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SAGEGATE (2/3) : La stratégie de l’immunité collective a été imposée au SAGE sous le contrôle de Cummings

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Source : Byline Times, Nafeez Ahmed
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Pour lire la première partie de l’enquête, cliquez ICI

Enquête de Nafeez Ahmed sur la façon dont l’adoption de cette politique farfelue, qui aurait pu entraîner un demi-million de morts, a coïncidé avec la présence du controversé conseiller en chef de Boris Johnson

Les procès-verbaux du Groupe consultatif scientifique sur les urgences (SAGE) du gouvernement confirment non seulement que le gouvernement n’a à aucun moment envisagé sérieusement la possibilité de supprimer le Coronavirus, mais ils jettent aussi un nouvel éclairage sur sa fascination pour l’idée d’une « immunité collective ».

L’immunité collective se produit lorsque dans une population, un nombre suffisamment important de personnes sont immunisées, empêchant ainsi la transmission d’un virus. En général, elle est obtenue uniquement grâce à la vaccination, mais dans certains cas, les scientifiques s’accordent à dire qu’elle peut se construire de façon naturelle au fil du temps.

Les procès-verbaux du SAGE que j’ai étudiés fournissent des preuves circonstancielles convaincantes que, contrairement aux démentis officiels, l’immunité collective était une stratégie du gouvernement central – même si les scientifiques du SAGE étaient absolument incapables de lui trouver une justification scientifique.

Des infections asymptomatiques – Recherche de l’immunité collective

Le 13 février, le jour même où le gouvernement a voulu évaluer l’impact des fermetures d’écoles sur « l’économie au sens large », le compte-rendu du SAGE révèle qu’il a été décidé de créer un autre sous-groupe, le SPI-B (Scientific Pandemic Influenza – Behaviour : Science de la pandémie de la grippe – étude du comportement), « pour fournir des conseils en sciences du comportement via le SAGE tout au long de la séquence ».

Un groupe représentatif de spécialistes du comportement de l’IPS-B a ensuite conseillé au gouvernement de se servir de l’immunité collective pour justifier une politique de « protection » des personnes âgées et vulnérables, tout en permettant au reste de la population d’être infectée par le Coronavirus.

Jusqu’à la mi-mars, les documents du SAGE confirment que le gouvernement a continué à tabler sur une « transmission soutenue » du virus au Royaume-Uni, tout en refusant de mettre en œuvre quelque mesure que ce soit susceptible d’empêcher que cela ne se produise.

Le 18 février, par exemple, le procès-verbal du SAGE se termine par ces mots : « Alors qu’au Royaume Uni, la transmission est soutenue, tracer les contacts ne sert à rien ».

Le gouvernement n’essayait pas d’empêcher les gens d’être infectés et de mourir, mais son but était de maintenir la situation à un niveau qui n’entraînerait pas l’effondrement du système de santé.

Le gouvernement a également montré un intérêt particulier dans la prise en compte de l’ampleur des cas asymptomatiques au Royaume-Uni – ce qui est directement pertinent pour la stratégie d’immunité collective.

Alors qu’il est bien plus facile de tracer le nombre de gens présentant des symptômes, si davantage de personnes avaient été infectées sans présenter de symptômes, cela indiquerait un degré de transmission plus élevé – donnant ainsi une indication quant à la progression de l’immunité collective. En conséquence, le procès-verbal du SAGE a appelé à des efforts pour « mieux comprendre les cas asymptomatiques » par le biais d’une « campagne de tests plus extensive des voyageurs venant du monde entier et revenant au pays ».

En date du 27 février, lors d’une réunion à laquelle assistait Ben Warner conseiller de Dominic Cummings du 10 Downing Street, le SAGE a revu ses hypothèses concernant un scénario raisonnable de la pire éventualité. Il a déclaré : « 80% de la population britannique pourrait être infectée, avec un taux de mortalité global de 1 % pour les personnes infectées. » Il a également ajouté que : « Seule une partie des personnes infectées présenteront des symptômes ».

Bien que semblant anodine, cette observation est cruciale car le gouvernement semblait croire qu’un nombre beaucoup plus important de personnes étaient infectées de manière asymptomatique, ce qui est conforme à l’espoir qu’il formait que sa stratégie irait potentiellement vers l’obtention d’une immunité collective.

Mais il semble aussi qu’il avait accepté le fait que cela lui coûterait très cher. Les hypothèses de travail du gouvernement indiquaient que jusqu’à 500 000 personnes pourraient mourir de la COVID-19.

A peine une semaine plus tôt, les chiffres du gouvernement produits par le groupe consultatif sur les menaces de virus respiratoires nouveaux et émergents (NERVTAG) avaient avancé un chiffre encore plus mauvais, pouvant aller jusqu’à 1,3 million de morts. Ces chiffres, mis à jour par le SAGE le 27 février, montraient que le gouvernement estimait que quelque 37 % des personnes infectées seraient asymptomatiques.

En dépit des chiffres avancés par le gouvernement indiquant que celui-ci était en route vers un taux de mortalité colossal, les mesures de distanciation physique n’ont été mises en œuvre que des semaines plus tard, lorsque le gouvernement a réalisé que les capacités du NHS [service de santé du Royaume-Uni, NdT] seraient dépassées. Le gouvernement n’essayait pas d’empêcher les gens d’être infectés et de mourir, mais tentait de maintenir la situation à un niveau qui n’entraînerait pas l’effondrement du système de santé.

Deux mois de réflexion sur l’immunité collective

Au début du mois d’avril, le Byline Times a obtenu, par une fuite, les enregistrements d’un appel confidentiel du ministère de l’intérieur dévoilant des propos de Rupert Shute, conseiller scientifique en chef adjoint, disant au personnel que « nous y serons tous exposés [à la COVID-19] à un moment donné ».

Selon la « modélisation actuelle sur laquelle nous travaillons, 80 % des personnes en seront atteintes – parmi celles-ci, une grande partie ne réalisera pas qu’elle l’a », a-t-il déclaré. « Une autre partie importante aura des symptômes très, très légers. Et une toute petite partie aura une réaction très significative ».

Ce que le SAGE décrivait comme un « pire scénario envisageable » était activement recherché par le gouvernement en tant que stratégie deux mois après avoir été discuté pour la première fois en février.

Les événements qui ont suivi ces réunions SAGE de février, sur une période particulière de trois jours, au début du mois de mars sont essentiels.

Les documents montrent que le conseiller principal du Premier ministre, Dominic Cummings, a joué un rôle direct dans les réunions du SAGE au cours desquelles une stratégie d’immunité collective a fini par déterminer l’approche du gouvernement en matière de « confinement » ou distanciation sociale.

Le 3 mars, le SAGE a enfin commencé à discuter de l’impact des « interventions comportementales et sociales potentielles sur la propagation d’une épidémie de COVID-19 au Royaume-Uni ». Cependant, la seule mesure tangible qui a été proposée est « la distanciation physique pour les plus de 65 ans ».

Le lendemain, un groupe de conseillers du gouvernement en sciences du comportement s’est fait l’avocat d’une stratégie visant à n’isoler que les « groupes à risque » tout en permettant au reste de la population d’acquérir une « immunité ».

Au sein du SAGE, cette idée d' »immunité » n’était pas fondée sur la recherche scientifique, mais a été décrite par les membres du groupe SPI-B comme une stratégie de communication vers le public pour contribuer à dissiper la confusion quant à une politique du gouvernement consistant à « ne pas avoir recours à un isolement physique à grande échelle tout en recommandant l’isolement des groupes à risque… Un des points de vue étant qu’expliquer que les membres de la communauté construisent une certaine immunité rendrait la mesure acceptable ».

Le 5 mars, le procès-verbal du SAGE confirme que le gouvernement a décidé d’adopter cette approche. Cummings, Warner et David Halpern, chef de l’équipe d’analyse du comportement du Cabinet Office (connue sous le nom de « nudge unit »), étaient présents à la réunion au cours de laquelle cette décision a été prise.

Le compte rendu montre que les participants se sont mis d’accord pour recommander « l’isolement social (confinement) des personnes de plus de 65 ans ou souffrant de maladies sous-jacentes afin de retarder la propagation, de modifier le pic de l’épidémie et de réduire les taux de mortalité ». Conformément à l’avis du SPI-B relayé la veille, on a en même temps conseillé au gouvernement d’éviter d’autres mesures de distanciation physique telles que l’interdiction des grands rassemblements publics, la limitation des interactions sociales dans les espaces publics et la fermeture des écoles. Au lieu de cela, il a été convenu que l’accent serait mis uniquement sur « le confinement des patients âgés et vulnérables », bien que cette mesure commence plus tard et doive se prolonger plus longtemps ».

En date du 10 mars, le SAGE avertissait le gouvernement que le pays n’avait que quatre à cinq semaines de retard par rapport à la situation en Italie. Et pourtant on a continué d’insister pour que le gouvernement ne cherche pas à supprimer le Coronavirus au motif que cela rendrait inévitable une deuxième vague.

Le lendemain, Halpern a déclaré à BBC News que quand les groupes à risque « sortiront de leur confinement, [le plan est que] l’immunité collective aura été atteinte dans le reste de la population ».

Tout au long de cette période, aucune preuve scientifique de l’immunité collective n’a été soumise au débat ou ratifiée par le SAGE.

La fin d’une idée irréalisable

Ce n’est que plus tard que le gouvernement a commencé à réaliser que son approche optimiste précédente avait permis au Coronavirus de devenir beaucoup plus endémique et ce à un rythme bien plus rapide que prévu – d’une manière qui pourrait submerger le NHS.

Un peu moins d’une semaine plus tard, il est apparu clairement que le gouvernement s’efforçait de suivre le rythme des événements et, soudain, les conseils du SAGE ont changé et sont allés jusqu’à demander des mesures de distanciation physique plus draconiennes, ce qui avait pourtant été précédemment jugé « inefficace ».

« Sur la base des données accumulées, notamment concernant la capacité de soins intensifs du NHS, les conseils du SAGE ont évolué en matière de rapidité de mise en œuvre des interventions complémentaires », peut-on lire dans le compte-rendu du 16 mars.  » le SAGE indique qu’il existe des preuves manifestes en faveur de l’introduction de mesures supplémentaires de distanciation physique le plus tôt possible ».

Il était également clair que le SAGE semblait particulièrement confus quant à l’efficacité de ces mesures de distanciation physique car le gouvernement n’avait pas demandé au groupe d’en faire une modélisation – jusqu’à présent.

Le procès-verbal note qu’une « analyse et une modélisation plus poussées » des fermetures potentielles d’écoles et de nombreuses autres mesures de distanciation physique sont nécessaires pour que le gouvernement puisse arrêter ses nouvelles décisions.

Mais cela soulève une question flagrante : pourquoi cette analyse et cette modélisation n’ont-elles pas été faites beaucoup plus tôt ? Les minutes de ce procès-verbal peuvent être considérées comme un aveu non intentionnel indiquant que, jusqu’à ce moment là, la compréhension scientifique du gouvernement concernant l’efficacité des mesures de distanciation physique manquait de consistance et était insuffisamment étayée pour guider ses décisions politiques.

Il en va de même pour l’approche de l' »immunité collective », qui semble avoir continué de présenter un intérêt majeur même après le confinement.

Le 26 mars – trois jours après le début du confinement – le procès-verbal de la réunion du SAGE indiquait que le gouvernement « doit également en apprendre plus sur l’immunologie et ses implications ». Au cours de cette même réunion, on l’a chargé de reporter son attention sur les « futures phases de l’épidémie » au cours desquelles le gouvernement pourrait « publier les mesures actuelles en toute sécurité et donner des conseils sur les questions à long terme ».

Ce n’est que vers la mi-avril que le SAGE a commencé à traiter sérieusement les données scientifiques sur l’immunité. Ce qu’il a trouvé a remis en question de manière décisive l’idée que l' »immunité collective » pouvait être une stratégie viable.

Une série de comptes rendus de réunions de cette période montrent que le SAGE a tardivement admis qu’il n’y avait « aucune preuve indiquant un niveau élevé d’immunité de la population à ce stade de la pandémie », que la durée de l’immunité n’était pas claire et que, par conséquent, l’idée de débloquer l’économie par la distribution massive de passeports d’immunité pour les personnes ayant guéri du Coronavirus était prématurée.

Fin avril, le SAGE avait enfoncé le dernier clou dans le cercueil du fantasme de l’immunité collective. Mais, au lieu d’un changement de direction positif, cela a conduit à une nouvelle phase dangereuse dans la stratégie du gouvernement.

Source : Byline Times, Nafeez Ahmed
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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MS // 01.08.2020 à 07h39

Les faits décrits ici montrent bien un des travers des gouvernements actuels : se faire une image simplifiée voire erronée des problèmes d’une population, adopter un point de vue idéologique simpliste, y adapter sa stratégie en dépit de tous les faits nouveaux qui en donnent une vision plus nuancée et ne plus jamais remettre en doute son point de vue initial… cela va des politiques de santé aux politiques économiques ou sociales.

30 réactions et commentaires

  • MS // 01.08.2020 à 07h39

    Les faits décrits ici montrent bien un des travers des gouvernements actuels : se faire une image simplifiée voire erronée des problèmes d’une population, adopter un point de vue idéologique simpliste, y adapter sa stratégie en dépit de tous les faits nouveaux qui en donnent une vision plus nuancée et ne plus jamais remettre en doute son point de vue initial… cela va des politiques de santé aux politiques économiques ou sociales.

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    • jean-pierre.georges-pichot // 01.08.2020 à 09h55

      Etonnant, ce que vous concluez, puisque la seule particularité du gouvernement anglais, si l’on prend cet article au sérieux, ce qui est mon cas sur ce point précis, c’est qu’il a opéré une révision de sa politique. La grande différence avec la France, c’est qu’elle n’a jamais eu une politique bien arrêtée, mais a fonctionné en zig-zag, selon les inspirations successives et contradictoires du grand manitou inspiré par sa maman (en 40 c’était Daladier, Reynaud et leurs maîtresses) . Ni dans un cas ni dans l’autre, je ne perçois de rigueur idéologique. Pragmatisme et capacité de prendre des risques du côté anglais. Confusion et rationalisation bavarde du n’importe quoi du côté français, prévalence de la liberté individuelle aux Etats-Unis, rigueur néo-franquiste en Espagne : les traits nationaux fondamentaux se redessinent plus visiblement dans l’épreuve nationale.

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  • gracques // 01.08.2020 à 08h22

    Ou sont les procès verbaux des réunions de notre conseil scientifiques?
    Ha il n’existe que des communiqués de presse ?
    Ou est notre démocratie …. en France

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    • LibEgaFra // 01.08.2020 à 10h36

      Quelle démocratie? Si la démocratie existait en France, cela se saurait. Le régime de la France est une monarchie élective. Pas de séparation des pouvoirs, pas de respect de la constitution, pas de représentativité du parlement, décision du peuple de 2005 bafouée. Et il y en a qui parlent encore de « démocratie »…?

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      • RGT // 01.08.2020 à 12h07

        Bienvenue au club des déçus de la « démocrature »…

        Vous commettez cependant une petite erreur : Les « gouvernants » respectent totalement la constitution car ils ont le pouvoir de la changer à leur guise…

        Quand les lois sont écrites par les délinquants qui commettent les pires crimes il ne faut pas s’étonner qu’ils n’aient plus aucune limite dans leurs forfaits.

        Et comme nous vivons dans un « état de droit » très bien policé, il est totalement impossible aux victimes de se faire entendre et d’exiger réparation.

        Quand les victimes commencent à manifester le mécontentement, les chiens de garde médiatiques les roulent dans la boue en les traitant de hooligans et les Waffen SS tirent dans le tas avec la bénédiction des « élites ».

        Finalement, depuis que les humains ont choisi (?) de confier leur sort aux « meilleurs » (aristos en grec antique) ils ont perdu toute possibilité de pouvoir décider de leur propre sort.

        Tout le reste n’est que fumisterie : Que ce soit au nom d’une quelconque « divinité » ou d’une « idéologie », ce qui revient strictement au même, les humains sont devenus si stupides qu’ils en ont perdu les facultés intellectuelles et leur libre arbitre pour se laisser dominer sans se rebeller comme du vulgaire bétail.

        Espérons qu’un jour les humains comprennent la réalité de leur existence et décident de prendre en main leur destin.
        Par contre, compte-tenu de l’évolution actuelle de la situation sociale je pense que je serai retourné en poussière depuis très longtemps avant que ce phénomène ne survienne.

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    • catherine // 01.08.2020 à 17h36

      Les compte rendus sont disponibles sur internet.

      N’en attendez rien, il n’y rien.

      Si pardon, le dernier avis porte sur la vaccination.

      https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/dossiers-de-presse/article/covid-19-conseil-scientifique-covid-19

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  • pseudo // 01.08.2020 à 09h18

    en fait, si note malheur est de n’avoir que des incapable cupide à la tête de l’état, alors, autant voter pour le pire en espérant que cela fasse gicler le kyste qui empoisonne notre société…

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    • LibEgaFra // 01.08.2020 à 10h46

      Pour qu’une partie de la constitution soit respectée il est indispensable que le président ne dispose pas d’une majorité au parlement. Je n’ai jamais compris comment les électeurs ont pu donner une majorité à Macron.

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      • herve_02 // 02.08.2020 à 13h50

        les modifications constitutionnelles rompant les décallage d’élections 3 ans pour le sénat(1/3) , 5 ans pour l’assemblée, 7 ans pour le président fait qu’une conjonction possible se faisait tous les 105 ans.

        Mais comme ils ne pouvaient pas faire tout ce qu’ils voulaient, ils ont changé et maintenant makon à 5 ans devant lui pour faire ce qu’il veut.

        heureusement qu’on fait barrage.

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  • jean-pierre.georges-pichot // 01.08.2020 à 09h36

    ‘Jusqu’à la mi-mars, les documents du SAGE confirment que le gouvernement a continué à tabler sur une « transmission soutenue » du virus au Royaume-Uni, tout en refusant de mettre en œuvre quelque mesure que ce soit susceptible d’empêcher que cela ne se produise. Le 18 février, par exemple, le procès-verbal du SAGE se termine par ces mots : « Alors qu’au Royaume Uni, la transmission est soutenue, tracer les contacts ne sert à rien ». Je crains que nous soyons dans un de ces cas où une approximation de traduction peut avoir de l’importance. Si, comme je le soupçonne ‘soutenue’ dans ‘transmission soutenue’ est supposé traduire ‘sustainable’, la position défendue serait plus aisément perceptible en recourant au désormais usuel ‘soutenable’. ‘Soutenable’ car ‘progressive’ et compatible avec les moyens de protection et de remédiation disponibles. ‘soutenue ‘ au contraire pourrait se paraphraser par ‘intense’, et c’est le contraire de ce que le gouvernement britannique visait. Une fois le sens du passage rétabli, on ne comprend pas pourquoi le gouvernement aurait dû prendre des mesures pour empêcher cette contamination progressive , puisque sa stratégie consistait à l’autoriser. On peut bien dénoncer cette stratégie. Encore faudrait-il expliquer clairement en quoi elle consiste.

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  • Pier // 01.08.2020 à 10h10

    On justifie actuellement le choix de « ne cherchons pas l’immunité collective » par le fait qu’il n’y a pas de preuve qu’avoir été exposé au covid19 on ne peut plus l’attraper. Si les spécialistes l’affirment je veux bien les croire. Mais mon esprit logique me dit que l’affirmation contraire n’a pas plus de preuve. Et les faits, pour l’instant, n’offrent pas d’exemple convaincant de personnes ayant été recontaminées. Pour l’heure, il me semble donc plus vraisemblable de croire qu’avoir été au contact du virus protège. À voir sur quelle durée.

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    • LibEgaFra // 01.08.2020 à 10h42

      « n’offrent pas d’exemple convaincant de personnes ayant été recontaminées »

      De tels cas existent. J’ai l’exemple d’une connaissance malade comme un chien en septembre (« pneumopathie atypique ») et rechute en décembre.

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      • Pier // 02.08.2020 à 07h07

        Je parle de cas de covid19, je n’ai rien lu sur les autres maladies respiratoires. Vu l’hystérie ambiante sur le sujet, je n’ai pas de doute sur le fait que s’il y avait des rechutes avérées on aurait des articles.

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    • Octave-Key // 01.08.2020 à 13h10

      Le fait de douter que le fait d’avoir été exposé à la Covid-19 pourrait ne pas immuniser contre cette maladie remet en question le principe de la vaccination. Je précise : « le principe de la vaccination pour toutes les maladies contagieuses ». A-t-on de bonnes raisons de penser que la Covid-19 serait une maladie différentes des autres sur ce point ? Et si on n’a aucune raison de penser que ce principe d’immunité communément admis pour toutes les maladies contagieuses n’est pas différent pour la Covid-19, pourquoi l’ évoquer ? Peut-on imaginer que la course effrénée que se livrent tous les labos pharmaceutiques du monde pour la mise au point d’un vaccin serait vaine et inutile ?

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      • herve_02 // 02.08.2020 à 13h55

        « Peut-on imaginer que la course effrénée que se livrent tous les labos pharmaceutiques du monde pour la mise au point d’un vaccin serait vaine et inutile ? »

        Du point de vue de la science ou de la finance ?

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  • Az // 01.08.2020 à 11h12

    Toute la question est de savoir si les asymptotiques auront des séquelles ou non.
    Si il n’y a pas de séquelles, la stratégie du gouvernement britannique pourrait être défendable puisque l’âge moyen des décès se situe autour de 81 ans en moyenne en Europe.
    Oui je sais, c’est terrible de penser comme ça, car au niveau individuel, chaque décès est une tragédie. Mais un gouvernement se doit d’avoir une stratégie prenant en compte le bien commun de la nation dans son ensemble sur le long terme.

    En revanche, si (comme je commence à l’entendre autour de moi ici et là) les asymptomatiques peuvent avoir des séquelles graves et irréversibles (je connais par ex. un cas de tachicardie dont les médecins ont déclaré qu’il était probablement lié à une infection au coronavirus bénigne en mars). Dans ce cas, avoir pris le risque de laisser ce coronavirus devenir endémique sera une erreur grave, à portée historique.

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    • herve_02 // 02.08.2020 à 14h18

      1) il est impossible de contenir un virus sauf à tous vivre dans des bulles stériles.

      2) .. dont les médecins ont déclarés (jusque là ça va) …. probablement lié à une infection au coronavirus bénigne en mars (là moins)

      Donc ils ne savent pas, mais suivent la mode. => Probablement lié (à mange pas de pain) à une (probable) (pas de tests) infection bénigne (pas diagnostiquée).

      On sait qu’il peut y avoir a des séquelles, mais en ce cas, pourquoi on ne fait pas de test ? pourquoi on ne fait pas les radios ? pourquoi on fait comme pour le reste on laisse les gens crever ?

      1 suite) même pour une maladie transmissible endémique à l’humain, il est impossible de l’éradiquer (il suffit de lire un peu, par exemple, sur la rougeole- attention on peut devenir antivaxx lorsque l’on se cultive sur le sujet), alors lorsque les porteurs peuvent être aussi en dehors du genre humain, penser qu’on va éradiquer le virus est de la science fiction. On peut le contenir, le soigner, mais l’éradiquer par une action humaine est même pas utopique, juste impensable. On peut juste l’intégrer dans notre biotope : le faire circuler, favoriser les formes bénignes, comprendre comment le soigner, comprendre comment surveiller efficacement les personnes à risques.

      Maintenant le but n’est pas de soigner, mais pour les industriels faire de l’argent et pour les politiques garder le pouvoir. alors…

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  • Kasper // 01.08.2020 à 11h59

    @Az Dans tous les cas, reste le problème d’avoir pris cette décision risquée sans connaissance préalable sur la maladie.

    C’est comme la roulette russe: on a 5 chances sur 6 de survivre mais ca reste une mauvaise idée.

      +3

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    • Az // 01.08.2020 à 12h27

      C’est certain.
      En même temps, on pourrait tirer le même type de conclusion au sujet de décisions des gouvernements sur toute une série de nouveautés aux effetsde long terme inconnus : l’utilisation à grande échelle des ondes électromagnétiques, les traitements divers et variés (ceux contre l’infertilité, les vaccinations, etc.), la dissémination de polluants eux aussi divers et variés dans l’environnement et l’alimentation, les innovations societales qui pourraient à terme influer sur la santé mentale des populations (qu’en sait-on ?)… Les motifs d’inquiétude ne manquent pas.

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  • Syméon // 01.08.2020 à 13h20

    Si le Royaume risquait « 1/2 million de morts », alors la Suède aurait dû en avoir, à proportion, 75000. Or ils en ont 5743 ce jour. Ce qui fait une erreur des prévisionnistes d’un facteur 13, autrement dit une erreur monstrueuse, gigantesque ! Ou plutôt, comme le dit l’article, une prévision farfelue. Si de plus on enlève des 46000 morts les 6000 ou 8000 en trop actuellement sous examen par une Commission officielle exigeant un re-décompte, on a exactement le résultat suédois, au mort près. Les stratégistes peuvent retourner jouer aux jeux en ligne…

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    • jean-pierre.georges-pichot // 01.08.2020 à 21h51

      Relire l’article du 28 mai : ‘De l’utilité des mathématiques pour comprendre la dynamique des épidémies’ par Laurent Lafforgue. « Le nombre des morts de la première vague que nous avons connue est grosso modo proportionnel au niveau atteint par l’épidémie au moment où ces mesures ont été prises. Cela signifie que si ces mesures avaient été prises 10 jours plus tôt, nous aurions aujourd’hui seulement quelques milliers de morts au lieu de dizaines de milliers. Si elles avaient été prises 3 jours plus tôt, nous aurions environ 2 fois moins de morts. En revanche, si ces mesures avaient été prises 10 jours plus tard, nous aurions aujourd’hui des centaines de milliers de morts.»  jp répondait : « On ne peut pas résumer à de simples progressions géométriques des interactions biologiques complexes…..» Arnould contrait : «Si. On peut, au début de l’épidémie lorsque l’ agent pathogène arrive en terrain vierge et infini de son point de vue. Ensuite lorsqu’il rencontre des limites, on parle dynamique des systèmes linéaires qui mènent à […] toutes sortes de formes bizarres. » Puis « Ydel » : « le ratio entre le nombre de morts actuels et le nombre de morts au début des mesures de confinement est largement variable : il est de 163 en France et de 52 en Italie, soit un rapport de 3 pour 1. Rien que cela invalide ses conclusions comme quoi l’Allemagne aurait eu 4x plus de morts en réagissant plus tard. » Une erreur d’un facteur dix ou davantage n’est pas extraordinaire, mais ce qui est explosif, c’est la rencontre de la science avec des politiciens pressés.

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      • Syméon // 02.08.2020 à 06h26

        Ce qui est explosif c’est que les sociétés toutes entières se soient fait abuser par une fausse science, encore une fois celles des modélisateurs. Croire qu’un virus se propage de façon automatique, autant de contacts, autant de contaminés, autant de % de morts, c’est non seulement n’importe quoi du point de vue biologique, mais c’est une insulte à la connaissance historique. Que ces matheux (je le dis sans complexe, j’en suis un, mais pas seulement) aillent d’abord expliquer pourquoi, lors par exemple des grandes pestes, dont celle de Marseille de 1720, quand la ville s’ouvre à l’extérieur, que les contacts grandissent, et bien…la peste s’arrête en fait. Idem en 1348, elle se répand, tue une grosse part des européens et…s’arrête. Ce n’est pas la propagation géométrique qui est « explicative » de la biologie mais le contraire, l’arrêt de la propagation. Si les matheux avaient un tant soit peu examiné l’influence de cette « condition aux limites » sur la nature même de la propagation, ils n’auraient pas aligné autant d’âneries.

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        • herve_02 // 02.08.2020 à 14h35

          Les soucis c’est que depuis la guerre, pour fabriquer des ingénieurs pour reconstruire, la sélection en france se fait sur les maths : tu peux être un affreux con odieux, limite psychopathe illuminé, si tu es bon en math tu accèdes aux postes à responsabilités. Tu comprends rien à rien mais si tu arrives à utiliser la bonne formule bingo. Même les médecins viennent des filières scientifiques (et pourtant en activité ils sont incapable de repérer une étude statistiques pourrite wtf).

          Le problème des maths c’est que c’est de la science pure, qui ne marche que dans l’abstraction du modèle pur appliqué uniquement aux chiffres et ensembles. Les statistiques sont une forme mathématique des probabilités : une pièce à 50% de chance de tomber sur pile. Sur une infinité de lancée, il y aura moitié pile et moitié face. Mais sur 10 lancés on ne peut pas prévoir avec certitude 5 pile.

          Vouloir appliquer les math à l’espèce humaine est juste débile. Chaque individu est par nature différent de l’autre. vouloir faire des « modèles » est donc naturellement voué à l’échec. D’autant plus qu’on ne sait à peu près rien sur rien.

          Une preuve facilement accessible : allez chez un médecin avec un truc un peu atypique, il va faire un diagnostic, répétez le cas chez 10 médecins et comparer les diagnostics et les ordonnances. Et je ne parle pas des cas ou il arrive pas à le raccrocher à un truc connu et décide que c’est dans votre tête.

          alors joindre dans un même truc le modèle mathématique ET la médecine c’est comme de l’art moderne abstrait ou une performance artistique nihiliste.

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        • lon // 02.08.2020 à 22h04

          J’avais reçu ça en mars d’un ami américain , lui-même biologiste universitaire , qui y adhérait dur comme fer
          Ecrit par un matheux . Ah , rien de tel qu’une bonne projection .
          https://medium.com/@tomaspueyo/coronavirus-act-today-or-people-will-die-f4d3d9cd99ca

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          • jean-pierre.georges-pichot // 08.08.2020 à 10h29

            C’est sûrement le meilleur texte que j’aie vu sur le sujet. OB devrait le faire traduire ! Mais il semble que cela soit déjà fait. Il suffirait donc de le publier. Une petite remarque : aucun projectionnisme dans sa méthode. Nous sommes devant de l’histoire naturelle.

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  • catherine // 01.08.2020 à 17h54

    Concernant l’enquête en Angleterre :

    https://covidinfos.net/covid19/le-nombre-de-deces-du-au-covid-en-angleterre-serait-faux-et-surestime-le-ministre-de-la-sante-ordonne-une-enquete/1437/

    On retrouve ce doute sur l’origine réelle des décès officiellement attribués à la Covid 19 dans beaucoup de pays.

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    • herve_02 // 02.08.2020 à 14h39

      Euh…..

      dire qu’avec une infection respiratoire qui peut mal tourner il faut rester à la maison avec du doliprane et rappeler lorsqu’on arrive plus à respirer fabrique consciemment des morts. Trier aux urgences, fabrique consciemment des morts, laisser les vieux en éhpad en déshérance, fabrique consciemment des morts.

      Nos autorités ont tué plus de gens que le virus.

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      • Syméon // 02.08.2020 à 16h13

        Tout à fait! Ainsi que de pratiquer les intubations systématiques sans essai randomisé. Livrer les malades avancés aux anesthésistes réanimateurs, c’était surtout les livrer à l’anesthésie définitive. Et là, rien, aucune critique. Autant le droit de prescription des médecins a été bafoué jusqu’à la porte de la salle de réa, autant une fois franchie cette porte, c’était open bar et liberté totale, liberté absolue même de pratiquer sa pratique, sans recul, sans interrogation. Résultat: la France est de très loin championne du monde des morts/hospitalisés.

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        • lon // 02.08.2020 à 21h58

          Oui, s’il avait fallu achever l’hôpital public aux yeux de la population , on ne s’y serait pas pris autrement . J’ai assez de témoignages autour de moi . Prochaine crise et ce sera en masse vers le privé .

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