Les Crises Les Crises
7.mai.20167.5.2016 // Les Crises

Une majorité d’Américains pense que la terre d’Israël est occupée par les Palestiniens, par Grant Smith

Merci 31
J'envoie

La fabrique du crétin par les médias, très efficaces aux USA…

Source : Antiwar.com, le 24/03/2016

Les plaintes de « territoires contestés » de l’AIPAC-Israël (Americain Israel Public Affairs Committee, le comité américain des affaires publiques d’Israël) portent leurs fruits

Par Grant Smith, le 25 mars 2016

Selon un sondage de l’IRmep (Institute for Research: Middle Eastern Policy) soumis par l’intermédiaire de Google et de ses sondages aux consommateurs, une majorité d’Américains (49,2%) pensent que les Palestiniens occupent la terre d’Israël plutôt que l’inverse. Le sondage, statistiquement significatif, a été mené le 9 mars dans quatre pays et a une marge d’erreur de 1,7 à 4,3%.

La population adulte utilisant internet des États-Unis est la seule en Amérique du nord qui croit que les israéliens sont sous occupation palestinienne. Simultanément, un sondage destiné aux Canadiens révèle que 51,4% pensent, à raison, que les Israéliens occupent les terres palestiniennes, de même 54,6% des Mexicains pensent eux aussi qu’Israël occupe le territoire palestinien.

Les adultes vivant au Royaume-Uni ont été les plus convaincus parmi les quatre pays interrogés avec 57,7% pensant qu'”Israël occupe la terre palestinienne”. La question a pris une nouvelle importance avec les efforts de l’Union européenne pour afficher clairement les produits provenant des colonies israéliennes de Cisjordanie. L’organisation chargée du lobbying au congrès pour le compte de nombreuses organisations proches d’Israël aux États-Unis, le Comité américain des affaires publiques sur Israël, ou AIPAC, considère que la mesure d’étiquetage par l’Union européenne comme une « attaque » contre Israël et a cherché à légitimer les produits de «territoires contrôlés par Israël » dans la législation commerciale américaine. AIPAC a cherché à « brouiller » la question en soutenant la formulation gouvernementale israélienne de territoires « contestés » plutôt que « occupés ».

Figure 1 : sondages de consommation Google IRmep

Figure 1 : sondages de consommation Google IRmep

Pourtant, comprendre la situation sur le terrain est essentiel pour les Américains. Bien qu’ils n’aient pas été largement publiés, les témoignages de la Commission sur le 11-Septembre ont révélé que l’occupation permanente par Israël, l’humiliation des Palestiniens, le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël et les régimes autoritaires au Moyen-Orient étaient des motivations majeures pour le terrorisme contre les États-Unis.

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a commencé à utiliser le terme “territoires occupés” à la suite de la guerre des Six Jours provoquée par l’attaque surprise d’Israël sur l’Egypte en 1967. La résolution 242 des Nations Unies appela au retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés, afin d’établir la paix dans la région. Au lieu de cela, Israël annexa Jérusalem-est en 1980 et le plateau du Golan en 1981. Ces deux annexions n’ont pas été reconnues par la communauté internationale. L’annexion de Jérusalem par Israël a été déclarée nulle et non avenue par la résolution 478 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, tout comme l’annexion israélienne du Golan par la résolution 497. Israël retira ses forces armées de Gaza en septembre 2005, mais conserva le contrôle du spectre de fréquences [de télécommunications, NdT], des recettes fiscales, de la zone aérienne et maritime de la bande de Gaza. Israël est toujours désignée comme une puissance occupante par les Nations Unies.

Aux Etats-Unis, les politiciens à la recherche de soutien financier auprès des organismes proches d’Israël sont dissuadés d’utiliser le terme “territoires occupés israéliens”. Beaucoup préfèrent se conformer à la formulation de l’AIPAC et du gouvernement israélien qui désigne la Cisjordanie, Jérusalem-est et le Golan comme “territoires contestés” afin de ne pas contrarier les gros donateurs pro-israéliens.

Bien qu’aucun grand journal ne fasse état ou même n’évoque une quelconque occupation palestinienne de territoires israéliens, la couverture des Palestiniens par les médias est dans une écrasante majorité négative – y compris leurs demandes de reconnaissance de leur État, le mouvement non violent du BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) et la résistance aux attaques israéliennes – tout cela contribue probablement à l’incapacité fondamentale des Américains à saisir les faits essentiels de la situation au Moyen-Orient.

Basée à Washington, l’IRmep est une association de recherche sur la formulation de la politique des États-Unis au Moyen-Orient.

Source : Antiwar.com, le 24/03/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

15 réactions et commentaires

  • bluetonga // 07.05.2016 à 02h14

    “Car où il y a abondance de sagesse, il y a abondance de chagrin; et celui qui s’accroît de la science, s’accroît du chagrin.”

    Férus de bonheur et de vérité biblique, les américains, dans leur vaste majorité, préfèrent s’en tenir à cette constatation de l’Ecclésiaste, et se garder de trop savoir. Ça les rend plus heureux, ils souffrent moins. En silence. Rendre les citoyens américains ignorant est la tâche à laquelle se sont d’ailleurs humanitairement attelées les dernières administrations américaines, sabrant dans les programmes d’éducation et dévalorisant méthodiquement leur qualité.

    Nous on a pris du retard. Il nous reste encore plein de truc à ignorer qu’ils ignorent déjà.

    Dieu merci, notre presse est là pour inlassablement, nous dés-éduquer, et nos dirigeants, qui ont enfin compris où se situait l’intérêt général, le nôtre et le leur, leur ont emboîté le pas.

      +53

    Alerter
    • Gilou // 07.05.2016 à 02h34

      “Rendre les citoyens américains ignorant est la tâche à laquelle se sont d’ailleurs humanitairement attelées les dernières administrations américaines, sabrant dans les programmes d’éducation et dévalorisant méthodiquement leur qualité.”

      Vous remplacez “américains” par “français” et “américaines” par “françaises” et vous pigez instantanément pourquoi l’éducation nationale est systématiquement délabrée dans notre pays depuis des années.

        +41

      Alerter
      • TuYolPol // 07.05.2016 à 11h54

        L’enseignement a surtout été détourné en fonction des besoins exclusifs des gros employeurs, et ce dans tous les pays. Résultat : chômage et bas salaires chez les diplômés, foire d’empoigne, engorgement des gros bassins d’emploi urbains du tertiaire, dépendance à l’égard des grandes entreprises, omniprésentes par nécessité vitale des salariés redevenus exploités, contamination jusque dans l’enseignement par la pensée la plus utile aux dominants, à savoir l’utilitarisme et le darwinisme. Je pense que c’est plutôt ça qui frappe l’enseignement, et qui aboutit à cette perte de qualité.

          +9

        Alerter
        • Bouddha Vert // 08.05.2016 à 00h51

          Bonjour,
          Il n’est peut être pas nécessaire de mettre Darwin de la partie, si ce n’est pour dévoyer la profondeur de sa réflexion.
          Ce sont les néocons qui ont galvaudé son oeuvre, merci.

            +3

          Alerter
          • TuYolPol // 08.05.2016 à 09h28

            C’est vrai, c’est parce qu’on a attrapé le spencérisme, que réfutait Darwin lui-même.

              +0

            Alerter
        • Per // 08.05.2016 à 09h38

          et on y va tout droit en France, la loi Travail n’étant qu’un épisode parmi d’autres

            +3

          Alerter
  • RBurgard // 07.05.2016 à 02h26

    Bel exemple d’inversion de la réalité.
    Aux États-Unis la propagande jouit d’une finesse extrême : quand on parle de Trump, on rajoute généralement une photo thématique “CHAOS in USA”, j’attends le jour où ils l’affubleront d’un képi noir surmonté d’un aigle argenté.

    Quoi qu’en France, on a pas à se plaindre. Il est permis de suivre le mouvement, ce qui signifie pour les profanes : tirer dans l’ambulance. Par exemple, critiquer le FN, daesh, et autre appâts à point Godwin…

    Ou alors on joue dans le délire total, et on invente carrément des faits : Poutine et ses comptes au Panama, Sadam Hussein qui tue les bébés dans une maternité, Kadhafi qui dope ses soldats au viagra…

      +20

    Alerter
  • noDJ // 07.05.2016 à 02h34

    Cela révèle au moins deux choses : les médias et les politiques ne sont pas au service du bien commun (ce qui présupose une information vérifiée) mais des lobbies, la société de consommation annihile le sens critique.
    Israel est l’exemple le plus frappant du deux poids deux mesures, si les motivations des guerres étaient la démocratie, les droits humains et le respect des règles internationales, l’Otan aurait libérer Gaza et les colonies depuis bien longtemps.
    L’influence de l’AIPAC et des néocons (ayant de nombreux doubles nationaux en son sein) explique largement cette anomalie.

    Ce que je comprends moins par contre c’est que Trump (qui ne dépend pas de riches donateurs) s’est récemment déclaré en faveur de l’extension des colonies illégales.

      +31

    Alerter
  • Cyberhomosapien // 07.05.2016 à 04h51

    Un Amiral français en mission volontaire en Palestine s’insurge contre l’occupation israélienne

    https://francais.rt.com/opinions/20092-amiral-merer–a-hebron

      +12

    Alerter
  • TuYolPol // 07.05.2016 à 12h16

    J’adhère volontiers à cette analyse, et c’est encore pire. Est-ce que E Todd dirait que les fondements religieux sont surdéterminants dans le fonds anthropologique des EUA ?
    Il y a quelquechose de très profond et de très divergent entre deux mondes, lié au statut de Dieu, de l’argent, de l’individu, et peut-être surtout une tentation puritaine et manichéenne de la pensée du Bien et du Mal, fondamentalement pathogène. Elle conduit en particulier à se ruer sur les stéréotypes les plus pauvres, peu capables d’intégrer la complexité, la diversité et l’ambivalence humaine.

      +2

    Alerter
  • georges dubuis // 07.05.2016 à 12h32

    D’une terre promise…..à l’autre, propriété biblique first, c’était écrit ! Les indiens comme les palestiniens ont un seul droit, celui de……réserve ! Contrairement à la minute de haine d’Orwell si souvent citée, c’est la minute d’amour inconditionnellement allouée au quartier générale des religions qui est promue……. demain à Jérusalem dit Attali, modeste spéculateur, back to the beginning, un long métrage comme on dit ! Vive l’involution !

      +3

    Alerter
  • pinaute // 07.05.2016 à 16h08

    Je suis surpris que le pourcentage ne soit pas plus élevé. Il y a donc plus d’américains instruit sur cette question que je ne le croyais. Leur propagande médiatique a l’habitude de faire plus de ravage que ça sur les réalités géopolitiques.

      +1

    Alerter
    • silk // 07.05.2016 à 16h20

      vous trouvez ? il faut voir s’il y a eu des sondages dans les années 80 mais je pense qu’en cette période, les gens avaient une vision plus claires.
      D’ailleurs les 57% de convaincu de l’occupation au Royaume-Uni font peine à voir ” ça veut dire que 43% ne pense pas que c’est une occupation …

        +3

      Alerter
  • Feubeuh // 07.05.2016 à 18h57

    Outre le fait que j’apporte très très peu d’importance aux sondages google, je me faire l’avocat du diable ( et c’est comme cela que c’est expliqué aux petits etatsuniens)

    La traditionnelle interprétation de la Résolution 242 en anglais qui ne mentionne pas l’article défini “des” territoires occupés ( from occupied terroritories traduit par “DE” territoires occupés ) et qui selon les redacteurs de la résolution était parfaitement voulu et souhaitable car les frontières de 1947 étaient militairement absurdes.
    Rajoutons le fait qu’en 1947 le plan de partage est accepté par Israel et refusé par les arabes. Gaza est occupé par l’Egypte en 48, et la Judée Samarie est annexé par l’émirat de Transjordanie et renommé Cisjordanie.
    Dans les faits il n’y a jamais eu d’etat Palestinien dont les territoires ont été annexé par Israel, Les Arabes ont d’abord refusé la création de l’état palestinien en 47, et quand ils ont conquis les territoires sur lesquels cet état aurait pu etre crée soit il n’ont rien fait, soit ils les ont annexés.

      +9

    Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications