Source : Toute l’Europe, 12/03/2015


Pierre Conesa : “On ne lutte pas contre le… par www-touteleurope-eu

1° Comment définir la radicalisation ?

Le sociologue définit la radicalisation comme la posture de légitimation ou de passage à l’acte dans le domaine de la violence.

Donc si on prend cette définition, ça veut dire que la radicalisation touche beaucoup de domaines aujourd’hui, qui sont le domaine politique avec une radicalisation d’extrême gauche ou d’extrême droite, avec les identitaires, avec les black blocs, ça touche les domaines religieux puisque l’Islam n’est pas la seule grande religion touchée par les phénomènes de radicalisation, ça touche aussi des domaines tout à fait inattendus comme la défense des animaux etc.

La radicalisation est un phénomène générique, qui d’ailleurs pose des problèmes à toutes les sociétés démocratiques, mais évidemment la radicalisation qui nous préoccupe le plus pour le moment à cause des attentats terroristes est évidemment la radicalisation djihadiste.

2° La France pourrait-elle prendre exemple sur les programmes de déradicalisation mis en place ailleurs ?

Toutes les analyses de radicalisation ne tiennent pas compte de la dimension de politique extérieure, parce que je considère que ce qui caractérise la radicalisation musulmane ou disons la radication sectaire salafiste djihadiste, si on la compare à d’autres sectes, c’est que c’est une mobilisation qui se fait sur des thèmes internationaux : les musulmans sont victimes, le complot judéo-américano-français etc., donc toute la théorie du complot, et la dimension de la politique extérieure est très importante dans la mobilisation.

Quand vous trouvez sur des sites djihadistes « 2000 morts à Gaza on fait rien, 4 occidentaux égorgés on envoie l’armée », vous ne pouvez pas avoir de contre argument face à ce type de posture diplomatique.

Donc, tant qu’on ne prend pas en compte cette dimension de politique extérieure, une des causes de cette mobilisation et radicalisation ne sera pas arrêtée.

3° Qu’attendez-vous de la stratégie européenne de lutte contre le terrorisme ?

J’ai bien peur que les européens oublient cette dimension, c’est-à-dire on ne lutte pas contre le terrorisme avec des moyens militaires.

Ce n’est pas vrai, c’est un mensonge qui a été énoncé par George Bush après le choc de 2001, mais vous avez vu le résultat de la guerre en Irak, ça a été une catastrophe absolue.

Moi je pose une question de fond, c’est-à-dire pourquoi aller se battre contre l’état islamique parce qu’il égorge les gens, il coupe les mains des voleurs, il opprime les femmes, il interdit les autres religions pour défendre l’Arabie Saoudite qui coupe les mains des voleurs et décapite, opprime les femmes et interdit les autres religions.

Il y a une espèce de schizophrénie si vous voulez, dans laquelle je ne comprends pas quelle est la légitimité ou la conditionnalité politique de notre intervention.

Et tant qu’on n’a pas une conditionnalité politique forte en disant « on intervient si vous changez de votre coté, si vous faites l’effort de faire disparaitre tous vos radicaux, tous vos imams qui nous diffusent à nous des discours de la radicalité », je ne vois pas quelle va être le résultat politique d’une action militaire.

Pierre CONESA.

Source : Toute l’Europe, 12/03/2015

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41 réponses à Pierre Conesa : “On ne lutte pas contre le terrorisme avec des moyens militaires”

Commentaires recommandés

valles Le 13 décembre 2015 à 08h15

À force de parler des radicaux à la troisième personne on finirait par croire que nous sommes les modérés de l’histoire.
Sauf que, quand on profite des billets Easyjet à 25€ quand les peuples des pays producteurs de pétrole vivent dans le chaos organisé, quand on profite des iphones fabriqués pour 30$ par des enfants ou quand on est content de vendre des rafales pour le bien du CAC40 et bien il faudrait peut-être se poser des questions.

  1. Charles Le 13 décembre 2015 à 04h31
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    L’affaire est entendue. Les bombardements, comme l’état d’urgence, ne feront que renforcer Daech. Tout comme Bush précédemment, les politiciens français, à peu près tous va-t-en guerre et ennemis des libertés publiques se moquent bien de nos morts comme de notre avenir. Ils entendent profiter du choc pour leurs carrières politiciennes et pour démolir les conquêtes sociales. Naomi Klein a bien fait de le rappeler: la France est victime de leur “stratégie du choc”.

    Mais si l’on veut vraiment éviter le pire, il faut faire un diagnostic plus approfondi de Daech que celui de Conesa. J’ai beaucoup cherché. J’ai trouvé peu de diagnostics très bien informés, mais en voici un qui me sebme indispensable: http://wp.me/p5oNrG-cB9


    • dasilva Le 13 décembre 2015 à 08h41
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      Effectivement, le long article d’Anne Alexander (sur le site signalé en lien) est solidement charpenté et argumenté. Le jugement de P.Conessa s’amorce sur une définition de la radicalisation pour le moins obscure. Parmi les nombreuses clarifications attendues, j’aimerais savoir quels sont les moyens autres que militaires dont dispose un Etat pour combattre un État ennemi qui intervient sur son territoire ? La déclaration de l’« état d’urgence » n’étant pas intrinsèquement liée à une déclaration de guerre.
      J’aurais préféré un titre plus ouvert comme « On ne lutte pas contre le terrorisme qu’avec des moyens militaires ».


      • francois marquet Le 13 décembre 2015 à 11h11
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        L’EI n’est pas un état, voir convention de Montevideo
        https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat
        Elements constitutifs d’un état:

        l’existence d’un territoire délimité et déterminé
        l’existence d’une population résidente sur ce territoire
        l’existence d’une forme minimale de gouvernement
        la capacité à entrer en relation avec les autres États

        Sa capacité à entrer en relation avec les autres pays est sa principale limite, et les pressions sur ceux qui, en violation de la légalité internationale, commercent avec lui ou le soutiennent seront une arme plus efficace que les bombardements.


        • dasilva Le 13 décembre 2015 à 11h57
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          Certes, mais je me place du point de vue de l’autre (adversaire ou ennemi) qui considère le Califat comme une entité politique avec les caractéristiques telles qu’elles sont définies dans l’article que vous citez. En observant que “entrer en relation avec les autres États” inclut des relations hostiles. Je me réfère également à l’article de Marine Rabreau, Pétrole, taxes, trafics d’humains: comment Daech se finance (Le Figaro, 201/11/2015).
          Je concède aussi que les bombardements ne sont pas décisifs dans ce cas en particulier compte tenu de la mobilité, de la capacité de dissimulation de l’adversaire, de l’étendue des territoires qu’il occupe. Enfin, je pense que l’on assiste à une nouvelle forme de guerre (de la guérilla à la présence de réseaux hostiles dans les États constitués, ces ennemis de l’intérieur les mieux à même de déstabiliser les États).


        • Homère d'Allore Le 13 décembre 2015 à 11h59
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          Franchement, je pense que le Calife se torche avec la convention de Montevideo.

          Et, si l’on prend cette définition comme valable, il n’y avait pas d’Union Soviétique avant Rapallo.
          Et que penser de la Palestine, du Nord de l’Irak géré par les Kurdes, ou de Novorussia ?


          • francois marquet Le 13 décembre 2015 à 22h27
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            Le calife se “torche”, mais ça ne lui donne pas un état pour autant.
            Voyons quelle capacité il aura à établir des relations diplomatiques, à part peut-être avec la Turquie?
            Et pour tenir un territoire durablement, il vaut mieux l’assentiment des populations
            que le racket.
            La Palestine, le Nord de l’Irak géré par les Kurdes, ou la Novorussia ne sont pas des états non plus, hélas pour certains d’entre eux.
            C’est la Palestine, justement parce qu’elle remplit les quatre critères, notamment celui d’établir des relations avec d’autres états, qui a une chance à court ou moyen terme de devenir un état.
            Quant à l’ “état” islamique, ce n’est pas en exportant le terrorisme qu’il a la moindre chance d’y arriver.


            • Wilmotte Karim Le 14 décembre 2015 à 13h31
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              Haaa, le juridisme.

              Pepin règne parce qu’il exerce la force. Parce qu’en droit, il n’en a pas le droit. Mais la force fait droit (oui, je sais, c’est moins sympa et gentil… mais beaucoup plus réaliste, n’est-il pas?). Le droit ne fait force que… quand il peut s’appuyer sur la force (une loi que personne ne fait respecter n’a aucune valeur… et pourtant, c’est la loi!).

              Le problème de Daesh ne serrait-il pas plutôt dans l’organisation interne, un système lâche d’allégeance au “Califat”? Et de fait (sous réserve de vérification de cette hypothèse), ce n’est pas un “état” au sens où nous l’entendons puisque d’autres que le “Califat” exercent “légitimement” la violence sur le territoire de Daesh.

              Comme la noblesse exerçait la justice en son nom propre. Il en a fallu de temps pour que le monarque puisse dire “L’Etat, c’est moi!”.

              En plus du problème de la guerre et des prétentions d’autres acteurs (dont les gouvernements légaux) a exercer seul la force physique légitime (mais ce problème peut être posé pour tout état ou partie d’état occupé/dans une zone de guerre).


  2. valles Le 13 décembre 2015 à 08h15
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    À force de parler des radicaux à la troisième personne on finirait par croire que nous sommes les modérés de l’histoire.
    Sauf que, quand on profite des billets Easyjet à 25€ quand les peuples des pays producteurs de pétrole vivent dans le chaos organisé, quand on profite des iphones fabriqués pour 30$ par des enfants ou quand on est content de vendre des rafales pour le bien du CAC40 et bien il faudrait peut-être se poser des questions.


  3. St3ph4n3 L. Le 13 décembre 2015 à 09h09
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    D’où et de quel sociologue Pierre Conesa tient-il cette définition ? On ne le sait pas.

    Pour moi, la radicalisation n’est pas tant une posture qu’un processus par lequel on devient de plus en plus radical, c’est-à-dire qu’on adopte une rationalité qui exclut toutes les autres rationalité. La personne qui se radicalise n’est pas quelqu’un a qui il faut enlever quelque chose comme le sous-entendu le préfixe “dé” (dans “déradicalisation”) mais bien plutôt quelqu’un qui perd tout sens critique.

    Dans un monde où gouvernent l’évidence, c’est-à-dire ce qui n’a pas besoin d’être prouvé (les chiffres qui ne mentent pas, etc.), et l’immédiateté (aussi connue sous l’expression “répondre du tac au tac”, ou bien “partager”, ou bien encore “retweet”), la radicalité devient la norme ; et, de la même manière qu’il y a des psychopathes qui passent à l’acte et d’autres pas (ces derniers sont particulièrement compétitifs), il y a des radicaux qu’on peut pousser à passer à l’acte et tous les autres, qui sont nombreux, qui se soumettent allègrement à TINA.

    En définitive, on peut se demander si on ne gagnerait pas à relire Samuel Huntington (vous savez… le choc des civilisations (tiens… encore un mot avec -isation comme suffixe) sous l’angle du “choc des radicalisations”).


  4. Homère d'Allore Le 13 décembre 2015 à 09h12
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    “On ne lutte pas contre le terrorisme avec des moyens militaires”.

    C’est un peu plus complexe que ça. Et Conesa le sait bien.

    En gros, deux écoles s’affrontent. L’école française de “contre-insurrection” contre celle, d’inspiration néo-cons “de guerre contre le terrorisme”.

    La première ne renie pas l’action militaire mais comprend, selon la formule de Galula, que le but de guerre est de “gagner les coeurs et les esprits” en évitant, autant que possible les bombardements, toujours sources de pertes civiles qui, elles-mêmes, sont à l’origine du recrutement des insurgés.
    Cette école, dont le livre fondateur est “La guerre moderne” de Trinquier, en revanche, ne rechigne pas à d’autres méthodes ciblées et discrètes comme la torture, désignée par euphémisme comme “l’interrogatoire”, dans le but de remonter les réseaux.
    Mais l’essentiel pour cette école est de faire disparaître les causes du recrutement des insurgés. Et donc d’agir sur le social, l’éducation, voire les alliances locales.

    L’autre école, décrite admirablement par Chamayou dans son livre “Théorie du drone”, considère que les moyens technologiques de surveillance, de collection de méta-données et enfin de puissance de feu aérienne pourront éliminer les terroristes au fur et à mesure de leur apparition.

    Pour ces théoriciens, il importe peu de traiter à la base les causes du “terrorisme” qui est une manifestation du Mal, donc qui sera toujours présent. Il faut simplement une guerre permanente contre ses effets, donc un investissement continuel dans les moyens cités plus haut.


    • Alfred Le 13 décembre 2015 à 10h52
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      On lit effectivement ces choses là à droite et à gauche mais rien ne me parrait plus mal assimilé et plus déplacé. Ces théories s’appliquent à l’Algérie et à l’irak c’est à dire (que ça plaise ou non pour la première) à des territoires et populations majoritairement étrangers et occupés.
      Comment ne voyez vous pas que cela ne correspond que très mal au territoire national? Autant convoquer lyautey pour gérer le douar d’artigat et pacifier les quartier comme on a pacifié Madagascar.
      Il vous a peut être échappé que nous n’avons pas eu besoin des paras pour nous débarrasser du terrorisme d’extrême gauche façon RAF et compagnie…
      Alors oui: la lutte contre le terrorisme est une affaire de basse et haute police, de renseignement intérieur et extérieur, de pressions dipmomatiques et économiques, d’ingénierie sociale. Mais certainement pas de généraux étoilés. Et ceux qui prétendent le contraire jouent un jeu bien trouble.


      • Homère d'Allore Le 13 décembre 2015 à 11h20
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        Alfred, ces théories se sont parfaitement appliquées à l’Argentine.

        Je vous conseille la lecture de “Escadrons de la Mort, l’école française” de Marie Monique Robin.

        Petite précision. Je ne défend pas l’une des théories contre l’autre. Et je ne porte pas de jugement moral. Mon post était simplement d’ordre technique et informatif.


        • Alfred Le 13 décembre 2015 à 12h43
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          Vous avez raison à propos de l’Argentine et vous confirmez ce que je dis: l’Argentine était une franche dictature à l’époque. Et une démocratie même dévouée et corrompue ne saurait même envisager ce genre de choses.


          • Homère d'Allore Le 13 décembre 2015 à 14h31
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            Ah ça…C’est une autre problématique !

            Rien ne nous certifie que nous resterons en démocratie après une attaque terroriste importante (comme celles que j’évoquais dans le fil de discussion sur “L’occident se trompe d’ennemis”).

            Il est fort probable que, dans ce type de circonstances, la démocratie soit mise entre parenthèses.

            Un peu comme un “état d’urgence”. On nous y habitue, petit à petit…


            • Alfred Le 13 décembre 2015 à 14h43
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              De fait. Nous sommes d’accord. La dictature pourrait très bien débouler du camp “social démocrate” bien plus facilement que de chez les épouvantails…


        • lvzor Le 18 décembre 2015 à 08h07
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          Homère, j’apprécie parfois vos commentaires et souvent ceux de Lisbeth, que vous devriez lire plus attentivement avant de tenter de les disqualifier au profit d’un scepticisme qui indiffère à la plupart des lecteurs.

          Ce n’est pas de la libération d’Al Bagdadi qu’elle doute, mais du motif. La ligne précédente fait allusion au retournement des prisonniers et les suivantes à la concordance des objectifs US et “terroristes”.

          Merci d’être, dans l’erreur, moins condescendant, si cela vous est possible.


    • LBSSO Le 13 décembre 2015 à 14h26
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      Bonjour Alfred et Homère d’Allore,

      je me permets de m’immiscer dans votre échange. afin d’insister sur l’impossibilité de gagner contre le terrorisme si La France ne prend pas la mesure de “La guerre de l’information” qui se joue (et que ce blog tente de décrypter).
      “Elle se définit par :
      – le contenant de nature technologique. Les attaques passent par les systèmes d’information
      (piratage, virus, paralysie ou destruction des communications).
      – le contenu qui recouvre les opérations de propagande et de contre propagande, les techniques de pression psychologique, les méthodes de désinformation, la manipulation par la production de connaissances de nature institutionnelle, académique, médiatique, sociétale (fondations, ONG)”.

      L’ important est de comprendre que cette guerre de l’information dépasse très largement la zone de compétence du renseignement dont les acteurs “inondent” les media.

      “Les conflits armés du Moyen Orient mais aussi les bilans tirés des affrontements militaires en
      Géorgie puis en Ukraine ont incité les Etats-Unis et l’Otan à mettre en avant le concept de
      guerre hybride qui est un mélange d’opérations des forces spéciales, de campagnes
      d’information et de désinformation sur zone,mais aussi par le biais des réseaux sociaux du
      Web.
      (…)
      La France ne peut se permettre de limiter sa réflexion à des couper/coller provenant de la doctrine de l’OTAN. Il lui est impératif de préserver son autonomie de réflexion pour tirer
      profit de ses capacités à créer les bons instruments de réponse”.

      http://www.ege.fr/download/rapport_alerte_daech2015_1.pdf
      http://www.ege.fr/index.php/actualites/multimedia/item/video-les-mesures-de-lutte-contre-daech-mises-en-place-par-le-gouvernement-sont-elles-suffisantes.html (vidéo)


      • Homère d'Allore Le 13 décembre 2015 à 14h38
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        Bonjour LBSSO,

        Merci pour le rapport que vous avez mis en lien ! Je vais lire attentivement les 175 pages avant de vous répondre.

        Si vous ne l’avez déjà fait, je vous conseille vivement de lire “Paroles Armées” de Salazar. D’abord, le type écrit dans un français soutenu qui rappelle que ce qui se pense bien s’énonce clairement.

        Et le contenu du texte, bien qu’assez pessimiste, est d’une rare acuité.


        • LBSSO Le 13 décembre 2015 à 15h44
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          Merci Homère d’Allore !
          j avais lu un article de Marianne concernant son livre (étant toujours intéressé par ce que disent en creux les mots ou expressions). Suite à votre remarque j’ai recherché alors une vidéo de Salazar.S’il écrit bien, son expression orale est remarquable.Mais on ne peut en rester à ce stade de séduction.

          Vous trouverez nombre de points communs avec le rapport de Harbulot:
          -importance du territoire pour Daesh contrairement à Al Al-Qaïda.
          -sous estimation du prêche de l’été d’Al Baghadi
          -qualité de la propagande issue de personnes “intelligentes” (des soldats islamistes)
          -insuffisance de lutter par la seule supériorité militaire asymétrique.

          Mais il va plus loin dans cette vidéo (qui pourrait être reprise ici):
          https://www.youtube.com/watch?v=92-3iSar1Yc
          Il déduit des mots et des circonstances que Daesh est un” Califat” en voie de construction ,un ” proto état “avec lequel nous aurions tord de ne pas discuter.Il rejoint ainsi (ou l’inverse peu importe) Onfray qui s’est fait déboulonné pour cette même idée.


          • Homère d'Allore Le 13 décembre 2015 à 17h16
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            Je viens de terminer la lecture du rapport de l’école de guerre économique qui est, en effet, assez complet et bien documenté. Il corrobore, à propos de L’Égypte, une analyse de l’un de mes amis, copte francophone et francophile…

            Mais je reste sur ma faim concernant l’effet d’annonce de la vidéo associée ! Je croyais trouver dans ledit rapport une analyse du document declassifié de la DIA.

            Or, rien à ce sujet. On en est toujours réduit, concernant ce document à lire la prose de gens pas assez objectifs, genre le Yéti, qui correspond parfaitement à ce que le rapport appelle “des intervenants sur le Web relais d’officines”.

            Quant à la vidéo YouTube de Philippe Joseph Salazar, elle résume bien la problématique de ce professeur de rhétorique. Et mériterait amplement une reprise sur le blog d’Olivier !


  5. groucho Le 13 décembre 2015 à 09h21
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    L’Otan, l’UE, les créanciers…, tous ces gens ne se radicalisent pas, dans nos sociétés démocratiques… Tout va bien…


  6. Prométhée Enchaîné Le 13 décembre 2015 à 10h10
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    Regrouper toutes les radicalisations me paraît très problématique.
    Visiblement, certaines radicalisations ne sont pas sans lien avec des causes sociales (familles Kouachi et Merah), mais d’autres si. Il semble qu’Abaoud ou encore Abdeslam n’aient pas été confrontés à ces genres de difficultés.
    Depuis ces cas-là, je pense de plus en plus qu’il est illusoire de croire qu’en réglant les causes sociales, etc., tout le monde vivra dans la concorde. Il y aura toujours pour chacun des défis moraux que certains n’ont pas, pour diverses raisons, les capacités de relever.
    Et les passions, si elles ne relèvent pas de l’ordre social, peuvent se situer sur le plan de l’amour, de la compétence personnelle, de toutes les choses qui sont gratifiantes (Laborit), et tout peut être la cause pour chacun de “disjonction”.
    Dupont-Moretti dit d’une autre façon que la frontière entre un homme “bien” et un criminel est ténue.
    Ca c’est le premier point.

    Le second étant qu’à une époque pas si tardive, c’est l’ensemble de la classe ouvrière qui aurait pu être taxée de radicalisation. Mais les causes n’en étaient pas si anti-républicaines que ça, puisque liées aux valeurs de liberté et d’égalité.
    La République française ne doit jamais croire qu’elle n’a plus à se remettre en question, et que tout ce qui le fait à sa place, est radical. Lorsque l’ordre est défendu au détriment des valeurs fondatrices de la société, il est illégitime.
    Personnellement, je suis plutôt un modéré, plutôt patient avec l’évolution, même si cela commence à durer trop longtemps (chômage par exemple). Mais justement, ma position tient à ma situation, qui est tenable aujourd’hui, peut-être pas demain.


  7. Astatruc Le 13 décembre 2015 à 10h14
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    Lutter contre le terrorisme?
    Couper tous liens avec les financeurs, pratiquer des sanctions contre tout pays financeur, traduire au tpi tous les financeurs.et ne plus les inviter à la table des états.
    Avec de la volonté politique, tout est faisable.
    C’est parce quil n’y a pas de volonté politique que cela continue.
    Si il y avait une volonté poltique, ça ferait longtemps que l’Arabie Saoudite, principal financeur de daesh sera mis à l’écart par la communauté internationnnale.Et qu’ils aient céssé soi-disant de sponsoriser Daesh ne change rien, si Daesh existe, c’est à cause de l’Arabie Saoudite qui a financé sa naissance.


    • Tassin Le 13 décembre 2015 à 10h58
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      Oui, mais couper les ponts avec l’Arabie Saoudite et autres pays producteurs de pétrole oblige à opter pour la décroissance et ça, aucun de nos politicards ne le souhaite. Et malheureusement assez peu de nos concitoyens également.


      • jojo Le 13 décembre 2015 à 16h08
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        Non, il suffit d’infliger à l’Arabie Saoudite et au Qatar le même traitement économique et médiatique que celui qui a été infligé à l’Iran pour les forcer à remettre leur idéologie en question. Cette idéologie est la source de l’islam radical. Certains états, qui ne sont pas musulmans, ont vu un intérêt à la laisser se répandre dans le monde et endoctriner des nouveaux adeptes pour ensuite les manipuler et en faire des mercenaires au service de leurs intérêts économiques et stratégiques. La méthode est très efficace et peu couteuse mais sulfureuse et risquée: un retour de flamme peut se produire à tout moment et n’importe où, c’est ce qu’on a vu à Paris le 13 novembre.
        Si l’Europe décrète un embargo sur les produits pétroliers de la péninsule Arabique, croyez bien que l’Arabie et ses voisins ne mettront pas aussi longtemps que l’Iran a mettre de l’eau dans leur vin, par contre vous ne pouvez pas boycotter en même temps les autres grands producteurs de pétrole que son la Russie, l’Iran et le Venezuela, même si ils sont inamicaux avec nos amis Américains. C’est une question de choix, les Américains ont choisi d’encourager la diffusion de l’islamisme radical autant que possible et cela déborde aujourd’hui chez nous comme prévisible car notre terreau social y est favorable.

        La décroissance que vous nous proposez est une utopie démagogique: dès lors que nourrir le monde a un cout énergétique, la décroissance ne peut se faire que par la disparition d’une partie de la population ! La plupart des gens qui nous la vendent ne se rendent pas compte de ce que ça implique pour eux et pour les autres et ne manifestent pas le plus petit début de modification de le comportement quotidien: avez-vous des poules et des lapins dans votre jardin ? Avez vous fait votre exode urbain ? Si non, vous devriez l’envisager, c’est le circuit le plus court possible: l’autarcie individuelle. Mais c’est plutôt contraignant !


        • anne jordan Le 13 décembre 2015 à 19h33
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          contraignant , l’autarcie individuelle ( c’est un oxymore ! ) ou plutôt , familiale ?
          certes non ! avez vous seulement essayé , @jojo ?
          Je sais de quoi je parle : nous la pratiquons depuis bientôt 40 ans , avec des avancées et des progrès , au fur et à mesure de notre éloignement de la ” société ” ou du ” monde du travail ” ; résultat :
          un bien vivre au quotidien , peu de besoins à satisfaire sur le plan matériel , du temps libre pour lire , écrire et converser , une contrainte librement choisie qui se résume à 4h de travail par jour – au maximum ! –
          et , le temps de lire ” LES CRISES ” .


        • Subotai Le 15 décembre 2015 à 18h16
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          La Décroissance est déjà là, à l’insu de votre plein gré.
          Elle est seulement anarchique, chaotique et destructrice pour tous.
          La publicité institutionnelle sur la prise de conscience du changement brutal du climat est en retard d’une guerre. L’organisation de décroissance n’aurait pour but que d’amortir la chute pour tous. Sauf que les nantis de tous niveaux considèrent que leur propre parachute leur assure la sécurité. Résultat certains arriveront au sol sain et sauf mais crèverons tout de même d’être tombé dans un marécage. 🙂
          Vive l’individualisme et vive Moi..!
          Les autres? M’en fout..!


    • Homère d'Allore Le 13 décembre 2015 à 11h06
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      Certes, l’Arabie Séoudite a financé (avec le Qatar) la naissance de l’EI.

      Pour les raisons que les lecteurs du blog connaissent bien. Défense du réduit sunnite contre L’arc chiite, oléoducs (gazoducs pour le Qatar), etc…

      Mais il semblerait que, dès la proclamation du califat, les autorités de Ryad aient commencé à avoir la trouille car, en tant que gardiens des Lieux Saints, ils pouvaient être aussi la cible de l’extension territoriale de ce dernier. Ils auraient alors alors coupés les vivres aux seïdes du Calife.

      Sans reprendre à mon compte la théorie de Xavier Raufer, il est bien possible que le califat ait alors cherché d’autres bailleurs de fonds. Raufer pense à l’Iran. Ce n’est pas totalement stupide car on vient d’apprendre, par exemple, que Chalabi, que je croyais être un agent américain, était, en réalité, un agent iranien.
      Quand on sait que c’est ce type qui a conseillé Washington pour l’après Saddam Hussein, on comprend mieux la panade dans laquelle se trouvent les USA en Irak !

      On peut aussi penser que le Calife roule essentiellement pour Erdogan. Et qu’à terme, le califat revienne à Istanbul sous une forme apaisée, style Frères Musulmans…

      Enfin, et ce n’est pas à écarter comme analyse, il est bien possible que le Califat, bien que profitant des soutiens des uns et des lâchetés des autres, ne travaille pour personne d’autre que lui.
      Et que nous soyons confrontés, pour des décennies, à la résurgence d’une théocratie sunnite, non seulement sur L’Euphrate, mais un peu partout dans le monde, pour des raisons économiques et sociales, certes, mais aussi pour des raisons plus profondes.

      Celles-ci sont magnifiquement décrites par Philippe Joseph Salazar dans son livre “Paroles Armées”.
      Livre que je conseille fortement à tous les crisiens.

      Selon Salazar, seul le discours du Calife permet aujourd’hui de dépasser la définition du consommateur-citoyen que promeut notre société et offre une transcendance et un héroïsme à tous ceux qui ont le courage de dire non à cette société pourrie.
      Tant qu’un discours et une rhétorique au moins aussi forts ne lui feront pas face, le califat prospérera.


      • LBSSO Le 13 décembre 2015 à 19h20
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        Pour info ou mémoire:cet extrait et ces liens pour ceux qui ignoreraient ou voudraient relire la thèse de Raufer concernant le lien Iran / EI:

        ” Au Moyen Orient, la “grande puissance néo-impériale” avait deux projets, lui
        permettant, s’ils se réalisaient, de sortir du funeste piège des années-Bush :

        -Syrie, créer une armée d’opposition “modérée” à Bachar al Assad, prélude à un
        changement de régime à Damas,
        -Irak : créer une alliance politique sunnites + chi’ites dépassant la guerre
        confessionnelle et gouvernant ensemble le pays.
        Et voici notre question directrice :qui a totalement anéanti ces deux projets aujourd’hui franchement risibles si ce n’est l’Etat islamique ? Et quelle est alors la
        seule option laissée à la Maison Blanche d’Obama, pour tenter de restaurer un
        semblant d’ordre régional ? Ne serait-ce pas d’emprunter le chemin de Téhéran ?”

        Cette thèse a été présenté sur ce blog:
        http://www.les-crises.fr/letat-islamique-objet-terroriste-non-identifie/

        ( http://www.xavier-raufer.com/site/IMG/pdf/Etat-Isl-b.pdf )


  8. Alae Le 13 décembre 2015 à 11h16
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    La radicalisation en tant que mal endémique dans les sociétés démocratiques, c’est intéressant parce que probablement vrai. Le nivellement des valeurs, le manque de modèles positifs dans l’éducation, la distance cynique arborée à tous propos parce que vue comme “cool”, le relativisme, l’incrédulité et le doute permanent, la neutralité de machine des institutions, tout ce qui caractérise la société libérale décrite sous le nom “d’empire du moindre mal” par Jean-Claude Michéa distille donc un poison, la radicalisation ? Marrant, parce que dans le livre, Michéa explique que cette société a été pensée précisément pour éviter les guerres des siècles passés, toutes, paraît-il, fondées sur des idées fortes et mobilisatrices. De sorte qu’en éliminant les idées fortes et mobilisatrices, on pensait venir à bout des guerres. Raté, semble-t-il. Notons qu’on a peut-être oublié l’idée mobilisatrice principale, celle qui a généré 90% des guerres historiques : la cupidité. Du coup, les guerres de conquête et de colonisation n’ont pas baissé d’un iota, et leur contrecoups non plus.
    Cela étant, à mon sens, faire d’une quelconque radicalisation la cause de Daech est très abusif. Dans leur cas, la radicalisation (“on n’y peut rien, ma pauv’dame, c’est une maladie de la sauciéter”) n’est qu’une vitrine façon Hollywood. Du marketing.
    Si les bombardements très majoritairement américains avaient créé des rejets toxiques comme les terroristes de Daech, on peut se demander pourquoi ces terroristes “créés par les bombes américaines” s’attaquent… aux alliés des Russes, alors qu’ils sont copains comme cochon avec les alliés des USA comme l’Arabie Saoudite ou la Turquie. Personnellement, j’en voudrais à ceux qui me bombarderaient et à leurs complices, certainement pas à leur ennemis.
    Pour expliquer les contradictions de Daesh, je pense qu’il vaut mieux vaut le voir comme une entreprise mafieuse de trafic international de pétrole dont la majeure partie des troupes est constituée de mercenaires, le reste d’individus appâtés par des gains rapides et pour une minuscule minorité, de gogos islamistes recrutés dans les banlieues. Quant à leurs attentats terroristes, sans vouloir tomber dans le complotisme, tout ça me semble trop chaotique pour être autre chose que des provocations censées brouiller les raisonnements et déclencher des réponses émotionnelles, immédiates, militaires.
    La guerre perpétuelle sert Daech parce qu’elle détourne l’attention de son business. Elle sert aussi et surtout les USA et leurs amis, qui s’en servent en douce contre Assad.
    Ce qui fait qu’en fin de compte, Conesa a raison. Ce n’est pas avec des moyens purement militaires qu’on en viendra à bout, mais avec un embargo mondial sur le pétrole vendu par Daesh et ses filiales, par exemple celle du fils Erdogan, et des sanctions internationales contre tous ceux qui acheminent ne serait-ce qu’un centime ou une seule balle de fusil à Daesh.
    Dès que l’entreprise Daech cessera d’être rentable, elle cessera d’exister.
    Après, une fois qu’on aura éliminé Daech et la fausse radicalité de la vitrine islamiste au néon qui cache mal ses trafics internationaux (pétrole, objets d’art) et les ambitions géopolitiques de certains, on pourra réfléchir à la vraie radicalité engendrée par la société du moindre mal.
    En attendant, bonne chance pour faire voter des sanctions contre l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Qatar, les USA et leurs alliés qui, en armant des rebelles soi-disant “modérés”, ont fourni des tonnes d’armes à Daech, et qui continuent de leur envoyer des armes et des munitions.
    http://www.wsj.com/articles/u-s-allies-to-boost-aid-to-syria-rebels-1446682624

    Pardon pour la longueur. Moi qui n’aime pas les pavés et qui compatis à chaque fois avec les modos qui doivent lire tout ça, voilà que je tombe dans ce travers…


  9. Louis Robert Le 13 décembre 2015 à 13h38
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    Nous avons le tort de refuser d’admettre que la soi-disant “radicalisation” résulte de causes socio-politiques dont tous les responsables ont l’obligation de rendre des comptes, ainsi que des effets meurtriers qui en résultent.

    __________

    La barbarie que nous condamnons est celle que nous commettons. (“The barbarism we condemn is the barbarism we commit.”)

    Chris Hedges, Nous sommes victimes de la terreur que nous infligeons. (“The Terror We Give Is the Terror We Get”)

    http://www.truthdig.com/report/item/the_terror_we_give_is_the_terror_we_get_20150208

    +

    “On a créé le terrorisme en prétendant qu’on allait lutter contre.” (Michel Onfray)

    https://www.youtube.com/watch?v=HVHqbm_RuIY

    https://www.youtube.com/watch?v=KoXodxuCi4k

    +

    Ces tueries ne prendront fin que lorsque nous accepterons que nous sommes nous-mêmes les tueurs qui devraient nous terrifier le plus. (“These killings will stop only when we accept that the killers who should terrify us most are ourselves.”)

    Chris Hedges: “How the Brutalized Become Brutal” (Comment les brutalisés deviennent brutaux)

    http://www.truthdig.com/report/item/how_the_brutalized_become_brutal_20140824

    +

    Si nous voulons mettre un terme au terrorisme, nous devons cesser d’appuyer les terroristes. (“If We Want To Stop Terrorism, We Should Stop SUPPORTING Terrorists”)

    http://www.washingtonsblog.com/2015/11/if-we-want-to-stop-terrorism-we-should-stop-supporting-terrorists.html

    +

    La violence engendre la contre-violence. Le cycle ne s’arrête pas avant que les tueries ne prennent fin. (“Violence generates counterviolence. The cycle does not stop until the killing stops.”)

    Chris Hedges, “States of Terror” (États de terreur)

    http://www.truthdig.com/report/item/states_of_terror_20151122


  10. Nora Le 13 décembre 2015 à 14h11
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    La définition de P. Conesa me semble claire et juste : ” la radicalisation est le passage à l acte dans le domaine de la violence”. Comment lutter contre les formes de radicalisation? ( même si aujourd’hui la préoccupation est l islamisation radicale)
    Les mots sont faussés, les mots ne veulent plus rien dire : démocratie, souveraineté, liberté d expression…quelles sont les valeurs universelles et celles qui ne le sont pas?


  11. adrien Le 13 décembre 2015 à 14h36
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    Inepte concept de guerre contre le terrorisme https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_contre_le_terrorisme , toujours repris par les Politiques pour engager des guerres imbéciles https://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/HALIMI/54355 . Aucune réflexion depuis 2001. L’actualité prouve – peu dans les médias dominants – que les crimes de guerre, le droit international bafoué, ont pour but que de garantir l’accès au pétrole et vendre des armes aux régimes corrompus https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Confessions_d%27un_assassin_financier (John Perkins). Les guerres de l’empire US sont planifiées https://www.youtube.com/watch?v=2vWe0cVdYRI (un rappel de ces faits n’est pas superflu) .
    Contre le terrorisme polymorphe des barbares, un terrorisme d’État est institué, complété par des lois d’exception : se soumettre, penser mou, ne rien remettre en cause, sous peine d’être classé “radical” .Merci les pompiers-pyromanes ! http://www.telerama.fr/idees/en-politique-comme-dans-les-entreprises-les-mediocres-ont-pris-le-pouvoir,135205.php


    • anne jordan Le 13 décembre 2015 à 19h40
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      pensez vous – tous ! – qu’il n’y arien à faire contre cette dictature en marche ?
      alors , surtout si vous êtes du côté de Lyon , voyez ceci :
      POUR LA LEVÉE DE L’ÉTAT D’URGENCE

      Le mercredi 9 décembre, à l’appel de Solidaires Etudiant-es, des étudiant·es se sont réuni·es afin de discuter de la situation politique issue de l’application de l’état d’urgence, et des moyens d’y faire face. Nous vous proposons de nous retrouver afin de discuter d’une mobilisation pour la levée de l’état d’urgence lors d’une

      ASSEMBLÉE GÉNÉRALE OUVERTE À TOUS-TES LE MERCREDI 20 JANVIER À 12H30 À (LIEU À PRÉCISER).

      • L’état d’urgence, qu’est-ce que c’est ?
      Une mesure exceptionnelle qui a été réformée par les député·es fin novembre, qui octroie des pouvoirs cruciaux à l’exécutif et aux polices qui, sous prétexte de sécurité, abusent de leur prérogatives. Organiser et participer à une manifestation, produire du bio, être racisé·e… peuvent être considéré comme des dangers pour l’Etat. Les préfet·tes peuvent dissoudre des groupes ou associations sans autorisation de justice.

      • L’état d’urgence, pour oublier des tas d’urgences !
      Cet état d’urgence vise d’abord les personnes racisé·es, sans-papiers, militantes. Plus encore, tout le monde est concerné. Nous vivons une montée du racisme et de l’islamophobie, les mouvements sociaux et syndicaux sont réprimés (COP 21, solidarité internationaliste avec les réfugiéEs ou la Palestine…) Tout peut être sujet à assignation à résidence, gardes à vues, fichage ou poursuites judiciaires. Pendant ce temps, les parlementaires votent l’augmentation l’âge de départ à la retraite à 63 ans, la SNCM est privatisée, les licenciements continuent, les attaques du Code du Travail.
      Face à ce gouvernement qui fait tout pour désigner des ennemi·es intérieur·es et renforce la militarisation des polices (notamment le port d’arme en dehors du service), et qui vise à pérenniser cet état d’urgence qui ne sera plus exceptionnel, nous sommes

      Assigné·es à résistance : organisons-nous lors de
      l’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE MERCREDI 20 JANVIER À 12H30 À …
      Des étudiant·es de Lyon 2, avec le soutien de : Collectif des Etudiant·es Etranger·es Sans Papiers et Solidaires, Coordination des Groupes Anarchistes, Jeunesse Communiste, Parti de Gauche, Nouveau Parti Anticapitaliste, Union Nationale des Étudiant·es de France, Parti Ouvrier Indépendant, Solidaires Etudiant·es, Union Pour le Communisme .

      et pour le reste de la France , organisez vous !


  12. languedoc30 Le 13 décembre 2015 à 15h28
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    Je suis d’accord avec vous. Les EU et leurs alliés se servent de l’EI pour faire tomber Assad, d’ou le manque d’efficacité voulue des bombardements de la coalition depuis plus d’un an. Ils étaient sur la bonne voie quand les russes sont intervenus. Pour mesurer leur rage, c’est facile : attentat sur l’avion russe dans le Sinaï 224 morts, les turcs descendent sans avertissement le Su-24,1 mort.
    Il n’y aura aucune sanction contre aucun membre de la coalition menée par les EU. Ils continueront tranquillement, les uns à se remplir les poches avec le pétrole volé, les autres à se battre par procuration, et les européens à suivre leur maître comme des toutous. A ce train là, c’est pas demain la veille que le problème syrien sera résolu, et nous serons chanceux si ça ne tourne pas à une conflagration générale.


  13. bobob Le 13 décembre 2015 à 16h23
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    “Le sociologue définit la radicalisation comme la posture de légitimation ou de passage à l’acte dans le domaine de la violence.”

    Les défenseurs du libre-échange et de l’euro se posent alors là comme champions toutes catégories de la radicalisation.


    • Kali0 Le 13 décembre 2015 à 20h50
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      Absolument la violence n’est pas seulement la violence physique immédiate, mais aussi la violence morale et celle (physique) impliquée, que ce soit les guerres, les maladies ou les suicides.

      La radicalisation n’est pas seulement à chercher chez l’autre mais aussi dans nos sociétés, la radicalisation des idéologies du capitalisme sauvage ou du néo-libéralisme, préférant le profit pour soi au bien commun.

      Un exemple navrant. Les pollutions environnementales affectant directement et indirectement les corps et les psychismes de l’être humain.
      http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-lobbying-et-regulations-2-perturbateurs-endocriniens-perturbateurs-de-process


  14. Olivier A Le 13 décembre 2015 à 23h49
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    Bonjour,

    Une très bonne intervention média de Pierre Conesa qui mériterait d’être reprise dans un article du site.

    http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-la-nouvelle-edition/pid6850-la-nouvelle-edition.html?vid=1333737


  15. “On ne lutte pas contre le terrorisme avec des moyens militaires” | Blog de MVGR Le 14 décembre 2015 à 09h11
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    […] Source : les-crises.fr […]


  16. Wilmotte Karim Le 14 décembre 2015 à 13h38
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    J’ai un problème avec le concept de “radicalisation”.

    Si on prend n’importe lequel d’entre nous (normalement constitué) et qu’on le plonge dans la barbarie de la république romaine… ne serrions-nous pas “radicaux”?

    De là à dire que nous prendrions les armes (extrémisme), il y a un pas… qui est loin d’être franchi.


  17. Bruno Le 14 décembre 2015 à 22h15
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    Un très bon article de Foreign Policy sur la lutte anti terroriste aux Etats-Unis: http://foreignpolicy.com/2015/12/11/the-unbearable-lightness-of-americas-war-against-the-islamic-state-obama-san-bernardino-us/
    Saviez vous que vous avez 26 fois plus de chance de mourir en tombant de votre lit que d’une attaque terroriste aux Etats-Unis. Le contre terrorisme est une affaire lucrative pour les organismes de lutte anti terroriste. Et cela permet de détourner l’attention de problèmes plus gênants pour nos politiciens. Pour ceux qui n’ont pas accès à FP, je le reprends sur mon blog: https://beerblogsite.wordpress.com/2015/12/14/linsoutenable-legerete-de-la-politique-anti-terroriste-americaine/


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