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12.août.202212.8.2022 // Les Crises

Plus d’argent pour l’armée ! Démocrates et Républicains sont d’accord sur ce point

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Des divisions politiques font barrage à la plupart des législations, mais les deux côtés de l’échiquier sont ravis de continuer à nourrir la bête au Pentagone.

Source : Responsible Statecraft, Gordon Adams
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Image : Dimj via shutterstock.com

Quelle sacrée semaine que la semaine dernière ! Les incendies de forêt et les inondations ont fourni la preuve de la marche inexorable et dévastatrice du réchauffement climatique.

— Des records d’inflation, avec en tête la hausse des prix de la nourriture et du gaz, continuent à frapper les portemonnaies des américains. (Je suis prêt à accepter l’augmentation du prix de l’essence si elle incite à passer plus rapidement aux énergies renouvelables, mais c’est un désastre financier pour les consommateurs, les agriculteurs et les compagnies de transport et un désastre politique pour les Démocrates à l’automne).

— Les mesures prises par la FED pour relever les taux d’intérêt laissaient entrevoir une récession et la fin des augmentations de salaires et du faible taux de chômage dont nous avions tant besoin.

— La Cour suprême a invalidé la décision Roe v. Wade et la loi sur le contrôle des armes à feu de l’État de New York, ce qui confirme que la Cour sera très conservatrice dans les années à venir.

— La famine menace dans le monde en développement, car les approvisionnements en céréales ukrainiennes restent bloqués par la Russie. Une augmentation des migrations ne manquera pas d’en résulter. La guerre se poursuit, aggravant les problèmes du marché pétrolier et tuant de 100 à 200 soldats ukrainiens par jour.

Alors que nous célébrons la naissance de notre nation (4Juillet), nous sommes en passe de devenir un peuple extrêmement divisé, comme l’a récemment souligné Ronald Brownstein dans The Atlantic. Les réalités et la sagesse semblent s’envoler comme des feuilles d’automne dans le vent.

Le flot de mauvaises nouvelles rivalise avec l’ouragan Katrina et me coupe le souffle. J’ai envie de me réfugier sous mon lit, de jouer de vieux airs des Beatles et des Rolling Stones, de câliner mon chat Doc, jusqu’à ce que la tempête passe.

Oh, mais attendez, il y a un grand accord politique que nous n’avons presque pas remarqué. Au beau milieu de toute cette tourmente, les commissions des services armés du Sénat et de la Chambre des Représentants ont convenu, à des majorités ahurissantes, que nous devions dépenser davantage pour la défense au cours de l’année fiscale à venir. Pas seulement plus, mais des dizaines de milliards de dollars de plus que les 813 milliards de dollars déjà demandés par le président Biden lorsqu’il a présenté son budget fin mars. La Commission du Sénat a ajouté 45 milliards de dollars, par un vote de 23 contre 3. La Commission de la Chambre des Représentants a été plus modeste, n’ajoutant que 37 milliards de dollars, par un vote stupéfiant de 57 contre 1, avec une seule dissidence, celle du représentant Ro Khanna (Démocrate-Californie).

Vous ai-je dit que les deux commissions sont présidées par des Démocrates ? Comme si cela avait la moindre importance.

  1. En tant que virtuose du budget, je reconnais que les commissions des services armés sont des « autorisateurs ». Ils ne disposent pas de l’argent réel que le ministère de la Défense peut dépenser ; ils autorisent seulement le montant concerné. Si les approbateurs, qui s’occupent de l’argent réel, veulent aller de l’avant, ils le feront. Mais si cela vous laisse espérer que le train des dépenses militaires peut être ralenti, il vous suffira de regarder le budget militaire actuel, où les approbateurs ont approuvé pour cette année une augmentation de 29 milliards de dollars par rapport à la demande de Biden.

Le budget militaire est en hausse et tout le monde semble l’accepter, comme on le fait depuis des années. Un rare moment d’unité bipartite.

Il s’agit moins ici de défense nationale que d’une question politique. Les Républicains tiennent un discours musclé et les Démocrates cherchent à se couvrir politiquement pour ne pas être accusés d’être « faibles » en matière de sécurité nationale. C’est l’argument que Nixon, Reagan et tous les Républicains ont utilisé pour taper sur la tête des Démocrates, depuis que George McGovern s’est fait laminer en 1972.

Prenons l’exemple de ce qui s’est passé dans le Maine. L’augmentation de la Commission de la Chambre était soutenue par Jared Golden, démocrate, vétéran de l’armée américaine occupant le siège violet dans le 2e district [un district violet est un district incertain, c’est à dire qui pourrait passer du bleu (républicain) au rouge (démocrate) ou vice versa, NdT], face à un solide adversaire républicain.

Je suis assez régulièrement déçu par Golden, mais je vis dans la première circonscription, alors pourquoi cela devrait-il lui importer ? La 2e est économiquement pauvre, blanche, blindée de supporters de Trump ( à deux reprises le vote est allé à Trump). Le contrôle des armes y est anathème, l’utilisation des masques y est contestée, et l’armée y est sacrée. Personne ne va traiter Golden de « mou » en matière de sécurité nationale, du moins pas s’il peut l’éviter.

De plus, le complexe militaro-industriel du Maine, qui a perdu de son importance, possède encore une industrie navale, avec des navires qui sont construits à Bath Iron Works, à 12 km de chez moi, et réparés à Kittery (et à Portsmouth NH, de l’autre côté de la rivière). Tous les politiciens du Maine apportent leur soutien au projet : la libérale Chellie Pingree, le sénateur indépendant Angus King et la Républicaine Susan Collins (qui a été « induite en erreur » par Brett Kavanaugh).

Les Démocrates n’ont pas envie de paraître « timorés ». Les industries et leurs bases électorales sont des composantes importantes. Et vous pouvez parier que l’industrie de la défense défend âprement ses intérêts. Les forces armées en veulent toujours plus. Dans un livre que j’ai écrit il y a 40 ans, j’ai appelé cela le « Triangle de fer » : le système opérationnel qui relie les forces armées, le Congrès et l’industrie (et les communautés). Pour appuyer ces efforts, nous sommes tous assaillis de publicité et d’appels au patriotisme (il suffit de regarder Top Gun : Maverick – une pure fiction – si vous voulez la dernière version hollywoodienne de la propagande militaire).

Bien sûr, la logique officielle derrière toutes ces dépenses est que la Chine, la Russie et ces satanés terroristes arrivent. Aujourd’hui, l’armée américaine surpasse de loin les capacités de la Russie. Les capacités de la Chine sont à présent surévaluées et présentées comme une menace, bien que l’armée américaine dépasse aussi très largement les capacités de la Chine. C’est une inflation de la menace, tout comme l’armée soviétique était mise en avant pendant la guerre froide. Je ne dis pas que ces capacités n’existent pas, mais simplement que le ministère de la Défense sous-estime continuellement ce dont nous disposons, et surestime ce dont eux, ils disposent.

Telle est la réalité du monde de Top Gun. Tout est question de pouvoir politique, d’influence locale, de contributions aux campagnes, de rhétorique stratégique et de la volonté de mystifier la nation, bien au-delà de ce qui est nécessaire ou même de nos vrais intérêts. Ce système est s’auto-entretient. Exagérer la menace, obtenir des fonds et des systèmes pour y faire face, et recycler continuellement le besoin de toujours plus au Congrès et auprès du public.

J’ai souvent écouté ces surestimations et j’ai observé le triangle de fer pendant cinq ans lorsque je travaillais à la Maison Blanche et que je m’occupais des budgets de sécurité nationale.

Pourquoi le budget militaire est-il si important, m’a-t-on demandé ? Il s’agit d’être un gendarme du monde, voilà la réponse. J’avais pris l’habitude de me trimballer avec des graphiques explicatifs dans l’aile ouest, prêt à m’asseoir avec toute personne intéressée.

Cela montrait que nous avons la seule armée au monde qui peut déployer des forces terrestres (armée de terre et Marines) dans le monde entier. La seule armée qui fait naviguer des navires de guerre dans toutes les mers. La seule armée qui peut fournir une puissance aérienne au niveau mondial. Pour rendre ces opérations possibles, nous sommes le seul pays à disposer d’une infrastructure mondiale de bases militaires (750 dans le monde), d’un système de communications militaires, d’un réseau de transport (maritime et aérien) et d’un réseau d’opérations de renseignement militaire et civil. Il est déployé pratiquement partout dans le monde.

Une armée mondiale coûte beaucoup d’argent. Elle enrichit beaucoup de gens. Elle rend la vie de certains pays plus difficile (pensez à l’Irak et à l’Afghanistan). Elle gaspille beaucoup d’argent (ces véhicules militaires que nous avons laissés derrière nous pour les talibans, par exemple). Et surtout, elle nous attire des ennuis (aujourd’hui, nous déployons l’armée américaine en Afrique, sans grand débat public ; nos guerres futures).

Il est diablement difficile de défier ce mastodonte. D’après mon expérience, il n’existe que deux raisons qui entraînent une baisse du budget militaire. Première raison : nous sortons d’une guerre et avons subitement besoin de dépenser moins. Deuxième raison : la défense se retrouve coincée dans une phase de réduction du déficit. La seule façon pour les Démocrates et les Républicains de se mettre d’accord pour réduire les dépenses fédérales est de tout mettre sur la table : les Républicains veulent réduire les dépenses domestiques ; les Démocrates veulent réduire les dépenses de défense. Cela s’est produit en 1985, 1990 et 2011. Il est peu probable que cela se reproduise de sitôt.

Nous avons bien du mal à nous mettre d’accord sur quoi que ce soit d’autre dans ce pays : race, changement climatique, droit à l’avortement, réforme pénitentiaire, immigration, protection de l’enfance, contrôle des armes à feu, vous pouvez citer votre désaccord fondamental préféré. En ce qui concerne les budgets, nous établissons ces priorités chaque année. Le budget militaire sort gagnant de manière bipartite, la plupart du temps.

Source : Responsible Statecraft, Gordon Adams, 02-07-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Fabrice // 12.08.2022 à 08h49

sur le sujet de l’armement autant regarder chez nous et on voit comment l’Allemagne a joué contre l’indépendance de la France dans cette vidéo un débat intéressant sur les différentes trahisons allemandes au détriment de la France qui a joué les idiotes utiles (mais pour l’Allemagne et les USA qui en a profité pour avancer ces pions) :

https://youtu.be/2AyPRu139Hs

17 réactions et commentaires

  • Fabrice // 12.08.2022 à 08h49

    sur le sujet de l’armement autant regarder chez nous et on voit comment l’Allemagne a joué contre l’indépendance de la France dans cette vidéo un débat intéressant sur les différentes trahisons allemandes au détriment de la France qui a joué les idiotes utiles (mais pour l’Allemagne et les USA qui en a profité pour avancer ces pions) :

    https://youtu.be/2AyPRu139Hs

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  • Lt Briggs // 12.08.2022 à 08h51

    « Nous avons bien du mal à nous mettre d’accord sur quoi que ce soit d’autre dans ce pays : race, changement climatique, droit à l’avortement, réforme pénitentiaire, immigration, protection de l’enfance, contrôle des armes à feu »

    Comme toujours, la population a besoin que la catastrophe se produise sous ses yeux et qu’elle fasse des ravages visibles et profonds pour sortir de ses petits intérêts égoïstes et exiger une autre politique. La spéculation effrénée des années 1920 n’était pas tenable, mais il a fallu attendre le krach de 1929 et un mandat pour rien de Hoover avec un taux de chômage démentiel pour que soit élu Roosevelt qui a immédiatement mis en œuvre une politique de long terme, plus équilibrée et constructive.

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    • 6422amri // 12.08.2022 à 13h48

      Roosvelt est un mythe. C’est la deuxième guerre mondiale qui permet aux USA de sortir de la crise de 1929.

      De son engagement dans la guerre a 1945, les USA ne construisent plus une seule voiture destinée au secteur public mais construisent un Liberty Ship par jour..un porte avion par mois et leur programme de prêt-bail pour les armements a la Russie sauve ce pays d’une déroute militaire probable (déclaration de Staline a Yalta et mémoires de Kroutchev).

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      • Lt Briggs // 12.08.2022 à 14h18

        Le bilan mitigé du New Deal concernant la reprise économique ne doit pas cacher les profonds changements sur le plan social : renforcement de la démocratie et des syndicats (loi Wagner…), programmes en faveur des artistes, etc. Certaines des lois votées à l’époque sont toujours en vigueur.
        Ce que je voulais dire, c’est que ce qui était impensable une poignée d’années plus tôt est finalement advenu très vite, notamment lors du « 1er New Deal » durant les 100 premiers jours. Si les dégâts liés au réchauffement climatique s’enchaînent et atteignent un point critique, peut-être la population se lassera-t-elle de sa classe politique corrompue et choisira des dirigeants plus tournés vers l’intérêt général. C’est dommage d’attendre que la catastrophe survienne pour agir, mais c’est hélas souvent comme ça que ça se passe.

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      • Lev // 12.08.2022 à 16h27

        Sans parler des usines GM (Opel) et Ford qui tournent à plein régime en Allemagne jusqu’à la défaite de 1945 pour fournir les armées allemandes et encaisser les bénéfices via la Suisse et ses banques. Ford aura un procès qu’il perdra pour avoir employé des déportés en camp de concentration. Sans les payer bien entendu

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      • Micmac // 12.08.2022 à 20h32

        @6422amri

        C’est un argument tendancieux habituel des libéraux de dénoncer l’inefficacité du New Deal.

        On passe quand même d’une situation de quasi-famine d’une partie de la population américaine à une situation de prospérité et d’accession à la classe moyenne pour la majorité des plus pauvres, et cela bien avant la guerre. L’industrie d’armement US ne commence à tourner et fournir des millions d’emplois qu’après leur entrée en guerre. C’est une guerre qu’ils ne préparent pas. Les US fournissent un peu de matos aux Anglais (et avant leur défaite aux Français), mais ça n’est pas des quantités astronomiques, et ils ont peu d’avions, peu de chars, peu de navires de guerre avant 1941. La reprise économique devance de loin l’entrée dans l’économie de guerre (impressionnante d’efficacité… normal, ils n’ont pas laissé faire la main invisible… ni appliqué un « plan de réajustement structurel »).

        La vérité empirique est que le keynésianisme fonctionne souvent (quand les politiques sont bien menées) et que le libéralisme conduit toujours au désastre. Les conséquences catastrophiques de 40 ans de « révolution conservatrice » libérale commence à être difficile à ne pas constater.

        Si les libéraux avaient été au pouvoir en 1945, nous vivrions misérablement au milieu des ruines… parce qu’il faut « créer des richesse avant de dépenser », « baisser la dépense publique », « laisser faire les entrepreneurs », etc… On imagine les conséquences d’un plan de réajustement structurel à la sauce libérale dans ces circonstances.

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  • RGT // 12.08.2022 à 10h45

    L’industrie de l’armement US est devenue primordiale pour permettre de maintenir les profits des oligarques de ce pays et pour permettre aussi aux « élus » et aux « élites » de continuer à pantoufler en toute sérénité.

    Non seulement cette industrie phagocyte toutes les ressources économiques du pays mais de plus elle lui permet, par la menace de sanctions disproportionnées de pomper toutes les vraies ressources de la planète pour maintenir à flot un navire qui aurait dû couler depuis bien longtemps par manque de fonds.

    Pour les dirigeants, les « élites » et les ploutocrates US la course à l’armement et le maintien à un niveau stratosphérique des budgets militaires est une question de survie car sans cette épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête de toutes les nations de cette planète ils ne pourraient plus imposer leur « bon vouloir » à l’ensemble de cette planète.

    Mais hélas, certains pays ne l’entendent plus de cette oreille et commencent à ne plus accepter le diktat US, parmi lesquels bien sûr « l’axe du mal absolu » avec en tête de gondole la Chine, la Russie, l’Iran et bien sûr la Corée du nord mais aussi des acteurs importants comme l’Inde et le Pakistan qui pourraient se rapprocher.
    Rapprochement bien sûr sous la houlette des moteurs des BRICS à savoir la Chine et la Russie qui ont bien compris les faiblesses de l’Empire.

    Les USA se cramponnent désormais à leurs « avantages acquis » et produisent toujours plus de mastodontes symboles de leur puissance pouvant être projetés n’importe où sur la planète sous la forme, entre autres, de porte-avions monstrueux (et très coûteux) qui peuvent être détruits par des armes asymétriques peu coûteuses et déployées en grand nombre.

    Souvenez-vous de la guerre du Vietnam dans laquelle l’empire a pris une branlée mémorable par quelques « gueux en guenilles » qui avaient compris comment mener une lutte asymétrique permettant, avec des ressources très limitées, de faire plier un Goliath aux ressources infinies.

    Ce qui fait la faiblesse de TOUS les empires c’est qu’une fois à leur apogée ils ont la « folie des grandeurs » et ne comprennent qu’après leur chute (s’ils ont la faculté intellectuelle de le faire) qu’ils sont bel et bien responsables de leur propre destruction par quelques hordes de « gueux » dépenaillés qui ont compris comment exploiter leurs faiblesses.

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  • Fritz // 12.08.2022 à 10h55

    Les deux ailes du PUB (Parti Unique Bicéphale, le machin qui « gouverne » les States) enchérissent, renchérissent et surenchérissent en gavant les marchands de canons (et d’avions, et de HIMARS).

    Ces gens-là ont besoin de conflits en permanence : pas de guerre en Syrie ? Allez hop, on active l’Euromaïdan (2013). On évacue l’Afghanistan ? Allez hop, une petite charte de partenariat stratégique avec Kiev (2021), histoire d’améliorer les relations avec Moscou (humm).

    Si l’Ukraine n’existait pas, il faudrait l’inventer. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait les Polonais, puis les Soviétiques, puis les Américains.

    À ceux qui seraient choqués par mon propos, je rappelle que « Ukraine » (la zone-frontière, la marche) est une expression récente (XVIIIe siècle) qui traduit le point de vue moscovite. Avant l’invasion tatare et l’occupation polonaise, l’Ukraine était aussi russe que la Moscovie.

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    • antoniob // 12.08.2022 à 18h58

      > Ukraine » (la zone-frontière, la marche) est une expression récente (XVIIIe siècle) qui traduit le point de vue moscovite. Avant l’invasion tatare et l’occupation polonaise, l’Ukraine était aussi russe que la Moscovie.

      oui en gros, avec précisions de rappel: le terme est polonais et russe, les deux royaumes avaient leurs propres ukraï/ukraj face à la Petite Tatarie partie de l’empire ottoman au sud.
      Avant les tatares, les Riourikides contrôlaient les fleuves avec les principales villes/comptoirs sur leur parcours. Par exemple Kiev était une ville Riourikide, mais dans la steppe, ceux-ci n’avaient pas de contrôle ferme.

      Le site de la BNF possède un fond conséquent de cartes. Par exemple celle-là du 18è siècle. Il y a une Ukraine le long du Dnièpre entre Kiow et la Tatarie, et à l’Est une Okraina entre le Don et la Volga, et Kharkov écrit Garkhof, est dans une province/tsarat/oblast de Belgorod:

      https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53029777m/f1.item.zoom

      (au passage dans ce cas donc, pas de Kharkiv à l’origine, la ville fut fondée par les russes)

      Ces frontières ont souvent changé, mais le terme kraj/kraï et u/okraï/j pour la lisière externe, donc comme vous le rappellez fort bien, pour « marche » est ancien d’un côté comme de l’autre.

      Le GROS problème que nous vivons est que toute l’UE débite officiellement à un niveau de tue-tête extrême des mensonges et manipulations. Lorsque c’est trop gros  ça ne passe pas. Et c’est facile à détruire en pointant des sources. Mais celà génère une pollution en ligne extrême.

        +7

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  • Savonarole // 12.08.2022 à 12h11

    Le budget militaire US ne contient pas que de l’armement !
    Quand il faut entretenir 600+ bases à l’étranger avec le personnel idoine, quand il faut verser chaque année quelques milliards à diverses pays (Egypte, Israël, Ukraine, Taïwan, Georgie etc …) , quand il faut payer tout ce qu’on promet pour recruter les soldats (éducation, assurances, pensions pour les vets, pensions pour les mutilés de guerre, garde nationale …), quand il faut payer les « ONGs » pour déclencher des conflits partout , quand il faut payer cinq mecs pour chaque combattant, ben au final la note est salée.
    L’armement c’est même pas 30% du total au final, munitions, carburant et entretient compris … et ça inclus trois portes-avions nucleaires en cours de construction.
    Bref , ces gens payent plus leur politique que leur armée , c’est dingue mais les budget militaires chinois ou russes n’équipent pas moins de combattants , ils ne sont juste pas toujours les garants d’une politique de domination stérile.

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  • Grd-mère Michelle // 12.08.2022 à 12h25

    L’Allemagne, comme le Japon, a perdu la seconde guerre mondiale et a été occupée par les « gagnants »… alors qu’en fait, le monde entier a été « gagné » à la logique du Grand Marché, envahissant benoîtement le moindre territoire (à l’exception de quelques rares endroits irréductibles) avec ses gadgets à la con, et les montagnes de problèmes qu’elle cause.
    Néanmoins, partout, la résistance à cette logique absurde et fatale s’affirme, compte tenu de l’évidence de son ineptie et de ses conséquences de plus en plus désastreuses pour la vie de chacun-e (au point que la résistance, même la simple critique argumentée et publiquement exprimée, est désormais qualifiée de « terrorisme »).
    Donc, la réaction du Marché est d’utiliser la violence armée pour s’imposer et continuer son œuvre de domination et d’exploitation des ressources terrestres(y compris humaines).
    Et les pauvres gens affamés et/ou frustrés, décervelés, sont attirés par cette manne immédiatement disponible (ces « emplois ») que représentent les forces armées(soi-disant de « défense »).
    Mais, en Belgique en tout cas(où le budget pour l’armée a été voté, aussi augmenté, juste avant les vacances parlementaires), le recrutement (pour remplir le « cadre » de la police ou de l’armée) ne fonctionne pas: il semble que les jeunes gens ne se soucient guère de la « sécurité nationale »… quitte à entrer en marginalité, en « vacance » délibérée, et à ne pas « partir en vacances à l’étranger »…

      +2

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    • David // 12.08.2022 à 17h16

      Ne vous inquiétez pas la hausse des taux va remonter le nombre de candidats à un emploi quel qu’il soit…
      Ils ont toutes les cartes en main…

        +2

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      • Grd-mère Michelle // 13.08.2022 à 12h43

        Par exemple, la plupart des « punks » et autres rockers étaient chaussé-e-s de bottines noires, achetées « bon-marché » et inusables, en « sous-main », subtilisées par des militaires employés dans les « magasins » de l’armée belge.
        Cette économie en matière de chaussures leur permettait de s’abreuver et se nourrir de manière plus luxueuse…
        UN exemple (lié à mon commentaire ci-dessous) parmi des milliers d’autres, et pour rester dans le sujet…

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    • Grd-mère Michelle // 13.08.2022 à 12h18

      @David, je suis toujours très surprise que la plupart des observateurs, professionels ou amateurs, ne tiennent aucun compte de « l’économie parallèle », qui pourtant est largement répandue, tant en UE que partout ailleurs dans le monde… (Travail, services et activités « au noir », ventes et autres types d’échanges de biens « de la main à la main »)
      Dans les années 80, un des plus célèbres libéraux(du parti libéral francophone)de la politique belge, Jean Gol, lors d’une interview entendue à la radio, avait fait remarquer que celle-ci était non-négligeable, et même indispensable, car, d’après lui, elle représentait +ou- 50% des dépenses consacrées à la consommation quotidienne.
      Et que, même si elle était « souterraine » et non imposable, illégale(hors-la-loi), elle contribuait certainement à la « bonne santé économique » du pays par le biais de la TVA, et du renouvellement des stocks, dans le cadre de son interaction avec la consommation officielle.

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  • Dominique65 // 13.08.2022 à 19h25

    « La famine menace dans le monde en développement, car les approvisionnements en céréales ukrainiennes restent bloqués par la Russie »
    Le monde en développement… L’Afrique ! nous diront BFMTV et LCI. En fait depuis que les livraisons ont débuté, 6 navires sont paris d’Ukraine. Un premier bateau est en route vers on ne sait où (la destination était le Liban mais a été dérouté. Plus de nouvelles) depuis, cinq nouveaux chargements ont quitté l’Ukraine vers l’Irlande, l’Angleterre et la Turquie, l’Italie et la Chine.
    L’Afrique…
    Sources : le Parisien et la Tribune

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    • Grd-mère Michelle // 16.08.2022 à 14h38

      Oui, cette question reste obscure, non seulement celle de la destination des céréales, mais aussi, au moins aussi interpellante, celle de la destination des bénéfices réalisés grâce à leur vente…
      Aujourd’hui, on apprend qu’une ONG(laquelle?) est en train d’en transporter vers l’Éthiopie…
      (Source: RadioTelevisionBelgeFrancophone/infos radio à 13h)

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  • max // 14.08.2022 à 22h17

    L’inflation monte plus vite que le budget de l’armée ce qui fait que en valeur réelle le budget de l’armée est en baisse.
    https://www.zerohedge.com/economics/its-game-over-fed-expect-monetary-rug-pull-soon
    Les USA sont leur propre ennemie.

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