Source : La crise des années 2010, Jean Claude Werrebrouck, 09-05-2016

Il est maintenant unanimement accepté qu’il existe sur l’ensemble du monde une offre d’épargne largement supérieure à la demande d’investissements[1]. Cet excédent récurrent depuis le début du siècle est la première cause d’un affaissement progressif des taux de l’intérêt. Mais il est aussi la marque d’un déséquilibre plus fondamental entre offre globale et demande globale, et si l’incitation à investir est devenue si faible, c’est en raison de débouchés limités par le freinage des salaires.

Une hausse coordonnée et planétaire des salaires est pourtant impensable en mondialisation en raison de la liberté de circulation des marchandises et des capitaux qui font que les salaires ne sont plus un débouché fondamental mais seulement un coût[2]. La mondialisation se nourrissant de différences, la régulation d’ensemble s’est dans un premier temps manifestée par une hausse de l’endettement privé et public : ce fut le cas américain avec un achat de dette publique par une Chine excédentaire, mais aussi le cas français qui va par endettement venir combler les charges sur salaires devenues inadaptées au nouvel ordre du monde. Et ce fut aussi le cas de nombreux pays où la spéculation immobilière est venue nourrir une dette privée censée abonder des rémunérations jugées insuffisantes.

Plus on mondialise et plus le divorce fondamental entre offre et demande se renforce, et plus un excédent d’épargne viendra nourrir une dette publique ne passant plus par un investissement croissant, lequel venant nourrir une croissance qui ne sera plus celle des trente glorieuses. Le maintien relatif de cette dernière se fera sur la base de l’explosion des dettes publiques : la croissance très rapide de la Chine suppose celle des dettes publiques occidentales. Et à l’intérieur de ce modèle réduit de mondialisation que sera la zone euro, les croissances des pays périphériques seront le produit d’une véritable explosion des dettes privées et publiques (Espagne, France, Grèce, etc.)

C’est cette explosion qui a fait naitre en Europe ce que l’on a appelé la crise de la dette avec en particulier la montée des taux d’intérêt.

Les modalité concrêtes de construction de l’Euro ont interdit et interdisent encore toute forme de fédéralisme et ont débouché sous la houlette de l’Allemagne vers le développement de politiques de rigueur.

Les effets dépressifs de ces politiques se devaient d’être compensés par des politiques monétaires d’un type nouveau ce qu’on a appelé le QE déjà utilisé aux USA. De fait, l’objectif n’était pas une compensation de la rigueur économique mais un soutien au système bancaire et aux Etats victimes de taux insupportables, soutien permettant lui-même de renouer avec le financement des investissements.

Le bilan des QE se révèle aujourd’hui très limité[3]. Si l’explosion des dettes privées et publiques compensaient plus ou moins des salaires qui ne suivaient pas la croissance (cas américain) elles semblaient plus efficaces en Europe du sud où les salaires ont rapidement augmenté aves la naissance de la zone euro. D’où des forces dépressives plus importantes avec l’irruption des politiques d’austérité. D’où un QE bienvenu mais seulement compensateur des effets dépressifs, et donc ne venant pas résoudre durablement la question des débouchés des investissements potentiels.

Parce que le QE ne vient pas directement impacter l’équilibre macro-économique par une hausse directe de la demande globale , il n’augmente pas l’incitation à investir malgré des taux directeurs historiquement très faibles. De ce point de vue, la zone euro ne peut que stagner sur un parking à l’écart de la croissance. Le QE ne fait que calmer la spéculation sur les spreads de taux , il ne débouche pas sur une dynamique d’investissements et de salaires. Le QE n’est donc pas en prise directe sur l’économie réelle.

« L’Helicopter money » (HM) évoqué par le président de la BCE sera-t-il en prise directe et si oui à quel prix ?[4]

Au-delà de sa répartition entre pays, la question est de savoir quelle est la modalité la plus efficiente : Investissements, ou « for the people » c’est-à-dire la consommation des ménages ?

Si effectivement les banques centrales deviennent organisatrices, directement ou indirectement, de la distribution des dons ou crédits, nous nous heurtons à la question de l’éloignement du marché quant à la sélection et le périmètre des projets. Très vaste débat que l’ultralibéralisme avait cru pouvoir régler il y a bien longtemps. Rappelons les antiques polémiques entre Lerner, Lange et Dickinson d’un côté et Mises et Hayek de l’autre : Même si l’on est favorable à une économie de marché , ce dernier n’est pas un lieu d’ajustement passif (ce que pensaient les premiers) , mais un processus de création, lieu de toutes les innovations (ce que pensaient les seconds). Et de ce point de vue il est vrai que le choix loin du marché (règlement) brise l’innovation[5] On peut aussi se poser des questions plus juridiques : que devient le droit de la concurrence sur lequel s’appuie nombre de décisions européennes ?

Si maintenant, les banques centrales distribuent directement ou indirectement des revenus complémentaires aux ménages, il n’est pas sûr que l’on aboutisse à un schéma macroéconomique vertueux : Les ménages grecs importeront davantage et l’effet sur l’investissement porteur d’emplois se fera attendre….sauf si l’on renonce à la concurrence libre et non faussée…..ce qui réintroduit le règlement au détriment du marché….

Investissement ou consommation, le HM est porteur d’un changement de paradigme.

Et si l’on raisonne aux limites, on peut très bien imaginer un HM « portant » l’intégralité de la masse salariale : A la banque centrale de supporter le coût du travail et à l’entreprise de bénéficier d’un surprofit équivalent à la masse salariale. Cela signifierait probablement une hausse des prix mais surtout une inflation sur les actifs car la masse salariale n’ayant pas augmenté les débouchés, les profits se trouvent moins dans l’investissement que dans la spéculation. D’où là aussi une question concernant la justification d’une intervention publique.

Le raisonnement aux limites ne fait que confirmer le changement de paradigme. Parce que la mondialisation qualifiée probablement à tort d’ultralibérale débouche sur la vieille question de l’incitation à investir, elle se heurte au mur de la tendance mondiale à la stagnation[6]. Sans doute faudra-il un jour passer par le HM, particulièrement en Europe, mais il faut se rendre compte qu’un tel passage se fera dans la douleur des résistants du libéralisme en vigueur. Et pas simplement dans la seule zone euro.

 


 

[1] Ce que Mario Draghi vient de rappeler le 2 mai dernier dans son discours à Francfort.

[2] Cf http://www.lacrisedesannees2010.com/2015/08/l-intensification-de-la-crise-planetaire-de-surproduction.html. Cf également : http://www.lacrisedesannees2010.com/article-mir-acles-de-l-offre-competitive-et-aggravation-de-la-crise-planetaire-de-surproduction-123382311.html

[3] Cf : http://www.lacrisedesannees2010.com/2016/04/questions-autour-de-l-euro-qe-helicopter-money-ou-reconstruire-le-circuit-du-tresor.html

[4] On aura une vue globale du HM en consultant : http://www.lacrisedesannees2010.com/2016/04/gestion-de-l-euro-l-helicopter-money-peut-il-remplacer-le-necessaire-deversement-des-excedents-allemands-vers-le-sud-il-est-inutile

[5] Sans revenir aux fondamentaux de la théorie on pourra lire le très court article de Sofiane Aboura dans les Echos du 9 mai : « Gouvernement ou marché : qui gère le mieux l’économie ? ». l’auteur s’amuse ainsi à montrer que la cigarette électronique est une innovation de marché autrement efficace que la lutte contre le tabagisme…..il reste à démontrer que la gestion d’EDF est plus satisfaisante depuis son immersion dans le marché… ce que beaucoup récusent ( cf Notamment Rémy Prudhomme)

[6] Keynes s’est longuement penché sur la question de l’incitation à investir. Il pensait toutefois que la répression financière, l’euthanasie des rentiers et des taux faibles permettraient de restaurer l’incitation à investir. C’était vrai dans un monde plus ou moins fermé. Ce n’est plus le cas dans la présente forme de mondialisation.

Source : La crise des années 2010, Jean Claude Werrebrouck, 09-05-2016

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74 réponses à “Helicopter Money” : Atterrissage prévu en zone réglementée, par Jean Claude Werrebrouck

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 20 juin 2016 à 03h41

Ce n’est pas une crise (temporaire, qui toucherait tout le monde) mais une spoliation organisée des 99.99% par les 0.01% grâce à leurs Banques Centrales “indépendantes” (des citoyens). Taux d’intérêts à 0 ou négatifs, destruction progressive de l’épargne, fin de la propriété privée (interdiction de l’argent liquide), surveillance, marquage RFID… Pour la BRI et ses actionnaires, “peu importe qui écrit les lois”.

  1. Pascalcs Le 20 juin 2016 à 02h33
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    D’une certaine manière, l’argent hélicoptère existe déjà dans bien des pays, il se nomme prestations sociales non financées (autrement que par la dette). On peut toujours envisager de le renforcer, mais sans contre partie (activité des individus ou ménages qui le reçoivent), rien ne changera.


    • Caliban Le 20 juin 2016 à 05h20
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      Je dis peut-être (certainement) une ânerie mais ne serait-il pas plus logique que l’UE endosse la dette de ses pays membres plutôt qu’elle distribue de l’argent ? Ainsi le service de la dette serait moins lourd à porter et les budgets nationaux moins asphyxiés.


      • Alain Le 20 juin 2016 à 15h35
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        L’UE n’ayant aucune recette propre, personne n’aurait confiance dans une dette émise ou contractée par elle. Ou bien les états membres augmentent leur contribution à due concurrence et le résultat est à somme nulle


        • Caliban Le 20 juin 2016 à 19h20
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          Je comprends votre point de vue.

          Cependant les QE consistent si j’ai bien compris à “donner” des milliards d’euros aux banques. Celles-là même qui prêtent aux Etats … C’est la logique du circuit qui m’échappe lorsque maintenant on évoque la possibilité de donner directement de l’argent aux consommateurs.

          Cela donne l’impression que les Etats sont les acteurs à éviter, à contourner absolument.


    • Laurent Le 20 juin 2016 à 13h34
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      Effectivement, le fameux Revenu Minimum Universel ressemble à un Helicopter Money qui passerait tous les mois et verserait une somme identique à tout le monde.

      Qu’est ce que ça changerait ? Bien sur il est impossible de trancher la question sans l’avoir au préalable expérimenté. Ceci étant posé, chaque fois que j’entend parlé du RMU (ou du HM) je pense au jeu Monopoly.

      Pourquoi ?
      Parce que dans ce jeu, une règle indique que le joueur touche 20 000 Frs quand il passe par la case “Départ”. Ce qui est à mes yeux une mise en oeuvre dans un espace ludique du principe du RMU. Pour autant est-ce que la domination est impossible dans Monopoly ? Non ! Est-ce que la ruine est impossible dans Monopoly ? Non plus.
      Ce jeu a toujours été vu comme une éloge au capitalisme et pourtant il inclus dans son fonctionnement le RMU (les fameux 20 000 Frs quand on passe par la case “Départ”)

      Après ce n’est qu’un jeu …


      • lois-economique Le 20 juin 2016 à 16h21
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        Le Monopoly est le jeu qui reflète le mieux le mécanisme du capital.
        Les 20 000 distribués à chaque passage sont la CAUSE des dysfonctionnements.
        Sans cette règle il n’y aurait pas de gagnant car impossibilité d’investir dans les maisons et hôtels en vue de ruiner ses adversaires.
        Il en va exactement de même dans le système capitaliste la création monétaire en continue est la CAUSE des dysfonctionnements en rompant les équilibres entre ceux qui accaparent l’argent créé et ceux qui doivent payer un tribu (comme au Monopoly).


        • Paddy Le 20 juin 2016 à 16h57
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          Les 20 000 distribués à chaque passage sont une allégorie de la croissance.


          • lois-economique Le 20 juin 2016 à 17h26
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            Plus qu’une allégorie ces 20 000 permettent la croissance.
            Cependant au Monopoly au début le système est équilibré tout le monde à la même richesse.
            Si le jeu se poursuivait SANS monnaie supplémentaire il n’y aurait pas de possibilité de rompre cette équilibre de départ.
            Mais il n’y aurait pas de croissance seulement une répartition des revenus un peu différente avec l’accaparation des propriétés.
            Mais le jeu resterait plus ou moins à somme nulle.
            C’est le souhait de croître dans un système au départ équilibré qui va créer les déséquilibres.
            C’est exactement ce qui se passe pour notre système économique.
            Au Monopoly le jeu s’arrête lorsqu’il y a plus qu’un seul joueur pour nous il s’arrêtera par insolvabilité généralisé.


            • Laurent Mandon Le 20 juin 2016 à 21h01
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              Opérer un HM peut se faire dans de bonnes conditions dans la perspective du taxe sociale et environnementale sur des bases consensuelles, favorisant une économie circulaire. Le monopoly ne traduit en rien les véritables enjeux environnementaux qui eux, sont non négociables.


            • lois-economique Le 20 juin 2016 à 22h13
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              @Laurent Madon,
              Je ne voie comment en ajoutant de la monnaie dans le système (HM) vous allez favoriser une économie circulaire….
              Bien au contraire, il faut au contraire retirez de la monnaie afin de réduire la consommation conformément à vos objectifs environmentaux…
              Plus de monnaie = plus de consommation c’est une évidence. ..


            • Laurent Mandon Le 21 juin 2016 à 09h19
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              @Lois-economique

              L’HM est un outil de redistribution équitable, le coupler avec une taxe sociale et environnementale est intéressant sur 4 points:

              -> S’applique directement et massivement sur l’ensemble de l’activité humaine.

              -> Permet de maîtriser la masse monétaire en circulation.

              -> Son niveau pouvant se calculer sur la pérennité de chaque activité (avec réévaluation annuelle par exemple), elle incite donc à rentrer dans des cercles vertueux.

              -> Elle favorise par construction les activités vitales à l’économie et les circuits courts.


            • lois-economique Le 21 juin 2016 à 10h50
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              @Laurent Madon,
              Si vous ajoutez de l’argent dans le système ce dernier sera accaparé par les plus riches exactement comme au Monopoly qui simule ce point à la perfection.
              Le capitaliste actuel c’est le Monopoly et donner de l’argent aux perdants ne sert à rien sinon à retarder un peu l’issu du jeu !
              Le processus de concentration des richesses est inhérente au système et vous ne pourrez rien y faire.
              La seule chose que vous pouvez faire c’est changer de jeu.
              Si vous ne comprenez pas cela c’est que vous ne comprenez pas la logique même du système capitaliste.


            • Laurent Mandon Le 21 juin 2016 à 11h56
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              @Lois-economique

              Dans le mécanisme de taxe que j’évoque, la possibilité de plafonner les richesses individuelles existe, ce qui permettrait effectivement de changer les règles du jeu. C’est sans doute nécessaire pour nous éviter des Bill Gates, Soros et autres prédateurs philanthropes. La légitimité des grandes fortunes qui ont un poids politique énorme est à remettre en question, survie de l’espèce humaine oblige.


        • Laurent Le 21 juin 2016 à 22h36
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          En fait, la règle des 20 000 Frs sert aussi à compenser la disparition d’argent lors de l’achat d’une propriété, d’une maison ou d’un immeuble. Il serait aussi possible de compenser cette perte en donnant plus d’argent au départ et en supprimant la règle des 20 000 Frs.

          En fait Monopoly parle de la prise de contrôle des actifs (au sens “ce qui rapporte de l’argent” c’est-à-dire dans le jeu les propriétés) et celui qui y réussira le mieux ruinera les autres joueurs. La règle des 20 000 Frs n’y change rien et c’est pour ça que je parle de l’exemple du Monopoly car il montre que l’Helicopter Money ou le Revenu Minimum Universel ne changera rien au problème de la captation des actifs par une minorité. Au mieux le RMU compensera la disparition des emplois du à l’usage des robots.


  2. Kiwixar Le 20 juin 2016 à 03h41
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    Ce n’est pas une crise (temporaire, qui toucherait tout le monde) mais une spoliation organisée des 99.99% par les 0.01% grâce à leurs Banques Centrales “indépendantes” (des citoyens). Taux d’intérêts à 0 ou négatifs, destruction progressive de l’épargne, fin de la propriété privée (interdiction de l’argent liquide), surveillance, marquage RFID… Pour la BRI et ses actionnaires, “peu importe qui écrit les lois”.


    • WhereIsMyMind Le 20 juin 2016 à 10h25
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      Le marquage RFID est presque inutile en fait…. grâce aux smartphones, et à l’écoute permanente de nos comportements sur internet/sur notre pc/sur notre smart… (et en fait sur toutes nos machines connectées c’est à dire du grille pain jusqu’à la tondeuse). La mine d’info est effrayante, et seul la limite physique de leur calculateur les bloque dans le grand rêve de nous cataloguer tous en directe et de manière précise (psychologiquement, politiquement, économiquement,…). Les possibilités sont assez effrayantes (autrement plus effrayante que simplement recevoir des pubs bien ciblées que tout le monde prétend ignoré… ou pas).

      Sachant que une partie grandissante de l’humanité est obsolète d’un point de vue économique grâce à la robotisation/IA… complot ou pas, tout cela risque fort de terminer mal


    • luc Le 21 juin 2016 à 15h47
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      “c’est une spoliation organisée”

      certains disent que c’est simplement de la bêtise et de l’incompétence de la part des dirigeants…

      ils ne sont pas d’accord et disent qu’il n’y a rien d’organisé là-dedans… ils sont un peu naïfs je crois aussi


  3. nico Le 20 juin 2016 à 05h22
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    Lorsque Hélicoptère Money sera appliqué , il ne portera bien évidemment pas ce nom pour ne pas faire paniquer tout le monde.

    Ça va s’appeler au choix revenu de base , crédit impôt généralisé , compte machin ou allocation bidule etc etc ..

    En tout cas lorsque ceci sera appliqué ce sera le signe de la vraie fin de ce qui se déroule depuis mi 1990.

    Ça va acter la fin du système tel qu’il existe en ce moment.

    L’avènement de ce truc est la plus mauvaise solution puisque ce sera l’acceptation qu’on ne peut plus rien pour des millions de gens et que donc on actera de les acheter avec un salaire à vie pour qu’ils restent au bord de la route en se tenant tranquille.

    Ce sera l’avènement d’une société à deux vitesses : ceux qui seront dedans et ceux resteront dehors avec leur petite pension ” j’achète la paix sociale “.

    Bien évidemment cette voie sera l’ultime fuite en avant avant le dernier arrêt qui sera violent et brutal puisque une crise sociale viendra irrémédiablement clôturer cette ultime tentative de faire tenir ce système déjà mort.

    Le ciment d’une société humaine c’est le travail quoi qu’on en dise.

    Lorsque chacun peut travailler et a l’espoir d’un futur meilleur pour lui et pour ses enfants , et lorsqu’il est parti prenante dans la société dans laquelle il vit , alors tout va bien , c’est la paix.

    Mais si cet équilibre est cassé alors ça fini toujours par la guerre ( civile ou autre ).

    Les allemands devraient le savoir mieux que tout le monde puisque c’est à cause des mêmes problèmes que Hitler est arrivé au pouvoir.


    • jules Le 20 juin 2016 à 07h46
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      À l’heure où une infime minorité de psychopathes utilise le Saint Graal « boulot » pour monter les gens les uns contre les autres, prétendre que « le travail, c’est le ciment d’une société humaine » a quelque chose de piquant.

      Autre chose : vous confondez le but et les moyens ou, si vous préférez, le « système » et son modus operandi. Si ce dernier change et s’adapte aux nécessités de terrain, le système, lui, ne bougera pas d’un iota. C’est fait pour.


      • nico Le 20 juin 2016 à 12h33
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        Comment vous dire …

        Les villes , les empires , les états ne se sont pas bâti en restant affalé dans un transat …

        Donc oui le travail c’est bien le ciment des sociétés humaines.

        Par le travail on participe à la vie en communauté et ça c’est invariable depuis la nuit des temps.

        Il y avait des personnes qui faisaient un feu dans la grotte pendant que d’autres partaient chasser des mammouth et cueillir des fruits … Ça s’appelle le travail.

        De même de nos jours certains font des tableaux excel pendant que d’autres vendent des trucs et d’autres encore fabriquent des bidules et le tout donne une vie en communauté.

        Voilà voilà …


        • Pierre Le 20 juin 2016 à 13h20
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          Permettez-moi de modérer votre propos en disant que le ciment d’une société humaine c’est d’abord son instinct communautaire. On a retrouvé des squelettes d’individus mort à + de 40 ans au paléolithique (espérance de vie de l’époque) présentant des infirmités congénitales graves, les rendants quasi inaptes à toutes activités (pour faire du feu, il faut commencer par aller chercher le bois). On est donc loin de la seule valorisation de l’individu définie par sa contribution concrète à la communauté, déjà à cette époque.


    • Balthazar Le 20 juin 2016 à 07h56
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      Mon avis personnel, c’est que le fascisme apparu dès les années 20 est une réaction à la prise de pouvoir des bolcheviques et le renversement de la famille impériale russe.
      Et aussi la perte de pouvoir de la religion d’Etat.
      Des crises, comme dirait ce blog, il y en a toujours eu.
      Et dans d’autres pays qui ont vu le communisme se développer, le petit dictateur (nouvel appellation pour ne pas effrayer les sans dents après les dérapages de la 2eme guerre mondiale) a vite fait son apparition.


      • Amsterdammer Le 20 juin 2016 à 19h46
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        C’est un peu court. Voire très sommaire.
        Si la peur du rouge a joué un rôle, la montée des fascismes eut aussi à voir avec le bouleversement politique, psychologique, économique et social entraîné par la première guerre mondiale, la fin des certitudes de jadis et la remise en cause des autorités traditionnelles [cf la proclamation de la République en Allemagne, Autriche, Hongrie…] et la recherche subséquente d’un nouveau lien social, d’un homme nouveau. Sans compter toutes les frustrations nationales nées du règlement du conflit.

        Le communisme soviétique et le(s) fascisme(s) sont tous deux des conséquences de la 1e GM.


    • Kiwixar Le 20 juin 2016 à 10h22
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      “Le ciment d’une société humaine c’est le travail quoi qu’on en dise”

      “Y a trois millions de personnes qui veulent du travail.’ C’est pas vrai: de l’argent leur suffirait.” (Coluche)

      Après, tout dépend de la définition de “travail”… une action de volontariat non rémunérée mais utile pour la société (aider des personnes âgées, éduquer des enfants, etc) est-elle du “travail”? Une action nuisible pour la société (toute la panoplie des métiers de la finance) est-elle du “travail”? Creuser puis reboucher un trou pour faire du PIB, est-ce du “travail”? Inventer des interdictions à la con pour justifier le travail de fonctionnaires inutiles, est-ce du “travail”?

      A mon sens, le ciment d’une société humaine, c’est la volonté de vivre ensemble et de partager un avenir commun. Le travail productiviste consumériste 40h/semaine qui détruit la planète et menace notre espèce à l’horizon de 2 ou 3 générations ne peut pas être un ciment (pas d’avenir en commun possible, du moins à 7-9 milliards d’habitants). On a donc peut-être 2 avenirs possibles : (1) “la courte-paille de Davos” ou “noctambuler vers la guerre” : moins d’1 milliards de personnes divisées en 99% aux 40h/semaine et les 1% comme maintenant (2) décroissance, 5h de travail/semaine, partage, entraide, revenu de base mais service annuel obligatoire sur les métiers difficiles et/ou dangereux.


      • theuric Le 21 juin 2016 à 00h45
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        Cessez donc vos “il faut sauver la planète” qui n’est que l’une des manipulations de ceux que vous prétendez combattre.


    • pipo Le 20 juin 2016 à 10h34
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      “Le ciment d’une société humaine c’est le travail quoi qu’on en dise.”

      Le ciment d’une société humaine c’est le PARTAGE, en autre du travail et des richesses crées.

      Mais pour ça, il faut s’intéresser aux autres, pas se prendre pour des “dominants”.


      • nico Le 20 juin 2016 à 12h38
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        Le partage ça porte un nom : le communisme.

        Et ma foi c’est une utopie qui a bien foiré.

        Quand je dis travail je pense au sens noble du mot travail : que chacun participe à la vie de la communauté à bâtir , entretenir sa communauté humaine.

        Et on le fait par le travail bien que aujourd’hui ça peut sembler abstrait.

        Des agriculteurs cultivent la terre pour nous nourrir et nous en échange on produit d’autres choses et on s’échange le tout au sein d’une communauté qui s’appelle un état.

        C’est basique mais tellement vrai que apparemment beaucoup de gens ici l’ont oublié …


        • pipo Le 20 juin 2016 à 14h14
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          @Nico
          “Le partage ça porte un nom : le communisme.”

          En URSS aussi ils ont eu leur 0.1% qui pensait devoir décider pour les autres. Ca n’a rien à voir avec le partage.

          “Quand je dis travail je pense au sens noble du mot travail : que chacun participe à la vie de la communauté à bâtir , entretenir sa communauté humaine.”

          C’est ça le partage, partage des taches ET des richesses. Vous voyez on dit la même chose, à moins que vous ne soyez pas d’accord pour partager les richesses?


        • Amsterdammer Le 20 juin 2016 à 19h53
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          Non, ‘partage’ n’est pas synonyme de ‘communisme’.

          Dans TOUTES les sociétés, sans exception, s’opère un partage de la richesse et des moyens de subsistance, selon des modalités variables. Ou alors il faudrait que vous nous citiez une société dans laquelle les individus ne partageraient rien avec personne, à commencer par leurs proches.

          Toute la question étant : quel partage, avec quel degré d’équité ou quel degré d’accaparement, avec la violence qui va avec?


        • ty89 Le 20 juin 2016 à 20h27
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          Vous oubliez une partie extrêmement importante. Les ressources énergétiques facilement exploitable et les énormes gains de productivités des 100 dernières années on permis aux sociétés de moins travailler. (beaucoup de chaumage en France, beaucoup de temps partiel/petit boulot en Allemagne).

          Sans augmentation de la consommation ce sophisme :

          “Des agriculteurs cultivent la terre pour nous nourrir et nous en échange on produit d’autres choses et on s’échange le tout au sein d’une communauté qui s’appelle un état.”

          ne peu fonctionner.

          De plus vous semblez considéré que le travail créateur de richesse pécuniaire ou physique. Mais qu’en est il de la création artistique ou philosophique ? Platon n’a t’il pas plus contribué au développement de l’humanité qu’un dirigeant de hedge fund qui ferai des milliards par ans ?


          • theuric Le 21 juin 2016 à 00h49
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            La France n’est pas un ensemble de communauté, ni n’est une communauté, la France est un pays fait d’un état et de citoyens composant le peuple.
            La France n’est pas le 51° état des U.S.A..
            La France n’est pas anglo-saxonne!!!!!


    • Spartacus Le 20 juin 2016 à 17h42
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      Salut Nico,

      “Le ciment d’une société humaine c’est le travail quoi qu’on en dise.”

      Hélas non, le travail c’est juste la manisfestation de la domination des forts sur les faibles…

      Regardez autour de vous: seuls les faibles travaillent. les forts n’ont pas besoin de travailler ils leur suffit juste d’entretenir leur domination sur les faibles (et comble du cynisme, ils utilisent essentiellement des faibles pour cela 🙂 )

      Pour ma part ce n’est que très recement que j’ai compris tout cela et j’ai immédiatement arrêté de travailler pour ce système. Cela est totalement vain et ça ne sert qu’à entretenir cette domination des forts sur les faibles.

      Naturellement, le travail devrait ressembler ce que ce vous décrivez, mais pas dans un monde gouverné par des humains (seule espèce à ma connaissance à asservir ses semblables).


      • Pierre Le 20 juin 2016 à 18h32
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        Je suis globalement d’accord avec le fond de votre com’, mais sur le dernier point non, on a des cas d’espèces animales exploitants leurs semblables, chez les primates, mais aussi d’autres mammifères (ex loups, suricates où seul le couple dominant a le “droit” de se reproduire et où donc la meute/bande est au service de l’avenir génétique des dominants) et même chez des insectes (fourmis “esclavagistes”, encore que dans ce cas on pourrait parler de domestication car les fourmis “esclaves” appartiennent à des espèces distinctes)


      • François Le 20 juin 2016 à 18h43
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        Personne – avant moi – n’a plussé l’excellent com. de Spartacus. C’est symptomatique! On est encore loin d’être des consciences politiques?


  4. LS Le 20 juin 2016 à 07h22
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    Je partage l’analyse si on ne se focalise que sur les causes internes aux systèmes monétaires et financiers.
    Ce qui me gène, c’est qu’il n’envisage aucune cause extérieure limitant la croissance des échanges physiques.
    Je pense au ralentissement (vieillissement) de la croissance démographique, général hors d’Afrique.
    Je pense à la monétisation de ce qui était fait en autoproduction et que certains estiment à la moitié de la croissance de ces 60 dernières années. Transition qui est maintenant terminée, voire en phase d’inversion, chez nous.
    Je pense aux travaux de G.Giraud/J.M.Jancovici sur le lien entre PIB et Quantité de production de pétrole, le prix du pétrole n’ayant pas d’impact sur le PIB mondial, y compris lors de la crise de 1973.

    Donc article intéressant autant par ce qu’il contient que par ce qu’il ne contient pas.


  5. Emmanuel Florac Le 20 juin 2016 à 09h07
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    Les économistes ne tiennent toujours pas compte du fait que nous sommes dans un monde limité avec des ressources limitées, ce qui contraint nécessairement le développement, la croissance du PIB, la quantité de routes, d’avions, de bateaux, de marchandises, de biens et de services tout simplement. À un moment il faudra se résoudre à mettre le paradigme du “capitalisme de marché” à la poubelle.


    • patrick Le 20 juin 2016 à 20h36
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      le capitalisme de marché peut parfaitement s’appliquer sans croissance du PIB.
      il y a toujours eu des routes , des échanges de biens et de services , ça a commencé il y a quelques milliers d’années avant même l’invention de la monnaie.
      le capitalisme a juste été une évolution essentielle qui nous a permis de sortir du féodalisme.


      • theuric Le 21 juin 2016 à 00h52
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        Le capitalisme n’est juste que la transition entre la société féodale et notre réelle modernité encore à construire.


      • RGT Le 21 juin 2016 à 19h27
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        “le capitalisme a juste été une évolution essentielle qui nous a permis de sortir du féodalisme”…

        Vous êtes sûr ?

        Je pense plutôt que le capitalisme a simplement REMPLACÉ le féodalisme d’une manière plus insidieuse mais plus violente et efficace.

        À l’époque féodale et sous l’ancien régime, les seigneurs puis les rois avaient l’obligation de protéger le peuple.

        Sous le régime capitaliste, cette OBLIGATION (qui a quand -même duré 1500 ans, sinon le système se serait effondré bien avant) n’a plus court et les “puissants” n’ont PLUS AUCUNE OBLIGATION ENVERS LE PEUPLE.

        Je ne suis pas du tout nostalgique de ces systèmes défunts, mais les relations étaient quand-même “un peu” plus équilibrées.


        • RGT Le 21 juin 2016 à 19h34
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          En fait, les “révolutions démocratiques” ne furent que l’instrumentalisation du peuple par des personnes qui souhaitaient un pouvoir sans limites et qui étaient génées par l’ancien régime qui avait l’obligation de protéger le peuple…

          Même l’église avec toutes ses perversions tenait car elle avait AUSSI une fonction sociale importante (santé, education, “restaus du coeur”)…

          Le système capitaliste se fissure après un peu plus de deux siècles car il n’est basé sur AUCUN contrat social.

          Le capitalisme, c’est juste “tout pour ma gueule et les autres crèvent !!!”.

          On a juste remplacé un système “pas top” par un “machin” largement pire.

          Il serait temps de réfléchir à un système politique qui serait plus équitable et qui éviterait la captation du pouvoir et des richesses par une “élite” autoproclamée.

          Pour celà, il faudrait commencer par “réduire la voilure” et limiter notre empreinte écologique au strict nécessaire pour assurer une survie digne pour tous les habitants.

          Cette réflexion est actuellement bloquée car de nombreux “puissants” risqueraient de perdre leurs “privilèges” et deviendraient que de simples “gueux”, des “sans dents” parmi les autres.


  6. Laurent Mandon Le 20 juin 2016 à 09h48
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    L’HM s’apparente au revenu de base, un nouveau paradigme nécessaire pour découpler au maximum l’activité humaine du “travail marchant”. A quoi bon s’accrocher au plein emploi, dans un contexte de rationalisation à l’extrême de l’outil de production. Reste à appliquer des taxes sur les produits et services qui reflètent plus nettement la pérennité de chaque activité. Plus celle-ci s’intègre dans une économie circulaire (prise en compte de l’impacte sociale et environnementale), plus la fiscalité lui est favorable. C’est par une démarche incitative que de réels progrès peuvent voir le jour.


  7. ThomBilabong Le 20 juin 2016 à 09h50
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    Bravo ! Belle hauteur de vue.
    Derrière le mot “paradigme” évoqué, j’entends les mots “doxa”, “foi féroce”, “sclérose”, “propagande”, etc. C’est très intéressant de montrer cela. Il y a un rapport de force qui émerge devant tout cela : la Chine et son énorme population, puis l’Inde. Bref, le poids du nombre, en dépit de toutes les gesticulations.


  8. Alex Hanin Le 20 juin 2016 à 10h04
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    “Plus on mondialise et plus le divorce fondamental entre offre et demande se renforce, et plus un excédent d’épargne viendra nourrir une dette publique ne passant plus par un investissement croissant, lequel venant nourrir une croissance qui ne sera plus celle des trente glorieuses.”

    Je ne suis pas vraiment d’accord avec cette façon de présenter les choses. C’est la dette publique qui nourrit l’épargne, et non pas le contraire.

    Autre chose : la théorie de l’excès d’épargne (“saving glut”) est commode, parce qu’elle permet aux BC de faire croire qu’elles ne font que suivre le mouvement assez simpliste de l’offre et de la demande, mais la réalité est probablement nettement plus complexe. D’abord, ce sont les BC qui fixes les taux d’intérêt à court terme, pas le marché ; ensuite, le système financier est extrêmement “élastique” et les flux financiers mondiaux dépassent de très loin ceux attribuables à un simple excès d’épargne.


    • patrick Le 20 juin 2016 à 20h38
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      non, votre épargne finit toujours en dette publique , tous vos placements ( assurance vie ou autres ) reviennent toujours dans les poches de l’état sous forme de dette.
      vous le comprendrez lorsque les états se déclareront en faillite.


      • theuric Le 21 juin 2016 à 00h55
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        Les états (tous) seront, aujourd’hui, en faillite le jour où sera compris que les monnaies surproduites ne vaudront plus rien.


  9. max Le 20 juin 2016 à 10h10
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    “Si maintenant, les banques centrales distribuent directement ou indirectement des revenus complémentaires aux ménages, il n’est pas sûr que l’on aboutisse à un schéma macroéconomique vertueux : Les ménages grecs importeront davantage et l’effet sur l’investissement porteur d’emplois se fera attendre….””

    Je ne comprends pas: il est dit plus haut que le problème majeur c’est l’absence de demande solvable pour tirer les investissements. Si les grecs utilisent l’HM et importent davantage de produits allemands, ca relance les investissements côté allemand, non ?

    Alors évidemment on accroît encore le déséquilibre commercial intra zone-euro mais le HM agit comme les transferts budgétaires dont aurait bien besoin la zone euro pour recycler les surplus côté allemand, et presse à la hausse sur l’inflation ce qui à terme aura tendance à re-favoriser la grèce, non ?

    Donc au final ca semble plutôt une bonne opération ?


    • olivier77 Le 20 juin 2016 à 10h58
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      Un grec locataire gagnant mieux sa vie pourrait passer à grec propriétaire, donc faire tourner localement le marché de la construction. Tant que le travail sera présenté comme un coût et non comme une valeur ajoutée, on restera dans un status-quo pour le plus grand bonheur des 1%.
      Comme démocratiquement, c’est extrèmement difficile d’y arriver, c’est par un violent effet de levier que ça bougera (mais pas sur que cela sera la meilleure solution).


  10. Gilou Le 20 juin 2016 à 13h35
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    Décidément, la langue de bois des spécialistes est un mal incurable. Bien sûr, c’est trop intelligent pour être intelligible :
    “une offre d’épargne largement supérieure à la demande d’investissements” ?
    Un peu de traduction pour les lecteurs ordinaires :
    l’offre d’épargne ce sont tous ces plans mirobolants que les employés de banques et autres gestionnaires de fortunes sont chargés de fourguer à leurs clients. La demande d’investissements, c’est la masse d’argent que d’aucuns ont sous le coude, sans l’investir, faute de confiance dans les banksters.
    “Une hausse coordonnée et planétaire des salaires est pourtant impensable en mondialisation”. Bien sûr : la mondialisation a été institutionnalisée pour mettre la production de richesses en coupe réglée.


    • Amsterdammer Le 20 juin 2016 à 20h04
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      Non, ce n’est pas de la langue de bois, et ces termes techniques désignent même très exactement le contraire de ce que vous supposez :
      – l’offre d’épargne désigne la masse de capitaux dont dispose leurs détenteurs en manque de placements qui rapportent [les nantis, pour faire bref].
      – la demande d’investissement, ce sont les entreprises ou particuliers en manque de fonds pour investir dans le système productif, l’immobilier, etc.


      • Gilou Le 20 juin 2016 à 20h14
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        Merci ! Preuve que ça valait la peine d’être précisé.
        Sur le fond : preuve que Stiglitz a raison quand il dit que ce n’est pas en enrichissant encore les plus riches qu’on fera redémarrer l’économie.


        • Amsterdammer Le 20 juin 2016 à 20h26
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          Ah ça, tout -à-fait. Stiglitz enfonce une porte ouverte, mais le problème est que les idéologues néolibéraux aux commandes n’entendent point le simple bon-sens.

          On a affaire aux adeptes d’une religion, en fait.


          • Gilou Le 20 juin 2016 à 20h40
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            Merci derechef !
            Je crois que c’est Bernard Maris qui disait que l’économie était une religion. Il est vrai qu’à l’époque il écrivait dans Charlie hebdo et n’était pas membre des instances dirigeantes de la Banque de France…


    • Amsterdammer Le 20 juin 2016 à 20h24
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      “une offre d’épargne largement supérieure à la demande d’investissements”, ça veut dire que la masse des capitaux accumulés par les possédants a atteint un volume tel, qu’il dépasse de loin tout ce que l’économie non-financière est capable d’offrir comme placements rentables.

      Et donc cette épargne en quête de rendement se déploie dans la sphère spéculative. D’où la croissance exponentielle de l’économie financière, qui représente aujourd’hui nominalement plus de dix fois le PIB mondial !


  11. Gilou Le 20 juin 2016 à 13h40
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    Quant au “périmètre des projets”, si ça veut dire quelque chose, Jean-Claude Werrebrouck peut toujours nous le dire.
    Ah ! la jouissance de tenir un langage d’initiés que le commun de peut pas comprendre !
    Monsieur Werrebrouck, si vous voulez toucher le public, n’oubliez pas que “La pire injure que l’on puisse faire à quelqu’un, c’est lui tenir un langage qu’il ne peut pas comprendre” (Carl Gustav Jung).


  12. Geneviève B 30 Le 20 juin 2016 à 14h13
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    @ Max et Olivier 77
    Je suis d’accord avec vous.

    C’est rigolo, dès qu’il s’agit de distribuer de l’argent aux “ménages”, cela pose d’énormes problèmes ie augmentation des importations, inflation sur les actifs…Tout devient très compliqué!

    Alors que le QE, le soutien aux banques, a été décidé et mis en place sans problème!

    Je suis basique : s’il n’y a pas de croissance, et s’il y a de la déflation (ce qui m’étonne car je vois les prix augmenter régulièrement) c’est parce qu’il n’y a pas assez de salaire pour les classes qui consomment. Arrêtons de tourner autour du pot et de faire référence à tel ou tel économiste, ils se sont tous trompés un jour. J’ai envie de dire “chiche” au HM.


    • theuric Le 20 juin 2016 à 19h40
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      Il y a déflation due à la désindustrialisation et inflation due à l’hyper-production monétaire, la différence que nous vivons entre l’un et l’autre est en rapport avec la quantité de monnaie arrivant jusqu’aux portes-monnaie de la population, c’est tout.
      Sachant que tout cela est d’échelle mondiale et non pas nationale ou européenne.


    • Chantal Le 22 juin 2016 à 21h29
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      Bonjour,
      Michel Santi, ami du philosophe Edgar Morin, est un économiste libanais qui vit en Suisse. Il me semble ne l’avoir lu que dans un seul média français, La Tribune.fr.
      Il est pour l’Helicopter Money, mais pas pour les banques !
      http://www.michelsanti.fr/?p=6692

      QE Pour le Peuple, a été créé récemment. Je n’en ai pas encore fait le tour.
      http://qe4people.fr/2016/06/03/qe-pour-le-peuple-lancement-france/
      Jean-Claude Werrebrouck fait parti des économistes qui soutiennent l’initiative
      http://qe4people.fr/la-coalition/

      Si c’est bien ciblé, cela peut-être positif à mon avis. Il suffit de voir que de plus en plus de personnes manquent de l’essentiel : manger, s’habiller, se loger et pourquoi pas créer. Il y a certainement des gens qui ont des idées plein la tête, et qui ne demandent qu’un petit coup de pouce.

      Désolée si le lien a déjà été cité, mais je n’ai pas le temps de tout lire, d’autant que je n’ai pas eu accès au site durant un quelque temps.


  13. theuric Le 20 juin 2016 à 14h20
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    “Une hausse coordonnée et planétaire des salaires est pourtant impensable en mondialisation en raison de la liberté de circulation des marchandises et des capitaux qui font que les salaires ne sont plus un débouché fondamental mais seulement un coût.”

    Cet homme ne va pas jusqu’au bout de la logique de sa démonstration, ce qui veut dire qu’il ne comprend même pas ce qu’il dit.
    Si les salaires ne sont pas un débouché fondamentale mais représentent seulement un coût, cela ne peut débouché que sur une mévente généralisée des productions, donc sur une désindustrialisation également généralisée et,dès lors, à terme, sur un effondrement, aussi généralisé, de l’économie mondiale venant conclure cette incohérence.
    Si tous les salaires du monde augmentent, les différences subsisteront avec les mêmes conséquences qu’aujourd’hui.
    Tant que le symptôme originel n’aura pas été collectivement compris,aucune décision ne pourra être efficiente.
    En fait, aucune décision efficiente ne sera prise parce que cela remettrait en cause la doxa ultralibérale planétaire que ce monsieur partage.


    • Amsterdammer Le 20 juin 2016 à 20h12
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      Là, vous faites un bien mauvais procès d’intention à Mr Werrebrouck, qui est un opposant de longue date de la doxa néolibérale. Vous vous en rendriez bien compte si vous suiviez son blog. Les salaires sont bel et bien, pour lui, fondamentalement le débouché de la production, mais, explique-t-il, la mondialisation escamote cette fonction, ce qui mène à cette contradiction fondamentale du système que Marx avait déjà mis en évidence, d’où la crise systémique dans laquelle nous baignons.

      ex :
      http://www.lacrisedesannees2010.com/article-colloque-assemblee-nationale-14-septembre-2011-83935438.html


      • theuric Le 21 juin 2016 à 01h04
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        Hors cela nécessiterait des frontières semi-étanches et non pas béante comme aujourd’hui.
        La question philosophique et politique centrale que pose la globalisation est celle de la frontière, ce n’est que par sa perte qu’il y a globalisation comme l’humain se vide et meurt de la perte de ses fluide d’avoir été écorché.


  14. Naz Le 20 juin 2016 à 14h40
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    Je sais bien qu’il est facile de faire l’histoire après coup mais enfin, ce n’est pas notre job à nous autres péquins.
    Mais fallait-il être stupides pour imaginer, puis mettre en oeuvre, la fabrication d’objets plus ou moins utiles d’ailleurs, à l’autre bout du monde, le plus peuplé, le plus pauvre où une masse de main d’oeuvre s’offrait au meilleur prix, fabriquant à des conditions moyenâgeuses, pour l’exportation,- eux, prolétaires d’avant le fordisme n’ayant aucune chance de s’offrir ces luxes-, donc, délocaliser les industries des pays riches et laisser ses peuples au chômage, donc, sans aucun moyen non plus d’acheter cette quincaillerie qui, par ailleurs, pillait un autre continent pauvre! Le résultat ne s’est pas fait attendre!


    • Laurent Mandon Le 20 juin 2016 à 19h10
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      Nous autres péquins, utilisons chaque jour un bulletin de vote pour faire des choix, cela s’appelle acheter. Parfois c’est utile de connaître notre niveau de responsabilité dans nos actions de tous les jours, et prendre conscience du pouvoir énorme que nous avons. C’est intéressant de constater que ce “pouvoir d’achat”, si grand soit-il, n’est pas suffisamment mis à contribution pour défendre nos valeurs. C’est à grands renforts de slogans marketings bien rodés que nous nous faisons déposséder subtilement mais sûrement de ce pouvoir si précieux.


  15. georges glise Le 20 juin 2016 à 14h53
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    toute épargne et tout investissement demande à être rémunéré, mais ce qui caractérise l’ultra-libéralisme mondialisé, c’est qu’il veut réaliser le maximum de profits à très court terme,. l’émergence des fonds-vautours, des fonds de pension, la multiplication des fusions-acquisitions, tout cela a créé des bulles spéculatives qui vivent sur des profits dont ils attendent une rémunération égale rou
    supérieure à 10%par an, nous sommes ainsi entrés dans un capitalisme qui est un simple capitalisme de la ruine del’économie réelle. la présence sur le marché n’a plus pour but de satisfaire les besoins de l’humanité en biens et services réels, mais avant tout de ruiner et détruire les concurrents.. ce n’est pas un hasard si on considère que pour être un bon manager il faut avant tout être un killer. la concurrence libre et non faussée n’existe pas, elle est toujours faussée.


    • Laurent Mandon Le 20 juin 2016 à 18h48
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      Si profit à courte terme il y a, c’est que nous l’avons rendu possible et accepté. Rien n’empêche de supprimer les produits spéculatifs des marchés financiers et surtout taxer les transactions en fonction de la durée des positions prises, ce qui revient à favoriser les investissements sur le long terme (mort assurée du trading haute fréquence).


  16. Saint Maurice Le 20 juin 2016 à 16h12
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    l’objectif, c’est le plein emploi
    il faut donc augmenter les échanges (qui permettent de créer des emplois)
    Une masse d’argent est nécessaire pour réaliser ces échanges (pour fabriquer les biens et services et les acheter).
    S’il existe des inégalités de revenu et que les plus riches n’utilisent pas tout leur argent (alors que la masse d’argent initiale était celle jugée nécessaire à l’augmentation des échanges) à faire des échanges, ceux ci baissent et on licencie.
    Dans la boite à outils néolibérale : trois outils une fois la mondialisation déjà utilisée pour élargir le champs des échanges
    1. Faire baisser les taux du crédit pour que les gens empruntent et augmentent les échanges (mais quand on est déjà endetté on emprunte pas plus malgré les taux bas)
    2. la BC donne de l’argent (quantitative easing) aux banques pour qu’elles prêtent (mais quand on en est au point d’utiliser le deuxième outils c’est que ça craint et on a pas envie d’emprunter)
    3. la monnaie hélicoptère mais avec les risques dont parle JCW

    Une solution ? changer sa façon de voir en découvrant le chartalisme ?


  17. Gilou Le 20 juin 2016 à 16h31
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    L’objectif n’a jamais été le plein emploi. Rien qu’à considérer ce que font tous les gouvernements français depuis le 3 janvier 1973, (avant, je ne sais pas), on voit bien que leur projet est l’abolition de l’emploi.
    Le libéralisme économique n’a pas besoin de l’emploi qu’il considère comme un mal non nécessaire. Ce dont il a besoin, c’est un emploi qui ne coûte rien : l’esclavage dont les 36000 formes de bénévolats ne sont que des précurseurs.
    Cela explique la complicité des multinationales avec les dictatures les plus sanglantes : elles offrent des emplois à coût quasiment nul.
    Avec le libéralisme économique, il y a toujours un moment où il faut que ça saigne.


    • theuric Le 20 juin 2016 à 19h34
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      L’esclavage a un seul problème, mais de taille, l’esclave n’achète pas, ce fut d’ailleurs la raison de la guerre de sécession entre le nord industriel et le sud esclavagiste.


      • Gilou Le 20 juin 2016 à 20h16
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        Exact. C’est d’ailleurs pourquoi les esclaves “relatifs” que sont les gens sous-payés et les sans emploi sous-indemnisés, voire pas indemnisés du tout (50 % des chômeurs) n’ont pas de quoi faire tourner la machine économique avec de la consommation.


  18. Saint Maurice Le 20 juin 2016 à 17h16
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    le plein emploi est quand même je te rassure l’objectif au moins annoncé (Cf Hollande qui dit qu’il se présentera si il réussi à inverser la courbe du chômage) des politiques.
    C’est même pour cela qu’ils veulent la croissance (des échanges pour atteindre le plein emploi)..
    Après les acteurs de terrain essaient et parviennent à s’en mettre plein les fouilles Ok…
    Bon je cède, ils veulent au moins diminuer le chômage (pour avoir la paix) et certains pensent même qu’un minimum de chômage limite l’augmentation des salaires…


  19. Saint Maurice Le 20 juin 2016 à 17h18
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    je cède aussi sur l’emploi qui couterait rien…ou juste le minimum pour que le salarié ne vienne pas cambrioler ou couper la tête de l’employeur….


  20. Laurent Mandon Le 20 juin 2016 à 19h59
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    Fermer les frontières… En connaissant l’ultra-dépendance de la France en matières premières vitales venant quasi exclusivement de l’étranger, pétrole, gaz, uranium etc…, je doute que soit dans notre intérêt, non ?


  21. Charlie Bermude Le 20 juin 2016 à 21h44
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    Question de doctrine , au hasard comme çà . L’auteur de l’article , il commence par l’épargne est supérieure à l’investissement . Ben déjà c’est pas Keneysien çà . Pour Keynes epargne= investissement . Il faut prendre çà , comme l’un des dix commandements , inscrits sur les tables de la Loi , par Dieu , çà se discute pas , d’ailleurs c’est une égalité comptable , point final .
    Ok . Mais alors qu’est ce que çà veut dire “investissement” ? . Alors pour un Keneysien , je fais une connerie , certes , mais je place dans l’or ( la relique barbare ) , j’investis !
    C’est comme le Si des Moines du moyen Age , arythétiquement c’est bon , oui , mais à l’oreille çà colle pas . C’est diabolique .
    Alors je suis d’accord avec l’auteur , l’épargne c’est pas égal à l’investisssement . Et puis “épargne” , faut mettre entre guillemés parce qu’il y en a qui s’endettent pour çà . . Je vais pas développer , je me suis suffisemment amusé .


    • yann Le 21 juin 2016 à 10h15
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      Non. Relisez Keynes. C’est Jean Baptiste Say qui pensait que l’épargne est égale à l’investissement. Ce qui rend logiquement les crises de surproduction impossible et cette thèse faisait beaucoup rire Keynes parce que c’est un des piliers du libéralisme.

      Pour Keynes l’épargne n’est jamais naturellement égale à l’investissement et c’est bien là qu’est le problème, parce que cela veut dire qu’il peut y avoir une sortie de monnaie du système d’échange, ce qui provoque une contraction de la monnaie en circulation et une crise de solvabilité des entreprises. La fameuse crise de surproduction. C’est bien pour ça que Keynes prônait une régulation du système économique par des mécanismes externes aux marchés. Il savait très bien que les grands équilibres n’avaient rien de naturel contrairement à ce qu’affirme encore ces pauvres libéraux.


      • Saint Maurice Le 21 juin 2016 à 18h50
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        Absolument..; Il parlait de la préférence pour la liquidité (la trappe aussi..) et de l’inégalité devant la disponibilité de la monnaie, tout cela réduit la masse monétaire disponible pour les échanges (et au final réduit l’emploi).


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