Philippe Migault est chercheur à l’IRIS, spécialisé dans l’étude des partenariats entre Russes, Français et Européens en matière d’armement, d’aéronautique, d’espace et d’énergie.

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Le traitement médiatique de l’assassinat de Boris Nemtsov par la presse “occidentale” a été l’occasion, une fois encore, de constater les manquements flagrants à la déontologie de certains journalistes français.

La dépouille de M. Nemtsov n’avait sans doute pas encore fait l’objet de l’autopsie de rigueur que déjà la twittosphère française vibrait de messages d’indignation avec, en ligne de mire, Vladimir Poutine. “Coupable, forcément coupable, Vladimir P. ” pourrions-nous dire pour paraphraser Marguerite Duras. Celle-ci, rappelons-le, couvrait une autre affaire sordide d’assassinat il y a trente ans pour le quotidien Libération. Elle avait attribué la culpabilité d’un crime à la mère d’un enfant-martyre, sans la moindre preuve, la moindre enquête. Le procédé foulait aux pieds toutes les règles de la profession journalistique mais qu’importe: l’émotion primant sur la réflexion, Libération avait publié cette infamie sans plus de précautions. L’art officiel, n’est-ce pas, peut l’emporter sur les faits.

Nous ne savons pas encore qui a tué Boris Nemtsov. Peut-être ne le saurons-nous jamais. Mais ce qui est certain c’est que nous savons qu’il existe un double standard dès qu’il s’agit de parler de Vladimir Poutine, dès qu’il s’agit de parler de la Russie. Pour le chef de l’Etat russe, pour son peuple qui, les sondages en attestent, le soutient massivement, pas de présomption d’innocence. Ex-agent du KGB, Vladimir Poutine est nécessairement un nostalgique de l’Union Soviétique qui, via une propagande magistralement orchestrée par des médias sous contrôle total du Kremlin, a hypnotisé son opinion publique et l’entraîne dans une dangereuse spirale ultranationaliste et impérialiste. Cette dérive, bien évidemment présentée comme fascisante par les médias occidentaux, est susceptible de selon eux de mener le Président russe à conquérir l’Ukraine et, qui sait, demain les pays Baltes, ou la Pologne.

Il suffit d’ouvrir n’importe quel journal, d’écouter quelques heures la radio pour que, sans cesse, le même mythe d’un retour de la guerre froide revienne avec, en arrière-plan, le spectre menaçant d’une armée rouge ressuscitée. Français stockez des pâtes. Comme en mai 1981, les chars russes se préparent à défiler place de la Concorde. Tout cela serait comique si, en définitive, un vrai climat de haine et de paranoïa ne s’installait pas peu à peu en France, tout individu ne hurlant pas avec les loups contre le péril russe étant qualifié d’agent d’influence à la solde de Moscou. Il n’est plus possible aujourd’hui de parler, d’échanger, de raisonner, d’argumenter dès qu’il s’agit de la Russie, de Vladimir Poutine. Vous êtes contre et vous êtes dans le camp du bien. Ou bien vous n’êtes pas sur la ligne dominante et vous participez de l’axe du mal ou, au mieux, êtes suspect de trahison envers la nation. Ne parlons même pas de ceux qui écrivent dans les colonnes d’un média gouvernemental russe…

Le pire est que l’on retrouve ce manichéisme dans certains des cercles de réflexion supposés les mieux informés. Loin des caméras et des micros, alors que la discussion pourrait être sereine entre individus aux opinions divergentes, mais censés se caractériser par leur sang-froid, leurs capacités d’analyse, les craintes les plus folles s’expriment vis-à-vis de la Russie. La Russie c’est l’ennemi. Et gare à celui qui ose apporter la contradiction. “Il suffit d’observer les programmes militaires que les Russes développent prioritairement pour se rendre compte qu’il s’agit essentiellement de programmes défensifs”, constatait récemment un brillant penseur militaire français, ancien officier supérieur, lors d’une discussion à laquelle l’auteur de ces lignes prenait part. Le silence de plomb qui a suivi ses propos en disait long sur la prudence de ceux qui, partageant cette opinion n’osaient acquiescer, et la réprobation de ceux qui le tenaient pour un individu “politiquement incorrect”.

Nous sommes sortis du raisonnable. Il convient de vite y revenir. Fragile, le cessez-le-feu tient malgré tout pour l’heure, dans le Donbass. Timidement, pas à pas, certains dirigeants européens renouent un dialogue plus apaisé avec la Russie. Il faut poursuivre dans ce sens, dans les mois qui viennent, pour régler le problème ukrainien en concertation, avec toutes les parties concernées en Europe. Les responsables français, allemand, russe et ukrainien ont signé un accord à Minsk  et évoquent “la création d’un espace humain et économique commun, de l’Atlantique au Pacifique”. On n’avait pas évoqué une perspective aussi ambitieuse et optimiste depuis l’époque de François Mitterrand, Helmut Kohl et Mikhaïl Gorbatchev, il y a de cela vingt ans. Vingt ans perdus. Nous devons nous accrocher à cet espoir et cesser en France et en Russie —car les médias russes ont leur part de responsabilité — une guerre médiatique absurde qui ne fait que creuser le fossé entre les nations. “Une information et son démenti, cela fait deux informations”, déclarait Pierre Lazareff, le plus célèbre des patrons de presse français, cité encore en exemple dans toutes les rédactions et toutes les écoles de journalisme de l’hexagone. Il faut en finir avec ce cynisme. Car le démenti arrive toujours trop tard et le mal est fait.

Source : Philippe Migault, pour Sputnik News France, le 10 mars 2015.

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37 réponses à Information, désinformation, manipulation: Cessons de fabriquer un ennemi russe

Commentaires recommandés

DUGUESGLIN Le 28 mars 2015 à 04h53

C’est toujours et encore Poutine le grand résistant au nouvel ordre mondial qui est visé.
Le nouvel ordre mondial oligarchique veut de débarrasser de Poutine qui empêche le dépeçage de son pays.
Donc il faut inlassablement le décrédibiliser.
En Russie ça fait l’effet inverse et chez nous il commence a y avoir des doutes.
La propagande va donc passer à un cran supérieur. Les américano-atlantistes transfrontaliers n’ont rien à perdre c’est pourquoi ils ne se découragent pas. au mieux ils obtiennent le départ de Poutine et au pire ils justifient la guerre des sanctions qui permet d’affaiblir la Russie et toute l’Europe. Ils jouent gagnant dans les deux cas.
Sauf si dans toute l’Europe se créent des mouvements de résistance.
Pour détourner l’attention la méthode est d’activer des clivages un peu partout.
Par exemple réactivation du clivage gauche/droite en France qui pourtant n’a plus aucun sens C’est le rôle que remplit le gouvernement français de Vals, dit de gauche, pro-atlantiste à outrance. C’était pareil avec le gouvernement, dit de droite, sous Sarko pro OTAN et atlantiste à outrance. Il y a donc un faux clivage.
Le combat doit être déplacé, sinon nous resterons dans la soumission à la mainmise de l’oligarchie internationale et à l’appauvrissement.
En aucun cas il ne faut que Poutine puisse être un exemple pour les autres européens, c’est pourquoi il doit être à tout prix discrédité.

  1. tepavac Le 28 mars 2015 à 02h38
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    Juste une petite contribution.peut-etre cela pourrai servir pour un billet.
    merci pour votre site et vos éfforts.

    https://www.youtube.com/watch?v=_UGQ9jAK1W8


    • brigitte Le 28 mars 2015 à 10h30
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      il pourrait y avoir des échanges entre tous les médias et blogs de ré-information. Je recommande cette vidéo ; effectivement, DiaCrisis pourrait donner de la visibilité à ce média et à cette conférence AZK et COMPACT :

      “la liberté nous libère” dit-il et notre slogan chez CONTACT : “Avoir le courage pour la vérité” et nous avons constaté que la vérité est contagieuse.

      Il dit tout ce que nous pensons sur les médias, de leurs mensonges, qui en particulier nous incitent (excitent dit-il) à la guerre mondiale tous avec un langage très clair.


    • boduos Le 28 mars 2015 à 12h42
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      merci @tepavac

      exposé construit,clair,décapant.
      une synthèse rarement aussi complète. Une “weltanschauung” à réécouter,à copier coller,à faire suivre aux allergiques à la vérité…


  2. DUGUESGLIN Le 28 mars 2015 à 04h53
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    C’est toujours et encore Poutine le grand résistant au nouvel ordre mondial qui est visé.
    Le nouvel ordre mondial oligarchique veut de débarrasser de Poutine qui empêche le dépeçage de son pays.
    Donc il faut inlassablement le décrédibiliser.
    En Russie ça fait l’effet inverse et chez nous il commence a y avoir des doutes.
    La propagande va donc passer à un cran supérieur. Les américano-atlantistes transfrontaliers n’ont rien à perdre c’est pourquoi ils ne se découragent pas. au mieux ils obtiennent le départ de Poutine et au pire ils justifient la guerre des sanctions qui permet d’affaiblir la Russie et toute l’Europe. Ils jouent gagnant dans les deux cas.
    Sauf si dans toute l’Europe se créent des mouvements de résistance.
    Pour détourner l’attention la méthode est d’activer des clivages un peu partout.
    Par exemple réactivation du clivage gauche/droite en France qui pourtant n’a plus aucun sens C’est le rôle que remplit le gouvernement français de Vals, dit de gauche, pro-atlantiste à outrance. C’était pareil avec le gouvernement, dit de droite, sous Sarko pro OTAN et atlantiste à outrance. Il y a donc un faux clivage.
    Le combat doit être déplacé, sinon nous resterons dans la soumission à la mainmise de l’oligarchie internationale et à l’appauvrissement.
    En aucun cas il ne faut que Poutine puisse être un exemple pour les autres européens, c’est pourquoi il doit être à tout prix discrédité.


    • Inox Le 28 mars 2015 à 13h01
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      “Sauf si dans toute l’Europe se créent des mouvements de résistance.”

      J’ai failli rigoler.

      Il n’y aura aucune résistance en Europe, le pays des moutons. Regardez en France lors des dernières élections, on est reparti pour une nouvelle pseudo alternance, tel Sisyphe qui pousse son caillou.

      Il peut y avoir espoir dans les nouvelles générations peut être. Mais ça prendra du temps.

      Poutine sera très méchant, et la Russie barbare encore pour longtemps.


      • Rose-Marie Mukarutabana Le 28 mars 2015 à 14h24
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        Songez qu’à part l’Europe et l’Amérique du nord, le reste du monde est poutinien et anti-américain. Tout le monde connait bien les méfaits des USA, et meme sans etre au fait des détails de la géopolitique actuelle, les gens ne se laissent pas séduire par les mensonges des médias occidentaux, pour en avoir trop souvent fait l’expérience lorsqu’il s’est agi de crises dans leur propre pays.
        Et l’Internet est accessible partout désormais.
        Le poid de cette opinion doit quand meme compter pour quelque chose quant à l’issue finale.


      • DUGUESGLIN Le 28 mars 2015 à 15h33
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        Il existe déjà des mouvements de résistance en Allemagne, en Hongrie, en Italie en Grèce, en Autriche, c’est pour cette raison que les US veulent augmenter la pression médiatique.


      • Zo Le 30 mars 2015 à 11h09
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        La révolte gronde lorsque les ventres grognent, l’Histoire le montre. Ici en France on est globalement assez bien nourri et on a tous notre smartphone, donc pas de risque de révolte à l’horizon.


  3. yanis Le 28 mars 2015 à 06h52
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    « une guerre médiatique absurde qui ne fait que creuser le fossé entre les nations. »

    La notion de guerre médiatique est certes réelles , mais que penser d’une union européenne et de son maître les USA , qui dénient les faits historiques,
    Comme la victoire russe sur l’Allemagne nazie , ayant pour la seule russie
    27 MILLIONS DE MORTS , en ne participant pas à la commémoration à Moscou
    Le 9mai prochain,
    Mais vont se retrouver à KIEV , grand centre de regroupement nazis et néo-nazis
    Actuel de toute l’europe ?
    Ce sont des faits , pas une lubie médiatique de journaleux .
    idéologiquement les usa et l’UE ont choisis , il faut le dire et le faire savoir !!!


  4. Michel Ickx Le 28 mars 2015 à 07h33
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    Hier matin, Sur France Inter un débat sur la théorie du complot.
    Un chef d’oeuvre de confusion, de banalité et de généralités.
    Sémantiquement “tordu” entre les deux interlocuteurs. Exemple:
    parlant de la tour 7 le premier des complices dit:
    “Cette tour qui SERAIT tombée en 2001…” Le comparse reprend
    en corrigeant: la tour 7 EST tombée et… mais nous explique

    “qu’elle avait des fondation communes avec les autres tours, ce qui l’a ébranlée etc….”

    C’est parsemé de perles d’arguments spécieux, de résonements débiles parsemés de quelques aveux de bon aloi pour donner l’impression d’une position équilibrée. Aveux de certaines erreurs
    de la presse qui, comme le disent les hommes politiques mis à nu, “n’a pas su bien communiquer et qui doit s’améliorer”

    Je vai faire une analyse point par point de cette émission au cas où Olivier mettrait un billiet sur la désinformation de nos merdias.


  5. Nerouiev Le 28 mars 2015 à 09h52
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    Oui, c’est bien ce qu’il écrit, mais on le sait et on n’arrête pas de le dire nous aussi. Mais rien n’y fait face à ceux qui se gavent de journaux, de télé ou qui écoutent ceux qui ont lu, vu ou entendu dire. Cette impuissance face à mon entourage ainsi modelé et qui m’accuse de complotisme est assez désespérante mais n’altère pas mes convictions. Je remarque que la France est sûrement le pire des pays quant à son attitude béni-oui-oui et non combative. Pour inverser le balancier il faudra me semble-t-il un événement fort et incontestable du genre MH 17 abattu par l’armée ukrainienne, Poutine prix Nobel de la Paix, le roublar a tué le dollar … mais le temps est aussi un facteur positif pour faire émerger la vérité et/ou le bon sens.


    • DUGUESGLIN Le 28 mars 2015 à 15h41
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      Beaucoup aussi sont des colporteurs de ragots, qui peuvent changer leurs faux semblants, et leurs fausses opinions, quand le vent tourne? L’important c’est de tenir. c’est ça qui dérange.


    • Louis JULIA Le 30 mars 2015 à 08h58
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      “un événement fort et incontestable du genre MH 17 abattu par l’armée ukrainienne,”, écrivez vous.
      Même sans déclaration formelle, officielle ou autre, il me semble qu’en observant la succession des réactions à ce tragique événement, en juillet et en août 2014, n’importe qui peut se faire une idée assez nette du coupable.
      En résumé:
      1- annonce tonitruante du crash, ainsi que de sa cause, sans même une période d’interrogation (genre: un avion de ligne a disparu des radars, sans un seul message d’alerte comme récemment en France..)
      2- accusations immédiates par les USA et la meute des médias occidentaux. Apparition immédiate de “preuves”, telles cette conversation radio qui a été démasquée ultérieurement comme étant un faux. (s
      3- Le tout d’un brusque silence de la part des USA, silence qui n’a plus jamais été rompu depuis.
      4- Refus des USA de fournir des preuves issues de leur services de surveillance radar, radio etc… Prétexte: danger pour la sécurité des USA, cela pourrait révéler la façon dont ces renseignements ont été acquis. (Les militaires russes, pourtant toujours soupçonnés de pratiquer le secret militaire façon URSS, n’ont pourtant pas hésité à dévoiler publiquement leurs données à eux dans une conférence de presse télévisée).
      5- Propagande effrénée les jours suivants envers ces “brutes épaisses” de séparatistes, pilleurs d’épaves, détrousseurs de cadavres etc…
      6- Impossibilité répétée pour l’OSCE d’accéder au site du crash en raison des tirs ukrainiens (impossibilité souvent imputée par nos médias aux séparatistes).
      Bref, n’importe quelle personne dotée de bon sens était dès le début en droit de se dire: ce silence subit des USA après les accusations immédiates, n’est-ce pas l’équivalent de “Oups…LA bourde!”?


  6. Crapaud Rouge Le 28 mars 2015 à 10h02
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    Hier, je me suis défoulé à faire l’analyse détaillée d’un article du JDD (http://www.lejdd.fr/International/Europe/Le-tsar-Vladimir-Poutine-pris-a-son-propre-piege-en-Ukraine-716992). Poutine y est présenté comme fourbe, (ce qui permet de faire passer n’importe quelle réalité vraie pour une apparence trompeuse, et n’importe quelle déclaration pour un mensonge), et comme très dangereux puisqu’il serait prêt à un “affrontement global” avec les US.

    Ce qui me débecte, et a motivé mon analyse, c’est que la propagande ne ment pas clairement, sauf sur quelques points de détails, mais elle présente tout de façon à ce que lecteur interprète à charge. Par exemple, après avoir fait comprendre que Poutine est fourbe, le journaliste se permet de le citer : “Grâce à Dieu, il n’y a pas de guerre.” Le journaliste étant supposé ne pas se contredire lui-même, le lecteur interprètera cette citation comme relevant de la fourberie.

    Autre exemple qui m’a particulièrement fait tiquer : “Vladimir Poutine a lié sa popularité à une victoire en Ukraine.” Il m’a fallu du temps pour réaliser ce qu’elle voulait dire vraiment : Poutine mise sur une victoire en Ukraine. Avec ce verbe, que l’auteur a soigneusement évité, les intentions belliqueuses sont claires et nettes. Mais l’auteur a retenu une phrase qui le suggère sans le dire, et qui s’appuie, c’est toute la perversité du procédé, sur une réalité vraie, à savoir que Poutine risque sa popularité en Ukraine, ce qui le contraint à la plus grande prudence : tout le contraire du joueur prêt à se lancer dans les plus audacieux paris. Voilà pourquoi, quand vous parlez ensuite de Poutine avec vos collègues, un délire de parano vous sépare…


    • Louis JULIA Le 30 mars 2015 à 09h11
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      On notera que l’auteur de l’article est Emmanuel Grynszpan, correspondant à Moscou (Russie).
      J’ai pu remarquer que les “correspondants à Moscou” de nos médias instruisent uniquement à charge contre la Russie et contre Poutine. Visible chez Alban Mickozy pour la 2 (il semble adopter toutefois un ton plus modéré, ces derniers temps), chez les correspondants à Moscou de l’AFP (qui fournit Libé et le Nouvel Obs). Les dépêches AFP sont un modèle de la fourberie insinuatrice que vous évoquez. Exemple dans cet article de janvier: http://www.liberation.fr/monde/2015/01/22/a-donetsk-des-prisonniers-ukrainiens-de-guerre-exhibes-devant-la-foule_1186497
      J’avais alors commenté dans Libé: “a le temps de lui demander un journaliste russe avant que l’homme ne soit passé à tabac par quelques habitants, puis rapidement embarqué à bord d’un 4×4 immatriculé en Russie.”
      Toujours cette marque de fabrique inimitable de l’AFP: la petite insinuation perfide: “immatriculé en Russie”.


  7. Tonton Poupou Le 28 mars 2015 à 10h22
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    La Théorie du complot Poutinien. (Seule théorie du complot politiquement correcte en Occident)
    Le petit Poutine pratique illustré et facile d’emploi :
    Quand tu as mal aux dents : Blâme Poutine !
    Quand il pleut : Blâme Poutine !
    Quand tu es pris dans un embouteillage : Blâme Poutine !
    Quand tu ne dors pas : Blâme Poutine !
    Quand un pigeon te c…. dessus : Blâme Poutine !
    Quand ton équipe de foot perd : Blâme Poutine !
    Quand ta femme te trompe : Blâme Poutine !
    Quand ta voiture démarre pas : Blâme Poutine !
    Quand la fermeture éclair de ta braguette se coince : Blâme Poutine !
    Quand ton chef t’e…… : Blâme Poutine !
    Quand tu n’as pas gagné le Loto : Blâme Poutine !
    Quand tes gosses ne t’obéissent pas : Blâme Poutine !
    Etc etc etc ………… ! Vous verrez ça ira beaucoup mieux !!!!!!


  8. Serge Jadot Le 28 mars 2015 à 10h26
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    /”Le silence de plomb qui a suivi ses propos en disait long sur la prudence de ceux qui, partageant cette opinion n’osaient acquiescer, et la réprobation de ceux qui le tenaient pour un individu “politiquement incorrect”.”/
    Si tragiquement vrai! La meilleure prison n’est pas celle qui a les barreaux aux fenêtres, c’est celle qui est dans votre tête. Cette prison-là vous poursuit partout, même dans les toilettes ou dans l’isoloir des urnes.
    Il est vraiment urgent qu’on apprenne à l’humanité non plus seulement à lire et à écrire, mais aussi, et peut-être surtout, le fonctionnement de son cerveau comme le prêchait H.Laborit. Alors, seulement on arrivera peut-être à choisir autrement que parmi les choix qui nous sont imposés par une minorité dominante.


  9. jc giraudon Le 28 mars 2015 à 11h17
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    Pour moi les journalistes sont des manges merde infeodes au pouvoir en place ont ils se nourrissent grassement ils preferent les nazis ukrainiens et surtout qu, ils arrivent en france c, est tellement mieuxpour leurs petits interets particuliers


  10. coinfinger Le 28 mars 2015 à 12h14
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    Ne pas oublier quand méme que cette désinformation , la corruption à grande échelle , au moins des postes clés en matiére politique et médiatique à un cout énorme .
    Je n’ai pas vérifié l’information que j’ ai eu sous le yeux par hasard , mais ce serait autant que le budget purement militaire du Pentagone . Hors il me semble qu’un grand écart s’opére entre le financement de cette orgie mentale , et les moyens ( militaires) de les assumer .
    Des alertes surgissent constemment sur les problémes financiers , la Fed vient de rappeler qu’elle a l’intention de relever ses taux ‘avant la fin de l’année’ , les finances Ukrainiennes c’est le tonneau des Danaides , çà fuit de partout , mais pour le remplissage çà craint …
    Alors , bon , offensive au Yémen maintenant , comme si ce qui était en cours suffisait pas , et préparation d’une révolution indigo en Russie … en plus ! Je crois que çà délire grave . La guerre est un moyen traditionnel de régler ses dettes , par pillage de l’ennemi , …à condition qu’elle soit gagnante ! On est pas encouragé à la confiance au vu des derniers résultats militaires atlantistes .


  11. coinfinger Le 28 mars 2015 à 15h31
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    Me vient une idée disant celà ( mon post qui précéde ) que l’écart finance/ambitions n’épuise pas la question . Parce qu’aprés tout pourquoi ne pas persister dans la fuite en avant et en faire un processus en soi , autonome .
    L’idée c’est la différence d’avec la création d’un Empire , si on compare avec le modéle du genre l’Empire Romain . A partir de Marius ( armée professionnelle , au lieu de conscrit ) , pervertie par Sylla ( qui en fait des clients ) , le génie de César , à mon avis , phénoméne occulté est de résoudre la question sociale antique , lancinante , remise des dettes+partage des terres . Au lieu d’en faire une source de conflits internes qui atteignent leur paroxisme dans le pourissement de la république , il offre à la plébe de la Terre , prise sur la conquéte , contre service militaire engagé et leur offre le pouvoir pyramidalisé , le sénat n’est plus alors que secondaire .

    La pompe à phynance que représente le complexe US , c’est pas du tout çà . C’est une exaspération Pompéenne , une délectation d’oligarques et de sénateurs , autant de picsous , satisfaits d’eux mémes . Comme je ne vois pas poindre de César aux US , je pense que c’est une grosse farce historique de mauvais gout , qui va finir déclasée en série B .


    • Crapaud Rouge Le 28 mars 2015 à 19h22
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      une grosse farce historique de mauvais gout” : il y a beaucoup de ça, en effet, et qui n’en serait convaincu n’a qu’à la lire dedefensa. Mais cette “pompe à phynance” est si vaste et diffuse que cette sentence bien sentie laisse sur sa soif. 🙂


  12. Vltava-Moskova18 Le 28 mars 2015 à 16h15
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    En parlant de propagande anti V.Putin,anti Russie..
    http://www.mondialisation.ca/cnn-bat-les-tambours-de-la-guerre/54383
    J’ai envoyé cet article à toute une liste de sénateurs,de députés.
    En CCI à solidaire de la Russie.
    Objet : Des fous dangereux en liberté..
    Le conseiller de la sécurité nationale du président George W. Bush, Condi Rice, avait averti les Etatsuniens que les armes de destruction massive (inexistantes) de Saddam Hussein pourraient entraîner un nuage radioactif sur une ville étatsunienne. En réalité, aucune menace n’existait. Mais aujourd’hui, une menace très réelle existe sur toutes les villes étatsuniennes, et le conseiller de la sécurité nationale ne l’a pas remarqué.

    La menace est émise par Washington et découle de la diabolisation de la Russie et de son leadership.

    Wolf Blitzer (CNN, le 13 mars), sous couvert d’un programme d’information, a diffusé une émission de propagande tout droit sorti du Troisième Reich ou peut-être du 1984 de George Orwell. L’orchestration présente la Russie comme une menace militaire massive et agressive. L’émission était remplie de missiles et de tirs à la sauce du Dr Folamour exhortant à déployer des mesures contre la menace russe. Le programme de Blitzer fait partie d’une campagne de propagande orchestrée dont le but est de préparer les Etatsuniens à un conflit avec la Russie.

    Cette émission fut un tel monceau de propagande irresponsable et de mensonges flagrants pour un tel média qu’il apparaît évident que CNN et Wolf Blitzer n’ont pas eu peur d’être enrôlé pour propager la fièvre de la guerre. Ce soi-disant « grand média » a été transformé en un ministère de la Propagande.

    Une propagande similaire se propage au Royaume-Uni où le ministre de la Défense, Michael Fallon, a déclaré que la Russie représentait un «danger réel et présent» pour l’Europe. Les troupes US et les tanks se sont précipités dans les pays baltes, sous le prétexte que la Russie va attaquer.

    Que des mensonges flagrants puisse être émis par de hauts fonctionnaires du gouvernement, sans la moindre preuve et sans honte devrait vous effrayer à mort. Nous assistons au manque total de respect pour la vérité et pour la vie humaine de la part de hauts responsables gouvernementaux et des médias pressetituées (jeu de mots avec presse et prostituée, ndt).

    Cette propagande est le moteur poussant le monde vers la guerre. La propagande a détruit la confiance entre les puissances nucléaires et a ressuscité la menace d’un Armageddon nucléaire. Le gouvernement russe considère que Washington et ses vassaux de l’OTAN cherchent à créer une menace russe inexistante. Il est clair que cette menace fait apparaître un but qui vise à frapper la Russie.

    La propagande de Washington diffusée par les pressetituées est l’acte le plus irresponsable de l’histoire humaine. Reagan et Gorbatchev ont réussi à éliminer la menace d’une guerre nucléaire, et les néoconservateurs fous et leurs putains de médias l’ont ramenée à nouveau.

    La propagande d’une attaque de Washington sur la Russie et Vladimir Poutine est comme l’attaque de Washington sur l’Afghanistan et Oussama ben Laden, sur l’Irak et Saddam Hussein, sur la Libye et Kadhafi. Est-ce à dire que Washington a l’intention d’attaquer la Russie dans une frappe nucléaire préventive ?

    Dans l’affirmative, cela signifie la fin du monde. De toute évidence, la menace pour les Etats-Unis et le monde entier réside à Washington et non à Moscou. La menace est l’idéologie néoconservatrice folle d’hégémonie mondiale des États-Unis guidée par la cupidité débridée de sociétés US visant à contrôler les ressources du monde.

    Poutine comprend la gravité de la situation et travaille dur pour la faire comprendre, mais Washington a rendu impossible d’informer à ce sujet. Le prix à payer pour la Russie, selon Washington, est que Poutine doit se retirer de la Crimée et de sa base navale russe de la mer Noire, abandonner les populations russes dans le sud et l’est de l’Ukraine, et accepter des bases militaires de l’OTAN en Ukraine. La demande de Washington est une demande de reddition préventive de la Russie.

    Dans le spectacle de propagande de CNN, Wolf Blitzer a omis de déclarer que les services de renseignement allemand contestent les prétentions de Washington sur la Russie et que les gouvernements français et allemand ont finalement réalisé que Washington est devenu fou et travaillent désespérément à arrêter la route de Washington vers la guerre.

    Washington et ses marionnettes au Royaume-Uni ont passé l’intégralité du 21ème siècle a semé la mort et la destruction. Sept pays ont été envahis, bombardés afin de « répandre la démocratie. » L’Irak est détruit, comme l’Afghanistan, la Libye et la Somalie. La Syrie l’est presque, et le Pakistan et le Yémen sont politiquement et socialement déstabilisées par des attaques aériennes incessantes des Etats-Unis. Les gouvernements démocratiquement élus du Honduras et de l’Ukraine ont été renversés par des coups d’état US (sans oublier Haïti, ndt). Le Venezuela est le prochain dans la ligne de mire, avec la Bolivie, l’Équateur, l’Argentine et le Brésil qui attendent leur tour.

    Washington a donné au monde 14 années de guerre brutale et inhumaine. N’est-ce pas assez de mal ? Est-ce que Washington doit nous en donner plus ?

    Washington et les pressetituées ont perdu leur humanité. Ils sont devenus des agents du mal. Si des champignons nucléaires apparaissent, la responsabilité incombera à Wolf Blitzer, CNN, et les pressetituées qui battent les tambours de la guerre.

    Paul Craig Roberts

    PaulCraigRoberts.org


    • Rose-Marie Mukarutabana Le 28 mars 2015 à 17h03
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      Ce n’est pas l’info qui leur manque, à ces parlementaires, mais le courage, la responsabilité.
      Une maladie incurable. Informez plutot les gens ordinaires, en commençant par votre entourage.


    • coinfinger Le 28 mars 2015 à 18h48
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      Je vais en rajouter Paul Craig , il est vraiment bon . Mais je suis pas bien sur qu’un lecteur quelconque mesure à quel point les Folamours délirent .
      Pour ce qui est d’une guerre nucléaire , supposé acquis , que les Us aient un vrai bouclier anti-missiles , et puisse effectuer des frappes en toute impunité . ( ce qui est loin d’étre acquis çà a mobilisé toute l’intelligensia US du temps de Reagan , pendant un an pour aboutir à la conclusion qu’il ne pouvait y avoir de certitude quand à la victoire dans une ‘ guerre des étoiles’ ) .
      Un autre probléme est apparu dans les années 70-80 , déjà . C’est le nuage ( atomique) que çà créerait , qui fatalement finirait pas retomber sur l’envoyeur les US . D’où des recherches frénétiques sur la question , comment controler les nuages , le climat , etc ….
      La réponse est tombée , raide et sans appel , à tel point qu’elle a peovoqué un changement du paradigme scientifique : la théorie du chaos . Non seulement on ne peut prévoir à exactitude , le climat , mais on ne peut le Controler !
      Donc méme sans riposte de l’ennemi , l’agresseur serait agréssé tout autant , d’autant plus qu’il aurait mis la gomme …
      Il est clair donc que ceux qui exercent , ou paraissent exercer le pouvoir , sont notoirement incompétents . Comment les neutraliser et les empécher de nuire est une autre question .


      • Crapaud Rouge Le 28 mars 2015 à 19h39
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        D’accord pour ce qui est des retombées nucléaires sur l’envoyeur et le climat incontrôlable : ça me semble le B A BA du bon sens. Mais pas trop d’accord quant à l’imminence d’une menace nucléaire. Ce genre d’appel est contre-productif, car il incite à répondre au problème qu’il pose, et la réponse ne peut être que négative. Et puis, j’aime pas les textes où l’on trouve des assertions du genre : “les gouvernements français et allemand ont finalement réalisé que Washington est devenu fou“. Le mot fou ne peut pas convenir, inconscient serait nettement plus réaliste.


        • Carabistouille Le 28 mars 2015 à 19h54
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          attention CR, je suis assez d’accord avec Jorion quand il dit que toutes les grandes catastrophes guerrières n’ont jamais été voulues, décidées. Et quand je vois qu’il y a des gens très “sérieux”, au plus haut niveau de conseil à Washington, qui “vendent” la théorie de la 1ere Frappe en prétendant qu’en attaquant la Russie celle ci ne voudra pas riposter, oui, j’ai peur.


          • Crapaud Rouge Le 28 mars 2015 à 21h55
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            les grandes catastrophes guerrières n’ont jamais été voulues, décidées“, mais elles n’ont jamais été déclenchées par des fous. Les vrais fous ne prennent le pouvoir que dans les films. Que les zélites zuniennes soient aveugles à certains dangers, c’est évident, mais pas par folie. C’est d’ailleurs tout le problème. Un discours mesuré, pondéré, a beaucoup plus de chance d’être entendu. En me penchant de près sur cet article du JDD dont j’ai déjà parlé en long et en large, (http://www.lejdd.fr/International/Europe/Le-tsar-Vladimir-Poutine-pris-a-son-propre-piege-en-Ukraine-716992), j’ai découvert qu’il est très mesuré dans ses termes : pas un mot de travers, aucun hurlement. Mais lisez-le bien, (ou retournez sur mon analyse détaillée: http://www.les-crises.fr/la-guerre-cest-cool-en-ukraine-le-soldat-elisaveta-a-vaincu-son-handicap/#comments), et vous verrez que, si l’auteur s’abstient de traiter Poutine de fou, le lecteur, quand il a fini l’article, ne pense qu’une chose : mais il est fou Poutinou ! 🙂 La vérité n’a jamais convaincu personne, elle n’a jamais été convaincante et ne convaincra jamais personne. Convaincre est un art. Écrire que “les gouvernements français et allemand ont finalement réalisé que Washington est devenu fou“, ce n’est pas de l’art, c’est de la bêtise. Dans le camps d’en face, ils sont fichtrement plus subtils !


            • Carabistouille Le 28 mars 2015 à 22h43
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              Quelquefois je pense à deux options face à cette confiance en eux très suspecte des USA.
              Soit ils ont une arme inconnue du style qui neutralise tous les vecteurs nucléaires russes ce qui les rend très arrogant pour parler à des gens qui ont quand même quelques milliers de têtes nucléaires.
              Soit ils pensent que quitte à ce qu’il y ai une confrontation, autant qu’elle intervienne quand le rapport de force est en leur faveur.
              Sans être “fou”, il y a eu des erreurs d’évaluation qui ont couté très cher:
              – les USA sûrs qu’en décrétant l’embargo du pétrole, les Japonnais viendraient négocier l’arrêt de leur poussée impérialiste sur l’Asie.
              – les Japonnais, sûrs qu’en prenant une grosse branlée à Hawaï, les USA viendraient négocier en gémissant
              – les Allemands, certains que jamais les Anglais ne les attaqueraient alors qu’ils progressaient vers l’est pour éradiquer la “menace” communiste (d’ailleurs, Hitler avait raison, les plus grands perdants de la seconde guerre mondiale fut, et de loin le Royaume Uni)
              Et en 14:
              – les Autrichiens, sûrs que les Serbes plieraient
              – les Russes, sûrs qu’en mobilisant les Autrichiens se calmeraient
              – les Allemands, persuadés que quitte à se battre, autant le faire à ce moment là.


            • Crapaud Rouge Le 28 mars 2015 à 23h25
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              erreurs d’évaluation qui ont couté très cher” : dans les exemples que vous listez, vous pouvez remarquer une constante : l’un des adversaires escompte faire plier l’autre, comme les US aujourd’hui avec les sanctions. C’est donc plus une erreur de raisonnement qu’une erreur d’évaluation car, de manière générale, il n’y a pas de menace assez forte pour faire céder l’ennemi. Sauf la bombe, et encore… Il en fallut deux pour faire capituler le Japon. Mais c’est aussi une erreur de raisonnement parce que, pour céder, il faut l’intervention de la raison. Or, exercer une menace ou procéder à une attaque n’est pas raisonnable : celui qui subit ça n’a donc pas à être raisonnable au sens où son adversaire le voudrait. Donc il ne cèdera pas.


  13. Manu Le 28 mars 2015 à 19h09
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    S’est-on sérieusement posé la question des raisons de cette haine récurrente envers la Russie? Voici mon humble avis : nonobstant la désintégration de l’Union Soviétique – qui a pourtant réjoui les chantres de l’Occident “démocratique” – cette haine persiste et a trouvé de quoi s’exercer de plus belle à l’encontre du peu attrayant Vladimir Vladimirovitch. Alors? Je pense, moi, que la Russie d’aujourd’hui reste pour ceux qui la conspuent l’héritière du premier pays qui tenta l’expérience d’autres lois économiques que celles du capitalisme. Que l’idéal socialiste se soit rapidement vu trahi ne change rien à l’affaire : les Russes sont à jamais les “partageux”, les “bolchéviks”, ceux qui ont osé bouleverser le vieil ordre bourgeois. Même dévoyés, les slogans “La terre aux paysans” et “Les usines aux ouvriers” résonnent encore dans de nombreuses têtes bien pensantes. Et puisqu’il faut toujours un ennemi… autant suggérer au bon peuple celui qui en effet risque encore, peut-être, un jour, qui sait? d’ébranler le monde.


    • coinfinger Le 28 mars 2015 à 20h05
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      Oui y a de çà . Peut étre que les Russes étant tard venus à la civilisation ont conservé quelque chose des peuples qu’on pourrait qualifier de primitifs , où il n’existait pas de différences sociales au degré atteint , d’abord en Orient et dans les autres civilisations . Autrement dit la différence serait culturelle . Et malgré la table rase de l’occidentalisme des Tsars et surtout du communisme , çà persiste . Je vois çà dans un autre pays de l’Est où je vis , en ce sens qu’il perdure une solidarité de base entre amis ou voisins , qui n’ a certainement pas été inculquée par une quelconque superstructure religieuse , ou politique mais qui s’impose .
      Je crois que çà se sent inconsciemment et que c’est intolérable pour les ‘civilisés’ surtout ceux qui la font la civilisation , parce qu’elle est fondamentalement contraire à celà .
      Qui plus est , il existe , à mon avis , plus de reserve de ‘barbares’ capable de regenerer la civilisation , ou l’humanité pour étre moins polémique , et que celà s’est achevé dans les plaines Russes précisemment . ( il existe d’autres endroits dans le monde , mais dont l’importance quantitative est moindre , iles éloignées , déserts, forets tropicales ,montagnes …) là il s’agit d’un continent .
      D’où , pour moi , l’importance particuliére qualitativement du conflit .
      Au pire si la civilisation triomphe , je crois que nous serons comme une immense ile de Pacques , condamnés à la regression .


    • Carabistouille Le 28 mars 2015 à 20h10
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      D’une manière générale, on est toujours très critiques et détestables avec ceux qu’on a lésés.

      Mais en France, la détestation des Russes est plus ancienne.
      Notre bourgoisie ne lui a jamais pardonné d’avoir exterminé les rêves de gloriole napoléonienne qui faisait se rengorger dans les salons mais se payait avec le sang de ceux qui ne pouvaient pas racheter leur conscription.
      La bourgeoisie française en veut aussi aux Russes pour l’emprunt “patriotique” non remboursé. Les Russes, eux, ont considéré que 1.5 millions de morts Russes pour que la France récupère l’Alsace et la Lorraine, c’était assez cher payé.
      Puis il y eu la terreur des soviétique et le lest que la bourgeoisie a été obligée de lâcher aux classes dangereuses pour ne pas copier le “paradis des soviets” dans le pays.
      Puis il y eu “l’épouvantable” pacte germano-soviétique de 1940, tout en oubliant qu’il n’était qu’une réponse aux accords de Munich et qu’à la même époque les USA nous ont laissé eux aussi crever la gueule ouverte.
      Puis il y eu notre défaite infamante en 6 semaines causant à peine 28000 morts allemands et les “Popovs”, ces “sous-developpés” moyen-âgeux, qui, dés les premiers mois de la guerre, sans aucune aide de nulle part, en plein été et à l’automne, en perdant 5 millions d’hommes, en reculant de 1000 km, étaient capable de saigner la wermacht de près de 1 MILLIONS DE SOLDATS(!!!!) presque autant en 8 mois que pendant toute la première guerre mondiale. Et finalement la victoire dans l’honneur lançant une lumière russe glorieuse sur l’indignité et la nullité nationale.
      Puis il y a eu les guerres de décolonisations où là encore les Russes jouèrent un rôle actif. Mais ce qui est marrant, c’est que les US aussi jouèrent un jeu actif, mais à eux, on n’en veut pas.
      Et quoi? Ce plouc russkof, cette attardé sous-développé, archaïque, vaincu enfin en 1989 par l’ami bienveillant US, ce plouc relève la tête, et là où nos élites nous ont encore vendus à une chimère mondialiste et européenne qui tourne au désastre et à la servitude étrangère de plus en plus manifeste, ce plouc russkof résiste, refuse, et montre que ce que disait de Gaulle est toujours et plus que jamais d’actualité. Que là où nos zélites ont baissé la tête et nous ont forcé à plier le genou le Russe reste droit et fier.
      ça fait de bonnes raisons de détester quelqu’un.


    • Crapaud Rouge Le 28 mars 2015 à 23h43
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      Oui, tout à fait d’accord avec vous trois. Tout ce qui évoque le “collectivisme”, même son ombre ancestrale venue du fond des siècles, fait se dresser les cheveux sur la tête de nos amis américains. Parce que ça les sort de leur “rêve” de “réussite individuelle”, cette projection matérialiste du salut. Mais si cela désigne la Russie comme ennemi héréditaire, ça ne suffit pas pour l’attaquer. Après tout, les Ricains font du commerce avec la Chine communiste, et cela ne les empêche pas de dormir. Il faut quelque chose de plus pour s’en prendre effectivement à elle, pour vouloir la fâcher avec l’Europe : et ce sont ses réserves d’énergie fossile, évidemment.


  14. laurent Le 28 mars 2015 à 20h25
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    il est clair que l’information (désinformation) est primordiale pour nos élites. En effet, il faut passer le rouleau compresseur médiatique pour faire du bourrage du crâne, comme cela, en ressassant toujours les mêmes idioties on finit par les apprendre, un peu comme à l’école quand on rabâchait les tables de multiplication pour les savoir.
    cela permet surtout à nos dirigeants, une fois la désinformation ancrée dans les consciences, de donner une légitimité à leurs interventions : il fallait croire que Saddam Hussein possédait des armes de destructions massives, il faut croire que Bachar el Assad est un tyran à abattre, il faut croire que la Russie est dangereuse pour notre avenir (j’ai vu il n’y a pas longtemps que 70% des français pensent que la Russie est une menace pour l’Europe et la France. Je me suis demandé si ce chiffre n’était pas inventé. De quoi ont-ils peur ? Que l’armée rouge débarque à Paris?) etc etc.
    ce qui m’étonne surtout, c’est pourquoi n’y a-t-il pas de vrais médias d’opposition en France ? Pourquoi des journalistes qui invitent pléthore de politiques sur leurs plateaux ne leur demandent-ils pas si c’est une bonne chose de s’engager dans tel ou tel conflit ? La France ne fait-elle pas de l’ingérence en ayant armé les “rebelles” face à Bachar ? Laurent Fabius mérite-t-il sa place de ministre des affaires étrangères en disant devant une caméra que “Bachar el Assad ne mérite pas d’être sur terre” ? etc etc. J’aimerais donc savoir comment fonctionne un journal, quels sont la déontologie et le rôle d’un journaliste et surtout pour qui roulent-ils ?


  15. Astro Popote Le 29 mars 2015 à 22h13
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    J’aimerai bien savoir ce que l’on peut penser de ce rapport d’Amnesty sur le gel des libertés en Russie.
    Tant de gens se fient à Amnesty….

    http://stories.amnesty.fr/Amnesty-Stories-03/index.html?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_campaign=2015-03-28-AIStories_3_russie

    Cordialement


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