Source : Global Europe Anticipation Bulletin, du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, Mars 2017.

Sans Kissinger pour négocier le pétrodollar et remettre la monnaie américaine au centre du jeu mondial après le choc de l’annonce de Nixon en 1971 d’interrompre la convertibilité du dollar en or, le billet vert ne serait plus la référence mondiale depuis plus de 40 ans déjà. Trump saura-t-il s’entourer de conseillers de même calibre – et saura-t-il les écouter ? Car un choc de même ampleur est en gestation : il s’appelle défaut de paiement sur la dette publique étasunienne. C’est en effet le tabou qu’a levé l’élection de Trump. Alors, prophétie auto-réalisatrice ou sain débat ? Solution ou catastrophe ?

L’impensable défaut souverain

S’il est un pays interdit de défaut sur sa dette publique, ce sont les États-Unis. Les bons du Trésor US sont en effet au cœur du système financier mondial, considérés comme le safe haven ultime et comme le marché d’obligations le plus liquide au monde. Il va sans dire que personne n’envisage que les États-Unis puissent manquer le moindre remboursement de leurs obligations souveraines. La déflagration qu’un tel défaut engendrerait serait, semble-t-il, sans commune mesure avec celle de la faillite de Lehman Brothers, si l’on se réfère aux montants en jeu (600 milliards de dollars pour Lehman, contre 20 000 milliards de dette publique US) et à la place systémique de Wall Street, et plus généralement de la finance outre-Atlantique. Des États-Unis qui tiennent leur rang dans l’ordre mondial actuel sont clairement privés de cette option, qui est pourtant assez courante pour les autres pays (au cours des 35 dernières années, nous ne comptons pas moins de 70 défauts souverains dans le monde1 Source : Les-Crises, 04/06/2015 …).


Figure 1 – Dette publique mondiale en défaut ou en restructuration, en proportion du PIB mondial, 1800-2008. Source : Les Crises.

Mais les États-Unis, eux, n’ont jamais fait défaut sur leur dette fédérale. C’est indubitablement une valeur sûre et un défaut souverain US est donc vraiment impensable. Impensable ? Au même titre que le Brexit ou que l’élection de Donald Trump ?

La certitude s’effrite

Officiellement, l’État fédéral américain n’a effectivement jamais fait défaut. Et pourtant… Comment qualifier l’arrêt en 1971 de la convertibilité du dollar en or2 Source : Wikipedia , entraînant par rapport au métal précieux une perte de valeur majeure du dollar, et avec elle de la dette nord-américaine ? Ou encore les dévaluations similaires de 1933 et 1934 sous F.D Roosevelt3 Source : Wikipedia ? On le voit, cela ne prend pas forcément la forme d’une cessation de paiement claire et nette… Et, puisque nous évoquons Roosevelt, le pan du « programme » de Trump consistant en une relance économique via les infrastructures ne fait-il pas vaguement penser au New Deal4 Toute « ressemblance » entre Trump et Roosevelt s’arrête évidemment là… , créant a priori la même tentation de dévaluer fortement le billet vert5 Nous répétons depuis plusieurs mois que, contrairement à ce que l’on lit dans la presse, la perspective pour 2017 est plutôt à un dollar faible que fort. Nous maintenons cette anticipation qui est actuellement corroborée par la priorité que commencerait à donner le G20, en phase avec le programme de Trump, à un rééquilibrage des balances commerciales, objectif qui serait davantage servi par un dollar faible. Source : Nasdaq, 10/03/2017 ?

Cela pourrait être de hasardeuses spéculations si Trump n’avait pas lui-même affiché lors de sa campagne sa volonté de renégocier la dette publique américaine si nécessaire6 Source : The Atlantic, 22/06/2016 . Attention, nous ne prétendons pas que le nouvel élu fait ce qu’il veut sur ce sujet (ni sur aucun autre, d’ailleurs), bien au contraire : il est sans doute instrumentalisé sur de nombreux points de sa politique. Néanmoins, le tabou est levé7 Les populistes ont au moins le mérite de souvent lever des tabous… pour le meilleur et pour le pire. et il n’est désormais plus inconcevable que les États-Unis fassent un jour défaut (sous une forme ou une autre) sur leur dette publique fédérale, et cela change déjà tout.

Les analyses de notre équipe à ce sujet dans le GEAB, il y a déjà de longues années, prennent donc maintenant tout leur sens8 Nous invitons nos abonnés à relire les GEAB n°40 (décembre 2009), n°42 (février 2010) et n°44 (avril 2010), par exemple.

Libération de l’endettement

Ce qu’apporte ce changement de perspective sur la dette US est bien résumé par cette phrase de Trump : « J’emprunterais, sachant que si l’économie se crashe, on pourrait négocier. Et si l’économie va bien, c’est bien. Donc, on ne peut pas perdre9 Traduction libre de la citation suivante de Trump : « I would borrow, knowing that if the economy crashed, you could make a deal. And if the economy was good, it was good. So therefore, you can’t lose. » Source : CNBC, 06/05/2016. . » À dire vrai, difficile de ne pas lui accorder un certain bon sens : il aurait tort de se priver d’emprunter sur les marchés10 On pourrait dire de même des pays européens qui, s’ils ne se préoccupaient temporairement plus de leur taux d’endettement public, pourraient profiter des taux négatifs sur de nombreuses obligations pour entreprendre des stimuli économiques bienvenus. Ce que d’ailleurs Draghi semble inviter à faire… Source : Irish Times, 18/07/2016. , étant donné que le pays peut le faire à des taux historiquement bas. Par ailleurs, les États-Unis ne sont pas l’Argentine ni la Grèce, et les marchés oublieraient bien vite un défaut de paiement US et leur prêteraient à nouveau sans tarder pour profiter des nouvelles perspectives économiques du pays précisément ouvertes par la restructuration. La période douloureuse semble ainsi restreinte aux quelques mois qui précèderaient et qui suivraient le défaut.


Figure 2 – Taux d’intérêt de l’obligation à 10 ans nord-américaine, 1975-2017. Source : FRED.

La levée de ce tabou a donc pour première conséquence de débrider l’endettement public étasunien, qui sera en effet bien nécessaire si Donald Trump veut, comme il l’a promis, réduire les impôts tout en menant à bien son plan de soutien à l’économie… Il n’est évidemment pas question de faire défaut maintenant alors que les conditions n’ont jamais été aussi bonnes pour emprunter. Les prévisions officielles, qui nous semblent très optimistes, font état d’un déficit public grandissant jusqu’à 5 % du PIB dans les dix prochaines années…

Abonnez-vous pour lire la suite dans le bulletin GEAB 113

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Notes   [ + ]

1. Source : Les-Crises, 04/06/2015
2. Source : Wikipedia
3. Source : Wikipedia
4. Toute « ressemblance » entre Trump et Roosevelt s’arrête évidemment là…
5. Nous répétons depuis plusieurs mois que, contrairement à ce que l’on lit dans la presse, la perspective pour 2017 est plutôt à un dollar faible que fort. Nous maintenons cette anticipation qui est actuellement corroborée par la priorité que commencerait à donner le G20, en phase avec le programme de Trump, à un rééquilibrage des balances commerciales, objectif qui serait davantage servi par un dollar faible. Source : Nasdaq, 10/03/2017
6. Source : The Atlantic, 22/06/2016
7. Les populistes ont au moins le mérite de souvent lever des tabous… pour le meilleur et pour le pire.
8. Nous invitons nos abonnés à relire les GEAB n°40 (décembre 2009), n°42 (février 2010) et n°44 (avril 2010), par exemple.
9. Traduction libre de la citation suivante de Trump : « I would borrow, knowing that if the economy crashed, you could make a deal. And if the economy was good, it was good. So therefore, you can’t lose. » Source : CNBC, 06/05/2016.
10. On pourrait dire de même des pays européens qui, s’ils ne se préoccupaient temporairement plus de leur taux d’endettement public, pourraient profiter des taux négatifs sur de nombreuses obligations pour entreprendre des stimuli économiques bienvenus. Ce que d’ailleurs Draghi semble inviter à faire… Source : Irish Times, 18/07/2016.

54 réponses à [GEAB] Amérique de Trump : la levée du tabou du défaut de paiement US

Commentaires recommandés

nicolas Le 18 avril 2017 à 03h54

Moi je suis toujours sidéré de lire ce genre d’analyse incomplète.
C’est comme si l’économie était une science de borgne , ne sachant jamais relier tout et faire le tour d’un sujet dans son ensemble , s’arrêtant toujours en chemin exprès là ou si l’ont continuait de traiter le sujet , cela aurait pour conséquence de contredire le discours qui est déployé.
L’économie , que ça vous plaise ou pas , ce n’est pas une science dure comme tous ses acteurs en se cachant derrière les paravents des graphiques et des calculs savants veulent bien faire croire au bon public.
C’est une science molle , une science humaine , une science inexacte par nature.
Si c’était une vraie science dure , alors cela ferait bien longtemps qu’on aurait théorisé de quoi éviter toutes les crises que nous avons connues …
Maintenant au sujet de cet article , ce qu’il ne dit pas , et là ou s’arrête le traitement incomplet de ce sujet , est que plus vous faites de planche à billet , de QE et d’endettement , plus les inégalités se creusent et plus les tensions augmentent au sein du corps social.
Le revers de l’argent facile c’est la dislocation d’une nation et plus largement du monde.
Loin de moi l’idée de vouloir mettre tout le monde au même revenu et de tenir des propos communistes ce n’est pas mon discours.
Mais lorsque un système ne profite que toujours plus à un petit nombre toujours plus restreint , alors il y a danger.
Et c’est bien cela que l’argent facile engendre.
Depuis un bon moment je me suis fais mon idée sur ce qui va probablement se passer et les prémices déjà bien avancés sont déjà là sous nos yeux.
Il n’y aura pas de défaut , pas de catastrophe biblique de la finance ou de la bourse.
Car depuis 2008 , il a été décidé de mettre tout le fric nécessaire en face pour l’éviter.
Evidemment le fric à crédit j’entends , du faux argent sorti du chapeau qui ne correspond à rien de réel.
De la funny money comme on dit.
Et que se passe t il depuis 2008 ?
Il y a toujours plus de précaires et de pauvres et de chômeurs de part le monde , il y a des tensions qui montent de partout et des discours qui s’extrèmisent sans cesse.
Donc ce n’est plus du côté des financiers qu’il faut regarder depuis un bon moment mais c’est bien dans la rue que ça se passe désormais.
C’est là ou est le vrai danger et c’est là qu’on voit arriver des gros ennuis à venir.
La finance n’existe plus depuis lors ou il a été décidé d’injecter de l’argent artificiel sorti de nulle part et les marchés libres sont devenus des marchés administrés qui indiquent tous de fausses valeurs.
En gros le captalisme comme on l’entend dans le sens premier du terme a disparu depuis 2008.
Donc ces analyses de type GEAB sont dépassées et depuis bien longtemps.

  1. Loredan Le 18 avril 2017 à 00h28
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    Quand on fait tourner la planche à billets (et je défie quiconque de me démontrer le contraire), qui craint le défaut de paiement ? Les banques “”créditrices/débitrices””? 😀


    • Benhima Le 18 avril 2017 à 04h22
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      Et pourquoi pas le citoyen lambda ?
      Des coupes franches sur les retraites…quand elles existent.
      Des étudiants plombés par 1300 milliards de dettes, des milliers de gens qui se font expulsés de leur maison…
      La dette va devenir de moins en moins un tabou. On ne prête qu’aux riches
      Les Etats-Unis ont aussi des caractéristiques d’un pays en voie de développement
      Des hyper milliardaires côtoient à 2 km la plus grande misère
      Sûr que la dette va redevenir un sujet ” fashion “


  2. Philvar Le 18 avril 2017 à 00h37
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    Ce même raisonnement est valable pour la France : nous sommes un pays gros acheteur et nos fournisseurs (dont l’Allemagne) ne pourraient se priver de nous sans se mettre eux-mêmes en grave péril. Donc nous pourrons aussi négocier. Et les projets de renégocier ou sortir (en usage interne) de l’euro font sens et seraient bien loin des catastrophes annoncées. Faire peur au gens sur ce sujet a surtout comme but la protection de leurs prébendes abusives et de leur gestion hyper laxiste du social. La continuation de cela entrainera une crise bien plus profonde qu’une remise en ordre maintenant. Ce sera alors un gouffre ingérable. Mais le courage politique semble manquer.


    • Benhima Le 18 avril 2017 à 04h29
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      Le plus gros danger pour la France est son impopularité à l’international
      Imaginez les Russes, les Chinois, Les Africains, les Sud-américains, les musulmans…boycotter les produits occidentaux ?
      Ou se trouvent les matières premières ?
      Le monde change vite, très vite…


  3. ChicagoGuy Le 18 avril 2017 à 00h57
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    Mais, mais … Moi qui, en lisant le décodex, croyais que les-crises.fr était un site “russophile” et “complotiste”. Comment est-ce donc possible qu’un think tank pro-européen comme le LEAP puisse en reprendre les analyses? Aidez-moi, c’est absurde !

    Plus sérieusement, j’ai personnellement du mal à envisager un défaut US, sachant que le système de retraite se fait par capitalisation, et que les bons du trésors US sont prisés des gens proches de la retraite. J’imagine mal un homme politique US (encore moins le congrès) décider un défaut partiel, vues les conséquences électorales à attendre. En revanche, une nouvelle monétarisation via de nouveaux QE me semble probable. Mais là encore, ce n’est que mon humble avis de non-expert.


    • Laurent Le 18 avril 2017 à 09h02
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      Surtout que le premier lobby aux USA, c’est le lobby des retraités.


    • EGT Le 18 avril 2017 à 09h52
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      “J’imagine mal un homme politique US (encore moins le congrès) décider un défaut partiel..”.

      Ce ne sera pas les politi-chiens-chiens qui décideront…

      Cette décision sera prise par les 0.01% le jour où ils auront trouvé un placement sûr pour leur pécule.

      Le défaut de paiement est aussi vieux que la monnaie, ne l’oublions pas.

      Ensuite, ceux qui ont la possibilité de planquer quelques tonnes d’or (ou d’autre chose non périssable) sur un atoll isolé au centre du Pacifique s’en foutent, c’est juste du “business”.

      Quand il y a défaut de paiement, c’est TOUJOURS au détriment des plus faibles ne l’oublions pas.

      Exemple : Quand votre salaire est viré automatiquement sur votre compte bancaire (c’est la loi “juste et équitable”), vous n’êtes PLUS propriétaires de votre monnaie.
      Vous êtes simplement titulaire d’une CRÉANCE de la banque qu’elle peut honorer… Ou pas, c’est selon son “bon vouloir”.

      Et vous n’avez AUCUN RECOURS, si ce n’est de “faire la guerre” aux banquiers en les pendants sur la place publique.
      En disant adieu à vos économies.


  4. nicolas Le 18 avril 2017 à 03h54
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    Moi je suis toujours sidéré de lire ce genre d’analyse incomplète.
    C’est comme si l’économie était une science de borgne , ne sachant jamais relier tout et faire le tour d’un sujet dans son ensemble , s’arrêtant toujours en chemin exprès là ou si l’ont continuait de traiter le sujet , cela aurait pour conséquence de contredire le discours qui est déployé.
    L’économie , que ça vous plaise ou pas , ce n’est pas une science dure comme tous ses acteurs en se cachant derrière les paravents des graphiques et des calculs savants veulent bien faire croire au bon public.
    C’est une science molle , une science humaine , une science inexacte par nature.
    Si c’était une vraie science dure , alors cela ferait bien longtemps qu’on aurait théorisé de quoi éviter toutes les crises que nous avons connues …
    Maintenant au sujet de cet article , ce qu’il ne dit pas , et là ou s’arrête le traitement incomplet de ce sujet , est que plus vous faites de planche à billet , de QE et d’endettement , plus les inégalités se creusent et plus les tensions augmentent au sein du corps social.
    Le revers de l’argent facile c’est la dislocation d’une nation et plus largement du monde.
    Loin de moi l’idée de vouloir mettre tout le monde au même revenu et de tenir des propos communistes ce n’est pas mon discours.
    Mais lorsque un système ne profite que toujours plus à un petit nombre toujours plus restreint , alors il y a danger.
    Et c’est bien cela que l’argent facile engendre.
    Depuis un bon moment je me suis fais mon idée sur ce qui va probablement se passer et les prémices déjà bien avancés sont déjà là sous nos yeux.
    Il n’y aura pas de défaut , pas de catastrophe biblique de la finance ou de la bourse.
    Car depuis 2008 , il a été décidé de mettre tout le fric nécessaire en face pour l’éviter.
    Evidemment le fric à crédit j’entends , du faux argent sorti du chapeau qui ne correspond à rien de réel.
    De la funny money comme on dit.
    Et que se passe t il depuis 2008 ?
    Il y a toujours plus de précaires et de pauvres et de chômeurs de part le monde , il y a des tensions qui montent de partout et des discours qui s’extrèmisent sans cesse.
    Donc ce n’est plus du côté des financiers qu’il faut regarder depuis un bon moment mais c’est bien dans la rue que ça se passe désormais.
    C’est là ou est le vrai danger et c’est là qu’on voit arriver des gros ennuis à venir.
    La finance n’existe plus depuis lors ou il a été décidé d’injecter de l’argent artificiel sorti de nulle part et les marchés libres sont devenus des marchés administrés qui indiquent tous de fausses valeurs.
    En gros le captalisme comme on l’entend dans le sens premier du terme a disparu depuis 2008.
    Donc ces analyses de type GEAB sont dépassées et depuis bien longtemps.


    • patatufle09 Le 18 avril 2017 à 05h56
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      @ Nicolas
      Vous avez raison. J’aimerais que l’on m’explique comment réguler la nature déflationniste du capitalisme. Pas d’arrière pensée idéologique, mais faire juste le constat que les écarts se creusent entre les hémisphères, entre les nations, entre les peuples au sein de ces nations. Je veux bien entendre que mon confort est dû à ce modèle économique mais au prix d’une dette considérable. Je suis désespéré d’entendre ces économistes libéraux qui vous tiennent responsables de cette dette à travers les dépenses inconsidérées de l’état sans comprendre que la paix sociale à un prix. Seule la dette privée devrait être noble. Il m’est permis de constater que les QE américains n’ont pas servi à combler les nids de poules de leurs routes pourries. Plus cohérent de s’endetter pour racheter ses propres actions afin que vos actionnaires touchent les dividendes promis. Pas besoin d’être prix nobel d’économie pour vous dire que ça ne peut pas marcher longtemps. A moins que Trump n’ai pas le courage de son New Deal et nous trouve au dernier moment une nouvelle guerre à faire. Je mise ma dette sur la Corée du Nord…


      • nicolas Le 18 avril 2017 à 07h37
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        Très juste sauf un point.
        Trump , contrairement aux idées reçues sur le statut du président des Etats Unis colportées dans les films Hollywoodiens , a beaucoup moins de pouvoir et de libertés qu’un président de la République Française de la Ve …


    • WASTERLAIN Serge Le 18 avril 2017 à 08h26
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      Et vous en connaissez vous du vrai argent dans ce monde depuis que le dollar n’est plus rattaché à l’or (1971) ? Quand un pays veut en faire adossé à l’or, on le bombarde, comme la Libye en 2011 !


    • Karim Wilmotte Le 18 avril 2017 à 09h31
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      “En gros le capitalisme comme on l’entend dans le sens premier du terme a disparu depuis 2008.”

      Tien, première nouvelle.
      Vous n’êtes plus obligé de vendre votre force de travail pour manger?
      Vous ne vendez plus votre force de travail à quelqu’un qui en fait ce qui lui plait?
      Ce n’est plus le travail humain qui produit la valeur économique?

      Bon, le fond du capitalisme n’a pas bougé d’un iota!


      • nicolas Le 18 avril 2017 à 10h46
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        ” Vous n’êtes plus obligé de vendre votre force de travail pour manger? ”

        Oui mais ça paie de moins en moins …

        ” Vous ne vendez plus votre force de travail à quelqu’un qui en fait ce qui lui plait? ”

        Dans un monde ou désormais on adule des gens qui font de l’argent avec de l’argent , ceci tend à devenir obsolète …

        ” Ce n’est plus le travail humain qui produit la valeur économique? ”

        Malheureusement non.
        C’est surtout les réseaux , la com , et les robots ( et c’est que le début )
        Songez donc un peu à cela en regardant les capitalisation des boites de la nouvelle économie en les mettant en perspective avec le nombre d’employés ( qui est très réduit en général ).
        Ce n’est donc plus le travail humain qui produit la valeur économique dans le sens ” à la papa ” ,c’est à dire des grandes usines avec plein d’employés … Non désolé de vous l’apprendre surtout en 2017.

        Bref , je comprends que vous vouliez donner votre avis comme moi d’ailleurs , mais faire la leçon quand on a rien compris excusez moi mais hum … Voilà quoi hein !


        • Karim Wilmotte Le 18 avril 2017 à 11h37
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          “C’est surtout les réseaux , la com , et les robots ( et c’est que le début )”
          Un réseau ou de la com ne produit rien. Ce qui produit, ce sont les humains et la machine qui sont dedans. Le robot peut produire… de la richesse. En AUCUN cas de la valeur économique (il restitue la valeur économique qui y a été insérée dans sa production).

          D’ailleurs, si ces robots permettent de produire la valeur économique… la valeur économique va atteindre 0… car il n’y a pas de production de valeur économique en dehors du travail humain.

          “” Vous n’êtes plus obligé de vendre votre force de travail pour manger? ”
          Oui mais ça paie de moins en moins …”
          Oui, on appelle cela la lutte des classes. En quoi la lutte des classes implique qu’on est plus en capitalisme par contre?

          “Vous ne vendez plus votre force de travail à quelqu’un qui en fait ce qui lui plait? ”
          Dans un monde où désormais on adule des gens qui font de l’argent avec de l’argent , ceci tend à devenir obsolète …”

          Personne, rigoureusement personne n’a produit de l’argent avec de l’argent (en fait, de la valeur économique qui est “derrière”). Par contre, le capital peut, via la finance, créer des valorisations fallacieuses qui, pour se conserver, DOIVENT se voir attribuer une contrepartie de travail humain. L’austérité sert à cela et l’amélioration du taux de profit.


          • Benoît Le 18 avril 2017 à 13h50
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            Je ne suis pas du tout un expert en économie, donc vous m’excuserez si je pose des questions idiotes !

            Mais j’ai bien l’impression que les banques créent de l’argent avec de l’argent non? Puisqu’elles prêtent de l’argent qu’elles ne possèdent pas?

            D’ailleurs l’argent créé par le gouvernement ne représente que 5% de l’argent en circulation. Le reste n’est que de l’argent dette.

            Encore une fois, excusez moi par avance si je suis à coté de la plaque !


            • Karim Wilmotte Le 18 avril 2017 à 22h35
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              La banque crée de la monnaie, effectivement.
              S’il n’y a pas de valeur économique (travail humain) en face, cette monnaie de vaut… rien!?

              Par exemple, à un moment, vous avez une crise du subprime.
              Donc, non, on ne “crée par de l’argent avec de l’argent”.


            • Benoît Le 19 avril 2017 à 09h57
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              Pourtant c’est bien ce qu’elles peuvent faire.

              Prenons un exemple (il n’est pas de moi, cf vidéo argent dette) :

              Une nouvelle banque ouvre et elle n’a pas de déposants. Les investisseurs déposent comme fonds de réserve à la Banque Centrale 1111,12 €. Sachant que le ratio de réserve est de 9 pour 1 (9:1), la banque pourra prêter et créer, légalement, 10 000 € (donc de l’argent qu’elle n’a pas avec intérêts). C’est de l’argent dette.

              Mais ça ne s’arrête pas là. Les 10 000€ sont ensuite déposés dans une autre banque (mais peuvent être déposés dans la même banque).

              Contrairement à l’argent déposé comme fonds de réserve, cet argent ne peut pas être multiplié par le ratio de réserve. Il doit être divisé par ce ratio.

              En effet il sera possible de reprêter 90% de cet argent déposé qui sera ensuite déposé dans une autre banque… et ainsi de suite.

              Ainsi à partir de 1111,12€ d’argent réel déposé, les banques sont capables de créer légalement presque 100 000 d’argent (avec intérêts) mais qui n’est que de la dette.

              Ce modèle ne fonctionne que si la croissance du pays est constante ou augmente (car il faut bien créé ces 100K € en valeur réelle pour qu’ils puissent être remboursés) sinon ils ne seront pas remboursés. Aussi comme c’est de la dette, il faut en permanence que de l’argent soit prêté par les banques, c’est pourquoi aujourd’hui les taux d’intérêts sont super bas.


            • BEOTIEN Le 19 avril 2017 à 11h46
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              OUI les banques créer de l’argent (HEUREUSEMENT) chaque fois qu’elles en prêtent* MAIS elle le détruise à chaque remboursement.

              * puisque l’opération consiste en une écriture qui produit ex-nihilo l’argent ac accordé en échange d’une reconnaissance de dette.


            • Benoît Le 19 avril 2017 à 11h51
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              Bah elles ne créent pas de l’argent mais de la dette. L’argent devient réel uniquement si l’emprunt est remboursé.

              Mais les intérêts ne sont pas détruits. C’est ça le problème.


            • Karim Wilmotte Le 20 avril 2017 à 00h43
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              Vous avez tord, mais on va pas en faire un plat.

              Juste que la question était la suivante: “Dans un monde ou désormais on adule des gens qui font de l’argent avec de l’argent , ceci tend à devenir obsolète …”

              Votre banquier crée de la monnaie en vous prêtant de l’argent (mais aucune valeur économique). He bien, personne (à part ses enfants) ne l’adule.

              La question ne portait donc pas sur la création monétaire par les banques privées. Vous êtes donc hors-sujet (et avec vous, les 29 qui plussoient sans avoir compris -salut les gars!).


          • Dva Le 18 avril 2017 à 19h53
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            …sourire…un peu le joueur d’échec génial turc qui se cache dans un tonneau sous le ‘ robot’ …google nous fait ‘ bosser’ tous pour lui…car nous lui fournissons nos habitudes , nos goùts..nos couleurs…qui peuvent être revendus gratuitement …à des firmes de tous genres…bon, ok…le ‘ robot’ ne paye pas encore suffisamment de cotisations sociales …pour ce ‘ service ‘ rendu …Sinon …l’hypothèse d’un défaut mondial de paiement me semble plausible…Il suffit de voir l’emprunt de l’Arabie Saoudite fin de l’année passée…Pourquoi vendre de ses réserves sonnantes et trébuchantes alors qu’on peu s’asseoir à la table de ce jeu de dupes pour pas un rond !!? http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/10/20/20002-20161020ARTFIG00091-l-arabie-saoudite-a-emprunte-un-montant-record-de-175-milliards-de-dollars.php


        • Chris Le 18 avril 2017 à 14h12
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          N’est-on pas en train de parler de deux types d’économies.
          L’une, VIRTUELLE : la financiarisation, essentiellement spéculative et prédatrice (accaparement d’actifs par astuce)… qui hélas a pris le pouvoir depuis les années 1980, en pompant à l’extrême
          l’autre, REELLE, qui elle, produit des biens selon les critères… de la virtuelle maintenant majoritairement propriétaires des moyens de production : vendre à prix d’or des saloperie au plus grand nombre jusqu’à plus soif ?
          Je vois le monde ainsi : un déchainement de la matière qui s’exerce crescendo dans tous les actes socio-militaro-économiques et environnementaux… et nous engloutit.
          Le changement climatique ne fait que refléter ce mouvement, la fameuse anthropocène de Paul Crutzen.


          • Karim Wilmotte Le 19 avril 2017 à 00h08
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            La “virtuelle” n’a de virtuelle que ses valorisations.
            Car si elle était vraiment virtuelle… bha, on s’en foutrait royal.

            Elle DOIT obtenir une part toujours plus importante de la valeur ajoutée.
            Sinon, la bulle s’effondre sur elle même. Car elle ne peut plus prétendre aux valeurs présentées.

            Ceci étant, ce n’est qu’une question de temps pour que les valeurs s’effondrent.


            • nicolas Le 19 avril 2017 à 04h49
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              Ah bon !

              Donc vous mangez du Facebook le soir pour diner …

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              Et en plus vous admettez enfin après X commentaires réponses de votre part que :

              ” Ceci étant, ce n’est qu’une question de temps pour que les valeurs s’effondrent. ”

              Donc en gros vous êtes pas d’accord juste pour parler quoi.

              [Modéré]


            • Karim Wilmotte Le 20 avril 2017 à 00h46
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              Non, je ne suis pas d’accord.
              Je vous renvoie à ce qui a été écrit précédemment.

              L’économie “virtuelle” n’est pas Facebook.
              Et Facebook existe dans un monde bien réel (pas d’électricité, pas d’ordinateur, pas d’écran… pas de Facebook -je vous déconseille tout de même de manger un pc-).

              Enfin, on vous ferra simplement remarquer que si les robots ou des gens qu’on adule produisent la valeur, il n’y a AUCUNE raison pour que les valorisation (j’aurais du utiliser ce terme, vous auriez peut-être mieux compris) disparaissent.


    • olympi Le 18 avril 2017 à 10h34
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      La science économique est une science molle car elle ne se donne pas les moyens d’être une science plus dur. Je crois qu’à notre époque où la plus part de la population travail dans le tertiaire nos contemporains ont oubliés ce qu’était l’économie réel et la confond avec la finance. Dette, taux directeur, action en bourse ? Ou machine outils, barrage hydraulique, centrale à charbon, hauts fourneaux, bureau d’étude ?

      Vous voulez faire de l’économie dur sur le long terme, alors rapprochez vous de la physique et regarder les grandeurs physiques et le tableau de Mendeleïev : de l’énergie pour transformer tous les éléments de la terre (fer, chaux, carbone, …).

      Et vous vous rendez compte que le PIB mondiale est fonction linéaire de la consommation finale d’énergie… Pas d’énergie pas de production, c’est physique, vous ne pouvez pas y échapper.
      https://jancovici.com/wp-content/uploads/2016/04/energie_graph9.jpg

      Donc si la France à son PIB par habitant constant depuis 10 ans, c’est juste parce qu’elle se trouve en stress énergétique depuis 2006. Pourquoi ce stress ? Nous sommes de plus en plus nombreux sur la Terre, de plus en plus riche pour une quantité limité d’énergie fossile (pétrole, gaz, charbon).

      Je vous recommande de lire et regarder Jancovici
      https://jancovici.com/transition-energetique/l-energie-et-nous/lenergie-de-quoi-sagit-il-exactement/


    • Sébastien Le 18 avril 2017 à 11h01
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      Je suis d’accord avec vous mais je me permets d’émettre une petite critique concernant les conséquences que vous évoquez, en parlant de “discours qui s’extrêmisent”.
      Que voulez-vous dire? Que ceux qui tirent la sonnette d’alarme et rappellent quelques vérités sont des extrémistes?
      Que les discours officiels qui font croire que cette politique est la bonne, que tout va bien, sont extrémistes?
      Il faut être le plus clair possible sur cette question car on ne voit que trop bien comment le vocabulaire et les discours justement, sont utilisés afin que la croyance dans ce système perdure dans un pur déni de réalité.


    • Shakarov Le 18 avril 2017 à 17h18
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      Pour le communisme, dommage que ce ne soit pas votre discours, puisque que vous ne faites qu etablir un constat scientifiquement previsible depuis plus d un siecle.

      Maintenant la nouvelle digérée, je vous propose de lire Proudhon et plus largement les analyses des communistes libertaires (opposés aux communistes étatiques ou autoritaires). Ou (attention au mot tabou) Anarchistes.
      Les discours que vous qualifiez d’extremistes ne sont qu’un eternel leurre des minorités possédantes pour nous detourner des veritables causes de désordres.

      Ainsi, apres l’etat des lieux, la critique et l’etablissement des principales causes des crises, il est temps de reconstruire, de reorganiser, de liberer l’homme de l’homme.
      Phrase que certains balaieront d’utopiste…braqués par leur conception theologique voir mystique de l’etat, garant seul de l’ordre par son contrat social…
      Et du monopole de la violence!
      Garant de l’infantilisation des masses, garant des concessions autoroutieres, garant de la misère contrôlée… Garant du prochain cirque electoral digne d’une veritable profession de foi, avec l’ostie en guise de bulletin.

      Je crois ainsi qu’OB a raison…Le nom “les crises” a peut etre fait son temps. Peut etre est il temps de developper en parallele une litterature relative aux alternatives economiques et sociales, passées et presentes. Afin de nous aiguiser l’esprit, d’en debattre et de nous enrichir mutuellement.
      Maintenant le constat de crise partagé de tous, osons l’impossible… la liberté.


    • BEOTIEN Le 19 avril 2017 à 01h56
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      “plus vous faites de planche à billet , de QE et d’endettement , plus les inégalités se creusent et plus les tensions augmentent au sein du corps social.”

      D’où tenez – vous ça ?

      Ce n’est vrai que dans un système dans lequel le rapport de force capital / travail est devenu si favorable au premier qu’il capte trop de la monnaie créée. A la fin des “Trente Glorieuses” alors que l’inflation à deux chiffres dévorait l’épargne elle enrichissait tous ceux (la majorité) dont les augmentations de salaire permettaient de réduire les mensualités (fixes) de leurs emprunts immobiliers.

      D’ailleurs conforme à l’aphorisme “l’inflation tue le rentier”.


  5. Alex Hanin Le 18 avril 2017 à 08h30
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    Toute l’ironie est dans la phrase :

    “Les analyses de notre équipe à ce sujet dans le GEAB, il y a déjà de longues années, prennent donc maintenant tout leur sens”

    Donc l’élection inattendue d’un cinglé peut-être disposé (sans en avoir réellement le pouvoir ?) à ne pas rembourser les crediteurs par simple caprice (cf. Japon) confirmerait les prédictions du GEAB ?

    Sans blague.


  6. Eric83 Le 18 avril 2017 à 10h04
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    Il est depuis des mois question de la soi-disant ingérence russe dans l’élection présidentielle US. Celle-ci aurait conduit à l’élection de Trump sans qu’il y ait le moindre début de commencement de preuve à cette allégation.

    En revanche, au vu de la tribune éditée par le Monde, hier, l’ingérence US dans l’élection présidentielle française 2017 est ici très factuelle et c’est le Monde qui se fait le vecteur de diffusion de cette ingérence US.

    Le titre nous indique ” 25 Nobel d’économie dénoncent le programme antieuropéen de Marine Le Pen”.

    Sauf que sur ces 25 économistes, il y a UN SEUL français, Jean Tirole, et quasiment tous les autres sont américains !

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/04/18/25-nobel-d-economie-denoncent-les-programmes-anti-europeens_5112711_3232.html#KtUvmVoxfQ2WVlOO.99

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/04/18/25-nobel-d-economie-denoncent-les-programmes-anti-europeens_5112711_3232.html?google_editors_picks=true


    • Alfred Le 18 avril 2017 à 10h22
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      S’il a eu le prix Nobel c’est que Jean tirole n’est plus vraiment français mais déjà américain… (C’est une blague)


  7. Julien Le 18 avril 2017 à 10h37
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    Les “experts” du GEAB nous sortent la même rengaine sur le défaut de paiement de la dette par les Etats Unis depuis 2008. Je me rappelle même qu’en 2012, je m’en souviens car j’étais dans ma dernière année d’études, ça devait être l’année fatidique, l’année du cataclysme économique US…

    Comme on a vu, il n’en est rien et le GEAB s’enfonce toujours plus dans une analyse surfacique faite de comparaisons dette-PIB, des choux avec des carottes en fait, car l’on compare un stock et un flux. D’autant plus que si on part de cette analyse catastrophiste, pourquoi le Japon, endetté a plus de 200% de son PIB n’a-t-il jamais fait défaut?

    Aucun économiste ne parle jamais de la durée de remboursement des emprunts, même pas Mr Berruyer dans son très bon livre “les faits sont têtus”, pourquoi? Pourtant quand on emprunte pour rembourser un bien on calcule pourtant sa capacité d’endettement à l’année. Pour la France on tombe du 96% des catastrophistes à 12-14%. Pas de quoi s’alarmer donc, mais peut-être que l’on préfère nous culpabiliser sur l’état providence…

    Enfin il faudrait quand même se demander quel profits pourraient en tirer les créanciers? Tout le monde continuera à mettre la poussière sous le tapis tant que les US resteront la, ou une des, locomotive(s) de l’économie mondiale et l’épée de Damoclès au dessus de la sécurité des autres pays…


    • Les-crises Le 18 avril 2017 à 13h54
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      “Aucun économiste ne parle jamais de la durée de remboursement des emprunts,”

      C’est lié, mais le seul truc qui compte, c’est le montant à emprunter à 12 mois pour ne pas faire défaut – 372 milliards d’euros (220 + 152, pages 22 et 24)

      http://www.aft.gouv.fr/documents/%7BC3BAF1F0-F068-4305-821D-B8B2BF4F9AF6%7D/publication/attachments/25436.pdf

      Amusant de voir que l’AFT ne l’indique plus en clair comme avant, et qu’elle a planqué ses anciens rapports annuels…


      • Jérôme Le 18 avril 2017 à 14h24
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        Non, les 152 milliards c’est l’encours de dettes à cours terme, et non pas les flux d’emprunt à court terme sur une année.


        • Les-crises Le 18 avril 2017 à 15h39
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          Le flux est supérieur. Mais comme ce sont des dettes à moins d’un an, c’est le bon montant à retenir par définition, sinon vous allez compter plusieurs fois les mêmes sommes.


          • Jérôme Le 18 avril 2017 à 17h35
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            Exact. Mais ce que je voulais dire c’est que du court terme ça peut se remplacer par du moyen/long terme.


            • BEOTIEN Le 19 avril 2017 à 02h03
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              “pourquoi le Japon, endetté a plus de 200% de son PIB n’a-t-il jamais fait défaut?”

              Parce que l’essentiel de sa dette est domestique.

              “Tout le monde continuera…” Certes les US ne sont pas l’Argentine mais le jour où plus personne ne voudra leur prêter…


  8. christian gedeon Le 18 avril 2017 à 11h02
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    Le GEAB a encore frappé. Ces gens là sont juste hallucinants…autosatisfaits,et prêts à raconter n’importe quoi,comme d’hab.Ce sont les US qui fabriquent la monnaie,stupid. Ils fabriqueront ce qu’ils voudront.Encore des analyses monétaristes,alors que le drame et le danger se situent bien ailleurs.Dans le fossé de plus en plus abyssal qui sépare les “riches” des “pauvres”…le bushman et le transhumanisé,et à nouveau,et de plus en plus,régression généralisée des droits de la femme.Et summum des summums,la privatisation du monde et de la nature par les transnationales,sous notre nez,avec comme horizon ultime le contrôle de l’alimentation mondiale,et de l’arme suprême,la faim.Pauvre Geab…en retard d’un siècle.


  9. Jérôme Le 18 avril 2017 à 14h53
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    Dire qu’un défaut sur la dette publique US causerait un cataclysme, c’est en effet un peu court. Même si bien sûr il y aurait une onde de choc énorme et une contagion à l’ensemble des obligations publiques ou privées en cas de défaut US, il faut sérier les dégâts.

    Du point de vue des créanciers d’abord, qui y perdrait le plus ? Les créanciers états-uniens puisque la dette publique US est détenue pour les deux tiers par des agents économiques américains : https://www.thebalance.com/who-owns-the-u-s-national-debt-3306124

    Du point de vue de l’activité économique ensuite, qui y perdrait le plus ? D’abord les agents économiques américains.
    Parce que l’économie US a une insuffisance d’épargne et est en déficit de sa balance courante de l’ordre de 3% de PIB chaque année et que la dette finance les excès de dépense des administrations et du système social US.
    Parce qu’un défaut, l’économie US ne pouvant plus emprunter à l’étranger pour se financer, entrerait dans une spirale dépressive aussi violente que dans les années 1930.


    • Jérôme Le 18 avril 2017 à 15h37
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      Ensuite, et seulement ensuite, le reste du monde subirait un choc violent du fait de l’effondrement de l’économie US (qui pèse 23% du PIB mondial nominal et 17% si on prend le PIB mondial en PPA) puisque les autres économies dépendent dans une certaine mesure du marché US avec lequel elles enregistrent des excédents courants.

      En résumé, imaginez que l’économie US subisse un choc de l’ampleur de celui subi par la Grèce et baisse de 25%. Cela ferait un choc récessif de 4,5% du PIB mondial. Choc violent mais surmontable. Et de toute manière, les pertes sont sous-jacentes. C’est juste qu’on ne les a pas inscrites dans les comptes et qu’on reporte à plus tard la liquidation judiciaire de USA Corp.


      • yann Le 18 avril 2017 à 17h39
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        Ne vous fiez pas trop aux pourcentages. La demande américaine est la seule demande qui tire la croissance mondiale. Entre 2007 et 2009 il a suffi que le déficit commercial américain soit divisé par deux pour entrainer une récession en Europe et en Asie. Le PIB allemand avait par exemple reculé de plus de 5%. Je vous laisse imaginer ce que provoquerait à court terme un retour à l’équilibre de la balance commerciale US. C’est avant tout ça qui pousse l’Asie et les différents pays créditeurs à soutenir le dollar. Sans oublier le fait que les matières premières sont toutes échangées avec des dollars et que les riches ont planqué leurs avoirs en monnaie américaine. Si l’effondrement du dollar n’était un problème que pour les USA, cela fait longtemps que cette monnaie aurait plongé.


        • Jérôme Le 19 avril 2017 à 10h08
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          Ce que vous décrivez n’est pas du tout la cause de la récession de 2008-2009. C’est l’éclatement de la bulle immobilière et la crise du crédit qui s’en est suivie qui a provoqué la récession de 2009.

          L’Allemagne a été plus touchée que les autres pays européens en 2009 parce que d’une part son économie est beaucoup ouverte au commerce international que d’autres économies (taux d’ouverture au commerce international de l’ordre de 44% contre environ 28% pour la France) et d’autre part parce qu’elle est surexposée aux exportations de biens d’équipement (or les achats de biens d’équipement chutent plus fortement que ceux des biens de consommation lorsque les récessions se déclenchent et augmentent aussi bien plus fortement quand la reprise se produit).

          Je ne dis pas que la chute du dollar ne serait pas un problème, mais manifestement les BRICS pensent qu’il y a plus d’intérêts que d’inconvénients à long terme à dédollariser l’économie mondiale, étant entendu que la dédollarisation est inéluctable parce que les fondamentaux de l’économie américaine et de l’économie mondiale ne permettent plus du tout de maintenir durablement le dollar. Ce n’est pas une question de si mais une question de quand et de comment.


          • yann Le 19 avril 2017 à 12h02
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            “Ce que vous décrivez n’est pas du tout la cause de la récession de 2008-2009. C’est l’éclatement de la bulle immobilière et la crise du crédit qui s’en est suivie qui a provoqué la récession de 2009.”

            Crise de l’immobilier qui a cassé la demande intérieure américaine parce que les subprime permettaient une surconsommation de la population américaine. Je vous invite à lire le livre de Jean Luc Gréau “L’avenir du capitalisme” qui a été écrit en 2005 et qui décrivait bien ces mécanismes. C’est l’un des rares économistes à avoir prévu avec une grande précision l’explosion inéluctable et la récession qui allait suivre.

            L’Europe est aujourd’hui sous l’emprise de l’Allemagne et fait une politique ouvertement mercantiliste d’accumulation des excédents commerciaux. Même chose pour les pays d’Asie d’ailleurs. Seul les USA soutiennent encore la demande mondiale que vous le vouliez ou non.


  10. millesime Le 18 avril 2017 à 16h27
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    pourquoi ne pas revenir sur la loi de 1973 dite loi Pompidou/Giscard interdisant au Trésor public d’emprunter à la Banque de France ?
    car il faut bien reconnaitre aujourd’hui que le système inter-ou supranational édifié au XXè siècle (ONU, FMI,OTAN etc..) n’a pas réussi à s’adapter et à chapeauter la configuration géopolitique du début du XXiè siècle, il est en plein marasme sous toutes ses formes, y compris régionales (UE Mercosur etc..)
    Les expériences menées par les émergents cette première décennie (G20, BRICS etc/..) se sont retrouvées frontales avec les intérêts des Etats-Unis, et sans le soutien de l’Europe, n’ont pu s’imposer comme base d’une nouvelle organisation mondiale (le monde de demain, par rapport au monde d’hier…)


    • Jérôme Le 18 avril 2017 à 17h29
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      Parce que cette loi n’a rien interdit. Elle a plafonné. Il faut aller jusqu’aux années 1980 et à la loi Balladur de 1993 pour que, en effet, la France se soit complètement privée du levier de la Banque centrale comme moyen national de mener une politique de financement et une politique monétaire.

      Et surtout, quel que soit le bout par lequel on prend le problème, le mécanisme des prêts à taux zéro par la banque centrale est un prélèvement par dépréciation relative des effets monétaires détenus par X et Y. Si on fait tourner la planche à billets, on appauvrit ceux qui n’empruntent pas au bénéfice de ceux qui empruntent.

      Et s’agissant de la dette publique, ces 36 dernières années on a emprunté à fonds perdus puisqu’on a emprunté à long terme pour consommer au lieu de le faire pour investir.


      • yann Le 19 avril 2017 à 12h06
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        On a surtout eu l’une des politiques monétaire les plus stupide de l’histoire. Faut-il rappeler qu’avant l’euro nous avions le franc fort?

        “t s’agissant de la dette publique, ces 36 dernières années on a emprunté à fonds perdus puisqu’on a emprunté à long terme pour consommer au lieu de le faire pour investir.
        Répondre”

        C’est le résultat du libre-échange et de la libre circulation des capitaux. L’investissement en France ne peut être qu’improductif puisqu’il vaut mieux produire en Chine ou en Europe de l’Est. Ne reste en France comme investissement rentable que le tertiaire comme l’hôtellerie ou la restauration, ou encore la spéculation immobilière.


        • Jérôme Le 19 avril 2017 à 13h05
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          Je suis assez d’accord avec vous sur la politique monétaire. Encore qu’elle n’a pas trop mal marché jusqu’en 2000 où la France engrengeait des excédents commerciaux assez significatifs grâce à sa politique de désinflation compétitive, au dollar fort, et au fait que l’Allemagne était empétrée dans le choc de sa réunification.

          Je suis en revanche en désaccord avec votre affirmation selon laquelle l’investissement en France ne peut être qu’improductif. Ce que je veux dire, c’est que notre endettement a surtout servi à financer des dépenses de transfert, avec les dépenses sociales publiques qui ont atteint le tiers de notre PIB quand il aurait fallu appuyer les secteurs porteurs d’avenir et la reconversion des salariés des secteurs touchés par la concurrence internationale.


          • RGT Le 19 avril 2017 à 21h49
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            “l’investissement en France ne peut être qu’improductif”…

            Il ne l’est que parce que ceux qui empruntent pour “investir” dans la spéculation financière obtiennent des crédits illimités (création monétaire bancaire ad nihilum à taux presque nul) alors que tout investissement pour des projets productifs est refusé par ces mêmes banques.

            D’un côté c’est tout à fait normal : Un banque est un organisme FINANCIER et le produit qu’elle commercialise est la monnaie. Elle a donc plus “confiance” dans un placement qui est dans son domaine d’activité que dans un “truc” qu’elle ne connaît pas.

            La monnaie fiduciaire est sous contrôle de l’état (théoriquement de la collectivité) et devrait “normalement” correspondre à la plus-value totale générée par l’activité de TOUS les membres de la communauté.

            Et surtout cette monnaie ne devrait “sortir” que pour acheter des biens ou des services utiles à la collectivité non disponibles localement, et étant compensés bien sûr par la vente de biens et de services équivalents à l’étranger (sinon on part dans le mur). D’où les taxes à l’importation qui incitent à produire localement…

            Trouvez l’erreur…


  11. Garibaldi2 Le 19 avril 2017 à 03h49
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    Lors de la crise de 2007/2008 il n’y a pas eu de déclenchement des credit default swaps. Pourquoi ? Cherchez quel est l’organisme qui peut les déclencher et vous aurez la réponse. Les US ne déclarent plus le niveau de leur M3 depuis 2006 et ils ont le plus gros gourdin qui leur permet de taper sur qui ils veulent, sous les applaudissements du reste du monde tétanisé. Donc il ne se passera rien. Ils décideront un relèvement du plafond de la dette épuicétou. Depuis des lustres le GEAB (LEAP 2020) annonce un crise systémique mondiale pour demain.

    Au fait, depuis combien de temps nos JT ne nous parlent plus de la notation des dettes nationales ?


    • Jérôme Le 19 avril 2017 à 10h14
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      Depuis qu’ils se sont rendus compte avec nous que leurs notations étaient décorrelées des évolutions des marchés financiers.

      Et en même temps, ont-ils tort ? Et si les QE s’arrêtaient, que se passerait-il ? Remarquez que de toute façon, le QE c’est déjà un rééchelonnement des dettes existantes : une inflation par le prix des actifs et qui ne profite qu’aux détenteurs d’actifs et aux agents économiques capables d’emprunter à taux quasi zéro pour acheter des actifs réels supplémentaires.

      Pensez-vous qu’un Patrick Drahi soit un entrepreneur si talentueux pour s’être constitué un tel empire ? Non, Drahi n’a aucune créativité technique ou marketing. Il n’a rien inventé. C’est juste un type bien connecté et qui a emprunté des dizaines de milliards de papier pour acheter des actifs réels. Au pire, si son chateau de cartes s’effondre, il aura encaissé une fortune en dividendes en son nom propre et socialisera la faillite de sa holding.


  12. Eskimo Le 19 avril 2017 à 06h38
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    Aucun gouvernement ne prendra l’initiative de déclencher la chute du château de cartes. Chacun continuera d’emprunter jusqu’à ce qu’un événement qu’il espère extérieur à sa zone déclenche l’effet boule de neige qui lui permettra de mettre en œuvre le défaut de paiement.

    Au moins, les plus avisés se préparent en catimini, comme l’Allemagne avec ses préparatifs anti-catastrophes, ou la Chine avec ses achats d’actifs tangibles partout dans le monde.


    • RGT Le 19 avril 2017 à 22h02
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      La Chine et la Russie se débarrassent de leurs montagnes de dollars pour acheter de l’or en quantités monumentales.
      Et comme le cours de l’or est manipulé à la baisse pour maintenir la “crédibilité” du $$, c’est tout bénef pour eux.

      Par contre, il y en a qui risquent de faire la gueule lorsque les russes, les chinois puis les pétromonarchies demanderont à être payés en or et non plus en PQ…

      A ce moment là, les USA se mettront en cessation de paiement, sortiront leurs porte-avions et leurs “Meurines” mais comme il y aura tellement de pays à qui “tordre le bras” ils tourneront en rond puis attaqueront la Corée du nord…

      Et pendant ce temps, nos €uronouilles se lamenteront de la cruauté de tous ceux qui s’attaquent si violemment à la “sainte démocratie occidentale”.

      Par contre, je doute fortement que la France fasse défaut sur sa dette. Il faudra bien que quelques pigeons payent pour “indemniser” les investisseurs et les banques qui pourraient exploser en plein vol pour avoir magouillé avec l’argent de leurs déposants.


  13. christian gedeon Le 20 avril 2017 à 12h48
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    On va faire court…la dette d’un état n’ a que la valeur que lui donne cet état. C’est couillon comme tout,non? C’est l’oeuf de Colomb,hein?Quant à la dette française,l’horrible dette française avec la quelle on nous bassine (cent pour cent du PIB,demain nous sommes tous(ou presque) en guenilles,etc…c’est de la foutaise pure et simple…c’est du revolving permanent mis en place par les banques,pour leur plus grand profit.Des dettes qui ponctionnent les poches du contribuable au profit du secteur financier. Cette dette devrait être une dette à la Banque de France,et donc un asset du peuple…au lieu de quoi les bandits qui nous gouvernent depuis 40 ans ont fait un hold up,rien de plus,rien de moins,au profit de “monennemilafinance”. Si on sortait de cette saloperie de BCE,et que la dette redevenait nationale,la question se règlerait d’elle même. Encore faut il avoir les c…es de le faire.Faudrait quand même,un jour,arrêter de se foutre de la gueule des Français…


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