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11.juillet.201611.7.2016 // Les Crises

Oubliez le Brexit, le vrai risque pour l’UE pourrait venir d’Italie… Par Romaric Godin

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Oubliez le Brexit, le vrai risque pour l’UE pourrait venir d’Italie…

Source : La Tribune, Romaric Godin,

Matteo Renzi a fait un tel vide autour de lui au sein de son propre parti, le Parti démocratique, qu'il sera impossible de le remplacer par un autre homme à la présidence du Conseil. (Crédits : Reuters)

Matteo Renzi a fait un tel vide autour de lui au sein de son propre parti, le Parti démocratique, qu’il sera impossible de le remplacer par un autre homme à la présidence du Conseil. (Crédits : Reuters)

Matteo Renzi doit faire face à deux crises : le besoin de capitaux des banques et un référendum à haut risque en octobre sur ses réformes constitutionnelles. Sa position est très fragile sur les deux fronts qui sont un défi pour l’UE.

Le Brexit n’est peut-être pas le seul défi de grande ampleur auquel l’Union européenne va devoir faire face cette année. En octobre – la date exacte n’est pas encore fixée – les Italiens seront appelés aux urnes pour se prononcer par référendum sur la réforme constitutionnelle proposée par Matteo Renzi. Un vote crucial, car le président du Conseil en a fait un véritable vote de confiance de la population envers son action. C’est un point important, car il convient de rappeler que l’ancien maire de Florence est arrivé au pouvoir en décembre 2013 à la suite d’un « putsch » interne contre le chef de gouvernement d’alors, Enrico Letta. Matteo Renzi n’a jamais été « choisi » par les Italiens. En cas de défaite, il sera difficile pour l’hôte actuel du Palais Chigi, le Matignon italien de faire comme si de rien n’était.

Vers de nouvelles élections ?

Or, Matteo Renzi a fait un tel vide autour de lui au sein de son propre parti, le Parti démocratique, qu’il sera impossible de le remplacer par un autre homme à la présidence du Conseil. Dans ce cas, la dissolution du parlement devrait apparaître comme la seule issue possible. C’est d’ailleurs ce qu’il a indiqué : en cas de « non », il y aura de nouvelles élections législatives qui seront à très haut risque. Les derniers sondages révèlent ainsi que la formation eurosceptique du Mouvement 5 Etoiles (M5S), créée par Beppe Grillo, a pleinement profité de ses deux victoires fracassantes aux municipales de Rome et Turin. Pour la première fois, elle est ainsi donnée en tête des enquêtes avec plus de 30 %. Le sondage réalisé par EMG Acqua pour La7 lui donne 30,7 % des intentions de vote contre 30,2 % au Parti démocratique (PD) de Matteo Renzi. En cas de victoire aux législatives, le M5S risque de secouer l’Union européenne, notamment avec sa promesse de référendum sur le maintien du pays dans l’euro.

Le « non » en tête dans les sondages

Ce scénario est loin d’être impossible. Euromedia a réalisé un sondage sur le référendum constitutionnel. Il indique une forte proportion d’indécis (19,4 % ignorent ce qu’ils voteront ; 17,7 % ignorent s’ils iront voter), mais, pour le moment, le « non » au projet Renzi est en tête avec 54,1 % de ceux qui savent ce qu’ils voteront. Le « non » est en tête depuis la mi-avril et son avance semble se creuser à mesure que les indécis reculent. Bref, Matteo Renzi a de quoi trembler avant ce vote. Lui qui avait voulu faire de ce référendum un plébiscite sur son nom et sur son « action réformatrice » a sans doute, comme David Cameron au Royaume-Uni, un peu préjugé de ses forces. Les municipales de juin ont été un coup de semonce, le référendum pourrait être un coup de grâce.

Le projet de réforme constitutionnelle

Quel est le contenu de cette réforme constitutionnelle ? Elle est fort riche, mais elle tient en une ligne forte. Il s’agit de mettre fin au « bicamérisme parfait », autrement dit à l’égalité des deux chambres, la chambre des députés et le Sénat. Désormais, seule la première assemblée pourra renverser le gouvernement. Comme elle sera élue selon un système électoral défini par une loi accordant la majorité soit au parti ayant plus de 40 % des voix au second tour, soit ayant gagné un second tour de ballottage, le gouvernement italien devrait être plus stable. Le Sénat sera réduit à une chambre composé de 100 membres (contre 351 aujourd’hui), principalement nommés par les conseils régionaux, et ne sera compétent que pour les réformes constitutionnelles et les lois territoriales.

Ce projet, qui consacre une certaine recentralisation du pouvoir (les compétences des régions sont réduites) a des raisons de mécontenter bien des Italiens, mais l’implication de Matteo Renzi dans la campagne a clairement fait basculer le projet lui-même au second rang. Or, le président du Conseil italien peine de plus en plus à rassembler en dehors de son propre camp qui, par ailleurs, se réduit comme peau de chagrin. C’est la leçon principale des élections municipales de juin : le PD a souffert de cette incapacité de réunir au deuxième tour des majorités. Du coup, dans le cadre d’un plébiscite sur le nom de Matteo Renzi, cette incapacité peut coûter fort cher.

Révolte interne au PD

L’atmosphère commence donc à devenir irrespirable au sein du PD où l’opposition interne à Matteo Renzi relève la tête. Son chef de file, Gianni Cuperlo, a estimé que « l’expérience du premier ministre a échoué ». Et de haranguer le président du conseil : « aujourd’hui, tu es vu comme un ennemi par une partie de la droite, et c’est bien ainsi, mais aussi par une partie de la gauche et, là c’est un drame. Sans changement de stratégie, la gauche va à la défaite ». Ceci est préoccupant pour Matteo Renzi à plus d’un titre. D’abord, parce que le parti, qu’il avait voulu discipliner commence à se diviser et ceci n’augure rien de bon pour la campagne référendaire. Ensuite, parce que, en cas de « non », un renversement de Matteo Renzi n’est pas à exclure. Déjà, ses adversaires évoquent le nom de Dario Franceschini, ministre de la Culture, et un des artisans du « putsch » de Matteo Renzi en 2013, comme éventuel successeur de ce dernier…

L’échec des « réformes »

L’hôte du palais Chigi, coqueluche d’une partie des « réformateurs » européens, est donc dans une position très difficile avec peu de marge de manœuvre. Car, malgré une activité législative intense et un sens inné de la communication, les Italiens ne voient pas d’amélioration notable de leur sort. L’économie italienne est fragile, sa croissance, déjà faible, semble encore s’affaiblir ces derniers mois. Le « Job Acts » tant vanté, jusqu’en France, par Matteo Renzi, a certes permis de réduire le taux de chômage, mais ce dernier demeure supérieur à 11,5 % de la population active, loin des niveaux d’avant-crise et alors même que la précarisation a encore progressé. Globalement, l’Italie reste en queue de peloton de la reprise et n’a pas vraiment profité de son entrée dans l’UE. Les Italiens semblent lassés du discours sur l’avenir radieux grâce aux « réformes », alors qu’ils font des « efforts » depuis cinq ans et que les résultats sont faibles. Le discours triomphant de Matteo Renzi se heurte à une réalité contraire et devient donc inopérant. A l’inverse, le discours de critique de l’Union européenne et de l’euro prend naturellement de l’ampleur.

Le nœud de la crise bancaire

L’ultime étape du drame italien pourrait évidemment être la crise bancaire dont est menacé le pays. Les banques italiennes sont grevées par 360 milliards d’euros de créances douteuses, fruits de la dure récession de 2011-2013 et de la faible reprise qui a suivi. Ceci conduit à un besoin de capitaux de l’ordre de 40 milliards d’euros. Or, nul ne veut prêter aux banques italiennes dans la mesure où ces besoins de capitaux pourraient augmenter en cas de nouveau ralentissement conjoncturel. La plupart des établissements de la Péninsule se dirigent donc vers une inévitable faillite (avec 20 % de pertes, une seule Unicredit serait encore solvable) et, selon les règles de résolution de l’union bancaire, créanciers, actionnaires et déposants seront mis à contribution. Mais en Italie, les créanciers des banques sont souvent des particuliers. En novembre, la restructuration de quatre petites banques avaient produit une levée de boucliers après le suicide d’un épargnant retraité. Matteo Renzi ne peut à aucun prix se lancer dans une telle opération, cela scellerait la fin de sa carrière politique.

La faible marge de manœuvre de Matteo Renzi

Aussi négocie-t-il le droit d’aider directement les banques par un soutien étatique, ce qui est désormais absolument prohibé en zone euro. Au niveau européen, et particulièrement en Allemagne, on refuse cette option qui réduirait à néant toute crédibilité d’une union bancaire déjà bien fragile. Surtout, une telle aide conduirait à une augmentation de la dette italienne, déjà à 132,7 % du PIB et conduirait à réclamer de nouvelles coupes budgétaires à l’Italie. Bref, Matteo Renzi ne dispose non seulement pas de réelles solutions, mais toutes les solutions qui se présentent semblent mauvaises et destinées à l’affaiblir. Car, sans assainissement du système bancaire italien, la croissance ne repartira pas, car la distribution de crédit restera toujours trop faible.

Dans ce labyrinthe, l’avenir politique de Matteo Renzi s’annonce très sombre. Pour reprendre la main, osera-t-il défier l’UE et l’Allemagne en imposant une recapitalisation étatique des banques en dépit des règles européennes ? Osera-t-il aussi, lors du conseil européen de septembre à Bratislava défendre contre Berlin une réforme de la zone euro allant vers davantage de solidarité ? Et cela suffira-t-il ? Rien n’est moins sûr.

Les deux crises à venir

En tout cas, dix jours après le Brexit, l’Italie est en passe de devenir un problème majeur pour l’Union européenne qui va devoir faire face à deux crises majeures qu’elle a contribué à former. La première a déjà commencé avec l’effondrement des titres bancaires en Bourse après le Brexit, c’est celle de l’union bancaire qui n’est depuis le début qu’une construction bancale, fruit d’un compromis laborieux avec l’Allemagne qui n’a jamais pris en compte la réalité italienne.

La deuxième crise à venir est celle de l’émergence d’un gouvernement eurosceptique en Italie, désormais clairement possible. Là encore, la violence du traitement de ce pays par l’Union européenne n’est pas étrangère à ce risque. Depuis le renversement du gouvernement Berlusconi en 2011 sous la pression de la BCE jusqu’aux politiques toujours renouvelées de « réformes » source d’une récession sévère et peu concluantes sous les applaudissements européens, l’UE a souvent joué le mauvais rôle pour les Italiens. Que l’on se souvienne de l’écart entre les louanges de Mario Monti avant les élections de février 2013 et le résultat du parti de ce président du conseil (8,30 %). Cette incompréhension devait déboucher sur une révolte à moins d’un changement de cap. Matteo Renzi a tenté une voie moyenne, mais il a échoué. Les Italiens sont donc désormais tentés par d’autres alternatives. Le Brexit pourrait donc n’être qu’un amuse-gueule, car l’Italie, troisième économie de la zone euro, est un gros morceau avec sa dette de 2.300 milliards d’euros…

Source : La Tribune, Romaric Godin,


Italie, la crise qui vient, par Jacques Sapir

Source : Russeurope, Jacques Sapir, 08-07-2016

La situation des banques italiennes est aujourd’hui critique. Le dossier de leur recapitalisation occupera une bonne partie de cet été. Il met en cause directement les règles de l’Union bancaire, qui est entrée en vigueur au 1er janvier 2016. L’impossibilité pour le gouvernement italien de respecter les règles de l’Union bancaire met en lumière les dysfonctionnements toujours plus importants de la zone Euro.

La part des prêts dits « non-performants » dans le bilan des banques atteint désormais près de 18%, d’après une étude du FMI[1]. En dehors de la Grèce, où ce taux atteint plus de 34%, c’est le taux le plus élevé de la zone Euro. Le Portugal suit d’ailleurs ce mouvement, mais à un niveau bien moindre, puisque le pourcentage des mauvaises dettes n’est « que » de 12%. En montant, on estime le volume total des encours à 360-400 milliards d’euros, dont 70 à 100 milliards devront être couverts, soit par l’Etat, soit par d’autres mécanismes.

Tableau 1

Part des prêts « non-performants » dans les bilans bancaires

A-01-Bad-loans-1

Il faut ici noter que le mouvement de la part des « mauvaises dettes » peut être lié à des causes très diverses. En Irlande et en Espagne, c’était une spéculation immobilière qui avait provoqué ce mouvement. Rien de tel dans le cas de l’Italie, et c’est ce qui rend la progression des mauvaises dettes bien plus inquiétantes. Ces dernières sont issues des prêts qui ont été consentis par les banques régionales italiennes aux PME de la péninsule. En réalité, c’est bien la stagnation économique de ces dernières années qui est la cause de cette crise bancaire qui arrive aujourd’hui en Italie.

L’évolution des données macroéconomiques de l’économie italienne montre l’ampleur de cette crise, et surtout montre que sa cause est clairement l’introduction de l’Euro. Si on calcule les évolutions de l’économie italienne depuis 1990, soit en prenant en compte la décennie ayant précédée l’introduction de l’Euro, les évolutions sont très marquées et très importantes.

Tableau 2

Evolution du PIB, de l’investissement et de l’épargne en Italie depuis 1990

 

Source : données du FMI, World Economic Report Database, avril 2016

Source : données du FMI, World Economic Report Database, avril 2016

La croissance du Produit Intérieur Brut, qui était relativement forte dans la décennie 1990-2000 est désastreuse dans les années qui suivent l’introduction de l’euro. L’Italie n’a d’ailleurs toujours pas retrouvé son niveau de PIB d’avant la crise de 2007. En fait, le PIB de 2015 se situe à un indice 116% par rapport à 1990 alors qu’il avait atteint l’indice 127% en 2007. Si l’Italie avait pu poursuivre sa croissance au rythme des années 1993-1999, elle serait, en 2015, à un indice 2015. Autrement dit, l’euro a coûté 34% en niveau de PIB en 2015. En PIB par habitant, ce qui constitue une grandeur plus conforme à l’évolution de la richesse de la population, et en supposant la répartition interne de cette même richesse inchangée, l’indice n’est que de 108% par rapport à 1990. Autrement dit, en 25 ans la croissance par tête n’a été que de 8%.

Mais, l’évolution de l’investissement (tant public que privé) est encore plus inquiétante. La chute brutale de l’investissement du début des années 1990, chute qui était nécessaire pour réduire l’ampleur du déficit budgétaire a été corrigée par la suite, et l’investissement est monté à un indice 125 en 2007. Mais, depuis, il n’a cessé de baisser et il est à un indice 87. Autrement dit, l’Italie investit 13% de moins en 2015 que ce qu’elle investissait en 1990. On ne doit alors pas s’étonner si la productivité du travail régresse dans ce pays et si la qualité des infrastructures publiques, qu’elles soient nationales ou municipales, se dégrade très rapidement à l’heure actuelle.

 

Cette situation de crise économique générale se traduit donc, dans les bilans bancaires, par la montée des « mauvaises dettes ». Mais, ici, se pose le problème des règles imposées par l’union bancaire. Cette dernière impose que les banques soient recapitalisées par leurs actionnaires et par les déposants. Mais, sont considérés comme actionnaires les ménages ayant acheté des titres de dettes de ces banques. Or, ces ménages ont acheté ces titres dans une situation ou le risque de faillite des banques était largement compensé par la possibilité d’un « bail-out » par l’Etat italien. Ces ménages sont, dans une large mesure des retraités et des personnes modestes. Ils sont maintenant pris au piège par les nouvelles règles de l’union bancaire qui imposent un « bail-in » autrement dit qui font porter l’essentiel du risque bancaire sur les actionnaires et les clients. Une première recapitalisation des banques, qui a eu lieu en novembre 2015, c’est traduite par une spoliation d’une partie de ces épargnant.

Le gouvernement italien, fragilisé par le résultat des dernières élections municipales du mois de juin 2016 – élections qui ont vu le succès du M5S à Rome et à Turin – n’a nullement envi de provoquer une crise sociale gravissime dans l’année qui vient. C’est pourquoi, il cherche à imposer aux autorités européennes un « bail-out », c’est-à-dire une socialisation des pertes. Mais, sur ce point, il se heurte au refus de l’Allemagne. Ce refus n’est pas seulement dicté par des considérations financières, mais surtout parce qu’il signifierait l’échec de l’union bancaire, et ce moins d’un an après son entrée en vigueur. Dans le bras de fer qui oppose le gouvernement italien et le gouvernement allemand, il n’y aura que des perdants.

Si l’Allemagne impose sa vision, le choc social de la crise bancaire mettra l’Italie à feu et à sang, et provoquera un effondrement des partis traditionnels (PD de centre gauche et Forza Italia de centre droit) qui sont de plus rattrapé par de nombreux cas de collusion et de corruption avec les dirigeants des banques. Si le gouvernement italien passe outre à l’opposition allemande et se décide à opter pour un « bail-out », l’ampleur des sommes à engager (au minimum 70 milliards d’euros, soit 4,4% du PIB) entraînera une hausse brutale du déficit budgétaire et réduira à zéro la crédibilité des institutions de la zone Euro.

Tableau 3

Etat des finances publiques en Italie

Souce : Idem, tableau 2.

Souce : Idem, tableau 2.

La crise bancaire italienne occupera certainement une bonne partie de l’été et de l’automne. Or, il faut savoir que cette crise va se dérouler alors que la situation de la Deutsch Bank en Allemagne est des plus préoccupante, et que les recettes budgétaires de la Grèce sont en voie d’effondrement, avec en particulier une chute moyenne de 20% des recettes de la TVA, en raison de la « grève de l’impôt » qui se développe désormais dans ce pays.

Tout se paye, un jour ou l’autre. Ayant refusé le principe de solidarité dans la zone Euro l’Allemagne a imposé sa vision des règles ; mais, elle se rend compte aujourd’hui que cette vision est intenable pour les pays de l’Europe du Sud. Elle est donc coincée entre la poursuite suicidaire d’une politique qui ne marche pas et la reconnaissance de ses erreurs passées. Ce qui rend le problème d’autant plus grave est que le poids de l’Italie est bien plus considérable que celui de la Grèce. Tout le monde comprend qu’une sortie de l’Italie de l’Euro sera l’acte de décès de la monnaie unique. La crise grec de l’été 2015 n’a été que le hors d’œuvre ; la crise italienne sera LA crise de la zone Euro.

[1] IMF Financial Soundness Indicators Database

Source : Russeurope, Jacques Sapir, 08-07-2016

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Commentaire recommandé

Kiwixar // 11.07.2016 à 06h18

Plutôt : “oubliez votre épargne”. Le vrai risque vient d’une des banques systémiques de l’eurozone, Deutsche Bank, SG, BNP ou n’importe quelle banque italienne ou autre. Prochaine étape du transfert de richesse des 99% vers les 1% : le sauvetage des banques via la ponction des comptes des déposants, qui sera tout à fait “légal” en raison de la trahison des politiciens occidentaux. On (re)vit l’époque passionnante des fourches et des lampadaires.

25 réactions et commentaires

  • de Bernardy // 11.07.2016 à 03h31

    La Grèce, ce n’était que l’apéritif. Avec l’Italie et qui d’autre, il va falloir boire le calice jusqu’à la lie !

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    • Le Rouméliote // 11.07.2016 à 09h20

      La Grèce, depuis 1821, a toujours été à l’avant-garde des grandes ruptures : elle a obligé les Puissances à intervenir contre les Ottomans, rompant avec la Sainte-Alliance. En 1912, elle a été l’élément moteur de l’alliance balkanique annonciatrice de la Guerre de 1914. En 1922-23, elle a été le premier accroc dans les Traités de Paix de 1919-1920. En 1940, en disant “Non” à Mussolini, elle a obligé l’Allemagne à intervenir, retardant d’autant l’Opération Barbarossa. Le 3 décembre 1944, les Britanniques tirent sur les communistes à Athènes : annonce de la Guerre Froide. Et en 2009, avec la politique démente de la troïka germano-européenne,elle annonce le début de la fin de l’UE.
      Il faut toujours regarder la Grèce de près !

        +42

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  • Pascalcs // 11.07.2016 à 03h48

    Mme Merkel et M. Schäuble vont rapidement manger leur chapeau sur le problème bancaire Italien maintenant que la crise financière frappe les banques allemandes de plein fouet et dans une proportion bien pire encore que les italiennes.
    La semaine passée c’était la Bremen Landesbank qui se manifestait avec un besoin urgent de recapitalisation à hauteur de 29 milliards d’€, ce dimanche, ce n’est rien moins que le chef économiste de Deutsche Bank qui previent que 150 milliards d’€ sont requis à la recapitalisation des banques européennes.
    http://www.welt.de/finanzen/article156924408/Deutsche-Bank-Chefoekonom-fordert-150-Milliarden.html
    Incluant sa propre banque sans doute…La mère de toutes les banques en péril. Maintenant que les citoyens européens de la “première classe”,sont dans le viseur du règlement bancaire européens, on va voir si M. Merkel est toujours aussi inflexible. Je parie, qu’en (seulement) bonne politicienne qu’elle est, elle retournera sa veste à grande vitesse.

      +30

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    • tepavac // 11.07.2016 à 21h46

      Voilà c’est fait
      D’après RT, un cadre d’état major de la SG annonce;

      {….La Deutsche Bank, faisant le constat d’une grave crise bancaire, en appelle même à l’Union européenne….
      Je ne suis pas un prophète de malheur, je suis juste réaliste», a prévenu Lorenzo Bini Smaghi, un cadre d’état-major de la Société générale et ancien administrateur de la Banque centrale européenne.}

      Ils sont plein de toupet ces “néo-mondialiste”, après avoir laissé crever nos amis Grecs, mis à feu et à sang la moitié du pourtour européen et “acheté” avec de la fausse monnaie les meilleurs terres et entreprises mondiales, voilà qu’ils z’yeutent sur les comptes des particuliers.
      En Ukraine on en était à “anaconda level 16”, Anaconda Brrr, l’étape 17 est-ce contre les populations européenne?

        +7

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  • Louis Robert // 11.07.2016 à 04h04

    La crise globale qui s’accélère depuis 2008 et ne cesse de s’approfondir est crise impériale, les pays de l’UE constituant l’essence même de l’Empire qui, dépourvu des moyens de ses politiques hégémoniques en ces temps de conflits permanents et de guerres perpétuelles, doit et entend désormais compter sur une contribution accrue de ces pays. D’où le caractère critique de cette crise, le château de cartes menaçant dangereusement de s’effondrer. En général, cette perspective n’est pas assez développée, ce qui nous empêche de saisir la nature de la menace impériale et ses diverses formes, alors que débute le siège de la Russie et de la Chine.

    Sous-estimer comme nous faisons la menace de guerre nucléaire relève d’une irresponsabilité incompréhensible qui exaspère nos adversaires les plus retenus et modérés, car il en va de notre survie. Il est urgent que soit donné à la crise UEropéenne tout son sens géopolitique. Au moment critique, le temps risque en effet de manquer.

      +31

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    • Bozi Lamouche // 11.07.2016 à 10h13

      Bonjour
      Alors que d tue le siège de la Russie et de la Chine…vous pouvez expliquer ?
      Cdlmt

        +0

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      • Louis Robert // 11.07.2016 à 12h46

        Bonjour, BL, vaste sujet. Contexte, guerre totale. 1. Siège militaire aux frontières des pays: troupes, équipement, missiles, opérations, provocation, etc. 2. Siège financier: investissements réduits, fonds à l’étranger saisis, etc. 3. Siège économique: cours du pétrole manipulé vers l’effondrement, sanctions, traités régionaux, etc. 4. Siège politique: susciter conflits régionaux, hostilité, diabolisation, isolement. 5. Siège intérieur: subversion, agitation, instrumentalisation des minorités, ONGs comme cheval de Troie, soulèvements, changement de régime, “révolutions” colorées, etc. 6. Siège médiatique: propagande, etc.

        La stratégie du siège global (revoir Irak) consiste à encercler, isoler, affaiblir, diviser, mettre en conflit, ruiner, puis détruire.

        On saisira mieux l’ampleur du siège en étudiant en détail les 6 vecteurs. Ce faisant, d’autres viendront s’ajouter au panorama global. Une documentation abondante et précieuse est disponible sur le Web, incluant les documents officiels, si révélateurs, de l’Empire.

          +19

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        • Bozi Lamouche // 11.07.2016 à 13h09

          Merci à Louis RObert ..
          j’ai un peu de mal : j’ai parfois l’impression que les USA n’ont tout simplement plus les moyens de leur ambition…le siège de la Chine et de la Russie ce n’est pas rien…

          À UltraLucide..
          C’est bien plus jouable de martyriser ses amis sa famille ( je parle de nous européens) que des russes et des chinois…

          Merci pour la réactivité de vos réponses.

            +7

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          • tepavac // 11.07.2016 à 22h16

            ils ont juste besoin de mille milliards de $…par an.
            c’est ce qu’ils dépensent…

              +2

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    • UltraLucide // 11.07.2016 à 11h58

      @Bozi Lamouche sur le post Louis Robert
      Pour financer leur armée géante (http://oxfordresearchgroup.org.uk/sites/default/files/imagecache/content_image/wysiwyg_imageupload/33/Fig7.png), les USA ont besoin de ponctionner leur secteur bancaire, leur économie civile, et leur population.
      Leurs banques doivent alors ponctionner les autres sources accessibles dans le monde provoquant des “crises financières” comme celle qui va nous tomber dessus en Europe.
      Leur armée géante est au service des délires impériaux de certains groupes de pouvoir aux USA, neo-cons, lobby militaro-industriel, grands pétroliers.
      Le but est de contrôler le monde et soumettre les états récalcitrants (Russie, Chine, Iran, Inde) .
      L’Eurasie est encerclée par un maillage de bases militaires US ou OTAN, et leur budget de fonctionnement doit dépasser celui de nombreux états. Ensuite vient l’armée classique, puis toute la high-tech (lasers, robots, drones hypersoniques) dont le budget de recherche peut expliquer à lui seul le hold-up bancaire en préparation en Europe.

        +18

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  • Kiwixar // 11.07.2016 à 06h18

    Plutôt : “oubliez votre épargne”. Le vrai risque vient d’une des banques systémiques de l’eurozone, Deutsche Bank, SG, BNP ou n’importe quelle banque italienne ou autre. Prochaine étape du transfert de richesse des 99% vers les 1% : le sauvetage des banques via la ponction des comptes des déposants, qui sera tout à fait “légal” en raison de la trahison des politiciens occidentaux. On (re)vit l’époque passionnante des fourches et des lampadaires.

      +62

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  • triari // 11.07.2016 à 06h18

    Quand je repense à tous les commentaires élogieux sur l’Italie au cours des dernières élections européennes : seul pays à avoir résisté à la vague populiste, Renzi, champion de l’UE, etc.

    Savoir qu’il pourrait bientôt se voir méchamment sanctionné par le peuple, partir avant la fin de son mandat, ça vaudra le coup de voir la tête des eurocrates médiatiques. Les pauvres, ils vont décidément de déception en déception.

    Brexit, élections invalidées en Autriche, calme plat en Ukraine, recul de Daech face au gouvernement syrien, défaite de l’équipe de France qui ne donnera pas un “effet mondial” permettant de surfer pendant deux semaines là-dessus pour ne pas avoir à parler du chômage et bientôt : défaite annoncée de l’étalon européiste transalpin.

    Triste, mais j’admets que voir ces journalistes nous servir la soupe à la grimace, eux qui rabaissaient un an plus tôt ces “salauds de pauvres” grecs qui avaient osé s’opposer à 60% contre les “aides européennes”, ça a le don de vous faire remonter le moral en période de crise.

      +33

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    • Catalina // 11.07.2016 à 10h32

      Pas de calme plat en Ukraine, bien au contraire, ces derniers mois, le nombre de morts a bcp augmenté, coté ukrainien à cause de rixes entre soldats de l’armée et groupes nationalistes à tendance nazie, et à cause de l’alcool dans les troupes kieviennes et à Donetsk à cause des bombardements qui se sont intensifiés.

      https://dnipress.com/fr/posts/donetsk-sitrep-breath-before-the-plunge-kiev-redeploys-troops-artillery-for-conflicts-escalation-10.07/

        +13

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      • triari // 11.07.2016 à 13h50

        Certes, mais on est heureusement loin du conflit très chaud qui a eu lieu en 2014.
        Depuis la libération de Debaltsevo, on est plus en face d’un conflit larvé (avec échauffourées plus ou moins graves) que d’une guerre totale. Il faut dire que perdre presque la moitié de ses effectifs blindés engagés dans les chaudrons du Donbass…ça a tendance à vous refroidir l’ardeur guerrière après ça.

          +4

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  • FifiBrind_acier // 11.07.2016 à 07h48

    Analyse de la crise bancaire en Italie par Vincent Brousseau, ancien économiste français de la BCE.
    Ainsi que les diverses solutions possibles pour Matteo Renzi:

    1. Ponctionner les dépôts bancaires des clients des banques
    2. Se servir chez les actionnaires de ces banques
    3. Se servir chez les contribuables italiens
    4. Émettre un surcroît de dette d’État italienne

    https://www.upr.fr/actualite/europe/italie-le-prochain-seisme

      +21

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  • Vasco // 11.07.2016 à 08h05

    Le vrai risque c’est l’Allemagne. Voir ce se passe avec la Deutsche Bank qui va être attaquée par les spéculateurs anglo-saxons.

      +10

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  • Eric83 // 11.07.2016 à 08h58

    Le Brexit est une véritable aubaine pour la caste oligarco-plouto-kleptocratique qui détient le pouvoir car cet évènement leur offre une “justification” à la récession qui est déjà en cours et qui va aller en s’accélérant.
    En revanche cette caste va assister sans n’y pouvoir rien changer à la dislocation de l’UE. Un bail-in en Italie signifierait une “révolution” du peuple et un bail-out une rupture des traités de l’UE, donc la mort à plus ou moins brève échéance de l’UE.
    L’Allemagne se retrouve dans une situation savoureuse avec les scandales de la Deutsche Bank dont la faillite est semble-t-il inéluctable – des milliers de procédures en cours, des pertes et un cours de bourses en chute libre – et de VW. Quel bel exemple l’Allemagne tant vantée ?
    L’UE s’est elle-même mise dans une situation ou elle n’a plus que des mauvaises solutions.
    Les “euosceptiques” ont un boulevard devant eux pour démontrer les méfaits et les mensonges de l’UE.

    JC Juncker pourrait regretter très vite d’avoir osé dire qu’il n’y a pas de démocratie en dehors des traités de l’UE.

      +19

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  • ernest // 11.07.2016 à 09h42

    Un article sur ce sujet pour compléter les deux précédents, écrit par un transfuge du service de la politique monétaire à la BCE :

    https://www.upr.fr/actualite/europe/italie-le-prochain-seisme

      +9

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    • Kiwixar // 11.07.2016 à 10h50

      Une fois de plus se trouve confirmé l’inexorable retour des peuples et des nations, ce que les européistes impuissants qualifient avec rage de « grand retour des égoïsmes nationaux ».

      La crise bancaire italienne voit le “grand retour aux égoïsmes nationaux”?? Ca doit faire plaisir aux Grecs, ils ont pu voir tout l’altruisme binational de la botte franco-allemande écrasée sur leur figure.

        +18

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  • ire // 11.07.2016 à 10h10

    La notion même de mauvaise dette est une…mauvaise plaisanterie! Et ce qui est étonnant,c’est que cette notion pratiquement impossible à définir précisément est utilisée y compris par les “penseurs financiers” dits anti système,qui entrent ainsi dans le jeu pré-préparé pour eux. Une “mauvaise dette ” des banques,ce n’est ni plus ni moins qu’un formidable outil issu de la “pensée ” to big to fail,ou plus prosaïquement du principe neocon de base “les bénéfices pour nous,les pertes pour la collectivité ou les états “.Sans compter qu’avec ces “mauvaises dettes”,les mêmes ont encaissé des sommes folles en intêrets et frais “d’ingénierie ” ou de “syndication ” divers et variés.Et à la fin,ce sont les mêmes qui gagnent grâce à la…”recapitalisation “. En fait c’est une arnaque au long cours,parfaitement ajustée et mise en place…

      +16

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  • Ailleret // 11.07.2016 à 12h33

    M. Godin a raison de rappeler le score époustouflant du parti de Mario Monti aux législatives italiennes de février 2013 : à peine 10 %. Ancien cadre de Goldman Sachs, comme Mario Draghi de la BCE, Monti était le candidat de l’UE, de la BCE, bref, de la Troïka.

    Voici l’article quasiment complotiste d’un journal dissident bien connu :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/14/goldman-sachs-le-trait-d-union-entre-mario-draghi-mario-monti-et-lucas-papademos_1603675_3214.html

    Quant au Canard enchaîné, il avait retrouvé un peu de son humour d’antan en qualifiant les deux Mario, Draghi et Monti, de « marionnettes ».

      +10

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  • FifiBrind_acier // 11.07.2016 à 18h50

    Le 49-3, c’est de la roupie de sansonnet à côté des “ordonnances”…
    Le 49-3 se pratique à visage découvert, devant les médias, l’ Assemblée Nationale et le Sénat.
    Ce qui n’est pas le cas des ordonnances… Hollande a signé en catimini, par ordonnance, le 20 août 2015, la transposition en Droit français de la directive européenne BRRD…

    “La ponction des comptes bancaires est désormais légale en France”
    http://etat-du-monde-etat-d-etre.net/de-la-societe/economie/la-ponction-des-comptes-bancaires-desormais-legale-en-france

    Comme dit Charles Sannat: ” Achetez des nouilles !”
    http://us6.campaign-archive1.com/?u=54fb71744bca4f72b722cf925&id=a8abe0a4e0&e=c5ad522108

      +6

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  • PatrickLuder // 11.07.2016 à 20h17

    Sommes-nous assez endormis intellectuellement pour nous laisser endoctriner ?
    Ou est-ce que le relais des grèves et manifestations arrivera à canaliser les foules ? …
    … soit décharger sa rancune contre l’Etat par une “simple” manifestation …
    => plutôt que par une réelle révolution ]

      +1

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