Le combat solitaire des opposants au projet de loi sur le renseignement

Lors d'une manifestation contre le projet Hadopi (Richard Ying, Creative Commons)

Les associations de défense des libertés en ligne sont remontées contre les mesures de surveillance envisagées par le gouvernement. La mobilisation s’annonce difficile.

Ils repartent en campagne. Depuis la semaine dernière, les défenseurs des libertés en ligne s’érigent contre les mesures envisagées par le gouvernement pour muscler le renseignement. La Quadrature du Net s’indigne d’une «désastreuse dérive du gouvernement Valls sur la surveillance», tandis qu’Amnesty International estime que «la France donne un blanc-seing au renseignement». «Ce projet de loi est négatif, inutile et contre-productif», sermonne Thomas Watanabe-Vermorel, porte-parole du Parti pirate en France. «Je n’ai jamais vu pareil déluge d’outils de surveillance en France», a tweeté jeudi Marc Rees, rédacteur en chef du site NextInpact, engagé pour les libertés numériques.

Ce noyau dur de partisans des libertés en ligne se retrouve autour de la défense de la liberté d’expression sur le Web, du rejet de toute forme de surveillance privée ou administrative et du recours systématique à un juge. Ils ont déjà livré beaucoup de combats, dont l’issue leur a parfois été favorable. Ils ont fait leurs armes entre 2004 et 2006, lors de l’examen de la LCEN et de la Dadvsi, des lois sur le commerce électronique et le droit d’auteur. Ils ont gagné de l’influence en 2008 lors de l’opposition à l’Hadopi. Ils ont poursuivi sur leur lancée avec les lois Loppsi sur la surveillance intérieure, étendu leurs compétences jusqu’à Bruxelles en gagnant leur combat contre l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) et en influant sur les discussions de l’accord Transatlantique.

Le projet de loi sur le renseignement les pousse à repasser à l’action. Depuis les attentats de janvier, Internet est accusé de bien des maux. Le Web, entend-on, favorise la radicalisation, la propagation des discours de haine. Pour y remettre de l’ordre, les premiers cas de filtrage administratif de sites Web sans décision judiciaire sont intervenus. On évoque désormais une surveillance en temps réel des données de connexion sur les réseaux des opérateurs télécoms, etune détection de potentiels terroristes par des algorithmes.

Une quasi-unanimité politique

La bataille contre ce train de mesures, redoutées depuis des années, s’annonce laborieuse. «Hadopi était une partie de plaisir par rapport à ce qui nous attend», estimait Jérémie Zimmermann, cofondateur de la Quadrature du Net, rencontré par Le Figaro quelques semaines avant la présentation du projet de loi Renseignement en Conseil des ministres. Le projet de loi sur le renseignement doit protéger les Français contre le terrorisme. Il a été présenté au lendemain de la terrible attaque contre le musée du Bardo, et trois mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes. Des sondages ont montré que les Français étaient favorables à un surplus de surveillance, quitte à rogner sur leurs libertés.

«Hadopi était une partie de plaisir par rapport à ce qui nous attend»

Jérémie Zimmermann, cofondateur de la Quadrature du Net

Difficile, dans ce contexte, de mobiliser l’opinion publique contre la loi Renseignement. Il ne s’agit plus plus de contester l’envoi de messages d’avertissement aux internautes qui piratent de la musique et des films sur Internet, et la coupure des connexions en cas de récidive. «Ce qui est en jeu, c’est l’équilibre entre la vie privée et la surveillance, et le risque de diminuer la confiance dans Internet», explique Frédéric Donck, directeur du bureau européen de l’Internet Society. Les termes du débat sont complexes et intéressent moins les Français. Les associations de consommateurs, aux avant-postes lors de l’examen de l’Hadopi, ne se sentent plus concernées. Le service de presse de l’UFC-Que Choisir, questionné sur le sujet par Le Figaro, a découvert jeudi après-midi l’existence du projet de loi.

L’opposant est aussi d’une tout autre envergure. Depuis dix ans, les débats sur Internet se sont cristallisés autour du droit d’auteur et du piratage. Les projets de loi étaient portés par la Culture, soutenus du bout des lèvres par le Numérique. «Nous avons cette fois en face de nous l’industrie de la sécurité et des officines qui, depuis des années, se servent de la peur pour augmenter leurs budgets», estime Jérémie Zimmermann. Le projet de loi sur le renseignement a été présenté jeudi par Manuel Valls, entouré de ses ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense, et de la secrétaire d’État chargée du Numérique. Les argumentaires sont rodés et les sessions d’explication aux médias s’enchaînent. Le texte supprime les zones grises dans lesquelles pouvaient s’engouffrer les enquêteurs. Une indéniable avancée, entend-on.

La configuration politique n’aide pas non plus. En 2009, lors des débats autour d’Hadopi, les discussions à l’Assemblée nationale avaient donné lieu à de mémorables passes d’armes à l’Assemblée nationale. Le texte avait été rejeté une première fois, après un coup de théâtre des députés PS et les débats s’étaient éternisés. En 2011, les mesures des filtrage des sites pépornographiques envisagées par la Loppsi 2 étaient un moyen de dénoncer la politique sécuritaire menée par Nicolas Sarkozy.

Une manifestation contre Hadopi, en 2009. (Source: Flickr/CC/Richard Ying)

Diviser et déminer

Sans grand soutien politique, avec de faibles relais dans l’opinion, les défenseurs des libertés sur Internet doivent se débrouiller seuls. En coulisse, des représentants des ayants droit, qui bataillent depuis dix ans contre ces militants des libertés en ligne, savourent une forme de revanche. La tâche serait déjà assez ardue si ce milieu n’était pas traversé par des dissensions. Les révélations d’Edward Snowden ont laissé des traces. Les géants du Web, qui pourraient hurler à la surveillance de masse, sont marqués par leur collaboration avec le programme Prism de la NSA. Le gouvernement français insiste sur ces divisions. Les mesures du texte de loi «n’ont rien à voir avec ce qui est pratiqué dans le droit privé» par toutes ces sociétés, glissait la semaine dernière un conseiller, lors d’une réunion avec des journalistes spécialisés dans le numérique. Ambiance.

Le gouvernement est aussi parvenu à surmonter les critiques d’autres acteurs du numérique. La position de la CNIL, publiée jeudi, a été plus mesurée que prévu. Plutôt que d’enfoncer le gouvernement, elle le félicite d’avoir pris en compte plusieurs de ses remarques afin de produire une nouvelle version du texte. Celle-là même qui a été âprement critiquée par les défenseurs des libertés numériques. «Des garanties substantielles ont été apportées» sur les conditions de la surveillance, affirme-t-elle, tout en promettant de rester attentive aux suites qui seront données au texte. En clair: peut mieux faire, mais ça pourrait être pire. Dans la conférence de presse qui a suivi le Conseil des ministres, jeudi, Manuel Valls ne s’en inquiétait pas. «En un sens, la CNIL est dans son rôle», a-t-il commenté. «Mais ses craintes ne correspondent pas à la réalité.»

Le Conseil national du numérique n’est pas non plus perçu comme une menace. Dans un communiqué publié, l’organisme consultatif, chargé d’éclairer le gouvernement sur les sujets numériques, a dit «s’inquiéter d’une extension du champ de la surveillance». Des recommandations seront publiées dans le courant du mois d’avril. Malgré cette salve de reproches, le CNNum n’envisage pas à ce jour d’autosaisine sur ce projet de loi, en raison de sa charge de travail actuelle, mais aussi parce que le sujet ne fait pas l’unanimité au sein de l’organisation. Et puis, l’avis du Conseil contre le blocage des sites terroristes n’a pas incité le gouvernement à reculer.

Outre la CNIL et la CNNum on recense une douzaine de prises de position critiques contre le texte. Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, a qualifié le projet de «faute sérieuse». L’ARCEP, le gendarme des télécoms, s’est plutôt inquiété des possibles perturbations de réseau et du remboursement aux opérateurs des coûts de la surveillance. D’autres soutiens oscillent enfin entre le modeste (le moteur de recherche européen Qwant) et l’inattendu (la Fédération française des motards en colère du Territoire de Berlfort). Sur Twitter, l’intérêt reste faible. Seuls 3900 tweets contenaient le hashtag «#loirenseignement» vendredi soir. Les articles n’émergent pas dans la liste des plus commentés ou des plus lus des sites d’information. Les blogs, essentiels dans l’opposition à l’Hadopi, ont perdu en influence depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Le gouvernement a l’air déterminé, mais nous n’en sommes encore qu’au tout début.

Tristan Nitot, ancien porte-parole de la fondation Mozilla en Europe.

Le premier ministre, qui a le champ libre, veut aller vite. Manuel Valls défendra lui-même le projet de loi à l’Assemblée nationale à partir du 13 avril et compte sur une adoption en urgence avant l’été. Si le gouvernement a promis d’écouter encore les représentants du numérique durant les prochaines semaines pour préciser son texte, personne n’a oublié l’examen interminable de l’Hadopi. Aux États-Unis, les débats autour de la neutralité du Net ou du chiffrement ont prouvé qu’il était possible d’intéresser les citoyens à des thématiques complexes. Il s’agit aussi d’un bel exemple de coopération entre les associations de défense des libertés en ligne et des géants du Web.

«Le gouvernement a l’air déterminé, mais nous n’en sommes encore qu’au tout début. Le projet de loi pourrait être pourtant l’occasion de faire de la realpolitik», encourage Tristan Nitot, ancien porte-parole de la fondation Mozilla en Europe. Bref, d’entendre parler d’une même voix groupes privés et membres de la société civile. Google, Apple, Twitter et Facebook doivent répondre à l’invitation de Bernard Cazeneuve lors d’une réunion à Paris en avril, deux mois après la visite du ministre de l’Intérieur dans la Silicon Valley. Au moins l’un d’entre eux se pose la question de sa présence, mais ne tient pas encore à le faire savoir publiquement. «Il y a une telle peur autour du terrorisme, que dire que l’on soutient les libertés en ligne, cela revient à laisser penser que l’on soutient les terroristes», déplore Tristan Nitot.

Les opposants à la loi Renseignement sont encore à la recherche des bons arguments, qui éviteront cet écueil et toucheront les Français. Certains veulent mettre en garde contre la possibilité de généraliser ces outils de surveillance contre les internautes qui piratent de la musique ou critiquent les élus en ligne. D’autres estiment qu’il faut s’appuyer sur les élections départementales, en sensibilisant la base des militants PS. Avec l’idée que les mesures de surveillance pourront tomber, un jour, dans d’autres mains. Un bon soutien ou un argument bien trouvé peuvent encore faire basculer la situation. Sur Internet, c’est bien connu, tout va très vite.

Source : Benjamin Ferran & Lucie Ronfaut, pour Le Figaro Economie, le 23 mars 2015.


Projet de loi renseignement : l’Etat de droit a beaucoup à perdre

Au salon du mobile, en 2014.
Au salon du mobile, en 2014.

Le texte présenté jeudi ne se contente pas d’offrir plus de moyens aux services de renseignement. En prévoyant une détection automatisée, encore très floue, de la menace terroriste, il franchit le cap de la surveillance indiscriminée.

Aux dires du gouvernement, le projet de loi sur le renseignement, présenté jeudi par Manuel Valls en personne à la sortie du conseil des ministres, serait un «texte équilibré». On ne compte pourtant plus les réactions alarmées. De la Commission nationale de l’informatique et des libertés au Conseil national du numérique, des opérateurs de télécommunications aux services Internet, du Syndicat de la magistrature à l’Ordre des avocats de Paris en passant par le juge antiterroriste Marc Trévidic, de l’association de défense des libertés en ligne La Quadrature du Net à Amnesty International : tous dénoncent une extension préoccupante de la surveillance. Jusqu’au commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, qui s’émeutd’une «approche exclusivement sécuritaire».

Comme tous ces acteurs, qu’on peut difficilement considérer comme des jusqu’au-boutistes inconséquents, on ne peut que s’inquiéter des contours du texte porté par Manuel Valls, et des risques en matière de libertés publiques. Encadrer l’action des services de renseignement – et l’usage de pratiques jusqu’ici illégales – était un souci légitime. Nul ne conteste la nécessité de la lutte antiterroriste. Mais inscrire dans la loi – pour des motifs étendus et souvent bien flous, qui devraient questionner ceux qui disent n’avoir «rien à cacher» – le recours à des techniques très intrusives sans l’aval d’un juge, voilà qui mérite un débat de fond, que la procédure accélérée au Parlement ne va pas faciliter. Pourtant favorable à une loi, le président de l’actuelle Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, vouée à être remplacée par une nouvelle autorité administrative, estime dans Le Monde que «la nouvelle commission disposera de moins de pouvoirs qu’aujourd’hui». Le renforcement du contrôle était pourtant présenté comme la contrepartie à l’extension des moyens.

«Pas de surveillance généralisée des citoyens», a promis Manuel Valls. Mais que dire alors du très nébuleux «dispositif» de détection automatique d’une menace terroriste, qui pourrait être déployé chez les opérateurs et les hébergeurs ? Pour traquer via un algorithme les éventuelles connexions suspectes, il faudra bien passer tout le monde au tamis. Le principal artisan du texte, le député Jean-Jacques Urvoas, se plaît à répéter que la France pratique la «pêche au harpon» quand les Etats-Unis sont adeptes de la«pêche au chalut». A ce stade, la différence devient purement sémantique. Depuis deux jours, Matignon multiplie les réunions avec les acteurs du numérique, sans doute pour les convaincre que «sans loi sur le renseignement, tout le monde y perd, avec une loi, tout le monde y gagne», comme l’assénait Manuel Valls hier. Avec le texte actuel, l’Etat de droit a pourtant beaucoup à perdre.

Source : Johan HUFNAGEL & Amaelle GUITON, pour Libération, le 21 mars 2015.

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32 réponses à [Loi Renseignement] La Presse se soulève (timidement) avec les défenseurs de l’Internet Libre

Commentaires recommandés

Gaïa Le 27 mars 2015 à 06h50

Pis la surveillance de masse ne fait pas baisser le terrorisme mais le rend plus intelligent. Par contre elle asphyxie nos libertés démocratiques et c’est justement ce que visent à appauvrir les terroristes et aussi les États terroristes et antidémocratiques comme la France.

  1. Dizalc'h Le 27 mars 2015 à 06h33
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    Ils ne vont obtenir qu’une chose à court terme: VPN + TOR
    Sur le fond, c’est un véritable recul des libertés individuelles, basé, quoiqu’ils en disent, sur le modèle US: “accumuler le plus d’information/surveillance de masse” (quid du traitement? rien de précis/développer), quand au contre pouvoir, ils doivent rire, “c’est pour notre bien” qu’ils nous disent 😉
    J’ai vu il y a 2 semaines l’intervention de Zimmermann en commission parlementaire, il leur a bien exposé les problématiques pourtant… y compris qu’ils allaient “éduquer ceux qu’ils traquent en les poussant à se tourner vers des moyens plus sûr et non surveillablent” (bref l’inverse de ce qu’ils sont censé faire/obtenir…); Mais la “surveillance de masse” semble en définitive les intéresser plus, que l’objectif premier invoqué…
    Un jour, ils diront que des blogs/sites qui ne parlent pas à l’unisson avec la parole officielle, sont des sites “subversifs” incitants à des actes…
    Et là, on aura boucler la boucle… on se croirait bientôt rendu là… https://fr.wikipedia.org/wiki/1984_%28roman%29


    • Gaïa Le 27 mars 2015 à 06h50
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      Pis la surveillance de masse ne fait pas baisser le terrorisme mais le rend plus intelligent. Par contre elle asphyxie nos libertés démocratiques et c’est justement ce que visent à appauvrir les terroristes et aussi les États terroristes et antidémocratiques comme la France.


      • boduos Le 27 mars 2015 à 17h14
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        la surveillance de masse qui est déjà en cours n’est qu’un volet d’un ‘enfer bien au delà de ce qu’a pu imaginer Orwell : la télé manipulation de foule,de catégories sociales et de populations et plus grave la manipulation individuelle
        .
        formé aux techniques publicitaires dès 1969, je découvris ,a usage du marketing,les joies de “la persuasion clandestine ” de Vance Packard -“la stratégie du désir” de Ernest Dichter Alfred Sauvy Gustave Lebon-….les images subliminales insérées dans les spots publicitaires puis dans le générique d’antenne2 (scandale Mitterrand 1982…)

        le secret de la correspondance fondamentalement constitutionnel était encore respecté..A.Sauvy révélait dans son “que sais-je” sur l’opinion publique que les gouvernements et les RG profitaient des gréves de tris postaux pour sonder l’opinion (on décachetait à la vapeur! )

        1981 et l’arrivée de Mitterrand rompit les digues grâce à la proximité des nouveaux dirigeants avec l’administration des télécoms (mexandeau,lalumiere,baudin…)
        les écoutes téléphoniques de masses furent généralisées (100 000) .

        comment les docteurs Faust qui nous dirigent espèrent pérenniser,grâce aux sciences numériques,” le pouvoir (perpétuel) ?

        Le big data leur permet de collecter toutes nos données bancaires (achats,journaux,loisirs,arts,musique,dons …) données fiscales,conversations internet,fréquentations ,visites de sites sur le net ,données médicales ,traitements suivis..

        toutes ces données peuvent être confrontés à un algorithme avec la même vélocité que sont traitées les métadonnées des bourses pour définir les cours.

        que peut demander l’administration à un algorithme d’ingénierie sociale en présence de la compilation des données me concernant dans les différents domaines décrits ci dessus et non exhaustifs ?
        : que Boduos va-t-il voter et ira -t-il voter dimanche prochain? ou B. postule au poste de directeur de sous préfecture ,sera-t-il docile aux suggestions des édiles locaux de notre majorité?
        ou encore quel médoc B. ,pilote de ligne sujet a la dépression nerveuse,ne doit surtout pas prendre dans son café avant de décoller?
        ou encore quelle succession de termes dois-je utiliser face à C. pour le déstabiliser en réunion,en débat,…?
        quelle tentative tentante ….. peut -t-on développer pour compromettre tel ou tel décideur.?

        Ces capacités prédictives de comportement qui aboutissent à “l’inférence” peuvent aussi s’exercer sur les foules,sur les différents électorats et donc violer notre libre arbitre.

        on en est là,la surveillance générale légale n’en est que la première étape.


    • nulnestpropheteensonpays Le 27 mars 2015 à 10h14
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      vpn et tor peut être mais celui qui utilisera ces systèmes sera aussitôt considéré comme suspect…et donc mise en place d’un système de surveillance adéquat,le mieux , c’est le bon vieux codage entre deux parties..sur un site lambda de forum de santé par exemple d’ordinateurs non déclarés changés souvent sur des bornes wifi en libre service , ce que les terroristes intelligents font déjà surement , le reste c’est pour surveiller les gugusses qui voudraient appeler a la révolte contre les intérêts privés..armées privées, tribunaux privés , le temps des serfs est de retour… et avec , le temps des barbares…


      • reneegate Le 27 mars 2015 à 10h44
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        Il faut utiliser TOR désormais, plus on sera et plus le réseau TOR sera efficace et il y aura tant de suspect que finalement ce critère ne sera plus discriminant. Je n’ai pas de VPN justement pour cette raison. Pour l’instant mon opérateur sait que j’utilise TOR.


        • xma Le 27 mars 2015 à 14h03
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          Ne mettez quand même pas toute votre confiance dans Tor. Depuis sa création on a entendu que c’était infiltré par le FBI, d’ailleurs cet hiver ils ont fait fermer 400 sites dans le darknet. Donc est-ce qu’il y a une faille ou alors est-ce que le FBI a participé à l’écriture, on peut se poser la question mais il faut quand même se méfier.


    • Francois Le 27 mars 2015 à 19h33
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      Souriez, vous êtes surveillés.
      (affichettes, autocollants, T-shirts… etc)


  2. jplchrm Le 27 mars 2015 à 07h05
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    Il est toujours possible d’utiliser des outils d’anonymisation -TOR + VPN- comme dit un commentateur, mais c’est un peu pénible. TOR qui n’est pas sans faille; il semblerait d’ailleurs avoir été créé par l’US NAVY (je ne me souviens plus de la procédure qui permet d’en visualiser les contributeurs). Il ralentit fortement la navigation. Ces lois sont dangereuses car elles risquent de criminaliser une masse d’innocents -qui n’ont rien à cacher-. Dispositif kafkaïen par nature. L’activiste professionnel saura bien rester discret. Encoder des échanges par des procédés incassables sera toujours possible pour des gens compétents et déterminés. Tout ce battage n’est que de l’enfumage.


    • Falkeurk Le 27 mars 2015 à 09h19
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      Bah besoin de faire de manipulation compliqué pour voir ça, vous n’avez qu’à aller sur le site officiel de TOR, sur la page des sponsors:

      https://www.torproject.org/about/sponsors.html.en

      Un très bon papier est sortit récemment sur IACR à propos de la sécurité de TOR:

      http://eprint.iacr.org/2015/235

      Dans tous les cas, même ce système était parfait, à une protection importante, le gouvernement répondrait par une solution importante, l’accès à tous les fichiers des particuliers, mais aussi à ceux des entreprises. De plus, ça permettrait de justifier le fait que le gouvernement puisse hacker librement contre ses propres citoyens ou le reste du monde sans aucuns problèmes. on rajoute à ça “terroriste présumé”, et nous sommes entre le croisement de 1984 et du meilleur des mondes.


    • K Le 27 mars 2015 à 09h35
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      Le projet TOR est financée à 60% par le gouvernement américain (information officielle). Donc je crains que ce programme ne soit bourré de portes dérobées.
      Si on ajoute les mouchards placés ici ou là sur le réseau internet par les services de renseignement + le craquage plus ou moins avéré des clefs privées SSL (pour le HTTPS, SMTPS, etc), alors on se dit que le seul moyen de communiquer anonymement reste la lettre postale !


      • L. A. Le 27 mars 2015 à 11h41
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        @K
        On voit que vous n’avez jamais reçu de lettre avec l’enveloppe déjà ouverte (et pas par l’expéditeur) ou refermée au ruban adhésif.
        Il faudrait ne communiquer que par recommandés vers des boites postales ! (et encore).
        Quant à la fameuse (fumeuse) répartie ” Qu’importe d’être écouter ou observé, voire fouillé ou perquisitionné, si l’on n’a rien à cacher ? “, je la conteste absolument. Je suis fait comme tout le monde, mais je n’ai pas envie qu’il existe quelque part un dossier avec des photos de moi sous la douche, je tiens au respect de la vie privée, même si je n’ai rien “à cacher”.


        • K Le 27 mars 2015 à 15h28
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          C’est fou le nombre de gens qui arrivent à faire le portait de leur interlocuteur à partir d un commentaire de 5 lignes…
          Et si, j’ai déjà reçu des lettres fermée s à l adhésif, sûrement scotchees par un voisin après erreur du facteur
          C’est pas la peine de tomber dans la parano, je pense pas que la CIA lise votez courrier postal !
          Je veux dire qu il n y a pas d espionnage de masse du courrier car ce processus n est pas automatisable, contrairement à la lecture des emails.


    • reneegate Le 27 mars 2015 à 10h52
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      Peu importe le financement puisqu’il est en open source et donc les failles peuvent (et sont) corrigées. Il faut par contre bien vérifier (signature) l’origine de la version que vous téléchargez.
      Les données échangées entre les noeuds TOR ne sont pas déchiffrables (de toute façon il y a PGP) et surtout il n’y a plus de lien entre l’utilisateur et le serveur.
      Au delà de cette loi, c’est l’utilisation marketing des données qui sera mis à mal si tout le monde utilise TOR, et à mon avis ce sont les craintes de Google et consorts.


      • Emmanuel Le 28 mars 2015 à 02h39
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        Qu’un logiciel soit à code ouvert (open source) n’empêche pas toute faille de sécurité d’exister et de rester présente parfois longtemps. Par exemple, la faille dite “heartbleed” (openSSL) a duré plus de deux ans, alors qu’elle était extrêmement grave. Un spécialiste de renommée mondiale dans la cryptographie, Bruce schneier, a dit d’elle que sur une échelle de gravité de zéro à dix elle devait être côtée onze !
        Autre cas de faille, moins grave mais plus durable, n_tty_write dans le noyau de Linux : cinq ans de présence…
        Lire le code pour y trouver des failles requiert du temps, des compétences et n’est guère remercié par la communauté d’utilisateurs du logiciel. Certaines personnes préfèrent traquer les failles tous azimuts (code ouvert ou bien fermé) à des fins lucratives : entreprises ou pirates à la manoeuvre, cela peut rapporter gros. La société française Vupen en est l’illustration, préférant vendre secrètement la connaissance d’une nouvelle faille pour l’exploiter plutôt qu’à l’éditeur du logiciel concerné (qui pourrait alors la corriger). Voir http://www.numerama.com/magazine/27004-vupen-l-entreprise-francaise-qui-aide-la-nsa.html où on lit que Google a proposé 60000 $ pour une faille et que Vupen a décliné car ses clients “payaient bien plus cher”. Il existe désormais des concours de “hacking” ou les dollars pleuvent pour annoncer publiquement des failles.
        Ces failles sont légion et, franchement, je rigole d’avance de ce qui arrivera quand il y aura des implants cérébraux connectés directement à l’internet (Google l’a annoncé pour l’horizon 2020).
        Pour finir, à mon sens le fameux “je n’ai rien à cacher” (sous-entendant “je n’ai à me reprocher”) est d’une candeur confondante. Ce n’est pas que *vous-même* n’ayez rien à vous reprocher aujourd’hui qui pose problème, mais ce que des pouvoirs hostiles (quels qu’ils soient) pourraient un jour vous reprocher : convictions ou actions politiques, croyances religieuses, activités syndicales, tout type de militantisme, pratiques sexuelles, pourquoi pas “a-charlisme” aussi (les-crises.fr l’a déjà évoqué), etc. La possibilité d’une conservation ad vitam aeternam des données informatiques par des puissances publiques (ou même privées, susceptibles de les revendre ou de les céder) serait d’autant plus inquiétante.


  3. DUGUESGLIN Le 27 mars 2015 à 07h07
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    Quelles garanties avons-nous contre ce fichage systématique?
    A quel moment et par qui les données pourront-elles être utilisées?
    Qui pourra contrôler la police politique?
    C’est la porte ouverte au totalitarisme, mais cette fois il vient d’un pouvoir de gauche, qui s’est toujours présenté comme un défenseur des libertés. Le socialisme de Mussolini a abouti au fascisme et le socialisme d’Hitler au national socialisme.
    Le socialisme français peut-il accepter cette atteinte flagrante aux libertés fondamentales?
    La police de la pensée, voilà où nous risquons d’aboutir. est-ce innocent?


    • josephine Le 27 mars 2015 à 08h02
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      pouvez vous décrire le socialisme d’Hitler, svp? Ce n’est pas parce qu’on appose l’étiquette socialiste que cela en est.


      • L. A. Le 27 mars 2015 à 12h03
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        @josephine
        “Ce n’est pas parce qu’on appose l’étiquette socialiste que cela en est.”
        On peut être d’accord sur ce point, mais en faisant remarquer que cette mise en garde reste valable si l’on remplace l’adjectif “socialiste” par n’importe lequel des adjectifs suivants : “démocrate”, “de gauche”, “républicain”, “communiste”, “juste”, “équitable”, “nouveau”, “meilleur”… (en fait, par tout autre qualificatif). Ce n’est pas parce que c’est écrit dessus que ça l’est, et il faut faire attention au détournement des mots, pratique de plus en plus courante en raison du développement de la “com” (propagande vue par des publicitaires).


    • boduos Le 27 mars 2015 à 17h21
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      @duguesclin
      police de la pensée ? tu en es resté à Orwell !
      désormais c’est de manipulation de la pensée dont il s’agit et notre réduction à l’etat de marionnette sans le savoir ,même si c’est déjà le cas pour ceux qui adhèrent au matraquage médiatique et au formatage universitaire.


  4. Dizalc'h Le 27 mars 2015 à 07h13
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    Pour une fois, très bon article de l’Express sur le sujet, qui tente d’alerter “ceux qui ne se sentent pas concernés”: http://www.lexpress.fr/actualite/politique/loi-sur-le-renseignement-pourquoi-vous-avez-tort-de-ne-pas-vous-y-interesser_1665376.html


    • personne Le 27 mars 2015 à 19h18
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      C’est peut être un très bon article. N’empêche que c’est illisible : trop petits les caractères. pour ma part, je décroche. j’étais pourtant prête à faire un effort mais il y a des limites. et la gangrène de l’illisible se répand maintenant partout.


  5. coinfinger Le 27 mars 2015 à 12h59
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    Bon c’est pas la liberté des Atlantistes qui est visée . Mais elle m’inquiéte là quand méme .
    Je ne sais pas ce qu’ils fument mais ils devraient commencer par çà les controles , sur ce qu’ils fument .
    Deux ‘news’ Internet que je viens de lire .
    Poutine envisage une bombe atomique sur Moscou , à cause de la montée fulgurante de son opposition ‘libérale’ sans doute . Bon là çà vient des Kieviens , eux on sait c’est joint sur joint .
    La Russie envoie des navires pour débarquer au Yemen , tout juste s’ils envoient pas un porte-avion .
    Nous prennent pour des cons à prendre au sérieux leur délires . Là on sait pas d’où çà vient , relayé par wikistrike , doivent dormir à wikistrike …


  6. DUGUESGLIN Le 27 mars 2015 à 13h19
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    En attendant les socialistes ont la majorité absolue à la chambre et ce sont bien eux qui votent les lois liberticides.
    Qu’importe si la dictature est issue d’un côté ou de l’autre. C’est le résultat qui nous inquiète. Si nous ne réagissons pas, nous évoluerons de plus en plus vers le totalitarisme avec une police politique, celle de la pensée unique, comme l’histoire nous en a déjà donné des exemples.


  7. reneegate Le 27 mars 2015 à 13h52
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    Il faut voir ce reportage qui est sur ARTE Replay pour quelques jours encore : http://www.arte.tv/guide/fr/049883-000/un-oeil-sur-vous-citoyens-sous-surveillance?autoplay=1.
    L’exploitation de nos données personnelles ouvrent des portes à des dérives que nous pensions d’une autre époque (1984).
    Cette loi va peut être nous encourager à nous protéger aussi du marketing (google, facebook etc…)


    • Emmanuel Le 28 mars 2015 à 03h03
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      Dans ce reportage un informaticien français fait la démonstration qu’il est possible de trouver un ordinateur utilisé à proximité d’un autre appareil, ce dernier ayant servi à faire une recherche en vue d’un achat. Il apparaît ainsi une publicité parfaitement ciblée (parfaitement au sens de l’intérêt du vendeur, au moins) pour tenter une nouvelle fois l’acheteur potentiel. C’est peu dire que nous sommes tous (ou presque) suivis à la trace.
      Des centaines de milliards d’euros sont derrière : par exemple, les “paniers” non transformés en achats réels représentent 300 milliards de dollars par an. De fait, vu les enjeux, la collecte de données ne peut que croître, y compris par l’introduction de logiciels espions comme celui de la marque de PC Lenovo, failles de sécurité en prime http://www.developpez.com/actu/81567/Superfish-Lenovo-presente-des-excuses-pour-le-trou-de-securite-introduit-dans-ses-ordinateurs-portables/. A quand une connexion directe, sans requête judiciaire, entre de tels acteurs de l’internet et certains gouvernements ?


  8. Caramba! Le 27 mars 2015 à 15h12
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    Bonjour Renegate, la page dit que cette vidéo n’est pas disponible dans votre pays.

    http://www.arte.tv/guide/fr/049883-000/un-oeil-sur-vous-citoyens-sous-surveillance?autoplay=1


    • reneegate Le 27 mars 2015 à 19h40
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      vous devez utiliser un VPN ou autre qui vous localise dans un pays où vous n’avez pas accès à cette vidéo. Je viens de tester le lien, il marche.


  9. Bigglop Le 27 mars 2015 à 15h56
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    Et le député J-J Urvoas, grand “expert” es-informatique, a demandé à la société US Blue Coat d’être auditionnée par le Parlement sur le DPI (Deep Pack Inspection), alors que des sociétés françaises Amesys, Qosmos, le maîtrisent déjà avec la solution EAGLE.
    La solution Eagle a été vendue à un certain Kadhafi pour surveiller les “pédophiles”…………
    http://reflets.info/alerte-blue-coat-pourrait-realiser-les-boites-noires-du-gouvernement-francais-oupas/


  10. Andrea Le 27 mars 2015 à 19h10
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    L’internet sert les gouvernements, pour offrir un défouloir à la contestation qui sans internet s’exprimerait de facon plus dure, face à face, ce qui est plus efficace. (Bon cela se discute. De multiples points à examiner.)

    Internet, ils pensent, permet de traquer les opposants, espionner, comprendre, très aisément.

    En même temps, Internet est un outil précieux pour ‘le marché libre’, le commerce, sans internet les échanges chutent illico presto.

    Les gdes cos. telecom qui offrent ce service font partie de la nomenkaltura et gagnent pas mal d’argent avec cela, un magot que personne ne voudrait lacher.

    La chasse aux dissidents prend de plus en plus d’ampleur. Cela repose sur l’illusion que le traquage des individus (ou un groupe, ou du meta-data de banques de données) donne des renseigments solides, mais ce n’est pas le cas. Le modèle est bati sur le modèle de la pub (efficace), le modèles du ‘marché’ sont importés dans la gouvernance. Est fait un lien entre les opinions, attitudes, habitudes de vie, et les actions triviales d’achat.

    Peu importe si cela est correct, il s’agit d’intimider, de harceler, de sanctionner des ‘dissidents’ ou sans-dents, selon toutes les habitudes ancestrales de Gouv. autoritaires et répressifs, nouvelle mouture, car Internet offre une voie facile, pas besoin d’écoutes téléphoniques, de suivi physique, etc. En même temps, tous les margoulins dans le domaine de la sécurité se font un max de blé avec des trucs bidons, leur marketing est puissant.

    Pour le Gvmt, qui devient une cible n’a pas ou peu d’importance. Il s’agit de faire preuve de pouvoir et faire peur au peuple – la dissidence est dangereuse. Il faut être ‘normal’ …cela permet également de vérifier jusqu’à quel point leur propagande ‘prend’…

    Aux USA (pas encore en France?) l’internet, geo-tracking, accès données smart phone, accès au données bancaires, médicales, fait surtout ravage dans les relations privées. Monsieur traque Madame, Madame cherche des preuves d’infidélité, le Prof cherche la subversion de l’étudiant, L’employeur cherche les e-mails pour prouver une tricherie, etc. Ce qui est benef pour un Gvmt repressif, cela augmente la paranoia, le stress, le désespoir.


  11. reneegate Le 27 mars 2015 à 23h14
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    aux USA ils font de la police préventive à partir des données collectées comme des modèles météorologiques. Bon vous me direz que cela ne tombe pas toujours juste, mais des quartiers, des populations sont stigmatisés.
    En France ces mêmes données sont là, ils sont en train de lever les verrous pour autoriser tout nouvel entrepreneur (un élu à la Macron) à mettre en oeuvre son idée géniale (et peu importe les conséquences). Ils défrichent pour faire pousser le nouveau Facebook mais français. Ils n’ont pas encore percutés qu’il ne paiera pas d’impot, qu’il réduira l’ embauche au minimum et ne réinvestira jamais (ses actionnaires d’abord). Il y a bien d’autres choses qu’ils n’ont pas compris, en premier, peut on être heureux en étant aussi mauvais (dans les 2 sens : pas efficace et mal intentionné envers ses compatriotes).


  12. Louis Robert Le 28 mars 2015 à 15h39
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    Dans ce nouveau monde du “no place to hide” (nulle part où se cacher — Glenn Greenwald), s’ouvre grand l’abîme de l'”underground”, du secret absolu (sans aucun signe perceptible et prémonitoire), des suites d’événements restés sans explication.

    Des avions disparaissent, d’autres s’écrasent sans que l’on sache pourquoi… et voilà que, dans le voisinage, les personnes elles-mêmes disparaissent aussi, dont des jeunes, sans laisser de traces, sans que l’on parvienne même à savoir vraiment ou à s’expliquer pourquoi.

    Nouvelles sources de terreur panique, dans ce “safer world” que l’on prétend toujours plus sécuritaire. — “Nouvelle normalité”, agrémentée par l’institutionnalisation de la “déradicalisation”.

    http://www.la-croix.com/Actualite/France/Un-programme-experimental-de-deradicalisation-debute-dans-deux-prisons-2015-02-24-1284297

    Comme “la guerre, c’est la paix”, “la liberté c’est l’esclavage”, “l’ignorance, c’est la force” etc. , “la guerre perpétuelle contre la terreur, c’est la sécurité”… Omniprésent, souriant, Big Brother veille et prépare des lendemains qui chanteront. Et Winston Smith désormais adore.

    — George Orwell, “1984”


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