Oubliez le début sur le projet utopique Europa, et appréciez la pertinence de la vision internationale de cet homme de 89 ans…

Entretien avec Valéry Giscard d’Estaing (Président de la République française de 1974 à 1981)

La France, l’europe, le monde…

Cet entretien a été conduitpar Isabelle Lasserre (Rédactrice en chef adjointe au service étranger du Figaro)

Dans ce stimulant entretien exclusif, Valéry Giscard d’Estaing a accepté, pour Politique Internationale, de décrypter les turbulences qui agitent la planète. De la crise ukrainienne au conflit israélo-palestinien en passant par l’avancée de Daech en Irak et en Syrie, l’ancien président livre son interprétation des principaux dossiers du moment. Comme le lecteur s’apprête à le découvrir, celui qui est également le maître d’oeuvre de l’ambitieux projet Europa – la création, au sein de l’UE, d’un ensemble fort et fédératif qui permettra à l’Union de progresser sur la voie tracée il y a soixante ans par les Pères fondateurs (1) – n’a rien perdu de sa profondeur de vues, de sa force de conviction et de son humour.

Isabelle Lasserre – Monsieur le Président, quelles sont les principales raisons qui vous ont poussé à concevoir Europa ?

Valéry Giscard d’Estaing – Mon projet repose, d’abord, sur un constat. Dans le monde actuel, caractérisé par la montée des grands États, la France est une puissance moyenne, tant par sa population que par sa taille. Elle a une histoire ancienne très glorieuse qui lui a valu, par le passé, une influence mondiale et une culture toujours vivante. Mais, aujourd’hui, son économie est très affaiblie ; son produit intérieur brut stagne ; et elle est, par surcroît, en cours de désindustrialisation rapide. L’une des raisons principales à cela, en dehors du laxisme économique et financier de sa politique, tient au fait que la trajectoire qu’avaient dessinée les créateurs français de l’Europe, Jean Monnet et Robert Schuman, a été interrompue au début des années 1990. Le traité de Maastricht a été signé en 1992 entre douze États membres, dont les six États fondateurs. Or le système européen s’est brusquement élargi à seize nouveaux États membres, sur un laps de temps relativement court, sans que ses structures aient été adaptées pour accueillir les nouveaux entrants et sans que les objectifs poursuivis par l’Union leur aient été précisés. Lorsqu’il avait été suivi, entre 1950 et 1992, le chemin tracé par les pères de l’Europe avait permis d’obtenir de brillants résultats, en particulier la mise en place d’une monnaie commune. Aujourd’hui, il faut impérativement reprendre la bonne voie. C’est le sens du projet Europa qui permet aux pays qui veulent poursuivre l’intégration européenne d’en franchir de nouvelles étapes.

I. L. – L’Europe manque de leaders charismatiques, de leaders d’envergure. Qui donc peut incarner ce projet Europa ?

V. G. E. – C’est bien le problème. De tels leaders n’existent pas de nos jours. Nous assistons à la fin d’une génération. Avec l’avènement de la société de consommation, les responsables politiques se sont détournés des grands objectifs pour se consacrer à la satisfaction des besoins individuels, à dimensions electorales. Les dirigeants d’exception ont disparu. Certes, on voit apparaître une nouvelle génération dans les élections locales, en Italie, en Pologne et même en France – une nouvelle génération qui produira en son temps des leaders d’envergure internationale. Mais, en attendant, nous pourrions quand même avancer. La carence est avant tout française dans la mesure où toutes les grandes initiatives européennes ont, jusque-là, été proposées par la France. L’Allemagne, elle, s’est plus rarement mobilisée pour fournir des idées. Voilà pourquoi la France devrait aujourd’hui proposer de réunir plus régulièrement le Conseil des chefs d’État de la zone euro et de le doter d’un indispensable secrétaire général, qui devrait être français. L’Europe possède la deuxième monnaie internationale – ce qui, dans un monde en crise, comme on le constate en ce moment avec les secousses du rouble, n’est pas sans importance. Or les plus hauts responsables des États de la zone euro ne se réunissent que rarement, deux fois par an tout au plus. La situation de la France est si faible aujourd’hui qu’elle n’ose plus avancer de propositions audacieuses. Elle traverse une crise de crédibilité. Il lui faut reprendre l’initiative.

I. L. – Ces dernières années, la France a-t-elle commis des erreurs en matière de politique européenne ?

V. G. E. – La principale erreur de la France, c’est de ne pas avoir réalisé les réformes indispensables, qui sont bien connues. L’autre est d’avoir refusé d’appliquer les accords qu’elle a signés et votés dans le domaine budgétaire. Nous refusons l’application du Pacte de stabilité et de croissance (2) et nous demandons des dérogations à nos partenaires pour pouvoir maintenir un déficit budgétaire excessif et accroître encore notre endettement, ce qui constitue pour nous une bombe à retardement dans la perspective confirmée de la hausse des taux d’intérêt américains en 2015 ! Si l’on met de côté la Grèce et l’Italie, la France est, dans ce domaine, le dernier pays du groupe de la zone euro. C’est une erreur grave : elle a affaibli notre crédibilité européenne, qui avait déjà été largement entamée par le non au référendum de 2005 sur la Constitution européenne (3).

I. L. – David Cameron est-il l’homme qui fera sortir la Grande-Bretagne de l’Union européenne ? Pensez-vous qu’une telle tournure des événements serait une bonne ou une mauvaise chose ?

V. G. E. – Je souhaite vivement que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne des 28 États membres. Elle agit correctement dans ce cadre, où elle a tout à fait sa place. Mais la Grande-Bretagne a peur d’être embarquée dans un système d’intégration dont elle ne veut pas et ne voudra jamais. L’Union à 28 est un espace commercial doté de très peu de compétences d’intégration et qui n’a rien à voir avec la zone euro. Il vaut mieux que la Grande-Bretagne demeure dans l’UE : pour elle, pour nous et pour tout le monde. Son histoire est très mêlée à celle de l’Union, elle appartient au groupe des trois ou quatre grands pays européens. Ses soldats ont combattu sur le sol de la France pendant les deux dernières guerres. Ce qu’elle demande, à savoir l’arrêt de la prolifération de textes émis par les institutions européennes et le respect strict des compétences de l’Union, n’a, en réalité, rien d’excessif ; je n’en regrette que davantage la réaction négative que ces requêtes suscitent chez ses partenaires européens ; je déplore, surtout, le fait qu’il n’y ait aucune négociation avec Londres. Le ministre français des Affaires étrangères serait bien inspiré de conduire des discussions avec la Grande-Bretagne, dont les demandes devraient être calmement étudiées par les Européens et faire si possible l’objet d’un accord. Certes, la situation est difficile et compliquée depuis la victoire du parti Ukip aux élections européennes (4) et le référendum sur l’indépendance en Écosse (5) – ce qui, comme vous le savez, a suscité un débat parmi les Gallois et les Anglais. Je crois que David Cameron n’en souhaite pas moins rester dans l’Union européenne, mais il ne pourra le faire que si le prix politique à payer pour cela n’est pas trop élevé.

I. L. – Quelles seraient les conséquences d’une sortie de la Grande-Bretagne ?

V. G. E. – À court terme, il n’y aurait pas tellement de conséquences. C’est sur le plan de la vocation de Londres, une capitale monétaire largement investie dans l’euro, que les choses changeraient. On assisterait à une érosion de la position de la Grande-Bretagne. Mais pour l’Europe continentale, il n’y aurait pas de conséquences majeures.

I. L. – Quel regard portez-vous sur l’annexion de la Crimée et la déstabilisation de l’est de l’Ukraine par la Russie ?

V. G. E. – Concernant le « retour » de la Crimée en Russie, très franchement je l’ai jugé conforme à l’Histoire. J’ai relu des livres décrivant l’histoire russe du XVIIIe siècle. La Crimée a été conquise sous le règne de Catherine II, avec l’action prédominante du prince Potemkine, lorsque la Russie descendait vers le sud en direction de la Turquie dans l’idée de reconquérir Constantinople. La conquête de la Crimée fut assez dure. Elle ne s’est pas faite au détriment de l’Ukraine, qui n’existait pas, mais d’un souverain local qui dépendait du pouvoir turc. Depuis, elle n’a été peuplée que par des Russes. Quand Nikita Khrouchtchev a voulu accroître le poids de l’URSS au sein des Nations unies qui venaient de naître, il a « inventé » l’Ukraine et la Biélorussie pour donner deux voix de plus à l’URSS, et il a attribué une autorité nouvelle à l’Ukraine sur la Crimée qui n’avait pas de précédent. À l’époque, déjà, je pensais que cette dépendance artificielle ne durerait pas. Les récents événements étaient prévisibles. D’ailleurs, le retour de la Crimée à la Russie a été largement approuvé par la population. Ce n’est que lorsque les problèmes se sont étendus à l’est de l’Ukraine qu’on s’en est inquiété…

I. L. – De nombreux analystes et responsables politiques plaident pour une plus grande « compréhension » à l’égard de Vladimir Poutine. Bien que vous ayez toujours été un partisan de la détente vis-à-vis de Moscou, à l’époque de la guerre froide comme aujourd’hui, acceptez-vous qu’on puisse ainsi violer le droit international et déstabiliser un pays ?

V. G. E. – Les règles conventionnelles adoptées lors de la paix de Westphalie en 1648 (6) posaient le principe du respect de la souveraineté nationale et des frontières. En vertu de ce principe, certains estiment que l’Ukraine doit absolument conserver la totalité du territoire qui était le sien au moment de son indépendance en 1991. Mais n’oublions pas que la décomposition de l’URSS s’est faite dans la débandade et a provoqué un émiettement des frontières ! La méthode de Vladimir Poutine aurait pu être différente. Mais, aujourd’hui, la question de la Crimée doit être laissée de côté. Celle de l’est ukrainien est, en revanche, plus difficile. N’oubliez pas que l’Ukraine a longtemps été russe, Kiev fut la capitale de la Russie. Lorsque, ministre des Finances, je suis allé en Union soviétique à la demande du général de Gaulle, j’ai été reçu par Khrouchtchev à Kiev…

Pour y voir vraiment clair, il faut se demander ce qui s’est réellement passé il y a un an dans la capitale ukrainienne. Quel rôle la CIA a-t-elle joué dans la révolution du Maïdan ? Quel est le sens de la politique systématiquement anti-russe menée par Barack Obama ? Pourquoi les États-Unis ont-ils voulu avancer leurs pions en Ukraine ? Existe-t-il un lobby ukrainien influent aux États-Unis ? Les Américains ont-ils voulu « compenser » leur faiblesse au Moyen-Orient en conduisant, sur le continent européen, une politique plus « dure » contre la Russie ?

I. L. – Pensez-vous vraiment que les États-Unis sont responsables de la crise ukrainienne ? N’est-ce pas plutôt la corruption de l’équipe au pouvoir qui a provoqué le ras-le-bol des Ukrainiens ?

V. G. E. – Les deux éléments sont à prendre en compte. Il est indéniable que le pouvoir ukrainien était insupportable et corrompu. Ce qui explique, au moins partiellement, que le président Ianoukovitch ait été contraint au départ. Mais la situation est restée confuse et il faut reconnaître que la transition ukrainienne a un aspect peu démocratique. Ce sont des clans dirigés par des oligarques qui mènent le jeu. Quant aux États-Unis, ils ont probablement soutenu et encouragé le mouvement insurrectionnel. Et, ensuite, ils ont pris la tête de la politique de sanctions visant la Russie – une politique qui a enfreint le droit international. Qui peut s’arroger le droit, en effet, de dresser une liste de citoyens à qui l’on applique des sanctions personnelles sans même les interroger, sans qu’ils aient la possibilité de se défendre et même d’avoir des avocats ? Cette affaire marque un tournant préoccupant. Concernant les sanctions économiques visant non des personnes mais l’État russe, comment ne pas considérer qu’elles font du tort aux deux protagonistes – Russie et Occident – en altérant leurs échanges commerciaux ? Cette montée des tensions va continuer de faire du mal à l’économie russe. Soit dit en passant, quel est le nom de l’expert qui avait prévu et annoncé la chute des cours du pétrole ? Aucun expert n’avait anticipé cet événement ! Quoi qu’il en soit, aujourd’hui l’économie russe est fragilisée en raison de la spéculation contre le rouble qui est à son cours le plus bas, par rapport au dollar, depuis 1998. Les Américains ont-ils intérêt à provoquer la chute de l’économie russe ? Pour l’Europe, les Russes sont des partenaires et des voisins. Dans le désordre international actuel, face à la flambée des violences au Moyen-Orient, devant l’incertitude provoquée par les élections de mi-mandat aux États-Unis, il serait irresponsable de souhaiter que l’économie russe s’effondre.

I. L. – Quelle solution proposeriez-vous pour tenter de résoudre la crise ?

V. G. E. – L’Ukraine telle qu’elle est n’est pas en état de fonctionner démocratiquement. Il faut donc qu’elle se réorganise. Je souhaite que la diplomatie française prenne le leadership européen de la recherche d’une solution politique en Ukraine. Cette solution pour l’Ukraine semble être celle d’une confédération multiethnique, sur le modèle suisse des cantons, avec une partie russophone, une partie proche de la pologne et une partie centrale. Un système à la fois fédéral et confédéral, sponsorisé par les Européens et soutenu par les Nations unies.

I. L. – Dans un tel scénario, qu’advient-il de la Crimée ? On la fait passer par pertes et profits ?

V. G. E. – Je n’aime pas cette expression ; mais la Crimée, conquise – je le répète – alors qu’elle était gérée par un souverain d’allégeance turque et non ukrainienne, et où les Alliés de la dernière guerre sont venus tenir la conférence de Yalta, a vocation à rester russe !

I. L. – Si vous étiez au pouvoir, que diriez-vous à Vladimir Poutine pour lui faire entendre raison ?

V. G. E. – La gestion de la crise par Vladimir Poutine n’a pas été judicieuse. Le président russe poursuit un rêve : rétablir l’influence qu’avait jadis l’Union soviétique. Mais ce rêve n’est pas réalisable car une partie de l’empire soviétique a été construite par la force. Et quand la force n’est plus ce qu’elle était, ces méthodes ne sont plus envisageables. La Pologne et les pays baltes ne risquent rien. La Russie ne va pas se lancer dans ce type d’aventure. Mais dans les endroits qui sont en désordre politique, c’est moins évident. Il aurait fallu recommander à Vladimir Poutine de ne pas jouer avec le feu, et essayer de rechercher avec lui des solutions raisonnables. Ce qui est sûr, c’est que l’Ukraine n’entrera pas dans le système européen : c’est impossible ! Elle n’a ni la maturité économique ni la pratique politique nécessaires. Sa place est entre deux espaces, la Russie et l’Union européenne, avec lesquels elle doit entretenir des rapports normaux. Quant à l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, il n’en est, bien évidemment, pas question et la France a raison d’y être défavorable ! À présent, voulez-vous ma prophétie ? La voici : l’Ukraine risque la faillite financière. Elle demandera des aides. Qui les lui donnera ? Sans doute le FMI puisque l’Union européenne n’a pas le dispositif pour le faire.

I. L. – Sur la place Maïdan à Kiev, des Ukrainiens sont morts en défendant les valeurs européennes et en brandissant le drapeau de l’Union. Est-il possible de décevoir l’enthousiasme de ces hommes qui regardent vers nous avec autant de confiance ?

V. G. E. – Les aspirations européennes de Kiev étaient un songe. Comme ils n’entrevoyaient aucune perspective, il fallait bien que les Ukrainiens rêvent de quelque chose. Mais soyons réalistes : les Hongrois, qui sont dans l’Europe, n’en veulent plus (7), et l’Union, après sept ans, n’a pas réussi à régler de manière satisfaisante l’intégration de la Bulgarie et de la Roumanie… Pour des gens qui se sentent abandonnés, l’Union européenne est tentante. C’est une zone pacifique. Mais tout cela ne suffit pas à justifier une adhésion. En tant qu’ancienne partie de la Russie, l’Ukraine ne peut pas être dans l’Union européenne.

I. L. – Quel regard portez-vous sur Barack Obama ? On avait espéré qu’il serait un mélange de Roosevelt et de Kennedy ; finalement, il fait plutôt songer à Jimmy Carter… Quel bilan dressez-vous de sa politique étrangère ?

V. G. E. – Barack Obama est un homme humainement sympathique et chaleureux, et qui cherche à être utile. Il apporte la preuve que, surtout dans le monde actuel, l’exigence de compétences est un élément essentiel ! Prenez le président chinois actuel : il avait occupé quatre ou cinq postes d’envergure avant d’arriver là où il est…

Au début, Barack Obama était très déterminé. Il a voulu se démarquer de George W. Bush en décidant le retrait d’Irak. Mais il a commis des erreurs dans la façon dont il a géré ce retrait. Car il a voulu le compenser, aux yeux d’une partie de l’opinion américaine, par l’annonce d’un engagement supplémentaire en Afghanistan, ce qui était une cause perdue d’avance, comme l’ont expérimenté les Britanniques, puis les Soviétiques.

Quant aux comparaisons que vous effectuez, je dirais que, s’il est vrai qu’Obama ne ressemble pas à Roosevelt, il ne ressemble pas davantage à Jimmy Carter. En effet, il ne change pas d’avis, il renonce à certains projets. Mais il ne faut pas se montrer trop sévère vis-à-vis de Barack Obama, pour la raison suivante : à notre époque, l’élection se fait avant tout sur l’appréciation audiovisuelle bien davantage que sur les compétences requises pour la fonction…

I. L. – En Syrie, personne ne voit de porte de sortie à court ou moyen terme à cette guerre qui a déjà fait plus de 200 000 morts. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quelle fut la première erreur commise, quand et par qui ? Qu’aurait-on dû faire ou ne pas faire à l’époque ? Que faire aujourd’hui ?

V. G. E. – Je n’ai aucune réponse à vos questions. Nous ne comprenons pas le phénomène, ces affrontements historiques, ces querelles de frontières, cet islam extrême. Au début, s’agissait-il d’un mécontentement populaire à caractère social vis-à-vis d’un pouvoir dictatorial? D’une révolte contre la brutalité du régime ? Il fallait, d’abord, essayer de voir si le système était réformable. Il l’était sans doute. C’est alors que, progressivement, nous avons assisté à la montée d’un islam fanatique qui n’a pas de rapport direct avec la situation politique et que nous ne nous expliquons pas. La rivalité entre chiites et sunnites remonte au VIIe siècle. Pourquoi ressort-elle avec une telle violence maintenant alors qu’elle était plus modérée dans l’Empire turc ? Pourquoi exerce-t-elle autant d’attrait sur des jeunesses lointaines ? C’est une réflexion très difficile à mener mais qu’on doit conduire au niveau européen.

I. L. – Le péril que font peser sur la planète ces djihadistes de Daech ne mérite-t-il pas que la coalition s’implique davantage pour en venir à bout ? Ne faudrait-il pas aller jusqu’à envoyer des troupes au sol ?

V. G. E. – Je suis totalement opposé à une telle intervention au sol. D’ailleurs, elle ne se fera pas. Ce n’est pas à la coalition occidentale mais aux pays arabo-musulmans de régler ce problème. La solution, à mes yeux, ne peut être que régionale. Naturellement, on peut effectuer des bombardements quand c’est nécessaire techniquement pour interdire une conquête. Ce qui est plus difficile, c’est de savoir quel avenir les intéressés veulent se donner…

L’Occident, cela va de soi, doit être hostile à Daech. Mais « être contre » ne veut pas dire « éradiquer ». Ne serait-ce que parce que c’est impossible. C’est à l’Iran et à l’Arabie saoudite d’agir !

I. L. – Comment jugez-vous le jeu trouble mené par le Qatar et l’Arabie saoudite dans la région ?

V. G. E. – Ils ont fait de grandes erreurs et en subiront vraisemblablement les conséquences dans leur propre pays.

I. L. – Pensez-vous que l’initiative du Sénat et de l’Assemblée nationale visant à reconnaître un État palestinien soit une bonne chose ?

V. G. E. – C’est leur responsabilité. Pour dire les choses franchement, je ne crois pas qu’une négociation directe israélo-palestinienne puisse aboutir à un accord : les exigences des deux parties sont trop substantiellement incompatibles. Un gouvernement israélien ne peut pas accepter les demandes auxquelles l’Autorité palestinienne, quant à elle, ne peut pas renoncer ! En fait, Israël a joué de cette proposition de négociation pour apaiser son allié américain. La diplomatie israélienne mise à 90 % sur le soutien de Washington… Je pense que la solution devra nécessairement passer par les Nations unies : un vote unanime du Conseil de sécurité, sans que les Américains n’utilisent leur droit de veto, actualisant la résolution fondatrice de l’État d’Israël.

I. L. – Un vote unanime proposant quel schéma ?

V. G. E. – Un retour aux frontières de 1967 ; Jérusalem comme capitale commune d’Israël et de l’État palestinien ; mais le contenu nouveau consistera en des garanties de sécurité énergiquement défendues par la communauté internationale et, au premier chef, par les États-Unis.

I. L. – Mais le Hamas refuse de reconnaître Israël !

V. G. E. – Je le répète : on imposera au Hamas la solution qui serait décidée par un vote unanime du Conseil de sécurité.

I. L. – En quelques mots, quels sont, depuis deux ans, les points forts et les points faibles de la diplomatie française ?

V. G. E. – La conduite de la diplomatie française par le ministre des Affaires étrangères est raisonnablement compétente, dans un gouvernement qui ne l’est guère. Elle représente et défend bien les intérêts de la France.

Deux remarques : il convient d’éviter les interventions isolées dans des conflits lointains, qui font apparaître la faiblesse de nos moyens ; et de mettre fin à l’absence de la France dans les postes clés de l’Union européenne (présidences du Parlement européen, de la Commission européenne, du Conseil européen et de la Banque centrale européenne), Union qu’elle a contribué à créer.

Deux tâches diplomatiques, que j’ai déjà évoquées, sont urgentes : proposer une démarche politique pour l’Ukraine, à égale distance de l’Union européenne et de la Russie, et s’opposer à son entrée dans l’Otan ; et contribuer à la recherche d’une solution permettant à la Grande-Bretagne de rester membre de l’UE.

I. L. – Qu’auriez-vous fait de différent, dans tous ces domaines, si vous aviez été au pouvoir ?

V. G. E. – J’aurais proposé aux États membres de la zone euro qui le souhaitent de franchir une étape importante de l’intégration européenne en allant vers une Union fiscale à l’échéance de 2030 ; et j’aurais proposé, aussi, la création d’un Trésor européen gérant la dette commune.

I. L. – Monsieur le Président, si vous deviez décerner le « Prix du courage politique », à qui l’attribueriez-vous aujourd’hui ?

V. G. E. – Des géants tels de Gaulle, Roosevelt et Churchill, il n’y en a plus. Ce sont les grands événements qui mettent en valeur les grands hommes. Des Kennedy, il nous en faudrait pour s’adresser à la jeunesse. Ne désespérons pas. Peut-être, un jour, les verrons-nous apparaître…

Source : Politique Internationale, mars 2015

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RT a pu obtenir un entretien exclusif avec l’ancien président de la République française, Valéry Giscard d’Estaing, qui est intervenu lors de l’Assemblée générale de l’Association Dialogue Franco-Russe qui s’est tenue le 26 mars 2015.

L’ancien président de la France a abordé plusieurs questions d’actualité liées à la politique internationale, en particulier la situation en , la Crimée et la France.

RT : Que pourrez-vous dire sur la situation qui existe aujourd’hui sur les frontières de la Russie, en Ukraine ?

Valéry Giscard d’Estaing (VGE) : Je crois que d’abord il faut être très raisonable. Nous célébrons en commun les anniversaires des deux conflits mondiaux. Et il faut se rappeler qu’avant ces conflits mondiaux, il y a eu des situations qui ressemblaient un peu à la situation actuelle. C’est-à-dire des malentendus sur des sujets qu’on pouvait regler, qu’on aurait pu régler. Pensez, par exemple, au fameux accident de Sarajevo. Il n’y avait pas de raison qu’il enflamme . Donc nous devons être capable maintenant, lorsqu’il y a des problèmes, de les aborder avec ouverture d’esprit et exactitude. La situation en Ukraine est très difficile parce que l’Ukraine est un pays composite, dans lequel il y a des communautés humaines, historiques différentes. La question est de savoir comment ces communautés peuvent-elles finalement s’organiser pour vivre ensemble. La solution de la force n’est pas la bonne. Parce que ni d’un côté ni de l’autre, on exterminera ou éliminera les partenaires. Donc la solution, c’est de proposer un système d’organisation politique – il existe beaucoup de systèmes dans le monde – dans lequel ces deux communautés pourront vivre facilement. Et je pense qu’il faut attendre le moment ou on pourra ouvrir une vraie conférence sur l’organisation d’une confédération ukrainienne. Où est-ce que ça doit se passer, est-ce que ça doit se passer aux Nations Unies, est-ce que ça doit se passer en Europe autour des structures de l’Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe, je n’en sais rien. Mais je pense qu’il serait bien qu’en 2015, on ouvre une discussion sur l’avenir de l’organisation politique de l’Ukraine, avenir pacifique. Car l’Ukraine ne doit pas être une menace pour la Russie et ne doit pas être une menace pour l’Europe.

RT : La Crimée est souvent vue comme une menace de la Russie. Est-ce que c’est vraiment le cas?

VGE : Non. Je crois que pour la Crimée il faut être prudent, il faut regarder l’histoire. La n’a pas été conquise par l’Ukraine au XVIIIème siècle. Elle a été conquise par la Russie. En fait c’est l’impératrice Catherine II, c’est le fameux général Potemkine, qui ont ravi la Crimée non pas aux Ukrainiens, mais aux Turcs ou aux vassaux des Turcs. Et ensuite, la Crimée s’est developpée comme une province de Russie. La preuve, c’est que la dernière conférence de la dernière guerre s’est tenue à Yalta. Tous les dirigeants Occidentaux y sont venus. Et ils sont venus à l’invitation de la Russie, en Crimée. Donc je crois que pour la Crimée, la seule chose qu’il faudrait dire c’est que s’il y a des doutes sur le déroulement du referendum – puisqu’il a été quelque peu improvisé – et bien, dans un delai raisonnable de deux ou trois ans, il faudra faire un réferendum avec les garanties internationales classiques sur la question de savoir ce que souhaitent les habitants de la Crimée.

RT : Et si vous permettez une question concernant la France, puisque nous sommes dans ce pays merveilleux. Le premier tour des élections départementales le weekend dernier et le second à venir montrent peut-être une tendance? Les gens votent d’une nouvelle manière, est-ce que c’est vraiment une tendance?

VGE : Il y a un changement, pas seulement en France, mais dans la plupart des pays. C’est le cas aux , c’est le cas en Espagne, c’est le cas en France. Il y a de nouvelles formes d’expression politique. C’est probablemement dû au dévéloppement des nouveaux moyens de communication, notamment des moyens de communication des réseaux. L’opinion souhaite s’exprimer. Et donc il faut faire très attention: ces votes n’expriment pas l’adhésion à un programme. Ils expriment le désir d’exprimer quelque chose, ce qui est différent. Et donc il faut les prendre comme une contribution, et non pas comme une provocation.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Source : RT, mars 2015

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

64 réponses à “Avec leurs sanctions contre la Russie, les États-Unis ont enfreint le droit international”, par Valéry Giscard d’Estaing

Commentaires recommandés

Chris Le 30 mars 2015 à 00h40

“Il aurait fallu recommander à Vladimir Poutine de ne pas jouer avec le feu”
Chassez le naturel, il revient au galop. L’honnêteté intellectuelle ne l’étouffe pas. C’est l’Union Européenne qui, dans sa gloutonnerie, a joué avec le feu en appâtant l’Ukraine. D’autant plus que dans le même paragraphe, il reconnaît que l’élargissement de la Bulgarie et Roumanie a été bâclé et pose problème (et quelques autres pays qu’il n’a pas le courage de mentionner). Bon j’arrête là les commentaires, sinon je vais exploser.

  1. Chris Le 30 mars 2015 à 00h40
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    “Il aurait fallu recommander à Vladimir Poutine de ne pas jouer avec le feu”
    Chassez le naturel, il revient au galop. L’honnêteté intellectuelle ne l’étouffe pas. C’est l’Union Européenne qui, dans sa gloutonnerie, a joué avec le feu en appâtant l’Ukraine. D’autant plus que dans le même paragraphe, il reconnaît que l’élargissement de la Bulgarie et Roumanie a été bâclé et pose problème (et quelques autres pays qu’il n’a pas le courage de mentionner). Bon j’arrête là les commentaires, sinon je vais exploser.


  2. naz Le 30 mars 2015 à 00h49
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    …dans trente cinq ans, quand nous donnerons quelques satisfécits aux dires de François Hollande, en pensant, finalement il n’était pas si con, c’est que nous serons tombés bien plus bas qu’il est possible d’imaginer aujourd’hui!


  3. STAN Le 30 mars 2015 à 01h07
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    • ulule Le 30 mars 2015 à 09h07
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      Rappel intéressant :
      L’ineptie des sanctions économiques, par Arnaud Dotézac (et pourquoi la Crimée pourrait avoir été russe depuis 1991…)
      http://www.les-crises.fr/l-ineptie-des-sanctions-economiques-par-arnaud-dotezac/

      Arnaud Dotézac est directeur de la rédaction du magazine market, édité à Genève et spécialiste de géopolitique, en particulier du monde arabo-musulman et du sous-continent indien. Il est également chargé de cours en droit comparé à l’Université de Genève et membre du Centre d’histoire et de prospective militaire suisse (CHPM).


  4. Abemus Le 30 mars 2015 à 01h41
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    (hors-sujet… ou pas)

    Traitement scandaleux par ARTE de l’information à destination de nos enfants

    je ne sais pas trop ou mettre ça alors je le glisse ici car il n’y a pas encore de commentaire.
    Je viens de regarder le journal Junior d’arte (pour les enfants donc). J’étais curieux de voir comment il pouvait envisager cet exercice pour le moins délicat.

    Le traitement d’un sujet à m’a choqué. Ma première réaction a été de partager ça par mail avec Olivier B.

    Voici un copie de mon courriel :

    scandaleux :

    ARTE JOURNAL JUNIOR
    un journal d’information pour les enfants… houlala, pas évident a traîter…
    voyons ça de plus pres…

    Passage a regarder sur Arte+7 / onglet junior (http://www.arte.tv/guide/fr/057056-013/arte-journal-junior?autoplay=1)
    à partir de 5’30

    sujet : le crash d’un avion dans les Alpes.

    introduction du sujet par la journaliste :
    “(…) un avion qui s’écrase, est-ce que cela arrive souvent ?”

    début du reportage :
    (voix off)
    “Quand un avion s’écrase, il est très difficile de comprendre ce qu’il s’est passé, (…) du coup tous les avions sont équipés de boîtes noires qui enregistrent tout (…). Il y a plusieurs raisons pour expliquer les crashs : parfois c’est un problème technique comme pour le vol Rio-Paris en 2009 (…), il arrive aussi que ce soit une erreur de pilotage ou de mauvaise condition météo, ou les deux, comme lorsque l’avion du président polonais c’est écrasé en Russie – le brouillard empêchait le pilote de bien voir et il n’a pas réagit comme il aurait du. Parfois aussi les avions s’écrase parce qu’ils sont visés par un missile à cause de la guerre, comme cet été en Ukraine lorsque un avion de la Malaysia Airlines qui survolait le pays en guerre a été pris par erreur pour un avion militaire (+ illustration d’un missile type buk au sol qui tire sur une silhouette d’avion de ligne). (…) rassuront-nous les accidents d’avions reste extremement rare… (…)

    J’imagine que vous tiquer vous aussi, non ?
    les exemple choisis par la rédaction sont pour le moins étranges… On parle bien ici d’un sujet sur les accidents d’avion en général. Seuls deux exemples de crash sont cités et il s’agit du crash entraînant la mort du président polonais et de celui en Ukraine ! c’est dingue non ? Dans les deux cas la Russie est accusé !

    1- le choix du crash Tupolev 154 transportant le président polonais pour illustrer un cas d’accident lié à la météo/erreur de pilotage.

    Il y avait pourtant des dizaines de cas (sûrs) ou la météo/ l’erreur de pilotage sopnt la ou les causes (certaines !). Pourquoi celui-ci ?

    Peut-être parce que depuis peu, l’enquête est remise en cause et que le suspect numéro un n’est plus le brouillard, mais (roulement de tambour..) La Russie !

    Slate du 12 avril 2014 : «Est ce que Poutine a fait disparaître le gouvernement polonais en 2010?» (lire ici : http://www.slate.fr/monde/85917/dailybeast-complot-poutine-disparaitre-gouvernement-polonais-2010)

    Le Parisien du 27 mars 2015. Un article intitulé : “Crash de l’avion présidentiel polonais: les contrôleurs russes inculpés à Varsovie” (lire ici: http://www.leparisien.fr/faits-divers/crash-de-l-avion-presidentiel-polonais-les-controleurs-russes-inculpes-a-varsovie-27-03-2015-4642945.php)

    Bon, il est calir qu’il y a tout un tas d’articles sur le sujet mais l’on peut être sûr de plusieurs choses :

    – Des doutes subsistes quant à la cause réelle du crash
    – La Russie y est mêlé
    (- Il est de toute façon légitime de douter lorsqu’un avion présidentiel se crash)

    N’y avait-il pas meilleur exemple pour illustrer un crash dont la cause est : météo/pilotage ?

    2- Le crash de l’avion en Ukraine comme exemple numéro deux pour expliquer à nos enfant les différentes manières dont peut arriver un accident d’avion.

    Pas la peine que je détaille les quelques doutes qui subsistent sur ce cas…

    finalement ont ne saura rien sur l’avion dans les Alpes… (qui est lui aussi un cas de crash assez peu courant et dont l’enquête comme pour deux des trois exemples choisis est toujours en cours…)

    Bref on retiendra que quand un avion s’écrase, les russes ne sont jamais loin

    Oh ! c’est BHL le rédac’ chef ou quoi ?

    Merci de m’avoir lu.


    • Olposoch Le 30 mars 2015 à 15h48
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      Merci pour le lien… je n’ai plus de télé depuis la naissance de ma fille (16 ans en avril), mais toujours curieux de ce que les autres avalent là-bas.

      Je souligne simplement la formule
      “a été pris par erreur pour un avion militaire”
      outre que rien ne permet une telle affirmation, puisque l’enquête est vérouillée de l’intérieur, on voit bien le procédé:
      L’avion, s’il a été pris, dans cette zone pour un avion militaire, ce ne peut être qu’un avion du gvt Ukrainien, les insurgés n’ayant pas d’aviation, et donc les coupables sont forcément ceux qui voulaient descendre un avion militaire du gvt de Kiev…
      CQFD

      Juste avant:

      le journal s’ouvre sur les jolis nenfants tellement spontanés en Afrique (hors zones bombardées), y’a bon les petits enfants noirs qui récitent leur texte, avant d’enchaîner sur un truc ou tout est mauvais, l’image, la présentatrice, les enfants choisis…
      Les enfants sont plus spontanés et intuitifs lorsqu’on respecte leur monde, sans vouloir leur faire jouer les enjeux des “adultes”).

      ouarf ouarf “la presse fait partie de notre quotidien”… c’est connu si les parents achètent de moins en moins la presse écrite, les enfants par contre…
      Suit un sujet faisant la promo des journaux papiers, s’il vous plait, les enfants, promettez-nous de continuer à acheter le monde, libé, le figaro et valeurs actuelles, vraiment, c’est important…

      “parce que la lecture est plus agréable qu’un écran d’ordinateur”
      (un CAP de dactylo est ce qu’il vous faut…)
      “les journaux racontent ce qu’il se passe”
      (toute la vérité, rien que la vérité)
      “bien sûr parfois il faut aller à l’étranger”
      (illustration: aller se faire filmer avec quelque chose en arrière plan…)
      “dans un pays démocratique, les journalistes peuvent aborder tous les sujets”
      (comme ceux du Figaro qui sont libres de critiquer le Rafale de leur propriétaire, c’est juste qu’ils choisissent librement de plutôt l’admirer…)
      “ce n’est pas temps l’argent gagné qui compte, la richesse tient aussi aux rencontres et aux expériences qu’ils vivent en étant sur le terrain”
      (les enfants de Joffrin sont d’accord que les enfants des pigistes doivent se nourrir essentiellement de rencontres et d’expériences)

      ARTE fait une audience dérisoire, les programmes les plus racoleurs peinent à afficher plus de 1,8% sur un compteur unique et douteux, le seul, médiamétrie…
      (mediametrie dont le siege est dans la baronnie des Balkany, dont les servitudes, le capital, les méthodes restent très opaques, qui continue de dicter sa loi aux mondes économiques et politiques en mal de promotion…)

      Je connaissais des gens à ex-“le Mouv'” devenu “mouv”, ils savaient que personne ou presque ne s’intéressaient à eux, l’audience est dérisoire, et donc étaient libres de se faire plaisir, inviter, aller dans les festivals, les spectacles… les live, les chroniques… un vrai plaisir financé par l’état, mais pour les quelques précaires ou non qui avaient la chance…
      ARTE c’est autre chose, l’audience est également dérisoire, mais les investissements sont faits pour créer du contenu, éventuellement repris ailleurs comme référence.


      • Manant Le 30 mars 2015 à 20h59
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        Pareil, j’ai supprimé la télé à la naissance de ma fille, il y a une trentaine d’année. Résultat : elle n’a pas jugé utile d’avoir la télé et sa soeur cadette non plus : pas de télé, et elles sont bien dans leur peau. Quand on aime ses enfants, on évite de les empoisonner pour la vie, de les livrer au viol permanent des publicitaires et des manipulateurs d’opinion.


    • ulule Le 30 mars 2015 à 18h32
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      ‘Reuters lied’: MH17 witness says reporter falsified testimony. Published March 30
      http://rt.com/news/245141-reuters-witness-misreport-mh17/


  5. Abemus Le 30 mars 2015 à 01h54
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    Désolé pour les fautes, j’ai écris trop vite…

    Les commentaires sont ouverts sur le site d’Arte donc si vous êtes vous aussi choqué, n’hésitez pas à laisser vos remarques, c’est financé par nos impôts.


    • ulule Le 30 mars 2015 à 09h37
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      Lien ?


      • Abemus Le 30 mars 2015 à 09h46
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        mon premier post (celui d’ 1h41) était en attente de modération… (il est revenu apres pas mal d’heures d’attente

        lien : http://www.arte.tv/guide/fr/057056-013/arte-journal-junior?autoplay=1

        à partir de 5’30 min…


        • claude Le 30 mars 2015 à 16h34
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          Merci Abemus.

          DIABOLIQUE !
          Je ne pensais pas qu’ils iraient jusque là !
          INADMISSIBLE !
          BHL ? et? derrière BHL? SORROS ?


  6. boduos Le 30 mars 2015 à 02h00
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    cette interview sonne comme un testament politique ( et non pas physique car je souhaite longue vie à ce président atypique qui voulait faucher l’herbe du programme commun sous les pieds de Mitterrand.)
    n’empêche que le traité de Lisbonne c’est sa rédaction
    n’empêche que de Gaulle,un des grands du 20eme siècle déclare -t-il , il lui a bien savonné la planche (oui,mais…)
    et il a toujours été appelé le “petit télégraphiste de Moscou” et je veux bien croire que son penchant (logique) pour la Russie soit sincère.
    les personnalités de chacun sont faites de paradoxes ,nous mêmes sommes concernés , allons à l’essentiel!


  7. ploi Le 30 mars 2015 à 02h27
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    “Mais, aujourd’hui, son économie est très affaiblie ; son produit intérieur brut stagne ; et elle est, par surcroît, en cours de désindustrialisation rapide. L’une des raisons principales à cela, en dehors du laxisme économique et financier de sa politique, tient au fait que la trajectoire qu’avaient dessinée les créateurs français de l’Europe, Jean Monnet et Robert Schuman, a été interrompue au début des années 1990.”

    La principale raison étant peut-être qu’une grande partie de la population française ne croît plus en la France.
    Sauf que de ça, Giscard d’Estaing ne peut s’exonérer.

    Arriver en 1974, 5 ans après De Gaulle, et dire déjà, et continuer à le répéter inlassablement, que “la France est une puissance moyenne, tant par sa population que par sa taille”.
    Merci. On sait… Même à ENA moins 15, on sait…

    Mettre ses pas dans les traces encore fraîches de ceux du Général et nous faire comprendre qu’on ne peut plus grand chose sauf à s’en remettre à un pouvoir étranger (Bruxelles, Berlin aujourd’hui ?), jolies perspectives pour un peuple, dont le traumatisme de 1940 reste encore vivace 75 ans après (alors en 1974…), que de perdre souveraineté et fierté.

    Ah le dieu “Marché” ! Ah le rêve commun du déficit à 3% de PIB ! ! Ah Jean-Claude Junker !

    C’est comme se lever le matin et se rappeler qu’on est qu’un type moyen, qui ne peut pas grand chose et dont finalement le monde pourrait se passer. Les belles journées qui s’annoncent…

    Mais sinon, il comprend quand même un peu mieux le monde que Sarkollande. Et aussi, il gère mieux les finances d’un pays. Ce qu’on en est amené à regretter quand même…


  8. valles Le 30 mars 2015 à 08h16
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    Quel debut de semaine… avec la France qui prepare son prochain traité Lisbonien pour le Tafta et les crises qui s’amourache d’un ancien paria de la république c’est du shock testing a haute dose.


  9. Patrick Luder Le 30 mars 2015 à 08h38
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    Ah ben tu vois Olivier, qu’il y a qqch de bon à tirer des soixantehuidard … ce n’était pas les 30 glorieuses pour rien ;o)


  10. couci couça Le 30 mars 2015 à 08h38
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    Pourquoi, pourquoi ?
    Parce qu’un pouvoir fort en ex URSS , en ex Russie , dans les Balkans, dans l’ ex Empire Ottoman était nécessaire pour contenir les forces centripètes .
    Les populations occidentales européennes sont relativement homogènes : elles partagent une culture, une religion communes ou voisines .
    Ailleurs il n’en est rien .
    A part ça je ne vois pas ce qu’apporte le discours d’un VGE .
    Mais en tant qu’ancien PR , de la fin des trente glorieuses, je lui reconnais volontiers le droit de s’exprimer .
    Mais sauf erreur il a été un ardent propagateur de l’idéologie libérale qui coupe l’ herbe sous le pied de politiques nationales , redistributrices , ce que l’on appelle sociales démocrates .
    Celles-ci sont mortes car avec la désindustrialisation, la mondialisation ,l’endettement etc , et il n’y a plus rien à redistribuer .
    Mêmes les secteurs régaliens sont en péril faute de moyens et sous l’influences de lobbies ad hoc .
    Bref le NOM s’impose partout par contournement de la voie démocratique .
    Et la démocratie n’est plus qu’une coquille vide . Dont on peut gloser mais
    aux mains de politiciens plus aptes à manipuler , mentir et à faire carrière qu’à diriger .
    La chose publique n’est plus qu’un objet du passé , un fantasme .
    Pensée unique , TINA et langue de bois ….
    Nous en sommes là .
    Transformés en veaux et en temps de cerveau disponible aux mains des superstructures .


  11. Crapaud Rouge Le 30 mars 2015 à 09h13
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    L’opinion de VGE ne diffère pas fondamentalement de la propagande occidentale.

    D’abord il fournit à Poutine une motivation pour “envahir l’Ukraine” : “N’oubliez pas que l’Ukraine a longtemps été russe, Kiev fut la capitale de la Russie. Lorsque, ministre des Finances, je suis allé en Union soviétique à la demande du général de Gaulle, j’ai été reçu par Khrouchtchev à Kiev…

    Ensuite, après cette question grossièrement tendancieuse : “Si vous étiez au pouvoir, que diriez-vous à Vladimir Poutine pour lui faire entendre raison ?” il répond : “La gestion de la crise par Vladimir Poutine n’a pas été judicieuse. Le président russe poursuit un rêve : rétablir l’influence qu’avait jadis l’Union soviétique.“.

    On pourrait se demander : mais qu’est-ce qui fera enfin entendre raison au camp occidental ? Il poursuit un rêve : éliminer la Russie. Bref, cette interview ne va pas brusquer les Européens dans leurs convictions…


  12. Dizalc'h Le 30 mars 2015 à 09h43
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    Je le trouve plutôt lucide personnellement pour 89 ans, bien plus que les quadra/quinquas actuels aux manettes en tout cas…
    Et, contrairement à ce que certains affirment ici, il prend une position largement opposée au camp occidental traditionnel que l’on entend depuis le début de la crise, n’en déplaise à certains…


    • Crapaud Rouge Le 30 mars 2015 à 10h37
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      position largement opposée au camp occidental” : sur la Crimée, mais pas plus, et en se référant à l’histoire longue, ce qui n’est pas très utile pour défendre la légalité de son rattachement à la Russie.


      • Dizalc'h Le 30 mars 2015 à 11h43
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        Nous n’avons pas lu la même interview Crapaud Rouge, ou vous êtes aveuglé par votre grille de lecture; Reprenez les éléments en jaune fluo qu’Olivier à pris le temps de mettre en perspective; Et vous verrez (si tant est que l’on veuille être objectif) que la position de VGE, est, en bien des points, opposée au discours ambiant de l’Occident…
        Entre autre, et contrairement à ce que vous dites,
        – il implique officiellement la CIA en questionnant son rôle…
        – Il met totalement en avant la “politique systématique anti-russe”…
        – Il relève la manipulation US qui “avance ses pions en Ukraine”…
        – Contrairement à la journaliste qui sous entend que c’est la corruption des dirigeants Ukrainiens l’origine du conflit et non les US, il implique les deux…
        – Il reconnait les US ont soutenu et encouragé le mouvement insurrectionnel…
        – Il remet en cause officiellement la stratégie US des sanctions en les qualifiants de violation du droit international…
        – Il y ajoute le fait que c’est un danger économique pour l’UE etc…
        – Il s’oppose à l’entrée de l’Ukraine dans l’ue ET dans l’Otan…
        – Il est contre l’interventionnisme militaire à tout va dans le monde… etc…
        – etc, etc.
        Si cela ne vous suffit pas comme différenciations avec le discours ambiant propagé dans les médias… Nous n’avons pas lu la même chose… 😉


        • Alain C Le 30 mars 2015 à 13h12
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          Je pense pour ma part que vous y avez “trouvé” ce que vous y cherchiez désespérément.
          Les attaques contre Poutine anihilent totalement ses tentatives désespérées de maintenir son statut de “sage”
          Il me fait plutôt penser à quelqu’un qui tente de se raccrocher aux branches du vent qui tourne
          Il y a longtemps qu’il n’a plus aucun crédit à mes yeux


          • Dizalc'h Le 30 mars 2015 à 14h03
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            ? je vous en prie de développer, en quoi je “chercherai désespérément” quelque chose dans une interview mise à disposition sur un blog? Je n’ai fait que “lire” et “relever”, tout comme Olivier, les points de divergences avec la propagande habituellement servie.

            Je vous prie de bien vouloir également démontrer les “attaques contre Poutine”? J’ai eu beau relire l’interview, je n’y ai rien vu de tel…
            Ce n’est tout de même pas parce qu’il parle des “désirs de Poutine de revenir vers une grande Russie”? Car, en quoi parler d’éléments factuels et de notoriété publique, serait de la propagande? Il ne faudrait tout de même pas tomber dans “l’angélisme”… 😉

            C’est à se demander “qui se raccroche aux branches”, en essayant de dépeindre toute personnalité politique ne “vénérant” pas Poutine, comme “impropre à comprendre les tenants et aboutissements de la situation”…

            Ce blog se veut d’information “alternative à ce qui est propagé uniformément dans les mass médias”, mais, que je sache, Olivier n’angélise pas non plus Poutine? Le but n’est pas de dire qu’il a forcément raison? Mais juste de montrer le traitement “partial” de l’information… et les dessous cachés;
            N’en faites pas autant svp


            • Alain C Le 30 mars 2015 à 17h08
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              @Dizalc’h

              Désolé pour une réflexion qui ressemblait à une attaque personnelle, ça n’était pas mon intention, et je vous prie de m’en excuser.

              C’est simplement parce que votre commentaire réveillait en moi l’impression d’une attitude contre laquelle je combat depuis toujours.

              VGE a été battu en 81 pour des tas de raisons que je partageais, et je n’ai pas changé d’opinion.

              Ces gars là ne changent pas.

              Il a été un promoteur de l’Europe, et il persiste et signe.

              Je n’ai pas besoin de préciser ici tout le mal qui en est résulté.

              L’Europe doit être éliminée, point barre, et tout promoteur de cette infamie méritera la même attitude de ma part.

              [Je vous prie de bien vouloir également démontrer les “attaques contre Poutine”]

              quand on lui a posé la question propagandiste :

              [Si vous étiez au pouvoir, que diriez-vous à Vladimir Poutine pour lui faire entendre raison ?]

              Comme l’a remarqué Crapaud Rouge, il n’a pas protesté, au contraire il a dit :

              [V. G. E. – La gestion de la crise par Vladimir Poutine n’a pas été judicieuse.]

              De quel point de vue?

              Si Poutine n’avait pas manifesté un calme presque incompréhensible dans les différentes étapes de l’année dernière, nous serions peut-être déjà en guerre.

              Les US en rêvait, l’europe suivait, mais grâce à la gestion extraordinairement raisonnable de Poutine, ça ne s’est pas produit

              puis : [Le président russe poursuit un rêve : rétablir l’influence qu’avait jadis l’Union soviétique.]

              et toc, le vicieux.

              Que Poutine veuille restaurer la place légitime de son pays dans le paysage international est légitime.

              Là, il reprend le thème implicite en sous entendant …. en envahissant la Crimée (qui a choisit), puis l’Ukraine, puis pourquoi pas la Pologne et les Pays Baltes (heureusement l’oncle sam veille…)

              Bref, il reprend la doxa à son compte, tout en ayant l’air de ne pas y toucher

              [C’est à se demander “qui se raccroche aux branches”]

              Simple, il ne vous a pas échappé qu’en ce moment, le vent tourne.

              Beaucoup de nos politiciens et commentateurs commencent à se rendre compte que le vent est en train de tourner.

              La Russie ne s’est pas effondrée, la Crimée restera Russe, les sanctions sont néfastes aux européens et les USA sont en train de perdre pied un peu partout

              “Peut-être qu’il serait temps de prendre un peu de recul, de hauteur de vue, et se rapprocher de la Russie, on ne sait jamais….”

              Ce genre d’attitude ne peut recevoir aucune considération de ma part.

              Ce que je lui reproche réellement, et à tous ceux qui se reconnaitront dans un proche avenir “une sympathie pour la Russie”, c’est de ne pas avoir dit cela il y a un an, quand tout le monde tirait à boulet rouge sur les russes, sachant très bien qu’ils mentaient tous honteusement.

              C’est la même mentalité qui fera réélire Sarkozi en 2017, parce que finalement, c’était moins pire, voire Hollande lui-même parce qu’il aura trouvé une pirouette d’ici là.

              Non, ces gens là ne change pas, et une fois que les choses sont claires pour moi, je ne leur accorde plus aucun crédit.


          • Roscanvel Le 30 mars 2015 à 15h17
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            Ne demandez pas à Valery Giscard D’Estaing d’être ce qu’il ne peut être. Je suis d’accord avec “Dizalc’h”. Je n’ai aucune sympathie pour VGE. Mais pourquoi voulez-vous qu’à son âge qu’il est besoin de “se raccrocher aux branches”? La déclaration de VGE n’est pas à analyser en fonction de ce que peut nous inspirer le personnage, mais par rapport à sa critique de la politique de l’OTAN ( dont il est partisan), par rapport à sa critique des positions occidentales, notamment celle du gvt français. Il est à contre-courant de la campagne médiatique, c’est en cela que je juge cet interview.


        • Crapaud Rouge Le 30 mars 2015 à 13h17
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          Bien vu, Dizalc’h, je ne vais pas tout relire pour vérifier, pas le temps, mais c’est vrai qu’à bien lire on y trouve ce que vous dites. Mon point de vue n’est pas faux pour autant, car le commun des mortels ne prête pas une grande attention à ce qui se présente, dans le texte, comme des “considérations”. Par exemple, ces sanctions qui enfreignent le droit international : c’est une grande nouveauté dans le paysage propagandiste, certes, mais qui apparaît ici comme étant la seule opinion de VGE, une opinion certes autorisée mais qui ne fait pas le poids. Le lecteur lambda en retiendra qu’il n’y pas d’illégalité à exercer ces sanctions, c’est-à-dire “pas d’illégalité reconnue”. La propagande se trouve donc confirmée… Mon raisonnement est discutable, mais il n’est pas absurde.


    • Crapaud Rouge Le 30 mars 2015 à 10h52
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      Il aurait dû se révolter contre la question : “que diriez-vous à Vladimir Poutine pour lui faire entendre raison“, car il n’y a pas à “faire entendre raison” à Poutine qui est un dirigeant tout à fait raisonnable, sûrement plus que les néocons de Washington. Cette histoire de “raison”, qui ne repose sur rien de tangible, qui n’est qu’un jugement global, vague et flou, n’en constitue pas moins l’un des pivots de la propagande. Ne pas contester ce point, même si par ailleurs on se déclare en désaccord sur beaucoup d’autres, ne fait pas de vous un contestataire, mais un partisan.


    • Crapaud Rouge Le 30 mars 2015 à 11h11
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      faire entendre raison” à Poutine présuppose que les Occidentaux seraient dépositaires d’une “raison” dont il serait dépourvu. C’est hallucinant ! Rien n’est jamais arrêté dans les relations internationales, rien n’y est jamais définitif, et il n’y a pas de mode d’emploi qui permettrait de distinguer objectivement le raisonnable du déraisonnable. Bien sûr, chacun est libre de juger, et donc de penser si telle ou telle chose est raisonnable ou pas, mais ce jugement ne devrait en aucun cas être avancé comme un argument “raisonnable” (!) pour dicter une politique. Or, c’est exactement ce à quoi on assiste : Poutine n’est pas “raisonnable”, c’est à lui de “plier” ! Il est clair que le bon sens a depuis longtemps plier bagages au sein des chancelleries occidentales ! (Lire aussi le commentaire d’ulule Le 30 mars 2015 à 09h07 et surtout son lien vers les-crises, très intéressant.)


      • languedoc 30 Le 30 mars 2015 à 17h33
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        Sont déraisonnables tous ceux qui ne partagent pas les prises de positions du camp
        occidental, donc Poutine.
        Il est gentil VGE de proposer un deuxième référendum pour la Crimée, mais l’accepter serait reconnaître que le premier n’était pas valable et donc que le rattachement à la Russie ne l’est pas non plus. Il dit bien que la Crimée est russe et n’a jamais été ukrainienne, mais bon…il finasse un peu trop à mon goût.
        Quand Il reconnaît l’implication de la CIA dans les événements ukrainiens, c’est parfait, mais l’aurait-il fait s’il était à la place de Hollande aujourd’hui?


  13. Bordron Georges Le 30 mars 2015 à 09h55
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    C’est curieux! j’ai longtemps voté pour lui et pour les Républicains Indépendants. A l’époque j’y croyais.
    Mais il a beau jeu de dire que «le système européen s’est brusquement élargi à seize nouveaux États membres, sur un laps de temps relativement court, sans que ses structures aient été adaptées…, les objectifs …, précisés».
    Mais c’est 1985 qu’a commencé l’extension indéfinie de l’Union Européenne. C’est sous sa présidence qu’aurait dû être engagé un véritable rapprochement politique des 9 ou 10 Etats. C’était déjà difficile, surtout avec les positions de la Grande-Bretagne, mais c’était à cela qu’il fallait pousser.
    C’est parce que il n’y avait plus de véritable évolution politique que la Commission s’est engagée dans cette extension idiote et incontrôlée, poussée par les évènements de la chute du mur de Berlin et uniquement pour des motifs économiques. Les apparatchiks et les technocrates des instances européennes en ont profité pour s’arroger tous les pouvoirs. Et ce traité c’est lui qui y a contribué pour les 12, les 15, les 25, …
    Il parle du traité de Maastricht en 1992. Trop tard! L’extension des limites avaient rendues mortifères les clauses du traité qui n’avait même pas été préparé politiquement, pour les 10.
    C’est à l’époque qu’il aurait dû exprimer ses paroles d’aujourd’hui. Il aurait dû s’y opposer en rappelant la nécessité préalable d’un vrai rapprochement des populations (et non par un lavage médiatique des cerveaux.
    Ceci étant, je pense qu’il n’aurait jamais fait entrer la France dans l’OTAN, ni soutenu la politique des USA envers la Russie. Mais évidemment, il n’y a plus de Républicains Indépendants!


  14. Olposoch Le 30 mars 2015 à 10h09
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    Cool
    Hollande ressuscite Sarkozy
    Qui nous a fait regretter Chirac
    Chirac qui a rendu son aura à Mitterrand
    Et donc
    VGE
    …yay…


  15. Mélissa Le 30 mars 2015 à 10h45
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    VGE :

    “Or le système européen s’est brusquement élargi à seize nouveaux États membres, sur un laps de temps relativement court, sans que ses structures aient été adaptées pour accueillir les nouveaux entrants et sans que les objectifs poursuivis par l’Union leur aient été précisés…”

    Il se fout de qui ?…Les nouveaux entrants n’ont pas lu les traités avant de les signer, ou bien est-ce l’aveu qu’ils comportent des implications cachées, non explicitées et hors de portée de la compréhension de responsables politiques et à fortiori des citoyens ?
    Quel est la part du lobbying forcené dans le fait que certains États aient voulu signer ces traités “sans les comprendre ?…
    Qui a falsifié les comptes de la grece pour la rendre euro-compatible ?
    Qui avait intérêt au blocage prévisible de l’UE en rassemblant un maximum d’économies hétéroclites sous les mêmes règles contraignantes ?

    “J’ai été moi-même le témoin des agissements de l’ambassadeur américain à Bratislava qui distribuait des sommes considérables aux opposants du Premier Ministre, Vladimir Méciar, qui souhaitait intégrer l’Union européenne sans intégrer l’OTAN.”…

    http://asorte.fr/wa_files/Bulletin_20n_C2_B017_202014.pdf

    Les ravages sociaux de l’euro, une stratégie délibérée …

    http://www.lalettrevolee.net/article-les-ravages-sociaux-de-l-euro-une-strategie-deliberee-109713727.html

    http://www.alterinfo.net/Les-debuts-nazis-de-l-OTAN-ou-comment-l-occident-realisa-les-objectifs-d-Hitler_a78304.html


  16. Alae Le 30 mars 2015 à 11h30
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    Ce à quoi on pouvait s’attendre, ni plus ni moins. Beaucoup de contradictions, peu d’originalité, on reste dans le dans le manque de vision et le robinet d’eau tiède hexagonal.
    Même Kissinger et Gorby font mieux.
    Un point marrant : c’est moi ou il traite clairement Obama d’incompétent ?


  17. lesimple Le 30 mars 2015 à 11h35
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    Ce qu’il y a surtout de significatif c’est l’obstination incroyable du journaliste à accuser la Russie !


  18. jose Le 30 mars 2015 à 11h36
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    Il est bien placé pour donner des leçons cet atlantiste, qui nous a vendus au dollars.


  19. Arnold99 Le 30 mars 2015 à 11h40
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    @alae

    Vous faites référence à un trio extraordinaire qui sont à l’origine de vrais désastres.

    Je ne pense pense pas que ces gens ne savait pas ce qu’ils faisaient…..

    Pour les caractériser, je vous cite Amiel qui disait de Voltaire

    “Beaucoup d’esprit et de malice, peu d’entrailles, point de naïveté”


  20. Un naïf Le 30 mars 2015 à 12h36
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    Jean Money, le bien-nommé, fondateur de l’europe, mais surtout au service de la CIA et des banques, comme son collègue Shumann… on comprend mieux comment on en arrive aujourd’hui à un tel degré d’asservissement !!

    Enfin, les charlies croient encore que c’est un truc qui a été créé pour préserver la paix en europe, c’est l’essentiel !!

    http://www.atlantico.fr/decryptage/schuman-monnet-fondateurs-europe-cia-circus-politicus-christophe-deloire-christophe-dubois-283741.html


  21. adrien Le 30 mars 2015 à 12h47
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    La question des sanctions économiques décidées par les EU à l’encontre de la Russie est le cœur de l’article, avec le sujet de la Crimée qui a servi de prétexte à ces sanctions.
    Or il existe un organisme international, l’OMC, que VGE aurait pu citer, qui défend la liberté du commerce et le libre échange (à tout crin). Un organisme à l’égal du FMI et de la BM, qui place la valeur commerce au dessus de toute autre (culturelle,sanitaire, écologique, et même politique …).
    Sauf si l’un de ses membres les plus puissants ..décide de sanctionner tel ou tel État .

    C’est pourquoi la Russie a décidé de porter plainte à l’OMC en septembre dernier pour violation des principes de cet organisme, qui dispose de l’Organe de règlement des différends.
    En attendant cet hypothétique règlement (12 à 15 mois), la Russie a décidé à son tour un embargo sur des produits alimentaires provenant de l’UE et des EU .
    Et vous savez quoi ? l’UE envisage de saisir l’OMC pour cet embargo qui couterait 12 milliards/an à l’UE en export de produits alimentaires et agroalimentaires .
    Les organismes internationaux et leurs doubles standards …

    http://ultraliberalisme.online.fr/OMC.htm


  22. balthazar Le 30 mars 2015 à 13h41
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    Bien vu le lien sur Babitski , je fais suivre pour les neuneus qui le parlent encore d’annexion de la Crimée.
    Peut être ouvriront ils eux aussi les yeux ?


  23. Homère d'Allore Le 30 mars 2015 à 15h56
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    Pendant ce temps là, Soros montre le chemin à suivre pour l’UE chérie de VGE…

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/george-soros-pret-a-investir-1-milliard-de-dollars-en-ukraine-464848.html


    • Renaud 2 Le 30 mars 2015 à 16h15
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      “Le philanthrope et financier”… Faut absolument que je relise 1984. La philanthropie, c’est l’extermination de l’humanité. On va bien finir par y venir…


      • P&MO Le 30 mars 2015 à 17h11
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        Dossier intéressant :
        Enquête consacrée à la technocratie, classe dirigeante globale à l’ère technologique du capitalisme planétaire unifié.
        1 – Ludd contre Marx par Marius Blouin (1er février 2015) http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Ludd_contre_Marx-2.pdf
        2 – Ludd contre Lénine (le communisme des technocrates) par Marius Blouin (29 mars 2015) http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Ludd_contre_Le_nine.pdf
        A suivre…


        • Papagateau Le 30 mars 2015 à 22h35
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          Tes liens pointent sur des articles de 50 pages. Dommage.
          Les titres sont accrocheurs. Est-ce que tu pourrais faire un résumé ? (Je suppose que tu les as lus ).


      • ulule Le 30 mars 2015 à 17h57
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        Une autre fin possible dans « Quand le dormeur s’éveillera » de H.G. Wells, Mercure de France, 1988, (paru en feuilleton entre 1898 et 1903, réécrit et republié en volume en 1910), récit d’anticipation (l’une des inspirations du 1984 d’Orwell) débute en 1897 quand un jeune homme, Graham, tombe en catalepsie à la suite d’excès de drogue. Maintenu en vie, dans un cercueil de verre grâce à des procédés scientifiques, il s’éveille en 2100.
        Chapitre 6 http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Ludd_contre_Marx-2.pdf
        « – En ce moment même – s’écria-t-il- je fais mon testament. Tout ce qui au monde est à moi, je le donne au peuple du monde. C’est à vous que je le donne, et que je me
        donne moi-même.


    • Chris Le 30 mars 2015 à 17h47
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      Philanthrope ? Hum… Quand je lis : “J’ai des idées d’investissement concrètes, par exemple, des placements dans l’agriculture ou des projets d’infrastructure. Je pourrais injecter un milliard de dollars… Mais il faudra que cela rapporte des bénéfices ».
      Ce n’est pas précisément de la philanthropie, mais de l’opportunisme affairiste.


  24. coinfinger Le 30 mars 2015 à 18h06
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    Cet interview est vraiment étonnant . A part les antiennes sur l’Europe , ce qui surprend c’est qu’il énonce tout en clair , concernant l’Est . sur le Moyen Orient par contre beaucoup plus prudent .
    Quand méme ce qu’il dit sur la Russie , l’Ukraine , etc , çà vaut le détour . Ce qui m’étonne n’est pas qu’il le pense , à son niveau celà me semble normal , C’EST QU’IL LE DISE !
    Il doit avoir une bonne motivation…laquelle ?


  25. Jml Le 30 mars 2015 à 19h17
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    Je suis un peu hors sujet, désolé mais c’est trop cool :
    l’intervention de charles gave sur BFM aujourd’hui
    A écouter (et transmettre) sans modération
    http://podcast.bfmbusiness.com/channel78/20150330_experts_0.mp3


    • Beaugrand Le 30 mars 2015 à 19h44
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      Ce grand monsieur me plait de plus en plus avec ses propos simples et plein de bon sens. On peut ne pas être d’accord sur sa ligne libérale mais le constat est accablant !


    • coinfinger Le 30 mars 2015 à 21h12
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      Effectivement , en pleine forme le Charles . Mais vous étes dans le sujet , si l’on ne fait pas abstraction de l’Europe dans l’interview de Giscard .
      En substance Giscard dit que si la France faisait les réformes nécessaires , elle pourrait prendre le leadership politique en Europe . ( d’où par suite une autre orientation à l’EST et au M.O .et incidemment sur l’euro , avec en filigramme , une Europe moins moyenne par rapport aux USA).
      Toutefois Giscard est beaucoup moins clair sur les réformes que Charles Gave qui d’ailleurs , s’inscrit dans une autre problématique .


  26. Crapaud Rouge Le 30 mars 2015 à 19h26
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    Si Romaric Godin ne s’est pas trompé, la rupture n’est plus qu’une question de semaines. Lire http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-le-blocage-semble-indepassable-464866.html : “Bref, le blocage est total. Alexis Tsipras, par cette troisième liste de réformes a confirmé qu’il ne veut pas des deux « réformes » des retraites et du marché du travail que les Européens placent comme conditions absolues à leur soutien à la Grèce. Comme les créanciers ont tout intérêt à jouer la montre pour que le « nœud coulant » financier se resserre, un compromis est peu probable. La perspective d’une rupture semble désormais de plus en plus proche et il semble que chacun s’y prépare.


  27. FifiBrind_acier Le 30 mars 2015 à 19h45
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    Pompidou n’a pas attendu que De Gaulle soit mort pour le trahir en faisant entrer les Anglais dans l’ Europe. Giscard l’a enterré une 2e fois, l’ UMP et les Centristes l’ont évacué de l’histoire de France.

    On nous a beaucoup menti sur De Gaulle, je l’ai compris en lisant “C’était de Gaulle ” de Peyrefitte, dont je recommande vivement la lecture.

    Non pas qu’il soit absout de toute critique, mais sa pensée essentielle a été largement dénaturée par ses successeurs, tous devenus “europathes compulsifs”, au même titre que les Communistes avec Mitterrand.

    De Gaulle était vent debout contre toute perte de souveraineté et rejetait toute supranationalité.
    Son idée de l’ Europe, telle qu’il la concevait, c’était sans les Anglais ni les USA.
    Afin de constituer une 3e puissance entre les USA et l’ URSS, en pleine guerre froide.

    Des coopérations entre Etats souverains, quelque chose qui ressemblerait à ce que font les BRICS actuellement, et rien d’autre!

    Il a été trahi par Adenauer et Kennedy, qui ont falsifié le Traité de l’ Elysée pour l’ Allemagne..
    Ce doit être une exception absolue, où deux Etats, la France et l’ Allemagne, n’ont pas ratifié le même texte… !

    Ses objectifs étaient:
    – L’indépendance de la France
    – La réconciliation France – Allemagne
    – La coopération volontaire des Nations européennes.
    – Pas d’intégration supranationale, ni de Commission européenne, ni d’armée européenne.
    – Politique européenne indépendante des USA et de l’ URSS
    – Primauté du politique sur l’économique, le financier, l’administratif etc
    Il est allé à New York avec une frégate changer des dollars contre de l’or.
    (On n’imagine même pas en rêve une telle intervention de nos Mamamouchis!)
    – Solidarité nationale entre les citoyens (sécurité sociale, retraites par répartition, services publics etc)
    – Droit des peuples à disposer d’eux – mêmes etc.

    On comprend avec le recul du temps, pourquoi il était indispensable de gommer De Gaulle de la pensée européenne, de l’ Histoire de France, et de le cantonner à l’ Homme du 18 Juin.
    A Londres, dans l’imaginaire collectif, il n’était pas gênant… .

    Vivant, c’était un emmerdeur de première, genre Poutine, le cauchemar des anglo-saxons !!
    On saura sans doute un jour, si Mai 68 était ou non, une des premières révolutions colorées??


    • coinfinger Le 30 mars 2015 à 21h16
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      Suis d’accord , sauf , qu’en grande partie , tout reposait sur sa personne et qu’une stature comme çà , cà tient d’un gros coup de chance .


    • sadsam Le 30 mars 2015 à 22h11
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      @Fifi,

      Il me semble qu’il y a maintenant un consensus pour constater que oui, mai 68, était l’une (ou la ?) première révolution colorée.

      Même sur Europe 1, j’ai été étonnée d’entendre récemment la reconnaissance de leur rôle à l’époque (en donnant toutes les informations sur les manifs).

      Et l’on a appris des choses aussi sur le rôle de Paris Match, qui servait de chauffeur à notre grand leader étudiant de l’époque.


    • JaySWD Le 31 mars 2015 à 01h22
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      @Fifi,
      Merci pour le rappel,ça fait du bien.
      Question conne:
      Comment faire pour masquer beaucoup plus longtemps que 50 ans plus tard,un obscur ex KGBiste,un certain Vladimir P.,applique à la lettre les préceptes Gaulliens??

      Quant à l’escroquerie Mai 68 et son corollaire Con-Bandit,ce n’était guère qu’une version light de ça:

      https://www.youtube.com/watch?v=Z7LmCs51Z5g

      Et ça faisait suite au pied au cul que Charles avait infligé à l’Otanistan:

      https://www.google.fr/search?q=de+gaulle+otan&ie=utf-8&oe=utf-8&gws_rd=cr&ei=ntkZVcTvIYfVaoutgYgL

      Si je ne raconte pas trop de conneries,il doit y avoir prescription cinquantenaire,et donc d’ici 2018,on devrait savoir…..Ne manque plus qu’a trouver des journalistes curieux?????NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN J’DECONNE! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !


  28. David D Le 30 mars 2015 à 21h04
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    Un discours qui n’est pas terrible dans l’ensemble, et même sur l’Ukraine il y a toujours ce credo mécanique selon lequel Poutine aurait allumé le feu, qu’il a voulu restaurer partiellement une puissance dont il aurait la nostalgie. Puis, bon, Giscard, il n’avait qu’à être bon et ne pas trahir les intérêts de la nation quand il était président.

    Plus sérieusement, les américains sont en train de s’investir à fond dans l’Ukraine, ce qui veut clairement dire que la politique américaine est entre les mains de puissances oligarchiques genre Biden qui se contre-fichent royalement des intérêts du peuple et du pays américain. La guerre en Ukraine est exclusivement menée au profit de puissances qui jouent leur partie commerciale et financière, il a du mal à le penser et le dire ça le petit père Giscard.
    Maintenant, c’est pas parce que les américains envoient des armes non létales c’est-à-dire des chars et des avions qu’on réarme juste après le transport qu’ils vont gagner cette guerre.
    Les russes sont obligés de ne pas entrer en guerre frontalement pour ne pas subir un embargo qui les ruinerait réellement, donc ce qu’il y a d’horrible c’est le jeu avec les vies humaines et surtout le fait que l’Europe se mette du côté des américains alors que le reste de l’humanité fait bloc contre l’Amérique de plus en plus nettement et de plus en plus ouvertement, sachant que de toute façon tôt ou tard même l’Europe lâchera les américains.
    Bref !
    Les gouvernants ukrainiens meurent d’envie de se prendre une nouvelle raclée au combat malheureusement, mais il est vrai qu’une guerre d’usure est dangereuse pour le souffle novorossien et pourrait obliger la Russie à revoir sa tactique.
    Kolomoiski, une horreur absolue, un brigand, le voir en difficulté, certes c’est le signe que les américains veulent une guerre plus présentable, mais un signe inquiétant car ils veulent cette guerre.


  29. Crapaud Rouge Le 30 mars 2015 à 21h48
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    Si beaucoup de lecteurs sont déçus, c’est peut-être bien à cause des questions. S’agissant de l’Ukraine, la plupart reprennent les poncifs de la propagande, mais VGE, en dépit de la pertinence de ses réponses, ne donne pas l’impression de les réfuter. Il répond comme si les questions n’étaient pas orientées, alors qu’elles le sont grossièrement. Une interview de ce genre, entre journaliste propagandiste et personnalité soucieuse de vérité, c’est sumo contre judoka : l’un des deux ne fait pas le poids. Le plus lourd se permet d’émettre des assertions que la modalité du questionnement le dispense de justifier. Alors oui, bien sûr, les lecteurs du Fig’ savent lire et comprendre, mais s’ils ont encaissé les questions comme tout le monde vient de le faire ici, c’est-à-dire sans y porter toute leur attention, alors ils n’ont pas pu les critiquer. Et si vous ne critiquez pas les questions, vous admettez leurs assertions incluses sans justification. Passons-les rapidement en revue :

    Quel regard portez-vous sur l’annexion de la Crimée et la déstabilisation de l’est de l’Ukraine par la Russie ?

    De nombreux analystes et responsables politiques plaident pour une plus grande « compréhension » à l’égard de Vladimir Poutine. Bien que vous ayez toujours été un partisan de la détente vis-à-vis de Moscou, à l’époque de la guerre froide comme aujourd’hui, acceptez-vous qu’on puisse ainsi violer le droit international et déstabiliser un pays ?

    Pensez-vous vraiment que les États-Unis sont responsables de la crise ukrainienne ? N’est-ce pas plutôt la corruption de l’équipe au pouvoir qui a provoqué le ras-le-bol des Ukrainiens ? L’adverbe laisse entendre que les États-Unis ne peuvent pas être responsables de la crise ukrainienne.

    Dans un tel scénario, qu’advient-il de la Crimée ? On la fait passer par pertes et profits ? L’expression implique que la Crimée est une perte injustifiée ==> injuste ==> illégale.

    Si vous étiez au pouvoir, que diriez-vous à Vladimir Poutine pour lui faire entendre raison ?

    Sur la place Maïdan à Kiev, des Ukrainiens sont morts en défendant les valeurs européennes et en brandissant le drapeau de l’Union. Est-il possible de décevoir l’enthousiasme de ces hommes qui regardent vers nous avec autant de confiance ? ==> les Russes ne défendent pas les “valeurs européennes”. Que défendent-ils ? La propagande ne le dit jamais. Ah si, de temps en temps elle parle de nationalisme, de revanchisme et de nostalgie pour l’ex-URSS. La moisson est maigre.


    • Le sylaédre Le 31 mars 2015 à 00h02
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      @crapaud rouge.
      “Alors oui, bien sûr, les lecteurs du Fig’ savent lire et comprendre, mais s’ils ont encaissé les questions comme tout le monde vient de le faire ici, c’est-à-dire sans y porter toute leur attention, alors ils n’ont pas pu les critiquer. Et si vous ne critiquez pas les questions, vous admettez leurs assertions incluses sans justification.”

      Excusez moi, mais je pense que nombre d’entre nous n’ont pas besoin de porter toute leur attention sur des questions aussi grossièrement partisâne, pour voir de quel côté le coteau penche, et c’est dans les reponses que l’on va trouver ou pas, un dégagement, il est parfois suffisament tranché, d’autres fois pas où peu, mais aussi fin que ce soit, je pense que nous sommes quand même plus que quelques’uns à décripter sans trop de mal !
      “S’agissant de l’Ukraine, la plupart reprennent les poncifs de la propagande, mais VGE, en dépit de la pertinence de ses réponses, ne donne pas l’impression de les réfuter. Il répond comme si les questions n’étaient pas orientées, alors qu’elles le sont grossièrement.”
      Je suis bien d’accord avec vous et je pense qu’il le sait pertinemment, tout comme il sait que pour gagner à être entendu il ne faut pas être trop frontal…


      • Crapaud Rouge Le 31 mars 2015 à 09h33
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        pour gagner à être entendu il ne faut pas être trop frontal” : oui, VGE n’est sûrement pas dupe, il doit savoir qu’il doit laisser l’interviewer étaler sa thèse, que ça fait partie du jeu.

        nombre d’entre nous n’ont pas besoin de porter toute leur attention sur des questions aussi grossièrement partisâne, pour voir de quel côté le coteau penche” : oui, évidemment, mais c’est tout le problème : les réponses semblent non pertinentes alors qu’Olivier, en introduction, nous invitait à en apprécier la pertinence. D’où les nombreuses déceptions.


  30. Boubanka46 Le 04 avril 2015 à 09h41
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    Bravo Giscard, belle analyse sur la situation en ukraine. Il dommage que bien des hommes politiques fassent des analyses pertinentes dés qu’ils sont à la retraite ou sur la touche.


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