Aujourd’hui, une vision historique du Kurdistan…

Source : Kurdish Question, Kardo Bokani, 15-07-2017

Signé le 24 juillet 1923, le Traité de Lausanne divisa le Kurdistan entre la Turquie, l’Iran, l’Irak, la Syrie et l’Azerbaïdjan. Bien que nous entamions aujourd’hui son 94e anniversaire, un aspect important du Traité est souvent ignoré, de façon délibérée ou non. Le récit dominant entretient l’idée selon laquelle ce sont les alliés qui ont divisé le Kurdistan car il ne correspondait pas à leur projet impérial. Toutefois, une analyse plus approfondie de la période comprise entre 1919 et 1923, non seulement remet en cause cette idée, mais peut aussi l’invalider et la désigner comme une « théorie du complot ». Dans cet article, je retrace la trajectoire des événements qui ont abouti à mise en application du Traité de Lausanne.

Les éléments historiques nous apprennent que la période de 1919 à 1921 a vu le mouvement de libération kurde présenter la plupart des opportunité politiques nécessaires pour former un Kurdistan indépendant, ce qui a conduit certains historiens à parler d’une période « d’opportunités en or » [1]. Pendant celle-ci, des révolutionnaires kurdes ont organisé de nombreuses révoltes dans différents endroits et régions du Kurdistan. Parmi lesquelles, la révolte du Cheik Mahmoud dans la province d’As-Sulaymâniya en 1919, la révolte de Koçgirî dans le Dersim en 1920, et la révolte de Simko à Ourmia en 1920. Cette série de révoltes armées montre la motivation de la population kurde pour la liberté, qui est la première structure d’opportunité pour la réussite de tout mouvement révolutionnaire. [2]

La seconde opportunité – une crise politique sévère paralysant l’administration de l’État et ses capacités coercitives – s’est présentée d’elle-même au mouvement kurde pendant cette période. Vers la fin de la Première Guerre mondiale, les Alliés avaient occupé les territoires ottomans et imposé le Traité de Sèvres au sultan Abdüllhamid. La pression paralysante obligea Kemal Atatürk à faire appel à certains milieux kurdes pour l’aider à repousser les forces occupantes. [3]

La troisième opportunité – la division au sein des élites de l’État – était également présente, car les élites dirigeantes turques souffraient de graves dissensions internes. Tandis que l’empire ottoman s’effondrait, la classe dirigeante se scindait en deux camps opposés, représentés par le sultan Abdüllhamid d’une part et Kemal Atatürk d’autre part. Basée à Istanbul, la faction du sultan cherchait à préserver le système du sultanat. Ne reconnaissant pas son mandat, et le décriant pour la signature du traité de Sèvres, la faction Atatürk trouva un gouvernement alternatif à Ankara, qui devint un incubateur de la république turque.

La quatrième opportunité – une alliance transverse entre les principales classes de la société, ou une coalition nationale entre les groupes politiques principaux – manquait. On ne trouve aucune trace d’une quelconque coopération entre les principales forces kurdes qui ont combattu dans des régions différentes du Kurdistan. On ne trouve pas non plus d’alliance de quelque nature que ce soit entre les forces kurdes d’une même région du Kurdistan.

La cinquième opportunité – la permissivité internationale et l’aide étrangère – était dans une certaine mesure disponible pour le mouvement kurde. Les données historiques révèlent que les Alliés ont offert aux Kurdes un soutien diplomatique pour la formation d’un Kurdistan indépendant. La raison en était que le Kurdistan, tout comme l’Arménie, aurait servi de tampon entre la Turquie proprement dite et les reste des régions turques d’Asie centrale appelées le Turan, dont les Jeunes-turcs aspiraient à prendre le contrôle en vue de former l’empire turanien [5]. Pour empêcher cela, les Alliés soutenaient à la fois les Arméniens et les Kurdes. Le premier document signalant l’aide diplomatique occidentale à ces derniers est le quatorzième point de la déclaration de Woodrow Wilson, le président américain, à propos du droit des peuples à l’autodétermination. L’article 12 de la Déclaration demandait en 1918 :

« Les parties turques de l’actuel empire ottoman doivent être assurées d’avoir une souveraineté établie, mais les autres nationalités qui sont aujourd’hui sous contrôle turc doivent être assurées d’une entière sécurité quant à leur vie et d’une possibilité de développement autonome sans qu’elles soient inquiétées… [6]

Le second document est le Traité de Sèvres de 1920 qui stipule :

Article 62 : Une commission siégeant à Constantinople et composée de trois membres respectivement nommés par les gouvernements britannique, français et italien, préparera, dans les six mois à dater de la mise en vigueur du présent traité, l’autonomie locale pour les régions, où domine l’élément kurde, situées à l’est de l’Euphrate, au sud de la frontière méridionale de l’Arménie, telle qu’elle pourra être déterminée ultérieurement, et au nord de la frontière de la Turquie avec la Syrie et la Mésopotamie…

Article 64 : Si dans le délai d’un an à dater de la mise en vigueur du présent traité, la population kurde dans les régions visées à l’article 62, s’adresse au Conseil de la Société des Nations en démontrant qu’une majorité de la population de ces régions désire être indépendante de la Turquie, et si le Conseil estime alors que cette population est capable de cette indépendance, et s’il recommande de la lui accorder, la Turquie s’engage, dès à présent, à se conformer à cette recommandation et à renoncer à tous droits et titre sur ces régions…[7]

Comme je l’ai dit, le soutien occidental fut limité à des initiatives diplomatiques et il n’y a aucune preuve d’aide militaire ou financière. C’est l’adversaire des Kurdes qui reçut un soutien politique, militaire et financier de l’Union soviétique sous la direction de Vladimir Lénine. Des documents historiques montrent qu’à partir de 1919, le gouvernement alternatif d’Atatürk à Ankara reçut un soutien substantiel des Soviétiques. Après la conclusion en 1921 du Traité d’Amitié avec Atatürk, Lénine fut le premier à reconnaître le gouvernement d’Atatürk à Ankara, face au Sultan d’Istanbul. Durant ces années critiques, les Soviétiques furent le fournisseur principal des aides militaires, économiques et morales dont Ataturk avait besoin pour rejeter les alliés de Turquie et consolider la fondation de la République turque. [10]

Ainsi, les Soviétiques ont aidé Atatürk en 1921 à soutirer un traité à la France pour qu’elle retire ses forces de Cilicia. L’année suivante, Atatürk a également réussi à chasser les Grecs de l’Anatolie, avant de lancer un assaut sur la zone des détroits, sous contrôle britannique. Ceci amena à un armistice formel entre les deux pays quand les représentants turcs à Londres rencontrèrent les officiels britanniques pour négocier un nouveau traité remodelant et remplaçant celui de Sèvres [11]. A cette époque, on outre, la Grande-Bretagne avait perdu tout intérêt à la création d’un Kurdistan indépendant, car cela aurait pu susciter une rébellion de la population kurde dans l’Irak sous mandat britannique. [12] Le souhait de valider un accord de paix avec le gouvernement turc et de ne pas encourager des troubles aux frontières irakiennes semble avoir été une autre raison de ce renoncement.

C’est sans doute à la demande d’Atatürk qu’en 1923, Lénine a retiré le statut d’autonomie qu’il avait précédemment accordé à l’enclave kurde dans les territoires soviétiques, connue sous le nom de « Kurdistan rouge » et l’a rattachée à la République d’Azerbaïdjan [13]. Avec un territoire d’environ 5 200 km2, le Kurdistan rouge a été jeté aux poubelles de l’Histoire et ne s’est jamais plus fait entendre. Au-delà de tout cela, la Troisième Internationale qui était placée sous l’influence de l’URSS a dénoncé la révolte kurde de 1925, connue sous le nom de révolte du cheikh Saïd, comme un mouvement « réactionnaire » conçu par l’impérialisme anglais pour affaiblir la République turque. [14]

Après la révolution d’octobre de 1917, il faut toutefois noter que les Soviétiques ont adopté une politique de soutien des mouvements anti-coloniaux dans ce qui était alors appelé le « tiers-monde ». L’intention n’était pas seulement d’allumer une révolution internationale contre le système capitaliste, mais aussi de consolider la révolution socialiste en Russie [15]. La première initiative prise à cet égard par les Soviétiques fut d’organiser en 1920 le premier Congrès des peuples de l’Est, qui se tint dans la capitale de l’Azerbaïdjan, Bakou. Était également invité un groupe de militants turco-azéris d’Iran, dont faisant parti le général Lahuty de Tabriz [16]. Le chef révolutionnaire vietnamien, Ho Chi Min, qui était présent au Congrès, déclara :

« Après ce congrès historique, en dépit de toutes les difficultés intérieures et extérieures, les Soviets révolutionnaires n’ont jamais hésité à soutenir les peuples qui se sont levés en réponse à leur révolution historique. Une des plus importantes décisions prises au cours de ce congrès a été d’ouvrir l’université de l’Est. » [17]

Les Soviétiques ont créé l’université de l’Est dans le but d’éduquer les futurs révolutionnaires du monde colonisé. D’après Ho Chi Min, qui a reçu une éducation politique et idéologique à l’Université, elle peut revendiquer 150 conférenciers et 1022 étudiants de 66 pays différents [18]. Parmi eux se trouvaient trois militants iraniens nommés Hussein Sharqy, Karim Nikkhah et Ardashir Ovasiyan.[19]. Dans son évaluation de l’Université, Ho Chi Min a soutenu, sans exagération, que l’avenir des peuples colonisés résidait sous les arcanes de l’Université [20]. Non seulement l’avenir des Kurdes colonisés ne se trouvait pas sous ces arcanes, mais la collaboration soutenue de Lénine avec Atatürk pour former l’État-nation turc s’est avérée trop coûteuse pour les Kurdes.

De façon plus importante, Lénine a mis en place un modèle que les leaders soviétiques suivants n’ont pas hésité à reprendre. Durant la révolte Agirî de 1937, par exemple, l’aide de l’URSS à l’État turc fut cruciale pour mater définitivement la rebellion. Quand les Soviétiques ont fermé la frontière du fleuve Araxes aux révolutionnaires kurdes et permis à l’armée turque de faire usage de ses facilités ferroviaires, le sort de la révolte Agirî fut scellé [21]. Au-delà de cela, les Soviétiques ont servi d’intermédiaires entre les régimes turc et iranien en réglant les choses découlant de la révolte. [22]

Il peut paraître surprenant que les Soviétiques aient fourni à l’armée turque dans les années 80 des hélicoptères Sikorsky et Mi-1 Hip-M, des transporteurs de troupes blindés, et des équipements de vision nocturne, tout ceci étant utilisé lors d’opérations contre les forces du PKK et ses soutiens civils. [23]

Pour conclure, j’affirme que le Traité de Lausanne fut le résultat d’une désunion paralysante parmi les divers groupes kurdes, et d’un soutien continu d’aide au gouvernement d’Atatürk assuré par les Soviétiques sous la direction de Lénine. Si les groupes kurdes avaient réussi à se rejoindre dans un front unifié et si les Soviétiques n’avait pas renforcé l’armée turque pour renverser le Traité de Sèvres, le Kurdistan n’aurait peut-être pas été découpé en cinq parties, dont l’une oubliée à jamais.

[1] Izady, Mehrdad. The Kurds: A Concise Handbook (Washington: Taylor & Francis, 1992) p. 58; Kendal, Nizan. “Kurdistan in Turkey”. In: Chaliand, Gerard. ed. A People Without A Country: The Kurds and Kurdistan (New York: Olive Branch, 1993, [1980]) p. 30.

[2] For the discussion of opportunity structures see Greene, T. Comparative Revolutionary Movements; Search For Theory and Justice. Third Edition. (New Jersey: Prentice Hall, 1990, [1974]); Goldstone, J. (Ed.). Revolutions; Theoretical, Comparative, and Historical Studies. Second Edition. (Forth Worth: University of California, Davis, 1994, [1986]); Goldfrank, W. “The Mexican Revolution”. In: Goldstone, J. ed. Revolutions; Theoretical, Comparative, and Historical Studies. Second Edition. (Forth Worth: University of California, Davis, (1994, [1986]).

[3] Kendal, 1993, p. 48.

[4] Kendal, 1993, p. 32; Dêrsimî, Nûrî. Dêrsim le Mêjûy Kurdistan da, (Dêrsim in the History of Kurdistan), trans from Turkish to Soranî by Dizeyi, F.A. (Hewler: Mukiryanî, 2001, [1952]) p. 145-46

[5] See Mann, M. The Dark Side of Democracy; Explaining Ethnic Cleansing (Cambridge: Cambridge University Press, 2005) p. 131-2; Hewitt, C. and Cheetham, T. (2000) Encyclopaedia of Modern Separatist Movements (California: ABC-CLIO, 2000) p. 232.

[6] http://www.ourdocuments.gov/doc.php?flash=true&doc=62

[7] http://wwi.lib.byu.edu/index.php/Section_I,_Articles_1_-_260

[8] McDowall, David., A Modern History of the Kurds (London: I.B. Tauris, 1997) p. 130.

[9] McDowall, 1997, p. 138; Romano, David., The Kurdish Nationalist Movement: Opportunity, Mobilization and Identity (Cambridge: Cambridge University Press, 2006) p. 36; Kirişci, Kemal. and Winrow, Gareth., The Kurdish Question and Turkey: An Example of a Trans-state Ethnic Conflict (London: Frank Cass, 1997) p. 71.

[10] Dunn, John., Modern Revolutions: An Introduction to the Analysis of a Political Phenomenon (London: Cambridge University Press, 1972) p. 193-95; Harris, Nigal., National Liberation (London: Penguin Books, 1990) p. 118-9; Olson, Robert., “The Kurdish Question in the Aftermath of the Gulf War: Geopolitical and Geostrategic Changes in the Middle East”, Third World Quarterly 13: 3 (1992) p. 480-92; Bedirxan, Sureya., The Case of Kurdistan Against Turkey (Stockholm: SARA Bokförlag, 1992) http://www.saradistribution.com/thecaseofkurdistan.htm; Vanly, Ismet Sheriff., “The Kurds in the Soviet Union”. In: Kreyenbroek, Philip. and Sperl, Stephan. eds., The Kurds; A Contemporary Overview (London: Routledge, 2005 [1992]) p. 158; Jwaidah, Wadia., The Kurdish National Movement; Its Origins and Development (New York: Syracuse University Press, 2006) p. 122; Dêrsimî, 2001, p. 290; Kendal, 1993, p. 49.

[11] McDowall, 1997, p. 140.

[12] Kirişci and Winrow, 1997, p. 70.

[13] Vanly, 2005, p. 158-9.

[14] Harris, 1990, p. 119; Bozarslan, Hamit., “Some Remark on Kurdish Historiographical Discourse in Turkey 1919-1980”. In: Vali, A. ed. Essays on the Origins of Kurdish Nationalism (Costa Mesa: Mazda, 2003) p. 29; van Bruinessen, Martin, Agha, Shaik and State: The Social and Political Structures of Kurdistan (London: Zed Books, 1992) p. 292.

[15] DeFronzo, James. Revolutions and Revolutionary Movements (Oxford: Westview, 1996) p.43-44-47.

[16] Abrahamian, Ervand. Iran Between Two Revolutions (Princeton: Princeton University Press, 1982) p. 119.

[17] Minh, Ho Chi. On Revolution: Selected Writings, 1920-66, Fall, B.B. edition (New York: Praeger, 1967) p. 44.

[18] Minh, 1967, p. 46.

[19] Abrahamian, 1982, p. 130-32.

[20] Minh, 1967, p. 46.

[21] McDowall, 1997, p. 205.

[22] Jwaideh, 2006, p. 123.

[23] Laizer, Sheri. Martyrs, Traitors and Patriots; Kurdistan after the Gulf War (London: Zed Books, 1996) p. 83.

Note : les vues et opinions exprimées dans cet article sont celles des auteurs et ne correspondent pas nécessairement à la position de KurdishQuestion.com

Source : Kurdish Question, Kardo Bokani, 15-07-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

22 réponses à Une histoire méconnue de la division du Kurdistan

Commentaires recommandés

Denis Griesmar Le 15 août 2017 à 11h50

Les transcriptions françaises classiques sont “Ben Gourion” et “Irgoun”.
Ceci pour donner aux voyelles leur vraie valeur, et cesser de franglaiser à tout va. L’anglicisation des transcriptions n’a aucune valeur “scientifique”, mais vise à démanteler la vision du monde des non-anglophones. On écrit “Stalin”, puis “Lenin”, et on arrive à “Putin” … Putain !

  1. Fritz Le 15 août 2017 à 06h17
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    Article intéressant. Je signale deux traductions discutables : “opportunity” ne signifie pas “opportunité” en français ( = ce qui est opportun), mais “occasion”. Kardo Bokani énumère les cinq occasions nécessaires pour former un Kurdistan indépendant. Comme il écrit “opportunity structure”, on pourrait traduire par “donnée favorable”.

    “Ainsi, les Soviétiques ont aidé Atatürk en 1921 à soutirer un traité à la France pour qu’elle retire ses forces de Cilicia.” : le dernier nom ne désigne pas une ville mais une région historique, la Cilicie.


    • Raoul C, Le 15 août 2017 à 07h33
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      C’est très juste.

      Ainsi « d’opportunités en or » (dans le texte ci-dessus) est un vilain calque, en français on dit « d’occasions en or ».


  2. Rene Naba Le 15 août 2017 à 07h08
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    • Fritz Le 15 août 2017 à 08h19
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      Eh oui, ce n’est pas un hasard si nos médias ont donné des Kurdes une image flatteuse : de courageux combattants laïcs et féministes, en lutte contre les dictatures (Saddam) et les islamistes.

      Cela remonte au moins à Danielle Mitterrand…
      http://www.mitterrand.fr/Danielle-Mitterrand-et-les-Kurdes.html


      • Rene Naba Le 15 août 2017 à 09h22
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        Fritz, Bien avant Danielle Mitterrand n’oubliez pas le rôle sournois de Bernard Kouchner et depuis peu de BHL N’oubliez l’éphémère présidence de Sida à la tête de l’opposition syrienne off shore, mercenaire des pétromonarchies, Le Kurdistan est un marche pied d’Israël face à ll’Iran
        .


        • Nerouiev Le 15 août 2017 à 10h53
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          A ce propos voir comment BHL voit la stabilité du Moyen Orient avec deux pôle gardiens de la paix : un Kurdistan au Nord et Israël au Sud :
          https://www.youtube.com/watch?v=BmSRliaM2-M


          • Lysbeth Levy Le 17 août 2017 à 15h24
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            BHL ou la “boussole inversée”, et au service d’Israel, donc le Kurdistan est le futur “état-tampon” utile pour servir de “proxy” en cas de conflit. Pauvres kurdes, encore un peuple roulé dans la farine, par les anglo-saxons et leurs alliés européens, israeliens. Mais ils ne seront pas les seuls dans ce cas là. La source de cet article qui certains décrivent partisan ou biaisé, est “pro-état-tampon” donc pro-partition de l’Irak, Syrie, voir Iran, du Kurdistan, tout en magnifiant ces “qualités” démocratiques, de gauche au Rojava autogestionnaire, fédéraliste etc..http://kurdishquestion.com/author/81 Le mythe de l’indépendance démocratique du Kurdistan “libre” est supporté par la gauche du NPA aux antifas, libertaires, mais c’est encore pour mieux nous faire croire en une “bonne cause” alors qu’il s’agit d’une “bonne guerre”.


        • Bernard CORNUT Le 15 août 2017 à 11h13
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          Oui dès 1934 Ben Gurion envoya au nord kurde d’Iraq son agent Zaslanski installé dès 1931 à Baghdad sous couverture de professeur d’anglais au Baghdad College . Sous sa nouvelle couverture de journaliste, Il enquêta sur les tribus, aghas et pistes de contrebande. Ben Gurion devenu PM du nouvel état israélien le nomma 1er chef du Mossad créé pour réunir divers groupes d’action secrète armée (terroristes selon les britanniques) (Haganah, Lehi, Irgun…), sous le nom de Shiloah. Dans ses mémoires il reconnut que ses reconnaissances en pays kurdes ont beaucoup servi dans sa carrière de chef espion. Comme dans les années 1900-1940 en Palestine, des terres sont achetées aux paysans kurdes et mises au nom de personnes résidant dans l’état israélien, grâce aux agissements frauduleux des centaines d’agents actifs dans la région autonome kurde d’Iraq. Un agent propose passage, voire visa, vers le mirage européen contre quelques milliers de dollars, un autre agent propose d’acheter la terre. Une bonne part meurent en route….


          • Denis Griesmar Le 15 août 2017 à 11h50
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            Les transcriptions françaises classiques sont “Ben Gourion” et “Irgoun”.
            Ceci pour donner aux voyelles leur vraie valeur, et cesser de franglaiser à tout va. L’anglicisation des transcriptions n’a aucune valeur “scientifique”, mais vise à démanteler la vision du monde des non-anglophones. On écrit “Stalin”, puis “Lenin”, et on arrive à “Putin” … Putain !


      • Lysbeth Levy Le 17 août 2017 à 15h57
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        Notre vénéré Kouchner ex-docteur continue a balader son monde avec un “‘génocide”‘ Kurde comme il l’avait fait avant avec le prétendu génocide bosniaque ou kosovar par les “‘nés méchants serbes” selon les termes de la R2P pour intervention militaire immédiate et humanitaire :http://cabinet.gov.krd/a/d.aspx?l=12&a=46487 Le héros néocon toujours prompts à “sauver” les “minorités” en rajoutent a travers cet article sur commande : http://www.slate.fr/story/28643/kouchner-kurdes Il faut sauver les kurdes !, avant il fallait sauver les kosovars !, bosniaques sur la base de mensonges qu’il a honteusement inventé http://www.renenaba.com/requiem-pour-lingerence-humanitaire-mediatique/ Insupportable mais Pierre Péan l’ayant aussi épinglé s’est vu lyncher sur la place publique médiatique. .


  3. Raoul C, Le 15 août 2017 à 07h31
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    «Après la révolution d’octobre de 1917, il faut toutefois noter que les Soviétiques ont adopté une politique de soutien des mouvements anti-coloniaux dans ce qui était alors appelé le « tiers-monde ». »

    Étonnant, le terme Tiers-Monde date du début des années 50, pour ne plus dire pays sous-développés…

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Tiers_monde#cite_note-4
    http://www.cnrtl.fr/definition/tiers-monde


    • Bernard CORNUT Le 15 août 2017 à 09h38
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      Peuples que Woodrow Wilson désignait en 1918 comme attardés ‘backward peoples”. Son voeu d’autonomie pour quelques territoires ou peuples et de “politique de la porte ouverte” cachait la volonté impérialiste US de ne pas laisser l’Empire Britannique contrôler seul la Mésopotamie connue comme riche en pétrole pas cher à produire.


    • Homère d'Allore Le 15 août 2017 à 11h12
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      De même, il paraît très étonnant que ”les Soviétiques aient fourni à l’armée turque des hélicoptères Sikorsky dans les années 80”, ce constructeur étant américain…

      Ça fait beaucoup d’erreurs…


  4. Fritz Le 15 août 2017 à 08h35
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    La carte de kurdishquestion.com est assez mal choisie puisqu’elle illustre les accords Sykes-Picot, qui ne prévoyaient nullement la formation d’un État kurde.


    • Bernard CORNUT Le 15 août 2017 à 09h43
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      Certes, mais au moins elle montre l’ensemble du partage par les Empires vainqueurs,y compris pour la Cilicie et l’Anatolie du Sud-Ouest, dont la publication par Trotzky ne pouvait que provoquer la colère des notables et peuples arabes, et des turcs “nationalistes”


  5. Bernard CORNUT Le 15 août 2017 à 09h48
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    Un épisode méconnu d’après la guerre 39-46 manque: il se créa en 1946 une République de Mahabad avec un appui soviétique. Les USA, furieux de ce rapprochement soviétique vers l’Iraq et ses pétroles pas cher tenus par l’IPC dominée par les compagnies anglo-saxonnes, menacèrent l’URSS par une alerte nucléaire afin qu’ils retirent leur soutien, et cette République kurdo-azeri s’écroula.


  6. WASTERLAIN Serge Le 15 août 2017 à 11h17
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    La défaite en Cilicie de l’armée du levant du général Gouraud face aux troupes de Mustafa Kemal Atatürk en février 1921, renforçant ainsi considérablement la future République Turque sur toute l’Anatolie, n’est pas étrangère à l’impossibilité de créer un Kurdistan. Je n’arrive pas à retrouver les références, mais il me semble que l’accord Sykes/Picot qui avait l’accord de la Russie – concernait tous les territoires compris entre la Méditerranée et la mer Caspienne et entre la Mer Rouge et la Mer Noir – prévoyait aussi explicitement ou implicitement la création d’un Arménistan qui put se faire grâce à la victoire des arméniens contre les Ottomans en mai 1918, mais aussi d’un Kurdistan qui ne vit jamais le jour. Ce qui est en tout cas certain, c’est que la zone bleue française englobait les kurdes de l’actuelle Turquie, de la Syrie et d’Irak, trois pays qui ont vu le jour dans leurs frontières actuelles après cet accord, exception faite pour la Syrie qui fut amputée du sandjak d’Alexandrette que les français cédèrent aux turc en 1939 après une brève existence comme République du Hatay.


  7. Silk Le 15 août 2017 à 16h43
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    Mettre tout sur le dos de l’URSS est un biais dans sa présentation.
    C’est mettre de côté une partie du contexte international, le soutien des pays capitalistes au sultanat, et la riposte en face était de soutenir l’état laïc et progressiste d’Ataturk.
    Dès lors, les kurdes ne sont presque plus rentrés dans l’équation.
    Mais mettre ça sur le dos de Lénine, c’est un peu gonflé ^^


    • gracques Le 15 août 2017 à 17h00
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      Sinon gonfle , terriblement biaisé… oui,
      Mais l’article est intéressant dans la,mesure où il replace cette histoire dans un contexte plus global.


  8. Lysbeth Levy Le 16 août 2017 à 22h15
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    On a tendance a présenté l’ensemble, ou l’élite, des Kurdes comme des “victimes” éternelles, mais c’est un mythe car comme tout peuple, ethnie, il a ces “zones d’ombres” et a participé selon l’Histoire à des bains de sang il est vrai sous la poussée des Occidentaux, pour refaire la carte du moyen-orient ou décider si il y aura “une nation kurde” ou en utilisant ceux ci comme des pions utiles. Dans ce cas là les Israeliens, anglo-saxons sont à la manoeuvre avec l’argent saoudien. Pour confirmer les dires de René Naba : https://sarahabed.com/2017/08/12/a-history-of-violence-the-myth-of-the-moderate-kurdish-rebel/ les kurdes croient qu’il auront un état assis sur trois pays, mais au final, ils ne sont que des pions ou des proxies contre leurs voisins. Ils seront déçu et vaincus se rebellerons aggravant la situation au MO. La “prophétie autoréalisatrice” de John Negroponte sera une réalité : cette guerre (contre Daesh soit disant ) durera 30 ans ! Sur le mythe des Kurdes de gauche, démocrates, féministes, defendu par la gauche radicale ou bobo : https://gowans.wordpress.com/2017/07/11/the-myth-of-the-kurdish-ypgs-moral-excellence/ BHL soutient les Pechmergas ne l’oublions pas.. Encore des “Freedom Figthers”comme les afghans d’Al Qaida


  9. Shirmek Le 17 août 2017 à 11h04
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    Quelques autres traductions à corriger :
    – “le décriant (decrying) pour la signature du traité de Sèvres, la faction Atatürk trouva (found) un gouvernement alternatif à Ankara” (on ne décrie pas une personne, je propose : le blâmant/condamnant ; fonda)
    – “l’avenir des peuples colonisés résidait sous les arcanes de l’Université (under the ceiling of this University)” (je proposerais “se trouvait entre les murs de cette Université”)
    – “De façon plus importante (More importantly)” (Je propose : “Plus important encore, “)
    – “faire usage de ses facilités ferroviaires (to make use of its rail facilities)” (il s’agit ici bien sûr d’installations ferroviaires)
    – “Au-delà de cela, les Soviétiques ont servi d’intermédiaires entre les régimes turc et iranien en réglant les choses découlant de la révolte (Above and beyond, the Soviet mediated between the Turkish and the Iranian regimes in settling scores springing from the Revolt)” (pas facile… en réglant les comptes nés de la révolte ? bof bof)


  10. christian gedeon Le 17 août 2017 à 13h52
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    C’est rigolo,si j’ose…les kurdes,nouveaux héros démocrates du coin. Outre le fait qu’ils sont archi divisés,petit rappel d’histoire sur les kurdes du XIX ième et du début du XXième siècle…massacreurs en diable,exécutants du grand massacre des chrétiens assyriens de la plaine de Ninive,entre autres, au XIXiéme siècle,suppôts sans faille de l’ottoman et grands exécuteurs du l’essentiel du génocide arménien au XXième siècle,avec appropriation des terres,des femmes et des petites filles au passage… et les voilà devenus héros démocratiques… je me marre,vraiment.


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