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5.mai.20135.5.2013 // Les Crises

[Reprise] Le balai comme la moindre des choses, par Frédéric Lordon

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Excellent papier de Frédéric Lordon, comme souvent… Publié le 12 avril.

 Seuls ceux qui portent sur la politique le regard scolastique des logiciens auront du mal à comprendre qu’on puisse dire d’un même événement — comme l’affaire Cahuzac — qu’il est à la fois secondaire et principal. Péripétie fait-diversière et crapoteuse, bien faite pour attraper le regard et le détourner des choses importantes (accord sur l’emploi « ANI »1ANI : Accord National Interprofessionnel, signé le 11 janvier 2013 par le MEDEF, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC., austérité, chômage, etc.), la bouse soudainement posée n’en a pas moins le mauvais goût de tomber au plus mauvais moment — il est bien vrai que le spectacle de la cupidité déboutonnée, lors même que le corps social en bave comme jamais, donne quelques envies de coups de fourche. Elle y ajoute surtout un effet de révélation potentiellement dévastateur si l’on en vient à considérer que les « péripéties », loin d’être des exceptions locales sans signification globale, sont en fait les expressions d’un système, et qu’il n’est peut-être pas fortuit qu’on retrouve identiquement cette passion de l’argent dans tous les gouvernements qui se succèdent pour garantir sa continuité à l’austérité ainsi qu’à toutes les politiques conduites chaque jour plus visiblement d’après les intérêts du capital.

Bien sûr il restera toujours un François Chérèque pour chialer ses grands dieux, pleurer Mendès et crier Delors que c’est toute la « gauche responsable », celle qui « pense qu’il est juste de mettre fin aux dérives des finances publiques car elles créent de l’injustice »2François Chérèque, « C’est toute la gauche réformiste qui est humiliée », Le Monde, 4 avril 2013 , qui se sent « humiliée »par le « traître » Cahuzac — puisque c’est l’évidence à crever les yeux que sabrer dans les salaires des fonctionnaires, réduire leurs effectifs (à l’école, dans les tribunaux, à l’inspection du travail, etc.) ou ratiboiser les prestations sociales sont les gestes mêmes de la justice en marche. On s’en voudrait d’ajouter au sanglot de Chérèque, mais il faut quand même lui signaler que pour d’autres que lui, dont le nombre devrait croître, l’événement Cahuzac, de secondaire, pourrait bien devenir principal, jusqu’au point de vouloir se débarrasser non seulement de la péripétie mais du système qu’elle exprime — et des formes de « justice » que Chérèque persiste à y voir.

Sans doute passablement plus embarrassant que les diversions militaires du Mali ou sociétales du mariage pour tous, l’épisode Cahuzac n’en a pas moins — à quelque chose malheur est bon — la vertu superficielle d’occuper les esprits à penser à autre chose — autre chose que le réel des politiques économiques et sociales dont les historiens du futur regarderont comme une insondable énigme qu’elles aient pu être proposées au suffrage sous le titre « le changement, c’est maintenant ». Sauf vocation à épouser l’Europe libérale, la raison en cercle et le socialisme de gouvernement jusqu’au bout de l’austérité, à l’image de Libération par exemple, c’est bien l’impressionnante continuité de la politique économique qui frappe n’importe quel regard, à commencer bien sûr par la reconduction telle quelle des grandes contraintes européennes — objectif insane des 3 % en pleine récession et pacte budgétaire européen (TSCG) négocié-Sarkozy ratifié-Hollande —, mais complétée par le déploiement intégral du modèle compétitivité-flexibilité, simplement rêvé par le prédécesseur, enfin réalisé par le successeur.

1983, 2012 : d’un basculement l’autre
(de la « politique de terrain » à la « politique de service »)Retour à la table des matières

Sans vouloir empiler les paradoxes, il se pourrait pourtant que cette continuité-là recouvre un « changement qui est maintenant », bien réel celui-là, un changement non pas d’orientation de la politique publique — puisque de ce point de vue, c’est bien le même qui prolonge le même ! —, mais un changement plus profond et plus lourd, qui précisément rend possible que la « gauche » poursuive la politique de la droite à ce point d’indistinction : un changement d’alliance de classes. Sans doute l’issue d’une trajectoire historique de long terme qui l’aura vu se déporter tendanciellement, et irréversiblement, vers la droite, le socialisme de gouvernement, après avoir abandonné la classe ouvrière pour se vouer aux dites « classes moyennes », puis « moyennes-supérieures », mais, formellement, toujours « dans le salariat », a maintenant fait, un cran plus loin, le choix de l’alliance… avec le capital.

Peut-être faudra-t-il le recul du temps pour prendre la mesure du basculement historique qui s’est opéré pendant l’automne 2012, quatre mois décisifs inaugurés avec l’invraisemblable ambassade d’un premier ministre « socialiste » à l’université d’été du MEDEF, et clôturés (sans doute très provisoirement) avec l’accord national interprofessionnel (ANI), en passant par la pathétique affaire des pigeons et le rapport Gallois, tous éléments dont la séquence, remarquablement cohérente, se compare aisément à ce que fut le tournant de 1983, et même davantage. Car si 1983 ouvre une longue période où, par simple reddition idéologique, les politiques socialistes se trouvent dévaler la pente néolibérale, 2012 marque une rupture d’un tout autre format : celle de l’entrée dans la collaboration délibérée avec le capital.

Non plus seulement donc des politiques qui se trouvent servir indirectementles intérêts du capital — indirectement puisque médiatisées par les grandes abstractions macroéconomiques des années 1980-1990 (la désinflation compétitive, la monnaie unique, l’indépendance de la banque centrale, etc.), dont la généralité permettait de masquer les effets particuliers, au moins aux malvoyants ou aux réfugiés de la cécité volontaire. Mais des politiques désormais très ouvertement passées du côté du capital, pour entrer avec lui non dans un compromis mais dans une authentique alliance, puisque tout rapport de force a disparu de cette relation-là. 1983 annonçait une politique de terrain, entendre par là aménagement général du parc à thème néolibéral (Europe de la concurrence, mondialisation, normalisation des politiques économiques), aux bénéfices (en apparence) simplement collatéraux pour le capital. 2012 voit une politique de service avec satisfaction directe et immédiate de ses injonctions.

Au moins la « politique de terrain » permettait-elle de maintenir une distance de décence avec le capital et de continuer la pantomime de la justice sociale, unique position de repli du « socialisme pleurnichard » (façon Chérèque) consistant à verser de chaudes larmes sur le triste sort des chômeurs, des précaires, des fins de droit, des pauvres et des inégalités… tout en continuant d’aménager le terrain qui ne cesse de les réengendrer. La « politique de service » n’a plus de ces prudes réserves : elle colle au capital dont elle s’est fait une stratégie ouverte d’épouser tous les desiderata. Elle s’est même « théorisée » (paraît-il), en tout cas donné un nom : le « socialisme de l’offre ». Dans le langage châtré de la science économique, « offre » veut dire le côté du capital. Voilà donc, très explicitement nommé, le nouveau « côté » du socialisme de gouvernement.

Les contresens du « socialisme de l’offre »Retour à la table des matières

De même que Churchill promettait aux munichois, qui espéraient avoir évité la guerre au prix du déshonneur, d’avoir et le déshonneur et la guerre, le socialisme de collaboration — vrai nom du « socialisme de l’offre » — aura l’échec en plus de la honte. Car tout est faux de A à Z dans ce petit calcul de paniqué (ou de vendu), aussi bien les détails techniques que les considérations stratégiques. On ne mesure d’ailleurs jamais si bien l’ampleur d’une conversion qu’à l’incapacité du converti à saisir les rationalités élémentaires qui lui permettraient de maintenir avantageusement ses positions antérieures — en l’occurrence : il ne manque pas d’arguments de la rationalité économique pour soutenir une position politique de gauche, mais le socialisme de gouvernement n’est plus capable d’en voir aucun. Ainsi le rapport Gallois et l’accord ANI dit de « sécurisation de l’emploi » — qui ajoute l’ignominie de son appellation à l’ignominie de ses contenus — se retrouvent-ils dans le parfait contresens économique.

Impasse de la « compétitivité »

Il faut en effet tout le pouvoir de distorsion de la vue néolibérale du monde pour persister à voir dans la situation économique présente une crise d’offre, et à perdre de vue les enchaînements, pourtant massifs, qui nous ont menés là où nous sommes. La crise qui suit un choc financier comme celui de 2007-2008 n’est pas une crise d’offre, mais une crise de demande par contraction du crédit, une crise d’effondrement cumulatif de l’investissement et de la consommation par incapacité des agents à renouveler leurs financements ordinaires (spécialement les entreprises), à plus forte raison quand l’irrationalité des politiques publiques se ligue aux désastres de la finance privée pour ajouter de la récession à la récession. Dans les promesses, décidément abondantes, de sidération rétrospective des historiens du futur, il est certain que l’acharnement européen dans l’austérité collective, en dépit même du spectacle évident de ses catastrophiques effets, occupera une place de choix. Organisant eux-mêmes la contraction de leurs demandes internes, les Etats européens s’imaginent trouver le salut dans les relais de « croissance externe »— raison d’être des stratégies Gallois de « compétitivité » — , au prix d’une double erreur tragique.

En premier lieu, le commerce extérieur des Etats européens étant essentiellement intra-européen, la demande extérieure des uns est surtout fonction de la demande intérieure des autres… et tous s’entraînent collectivement dans la même déveine en s’appliquant une austérité à échelle continentale bien faite pour maximiser ses synergies négatives. En second lieu, il semble que les élites européennes n’aient toujours pas accédé à cette idée pourtant élémentaire que les stratégies de compétitivité sont des stratégies non-coopératives, puisqu’elles visent à la constitution d’un avantage unilatéral, des stratégies différentielles donc, par là vouée à la nullité quand elles sont appliquées simultanément par tous — par construction, elles ne créent alors plus aucune différence !

Bien sûr « nullité » ne s’entend pas pour tout le monde puisque entre temps les entreprises engrangent méthodiquement les avantages (les régressions) qui leur ont été concédés sous couleur d’une « compétitivité »dont l’amélioration est en fait totalement étrangère aux données réelles du problème. On n’en revient donc pas de l’énormité des conquêtes patronales, aux frais de la collectivité (des contribuables et des salariés), quand on les rapporte à l’inanité du diagnostic fait en leur nom. Et l’on ne sait plus quoi penser de cette légèreté intellectuelle qui adosse à des justifications aussi ténues, en fait aussi fausses, des transferts aussi coûteux, consentis en pure perte, sinon qu’elle témoigne du dernier degré de la décomposition idéologique de « socialistes » abandonnés aux injonctions du capital, dont plus aucune réaction immunitaire ne les protège.

Impasse de la « flexibilité »

C’est le même genre d’effondrement politique et mental qui rend possible au gouvernement présent de donner son débonnaire patronage à un accord minoritaire (l’ANI) voué à simplement ratifier le rapport de force capital-travail dans sa configuration la plus défavorable au travail (en situation de chômage de masse), pour tout accorder ou presque au capital, émouvant spectacle du tête-à-tête complice de la CFDT et du MEDEF, conclu comme il se doit dans la concorde et avec la bénédiction des socialistes, trop heureux de s’abandonner au « contractualisme » des « partenaires sociaux », c’est-à-dire d’être exonérés de la responsabilité de légiférer pour remettre droit ce que les rapports de force ont nécessairement tordu. Lacordaire ne rappelait-il pas qu’« entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » ? Mais nul ne sait plus de quand date l’oubli socialiste de la loi comme unique moyen de défaire les asymétries du capitalisme. En tout cas Franck Lepage, qui ne cesse d’attirer l’attention sur les pièges politiques enfermés dans les mots les plus innocents d’apparence, et souligne notamment tout ce qu’emporte de rassembler patronat et syndicats sous l’irénique appellation de « partenaires sociaux » — dénégation même du conflit intrinsèque, central et indépassable du capitalisme —, aurait tort dans le cas présent : de ces deux-là, MEDEF et CFDT, on peut bien dire sans aucun abus de langage qu’ils sont partenaires

À l’image du rapport Gallois en tout cas, l’ANI ajoute l’inepte à l’ignoble — entendre l’inefficacité économique à la démission politique. Les entreprises ne manquent pas de flexibilité, elles manquent de demande ! Et toutes les flexibilisations du monde n’y pourront rien. Le crédit d’impôt du rapport Gallois commettait déjà le même contresens en se figurant que rendre 20 milliards d’euros aux entreprises améliorerait leurs investissements en améliorant leur profitabilité — le néolibéralisme patronal, qui n’a pas exactement la cohérence intellectuelle chevillée au corps, ne voit d’ailleurs aucun problème à cette étrange conception de la profitabilité fiscalement subventionnée. Cette ânerie de force 7, connue depuis les années 1980 sous le nom grotesque de « théorème de Schmidt », s’est révélée incurablement fausse pour ignorer ce mécanisme élémentaire que les entreprises n’étendent leurs capacités de production qu’à la condition d’anticiper une demande suffisante (pour le reste, elles procèdent à des investissements de rationalisation qui augmentent la productivité mais en détruisant de l’emploi). On peut les laisser empiler du profit autant qu’elles le veulent : pas de demande, pas d’investissement.

Les laisser flexibiliser à outrance ne changera pas davantage cet état de fait — comme l’atteste d’ailleurs l’immensité des gains de flexibilisation engrangés par les entreprises depuis trois décennies sans jamais avoir pu remettre l’économie sur la trajectoire d’un régime d’accumulation durablement créateur d’emplois — et l’état de délabrement doctrinal de ce gouvernement se mesure à sa capacité de gober tous les discours de l’offre au cœur d’une crise historique de demande !
[N.B. : Il est peut-être utile à ce point de faire deux précisions : 1) on ne saurait faire dire à ce propos qu’il n’y a que des crises de demande en économie ; 2) on ne saurait davantage lui prêter que la crise présente n’est qu’une crise de demande : envisagée dans le très court terme, elle est une crise de demande, en profondeur elle est une crise structurelle du régime d’accumulation néolibéral.]

L’ANI promet pourtant d’avoir des effets bien réels ! Mais terriblement négatifs. Et qui en disent long sur cette incapacité des Etats à l’apprentissage qu’Hegel déplorait déjà en son temps, à moins que ce ne soit sur la capacité de l’Etat colonisé à persévérer au service des intérêts de ses colonisateurs. C’est qu’il faut le faire de mettre à bas avec tant d’application les mécanismes qui nous ont retenus jusqu’ici de transformer la récession en grande dépression ! A savoir : 1) le maintien des prestations sociales, revenus de transferts déconnectés de la conjoncture, donc amortisseur idéal de ses fluctuations ; mais surtout, en l’occurrence : 2) des mécanismes de formation des salaires non concurrentiels, vertu incomparable pour enrayer les effets de plongeon cumulatif propres aux mécanismes procycliques : que les salaires réagissent trop vivement à la conjoncture et à la montée du chômage, comme dans les années trente, et le revenu salarial, en effet, se met à baisser dans le sillage immédiat de la croissance, donc à sa suite la consommation, la demande adressée aux entreprises, et pour finir… la croissance ! Et c’est reparti pour un tour.

La déflation, c’est-à-dire la baisse des prix et des salaires nominaux, a été la plaie des années trente, dont les institutions salariales du fordisme nous auront vaccinés en opérant la déconnexion de leur formation d’avec la conjoncture, seul moyen de réintroduire des forces de rappel, donc de la stabilité macroéconomique quand tous les ajustements procyliques du néolibéralisme ne font qu’amplifier les chocs et produire de la divergence. En dépit des attaques répétées, tout n’a pas été démantelé de cet acquis institutionnel du fordisme, et c’est à cela seulement que nous devons de ne pas avoir sombré dans la spirale dépressionnaire.

Raison pour quoi sans doute le gouvernement n’a rien de plus pressé que de laisser l’ANI démanteler ce qui nous a à peu près protégés ! En effet l’ANI prévoit explicitement la possibilité pour les entreprises d’imposer des baisses de salaire — au nom de la « protection de l’emploi »… — c’est-à-dire de réarmer localement les mécanismes procycliques que les conquêtes fordiennes étaient parvenues à neutraliser. Que ces ajustements viennent à se généraliser et c’est l’économie tout entière qui se verra de nouveau contaminée par l’instabilité, au terme d’une magnifique expérience en vraie grandeur de reconstitution des années trente !

Il aurait fallu ne pas avoir basculé tête première, et c’est vraiment le cas de le dire, dans le camp du capital, pour résister un peu à ses arguments fallacieux, et garder à l’esprit ce que la théorie économique pas trop bornée appelle un sophisme de composition, à savoir qu’une propriété désirable à l’échelle individuelle ne se convertit pas d’elle-même en propriété désirable à l’échelle collective. En d’autres termes, s’il est rationnel pour une entreprise isolée de vouloir la flexibilité maximale, cette rationalité ne se transporte pas telle quelle au niveau macroéconomique : car, de la flexibilité généralisée pour tous les producteurs individuels résultent de multiples interactions qui produisent non pas une série de « bons » ajustements locaux mais de l’instabilité globale — soit des effets au niveau macro qualitativement différents de ceux du niveau micro.
[N.B. : exactement de la même manière que la rationalité capitaliste individuelle qui cherche à minimiser les salaires versés (et pourquoi pas les annuler) ne produit aucune rationalité capitaliste collective, puisque si aucun capitaliste ne verse de salaire, aucun capitaliste ne vendra quoi que ce soit…]

De la panique à la reddition sans condition :
la nouvelle alliance de classes du PSRetour à la table des matières

Ni le rapport Gallois, ni l’ANI ne produiront le moindre bénéfice — autres que les commodités livrées sur un plateau au capital. Mais l’automne 2012 n’est pas que celui des contresens techniques, il est aussi celui des abandons symboliques et des retournements stratégiques.

Symbolique — quoique coûteuse également — la lamentable passe d’armes avec les « pigeons », mouvement revanchard d’un quarteron d’entrepreneurs, occupés à persuader l’opinion qu’ils ne sont mus que par la passion d’entreprendre quand la passion de s’enrichir est la seule chose qui les mette réellement en mouvement. La « passion d’entreprendre » n’a pas supporté en effet l’idée que les plus-values de cession puissent être ramenées au droit commun de la fiscalité, celle du travail, et non celle, dérisoire, des revenus du capital — et visiblement nos chers entrepreneurs ne sont tenus à leur œuvre que par la perspective de la culbute phénoménale qu’ils effectueront lors de la cession ou de l’introduction en Bourse.

Mais ce n’est pas tant ici l’obscénité des pulsions cupides entièrement libérées, soustraites à toute régulation de la décence, et qui croient pouvoir légitimement hurler au scandale en apprenant que des gains qui se chiffrent en général en dizaines de millions pourraient être taxés, oui, jusqu’à des taux globaux de 60 % et non de 25 %, qui est en question, plutôt l’incroyable reddition en rase campagne d’un gouvernement décomposé de panique au premier haussement de voix des « entrepreneurs ». En une semaine l’affaire est entendue et le pouvoir, pourtant installé depuis quatre mois à peine, a tout cédé.

S’il a tout cédé, et si vite, c’est qu’il avait déjà pris son parti. Le parti du capital. Car derrière les concessions sans fin de l’ANI et du rapport Gallois, derrière la retraite sans combattre face à l’agitation médiatique de quelques « entrepreneurs » — sans la moindre tentative de construction d’un rapport de force, ni la première contestation de leurs arguments —, il y a malheureusement une ligne. Une ligne terrorisée, qui prenant conscience de la gravité de la situation économique, mais incapable de penser le moindre affranchissement du carcan européen, s’imagine n’avoir plus pour planche de salut que de se jeter dans les bras des entreprises. Contre les forces adverses de la macroéconomie, les entrepreneurs vont nous sauver, voilà l’ultime refuge de la pensée socialiste à l’époque de la crise historique du capitalisme néolibéral.

Au mépris de toute logique, politique aussi bien qu’économique, le gouvernement socialiste, rendu au dernier degré de l’intoxication intellectuelle, a donc pris pour ligne stratégique de s’en remettre en tout, et pour tout, à la fortune du capital, sans doute sur la base des allégations répétées, et désormais prises pour argent comptant, que « seuls les entrepreneurs créent des emplois », proposition pourtant doublement fausse : d’abord parce que c’est la conjoncture d’ensemble qui détermine l’emploi — et les entreprises ne font qu’opérer (localement) des créations d’emploi en fait déterminées au-dessus d’elles ; ensuite parce que, depuis trente ans, les « entrepreneurs » ont bien davantage démontré leur capacité à détruire des emplois que leur capacité à en créer…

En vérité on peut bien accorder à nos pauvres socialistes une asymétrie réelle voulant que si les entreprises n’ont nullement le pouvoir à elles seules de sauver l’économie, elles ont bel et bien celui de lui nuire. C’est même le propre du capitalisme comme système que l’appropriation privée des moyens de production y donne l’initiative aux appropriateurs, et fait de la validation de ceux-ci le point de passage obligé, nécessaire — mais pas du tout suffisant — de toute stratégie de croissance. Le capital est alors en position d’imposer ses conditions selon l’état d’un rapport de force déterminé par la configuration générale des structures économiques — celles de la mondialisation, par exemple, lui offrant une mobilité et des opportunités d’arbitrage d’où résulte un pouvoir de négociation sans précédent. « À nos conditions ou rien », voilà les termes de l’alternative auxquels le capital reconduit tous les gouvernements à l’époque de la mondialisation — d’où notamment les invraisemblables contorsions de « l’attractivité du territoire », lutte permanente des nations pour être à la hauteur de ces « conditions »… dont le niveau d’exigence est sans cesse relevé ; et le capital aurait tort de se gêner puisque en face, non seulement il n’y a aucune résistance, mais tout lui vient avec une déconcertante facilité.

Les prises d’otage du capitalRetour à la table des matières

Submergé par la panique d’une crise dévastatrice, dont il s’est privé par ailleurs de tout moyen de contrôle (notamment du côté européen), et remettant alors son destin entre les mains du capital, désormais tenu pour l’unique et providentiel sauveur, le gouvernement s’engage dans une alliance inouïe, jetant par là, mais très involontairement, une lumière crue sur le fond de la lutte des classes. Quand Jean-Marc Ayrault se rend, tel le bourgeois de Calais, à l’université d’été du MEDEF pour livrer au patronat les clés de la cité, il ne fait pas qu’avouer le tréfonds de son désarroi et la solution de désespoir qui lui tient lieu désormais de ligne, bredouillant face au patronat l’excellence de ses dispositions à son endroit, le degré auquel il a compris que ce sont bien « les entreprises qui créent les emplois », son vœu très cher par conséquent d’une collaboration pleine et entière — toutes choses que le capital comprend parfaitement comme unesupplication, c’est-à-dire comme une reddition sans condition —, il révèle par la même la vérité ultime du capitalisme comme prise d’otage de la société par le capital.

Ce sont les moyens de la vie matérielle collective, ni plus ni moins, que le capital prend en otage puisqu’il n’y aura de la croissance et de l’emploi que sous la condition nécessaire (mais pas suffisante) de son bon vouloir. Pour que les salariés trouvent l’emploi et le salaire, c’est-à-dire les conditions minimales d’une vie décente dans une économie marchande à travail divisé, il faut, même s’il ne suffit pas, que le capital l’ait voulu. Pour que le capital condescende à investir ici plutôt que là, il faut qu’on l’en ait « convaincu », c’est-à-dire qu’on l’ait « bien disposé ». À défaut de quoi, Mittal, par exemple, peut menacer de laisser en plan toute la sidérurgie française — et les sociétés en sont réduites à se rouler par terre pour obtenir les faveurs de ceux auxquels elles ont remis sans aucune restriction l’intégralité de leur vie matérielle. Rendu à cet état de fait, il n’y a à tout prendre que deux attitudes possibles. La première valide la situation d’ultimatum et livre au preneur d’otage tout ce qu’il demande : Ayrault au Medef, débâcle« pigeons », rapport Gallois, ANI, en attendant la suite. La seconde voit la prise d’otage, et décide qu’elle a assez duré. Disons les choses assez simplement : c’est cette attitude-là qu’on attendrait d’un gouvernement de gauche.

« Gauche » et « droite », termes normalement transparents d’un débat devenu — logiquement — d’une parfaite confusion depuis que ce qu’on tenait pour une réalisation de la « gauche » (le Parti socialiste) est devenu de droite. Entretenu par une caste d’éditorialistes sociologiquement inclinés à accompagner, dans un mélange de sentiment d’appartenance élitaire et de racisme social, l’abandon des classes ouvrières où se jouait l’ancrage à gauche de la « gauche »3Voir l’ouvrage de Bertrand Rothé, De l’abandon au mépris. Comment le PS a tourné le dos à la classe ouvrière, Seuil, 2013., le brouillage des cartes politiques, dont on ne trouverait pas d’exemple plus typique que le gros titre « De gauche ! » dontLibération fit sa une à la suite du meeting du Bourget4Meeting du 22 janvier 2012 où, comme on sait, François Hollande a annoncé sa ferme intention de s’en prendre à « l’ennemi sans visage » de la finance…, le brouillage des cartes politiques, donc, appelle sans cesse à refaire les catégories et à retracer leurs lignes de partage. S’il est bien certain qu’on ne peut plus se fier aux revendications de la partie majoritaire de la « gauche », le PS, pour savoir ce que c’est que la gauche, il faut alors en produire le concept, ou les critères, en toute généralité.

On pouvait déjà trouver l’un de ces critères dans le rapport au « cadre » constitué par les structures de la mondialisation, soit : le plain-pied concurrentiel du libre-échange international ; la déréglementation financière ; l’orthodoxie de la politique économique sous surveillance des marchés de capitaux ; la droite se définissant alors comme le renoncement à contester le cadre et le choix de se soumettre à ses contraintes, la gauche comme projet alternatif de refaire le cadre, ou bien d’en sortir.

La bascule de l’automne 2012 et la nouvelle alliance du socialisme de gouvernement suggèrent une autre ligne de partage, tracée d’après les positions face à la prise d’otage du capital : validée ou contestée ? Validée, et tout est fait pour donner satisfaction au capital, c’est-à-dire consentir à un état des choses qui fait jouer le jeu de l’économie à ses conditions — c’est la droite. Contestée, et la capture privative du bien collectif en quoi consistent les conditions de la vie matérielle de la société est jugée intolérable en principe, les structures économiques sont modifiées pour en contrecarrer les effets, éventuellement les annuler en visant une sortie du capitalisme, en tout cas identifier comme seul objectif politique pertinent de rendre du pouvoir au grand nombre contre le petit — c’est la gauche.

Le PS, ou la droite complexéeRetour à la table des matières

Que ce soit sous le critère du « cadre » ou celui de la « prise d’otage », il est bien clair que le Parti socialiste n’est plus de gauche. On dira que ce constat était acquis depuis longtemps en fait, dès l’époque de la « politique de terrain » — qui avait choisi l’intérieur du cadre. Mais la bascule dans la « politique de service » (le « socialisme de l’offre ») — qui choisit le côté du preneur d’otage — porte ce déplacement à une intensité sans précédent, et rend non seulement analytiquement impossible, mais politiquement scandaleux, que le gouvernement présent, et la majorité dont il procède, puissent encore être dits « de gauche ». Une fois n’est pas coutume — et probablement sans suite —, on peut ici retenir de Camus que « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », et qu’en effet, persister à nommer « gauche » le Parti socialiste n’a pas cessé d’ajouter au malheur politique de notre monde : en barrant longtemps la possibilité d’une (vraie) gauche.

Il est donc à craindre que la pleine advenue de cette vraie gauche demeure impossible tant que n’aura pas été accomplie une sorte de révolution symbolique qui aura converti les regards portés sur le Parti socialiste, et produit comme une évidence politique, contre la force d’inertie des étiquetages médiatiques paresseux, que ce parti (dans sa ligne majoritaire présente) n’a plus aucun titre à être considéré comme de gauche — un peu de la même manière que l’idée d’un quelconque radicalisme du parti radical ne suscite plus depuis longtemps que de l’hilarité. Il est certain en tout cas que le corps social prendrait une vue sensiblement différente sur la compétition électorale qu’on lui vend comme « démocratie », à partir du moment où il verrait clairement qu’elle n’a pour enjeu que de départager la droite et la fraction modérée de la droite. Encore qualifier le Parti socialiste de « fraction modérée de la droite » demeure-il sujet à discussion si l’on considère que les avancées du rapport Gallois et de l’ANI vont au-delà des ambitions de la droite sans complexe, comme l’atteste le succès parlementaire que rencontre, auprès même des députés UMP, le projet de loi transcrivant l’accord sur l’emploi. Voilà donc peut-être comment il faudrait dire les choses plus justement : l’alternance UMP-PS n’est rien d’autre que celle de la droite décomplexée et de la droite complexée.

La révolution des balais ?Retour à la table des matières

Cahuzac, dont les accointances droitières deviennent moins incompréhensibles sous cette perspective — entre droites, on peut bien se parler —, n’est donc pas une péripétie puisqu’il est fatal que certains finissent par convertir en manières personnelles les manières politiques de leur groupe de passer avec armes et bagages du côté de l’argent.

On pourrait ici, métaphoriquement bien sûr, se référer à une théorie mathématique très puissante, la théorie dite des catastrophes5Plus exactement : la théorie des singularités des variétés différentiables — et qui n’a qu’un rapport très lointain avec ce que nous nommons communément des événements catastrophiques., dont l’une des thèses les plus fortes énonce qu’une structure s’exprime entièrement dans ses singularités. En d’autres termes, il est des accidents locaux qui ne sont pas des erreurs adventices de la structure globale mais bien l’expression de sa nécessité. Ca n’est donc pas seulement, comme on dit parfois, que « le poisson pourrit par la tête », le corps primitivement sain n’étant gagné que par après, mais que la pourriture de la tête révèle la malfaçon de l’ensemble. C’est pourquoi on ne saurait davantage faire erreur, comme malheureusement Christian Salmon6Christian Salmon, « Son langage est devenu inquisiteur, négatif, culpabilisant », entretien Libération, 5 avril 2013., en ne voyant dans les appels au « coup de balai », qu’une éruption moralisatrice quand, à la lumière de cette « théorie des singularités », ou des « péripéties », ces appels sont en fait entièrement rattachables à une analyse profondément politique. Pour y accéder cependant, encore faut-il délaisser un instant le plan fait-diversier de l’épisode, et même celui de la politique de surface qui, sans surprise, n’appellera pas d’autre réponse que les indigentes propositions à base de transparence, de déclaration de patrimoine et de solennelles promesses de ne plus être avocat d’affaire en même temps que député — soit le contournement parfait des enjeux fondamentaux qui s’expriment dans l’affaire Cahuzac. Changer une structure globale, oui c’est l’affaire d’un coup de balai, d’un grand coup de balai même.

Evidemment ça n’est pas là exactement un langage fait pour complaire aux becs fin et aux museaux délicats. Il est vrai que ceux-là ont si profondément partie liée au système à balayer qu’on ne saurait s’étonner que la proposition du balai les scandalise. Editorialistes confits, journalistes installés, experts grassement payés, supplétifs conscients ou inconscients de l’ordre social, tous sont bien d’accord que « la violence est le dernier moyen de régler les problèmes politiques ». On pourrait sans doute prolonger avantageusement à la caste de ces publicistes les analyses de Bourdieu, qui montrait comment le rapport scolastique au monde, permis par l’ignorance des urgences matérielles, telles les nécessités concrètes de boucler les fins de mois ou les angoisses d’un avenir trop incertain, comment ce rapport rend possible la distance au monde du lector, universitaire ou éditorialiste, qui tient sa position de recul pour l’effet de sa vertu intellectuelle, et le calme qui l’accompagne pour celui de sa vertu morale. Aux affranchis de la nécessité, tous les emportements, tous les éclats de voix ne sont que lamentables violences. Leur dénonciation peut alors se donner la hauteur de vue des grands principes, agrémentés comme il se doit de la condamnation « des populismes », cet asile de l’ignorance médiatique7Pour une rectification méthodique des mésusages médiatiques du « populisme » et un rappel des significations véritables de ce terme, voir Annie Collovald, Le « populisme du FN » : un dangereux contresens, Editions du Croquant, 2004., et les précepteurs autoproclamés, qu’aucune urgence n’assaille jamais, se répandre en leçons de maintien démocratique : « la violence, le dernier des moyens bla bla… ».

Ils tomberont certainement de leur chaise si on vient leur dire, au contraire, que dans certaines situations de confiscation des pouvoirs au bénéfice exclusif des dominants et de blocage institutionnel patenté, le retour à une certaine forme de violence, lorsque toutes les solutions politiques « froides » sont vouées à demeurer inopérantes, à l’image des pantomimes électorales qui ne donnent à choisir qu’entre Jospin et Chirac, Royal et Sarkozy, Sarkozy et Hollande, le retour à une certaine forme de violence, donc, pourrait être le premier des moyens, en fait le seul restant, de faire sauter quelques verrous. Grands dénonciateurs de la corruption (des autres — car entre les ménages des vedettes des médias et les jetons de présence des experts, l’hôpital ne cesse de se foutre de la charité), la conséquence est, de toutes leur vertus intellectuelles manquantes, celle qui leur manque le plus. Libération, par exemple, à qui il arrivera de penser que« le néolibéralisme est vraiment trop injuste » ne saurait pousser l’enchaînement de ses idées jusqu’à considérer que le néolibéralisme vraiment trop injuste est un ordre de domination, qu’on n’a jamais vu les dominants quitter d’eux-mêmes leurs positions de domination, et qu’un vœu conséquent de justice sociale ne peut exclure qu’il faille les pousser dehors — car ils ne rendront pas les clés spontanément.

Aussi les inconséquents demeurent-ils scandalisés par les images de balai — eux préfèrent épousseter à la pince à épiler —, et « la violence » les horrifie. Enfin certaines violences plutôt que d’autres — qui les laissent de marbre. La violence évocatrice du balai est abominable, mais celle qui conduit quelques désespérés à s’immoler devant Pôle emploi en revanche ne laisse pas de trace plus d’une journée, celle des suicidés de la valeur actionnariale, à Orange ou ailleurs, pas davantage, quant à la misère des vies brisées par les temps partiels, les reclassements à cinquante kilomètres du domicile ou les horaires tournants, elles n’existent même pas. L’austérité : pas violente. Les baisses de salaire imposées à des gens qui survivent à peine : pas violentes. La flexibilisation qui rend les salariés corvéables à merci : pas violente. Les plans de licenciement boursiers, les propositions de reclassement en Roumanie à 200 euros le mois : pas du tout violents.

Ainsi chacun juge-t-il de la violence selon sa position sociale et, comme toujours, ses jugements de violence en disent plus long sur lui que sur les « violences » jugées. Ils en disent long sur des satisfactions d’existences totalement ignorantes du malheur d’existences autres que les leurs — hormis quelques oblats verbaux caractéristiques du « socialisme pleurnichard » —, mais aussi sur le mélange de dénégation et d’inconséquence que ces satisfactions déterminent. Car il faut être aveugle, borné ou totalement crétin pour imaginer encore que la moindre modification significative du système néolibéral puisse venir du jeu normal des institutions politiques présentes où, précisément, le système en question a trouvé un inexpugnable refuge.

La question, en forme d’alternative, du « soulèvement ou du Parlement » ne se pose pas, ou ne se pose plus : la « voie parlementaire » a eu tout le temps de faire ses preuves — et elles sont faites : depuis deux décennies ici, et dans tous les pays de l’Europe austéritaire. La chose parodique que, dans une entreprise de correction du langage décidément impérative, on ne devrait plus nommer « démocratie », mais, par exemple à la manière d’Alain Badiou, « capitalo-parlementarisme », cette chose a plus qu’abondamment démontré quels intérêts elle servait indéfectiblement quand le pouvoir n’est plus disputé qu’entre la droite décomplexée et la droite complexée. Sauf mutation endogène de la droite complexée — évidemment impossible (sauf vers l’abandon des complexes…) —, la vraie gauche, telle qu’elle a déjà émergé mais telle qu’elle ne cesse de se heurter à tous les verrouillages du capitalo-parlementarisme, la vraie gauche doit se faire connaître, là où elle le peut. S’il n’y a plus que la rue quand toutes les autres avenues de la politique institutionnelle sont, non pas formellement, mais réellement bouchées, ainsi soit-il !

Les soulèvements aiment à se donner des signes, ils ont raison. La révolution tunisienne a eu le jasmin, comme jadis la révolution portugaise les œillets, et l’argentine… les casseroles ! Alors, oui, pourquoi pas le balai ? Comme appel au départ de la droite se faisant passer pour la gauche, mais aussi comme exigence de nouvelles institutions qui offriraientréellement sa chance à la vraie gauche. On rêve : un mouvement armé de balais, manière, pour l’heure toute symbolique, de narguer les gate-keeperssatisfaits de l’espace médiatique, qui s’acharnent à disqualifier pour cause de violence verbale toutes les tentatives sérieuses d’en finir avec la violence sociale, une foule de balais rigolarde, non plus de République à Nation, mais devant l’Assemblée, rue de Solférino, et puis surtout sous les fenêtres des épouvantés : de Pujadas, de Libération, de Patrick Cohen et de Pascale Clark, du Nouvel Obs, d’Aphatie et de Canal, inspirée, quitte à faire une fois dans le contre-emploi, par Bernanos et sa réjouissante devise : « jamais nous ne nous lasserons d’offenser les imbéciles ».

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Notes   [ + ]

1. ANI : Accord National Interprofessionnel, signé le 11 janvier 2013 par le MEDEF, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC.
2. François Chérèque, « C’est toute la gauche réformiste qui est humiliée », Le Monde, 4 avril 2013
3. Voir l’ouvrage de Bertrand Rothé, De l’abandon au mépris. Comment le PS a tourné le dos à la classe ouvrière, Seuil, 2013.
4. Meeting du 22 janvier 2012 où, comme on sait, François Hollande a annoncé sa ferme intention de s’en prendre à « l’ennemi sans visage » de la finance…
5. Plus exactement : la théorie des singularités des variétés différentiables — et qui n’a qu’un rapport très lointain avec ce que nous nommons communément des événements catastrophiques.
6. Christian Salmon, « Son langage est devenu inquisiteur, négatif, culpabilisant », entretien Libération, 5 avril 2013.
7. Pour une rectification méthodique des mésusages médiatiques du « populisme » et un rappel des significations véritables de ce terme, voir Annie Collovald, Le « populisme du FN » : un dangereux contresens, Editions du Croquant, 2004.

106 réactions et commentaires

  • Patrick Luder // 05.05.2013 à 03h40

    Qui sont les responsables ? Les politiques, les industriels, les financiers ? NON ! Le responsable est plus sournois, le responsable pose ses yeux embués sur les petits profits mirages au détriment de toute qualité de vie et de tout respect … le responsable ne respectre plus rien ni personne, dès lors qu’il entrevoit une possiilité infinitésimale de pouvoir encore profiter un peu d’un système que l’on sait pourtant bien “perdu”.

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  • Patrick Luder // 05.05.2013 à 03h40

    Qui sont les responsables ? Les politiques, les industriels, les financiers ? NON ! Le responsable est plus sournois, le responsable pose ses yeux embués sur les petits profits mirages au détriment de toute qualité de vie et de tout respect … le responsable ne respecte plus rien ni personne, dès lors qu’il entrevoit une possibilité infinitésimale de pouvoir encore profiter un peu d’un système que l’on sait pourtant bien “perdu”.

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  • Gbalou // 05.05.2013 à 07h09

    L’évolution de la consommation est liée au pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages français a baissé de 0,4% en 2012, une première depuis 1984, selon l’Insee. La forte hausse des impôts au second semestre en serait la cause. La masse salariale et les prestations sociales ayant continué à progresser, l’Insee explique la baisse du pouvoir d’achat des ménages par la forte hausse des impôts : + 10 % en 2012, après + 6,6 % en 2011, du fait de la poursuite du redressement des finances publiques.

    En entrant un peu plus dans le détail de l’évolution du pouvoir d’achat, il apparait clairement que les inégalités se sont creusées entre ceux qui profitent du revenu du capital et les autres du travail, regardez les chiffres monsieur Lordon ! Selon la formule – travailler plus pour gagner plus – Sarkosy est devenu président. Et Hollande ne pouvait prétendre que le pouvoir d’achat avait baissé mais simplement stagné pour les classes moyennes lors du débat présidentiel en 2012.
    La financiarisation de l’économie, la déconnection entre la finance et l’économie marque la période du renouveau du libéralisme depuis Thatcher. En quoi les socialistes sont-ils responsables ? Hollande, président de région, est-il responsable des excès de la finance entre 2000 et 2007 ? La réponse est négative.

    Pour rappel, les taux d’intérêts trop faibles de la FED après la crise Internet et les attentats du 11 septembre, expliquent en partie la volonté des banques et autres institutions financières, des plus fortunés à vouloir des rendements plus élevés que pouvaient offrir des produits comme les subprimes aux Etats-Unis. L’offre de crédits à la consommation a créé une demande alors que le pouvoir d’achat des classes moyennes était stagnant voire en hausse sous Chirac (Baisse des impôts) en France. L’offre crée la demande selon Keynes paraphrasant JB Say !…Il est par ailleurs frappant de constater aujourd’hui qu’un système généreux de prestations sociales donne la possibilité de ne pas déclarer une activité, des revenus afin d’optimiser son revenu disponible brut à la fin du mois. (Ecole autrichienne).

    Le diagnostic de la crise économique et non financière est clair. L’offre est en crise et non la demande ! Les entreprises ont peu de marges pour investir et par conséquent elles ne peuvent pas embaucher. Les socialistes activent une banque d’investissement ! Les entreprises françaises sont peu compétitives et toute augmentation de la demande bénéficie aux entreprises étrangères. Si Sarkosy souhaitait une augmentation de la TVA sur les produits importés non de première nécessité en contrepartie d’une baisse des charges sur le travail dans les entreprises, Hollande ne pouvait être d’accord pour des raisons électoralistes ; droite complexée ou socialisme complexé de l’offre ? Oui, il y a des complexes car ces enjeux d’augmentation de l’assiette ou du gâteau à distribuer n’est pas simple à expliquer aux gens modestes. Ils le sont d’autant moins qu’ils payent les dérives de la finance autrement les 3% de déficit budgétaire seraient revus à la hausse !

    Les socialistes ne sont pas sectaires. Ils sont pragmatiques tant sur la demande quand il faut l’augmenter (coup de pouce au smic…) que sur l’offre (pacte de compétitivité). Analysez monsieur Lordon, les TPE/PME familiales ! Elles ont le moins licencier et souffre d’un manque de crédit et du coût du travail. Sans bien sûr évoquer les autres et mêmes les plus grandes !…

    La mondialisation des échanges réduit la misère. Le socialisme de l’offre a pour vocation de réguler ces échanges. En taxant des produits importés du Bangladesh, l’objectif est d’améliorer les conditions de travail. L’une des raisons pour lesquelles, le consommateur en France comme en Europe peut se payer des produits textiles à bon marché est lié au non-respect de ces règles. Ajoutons pour finir afin de ne pas être trop long, il s’agit d’un commentaire… l’accord passé entre le MEDEF et les syndicats sera un facteur aggravant du chômage à court terme mais inversement proportionnel à moyen terme quand la croissance reviendra fin 2014 ou début 2015.

    La V République a donné à Hollande, minoritaire dans son parti mais aussi en France d’explorer une nouvelle voie : le socialisme de l’offre qui soit dit en passant consiste aussi à optimiser l’exploitation de ressources limitées (Ecologique). A regarder les sondages, les résultats des élections futures seront mauvais. Mais un souffle nouveau, un courant de pensée émerge, les bases de la sortie de crise en ce début de siècle… Si votre analyse est pertinente, monsieur Lordon, vous commentez, nous, nous agissons au nom de la démocratie !…

    Merci Olivier Berruyer de ce texte et bon dimanche à tous !

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  • Ankou78 // 05.05.2013 à 07h22

    Le style de Lordon est très spécifique, c’est du “lourd”, qui passe en une écoute, mais nécessite deux lectures.

    Mais le fond est toujours là, bien présent.

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    • toutouadi // 05.05.2013 à 08h53

      Oui..

      Excellent Lordon ..
      Un penseur vraiment majeur.. Ses débats et réflexions sur Descartes, Spinoza, Marx, le matérialisme et nos structures idéologiques c’est pas piqué des hannetons aussi…

      Pas toujours facile d’accès !!

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  • toutouadi // 05.05.2013 à 08h52

    Excellent Lordon ..
    Un penseur vraiment majeur.. Ses débats et réflexions sur Descartes, Spinoza, Marx, le matérialisme et nos structures idéologiques c’est pas piqué des hannetons aussi…

    Pas toujours facile d’accès !!

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  • Vincent // 05.05.2013 à 09h30

    Toujours un peu lourd et pompeux mais le fond est là : une capitulation devant le “capital” de tous nos gouvernants bonnet blanc et blanc bonnet ainsi que la nécessité de s’exprimer par d’autres moyens que par les urnes, à l’image de la révolution des balais et attendant l’étape suivante.

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  • FL // 05.05.2013 à 10h21

    Ce lien pour détendre l’atmosphère, il n’est pas nouveau mais qu’est-ce que c’est bon de réentendre ce discours illustré de cette manière!

    http://www.dailymotion.com/video/xo082g_au-pays-des-souris-on-vote-tous-les-4-ans-a-voir_news

    En tous cas, merci à Frédéric Lordon pour ces très bonnes nouvelles pages (roboratives, certes mais toujours très attendues).

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  • artiste // 05.05.2013 à 10h33

    Du bla bla pontifiant,ce type est un fonctionnaire engraissé par le contribuable qui visiblement ne sait pas ce qu’est une entreprise et n’a pas lu les 3000 pages du code du travail.il aura une bonne retraite et visiblement pas besoin de capital pour vivre à ce moment la.pitoyable.

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    • Gbalou // 05.05.2013 à 11h04

      Le diagnostic n’est pas le bon. Nous vivons une crise de l’offre !…

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      • toutouadi // 05.05.2013 à 14h46

        En tant qu’entrepreneur (depuis 1985) je suis atterré par ce type de propos !!

        Les charges sociales et fiscales d’entreprises sont une ponction de l’offre mais concourent ainsi à la pérennisation de la demande.(rien n’est perdu)

        La concentration patrimoniale sous prétexte de soutenir l’offre, en asséchant la demande est mortifère pour l’entreprise.

        C’est le B A BA de l’entreprise… Même les commerciaux poujadistes avec qui j’ai travaillé le savaient.

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        • Gbalou // 05.05.2013 à 15h36

          L’évolution de la consommation est liée au pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages français a baissé de 0,4% en 2012, une première depuis 1984, selon l’Insee. La forte hausse des impôts au second semestre en serait la cause. La masse salariale et les prestations sociales ayant continué à progresser, l’Insee explique la baisse du pouvoir d’achat des ménages par la forte hausse des impôts : + 10 % en 2012, après + 6,6 % en 2011, du fait de la poursuite du redressement des finances publiques.

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          • step // 06.05.2013 à 11h33

            c’est un début gbalou. Les français sont peut êtres des veaux politiques et encore plus économiques, mais comme ces derniers, quand ils sentent l’odeur de l’abattoir, ils se débattent.
            De plus comme l’inflation officielle a été généreusement trafiquée par l’abherration qu’est devenue le “panier de la ménagère” sur lequel il est calculé. Vous pouvez revoir toute les 10 dernières années en ajoutant l’inflation spécifique à l’alimentaire largement sous estimée dans son importance par l’insee:
            http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=29
            soit environ 3 à 4% d’inflation par an depuis environ 10 ans. En prenant ce graphique http://gribeco.free.fr/spip.php?article4, j’arrive personnellement et contrairement à l’auteur au très simple résultat que depuis 2003, le pouvoir d’achat stagne ou régresse, ce qui est très bizarrement assez proche d’un sentiment général.
            Le pouvoir d’achat ne progresse que pour les quelques csp+ qui consomment beaucoup de produits technologiques et déjà propriétaire de leur bien.
            Atlantico l’explique très bien :

            http://www.atlantico.fr/decryptage/inflation-france-pouvoir-achat-biens-consommation-augmentation-prix-insee-philippe-herlin-309193.html

            Le reste n’est que volonté de dissimulation.

            Alors… tout va bien Mme la marquise ?

            Poursuite du redressement ? Il y a redressement si la dette de l’état diminue. Ce n’est pas le cas.

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          • Christophe Vieren // 11.05.2013 à 13h48

            @Step : comme toute moyenne, le “panier de la ménagère” masque bien des disparités. Je toute que le panier de la ménagère Groseille soit le même que celui de la “ménagère L. Bettencourt.

            Tout un chacun peut composer son propre panier de ménagère pour en voir l’évolution au fil des ans grâce à ce simulateur de l’INSEE (c’est ICI : Simuler un indice des prix personnalisé).

            Cela étant, l’INSEE pourrait établir un indice des prix par décile de la population. Car le poids des dépenses contraintes (alimentation, énergie, logement, transports, …), celles qui ont augmentées le plus ces dernières années pèsent bien plus dans le panier de Mme Groseille que dans celui de Mme Bettencourt ! Cela permettrait d’y voir un peu plus clair pour tout un chacun et surtout de pouvoir mettre ces chiffres sur la table du débat public.

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        • Gbalou // 05.05.2013 à 15h40

          En entrant un peu plus dans le détail de l’évolution du pouvoir d’achat, il apparait clairement que les inégalités se sont creusées entre ceux qui profitent du revenu du capital et les autres du travail, regardez les chiffres monsieur Lordon ! Selon la formule – travailler plus pour gagner plus – Sarkosy est devenu président. Et Hollande ne pouvait prétendre que le pouvoir d’achat avait baissé mais simplement stagné pour les classes moyennes lors du débat présidentiel en 2012.

          La financiarisation de l’économie, la déconnection entre la finance et l’économie marque la période du renouveau du libéralisme depuis Thatcher. En quoi les socialistes sont-ils responsables ? Hollande, président de région, est-il responsable des excès de la finance entre 2000 et 2007 ? La réponse est négative.

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          • Julian // 05.05.2013 à 16h27

            En quoi les socialistes sont-ils responsables de la financiarisation à outrance et de la déconnexion finance/économie ?

            Les bras m’en tombent ! Mais il est vrai que vous êtes expert en désinformation et provoc.

            Depuis la loi bancaire Delors/Mitterrand en 84, depuis Bérégovoy, l’Acte Unique 86, Maastricht 92, Amsterdam et Lisbonne…
            Les socialistes français (et l’internationale socialiste européenne) ont voté, fait voter, ratifié, quand ils ne les ont pas suscités, tous les textes nationaux et européens ouvrant la voie à la financiarisation et à la dérégulation !

            Mitterrand, Delors, Rocard, Lamy, Jospin, Aubry etc : leurs responsabilités historiques sont écrasantes.

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      • BOURDEAUX // 06.05.2013 à 00h28

        Il n’y a pas plus de crise de l’offre que de beurre en branches. Nous vivons une crise des échanges commerciaux mondiaux. Le commerce mondialisé est amoral (sans morale), sans éthique. Petit reportage ce soir, vu dans “capital” sur le commerce mondial de la viande; des traders qui se refilent des tonnes de bidoche de l’argentine au luxembourg, en passant par la turquie,…des mecs encostardés qui se tirent la bourre pour gagner leur prime mensuelle en revendant une cargaison de viande qu’ils ne toucheront jamais: où est l’éthique du commerce là-dedans ?
        Une entreprise allemande de découpe de porc qui fait turbiner des roumains 10h par jours 6 jours sur 7, pour 1000 euros par mois, et qui du coup reçoit du porc à découper en provenance de toute l’europe parce que, même avec les frais de transport, c’est moins cher de faire découper ses porcs chez eux: où est l’éthique de la filière là-dedans ?
        Et le défaut d’éthique et de morale est pesant dans bien des secteurs d’activité, comme le bâtiment par exemple que je connais bien: il y en aurait des choses à dire…

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    • contre-artiste // 05.05.2013 à 16h46

      Il ne vous a pas échappé que votre réponse se retourne contre vous. Il n’aura pas besoin de quoi que ce soit et pourtant, le problème des autres le préoccupe. Mais visiblement, votre vision rétrograde (voire envieuse???) du “fonctionnaire inutile, bien payé et plaqué” vous aveugle et vous empêche simplement d’argumenter. Il ne vous reste que les poncifs: pitoyable…

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    • Pipiou83 // 05.05.2013 à 22h53

      Ah ça c’est de l’argumentation étayée : “bla bla pontifiant” – “fonctionnaire engraissé”.
      Dans le registre du pitoyable, pour reprendre vos propos, vous gagnez le pompon.

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    • step // 06.05.2013 à 11h17

      au moins vous avouez que vous ne comprenez pas et/ou que vous oeillières idéologiques vous empêche de lire un avis que vous ne partagez pas. C’est bien de s’assumer…

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    • Christophe Vieren // 11.05.2013 à 13h58

      @Artiste : de la même manière qu’il n’est pas besoin pour un citoyen de connaître les milliers de pages des différents codes (civil, pénal, ….) pour ne pas se retrouver devant la justice, il n’est pas besoin à un employeur de connaître les milliers de pages du code du travail. Seuls ceux qui veulent être border line (genre Amazon) en ont besoin. Alors certes, il est plus facile pour les “gros” que pour les “petits” d’être border line. De même qu’il est plus facile au “gros” qu’aux “petits” d’emporter les marchés publics. Et ce n’est pas juste. c’est d’ailleurs pourquoi concernant ce dernier point au USA, une auantité de marché public est réservé au PME. On pourrait également apporter des conseils juridiques aux TPME. Cela s’appelle rétablir la concurrence libre et non faussée tout en ne dérégulant pas car plus on dérégule (= absence de règles) la dérégulation profitera, ni aux consommateurs, ni aux salariés (plus de 90% des emplois), ni aux générations futures, …. et pas plus aux employeurs des TPME.

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  • fabien775 // 05.05.2013 à 11h32

    @artiste
    Encore un troll

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    • crapounet // 05.05.2013 à 15h41

      Oui et on a la chance de les voir voler en escadrille aujourd’hui. C’est le 14 Juillet.

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    • Gbalou // 05.05.2013 à 15h55

      Les socialistes ne sont pas sectaires. Ils sont pragmatiques tant sur la demande quand il faut l’augmenter (coup de pouce au smic…) que sur l’offre (pacte de compétitivité). Analysez monsieur Lordon, les TPE/PME familiales ! Elles ont le moins licencier et souffre d’un manque de crédit et du coût du travail. Sans bien sûr évoquer les autres et mêmes les plus grandes !…

      La mondialisation des échanges réduit la misère. Le socialisme de l’offre a pour vocation de réguler ces échanges. En taxant des produits importés du Bangladesh, l’objectif est d’améliorer les conditions de travail. L’une des raisons pour lesquelles, le consommateur en France comme en Europe peut se payer des produits textiles à bon marché est lié au non-respect de ces règles. Ajoutons pour finir afin de ne pas être trop long, il s’agit d’un commentaire… l’accord passé entre le MEDEF et les syndicats sera un facteur aggravant du chômage à court terme mais inversement proportionnel à moyen terme quand la croissance reviendra fin 2014 ou début 2015.

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      • Stéphane Grimier // 06.05.2013 à 10h26

        mdr1
        “Les socialistes ne sont pas sectaires. Ils sont pragmatiques”

        mdr2
        “coup de pouce au smic…”

        mdr3
        “La mondialisation des échanges réduit la misère. Le socialisme de l’offre a pour vocation de réguler ces échanges.”

        mdr4
        “peut se payer des produits textiles à bon marché est lié au non-respect de ces règles.”

        Vous avez raison, ce n’est qu’un commentaire, une chance, mais un parmi des milliers du même genre. Ah c’est moins beau que la présentation. Relancez vous, faites une tournée, vous avez vos chances avec, je sais pas, genre Kev Adams éco-comique par exemple ?

        Tournée générale de Gbalou, représentant du bide interplanétaire ” le changement c’est maintenant “.

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        • step // 06.05.2013 à 11h37

          mdr5 (on est inatentif Stéphane, c’est pas bien) :
          “quand la croissance reviendra fin 2014 ou début 2015.”

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    • odeur_de_sapin // 05.05.2013 à 21h44

      En son temps, Galilée aussi était un troll. Je pense plutôt que ce qui définit le troll c’est le fait d’adopter l’idée qu’une majorité de points de vues similaires soit une preuve systématique et éternel de vérité. Quel que soit le point de vue défendu, libéral, socialiste, décroissant ect ect ect. beaucoup de choses peuvent être remis en cause avec le temps, même des faits supposés “scientifiques”.

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      • Christophe Vieren // 11.05.2013 à 14h03

        Oui mais il faut un minimum de contre arguments scientifiques. Galilée n’a pas fait état de ses croyances mais de faits qui remettaient en cause la vérité scientifique du moment. C’est la différence avec les trolls !

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  • Gbalou // 05.05.2013 à 12h01

    La droite est la rigueur et la gauche, la relance !…Le PS serait partisan de la rigueur. Quand il faudrait une Union Bancaire dans la zone euro, capable de relancer l’économie, le Front de Gauche manifeste son archaïsme !…

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    • yvan // 05.05.2013 à 18h45

      J’espère, Gbalou, que vous êtes au moins milliardaire pour être aussi religieusement attaché à l’argent. Sinon, vous ne seriez qu’un instrument qui profite aux vrais puissants.

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      • Gbalou // 05.05.2013 à 20h39

        Je suis libre, indépendant et entrepreneur. L’argent comme on dit ça va et ça vient ! Ne pas comprendre que notre jeunesse souhaite un projet politique d’envergure qui transcende les nations est ne pas comprendre la condition humaine ! Allez en Inde, les jeunes ingénieurs vous posent la question : Quel est votre business ? Tout simplement car il y a des urgences ! En Chine, c’est la même chose… Et en Europe, des rabbougris (De Gaulle lui et l’an 1940,…je vous laisse deviner la suite…) empêchent cette jeunesse de travailler dans les NTIC, l’écologie verte, la transition énergétique…Le dépassement de soi, l’émancipation de soi est verrouillé. Ex: Le mariage gay !!!

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        • odeur_de_sapin // 05.05.2013 à 21h11

          Libre, indépendant et entrepreneur, houlalalala méfiez vous mon cher Gbalou 🙂
          , en France votre statut est bien moins considéré qu’un dealer de banlieue qui lui est uniquement une victime de la société et in fine victime du monde de l’entreprise qui ne souhaite pas embaucher une personne quasi illettré par exemple (experte en négociations ardues pourtant), donc le coupable c’est Vous, l’entrepreneur. Et par hasard, si vous l’embauchez, forcément vous comptez profiter de son inculture. Dans les 2 cas, vous êtes fautifs.

          Bien sur, vos taxes et impôts d’entrepreneur servent par je ne sais quels méandres à rémunérer Mr Lordon, qui va rédiger un tel document en vous mettant à l’index les entrepreneurs, comme s’il y avait que le CAC 40 et des licenciements boursiers.

          Comme pour le temps partiel, forcément c’est une violence, mais si le temps partiel était réduit à peau de chagrin, ce serait également violent mais dans l’autre sens. Le but n’est pas la réalité de terrain précise et représentative, le but c’est la thèse défendue et de sélectionner / picorer les sujets en les escamotant et d’en faire une vérité générale.

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          • raloul // 06.05.2013 à 12h23

            Bonjour!

            Je trouve votre réponse totalement à côté de la plaque, désolé. Si vous pouviez critiquer le contenu de l’article de Lordon avec des arguments crédibles, ce serait bienvenu. Sinon, vous pouvez aussi vous abstenir, ce n’est pas interdit, même pour les pauvres entrepreneurs culpabilisés-stigmatisés comme vous.

            P.s.: je suis aussi indépendant, et c’est vrai qu’être indépendant est de façon générale plus dur que d’être salairé, à mon avis. C’est une prise de risque plus grande qui correspond à un certain tempérament, auquel un ton pleurnichard sied assez mal. Mais elle peut être couronnée de plus grands bénéfices que pour des salariés.
            Cependant je ne me sens pas visé par Lordon, dont je trouve la justesse d’analyse assez redoutable. Ce constat d’une crise de la demande semble évident, sa vision d’un socialisme à la botte du capital me semble très pertinente. Alors le minimum de rigueur intellectuelle impose de s’intéresser au contenu de la prose de Lordon, plutôt que de tirer sur le messager en s’en prenant à sa façon de gagner sa vie

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          • odeur_de_sapin // 06.05.2013 à 12h58

            @raloul

            Donc Mr Raloul, décidément ce terme de « minable « on l’aime bien, on le sert à toutes les sauces, il doit vous rassurer quelqu’un part ? sur votre propre qualité ?

            Les grandes envolées lyriques de Mr Lordon sur le socialisme à la botte du capital, pourquoi pas si vous voulez.

            Ce qui me gêne plus, c’est que Mr Lordon peut tirer à boulets rouges sur les entreprises par exemple, bien à l’abri derrière son statut et avec une paye quasi certaine qui tombe tous les mois, un peu comme un soldat bien à l’abri dans son bunker fonctionnarisé et qui mitraille ceux qui finalement lui amène les vivres. Pourquoi pas, si vous voulez.

            Ce qui me gêne plus, c’est lorsqu’il devient un peu plus concret pour essayer de valider ses thèses en jetant un œil du haut de sa tour de connaissances définitives et indiscutables sur le travail partiel par exemple, sujet que j’ai un peu détaillé dans d’autres commentaires ou bien les offres d’emploi en Roumanie, … lorsqu’il se veut concret, il est dans l’erreur ou au moins beaucoup trop généraliste, du coup je m’interroge, comprenez vous ?

            Et in fine, si Mr Lordon était cadre dans une entreprise et que pendant ses loisirs, il prend le risque d’écrire ses réflexions, cela aurait plus de poids.

            Par exemple, une certaine Zoé Shepard (c’est un pseudo je suppose) a écrit un livre intitulé « Absolument débordé » sur la vie harassante et épuisante des personnes travaillant dans une collectivité locale y étant elle-même employée.
            Elle a eu des ennuis. Mais c’est déjà un tout petit plus courageux que Mr Lordon …mais c’est votre droit de trouver tout cela tout à fait minable.

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    • Stéphane Grimier // 06.05.2013 à 12h25

      “La droite est la rigueur et la gauche, la relance !”

      Vous pouvez être encore plus bas de plafond ? Plus abruti ? C’est possible vous croyez ?
      Vous tentez quoi ? L’accréditation “vendeur de lessive” ?

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  • Dan // 05.05.2013 à 13h05

    Mr LORDON est bien compliqué pour nous expliquer que nous ne sommes plus dans un système poiltique démocratique ,le noyautage de la république par les réseaux , manipulation de la démoncratie d’opinion……… nous voyons sans ambiguité s’établir en Europe un système faciste qui est entre les mains de 150 000 personnes face à 400 millions de citoyens …..ou sont les contre-pouvoir ?

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    • Gbalou // 05.05.2013 à 13h15

      Il n’y a pas plus drôle de penser que Lordon est compliqué lorsque le commentaire précédent ou d’hier l’on cite Planck !…Mais bon cela va dans le bon sens…Heureusement que nous ne votons pas pour le Front de Gauche !…

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  • odeur_de_sapin // 05.05.2013 à 13h07

    Mr Lordon est peut-être un homme fort sympathique en privé, mais en ce qui concerne sa vision … comment dire … c’est juste une vision.

    Je relève juste quelques idées dans son florilège de vécu de terrain « que c’est ainsi que les gens vivent et rien que comme cela » qui confine à l’infinitésimal du réel.

    Combien ont eu à souffrir atrocement des offres de mutation en Roumanie à 200 Euros ? Combien ? Il me semble qu’un article pârmi les 3000 pages du Code du Travail (désolé je ne le connais pas par cœur) oblige l’employeur à faire une offre encas de licenciement, s’il n’a pas de poste en France, pour respecter la Loi, il fait quoi ? Ben Oui, le code du travail, s’il y a un expert (un vrai), je veux bien son diagnostic.

    On ne m’avait pas dis que le travail partiel était rien qu’une violence envers les citoyens, et les couples ou l’un des 2 préfère travailler un peu moins pour plus s’occuper des enfants ? Quelle violence effectivement.

    Evidemment, si la France en 1 an est devenu une nation de smicards, … faudrait savoir alors si la Gauche est vraiment un bénéfice pour le plus grand nombre. Oui, la gauche n’est pas vraiment la gauche ..Ok, je vois, je vois.

    Bref, on voit toujours que les aspects négatifs pour essayer de vendre des idées (cela a l’air de fonctionner, très bien Mr Lordon), mais cela ne correspond sûrement pas à une réalité systématique.

    Dans le cas du travail partiel, a-t-on sondé / interrogé quel % des personnes le vivent comme une violence de par ses conséquences, d’autres un arrangement, d’autres une préférence etc ect donc il conclu comme sur beaucoup d’autres points sans se baser sur aucun chiffre, aucune donnée concrète, aucun sondage.

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    • step // 06.05.2013 à 11h42

      @odsp : étant du coté de la lame, je vois passer environ 10 partiels subis pour 1 choisi. Mais je vous laisse croire que ce ce n’est pas le cas. C’est beau la vie coté manche.

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    • Christophe Vieren // 11.05.2013 à 14h24

      Selon l’observatoire des inégalités : “27 % des personnes en emploi à temps partiel souhaiteraient travailler plus. Essentiellement des femmes. Mais aussi plus de 40 % de jeunes, 37 % d’ouvriers contre 15 % de cadres supérieurs.”

      27% de 4,2 millions de temps partiel (19% des actifs) cela fait tout de même plus d’un million de personne. Sans compter ceux qui souhaiteraient travailler plus si par exemple ils avaient une structure pour garder leurs enfants.

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  • fabien775 // 05.05.2013 à 13h57

    @odeur_de_sapin
    C’est sûr, le temps partiel est préféré par le plus grand nombre qui le subisse.C’est comme l’intérim qui était, au début, un choix de vie. Vous sortez de chez vous de temps en temps?

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    • odeur_de_sapin // 05.05.2013 à 14h19

      Vous avez donc la connaissance détaillée et complète de la vie des personnes travaillant en tems partiel, pourriez vous nous indiquez comment vous avez eu cette information si ultime et radicale ? Juste en sortant de chez vous …bien, on peut s’y fier donc. Je me rappelle d’un temps ou les gens sortaient de chez eux, et constataient que le soleil tourne autour de la terre. Tout le monde était d’accord.

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      • Wilmotte Karim // 05.05.2013 à 19h28

        Mais Lordon et nombres d’économistes, sociologues (etc) eux, ils ont étudiés la question.
        Alors, si vous avez des arguments contre autre que ceux qui vous viennent juste en sortant de chez vous, n’hésitez pas.

        Par ailleurs, en utilisant VOS sources, il apparaissait que l’austérité via la réduction de la taille de l’état avait pour objectif de baisser les salaires et conditions de travail dans le privé.

        Or, en dehors de taxes permettant de rendre la soupe politiquement un peu viable, c’est bien l’austérité qui est de mise : de facto, c’est une politique de droite.

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    • Gbalou // 05.05.2013 à 15h47

      Pour rappel, les taux d’intérêts trop faibles de la FED après la crise Internet et les attentats du 11 septembre, expliquent en partie la volonté des banques et autres institutions financières, des plus fortunés à vouloir des rendements plus élevés que pouvaient offrir des produits comme les subprimes aux Etats-Unis. L’offre de crédits à la consommation a créé une demande alors que le pouvoir d’achat des classes moyennes était stagnant voire en hausse sous Chirac (Baisse des impôts) en France. L’offre crée la demande selon Keynes paraphrasant JB Say !…Il est par ailleurs frappant de constater aujourd’hui qu’un système généreux de prestations sociales donne la possibilité de ne pas déclarer une activité, des revenus afin d’optimiser son revenu disponible brut à la fin du mois. (Ecole autrichienne).

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      • Stéphane Grimier // 06.05.2013 à 12h28

        L’abrutissement consumériste droit de l’hommiste de la bonne conscience, généralisé et propulsé par des médias imposteurs, aux ordres, mendiants et incompétents, suffit à tout expliquer, jusqu’à même votre existence sur ce forum.

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  • Leon // 05.05.2013 à 15h18

    Bien des vérités sont exprimées dans cet article, qui aurait mérité un plan, et une lisibilité organisée. Car a quoi sert un long pavé qui demande l’envie de s’accrocher au lecteur. Encore qu’on peut poser la question. Qui est le lecteur ? N’est il pas convaincu par avance ? Serait il utile de convaincre au delà du cercle ?
    Mais parfois, l’enrobement dans la crispante idéologie de l’affrontement droite contre gauche, blanc contre noir, empêche de voir, et nombre de petites choses importantes de base sont omises.
    Ainsi, ne peut on avoir une position moins tranchée sur la flexibilité, laquelle n’est pas un gros mot et peut être élément d’évolution, d’adaptation au changement, à condition d’un accompagnement social. Car oui, il y a des activités industrielles qui sont dépassées.
    Ceci demande des moyens qu’il faut trouver. Par différentes actions. Relance de la production par les PME, dont beaucoup sont performantes et méritent un soutien au development. Réforme fiscale. 60 milliards d’évasion fiscale à récupérer par an, dont une part sur les transnationales et le CAC 40. (Prix de transfert, etc.)
    Ensuite, crise du crédit, certes ! Et pourtant les français épargnent.
    Commerce extérieur. On exporte pour 112 milliards On importe pour 128 milliards dont
    60 milliards d’hydrocarbures. La solution, à terme repose sur la transition énergétique. L’Europe n’y est pour rien.
    Ensuite notre balance est déficitaire avec la chine (22 milliards) puis ensuite avec l’Allemagne (environ 20 milliards). L’Europe est elle responsable ? Une augmentation de la demande en Allemagne sera-t-elle vraiment la solution ?
    Pour le reste, je ne vais pas faire aussi long. Mais m’étonnerait malgré tout de la pertinence du retour des vieux arguments qui, s’ils tenaient la route du temps de mon grand père, illustrent désormais un manque d’imagination doctrinal inquiétant.
    Car ce n’est pas le plaisir d’offenser les imbéciles qui changera le système.

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    • yvan // 05.05.2013 à 18h37

      Bonjour Léon.

      Je comprends votre attachement à l’argent car nous avons été élevé dans son culte.

      Là, en effet, je reconnais que le Lordon national offense les imbéciles mais il est aussi une chose sûre : vous n’avez pas compris son message ou ne voulez pas le comprendre.

      Soit, il prévient les “dirigeants” que les peuples sont en train de se faire remplir les bottes mais qu’ils risquent, un jour ou l’autre, de ne plus trop le supporter.
      Et même, incite-t’il aussi les peuples à le faire… Ce qui ne serait pas mauvais en soi, vu la situation dégénérante actuelle.

      Captez-vous mieux le malaise auquel beaucoup trop ont participé..??

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      • Leon // 06.05.2013 à 07h48

        Je ne sais où vous avez noté un attachement à l’argent dans mes propos. Et ne vois pas très bien quel est votre propre culte, sinon cette religion du mépris de l’autre (qui est forcément un imbécile). Dans d’autres domaines on appelle cela ‘’racisme’’ ou ‘’ostracisme’’. « Je n’aurais rien compris ». En matière de compréhension vous semblez plutôt être du genre « je pense avoir compris, donc j’ai tout compris, et l’autre est un imbécile ».

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    • Wilmotte Karim // 05.05.2013 à 19h22

      “Mais m’étonnerait malgré tout de la pertinence du retour des vieux arguments qui, s’ils tenaient la route du temps de mon grand père, illustrent désormais un manque d’imagination doctrinal inquiétant.”

      Cela serait un argument percutant… si on n’opposait pas des arguments anti-socialistes datant du… 19-eme, on pourrait imaginer les arguments socialistes/socialisants comme étant dépassé.

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    • step // 06.05.2013 à 11h44

      l’europe est elle responsable. Non, l’euro oui. (par le blocage des mécanisme d’ajustement automatique des monnaies.

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  • jducac // 05.05.2013 à 15h29

    ….le choix de l’alliance… avec le capital.
    …..l’entrée dans la collaboration délibérée avec le capital.
    ….politiques désormais très ouvertement passées du côté du capital

    Cela fait peine à voir qu’une plume aussi alerte et séduisante ne soit pas servie par une plus grande prise de hauteur. Comme beaucoup d’autres, Lordon semble avoir été vacciné pour toujours à l’anticapitalisme. Comment ne peut-il pas voir le rôle essentiel, primordial, principal, « capital » joué par le capital, quelle que soit sa forme ; matérielle, immatérielle ou humaine ?

    Le capital, c’est l’héritage du passé à partir duquel se construit le futur. Il permet d’offrir aux jeunes générations une base de départ leur donnant la possibilité, à leur tour, en limitant leur consommation et en travaillant ardemment, de donner la possibilité d’un avenir aux futures générations à condition d’avoir songé à elles en préservant le « capital » au lieu de le consommer, voire même de le vouer à la haine et aux gémonies, comme certains intellectuels s’emploient à le faire.

    il semble que les élites européennes n’aient toujours pas accédé à cette idée pourtant élémentaire que les stratégies de compétitivité sont des stratégies non-coopératives, puisqu’elles visent à la constitution d’un avantage unilatéral, des stratégies différentielles donc, par là vouée à la nullité quand elles sont appliquées simultanément par tous — par construction, elles ne créent alors plus aucune différence !

    Quelle erreur de présenter les choses ainsi. La compétitivité c’est le stimulant du progrès. C’est ce qui permet à ceux qui se trouvent dans le lot des retardataires, d’user de leur désir de vivre et de survivre pour trouver en eux-mêmes, parfois avec le concours des réserves constituées ou préservées par ceux qui les ont devancé, les moyens de se dépasser jusqu’à, parfois même, dépasser leurs devanciers.

    La vision de Lordon semble circonscrite à l’Europe alors qu’elle devrait embrasser la terre entière. Cela s’impose d’autant plus aux européens que, maintenant, la compétition s’exerce au plan mondial. L’Europe après avoir, durant plusieurs siècles, devancé toutes les autres régions du monde, s’est vue dépasser par l’Amérique, laquelle est à son tour talonnée par l’Asie, notamment par la Chine premère économie jusqu’au 18ème siècle, restée ensuite en léthargie, alors qu’elle fut longtemps aux avants postes du progrès (boussole, poudre à canon, papier, etc…)

    elle témoigne du dernier degré de la décomposition idéologique de « socialistes » abandonnés aux injonctions du capital…..
    …..pour tout accorder ou presque au capital, émouvant spectacle du tête-à-tête complice de la CFDT et du MEDEF, conclu comme il se doit dans la concorde et avec la bénédiction des socialistes, trop heureux de s’abandonner au « contractualisme » des « partenaires sociaux », c’est-à-dire d’être exonérés de la responsabilité de légiférer pour remettre droit ce que les rapports de force ont nécessairement tordu.

    Et oui, n’en déplaise à Lordon et aux anticapitalistes, fruits de l’endoctrinement idéologique plus que de la raison, certains socialistes finissent par se rendre à l’évidence. Le progrès social n’est qu’une conséquence du progrès en matière de production de richesses. Or, le progrès qui s’impose maintenant, est celui qui résulte de la plus grande efficacité énergétique, autrement dit, celui qui permet d’obtenir le plus de vie pour le minimum de dépense en ressources essentielles, à savoir en énergie non renouvelable et en métaux.

    L’Europe a pratiquement épuisé ses propres ressources non renouvelables. Pour continuer à progresser, éviter le déclin, et de pouvoir survivre, elle est contrainte à limiter sa consommation et à travailler davantage pour accroître son efficacité et d’être attractive lors des échanges internationnaux auxquels elle ne peut se soustraire.

    C’est bien ce qu’a compris Schröder avant tous les autres socialistes. Il a surtout été capable de le faire comprendre aux partenaires sociaux allemands. Son grand mérite a été de se libérer d’une idéologie irraisonnée qui ne tient aucun compte de la physique implacable et sans sentiments,qui pourtant nous gouverne, en ce sens quelle aura toujours le dernier mot.

    En prônant une politique de la demande, Lordon va à contre courant de ce qu’il convient de faire. Il est de fait, esclave de son aveuglement idéologique et, plutôt que d’admettre l’erreur des anticapitalistes, toujours prêts à consommer plus que ce qu’ils produisent, il préfère accélérer la venue d’un suicide collectif. Plus idéologue que pragmatique, comme le sont la plupart des élites intellectuelles, il n’a pas vu que la vie, tout au moins sur terre, est avant tout dépendante de la matière, notamment de l’énergie faite de matière mise en mouvement.

    Il n’a pas vu que le capital des terriens, c’est tout ce que recèle la terre ; au-dedans et au dessus. Il n’a pas vu qu’il incombe aux terriens non de consommer plus en déployant une politique de la demande, mais de vivre en consommant moins, en mettant en jeu le stimulateur de la compétition.

    Il n’a pas vu qu’avec une population qui croît et une richesse qui décroît corrélativement, il convient de s’orienter vers un mode de vie plus frugal afin de se donner le temps de se servir du substrat terrestre comme d’un tremplin capable de nous permettre d’accéder à davantage d’énergie laquelle est l’aliment essentiel à la vie.

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    • step // 06.05.2013 à 11h51

      Le progrès social n’est qu’une conséquence du progrès en matière de production de richesses. C’est quoi le “progrès”. Le progrès de quoi, pour qui ? Cette phrase n’a aucun sens comme “le changement c’est maintenant”. C’est une phrase politique qui fabrique du consensus sur du vide sémantique.

      Quand à l’approche très matérialiste de l’ame humaine :

      http://www.dailymotion.com/video/xfq364_tracy-chapman-mountain-of-things-1988-hq_music

      Cela vous fera le plus grand bien. Je te préfère décroissant odsp.

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      • step // 06.05.2013 à 12h00

        les statistique est l’art de dire que si tu fais l’amour 2* par semaine et moi jamais. Nous faisons l’amour 1 fois par semaine.

        La ce n’est pas les cadres en temps partiels qui souffrent économiquement de la crise, c’est les autres, et c’est pour eux que le temps partiel subi est le plus important.

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      • jducac // 06.05.2013 à 21h45

        @ step Le 06 mai 2013 à 11h51

        Le progrès social n’est qu’une conséquence du progrès en matière de production de richesses. C’est quoi le “progrès”. Le progrès de quoi, pour qui ? Cette phrase n’a aucun sens……

        Le progrès, c’est ce qui peut être perçu comme un mieux apporté à la vie. Le progrès vise une amélioration des conditions de vie, en la rendant moins pénible, plus agréable, plus satisfaisante, pour le plus grand nombre, dans un environnement donné.

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        • step // 07.05.2013 à 12h54

          avec vos réponses à “pour qui” et “pour quoi” je ne pense pas que vous ayez raison sur le le fait que le progres social comme conséquence du progrès en matière de production de richesse. Les conditions de production et la productivité n’a fait que progresser depuis 30 ans, pourtant le malaise social s’amplifie. Les deux ne sont pas liés par une simple conséquence, c’est plus complexe.

          En reprenant votre définition du progrès voilà ce que je dirais : Le progrès social est une conséquence d’une bonne répartition des ameliorations de la production de richesse. Ce n’est pas la même chose. Actuellement les ameliorations sont constantes mais sa répartition désastreuse, et nous sommes en phase de régression sociale. Ta condition est donc nécessaire (il faut de la production de richesse pour pouvoir la répartir, mais non suffisante).

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  • yvan // 05.05.2013 à 17h09

    Certes, Fredy.

    Mais quand on regarde bien, où que ce soit dans le monde hors Corée du Nord, affamée, ou Venezuela, qui a une chance monstre d’avoir du pétrole (et donc, de l’ARGENT), pourquoi tant critiquer UN gouvernement spécialement.
    Quand bien même serait-il le notre ..??

    Ouvres les yeux, toi qui a ouvert les oreilles pour Lepage :
    http://www.lesmutins.org/Reportages-debats-entretiens.html
    (choisir Le plan de bataille des financiers)

    Quasi nul part dans le monde, un dirigeant ne peut vraiment diriger, Révolutionnaire.
    Notes, comme toi, je sais aussi qu’une révolution, une vraie, a toujours fait moins de morts qu’une guerre…

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  • Papounet // 05.05.2013 à 18h56

    Le fond y est toujours chez Frédéric Lordon !!…, dommage qu’il n’y ait quasiment jamais la forme…, les mêmes “concepts” pourraient être énoncés en dix fois moins de mots et en seraient d’autant plus percutants… Cher Frédéric, prévoyez-nous un “abstract” avant chaque thèse, en pensant à toutes celles et tous ceux qui manquent de temps…, vous gagnerez immanquablement en lisibilité et en audience…

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  • Gbalou // 05.05.2013 à 20h57

    La V République a donné à Hollande, minoritaire dans son parti mais aussi en France d’explorer une nouvelle voie : le socialisme de l’offre qui soit dit en passant consiste aussi à optimiser l’exploitation de ressources limitées (Ecologique). A regarder les sondages, les résultats des élections futures seront mauvais. Mais un souffle nouveau, un courant de pensée émerge, les bases de la sortie de crise en ce début de siècle… Si votre analyse est pertinente, monsieur Lordon, vous commentez, nous, nous agissons au nom de la démocratie !…

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  • fabien775 // 05.05.2013 à 22h58

    @odeur_de_sapin
    8 millions de pauvres en France et vous pensez que la majorité des gens qui travaillent à temps partiel ou en intérim le font par choix? La terre tourne autour du soleil, vous habitez peut-être sur la lune…

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    • odeur_de_sapin // 06.05.2013 à 07h32

      L’observatoire des inégalités, que l’on ne peut pas suppposer être une émanation de GoldmannSachs nous informe que 27% des temps partiels souhaitent travailler davantage.

      Lordon, tout comme vous, vous en faites une généralité.

      C’est vrai pour 27 %
      C’est faux pour 73 %

      Donc je veux bien que l’on s’inquiète des ¼ , qui pour certains cumulent parfois plusieurs temps partiels.

      D’autre part, le temps partiel et l’interim ne sont pas forcément strictement identiques.

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    • odeur_de_sapin // 06.05.2013 à 07h37

      oups, sorry, j’ai oublié de vous mettre le lien. Voici.

      http://www.inegalites.fr/spip.php?article410&id_mot=103

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      • step // 06.05.2013 à 11h57

        “Ces données minimisent la situation. Une partie des salariés ne déclarent pas souhaiter travailler plus car ils intègrent le fait que cette probabilité est très faible ou par exemple qu’ils (et surtout “elles”) ne disposent pas de solution pour faire garder leurs jeunes enfants à un prix abordable. Dans un contexte plus favorable, rien ne dit qu’ils ne souhaiteraient pas accroître leur temps de travail.”

        La phrase importante, pour ceux qu’il l’auraient zappé. J’ai des louches de dossiers d’endettement, qui tourne autour du temps partiel, le salarié ne voulant pas un temps complet car cela impliquerait de changer d’employeur et donc de risquer le chomage vu le contexte actuel”.

        De plus 27% est une moyenne largement sous pondérée par les cadres (15%). Dans les millieux les plus fragiles économiquement (ouvrier/jeunes). On tourne à 40%, en croissance forte.

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        • odeur_de_sapin // 06.05.2013 à 12h04

          Bel effort 🙂

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          • step // 06.05.2013 à 14h13

            j’ai aucun mérite, il y a une base de donnée pour les cas “d’aides exceptionnelles” pour des habitants en difficulté à la mairie. Elle gonfle de manière inquiétante d’ailleurs. (Ca et l’APA, d’ailleurs. tout va bien).

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  • Xavier TARPIN // 06.05.2013 à 09h51

    il est toujours intéressant de lire des avis tranchés, mais il est chagrinant de voir mis en avant des arguments grossièrement faux

    – l’accord ANI “minoritaire” : c’est étrange, d’après les résultats des élections professionnelles, les signataires représentent 51,15 % des votants

    – réduction des effectifs de fonctionnaires : c’est étrange, d’après la Cour des Comptes il y a avait 4 millions de fonctionnaires en 1980 pour 55 millions d’habitants (soit 7,2 % de la population) et 5,2 millions de nos jours pour 65 millions d’habitants (soit 8 % de la population)

    – des prestations sociales ratiboisées : c’est étrange ce qu’on trouve c’est 20,8 % du PIB en dépenses sociales en 1980, 32,1 % en 2012
    http://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=SOCX_AGG&Lang=fr

    doit-on en déduire que depuis 1980 les gouvernements de gauche ont fait baisser ces chiffres que les gouvernements de droite ont fait prestement remonter ?

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    • step // 06.05.2013 à 14h36

      indépendamment du trollage gauche/droite, 3 objections intéressantes :

      1) accord de l’ani. Je pense que c’est le système de représentativité des syndications (salariés et patronats) qui est remis en cause. Comme nos élus, représenter 51 % des 10 % qui se sont déplacé, c’est un gros problème. Je pense que Lordon a mal choisi son terme, c’est “non représentatifs” et pas ” minoritaires”.

      2) L’effectif a augmenté par rapport à 1980 et diminué par rapport à l’année 2009 (donc tout dépend de l’origine de l’échelle). Après je suis d’accord avec toi sur le fait que multiplier du fonctionnaire n’est pas un but en soi. Mais vu que la redistribution sociale et la protection des “ressources communes” (eau,terre,air…) dysfonctionne de plus en plus, cette hausse ne serait elle pas un symptome de la montée en puissance de ces problématiques. Après je ne dis pas qu’il n’y a pas de pantouflage ou autres mais je pense qu’il y a aussi l’apparition de nouvelles problématiques, et aussi plus cyniquement une moins grande tolérance de la population vis à vis de l’attente. Génération de l’immédiateté….

      3) Pareil que pour 2 : La hausse est principalement entre 80 et 85 (le fait politique que représente l’élection de mittérand souligne un mal être social), même si elle gonfle légèrement par la suite. Après il faut bien voir que si la population augmente et le PIB stagne, le %age de dépense sociale/PIB augmentera forcément aussi (surtout à situation économique décroissante (chomage…)).

      Bref si ces élements sont inquiétants, je pense qu’ils sont une conséquence d’une crise plus que leur cause, et que vouloir à tout prix faire rentrer ces variables dans le rang, pas une solution. Casser le thermomètre ne soigne pas.

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      • Xavier TARPIN // 07.05.2013 à 09h03

        c’était juste des remarques sur des faits aisément vérifiables : on peut tout à fait défendre/justifier telle ou telle augmentation sans prendre le lecteur pour un imbécile qui va tout gober

        je note qu’il affirme n’importe quoi, que ce n’importe quoi peut facilement être pointé, et que cela fragilise grandement et inutilement son analyse sur le fond, que l’on partage celle-ci ou non.

        par ailleurs :

        1°/ ANI : ce n’est pas à quelqu’un de ce niveau que l’on va apprendre que les mots ont un sens -)

        2°/ la comparaison 1980/2012 est mise en avant par son texte : c’est lui qui parle de bascule en 1983
        “Car si 1983 ouvre une longue période où, par simple reddition idéologique, les politiques socialistes se trouvent dévaler la pente néolibérale, 2012 marque une rupture d’un tout autre format : celle de l’entrée dans la collaboration délibérée” sic

        que dois-je conclure ? que d’après Lordon, le néo-libéral c’est augmentation du nombre de fonctionnaires + augmentation de la redistribution

        là j’ai le sentiment qu’il prend les lecteurs pour des cons

        3°/ même chose pour la période
        et l’OCDE donne 1980 20,8 % 1985 26 % 1995 29% 2005 30% 2012 32,1 %

        je constate donc que certains des arguments qu’il avance sont faux, et que leur réalité contredit fondamentalement ce qu’il prétend, sur ces points précis

        ce qui ne veut pas dire que sa pensée n’est pas intéressante, mais que sa construction gagnerait à ne pas s’appuyer sur des mensonges éhontés

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        • steve.c // 07.05.2013 à 11h40

          Pour moi, en 83, 2 points essentiels:

          – Mitterrand à supprimer l’indexation des salaires sur l’inflation (conséquences non négligeables en terme macro), à croire que les plus grandes traitrises viennent de gauche… Pour info, seul les belges disposent encore de ce mécanisme et Bruxelle fait pression pour sa suppression.

          – La conversion du parti socialiste au libéralisme en 82/83 par la création de la société saint Simon dissoute en 2000 apres avoir atteint ses objectifs. Ses membres que l’on retrouve aujourd’hui au club “le Siècle” :

          – François Furet Agrégé d’histoire, historien au CNRS, journaliste au Nouvel Observateur. Président de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Professeur à l’université de Chicago à partir de 1985. Membre de l’Académie Française, docteur honoris causa des Universités de Tel Aviv et Harvard.

          – Pierre Rosanvallon Ancien conseiller d’Edmond Maire à l’époque où celui-ci dirigeait la CFDT (syndicat proche du Parti Socialiste, reconverti comme le PS au libéralisme). Directeur de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, directeur du Centre de recherches rolitiques Raymond Aron, Professeur au Collège de France.
          – Christian Blanc Député UDF, président de Merill Lynch France
          – Marc Ladreit de Lacharrière Président de Fimalac, membre du Groupe de Bilderberg, et très proche de l’Opus Dei.
          Puis la clique de journalope: Jean Daniel, Laurent Joffrin, Serge July, Christine Ockrent, Anne Sinclair, Franz-Olivier Giesbert et Jean-Pierre Elkabbach

          Et donc aujourd’hui, dans un article du Monde on fait appel à Pierre Rosavallon pour “Des idées pour transformer une République encore oligarchique” http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/06/des-idees-pour-transformer-une-republique-encore-oligarchique_3171667_3232.html

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  • Winslow Leach // 06.05.2013 à 10h24

    Qui est Lordon? on peut se poser la question il se définissait lors d’une conférence le 22 Février 2013 comme n’étant plus économiste encore une blague? Voici sa conférence sur sa conception du spinozisme (Conférence philosophique)
    http://www.youtube.com/watch?v=ETRJ44UQ8xo

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    • Lisztfr // 06.05.2013 à 11h21

      Spinoza, un “cas” philosophique.

      Lordon oublie que l’anthropologie, la sociologie, la psychanalyse, bref, les sciences humaines existent et ont déjà depuis longtemps entamé la philosophie du sujet.

      Lordon c’est un peu Merlin l’enchanteur, de temps en temps du haut de sa tour d’ivoire il jette un sort, la foudre, il obscurci la lune et crie au loup..

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      • Winslow Leach // 06.05.2013 à 11h45

        Lordon est un chercheur il n’oublie aucune piste C’est ce que j ‘aime chez lui. Si le spinozisme dérange (Comme toujous)le néolibéralisme ambiant et bien ancre dans tous les esprit j’en suis fort heureux

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    • dadone // 06.05.2013 à 11h50

      Vidéo intéressante mais la théorie développée décrite est complètement fausse.

      Le conatus : “la persévérance dans l’être” , “la force d’exister”, “l’énergie du désir” n’est q’une pulsion élémentaire à coté des deux autres pulsions : celle nutrition et celle propagation. Le conatus que l’on peut appelé “pulsion évolutive” entre jeu des que les premières pulsions ne sont plus satisfaites.

      La part d’affect dans chaque individu appelée “déterminisme affectif” ou “servitude passionnelle” dans la vidéo n’est que le résultat à un temps T de l’évolution psychique de l’individu qui peut évoluer en se débarrassant de ces affects pour attendre la lucidité. La lucidité étant justement une vison débarrassée des affects, autrement dit une pensée claire.
      Ce que Lordon nomme la “complexion passionnelle” ou “complexion affective”, (“l’ingenioum ? dans la vidéo) a effectivement une part affective mais beaucoup plus une part de connaissances qui vise à comprendre à maîtriser un domaine particulier. L’exemple du théorème de Fermat est la sensibilité a ce résultat dépend beaucoup des connaissances du domaine et non de la sensibilité affective, sensibilité affective qui a eut probablement un rôle initial dans le souhait de vouloir devenir mathématicien.

      Les trois formes de raisons ne sont que des degrés de la pensée affective
      La raison suprême, raison du troisième type, c’est à dire “La haute conscience de nous mêmes de Dieu et des choses”, n’est que la pensée claire débarrassée de tout affect en espérant que Spinoza prend “Dieu” pour un symbole et non pour la réalité.

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      • Winslow Leach // 06.05.2013 à 13h38

        J ai du revoir la conférence de Lordon et je n’y ai vue aucune référence a dieu.. Et même Spinoza (1632-1677) sa famille ayant fuit inquisition espagnol avait certain affect négatif quand a l’existence de dieu d’où sa pense toujours aussi dérangeante incroyable.

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  • Lisztfr // 06.05.2013 à 10h56

    Bon, moi je pense que ce texte est trop long. Le papier d’Einstein de 1905 sur le relativité faisait 5 pages. On est submergé par l’info.

    On l’aura compris, je suis ici pour refaire le Crépuscule des idoles, sans exception, Lordon y compris :

    1) Trop long.
    2) Je trouve étrange que le plus important soit annoncé entre crochets :

    “[N.B. : Il est peut-être utile à ce point de faire deux précisions : 1) on ne saurait faire dire à ce propos qu’il n’y a que des crises de demande en économie ; 2) on ne saurait davantage lui prêter que la crise présente n’est qu’une crise de demande : envisagée dans le très court terme, elle est une crise de demande, en profondeur elle est une crise structurelle du régime d’accumulation néolibéral.]”

    Non, non et non ! Oublié Malthus, oublié Say et Keynes ! Les analyses de Galbraith sur la crise de 1929 montrent qu’il s’agit d’une crise de la demande due au non réinvestissement d’une partie des bénéfices, suite à l’augmentation de la productivité.

    Je n’accepte pas ça. Ceux qui veulent faire de l’économie sont priés d’arrêter le présentéisme et de se replonger dans les ouvrages fondamentaux ! Qu’à dit Malthus, que nous avons besoin avant tout d’une demande ! Que dit Say, que la demande ne sera jamais suffisante ! le reste, m’est totalement indifférent !

    Voilà le pire c’est lorsqu’on se sent abandonné par ses amis !

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    • toutouadi // 06.05.2013 à 16h35

      “Qu’à dit Malthus, que nous avons besoin avant tout d’une demande ! Que dit Say, que la demande ne sera jamais suffisante !”

      Malthus le chantre du déterminisme social ? Celui qui a préconisé la réduction de la pauvreté par la destruction des indigents ?

      Ouarff !! T’es un chaud lisztfr.

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    • Gbalou // 06.05.2013 à 16h47

      C’est une crise de l’offre !…

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      • Wilmotte Karim // 07.05.2013 à 22h07

        Est-ce que les impôts sur le capital ont eu une tendance importante et forte à baisser dans la zone euro depuis 15 ans?

        Si oui, comment une crise de l’offre a-t-elle pu apparaitre à ce moment là?

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  • dadone // 06.05.2013 à 12h31

    Que dit Say, que la demande ne sera jamais suffisante !

    Quant je lis de telles absurdités, c’est affolant..
    Bien sur chaque citoyen veut un appartement à Paris, un pavillon sur le côte d’azur, une petite citadine, une berline , une sportive, etc..
    Ben voyons, et combien de ville “Paris” il faut construire, combien de côte d’azur à construire et combien , in fine de terres à coloniser pour satisfaire les besoins jamais “suffisant” de la demande ????
    En plus confondre la crise de 29 ou le niveau de vie était faible avec celle d’aujourd’hui, ou le gaspillage est permanent, est également affligeant…

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  • raloul // 06.05.2013 à 13h03

    Bonjour!

    Votre commentaire me paraît un peu abscons.
    Il faut selon vous revenir aux fondamentaux que sont Malthus et Say (voire Keynes). Et le reste vous est indifférent. Dans ce cas je pense que vous pouvez vous acheter l’oeuvre complète de ces auteurs, et abandonner la fréquentation de ce site, et en particulier la section des commentaires.

    Ou bien vous avez quelque chose à ajouter sur le mantra de la fexibilisation de l’emploi, sujet évoqué par Lordon juste au-dessus de ce que vous jugez être “le plus important”, à savoir les remarques de Lordon concernant la crise actuelle. Si jamais, il y a des explications exhaustives sur le blog de Lordon, mais je crains que ce soit “trop long”:
    http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance-

    Ceci dit, je suis d’accord sur le fait d’être submergés d’infos. Surtout, j’ai l’impression que nous sommes assillis d’informations ni importantes ni pertinentes (qui sont de la publicité ou de la propagande), ce qui masque et noie littéralement l’information utile.
    Pour conclure, j’avoue que je ne comprends pas la comparaison avec “le papier d’Einstein de 1905 sur le relativité”???? ça n’a rien à voir à mon avis. A moins d’abord que vous mettiez les sciences “dures” et sociales sur le même plan en matière de modes de publication, ensuite que vous pensiez sérieusement que l’économie puisse se définir par des équations comparables à celles de la physique, et qu’elles puissent être résumées en 5 pages…

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  • Michel Martin // 06.05.2013 à 13h31

    Spinoza, c’était bien comme prémisses du matérialisme et abandon de la pensée magique et l’établissement des liens entre causes et effets, mais depuis il y a quand même eu Hegel, la dialectique et les connaissances sur les systèmes, en particulier les phénomènes de régulation, de feedback, de cycles liés aux mouvements dialectiques.

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    • Winslow Leach // 06.05.2013 à 15h39

      Spinoza c’est une critique de la pense magique que le néolibéralisme nous a resservi avec la main invisible Mais c’est même une critique du matérialisme

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      • Michel Martin // 06.05.2013 à 16h14

        @WL,
        En quel sens Spinoza serait une critique du matérialisme? Est-ce que vous pouvez détailler un peu?

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  • Michel Martin // 06.05.2013 à 13h55

    Question sur ces question de politiques de l’offre et politiques de la demande: pourquoi se passer des unes ou des autres, en particulier en période de crise? A état social constant, on peut très bien réduire la complexité et les contraintes qui pèsent sur la création et le maintien d’emplois tout en ayant une politique sociale de demande si on découple le financement de l’état social de l’emploi, qu’on le branche sur la consommation, ce qui permet d’envisager un IR régulateur des inégalités qui ne soit pas mité par les niches et la complexité qui profite surtout à ceux qui peuvent optimiser.

    L’impasse des politiques de l’offre est pourtant à retenir, au même titre qu’une impasse des politiques de la demande, mais plutôt comme une impasse globale d’un monde à réorienter vers une perte nécessaire d’addiction à la croissance (du PIB). La question étant: qui commence? Qui prend le risque d’une crise d’isolement difficile à surmonter?

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  • Michel Martin // 06.05.2013 à 16h12

    “…être exonérés de la responsabilité de légiférer pour remettre droit ce que les rapports de force ont nécessairement tordu. Lacordaire ne rappelait-il pas qu’« entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » ? Mais nul ne sait plus de quand date l’oubli socialiste de la loi comme unique moyen de défaire les asymétries du capitalisme.”
    D’accord avec ça. Redéfinir les contours de la propriété, en particulier celle de l’entreprise, me semble inévitable si on veut attaquer cette question. La cogestion me semble être le minimum vital. Mais l’autogestion a montré ses limites pratiques après l’embellie des années 70 qui n’a donné presque aucun fruit pratique, peut-être du fait de sa négligence à prendre au sérieux les nécessités de prise de décision de tout groupe, parce que cette nécessité renvoie au tabou des hiérarchies, fussent-elles fonctionnelles. Les Lip ont eu le choix de la coopérative et l’ont repoussé, ainsi que le rappelle le journaliste Manuel Domergue:
    *Manuel Domergue aux 4ème débats interactifs de l’Adels le 4/12/2004: “…il semble que le socialisme autogestionnaire des années 70 soit resté essentiellement à l’état de discours, sans recouvrir une réalité sociologique significative. Cette mode intellectuelle serait donc restée éphémère car elle n’était pas partagée par la base, et n’a pas réussi à innerver la société en profondeur. Même les célèbres « Lip », les fabricants de montre de Besançon qui ont fait tourner leur usine illégalement pendant une grève, derrière leur slogan « On fabrique, on vend, on se paie », ne réclamaient pas vraiment l’autogestion de leur entreprise. Lors de leur premier conflit, en 1973, pour contester un plan de restructuration, ils cherchaient un repreneur, et ont rejeté les propositions de reprise en coopérative. Bref, à l’époque, on a fabriqué de l’utopie, elle s’est bien vendue, mais on s’est payé de mots.”
    http://solidariteliberale.hautetfort.com/archive/2011/04/08/arnaud-montebourg-propose-un-capitalisme-cooperatif-et-mutua.html

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  • dadone // 06.05.2013 à 16h34

    Cette mode intellectuelle serait donc restée éphémère car elle n’était pas partagée par la base, et n’a pas réussi à innerver la société en profondeur.

    C’est quoi l’alternative à cette “mode”? Je serais curieux de connaître votre position étant donné que le système actuel est en train d’exploser sous ses contradictions.
    Il n’y a pas quarante modes de production :
    Soit étatisé, soit en auto gestion, soit capitaliste, je n’en vois pas d’autre.
    Le totalement étatisé est difficile à mettre en oeuvre
    Le capitaliste se heurte à l’accumulation du capital
    Reste l’auto-gestion.
    Si vous en voyez un autre, je suis preneur…

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  • odeur_de_sapin // 06.05.2013 à 17h44

    @Olivier Berruyer

    Une demande à Olivier Berruyer, ..lorsqu’un commentaire s’adressant à une personne directement (plutôt qu’un avis sur une idée) comporte des expressions tel que « va te » / minable / abruti / ..j’arrête là le florilège des expressions rencontrées, est–il possible de filtrer ce genre de commentaires ? ou bien c’est OK comme cela ?

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    • Winslow Leach // 06.05.2013 à 17h55

      Ta absolument raison et de ce fait je demande mon éviction de ce site pour mes propos sexuellement absolument indicible

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  • fabien775 // 06.05.2013 à 18h34

    @odeur_de_sapin
    ” Dans un contexte plus favorable, rien ne dit qu’ils ne souhaiteraient pas accroître leur temps de travail.”
    Les chiffres sont à prendre avec des pincettes….

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    • odeur_de_sapin // 06.05.2013 à 20h13

      C’est vrai, c’est d’ailleurs un instrument que j’aime beaucoup. 🙂 cela me change de la hache et de la scie.

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  • fabien775 // 06.05.2013 à 18h37

    [Modéré : pas le temps d’expliquer pourquoi ces légendes monétaires sont erronées, désolé…]

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  • Macarel // 06.05.2013 à 23h21

    Les socialistes français sont victimes du syndrome de Stockholm. Cela fait maintenant tant d’années qu’ils sont otage du capital…

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  • Michel Martin // 07.05.2013 à 10h03

    L’affaire Cahuzac révèle aussi que le pouvoir en place respecte beaucoup plus la séparation des pouvoirs que le précédent. Je n’ai pas entendu de critique de la fonction juridique comme c’était régulièrement le cas dès qu’un ou l’autre proche du pouvoir se trouvait en cause. Et ça, y’a pas grand monde pour le dire.

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  • GRRR // 08.05.2013 à 11h32

    « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. » Warren Buffett

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  • Opps' // 09.05.2013 à 01h58

    Toujours intéressant un article de Lordon , même si finalement c’est le même filtre et les mêmes méthodes, appliqués à une réalité qu’il finit par désincarner et par rendre identique.
    Passons le 1er paragraphe ou Lordon met en condition son lecteur sur la bonne façon de penser :

    Cahuzac ? : du crapoteux (quelle faible analyse).
    Chéreque ? un chialeur qui a l’audace de penser qu’un budget équilibré c’est souhaitable . (C’est d’un banal)
    Le Mali ? : Une diversion (analyse débile!) .
    Le mariage pour tous ? : une diversion sociétale (exact).
    Libération ? : des quasi-libéraux soutenant une politique dont Sarko aurait rêvé.

    L’Europe ? : un espace hyper-libéral (Sauf que l’Europe et la France en tête est l’espace le plus administré au monde, et celui ou les transferts sociaux sont les plus forts … mais c’est probablement un détail)

    La situation en France ? : le corps social en bave comme jamais (sauf que tout fonctionne encore y compris le matelas social , et que comparé à l’Europe du sud nous n’en sommes qu’à une rigueur rigoureuse et absolument pas à l’austérité … pour l’instant)

    Amusant tous ces marqueurs de la radicalité lordonienne à partager .
    Voyons plus loin

    .
    => “1983, 2012 : d’un basculement l’autre”

    L’idée est qu’à l’automne 2012 les socialistes ont basculé dans la collaboration quasi totale au service du capital , même si on masque cela en pleurant toujours sur les inégalités.

    Mon commentaire ? Il serait plus nuancé de dire que depuis quelques jours , même si cela s’annonçait un peu à l’automne dernier , les socialistes tiennent carrément un double discours, en semblant prendre en compte les ‘problèmes’ du secteur privé.

    Cela reste encore très flou , très erratique et très désordonné, même si ce mouvement devrait devrait s’amplifier pour la simple raison que les socialistes et Hollande , en se mettant en situation d’adversaire du vilain ‘Privé’ et de la Finance , mais sans se donner les moyens véritables de les remplacer, finissent comme à chaque fois , à genoux devant , dans l’arrière-cuisine. .
    Il en est de même pour l’opposition (très infantile) à la politique européenne , et à l’Allemagne : en ne se donnant pas les moyens d’un rapport de force , on finit également en slip , vaguement humilié.

    Bref Lordon rappelle que malgré les discours enflammés et les indignations diverses, la gauche de gouvernement est “sociale-démocrate” pur jus.

    Bien sûr à tout cela se rajoute la godille catastrophique de Hollande et la nouvelle stratégie politique qui en découle : “faire dégorger les escargots” avant de faire quoi que ce soit.

    .
    => Les contresens du « socialisme de l’offre »

    Lordon suppose donc que les socialistes se seraient convertis à la politique de l’offre . En tout cas ce n’est toujours pas leur discours commun dominant , et dans les faits on ne note que de légères inflexions … . Bien sûr il convient de ne pas oublier qu’en fait , en bon social-démocrate ils restent tout de même des tenants honteux du libéralisme , donc … de l’offre.

    Lordon nous offre une démonstration connue en prenant l’espace “néo-libéral” de l’Europe que je résumerai en une phrase : “les stratégies de compétitivité sont des stratégies non-coopératives”
    Il est certain que si on voit les choses ainsi autant quitter le fondement du système libéral pour aller vers un système vertical étatique, avec gouvernement mondial comme cerise sur le gâteau.

    Suit un long paragraphe sur “l’impasse de la flexibilité”
    … avec lequel je ne suis pas en désaccord à ce détail près que , puisque actuellement ni les socialistes ni Lordon ne savent ou ne peuvent reprendre “l’argent” qui devrait se trouver du côté de la ‘demande’ , il faut bien trouver des solutions pour ne pas s’enfoncer plus , nous, français.

    .
    Au passage , notons l’erreur de Lordon dans la phrase “La crise présente est … en profondeur une crise structurelle du régime d’accumulation néolibéral.”

    Pourquoi erreur ? le régime d’accumulation est propre à presque toutes les sociétés , et surtout celles ‘avancées , pour la simple raison qu’il faut à ces sociétés des infrastructures et des investissement énormes. Cette accumulations se partage en général entre l’Etat et les riches. (Et quand on supprime le rôle des riches le système est pire dans les faits, car les notions de patrimoine individuel et de “valeur” des biens et services disparaissent)

    Cependant il est vrai que depuis 40 ans une dérive a eu lieu : l’accumulation de capital servant à l’investissement s’est trouvé dopé et complètement dévoyé sous les effets de plusieurs causes dont le coeur est

    – la libération de la monnaie par décrochage de l’or
    – les politiques keynésiennes

    La création monétaire est ainsi devenu la solution a toutes les contradictions qui autrefois était traitées par des conflits , des oppositions , des luttes , peut-être regrettables mais claires.
    Depuis le mensonge est donc devenu la règle et peu importe que les intentions en soient bonnes ou louables , car de budgets déséquilibrés en prestations mal financées, ce sont des bombes à retardements qui ont été posées.

    Par ailleurs , une grande partie de cette masse de création monétaire a fini par être captée dans les tuyaux de la finance au profit des plus riches ou des plus malins (“Les glaçons descendent mal” disait également le libertin DSK . La dérégulation et la finance créative ont fait le reste.
    Qu’est-il resté en face ? : une immense dette insoutenable. (C’est à dire un grand désordre dans les comptes , un tas monstrueux de promesses qui ne sont plus remboursables à échelle humaine)

    Et c’est là que le process suprême s’est mis en place : la masse des capitaux spéculatifs s’est trouvé une fonction économique magique : couvrir la dette … et faire même du profit dessus !!! .

    (Je pense que Keynes se retourne dans sa tombe du dévoiement de sa doctrine)

    Mais revenons à Lordon

    ==> “la nouvelle alliance de classes du PS”
    Blabla découlant du fait que les socialistes sont au fond des sociaux-démocrates libéraux , c’est à dire des tenants d’un système capitaliste huilé au déficit keynésien avec une couche de social en plus.
    (Disons que ça pouvait tenir tant qu’on pouvait augmenter la dette … mais à présent .. )

    ==> “Les prises d’otage du capital”
    Pas faux , quoique le point de vue soit très étroit dans l’interprétation.
    Car l’alternative serait quoi ?
    Lordon semble vaguement esperer une politique d’un vrai gouvernement de gauche … c’est bien , mais comme il le dit lui-même , tout est opposition , lutte , conflit … Or les français ont laissé leur gouvernement se mettre en position d’infériorité par laxisme … et complaisance … et donc nous sommes à présent effectivement les otages d’une réalité que nous n’avons pas voulu voir , et on ne voit pas pourquoi ceux que la gauche et hollande ont appelé les “adversaires” (Patrons/entrepreneurs/finance) leur feraient à présent des cadeaux.

    Et ça sera idem avec l’Europe qui nous concède un délai et Merkel qui fera sans nous à présent.

    .
    ==> “Le PS, ou la droite complexée” : Ho le joli titre !!!

    Sauf que Lordon commet un contresens majeur : ce n’est pas parce que le PS et Hollande ne font pas une politique de Gauche , qu’il font une politique de “Droite” !!!

    Pour l’instant ce sont surtout des mesures contradictoires (On prend on redonne) , prises trop tard ou à contre-temps, sans cap très clair , sinon ce noyau dur de social-démocratie vaguement libérale et ‘sérieuse’ qui ne paraît pas constituer une réponse à l’ampleur de la crise.

    Au fond Hollande gère le plus pressé qui lui arrive de plein fouet , par des mesures à la petite semaine et un discours trivial pire celui de Sarko, en attendant purement et simplement que la crise s’éteigne d’elle même … dans les 2 ans à venir.

    Sachant qu’une partie de la politique n’ est qu’ affaire de présentation et de médiatisation , il n’est pas impossible se le “Système” et ses nombreux mensonges lui vienne en aide en fin de parcours.

    .
    ==> “La révolution des balais ”
    Lordon justifie à l’avance une certaines forme de violence -même gentiment lové dans une amusante formule : révolution des balais) , face à la violence d’un système n’offrant pas de vrais choix de changement et verrouillant les choses au profit des dominants.

    En refusant d’assumer un statut de révolutionnaire ou d’extrême gauche justifiant la vrai violence, Lordon nous offre là un populisme éclairé et boboïsant !

    J’ai beaucoup aimé sa formule qu’il cite , inconsciemment, de Camus :
    ==> « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde »

    Lordon

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  • jean sur // 09.05.2013 à 12h01

    ” C’est l’insolubilité objective des tâches auxquelles la société capitaliste est confrontée qui fait du socialisme une nécessité historique et qui rend la révolution inéluctable” ( Rosa Luxembourg -Oeuvres politiques)

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  • spqr // 09.05.2013 à 15h27

    Pourquoi Lordon considère-t-il que le parti socialisme n’est plus “de gauche” au lieu de stigmatiser le fait que “la gauche” ne soit pas fidèle au corpus idéologique socialiste ?

    La gauche, la droite, correspondent à des clivages relatifs, uniquement liés à l’endroit où l’on pose ses fesses au sein de l’hémicycle, contrairement aux clivages absolus, les seuls qui comptent, et qui mettent en scène des idées (libéralisme, socialisme, anarchisme etc…).

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