Petite piqûre de rappel sur la Grèce, avec cet article de ce grand journaliste qu’est Romaric Godin…

La troisième liste de réformes du gouvernement grec ne semble pas convenir aux Européens. La question de la nature des réformes et l’enjeu politique rendent un accord improbable.

Encore une fois, la Grèce a présenté ce week-end une liste de réformes au « groupe de Bruxelles » (nouveau nom trouvé à la troïka qui regroupe les représentants du FMI, de la Commission européenne et du FMI). Et encore une fois, la situation semble bloquée. Le jeu du chat et de la souris continue, pendant que la situation de l’économie grecque se détériore à vue d’œil.

La troisième liste de réformes grecques

Le vendredi 27 mars, Athènes a donc envoyé à Bruxelles une nouvelle – la troisième – liste de réformes. D’après ce qu’on en sait, les autorités grecques prévoient de dégager avec ces réformes 3 milliards d’euros et un excédent primaire de 1,5 % du PIB en 2015 – cet objectif a toujours été celui visé par Syriza. Le tout avec une croissance estimée à 1,4 % qui semble optimiste, mais rappelons que le 20 février, l’Eurogroupe avait promis de définir l’objectif d’excédent primaire « en relation avec les circonstances économiques. »

Que prévoit exactement cette « liste de réformes » qu’Alexis Tsipras avait promise à ses partenaires européens à l’issue du mini-sommet du 19 mars ? Il s’agirait d’abord largement d’améliorer les rentrées fiscales du pays, notamment par une modernisation de la collecte d’impôts, et sur le combat contre l’évasion fiscale. Le gouvernement grec entend aussi vendre des licences de jeux en ligne et de radiodiffusion (les licences de télévision n’ont jamais été officiellement attribuées) et prend en considération certaines privatisations. Un relèvement progressif de 42 % à 45 % du taux supérieur d’imposition sur le revenu (un des plus aisés à collecter, car prélevé à la source) est également au menu.

Globalement, cette liste ressemble aux deux précédentes envoyés les 23 février et 6 mars. Athènes serait cependant prête à relever certains taux de TVA sur les produits de luxe et sur les boissons alcoolisées pour satisfaire ses partenaires européens, mais on est loin du programme qui avait « fuité » dans la presse allemande lundi 23 mars et qui prévoyait un relèvement de la TVA sur les séjours dans les îles égéennes et un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite. Cette « fuite » apparaît désormais plus comme un message envoyé aux autorités grecques que comme une « information » issue de ces dernières.

Blocage entre Bruxelles et Athènes

Au regard de ce programme, il semble évident qu’Alexis Tsipras n’a pas cédé aux vœux des Européens. Il a repris et développé ses « réformes » précédentes. Déjà, ce lundi 30 mars, les informations qui transpiraient dans le Wall Street Journal laissaient entendre que le « groupe de Bruxelles » n’était guère satisfait de cette liste qui était jugée « incomplète et trop imprécise. » Du reste, il semble improbable qu’un accord soit trouvé cette semaine, notamment après l’Eurogroupe téléphonique prévue ce mercredi. On n’a donc en réalité guère avancé.

Pourquoi ? Là encore, les informations parues dans la presse financières anglo-saxonnes ne laissent aucun doute. Le refus de cette liste de réformes repose sur l’absence de deux réformes : celle des retraites et celle du marché du travail. Il semble désormais évident que le « groupe de Bruxelles » ne donnera son feu vert au financement grec que si et seulement si le gouvernement d’Athènes accepte de mettre en place ces deux réformes. On conçoit donc dans ces conditions la réalité de l’initiative théoriquement laissée au gouvernement grec pour réaliser sa liste de réformes.

Les deux raisons de la position des créanciers

Pourquoi les créanciers insistent-ils sur ces deux réformes ? Pour deux raisons. La première est financière. Les dirigeants européens et leurs administrations sont persuadés que ces «réformes structurelles » sont des leviers de croissance potentielle qui, en favorisant la compétitivité coût du pays, lui permettront de mieux rembourser ses dettes. Mais au-delà de cette position, il existe évidemment aussi une raison politique (car rappelons que c’est là le seul véritable objectif de ce groupe de créanciers). Mais il serait naïf de ne pas non plus y voir un but politique : en faisant accepter ces mesures par un gouvernement « de la gauche radicale », on fait évidemment perdre toute radicalité à ladite gauche, on fait plier Syriza et on le ramène dans la logique économique qui est celle de la zone euro : seules les « réformes » qui visent à réduire le coût du travail sont d’authentiques réformes. La victoire que visent les créanciers est aussi idéologique. Il s’agit de détruire toute alternative.

On voit donc mal les Européens céder sur ces principes. Du reste, leur attitude prouve qu’ils n’y sont pas prêts. Depuis le 20 février, ils rejettent systématiquement les propositions de réformes venant d’Athènes afin d’imposer – sous la pression d’une situation financière et bancaire de plus en plus tendue – « leurs » réformes. Alexis Tsipras peut-il alors céder ? En réalité, le contenu de cette troisième liste montre aussi que le gouvernement grec est arrivé au bout de ses concessions. Contrairement à ce qu’on pouvait attendre la semaine passée, il n’y a pas eu de reddition de l’exécutif hellénique. Il y a eu quelques concessions supplémentaires, par exemple, sur des mesures ciblées de TVA et sur les privatisations, mais l’essentiel, le rejet de la logique austéritaire est conservé.

La réhabilitation de la parole politique en Grèce

Surtout, là aussi, il semble peu probable qu’Athènes cède sur les deux « réformes » exigées par les Européens. D’abord, parce qu’elles seraient en contradiction totale avec les engagements de Syriza et ses alliés. Certes, les promesses, peut-on dire, sont faites pour être oubliées. Sauf que Syriza a déjà oublié plusieurs de ses promesses : le gouvernement a ainsi convenu qu’il fallait relever progressivement le salaire minimum. On peut imaginer qu’il puisse renoncer à la réévaluation des retraites. Mais ce que demandent les européens est différent : c’est un oubli total des engagements par l’adoption d’une politique opposée à celle visée par Syriza. Or, les Européens oublient ce que peut valoir le respect de la parole politique dans un pays où elle a tant été dévaluée. La popularité d’Alexis Tsipras tient à ce respect de ses engagements et c’est une popularité qui dépasse les seuls rangs de Syriza. Quiconque s’est rendu en Grèce pendant la campagne électorale a pu mesurer les attentes de ce point de vue. Trahir cette attente serait mettre en danger rien moins que la démocratie hellénique. Alexis Tsipras n’est pas prêt à prendre ce risque.

Le refus de la logique économique des créanciers

Mais ce refus se base aussi sur une logique économique qui dénote un fossé immense sur la vision économique. Pour le gouvernement grec, ces réformes désirées par les Européens sont des mesures austéritaires. Elles ne permettront pas le redressement du pays. Du reste, n’oublions pas que le gouvernement précédent, pourtant « pro-européen », n’en voulait pas. Du point de vue grec, en effet, ces réformes représentent un « toujours plus » difficilement acceptable dans un pays qui a perdu plus de 24 % de son PIB et pour une population qui a vu son patrimoine fondre d’un tiers. Sur le marché du travail, ce que veulent les Européens, c’est réduire encore la capacité de négociations collectives salariales des syndicats (on notera que l’on est, ici, assez loin de la fameuse « économie sociale de marché » présentée souvent pourtant comme un modèle pour l’Europe). Or, cette capacité a déjà été largement amputée depuis 2010 et les salaires ont beaucoup baissé en Grèce, sans que pour autant, ni la croissance, ni les exportations n’en profitent réellement.

Quant au système des retraites, demander de nouvelles coupes ou un allongement du report du départ à la retraite, c’est refuser de voir l’envers de la médaille, notamment le développement de la pauvreté dans le pays et l’importance qu’ont ces retraites pour soutenir le niveau de vie des plus jeunes. C’est aussi refuser de reconnaître que dans un pays où le taux de chômage est de 26 %, il n’y a pas de sens à reporter l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans (date totémique qui fait référence à la réforme allemande de 2007 qui prévoit, rappelons-le, l’application de cette réforme en… 2030 et qui a déjà été écornée par le gouvernement d’Angela Merkel qui a permis des départs à 63 ans).

Sacrifier le « court terme », encore une fois ?

Chacun sait que le problème du budget grec, c’est d’abord l’efficacité de la récolte des impôts – le gouvernement grec veut précisément s’y attaquer – et l’absence de vraie croissance dans le pays. Athènes demande que l’on enlève l’épée de Damoclès de ces « réformes » négatives pour l’emploi et la consommation au-dessus du pays afin, précisément, de favoriser la croissance. Face à lui, les Européens reprennent leur vieille chanson des « sacrifices d’aujourd’hui pour le bonheur futur. » Dans un pays dévasté depuis 5 ans par la crise et l’austérité, cette chanson n’est plus à la mode. Non seulement le « court terme » s’est mué en « long terme », mais il semble désormais vain de croire encore que la confiance des investisseurs renaîtra par ce type de « réformes. » Ce qu’il faut à la Grèce, c’est un soutien à sa demande intérieur et un plan de reconstruction industrielle. En théorie, l’intérêt des créanciers serait de participer à cette tâche. Mais la dimension politique de l’affaire leur ôte apparemment le sens de leurs intérêts.

La rupture inévitable ?

Bref, le blocage est total. Alexis Tsipras, par cette troisième liste de réformes a confirmé qu’il ne veut pas des deux « réformes » des retraites et du marché du travail que les Européens placent comme conditions absolues à leur soutien à la Grèce. Comme les créanciers ont tout intérêt à jouer la montre pour que le « nœud coulant » financier se resserre, un compromis est peu probable. La perspective d’une rupture semble désormais de plus en plus proche et il semble que chacun s’y prépare. Lors du défilé de la fête nationale du 25 mars, une femme a lancé un message d’encouragement à Yanis Varoufakis, le ministre hellénique des Finances. Ce dernier a répondu : « il faudra nous soutenir aussi après la rupture. » Faut-il y voir la preuve que cette rupture est acquise ? L’accord avec les créanciers semblent en tout cas désormais très difficile.

Source : Romaric Godin, La Tribune, 30/03/2015

“L’eruope, c’est la paix” : Une de Der Speigel, 21/03/2015, Lire ici par exemple…

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49 réponses à Grèce : pourquoi le blocage semble indépassable, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 31 mars 2015 à 01h31

“Il y a deux manières de conquérir et asservir une nation. L’une est par l’épée, l’autre est par la
dette.” John Adams (1735-1826)

Avec un petit changement par rapport à l’époque d’Adams : à l’époque c’était de l’endettement avec de la vraie “richesse” (or, équivalent à du vrai travail). Désormais, c’est de l’endettement virtuel auprès de gens qui n’ont pas vraiment cet argent (des lignes comptables) mais qui se sont octroyé le contrôle de la création monétaire illimitée, permettant l’asservissement illimité.

  1. dissy Le 31 mars 2015 à 01h11
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    Mélenchon après ‘x’ années de déni aurait il enfin compris?

    Dire stop à l’Allemagne.

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/03/30/dire-stop-a-lallemagne/


    • purefrancophone Le 31 mars 2015 à 01h22
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      Manuel Valls n’ira pas demain au conseil des Ministres Européen , il a plus urgent à faire à Paris en recevant les députés PS suite à la déroute de son parti aux élections départementales .L’Europe attendra , c’est accessoire à ses yeux !
      Annonce faite ce soir dans l’émission “mots croisés “par Julien DRAY


    • social21ème Le 31 mars 2015 à 12h25
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      Melenchon ne fait ni plus ni moins que les grecques, qui eux aussi essaient de trouver un accord avec la ploutocraties des hauts fonctionnaires de bruxelles.
      in fine on voit que cela est impossible, mais cela n’etait pas dit d’avance, le comportement humain est tellement imprévisible.
      la solution de sortie est celle de la fin, dont acte, mais au moins auront -ils essayés !


    • 1Direct Le 31 mars 2015 à 16h57
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      vous dites:
      ” Une autre chose qui m’étonne … est le défaut d’instauration, même pour une période déterminée, du contrôle des changes qui a suscité la fuite de dizaines de milliards d’Euros dans une Grèce mise à mal. ”

      Je vous rejoins.
      C’est exactement ce que j’avais déjà écrit sur ce blog il y a un bout de temps.
      C’est le B.A.-BA lorsque que l’on est dans une telle situation:
      Protéger ses liquidités, ses avoirs.
      Chypre l’a fait. Oui mais avec l’aval implicite ou explicite de l’U.E.
      Le problème est que pour la Grèce l’UE ne l’a pas voulu et passer outre revenait à donner, non seulement un signe “négatif” envers l’UE mais surtout l’apparence d’un premier pas vers la sortie de l’UE à ses électeurs. Mais voilà, il a toujours dit qu’il ne voulait sortir de l’Euro c’est un signe qu’il ne pouvait pas donner.
      Ces adversaires intérieurs et surtout extérieurs s’en serait aussitôt servi contre ce nouveau gouvernement.
      Même si, honnêtement, cette action aurait du être faite à titre de protection de l’économie grecque et sans autre arrière pensée type sortie de l’UE.

      Si un pays veut sortir de l’Euro (et de l’UE) la première mesure est de bloquer toutes les banques et mouvements financiers le temps de réaliser une transition.
      Et surtout le faire par surprise !!
      Problème! A notre époque, “la surprise” est quasiment impossible car il y aura forcément des fuites.

      Mais vous avez raison, techniquement, le gouvernement aurait du passer outre le faire quand même … avec et malgré toutes les conséquences.

      Bon … ce n’est que l’avis d’un béotien !!


  2. purefrancophone Le 31 mars 2015 à 01h14
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    Il n’y a pas d’alternatives avec l’Europe .
    Soit un pays sort avec l’article 50 , mais difficile pour les Grecs vu l’état de leurs finances et de leur dette
    Soit ils appliquent les demandes de l’Europe et il est à prévoir que le peuple refusera de le faire ,

    Pas facile comme situation et surtout pas beaucoup de perspectives d’avenir pour ce pays


    • dupontg Le 31 mars 2015 à 01h28
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      rien n’est perdu pour eux avec le passage du gaz russe..
      ils pourront vivre du deal gazier à la place les ukrainiens aujourd’hui..


      • Kiwixar Le 31 mars 2015 à 01h41
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        Pendant que les Zuniens essaient de couper l’Europe de leur approvisionnement énergétique Est (Russie) via la somalisation de l’Ukraine, les Russes essaient de couper l’Europe de son approvisionnement Sud-Est (Moyen-Orient) avec la progression diplomatique en Grèce, Turquie, Chypre.

        Le Vieux Continent, passif, dirigé par des marionnettes, a choisi le confort au prix de la soumission et du servage, en laissant à nouveau les deux Nouveaux Mondes décider à leur place de leur avenir. Un Yalta sans Churchill.


      • FifiBrind_acier Le 31 mars 2015 à 07h00
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        Personne ne dit mot du gaz grec…
        Les Grecs dorment sur des réserves supérieures à celles de l’ Iran.

        http://www.euractiv.fr/energie/la-grece-est-assise-sur-une-imme-news-515192

        Mais c’est une entreprise américaine Noble Energy qui s’y intéresse, elle propose un contrat léonin : 20% pour les Grecs, 20 % pour les Turcs et le reste pour elle.


    • lorsi Le 31 mars 2015 à 06h25
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      d apres J SAPIR apres 1 ou 2 ans,s ils iront beaucoup mieux


      • redge Le 31 mars 2015 à 13h18
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        et nous de pis en pis….(selon moi)


  3. naz Le 31 mars 2015 à 01h22
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    On peut faire des compromis, voire des compromissions, pour quelques avantages, même mercantiles, même illusoires, mais faire des compromis et des compromissions pour crever plus vite, on se demande bien ce qui passerait par la tête du nouveau gouvernement grec pour accepter cela!
    soutien aux Grecs!!!


  4. Kiwixar Le 31 mars 2015 à 01h31
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    “Il y a deux manières de conquérir et asservir une nation. L’une est par l’épée, l’autre est par la
    dette.” John Adams (1735-1826)

    Avec un petit changement par rapport à l’époque d’Adams : à l’époque c’était de l’endettement avec de la vraie “richesse” (or, équivalent à du vrai travail). Désormais, c’est de l’endettement virtuel auprès de gens qui n’ont pas vraiment cet argent (des lignes comptables) mais qui se sont octroyé le contrôle de la création monétaire illimitée, permettant l’asservissement illimité.


    • Renaud 2 Le 31 mars 2015 à 09h15
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      Oui, il y a peu de chance que les choses changent tant que la majorité de nos concitoyens n’auront pas fait le rapprochement monnaie-dette-asservissement. Le pouvoir se situe dans les mains de ceux qui créent les lignes comptables, à savoir les banques privées et les banques centrales (sauf que ce sont des banques privées qui sont actionnaires des banques centrales…). Nous vivons dans un féodalisme financier (pour reprendre le titre de l’un des derniers billets de Dmitry Orlov).


  5. Pascalcs Le 31 mars 2015 à 02h02
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    La mascarade Grecque continue au fil des jours et des annonces confirmées puis infirmées et ainsi de suite. C’est distrayant et surtout créateur de diversion, offrant aux 2 parties un peu plus de temps pour préparer et surtout anticiper les conséquences d’un départ grec de la zone €, la seule issue possible à ce mauvais film. Aussi vrai que les grecs ne sont pas en mesure de payer leur dette ni même son service, ils ne pourront pas rester en zone € (n’étant dailleurs pas les seuls dans ce cas et jouant les éclaireurs du mouvement à venir). Les Euro-jihadistes eux font durer la musique pour sauver leur talisman tout en s’efforçant de siphonner pendant ce temps, et au plus grand profit des élus de leur secte, un maximum des actifs grecs restants. Il ne peut pas y avoir de convergence.


    • lorsi Le 31 mars 2015 à 06h29
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      ” du temps achete ” de Wolfgang Streeck


  6. FifiBrind_acier Le 31 mars 2015 à 07h24
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    On commence enfin à comprendre avec les exigences de la Troïka, la véritable nature de la construction européenne. Il ne s’agit pas d’un projet économique, mais politique, une lutte de classe qui ne dit pas son nom, à l’échelle de tout un continent..

    L’UE, c’est Reagan + Tchatcher, avec les mêmes objectifs: faire disparaître les acquis sociaux, les syndicats, faire baisser le prix du travail et privatiser les biens publics.
    Une régression sociale sans précédent.

    On ne peut pas être de Gauche et vouloir rester dans cette usine à gaz.
    Ceux qui nous promettent de la changer de l’intérieur ne sont même pas capables de changer le PS de l’intérieur… , c’est dire, si tous les réformistes européens vendent des illusions.

    Le Gouvernement grec aurait dû, dès son élection, remettre en place un contrôle des mouvements de capitaux, pour en éviter la fuite, déposer à Bruxelles une demande de sortie de l’ UE, faire un audit de la dette et un referendum, nationaliser la Banque centrale de Grèce pour avoir des emprunts à taux 0%, reprendre le drachme comme monnaie nationale, dévaluer, passer des accords de coopération avec les BRICS, et faire une politique intérieure nationale conforme aux intérêts de sa population.

    Ce que demande Tsipras est légitime, il demande à faire une politique intérieure nationale.
    Sauf que c’est interdit dans l’ UE!
    Il n’est plus possible de faire des politiques intérieures nationales, mais uniquement des politiques européennes.

    Quand la Gauche aura bien compris cela, elle cessera de croire au Père Noël.
    A moins que son rôle réel soit juste de neutraliser le plus longtemps possible les mécontents ?

    Le fait que les médias aient propulsé Syriza et pas le Front Populaire Uni de Grèce qui veut la sortie de l’ UE, va plutôt dans ce sens.

    “Il n’y a plus de politiques intérieures nationales, mais uniquement des politiques européennes” Viviane Reding

    http://www.dailymotion.com/video/x11kkuc_viviane-reding-il-n-y-a-plus-de-politiques-interieures-nationales-il-n-y-a-plus-que-des-politiques-e_news


    • achriline Le 31 mars 2015 à 09h21
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      @ FifiBrind_acier

      “Le fait que les médias aient propulsé Syriza et pas le Front Populaire Uni de Grèce qui veut la sortie de l’ UE …”

      A rapprocher du fait qu’en France on n’entend jamais parler du SEUL parti qui veut sortir de l’europe, de l’euro et de l’otan et qui a pourtant plus d’adhérents que EELV ou le NPA.
      Et il est vraisemblable que ça se passe ainsi dans toute l’europe.

      Les “nouveaux chiens de garde” obéissent fidèlement à leurs maîtres.


    • Renaud 2 Le 31 mars 2015 à 09h29
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      Dans un lien cité dans un billet précédent “La future guerre froide” par Ghaleb Kandil (http://www.comite-valmy.org/spip.php?article5717), on y apprend – peut-être – la véritable stratégie américaine pour les 10 prochaines années :

      “Le « Centre Stratfor » est couramment décrit comme une société privée américaine qui œuvre dans l’ombre de la CIA [Central Intelligence Agency], ses prévisions et rapports étant suspectés de plutôt « vendre » les plans conçus par l’Agence, que de prédire sur une base d’analyse des données et des lois régissant les conflits du monde.

      Or, fin février, Stratfor a publié un rapport sous la forme de prévisions concernant la situation mondiale entre 2015 et 2025 [2]. L’essentiel de ces « prévisions » porte sur :

      • la désintégration de la Russie et de la Chine après une phase de désordre et de violence sanglante qui démarreraient de la rébellion de certaines régions asiatiques ;
      • l’embourbement des pays arabes dans des guerres tout aussi sanglantes et usantes, avec désintégration des États nationaux et des Armées ;
      • la montée en puissance de la force turque qui étendrait son influence, notamment en Asie centrale ;
      • la désintégration de l’Union européenne suite à la sortie de nombreux pays de ses rangs.

      Le résultat global escompté étant, bien entendu, la pérennité de l’hégémonie des États-Unis sur le monde”.

      A méditer. Peut-être que le cas grec est symptomatique de toute l’UE. Si l’UE accepte les “réformes” du marché du travail et des retraites, l’UE continuera d’exister, sinon elle sera laissée à l’abandon, en prenant bien soin par toutes les “sanctions” possibles qu’elle ne se relève pas d’une façon ou d’une autre.


      • Chris Le 31 mars 2015 à 13h47
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        C’est ce que les US voudraient, aucun doute; les instruments sont déjà en place et enclenchés. Mais ils n’y arriveront pas. Par contre, l’Europe explosera et ce sera leur talon d’Achille.


    • stephp Le 31 mars 2015 à 11h45
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      @ FifiBrind_acier

      “Le Gouvernement grec aurait dû…”
      Un peu facile à dire !

      Tiens je constate que vous ne dites plus que le gvt Syriza s’est couché devant la troïka, continuez, vous êtes sur la bonne voie (celle de l’optimisme et de l’espoir) 😉


    • luc Le 31 mars 2015 à 12h22
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      moi je pense que le gouvernement grec ne pouvait pas mettre en place un controle des capitaux pour éviter leur fuite, c’est idéaliste de croire le contraire


      • TC Le 31 mars 2015 à 12h48
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        Ils l’ont bien fait à Chypre, c’est donc que techniquement, c’est possible.


      • FifiBrind_acier Le 31 mars 2015 à 18h40
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        Un pays qui reprend sa souveraineté fait ce qu’il veut.
        C’est le cas de tous les pays du monde entier, sauf les pays européens.
        Essayez d’aller acheter le patrimoine chinois, japonais ou des entreprises stratégiques américaines…

        Ce sont les Traités européens qui ont enlevé les droits régaliens aux Etats.
        C’est très bien expliqué dans cet entretien de Robert Mundell, l’inventeur de l’euro.

        http://www.lalettrevolee.net/article-les-ravages-sociaux-de-l-euro-une-strategie-deliberee-109713727.html

        On comprend très bien que la zone euro est une mesure politique, pas économique.
        Elle était destinée à ligoter les Gouvernements pour les empêcher d’utiliser les moyens monétaires et budgétaires de sortir leur pays de la crise.

        La seule issue qui reste aux gouvernements, ce sont les fameuses “mesures structurelles”: privatisations, fin du droit du travail, fin des services publics, fin de la Sécurité sociale etc.


  7. Patrick Luder Le 31 mars 2015 à 07h42
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    “Les dirigeants européens et leurs administrations sont persuadés que ces «réformes structurelles » sont des leviers de croissance potentielle qui, en favorisant la compétitivité coût du pays, lui permettront de mieux rembourser ses dettes.

    Ainsi donc le voile est levé, le seul but du groupe de Bruxelle est de mieux mettre le pays au service de la dette. Il n’est pas question de redonner vie à une économie interne moribonde ni de rendre la Grèce compétitive dans ses relations externes par une dévaluation de sa monnaie, ni de relever l’ensemble de la société … le seul but du monde financier est d’allouer des masses de dette (gratuites) et d’en tirer un max de profits !!!!!!


  8. Patrick Luder Le 31 mars 2015 à 08h04
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    Qu’il est facile de céder aux sirènes de la finance, de se servir de montagnes de fonds étrangers sans se poser de questions, des montagnes de fonds qui semblent résoudre les urgences financières du moment.

    Qu’il est difficile de se mettre au service de cette dette accumulée et si vite dilapidée, un service de la dette si important qu’il rend tout autre problème financier secondaire.

    Mais qu’il est bête pour un pays de se mettre de la dette extérieure sur le dos, de la dette fabriquée d’un coup de baguette ailleurs dans le monde, de la dette à intérêt qui coûte les deux bras et les deux jambes à la nation => alors qu’il est était possible avant pour un pays de faire tourner sa propre planche à billets, provoquant certes une dévaluation de sa propre monnaie (inflation) mais rendant ainsi sa propre monnaie compétitive pour le monde extérieur.

    Certes l’Euro à maîtrisé l’inflation, mais à quel prix ? Ne vaudrait-il pas mieux reprendre l’indépendance des monnaies nationales avec une inflation de 2 à 3 % annuelle que d’asservir des peuples entiers au service du monde financier globalisé ?

    Le problème des monnaies nationales n’était pas dans le système, mais dans leurs application. Une inflation annuelle de 2 % est tenable à long terme (politique de la Suisse) mais lorsque la dévaluation atteint 4 ou 5 % on se retrouve déjà rapidement avec des monnaies qui multiplient leurs zéros.

    Faire tourner la planche à billets est l’acte le plus sociale qu’il soit, cela permet de réduire toutes les dettes en même temps que cela permet de réduire toutes les fortunes accumulées. Il est certain que cela n’arrangeait pas ceux qui accumulaient la richesse du monde, car à quoi cela sert-il d’accumuler de la richesse qui ne vaut rien ?


    • Gribouille Le 31 mars 2015 à 09h06
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      Il serait temps de mettre fin à cette légende qui dit que la fin de l’inflation date du passage à l’Euro. La politique de lutte contre l’inflation a été gagnée dans les années 80-90, avec la politique du franc fort. L’objectif fut atteint avec en contrepartie un taux de chômage qui n’a jamais plus reflué en France en deçà des 8%. C’est le fameux haut plateau d’Olivier Blanchard. Contredisant du même coup les affirmations des soutiens de cette politique qui affirmaient en accord avec la théorie économique néoclassique sur le sujet que certes, il y aurait une montée du chômage, mais que cette poussée du chômage ne pouvait être que transitoire et temporaire.
      Plusieurs enseignements, 1) le retour au franc n’implique pas une certaine impuissance à lutter contre l’inflation, et 2) cette lutte contre l’inflation implique des coûts sociaux exorbitants.


      • balthazar Le 31 mars 2015 à 17h31
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        C’est plutôt la création d’un chômage de masse (plus de 10%) qui a permis la modération salariale (tu gueules parce que tu ne gagnes pas assez, ben démissionne et bien venu au chomdu) et c’est cette modération salariale qui a permis de juguler l’inflation.
        Comment créer un chômage de masse me direz vous ? Facile : une immigration subie et non choisie.
        Mais bon, c’est vrai qu’on se devait , en tant qu’ humaniste, d’accueillir la misère du monde.
        Maintenant tout va bien, la ghettoïsation tourne à plein régime, les cerveaux s’enfuient vers des cieux plus favorables, dormez braves gens et râlez en payant vos impôts mais payez !


  9. Olposoch Le 31 mars 2015 à 08h54
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    À écouter Cohn-Bendit ce matin sur E1, on comprend que les dirigeants européens craignent plus que la Grèce reste que son exit…
    Sipras ayant avancé sa visite en Russie au 08/04, soit pendant les négos avec la Troïka, ça commence à sentir l’alternative… et si la Russie accordait les prêts refusés à la Grèce… et si la Grèce exerçait sa nouvelle liberté pour opposer un veto aux décisions unanimes de l’Allemagne…
    Surtout que le ministre du commerce est déjà là-bas pour discuter énergie et exportations…
    Et DCB de conclure par cette formule qui en dit long sur les fantasmes des fonctionnaires européens:
    “la Russie pourrait entrer en Europe par la Grèce”


  10. Dizalc'h Le 31 mars 2015 à 08h58
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    Excellent article une fois de plus de Romaric Godin, quelle Lucidité et objectivité,
    ça fait plaisir de voir qu’il reste quelques “vrais” journalistes. J’abonde dans le sens de toute son analyse.
    Si vous me permettez Olivier, dans le même ordre d’esprit il avait fait une réponse à un journaliste du monde (arnaud Leparmentier) qui critiquait la Grèce avec la meute… une fois n’est pas coutume… Et, la réponse (et analyse) de M. Godin, était tout aussi “savoureuse” de lucidité: http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20150206trib083bb894c/la-bien-triste-europe-de-monsieur-leparmentier.html
    Si seulement il pouvait y’en avoir plus de journalistes “objectifs”, ça compliquerait le travail de ces dirigeants à la pensée unique de l’orthodoxie économique… 😉


  11. scipio Le 31 mars 2015 à 09h52
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    “Lors du défilé de la fête nationale du 25 mars, une femme a lancé un message d’encouragement à Yanis Varoufakis, le ministre hellénique des Finances. Ce dernier a répondu : « il faudra nous soutenir aussi après la rupture. » ”
    Il faut être prudent sur toute phrase sortie de son contexte, néanmoins les signes d’un grexit se confirment de plus en plus.

    Parmi ceux ci on pourrait y rajouter celui ci: le parlement grec est en train de mettre sur pied une commission d’audit de la dette.
    Si tel est le cas il s’agit d’une véritable déclaration de guerre à l’Europe libérale.


    • step Le 31 mars 2015 à 10h54
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      effectivement dans la situation actuelle, un audit sur la dette, c’est foutre les mains sur le flingue tenu par Bruxelles.


  12. reneegate Le 31 mars 2015 à 10h28
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    Sur Stratfor je doute que l’éclatement de l’Europe aille dans le sens des fous atlantistes. N’oubilons pas que la Grece est réticente à suivre l’OTAN dans ses folies et à plutôt tendance à se rapprocher de la Russie.
    Cet article sur la Grece me rassure car il ne décrédibilise pas trop vite Syriza. Et si la situation de la Grece n’était qu’une préfiguration de se qui attend tous les peuples européens dans un mondialisation orchestrée par les intérêts US?
    Les Grecs ont il me semble fait le pas que les autres peuples n’ont pas eu encore le courage de faire (d’où la pression énorme qui pèse sur eux). Nous les remercierons d’autant plus que leur résistance fait apparaitre au grand jour l’état d’esprit anti démocratique de l’UE. Les différents audits des dettes européennes ‘ce qui est le minimum et aura déjà du être fait depuis longtemps), mais surtout celui de la dette grecque, afficheront clairement que les créanciers ont été déjà largement payés pour plus de 50% de la dette affichée.
    Pour finir sur Stratfor, des pays européens qui retrouvent leur indépendance, sortent de l’OTAN, ça va compliquer la tâche d’un Kerry qui pour l’instant se ballade en véritable Zeus semant le chaos sur terre.


  13. Werrebrouck Le 31 mars 2015 à 10h39
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    Il n’y a pas d’espace de négociation possible entre la Grèce et l’Allemagne. SYRISA est trop engagé et ne peut reculer. Le parti au pouvoir sait aussi que le retour à la monnaie nationale ne sera pas une promenade de santé car l’Euro a eu l’effet d’une bombe atomique en Grèce: économie détruite aussi bien l’industrie que l’agriculture, mais aussi société détruite par le mirage de la mondialisation. Au surplus il n’y a pas vraiment d’Etat, au sens classique en Grèce. l’Allemagne, elle non plus ne peut reculer, le pouvoir politique interne serait largement contesté et surtout tous les pouvoirs en situation de servitude volontaire dans le sud de l’Europe seraient déstabilisés.
    Le seul espoir pour l’Euro est alors une sortie de la Grèce , sortie discrète sans affolement généralisé. Mais c’est là un scénario peur probable….
    Pour plus de précisions on pourra se référer à http://www.lacrisedesannees2010.com/ qui publiera aussi bientôt un compte rendu de voyage et de débats avec les nouveaux décideurs de la Grèce, compte rendu qui s’intitulera: “l’Univers Grec de l’après retour de la Drachme”.


    • niethil Le 31 mars 2015 à 12h46
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      SYRIZA n’est pas en cause. N’importe quel parti politique qui aurait gagné les élection se trouverait dans la même situation : obligé de choisir entre sortir de l’euro et la guerre civile.


  14. Michel Martin Le 31 mars 2015 à 11h41
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    Le rapprochement de la Grèce et de la Russie pourrait contribuer à débloquer la situation.


  15. christian gedeon Le 31 mars 2015 à 12h24
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    L’image m’ a bien fait rire(jaune)…on assiste à la récréation en parallèle de la gröss deutschland et de l’empire ottoman…m’étonne pas que ces deux là s’entendent aussi bien…ils sont aussi arrogants l’un que l’autre,et ont toujours eu un goût prononcé pour les dominations…on se refait pas! Si je mettais la main sur ce con de Gorbatchev il passerait un sale quart d’heure… avec la nouvelle fuhreresse et le nouveau sultan,on n’est pas sorti de l’auberge… faut pas l’ dire? ben j’le dis quand même…et vous verrez que l’avenir me donnera raison…réunifier l’Allemagne qui n’ eu qu’une existence historique somme toute assez brève,à peine un siècle et des poussières, est une Hénaurme connerie….kolossale connerie…chassez le naturel,il revient au galop…et c’est pariel pour les ottomans de l’autre côté….l’attrait irrésistible du arbeit und organization,probablement…mais quel con,ce Gorbatchev…quel con!Les teutons dovisés sont des gens formidables…la Teutonie Unie est une catastrophe…et pour leurs alliés et frères de pensée ottomans,c’est exactement pareil ! La Prusse est de retour,et son lebensraum est turc… vous allez me traiter de tous les noms? je m’en fous…l


    • theuric Le 31 mars 2015 à 13h58
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      Je ne vous jette pas la pierre mais crains simplement que les choses soient encore plus complexes que cela.
      Nous sommes en train de revivre des événements passés mais sous une forme différentes de ce qu’ils furent, soit quelque chose de l’ordre d’une compulsion de répétitivité cher à Monsieur Freud, mais là collective et d’échelle occidentale, au moins.
      Nous en sommes à la deuxième guerre mondiale et tout y est: Russie encore une fois ardente de son indépendance et de ses intérêts, Angleterre et U.S.A. agissant au travers de ses fonds spéculatifs, Allemagne dominatrice (voir la photo plus haut), la France à genou dans tous les sens du terme, l’Italie qui tergiverse, l’Espagne et le Portugal exsangues, les voisins des allemands absorbés…, jusqu’à l’Ukraine, cerise sur le gâteau, qui nous rejoue le retour nazillard et fait une guerre civile en tout point semblable à celle sus-nommée.
      Ce sera la ruine des deux pays anglo-saxons qui sonnera la fin de cette étape par l’effondrement concomitant de l’Allemagne par la ruine de ses banques suivit ou précédée de la disparition de l’Union-Européenne en raison de celle de l’empire U.S. et de la Germanie.
      Ce sera la ruine des anglo-saxons qui nous libèrera de l’Allemagne, la compulsion de répétitivité peut prendre cette forme là.
      Ensuite?
      Ensuite nous retournerons sociologiquement et anthropologiquement, en un processus que j’appelle une rétrogression historique, à une époque que je situerais aux alentours du tout début du XX° siècle, si ce n’est le dernier quart du XIX°, en vivant une série d’événements proches dans leurs conformités de ce qui s’était passé entre, environ, 1870 et 1935/1940.

      “Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre!”

      Winston Churchill.


    • Asterox Le 31 mars 2015 à 23h55
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      “Mais il n’y a plus de change, ces créances qui atterrissent dans les banques allemandes ne sont pas des marks, mais des euros-francs, des euros-lires, des euro-drachmes etc, qui bientôt ne vaudront plus un copeck…”

      C’est une question que je me posais… J’y connais pas grand chose donc j’aimerais bien savoir : si je vais placer tous mes € dans une banque allemande avant l’explosion de la zone suivie d’un retour aux monnaies nationales et d’une dévaluation du franc disons de 20%, les € placés en Allemagne seront convertis en mark et non en franc ? Du coup j’aurais gagné 20% de thune en + sans rien faire… J’ai l’impression que c’est le pari que font pas mal de riches du Sud (au sens large) de l’Europe.

      Je trouverai assez absurde que les € soient convertis dans chacun des pays en fonction de la nationalité des détenteurs de compte, d’autant plus que certains détenteurs sont de issus de pays ayant déjà une autre monnaie que l’€.

      Du coup ce que craint l’Allemagne, c’est pas l’afflux de capitaux vers ses banques, c’est plutôt la perte de compétitivité qui suivra la réévaluation du mark si la zone euro explose. Ou bien ya un truc que je vois pas ?


      • FifiBrind_acier Le 01 avril 2015 à 07h57
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        Asterox,
        C’est exactement cela.
        Natixis a calculé que la sortie de l’ euro pour l’Allemagne lui coûterait 21 points de PIB !
        http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=69174

        Cela tient au fait que l’euro n’est pas une monnaie unique, mais commune.
        Une monnaie unique c’est le dollar ou le rouble, une monnaie qui est la même sur l’ensemble d’un territoire unique qui dispose d’une économie unifiée.

        L’euro est une monnaie qui a découlé d’une décision politique, qu’un beau matin, toutes les monnaies européennes avaient la même valeur: 1 euro.

        un mark = une lire = un franc = un drachme = 1 euro.
        Et ces euros pourraient circuler dans la zone euro sans système de change.
        (Ce qui n’est déjà plus vrai à Chypre, avec la mise en place d’un contrôle des mouvements de capitaux. L’euro de Chypre ne circule plus)

        Plus les années passent, plus les économies des pays européens divergent au lieu de converger, et moins ce signe = entre la valeur des monnaies est vrai.

        Personne ne peut croire qu’un mark = 1 drachme, même si on ne comprend rien aux questions monétaires. On comprend bien intuitivement, qu’une monnaie est le reflet de l’économie réelle.

        Les banques centrales ont été conservées, ce qui veut dire qu’un retour aux monnaies nationales est bien plus simple que s’il s’agissait d’une vraie monnaie unique.

        Une monnaie unique suppose qu’il n’y ait qu’une seule économie, un seul peuple, dans un espace géographique donné, où les salariés ont la même langue et se déplacent d’un bout à l’autre du territoire.( Ce que les économistes appellent une zone monétaire optimum)

        Ce qui n’est pas du tout le cas de l’ UE. Il n’y a pas de peuple européen, chaque pays a une économie qui fonctionne différemment, et en dehors d’une minorité, les salariés ne migrent pas massivement d’un bout à l’autre de l’ Europe à la recherche d’une emploi, comme aux USA..

        La dévaluation de l’euro étant exclue, reste “la dévaluation interne”, la contraction de la masse salariale et l’austérité, qui engendrent la déflation au lieu de booster la croissance. C’est un échec total.

        Voici l’avis de Jacques Sapir sur la question:
        http://russeurope.hypotheses.org/3692


        • Asterox Le 01 avril 2015 à 22h51
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          Oui, je suis tout à fait d’accord là-dessus. Ma question portait surtout sur comment ça se passera après l’éclatement (qui finira bien par arriver, j’espère). Puisque tu dis que ça inquiète les allemands de voir arriver des euros-lires et des euros-drachmes qui ne vaudront bientôt plus rien. Mais après l’éclatement, ces euros-lires et ces euros-drachmes, puisqu’ils sont placés en Allemagne, se transformeront en marks non ? Ils ne perdront pas leur valeur sous prétexte qu’ils sont arrivés d’ailleurs.

          L’Allemagne a peur de maintenir ce système qui va lui coûter de + en +, elle a aussi peur de quitter ce système car elle aurait beaucoup à perdre en terme de compétitivité, mais pourquoi aurait-elle peur de l’afflux de capitaux étrangers en euro ?


  16. mianne Le 31 mars 2015 à 13h38
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    Pour ceux qui s’intéressent au sort du professeur de philosophie Jean-François Chazerans injustement sanctionné par une mutation disciplinaire par le rectorat alors que la justice a reconnu que l’unique plainte d’un parent d’élève dénonçant une prétendue “apologie du terrorisme” n’était basée que sur le mensonge d’un élève, une pétition adressée à la ministre de l’E.N.circule actuellement
    http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2015N47580
    Bonne journée


  17. dupontg Le 31 mars 2015 à 16h38
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    heureusement qu’il reste des gens corrects partout,prets à payer leur dette…..
    http://www.okeanews.fr/20150322-un-couple-allemand-donne-875e-leur-part-des-reparations-de-la-seconde-mondiale


  18. coinfinger Le 31 mars 2015 à 17h08
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    Dans la divine comédie l’entrée de l’enfer se signale par ‘Vous qui entrez ici , laissez toute espérance ‘ . C’est pire que ‘Arbeit macht frei ‘ .
    La situation démographique de l’Allemagne , en régression , laisse quand méme aux femmes l’espoir d’avoir un enfant ( au cas où elle se déciderai) avant la ménopause , une fois carriére faite .
    En Gréce , méme pas pour les générations en age de procréer . La croissance s’est réduite à 0.18 % et pour les enfants des générations déjà sacrifiées qui arrivent en age c’est O , éventuellement plus en s’expatriant , donc le plus souvent en couple séparé .
    L’expression ‘croissance industrielle’ à propos de la Gréce , me laisse perplexe , je n’arrive pas à me représenter ce que çà veut dire , sauf importations d’usines Allemandes . Par contre il me semble que la Gréce a quelque chose à négocier , de lourd , sa position géopolitique , je crois que c’est la carte que Tsypras a dans la manche , mais la jouer c’est trés risqué . Avec une forte espérance mathématique toutefois , en cas de gain . La flotte Grecque en prolongement de la flotte Russe , un réve pour les Russes .


  19. coinfinger Le 31 mars 2015 à 18h33
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    Faut pas croire que 30 milliards d’euros c’est énorme , c’est banal . Hélas.


  20. Philou Le 31 mars 2015 à 19h57
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    Et pendant ce temps-là…

    L’UE s’apprête à octroyer un prêt de 1,8 milliards d’euros à l’Ukraine, en violation du droit européen, pris sur les dotations constituées par les contribuables européens ; un prêt qui ne sera évidemment jamais remboursé mais qui va servir à acheter des armes létales pour ce gouvernement corrompu de Kiev qui poursuit une guerre civile sans merci contre une partie de sa population :

    http://fr.sputniknews.com/international/20150330/1015394567.html

    Une euro-députée allemande s’élève – dans l’indifférence totale des merdias – contre cet énorme violation du droit et des principes fondateurs du droit universel mais aussi spécifiquement européen :

    https://www.youtube.com/watch?v=-3wR-CGFJ0Q#t=21

    …comment s’opposer à cette énième monstruosité de l’UERSS ?


  21. tchoo Le 31 mars 2015 à 20h49
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    Il n’y a absolument aucune visée économique dans les exigences de la Troïka, sa démarche est uniquement politique et rien d’autre
    abattre Syriza qui menace gravement la doxa imposée à tous le monde depuis de nombreuses années et spectaculairement mis en musique en France le fameux TINA qui fait tant plaisir à Macron.
    Mais le peuple français vient de prouver une fois de plus, qu’il à du sable dans les yeux
    On n’a pas le luc sortis des ronces……


  22. Andrea Le 31 mars 2015 à 21h43
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    Personne ne parle de la marine marchande Grèque – grosso modo échappe à l’impot, voir lien de Deloitte qui explique comment faire.

    Ni de l’Eglise, proprio. richissime. Foncier privé, commercial, très rentable, etc. (imposé un minima taux fixe bas depuis peu et pas controllé.) Les prêtres ayant en plus un salaire versé par l’Etat, mirobolant, autour de 2000 euros p. mois par officiant, mais bon, c’est lecture, jnsp sur le terrain, et c’est un point mineur.

    L’achat d’armes. La Grèce est le pays de l’EU le plus armé, dépensant le plus pour le militaire, ayant le plus d’hommes enrolés, le plus de matériel, tanks, amphibiens, etc. vu sous l’angle de ‘per capita,’ ou par PIB, etc. et tous les détails se discutent. Je recommande vivement une recherche rapide wikiv (militaire Grece, etc.) evid. marginalement informatif.

    Les achats profitent à l’Allemagne, la France, la GB – oh! y’a la Turquie en face…

    Il y a aussi silence sur les prés-carrés de certaines professions, p. ex. le circuit des cos. phama, les médicaments, les médécins qui prescrivent. J’ai entendu et lu que les medecins prenent 6% sur toutes les ordonnances, prescriptions. Une (ex) copine se vantait de payer ses séjours à Montreux par ce mécanisme.

    Collecter des impots c’est une chose, casser les cartels et les mafias informelles plus ou moins instituées, c’en est une autre. Le premier sans le deuxième c’est …voué à l’échec.

    Noublions pas que la Grèce n’a pas de registre foncier correct et établi, c’est un des grand problèmes. Les banques, on n’en parle pas. Le controle de la finance par Syriza (fuite des capitaux, examinations des banques, eventuelles nationalisations..) idem.

    Pas pour tapper sur les Grèques, mais pour dire que le débat est complètement vicié, factice, s’affrontent des roublards de la politique, avec des nouvelles figures (bon, on ne critique pas Syriza avant la fin du drame) un spectacle de guignols désolant. P. ex. se déchirer le chignon pour augmenter la TVA ou non c’est digne de.. les mots me manquent.. et c’est accepté par tous comme qqch de sérieux. Quand les gens crèvent de faim et de manquent de soins, sont expropriés, ne peuvent pas travailler.

    http://www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/global/Documents/Energy-and-Resources/dttl-ER-Shipping-Tax-Guide-6countries.pdf


    • reneegate Le 01 avril 2015 à 09h54
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      Vous dites donc que les experts de l’empire germano-bruxellois se sont trompés dans leur expertise en 2012. Et les experts de Goldmann Sachs avant eux. On ne peut pas retirer la souveraineté à un pays et ensuite le tenir responsable.


    • coinfinger Le 01 avril 2015 à 18h00
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      Ce sont les questions de fond , tout à fait , d’accord . Elles ne sont pas abordées , tout à fait d’accord . On a là une comédie digne d’Aristophane . De tous cotés . Peut étre la nouvelle équipe surfe t elle sur cette hypocrisie générale , pour infléchir un tant soit peu le cours des choses ?
      Sinon l’avenir Grec est trés sombre …


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