Source : Global Europe Anticipation Bulletin, du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, Février 2017.

Dans la crise systémique globale que nous traversons, notre équipe parle depuis quelques années déjà de « brouillard statistique » pour qualifier l’incapacité des outils actuels à mesurer l’économie réelle, voire la manipulation de ceux-ci afin de faire correspondre les résultats au discours politique (ou l’inverse). Si l’on met de côté cette tentation de manipulation, ce « brouillard statistique » provient également du fait que l’économie évolue profondément et que les indicateurs d’hier (PIB, chômage, etc.) ne sont plus pertinents dans le monde d’aujourd’hui. Après quelques vaines velléités de transformation de ces indicateurs depuis plus d’une décennie, nous voyons à nouveau naître de nouvelles initiatives que nous anticipons durables cette fois-ci, et qui occasionneront à court terme une certaine confusion avant de s’harmoniser d’ici 2025 sous l’impulsion d’instances internationales comme le G20.

Des limites des deux indicateurs vedettes

Les débats ou les propositions des campagnes électorales le montrent suffisamment : seuls semblent compter le taux de croissance du PIB d’une part, et le taux de chômage d’autre part. Ce n’est guère étonnant dans un système où le travail, tout comme l’accroissement des « richesses », tiennent une place centrale. Ces deux indicateurs ont aiguillé les politiques pendant de longues décennies avec des résultats qui peuvent être jugés satisfaisants sous de nombreux aspects. Néanmoins, si chaque point de croissance est de plus en plus difficile à aller chercher et le taux de chômage reste constamment si haut, c’est qu’il y a une raison. La société se transforme radicalement et ces deux indicateurs, qui ne reflètent pas ces évolutions, commencent à devenir obsolètes. Nous allons voir que leurs limitations ont plusieurs causes : statistique d’une part, politique ou idéologique d’autre part ; mais surtout, plus fondamentalement, ces indicateurs eux-mêmes, par construction, ne mesurent pas le développement harmonieux d’une société1 Nous ne résistons pas à la tentation de partager avec vous la citation bien connue sur le PIB de Robert Kennedy en 1968 : « It measures everything, in short, except that which makes life worthwhile » (« [Le PIB] mesure tout, sauf ce qui rend la vie digne d’être vécue »).

Ces deux mesures sont tellement emblématiques qu’elles font évidemment l’objet d’une pression politique intense et sont constamment l’objet de comparaisons internationales. Et là surgissent les premiers problèmes… Comment comparer des économies fonctionnant en devises différentes, dont les taux de change ne cessent de bouger violemment2 Pour rappel, un dollar US valait 0,62 euro fin 2008, et 0,94 maintenant… soit une variation de 50 % ! ? Nous avons déjà vu les effets pervers liés à l’utilisation d’un étalon unique, le dollar : nous en avons ici une nouvelle illustration. Ainsi, les États-Unis sont de loin le premier pays pour le PIB nominal exprimé en dollar, tandis qu’ils sont derrière la Chine en parité de pouvoir d’achat (PPA).


Figure 1 – Pays classés par PIB en parité de pouvoir d’achat, 2014. Source : The Conversation.

Autre exemple, quel sens a la comparaison de la croissance du PIB aux États-Unis, pays dont la population croît de 0,7 % par an3 Source : Wikipedia , à celle de la zone euro où la population croît de seulement 0,3 % par an4 Source : Trading Economics ? Ou encore, pourquoi comparer les revenus par habitant entre un pays où des services essentiels comme l’éducation ou la santé sont onéreux, à un autre où ils sont gratuits ?

En ce qui concerne le taux de chômage, les comparaisons sont plus délicates encore, car les méthodes de calcul diffèrent entre pays. Nous citons régulièrement le site ShadowStats pour son calcul alternatif du taux de chômage US, sans doute plus fidèle à la « réalité » (du moins celle ressentie par la majorité des Américains) : celui-ci donne une image singulièrement différente du marché du travail US…


Figure 2 – Taux de chômage aux États-Unis. Rouge : officiel / Gris : U6 / Bleu : ShadowStats. Source : ShadowStats.
Dans le cas du taux de chômage, ces statistiques ne mesurent pas ce qu’elles prétendent mesurer (ou plutôt ce que l’on entend communément par « chômage ») et sont donc trompeuses. Il en est de même pour le PIB qui n’est qu’un piètre reflet de la « richesse » d’une nation. C’est d’autant plus dommageable lorsqu’elles servent de guide à une politique économique, par exemple la modération salariale en Allemagne, au détriment de ses partenaires européens, ou encore le dumping fiscal irlandais pour attirer les multinationales…

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Notes   [ + ]

1. Nous ne résistons pas à la tentation de partager avec vous la citation bien connue sur le PIB de Robert Kennedy en 1968 : « It measures everything, in short, except that which makes life worthwhile » (« [Le PIB] mesure tout, sauf ce qui rend la vie digne d’être vécue »).
2. Pour rappel, un dollar US valait 0,62 euro fin 2008, et 0,94 maintenant… soit une variation de 50 % !
3. Source : Wikipedia
4. Source : Trading Economics

41 réponses à [GEAB] Dislocation statistique globale : la démultiplication des outils de mesure de la réalité économique

Commentaires recommandés

Toff de Aix Le 30 mars 2017 à 10h51

C’est là que vous constatez avec effarement l’europeisme absolument béat et forcené du GEAB, ce qui lui enleve une bonne partie de sa crédibilité.
Dommage.

Je propose de nouveaux indicateurs :

Pourcentage de sdf dans la population, taux de suicides, taux de chômage réel global (=toutes catégories confondues, partielles et totales), et taux d’évolution du pouvoir d’achat global…

  1. RGT Le 30 mars 2017 à 08h14
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    Dans le graphe de parité de pouvoir d’achat, on voit que le 1er pays est… l’UE !!!

    Si mes souvenirs sont bons, l’UE n’est PAS un pays, surtout si on compte tous ses membres (dans et hors zone €uro).

    Sans compter les disparités monstrueuses qui existent au sein de l’UE. comparer la Grèce à l’Allemagne est un peu “fort de café” je trouve.

    Les USA et la Chine ont des niveaux de disparités nettement inférieurs au niveau “national”, même si l’échelle de rémunérations est largement plus vaste que dans l’UE.

    Les “indicateurs” et les stats, on leur fait bien dire ce que l’on veut, il suffit juste de bien choisir les données d’entrée en mettant sous le tapis celles qui pourraient semer le trouble.

    D’où l’utilité des “Décodeurs” qui vont ostraciser tous ceux qui dénoncent les manipulations.


    • Toff de Aix Le 30 mars 2017 à 10h51
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      C’est là que vous constatez avec effarement l’europeisme absolument béat et forcené du GEAB, ce qui lui enleve une bonne partie de sa crédibilité.
      Dommage.

      Je propose de nouveaux indicateurs :

      Pourcentage de sdf dans la population, taux de suicides, taux de chômage réel global (=toutes catégories confondues, partielles et totales), et taux d’évolution du pouvoir d’achat global…


      • florimont Le 31 mars 2017 à 08h27
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        Bonjour,
        Vous avez raison.
        Le meilleur indicateur,le meilleur marqueur de développement d’un pays ne doit pas être économique, car ce n’est dans le meilleur cas toujours que de la cuisine,mais un indice,à construire,représentant la satisfaction de vivre dans un pays,une communauté nationale donnée.
        Un pays développé est un pays dans lequel,le nombre des SDF serait nul,ainsi que le nombre des drogués ,mais aussi des accidentés de la route.
        J’oubliais l’environnement où ses atteintes doivent être nulles ,sinon minimales.
        Vaste programme aurait dit le général De Gaulle,mais ,hélas, aussi un autre monde.
        Nous ne sommes plus alors dans la fuite en avant du système libéral.
        Cordialement,


      • Haricophile Le 31 mars 2017 à 11h56
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        Vous oubliez des chiffres encore plus fondamentaux : Taux de mortalité infantile, espérance de vie en bonne santé, surveillances épidémiologique de certaine maladies symptomatiques des conditions de vie… pour le moment c’est surtout les USA qui sont concerné par les reculs mais nous avons déjà quelques prémisses et de toute manière des statistiques existantes et intéressantes à recouper.

        En fait c’est pas les statistiques qui manquent, c’est la volonté de les utiliser (sans caviarder comme pour le chômage qui est le sujet n°1 de l’hypocrisie politique).


      • christian gedeon Le 31 mars 2017 à 12h09
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        Chouette,de la lucidité sur le GEAB,devenu un moment quasiment La Référence….çà fait plaisir. A la poubelle,comme les Minc et autres Attali…et de toute façon,marre des “économistes “,pythies autoproclamées…moins d’économisme,et plus de bon sens et d’humanisme,c’est ce qu’il faut.Bon sens? Arrêter d’importer des fraises du Chili,de l’ail d’argentine ou des poires de Chine,et fabriquer chez nous ce qui peut l’être. L’humanisme? Arrêter de considérer les gens comme du stock humain!


      • RGT Le 31 mars 2017 à 19h41
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        En fait vous prenez les mêmes indicateurs que “ceux d’en bas” des pays de l’est que j’avais visité.

        Ce qui les choquait le plus à l’époque, c’était le nombre de SDF qui était passé de zéro à un nombre qui leur faisait froid dans le dos.

        Et ils étaient encore plus énervés en sachant qu’ils risquaient TOUS désormais de se retrouver dans cette situation en fonction du “bon vouloir” des “princes” actionnaires de l’ouest.

        Ils ne souhaitaient pas du tout un retour à l’ancien régime communiste, ils souhaitaient seulement une vie décente basée sur des revenus équitables.

        On comprend alors pourquoi les hongrois ont élu Orban et que les tchèques commencent à ruer dans les brancards.

        D’après quelques informations d’amis sur place, il semble aussi que ça commence à “frémir” en Pologne.

        A mon avis, la chute de l’UE ne viendra pas de l’ouest, elle viendra de l’est avec un grand rapprochement avec la Russie (même les polonais mangeront leur chapeau).


    • françois brigouleix Le 30 mars 2017 à 16h39
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      De toute manière (et cela ne retire rien a la véracité de vos propos) il est absolument et totalement stupide de comparer des PIB ppa ! Le PIB mesure grosso modo la somme des richesses crées dans un pays en une année, et ce n’est que lorsque l’on souhaite comparer la valeur de la répartition par habitants de cette somme, que l’on peut y ajouter un correctif représentant la fameuse “parité de pouvoir d’achat” ! mais cela est une mesure comparative a titre individuel et non collective. en d’autre termes, si un indien et un français ont tout deux gagné mille euros, le second avec un tel salaire pourra se nourrie bien plus longtemps. En revanche si l’Inde et le Japon se font la guerre, les avions qu’ils devront acheter ne se paieront pas en PIB ppa et le pouvoir d’achat de l’etat japonnais (un PIB nominal “réel “autour de 5000 milliards dollars) sera infiniment plus éficace que celui de l’indien (PIB nominal “réel ” entre 1800 et 2000 milliard de dollars)


  2. PatateMystere Le 30 mars 2017 à 09h31
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    Le PIB est un bon indicateur, mais tout dépend de ce que l’on y met dedans. les US ont changé le calcul pour le gonfler un peu. Ce qu’il faut c’est un indicateur commun avec les même bases de calcul.
    Le PIB c’est une somme des salaires, ça fonctionne très bien comme ça. Maintenant ce que le PIB doit pouvoir montrer c’est les catégories de valeur: marchand, non marchand, caractère écologique? etc… Éventuellement créer des indices modifiés du PIB par une pondération qui va mettre en avant les aspects sociaux et ou écologique, développement humain etc…
    Le chiffre brut n’exprime en lui même pas grand chose. La croissance du PIB c’est bien mais est ce que l’on parle de la part marchande du PIB? Non marchande (service gratuits) ? L’EBE? Ca change tout.


    • patrick Le 30 mars 2017 à 10h44
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      le PIB est un très mauvais indicateur puisqu’il mélange de la création de richesses et de la dépense publique.

      exemple:
      j’embauche 1000000 de fonctionnaires que je paie 10000 €/mois , la moitié creuse des trous et l’autre moitié les rebouche.
      J’ai augmenté considérablement mon PIB ainsi que ma productivité.. mais je n’ai créé aucune richesse ( mais alors les dettes !!!! )


      • Alexandre Hanin Le 30 mars 2017 à 11h26
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        C’est un peu simpliste. Vos fonctionnaires vont dépenser, ce qui devrait encourager les entreprises à investir (à moins que l’économie tourne déjà à plein régime).

        Vous avez créé de la dette, mais un montant identique d’actifs financiers (dans ce cas 1 000 000 x 10 000 euros = 10 000 000 000 euros).

        Je ne dis pas ça pour défendre le concept de PIB, évidemment.


        • Alexandre Hanin Le 30 mars 2017 à 13h14
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          Votre raisonnement n’est pas correct.

          Premièrement, votre affirmation que l’impôt se soldera par moins de dépenses “en choses utiles” me semble empiriquement faux. Vous partez d’ailleurs du principe erroné que ce qui n’est pas payé en impôts sera automatiquement dépensé.

          Deuxièmement, l’histoire montre que les dettes publiques ne doivent pas être remboursées, à moins de vouloir couler l’économie. De plus, les déficits publics sont une création de monnaie ex nihilo, monnaie qui est ensuite réinvestie (ou “replacée”) en titres de dettes publiques ou éventuellement payées sous forme d’impôts ; appeler cela “piquer dans les poches de quelqu’un” n’est pas très sérieux.


        • PatateMystere Le 30 mars 2017 à 16h48
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          Merci de rappeler à votre médecin à quel point il est inutile et qu’il vous coute cher lorsque vous serez sur la table d’opération à l’hôpital.


        • RGT Le 30 mars 2017 à 19h26
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          “les emplois inutiles pénalisent et renchérissent les emplois productifs”…

          Si j’ai bien compris votre raisonnement, seuls les emplois “productifs” doivent être conservés et les emplois “improductifs” jetés aux orties.

          Quelle est votre conception de la “productivité” ?

          En effet, cette notion est on ne peut plus vague et dépend essentiellement du point de vue que l’on adopte.

          Prenez un enseignant du service public. Il est classé dans la catégorie “improductif” car son travail n’est pas facturé, il sera payé par nos impôts.

          Prenez le même enseignant, avec les mêmes élèves, payé au même salaire pour remplir la même fonction mais travaillant cette fois dans une entreprise privée et ô miracle, il devient d’un seul coup “productif” car une entreprise viendra facturer sa prestation.

          La “productivité” dépend donc essentiellement du point de vue dans lequel on se place, non pas du “travail” réel de la personne qui l’exécute.

          Pour résumer : Un emploi “productif” est un emploi qui permet aux actionnaires de s’enrichir sur le dos de l’employé.

          Les fonctionnaires sont “improductifs” car ils ne peuvent pas enrichir les actionnaires et sont donc à bannir.


      • Les-crises Le 30 mars 2017 à 12h00
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        Notez que vous avez créé de l’emploi, des salaires, qui vont faire tourner le reste de l’économie…

        Après vous en effet créé moins de “richesses” que si vous aviez ouvert une fabrique de cigarettes…


        • redge Le 30 mars 2017 à 12h32
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          Oui tout a fait d’accord Olivier car les cigarettes font plus tourner l’économie que les légumes. Sa fabrication favorise l’emploi direct dans les usines et sa consommation favorise l’emploi dans le secteur de la santé. Donc tout le monde est HAPPY: les agriculteurs, les fabricants, les commerçants, les médecins, les infirmiers, l’industrie pharmaceutique et les pompes funèbres. Une solution pour une croissance économique saine :-)…


          • RGT Le 30 mars 2017 à 19h47
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            Tatcher, sors du corps de Patrick !!!

            Les emplois qualifiés “improductifs” le sont seulement pour ceux qui vivent sur le dos des autres.

            Un emploi “productif” leur permet d’augmenter leurs profits, pour ensuite acheter des médias qui prôneront leur vision “incontournable” et qui permettront aussi de faire du “mécénat” auprès des partis politiques en pleine décomposition, donc faciles à “convaincre”.

            Supprimer d’un seul coup tous les “Grands Hommes” et vous verrez instantanément non pas le PIB mais le “vrai niveau de vie” croître parmi la population.

            N’est-ce pas là la seule véritable attente d’une société composée à 99% de “manants abrutis” qui ne comprennent pas la “Grandeur des décisions Bénéfiques”.

            A moins que vous ne fassiez partie du 1%, je ne comprends pas vraiment vos positions qui sont totalement contraires à votre intérêt personnel.


        • Haricophile Le 31 mars 2017 à 12h03
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          En l’occurrence il y a très clairement ici un grand débat à faire sur la notion de “richesse” à ne pas confondre avec “monnaie virtuelle”. J’ai quelque doute sur la création de “richesse” par les cigarettier et vendeurs de drogues dures en général. En tout cas certainement pas de création à long terme et beaucoup de destructions sur la même échelle de temps. Je dirais la même chose quand on fabriques des armes.

          C’est d’ailleurs un des piliers du pourrissement de nos sociétés : La richesse virtuelle à très court terme contre la richesse réelle, celle que les gens possèdent, à long terme.


        • olympi Le 31 mars 2017 à 14h38
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          S’il suffisait de s’échanger de l’argent pour créer de la richesse…
          Pour créer de la richesse il faut produire : extraire des ressources, les transformer, les vendre.
          Pas besoin de s’échanger de l’argent pour ça. L’argent n’est qu’un facilitateur économique. L’argent n’est pas une richesse, l’argent est un potentiel de richesse suivant ce qu’autrui veut bien vous donner en échange.
          Les unités de base du système économique ce sont celles du système international : mètre, masse, temps, etc pas le Dollars.

          La financiarisation de l’économie a imprégné vraiment tous les esprits 😉
          Cordialement


      • WASTERLAIN Serge Le 30 mars 2017 à 12h46
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        Que dire alors des dépenses énormes occasionnées par une catastrophe naturelle ou industrielle ? De combien à fait monter le PIB japonais les dépenses dues au tremblement de terre de 2011 suivi du tsunami ? Elles ne font pourtant que restaurer les infrastructures comme elles étaient avant la catastrophe. Il n’y a donc pas création de richesse en pareil cas !


        • Alexandre Hanin Le 30 mars 2017 à 12h58
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          Ca dépend. Les nouvelles infrastructures sont sans doute plus modernes. Des gens ont été mis au travail, ont reçu un salaire et ont dépensé de l’argent.

          Après tout, la 2e Guerre mondiale a permis aux USA de sortir définitivement de la crise. Parfois, casser et reconstruire a des effets économiques positifs, parce que nos économies ont une tendance naturelle à s’essouffler par manque de dépenses. C’est paradoxal, mais c’est comme ça.


          • WASTERLAIN Serge Le 30 mars 2017 à 14h04
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            Mais il n’y a pas eu création de richesse, de plus je parlais de catastrophes industrielles ou naturelles, les guerres ne sont ni l’une, ni l’autre…


      • PatateMystere Le 30 mars 2017 à 16h44
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        D’une part, la dépense des uns, sont le salaire des autres.
        D’autre part, vous oubliez complètement d’ou vient la monnaie. Dans ce domaine, la question de la poule et de l’oeuf n’a pas lieu d’être. L’argent public n’est pas à priori ponctionné sur l’argent privé puisque tout l’argent vient du public. Sans état qui normalise une monnaie aux acteurs économique et qui de fait, la crée, il n’y a pas d’économie tout court.
        On peut avoir des monnaies sans état me direz vous? Oui, mais la création de cette monnaie et quand bien même elle ne servirait qu’a un unique échange local, est d’abord créée. Pas d’échange marchand sans monnaie d’échange, ou alors c’est un don.
        Note: C’est fascinant comment les gens peuvent oublier dans leur réflexion que l’argent est toujours créé avant de pouvoir être prélevé à qui que ce soit alors qu’ils sont les premier a vous parler des bienfaits du crédit privé (création monétaire, tient donc!) et du rôle crucial des investisseurs dans le lancement d’un projet (c’est à dire à investir de l’argent sur de la valeur qui n’existe pas encore).


        • patrick Le 30 mars 2017 à 19h58
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          l’état peut imprimer de la monnaie mais ça ne crée pas de richesse, c’est comme ça qu’on se retrouve avec des brouettes de billets pour aller acheter du pain, ou avec une inflation de plusieurs millions de % comme au Zimbabwe.
          Les citoyens utilisent alors des monnaies libérées de l’état ( monnaie étrangère , bitcoin , or, argent ).


          • PatateMystere Le 31 mars 2017 à 13h26
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            Ce qui est de la richesse, c’est le travail que rémunère cette monnaie. Pas besoin d’imprimer de la monnaie. Les conquistadors espagnols ont ramené des caravelles d’or en espagne. Et bam! Crise économique.

            Imprimer des billets pour les imprimer et innonder l’économie, oui c’est mal, sauf si les acteurs thésaurise (voir QE!) auquel cas, ça retartde l’échéance.
            Mais si derrière cette monnaie, il ya un travail effectué, la richesse est crée. Que ce soit le travail d’un fonctionnaire qui produit un service ou l’achat d’infrastructures (augmentation du patrimoine immobilier).

            La vrai question est de savoir ce que l’on fait de cet argent créé. c’est la base de la politique.


        • RGT Le 30 mars 2017 à 20h03
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          Non, les échanges sont basés sur une “monnaie” dont la valeur est reconnue par tous.

          Il suffit de regarder l’or qui a servi d’étalon d’échanges de l’antiquité jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale (remplacé par le $aint dollar mais qui sert encore officieusement).

          On peut aussi utiliser des coquillages, des poulets, etc…

          L’avantage principal de la monnaie type “billets” ou “or” consiste à sa “densité”, à sa relative absence de limite de durée de vie (quoique pour les billets…).

          Normalement, la monnaie est “échangée” contre un service réel et utile (biens, nourriture, travail) mais désormais le système a été dévoyé et les plus grandes quantités de monnaie servent uniquement à être thésaurisées pour accroître la masse détenue par quelques personnes et qui leur permettent de faire ce que bon leur semble en étant à l’abri de tout risque.

          Je ne prône pas le retour à l’étalon or, il y avait pas mal de problèmes, mais si la répartition de la masse monétaire était plus équitable ça ne serait pas un mal.


  3. Hyac Le 30 mars 2017 à 09h48
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    Avec les politiciens actuels soucieux de sauver leur gagne-pain de base, la mise à jour des indices est devenue un vrai tabou. Pensez aux conséquences d’une modernisation de la seule pondération des composants de l’indice des prix INSEE sur ce que serait le taux d’inflation et son évolution depuis l’introduction de l’euro !


  4. Bilbo Le 30 mars 2017 à 14h10
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    Les indicateurs existants suffisent bien selon moi. Inutile de critiquer cet ensemble d’outils, c’est la manière de les choisir et les interprétations qu’on en fait qui font toute la différence.

    Certains voient le verre à moitié vide, d’autres le verre à moitié plein. Et presque systématiquement chacun choisira les indicateurs lui permettant d’étayer sa perception dudit verre.
    Il suffit de suivre les débats économiques sur BFMTV pour se rendre compte de la diversité des préférences (Olivier Delamarche notamment est un champion des outils moins utilisés, mais tout aussi pertinents).

    Ce qui m’effraie bien davantage, c’est la fascination pour l’outil en lui-même et ce souhait d’en faire un critère absolu emportant toute décision.:
    – Tout n’est pas réductible en chiffres. L’analyse qualitative ne transparaît pas dans les mathématiques. Au demeurant, l’idée de réduire la complexité des interactions économiques et sociales à des chiffres est une perspective effrayante.
    – L’élaboration et la reconnaissance d’un indicateur dépend de la liste des composants qu’on souhaite prendre en compte. Bon courage pour faire l’unanimité sur cette liste. Donc les outils seront toujours critiquables.
    – Si, par miracle, un tel indicateur réussissait à être élaboré et devenait la référence, ne serait-ce la fin de l’humanité ? En un sens l’ordinateur prendrait le pas sur l’homme.

    Pour finir sur une note plus légère, Churchill a dit “Je ne crois jamais une statistique à moins de l’avoir moi-même falsifiée”.


  5. Alain Maton Le 30 mars 2017 à 14h31
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    Le PIB n’a jamais été un indicateur de création de richesse mais bien un indicateur d’activité économique: tout accident – et que dire d’un tremblement de terre, génère une activité de réparation, reconstruction, … qui augmente d’autant le PIB mais on ne peut pas dire que le pays est plus riche pour autant, de même la fabrication d’armement ne rend pas un pays plus riche et lui permet d’en rendre un autre plus pauvre. Il faudrait pour que cela soit un tel indicateur réduire le PIB de toutes les destructions et en exclure toutes les activités sans aucun intérêt patrimonial


    • WASTERLAIN Serge Le 30 mars 2017 à 16h33
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      C’est bien ce que je disais dans mon post. Mais les économistes nous présentent ‘augmentation du PIB comme étant de la création de richesse pouvant être redistribuée. Et c’est aussi la définition qu’en donne WIKIPEDIA, “production de richesse”:
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut

      Mais il est vrai que Larousse est beaucoup plus précis :
      http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/produit_int%C3%A9rieur_brut_PIB/83371

      Bref, peu importe la définition “officielle” de cet indicateur économique, l’important c’est l’usage politique qui en est fait par “nos spécialistes économiques”, le patronat” et “la politique” pour ne pas dire les politiciens !


  6. Charles Le 30 mars 2017 à 16h36
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    Et si on parlait du Bonheur National Brut? Un seul pays à ma connaissance base sa politique sur cette mesure. Toute une philosophie.


  7. Vincent Herriau Le 30 mars 2017 à 17h25
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    Votre commentaire sur la différence d’appréciation entre pays où les services publics sont “gratuits” et ceux où ils sont “onéreux” mérite un correctif. A 180°.

    En effet :
    – les services publics “gratuits” sont comptabilisé dans le PIB à leur prix de revient; la base de comparaison est donc à priori équitable, au contraire de ce que vous évoquez ou suggérez
    – quand des services “gratuits” sont aussi à consommation forcée, ils sont en général plus chers que s’ils étaient librement fournis par le marché et achetés par des consommateurs conscients de leurs intérêts propres

    Si la Sécurité Sociale (ou, soyons fous, le RSI), que le monde entier nous envie sans avoir le courage de la copier, était mise en concurrence par exemple avec les odieuses Krankenkassen (publiques, mais concurrentielles, NDLR) allemandes, turbolibérales et tueuses de chatons (tout cela !), alors le choix des consommateurs français pour une solution meilleure et moins chère aurait pour résultat une baisse du PIB, et donc un appauvrissement apparent.

    Ce paradoxe vaut pour presque tous les services “publics gratuits” imposés de façon souvent énergique à des assujettis pas toujours reconnaissants. Quelle ingratitude !


    • RGT Le 30 mars 2017 à 20h19
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      Le cas de la sécurité sociale est assez énigmatique.

      Cet organisme permet le remboursement de soins en collectivisant les dépenses, ce qui est un excellent système, le meilleur même car il ne dégage aucun profit (enfin presque) pour des personnes privées (par contre au niveau des dirigeants, c’est la fête du slip).

      Le principal problème vient du fait que comme les soins sont fortement remboursés certains profitent de ce système en surfacturant lesdits services, particulièrement au niveau de la principale industrie planétaire : l’industrie pharmaceutique.

      Il suffirait que le prix des services soit basé sur leur coût réel et sur l’amortissement des frais de développement pour que d’un coup les comptes de la “sécu” soient équilibrés, voire même bénéficiaires.

      Par contre, comme la direction de cet organisme et les services publics de santé sont totalement noyautés par une industrie sans scrupules et avide de profits, on paye les services souvent plus de 10 fois le prix qui serait appliqué par une autre industrie.

      Vous me répondrez qu’il y a les “génériques”…
      Là aussi, c’est un marché encore plus juteux et la “big pharma” s’est jetée dans la brèche..


      • WASTERLAIN Serge Le 30 mars 2017 à 22h10
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        Vous venez de débiter une série de lieux communs qui dépassent l’entendement !
        Non parce que vous venez de dire ne soit pas en grande partie vrai, mais pace que ce sont les conséquences d’un système et non les causes.
        Les dérivent viennent d’une fausse sécurité sociale socialisée. En fait, la sécu française comme la plupart des sécus des pays développés est une sécu subventionnée, en ce sens que la médecine privée (les médecins, laboratoires d’analyses, cliniques privées, etc…) est subventionnée par l’argent de la sécu. Dans certains pays, comme l’Espagne, si vous faites appel à la médecine privée, cette filière ne reçoit aucune contrepartie de la sécu et le patient/consommateur paie 100% de ce que se fait payer le prestataire de service.
        En contrepartie, dans les pays ou la médecine est vraiment socialisée, le patient n’a pas le choix de son médecin (dispensaire)… avec éventuellement les risques de disparité de la qualité des soins que cela implique… …Mais globalement, il ne me semble pas que l’on meurt plus d’incompétence du personnel médical dans ces pays que chez nous. Lituanie (qui fait partie de l’UE), etc…
        Le summum étant les USA dont je suis incapable de vous donner le classement, mais où on sait que c’est le système de santé (social et privé confondus) le plus cher au monde.
        Ha au fait ! La France est classée 1ère et l’Espagne 7ème…


      • WASTERLAIN Serge Le 30 mars 2017 à 22h19
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        Vous venez de débiter une série de lieux communs qui dépassent l’entendement !
        Non parce que vous venez de dire ne soit pas en grande partie vrai, mais pace que ce sont les conséquences d’un système et non les causes.
        Les dérivent viennent d’une fausse sécurité sociale socialisée. En fait, la sécu française comme la plupart des sécus des pays développés est une sécu subventionnée (paiement à l’acte d’acteurs privés par la sécu), en ce sens que la médecine privée (les médecins, laboratoires d’analyses, cliniques privées, etc…) est subventionnée par l’argent de la sécu. Dans certains pays, comme l’Espagne, si vous faites appel à la médecine privée, cette filière ne reçoit aucune contrepartie de la sécu et le patient/consommateur paie 100% de ce que se fait payer le prestataire de service.
        à suivre


        • WASTERLAIN Serge Le 30 mars 2017 à 22h20
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          suite…
          En contrepartie, dans les pays ou la médecine est vraiment socialisée, le patient n’a pas le choix de son médecin (dispensaire)… avec éventuellement les risques de disparité de la qualité des soins que cela implique… …Mais globalement, il ne me semble pas que l’on meurt plus d’incompétence du personnel médical dans ces pays que chez nous. Le meilleur exemple est cuba classé 39ème mondial malgré ses immenses difficultés économiques devant La nouvelle Zélande, Croatie (UE), Thaïlande, République Tchèque (UE), Malaisie, Pologne (UE), Venezuela, République de Corée (Corée du Sud), Philippines, Mexique, Belarus, Lituanie (qui fait partie de l’UE), etc…
          Le summum étant les USA dont je suis incapable de vous donner le classement, mais où on sait que c’est le système de santé (social et privé confondus) le plus cher au monde.
          Ha au fait ! La France est classée 1ère et l’Espagne 7ème…


      • WASTERLAIN Serge Le 30 mars 2017 à 22h23
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        Suite…
        En contrepartie, dans les pays ou la médecine est vraiment socialisée, le patient n’a pas le choix de son médecin (dispensaire)… avec éventuellement les risques de disparité de la qualité des soins que cela implique… …Mais globalement, il ne me semble pas que l’on meurt plus d’incompétence du personnel médical dans ces pays que chez nous. Le meilleur exemple est cuba classé 39ème mondial malgré ses immenses difficultés économiques devant La nouvelle Zélande, Croatie (UE), Thaïlande, République Tchèque (UE), Malaisie, Pologne (UE), Venezuela, République de Corée (Corée du Sud), Philippines, Mexique, Belarus, Lituanie (qui fait partie de l’UE), etc…
        Le summum étant les USA dont je suis incapable de vous donner le classement, mais où on sait que c’est le système de santé (social et privé confondus) le plus cher au monde.
        Ha au fait ! La France est classée 1ère et l’Espagne 7ème…


  8. Alfred Le 30 mars 2017 à 22h47
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    Patrick dans tous vos posts il me semble que vous prenez les problèmes par le petit bout de la lorgnette libérale tendance JP Pernaut.
    Par exemple vous trouvez qu’il y a trop d’administratifs dans les hôpitaux. Vous préféreriez que ce soit les médecins (bac + combien déjà ?) qui répondent au standard, organisent la facturation et la logistique? Voilà du temps de soignant bien employé !
    Tout est à l’avenant.


    • Didier Le 30 mars 2017 à 23h09
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      Et en plus, je parie que ce cher Patrick, si jamais il dispose d’un bien immobilier à louer, est tout soudain fort aise de trouver des candidats fonctionnaires.

      Je me trompe?


      • patrick Le 31 mars 2017 à 08h14
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        l’immobilier ? j’en ai. Je l’ai loué à des gens différents , pas forcément fonctionnaire, du moment que le gars paie son loyer …
        Maintenant , au vu des normes, lois, taxes et autres frais , je suis en train de tout fourguer.


    • patrick Le 31 mars 2017 à 08h21
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      C’est la Cour des Comptes qui dénonce les surcharges administratives et bureaucratiques du secteur de la santé , et la Cour des Comptes n’est pas vraiment peuplée de néo-ultra-libéraux sauvages 🙂
      Les sureffectifs administratifs ne déchargent pas les soignants du boulot administratif , bien au contraire, ils sont obligés de rendre de plus en plus de comptes et de remplir de plus en plus de paperasse. C’est l’évolution habituelle de tout système bureaucratique , il finit par étouffer tout le reste et consommer toutes les ressources.
      Et dans le même temps, il n’y a plus de toubibs libéraux , complètement découragés et ecoeurés ( le mien est au bord de la dépression 🙂 )


  9. Theoltd Le 01 avril 2017 à 14h16
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    Est ce que la dette des pays entre dans le calcul du PIB? Si non, et bien le classement est a relativiser fortement, et on verrait la Russie remonter au classement.

    Enfin si l’on prend l’ensemble des ressources en eau, terre, gisements et minerais, ce qui serait la moindre des choses, puisque notre espace est le bien commun d’un peuple, alors la Russie entrerait facile dans le top trois.
    Ce qui permettrait d’expliquer pourquoi l’Otan masse ses troupes a ses frontières!
    Et oui, on en revient toujours au meme sujet!!!


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