J’ai participé le 21 janvier au passionnant débat organisé par Gaël Giraud et la Revue Projet : Banques : une loi pour que rien ne change ?

Ce débat a eu lieu entre partisans et opposants de la loi bancaire, à La Sorbonne ; il réunissait en plus de moi-même, Thierry Philipponnat de Finance Watch, Laurence Scialom, le directeur adjoint du Trésor et Thomas Philippon, conseiller économique de Pierre Moscovici.

Je reprends le compte rendu réalisé par la revue – et je vous recommande toutes les vidéos, en particulier les 3 dernières pour les plus pressés… N’hésitez pas à visiter leur site Revue-Projet.

Le débat que vous présente Revue-Projet.com est unique : enfin, partisans et opposants au projet de loi bancaire trouvent l’occasion de s’expliquer. Une question au moins reste entière : en quoi l’activité des banques s’en trouvera-t-elle modifiée ? À présent, au Parlement d’en débattre !

Ce lundi matin-là, une centaine de professionnels de la finance, chercheurs, fonctionnaires, attachés parlementaires, journalistes ou étudiants, avaient fait sonner leur réveil aux aurores. Nous sommes le 21 janvier 2013, dans un amphi de la Sorbonne, à l’entrée d’une place du Panthéon inhabituellement enneigée. Pour rien au monde ces participants attentifs n’auraient entamé leur semaine sans suivre la première passe d’arme publique à laquelle se livrait le gouvernement sur son projet de loi bancaire. À l’initiative de ce débat, le LabEx sur la régulation financière[1]. Pour l’animer : Gaël Giraud, chercheur au CNRS et à l’École d’économie de Paris, jésuite et figure familière des lecteurs de la Revue Projet.

Le matin même, le chroniqueur éco de France Inter, Philippe Lefébure, faisait monter la pression : selon ses dires, une note de Gaël Giraud qui circule parmi les parlementaires ferait trembler Bercy au point que Pierre Moscovici, le ministre des Finances, ait dépêché en dernière minute son conseiller pour le débat. Cette note, publiée sur Revue-Projet.com, présente a) pourquoi il faut scinder les banques et en quoi le projet de loi Moscovici n’en fait rien; b) pour quelles raisons – bonnes ou mauvaises – les banques françaises applaudissent au projet du gouvernement.

MICHEL ROCARD LANCE LE BAL

 

Le débat réunit parmi les meilleurs spécialistes du sujet : Thomas Philippon, économiste et proche conseiller de Pierre Moscovici ; Hervé de Villeroché, de la direction générale du Trésor ; Laurence Scialom, professeure en économie à l’Université de Paris Ouest Nanterre; Olivier Berruyer, actuaire, président deDiaCrisis et animateur du blog Scinder les banques ; Thierry Philipponnat, secrétaire général de Finance Watch, le contre-lobby citoyen de la finance.

Le plus médiatique des intervenants, l’ancien Premier ministre Michel Rocard, est absent « à cause des intempéries ». Mais il fait lire ses propos récemment tenus dans le Nouvel Obs’, qui campent le décor : « La dette de la Grande-Bretagne dépasse 900 % du Pib (…). Nous ne sommes pas à l’abri d’un nouveau krach mondial. Pour protéger l’économie réelle, il faut une séparation totale des banques de dépôt et des banques d’affaires (…). La France n’est pas un pays négligeable. Elle doit montrer la voie[2] ».

Laurence Scialom, elle, égrène l’un après l’autre les arguments en faveur d’une séparation entre banques de crédit et banques de marché : « L’hypertrophie de la finance finit, de l’aveu du FMI, par avoir un effet négatif sur la croissance », or la France compte quatre banques obèses[3], qui font peser un risque systémique sur nos économies ! D’où des prises de risque excessives (misant sur le secours de l’État en cas de faillite) ; la possibilité de se refinancer moins cher que les concurrentes ; un mode de financement très dépendant des marchés. Elle rappelle que si la protection des dépôts, un service public assuré par les banques, justifie la garantie de l’État, il n’en va pas de même pour les activités de trading par exemple, avant de conclure qu’en renonçant à vraiment séparer les activités bancaires, le projet Moscovici est le moins ambitieux des textes européens et américains aujourd’hui sur la table.


Scission bancaire, débat: Laurence Scialom par cerasvideo

« TOUT ÇA POUR PROTÉGER DES INTÉRÊTS PRIVÉS ? »

Thierry Philipponnat se veut d’abord constructif : « Une finance qui ne se sert pas elle-même, qui réduit le risque systémique, qui finance l’économie réelle… Les objectifs de la loi sont excellents ! » Mais les amabilités s’arrêtent là. Car pour l’ancien professionnel de la finance, passé du trading à Euronext, via UBS ou BNP-Paribas, aucun des objectifs fixés n’est atteint. Le projet de loi veut distinguer les activités utiles et cantonner la spéculation dans une filiale ? Dès lors qu’est tenu pour utile le fait d’avoir un client, pour Philipponnat rien ou presque n’est séparé : tenue de marché, activité de produits dérivés, prêts auxhedge funds, spéculation sur les produits agricoles, trading à haute fréquence… resteront logés au cœur de la banque. « Avec une telle loi, [l’assureur américain] AIG ferait encore faillite[4] ! » Le porte-parole de Finance Watch, inquiet aussi que le régime de mise en faillite des banques ne protège guère le contribuable, s’indigne enfin que l’étude d’impact de la loi reste confidentielle. « Tout ça pour protéger les intérêts privés des banques ! » « Cette mesure est-elle constitutionnelle ? », s’interroge-t-il. Après le camouflet sur l’impôt à 75%, Bercy appréciera.

 

Thierry Philipponnat : « BNP pourra continuer à prêter à un hedge funds des Îles Caïmans qui spécule sur les marchés dérivés agricoles avec la garantie de l’État ! »

 


Scission bancaire, débat 2/5: Thierry Philipponnat par cerasvideo

 

LE GOUVERNEMENT SUR LA DÉFENSIVE

Quand la parole est à la défense du projet, elle semble d’abord gênée. Le public doit tendre l’oreille. Le haut fonctionnaire de Bercy semble réciter : « La France est précurseur. Il s’agit du texte le plus important depuis la loi bancaire de 1984 ». Hervé de Villeroché défend d’abord le caractère strict de la séparation : « La banque doit démontrer au régulateur que la faillite de sa nouvelle filiale – qui abrite les activités pour compte propre – ne met pas en péril le groupe. » Il plaide surtout pour le régime de résolution d’éventuelles crises bancaires, qui anticipe le partage des pertes et permet au régulateur d’analyser la structure des banques. Quant à la taille excessive des banques ? « Nous nous posons la question de façon récurrente », admet-il.


Scission bancaire, débat: Hervé de Villeroché par cerasvideo

 

Le conseiller du ministre, plus pédagogue, est aussi plus énergique. Pour lui, le projet répond aux trois problèmes relevés depuis le début de la crise : mauvaise compréhension des risques, mauvaises incitations, focalisation des régulateurs sur la situation individuelle des banques, au détriment d’une approche systémique. Thomas Philippon voit dans le régime de résolution la mère des réformes : « Faire payer aux gens les conséquences de leurs bêtises ! », jugeant annexe la question de la scission bancaire : « Elle n’aurait rien changé à la crise. Au contraire, l’Espagne est tuée par ses petites banques. » Il défend la solidité des banques dites universelles et juge leurs pertes liées à leur activité de crédit plus qu’à celle de marchés. Il surprend quelque peu l’auditoire quand il avance : « Nous ne prétendons pas prévenir les problèmes de demain, mais entériner que les erreurs commises depuis 2006 ne le seront plus », ou quand il renvoie à l’échelon européen ou à plus tard les sujets non traités : hypertrophie de la finance, trading à haute fréquence, produits dérivés…

 

Thomas Philippon : « La séparation des banques n’aurait rien changé à la crise. Au contraire. »

 

 


Scission bancaire, débat: Thomas Philippon par cerasvideo

 

DE L’INFLUENCE DES BANQUIERS

Sur un ton plus militant, Olivier Berruyer n’y va pas par quatre chemins : selon lui, en ne cantonnant dans une filiale que les activités pour compte propre pas utiles à l’économie, le projet Moscovici ne filialiserait que 0,5 à 1 % du chiffre d’affaires de BNP-Paribas, alors que la portée du rapport Liikanen, au niveau européen, serait vingt-cinq fois supérieure ! Et la question, pour lui, n’est pas tant de savoir ce qui est utile ou non à l’économie que d’identifier ce qui relève d’un service public : « Sinon, pourquoi ne pas accorder de garantie publique à l’industrie automobile ou agro-alimentaire ? » L’actuaire voit dans le régime de résolution une stratégie d’apprenti sorcier : on laisse les banques continuer de jouer et on prévoit le cas où… « Mais prendra-t-on le temps de lire les 1800 pages de mémorandum si BNP-Paribas fait faillite demain ? » Citant enfin les nombreux partisans d’une véritable scission bancaire, dont la majorité sont des cadres bancaires, il devient sarcastique : « Qui défend vraiment les banques universelles, hormis les banquiers universels ? » Et appelle les parlementaires à auditionner d’autres voix.

 

Olivier Berruyer : « Un banquier payé 20 000 euros par jour par une banque ne dira évidemment jamais qu’il faut couper la banque… »

 

 


Scission bancaire, débat: Olivier Berruyer par cerasvideo

 

Le décor étant planté, les esprits s’étant quelque peu échauffés, l’échange s’annonçait intense. Le temps d’une salve instructive entre le conseiller de Moscovici et Philipponnat sur l’utilité d’un mécanisme de résolution dans le cas où des géants bancaires feraient faillite, le débat tournera court hélas, faute de temps. Laissant l’audience sur sa faim… et impatiente aussi qu’il se prolonge dans les enceintes de l’Assemblée et du Sénat.

Aurore Chaillou pour la vidéo, avec l’assistance précieuse de Camille Tourneboeuf.

Jean Merckaert pour le texte.

 


[1] Le laboratoire d’excellence sur la régulation financière (LabEx RéFi) réunit l’Ena, l’Enass, l’ESCP Europe, le Cnam et l’Université de Paris 1.

[2] Interview de Michel Rocard (et Pierre Larrouturou) au Nouvel Observateur, 17 janvier 2013, pp. 59-60.

[3] BNP-Paribas, Société générale, Banques populaires Caisses d’épargne, Crédit agricole.

[4] AIG, qui doit d’ailleurs sa quasi faillite à une minuscule filiale française, a été finalement sauvé sur le dos des contribuables américains, pour éviter un cataclysme supérieur à la faillite de Lehman Brothers. La Société générale, par exemple, renflouée à hauteur de 12 milliards d’euros à l’issue de ce plan de sauvetage, n’y aurait peut-être pas survécu.

 

58 réponses à [Vidéo] Loi bancaire : rions un peu avec les créateurs du projet de loi…

  1. Liberce Le 29 janvier 2013 à 05h47
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    Bravo excellent j’espère que tout cela va influencer nos parlementaites…


  2. perela Le 29 janvier 2013 à 06h09
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    C’est la même chose pour la future loi sur l’usure: une nouvelle loi pour que rien ne change est en préparation dans la plus grande confidentialité
    Le premier rapport du comité du suivi de la réforme de l’usure, signé par M. Noyer et sorti en novembre dernier est passé a été complètement occulté par les medias; M. Noyer est le porte plume du lobby bancaire (voir p.10/11 du rapport sur les conditions transitoires, avec l’alibi de la croissance !!! TROP, c’est TROP) et l’arrêté du 22/3/2011 sur la période transitoire).
    Objectif: rendre autant applicable la nouvelle loi que l’actuelle, jamais mise en oeuvre (voir la formule!).
    Nos voisins sont plus pragmatiques:en Espagne par exemple, c’est à la jurisprudence que se réfèrent les juges pour condamner les pratiques usuraires des banques. Pourquoi ne pas nous en inspirer ?
    Merci au remarquable blog que vous animez d’approfondir la question de l’usure: le crédit dit “revolving” qui prolifère (dernière création du Crédit abusivement nommé Agricole, la bien nommée “Carte Mistral”, dont le souffle risque de faire bien des dégâts auprès des usagers…).


  3. elgringo Le 29 janvier 2013 à 06h32
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    bravo Olivier, vous re-voici clair et combatif.
    votre intervention dose parfaitement la pédagogie, la conviction avec quelques petites pointes d’humour.

    merci pour tout,
    je fait suivre à tous mes contacts…


  4. Vénus-Etoile du Berger Le 29 janvier 2013 à 08h22
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    Bonjour,

    J’ai écouté attentivement le DG du Trésor, il explique de la même façon que mes commentaires précédents(billets précédents) les différentes activités, leur nature, les différents risques, cependant lui souligne que mutualiser les risques permet d’absorber un choc d’une activité grâce à une autre activité, j’ajouterai jusqu’à la limite supportable de l’autre activité.

    En segmentant les risques également, une autre activité permet d’absorber ce choc, sans mettre en péril cette activité.

    Il met en exergue l’effet de croissance sur le bilan de la BNP lié au rachat de Fortis banque de dépôt selon lui.

    Je rappelle tout de même un élément non négligeable que Fortis a été racheté par la BNP en 2009 suite au problème qu’a connu Fortis fin 2008 avec une intervention de l’Etat belge.

    BNP bénéficie d’ailleurs suite à ce rachat d’une garantie de l’Etat belge si elle doit avoir dans l’avenir des difficultés.


  5. Vénus-Etoile du Berger Le 29 janvier 2013 à 08h35
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    Bonjour,

    Le DG du Trésor exprime que les activités les plus déficitaires en France sont les activités de crédits traditionnels (avec un zoom sur les PME) et que ce ne sont pas les activités de marchés.

    Et pourquoi d’après vous ces activités sont déficitaires et pas les activités de marchés?
    La réponse est facile à trouver


    • chris06 Le 29 janvier 2013 à 09h28
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      @Vénus,

      ça ne vous étonne pas que ça soit au moment même où les activités de crédit traditionnelles sont les plus risquées que les taux d’intérêts sont au plus bas?

      Genre prêter à 3,5% fixe sur 15 ans (les taux les plus bas historiques) pour l’acquisition d’un logement outrageusement surévalué ( les prix / revenus les plus hauts historiques) et où la garantie hypothécaire risque fort d’être divisée par deux dans les années qui viennent?

      Prix des actifs au plus haut et risques les plus élevés + Taux d’intérêts au plus bas : c’est “le monde à l’envers”, une création totalement artificielle savamment orchestrée par nos chers banquiers centraux et leurs politiques monétaires aberrantes qui visent à mpêcher coûte que coûte le dégonflement des énormes bulles des prix des actifs.


  6. Luline Le 29 janvier 2013 à 09h42
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    Olivier, j’apprécie beaucoup votre site que je visite très souvent, comme celui de Paul Jorion. Mais de grace, faite attention à ne pas dire n’importe quoi. Un banquier ne gagne pas 20000 euros par jour. Certes, il gagne plus que très bien leur vie, mais pour un ou deux qui arrivent à ce chiffre (car cela fait plus de 6 millions par an s’il travaille 320 jours/an), la plupart doivent être largement en dessous. D’ailleurs il y a là un beau sujet sur les salaires dans les banques. Mieux vaut être caissier dans une banque que caissier au supermarché ! la différence temps de travail, pénibilité, salaire net annuel, certainement riche en information sur l’enrichissement des uns et l’appauvrissement des autres


  7. perela Le 29 janvier 2013 à 10h04
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    Il y a une coquille dans mon commentaire: il faut lire:
    Objectif: rendre autant inapplicable la nouvelle loi que l’actuelle législation, qui n’a jamais été mise en oeuvre (voir la formule!). Pourtant, l’arsenal pénal est consistant: 2 ans de prison et/ou 45.000€ d’amende (art.L313-5).
    Merci de faire cette rectification.


  8. Gibbus Le 29 janvier 2013 à 10h08
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    Les politiques français sont-ils totalement couards et irresponsables ??
    Ou bien sont-ils machiavéliques ? Ne préparent-ils pas une réformette cosmétique sachant pertinemment que le système est instable, que tout cela va exploser à la moindre secousse !! Et au prochain choc systémique nationaliser les banques, les découper, rincer les actionnaires et les créanciers de ces banques et faire défaut sur la dette française détenue par celles-ci ???
    En 2007-2008 c’est ce qui aurait du être fait, non ???


    • step Le 29 janvier 2013 à 10h38
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      oui, mais j’aimerais honnetement bien voir cela. Je ne les en crois pas capable, mais bon, je ne demande qu’à être surpris.


      • Gibbus Le 29 janvier 2013 à 11h35
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        Je suis un doux rêveur mais je pense que si les politiques arrivent à faire porter le chapeau aux banques et à la finance de la plus grosse perte de richesse (même fictive) de l’histoire de l’économie avec un krach généralisé (obligataire, action et immobilier) en passant pour des héros : ils sauveront les comptes courants et une partie de l’épargne (celle couverte par les garanties d’état) toute en la gelant (pour étaler le coût de ces garanties dans le temps) …Ce qui fera passer la pilule du défaut et l’effacement de l’épargne…Théorie du choc mais cette fois en faveur des états !!! Tout les pays du G20 ou presque souffrent de la crise actuelle (baisse de croissance, masse monétaire incontrôlé, bulles) et je pense qu’un grand reset «accidentel » mais concerté (pour éviter une guerre) et une remise à plat total du système monétaire et de la globalisation est la voie de sortie la moins douloureuse pour tout le monde…Si en plus les politiques en sortent grandis en flattant l’orgueil national et en désignant un bouc émissaire (c’est pas nous d’abord ; c’est la finance qu’elle est méchante !!), alors là pourquoi s’en priver !!!


        • Tycer Le 29 janvier 2013 à 13h12
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          “Je suis un doux rêveur”.
          Oui c’est ça.

          Il n’y a pas mille solutions à la crise de la dette.
          Il y a en trois, ou un mix de ces trois:
          1 _ Restructuration lente
          2 _ Grosses inflations.
          3 _ Défauts de paiement.

          Dans le 1er cas, ça signifie que l’on arrive à avoir des budgets EXCEDENTAIRES de l’ordre de 50-100 milliard. Donc de grosses augmentations d’impôt et de baisse des dépenses. ça implique la fin de l’état providence et la fin de nombreux acquis. Je pense qu’il y aura des émeutes voir une révolution si ça arrive, car les politiques seront les responsables directes des décisions.

          Dans ce second cas, nos épargnes vont fondre et les prix vont augmenter. ça renforcera notre compétitivité mais ça sera très très dur pour les “petits salaires” et pour tout ceux qui n’ont pas d’épargne physique. Mais on ne maitrise pas l’Euro, donc il faudrait quitter l’Euro pour bien agir sur ce levier.

          Dans le 3ème cas, une grande partie des épargnes se volatiliseraient. Les riches perdraient d’un coup l’argent qu’ils n’ont pas voulu donner en impôt. C’est le pire scénario pour eux et le meilleur pour les pauvres. Les fruits du travail s’en verraient augmenter, car le capital ne serait plus.

          Alors? 1, 2 ou 3?


          • Incognitototo Le 29 janvier 2013 à 13h31
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            4 – Reprendre le pognon là où il est planqué ?
            5 – Dénoncer le système de libre-échange tel qu’il est conçu pour relocaliser les économies ?
            6 – L’argent n’est pas une marchandise, avec les conséquences qui en découlent sur la spéculation ?
            7 – Et cetera…


          • Gibbus Le 29 janvier 2013 à 13h43
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            Peut être me suis-je mal exprimé, mais a mon humble avis, la seule solution: c’est le défaut!!
            La restructuration lente par la croissance impossible: plus de croissance est pour longtemps !!
            L’inflation impossible : pas de croissance au niveau mondial (pas de demande donc pas d’augmentation des prix !!) de plus comme tout le monde manipule sa monnaie en même, tous cela s’annule !!!
            Donc le défaut est la seule solution !! Mais comment faire défaut sans générer une révolte, sans en prendre la responsabilité ? Laisser les banques et les marchés s’autodétruire revient de fait à faire défaut puisque les garanties d’état ne couvrent ni la dette extérieure (la cours de justice européenne vient de donner raison à l’Island pour son défaut !!) et sont limitées (100000 euros par client et par banque !!)…C’est une stratégie de défaut à laquelle je pense, pas à une autre voie de sortie de crise…


          • step Le 29 janvier 2013 à 13h49
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            variante du 2 : inflaxion et indexation des salaires sur l’inflation. Dans ce cas c’est la rente monétaire qui prend et l’on protège les salaires issus du travail.


          • step Le 29 janvier 2013 à 13h54
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            @Incognitoto :

            4) cela ne peut se faire dans le délai qui nous reste avec la renégociation de chaque convention internationale. A moins d’envoyer un petit groupement kaki dans les iles caiman (faisable) et , plus dur, gersey et guernesey…

            5) Dénoncer en politique, y ‘en a qui en ont fait leur métier… Y’en a même un qui a dénoncé l’ennemi sans visage financier et qui sont actuellement à l’élysée… mais… qu’attend-t-il ? On nous aurait menti ?

            6) Peux tu expliciter le changement qui en découlerait ?

            @gibbus :
            solution guatemaltheque. Audit, dénonciation de la part illégitime et remboursement du seul nominal pour le reste (restructuration).
            Solution argentine : pique,fourche, devant la présidence et hélicoptère sur le toit.
            Solution islandaise : Bonjour messieurs du FMI, au revoir messieurs du fmi. Ah y a des gens qui ont investis dans une affaire privée qui a fait faillite ? ah c’est ballot pour eux…

            Meme dans le défaut, y a plein de possibilités.


            • Incognitototo Le 29 janvier 2013 à 14h09
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              @ Step,

              Tu ne suis pas ce qui s’écrit et se dit sur ce blog ???

              Dans cette page http://www.les-crises.fr/eviter-le-krach-ultime/ cherche “Incognitototo” et arrête-toi à ma proposition pour le 4 (plusieurs commentaires sur le sujet)…
              Pour le reste, c’est très concret également… et ce ne sont pas plus des déclarations d’intention que tes visions de solutions sans alternatives…


          • Gibbus Le 29 janvier 2013 à 14h34
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            @step
            Avec tout le respect que j’ai pour les pays et les peuples que vous citez, quel est le poids de ces pays dans l’économie mondiale ??
            Je pense que les conséquences systémiques et géopolitiques (chute de l’euro, perte d’influence et de crédibilité) d’un défaut Français (ou autre UK, US, Italie…) ne seraient pas comparable. Voilà pourquoi aucun gouvernement de ces pays ne prendra la responsabilité de le faire (cf la Grèce) !! Sauf cas d’une restructuration globale négociée, j’ai d’ailleurs émis cette hypothèse sur ce blog, il y a 2 ou 3 jours !!!


          • step Le 29 janvier 2013 à 14h47
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            @incognitototo : ah pas tout pas tout, je ne suis qu’un pauvre lecteur bénévole 🙂

            ah non pas plus abstrait que moi, ce n’est d’ailleurs pas une reproche, mais je dis juste qu’il ne faut pas mettre tout ses espoirs dedans… je vais lire ça.

            ok vu. Question :Si on ne sait pas à qui appartient l’argent comment peut on savoir qu’il est français et donc qu’on pourrait le saisir ?

            @gibbus: Le guatemala est en proportion la hauteur de notre défaut vis à vis des US. Pas sur que la question de la taille du défaut se posera, si la situation devient intenable dans un pays ou un autre. Effectivement les politiques actuels ne décideront pas un défaut d’eux même, mais qui garantit que le pouvoir leur restera dans les mains pendant la crise…


  9. Dan Le 29 janvier 2013 à 10h18
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    Dans quelque temps le système bancaire anglo-saxons va s’effrondrer entraînant dans son naufrage nombres de banques du vieux continents. Il faut rappeler que les bilans des banques sont trafiqués et dans leurs armoires sont planqués des centaines de milliards de produits toxiques classés “hors bilan”
    voir très récemment la Deutsche bank avec 180 milliards de produits toxiques. Donc le système bancaire va s’ assainir de lui-même avec des faillites en chaîne par “effet domino”. L’Etat ne pourra plus renflouer ces banques casino !! Quand nous voyons la dette gobale des USA avec 200 000 milliards qui pèsent sur l’économie mondiale , il serait être bien naîf de croire que la cavalerie va encore durer longtemps !!!!


  10. Clive Le 29 janvier 2013 à 11h08
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    Intéressant, combien de journalistes économiques dans la salle?
    Reste à m’expliquer en quoi les “activités de marché” des banques sont utiles (à l’économie réelle), car si on ne les confond pas avec l’investissement à long terme on parle de spéculation, et donc quelle est l’utilité de manipuler les prix à la hausse ou à la baisse pour à la fin prélever un profit sur l’activité économique (celle de ceux qui travaillent effectivement…)?


    • step Le 29 janvier 2013 à 14h06
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      Réponse officielle : La liquidité ! et tout le monde sait qu’en france on aime ce qui est liquide en particulier quand c’est relativement opaque et ..issus de certains terroirs, et relativement vieux… Bref je m’égare.

      La question qui faut poser derrière est souvent ; Quelle est l’utilité d’avoir de la liquidité à prix spéculatif ? couplée, à cette liquidité sera’t’elle réellement disponible quand on aura besoin d’elle ? Enfin, en étant un chouia pervers, pourquoi un tel besoin de liquidité, quand on investit en bourse, c’est bien parce que on croit au projet d’une entreprise, donc on a une vision moyen/long terme .. non ?


  11. Dan Le 29 janvier 2013 à 11h19
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    Nous pouvons ajouter aujourd’hui le scandale de la banque Monte Paschi , et penser à l’intégrité de Mr Mario Draghi à la tête de la BCE !!!


    • Ardéchoix Le 29 janvier 2013 à 14h06
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      @ Dan
      Hier dans mon bistrot de Gaulois “petit village sympa” j’ai payé une tournée avec un billet de 20€ signé Draghi .Voulez vous dire que les bières étaient frelatées ,étymologie selon wiki « altérer la pureté d’un liquide ». 🙂


  12. Incognitototo Le 29 janvier 2013 à 11h49
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    Très éloquent et très juste, Olivier, bravo ! Tu te bonifies de jour en jour ;o)))

    Des fois, j’aimerais être une petite souris, juste pour entendre ce que Hervé de Villeroché et Thomas Philippon auront bien pu rapporter à Moscovici…


    • step Le 29 janvier 2013 à 14h11
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      “chef, on est tombé dans un guet-apens, terroristes embusqués dans la population locale, demande soutien aérien par médias officiels”


  13. Surya Le 29 janvier 2013 à 12h33
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    J’ai du mal à faire le rapprochement entre les propos de Philippon et le texte du projet de Loi… Il ne doit pas parler du projet présenté le 19 décembre mais d’un autre texte en fait…

    C’est à quel article la filialisation du prop trading ? 🙂


  14. maboiteaspam Le 29 janvier 2013 à 12h53
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    Bravo ! Quelle intervention Mr Berruyer !


  15. samuel Le 29 janvier 2013 à 13h48
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    • step Le 29 janvier 2013 à 14h25
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      argent, fondations opaques surplombées de siècles d’histoires, manipulations politiques au plus haut niveau et malversations économiques… un auteur de polar dans la salle ? Cette banque ne serait pas par hasard gestionnaire de comptes du saint siège ? à moins que dans les oeuvres artistiques cumulées depuis des siècles il y ait des informations cachées, le tome de la poétique d’aristote concernant la comédie ? Parce qu’alors là, un best seller vous tend les bras…


  16. Ardéchoix Le 29 janvier 2013 à 14h13
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    M. Berruyer respect .
    On peut aussi envisager en cas de séparation des activités bancaires , une diminution de la spéculation sur les matières premières (car non garanties par l’état)


  17. Winslow Leach Le 29 janvier 2013 à 14h13
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    Il est vrai que le combat pour la séparation des activités bancaires est tellement tragique surtout quand ont sait que l’exposition des banques françaises a une crises systémique est de l’ordre de 4 a 5 fois le pib français( Debout les mort il va falloir bosser) que cela devient une comédie par un reflex humain mais on va pas rigoler quand le gouvernement nous demandera de rembourser 50000 milliards d’euro de dette contracter par les banques françaises. Vivement l’esclavages 🙂


  18. Gibbus Le 29 janvier 2013 à 14h30
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    Avec tout le respect que j’ai pour les pays et les peuples que vous citez, quel est le poids de ces pays dans l’économie mondiale ??
    Je pense que les conséquences systémiques et géopolitiques (chute de l’euro, perte d’influence et de crédibilité) d’un défaut Français (ou autre UK, US, Italie…) ne seraient pas comparable. Voilà pourquoi aucun gouvernement de ces pays ne prendra la responsabilité de le faire (cf la Grèce) !! Sauf cas d’une restructuration globale négociée, j’ai d’ailleurs émis cette hypothèse sur ce blog, il y a 2 ou 3 jours !!!


  19. fabien775 Le 29 janvier 2013 à 14h37
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    Un grand merci Olivier, vous étiez le seul à avoir un discours clair net et précis et surtout audible. Même la personne qui toussait de manière intempestive s’ arrêtée pour vous écouter.


  20. yann Le 29 janvier 2013 à 14h37
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    La séparation des activités des banques je n’y crois pas. Il y a un non-dit dans ce problème de séparation qui est le financement des états. Aujourd’hui les états se financent par le marché via les réseaux bancaires qui vendent leurs obligations. Pensez vous réellement que les états sont en position de dicter aux banques des règles, alors qu’ils ont besoin d’elles pour se financer.


    • Surya Le 29 janvier 2013 à 14h48
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      Si vous parlez des fonds € des assurances vie; les banques commerciales ne font que revendre des produits d’assureurs.


    • Gibbus Le 29 janvier 2013 à 15h16
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      Remarque très pertinente!!! Mais je tiens à signaler que pour moi l’état n’en a pas besoin, il dépend des marchés, la nuance est importante!!!


    • Ardéchoix Le 29 janvier 2013 à 15h21
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      @ yann
      Vous êtes client d’une banque , malheureusement votre découvert fait pâlir le chef d’agence .Vous le regardez droit dans les yeux et vous lui dites “il faut réformer le système bancaire” .Le chef d’agence se lève et vous raccompagne , en vous donnant un échéancier de vos remboursements de découvert, mais il vous promet de réfléchir au truc .Voilà où en sont nos politiques , autant demander à un gars qui est au tribunal pour conduite en état d’ivresse d’interpeler le Président afin de modifier la législation sur le permis de conduire.


  21. BA Le 29 janvier 2013 à 14h42
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    Mardi 29 janvier 2013 :

    Italie : une banqueroute de Monte dei Paschi menacerait l’Europe.

    On savait que Monte dei Paschi, la grande banque de Sienne, la troisième d’Italie, était en difficultés. Mais ce n’est pas pour participer à un des somptueux diners donnés dans le superbe Palazzo Salimbeni par cette institution que Mario Draghi s’est envolé ce soir pour l’Italie. Mont de Piété créé en 1472 par les magistrats siennois, elle a pour principal actionnaire une fundazione aussi prestigieuse que peu transparente.

    C’est au chevet de cette institution systémiquement importante pour l’Europe et le monde bancaires que le Président de la BCE se rend, à en croire le Financial Times. Une réunion au sommet est en effet convoquée à Rome ce mardi. C’est que la faillite de la BMPS serait une catastrophe à plusieurs niveaux.

    Les conséquences d’une faillite pour les banques, pour l’Italie, et l’Europe seraient létales.

    • Elle entrainerait une faiblesse contagieuse des deux autres grandes banques italiennes, Unicredit et Intesa San Paolo, ainsi que du réseau de caisses d’épargne du pays. Ce faisant, elle menacerait l’ensemble du secteur bancaire européen à travers le marché interbancaire et provoquerait une crise de liquidité. Parmi elles, un montant substantiel prêté à 1% à 3 ans au début de 2012 par la Banque Centrale Européenne. Ancien Gouverneur de la Banca d’Italia, Mario Draghi connaît parfaitement les fils qui lient les institutions bancaires de son pays avec l’Europe et le reste du monde.

    • Une panique entrainerait un effondrement des obligations souveraines italiennes qui s’étaient améliorées suite à l’engagement pris par la BCE de soutenir l’Italie et l’Espagne. Cet engagement a rassuré, mais n’a pas encore été exécuté. Face à un risque de 2.000 milliards d’euros de titres du Tesoro italien, la BCE pourrait se trouver elle-même en difficulté, vu son bilan déjà largement surexposé en créances bancaires de l’Europe du Sud.

    • L’affaire ne s’arrêterait pas à l’Italie : la France serait aux premières loges, et en particulier BNP Paribas, qui détient la Banca Nazionale del Lavoro, elle-même la quatrième banque du pays et qui célèbre son centenaire en 2013. Qui plus est, on voit mal comment un effondrement de la dette italienne n’affecterait pas d’autres pays européens, relançant une spéculation contre les obligations souveraines.

    Ce scenario pourra-t-il être évité ?

    La BMPS a perdu 91% de sa capitalisation boursière en cinq ans. Elle est de 3 milliards d’euros pour des fonds propres de 17 milliards, soit moins de 20%. Son nouveau Président, Alessandro Profumo, ancien patron de la banque Unicredito, cherche désespérément un investisseur stratégique. On cite JP Morgan, Deutsche Bank ou Nomura.

    La Banca d’Italia a décidé samedi d’augmenter un prêt obligataire de sauvetage à 3,9 milliards d’euros. Ce prêt fait déjà hurler dans la péninsule. Mais la banque centrale n’a pas le choix.

    Les moyens de cette banque centrale et de la BCE permettront-ils d’endiguer une possible banqueroute ? Il faut le souhaiter. Même si l’on y arrive sans qu’une panique éclate, il ne faudra pas oublier que, malgré quelques mois de répit, l’Europe reste vulnérable à la faillite de l’une quelconque de ses grandes banques, surtout lorsqu’elle est située dans un pays qui a une dette publique de 120% du Produit Intérieur Brut. La combinaison d’une grave faiblesse bancaire dans un pays surendetté peut être létale.

    http://finance.blog.lemonde.fr/2013/01/28/italie-une-banqueroute-de-monte-dei-paschi-menacerait-leurope/

    Dette publique au troisième trimestre 2012 :

    1- Médaille d’or : la Grèce. Dette publique de 301,193 milliards d’euros, soit 152,6 % du PIB.

    2- Médaille d’argent : l’Italie. Mario Monti laisse derrière lui une dette publique de 1995,143 milliards d’euros, soit 127,3 % du PIB. Mario Monti a fait la preuve de sa nullité. Mario Monti a fait la preuve de son incompétence.


  22. Gibbus Le 29 janvier 2013 à 15h17
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    J’aimerai connaitre vos opinions sur quelques questions qui m’ont donné des migraines:
    1) Ce système capitaliste “laissez-fairiste” financiarisé et globalisé est-il viable???
    2) Comment absorber les masses d’actifs plus ou moins toxiques générées par le système financier (bulle: crédit, obligataires, actions, dérivé)???
    3) Compte tenu de la dépendance des Pays du G7 (pour simplifier) aux marchés de capitaux qui aura le courage politique d’imposer de vrai réforme?
    4) Il y a-t-il une autre voie que l’appauvrissement généralisé du peuple et de l’état dans une crise de surendettement (cf Grèce, Espagne et Portugal) au profit de la finance et de la ploutocratie ??
    5) Comment gérer la plus grande perte de richesse (à l’échelle planétaire) que le monde est connu sans guerre civile ou mondiale??
    6) Peut-on s’en sortir sans changer le cadre (capitalisme « laissez-fairiste » financiarisé, globalisé) ???


    • step Le 29 janvier 2013 à 16h22
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      on a les mêmes causes de migraines. c’est amusant.

      1) Je dirais oui, à condition de pouvoir gacher de grosses parties de la richesse crée dans ce système ( vu que les crises semblent une conditions de fonctionnement (cf graph de fréquence des crises d’olivier)). Dans une longue période de rationnement lié à la limitation de nos ressources énergétique, je pense qu’il est notablement inadapté cependant.

      2) Je pense que Mario serait très intéressé par la réponse. Il me semble que le défaut organisé général et épargnant les liquidités de 98% de la population est la meilleure des solutions. Un jubilée de la dette, ou une inversion des priorités par l’extinction d’une dette au delà d’un certain montant d’intérêt payé. Dans tous les cas, rembourser ne semble pas la meilleure solution pour une majorité numérique de la population.

      3) Vaste question, on est en plein dynamique sociologique maitre/esclave. En 2009 les banques américaines étaient à terre et Obama aurait pu leur imposer des contraintes réelles. Il ne l’a pas fait. Non seulement il faut des occasions de rapport de force favorable (il y en a eu et il y en aura) mais aussi une volonté de le faire valoir. Dans le “centre de la classe politique mondiale”, je ne vois pas de réels tenants du bras de fer.

      4) Espérons le, mais il faudra surement la débroussailler. C’est pour cela que je t’avais cité des pistes de manières de non rembourser. Même si les montants sont faibles comparativement ils présentent les arguties juridiques qui permettent de justifier le non remboursement d’une dette (odieuse, privée, ou destruction/recréation de l’état).

      5) Un peu de fatalisme et de philosophie et une acceptation de nos dirigeants fortunés que l’argent sortira forcément de leur poche vu la taille de cette dernière. Je ne suis d’ailleurs pas sur qu’à moyen terme, appauvrir la population enrichisse la ploutocratie. Un système économique à base étroite est instable (économiquement, mais aussi socialement). Il est donc de leur intérêt de ne pas tuer la poule aux oeufs d’or…

      6) je pense que oui, en tout cas au cadre général. (une force de travail, un chef, un investisseur génèrent une richesse qui est partagée). Il y a par contre des problèmes dans la répartition de cette richesse qui vient de la répartition des pouvoirs. Il y a des solutions d’interessement qui font monter la force de travail au capital pour ce genre de choses. Il y a aussi un problème d’affectation de l’investissement qui devrait partir plus en R&D qu’en spéculation, des pactes d’actionnaires trop volatiles pour inciter à des visions de long terme (qui peuvent être découragé par une taxation de l’investissemnt décroissant au cours du temps). La seule question réellement fondamentale est à mon avis, la force de travail est elle une marchandise comme les autres. Et si oui comment éviter le nivellement par le bas de la condition de travailleur comme variable d’ajustement de la compétitivité. C’est une question complexe, qui renvoit entre autre à quel est l’objectif de notre société humaine (le développement humain, la performance économique, et selon quels critères).


    • Jean-Luc Le 29 janvier 2013 à 16h35
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      “3) Compte tenu de la dépendance des Pays du G7 (pour simplifier) aux marchés de capitaux qui aura le courage politique d’imposer de vrai réforme?”

      Croyez-vous que les marchés de capitaux peuvent se passer de clients comme les Etats ?

      Je n’y connais rien mais j’ai de gros doutes à ce sujet et donc la peur de se trouver à court de capitaux si l’on fait la moindre réforme me semble un faux problème.


  23. Jean-Luc Le 29 janvier 2013 à 16h30
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    Par manque de temps, je n’ai écouté que la dernière vidéo pour l’instant.
    Votre intervention était vraiment très bien, calme, précise et claire et cela nous change des interventions sur BFM où vous n’avez que peu de temps (et beaucoup d’interruptions du journaliste) pour vous exprimer.

    Bref, je partage votre point de vue et votre “bon-sens” et n’arrive pas à comprendre que l’on préfère mettre en place des solutions pour régler le prochain problème plutôt que de faire en sorte d’éviter ce prochain problème.
    Un peu comme si l’on préfère continuer de vendre un médicament dangereux en s’assurant de prévoir le système d’urgence pour traiter un risque systémique plutôt que de retirer ce médicament de la vente.

    Trop de porosité entre milieux politiques et d’affaires ?


  24. fabien775 Le 29 janvier 2013 à 17h15
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    Tant qu’il n’y aura pas une volonté politique forte d’anéantir une oligarchie financière qui est arrivée comme à la suite de la crise de 1929, à mener le monde au bord de la guerre ( on va y arriver), ce seront des beaux discours sans lendemains. Obama est un abruti qui a raté une occasion peut-être unique de changer ce système absurde qui mène à l’auto-destruction. Je trouve que les économistes atterrés devraient devenir des économistes révoltés. Ils seraient peut-être plus audible et le peuple serait peut-être mieux informé sur les véritables responsables de leur turpitude.


    • Christophe Vieren Le 02 février 2013 à 20h34
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      Obama est peut-être un “ab….” mais je crois surtout que sans le soutien des banquiers, entre autres soutiens du capital, il n’aurait pu être élu ou réélu. Et s’agissant de son deuxième et dernier mandat, il doit, pour l’avenir de son parti, conserver l’appui de ces puissances financières. N’oublions pas le discours que tenait Roosevelt aux peuple. En substance : “si vous voulez que je mette en oeuvre mes réformes, donnez m’en les moyens : descendez dans la rue”. Ce qu’ils ont fait. Mais à l’époque les ventres étaient moins pleins et les cerveaux moins “disponibles pour Coca-Cola” (sic Le Lay PDG de TF1 en son temps) qu’aujourd’hui.
      25.000 signatures pour la scission des banques ! Soit un français sur 2.500, 0,0004 % !!!!!!!!! Soit moins que la moindre pétition pour la sauvegarde d’une quelconque mare à canard menacée par une nouvelle route ! Alors d’ici que le peuple descende dans la rue, y a encore apparemment de la marge. Va donc encore falloir attendre le pire pour que nos congénères réagissent.


  25. Hadrien Le 29 janvier 2013 à 17h50
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    Il fait bon entendre de temps en temps une parole forte comme ci-dessus. Ça contraste agréablement avec le manque de recul ambiant des médias, quand ce n’est pas la propagande larvée des lobbies financiers qui s’emploient à endormir l’opinion. Mais tous les blogs ne sont pas à la même enseigne.
    Ainsi, ces derniers jours, le banquier Ugeux nous a gratifié d’un panégyrique de la City s’intitulant:
    « La France a besoin de la City et de la Grande-Bretagne »… pour mieux défendre, sans doute, les intérêts du lobby bancaire au sein de l’UE , ce à quoi j’ai crû bon de répondre en bonne et due forme:

    UN PEU DE RECUL HISTORIQUE

    C’est avec l’habituel empressement de tous les libéraux, notamment financiers, que Georges Ugeux nous assène ici la sempiternelle fable: nous aurions besoin du Royaume Uni et de sa City comme temple du libéralisme financier en Europe… alors que c’est exactement pour la raison inverse que Londres a maintenu son strapontin au sein de l’UE depuis son entrée dans le Marché Commun avec le conservateur Edward Heath, il y a trente ans.
    La diplomatie britannique n’a en effet jamais caché qu’elle s’est insérée dans le système européen pour en contrôler les effets, au besoin en profiter, mais certainement pas pour servir les ambitions d’une unité européenne qui est à l’encontre de sa politique depuis un millénaire.
    Cette politique a toujours consisté à contrecarrer tout ce qui pourrait donner lieu à l’émergence d’une puissance dominante, a fortiori unifiée, sur le « Continent ». Ainsi trouve-t-on le Royaume-Uni avec une belle régularité au tout premier rang des opposants à Napoléon, Hitler et Staline, comme quoi la « splendid isolation » a sa logique.
    Il en va de même avec la décision sus-dite d’entrée officielle dans le Marché Commun le 1er Janvier 1973, suivie deux jours aprés en France par la fameuse loi du 3 Janvier 73 obligeant l’Etat à se tourner désormais vers le secteur privé des banques commerciales pour ses emprunts publics, une condition qui fut, dit-on, discrètement dictée par la City pour des raisons évidentes. Elle est aujourd’hui la première place financière mondiale de l’euro.
    Le paradoxe est que nos dirigeants se sont empressés dans cette voie, avec le libéral Giscard d’Estaing aux finances et l’ancien fondé de pouvoir de la Banque Rothschild qu’était Pompidou, alors que le Royaume-Uni a conservé son privilège d’accès direct à la Banque d’Angleterre, et son indépendance monétaire, ce dont il ne s’est pas privé jusqu’à ce jour. Je vivais à Londres au moment du référendum pompidolien sur l’entrée britannique dans le « Common Market », et le portier Londonien de notre ambassade, à Knightsbridge, avait eu ce mot: « When in Europe, we shall rule it! », traduisant en cela un sentiment très répandu dans la population… qui fut pourtant la dernière à en recevoir un quelconque bénéfice.
    Plus sérieusement, la diplomatie britannique a soigneusement noyauté toutes les instances de décision ou les lobbies d’influence, pour imposer durant trente ans sa politique de la pédale douce sur les ambitions européennes: d’accord pour un grand marché de libre-échange ouvert à tous, conformément à la traditionnelle vocation financière et commerciale du Royaume au delà des mers, mais pas d’accord sur l’intégration politique pouvant amener sur leur territoire ces bizarreries révolutionnaires d’inspiration franco-bismarckienne que seraient l’harmonisation sociale et fiscale de l’Union européenne… C’est ce que déclarait suavement l’ambassadeur britannique interrogé il y peu, sur France 24, en répondant avec un sens inné de l’understatement: tout faire pour préserver la diversité! En clair: plus c’est la pagaille et la dérèglementation, mieux la City se porte!
    C’est aussi ce que confirment les deux derniers livres du néanmoins très libéral Christian Saint-Etienne sur l’aveuglement français, en dépit de nos rodomontades: la France a loupé le coche à Maastricht en laissant s’instaurer dans l’UE les fruits longuement muris de la diplomatie d’outre-Manche, c’est à dire une Europe dominée par la concurrence sociale et fiscale en son sein, venant s’ajouter à un marché ouvert à tous les vents de la mondialisation ambiante.
    On peut donc dire aujourd’hui que Cameron a tout loisir de se permettre le luxe d’un référendum symétrique à celui de Pompidou: pour l’essentiel, le travail est fait! Trente ans de lobbyisme au sein des institutions européennes ont mené à un point d’impuissance politique qui contraste furieusement avec l’importance de l’UE, encore (pas pour longtemps) première puissance économique mondiale. S’il en était besoin, la nomination de lady Ashton par son pays à la tête de l’importante charge européenne que l’on sait, aurait suffi à illustrer ce point, au vu de son rôle dans l’actuel concert des insignifiances européennes.


    • Hadrien Le 29 janvier 2013 à 18h04
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      Comme j’évoque ci-dessus la concomitance non fortuite de l’entronisation européenne du Royaume-Uni le 1er janvier 1973 et de la fameuse loi du 3 janvier deux jours plus tard, j’en profite pour signaler une ultime mise au point de AJ Holbecq à ce sujet, sur son blog:
      http://postjorion.wordpress.com/2013/01/11/268-loi-de-1973-le-mot-de-la-fin/
      de même que son appel aux citoyens du dernier billet, dont le manifeste édifiant paraît presqu’au même moment que “Les faits sont têtus”.


  26. Dan Le 29 janvier 2013 à 18h36
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    Hadrien , l’analyse est excellente sur les British , mais il faut avouer que nos hommes politiques ne sont futées , la fameuse visite à la City de notre nouveau président n’a pas été glorieuse ,mais il est vrai qu’il a des ministres à des postes important qui ont la culture anglo-saxonne !
    Leurs magouilles , pour plomber l’Euros n’ont pas réussi à masquer leur désastre mais l’effrondrement du système financier anglo-saxons est pour bientôt surtout qu’il ya un grand pays qui ne les porte pas dans leur coeur.


  27. Kikinou Le 29 janvier 2013 à 19h52
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    Une question me vient a l’ecoute de Thomas Philippon, en particulier lorsqu’il se demande comment remedier a l’alea moral des banques universelles (socialisation des pertes, privatisation des gains).

    Pourquoi l’etat n attribuerait pas sa garantie en fonction du type de banque : banque de depot et banque universelle. Tout le monde devrait ainsi etre content. Les banques universelles ne sont pas oblige de quoi que ce soit (mais sans garantie publique). Les banques de depots et leurs clients recoivent exclusivement la garantie publique.


  28. fabien775 Le 29 janvier 2013 à 20h26
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    Il ne faut surtout pas oublié que la construction européenne telle quelle existe a été voulue par les USA. Ils savaient pertinemment que cette dernière ne pourrait jamais fonctionner correctement étant donné les énormes différences entres les économies des pays. De gaulle était parfaitement conscient que l’entrée de l’Angleterre dans la zone euro était contre nature, sachant que derrière ce camouflet les USA n’étaient pas très loin.


    • step Le 30 janvier 2013 à 00h10
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      l’entrée de l’Angleterre était un camouflet pour de Gaulle, surtout si elle se camouflait ! Joli lapsus révélateur !


  29. Nicolas Sansu Le 29 janvier 2013 à 20h31
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    Olivier,
    Un grand merci pour notre échange de ce soir avant le débat des semaines à venir. Je vous félicite de ce militantisme citoyen éclairant et éclairé !
    À très bientôt sur des sujets analogues
    Nicolas Sansu


  30. Jared Le 29 janvier 2013 à 20h55
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    Je tenais juste à vous féliciter pour la forme de votre intervention, bien posée et très claire ! Une petite remarque cependant : elle serait encore meilleure avec un peu moins d’ironie et de sarcasme. Un message passe d’autant mieux que l’on ne se sent pas agressé par son interlocuteur


    • step Le 30 janvier 2013 à 00h13
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      la question est au près de qui le message doit passer. Il est improbable de convaincre les émissaires gouvernementaux de quoi que ce soit. Il sont rémunérés pour tester des éléments de langage dans ce genre de réunion, pas pour infléchir une loi qui n’est déjà plus entre leur mains. A partir de là, il faut exercer une pression populaire pour forcer une réécriture de la loi, donc être tribun. Un tribun manipule l’humour et le sarcasme si il le faut. Nous ne sommes malheureusement plus aux réunions préparatoires.


  31. fabien775 Le 29 janvier 2013 à 21h08
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    @Jared
    Pas d’accord avec vous, il arrive un moment ou “les bonnes manières” sont inopérantes face à la gravité d’un problème.


  32. Fabrice Le 30 janvier 2013 à 01h15
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    Olivier une question vous avez continué à discuté avec les autres interlocuteurs ? qu’ avez vous tiré du débat et des éventuels échanges (avant ou après) ?


  33. step Le 30 janvier 2013 à 01h23
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    Bonne participation. J’ai trouvé que votre intervention était la plus “politique” de toutes, car elle posait bien les questions de principe du prudentiel et de l’éthique qui ne se résume pas à l’analyse technique restrictive de ce qui s’est passé auparavant.
    La où le conseiller ministériel marque des points c’est sur les cajas, comme quoi la taille et la solidité sont deux enjeux distincts, une argumentation qu’il faudra travailler, car à mon avis cette objection reviendra.

    Il me parait à moi aussi très hypothétique de tout remettre à la résolution, en situation de crise, les papiers… on s’assoit généralement dessus, surtout dans nos pays latins.


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