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2.mars.20152.3.2015 // Les Crises

Un exemple où on essaie d’imposer une théorie du complot : l’assassinat de Boris Nemtsov

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Je partage avec vous ces éléments après l’odieux assassinat de l’homme politique russe Boris Nemtsov – la bêtise médiatique (manipulatrice) est vraiment décourageante…

Vu par l’Obs

Samedi matin, article en une de L’Obs – Vincent Jauvert alias “legrandreporter” est là :

Lire ici

On a donc un meurtre innommable, pas la moindre idée des responsables, mais, dans ce contexte, Jauvert ressort ce papier tel quel… Un exemple de déontologie journalistique !

“L’opposant”

Vous noterez la narrative : Boris Nemtsov n’était donc pas un “homme politique”, non non, c’était un “opposant” :








Bon France bleu reprend cependant la réaction de Poutine – même s’il tombe dans le “Un meurtre dénoncé par la communauté internationale” :

1/ en quoi est-ce une information vu que cela tombe sous le sens – certains pays seraient censés se réjouir d’un meurtre ?

2/ je rappelle que, généralement, “communauté internationale” = États-Unis + UE + Canada + Australie (donc moins d’un milliard d’habitants sur 7…). Le reste du monde a signalé cette information, sans accuser le pouvoir en place, comme cela se fait régulièrement dans ce genre de drame lorsqu’ils surviennent hélas ailleurs qu’en Russie…

Bien entendu, employer systématique le nom “opposant” pour un politique venant de se faire assassiner laisse insidieusement la furieuse impression qu’il a forcément été assassiné par la personne à laquelle il s’opposait…


Le parcours de Boris Nemtsov

Ce physicien né en 1959 se lance en politique en 1989 avec un programme libéral, et est élu en 1990 au Parlement – battant une dizaine de candidats plus ou moins communistes.

Ayant fermement soutenu Boris Eltsine durant les évènements de 1991, il obtient son soutien et devient gouverneur de la région de Nizhny Novgorod (3 millions d’habitants – autant que la Bretagne par ex.), qui gagne alors le surnom de “laboratoire des réformes” libérales (qui entrainent en effet un boom de la croissance économique). Margaret Thatcher en fera l’éloge lorsqu’elle ira visiter de Nizhny Novgorod en 1993…

A la suite de la visite, il est élu à la chambre haute du Parlement russe, soutenus par les deux partis libéraux.

En mars 1997, il est nommé par Boris Eltsine Vice-Premier Ministre (à 38 ans…), en charge de la réforme du secteur de l’énergie.

Il est alors très populaire et apparait comme le probable dauphin de Eltsine pour la présidentielle de 2000.

Sa carrière prometteuse ne résista cependant pas à la grave crise économique de 1998. Il démissionna au printemps 1998.

En aout 1999, il fut un des cofondateurs du parti de l’Union des Forces de Droite, coalition libérale qui obtient près de 9 % des voix aux législatives de 1999, où il redevint député.

Et ce fut finalement Vladimir Poutine qui fut désigné dauphin de Boris Eltsine.

Sans aller très loin, au début de la fiche Wikipedia en français, on lit :

Après avoir été gouverneur de l’oblast de Nijni Novgorod, il entame une ascension fulgurante sous la présidence de Boris Eltsine et devient vice-premier ministre chargé de l’économie de 1997 à 1998, Boris Nemtsov était ministre de l’Énergie sous Boris Eltsine, ce qui lui valait d’être régulièrement dénoncé par le Kremlin comme un homme politique lié aux oligarques qui ont profité de la vague de privatisations des années 1990.

Aux législatives de 2004, l’Union des Forces de Droite s’écroula, et obtint seulement 4 % des voix, perdant tous ses députés. Nemstov démissionna alors de la direction du parti, endossant la responsabilité de l’échec. Il signa alors un appel alertant du danger d’une dictature de Vladimir Poutine.

En février 2004, il fut nommé directeur de la Neftyanoi Bank, et président de Neftyanoi Concern, sa maison-mère.

Après la révolution orange de 2004 en Ukraine, il devint conseiller économique du président ukrainien pro-occidental Viktor Iouchtchenko.

Il fut révoqué en 2006, et Iouchtchenko perdit au 1er tour de la présidentielle de 2010 face à Viktor Ianoukovytch – avec un peu glorieux 5 % des voix (caramba, ça ne paye pas dans le coin le libéralisme pro-occidental on dirait…).

Fin 2008, Nemtsov cofonda le parti Solidarnosc avec Gary Gasparov. Il a été arrêté plusieurs fois très brièvement pour avoir participé à des manifestations non autorisées.

Nemtsov, natif de Sochi, critiqua fortement la tenue des Jeux Olympiques de 2014. Il se porta candidat aux municipales de sa ville natale de 2009. Il perdit avec 14 % des voix (contestant le score), battu par le candidat du parti de Poutine qui obtint 77 % des voix.

En 2012, Vladimir Poutine fut réélu président de Russie au 1er tour avec près de 65 % des voix. Les autres candidats étaient :

  • Ziouganov du parti communsite, avec 17 % des voix
  • Prokhorov, milliardaire indépendant, avec 8 % des voix
  • Jirinovski, nationaliste, avec 6 % des voix
  • Mironov, avec 4 % des voix

Nemtsov était donc passé du devant de la scène à la fin des années 1990 au fond des coulisses en 2015. Pourquoi la presse occidentale le désigne-t-il comme le “leader de l’opposition en Russie”, nul ne le sait…

Pour ses prises de position récentes, notons qu’il a évidemment soutenu les manifestations du Maidan à Kiev, déclarant fin 2013 : “Nous soutenons le mouvement de l’Ukraine vers l’intégration européenne. En soutenant l’Ukraine, nous nous soutenons aussi nous-mêmes”.

Il condamna le tir sur le vol MH-17 : “Les salauds qui ont fait ceci doivent être détruits.”

Et il fut un des rares hommes politiques russes a avoir condamné le rattachement de la Crimée à la Russie. (en bon démocrate pro-occidental, il n’aimait donc pas que des peuples votent pour refuser de se rapprocher de l’Occident).

Enfin, en septembre 2014, il écrivit dans le Kiev Post que “cette guerre n’est pas notre guerre, ce n’est pas votre guerre, […] c’est la guerre de Vladimir Poutine”.

Ces positions irritaient donc beaucoup de personnes en Russie. Comme on le sait, il avait appelé à une manifestation le dimanche 1er mars .Ce que nos médias n’ont nullement rapporté c’est que plusieurs groupes d’opposition avaient décidé de ne pas manifester, estimant que la direction de la manif s’était muée en groupe de soutien à Kiev… (http://izvestia.ru/news/583471)

 

Petit détail largement tu, il avait de très bons amis américains, comme le fameux John McCain (ici en 2013) :

qui a du coup déclaré qu’il avait “le cœur brisé” à cause de ce meurtre :

Il aimait bien les Clinton aussi :

Bref, un ancien ministre de l’économie de Eltsine, quoi…

Je suis quand même sidéré que ces informations, pourtant facilement accessibles, ne soient guère rappelées dans nos médias – c’est pourtant à la portée du premier journaliste venu…

 

Mais non, on préfère laisser prospérer les rumeurs délirantes, comme vous l’avez vu – évidemment sans la moindre preuve. Je vous recommande vraiment la lecture des commentaires de l’Obs, c’est du TRÉS lourd !

Dingue oui…

Les réactions

Outre McCain (très touché évidemment, vu que c’était probablement son poulain pour sa révolution orange…), on a pu lire ceci :

“un défenseur courageux et inlassable de la démocratie et un combattant acharné contre la corruption” : c’est vrai qu’il dénonçait fortement celle des pouvoirs en place, mais enfin, venant du ministre d’Eltsine qui a participé à la scandaleuse privatisation du secteur de l’énergie du pays, ils n’ont honte de rien…

Obama a fait bien mieux !

“Les États-Unis condamnent le meurtre brutal [sic.] de Boris Nemtsov, et nous appelons le gouvernement russe à mener une enquête rapide, impartiale et transparente sur les circonstances de ce meurtre et à s’assurer que les responsables de cet assassinat violent [re-sic.] soient traduits en justice. Nemtsov était un défenseur infatigable de son pays, cherchant à amener à ses concitoyens russes les droits auxquels tous les peuples méritent. J’ai admiré le dévouement courageux de Nemtsov à la lutte contre la corruption en Russie et apprécié sa volonté de partager ses vues franches avec moi quand nous nous sommes rencontrés à Moscou en 2009. Nous offrons nos sincères condoléances à la famille de Boris Efimovich et au peuple russe, qui a perdu l’un des défenseurs les plus dévoués et éloquents de ses droits.” [Barack Obama, 28/02/2015]

Cela vient du type qui espionne le monde entier, tout va bien…

 

Tiens, notre ancienne ministre des Affaires euroépennes de Chirac à réagi dignement :

 

Porochenko a lui aussi réagi, en écrivant sur sa page Facebook que “Nemtsov était un pont entre l’Ukraine et la Russie. Ce pont a été détruit par les meurtriers. Je pense que ce n’est pas un hasard. Je suis sûr que les meurtriers seront punis tôt ou tard“.

Mais la palme est remportée (provisoirement) par la présidente de Lituanie (vous savez, le bidule qui est dans l’Europe et désormais dans l’OTAN) :

“Le meurtre de Boris Nemtsov montre que la Russie s’enfonce dans les ténèbres de la terreur contre son propre peuple…”

C’est sidérant, c’est la Présidente du pays, qui vient d’être réélue… Mais pourquoi s’est-on rapprochés de ces fous ?

Le pays va bien d’ailleurs :

Enfin, au niveau presse, mention à la COLOSSALE manifestation à Moscou : 70 000 personnes selon les organisateurs, 18 000 selon la police – pour 12 millions d’habitants dans la capitale…A comparer à Charlie – ce qui donne une idée de la popularité, et donc du danger, de Nemtsov…

La presse aura choisi les bonnes photos :

aze

“Poutine a tué mon ami” – tout va bien…

“Vague d’hommage” : hmm, vaguelette plutôt…

Mais ça bouge à Paris selon le Figaro :

Eh, plusieurs “dizaines de personnes”, ça fait vite 57 personnes… Surtout venant d’une association de premier plan, avec “une centaine de membres” revendiqués – bon, on est seulement 4 000 chez Diacrisis, mais n’ayez crainte, une manifestation de notre part ne sera évidemment pas relayée dans les médias.

Le pompon à l’Obs, encore :

“Hommage massif” : on a vu bien mieux quand même, surtout pour le soi-disant “leader de l’opposition”…

A la fin de l’article :

Eh oui, un article sur le meurtre de Nemtsov doit évidemment contenir une référence à Marine le Pen !!! (indispensable pour toucher la prime de 100 € pour chaque mention de MLP dans un média ? Je ne vois que ça comme conclusion à tirer… 🙂 )

Quant à la citation, en effet, de quoi mourir de rire : oser déclarer qu’on fait confiance à la justice d’un pays frappé douloureusement, quelle stupidité diplomatique : on sait bien que c’est le moment pour s’essuyer les pieds sur un pays, on peut se permettre, vu l’état du nôtre !

Enfin, je signale que si quelqu’un doit mettre la pression sur l’appareil d’enquête russe, c’est bien Poutine, car la 1re règle dans ce cas, c’est “À qui profite le crime ?”…

P.S.. Juste pour rire, c’est dans ce climat que Vincent Jauvert sort une interview d’un rocker russe, sobrement intitulée :

“L’autre bête noire” : la première était Nemtsov j’imagine ?

Avec cette magnifique citation :

Quand Poutine a pris la Crimée, je ne pouvais plus me taire, je me sentais trop mal. Les gens trouvent cette annexion normale. On leur a tellement bourré le crâne. La plupart n’ont pas compris, ils sont trop jeunes. Mais ceux qui, comme moi, ont vécu à l’âge adulte en URSS devraient être immunisés contre une telle propagande, cynique et brutale.”

Voici un fabuleux papier de l’Obs du 2 mars :

Meurtre de Nemtsov : la fin de “l’indulgence coupable” à l’égard de Poutine

Pour les éditorialistes, le meurtre de l’opposant à Vladimir Poutine, Boris Nemtsov, place les Occidentaux devant leurs responsabilités.

Le meurtre de l’opposant à Vladimir Poutine, Boris Nemtsov, place les Occidentaux devant leurs responsabilités. C’est ce qu’estiment lundi 2 mars les éditorialistes. Ils en appellent à la fin de “l’ingénuité” et de “l’indulgence coupable” à l’égard du dirigeant russe.

Certes, “rien ne permet d’accuser le régime ou ses affidés”, note Philippe Gélie dans “Le Figaro”. “Reste que l’ancien ministre défiait Poutine, dénonçait l’agression russe en Ukraine et avait exprimé son soutien à ‘Charlie Hebdo’. Dans la Russie d’aujourd’hui, chacun de ces crimes peut valoir quatre balles dans le dos”, ajoute l’éditorialiste du quotidien conservateur.

[OB : Et en France, faire des dessins de Mahomet peut vous valoir un tir de kalachnikov en pleine face…]

“La rue rend hommage à l’opposant assassiné”

L’homme fort du Kremlin se montre aussi implacable vis-à-vis de ceux qui le défient en interne qu’à l’extérieur“, constate Marc Semo dans le billet qui ouvre les quatre pages que “Libération” consacre à l’évément.

La presse française se fait largement l’écho de l’émotion suscitée par l’assassinat de l’opposant et ancien vice-Premier ministre russe, vendredi près du Kremlin.

“La rue rend hommage à l’opposant assassiné”, titre “La Croix” après le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes, 70.000 selon les organisateurs, dimanche à Moscou.

Dans “Les Echos”, un reportage de Benjamin Quénelle nous transporte parmi les manifestants qui ont défilé “entre deuil et colère”. “Comment ce meurtre a-t-il pu se faire sans la complicité d’une partie des autorités ?” s’interroge Piotr.

[OB : Ben oui, tirer 4 balles dans le dos de quelqu’un dans la rue, ça demande au moins l’aide des services secrets…]

Pour le quotidien communiste “L’Humanité”, “l’origine politique du meurtre de Boris Nemtsov ne fait aucun doute” et “la gestion par Poutine du conflit avec l’Ukraine alimente les tensions”.

Certes, “20 Minutes” rappelle la popularité écrasante de Vladimir Poutine dans l’opinion russe. “L’assassinat de l’opposant Nemtsov ne devrait pas bouleverser le pays”, croit donc savoir le journal gratuit.

“La dérive impérialiste et autocratique de Poutine”

Mais la presse s’attend et appelle même à de fortes secousses diplomatiques.

“Le meurtre de Nemtsov, qui n’est que le dernier d’une longue série, révèle une image profondément préoccupante et attristante de la politique russe, une image qui devrait faire réfléchir tous ceux qui, chez nous, à droite comme à gauche, font preuve à l’égard de la Russie et de ses intérêts de sécurité d’une compréhension qui s’apparente parfois à une indulgence coupable“, écrit Luc de Barochez dans “L’Opinion”.

“Face à Poutine, les Occidentaux, et notamment les Européens, à commencer par Paris, ont longtemps péché par ingénuité sans vouloir admettre que l’ancien ‘guébiste’ ne comprenait que le rapport de force. L’élimination de cet opposant après tant d’autres assassinés, emprisonnés ou exilés, est un nouvel avertissement”, insiste “Libération” sous la plume de Marc Semo.

Pour Bruno Dive de “Sud-Ouest”, “il faut au moins espérer que ce meurtre dessille enfin les yeux de ces dirigeants politiques, français et européens, de droite comme de gauche. Tous fascinés par le maître du Kremlin”.

“Cumulé à la crise ukrainienne, l’assassinat de Boris Nemtsov marque donc une rupture dans la façon dont l’Occident observe la dérive impérialiste et autocratique de Poutine“, espère Philippe Waucampt du “Républicain lorrain.”

[OB : impérialiste ? On est dans de la folie pure là, faut consulter… Et les USA ils sont dans quelle dérive svp ?]

Le Monde n’est évidemment pas en reste :

Au lendemain de la marche en hommage à Boris Nemtsov, qui a réuni des dizaines de milliers de Moscovites, 70 000 selon un organisateur – un nombre qui rappelle par son ampleur les grandes manifestations organisées en 2011 et 2012 contre le président Vladimir Poutine –, la presse russe se faisait l’écho, lundi 2 mars, du choc causé par le meurtre de l’opposant et ancien vice-premier ministre russe, assassiné vendredi près du Kremlin.

« Les réactions à l’assassinat de Boris Nemtsov ont été extraordinaires, à la mesure de cet homme », salue le quotidien Kommersant, qui voit dans la mort de l’opposant celle « de la politique ». Ce meurtre « constitue une barrière psychologique que vient de franchir la Russie, et elle ne sera plus jamais la même », prévient pour sa part le quotidien financier Vedomosti. « Beaucoup de gens ont dit après l’assassinat “Nous nous sommes réveillés dans un autre pays”. Oui, et certains se sont réveillés tout court », souligne le journal, qui a qualifié de « marche contre la peur » le rassemblement en hommage à Boris Nemtsov.

Alors que les autorités ont déclaré étudier toutes les pistes pour retrouver les meurtriers, certains médias dénoncent le « climat de peur » instauré par le Kremlin. « Cela fait longtemps – au moins un an – que nous vivons dans un pays où la dissidence est assimilée à la trahison, pour laquelle on peut être tué », lance Vedomosti, qui rappelle que « la guerre, tout comme les tueurs à gages, sont faciles à lancer, mais bien plus difficiles à arrêter ».

De son côté, le journal d’opposition Novaïa Gazeta, qui publiait un entretien réalisé avec Boris Nemtsov en avril, rappelle que l’opposant recevait régulièrement des menaces de mort, sans pour autant y croire. « Eh bien oui, ils le peuvent : me tuer je ne sais pas, mais m’envoyer en prison certainement », déclarait l’opposant, qui se disait « immunisé ». Pour le journal, « au lieu d’avoir un Maïdan », mouvement populaire qui a mené il y a un an à Kiev à la destitution du président ukrainien, « Moscou a obtenu le Donbass », région de l’est de l’Ukraine déchirée par les combats entre les séparatistes prorusses et l’armée ukrainienne.

Seul le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda dit ne pas croire à un crime motivé politiquement. « Qui de nous tue ici pour des raisons purement politiques ? Voyons, nous ne sommes pas en Ukraine (…). Pour l’argent, on tue. Pour de la politique, non », soutient le journal.

Mais selon Novaïa Gazeta, peu importe, le résultat est le même : « L’assassinat de Nemtsov c’est un point de non-retour, une déstabilisation radicale de la situation politique en Russie dont les conséquences ne sont pas encore imaginables », s’inquiète le journal. Les répercussions de son meurtre pourraient toucher jusqu’à la politique étrangère de la Russie et « devenir un solide argument en faveur des partisans d’une politique dure à l’égard de Moscou », s’alarme enfin Kommersant.

 

Libération, évidemment (vivement qu’il crève ce torchon, mais bon, comme il y a toujours des millionnaires qui renflouent…) :

Nemtsov assassiné : la responsabilité de Poutine, par Marc SEMO

L’agressivité permanente du président russe contre toute forme d’opposition explique que des sicaires soient passés à l’acte.

S’il était l’une des figures de proue d’une opposition démocratique toujours plus marginalisée, Boris Nemtsov ne menaçait pas le pouvoir d’un Poutine toujours au faîte de sa popularité. Mais cet ancien ministre réformateur des années 90, devenu un inlassable pourfendeur de la corruption comme de la guerre en Ukraine, était un symbole. Les dizaines de milliers de manifestants dimanche à Moscou ont dénoncé, à raison, un crime d’Etat soulignant les responsabilités politiques de Poutine. L’assassinat s’est déroulé au pied du Kremlin dans l’un des lieux les plus sécurisés de Moscou. Jour après jour, en outre, la machine de propagande du pouvoir pourfend les adversaires de l’agression russe dans le Donbass ukrainien comme des traîtres et des agents de l’étranger, donc des ennemis à éliminer.

Ce climat de “licence de tuer” explique que des sicaires soient passés à l’acte. L’homme fort du Kremlin se montre aussi implacable avec ses opposants en interne qu’avec ceux qui le défient à l’extérieur, dans des ex-républiques soviétiques tentées, comme auparavant la Géorgie ou aujourd’hui l’Ukraine, d’échapper à l’emprise russe. Face à Poutine, les Occidentaux, notamment les Européens à commencer par Paris, ont longtemps péché par ingénuité, sans vouloir admettre que l’ancien «guébiste» ne comprenait que le rapport de force. L’élimination de cet opposant après tant d’autres assassinés, emprisonnés ou exilés, est un nouvel avertissement.

 

Sinon, quand on sort du complotisme, selon la presse russe, les enquêteurs travaillent sur au moins cinq pistes possibles :

  • tentative de déstabilisation de la Russie,
  • piste ukrainienne,
  • affaire privée en relation avec le jeune mannequin ukrainien de 23 ans qui l’accompagnait
  • piste islamiste en relation avec la prise de position remarquée de Nemtsov sur Charlie Hebdo

 

Bref, il ne s’agit pas ici de dédouaner qui que ce soit, mais de demander que les commentateurs laissent la justice travailler (surtout quand ils ne connaissent rien au sujet), ou alors qu’ils donnent des PREUVES de ce qu’ils avancent.

Sinon, on aboutit à ceci : une magnifique théorie du complot, où Poutine tire toutes les ficelles (comme si des nationalistes ne pouvaient pas tuer tout seuls comme des grands !) et fait tuer ce type désormais insignifiant devant le Kremlin, en pleine crise avec l’Occident – mais bon, venant d’un “autiste”…

La minute hélas nécessaire de BHL

« Boris Nemtsov, Poutine et la guerre », par Bernard-Henri Lévy – Le 28 février 2015

J’ai rencontré Boris Nemtsov en avril 2000.

C’était le lendemain de la deuxième guerre de Tchétchénie.

J’étais venu interviewer le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Igor Ivanov.

Et j’en avais profité pour voir, le lendemain, dans les locaux d’une association de mères de soldats, celui qui n’était alors qu’un ancien gouverneur de Nijni-Novgorod, longtemps dauphin présumé de Eltsine, mais que le kagébiste Poutine avait, au dernier moment, coiffé au poteau.

Non, le futur banquier était totalement discrédité par la crise économique

Boris Nemtsov n’était pas encore l’incarnation de l’opposition démocratique en Russie qu’il est devenu avec le temps.

Ahahahahah

Mais il avait le charme, le charisme et, dans son beau visage de boxeur buté et aux aguets, l’intensité hypnotique propre à ceux qui, même s’ils ne le savent pas tout à fait, ont décidé de vouer leur vie à une cause qui les dépasse.

C’est de la bonne ?

Et je me souviens de la colère tranquille, presque logique, avec laquelle il avait évoqué quelques-uns des épisodes les plus sanglants de la chute, le mois précédent, de Grozny : tant de radicalité n’était pas fréquente dans un camp démocrate contaminé par un nationalisme grand-russe qui perdure, aujourd’hui encore, jusque chez un Khodorkovski – et elle faisait de ce jeune homme raisonnable et exalté l’opposant le plus lucide et, surtout, le plus entier à la nouvelle tyrannie rouge brune qui s’abattait sur la Russie.

Oh oui, c’est de la bonne !

Ceux qui l’ont tué, ce 27 février 2015, sur le grand pont de pierre, à deux pas du Kremlin, savaient cela.

Ils savaient qu’ils éliminaient celui qui, de la Tchétchénie donc à l’immense entreprise de corruption que fut l’organisation des JO de Sotchi en passant par la défense intraitable de la liberté de la presse, fut le plus conséquent des chefs de l’opposition.

Ah bon, il est fort ce BHL, il sait tout sur tout ! Un vrai service de renseignement à lui tout seul…

Ils savaient que l’homme qu’ils abattaient et qui n’avait cessé, depuis dix ans et plus, de dénoncer l’essence mafieuse de la tyrannie poutinienne s’apprêtait, puisqu’il l’avait annoncé, à divulguer un rapport prouvant l’implication directe de militaires russes dans le Donbass.

Bien sûr…

Il ne pouvaient pas ignorer que leur cible de cette nuit-là était l’âme et la conscience du parti de ceux, de plus en plus nombreux, qui ont, à Moscou même, compris que cette guerre dans l’est de l’Ukraine est une folie, non seulement criminelle, mais suicidaire et qui est en train de mettre la Russie à genoux.

Surtout l’Ukraine quand même, de ce que je vois…

Bref, comme les assassins d’Anna Politkovskaïa en 2006, comme ceux de Sergei Magnitsky en 2009, comme d’autres, ils ont tué celui dont la voix – éclatante et qui, même étranglée, ne se taisait jamais – était l’honneur du peuple russe ; ce même peuple russe dont Vladimir Poutine s’ingénie, lui, au même moment, à défigurer les plus hautes valeurs.

Boris Nemtsov, c’était l’anti Poutine.

Tandis que l’un se réclame de Staline et du pire tsar de l’histoire russe, Nicolas 1er, l’autre était l’héritier conjoint de Sakharov, de Soljenitsyne et des dissidents de l’âge soviétique.

C’est là qu’on voit tout le caractère manipulateur de ce type : il cite Soljenitsyne alors que, quand celui-ci à plaidé pour un réveil des valeurs russes, il a écrit un odieux billet dans Libération du 26 septembre 1990, prononçant la formule du bannissement intellectuel : « Il n’est pas récupérable : Adieu Soljénitsyne ».”

Et il est évident que sa mort est un coup dur pour la vraie grande Russie – celle qui est grande, non par les armes, mais par l’esprit et par cet insatiable désir de liberté qui va des décembristes à Pasternak en passant par cet hymne aux « libertés tcherkesses » de Pouchkine ou Lermontov que Boris Nemtsov avait sans doute en tête lors de notre rencontre d’il y a quatorze ans…

Nul ne sait, à l’heure où j’écris, qui a commandité le crime.

Eh bien on se la ferme alors…

Et l’on peut faire confiance au tortueux Poutine pour produire, le moment venu, un coupable idéal dont la personnalité viendra confirmer le conspirationnisme forcené dont il nourrit son peuple.

Alors que ce papier est garanti 100 % sans conspirationnisme, vu que BHL a toutes les preuves de ce qu’il avance ou sous-entend !

Mais ce que l’on sait, d’ores et déjà, c’est qu’une horreur pareille n’était possible que dans une Russie livrée, depuis vingt ans, à une violence d’Etat impunie.

Eh oui… Et assassiner des dessinateurs, c’est possible où ?

Ce qui est sûr c’est que Boris Nemtsov serait encore en vie et serait demain, dimanche, en tête de la manifestation anti guerre à laquelle il venait encore d’appeler, trois heures avant de succomber, sur l’antenne de Ekho Moskyy, si l’on ne sortait de vingt ans d’une chasse aux opposants où tout ce qui fait profession de démocratie a été méthodiquement trainé dans la boue et réprimé.

Et il en va de ce meurtre comme de celui de Jean Jaurès dont l’Histoire a moins retenu l’auteur direct que le vent de folie qui l’a rendu possible et qui soufflait, depuis des années, dans la presse d’extrême-droite, nationaliste et antidreyfusarde.

Puisse la comparaison s’arrêter là.

Et plaise au ciel que la mort de Boris Nemtsov n’ait pas la même signification rétrospective que celle du dernier chantre de l’internationalisme d’avant 1914.

Il va falloir, demain, regarder de très près ce qu’il adviendra de la manifestation pacifiste qu’il avait voulue et qui est en train de se transformer en manifestation de deuil et d’hommage à son courage et à sa mémoire.

Ou bien l’opposition, sonnée par ces quatre coups de révolver (autant, a dit son ami Kasparov, que d’orphelins qu’il laisse derrière lui), rentre dans le rang et attend.

Ou bien elle répond à l’intimidation par une mobilisation redoublée et fait à Boris Nemtsov un cortège recueilli et glorieux : et, alors, le parti de la guerre (contre l’Ukraine, contre l’Europe et, à la fin des fins, contre la Russie même) connaîtra sa première vraie défaite.

Le parti de la guerre, je vois assez bien qui c’est, c’est marqué dessus…

P.S. juste pour rire :

La minute vraiment nécessaire de Jacques Sapir

Chacun appréciera la différence de niveau…

Assassinat à Moscou

1 mars 2015

Par

Il est aujourd’hui prématuré de vouloir désigner un coupable dans l’assassinat de Boris Nemtsov, mais au vu de l’émotion que cet acte odieux a provoqué, on peut néanmoins poser un certain nombre de questions. Ayant connu personnellement Nemtsov au début des années 1990, quand il fut élu maire de Nijni-Novgorod, puis l’ayant rencontré à plusieurs reprises jusqu’à son entrée au gouvernement, j’ai été ému, comme bien d’autres.

Je n’oublie pas non plus que le ralliement de Nemtsov aux idées libérales qui avaient cours en Russie à cette époque en fit un des responsables (même s’il ne fut pas, et de loin, le principal responsable) de la détestable politique économique qui conduisit le pays à la ruine et sa population à la misère, jusqu’à la crise financière de 1998. A partir de 2004, et de la « révolution orange » en Ukraine, il s’était rapproché de l’équipe de Victor Ioutchenko et des « pro-occidentaux » en Ukraine, au point de devenir un éphémère conseiller du gouvernement ukrainien. Son opposition à Poutine l’avait conduit à fréquenter les milieux oligarchiques et des gens étranges à Kiev. Plus récemment, il avait pris fait et cause pour le mouvement dit « de Maïdan » et il critiquait la position du gouvernement russe à propos de la crise ukrainienne.

Son opposition systématique à Vladimir Poutine l’avait marginalisé et il était bien moins connu que d’autres figures de l’opposition comme Zyuganov (le dirigeant du Parti Communiste de Russie ou KPRF), Alexeï Koudrine, l’ancien ministre des finances, ou même Navalny. Aux dernières élections son micro-parti avait eu moins de 1% des suffrages et, de fait, n’avait aucun poids. Il n’était donc nullement « la » principale figure de l’opposition à Vladimir Poutine comme on cherche à le présenter en France et aux Etats-Unis, mais, en dépit de son jeune âge (il avait 55 ans) il était en fait un « homme du passé ». Il faut avoir ces éléments en tête quand on réfléchit à « qui aurait eu intérêt à tuer Nemtsov ».

Un meurtre mis en scène ?

Les premières questions qui viennent à l’esprit concernent le scénario de son assassinat. On sait qu’il avait diné avec un mannequin ukrainien au restaurant qui se trouve dans l’enceinte du GOUM, dont une des sorties donne sur la Place Rouge. A partir de là, les choses semblent avoir été les suivantes :

  1. Nemtsov et son amie sont sortis à pieds du restaurant, sont passés devant l’église de Basile le Bienheureux et ont pris le grand pont qui traverse la Moskova. Vu l’heure (entre 23h et 24h) et la saison, il n’y avait pas grand monde sur le pont.
  2. Nemtsov a été tué par un tireur qui était dans une voiture (ou qui serait monté), suivant Nemtsov vraisemblablement, et qui a tiré 8 ( ?) balles dont 4 ont fait mouche dans le dos de Nemtsov. L’arme utilisé semble avoir été un pistolet automatique de type Makarov.
  3. La compagne de Nemtsov n’a pas été touchée dans le tir.

Ceci soulève plusieurs questions. Un tir depuis une voiture en mouvement implique que l’on ait parfaitement identifié la « cible » et surtout que l’on connaisse son parcours. Cela implique aussi un degré d’expertise dans le maniement des armes qui n’est compatible qu’avec le meurtre par « contrat ». Le risque de manquer la « cible » ou de ne lui infliger que des blessures non mortelles est élevé. De ce point de vue on peut se demander pourquoi ne pas attendre que Nemtsov soit rentré chez lui ? Le mode classique de l’assassinat par « contrat » se fait dans un lieu où l’on est sûr de trouver la victime, la cage d’escalier de son appartement ou quand la personne sort d’un restaurant en règle générale. Or, ce n’est pas ce qui a été fait. Le choix du lieu du crime pourrait impliquer une intention démonstrative. Comme celle d’impliquer Vladimir Poutine dans ce meurtre ? En tous les cas il est évident que les assassins ont pris des risques qui semblent indiquer une intention politique. Tout ceci fait penser à une mise en scène.

Les conditions techniques du meurtre.

On peut certes comprendre que les assassins ne tirent pas sur Nemtsov à sa sortie du restaurant. C’est un lieu où il y a toujours du monde et qui est très surveillé. Mais, le modus operandi soulève lui aussi plusieurs questions.

  1. Comment les assassins pouvaient-ils être sûrs du trajet qu’allaient suivre Nemtsov et sa compagne ? Si un fort degré de certitude existait, cela pouvait permettre aux tueurs effectivement d’intervenir sur le pont au moment voulu. Mais, si aucune certitude n’existait, comment pouvaient-ils être sûrs que Nemtsov serait, au moment voulu, sur le pont. On voit que cela impliquait un niveau d’organisation important.
  2. La voiture, une Lada blanche, ne pouvait en effet circuler sur la Place Rouge. Nemtsov n’a donc pas pu être suivi par les tueurs de sa sortie du restaurant jusqu’au moment ou il rejoint la voie routière. Pendant plusieurs centaines de mètres la voiture ne peut suivre ni précéder Nemtsov. Elle a donc dû intercepter la trajectoire du couple. Cela vaut que l’on soit dans le cas d’un tireur DEPUIS la voiture ou d’un tireur montant après avoir fait feu et cela implique très probablement un ou plusieurs complices qui suivent Nemtsov et qui indiquent (par téléphone mobile ?) aux futurs tueurs la situation de Nemtsov et de sa compagne. Mais, on peut aussi penser à une autre hypothèse, qui est techniquement possible. Ainsi, une balise aurait pu être emportée à son insu (ou volontairement ?) par Nemtsov ou la jeune femme, qui aurait donné à la voiture des tueurs la position et le déplacement exact du couple.
  3. La différence de vitesse entre des piétons et une voiture implique de plus une synchronisation parfaite pour que la voiture vienne à la hauteur de Nemtsov quand ce dernier est sur le pont. Ici encore, ceci est compatible tant avec l’hypothèse de complices qu’avec celle d’une balise.

On le voit, sauf si pour une raison ou une autre les tueurs savaient parfaitement quelle était la destination de Nemtsov et de la jeune femme, le meurtre impliquait une organisation sophistiquée, impliquant soit des complices (certainement un pour indiquer le moment de sortie du restaurant et un autre pour indiquer le moment où Nemtsov et sa compagne se sont engagés sur le pont) soit des moyens électroniques de surveillance et de localisation (une balise). Ceci explique pourquoi la justice russe a tout de suite privilégié l’hypothèse d’un meurtre organisé.

Quelles hypothèses ?

La presse, en France et dans les pays occidentaux, privilégie l’hypothèse d’un meurtre soit commandité par le Kremlin, soit par des mouvements nationalistes proches du Kremlin. Disons tout de suite que la première hypothèse n’est pas cohérente avec le lieu du crime. De plus, on voit mal quel intérêt aurait le gouvernement russe à faire assassiner un opposant, certes connu, mais désormais tombé à l’arrière-plan politique. Quand Vladimir Peskov, porte-parole du Président Poutine dit que Nemtsov ne représentait aucun danger, aucune menace, pour le pouvoir, c’est parfaitement exact. Si, à travers l’assassinat de Nemtsov on cherchait à terroriser les autres opposants, il aurait été plus simple de le tuer chez lui. L’hypothèse d’une implication, directe ou indirecte, du gouvernement russe apparaît donc comme très peu probable.

Une autre hypothèse, privilégiée par l’opposition russe, est que le crime aurait été commis par une fraction extrémiste, proche mais non directement reliée, au pouvoir russe. Effectivement, des groupes extrémistes ont menacé divers opposants, dont Nemtsov. Ces groupes reprochent d’ailleurs à Vladimir Poutine sa « tiédeur » dans le soutien aux insurgés du Donbass, et alimentent en volontaires l’insurrection. Il est parfaitement possible de trouver dans les rangs de ces mouvements des personnes capables de commettre ce meurtre. Mais alors il faut répondre à plusieurs questions :

  1. Comment un groupe de ce genre peut-il disposer des moyens sophistiqués qui ont été employés pour tuer Nemtsov ?
  2. Pourquoi ces gens, dont on peut penser qu’ils sont viscéralement anti-ukrainiens, auraient-ils épargné la jeune femme accompagnant Nemtsov ?

Ici encore, si l’assassinat avait eu lieu à la sortie du restaurant, ou chez Nemtsov, on pourrait croire à cette hypothèse. Mais, les conditions de réalisation de l’assassinat, et la mise en scène implicite qui l’entoure, semblent difficilement compatibles avec l’acte d’un groupe extrémiste. Disons-le crument : le niveau d’organisation de cet assassinat porte probablement la trace de l’implication de « services », que ces derniers soient d’Etat ou privés (et les oligarques ont les moyens de faire appel à des services « privés »).

Il faut le répéter, l’implication des services russes ne fait aucun sens. Du point de vue de Poutine et du gouvernement cet assassinat est une catastrophe à la fois politique mais aussi en termes de guerre de l’information.

Une provocation ?

L’hypothèse d’une provocation a été tout de suite avancée par Vladimir Poutine et par le gouvernement russe. Bien entendu, on peut comprendre l’intérêt pour Poutine de cette hypothèse. Mais il faut avoir l’honnêteté de dire que c’est elle qui est, en l’état de nos connaissances sur les conditions de la mort de Boris Nemtsov, la plus cohérente. Cette provocation aurait pu être organisée par beaucoup de monde, car bien des pays, et bien des gens, ont intérêt à faire un croc-en-jambe de ce type à Vladimir Poutine.

Cet assassinat, à la veille d’une manifestation d’opposition, peut parfaitement déstabiliser la situation politique, non pas en Russie mais du moins sur Moscou. Il concentre l’attention sur Vladimir Poutine, qui va devoir maintenant faire la preuve de son innocence tant la suspicion dont il est l’objet est forte. L’émotion est importante à Moscou, ce que montre l’ampleur de la manifestation en hommage à la mémoire de Boris Nemtsov, qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes ce dimanche 1er mars. C’est pourquoi, il est de l’intérêt de Vladimir Poutine de faire la lumière le plus vite possible sur ce crime.

Jacques Sapir

P.S. : La réaction de Mikhaïl Gorbatchev : “C’est une tentative de compliquer la situation, peut-être même de déstabiliser la situation dans le pays, aggravant la confrontation

« Il est difficile de dire quel côté est responsable pour cela. Que l’on ne se presse pas à des conclusions hâtives et que l’on fasse des enquêtes méticuleuses, »

« Bien sûr, certaines puissances chercheront à exploiter ce crime pour servir leurs propres objectifs, à savoir comment se débarrasser de Poutine? Mais je ne pense pas que l’occident ira aussi loin que ça, qu’il utilisera ce crime à ses propres fins. Cependant, c’était supposément le but des criminels qui ont assassiné Boris, » dit-il.

« Les crimes de ce genre sont exécutés par des individus difficiles à retracer. Tous les efforts doivent être faits pour trouver ces criminels, » a dit l’ex-président.

« Ce crime perturbe les sentiments de tout un chacun. Boris possédait certains traits de caractères controversés, bien sûr, mais c’était un homme d’intégrité, » a dit Gorbatchev.

Commentaire recommandé

dupontg // 02.03.2015 à 05h20

c’est clair pourtant..
“Au pied du Kremlin “,
c’est bien la preuve que Poutine a tiré de la fenetre de son bureau..

233 réactions et commentaires - Page 2

  • coinfinger // 02.03.2015 à 14h49

    Ces commentaires de notre Presse , ne nous surprennent pas vraiment , çà tient du reflexe Pavlovien , pardon , Behaviourien , çà passe méme pas par le cerveau . çà en devient drole tellement c’est mécaniquement prévisible . Je m’étais amusé aussi à voir divers commentaires que je retrouve dans cet article .
    Ce serait quand méme bien combiné comme meurtre , si c’était la CiA ou un sous-traitant .
    On est dans un scénario Hollywood , le gars il est assez photogénique , le gendre idéal , un avenir radieux , ( sauf qu’il a joué le mauvais cheval au départ ) , il meurt dans les bras de sa chérie ( ou je fantasme) , à deux pas du Chateau ….etc …
    Sa réussite brillante à Nijni Novgorod , ville symbole là aussi , rien à voir avec un afflux opportuns de capitaux ? , c’est souvent du à çà les ‘miracles’ …

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    • lvzor // 03.03.2015 à 03h04

      “çà tient du reflexe Pavlovien , pardon , Behaviourien ”

      Je crois plutôt qu’il s’agit de quelque chose de bien plus enraciné dans nos traditions locales : le réflexe vichyste.

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  • hellebora // 02.03.2015 à 14h50

    http://fortruss.blogspot.fr/2015/03/nemtsov-murder-scenario-has-already.html
    « Le scenario du meurtre de Nemtsov a déjà servi en Ukraine pour démarrer la Révolution orange » Cet article établit un parallèle avec le cas de Gongadze. http://el-murid.livejournal.com/2276980.html

    Concernant la mannequin ukrainienne qui accompagnait Nemtsvo, Mark Sleboda écrit ” Anna Duritskaya, the Ukrianian model from Kiev, who was accompanying the notorious Russian playboy neoliberal Boris Nemtsov when he was killed, and miraculously escaped alive and untouched… now claims amnesia about the incident and has no useful details to offer police. How fucking convenient is that !?”

    Enfin, les activités & dépenses du « lovebird » Netsov : http://fortruss.blogspot.fr/2015/03/the-second-level-more-expensive-starts.html
    Publié le 25 janvier 2012 et traduit du russe par J. Hawk

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    • Crapaud Rouge // 02.03.2015 à 18h27

      miraculously escaped alive and untouched” : ça m’énerve grave ce type de remarque. Dire que quelqu’un ou quelque chose est “suspect” sans préciser l’objet de la suspicion est une absurdité. La suspicion c’est comme la conscience dont Sartre disait qu’elle est toujours conscience de quelque chose.

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      • David D // 02.03.2015 à 23h48

        Non, non, Toute conscience est conscience de quelque chose, c’est Brentano puis Husserl, Sartre retapait peut-être tout cela ensuite pour son compte !

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  • SophieB // 02.03.2015 à 14h53

    Sur Russia Insider, on signale plusieurs suicides d’hommes politiques d’opposition, en Ukraine, simples coïncidences? Nos media ne s’en soucient guère, ni de la lustration. Démocratie à l’européenne, entend-on répéter sur tous les tons.

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  • Neo // 02.03.2015 à 15h42

    Merci pour cette excellente analyse !!

    Il est amusant de constater les passions que suscite cette histoire, à propos d’un personnage absolument inconnu en France, et dont la légende repose sur quelques articles posthumes ficelés en parfaits épitaphes par quelques communiquants bien inspirés… Que du bonheur…

    Enfin, au-delà du tragique de cet évènement, le plus préoccupant est pour moi l’infinie médiocrité des médias dits “traditionnels”, qui, comme le dit très bien cet article, ne sont pas fichus d’effectuer par eux-mêmes la moindre recherche, le moindre recroisement, et, au mieux prennent tout cuits des communiqués de presse dont la partialité apparait comme évidente, ou, au pire, se permettent d’amplifier la polémique sans le moindre début de début d’indice…

    Certains s’étonnent de la baisse de crédibilité de ces médias-là et de la montée des thèses complotistes via le Net. Mais que font-ils pour redorer leur blason ? Réponse : RIEN
    Alors on fait voter des lois pour interdire l’expression alternative…
    Un nivellement par le bas qui n’est pas sans rappeler certains combats que donnait Mr F.Bastiat en d’autres temps et sur d’autre sujets…

    Enfin bon, entre COM et CONTRE-COM, nous avons de quoi nous détourner des fondamentaux. Nous vivons une époque formiNable…

    Allez, et puisque la mode veut que chacun ait un avis sans rien savoir, je ne résiste pas à donner le mien. Vus les faits tels qu’ils ont été relatés, si Poutine est dans le coup, ce n’est plus un joueur d’échec mais un joueur de Billard à 9 bandes !! Passer pour tellement trivialement coupable pour être finalement innocenté par ceux qui réfléchissent alors qu’il serait en réalité coupable, je n’avais vu cela que chez Agatha Christie (cf l’Heure Zero que j’avais lu ado)…
    N’étant pas aussi brillant qu’Hercule Poirot, je m’en tiendrai à la version simple : non coupable car trop gros… et indigne du fin stratège qu’objectivement, il a déjà largement démontré qu’il était…

    Encore merci pour cet article, et plus généralement pour ce site Web.

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  • Morane DURANTON // 02.03.2015 à 16h15

    “je suis Opposante” …à tous ces merdias iniques et dés-informateurs….et alors là ! le BHmachin…oups, quand va-t-on lui faire fermer son caquet de faux philosophe !…

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  • step // 02.03.2015 à 16h15

    Tous ces récits sentent la théorie du complot autant celui qui crie au loup sur poutine que celui qui dit que c’est un complot contre poutine. Et… si poutine n’avait rien à voir avec son meurtre. Affaire avec la mafia ayant mal tourné, histoire de fesses, vengeance d’un proche ou d’un oligarque concurrent. Il existe bien des hypothèses, tout aussi probables, qui ne sont même pas évoquées, soit par les gens occupées à accabler ou à protéger poutine.

    Sapir devrait éviter de jouer les policiers, des hypothèses on en a déjà a saturation, il devrait se borner :

    1) A indiquer le curriculum du personnage, une information que ne fournit même pas la plupart des journaux.
    2) A constater que politiquement, et en vie, il ne menaçait en rien le leadership de poutine… alors que mort, il le force à justifier de son innocence.
    3) Que l’attitude des journaux occidentaux prompts à sauter sur un très hypothétique( et maladroit) commandite d’assassinat par poutine n’est étayé par rien à ce stade.

      +3

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  • coinfinger // 02.03.2015 à 16h41

    Par élite , ici , je parle de la véritable élite , les meilleurs , qui ne cherchent , ni honneurs , ni biens , mais vit dans l’obligation de faire le bien , y compris au prix de sa mort . Parce qu’alors tout le monde veut votre mort , de ‘gauche’ ou de ‘droite’ .
    La vérité vraie est que la plupart des gens ont peur , littéralement de la liberté , du bien . Ils ont peur de tout . Surtout de ce qui les libérent , çà c’est la vérité vraie .
    Ils cherchent la moindre faille , avec acharnement , et s’ils la trouvent se jettent sur vous comme une meute de chiens aux abois . C’est ce qu’ils font avec Poutine .
    C’est çà qu’ils lui reprochent au vrai fond des choses , d’étre un homme libre qu’on ne manipule pas . Leur haine est alors sans limites , il leur révéle le néant de leur vie , malgré leurs pouvoirs et richesses . J’ai trés bien reconnu chez Poutine ces qualités .

      +1

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  • chris // 02.03.2015 à 16h58

    Le meurtre de Nemtsov est quand même un coup dur pour Poutine, à la télé j’entendais Vedrine en parler, il disait que c’est peut-être un groupe nationaliste qui reproche à Poutine sa “tiédeur” qui a fait le coup. Cela signifie que Poutine n’a pas un contrôle complet de la situation dans le pays, c’est un danger dit Védrine.
    Pour ma part je pense que si j’était un type de la CIA je jubilerais en ce moment, je dirais : tu vois Vladimir, tu fais ton fier à bras mais on est capable d’abattre un type juste sous ta fenêtre, demain ça peut être toi si tu oses ouvrir ta fenêtre pour respirer un peu d’air frais.
    Pour ma part c’est un message direct adressé à Poutine par nos élites.
    On verra si Poutine se laisse impressionner.

      +2

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  • David // 02.03.2015 à 17h21

    Lol ils iront jusqu’au bout je pense que poutine faut qu’il arrête de jouer et qu’il passe a la vitesse supérieure si tout ce qu’ils lui font ne lui suffit pas alors je comprend plus .

    Maintenant le plan est vraisemblablement de le détruire de l’intérieur .
    Mais comment cette foule russe du dimanche peut être aussi ignorante ?
    Ils veulent retourner la l’âge de pierre ? retrouver la Russie de BORIS ? UNE RUSSIE ou ses sous marins pourrissais a quai ? sans parler du reste , une Russie de misère quoi .

    Cet attentat a bien été orchestré , et pour moi c’est une opération extérieure du mossad ou services occidentaux afin de pourrir poutine en disant ” regarder c’est un dictateur sanguinaire qui tue ses opposant etc…” comme si poutine était assez con et débile pour commandité se type d’élimination dans le contexte actuel mdr!!!!

    En tout cas une chose est sûr :

    PAUVRE RUSSIE SANS POUTINE .
    Elle s’ombrera dans l’ abîme , c’est le but des USA et ses caniches pour pouvoir instauré le nouvel ordre mondial .
    La chine reste trop silencieuse et devrait sortir les griffes pour faire corps avec la Russie je pense que ça calmerais certaine ardeurs aventureuse et de mauvaise intentions des USA et sa meute de loups .
    Faut pas qu’elle oublie que si la Russie tombe la chine est le prochain pays ciblé .
    Quand ont voit les relations de Nemstov ont a très vite compris pour qui il travaille et ses relations date en plus depuis tout jeune .
    Ce monsieur était un traitre faut osé le dire .

      +3

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  • Jub // 02.03.2015 à 18h01

    Cet opposant si dangereux et si redouté du Kemlin se promenait à pieds sur la Place Rouge sans garde du corps ?
    Il n’avait pas conscience de sa valeur ou quoi ?

      +4

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    • dissy // 03.03.2015 à 00h28

      C’est surtout une preuve qu’il ne se sentait pas en insécurité ni menacé,ce qui va un peu à l’encontre de la thèse des MSM.Perso je serais vraiment un ‘opposant’,je ne marcherais pas à 23h30,même bien accompagné(?)sous la pluie,sortant d’un resto ok,mais juste avant d’une interview radio ou j’aurais attaqué Poutine en faisant la promo de ma marche du 1er mars(prévue en banlieue).A noter que la transformation volontaire ou pas suite au meurtre de la marche,de marche peu médiatique qui aurait du avoir lieu hors du centre,en soudain une marche(fusse t elle d’hommage),en plein centre ville devant tous les médias du monde.Idéal pour les MSM de faire la big actu la dessus,en plus un pont devant le Kremlin(trop beau pour être vrai non,c’est hollywood)…conséquence directe du meurtre:création idéale d’un martyr,déplacement de la dite marche dans un lieu beaucoup plus médiatique,beaucoup plus de monde car il y a un mélange de gens sincères qui viennent pour l’hommage sans pour autant être contre Poutine ni pour le mort,donc la presse peut titrer..des dizaines de milliers de gens…la Russie manifeste….en plus jolie photo…pour les occidentaux.
      Très US made tout cela non?
      Sans oublier l’ambassadeur US qui vient…déposer un drapeau Ukrainien sur le pont.
      C’est ty pas beau tout cela?

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  • Léa // 02.03.2015 à 18h10

    Sapir explique qu’il faut une grosse organisation pour tracer qqun avec un GPS. Il a du s’arrêter à Manix ou à Nestor Burma.

    Sur ebay on trouve des centaines de traceurs GPS à moins de 100 € et il suffit de taper dans Google : “quels sont les meilleurs logiciels pour traquer un smartphone ?”

    Il y en a des dizaines, il y en a pour toutes les marques et modèles de Smartphones et certaines applis font beaucoup plus que de géolocaliser

    C ‘est une broutille à installer pour un ado un peu geek.

      +1

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  • michael // 02.03.2015 à 19h26

    Meme si le dossier Nemtsov n’ est pas evoque , si vous souhaitez ecouter un point de vue intelligent sur la politiique de la Russie , je recommende l’ interview de Helene Carrere D’Encausse sur RT : http://rt.com/shows/sophieco/236705-us-foreign-policy-russia/

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  • philbrasov // 02.03.2015 à 19h27

    soyons rassure sur l’affaire nemtsov…..

    la une de google actualité titre sur la France condamnée par la CE pour NE PAS avoir interdit la fessée…….

      +1

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  • Zarathousthra // 02.03.2015 à 19h34

    Dans le doute on va dire que c’est la faute à Poutine au hasard.

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  • theuric // 02.03.2015 à 19h53

    Je me souviens, il n’y a pas longtemps, d’avoir regardé, I-Télé, me semble-t-il.
    Là, une jeune journaliste lisait son texte sur je ne sais plus quel sujet (oui, je sais, je n’avait pas trop fait attention à ce moment là, j’étais pressé).
    Toujours est-il que juste avant d’éteindre la télé je me suis rendu compte que j’étais en total désaccord avec ce qu’elle disait.
    Puis je me suis aperçu qu’elle lisait son texte avec dissentiment.
    J’ai reconnu en elle le même trouble, mêlé de honte, de colère, de dédain et de l’obligation de remplir un engagement pas vraiment voulu, que ce que j’avais ressenti lorsque, il a quinze, vingt ans de cela, je me suis retrouvé, lors d’un stage professionnel, à devoir lire un texte avec lequel j’étais, moi aussi, en total désaccord.

      +0

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  • V_Parlier // 02.03.2015 à 20h05

    Tout dépend de ce que vous appelez les gouvernants. Ce ne sont pas seulement ni forcément les officiels, bien qu’en se moment en France il y ait coïncidence totale (un peu moins depuis Minsk 2, mais si peu). De plus, la façon dont fonctionne la presse mainstream où chacun recopie sur l’autre et ainsi de suite (surtout pour l’actualité internationale) rend le contrôle très facile. Quelques potes à l’AFP et/ou actionnaires de grands médias et le tour est joué. C’est aujourd’hui le cas plus que jamais.

      +4

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  • Homère d’Allore // 02.03.2015 à 20h15

    Et maintenant sur France 2, Pujadas s’indigne que la compagne ukrainienne de Boris Nemtsov soit “retenue à Moscou contre son gré” !

    Or, il paraît logique qu’un témoin clé ne soit pas autorisé à quitter le territoire au début d’une enquête.

    Ce serait la même chose en France.

      +11

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    • Michel Roissy // 02.03.2015 à 20h59

      je ne regarde plus les infos d’Antenne 2 que d’un œil distrait (et encore, une seule fois par jour).

      Pujadas s’illustre souvent par sa hargne anti-poutine, dans le style fielleux, mais dimanche midi, c’est le petit baveux de service (un petit bien propre sur lui, je ne me souviens jamais de son nom) qui nous a fait hurler de rire en parlant des russes qui étaient trompés par la propagande des médias russes…

      ou alors, c’est de l’autodérision que je n’ai pas su percevoir !

        +4

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      • Tatsuya // 03.03.2015 à 00h04

        Il a du être briefé à un dîner du Siècle.

        Passons dans le complot du camp d’en face! 😀

          +1

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    • V_Parlier // 03.03.2015 à 14h08

      En effet, elle est déjà repartie et n’a même pas souhaité assister à son enterrement. En étant mauvaise langue, on peut aussi s’étonner de sa réaction quelque peu distraite et tranquille alors que son chéri vient d’être abattu (vidéo de surveillance). Les vidéos mises en ligne par des Ukrainiens ordinaires il y a 9 mois ne laissaient pas apparaitre de telles réactions de la part des épouses dont le mari se faisait sauvagement tabasser par les premiers groupuscules “motivés”, juste avant le début de la guerre civile: http://www.youtube.com/watch?v=RnAxD8qFjRU .

        +2

      Alerter
      • Lysbethe Levy // 03.03.2015 à 16h06

        Comme vous je la trouve bizarre, et n’avoir aucune peine ou sentiment alors qu’elle le connaissait bien selon elle ..Etrange ! Aurait elle servie de “chèvre” pour l’attirer à cet endroit ? Je spécule mais il y a trop de questions sans réponses. Et si l’enquête est réellement bien suivie, on devrait avoir des éléments probants.dans les jours ou semaines à venir…..

          +1

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  • philbrasov // 02.03.2015 à 20h30

    un point de vue intéressant d’un spécialiste roumain de la russie , D Dungaciu qui pense qu’il se pourrait que cet assassinat puisse être l’oeuvre d’une branche du FSB, et visant nommément Poutine.. en avertissement,,,,,,il pense qu’il est impossible qu’un assassinat aussi prés du kremlin ai pu être commis sans que certains membres du FSB n’en soient pas pas informes,,,,

    Pour lui, il existe au sein même des services secrets russes deux tendances, l’une pro-poutine et l’autre tres pro – atlantique.. et que cet assassinat , ne serait qu’un avertissement envers la personne même de poutine,,,,

    interview actuellement sur digi24 de D dungaciu,,,,

      +1

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    • dissy // 03.03.2015 à 00h14

      Je trouve cette hypothèse(voir lien)peu probable mais intéressante et encore plus complexe.
      En fait Nemtsov infiltré à Kiev était proche de Poutine,mais était un pion sur lequel les USA comptaient pour un futur Maidan ou une déstabilisation,vu que visiblement Navalny n’a pas l’air non plus d’être trop crédible.
      Le meurtre serait un message à Poutine des US,on s’est fait avoir une fois mais pas deux par votre agent double(faux opposant).
      Regardez nous pouvons toucher le coeur de Moscou,avis aux amateurs.Avis aux futurs agents pro US maquillés en ‘opposants’,livrez la marchandise,soyez plus efficaces sinon….

      Nemtsov a été tué parce que sa couverture comme un atout Kremlin était dévolée et n’avait donc plus d’intérêt?

      http://fortruss.blogspot.be/2015/03/was-nemtsov-killed-because-his-cover-as.html

      Tiens la presse n’a pas encore remarqué qu’il y a à nouveau une histoire de ‘chasse neige’ au moment du crime comme pour le PDG de Total,alors que dans les deux cas il neigeait peu (total)ou pas du tout(pluie)ce vendredi.
      Bizarre non?

        +2

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  • anne jordan // 02.03.2015 à 20h37

    allez , juste pour rétablir l’équilibre , cette vidéo , vraiment orientée :

    Thousands Attend Pro-Putin Rally in Moscow

    Ozi , et les autres , pas la peine de me mettre en garde , je ne suis dupe ni de l’une , ni de l’autre des propagandes !
    trop vieille pour ça …

      +0

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  • anne jordan // 02.03.2015 à 20h43

    https://www.youtube.com/watch?v=qo3CL8AovDM&feature=em-subs_digest

    vidéo clairement pro poutine .
    J’assume , mais ne suis pas dupe .

      +1

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  • René Fabri // 02.03.2015 à 21h15

    Je voudrais remercier l’auteur de ce dossier sur Nemtsov, parce qu’il contient beaucoup d’informations très intéressantes, et que cela demande du temps et des efforts pour les trouver et les exposer clairement. Personnellement, j’ai appris beaucoup de choses.

    Je remercie aussi les commentateurs précédents, car ils apportent quelques informations complémentaires, comme par exemple le fait que les manifestations d’opposants étaient prévues depuis longtemps et n’ont donc que très peu de rapport avec la mort de cet homme politique.

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    • Serge // 03.03.2015 à 00h02

      Non je ne pense pas …Même si je ne suis pas toujours “raccord” avec vous ,on peut vous dire merci pour ce gros travail qui compense le simplisme de la propagande mainstream .

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  • Julie // 02.03.2015 à 22h19

    Et c est arrivé le jour même où la pseudo-opposition à Bashar al Asad refusait la trève à Alep, mettant fin à des pourparlers sous l’égide de l’ONU et des Russes qui duraient depuis 3 mois…
    La politique des occidentaux depuis 4 ans c’est la Syrie ou rien. Car derrière la Syrie il y a des questions qui touchent à la Palestine et à l’Irak.

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  • Django // 02.03.2015 à 23h18

    Olivier, j’en ai marre. Commencez par dénoncer la propagande dans les journaux télévisés du soir SVP. Car plus personne de lis la presse écrite, à part les dégénrés finis et ceux qui bossent dans “l’actualité quotidienne”. Tout se trouve présent sur France3 vers 23h.

    Cela fait vraiment peur. Les propos tenus sont totalement ubuesques et farfelus, pour qui connaît les tenants et aboutisants réels de la politique étrangère de la France (soummision plus que totale à des “avis” étrangers). Tout n’est que par rapport à de la morale (et cette dernière est, en plus, totalement contraire à celle du peuple “conscient”).

    Ils nous parlent comme à des handicapés mentaux. Je suis vraiment triste de constater la puissance et la détermination avec laquelle le peuple francophone est traîté. Je comprends pourquoi certains veulent “protéger” les enfants de la propagande (sur TOUT les sujets) du gouvernement et de ses chiens de garde, que plus personne ne dénonce.

    I

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  • dissy // 02.03.2015 à 23h26

    Le vrai motif derrière le meurtre:TTIP,TAFTA

    Le prix réel – est le commerce et l’investissement du partenariat transatlantique , un esclavage juridique de l’ économie de l’UE par des sociétés américaines . Le sacrifice de Nemtsov – est une opération de couverture . Les Etats-Unis dans le but de forcer l’Europe au Pacte transatlantique , mais une raison normale de forcer les Allemands et les Européens de revenir sur le champ de bataille et de renforcer les sanctions de l’ Ouest. C’est à dire , de soumettre les économies de l’Allemagne et la France pour les mesures de rétorsion de la Russie . En outre, sans options – La Russie va survivre sans voitures allemandes , mais l’UE sans ressources russes … ” aucun moyen , Jose ! ”

    http://fortruss.blogspot.be/2015/03/sacrifice-of-nemtsov-and-us-takeover-of.html

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  • dissy // 02.03.2015 à 23h46

    Rien de neuf,nos chers journalistes Euroatlantistes russophobes devraient faire leur métier car tout cela était non seulement connu mais annoncé publiquement par le GEAB/LEAP 2020 depuis mars 2014.
    Aucune conspi ration et aucun hasard…

    CONSTRUCTION D’UN PIÈGE POUR DÉTOURNER L’EUROPE DE SON DESTIN PROPRE
    Lorsqu’en novembre 2013, la Russie demandait à l’UE une négociation tripartite sur les accords de libre-échange de l’Ukraine avec ses deux voisins dans le but de trouver les terrains d’entente agréables à toutes les parties directement concernées (1), il en allait de la stabilité, de l’intégrité et de l’indépendance d’une Ukraine et qu’elle puisse demeurer le lien qu’elle est par nature entre l’Europe et la Russie.

    Mais ni Mme Ashton, ni M. O’Sullivan (2), en charge du Service d’Action Extérieure de la Commission européenne, pas plus que M. Fule qui du haut de la DG Élargissement passe son temps à essayer d’intégrer tout ce qui bouge à l’Est de l’Europe (3), ne voulaient cela. À l’inverse, ils ont obligé l’Ukraine à « choisir son camp » (4), créant ainsi les conditions à la suite inéluctable d’événements que l’on sait : l’Ukraine a en effet choisi… et le pays, en toute logique, est entré dans un dramatique et sanglant processus de division dont nous ne sommes qu’au début. Mme Ashton et M. O’Sullivan ont littéralement tendu un piège à l’Ukraine… et à l’Europe.

    Cinq mois plus tard, les dégâts obtenus sont immenses : plus de 100 morts (5), l’Ukraine se retrouve avec un gouvernement non élu porté au pouvoir par des factions d’extrême-droite (6), les relations Euro-Russes sont brisées, l’Ukraine et la Russie sont au bord d’une guerre qui n’est pas loin d’être une guerre entre l’Europe et la Russie (7), les militaires russes ont repris le contrôle de leur arsenal criméen, la flotte américaine croise dans les eaux de la mer Noire (8), l’armée américaine se réinstalle en Europe (en Pologne, Lituanie, Roumanie (9)), les médias excités par le sang sont une pure machine de propagande décidés à pousser politiques et citoyens à la guerre, le Traité de libre-échange UE-Ukraine est sur le point d’être signé à l’encontre de l’intérêt russe par Washington et un gouvernement ukrainien non élu (10) (si la même méthode est employée pour le TTIP, Washington et Mme Ashton l’auront signé en avril au plus tard), les Occidentaux s’apprêtent à nier la légitimité du référendum sur la Crimée ce qui va aggraver la crise et continuera à poser des questions sur le combat démocratique des Occidentaux, … (11)

    D’un point de vue européen, quel considérable échec politico-diplomatique ! Œuvrer à reconstruire le rideau de fer en 2014 et à isoler l’Europe de toutes les dynamiques en cours dans ces fameux pays émergents auxquels la Russie nous relie, comme l’Ukraine nous reliait à la Russie (12).

    ATTAQUES SUR L’EUROPE EN SÉRIE
    Malheureusement, au-delà d’un échec, il faut voir là aussi le résultat d’une attaque en règle sur le projet de construction européenne, projet dont les deux objectifs principaux depuis l’origine sont la paix par la coopération et la mutualisation des intérêts, et l’indépendance du continent par la force que procure de facto son union.

    L’attaque actuelle se situe en effet dans la lignée de celle menée en 2010 contre l’euro, sachant qu’en cassant la monnaie commune, et compte tenu de l’impossibilité technique à retourner aux monnaies nationales, l’Europe se serait de facto retrouvée intégrée à la zone dollar. Cette fois-là, l’Europe a résisté et sauvé sa monnaie… au prix d’un énorme affaiblissement, politique notamment.

    Le TTIP, et les tentatives de nous faire signer dans l’urgence ce Traité obscur dont personne ne veut, semble surtout avoir pour objectif de placer le politique sous tutelle de l’économique (plus encore d’ailleurs que l’Europe sous tutelle des États-Unis). Quoiqu’il en soit, il créerait de fait une énorme zone de libre-échange UE-US échangeant en dollars et annexant formellement l’Europe à la zone dollar. Là encore, les outils de l’indépendance européenne sont visés, en l’occurrence son arsenal juridique de protection commerciale, garant de l’intérêt économique, de la compétitivité qualitative et de la santé des Européens. Et les méthodes pour obtenir la signature à tout prix de ce traité sont à elles seules la preuve de sa malhonnêteté profonde.

    FAIRE TOMBER SUR L’EUROPE UN NOUVEAU RIDEAU DE FER
    Et encore n’avions-nous rien vu de ce que Washington et Bruxelles étaient capables dans ce domaine. La crise ukrainienne n’a probablement pas été déclenchée pour autre chose que pour, in fine, nous obliger à acheter le gaz de schiste américain (13), à signer le TTIP (hors duquel le précédent ne peut être vendu en Europe (14)) et à justifier une réaugmentation des budgets militaires américano-otanesques (15) grâce à la réactivation d’une guerre froide entre occident et émergents (à ce détail près que c’est l’Occident qui sera cette fois du mauvais côté du rideau de fer).

    […]

    ———-
    Notes :

    1 Source : Le Monde, 05/03/2014.

    2 Il s’agit du numéro trois du Service Européen d’Action Extérieure. Quelques mots s’imposent sur son parcours sur lequel des journalistes d’investigation devraient se pencher davantage. M. David O’Sullivan apparaît dans les radars de notre parcours européen au début des années 90, alors qu’il était chef d’unité de la DG Éducation en charge du programme TEMPUS, un programme qui a été épinglé par la Cour des Comptes européenne, suite à une lettre ouverte de Franck Biancheri dénonçant les malversations dudit programme. Compte tenu de ce début, la carrière de M. O’Sullivan n’aurait pas dû aller très loin. Mais, au milieu des années 90, à l’époque où nous montions le projet transatlantique TIESweb en partenariat avec la Commission européenne et la Maison Blanche, un diplomate de l’Ambassade des États-Unis à Bruxelles, nous recommande un jour, au détour d’une conversation banale, de suivre la carrière d’un certain David O’Sullivan… « qui irait loin ». Surprise dans nos rangs, et remarques sur le caractère peu recommandable du personnage… mais petit sourire sur les décisions des grands. Et quelques années plus tard, sous la Commission Prodi débutant à la toute fin des années 90, David O’Sullivan devient… Secrétaire Général de la Commission européenne, soit le poste le plus puissant de tout l’édifice européen, rien que ça ! Sous son règne et avec son intervention personnelle directe, le projet de réforme institutionnelle initié comme suite logique à la démission de la Commission Santer qui révélait clairement l’inadéquation du mode de fonctionnement de l’Europe post-Traité de Maastricht et avait amené un groupe de fonctionnaires, sur mandat du Commissaire Prodi, à constituer une « task-force sur la réforme de la gouvernance européenne » dont les travaux avaient abouti à un livre blanc du même nom, a été proprement enterré (travail de rédaction récupéré, idées innovantes supprimées, publication organisée en août pendant les vacances des journalistes). Ce projet de réforme fut pourtant un grand moment d’espoir de la démocratisation européenne, espoir irrémédiablement déçu. On retrouve M. O’Sullivan au Service d’Action Extérieure dans le cadre d’un « déséquilibrage » de la tête du SEAE en faveur des anglo-saxons : en effet, la nomination de Mme Ashton avait été compensée par celle du français Pierre Vimont comme numéro 2 (directeur général exécutif)… mais cette première, pour reprendre la main, avait créé un poste numéro trois (qui n’existe dans aucune institution européenne : directeur général administratif) pour le livrer à O’Sullivan. C’est ainsi que ce dernier se retrouve aux côtés d’Ashton en 2013 sur la négociation de l’Accord de libre-échange UE-Ukraine… avec les résultats que l’on sait. Mais ce n’est pas fini : il est depuis passé Ambassadeur de l’UE à Washington, pour que son tandem avec Ashton contrôle toute la chaîne de signature du fameux TTIP. Pour suivre les mauvaises nouvelles pour l’Europe, c’est simple, il suffit de suivre les évolutions professionnelles de M. O’Sullivan.

    3 La saviez-vous ? La Géorgie aussi. Source : EuropeanVoice, 29/11/2013.

    4 Source : Le Monde, 05/03/2014

    5 Source : KyivPost, 11/03/2014.

    6 Source : CNN, 06/11/2014.

    7 Surtout que l’UE fait tout pour annexer l’Ukraine en accélérant la signature de l’accord d’association – qui devait attendre l’élection d’un vrai gouvernement mais qui finalement sera signé entre-temps par le gouvernement non élu en place (source : Radio Ukraine, 26/02/2014) car le prochain gouvernement légitime pourrait bien être pro-russe à nouveau ; mais aussi d’intégration à l’UE – un accord peut en cacher un autre, et notamment les négociations avec la Géorgie vont dans ce sens, alors pourquoi pas l’Ukraine (source : Messenger, 06/03/2014).

    8 … et l’armée américaine reprend pied en Europe après tant d’efforts fournis pour l’en déloger. Source : Chicago Tribune, 12/02/2014.

    9 Source : Ouest-France, 12/03/2014.

    10 Cet article du 12/03/2014 de EUBusiness a le mérite d’être clair : « Les nouveaux dirigeants de l’Ukraine signeront probablement l’accord politique tant attendu avec l’Union Européenne la semaine prochaine, a annoncé mercredi le Premier Ministre intérimaire Arseniy Yatsenyuk suite à une conversation avec la Maison Blanche »… L’UE est à prendre, on craignait qu’elle ne soit prise par les extrême-droites, c’est pire : elle est en train d’être prise par une puissance étrangère. Mais le plus ahurissant, c’est que sur 28 gouvernements, dont la plupart (mais pas tous) sont des gouvernements démocratiques responsables devant leurs peuples, pas un seul ne trouve à y redire. Piège américain, traîtrise de l’UE… et des élites politiques européennes qui se couchent… comme les élites françaises se sont couchées en 1940. Ne parlons même pas des nationalistes de tout poil qui infestent les vies politiques nationales à coup de discours sur la souveraineté des nations… et n’ont pas non plus la moindre critique à formuler sur la prise de contrôle de l’agenda européen par les Américains (si encore c’était pour le meilleur, mais c’est pour le plus évident des pires). Mais si l’on regarde les sympathies occidentalo-ukrainiennes, ils doivent avoir l’espoir de récupérer de l’apparence de pouvoir (un petit gouvernorat de province par-ci par-là) dans la prochaine configuration.

    11 Le bloc soviétique s’est effondré sans effusion de sang grâce à Mikhaïl Gorbatchev ; c’est un fait remarquable dans l’histoire qu’un empire se retire dans le calme. Les États-Unis n’ont pas l’air d’envisager de rentrer dans le rang avec la même dignité malheureusement. Après la méthode financière (le bailout faramineux de 2009, ce fameux TARP de 700 milliards de dollars, qui a transformé la crise des banques en crise des États, puis les assouplissements quantitatifs de la Réserve fédérale américaine en 2010 et 2012 notamment, qui ont entraîné l’ensemble de la planète dans l’endettement généralisé), les États-Unis montent d’un ton en s’attaquant à l’Europe (avec la collaboration de certaines élites européennes) et tentent une OPA sur le continent.

    12 L’Ukraine est en effet un lien stratégique entre l’Europe et la Russie, et donc entre l’Europe et les pays émergents. LEAP sait combien il était important de rapprocher l’Europe des BRICS, c’est même pour cela que nous avons lancé en 2009 le processus Euro-BRICS, destiné à projeter l’Europe dans ce qui est son vrai destin compte tenu de sa nature : sa contribution à l’émergence d’un monde multipolaire. Si l’Europe ne parvient pas à jouer ce rôle, il y a un risque de bipolarisation du monde, entre Occident et émergents. Mais la bipolarisation exige des murs… que l’on est bel et bien en train de nous reconstruire… au même endroit qu’il y a 25 ans. Décidément les élites occidentalistes n’ont pas beaucoup d’imagination… ou pas beaucoup de leçons dans leurs livres d’histoire. S’ils en avaient plus, ils sauraient que les guerres sont rarement froides et qu’il ne vaut mieux pas commencer à jouer à ce genre de jeu.

    13 Source : The Guardian, 05/03/2014.

    14 Le gaz de schiste est un gaz non-conventionnel, c’est-à-dire que son prix échappe à l’indexation sur celui du pétrole, ce qui est un avantage compétitif bien sûr, avantage qui ne lui est autorisé que parce qu’il n’est pas sensé franchir les frontières. C’est ainsi que les investissements considérables réalisés par les États-Unis pour devenir une puissance exportatrice de gaz ne seront couronnés de succès que grâce à la signature du ces fameux Traités de libre-échange transatlantique et trans-pacifique pour lesquels Washington est littéralement prêt à tuer. Source : Office of Fossil Energy.

    15 Les gigantesques coupes sombres imposées par le Congrès sur le budget militaire américain ces derniers jours, et l’affolement qui s’ensuit dans les couloirs du Pentagone n’auront pas échappé à nos lecteurs. Source : USNews, 24/02/2014.

    http://www.leap2020.eu/GEAB-n-83-est-disponible–Crise-systemique-globale-Escalade-dans-la-reaction-de-survie-des-Etats-Unis-declencher-une_a15799.html

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  • Observer // 03.03.2015 à 00h02

    A propos de bêtise médiatique (ou plutôt de stratégie médiatique) : l’institut russe d’études stratégiques a présenté récemment son nouvel indice d’hostilité des mass media.
    70000 pièces médiatiques publiées entre le 1er janvier et le 30 décembre 2014 et provenant de 60 pays ont été analysées.
    L’indice est obtenu par division du nombre de publications négatives et du nombre de publications neutres.
    S’il y a plus de 5 publications négatives pour une neutre , l’auteur de l’étude considère que le pays correspondant se livre à une guerre médiatique contre la Russie.
    Selon cette méthodologie , il y a 2 pays en guerre médiatique contre la Russie : l’Allemagne et les Etats Unis . Les suivants sont : Autriche , France , UK et Pologne.
    Il semble qu’en 2014 , les médias occidentaux ont été particuliérement actifs (qui s’en étonnera ici ?).
    Source : http://www.russia-direct.org/analysis/russia-now-monitoring-world’s-mass-media-bias

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  • dissy // 03.03.2015 à 00h17

    A Odessa.

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  • burno // 03.03.2015 à 00h24

    en tout cas , je suis de plus en plus déçu par Vladimir
    en effet , ça fait plus d un an maintenant si j en crois la presse , qu il doit tous les jours envahir l Ukraine , les pays baltes et la Pologne …. et je reste tous les jours sur ma faim
    maintenant il fait assassiner un opposant devant le Kremlin ; c est un bon indice le Kremlin , mais il aurait été assassiné à l intérieur du Kremlin ; ça aurait été quand même plus convaincant
    quant aux avions qu il fait descendre au dessus de l Ukraine , il tarde vraiment à fournir les preuves de son implication directe
    tout cela laisse vraiment un goût désagréable de travail bâclé et inachevé

      +7

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  • ben // 03.03.2015 à 00h31

    Thierry Mariani de Amitié France Russie a été assez clair aussi (et les réponses sont éloquentes..)
    https://twitter.com/ThierryMARIANI/status/571579355500953601

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  • Sarah Bertrand // 03.03.2015 à 08h46

    Merci pour ce partage ! Effectivement, c’était vraiment un grand homme !

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  • willie // 03.03.2015 à 13h06

    C’est beau de voir tomber les medias dans le complotisme tant décrié!

    Parmi les théories et hypothèses concernant le commanditaire et le motif je trouve très intéressant celle qui prétend que Nemtsov était agent au service de la Russie et de Poutine:

    http://fortruss.blogspot.fr/2015/03/was-nemtsov-killed-because-his-cover-as.html

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  • soleil // 03.03.2015 à 15h49

    Merci M. Sapir pour ces quelques lignes sur la théorie du complot.
    Les nouvelles technologies mondiales font se croiser des tas de stratégies et il devient difficile d’y voir clair moi membre du peuple.
    Ce que je trouve grave est de vouloirbfaire descendre dans la rue des milliers de gens pour une manifestation anti poutine sans aucun programme en accompagnement.
    Il est à remarquer qu’en France c’est la même chose pour les élections départementales. Plusieurs listes en concurrence avec des photos de personnes et des identités, voire même des professions.
    Pour cet assassinat, la mort est cruel. Connaissant très mal l’histoire du peuple russe, je peux assurer que la révolution armée n’est pas la solution.
    Pourtant aux USA existe une puissance nucléaire immense (projet manathan Nouveau Mexique). Est ce que la guerre nucléaire et son developpement financier détruiront un jour notre planète

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  • Ridel // 03.03.2015 à 16h00

    Pour ce qui est de l’avenir de Poutine, cela me semble difficile de faire un pronostic, mais pour ce qui est du discours unifié des merdias obéissant à une sémantique bien défini, je vous encourage à regarder le reportage “les nouveaux chiens de garde” qui nous explique le fonctionnement du quatrième pouvoir……qui donne les ordres, comment, quand……Tous ces pseudos journalistes ont choisis de renier les fondements de leur métier pour rester aux commandes…..regardez, écoutez et comprenez…….Tout s’explique, en particulier cet alignement linguistique pour l’affaire Nemtsov.

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  • Jengi // 03.03.2015 à 16h40

    Une hypothèse circule aussi sur quelques sites prorusses (mais je ne retrouve plus la source) ;

    Nemtsov aurait pu être un agent double de Poutine auprès des ukrainiens, qui, s’en étant aperçu, l’auraient éliminé de manière visible…

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  • Nicolas P. // 03.03.2015 à 18h01

    Je serais curieux de savoir ce qui vous autorise à Parler de la Lituanie en ces termes : ” ….la présidente de Lituanie (vous savez, le bidule qui est dans l’Europe et désormais dans l’OTAN.”

    La Lituanie est un “bidule” ? Pourriez-vous m’éclairer ?

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  • Jérémy // 03.03.2015 à 19h09

    Ce qui me fait le plus rire, c’est la façon dont les médias parlent de Poutine (dictateur, tyran, oligarque)… C’est peut-être vrai, mais comment qualifier les amis Africains de la France ?

    Président !

    Président Deby, président Nguesso, il y a pas longtemps on a eu le droit à Président Compaoré…

    Et Dassault qui vend ses rafales à Al-Sissi, responsables de centaines de morts et de massacres… Et c’est une fête Nationale !

    Elle est belle la France !

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  • Lysbeth Lévy // 04.03.2015 à 10h06

    Voici ce que dit le World Socialist sur la mort de Nemtsov :https://www.wsws.org/fr/articles/2015/mar2015/nemt-m04.shtml extrait :

    “” Il y a deux lignes d’intrigue possibles (dont chacune a d’innombrables variantes) dans l’assassinat de vendredi dernier :

    La première est que Nemtsov a été tué par des éléments de la faction Poutine, avec ou sans la connaissance du président, comme un avertissement à ceux qui parmi l’élite envisagent de quitter le navire. Il est cependant difficile de voir comment un acte d’une telle imprudence renforcerait le régime.

    La deuxième, c’est qu’il a été tué par des éléments au sein de la faction anti-Poutine comme un moyen de donner un martyre au faux mouvement démocratique. Il est à noter que, dans son commentaire du Wall Street Journal, Kasparov se réfère à des différences qu’il a eues avec Nemtsov sur la tactique anti-Poutine; Nemtsov avait adopté une approche plus prudente que Kasparov.

    « Boris et moi avons commencé à nous quereller après que M. Poutine est revenu à la présidence en 2012. Pour moi, le retour de Poutine a marqué la fin de tous les espoirs réalistes d’une voie politique pacifique à un changement de régime. Mais Boris a toujours été optimiste. Il me disait que j’étais trop téméraire, que ‘vous devez vivre longtemps pour voir le changement en Russie.’ Maintenant, il ne le verra jamais. »

    Après a chacun d’apprécier d’après des nouveaux éléments sur cette affaire qui est bien lié a la confrontation entre la Russie et le bloc Atlantiste “américain”…

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