Certains d’entre vous me réclament souvent une bibliographie indicative – cela viendra. Je peux en tous cas vous citer 4 de mes grandes sources : Keynes, Allais, Rueff et, peut-etre en premier, John Kenneth Galbraith (1908-2006). Après avoir travaillé pour Roosevelt, il a conseillé les présidents Kennedy, Johnson, Carter et Clinton. Plus grand ennemi de Milton Friedman, ses 40 et quelques livres lui ont valu d’être qualifié par The Economist de “l’économiste le plus connu du monde à son époque”, et “dans les années 1960, le plus grand économiste de gauche, l’héritier de John Maynard Keynes, et dont les contributions à l’économie sont sous-estimées par une profession obsédée par les formules mathématiques”.

“Là où Galbraith différait de Keynes, et d’autres grands économistes, c’est qu’il n’a produit aucune théorie économique robuste. […] Galbraith a dédaigné une approche théorique de l’économie. C’était plus qu’une simple aversion à des formules mathématiques. Le plus grand problème avec la science économique, selon lui, était son « refus délibéré de tenir compte de la présence des jeux de pouvoir et des intérêts politiques ». En posant comme principe un monde idéalisé de la concurrence parfaite, la théorie économique ne tient donc pas compte des facteurs qui conduisent les sociétés. Galbraith était donc moins un économiste qu’un mélange de sociologue, de politologue et de journaliste.”

Ses 4 principaux ouvrages sont Le capitalisme américain (1952), La Crise économique de 1929 (1955), L’Ère de l’opulence (1958), Le Nouvel État Industriel (1967). Il a rédigé en 2004, à 96 ans, un petit livre testament de 87 pages que je trouve excellent, The Economics of Innocent Fraud – littéralement, “La science économique du pieux mensonge” – moins heureusement traduit en français par Les Mensonges de l’économie. La première phrase pose le livre : “Pendant près de 70 ans, j’ai consacré ma vie professionnelle à l’économie […]. Cette longue période m’a appris qu’il existe une divergence permanente entre les idées admises et la réalité.”

Je vous propose aujourd’hui un extrait du 9e mensonge – qui cloue le cercueil des actions des banques centrales… Mais comme il l’a dit :

“Les économistes sont économes, entre autres choses, des idées ; pour la plupart, ils utilisent ainsi celles de leurs études supérieures durant toute leur vie.” [J.J. Galbraith]

9 : L’élégante esquive de la réalité

Extrait de « Les mensonges de l’économie », éditions Grasset, 2004

 “J’en viens maintenant à notre mensonge le plus prestigieux, à notre plus élégante esquive de la réalité. Dans le système économique moderne, on l’a vu, le passage des bonnes aux mauvaises périodes puis, finalement, des mauvaises aux bonnes périodes est imprévisible. Le boom, la bulle et l’inflation sont suivis d’une baisse de la production avec hausse du chômage, diminution des revenus, stabilisation des prix à un niveau inférieur. Puis, à un certain moment, il y a reprise – l’emploi s’accroît, les revenus augmentent, l’inflation réapparaît dans le discours sinon dans la réalité. Aux Etats-Unis, l’effort pour limiter le chômage et la récession, ainsi que le risque d’inflation, incombe à la Federal Reserve, la Banque centrale. Depuis de nombreuses années, elle est dirigée à Washington par un président extrêmement respecté : M. Alan Greenspan. Cette institution et son chef constituent la réponse officielle tant au boom et à l’inflation qu’à la récession ou à la dépression, avec production en baisse et chute des investissements et de l’emploi. On estime que les mesures discrètes prises par la Federal Reserve sont les plus approuvées et les mieux acceptées des interventions sur l’économie. Elles n’en sont pas moins parfaitement inefficaces, elles n’ont pas l’effet qu’elles sont censées avoir. La récession et le chômage – ou le boom et l’inflation – se poursuivent. C’est un des mensonges auxquels nous tenons le plus.

La réputation aussi flatteuse que fausse de la Federal Reserve s’appuie sur un solide fondement : la puissance et le prestige des banques et des banquiers, et le pouvoir magique qu’on prête à la monnaie. C’est cela qui accompagne et soutient la Federal Reserve et les établissements bancaires qui en dépendent. Si, face à une récession, la Banque centrale réduit le taux d’intérêt, les banques affiliées sont chargées de répercuter cette baisse de taux sur leurs clients, et de les encourager ainsi à emprunter, Les entreprises vont alors produire des biens et des services, acheter les usines et les équipements qu’elles peuvent désormais s’offrir et qui leur font gagner de l’argent ; la consommation, financée par des prêts aux meilleurs taux, va s’accroître. L’économie réagira positivement, et la récession prendra fin. S’il y a plus tard une expansion avec menace d’inflation, une hausse du coût de l’emprunt, elle aussi décidée par la Federal Reserve et appliquée à ses prêts aux banques affiliées, relèvera les taux d’intérêt. Les entreprises restreindront alors leurs investissements, les consommateurs leurs emprunts, l’optimisme excessif sera contré, les prix stabilisés, et on sera donc garanti contre l’inflation.

La difficulté, c’est que ce processus, aussi plausible que satisfaisant, est un credo économique bien ancré qui n’existe pas dans la vie réelle. Cette croyance repose sur une théorie apparemment convaincante, mais pas sur la réalité ni sur l’expérience pratique. Les entreprises empruntent quand elles peuvent gagner de l’argent, et non parce que les taux d’intérêt sont bas. À l’heure où j’écris ces lignes, en 2003, en pleine récession, le taux des prêts de la Federal Reserve a récemment été réduit une bonne douzaine de fois. Comme elles étaient une réaction sage et efficace à la récession, ces réductions ont été vigoureusement approuvées. Quoi de mieux que ce mécanisme simple, indolore, apolitique, aux mains de professionnels responsables et respectés que la politique ne souille pas ! Aucun débat déplaisant, aucune controverse absurde. Et aussi – mais on le souligne moins – aucun effet économique.

En matière de récession, notamment, l’espoir dépend toujours de la prochaine réunion de la Federal Reserve. On aura alors une promesse, des prévisions et, finalement, un résultat nul. Il n’y a guère d’autre question économique où l’histoire se répète plus sûrement. Mais soyons justes : toute mesure prise est honorable et bien dosée ; elle est unanimement soutenue par les membres du conseil de la Federal Reserve et approuvée par le monde financier ; simplement, elle n’a aucun impact perceptible. La reprise arrive, mais sans aucun lien détectable avec l’action de la Federal Reserve. Le marché du logement va mieux quand les taux des prêts immobiliers baissent. Les autres secteurs restent hélas indifférents à cette mesure. Lorsque les ventes sont mauvaises, les taux d’intérêt ne sont qu’un détail. Les entreprises ne vont pas emprunter pour accroître une production invendable.

Depuis 1913, date à laquelle la Federal Reserve a commencé à exister pleinement, le bilan de sa lutte contre l’inflation et particulièrement contre la récession a été d’une insignifiance totale et continue. On l’a vu pendant la Première Guerre mondiale : les prix ont doublé au cours des deux années où les Etats-Unis ont participé au conflit. Les pouvoirs magiques de la Banque centrale, alors toute neuve, n’ont trouvé aucun remède. Dans les années vingt, en Floride, puis à Wall Street, une folle spéculation s’est déchaînée de manière désastreuse, entraînant des lendemains terribles. La Federal Reserve ne lui a opposé aucun frein efficace en temps opportun. Ensuite, pendant une décennie, ce fut la Grande Crise – sans que Washington trouve de remède pour guérir l’économie. La déflation et la dépression persistèrent.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l’expérience du conflit précédent, on redoutait beaucoup l’inflation. Finalement, elle a été maintenue sous contrôle étroit et n’a laissé aucun souvenir vraiment désagréable. Les historiens ne voient même plus le problème. Un facteur de poids a pesé dans cet heureux résultat : on a tiré les leçons du passé et l’on n’a fait aucune confiance à la Federal Reserve. Il n’était pas question, dans cette période si difficile, de fonder la politique économique sur l’espoir ou la mythologie. Contenir l’inflation était l’une de mes tâches principales pendant ces années (j’étais administrateur adjoint chargé de la politique des prix à l’Office de contrôle des prix, donc immédiatement concerné par la lutte anti inflation), et j’étais bien persuadé, moi aussi, que la Federal Reserve n’avait pas la moindre importance. Et c’était exact.

Dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, les menaces d’inflation et de récession ont été moins graves. La Fédéral Reserve, après des débats internes savants et souvent acharnés, a pris des mesures. Elles ont été très applaudies, ont donné lieu à des prévisions optimistes, et n’ont eu aucun effet.

Le président Greenspan est si doué pour les relations publiques et la confiance en toute action jouant sur la monnaie est si ancrée que la Fed, comme on l’appelle affectueusement, se verra créditée du succès dès qu’une vigoureuse reprise se produira. Néanmoins, les faits resteront ce qu’ils sont. En période faste, la hausse des taux d’intérêt ne ralentit pas l’investissement des entreprises. Elle n’a pas grande importance. Ce qui compte, c’est la perspective de profits. Et, en temps de récession ou de dépression, le facteur déterminant est la perspective de recettes faibles. Si les taux d’intérêt baissent, il y aura refinancement des prêts immobiliers, ils trouveront de nouveaux financements ; mais, globalement, les sommes que les débiteurs y gagneront seront assez minimes, et ils en épargneront peut-être une partie. Autant dire que l’effet sur l’ensemble de l’économie sera nul ou insignifiant.

Dans son action contre l’inflation, ou qui semble viser ce but, la Federal Reserve doit être particulièrement prudente ; elle ne peut pas donner l’impression de contrarier la bonne santé économique. Les forces qui détermineront le retour de la récession sont, on l’a dit, le niveau de dépense des consommateurs et celui (dépendant du premier) de l’investissement des entreprises. Sur ces réalités, l’action de la Banque centrale a un impact minimal : les entreprises réagissent à la baisse de leurs ventes. La Federal Reserve ne joue ici aucun rôle décisif. Elle ne contrôle les dépenses des consommateurs et des entreprises que dans le monde de la candeur naïve.

On n’en est pas moins satisfait d’avoir une institution non controversée, politiquement neutre, dirigée par un personnage informé, sûr de lui, respecté, et doté d’un talent certain pour la communication. Prendre des décisions dans un cadre de bon aloi, sous les portraits des célébrités financières d’hier n’est pas déplaisant ! C’est ainsi qu’il convient de mener la politique économique. Qu’il n’en résulte rien d’important, qui s’en soucie ? Qu’un enjeu aussi complexe, multiforme et, par définition, aussi personnel que l’argent régi par des décisions mûrement pesées mais indolores, émanant d’un édifice agréable et discret de la capitale : voilà une conviction qui n’appartient pas au monde réel mais à celui de l’espoir et de l’imagination. C’est notre esquive la plus invraisemblable et la plus appréciée de la réalité. Nul ne doit contester à ceux qui la font vivre leur prestige innocemment acquis, leur sentiment de compétence personnelle, leur jouissance en général candide de ce qui, quant à l’impact économique, est un mensonge bien ancré. Que l’inefficacité de leur rôle soit acceptée et pardonnée !”

John Kenneth Galbraith (1908-2006)

31 réponses à [Reprise] Action des banques centrales : l’élégante esquive de la réalité, par J.K. Galbraith

  1. Patrick Luder Le 12 novembre 2013 à 05h42
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    Bon OK, le monde de la finance est un clown qui n’a quasiment aucune influence sur l’économie réelle … mais un clown dangereux qui utilise l’économie réelle pour faire d’énormes jeux de Ponzi captant ainsi tous les bénéfices de l’économie réelle. Et comme tout bon jeux de Ponzi se respectant, au final il n’y a qu’un gagnant pour des milliers de perdants.

    Normalement les banques centrales ne sont là que pour réguler les quantités de monnaies circulantes … de quel droit se permettent elles de jouer avec les taux directeurs ? Comme John Kenneth Galbraith le souligne très bien, le seul effet est de stimuler les travailleurs à acquérir des biens immobiliers … et la seule chose que les travailleurs ont besoin pour leurs biens immobiliers, c’est de la stabilité au travers des décennies !

    Normalement les banques commerciales ne sont là que pour servir l’économie réelle, permettant épargne et emprunts à tout le monde, dans des limites adaptées et acceptables à chaque situation … mais au final ce ne sont que des entreprises comme les autres, ayant pleine liberté pour faire autant de bénéfices que possible, et exploitant pleinement ces possibilités en se permettant de faire des montages financiers si compliqués que plus personne ne sait même plus à qui profite réellement les gains finaux !

    Normalement les bourses ne sont là que pour faciliter les investissements de l’économie réelle, mais les bourses sont devenues des monstres jouant elles-même avec l’argent massivement capté de l’économie réelle, arrivant à faire des profits incroyables et des pertes sans fonds. Finalement les bourses n’utilisent que le prétexte de l’économie réelle pour s’auto-alimenter, elles sont devenues des ogres obèses et obsédés par une nourriture trop abondante !

    Et que dires des assurances ? Elles sont sensées servir le peuple, permettant un partage des risques bien trop confortable et promettant d’assurer les besoins de nos retraites … mais les assurances aussi, sont devenues des entreprises cherchant à maximiser leurs profits, et utilisant tous les leviers offerts par la finance pour jouer avec l’argent de leurs clients, participant ainsi pleinement aux dérives financiers qui impactent le monde entier !

    Alors quelle leçon financière à tirer de tout ceci ?
    Gagner de l’argent pour vivre ou vivre pour gagner de l’argent ?
    Avoir une monnaie au service de l’économie ou avoir l’économie au service de la monnaie ?

    Il est bien évident que l’intérêt commun serait du tuer le financiarisme privé, soit d’étatiser complètement la finance dans un rôle d’utilité publique sans but lucratif … et alors deviendrait possible également de chercher une balance mieux équilibrée dans les échanges internationaux, et donc d’avoir une meilleure équivalence de valeur entre les différentes monnaies mondiales.

    Bonne journée laborieuse à tous, et surtout ne pensez pas trop dans votre travail journalier, que vous travaillez majoritairement pour payer assurances, taxes diverses et que vous financerez par vos achats, des multinationales qui détruisent notre monde et se livrant à une chasse aux ressources de notre planète, tout en se gavant de finance folle … rien que des bonnes choses qui, nous le dit-on, sont juste là pour notre bien-être !!!


  2. FLURY Le 12 novembre 2013 à 08h04
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    De retrouver JKG sous la plume d’Olivier me rajeunit; en effet, le Défi américain, un livre phare pour moi juste dans les années 67/68 que j’ai ensuite délaissé, à tort: trop près du réel, pas assez intellectuel, pas assez théorique et puis l’américain, même incarné par JKG, n’avait pas bonne presse dans ces années là, même si JJS l’encensait. A remuer ces souvenirs, je me dis que nous vivions alors une belle période d’insouciance qui s’est achevée brutalement quelques années plus tard. Parfois les idées sont à l’image de celui qui les portent, c’est le cas pour JKG: de l’élégance, de l’allure, un œil pétillant, un regard acéré et ironique, un port indépendant.


  3. Dami1 Le 12 novembre 2013 à 09h06
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    Je conseille aussi cet ouvrage. Très simple à lire et qui remet bien les pieds sur terre par rapport à tout ce qu on nous raconte.


  4. yoananda Le 12 novembre 2013 à 09h07
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    Eric Beinhocker dans son livre “the origin of wealth” a démontré, je dis bien démontré, que les mathématique derrière l’économie sont fausses …
    http://yoananda.wordpress.com/2013/06/15/revue-the-origin-of-wealth/

    C’est assez simple a comprendre : les maths de l’époque ne sont capable de s’appliquer qu’aux problèmes linéaires. Hors l’économie est par essence non linéaire. Les méthodes pour étudier les phénomènes non linéaires n’ont été développés que récemment par la cybernétique / systémique. On peut donc jeter à la poubelle pratiquement toutes les théories économiques.

    Dans son livre, même s’il n’est pas le premier a aborder le sujet, Eric Beinhocker donne le départ d’une véritable science économique, et annonce déjà les premiers résultats.
    Si les luttes de pouvoir existent bel et bien, elles sont replacées dans un cadre conceptuel bien plus riche que les “équilibres de marchés” qui ne sont en réalité qu’un holdup des mathématiciens pour ramener la réalité vers des équations qu’ils peuvent résoudre.


    • samuel Le 12 novembre 2013 à 09h52
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      C’est un peu comme la physique et la chimie, d’un point de vue physique tant qu’on a un jaune d’œuf, de la moutarde, de l’huile et un batteur il y a une probabilité d’obtenir de la mayonnaise, d’un point de vue chimique l’important c’est bien la succession des évènements liés aux éléments qui permettent une mayonnaise (si on bat l’huile et qu’on ajoute la moutarde ça marche pas, si on met le jaune à la fin, non plus, etc…).
      Les deux points de vues sont intéressants, mais il faut accepter leurs domaines de compétences (j’aime bien les organigramme où on part du big bang pour arriver à la vie, puis à la politique, mais cela reste de la physique)


  5. Luline Le 12 novembre 2013 à 09h59
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    A propos de bibliographie, je vous conseille le dernier livre de Dominique Méda, La mystique de la croissance. Comment s’en libérer. Paris, Flammarion, 2013.
    Dans la ligne des travaux de Nicholas Georgescu-Roegen, Jean Gadrey, Jean-Marie Harribey, Tim Jackson, Noël Giraud…


    • yoananda Le 12 novembre 2013 à 10h23
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      Les travaux de Beinhocker sont dans la lignée de Georgescu-Roegen … les autres, je ne connais pas.
      Seriez vous assez aimable pour nous en donner les grandes lignes ?
      Car il est clair que c’est tout le paradigme économique institutionnel qui est à revoir.


  6. jave Le 12 novembre 2013 à 10h37
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    J’ai cru voir un fantôme et en fait c’était simplement James Kenneth Galbraith (http://fr.wikipedia.org/wiki/James_K._Galbraith) le fils du John Kenneth Galbraith en question (http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Kenneth_Galbraith).

    Le fiston a l’air pas mal non plus. Regardez le expliquer la crise des subprimes avec humour :
    http://www.youtube.com/watch?v=QaLMvio0p-o


    • step Le 12 novembre 2013 à 10h42
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      nous avons le fils régulièrement aussi dans les billets d’olivier.


  7. toutouadi Le 12 novembre 2013 à 10h37
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    “Lorsque les ventes sont mauvaises, les taux d’intérêt ne sont qu’un détail. Les entreprises ne vont pas emprunter pour accroître une production invendable.”

    Et oui la dure réalité de la solvabilité de la demande qui se crée en amont des politiques monétaires.
    La solvabilité de la demande émerge des rapports de forces sociaux et si la concurrence en optimisant les prix, est dans un 1er temps favorable à celle-ci, une fois l’optimum atteint, sous prétexte de compétitivité, cette même concurrence entamera un processus de destruction par le biais du dumping salarial et social. La régulation de l’économie par la confrontation sociale est un marché de dupes car c’est toujours le plus fort qui l’emporte sur le plus faible et qu’y a-t-il de plus fort que la concentration patrimoniale c’est à dire la richesse extrême ?

    La crise actuelle provient d’une insolvabilité de la demande, c’est à dire une crise structurellement économique, engendré par le système de financement épargnal.
    La très forte disparité des patrimoines a engorgée l’offre et asséchée la demande.
    .


    • Lisztfr Le 12 novembre 2013 à 13h46
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      Galbraith : “En de telles époques de crise, la politique monétaire est tout au plus un faible roseau sur lequel s’appuyer”…

      Bien vu votre 2nd paragraphe…


  8. step Le 12 novembre 2013 à 10h58
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    Hé oui, ce n’est pas le prix de l’essence qui fait ou pas acheter une voiture, mais bien la possibilité de l’acheter. Et c’est cette possibilité qui fait produire ces mêmes voitures. Le reste n’est que facilités, a efficacité très variable.

    Cela me fait passer à un dessin animé de mon enfance, ou le (compétent) navigateur d’un navire parti à la découverte du nouveau monde laisse la barre à (l’incompétent) capitaine, une fois la quille du bateau arrachée par la tempête afin d’avoir les mains libres pour l’évacuation du bateau. Le capitaine avec acharnement et des grands “han” secoue ce gouvernail sans effet affirmant à qui mieux mieux qu’il est en train de sauver le navire, écouté par les deux imbéciles du bord, alors que l’équipage est déjà dans les chaloupes.
    Visiblement cette métaphore, glissée dans ce divertissement m’a suffisament marqué pour que je la repère dans bien des domaines (professionnels, et visiblement économiques).


  9. Lisztfr Le 12 novembre 2013 à 11h25
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    Petite biblio :

    “Les grands auteurs de l’économie”, Hatier 1998
    “Introduction à l’économie” J. Généreux, Seuil 1992

    Je pense que chez Galbraith et Keynes, il y a juste le degré de théorie qu’il faut comme autant de notes chez Mozart, et elle explique parfaitement bien la crise de 1929, entre autres. La théorie existe, même si elle n’est pas formalisée, sans doute par prudence.

    “La crise économique de 1929”, p261 :

    “Pendant les années 1920, la production et la productivité par travailleur ont progressé régulièrement : entre 1919 et 1929, le rendement par travailleur dans les industries de fabrication s’était accru de 43%”

    Les bénéfices… “encouragèrent un niveau élevé d’investissement des capitaux. Durant les années 1920, la production des biens d’investissement s’accrut à un taux moyen annuel de 6,4%.”

    Les biens de consommation non durables (nourriture, vêtements) s’accrurent de seulement 2,8%.

    Le taux d’accroissement des biens durables (maisons, voitures etc, consommation des riches) était de 5,9%.

    “Un investissement important et croissant dans des valeurs était, en d’autres termes, le principal moyen par lequel on dépensait ses bénéfices. (…) L’effet d’investissements insuffisants – investissements qui ne pouvaient plus suivre le rythme régulier de l’accroissement des bénéfices – pouvait se traduire par une demande totale en baisse, etc…”

    Autrement dit on prend acte des problèmes soulevés par Say, contrairement à ce qui se passe chez Respublica, Chevènement, Sapir, etc qui sont encore plus évasif que Keynes.

    Ensuite, tentatives de sortir de la crise de 1929 :

    De même qu’aujourd’hui, on ne voulait pas dévaluer le $ ou abandonner l’étalon-or, on refusait toute politique qui pourrait avoir des conséquences inflationnistes, et on voulait équilibrer le budget de l’Etat. Bref, on refusait toute politique keynésienne.

    “L’équilibre du budget n’était pas la seule camisole de force imposée à la politique. Il y avait aussi l’épouvantail de quitter l’étalon-or…

    Petite conclusion, l’exemple de la crise de 1929 montre que l’austérité et l’absence de politique fiscale pouvant aider à la demande, va nous conduire dans le mur. On connaît le résultat !


    • jducac Le 12 novembre 2013 à 22h08
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      L’exemple de la crise de 1929 montre que l’austérité et l’absence de politique fiscale pouvant aider à la demande, va nous conduire dans le mur. On connaît le résultat !

      Vous croyez donc que c’est en consommant davantage, qu’un pays en train de mordre la poussière, pourrait mieux s’en sortir ?

      Vous pensez réellement que c’est en accroissant son train de vie, par davantage de consommation, qu’un pays pourrait mieux équilibrer ses comptes, améliorer sa balance commerciale et ainsi réduire ses dettes ?

      Ne pensez-vous pas qu’en faisant ainsi, cela ne ferait qu’augmenter nos coûts de production? Cela ferait encore plus chuter notre compétitivité.

      Pour accélérer notre effondrement, pourquoi ne pas passer de 35 h à 30 h par semaine, tant que vous y êtes ?

      Si j’étais président, je ne vous confierais pas le ministère de l’économie.


  10. David Le 12 novembre 2013 à 13h43
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    Bonjour,
    Cet article est très intéressant.
    Pour ma part, je m’en doutait un peu :), c’est a dire que ce ne sont pas les taux bas qui créent les investissements mais le potentiel de vente et de donc de production. En gros, la demande.
    D’ailleurs, je ne sais plus quel banquier central avait avoué que la baisse des taux ne faisait que anticiper des investissements qui seraient arrivés quand même.
    J’ai pour ma part la conviction que le marché de l’emploi est comparable, c’est à dire que ce n’est pas parce que le travail est moins cher que l’on va plus embaucher… on embauchera les gens dont on a réellement besoin, ni plus, ni moins. Le coût horaire est parfaitement secondaire.


    • Lisztfr Le 12 novembre 2013 à 14h01
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      Robert Malthus :

      “Le prix des choses ne dépend pas de leur utilité intrinsèque, mais de l’offre et de la demande.”

      Voilà, ça avait le mérite d’être clair.

      Robert Malthus

      La première chose dont on ait besoin (…), avant même tout accroissement du capital et de population, c’est une demande effective de produit, c’est-à-dire une demande faite par ceux qui ont les moyens et la volonté d’en donner un prix suffisant.”

      Malthus a émis beaucoup d’idées déplaisantes voire inhumaines mais aussi d’excellentes et bonnes, et d’une façon générale, rien n’interdit de trouver la vérité y compris chez l’adversaire.


      • Patrick Luder Le 13 novembre 2013 à 00h26
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        Attention, faire des produits déjà demandés ne conduit pas forcément au succès,
        sauf à dimensionner de manière excessive son marché pour écraser les autres.

        Le vrai entrepreneur, à comprendre celui qui entreprends,
        trouvera un produit qui n’existe pas encore mais avec une forte potentialité.

        Or il faut bien constater que les meilleurs succès commerciaux actuellement,
        sont tous dans des produits-mirages => avènement du tout en ligne …
        – faire ses courses en ligne (encore le plus pragmatique) … et donc importer des produits depuis des milliers de km alors qu’on les trouvait dans l’ancien magasin du coin.
        – rencontrer tous ses amis depuis son smart-phone … et ne plus les voir du tout.
        – numériser tous ses déplacements et tous ses propres actes.
        – vivre hyper-connecté à Internet et complètement déconnecté de la vie réelle.
        liste non exhaustive …


      • casper Le 13 novembre 2013 à 08h32
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        “Robert Malthus :

        “Le prix des choses ne dépend pas de leur utilité intrinsèque, mais de l’offre et de la demande.””

        En fait j’ai même du mal a comprendre ce que peut être “l’utilité intrinsèque” d’une chose. Une chose est utile ou non dans un certain projet, et sous un certain rapport avec le sujet qui se propose de l’utiliser et les autres choses dont il a besoin. Si cette utilité est un rapport de la chose a d’autres choses, alors elle n’a rien d’intrinsèque. Et la demande pour une chose particulière dépend non seulement du désir de l’acheteur, mais donc aussi de l’offre des choses que l’on doit utiliser conjointement a elle, ou de la demande des choses que l’on produira avec elle. Par exemple une voiture est totalement inutile si on a pas d’essence a mettre dedans, sauf peut être comme abri.


  11. jducac Le 12 novembre 2013 à 14h31
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    Bravo et encore une fois merci Olivier d’apporter des éléments permettant à un plus grand nombre de prendre conscience, petit à petit, de ce sur quoi s’appuie réellement l’économie et la marche du monde en général.

    Nul ne doit contester à ceux qui la font vivre (la Fed)leur prestige innocemment acquis, leur sentiment de compétence personnelle, leur jouissance en général candide de ce qui, quant à l’impact économique, est un mensonge bien ancré.

    John Kenneth Galbraith dit ne pas être dupe. Avec des mots très bien choisis pour ne pas froisser l’institution ni ceux qui la dirigent, il dit que la direction de la Fed se fait de douces illusions.

    On comprend mal par contre pourquoi il fait preuve de tant d’indulgence et de mansuétude en concluant :

    Que l’inefficacité de leur rôle soit acceptée et pardonnée !”

    Je trouve qu’il manque de courage en laissant sous entendre qu’il ne faut rien changer, et accepter de laisser une administration vivre, bien vivre même, alors qu’elle est inopérante, donc sans utilité.

    Je trouve même J.K.G un peu coupable de ne pas suggérer d’agir pour mettre fin à l’illusion monétaire dans laquelle l’humanité entière se croit enfermée. Pourquoi laisser la majorité de la population gamberger à l’écart de la dure et implacable réalité qui est avant tout physique et concrète ?

    Pourquoi continuer à faire croire en des vues de l’esprit, des chimères, des artéfacts et à tout ce qui constitue les fallacieuses bases de la finance, alors que la principale grandeur d’entrée, celle qui pilote l’activité sur terre comme partout ailleurs dans l’univers, c’est l’énergie?

    C’est la quantité d’énergie que les organismes vivants peuvent extraire de leur environnement qui détermine la vitalité d’une espèce et de son économie. Plus que l’ajustement des taux d’intérêt, c’est l’adaptation des consommations en ressources non renouvelables qui doit être pilotée en tenant compte des besoins futurs, bien plus que du désir de consommer des électeurs du moment.


  12. Incognitototo Le 12 novembre 2013 à 15h59
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    Magnifique l’analyse de Galbraith (et de son fils aussi qui démontre si bien les thèses de Gayraud ; merci pour la vidéo !)… d’une lucidité époustouflante et imparable. Je suis “galbraithien” et je l’ignorais 😉 , tant je dois avouer que je suis totalement passé à côté de la pensée de cet homme. Je vais me précipiter chez mon libraire préféré…

    J’essaye de démontrer depuis longtemps que “la valeur de la monnaie est une conséquence de multiples facteurs, pas une cause”, ou encore que “tous les économistes ont raison, dans le seul cadre dans lequel leur démonstration fonctionne…” ; une façon plus élégante de dire qu’en réalité ils ont tous tort, parce que c’est toujours le contexte qui décide et qui est déterminant, jamais la théorie… ce qui est par ailleurs, le fondement même de l’analyse systémique.

    Non accessoirement, ça pose de façon aiguë le problème des moyens d’action et ça relativise grandement tous les crédos qui penseraient que c’est par les politiques monétaires qu’on pourrait tout changer. Une raison de plus pour que je me précipite chez mon libraire, pour savoir ce qu’il dit sur les moyens d’action.


  13. Fulgence Ridal Le 12 novembre 2013 à 17h36
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    Dans la lignée de cet article remarquable, je viens de publier la bombe parue dans le Wall street journal : La repentance d’un quantitative easer
    que vous pouvez consulter à cette adresse pour la traduction française :
    http://wp.me/p44PYf-Dx

    En fait, il s’agit d’ANDREW HUSZAR chargé par la Fed de s’occuper du rachat de plus de 1 250 000 000 000 $ de titres hypothécaire.
    Son analyse est effroyable.

    A ne manquer sous aucun prétexte !


    • fabrice Le 12 novembre 2013 à 18h32
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      Effectivement très intéressant et en corrélation avec le débat d’hier d’olivier Delamarche où on voit le mur que lui oppose son détracteur qui lui dit qu’on a évité le pire avec les QE … pour les banques et wall street après si l’économie réelle elle en pâti c’est un moindre mal (soupir).


    • Lisztfr Le 12 novembre 2013 à 18h50
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      Je sais que ceux qui combattent le keynésianisme sont des libertariens en général.

      Il est vrai que tout ce qui favorise les bulles sur les marchés d’action contribue à affaiblir l’investissement réel, par différence d’attractivité, mais en fait les QE font baisser les taux sur les obligations d’Etat et donc, les investisseurs se détournent des obligations pour aller vers les actions…Il n’est pas sûr que ce soit ce qui pèse le plus sur l’économie et la croissance.

      Un article de pure calomnie.


  14. Patrick Luder Le 12 novembre 2013 à 21h54
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    Hors propos (avec mes excuses), mais il me semble que cet article-événement mérite une p’tite (minuscule) place sur ce site.
    http://www.rts.ch/info/sciences-tech/5369589-deux-cents-idees-pour-comprendre-le-present-et-predire-l-avenir.html
    “Deux cents idées pour comprendre le présent et prédire l’avenir” ou comment le monde numérique essaie de prendre le monde réel … et comme alternative au titre, je propose “Le mirage du numérique vous promets toute la vie en deux clics” …

    Alors, avenir ou mirage ?


  15. Macarel Le 12 novembre 2013 à 23h33
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    Un fait bien réel: la Chine prépare l’après dollar. Elle se constitue un méga stock d’or.

    http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20131107.CHA6763/si-la-chine-accumule-les-lingots-d-or-c-est-pour-mieux-imposer-sa-monnaie-le-yuan.html


    • Patrick Luder Le 13 novembre 2013 à 00h13
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      Le fait réel c’est juste que la Chine amasse le plus possible d’or …
      l’après-dollar n’est qu’une cause supposée,
      il peut s’agir d’un mélange de bien d’autres raisons :
      – renforcement de la valeur de leur monnaie hyper imprimée.
      – préparation commerciale du monde de demain (défis énergétiques – matières-premières-environnement).
      – préparation à un redressement de leur taux de change hyper-faussé.
      – crash monétaire divers (USA ou Euro ou autre) ou globalisé (crise des dettes).
      – essais d’imposer leurs monnaie pour des échanges directs internationaux.
      – renforcement de leur niveau de vie global (de tous les chinois) :
      – redoutent un soulèvement de leur peuple sur-exploité ???
      – cherchent-til une solution au vieillissement de leur population ?
      Finalement nul ne le sait, les secrets de la direction de la Chine sont bien gardés, et nous sommes juste obligés à accepter ce qu’ils veulent bien publier …


      • sapirperade Le 13 novembre 2013 à 08h07
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        Et où voyez vous que les achats d’or chinois seraient le fait des autorités chinoises et pas, très majoritairement, des ménages chinois, tout comme pour l’Inde (qui vient elle d’en restreindre l’importation) ?


  16. Macarel Le 13 novembre 2013 à 00h03
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    Dans ce petit livre de J.K Galbraith, l’on trouve aussi ce passage:

    “Le paradoxe est là. Le mot travail s’applique simultanément à ceux pour lesquels il est épuisant, fastidieux, désagréable, et à ceux qui y prennent manifestement plaisir et n’y voient aucune contrainte. Avec un sens gratifiant de leur importance personnelle, peut-être, ou de la supériorité qu’on leur reconnaît en plaçant les autres sous leurs ordres.Travail désigne à la fois l’obligation imposée aux uns et la source de prestige et de forte rémunération que désirent ardemment les autres, et dont ils jouissent. User du même mot pour les deux situations est déjà un signe évident d’escroquerie.”

    Les grecs avaient pour le travail non gratifiant un qualificatif: banausique.


    • Patrick Luder Le 13 novembre 2013 à 00h18
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      Ce qui est sûr c’est que le travail gratifiant donne un bon salaire,
      et que le travail ingrat donne un bas salaire.

      Va savoir pourquoi ;o)


    • Wilmotte Karim Le 13 novembre 2013 à 07h22
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      Et il y a aussi une différence entre travail et emploi.


  17. Benjamin Franklin Le 13 novembre 2013 à 15h24
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    J’approuve complètement l’analyse de Galbraith sur le pouvoir et l’efficacité illusoires des banques centrales.

    Par contre, j’aurai deux questions concernant sa pensée :

    -“Pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l’expérience du conflit précédent, on redoutait beaucoup l’inflation. Finalement, elle a été maintenue sous contrôle étroit et n’a laissé aucun souvenir vraiment désagréable. Les historiens ne voient même plus le problème.”
    Ce n’est pas un peu vite dit ? Alors certes, les années de la seconde guerre mondiale n’ont pas vu d’inflation constatée à 17-18% comme pendant la première, mais elles ont vu une belle inflation quand même, et plus longtemps. Entre 1913 et 1921, la valeur du dollar a chuté quasiment de moitié. Entre 1940 et 1950, elle a chuté quasiment de moitié aussi. Je suis curieux de savoir comment Galbraith a “contrôlé les prix”. Dans le monde réel, le contrôle des prix ça fonctionne 5 minutes, puis le marché noir se développe.

    -Sans lien direct avec l’extrait, mais sur la pensée de Galbraith en général : Galbraith considère que la loi de l’offre et de la demande est caduque, de même que l’individualisme méthodologique, parce que dans notre société industrielle, la demande du consommateur est plus ou moins manipulée, physiquement et psychologiquement, par les grandes entreprises. A partir de là, Galbraith considère que des crises de surproduction (ou de demande insuffisante) peuvent émerger quand les entreprises n’arrivent plus à vendre les produits qu’elles comptaient écouler.

    Que le consommateur soit plus ou moins manipulé par les entreprises, c’est une évidence. Maintenant, en quoi cela invalide-t-il la loi de l’offre et de la demande ? Cette loi signifie simplement qu’avec des biens et des ressources disponibles en quantité finie, il y aura forcément une compétition pour l’attribution des ressources, ou en tous cas des choix à faire dans leur allocation. Le prix reflète simplement le rapport entre la demande pour une ressource et sa disponibilité.
    Le fait que les entreprises manipulent à leur guise la demande des consommateurs, ne signifie pas pour autant que les ressources seraient subitement en quantité illimitée. La loi de l’offre et de la demande n’est donc pas caduque, elle s’applique simplement à l’échelle des firmes et plus seulement des individus.


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