’est déjà le cas), de l’administration (l’Estonie en a fait les frais il y a quelques années); etc.
    Le citoyen troque sa résilience contre le pratique. Il sera moins soucieux mais pourtant plus vulnérable.

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  • un citoyen // 31.03.2019 à 12h38

    Compte-tenu des significations des mots, présents dans les textes juridiques, qui peuvent être multiples et dont l’interprétation peut devenir rapidement difficile à percevoir contextuellement, je pense que s’ils veulent utiliser complètement l’IA dans un domaine social, ils n’auront déjà pas d’autres choix que de redéfinir chaque mot du dico, tout comme cela est fait en mathématique, pour savoir de quoi on parle exactement.
    Par exemple, les termes qui se finissent par ‘phobie’ désignent-t-ils étymologiquement une phobie (peur) ou une hostilité ou un mixte des deux ? J’ai pourtant peur des lions si j’étais en face d’eux et pourtant j’aime bien les voir se gambader dans la nature (alors que pour les araignées, j’en ai peur et je n’aime pas trop les voir)
    Et même avec ça, une IA ne pourra jamais reconnaître l’ironie employée dans un texte, ni même saisir le contexte pour appliquer telle ou telle peine.
    Tout ça me paraît trop ardu voire impossible pour que seule l’IA s’occupe de tout, ce projet ne peut donc qu’aider les juges dans leur travaux et non les remplacer (ceci dit, la facilitation des tâches pourra engendrer du chômage).

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  • Haricophile // 31.03.2019 à 23h03

    Mort de rire avec votre poisson d’avril : « On ne peut pas corrompre une machine »; j’en pleure encore de rire !

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  • Zarathustra // 01.04.2019 à 10h22

    Merci pour cet article informatif. Vu notre nombre croissant sur la planète et sur chaque entité ( j’ose pas dire national; je dirais plutôt citoyens) il est logique pour les raisons d’organIsation et maintien de l’ordre collectif, de l’’ extension des droits de l’homme ( voir simplement individuels) et son assurance par le corps juridique et administratif il aura plus de corps administratif. C’est déjà le cas chez nous. Je note au passage que l’expérimentation se passe dans un petit pays où le corps administratif n’est pas aussi quantitatif que chez nous et peut être n’est pas aussi puissant pour se livrer à résistance, sinon il sera expérimenté chez nous. Personnellement je pense que c’est une excellente chose de dégorger nos institutions des Hommes -automates que se soit dans le service des fonctionnaires ou les hommes- encyclopédistes ( juges, juristes) avec la mémoire impossible et qui font appel aux assistants nombreux. Le vote électronique est bon aussi, quoi que disent les paranoïaques. Est que aujourd’hui on entend pas se plaindre qu’on est pas vraiment représenté par nos députés ? La dualité de chaque chose, chaque être ou situation est indiscutable.Garder l’esprit critique permet de ne pas fanatiser sa face négative aussi que positive. Je me garde bien pour voir l’enfer dans IA, car on est loin encore de voir et maîtriser toutes ses potentialités, même si je sais d’avance qu’elle n’apportera pas que les avantages mais également des inconvenants. L’intelligence est là pour veiller aux dérives .

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    • Zarathustra // 01.04.2019 à 15h44

      D’ailleurs il serait préférable, de mon point de vue ,de le nommer Savoir Artificielle! Car la connaissance n’est pas l’intelligence. Reconnaître, trier, delivrer -Le plus simple des hommes a cette connaissance ; la seul différence est la quantité de donnees triées,reconnue à un temps record et stockées ( ce qui correspond aux besoin de l’epoque démographiquement explosive!) Quand il saura se remettre en cause et, en cas de défaillance ou dérive, se reconstruire à l’aide ou sans autres SA on pourrait l’appeler IA.

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