Source : Ruptures, Laurent Dauré, 30/03/2017

Selon des informations obtenues auprès de sources proches du dossier par Reuters (voir l’article – en anglais – publié par l’agence de presse le 29 mars), la Grèce et ses créanciers internationaux sont sur le point de converger vers une position commune quant à nouveau plan d’austérité. Celui-ci porte sur une vaste « réforme du marché du travail », des coupes budgétaires (avec les retraites en ligne de mire) et une privatisation accrue dans le secteur de l’énergie.

L’objectif des négociations actuelles entre Athènes, l’UE et le FMI est de parvenir à un accord officiel avant la réunion au sein de l’Eurogroupe des ministres des Finances le 7 avril prochain à Malte. La Commission européenne n’a pour l’instant pas confirmé l’existence d’un accord préliminaire.

Les tractations avançaient péniblement depuis plusieurs mois, laissant craindre une nouvelle crise. Pour obtenir la participation du FMI au « plan de sauvetage » (celui qui est à l’œuvre actuellement expire en 2018), le gouvernement Syriza a accepté le mois dernier des mesures d’austérité supplémentaires d’un montant évalué à 2 % du PIB. Pièce de résistance : un programme de réduction des pensions de retraite, qui fournirait jusqu’à la moitié des économies souhaitées en 2019. L’abaissement du plafond donnant droit à une exemption d’impôts devrait également dégager autour de 1 % du PIB.

Athènes aurait par ailleurs accepté de réduire (encore) l’implication de l’État dans une importante entreprise publique : la DEI, principal et historique fournisseur d’électricité. La part du capital public était déjà passée de 51 % à 34 % en 2012. Il est anticipé que la vente de certains actifs de la DEI va déclencher des protestations, notamment du côté des syndicats ; ceux-ci ont en effet déjà annoncé leur intention de s’opposer à de telles mesures. Le ministre de l’Énergie George Stathakis doit faire une visite le 31 mars dans le nord de la Grèce, où l’entreprise publique est un employeur majeur.

Le gouvernement Syriza espère qu’une issue favorable des négociations ouvrira la voie à un allègement de la dette. Le ministre des Finances Euclide Tsakalotos a déclaré qu’une restructuration de celle-ci permettrait au pays d’emprunter de nouveau sur les marchés avant l’expiration du plan de renflouement actuel.

« Nous avons besoin d’un nouveau modèle politique et économique pour sauver l’UE de la dissolution. » – Dimitrios Papadimoulis, président du groupe Syriza au Parlement européen

Le 30 mars, Dimitrios Papadimoulis, vice-précident du Parlement européen et chef de file du groupe Syriza, a publié une tribune (en anglais) sur le site EUobserver intitulée « Un nouveau modèle est nécessaire pour sauver l’UE ».

Dans ce texte, l’eurodéputé issu la « gauche radicale » met l’entière responsabilité de la crise financière et sociale qui sévit en Grèce depuis 2010 sur la mauvaise gestion et la corruption des dirigeants de la Nouvelle démocratie (ND) et du Pasok, les deux principaux partis avant la montée en puissance de Syriza. Il mentionne l’impact négatif des politiques d’austérité mais sans attribuer clairement la paternité de celles-ci à la troïka (UE, BCE et FMI). M. Papadimoulis affirme par ailleurs que l’économie grecque avait de toute façon de profonds problèmes structurels.

Selon le député européen, le bilan du gouvernement Syriza est positif, en particulier dans la lutte contre la pauvreté et le chômage. Il se félicite de la tournure des négociations avec les créanciers et s’enorgueillit de la collaboration fructueuse avec les institutions européennes, en particulier la Commission. M. Papadimoulis est optimiste : pour lui, la Grèce est en marche vers « des réformes réussies et des résultats fiscaux positifs ».

Il tire en outre fierté de « l’optique pro-européenne » qu’a adoptée le gouvernement Syriza, affirmant que celle-ci contribue à faire avancer, avec le concours d’ « une large part de l’électorat européen et des forces politiques progressistes », la trop fameuse arlésienne de « l’Europe sociale ». Le vice-président du Parlement européen en appelle à « un nouveau modèle politique et économique [qui permettra] de sauver l’UE de la dissolution. » Selon lui, le « gouvernement grec devrait intensifier ses efforts et parvenir à une croissance durable à l’intérieur du cadre de l’UE. »

Avec une telle « gauche radicale », l’Union européenne et les puissances d’argent dont elle permet l’épanouissement, malgré le rejet populaire – et populiste ! – grandissant que celles-ci suscitent, peuvent continuer à bénéficier d’un certain répit. Le légitime mécontentement des peuples est neutralisé, sa matérialisation politique est entravée par les promesses irréalisables d’ « autre Europe ». Une suggestion iconoclaste : attribuer à M. Tsipras et à Syriza le prochain prix Charlemagne.

Laurent Dauré

Source : Ruptures, Laurent Dauré, 30/03/2017

P.S. : Je vous présente mes excuses, un billet sur la Syrie est sorti par accident, je l’ai enlevé. Tulsi Gabbard vient d’ailleurs de démentir les nouveaux rapports sur son voyage en Syrie.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

55 réponses à L’épopée austéritaire de la “gauche radicale” continue en grèce, par Laurent Dauré

Commentaires recommandés

Fritz Le 05 avril 2017 à 01h39

Depuis qu’il a trahi le peuple grec en juillet 2015, Tsipras n’a plus aucune espèce d’intérêt. Un collabo qui a renié le NON de son peuple, un adorateur de l’idole européenne, lui et sa gauche soi-disant radicale.
Ces gens-là sont condamnés à rouler de plus en plus bas, jusqu’à leur perte définitive.

  1. Fritz Le 05 avril 2017 à 01h39
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    Depuis qu’il a trahi le peuple grec en juillet 2015, Tsipras n’a plus aucune espèce d’intérêt. Un collabo qui a renié le NON de son peuple, un adorateur de l’idole européenne, lui et sa gauche soi-disant radicale.
    Ces gens-là sont condamnés à rouler de plus en plus bas, jusqu’à leur perte définitive.


    • LA ROQUE Le 05 avril 2017 à 06h44
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      La photo d’illustration est très parlante,elle doit faire grincer des dents plus d’un Grecs.
      La traitrise deviendrait t’elle la seule façon d’accéder au pouvoir…pas qu’en Grèce d’ailleurs…


    • Tsiprasthebest Le 05 avril 2017 à 13h28
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      Excusez moi il n’a pas trahi, il a appliqué à la lettre son programme. Notamment, il a dit à plusieurs reprise : “Nous resterons dans l’UE, nous resterons dans l’euro”.

      Ça les apprendra à lire le programme.


    • Liberté Chérie ! Le 05 avril 2017 à 13h49
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      Quand le peuple grec aura troqué ses vêtements de lâches pouilleux pour recouvrir les vêtements d’or d’une justice populaire, Tsipras et ses sbires pourront alors compter leurs jours. Je crois hélas que ce n’est pas demain la veille…

      La Liberté se mérite !

      Le pouvoir se prend et ne se négocie pas ! Regardez-voir l’oligarchie “démocratique” actuelle qui domine presque partout sur la planète, avec les conséquences mortifères que PERSONNE ne peut maintenant plus ignorer…

      Quoiqu’il arrive, il faudra bientôt récurer cette immonde écurie d’Augias qu’est devenue la terre. Il n’y a pas mille solutions…

      Une Justice radicale doit être appliquée sans aucune concession !


    • Fritz Le 05 avril 2017 à 17h41
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      En tout cas, interpellons Mélenchon sur la trahison de Tsipras, son modèle revendiqué haut et fort il y a deux ans. Mélenchon doit s’expliquer là-dessus,
      sans détour, s’il veut recevoir mon suffrage.


  2. Vincent P. Le 05 avril 2017 à 01h54
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    Un article en écho dont le titre éloquent résume bien la problématique:

    https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/030216/l-occident-en-est-reduit-se-piller-lui-meme

    Pour ce qui est des “gauches radicales”, je dirais qu’en Grèce comme en Espagne, l’accession aux organes de pouvoir semble vite faire oublier les mandats donnés par les peuples.


    • georges glise Le 05 avril 2017 à 09h25
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      ok pour la grèce mais pas pour l’espagne: podemos n’a jamais accédé au pouvoir, là c’est le PSOE qui a trahi, comme le PS en france!


      • clauzip Le 05 avril 2017 à 22h58
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        Je pense que lorsque les partis sont dans l’opposition ,ils n’ont pas conscience de la main mise et de la pression qu’exerce l’ultra libéralisme sur les politiques publiques.
        Cette pression est d’autant plus violente lorsque le pays est endetté.
        si une vraie Europe était là,l’entraide aurait été mise en œuvre.
        L’UE est la plus néolibérale de toutes les organisations nationales qui la composent.
        Par conséquent,il faut en sortir ou subir.


  3. Fritz Le 05 avril 2017 à 01h57
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    Un autre partisan de l’Europe sociale : Marcel Déat, ministre du Travail en mars 1944, qui a lutté contre la germanophobie de son époque.
    Mais bon, au moins Déat croyait-il à ses idées. Et il a réchappé de peu au poteau d’exécution.

    PS : vous ne la trouvez pas obscène, cette photo ? Qu’est-ce qu’ils ont bu, ces deux-là ?


    • triari Le 05 avril 2017 à 04h29
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      S’il y a Juncker sur la photographie, forcément de la bière sans alcool, bien-sûr ! ^^


    • Anatole Le 06 avril 2017 à 22h31
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      L’ambroisie de la Commission qui galvanise et fait qu’on se sent fort comme un Turc, avant retour de la gueule de bois.


  4. Caliban Le 05 avril 2017 à 02h06
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    Jusqu’où iront-ils ? Jusqu’à vider la Grèce de sa population ?

    Les Plans d’Ajustements Structurels jadis assénés par l’OMC, maintenant c’est l’UE qui s’en charge. D’ailleurs, l’UE se charge de toutes les missions de l’OMC :
    • CETA & TAFTA
    • et accords de libre échange avec les pays du sud

    On est vraiment du mauvais côté de l’Histoire. Cela va mal tourner pour nous si on ne dégage pas les bouffons qui nous gouvernent. Ou plutôt, plutôt que de nous gouverner, choisissent délibérément de mettre le monde en pilotage automatique avec pour unique plan de vol les “lois du marché”.

    Car pour citer Brassens, la seule loi qui vaille est celle de l’apesanteur. Dura lex, sed lex.
    (https://www.youtube.com/watch?v=vZM7WiW9WBo)


    • georges glise Le 05 avril 2017 à 09h31
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      il ne leur reste plus qu’à vendre au chnois l’acropole, delphes, olympie, héraklion; nous leur vendons bien nos terres, nos entreprises, nos aéroports!


  5. Charles-de Le 05 avril 2017 à 07h05
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    Cet exemple montre bien que la notion de l’infini est donnée par la BETISE mais aussi par la TRAHISON ! A force de saigner la Grèce, elle sera guérie, mais MORTE !


  6. RGT Le 05 avril 2017 à 07h54
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    Si d’aventure un quelconque parti de “Gôôôche Radicale” parvenait à nouveau à se hisser au pouvoir dans quelque pays €uropéen que ce soit nous saurons bien à quoi nous en tenir.

    C’est pourquoi l’avis des peuples n’a AUCUNE importance pour les ploutocrates qui dirigent l’UE.

    Votez braves gens, votez !!!

    Continuez à laisser votre destin entre les mains de types qui n’ont ni la science, ni la morale ni la vertu.

    Et surtout en leurs laissant les mains libres sans qu’ils n’aient de comptes à rendre à personne si ce n’est à leurs “généreux mécènes”.

    2017 restera comme une année célèbre pour les générations futures : Celle qui a permis de “tout chambouler” pour que rien ne change et que le système parfaitement rodé continue de fonctionner à la perfection après plus de deux siècles d’une forfaiture sans limites.

    Quelque soit “le Divin Élu” rien ne changera si ce n’est dans la couleur de l’emballage.

    Tout le reste n’est que du blabla stérile qui ne sert qu’à enfumer les gogos.


  7. labolisbiotifool Le 05 avril 2017 à 07h57
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    Le descente aux enfers des Grecs , par un Grec , sur place , de gauche
    qui plus est ! Je me demande si c ‘ est ce qui nous pend au nez ?

    C ‘ est là : http://www.greekcrisis.fr/


  8. Kilsan Aïetous Le 05 avril 2017 à 08h04
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    Le seul choix raisonnable, c’est de sortir de l’UE. Qu’a apporté réellement aux peuples cette construction fomentée par les oligarques ?


  9. Milsabor Le 05 avril 2017 à 08h35
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    Le plan B du programme de JLM est une totale imposture. Il suppose le plan A de négociation avec les institutions européennes et les valide comme partenaires réformables. Alors “qu’il n’y a pas d’alternative démocratique aux traités européens” selon Juncker. Son plan est un leurre pour recruter les votes des euro-réformistes et des euro-sceptiques. A supposer qu’il soit élu, il serait mis au pied du mur face au refus de négocier de l’UE, et devant l’option du plan B il verrait sa majorité se déchirer entre les partisans du Frexit et les eurolâtres. Et cela contre la mobilisation de tous les autres partis europhiles additionnés de l’extrême-droite, son ennemi principal.

    En fait ce plan n’est pas destiné à être jamais mis en pratique. Il n’est qu’un argument électoral pour ratisser le plus largement possible les restes du PS en décomposition afin de prendre le leadership du nouveau parti de gauche appelé à lui succéder et atteindre la plus grande représentation à l’Assemblée Nationale.

    JLM ne court pas pour l’élection présidentielle mais fait campagne pour les élections législatives qui suivront. C’est pourquoi son programme et farci de paradoxes et de contradictions sensées séduire le plus large spectre des gens de la “gauche” culturo-mondaine en déshérence.


    • red2 Le 05 avril 2017 à 09h25
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      “A supposer qu’il soit élu, il serait mis au pied du mur face au refus de négocier de l’UE, et devant l’option du plan B il verrait sa majorité se déchirer entre les partisans du Frexit et les eurolâtres.”

      Si Mélenchon a une majorité issue de la France insoumise, je peux vous garantir qu’elle ne sera pas eurolatre ! Si les insoumis l’emportent c’est pour changer le Monde pas pour faire une politique recadrée par Bruxelle et de toutes façons la rue veillera, les insoumis portent bien leur nom !


      • step Le 05 avril 2017 à 14h42
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        Mélenchon ne pourrait atteindre une majorité politique à l’assemblée QUE via une alliance avec les restes du PC et du PS + verts, ce qui ne lui donnera jamais une majorité pour la sortie de l’union dans l’hémicycle. A partir de là, soit il convoque un référendum, dissout l’assemblée sans certitude de le remporter, soit il plie. C’est effectivement l’impasse possible de sa candidature et l’inconnue de son “programme”.

        Pas sûr qu’il ambitionne de finir comme tsipras, c’est le seul point en faveur du choix du référendum. Sachant que même si il le remportait (faisable) et cherchait à l’appliquer , il s’expose à une révolution de couleur, comme tout dirigeant politique un peu trop désobéissant.


    • georges glise Le 05 avril 2017 à 09h37
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      vous oubliez la chose la plus importante: dans le programme de la france insoumise, il est bien précisé que c’est le peuple qui décidera, par référendum, et non pas le gouvernement; cela rend possible, sinon probable le frexit!


      • Kilsan Aïtous Le 05 avril 2017 à 11h11
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        Où est-ce qu’une telle chose est prévue et écrite dans le programme de la Fi ?


        • Caliban Le 05 avril 2017 à 16h20
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          • Kilsan Aïetous Le 06 avril 2017 à 07h44
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            Où est-ce qu’un référendum posant clairement la question : “voulez-vous que la France sorte de l’UE ?” est écrit dans le programme et quand sera-t-il mis en place ?


    • Gilles Le 05 avril 2017 à 10h15
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      A milsabor : « Le plan B du programme de JLM est une totale imposture »

      Vous n’avez strictement rien compris :

      1. JLM dit qu’il veut renégocier les traités, alors qu’il sait que ce sera impossible (c’est ce qu’on appelle de la diplomatie).
      2. Constatant cette impossibilité, le peuple Français désobéira aux traités. (avec referendum).
      3. L’UE devra donc user de mesures de rétorsion (amendes, blâmes ….) inapplicables.
      4. Devant la ténacité et la rigueur de JLM soutenu par un référendum, Il restera à l’UE le choix entre défaire tous les traités ou « exiter » la France. Dans ce dernier cas, le résultat sera le même : l’auto-sabordage de l’UE telle qu’elle existe actuellement.
      5. A coup sur, d’autres pays, particulièrement en Europe du sud, suivront l’exemple.

      Et tous les reproches faits à JLM sur ce sujet n’ont pour but que de disperser les voix qu’il pourrait obtenir pour mener à bien ce plan.
      Tous ceux qui veulent sortir de l’UE, pour en construire une autre, et sortir de l’Euro, et qui ne donnent pas leur soutien à JLM sont ou des menteurs(en fait ils agissent pour les Macron, Fillon ou Hamon) ou des naïfs (en faisant croire qu’en votant FA ou ND ou JC ils arriveront à un résultat).


      • Raoul Le 05 avril 2017 à 11h22
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        JLM a toujours été un fervent défenseur de l’UE. Son plan B est une initiative récente puisque, jusqu’alors il avait défendu une « autre Europe ». Rien donc dans son parcours et son passé européiste n’incite à lui faire confiance. Ce plan B ressemble trop à un rafistolage de dernière minute pour attirer l’électeur eurosceptique.

        Pour ma part, en tant qu’électeur, j’attends un discours vrai, sans faux fuyant, avec un plan clair de sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN. Pas un vague plan B dont on ne connaît ni les conditions précises de déclenchement, ni les modalités de mise en œuvre.

        Il existe un candidat qui a un programme clair sur le sujet. Il vous déplaît, c’est votre droit, mais il me semble que le naïf, en l’occurrence, c’est plutôt celui qui fait confiance à quelqu’un qui a soutenu jusqu’ici cette construction européenne.

        Allez lire l’intervention de Mélenchon pour la défense du traité de Maastricht : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1143

        Comment faire confiance à quelqu’un qui a refusé de comprendre ce qui était écrit noir sur blanc et a tout interprété à travers ses œillères idéologiques ?


        • JLR72 Le 06 avril 2017 à 15h32
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          Raoul, l’intervention de Mélenchon sur le traité de Maastricht date de quand ?
          Elle date de 1992, soit 25 ans. Or admettez que depuis 25 ans, il s’en est passé des choses au sein de l’UE, non ?

          La France insoumise et Mélenchon défendent toujours l’idée d’une autre Europe. Le plan B a deux objectifs:
          1- mettre la pression sur l’Allemagne car la France = pays fondateur de l’UE, 2eme puissance économique, seule détentrice du droit de véto et de l’arme nucléaire en UE.
          2- se donner une porte de sortie si nos partenaires sont intransigeants (notamment sur l’orientation libérale et économique de l’Europe ou encore sa gouvernance car une Union où les décisions se prennent à l’unanimité avec un pays = 1 voix ne peut fonctionner).

          Prévoir ce plan B c’est s’assurer que nos partenaires rejetteront nos propositions et être bloqué une nouvelle fois pendant 5 ans.


      • Eric10 Le 05 avril 2017 à 13h31
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        sans compter que le référendum a déjà eu lieu et que nous avons dit “NON”;


      • Milsabor Le 05 avril 2017 à 16h59
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        @ Gilles

        C’est pas que la logique de JLM soit difficile à comprendre, c’est juste qu’il s’agit d’une logique paradoxale. D’ailleurs son programme est bourré de paradoxes et de contradictions. Je partage l’humanité en deux catégories : il y a ceux qui sont capable de produire ou d’adhérer à des logiques paradoxales et il y a ceux qui y sont totalement réfractaires : les paradoxophiles vs paradoxophobes. Les premiers sont beaucoup plus vulnérables à la séduction sectaire que les seconds. Je commence sérieusement à sentir des relents sectaires parmi les militants de FI.


        • Gilles Le 05 avril 2017 à 19h15
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          très bien Milsabor. votre proposition ?
          Ah oui,….. votons pour FA, il culminera à 1 %.
          Et on en prendra pour 5 ans avec Macron ou Fillon!! impeccable!!
          Et je ne parle pas de l’écologie, de la sécurité sociale, de la 6° république suite à une constituante, etc…etc….

          Vous pourrez encore remplir des billets sur ce blog pour critiquer l’UE et l’Euro: belle perspective…..!!


          • Narm Le 05 avril 2017 à 21h51
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            clair

            j’aurais bien voté FA mais vu ses chances, c’est un coup dans l’eau.
            Au mieux, un bon en avant mais pour la prochaine election

            Aujourd’hui, c’est soit on vote pour Melanchon, soit on laisse passer Fillon ou Macron.c’est pas compliqué. Hamon, ils le laissent faire ses 10 % uniquement pour maintenir un semblant de parti socialiste mais aussi pour piquer des voix à Melanchon. Hamon le “frondeur”‘


            • Raoul Le 06 avril 2017 à 09h21
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              Mélenchon n’a aucune chance car seuls voteront pour lui ceux que la gauche radicale ne fait pas fuir. La France n’a jamais voté pour la vraie gauche. Elle a souvent voté à droite et au mieux pour la gauche dite modérée et devenue tellement modérée qu’elle est passée à droite  !

              FA a plus de chances que JLM parce qu’il ne se classe ni à droite, ni à gauche, avec un programme qui se veut rassembleur pour ceux qui veulent sortir de l’UE et de l’OTAN.

              Bien sûr, il y a les sondages. Mais qui croit encore à ces sondages complètement truqués et qui ne servent qu’à une chose : influencer l’opinion publique. Et cela marche puisque nombre de gens en tiennent compte et adaptent leur vote en fonction de cela.

              Voyez ce qui s’est passé avec le Brexit ou avec l’élection de Trump, entre autres. Les méthodes statistiques sont désormais tellement évoluées que pour se tromper à ce point, il faut que les instituts de sondage soient incompétents et/ou qu’ils bricolent les chiffres.


        • Gilles Le 05 avril 2017 à 23h20
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          “Je commence sérieusement à sentir des relents sectaires parmi les militants de FI.”
          à 16h59

          “Le plan B du programme de JLM est une totale imposture” à 8h35

          C’est qui, les sectaires ?


        • JLR72 Le 06 avril 2017 à 15h34
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          @Milsabor,

          Pourriez-vous nous citer quelques-uns de ces paradoxes ??

          Merci


    • fanfan Le 05 avril 2017 à 11h44
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      Transcription de la vidéo « Frédéric LORDON : soutenir Mélenchon ? ».
      Ce texte est tiré de l’entretien de Daniel MERMET avec Frédéric LORDON à l’occasion de l’émission spéciale AN 02, enregistrée le 21 janvier dernier.

      Sommaire
      01. L’enjeu « Mélenchon »
      02. Le paradoxe d’Épiménide
      03. Le PS, un astre mort
      04. Prendre le pouvoir pour nous le rendre
      05. Mélenchon et l’Europe

      https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/texte-a-l-appui-frederic-lordon-soutenir-melenchon


  10. calal Le 05 avril 2017 à 09h10
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    faudra voir si la fuite des “fauxcialistes” vers en marche de macron ne deviendra pas quelque chose de positif. quand l’appellation “parti socialiste” sera abandonnee,cela trompera quelques membres des classes populaires en moins…ah le “branding”…


  11. bluetonga Le 05 avril 2017 à 09h37
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    “M. Papadimoulis est optimiste : pour lui, la Grèce est en marche vers « des réformes réussies et des résultats fiscaux positifs”

    C’est marrant comme le mot noble mot de “réforme” prend systématiquement le sens de capitulation et soumission à la finance dans la novlangue politicienne. Aux hautes écoles, il doivent avoir ouvert des classes de twister pour préparer nos élites à l’excellence dans le contorsionnisme des mots et des idées.

    Je me demande si la raclée infligée à la Grèce n’a pas été une erreur fatale pour l’UE. J’ai le sentiment que leur sort aura servi de coup de semonce pour beaucoup d’autres nations menacées, et que l’actuelle marée montante europhobe lui doit une bonne partie de sa dynamique.


    • TuYolPol Le 05 avril 2017 à 10h02
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      C’est évident. Le contre-feu qui consistait à accuser les grecs d’incurie pour calmer les mauvaises consciences ne pèse pas lourd face à la souffrance qui leur est infligée. Je ne sais pas ce qu’en pensent les allemands, mais la seule chose que peuvent faire ces salopards (troïka et compagnie) est d’étouffer les cris de douleur de la Grèce, mais les gens ont désormais l’oreille assez fine pour y être sensible. Ils ne le pardonneront pas.


  12. Pinouille Le 05 avril 2017 à 10h09
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    Il me semble utile de dépasser la thématique du peuple grec trahi par son gouvernement de gauche pour comprendre le cas grec.

    Quelqu’un peut-il fournir une explication détaillée du revirement d’Alexis Tsipras vis à vis de l’UE à l’été 2015?
    Wikipédia indique qu’il “assume la responsabilité d’un texte auquel [il] ne croi[t] pas, mais [il] le signe pour éviter tout désastre au pays.”
    Quel scénario désastreux (donc pire que l’austérité appliquée depuis aux grecs) peut convaincre si rapidement le chef du gouvernement grec d’opérer un changement de cap à 180°?
    C’est un point que tout partisan de la sortie de l’euro devrait connaître.
    Un tel scénario est-il envisageable pour la France? (je connais la position de Jacques Sapir sur le sujet, mais j’ai l’habitude de ne pas me fier à une seule source).


    • step Le 05 avril 2017 à 14h48
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      “Quel scénario désastreux ” : Blocage des distributeurs de sous, pratiqué en grêce (en toute illégalité) par l’ue. En gros ta carte bleue, tu peux la bouffer. Je te laisse imaginer le résultat sur le terrain au bout de 15 jours. Sur ce point là, Mélenchon n’a pas tord, si tu veux négocier avec l’UE il faut réellement pouvoir la quitter et pas avoir un “joli” plan façon hamon, devant lequel tout le monde se prosternera forcément.


  13. christian gedeon Le 05 avril 2017 à 11h51
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    La gauche dite radicale a toujours été la meilleure alliée du libélarisme occidental…et çà a commencé avec les bolcheviks,qui ont mis en pièces le développement de l’empire russe,et çà a continué avec des propositions extrêmes de nature à effrayer le chaland,pour finir aujourd’hui avec l’alliance entre gauchisme et islamisme…la gauche extrême alliée des wahhabites,hein? et donc,d’une fraction de l’empire américain.La main dans la main de Tsipras et de Juncker est parlante en soi…une gauche radicale qui donne la main au représentant des mafias financières les dures,per un pugno di dollari…Nuit debout est exactement dans la même mouvance.Individualiste,ultralibérale(même si elle ne s’en rend pas compte,dit on)…le but est toujours le même.Détruire les nations et l’idée nationale,à travers des revendications communautaristes centrifuges.C’est le règne de l’individu. Dow Jones,CAC 40,Nikkei,gauches “radicales”,même combat…exactement même combat.Rendre les citoyens fongibles.


    • Fritz Le 05 avril 2017 à 16h19
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      Autrement dit, si je vous comprends bien, le gauchisme ne serait pas seulement
      “la maladie infantile du communisme”, mais aussi “l’idiot utile du libéralisme” ?


      • christian gedeon Le 06 avril 2017 à 11h58
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        En effet…réecoutez bien l’hallucinant discours de Mme Arthaud concernant l’Europe..et sa pathétique négation des oukases ultralibérales que l’Europe impose…tous ceux qui disent qu’ils vont “renégocier ” les traités sont des fieffés menteurs…toute négociation impose l’unanimité des “membres ” de l’UE…et il ne faut pas voir fait polytechnique pour savoir qu’une telle unanimité est impossible…dunque,il faut d’abord sortir,unilatéralement et négocier ensuite..;et qu’on ne vienne pas me dire que la cinquième puissance mondiale ne peut pas le faire!


  14. Jaga Le 05 avril 2017 à 13h12
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    A quoi bon réduire les pensions ? Au rythme où va a catastrophe sanitaire provoquée par le FMI et l’UE, le problème des retraites va se régler de lui même quand l’espérance de vie sera retombée à 60 ans…
    Et si les vieux ne meurent pas assez vite, il y a toujours l’option “Soleil Vert”.


  15. Toff de Aix Le 05 avril 2017 à 13h32
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    “Selon le député européen, le bilan du gouvernement Syriza est positif, en particulier dans la lutte contre la pauvreté et le chômage. Il se félicite de la tournure des négociations avec les créanciers et s’enorgueillit de la collaboration fructueuse avec les institutions européennes, en particulier la Commission”.

    Mais on croit rêver là…

    Je pense que lorsque les peuples européens se souleveront pour de bon, les premiers sur la liste seront ces zélés “collaborateurs”. Et je reste poli, sinon mon commentaire serait modéré immédiatement.

    De plus, je suis persuadé que l’heure des règlements de compte sonnera bien plus tôt que prévu. Assez, trop c’est trop !


  16. Liberté Chérie ! Le 05 avril 2017 à 14h28
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    Oui, plus tôt que prévu… La dératisation TOTALE s’impose. C’est une question de santé publique et d’hygiène mentale. La Justice (la vraie…) ne fera pas de quartier.

    Ni pardon, ni pitié !


  17. serge Le 05 avril 2017 à 15h31
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    Tristement, la Grèce a toujours eu une tutelle depuis son indépendance. Actuellement, c’est l’Allemagne, qui y trouve de surcroit un intérêt financier évident (gains sur les taux d’intérêt, vente d’aéroports, vente d’armes…). Ensuite, le marasme économique européen qui dure aboutit à ce que les pays de l’UE se bouffent un peu plus entre eux. Malheur aux vaincus, dont nous allons faire bientôt partie. Enfin, les mécanismes de la monnaie unique (sous évaluée de 15% pour l’Allemagne et surévaluée d’au moins autant chez les pauvres, dont la Grèce) bloquent toute tentative de relance locale. Et comme la Grèce n’a pas vraiment de ressources naturelles immédiatement vendables, son calvaire va durer. Juste un exemple de ce qui nous attend. Et l’Allemagne sortira de l’UE/euro quand la purge sera complète, afin de profiter des clubs de vacances au soleil qu’elle aura judicieusement acquis (voir la Crète).


  18. Kim éric Le 05 avril 2017 à 16h28
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    Je crois que presque tous ceux qui commentent oublient une chose capitale : Si l’Europe avait laissé tomber la Grèce et n’avait donc rien exigé que serait-elle devenue ?
    De même que la France a besoin de ses créanciers pour faire ses fins de mois c’est à dire pour payer ses fonctionnaires et faire tourner ses services publics (notre Gouvernement a emprunté en 2016 187 milliards à 0,37%), de même la Grèce a besoin de ses créanciers.
    On ne peut demander à des créanciers de continuer de prêter de l’argent quand il devient évident que cela ne sert qu’à retarder la faillite et donc la perte de l’argent prêté.
    Si les créanciers avaient stoppé les prêts, la Grèce serait devenue comme l’Argentine en 2001.D’un mois sur l’autre, salaires et pensions auraient été divisés par 2 ou 3. Les 3/4 des Grecs sous le seuil de subsistance.


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