Les Crises Les Crises
15.juin.201915.6.2019 // Les Crises

Voyage en « agnotologie », pays de la science et de l’ignorance (2/4) Des maladies aux causes invisibles. Par Perrine Kervran

Merci 76
J'envoie

Source : France culture, Perrine Kervran, 01-05-2019

Un peu d’ignorance en moins sur les causes des maladies fait surgir beaucoup de questions embarrassantes…

Consultation médicale, Septembre 2005• Crédits : Adam Berry – Getty

En santé publique, ce que l’on demande aux médecins c’est de soigner leurs patients, pas de rechercher les causes de ces maladies. Devant l’afflux toujours plus nombreux de patients atteints de maladies du sang, une équipe du Centre Hospitalier d’Avignon s’est quand même posée la question. Mais un peu d’ignorance en moins sur les causes fait surgir beaucoup de questions embarrassantes. De la même manière, quand un historien s’intéresse à la silicose, la maladie du mineur, il s’aperçoit que pour plein de « bonnes » raisons, syndicats, patronat, pouvoirs publics ont su « négocier » une ignorance médicale de circonstance. Une ignorance qui fait des milliers de morts, aujourd’hui encore…

La plupart des cancers professionnels sont chez des ouvriers, et non pas chez des cadres. C’est la différence d’espérance de vie selon le milieu social. Et il est évident qu’un agent de maîtrise, un cadre qui a une connaissance des démarches administratives se débrouillera beaucoup mieux pour faire reconnaître une maladie professionnelle. (Benoit de Labrusse)

Un certain nombre d’ouvriers refusent de déclarer leurs maladies professionnelles alors qu’ils le pourraient. Quand on les interroge, on a des réponses variées : “ce n’est pas mon travail, c’est le tabac”, je ne veux pas mettre en cause mon ancien employeur. Derrière ça, on présuppose aussi que, reconnaître le travail comme étant à l’origine de leur cancer, ça veut dire remettre en cause toute une vie professionnelle. Et ça c’est psychologiquement très difficile. (Benoit de Labrusse)

Avec :

  • Borhane Slama, chef du service “Oncologie-Hématologie” du centre hospitalier d’Avignon
  • Brigitte Lemeure, médecin du Travail
  • Benoit de Labrusse, médecin du travail
  • Nathalie Jas, historienne et sociologue à l’Institut National de la Recherche Agronomique
  • Eglantine Armand, assistante sociale au Centre Hospitalier d’Avignon
  • Paul-André Rosental, Professeur des Universités à Sciences Po

Une série documentaire de Franck Cuveillier avec la complicité scientifique de Mathias Girel, réalisée par Rafik Zénine

Liens

Powerless science ? Science and Politics in a Toxic World, Nathalie Jas, Soraya Boudia (Berghahn Books)

Source : France culture, Perrine Kervran, 01-05-2019

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Sandrine // 15.06.2019 à 09h50

“La pilule réduit la fertilité: pourquoi il ne faut surtout pas nous alarmer”- un article classique du genre :
http://m.leplus.nouvelobs.com/contribution/1222614-la-pilule-reduit-la-fecondite-pourquoi-il-ne-faut-surtout-pas-nous-alarmer.html

nous alarmons pas en effet, nous aurons de toute façon, en cas de problème, la possibilité de recourir à “procréation médicalement assistée” beaucoup plus respectueuse de la liberté de chacun car elle permet de sélectionner les embryons en fonction des souhaits de tous et toutes
https://mobile.lemonde.fr/societe/article/2010/07/31/la-clinique-des-bebes-sur-mesure_1393699_3224.html

3 réactions et commentaires

  • Sandrine // 15.06.2019 à 09h50

    “La pilule réduit la fertilité: pourquoi il ne faut surtout pas nous alarmer”- un article classique du genre :
    http://m.leplus.nouvelobs.com/contribution/1222614-la-pilule-reduit-la-fecondite-pourquoi-il-ne-faut-surtout-pas-nous-alarmer.html

    nous alarmons pas en effet, nous aurons de toute façon, en cas de problème, la possibilité de recourir à “procréation médicalement assistée” beaucoup plus respectueuse de la liberté de chacun car elle permet de sélectionner les embryons en fonction des souhaits de tous et toutes
    https://mobile.lemonde.fr/societe/article/2010/07/31/la-clinique-des-bebes-sur-mesure_1393699_3224.html

      +16

    Alerter
  • Ubu // 17.06.2019 à 16h33

    L’amiante, connu pour être toxique depuis le début du XX siècle : https://www.anses.fr/fr/content/l%E2%80%99amiante
    est une information confirmée par un ami juriste qui m’a expliqué que les compagnies d’assurances refusaient déjà en 1910 d’établir des contrats d’indemnités en lien avec cette matière, ce qui pour lui est très significatif.
    On leur a dit quoi aux travailleurs d’Aulnay sous Bois ?
    Et tous les gens qui vivaient autours de l’usine…

      +0

    Alerter
    • Haricophile // 17.06.2019 à 23h23

      Tiens, marrant, pareil pour le Nucléaire dit “civil” qui est si écologique, produit 0 carbone, est une énergie inépuisable contrairement au pétrole, qui n’a jamais fait de mort et dont on saura stocker les déchets en toute sécurité pour notre descendance (hypothétique) durant 4,5 milliards d’années sans coût.

      Le progrès™ vaut bien quelques sacrifices.

        +0

      Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications