Suite du billet sur le commerce extérieur allemand.

Voici son évolution :

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Il est plus juste de le suivre en % du PIB qu’en euros constants :

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On constate donc qu’il est proche de son niveau record de 2007 :

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On constate que l’excédent sur la zone euro a été divisé par 2, mais que le déficit avec la Chine se rapproche de zéro :

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Voici le détail avec quelques pays :

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Voici les exportations / importations par partenaire :

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La part de l’Europe dans le solde commercial a donc nettement diminué :

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On notera qu’il n’est pas simple de rapprocher les données. L’Allemagne annonce ainsi 100 Md€ d’exportations vers la France pour 64 d’importations, soit un excédent de 36 Md€ :

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Alors que les douanes françaises annoncent 86 Md€ d’importations allemandes pour 70 Md€ d’exportation, soir un déficit de 16 Md€…

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17 réponses à 1123 Évolution du commerce exterieur allemand

Commentaires recommandés

Guillaume81 Le 02 décembre 2014 à 14h39

Merci Olivier pour ce travail. Votre site peut être qualifié sans nul doute de site de référence : sur aucun autre site (et j’en ai parcouru un paquet sur la question du commerce extérieur allemand !) on ne trouve associées avec autant de réussite richesse des faits statistiques et clarté de l’exposition. Pour les maniaques du chiffre et de la vérification statistique, voici la page des chiffres du commerce extérieur allemand par pays : https://www-genesis.destatis.de/genesis/online/data;jsessionid=7DDEFA8B2D1C2112D6677B809D4C52B6.tomcat_GO_2_2?operation=abruftabelleBearbeiten&levelindex=1&levelid=1393096336049&auswahloperation=abruftabelleAuspraegungAuswaehlen&auswahlverzeichnis=ordnungsstruktur&auswahlziel=werteabruf&selectionname=51000-0003&auswahltext=&werteabruf=Werteabruf

Sur la problématique désormais bien connue du “passager clandestin” allemand dans la zone euro, ces nouveaux chiffres pour l’année 2013 apportent plusieurs enseignements :

1°) L’excédent commercial allemand sur la zone euro a très fortement baissé depuis ses sommets en 2007 puisqu’il est passé d’environ 130 à 60 milliards.
Pour les thuriféraires de l’euro, il n’en fallait pas plus pour crier victoire et célébrer les qualités de “résilience” de la zone euro. Pour le patronat européen et les gouvernements godillots qui lui sont associés, ces chiffres semblent confirmer le succès de la politique d’austérité salariale dans les pays du sud.
Pourtant, l’analyse fine des chiffres invalide complètement ces cris de victoire. En effet :

2°) La baisse de l’excédent se produit essentiellement sur 3 pays : l’Espagne (- 22 mds), l’Italie (- 16 mds) et la Belgique (- 12 mds). Or, pour ces 3 pays, la réduction du déficit commercial avec l’Allemagne n’a été rendue possible que par un effondrement des importations et non par un sursaut des exportations : depuis 2007, les exportations de ces 3 pays vers l’Allemagne se sont plutôt effondrées et sont revenues à leur niveau de 2000. C’est là le signe évident que les politiques de baisse des coûts du travail dans ces pays ont provoqué une contraction de la demande interne mais n’ont en rien reconstitué les capacités productives de ces pays : bien au contraire, celles-ci continuent de se déliter à grande vitesse.

3°) Dans un tel contexte, le déficit français avec l’Allemagne apparaît d’autant plus important que les autres pays de la zone euro ont réduit leur déficit : avec 36 milliards d’euro de déficit, la France représente désormais à elle seule 60 % du solde commercial allemand sur la zone euro. Cela signifie clairement que la politique d’austérité du gouvernement socialiste français en est pour l’instant très modérée : la France est le seul pays qui continue à solvabiliser la demande interne de la zone euro. Si jamais elle décidait de suivre avec la même ampleur que l’Espagne les politiques d’austérité et de baisse du coût du travail, les exportations allemandes vers la France baisseraient brutalement et provoqueraient un choc récessif que les exportations vers l’Asie ne seraient pas en mesure de compenser. En un sens, on peut dire qu’en maintenant ses achats de produits allemands, la France sauve la zone euro d’une forte récession.

  1. fendu du chichoule Le 02 décembre 2014 à 07h29
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    C’est ça l’europe:
    passer son temps a taper sur les autres européens sans jamais dénoncer le véritable responsable que De Gaulle appelait ” le fédérateur extérieur “. Il suffit de voir qui décide unilatéralement de le politique étrangére de l’UE, ou de reprendre l’histoire pour savoir que se ne sont pas les vaincus qui imposent la paix.


    • Chris Le 02 décembre 2014 à 13h19
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      Un article ce matin du Courrier de Russie:
      Moscou-Allemagne, espoirs brisés
      http://www.lecourrierderussie.com/2014/12/moscou-allemagne-espoirs-brises/
      “On pourrait par exemple supposer que l’Allemagne vire vers l’atlantisme du fait de sa position dominante incontestable en Union européenne. L’hégémonie allemande est absolue depuis déjà plusieurs années, l’Allemagne dirigeant de main de maître toutes les provinces européennes – si vous avez des doutes là-dessus, demandez aux Grecs ce qu’ils en pensent”
      Voilà qui rappelle étrangement les propos d’Emmanuel Todd !


      • Andrea Le 02 décembre 2014 à 18h56
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        On pourrait également interpréter que l’Allemagne est en perte de vitesse, sur le plan économique (voir graphiques d’Olivier, la démographie, une récession générale, problèmes d’énergie, etc.), ainsi que par rapport à une mainmise sur l’UE qui est en soi est contestée de partout actuellement, déclinante, en *grand* danger…

        Ajoutons que son arrière-cour d’expansion industrielle, à l’Est, est actuellement sujette à tous genre de soubresauts, difficultés, clivages, instabilités, très inquiétantes, suite aux événements en Ukraine.

        Et qu’ainsi, en toute ‘logique’, elle se tourne vers le seul pouvoir prêt à la soutenir, pouvoir qui est à la fois occupant – dominant + allié – partenaire – conseiller, les USA.

        — Notez que la France essaye de luis rafler ce rôle, c’est d’un comique-tragique effroyable.

        ————

        Russie.politics: en Europe les relation avec la Russie concernant l’énergie, se soldaient différamment dans le passé. Voir lien. Qqes extraits, tronqués.

        ————-

        “Dès 1980, la France et la RFA ouvrent des négociations visant à doubler
        la fourniture de gaz soviétique à l’Europe (…) Informés, les États-Unis expriment leur réticence, refusant une dépendance énergétique trop forte de l’Europe vis-à-vis de Moscou, trop de transferts technologiques et par-dessus tout l’enrichissement de l’URSS. (…)

        (….) «Pas question que l’Europe subventionne l’économie de l’URSS alors que les États-Unis dépensent des milliards de dollars en armement pour se protéger de la menace soviétique ».

        (…) La CEE s’opposa vertement aux sanctions américaines! En janvier 1982, Français et Allemands signent avec Soyouz gaz, malgré les très fortes pressions US. Le 18 mars, un émissaire américain exige de la France «la suppression de toute subvention de crédits à l’exportation à destination de l’URSS (…) ».

        (…) Le 14 mai, Mitterrand déclare à Hambourg devant un parterre
        d’industriels: «Nous ne sommes pas en guerre [contre l’URSS]; le blocus
        économique est un acte de guerre qui, d’ailleurs, ne réussit jamais (…) ».

        Le 18 juin 1982, après un G7 houleux à Versailles, Reagan décrète cette fois l’embargo total contre l’URSS sur le secteur gaz-pétrole (…) Les sanctions sont qualifiées de «vexatoires, injustes et dangereuses» et attentatoires au principe de «souveraineté» (…)

        (…) Non seulement les Dix refusent d’appliquer les sanctions, au nom de leur souveraineté, mais ils adoptent des contre-mesures draconiennes comme des sanctions contre l’Europe que contre l’URSS.

        http://russiepolitics.blogspot.ru/2014/12/quand-la-russie-change-la-donne.html


        • RGT Le 02 décembre 2014 à 20h41
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          “Non seulement les Dix refusent d’appliquer les sanctions, au nom de leur souveraineté, mais ils adoptent des contre-mesures draconiennes comme des sanctions contre l’Europe que contre l’URSS.”

          Encore faut-il préciser que la French-American Foundation venait de lancer son programme de “young Leaders” et que ces derniers étaient encore dans les salles de classe. Ils n’avaient pas encore infiltré toutes les coulisses du pouvoir Français.

          De nos jours, une telle attitude serait impossible, avec toute la bande de “joyeux drilles” (Hollande et Macron en tête, sans oublier Jupette) qui veillent au grain.

          Ne vous étonnez pas que le gouvernement refuse de livrer les Mistral à la Russie.

          Et si la France est ruinée par les pénalités et se retrouve avec des coquilles de noix sur les bras, ce sera une bénédiction : Les banques US, avec les dollars PQ de la FED, viendront nous “prêter gentiment” de quoi rembourser l’ardoise.

          Ça s’appelle l’asservissement par la dette.
          C’est ce que les USA pratiquent depuis les années 60 dans tous les pays “sous-développés” pour mieux pouvoir leur dicter leurs conditions.

          Ils sont en train de réussir leur opération “France-Quart-Monde” et nous allons bientôt rejoindre la Grèce dans le peloton de tête des pays “nouveaux pauvres”.


  2. Napo Le 02 décembre 2014 à 08h27
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    Il serait intéressant d’exposer en parallèle celui de la France, probablement à des niveaux inférieurs mais avec je pense, les mêmes tendances


  3. Nerouiev Le 02 décembre 2014 à 10h11
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    Très intéressant toutes ces courbes. J’aimerais en plus que quelqu’un puisse rajouter une différentiation entre les produits manufacturés et les énergies car cette force de production occidentale s’appuie sur une énergie qui est tout le problème de l’Europe. Faut-il s’accrocher aux USA pour bénéficier par amitié de cette richesse qu’ils savent encore se procurer notamment en Arabie Saoudite ? Mais pour ce qui concerne la France, si on nous prive de notre savoir faire en armement par manque de marché (Mistral et Rafale) il ne nous restera pas grand chose à brève échéance. L’Allemagne qui se veut écolo et anti niucléaire ne se prive pas de son charbon et d’importer notre électricité nucléaire.


    • Anas Le 02 décembre 2014 à 12h55
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      “Faut-il s’accrocher aux USA pour bénéficier par amitié de cette richesse qu’ils savent encore se procurer notamment en Arabie Saoudite ?”

      Un protectorat est effectivement un savoir faire très efficace et fiable, surtout lorsqu’il protège un régime obscurantiste incapable de valoriser ses richesses naturelles en richesses humaines … susceptibles de remettre en cause ce protectorat.


    • P.Lacroix Le 02 décembre 2014 à 16h19
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      Bonjour

      Je pensai justement, ce midi, en regardant les infos de France 2 ( personne n’ est parfait ! ) et le sujet sur les éventuelles futures ventes possibles mais pas encore validées d’ avion Rafale à l’ Inde, et je me posai les questions :
      – Il me semble bien que l’ entreprise Dassault ait vendu peu de Rafale depuis sa sortie ?
      -Si c’ est bien le cas, comment les compétences de construction sont elle maintenues? Même si les chaînes peuvent servir à plusieurs appareils ?
      De plus il était question de construire en Inde, transfert de compétences. On croit rêver!


    • Andrea Le 02 décembre 2014 à 19h48
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      Faut-il s’accrocher aux USA pour bénéficier par amitié de cette richesse qu’ils savent encore se procurer notamment en Arabie Saoudite ?

      Jamais de la vie. Jamais. (Dans l’idéal.)

      Les USA cherchent simplement depuis 40 ans ou plus (voir mon post précédent) d’empecher une alliance Russie-Europe, car cette alliance mettrait fin illoco presto à la domination des USA.

      l’Arabie Saoudite, cad. la famille Royale et tous les courtiers payés, mais c’est un petit nombre, est totalement dépendante des USA et obéit au baton.

      Le cercle des ‘dirigeants’, des princes et princesses, qui controllent tout, est mort, dans les deux semaines, sans le support des US, sa force militaire, et la garantie que chez eux, pas de révolution colorée ou autre, repression super violente immédiate.


    • Archanonyme Le 03 décembre 2014 à 01h25
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      L’Allemagne est anti-nucléaire car elle doit importer trop chère les matières premières fissibles et que le marché est dominé par un des ces partenaires. Si les allemand était riche en matière fissible, ils serait pro-nucléaire. C’est un peut l’inverse avec la France. Donc sans, matière fissible, sans bombe nucléaire, il leur reste qui comme allié, les Français, les Anglais, les Américains, se faisant les allemands forme aussi le plus grand groupe d’immigré des état-unis d’Amérique

      source http://fr.wikipedia.org/wiki/Germano-Am%C3%A9ricains


  4. niethil Le 02 décembre 2014 à 12h44
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    Il faudrait ajouter une étude sur les parts de marché. Ça permettrait de se faire une première idée sur l’origine des variations (domestique ou extérieure).

    Une autre chose intéressante serait de faire le graphique de la variation pour voir quand l’effet est positif sur la croissance et quand il est négatif.


  5. Astrolabe Le 02 décembre 2014 à 13h40
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    Dans cet ensemble, il serait intéressant de voir comment fonctionne un poids lourd comme Airbus qui fabrique les avions à Toulouse puis les exporte non finis à Hamboug, qui ensuite les exporte “finis”. Quel mode de calcul est appliqué à de mécanisme ?


  6. Guillaume81 Le 02 décembre 2014 à 14h39
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    Merci Olivier pour ce travail. Votre site peut être qualifié sans nul doute de site de référence : sur aucun autre site (et j’en ai parcouru un paquet sur la question du commerce extérieur allemand !) on ne trouve associées avec autant de réussite richesse des faits statistiques et clarté de l’exposition. Pour les maniaques du chiffre et de la vérification statistique, voici la page des chiffres du commerce extérieur allemand par pays : https://www-genesis.destatis.de/genesis/online/data;jsessionid=7DDEFA8B2D1C2112D6677B809D4C52B6.tomcat_GO_2_2?operation=abruftabelleBearbeiten&levelindex=1&levelid=1393096336049&auswahloperation=abruftabelleAuspraegungAuswaehlen&auswahlverzeichnis=ordnungsstruktur&auswahlziel=werteabruf&selectionname=51000-0003&auswahltext=&werteabruf=Werteabruf

    Sur la problématique désormais bien connue du “passager clandestin” allemand dans la zone euro, ces nouveaux chiffres pour l’année 2013 apportent plusieurs enseignements :

    1°) L’excédent commercial allemand sur la zone euro a très fortement baissé depuis ses sommets en 2007 puisqu’il est passé d’environ 130 à 60 milliards.
    Pour les thuriféraires de l’euro, il n’en fallait pas plus pour crier victoire et célébrer les qualités de “résilience” de la zone euro. Pour le patronat européen et les gouvernements godillots qui lui sont associés, ces chiffres semblent confirmer le succès de la politique d’austérité salariale dans les pays du sud.
    Pourtant, l’analyse fine des chiffres invalide complètement ces cris de victoire. En effet :

    2°) La baisse de l’excédent se produit essentiellement sur 3 pays : l’Espagne (- 22 mds), l’Italie (- 16 mds) et la Belgique (- 12 mds). Or, pour ces 3 pays, la réduction du déficit commercial avec l’Allemagne n’a été rendue possible que par un effondrement des importations et non par un sursaut des exportations : depuis 2007, les exportations de ces 3 pays vers l’Allemagne se sont plutôt effondrées et sont revenues à leur niveau de 2000. C’est là le signe évident que les politiques de baisse des coûts du travail dans ces pays ont provoqué une contraction de la demande interne mais n’ont en rien reconstitué les capacités productives de ces pays : bien au contraire, celles-ci continuent de se déliter à grande vitesse.

    3°) Dans un tel contexte, le déficit français avec l’Allemagne apparaît d’autant plus important que les autres pays de la zone euro ont réduit leur déficit : avec 36 milliards d’euro de déficit, la France représente désormais à elle seule 60 % du solde commercial allemand sur la zone euro. Cela signifie clairement que la politique d’austérité du gouvernement socialiste français en est pour l’instant très modérée : la France est le seul pays qui continue à solvabiliser la demande interne de la zone euro. Si jamais elle décidait de suivre avec la même ampleur que l’Espagne les politiques d’austérité et de baisse du coût du travail, les exportations allemandes vers la France baisseraient brutalement et provoqueraient un choc récessif que les exportations vers l’Asie ne seraient pas en mesure de compenser. En un sens, on peut dire qu’en maintenant ses achats de produits allemands, la France sauve la zone euro d’une forte récession.


  7. Jean Marc Le 02 décembre 2014 à 17h37
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    Bonjour Olivier,
    Quel travail! Merci pour cette lisibilité claire sur la réalité des chiffres qui nous sont assénés à un rythme “propagandesque”.

    Un petit article intéressant qui nous montre bien globalement que, pour des raisons financières, les USA n’en avaient pas fini avec l’Allemagne depuis la 1ère guerre mondiale avec le paiement des réparations de guerre

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20101001trib000554879/l-allemagne-a-rembourse-ses-dernieres-dettes-datant-de-la-1ere-guerre-mondiale.html

    Et rappeler aussi par ailleurs sur quelles bases s’est construite l’Europe d’aujourd’hui, et en conséquence, ce qu’elle est devenue, Allemagne y compris :
    http://mjp.univ-perp.fr/traites/1945yalta.htm
    http://mjp.univ-perp.fr/traites/1945potsdam.htm


  8. Hadrien Le 03 décembre 2014 à 16h51
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    Régulièrement, on a droit, dans la presse française sous influence, et sur tous les plateaux de télévision (à commencer par l’émission « C dans l’air », martelée de trois (re)diffusions par jour), au défilé des pleureuses avec l’inévitable sur-représentation des néolibéraux chantant en coeur les louanges de la balance commerciale allemande comparée à la notre !

    Nos déficits commerciaux datent précisément de l’adoption de l’euro-fort (forme fiduciaire: janvier 2002): avant cela, notre balance commerciale était excédentaire et notre croissance supérieure à celle de l’Allemagne.
    Dès l’année qui suivit, la France devint commercialement déficitaire pour finir aujourd’hui avec une croissance en panne, celle de l’Allemagne étant pire !
    Notre balance extérieure devint pour la première fois globalement déficitaire…
    – de peu en 2003, puis :
    – de 5 milliards en 2004,
    – de 24 en 2005,
    – de 30 en 2006,
    – de 42 en 2007,
    – de 56 en 2008,
    – de 70 environ actuellement…

    En somme, l’avantage de l’Allemagne, habitués de longue date au handicap du mark-fort, serait d’avoir les lévriers les plus efflanqués de la course européenne, faisant ainsi le bonheur des parieurs dans les tribunes…
    Mais à quel prix pour ses habitants ?

    Patrimoine médian PAR MÉNAGE (Zone euro)
    Luxembourg: 398 KE
    Chypre: 267 KE
    Malte: 216 KE
    Belgique: 206 KE

    France: 116 KE

    Grèce: 102 KE

    Autriche: 76 KE
    Portugal: 75 KE
    Slovaquie: 61 KE
    ALLEMAGNE: 51 KE (17e et dernier sur 17 en 2012)
    (Rapport BCE Avril 2013)

    Proportion de BAS SALAIRES en Europe (Source OCDE):
    ALLEMAGNE……. 22,4%
    Royaume-Uni…… 22,5%
    Pays-bas………… 18,3%
    Espagne………… 14,6%
    Italie……………… 12,36%
    Belgique………….. 6,37%
    France……………. 6,08%
    Zone euro………. 14,74%

    TAUX DE SURCHARGE DES COÛTS DU LOGEMENT, défini de façon fort claire :
    « pourcentage des ménages dont le coût total du logement représente 40% ou plus du revenu disponible »
    Étonnamment, il est en France le plus faible (5,2) de toute l’Eurozone (y compris Autriche 7, Portugal 8,3, etc.)
    ALLEMAGNE……… 16,6
    Pays-bas………….. 14,4
    Espagne…………… 14,2
    Belgique……………. 11
    Italie………………….. 7,9
    Royaume-Uni……….. 7,4
    France……………….. 5,2
    Zone euro………….. 11,7
    (Source : EUROSTAT)

    OUI, QUAND LES FOURMIS ONT MOINS DE PROVISIONS QUE LES CIGALES…
    Patrimoine médian PAR PERSONNE (zone euro):
    Belgique: 95 KE
    Espagne: 70 KE
    Italie: 70 KE
    France: 55 KE
    Pays bas: 47 KE
    Finlande: 45 KE
    Grèce: 42 KE
    Autriche: 40 KE
    Portugal: 30 KE
    ALLEMAGNE: 30 KE

    ELLES SE MONTRENT MOINS PARTAGEUSES QUE LES AUTRES…
    http://www.inegalites.fr/spip.php?article1835
    Dépense publique EN % DU PIB (Europe):
    Danemark: 57,6
    France: 56
    Grèce: 51,8
    Suède: 51,2
    Italie: 49,9
    Pays bas: 49,8
    Royaume-Uni: 48,6
    ALLEMAGNE: 45, 3
    Espagne: 45,2

    – Mais…”l’Allemagne fait plus de croissance que nous, non ?”
    Aux deux derniers trimestres, l’Allemagne a eu une croissance inférieure, et même négative (-0,2%, 0,1%) comparée à celle la France (0%, 0,3%) !
    http://www.atlantico.fr/decryptage/apres-avoir-detourne-croissance-europeenne-ces-dernieres-annees-allemagne-bien-partie-pour-entrainer-zone-euro-vers-fond-nicolas-1704836.html

    – « Et le chômage, hein, de l’ autre coté du Rhin, ils ont moins de chômage que nous »…
    En manipulant les statistiques en la matière, certes ! Un attavisme culturel ancien leur interdisant de considérer comme autre chose qu’indigne le fait de ne pas travailler (« Arbeit Macht Frei »!). D’où les dissimulations :
    À preuve, les protestations de Inge HANNEMANN, l’employée du Pôle emploi allemand qui s’est rebellée contre le système:
    http://altonabloggt.wordpress.com/
    « Je dénonce les chiffres sur le chômage annoncés par le gouvernement. Nos médias parlent de trois millions alors que nous avons huit millions de chômeurs en Allemagne ! »
    Elle a été licenciée, et a monté son blog à ce sujet…
    Au dernières nouvelles, le gouvernement allemand la menaçait de la faire interner en asile Psychiatrique !
    En confirmation, un article anglo-saxon dénonçant ces mêmes dissimulations, sur le « World Socialist Web » (http://www.wsws.org/en/article […] m-n12.html) dont voici la traduction partielle:

    EMPLOI EN ALLEMAGNE: Apparence et réalité
    L’agence fédérale de l’emploi allemand (BA) rapportait une nouvelle diminution du chômage.
    En fait, les statistiques de cet organisme ont peu de choses à voir avec la réalité sociale.

    CHÔMAGE RÉEL
    Un regard plus attentif sur ces statistiques révèle tout d’abord qu’un million de sans-emploi n’est pas répertorié dans les chiffres officiels du chômage: Quelques 376 000 de plus de 58 ans sont éliminés des statistiques, de même que 190 000 à un euro de l’heure. Plus de 300 000 engagés dans des occupations de formation ne figurent pas non plus dans ces statistiques. Même chose pour 320 000 sans emploi pour cause de santé.
    Manquent également dans ces chiffres tous ceux dont les aides ont été supprimées pour une raison ou une autre. En 2010, le nombre de telles suppressions augmenta de 14% d’une année sur l’autre.
    Et les perspectives de suppression du BA pour l’année à venir sont presque d’un million.
    C’est seulement sur la base de telles tricheries statistiques que le BA arrive à des chiffres de chômage relativement inférieurs à ceux des autres pays…
    Si l’on considère seulement le nombre total des bénéficiaires d’aides, les chiffres officiels gonflent enormément, tout en gardant à l’esprit qu’en sont exclus tous ceux qui, pour diverses raisons, ne reçoivent rien.
    En outre, selon la dernière estimation du BA, quelques 5,1 millions de travailleurs employés recevaient une indemnité de chômage ! Ces bénéficiaires justifient d’une forme ou d’une autre de travail, mais leurs revenus sont si faibles qu’ils relèvent des aides aux sans-emploi. Ce groupe inclue 1,4 million de gens qui sont à temps partiel, à contrat limité, ou en « mini-job », ne gagnant pas plus de 400 euros par mois, 230 000 employés à temps partiel dans d’autres catégories, et environ 320 000 qui travaillent à plein temps mais gagnent moins que le miséreuse rétribution de base, malgré 40 heures par semaine.
    Le rapport du BA révèle pas mal de choses sur le taux des récipiendaires d’indemnités chômage (Hartz IV). En Juin 2011, 6,1 millions de gens parmi 3,4 millions de familles reçurent de telles indemnités Hartz IV. Dans ces familles, une moyenne de 1,9 millions de gens reçurent environ 340 euros mensuels par personne.

    EMPLOIS SOUS-PAYÉS

    Un fort pourcentage de ceux évacués des statistiques du chômage est constitué de jeunes imigrés ou de jeunes femmes. Munk appelle ces jeunes gens « l’armée de réserve des peu qualifiés sur le marché du travail ». Ces jeunes hommes et femmes sont inéluctablement amenés à accepter les travaux les moins bien payés.
    Il n’est donc pas surprenant que le nombre de travailleurs mal payés augmente en Allemagne.
    Selon une étude divulguée par « Prognos AG Reseach Company », quelques 1,2 million de gens gagnent moins de 5 eurs de l’heure et 5 millions moins de 8,50 euros (brut).
    Si l’on considère le secteur des bas salaires selon les standards internationaux (définissant un bas salaire comme inférieur aux deux tiers de la moyenne), alors presque un travailleur sur quatre en Allemagne est un salarié pauvre. Cela se monte à environ 10 millions de travailleurs.
    Le nombre officiel de pauvres en Allemagne est également en augmentation régulière. En 2009, le bureau fédéral des statistiques comptait approximativement 12,6 millions de pauvres. Les plus touchés par la pauvreté sont les sans-emploi et les personnes seules.
    Cette croissance de la pauvreté en Allemagne est due largement aux politiques de la coalition SPD-Verts menée par le chancelier Schröder, qui mit en oeuvre en 1998 les plus grandes coupes budgétaires sociales depuis la seconde guerre mondiale.
    Un chômage élevé, un secteur croissant de bas salaires et des coupes sévères dans les dépenses sociales sont à la base d’un désatre social qui ne peut que s’agraver avec le développement de la présente crise.
    Les statistiques officielles tentent de le camoufler en le maquillant. Mais, contrairement aux statistiques, on ne peut pas falsifier l’expérience vécue de millions de gens.

    – Oui, mais “la monnaie, hein, la monnaie… c’est le point fort de l’Allemagne, et donc de l’euro ?”
    PETIT RAPPEL ICONOCLASTE
    Durant les deux derniers siècles:
    – la France, tout comme l’Italie, n’a jamais fait défaut…
    – L’Allemagne 6 fois ! (Prusse 1813, Hesse 1814, Schleswig-Holstein 1850, Allemagne moderne 1932, 1939, 1948)
    – L’ « Ecole autrichienne » 5 fois ! (Autriche-Hongrie 1816, 1868, Autriche 1938, 1940, 1945)
    – Le Royaume-Uni 4 fois (1822, 1834, 1888-89, 1932)
    – Les États-Unis 3 fois (9 États 1841-1842, 10 États 1873-83, USA 1933)
    – La Chine 3 fois (1921, 1932, 1939)
    – Le Japon 2 fois (1942, 1946-1952)
    Les préjugés ont la vie dure…
    Mais avec un peu de patience, si l’on reste dans la roue des allemands sous l’euro, ça finira bien par nous arriver, nous aussi !


  9. Werrebrouck Le 04 décembre 2014 à 15h47
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    une contribution : Comprendre les fondements de la mésentente entre la France et l’Allemagne
    http://www.lacrisedesannees2010.com


  10. Yannick humblet Le 04 décembre 2014 à 18h40
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    Moi je ferais attention a l’Allemagne donnerais ma main a coupé que la crise ukrainienne et la crise de l’eurozone seront au bénéfice de l’Allemagne . L’Allemagne compensera sa crise démographique avec les jeune diplômé des pays de l’est et d’Ukraine . En sortant de l’EU l’Allemagne créera un bloc deusch mark réunissant tout les pays de l’est et l’Allemagne . Je parierais que cette zone Deusch mark sera plus puissante que les usa .


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