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12.mai.201812.5.2018 // Les Crises

L’histoire méconnue de la campagne de John Bolton pour la guerre avec l’Iran, Par Gareth Porter

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Source : The American Conservative, Gareth Porter, 22-03-2018

Tout le monde sait que Bolton est un faucon. On en sait moins sur la façon dont il a travaillé en secret pour diviser Washington et Téhéran.

John Bolton (Gage Skidmore/Flikr)

Dans mes reportages sur la politique israélo-américaine, j’ai suivi de nombreux épisodes au cours desquels les États-Unis et/ou Israël ont pris des mesures qui semblaient indiquer des préparatifs de guerre contre l’Iran. Chaque fois – en 2007, en 2008 et de nouveau en 2011 – ces manœuvres, présentées dans les médias institutionnels comme annonçant des attaques contre Téhéran, étaient en fait des bluffs visant à faire pression sur le gouvernement iranien.

Mais la forte probabilité que Donald Trump choisisse maintenant John Bolton comme son prochain conseiller en matière de sécurité nationale crée une perspective de guerre avec l’Iran qui est très réelle. Bolton n’est pas un faucon néoconservateur ordinaire. Il est obsédé depuis de nombreuses années par le désir de faire la guerre à République islamique, appelant à plusieurs reprises à bombarder l’Iran dans ses apparitions régulières à Fox News, sans la moindre indication qu’il soit conscient des conséquences d’une telle politique.

Il ne s’agit pas seulement d’une posture rhétorique : Bolton a activement conspiré pendant son mandat en tant que responsable politique de l’administration Bush sur l’Iran, de 2002 à 2004, afin de créer les conditions politiques nécessaires pour que l’administration mène une action militaire.

Plus que quiconque à l’intérieur ou à l’extérieur de l’administration Trump, Bolton a déjà incité Trump à rompre l’accord nucléaire iranien. Bolton s’est servi de ses liens avec le principal financier derrière Benjamin Netanyahou et Donald Trump lui-même – le magnat des casinos et sioniste militant Sheldon Adelson – pour se faire entendre de Trump en octobre dernier, au moment même où le président s’apprêtait à annoncer sa politique sur l’accord nucléaire iranien, le Plan d’action global conjoint [Joint Comprehensive Plan of Action ou JCPOA, NdT]. Il a parlé avec Trump par téléphone depuis Las Vegas après avoir rencontré Adelson.

C’est Bolton qui a persuadé Trump de tenir des propos précis en s’engageant à se retirer de la JCPOA si le Congrès et les alliés européens de l’Amérique n’acceptaient pas les demandes de changements majeurs qui étaient clairement calculées pour s’assurer que l’accord échouerait.

Bien que Bolton n’ait pas été choisi pour le poste de secrétaire d’État, il semble maintenant avoir eu la priorité pour le poste de conseiller en matière de sécurité nationale. Trump a rencontré Bolton le 6 mars et lui a dit : « Nous avons besoin de vous ici, John », selon un associé de Bolton. Bolton a dit qu’il ne prendrait que le poste de secrétaire d’État ou de conseiller à la sécurité nationale, après quoi Trump a promis : « Je t’appellerai très bientôt ». Trump a ensuite remplacé le secrétaire d’État Rex Tillerson par l’ancien directeur de la CIA Mike Pompeo, après quoi des sources de la Maison-Blanche ont divulgué aux médias l’intention de Trump de remplacer H.R. McMaster dans un délai de quelques semaines.

Le seul autre candidat possible pour le poste mentionné dans les médias est Keith Kellogg, un lieutenant-général à la retraite qui était conseiller par intérim en matière de sécurité nationale après l’éviction du général Michael Flynn en février 2017.

Le plaidoyer très médiatisé de Bolton en faveur de la guerre avec l’Iran est bien connu. Ce que l’on ne sait pas du tout, c’est que lorsqu’il était sous-secrétaire d’État à la maîtrise des armements et à la sécurité internationale, il a employé une stratégie complexe et sournoise visant à justifier une attaque américaine contre l’Iran. Bolton a cherché à faire condamner la République islamique devant le tribunal de l’opinion publique internationale pour possession d’un programme secret d’armes nucléaires en utilisant une combinaison de pressions diplomatiques, de propagande grossière et de preuves fabriquées.

Malgré le fait que Bolton était techniquement sous la supervision du secrétaire d’État Colin Powell, son véritable patron dans l’élaboration et la mise en œuvre de cette stratégie était le vice-président Dick Cheney. Bolton était également le principal point de contact de l’administration avec le gouvernement israélien et, avec l’appui de Cheney, il a pu bafouer les règles normales du département d’État en effectuant une série de voyages en Israël en 2003 et 2004 sans avoir l’autorisation requise du Bureau des affaires du Proche-Orient du département d’État.

Ainsi, au moment même où Powell disait que la politique de l’administration n’était pas d’attaquer l’Iran, Bolton travaillait avec les Israéliens pour jeter les bases d’une telle guerre. Lors d’une visite en février 2003, Bolton a assuré aux responsables israéliens lors de réunions privées qu’il n’avait aucun doute que les États-Unis attaqueraient l’Irak et qu’après avoir abattu Saddam, ils s’occuperaient également de l’Iran et de la Syrie.

Au cours de multiples voyages en Israël, Bolton a eu des réunions improvisées, y compris avec le chef du Mossad, Meir Dagan, sans faire les rapports habituels par câble au secrétaire d’État et à d’autres bureaux pertinents. À en juger par ce rapport sur une première visite de Bolton, ces réunions ont clairement traité d’une stratégie commune sur la manière de créer les conditions politiques d’une éventuelle frappe américaine contre l’Iran.

Le Mossad a joué un rôle très offensif en influençant l’opinion mondiale sur le programme nucléaire iranien. Au cours de l’été 2003, selon les journalistes Douglas Frantz et Catherine Collins dans leur livre The Nuclear Jihadist, Meir Dagan a créé un nouveau bureau du Mossad chargé d’informer la presse mondiale sur les efforts présumés de l’Iran pour se doter d’une capacité nucléaire. Selon Frantz et Collins, les fonctions de la nouvelle unité comprenaient la diffusion de documents provenant de l’intérieur de l’Iran ainsi que de l’extérieur.

Le rôle de Bolton dans une stratégie conjointe américano-israélienne, comme il le souligne dans ses mémoires de 2007, était de faire en sorte que la question nucléaire iranienne soit transférée de l’Agence internationale de l’énergie atomique au Conseil de sécurité des Nations Unies. Il était déterminé à empêcher le directeur général de l’AIEA, Mohamed El Baradei, de parvenir à un accord avec l’Iran qui rendrait plus difficile pour l’administration Bush de diaboliser Téhéran en tant que menace nucléaire. Bolton a commencé à accuser l’Iran d’avoir un programme d’armes nucléaires secrètes au milieu de 2003, mais il s’est heurté à la résistance non seulement d’El Baradei et d’États non alignés, mais aussi de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne.

La stratégie de Bolton était basée sur les allégations selon lesquelles l’Iran cachait son programme nucléaire militaire à l’AIEA et, au début de 2004, il a inventé un stratagème de propagande spectaculaire : il a envoyé à l’AIEA un ensemble d’images satellites montrant des sites du complexe militaire iranien de Parchin qui, selon lui, étaient utilisés pour des essais de simulation d’armes nucléaires. Bolton a exigé que l’AIEA demande l’accès pour inspecter ces sites et a transmis sa demande à l’Associated Press en septembre 2004. En fait, les images satellitaires ne montraient rien de plus que des bunkers et des bâtiments pour les essais d’explosifs conventionnels.

Bolton espérait apparemment que l’armée iranienne n’accepterait pas d’inspections de l’AIEA basées sur de telles allégations mensongères, jouant ainsi son thème de propagande sur « l’intransigeance » de l’Iran dans son refus de répondre aux questions sur son programme nucléaire. Mais en 2005, l’Iran a permis aux inspecteurs d’entrer sur ces sites et même de choisir plusieurs autres sites à inspecter. Les inspecteurs n’ont trouvé aucune preuve d’activités liées au nucléaire.

Cependant, la stratégie américano-israélienne a plus tard remporté le jackpot lorsqu’un grand nombre de documents censés provenir d’une source secrète au sein du programme d’armement nucléaire iranien a fait surface à l’automne 2004. Les documents, prétendument trouvés sur l’ordinateur portable de l’un des participants, comprenaient des dessins techniques d’une série de travaux visant à redessiner le missile Shahab-3 de l’Iran pour qu’il puisse transporter ce qui semblait être une arme nucléaire.

Mais toute l’histoire de ce que l’on appelle les « documents d’ordinateur portable n’était qu’une invention. En 2013, un ancien haut fonctionnaire allemand a révélé la vérité à l’auteur : les documents avaient été remis aux services de renseignements allemands par les moudjahidin E Khalq, le groupe armé anti-iranien qui était bien connu pour avoir été utilisé par le Mossad pour « blanchir » des informations que les Israéliens ne voulaient pas s’attribuer à eux-mêmes. De plus, les dessins montrant la reconfiguration qui ont été cités comme preuve d’un programme d’armes nucléaires ont été clairement réalisés par quelqu’un qui ne savait pas que l’Iran avait déjà abandonné le cône nasal du Shahab-3 pour une conception entièrement différente.

Il est clair que le Mossad travaillait sur ces documents en 2003 et 2004, lorsque Bolton rencontrait Meir Dagan. Que Bolton ait su que les Israéliens préparaient de faux documents ou non, c’était la contribution israélienne à la création des bases politiques d’une attaque américaine contre l’Iran dont il était l’homme de pointe. Bolton révèle dans ses mémoires que cette stratégie dirigée par Cheney a été inspirée par les Israéliens, qui ont dit à Bolton que les Iraniens se rapprochaient du « point de non-retour ». Un point, a écrit Bolton, où « nous ne pouvions pas arrêter leur progrès sans utiliser la force ».

Cheney et Bolton ont fondé leur stratégie de guerre sur la présomption que l’armée américaine serait en mesure de consolider rapidement le contrôle de l’Irak. Au lieu de cela, l’occupation américaine s’est enlisée et ne s’est jamais complètement ressaisie. M. Cheney a proposé de profiter d’un événement très meurtrier en Irak qui pourrait être imputé à l’Iran pour attaquer une base IRGC [corps des Gardiens de la révolution islamique, NdT] en Iran à l’été 2007. Mais le risque que les milices chiites pro-iraniennes en Irak riposteraient contre les troupes américaines fut un argument clé contre la proposition.

Le Pentagone et les chefs d’état-major interarmées étaient également bien conscients que l’Iran avait la capacité de riposter directement contre les forces américaines dans la région, y compris contre les navires de guerre dans le détroit d’Ormuz. Ils n’avaient aucune tolérance à l’égard des idées folles de Cheney sur une nouvelle guerre.

La prudence du Pentagone reste inchangée. Mais deux esprits à la Maison-Blanche, détachés de la réalité, pourraient contester cette circonspection – et pousser les États-Unis vers une guerre dangereuse avec l’Iran.

Gareth Porter est journaliste d’investigation et contribue régulièrement du TAC [The American Conservative, NdT]. Il est également l’auteur de Manufactured Crisis:The Untold Story of the Iran Nuclear Scare. Suivez-le sur Twitter @GarethPorter.

Source : The American Conservative, Gareth Porter, 22-03-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Aladin0248 // 12.05.2018 à 07h56

Conclusion qui confirme ce qu’on savait déjà : Bolton est un psychopathe inséré au plus haut niveau de l’Etat US entièrement au service d’un Etat étranger. Il se fiche totalement que les guerres qu’il pourrait susciter aient des conséquences dramatiques pour les USA. Il ne roule pas pour les américains … La suite dépend du fait que Trump soit idiot ou au contraire très malin en cachant habilement son jeu.

35 réactions et commentaires

  • Aladin0248 // 12.05.2018 à 07h56

    Conclusion qui confirme ce qu’on savait déjà : Bolton est un psychopathe inséré au plus haut niveau de l’Etat US entièrement au service d’un Etat étranger. Il se fiche totalement que les guerres qu’il pourrait susciter aient des conséquences dramatiques pour les USA. Il ne roule pas pour les américains … La suite dépend du fait que Trump soit idiot ou au contraire très malin en cachant habilement son jeu.

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    • caliban // 12.05.2018 à 12h12

      La lecture de sa fiche Wikipedia nous apprend qu’il s’agit d’une crapule dont les méfaits commencent déjà sous Reagan. Son nom apparaît pour quasiment toutes les saloperies Yankees, si bien que même aux Etats-Unis ce type est considéré comme un taré.

      Avec un tel CV, ce Bolton devrait être totalement grillé … mais voilà, c’est l’oligarchie. Ces gens n’ont de compte à rendre qu’à leurs “amis”.

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      • ledufakademy // 13.05.2018 à 02h54

        je me répète faites hyper gaffe aux infos de wikipedia, voyez qui est sa présidente, son pédigré etc.
        Et surtout testez des modifications d’articles , juste placer une traduction anglaise sur une française …
        J’ai essayé , j’ai arrêté !

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    • ledufakademy // 13.05.2018 à 03h09

      je ne suis pas expert, et plutôt un bleu en géopolitique : mais pour moi Trump est très très malin !
      Il risque de nous surprendre encore : et oui pour l’instant vs les autres pdt des *usa il n’a lançé aucune guerre …

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      • CHAÏB-DRAA // 13.05.2018 à 20h13

        et celle à venir contre l’Iran ne relève d’aucun doute

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  • Eric83 // 12.05.2018 à 08h28

    L’article à partir d’un lien dans le texte – ci-dessous – est tout aussi intéressant pour appréhender l’influence de Bolton sur Trump, dans l’ombre depuis 2017, et l’influence non moins stupéfiante de Nikky Haley, ambassadrice US à l’ONU.
    https://www.politico.com/story/2017/10/13/nikki-haley-trump-iran-whisperer-243772

    Au vu des velléités belliqueuses de ces deux faucons et qui ont manifestement l’oreille de Trump, le départ de Tillerson était écrit depuis longtemps.

    Au de la décision de Trump de dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien et des antécédents de Bolton avec l’AIEA, ce n’est sans doute pas un hasard si le chef des inspecteurs de cet organisme démissionne.
    https://www.romandie.com/news/Le-chef-des-inspecteurs-de-l-AIEA-demissionne/917101.rom

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  • GLEB // 12.05.2018 à 08h43

    Bolton est la preuve vivante que la greffe du cerveau de la moule sur l’être humain est possible.
    Si les usa et son brave conseiller à la sécurité sont les avant-gardistes de l’évolution humaine .. il vaut mieux que nous régressions.

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    • Crapaud Rouge // 12.05.2018 à 09h12

      Toujours la même faute de raisonnement : on croit que le but affiché est le vrai but, et donc qu’il est complètement idiot. En réalité, “attaquer l’Iran” est simplement la conséquence logique de l’assertion selon laquelle “l’Iran est dangereux” : pour donner du poids à celle-ci, il est raisonnable de soutenir la première. Mais c’est la seconde qui compte, “l’Iran est dangereux”, parce qu’elle sert les intérêts d’Israël et qu’elle permet de justifier d’autres actions, pas seulement “la guerre”.

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      • Pierre Bacara // 12.05.2018 à 15h06

        IRAN, (ISRAËL), ARABIE SAOUDITE

        “L’assertion selon laquelle “l’Iran est dangereux” […] sert les intérêts d’Israël “.

        A l’échelle moyen-orientale, le principal ennemi auto-proclamé de l’Iran n’est pas Israël mais l’ARABIE SAOUDITE.

        Riyad amalgame au shaker les chiites iraniens, irakiens et libanais avec les alaouites syriens et les houthis yéménites pour en extraire l’image d’un “croissant chiite”. Les Saoudiens présentent ce “croissant” comme homogène et agressif alors qu’il ne s’agit qu’en fait que du tissus d’influences de Téhéran dans sa politique d’affirmation progressive de son statut de principale puissance régionale. Cette politique place factuellement l’Iran comme rival principal de l’Arabie Saoudite, qui poursuit la même politique mais avec des moyens distincts.

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        • Le Minotaure // 13.05.2018 à 12h54

          L’Arabie Saoudite, ce pays “merveilleux” où il est interdit d’être juif et où les Juifs étaient encore interdits de séjour en 2014, mais qui marche main dans la main avec Israel dans la région.

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  • Crapaud Rouge // 12.05.2018 à 09h01

    L’article raconte toute l’histoire de la fable de la “menace nucléaire iranienne”, bien démolie par Bruno Guigue ici : http://www.afrique-asie.fr/la-fable-de-la-menace-nucleaire-iranienne/ Il explique aussi que Bolton est belliciste comme pas deux, et qu’il imagine les US attaquant réellement l’Iran. On est d’accord, mais pas une ligne pour justifier un risque quelconque de passage à l’acte. Y’a donc des gens qui sont “pour la guerre avec l’Iran” comme d’autres sont “pour coloniser Mars”, c’est ridicule. En revanche, on oublie que tous les pays qui comptent au MO sont déjà en guerre. Ce risque de guerre avec l’Iran qui est déjà en guerre, ça m’irrite grave : c’est parler comme si l’Iran était en paix !!! Cf. https://onfoncedanslemur.blog/2018/05/11/iran-risque-de-guerre/

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    • Chris // 12.05.2018 à 13h18

      Il y a guerre et guerre !
      L’Iran à l’instar du Liban, Syrie, Russie (pour parler de la situation présente) sont sur la brèche, car ils sont identifiés depuis au moins 20 ans comme les prochains pays à assujettir à Israël-Arabie Saoudite-USA.
      L’Iran et le Hezbollah combattent en Syrie pour circonscrire territorialement le danger sioniste :
      https://strategika51.wordpress.com/2018/05/10/la-confrontation-directe/
      Après l’échec total des tentatives de changement de régime en Syrie au moyen de forces terroristes auxiliaires se réclamant en apparence de l’islamisme radical et relevant des services spéciaux de l’OTAN, des riches petromonarchies arabes et d’Israël, les principaux commanditaires du terrorisme en Syrie passent directement à l’action mais se heurtent à une résistance de l’axe Damas-Téhéran avec l’appui actif et prépondérant du Hezbollah libanais.

      Cette évolution du conflit au Levant n’était pas seulement prévisible mais fort attendue. Elle confirme une fois pour toutes qu’Israël est le principal commanditaire du pseudo « printemps Arabe » afin d’assurer son hégémonie en affaiblissant son environnement proche et éloigné et que les israéliens sont de facto les principaux belligérants dans la guerre en Syrie, un conflit que la propagande arabe et atlantiste pro-sionistes a tenté mordicus de présenter comme une guerre civile mettant aux prises un pouvoir dictatorial panarabe et une opposition aux aspirations démocratiques libérales.

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      • Crapaud Rouge // 12.05.2018 à 18h07

        D’accord avec vous. De mon côté, ma critique porte plutôt sur le “risque de guerre” agité comme un chiffon rouge.

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  • Crapaud Rouge // 12.05.2018 à 13h26

    Désolé, je ne peux vraiment pas être d’accord avec cet article. Voir pourquoi dans : “L’insoutenable légèreté du Web” http://onfoncedanslemur.blog/2018/05/12/linsoutenable-legerete-du-web

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    • Crapaud Rouge // 12.05.2018 à 18h29

      Ce qui me fait vraiment mal au cœur dans cette histoire, c’est qu’Israël va encore obtenir ce qu’il veut, comme le pronostique Christian Gedeon ci-dessous. Le “risque de guerre”, c’est finalement un truc pour se faire plaisir : ça justifie de crier au fou avec le secret espoir que, si elle advenait vraiment, les faibles auraient raison des puissants…

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      • Christian Gedeon // 13.05.2018 à 12h13

        Israel…et Vladimir Poutine aussi. J’ai toujours écrit que l’alliance apparente entre Iran et Russie en Syrie était juste de circonstance et que les intérêts stratégiques et géopolitiques de ces deux pays divergeaient totalement. La Russie ne veut pas voir l’Iran s’installer à demeure en Syrie. Et quitte à étonner, le président Assad non plus qui ne veut pas s’aliéner sa population sunnite dont la majorité,je le rappelle avéc force,lui ést restée fidèle,autant que faire se peut. Le MO ést un jeu de billard à cinq ou six bandes…et céux qui ne le voient qu’en noir et blanc se plantent magistralement.

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    • Crapaud Rouge // 12.05.2018 à 22h48

      On peut lire les Chroniques du Grand jeu sur ce thème, elles sont bien plus documentées que les miennes : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/05/escalade-ou-theatre-d-ombres.html

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  • Christian Gedeon // 12.05.2018 à 13h55

    Je doute que Bolton obtienne ce qu’il veut…mais ça fait plusieurs semaines que j’annonce un changement de paradigme en Syrie…les pasdarans vont quitter la Syrie,bon gre mal gre . Et le président syrien n’a pas d’autre issue que de participer d’une façon ou d’une autre à ce départ…il en va de sa survie politique et de survie tout court…à suivre avéc la plus grande attention .

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  • Michel B. // 12.05.2018 à 18h35

    Cet article s’appuie beaucoup sur la période 2002-2004 pour tenter un parallèle avec aujourd’hui. J’ai vraiment du mal à adhérer à l’analyse, même si je partage le point de vue de Porter sur 2002-2004. Les contextes sont tellement différents !

    2002-2004 = l’émoi de l’après 11 septembre, le chèque en blanc à la guerre du bien contre la mal, une période où l’opinion publique aurait dit oui les yeux fermés à n’importe quelle guerre

    2016-2018 = la déconstruction de l’impérialisme américain par le nouveau président des USA. Je vais faire bondir, mais Trump est un homme de paix, venu pour arrêter les conneries et s’occuper avant tout de son pays avant de s’occuper des intérêts des banksters.

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    • Crapaud Rouge // 13.05.2018 à 17h01

      J’ai “liker” votre com’, mais il me laisse quand même un doute. “un homme de paix, venu pour arrêter les conneries” alors qu’il casse un accord international avec relance des “sanctions” à la clef ? Vous ne voyez pas que “c’est reparti pour un tour” ? Indépendamment des “risques”, c’est toute la “communauté internationale” qui va se retrouver à nouveau “mobilisée” pour cette “connerie” : car c’en est une dans la mesure où l’on peut mettre tout et n’importe quoi dans cette “menace iranienne”. 10 ou 15 ans de diplomatie internationale foutus à la poubelle…

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      • Michel B. // 13.05.2018 à 18h53

        Mon opinion s’est construite en deux temps :

        Le premier, celui de l’exposé des promesses. La campagne de Trump est construite sur restaure “l’âme” américaine, en s’appuyant sur un diagnostic brutal : elle a été volé par des intérêts spéciaux (les banksters pour faire simple) qui préfèrent aux puissances nationales la globalisation tirée par les plus puissants économiquement. Il a expliqué que ces intérêts provoquaient les guerres, il a aussi expliqué pourquoi il pensait qu’il y avait matière à faire différemment, à paritr de la refondation d’une fierté patriotique maltraitée pendant huit ans.

        Le second relève du bilan d’étape : sous la direction de Pompeo à la CIA, les liens avec ISIS et le KPA nord coréen ont manifestement été altérés, suffisamment pour que surgissent de nouvelles logiques et de nouveaux rapports de force. Trump répète souvent le slogan “Peace Through Strength”. Il le dit, et pour l’instant, sur les dossiers abordés, il le met en oeuvre. J’y apporte un certain crédit.

        Le truc qui surprend (et destabilise) le plus avec Trump : il fait ce qu’il a annoncé faire. C’est devenu tellement rare et oui, décidément, ça mérite du crédit.

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  • Yanka // 12.05.2018 à 19h24

    Observons tout de même que, jusqu’à présent, Trump n’a lancé aucune guerre et s’est contenté de bombarder pour l’honneur, nuitamment, avec la Grande-Bretagne et peut-être la France, un institut de recherche vide et une décharge municipale en Syrie, en ayant bien pris soin de prévenir tout le monde. Par contre Trump a déjà grillé plusieurs “faucons”. C’est à se demander, sur la base des faits, si Trump n’appelle pas près de lui exprès des types dangereux, pour les désamorcer. Tous les entretiens avec la presse de Trump avant son élection montre un type pas belliciste pour un sou et qui trouve insensées les attaques précédentes des administrations américaines contre l’Irak, etc. Au pouvoir, un type peut changer, s’enivrer de sa propre puissance, mais jusqu’à présent, le “fou furieux” Trump n’a pas lancé la moindre guerre et est parvenu, on ne sait trop comment, à neutraliser la Corée du Nord.

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    • Haricophile // 12.05.2018 à 19h34

      La Corée du Nord n’a aucunement besoin “d’être neutralisée”, la puissance vindicative ce sont les américains. La Corée du Nord ne demande que de pouvoir vivre. Il faut cesser de croire la propagande de guerre de ceux qui sont juge, partie, et législateur, tout en ne respectant même pas leur propres lois.

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      • Yanka // 13.05.2018 à 03h35

        J’ai une tête à me laisser truffer de plombs par la propagande ? Quelle qu’en soit la cause, c’est un fait qu’il s’est passé quelque chose entre la Corée du Nord et les États-Unis, sans que le moindre missile ait été expédié. Je ne dis même pas que j’approuve la “capitulation” de Kim Jong-un, je fais un simple et factuel constat. Le “fou dangereux” et le “malade mental” Trump n’a jusqu’à présent pas tiré un seul coup d’escopette, tandis qu’il devait mettre la planète à feu et à sang, selon la propagande, justement. Ça ne préjuge pas de la suite, j’entends bien.

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        • Crapaud Rouge // 13.05.2018 à 07h33

          Bravo Yanka pour votre constat. Le revirement de la Corée du nord, bien qu’il soit qq chose de positif, n’en est pas moins aussi surprenant que celui de Trump. Il est aussi, comme vous le remarquez, en décalage complet avec l’image de fou irresponsable que l’on voulait faire passer de Kim Jong-un => le système révèle a posteriori l’inanité de sa propagande.

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        • Crapaud Rouge // 13.05.2018 à 17h04

          Finalement, le revirement de la Corée du nord aurait une cause : l’effondrement de son site d’essais à cause d’un séisme. Cf. http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/du-23-au-25-mai-la-coree-du-nord-va-publiquement-demanteler-son-site-d-essais-nucleaires-deja-effondre-zero-hedge

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          • Myrkur349 // 14.05.2018 à 11h17

            Assez de billets sur la comète, la Corée du Nord a pratiqué tous les essais idoines pour certifier ses calculs sur une bombe A comme sur un vecteur efficace. Maintenant qu’elle a ses données chiffrées et peut-être même retranscrites sur papier par une armée de citoyens compréhensifs histoire de s’assurer de toutes infections virales et bien elle peut faire des gestes d’apaisements ou détruire des installations devenues inutiles. Cela ne mange pas de pain et satisfait le mainstream téléréalité trumpien. Rappelez vous des derniers essais atomiques français dans le Pacifique sud.

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  • Betty // 12.05.2018 à 20h15

    “What we ask for is not much — only what is necessary to protect our security and to prevent Iran from developing nuclear weapons and other WMD. All that Iran must do is to abide by the treaties it has signed banning weapons of mass destruction and stop its program to develop ballistic missiles. We cannot let Iran, a leading sponsor of international terrorism, acquire the most destructive weapons and the means to deliver them to Europe, most of central Asia and the Middle East, or beyond.”
    In: “Iran’s Continuing Pursuit of Weapons of Mass Destruction”
    John R. Bolton, Under Secretary for Arms Control and International Security
    Testimony Before the House International Relations Committee Subcommittee on the Middle East and Central Asia
    Washington, DC – June 24, 2004
    https://2001-2009.state.gov/t/us/rm/33909.htm

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  • Ataraxi // 12.05.2018 à 22h12

    Merkel a dit « Le temps où l’on pouvait compter seulement sur les États-Unis pour nous protéger est révolu, »

    C’est amusant, parce que le seul pays qui a les moyens de menacer les pays européens, c’est justement les États-Unis. Ça n’a jamais été une alliance.

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  • gavrilo-sans-principe // 12.05.2018 à 23h49

    A noter l’excellent papier des Chroniques du Grand jeu sur cette crise et ses implications régionales : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/05/escalade-ou-theatre-d-ombres.html

    Les deux scénarii (escalade ou “rentrée dans l’ordre”) sont possibles.

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  • Ragneu // 13.05.2018 à 04h16

    L’Iran c’est 80 millions d’habitants, une population plutot homogene et une armee structuree, entrainee et plutot bien armee. Les Americains n’iront pas y faire la guerre, beaucoup trop a perdre. Par ailleurs un petrolier malencontreusement coule mettrait le systeme financier en mode panique.

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    • Crapaud Rouge // 13.05.2018 à 17h10

      Oui, 80 millions d’habitants, c’est à peu près le double de l’Irak. De toute façon, quand ils voudront vraiment attaquer l’Iran, ça se verra. Dans le cas de l’Irak, l’on pouvait savoir un an avant l’invasion que celle-ci était “jouée d’avance” : simagrées à l’ONU, jeu de cache-cache avec les inspecteurs, etc.

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  • Myrkur349 // 14.05.2018 à 11h24

    Juste un carriériste de base qui se cache derrière sa religion pour justifier sa soi-disante politique mais c’est juste pour la rigolade avec ses amis.es carriéristes. C’est juste le pouvoir et l’argent, du moment que ce n’est pas dans son backyard immédiat. démocrates ou républicains, c’est du pareil au même.

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