Source : Arte, Jérôme le Maire, 02-10-2017

Au bloc opératoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, le “burn out” menace à tous les échelons. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, le réalisateur Jérôme le Maire a su capter le mal-être général des soignants.

Le réalisateur Jérôme le Maire a passé deux ans au sein de la très réputée unité chirurgicale de l’hôpital Saint-Louis, l’un des grands établissements parisiens. Pendant un an, sans filmer, il s’est familiarisé avec l’ensemble du personnel qui travaille à flux tendu dans les quatorze salles d’opération du bloc, chacune accueillant huit à dix interventions par jour au fil d’une organisation très complexe. Il a ensuite tourné seul, toute une année, au cœur de ce collectif professionnel chevronné, qui tient chaque jour entre ses mains la vie et la mort des patients. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, il capte un mal-être général qui, des aides-soignantes aux chirurgiens, “déborde, déborde, déborde”, comme le planning que les gestionnaires du service n’ont de cesse de vouloir “optimiser”. Entre deux prises de bec, les protagonistes confient leurs états d’âme ou leurs réflexions et s’accordent à reconnaître, en dépit de leurs différends, une commune origine à la pathologie qui les affecte tous. “Les conditions de travail se sont dégradées mais le travail, lui, ne doit pas se dégrader”. Car même si les patients semblent se réduire à la partie tranchée et recousue de leur anatomie, ces soignants n’oublient jamais la responsabilité extrême qui est la leur. La direction diligente alors un audit sur la qualité de vie au travail, qui se recentre bientôt sur l’analyse des “process” et de leur “efficience”…

Urgence

Cette fascinante tragi-comédie humaine dévoile au profane ce qu’il ne voit jamais d’ordinaire : la souffrance de ceux qui soignent, d’abord, mais aussi la réalité crue d’une salle d’opération, car le réalisateur y est accueilli comme un membre de la famille, devant qui on n’a pas besoin de cacher le linge sale. S’il pointe des causes maintes fois dénoncées par les syndicats – augmentation continue de la charge de travail, gestion technocratique imposée d’en haut, atomisation d’équipes autrefois soudées…–, Jérôme le Maire, en laissant s’exprimer des points de vue contradictoires, met aussi en évidence la complexité du problème. Ce portrait intensément vivant d’un hôpital au bord de la crise de nerfs se veut plus largement la métaphore d’un monde du travail ravagé par la perte de sens et désormais en état d’urgence, selon le livre de Pascal Chabot qui l’a inspiré, “Global burn-out”.

Source : Arte, Jérôme le Maire, 02-10-2017

Dans le ventre de l’hôpital – ARTE

Source : Arte, Youtube, 02-10-2017

Source : Arte, Youtube, 02-10-2017

49 réponses à [Vidéo] Dans le ventre de l’hôpital, par Arte

Commentaires recommandés

Emmanuel Le 07 octobre 2017 à 06h10

Frédéric Lordon disait bien que les médias peuvent exposer l’exubérante richesse de la classe dirigeante ne fait guère de vagues dans le public, mais exposer la souffrance quotidienne au travail de mes semblables, là il vaut mieux ne pas s’y risquer. Que se passerait-il si les grandes chaînes de télévision diffusaient de telles émissions aussi fréquemment qu’elles nous donnent à entendre les avis ” d’experts ” et autres personnalités qui martèlent à longueur d’année qu’il faut ” réformer ” (comprendre libéraliser) la société française ? Y aurait-il un sévère réveil du pays ?

  1. Emmanuel Le 07 octobre 2017 à 06h10
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    Frédéric Lordon disait bien que les médias peuvent exposer l’exubérante richesse de la classe dirigeante ne fait guère de vagues dans le public, mais exposer la souffrance quotidienne au travail de mes semblables, là il vaut mieux ne pas s’y risquer. Que se passerait-il si les grandes chaînes de télévision diffusaient de telles émissions aussi fréquemment qu’elles nous donnent à entendre les avis ” d’experts ” et autres personnalités qui martèlent à longueur d’année qu’il faut ” réformer ” (comprendre libéraliser) la société française ? Y aurait-il un sévère réveil du pays ?


  2. Catalina Le 07 octobre 2017 à 07h04
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    dommage pas disponible ici
    Quelqu’un veut-il m’aider à la voir quand même ? s’il-vous-plaît ?


    • Ber Nard Le 07 octobre 2017 à 08h05
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      Bonjour 🙂
      As-tu testé sur youtube directement :
      https://youtu.be/0HGSk9GKfuE

      sinon, passe par tor :
      https://www.torproject.org/
      Belle journée Ensoleillée 🙂


    • yann Le 07 octobre 2017 à 08h28
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      si vous n’arrivez pas à visionner la vidéo ici, il faut savoir qu’elle est disponible 1 semaine sur le site d’ARTE : https://www.arte.tv/fr/videos/064508-000-A/dans-le-ventre-de-l-hopital/


      • Catalina Le 07 octobre 2017 à 10h49
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        c’est le pays où je suis où elle n’est pas recevable, Le Donbass. et sans doute pas que.


    • TuYolPol Le 09 octobre 2017 à 09h08
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      Les vidéos Arte+7 ne sont jamais disponibles hors de France et d’Allemagne, je suppose.
      Mais on peut choisir une proxy dans cette liste des proxy ouvertes en France, puis paramétrer la proxy dans les réglages réseau de son navigateur ou de youtube.


    • TuYolPol Le 09 octobre 2017 à 09h10
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      Les vidéos Arte+7 ne sont jamais disponibles hors de France et d’Allemagne, je suppose.
      Mais on peut choisir une proxy dans la liste des proxy ouvertes en France, puis paramétrer la proxy dans les réglages réseau de son navigateur ou de youtube.

      Il est impossible de coller le lien de la liste sans se faire jeter.


  3. Gordion Le 07 octobre 2017 à 08h18
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    @Catalina: idem, vidéo indisponible pour moi également.


    • Chris Le 08 octobre 2017 à 00h20
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      En Suisse aussi. “bloqué” ………………….


  4. reg92 Le 07 octobre 2017 à 09h02
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    Essayer de télécharger avec captvty. Sous windows.
    Bon week end


  5. DESPORTES Le 07 octobre 2017 à 09h17
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    Extraordinaire plongée au cœur de l’hosto! le bloc s’effrite
    n oublions pas comme autres causes à tous ces maux les opérations inutiles !

    je me bats contre le dépistage du cancer de la prostate et ses 20 000 ablations annuelles inutiles (la haute autorité de santé reconnait la non pertinence du dépistage)
    le PR DESGRANDSCHAMPS (chirurgien chef de service d’ urologie) se réjouit lors de la réunion avec la directrice de l hôpital des 10 % d augmentation d ‘activité du bloc, mais il devrait se dire qu ‘il est en parti responsable de la situation.


  6. Maxhno Le 07 octobre 2017 à 09h26
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    ” les meilleures questions sont celles qui n’ont pas de réponse” tout est dit dans cette phrase de l’anesthésiste, si les mots et les choses tel que défini par Foucault finissent par enfermer l’esprit les chiffres eux vont l’assassiner


  7. patrickluder Le 07 octobre 2017 à 10h01
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    A vouloir tout gérer de manière centralisée, on perd tout contact et avec la réalité de ceux qui sont au coeur des problèmes …

    Gestion globale et action locale, c’est bien, c’est même excellent => mais pas de manière cloisonnée !


  8. petitjean Le 07 octobre 2017 à 11h03
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    Arte, ce média tout dévoué à la cause européiste-mondialiste, coûte cher aux contribuables
    Ce média est un média de propagande et on peut compter sur le réalisateur pour bien fabriquer les images et les commentaires………………


    • Reg91 Le 07 octobre 2017 à 14h55
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      Plus que France 5 ? !!! il y a, de mon pont de vue, un nombre certain d’émission de qualité sur Arte
      Concernant le reportage il confirme ce que me disent des proches qui travaillent dans des centres hospitalier.
      Le “Lean management” est à l’œuvre. Je voudrai bien connaitre l’évolution des coûts des services gestion.


      • petitjean Le 07 octobre 2017 à 17h39
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        approfondissons : les 35 heures ont fait beaucoup de mal à l’hôpital

        mais…….il ne faut surtout pas approfondir………………………………

        à noter : nous avons des dizaines de milliards à dépenser chaque année pour accueillir toute la misère du monde, mais……ces milliards manquent pour nos hôpitaux. Chercher l’erreur……


        • chouchounet Le 08 octobre 2017 à 15h03
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          Et pour les jeux olympiques en 2024 : aucun souci financier.
          Par contre pour l’armée et les hôpitaux, là, curieusement il n’y a pas un sou..


      • Scytales Le 08 octobre 2017 à 17h14
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        Lean est aussi passé par le ministère de la Justice, sachez-le…


  9. Louis Robert Le 07 octobre 2017 à 12h38
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    La Mafia médicale doit abandonner l’Omerta. Depuis longtemps elle le doit.

    Mais… comme on sait, statut social, « prestige » et privilèges obligent…

    Vidéo non disponible dans le pays où je me trouve présentement… 😉


  10. Arcousan09 Le 07 octobre 2017 à 16h12
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    Le malaise de l’hôpital ne date pas d’aujourd’hui, “rentabilité” oblige
    Résultat dont personne ne parle: le suicide des soignants …
    Mon associé s’est suicidé cette année,
    Purpan à Toulouse: 4 suicides au moins depuis janvier
    Manifestation des soignants à Paris, à la Salpé une infirmière se pend
    Suicide à Georges Pompidou …. là la réponse de APHP laisse pantois d’admiration au lieu de chercher les causes des suicides elle veut fermer l’accès aux terrasses !!!!!!!!
    Que dire quand une infirmière amie dont je connais le dévouement qui passe du temps auprès d’une jeune patiente en phase terminale de son cancer du sein pète les plombs se fait vertement remonter les bretelles par la surveillante du service … “rentabilité” …. Elle a démissionné …


  11. Arcousan09 Le 07 octobre 2017 à 16h12
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    Suite:
    Que dire quand un infirmier spécialisé en réa cardiaque se voit demander par l’hôpital de revenir son jour de repos assurer le service dans un service de chirurgie viscérale …
    Que dire quand les patientes sont obligées d’uriner dans leur lit parce qu’entre l’appel et la venue de l’aide soignante il se passe une heure …
    Que dire de cette patiente atteinte de DMLA qui ne voit pas son plateau se voit privée de repas parce que la personne de service a “autre chose à faire” …. je crois qu’un jour on pourra mourir de faim dans un hôpital français si on est atteint d’une hémiplégie droite …
    Mais l’hôpital est sauvé …. on embauche à tour de bras des gestionnaires qui eux font 35 heures et obligent les soignants au bagne … “ON” paie des à cowboys des émoluments astronomiques (anesthésistes, gynécos, réa …) quand le titulaire est en vacances (anesthésiste Letton, ami urgentiste qui double sa retraite en dépannant 1 jour par semaine) et ensuite “ON” étouffe le personnel soignant parce qu’il ……. n’y a plus de crédits !?!?!?
    Grande misère de l’hôpital …..


    • zirgel Le 08 octobre 2017 à 16h14
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      “Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
      Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu´on enchaîne? …”


  12. chouchounet Le 07 octobre 2017 à 17h17
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    J’ai exercé comme médecin pendant 10 ans à l’AP-HP. Reportage remarquable qui m’a rappelé exactement cette souffrance ressentie par tout le personnel hospitalier.

    L’ audit est un excellent moyen de faire taire et de soumettre le personnel médical. Comme si le vrai problème, la vraie cause du malaise était dans les services hospitaliers!! Il est insupportable pour des équipes de s’entendre dire qu’il faut faire aussi bien, voire mieux, avec une infirmière et deux aides soignants en moins que le quota habituel, indispensable, soit dit en passant, à la sécurité du patient.

    Le problème est, à mon avis, situé beaucoup plus haut : les soignants ont affaire à une véritable dictature administrative qui ne leur demande pratiquement pas leur avis (un comble) pour faire fonctionner un hôpital. Problème : un soignant ne peut rentrer aisément dans un cadre administratif. Cela supposerait, en effet, que les maladies, imprévisibles, puissent y figurer.


  13. chouchounet Le 07 octobre 2017 à 17h42
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    …Suite

    Un soignant s’occupe de la souffrance humaine. Et cela on ne peut le mettre dans un ordinateur, pas plus que l’angoisse du patient, ni le temps passé auprès de lui. Essayez de rentrer ça dans Excel, pour voir.
    Résultat des “directives” et de l’ “efficience ” (une insulte) : sur une heure, en gros, 40 minutes de procédures, réunions, informatique etc… et seulement 20 minutes au lit du patient !
    Nos technocrates et politiques ont oublié, ou ne veulent pas savoir, l’essentiel : ils sont devant des problèmes humains. Pas devant des bilans financiers, pas devant des statistiques, pas devant des données informatiques. C’est important, certes, mais secondaire.
    Il est impossible que les patients soient traités correctement si les soignants sont dans une telle souffrance. Impossible. Cette souffrance venant, à mon sens, de décisions purement technocratiques.
    Dans ces conditions les accidents sont, et seront, difficilement évitables.


    • Arcousan09 Le 07 octobre 2017 à 23h57
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      Nous sommes sur la même longueur d’onde ….


  14. nicolas Le 07 octobre 2017 à 19h08
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    Déjà vu.
    On retrouve les mêmes problèmes partout dans toutes les entreprises de tous les secteurs et même dans les gouvernements qui gèrent les états

    Ils auraient pu appeler ce doc ainsi :

    Quand le capitalisme entrepreneurial disparait pour le capitalisme financier.

    Autrement dit quand des petits comptables étriqués se mettent à gérer à coup de tableau exel sans sortir dans la vraie vie , voilà ce qui se passe …

    Si le capitalisme financier avait une seule fois accouché d’une entreprise originale qui marche , ça se saurait …

    Des exemples ? Oui plein

    Apple c’était 2 allumés dans un garage qui ont monté une boite et c’était pas des comptables.
    Google pareil , Ford pareil , Renault idem , Total aussi c’était une stratégie étatique sur le très long terme ( un truc surnaturel pour un comptable … ) , bref toutes les entreprises c’est la même chose.

    Et quand elles sont reprise en main par les idiots un costards lunettes et laptop , tout s’écroule de l’intérieur et n’a plus aucun sens.


    • chouchounet Le 08 octobre 2017 à 15h17
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      Très juste. Sauf que là il ne ‘agit pas de fabriquer des bagnoles mais de soigner des patients.
      Pas la même chose, pas le même “produit”.
      Un petit stage préalable de brancardier aux urgences (un mois au moins, nuit et jour comme les autres) pour tous ces costards cravates serait sans doute bénéfique. Mais ne rêvons pas. Au fait combien gagnent ils par mois ces messieurs dames? Mmmmhh?


      • nicolas Le 08 octobre 2017 à 15h56
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        Je voulais dire simplement que la logique financière étouffe et tue tout au final.

        Que ce soit dans les services comme l’hôpital ou dans les entreprises qui produisent des biens et également pour gérer des états.

        La logique financière est court termiste , elle ne se soucie pas des hommes qui ne sont que des variables dans des tableaux , et elle va jusqu’à ignorer l’essence même de toute entreprise humaine au sens large.

        Pour les financiers , il n’y a que la rentabilité qui compte et rien d’autre.

        Et ça , ça ne fonctionne pas , ça ne crée rien et c’est une logique de mort qui est non créative.


        • Matt Le 08 octobre 2017 à 21h57
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          Je suis tout à fait d’accord avec vous. Dans ce documentaire, le cadre s’y prête peut être plus qu’ailleurs, mais je crois qu’il peut être résumé ainsi: “Comment voulons nous nos conditions de travail?”
          Cette question, même si elle semble mieux illustrée dans le milieu hospitalier, doit transcender les lieux….Le vrai problème soulevé par toutes ces histoires d’efficiences, performances et autres rentabilisations est celui ci: Le primordial n’est pas (uniquement) ce que nous produisons, mais comment nous le produisons.
          Question de finalité donc…


      • ZIRGEL Le 08 octobre 2017 à 16h47
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        @ chouchounet

        J’approuve complètement vos commentaires, mais j’aimerais y ajouter ces remarques (qui vous paraîtront peut-être injustes ou excessives ?) :

        J’ai travaillé moi aussi dans le milieu hospitalier depuis 1970 (cliniques privées à but non lucratif, participant au service public hospitalier). J’ai vu monter, depuis disons plus ou moins un quart de siècle, ce cancer de la gestion comptable de l’hôpital. Cela a détruit divers services comme les cuisines, la lingerie, la couture, le dispensaire où les gens du quartier venaient prendre leurs piqûres ou faire les prises de sang, notamment, la maternité, le service pédiatrique… Une véritable hécatombe au nom de la rentabilité. Les cuisines ont été remplacées par un groupe coté en bourse.
        Puis, on s’est “attaqué” au personnel en commençant bien sûr par le “bas de l’échelle” : les agents d’entretien. J’ai vu ce personnel se faire chronométrer pendant le nettoyage d’un interminable couloir, histoire de voir s’il y avait moyen de faire plus et plus vite. J’ai ressenti cela comme une atteinte à la dignité de ces personnes.
        Et cela a continué, évidemment, avec les aides-soignantes et les infirmières pour le personnel médical, et pour les secrétaires médicales et administratives qui devaient obligatoirement devenir polyvalentes. Le métier de secrétaire médicale était un beau métier; aujourd’hui, il est détruit, il suffit de savoir pianoter sur un clavier d’ordinateur.


        • ZIRGEL Le 08 octobre 2017 à 16h47
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          Suite…

          Je vous raconte tout ceci pour en arriver à vous dire que pendant toutes ces années où cette gestion comptable a fait ses ravages, le corps médical n’a pas moufté, approuvant ce qui était présenté comme une modernisation et un progrès (alors que ce n’était que régression).

          Le documentaire d’Arte montre bien que les rouages du système ont happé les médecins qui, à leur tour, sont broyés par la machine.


          • chouchounet Le 08 octobre 2017 à 19h15
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            Absolument.

            TOUT le personnel hospitalier est concerné. Depuis les services d’entretien jusqu’au chef de pôle, et même, à présent, je le pense aussi, jusqu’aux directeurs des hôpitaux coincés entre les “directives” venues d’en haut et le personnel.
            Les cadres sont sûrement très malheureux.

            Les médecins, du moins dans les hôpitaux, ont eu l’extrême naïveté de penser qu’ils étaient respectables donc intouchables, ils sont en train de tomber de haut. Les libéraux ont compris, eux, depuis longtemps, que les pouvoirs publics les détestent. On n’aime pas, en haut lieu, les gens qui prennent des risques et des responsabilités. Un haut fonctionnaire, un Enarque en prennent ils ? Il y en a beaucoup qui ont des procès? Très, très peu je crois.


            • ZIRGEL Le 08 octobre 2017 à 20h56
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              Je suis d’accord avec vous concernant les directeurs d’hôpitaux jusqu’à un certain point : ceux que j’ai croisés pendant ma vie active ont tous été des collaborateurs zélés, de même d’ailleurs que les cadres de santé (ces derniers étaient d’ailleurs choisis en fonction de leurs caractères malléables et soumis à l’autorité hiérarchique, à l’une ou l’autre exception près).

              Si naïveté il y eut de la part des médecins, c’est, selon mon expérience, de croire que les méthodes de management ne s’appliqueraient qu’au “petit personnel” jetable et interchangeable, bref qu’ils seraient épargnés par le rouleau compresseur.


      • Le Rouméliote Le 08 octobre 2017 à 19h45
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        Certes ! Mais la logique est la même et les urgences ont bien besoin de bonnes bagnoles qui ne tombent pas en panne pour transporter les blessés. Le secteur sanitaire vit ce que d’autres secteurs ont expérimenté avant eux, ne serait-ce que l’école, la pénitentiaire, l’agriculture, etc. Ce n’est pas parce qu’il soigne qu’il est au-dessus ou au-delà du monde, il est simplement au bout de la ligne : il soigne des malades qui étaient des biens portants et pouvaient satisfaire par leur travail aux besoins tant professionnels que privés des soignants. Ce que vit l’hôpital choque parce que tout un chacun peut s’y retrouver avec des risques pour sa peau (Et ma fille pas plus tard qu’il y a une semaine, abandonnée aux urgences durant 1h30 avec une douleur insupportable, pour cause de pause déjeuner du personnel !) mais c’est pareil partout ! Merci la bureaucratie européiste obéissant aux lobbies financiers !


  15. Clauzip Le 08 octobre 2017 à 01h02
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    La démarche en sous face et de fond,c’est la dégradation permanente et systématique du service publics de santé comme les autres services publics.
    La santé est une activité qui génère des centaines de milliards €
    Les activités de santé sont destinées,c’est une évidence,à des patients qui n’ont que tres peu de choix.Ce sont des clients captifs.
    Les fonds de pensions et autres organismes financiers internationaux lorgnent depuis longtemps sur ces services publics de santé francais.
    Ils développent une stategie de desaveux des services hospitalier pour supprimer progressivement des etablissements publics et les remplacer par du privé et surtout pour ne prendre en charge que les pathologies rentables financièrement,
    Le public accueille tous les malades.
    Toutes les activités publiques rentables sont dans le collimateur du néolibéralisme dont l’UE est le porte drapeau et fer de lance.Macron
    Le système de santé privatisé aura pour consequences:
    La fin des cotistions de l’assurance maladie mais la nécessité d’une assurance privée que chacun choisira avec les conséquences connues dans le monde anglo saxon,cout augmentant avec le nombre et le type de pathologies,refus des sociétés d’assurance si coût engendrés trop élevé mais aussi arrêt de traitement si coût élevés des soins.
    Il y aura bien un service de santé à la richeşse du patient.Les relations etabissemenr/patient passent par les avocats
    La FRANCE a le meilleurs services se santé du monde et beaucoup de citoyens étrangers nous l’envie ,que restera t il dans 4ans,â la fin du madat Macron?


  16. Charles-de Le 08 octobre 2017 à 02h02
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    Puis-je poser ici une question annexe sur l’hôpital ?

    Est-il vrai que le jour de la fameuse panne d’électricité de décembre 1978 qui A CONCERNé TOUTE LA FRANCE Y COMPRIS LES HOPITAUX, LE GROUPE ELECTROGENE DU PLUS GRAND HOPITAL DE BRETAGNE N’A PAS FONCTIONNé ?


  17. Catalina Le 08 octobre 2017 à 07h20
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    incroyable, je me fie au comentaires mais aussi à mon expérience perso dans des hopitaux en France. Là, je suis dans un pays en guerre, j’ai été reçue pour une péritonite aigue, j’ai eu une infirmière chaque jour qui passait toutes les heures me demander si ça allait et si j’avais mal, mon chirurgien qui passait tous les jours, des spécialistes tous les deux jours….personne dans les couloirs, sur des lits en attente. C’est un pays en guerre et “arriéré” selon ce qu’en pensent les gens plus à l’ouest….et bien, je suis contente par mon expérience de désavouer ces croyances, j’ai eu à acheter mes médicaments, perfusion, antibiotique, pansements, (mais ici, ça coute pas une blinde et c’est largement accessible pour presque tout le monde) et le surplus alimentaire de confort mais j’avais deux repas par jour et une collation l’après midi. On ne m’a pas demandé un sou pour l’opération.
    Les gens qui ont les moyens payent, les autres non, l’état taxe les riches entreprises et les personnes riches. C’est un choix et une volonté.
    Pas de stress ici chez les soignants qui sont adorables, ils ont tout leur temps pour s’occuper de vous. à vrai dire, je me suis sentie “une personne” et pas “une péritonite” comme je l’ai entendu chez moi, en France.bon après, c’est sur, les chirurgiens vivent bien mais ils ne sont pas riches comme en France et ne font pas de fric sur le nombre d’opérations qu’ils pratiquent


  18. R&F Le 08 octobre 2017 à 10h51
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    Cela fait bien longtemps que la France n’a plus le meilleur système de santé au monde comme on aime tant nous le rappeler…

    Juste une parenthèse, à l’hôpital public, les chirurgiens et médecins ont un salaire mensuel + un salaire pour les gardes/astreinte +/- un salaire universitaire.

    De fait contrairement au libéral, un chirurgien qui opère beaucoup gagne autant qu’un chirurgien qui opère moins. En revanche l’hôpital, lui touche de l’argent pour chaque acte réalisé. C’est pour ça qu’il met une pression de fou sur les médecins et les chir (car c’est eux qui prescrivent et/ou réalisent les actes).

    C’est d’ailleurs pour ça qu’un l’hôpital qui manque de médecin est prêt à payer une fortune des médecins pour quelques semaines, alors qu’en parallèle, il supprime des postes d’infirmiers. C’est juste que d’un point de vue comptable, l’infirmière ne prescrit pas et donc ne fait pas rentrer d’argent. C’est juste absurde…


    • Arcousan09 Le 08 octobre 2017 à 12h08
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      Pendant des lustres les médecins français allaient soigner les autres chez eux …. mais c’était pendant un autre siècle, siècle pendant lequel les mots “humanitaire”, “humanisme” avaient encore une valeur ….
      Maintenant nous sommes obligés d’importer des médecins étrangers pour nous soigner … c’est bien la preuve que nous sommes devenus …. un pays sous développé.
      Et quand j’entends encore des politiques “réalistes” et si inspirés déclarer que notre système de santé est le “meilleur au monde” …. je fulmine ….

      Grandeur et décadence


      • chouchounet Le 08 octobre 2017 à 16h30
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        J’ai connu ça en libéral. Se lever à 2 heures du matin pour se charger d’ un infarctus, un AVC, etc.. Mais, oui, c’était au siècle dernier.

        A force d’observer et de réfléchir, j’ai comme une intuition (je ne suis pas le seul) : concours très (trop) difficile au début des études de médecine. De cette façon on crée artificiellement un manque de professionnels. Aucun souci : des médecins européens ou extra européens seront ravis de venir chez nous, même mal payés. Super pour les finances publiques !
        Ainsi des dizaines de postes de médecins sont vacants dans les hôpitaux (normal, c’est un enfer).
        Les “déserts médicaux” sont à 95% de la responsabilité des pouvoirs publics qui, depuis des décennies, font TOUT pour détruire les libéraux. C’est presque fait. La liberté, ils n’aiment pas. Ainsi ce métier, devenu lui aussi un enfer grâce à eux, ne présente plus aucun intérêt. Nous allons voir fleurir des centres de santé avec des médecins (aux 35 heures) mal payés. Bien organisé, non?


        • Catalina Le 08 octobre 2017 à 21h36
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          bien organisé pour que seuls les riches se soignent et que les autres crèvent, normal, nan?. ils ont pas mérité puisque pas héritiers et parvenus ! la kaste est le terreau de l’incompétence et de la fin des états nations. de l’incinéraion de l’histoire des peuples, la mort décadente d’une mémoire collective.


  19. Matthieu Le 09 octobre 2017 à 01h08
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    Bonsoir,

    Je suis aide soignant, j’ai travaillé 7 ans en france dans des condition honteuse. Ce reportage ne reflète qu’une partie de la réalité. Dans tous les lieux où j’ai pu travaillé la maltraitance est chose courante. La détresse des patient est tous simplement ignoré faute de temps. En 7 ans je n’ais pris ma pose qu’une fois sur 5, commencer mon travail 15 min plus tôt finissant 30 min en retard sans compensation financière. En moyenne je faisait seul 13 toilettes de tetra/para/emi tous les matins.
    La direction nous autorise de n’utiliser que deux gants jetable par patient nous obligeant a commencer par “dégrossir” avec le draps du lit les selles souvent abondantes.
    Dernièrement j’ai reçus une proposition de CDI pour une structure dite “humaniste” puisque le personnelle a reçus cette formation… dans le détail il y a une infirmière et deux aide soignant pour 75 résidant grabataire.
    Je n’ai plus a me plaindre, je me suis barré dans un autre pays car j’étais trop proche du précipice.
    J’ai beau faire du 42h, au moins j’ai repris gout a mon métier et a la vie.


  20. TuYolPol Le 09 octobre 2017 à 09h31
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    Ce qui m’a sidéré c’est de voir les médecins totalement désarmés intellectuellement devant l’agression. BAC+10, super compétents, mais pédalant comme des hamsters dans une roue. La capacité de révolte et de revendication contre un ordre supérieur semble atrophiée, ils sont à la maternelle du combat social. La boîte à idées est la seule parade, une femme dit “c’est ce que je faisais faire à mes enfants”. Ils sont pris dans le langage et les réflexes de pensée dominants par mimétisme, le langage des libéraux a sans doute été le leur pendant des années, et même maintenant il n’y a aucun discours critique profond. On ne remet pas en cause la logique sous jacente. On est de bonne volonté, on veut faire mieux. On leur dit que c’est la seule façon de sauver l’hôpital, face à quoi ? Au secteur privé ? Et avec quelles règles ? Celles du libéralisme ? Même si c’est impossible et que les règles sont stupides et absurdes, ils ne traversent pas le miroir. C’est symptômatique de toute le société, en fait.

    Ceci montre la puissance de persuasion du discours dominant pour les dominants, ceux qui rêvent d’en être, et ceux qui ont peur, qui sont sensibles au chantage.

    Et de penser à Todd.


  21. TuYolPol Le 09 octobre 2017 à 10h05
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    Et tout ça pour appliquer le Lean Management, méthode de management qui est censée aboutir à faire plus avec moins, starifiée du fait de la réussite de Toyota. Ah ben oui.
    Et de me dire : il n’y a que l’individualisme pour faire en sorte qu’une société entière puisse être hypnotisée par l’appât du jackpot de la nouvelle méthode de management qui change tout, le jackpot de la nouvelle pensée qui gagne, l’approche casino où l’on ne voit jamais que pour maintenir la passerelle de commandement, il faut entretenir un réservoir inépuisable de perdants. L’individualisme empêche de voir ça.
    C’est aussi un petit peu une question d’intelligence, d’intelligence déchaînée ou plutôt désenchaînée.
    On est dans une secte de joueurs de casino ravis de la crêche qui nous réinventent l’enfer en y croyant.


  22. Brulé Méry Le 09 octobre 2017 à 11h20
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    Médecin anesthésiste à l’assistance publique pendant plus de 30ans à la retraite depuis 3 ans j’ai été captivée par ce reportage revivant mes 3 dernières années de travail.Montravail n’avait plus de sens.Je remplissais des cases en travail posté et automatique endormant et réveillant des malades à la chaîne prenant à peine connaissance du dossier médical ne connaissant ni le chirurgien ni l’intervention entourée d’un personnel de bloc que je connaissais à peine.Et les médecins hospitaliers ne sont pas aux 35h,comme les chirurgiens nous partons quand c’est fini et si sur une même salle d’opération si les chirurgiens se succèdent au cours de la journée,c’est le même médecin anesthésiste qui a 2 salles sous sa responsabilité,donc la pression est énorme
    Avant nous travaillions en équipe : la même équipe chirurgicale avec la même équipe anesthésique et le même personnel de bloc : nous nous connaissions bien nous connaissions les malades dont nous discutions en staff commun : humanisme, excellente prise en charge, très peu de conflits et des gens heureux au travail car responsabilises et valorises dans une équipe … nous avons fait du bon travail… maintenant c’est l’administration qui a pris les rênes et pour plus de rentabilité nous devons être interchangeables et les équipes ont été atomisées. Résultat : le personnel part, plus personne ne se connaît et ceux qui restent sont à bout
    Merci pour ce reportage qui aborde enfin le malaise des médecins hospitaliers


  23. Azerty Le 11 octobre 2017 à 23h10
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    Je suis médecin urgentiste dans un grand CHU (dans le top du classement du point).
    Je constate que le système de santé est progressivement dépassé, que la qualité et la sécurité se détériorent :
    – D’un côté : Economies, pas assez de recrutement (pas de budget, trop de démissions), tension sur les équipes, augmentation de l’activité, Réduction des durées moyennes de séjours.
    – De l’autre : Vieillissement d’une population polypathologique, concentration des populations dans les grandes villes, déplacement de problèmes sociaux aux urgences, faillite des petits CH périphériques, fermeture de lits notamment de gériatrie ce qui est totalement irresponsable…

    Bref, Depuis 2 ans aux urgences, la “grippe hivernale” dure d’Octobre à Mai. Si vous avez le malheur de vous pointez en début ou fin de semaine et qu’il n’y a pas d’urgence vitale, vous risquez de passez 24h sur un brancard dans le couloir parce que l’hôpital est plein.

    Les pouvoirs publics ne peuvent pas ignorer cette situation. Ils sont informés encore récemment :
    – lettre ouverte à Mme Buzyn : https://sphweb.fr/blog/2017/09/26/lettre-ouverte-de-medecins-hospitaliers-a-agnes-buzyn/
    – rapport d’information sénatorial : https://www.senat.fr/rap/r16-685/r16-6851.pdf

    Mais comme disait un internaute, on est au niveau zéro de la contestation, peur des représailles etc. Elle viendra peut-être des citoyens, encore faudrait-il qu’ils se rendent compte de la détérioration de leur hôpital. J’ai tout de même espoir car enfin de plusieurs reportages sortent sur le sujet, mais aucun ne fait un procès complet.


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