Suite du billet sur la monnaie Banque centrale…
I. La Monnaie Banque centrale est “piégée”
J’ai choisi d’illustrer mon propos dans le billet précédent des schémas comptables permettant de comprendre les échanges de valeur entre les acteurs – particuliers, banques commerciales et Banque centrale.
Malheureusement, cela empêche de percevoir un phénomène évident : la Monnaie Banque Centrale ne circule (en quasi-totalité) qu’entre la Banque Centrale et les banques commerciales, et entre les banques commerciales entre elles. Elle a pour fonction principale de permettre aux banques de s’acquitter de leurs dettes réciproques, liées aux transferts entre leurs clients.
Cela signifie donc que cette monnaie centrale ne peut “s’échapper” de ce circuit, pour rejoindre par exemple des comptes courants de particuliers. Vous n’en verrez jamais la couleur…
En gros, la monnaie centrale peut-être créée, elle peut circuler, elle peut-être détruite, mais elle ne peut guère aller “ailleurs”. Si je continue ma métaphore précédente du jeu entre amis et des points, vous pouvez créer, faire circuler et détruire des points, mais vous ne pourrez payer vos courses avec… Ce sont des circuits différents.
C’est d’ailleurs la même chose pour la monnaie scripturale secondaire (les comptes courants des particuliers) : elle est prisonnière des comptes courants, et vous ne pourrez jamais en toucher ou en ramener chez vous…
Une métaphore consisterait à dire définir un vocabulaire où la BCE prête en fait des “écus” (ou des “bitcoins”, ou des “cacahuètes” ou ce que vous voudrez…), sous la convention que 1 écu = 1 euro. Ces écus circulent donc entre banques commerciales. Mais ils n’atteindront jamais l’économie réelle (sous quelques réserves).
Quand la BCE a prêté ces sommes, elles sont immédiatement venues rejoindre les comptes des banques à la Banque Centrale. Beaucoup de commentateurs se sont étonnés de l’explosion de ces dépôts – mais parbleu, où voulez-vous que la subite création d’une masse de monnaie centrale aille, si ce n’est dans les comptes courants des banques !? Et cette monnaie n’est pas prête de disparaître…
C’est juste logique, par définition de la monnaie centrale…
La preuve :
Ainsi, on note qu’évidemment, prêts et dépôts sont fortement corrélés – au moins dans un premier temps…
De même, par définition, et contrairement à ce que beaucoup ont soutenu hier, désolé, mais cette monnaie centrale est bien différente de notre bonne monnaie quotidienne, dite monnaie secondaire. Ainsi, elle ne rentre pas dans la définition de la masse monétaire – qui n’a nullement bougé après le premier VLTRO…
Mais à quoi cette monnaie va-t-elle servir, alors ?
II. Le lien entre la “monnaie centrale” et la “monnaie courante”
Il est complètement faux d’imaginer que la BCE a transféré de la monnaie aux banques et que les banques vont la récupérer pour la reprêter à l’économie réelle ! Il n’y a AUCUN lien direct entre les deux.
Ce schéma est en fait le schéma d’un simple établissement de crédit (type “Cofitelem” et ses prêts à 15 %…), car cet établissement “achète de l’argent” (il en emprunte), le dépose sur son compte courant à la banque, puis vous le transfère lors du prêt.
Mais ce n’est pas le cas d’une banque – car “une banque n’a pas de compte en banque” (au sens classique du terme).
Si les banques veulent prêter, elles peuvent prêter (vous avez déjà vu une banque qui refuse un prêt en disant “désolé, je n’ai plus d’argent disponible…” ?). Je ne développe pas, car c’est un peu plus compliqué, j’y reviendrai, mais en fait elles créent de la “monnaie courante” comme la banque centrale crée de la “monnaie centrale”. (pas de débat sur ce point svp, j’y reviendrai, promis, ce n’est pas l’objet de ce billet)
Le but ici est de dire qu’il y a quand même un petit lien entre les deux. MAIS ce lien n’est pas “physique” (au sens où on pourrait parfaitement s’en passer), il est “légal” : la loi, et RIEN D’AUTRE, oblige une banque qui accorde un nouveau crédit à disposer en plus d’un petit pourcentage de monnaie centrale. Le but est de limiter sa capacité à créer de la monnaie.
MAIS ce besoin est très limité ! En Europe, c’est 1 % qu’il faut. Donc avec 500 Md€ de monnaie centrale en plus, il y a de quoi prêter 50 000 Md€ !!!! Pour information, le total de tous les prêts bancaires en Europe est de l’ordre de 18 000 Md€…
Autant dire que ces sommes gigantesques créées n’ont pas pour but de permettre “physiquement” de nouveaux prêts.
Si de nouveaux prêts étaient accordés, ils nécessiteraient simplement un peu de monnaie centrale, que les banques se procurent habituellement soit sur le marché interbancaire (mais il marche très mal désormais – les banques hésitent à se prêter trop d’argent) soit auprès de la BCE sur demande, dans le cadre classique d’opérations de refinancement (la BCE ne refuse jamais de prêter à une banque…) – pas la peine d’un VLTRO de 3 ans pour cela…
La preuve :
Les banques n’utilisent pas ces sommes pour prêter aux entreprises ni aux ménages… (qui demandent moins de prêts également, pour se désendetter)
III. Les fuites en billets
Il convient toutefois de tempérer un peu le propos précédent.
En effet, la monnaie centrale peut “fuir” du système de plusieurs façons.
La première est la demande en billets : au fur et à mesure de leurs opérations, les banques vont avoir besoin d’échanger de la monnaie centrale contre des billets – bref “d’acheter des billets” :
Cependant, une telle fuite prend beaucoup de temps, est limitée et ne peut être perceptible en quelques mois après le VLTRO…
IV. Les obligations d’État
Une autre source de fuite va être le Compte du Trésor public, qui, par tradition multiséculaire, est géré par sa Banque Centrale nationale – c’est désormais le seul vrai “client” d’une Banque centrale.
Disons pour “simplifier” que l’État est le seul acteur qui oblige systématiquement une banque commerciale à utiliser de la monnaie centrale quand elle doit le payer.
Ainsi, les sommes prêtées par la BCE pourraient être en partie utilisées pour que les banques achètent des bons du Trésor.
et c’est bien un peu le cas :
On note une remarquable hausse des achats de bons du Trésor dans l’Eurozone, avec + 50 Md€ en un mois.
On peut affiner par pays, au moins pour les deux en danger :
On note bien que ce sont essentiellement les banques italiennes et espagnoles qui ont acheté de la dette publique – les autres nations sont prudemment restées à l’écart.
Cela montre bien que ces achats sont probablement essentiellement dus à des pressions des gouvernements sur les banques, et non pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, parce que les banques feraient une “bonne affaire en prêtant” à un État…
La marge liée au taux d’intérêt (qui est donc payée uniquement en monnaie centrale !) n’est pas suffisante pour que la banque déstabilise son bilan en faisant rentrer de grosses quantités de bons du Trésor…
V. Pourquoi la BCE n’a pas utilisé “la planche à billets”
Arrivés à ce stade, une petite métaphore de synthèse s’impose.
Imaginons que la BCE possède les vergers de pommiers et les hangars à pommes du pays, et les banques commerciales les vergers de poiriers.
Ici, la BCE vient de prêter une grande quantité de sacs de pommes aux banques. Il n’est pas illogique que les banques les aient stockées dans le hangar à pommes – et qu’elles n’aient pas prêté plus de sacs de poires …
D’ailleurs, pour éviter que les banques ne prêtent trop de poires, la loi exige qu’elles stockent un sac de pommes pour tout nouveau prêt de 100 sacs de poires. Aucune “logique” ou “besoin” là-dessous, c’est juste une règle pour que la BCE puisse indirectement freiner les prêts de poires…
Au final, j’espère que vous avez bien compris ceci : la BCE n’a pas ressorti sa “planche à billets”. Elle n’a pas créé une masse de monnaie qui va submerger l’économie en quelques semaines.
Elle a “simplement” remplacé le marché interbancaire, malade, qui ne remplit plus son rôle : permettre la circulation de la monnaie entre banques. Et sans circulation, c’est la mort de l’économie…
Tous ces circuits sont assez compliqués, mais ils ne visent qu’à pallier le fait qu’il n’y a pas qu’une seule banque, où il serait tellement simple de tout compenser – sans besoin de monnaie centrale…
Il faut enfin garder à l’esprit le maelstrom qu’est ce système : chaque jour, il y a 380 000 compensations représentant 3 000 Md€… Chaque semaine, c’est largement plus du PIB de la zone euro qui s’échange…
En conclusion, le vous propose donc de réserver le terme de “création monétaire” et “planche à billets” à la création par les banques commerciales de “monnaie classique”. Et de réserver à la BCE le terme de “création de liquidités”.
VI. Les buts affichés
“Notre attente à présent, c’est que les banques, ayant satisfait leurs besoins de financement pour cette année, soient davantage enclines à utiliser l’argent – c’était vraiment notre objectif premier – pour accroître le crédit à l’économie réelle” [Mario Draghi, lors d'une conférence de presse à la suite du G20 Finances à Mexico].
“Nous devons attendre jusqu’à ce que des données et des faits étayent l’impression que les deux LTRO ont été utilisés pour augmenter les prêts aux entreprises et aux ménages. Nous avons des indications préliminaires allant dans ce sens. [...] Il est trop tôt pour décider d’une stratégie de sortie [sic.]. Nous devons la préparer, mais je dirais que le temps n’est pas encore mûr.” [Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE)]
Le but n’est pas de donner aux banques de la monnaie pour qu’elles la re-prêtent, c’est de rassurer les banques pour qu’elles se re-prêtent de l’argent entre elles.
Si tout le monde est rassuré sur les banques, les dirigeants de la BCE pensent que les banques reprêteront.
Ils peuvent attendre : les banques ne prêtent pas parce qu’elles sont pour la majorité insolvables, et parce qu’une récession diminue la demande de crédit…
VII. Les problèmes et dangers
Si faire circuler la monnaie est indispensable, la solution retenue par la BCE présente cependant plusieurs inconvénients et dangers.
Ce n’est pas le problème de remboursement : dans 3 ans, la monnaie pour rembourser ne sera pas loin : en majorité dans le compte de dépôt de la BCE… Mais alors, on n’aura rien résolu !
En effet, la plupart des banques sont en fait insolvables, et elles le savent. Conséquence : elles évitent de se prêter entre elles, et à l’économie réelle, car cela augmente leurs risques et besoins financiers. D’où panne du marché interbancaire, et gros soucis. Le VLTRO va simplement permettre d’acheter un peu de temps, mais cela ne règle en rien le problème de solvabilité des banques ! Et la BCE risque de devoir continuer à prêter de grosses sommes – et à prolonger ces insensés taux à 0 % qui durent…
Un des dangers est que la BCE se retrouve à avoir en pension des titres de qualité très moyenne, ce qui n’est normalement pas sa règle.
Un autre est que, du coup, ne restent dans les banques commerciales que les titres les plus pourris, ce qui les fragilise encore plus en les transformant de facto en bad banks…
Un autre est que les banques soient tentées d’utiliser cette liquidité pour aller financer des investissements spéculatifs, se mettant encore plus en danger (comme Jean Peyrelevade nous l’a expliqué dans ce billet).
Enfin, un dernier est que les gouvernements fassent pression sur leurs banques pour qu’elles achètent leurs nouvelles émissions de dette, comme actuellement en Italie ou en Espagne. Or c’est EXACTEMENT le contraire qu’il faudrait faire ! Bien sûr cela a permis de faire baisser les taux. Mais ce n’est pas le métier d’une banque d’agir ainsi, car elle se met en grand danger en prêtant à ces États insolvables. Ce qui fait qu’au jour de la restructuration, il y aura un gros problème sur l’État et sur les banques !
Et je ne parle même pas des risques d’inflation (des prix ou des actifs) si les 2 pays se mettent à prêter les 500 Md€ des VLTRO aux États dans l’année ! C’est ce que la Fed a fait aux États-Unis, en ayant directement racheté les nouveaux bons du Trésor. Contrairement à l’Europe, et vu les volumes titanesques, l’effet sur la masse monétaire a été très rapide :
La chance des États-Unis est qu’ils peuvent exporter leur inflation, grâce au rôle international du dollar – ce qui n’est pas notre cas. De plus, une partie de cette monnaie a été mise au “frigo” dans le système bancaire. Attention le jour où elle sera relâchée dans l’économie réelle…
Pour les amateurs de la monétisation de dettes, si cela continue, l’Espagne et l’Italie vont nous montrer les conséquences sur l’économie d’une création monétaire pour soutenir l’État. Ces 2 seuls pays semblent touchés, à nous de rester vigilants pour que les autres pays ne rentrent pas dans ces mécanismes mortifères.
Nous venons de vivre en Grèce les conséquences ultimes de ce lien banques/État : l’État a fait défaut, cela a coulé ses banques, l’UE lui a reprêté de l’argent en urgence pour qu’il les resolvabilise (c’est délirant…). Au final, l’État grec supporte donc encore une forte dette…
Quand viendra notre tour, qui prêtera de l’argent à l’Occident pour sauver nos banques ?








Bonjour,
Il y a dans ces trois billets, de quoi compléter (réformer) la formation des économistes. Me permettez-vous, Olivier, de transmettre ces trois billets à un « Lic. ès sciences économiques », professeur dans les écoles polytechniques ?
Je propose de nommer cette monnaie « Monnaie-Centrale-Parallèle » ainsi nous avons immédiatement la notion que cette monnaie n’est pas mélangée à celle de l’économie réelle.
Personnellement, j’ai trois questions pour compléter ma compréhension du système :
1° Est-ce que la Monnaie-Centrale-Parallèle à été créée dans les années 1970 avec l’abandon de l’étalon or / $ comme monnaie Internationale ? Ou est-ce que la date de cette pratique est plus ancienne ? (à quelle date et à quelle occasion)
2° Y a-t-il une autre raison à la création la Monnaie-Centrale-Parallèle que celui d’éviter des hyperinflations ? (que la valeur d’échange entre banque se retrouve directement sur les marchés)
3° Je ne comprends pas la raison pour laquelle l’Etat pompe cette Monnaie-Centrale-Parallèle … c’st pour garder la mainmise sur une réelle fonction de « Planche à Billets » ?
1010 Mercis ! et bonne journée …
Il n’y a aucune réforme à faire – c’est du cours de 1ere année universitaire d’économie
Je posais surtout trois questions qui me paraissent importante. Pour bien comprendre un système, il faut aussi savoir d’ou il viens et ou il va …
« Le but ici est de dire qu’il y a quand même un petit lien entre les deux. MAIS ce lien n’est pas “physique” (au sens où on pourrait parfaitement s’en passer), il est “légal” : la loi, et RIEN D’AUTRE, oblige une banque qui accorde un nouveau crédit à disposer en plus d’un petit pourcentage de monnaie centrale. Le but est de limiter sa capacité à créer de la monnaie. »
Vous vous êtes trompés. Des systèmes bancaires comme celui du Canada ignorent purement et simplement les taux de réserves obligatoires, et ça fonctionne très bien. Les banques se contentent de trouver autant de monnaie banque centrale qu’elles en ont besoin pour solder leurs paiements entre elles, la Banque centrale ET le Trésor. La Banque des Règlements internationaux le confirme encore plus clairement que la Fed. La monnaie banque centrale est une monnaie visant à faciliter les paiements interbancaires et la stabilité du système bancaire, pas à moduler la quantité de prêts. Pour moduler la quantité de prêts, elle choisit des taux directeurs, et ensuite, elle est contrainte d’acheter ou de vendre des bons du Trésor (principalement) jusqu’à ce que les besoins en réserves des banques soient satisfaits.
J’approuve votre position concernant l’inefficacité des assouplissements quantitatifs, j’ai moi-même consacré plusieurs billets sur ce point.
En effet, sauf que le taux de réserve obligatoire est bel et bien un instrument de contrôle monétaire utilisé par la BC chinoise.
Je pense que vous vous écartez du débat ici présent Oliver Berruyer parle du système Européen pas du Canada ou du Tanganika, Il n’y a pas erreur tant que l’on s’amuse pas à sortir du contexte. Vous noterez le symbole Euro sur chaque graphique.
Je n’ai jamais dit le contraire… Ca peut aussi très bien marcher sans réserve obligatoires… Il me semble que c’est même ce que j’ai écrit…
Alors, veuillez m’en excuser, mais je ne comprends plus ce que vous dites :
La première fois c’est « la loi, et RIEN D’AUTRE, oblige une banque qui accorde un nouveau crédit à disposer en plus d’un petit pourcentage de monnaie centrale. Le but est de limiter sa capacité à créer de la monnaie ». J’en comprends que vous croyez que les réserves limitent la capacité à faire du crédit, qu’elles font autre chose que de suivre passivement le mouvement. Plus précisément, je comprends que pour vous, c’est la loi imposant un montant obligatoire de réserves par rapport aux crédits en cours qui limite le volume de crédit créé par les banques.
Puis vous dites : « Je n’ai jamais dit le contraire… Ca peut aussi très bien marcher sans réserve obligatoires… Il me semble que c’est même ce que j’ai écrit… »
Mais moi j’approuve les recherches de la BRI expliquant que :
« le niveau de réserves n’influe qu’à peine les décisions par les banques de prêter. Le montant de crédits en cours est déterminé par l’empressement des banques de fournir des prêts, fondée sur le compromis profitabilité/risque perçu, et par la demande pour ces prêts. La disponibilité globale des réserves ne contraint pas directement l’expansion du crédit. »
Si vous acceptiez de me préciser où notre discussion nous a échappé, ce serait bien aimable. Merci de votre attention.
Ma foi : en théorie, une banque pourrait accorder énormément de crédit (tant qu’il y a de la demande jugée solvable)
en théorie, on a mis une règle pour limiter ce mouvement : les réserves obligatoires
en pratique :les réserves sont faibles et ne limitent pas vraiment
en pratique : les banques ne font pas trop n’importe quoi sur le montant des crédits (enfin ça dépend lol) et donc la hausse reste raisonnable
Là, nous sommes d’accord. Et j’ajoute que seule la régulation des banques peut et doit empêcher les banques de faire de arnaques de Ponzi, de l’usure, etc.…
« On note bien que ce sont essentiellement les banques italiennes et espagnoles qui ont acheté de la dette publique – les autres nations sont prudemment restées à l’écart.
Cela montre bien que ces achats sont probablement essentiellement dus à des pressions des gouvernements sur les banques, et non pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, parce que les banques feraient une “bonne affaire ne prêtant” à un État… »
Cela ne prouve surtout que les banques ne savent pas où investir et que si elles doivent hypothétiquement faire faillite dans la foulée de leur Trésor national, autant lui acheter des bons du Trésor, il y a de copieux intérêts à la clé. Face on gagne beaucoup, pile on perd tout de toute façon.
Pourquoi certains de vos graphes sont libellés en € alors que ca devrait etre en Monnaie Banque Centrale, non?
Ou alors j’ai rien compris…
C’est la même unité de compte, mais pas la même chose comptée, comme un billet de 100 euros et un chèque de 100 euros sont en fait très différents (demande à quelqu’un qui découvre que son chèque de 100 euros est en bois, il t’expliquera
Demande à un habitant du Zimbabwe ce que ça vaut un billet de 100 dollars du Zimbabwe, il t’expliquera ce que ça vaut un billet
L’inflation est un problème auquel sont également confronté un crédit de 100 euros et un billet de 100 euros. L’inflation n’était pas la question.
Ce qui compte sont les deux questions suivantes :
1 : Puis-je épargner en toutes sécurité : sans que la banque fasse faillite ou que l’État garantissant les dépôts soit « à court » de trésorerie.
2 : Lors de la création monétaire, est-on forcé de gagner de la monnaie à crédit seulement, c’est-à-dire en devant la rembourser avec intérêt, c’est-à-dire, compte tenu des nos aléas, d’osciller entre la faillite et le Ponzi (à l’image de la finance actuelle, qui a choisi ce principe), ou peut-on épargner un actif net qui peut solder une future transaction, mais n’en oblige aucune ? C’est cette dernière option qui peut seule permettre d’éviter l’emballement du secteur privé, tant à la hausse qu’à la baisse.
Ok mais dans ce cas, la BCE remplace bien des truc pourris (on va dire qu’ils valent zéro) par de l’argent frais. Il y a bien dévaluation de monnaie. Cette dernière n’est pas repercutée dans l’économie dite “réelle” car les banques ne prêtent pas (ou peu) cet argent frais.
« Au final, j’espère que vous avez bien compris ceci : la BCE n’a pas ressorti sa “planche à billets”. »
Arf. Tout le problème vient de la polysémie du mot monnaie. Il a un sens large : moyen de paiement. Et un sens strict : moyen qui clôt toutes les promesses de paiements, une monnaie valuta pour ceux qui connaissent Knapp, une monnaie souveraine en langage courant.
La BCE ne crée pas de monnaie souveraine si on s’en tient au fait qu’elle ne fait que la prêter. Mais elle en crée si on s’en tient au fait qu’elle ne peut pas faire défaut et que toute la monnaie prêtée peut se retrouver dans quelques banques commerciales. Je pourrais filer les paradoxes encore longtemps. Tout le problème vient du fait que la quasi-monnaie de crédit a été assimilée et joue de fait le rôle de monnaie valuta dans le système actuel. La création monétaire se cache derrière son petit doigt, et fragilise considérablement le fonctionnement de l’économie au passage : on se demande qui tiendra ses échéances par ce qu’il a accès à cette planche à billet déguisée, et qui ne le pourra pas. Qui sera Lheman Brothers, qui sera JP Morgan, etc.
C’est tordu à l’extrême et est un vrai nid à copinage et à corruption.
« Enfin, un dernier est que les gouvernements fassent pression sur leurs banques pour qu’elles achètent leurs nouvelles émissions de dette, comme actuellement en Italie ou en Espagne. Or c’est EXACTEMENT le contraire qu’il faudrait faire ! »
Impossible : l’inverse c’est pousser l’État au défaut de paiement, incluant les salaires des policiers, juges, etc. faisant respecter jusqu’aux contrats de prêts. Laisser couler le Trésor c’est se couler soi-même. Mais le scénario plus probable encore est que l’État recouvre sa souveraineté monétaire : c’est-à-dire se passe de ses codécideurs en dépenses que sont les banques commerciales achetant des bons du trésor, et dépense directement. Alors, chaque Trésor de la zone euro pouvant choisir la quantité d’euro dans l’euro-système, tout ceux qui s’y mettront seront exclu de la zone euro, et cette dernière éclatera très certainement…
Alternativement, à la grecque, on peut chercher à supprimer le besoin de recourir au marché par la suppression stupide du déficit public, mais l’économie sera alors plongée dans une Grande Dépression…
Les États unis sous Clinton ont été à l’équilibre sans problème, tout comme plusieurs pays dans les 15 dernières années – une chance que le déficit public ne soit pas obligatoire…
c’est un peu des deux…
Jean-Baptiste B. a raison : dans un système de monnaie fiduciaire flottante (comme celui qui est en place depuis 1971), un déficit public est obligatoire si on veut qu’il y ait de la monnaie. Ceci provient du fait que dans un tel système, le déficit public est strictement égal à la somme de l’épargne monétaire (épargne nette) + le solde de la balance courante, et donc pour l’ensemble des nations la somme des déficits publics des nations est strictement égale à la somme de l’épargne monétaire (ou épargne nette). Cela peut facilement être démontré en considérant les comptes nationaux et cela peut facilement être vérifié en considérant les données empiriques.
Ceci étant dit, là où Jean-Baptiste a, à mon humble avis, tort, c’est que vu que cela fait près de quarante ans que l’ensemble des nations qui émettent de telles monnaies accumulent déficit après déficit (a part de rares exceptions comme la Suisse récemment ou les Etats Unis pendant quelques années sous Clinton) on peut vraiment pas dire que la quantité de monnaie présente dans le système bancaire international (l’équivallent de plus de 30 000 milliards de dollars au cours actuel!) soit en quantités tellement limitées qu’il soit absolument nécessaire d’accumuler encore plus de déficits et de monnaie pour faire tourner l’économie.
C’est plutôt le problème de la répartition de cette épargne monétaire qui pose problème que celui de sa quantité totale!
vous oubliez le “déficit privé” à mon sens, à savoir les emprunts des entreprises et des ménages…
réfléchissons une minute : que peut avoir de particulier la “personne morale” État par rapport à une association ou à une entreprise, pour expliquer qu’il n’y aurait pas de monnaie sans son déficit ?
Il faut juste qu’il y ait des acteurs qui s’endettent dans l’économie – et historiquement, ce sont évidemment les entreprises. La monnaie scripturale a commencé comme ceci, par escompte des effets de commerce…
oui, il peut arriver que le secteur privé national (ménages + entreprises) soit en déficit, c’est à dire que son épargne nette soit négative
Il suffit pour cela que le déficit commercial soit supérieur au déficit public :par exemple en France en 2011
Lisez cet article, il est bien fait:
link to pragcap.com
notamment, vous pouvez commencer par le paragraphe ” The Importance Of Understanding Sectoral Balances”
après on en reparle, ok?
je n’ai pas dit le contraire non plus – tout est toujours possible. Mais en général, ce n’est pas le cas.
J’entends bien le raisonnement. Alors continuons. On vient de voter un traité interdisant le déficit public. Comment les choses vont elles se rééquilibrer du coup pour conserver l’équilibre général à votre avis ?
Si on interdit les déficits publics dans la zone euro, en supposant qu’on arrive à maintenir une balance avec l’extérieur équilibrée (ce qui est à peu près le cas actuellement), cela veut dire que l’épargne nette (grosso modo les 9000 milliards de M3 plus ce qui traîne dans les assurances vies et autres formes d’épargne monétaire) n’augmentera pas. C’est mécanique, quand on a compris cela.
Est ce un problème? Non, à mon avis il y en a déjà beaucoup trop, va falloir certainement dans le futur proche liquider une partie des dettes publiques en contre partie de tout cela, tout ce qui est au dessus de 60% du pib de dettes publiques, on finira par devoir le liquider.
Après, il faudra de toutes manières abandonner le système des monnaies fiduciaires flottantes pour passer à un système du type étalon = pannier de monnaies puis bancor à plus long terme.
Nous sommes d’accord
@ Chris06
Le déficit public finance et le secteur privé, et le secteur étranger. Si suite à la crise asiatique, les pays exportateurs redoublent de volonté d’accumuler des réserves, on ne peut pas préserver le montant de monnaie dans son économie (et ajouter de quoi financer la croissance) sans faire, soit du protectionnisme, soit un déficit public encore plus plantureux. Seule une bulle spéculative, un surendettement du secteur privé peut encore masquer la déperdition de monnaie, mais au prix d’une récession encore plus brutale lorsque s’amorce l’inéluctable désendettement…
dans la pratique, c’est le contraire, ce sont le secteur privé et le secteur étranger qui financent le déficit public!
@chris06-12H53 + @OlivierBerruyer-13H04
Désolé d’opposer mon avis, mais le Bancor (proposition d’étalon monétaire international) ne ferait qu’aggraver les disparités entre régions / pays / continents. Nous en avons actuellement bel exemple avec l’EURO. Un nouveau système doit pouvoir être équitable pour tous, le travail Africain devrait avoir la même valeur que le travail Allemand ou Chinois …
Non, un système monétaire international utilisant le Bancor ne veut pas dire qu’il y a une monnaie unique pour le monde entier! Le Bancor est une monnaie commune (pas unique, comme l’euro l’est pour les nations de l’eurozone), elle ne remplace pas les monnaies existantes mais leur sert d’étalon commun et est uniquement utilisée dans la compensation des transactions internationales, chaque nation continuant d’utiliser sa monnaie pour toutes les transactions sur son sol.
Dans un système de type Bancor, le cours des monnaies, au lieu de flotter comme actuellement suivant les désidératas des marchés des changes, sont réévalués périodiquement par une chambre de compensation des transactions internationales et par rapport à l’étalon commun (le Bancor) en fonction des balances commerciales entre nations et vise justement à rééquilibrer ces balances de manière à ce qu’il n’y ait plus ces déséquilibres époustouflants qui n’ont fait que s’amplifier depuis l’introduction des changes flottants.
absolument pas Patrick. Le bancor est une monnaie commune (pas unique) à parités réajustables qui punit les pays excédentaires.
Un peu tout le contraire de l’euro quoi…
@chris06 + @OlivierBerruyer
Votre bancor ne serait qu’une monnaie parallèle de plus et ne changerait rien aux extrêmes des monnaies flottantes actuelles. Votre bancor ne pourra rien faire au fait que le travail d’un Suisse moyen vaut financièrement 100 fois plus que celui de certains travailleurs Africain. Votre Bancor ne fera rien pour pallier à ces injustices sociales et économiques. Votre bancor n’a aucun avantage pour prévenir les crises majeures futures que sont les épuisements des ressources et de l’environnement => non pas ici en Europe (encore) privilégiée, mais là ou sont les restes de richesse des énergies fossiles, des mines et des forêts tropicale. Finalement votre bancor ne ferait que remplacer l’ancien étalon (dollar-or) et protéger le monde de la finance.
Vous ne savez plus quoi faire par pallier aux défauts des actuelles monnaies-boursières ?
C’est pourtant simple dans la théorie, il faut seulement trois choses : (1ère année études supérieures « socio-économique » … )
1° Une monnaie courante (réelle) stable et fixe pour toutes les petites transactions de personne à personne, par exemple une monnaie basée sur le travail humain et limitée dans le temps.
2° Des écritures comptables (fiduciaires) basées sur cette monnaie courante pour toutes les grandes transactions et pour les sauvegardes (limitée) du patrimoine.
3° Pour éviter les excès et les pièges, il faudrait que la monnaie courante ne puisse pas être thésaurisée, disparaître du marché courant ( => limitée dans le temps) et il faudrait supprimer toute possibilité de faire de l’argent avec l’argent … donc supprimer les bourses, commissions, intérêts etc. Les économistes et les comptables ne seraient ainsi rémunérés que pour leur travail …
Les complications sont déjà connues, mais il n’y en a que deux :
Eviter que le système initialement prévu au service de tous, tombe aux mains de quelques personnes ou groupes qui voudront immanquablement s’en emparer.
Limiter les sauvegardes excessives du patrimoine au delà d’une simple et raisonnable prévoyance vieillesse personnelle. Pour que le système reste équitable, il faut que les gains soient en permanence réinvestis, par exemple dans des productions de services.
Curieux ? si nous entrons dans un vrai débat de fond pour l’étude et la recherche d’une éventuelle nouvelle monnaie au service de l’humanité, je vous dirai de quelle école il s’agit …
@Patrick,
le but du Bancor n’est pas de résoudre tous les problèmes de la planète, le pic pétrolier, le réchauffement climatique, la faim dans le monde, la pauvreté en Afrique, la diminution du stock de poissons dans les océans ou je ne sais quel autre problème grave et urgentissime…
Le but du Bancor c’est de mettre en place un système monétaire international par lequel les taux de changes entre monnaies ne flottent plus en fonction des changements d’humeur des spéculateurs sur le Forex et arrêtent d’accroître année après année les déséquilibres commerciaux entre les grandes régions du monde. Le but du Bancor c’est au contraire de faire en sorte que les grandes régions du monde parviennent à être en équilibre les unes par rapport aux autres et qu’aucune monnaie nationale (comme le dollar actuellement ou l’or par le passé) ne serve de référence internationale et que son émetteur dispose ainsi d’un privilège exorbitant par rapport aux autres.
Je vous conseille, avant de continuer à discuter de ce sujet, de faire vos propres recherches, notamment vous pourriez commencer par lire:
“La monnaie internationale dans la pensée économique”
link to sceco.univ-poitiers.fr
“Le dilemme de Triffin” (a vous de ggogler!)
link to en.wikipedia.org
“Un privilège exorbitant”
link to mafeco.fr
Après on en reparle ok?
@chris06 :
Merci beaucoup pour les liens, historiquement très intéressant et très instructif pour ce que pense préparer les financiers pour l’avenir, mais à aucun moment, je n’ai vu une recherche d’équité pour le travail, non seulement entre riches et pauvres d’un pays mais aussi entre les différentes régions (continents) de notre planète. (Cela fait plus de 20 ans que je m’intéresse aux questions d’énergie, d’économie et de liens sociaux et tous débats sont toujours les bienvenus). Pour la question du bancor, je n’ai vu qu’une recherche de solution mondialisée dans les balances commerciales entre pays ce qui n’est de loin pas ce que propose mon post précédent …
@OlivierBerruyer + @chris06 :
Merci pour l’article d’aujourd’hui « Les sources de la crise : les inégalités, par Michaël Kumhof », cela va déjà un peu dans le bon sens, mais ce n’est pas encore assez efficace. Explication avec des exemples (arrondi grossier) : 5’000 Euros pour un salaire moyen Européen du centre // contre un 10e = 500 Euros pour le salaire minimum Grec // contre un 100e = 50 Euros pour un salaire courant dans certains pays d’Afrique ou d’une partie de la Chine. Tant qu’il y aura une telle inégalité sociale et économique il y aura autant de tensions dans la répartition de toutes les richesses (pas seulement financières). Cette théorie étudie et recherche surtout une équité complète et donc imposée (ouille …) pour la classe moyenne, mais fixe aussi une limite très serrée pour les extrêmes. Je sais bien que le monde n’est pas prêt pour un tel équilibrage, mais les conséquences ne serait que positives pour tous à long terme et mériteraient au moins d’être étudiées à plus grande échelle …
Sans problème ?! Depuis, les États-Unis se traînent de bulel spéculative en bulle spéculative : .com, subprimes, matières premières maintenant. Et faute de bulle, faut de surendettement privé, l’économie privée sombre dans une crise type années 1930.
Et vous appelez ça « sans problème »
c’est sûr que si on mélange tout…
Mais c’est au contraire extrêmement lié : nos économies ont besoin de monnaie pour fonctionner, elles ont abandonné le troc, et n’ont aucune envie d’y retourner. Mais toutes les monnaies ne se valent pas. La meilleure, en général, est la monnaie de l’État : énormément de personnes en ont besoin pour payer leurs impôts, et lui attribuent donc de la valeur. Donc, on la choisit en priorité. Sinon, il reste les reconnaissances de dettes privées, les effets de commerces et autres. On les préfère tellement moins que les banques, sagement, promettent d’échanger leur monnaie bancaire contre de la monnaie souveraine à tout moment, par exemple au distributeur automatique.
Sauf que le crédit bancaire n’est pas pour autant aussi fiable que la monnaie souveraine : si la banque multiplient les crédits imprudemment, elle risque le défaut de paiement au premier retournement de situation. C’est ce qu’on a vu avec les subprimes. Et c’est pourquoi les financiers veulent tant relancer le crédit (et même les subprimes aux États-Unis) : ça cacherait qu’ils sont presque nus.
Le problème de la monnaie privée, du crédit, c’est qu’elle est procyclique : elle oscille entre Ponzi et faillite. La monnaie souveraine au contraire est acyclique : elle n’a pas besoin que les affaires fonctionnent pour garder sa valeur. Mieux, avec un budget contracyclique, elle devient contracyclique, c’est-à-dire soldent les bilans des uns et des autres, les épurent progressivement de leurs dettes, sans les déplacer comme le fait le crédit.
Historiquement, on n’a jamais pu se débarrasser vraiment du cycle des affaires, et seule la monnaie souveraine contracyclique permet de lisser confortablement et efficacement ce cycle.
Que les surplus de Clinton (en fait il en était proche, mais ce n’était pas le cas) se soient accompagnés d’une explosion de la dette privée et que ce secteur privée menace de s’effondrer dès que cet endettement s’essouffle ne doit nullement étonner, et encore moins être jugé sans rapport aucun. Clinton fut aussi un grand libéralisateur de la finance, comme par hasard.
c’est fou le nombre de gens qui s’excitent sur la monnaie, comme s’il n’y avais pas des choses beaucoup plus urgentes…
C’est une jolie idée la monnaie permanente (je ne suis pas forcément contre), mais :
1/ il ne vous a pas échappé que le problème depuis un siècle ce sont les emballement du crédit, jamais le manque… Un simple contingentement du crédit suffit à limiter le volume global
2/ vous pouvez “vendre la monnaie au banques”, mais elles vont la re-facturer intégralement aux emprunteurs. Donc les taux passeront de 4 % à 7 ou 8 %. Pas de souci à lever des impôts en plus, mais il y a plus simple, et à mon avis bien plus juste…
Ce qui est cyclique, ce sont surtout les investissements qui mettent du temps à porter leurs fruits – votre monnaie ne changera jamais ça. La preuve, quelle différence cela fera t il au niveau de l’emprunteur entrant dans sa banque – presque aucune…
Bon, allez, on arrête de troller, on en parle pas de monnaie secondaire dans ces billets comme j’ai dit.
Mmh, les surplus de Clinton sont très débattus. Légèrement positifs, semblent-ils. Ce qui compte, c’est que, en net, de la monnaie en fut retirée du secteur privé, et qu’il fut obligé de s’endetter pour compenser, et même de produire une bulle spéculative…
alors que quand les déficits publics sont revenus, le secteur privé s’est désendetté, c’est évident…
bof, je trouve cet argument spécieux, la bulle gigantesque des dotcom serait la conséquence des maigres surplus budgétaires de quelques années sous Clinton…
reste à le démontrer, coïncidence ne fait pas causalité.
c’était ironique…
olivier, j’ai bien compris, le commentaire précédent était adressé à Jean Baptiste…
c’est quand même pas les maigres surplus budgétaires de Clinton qui ont fait que les investisseurs/spéculateurs se sont mis à valoriser tout ce qui avait un dotcom à des niveaux stratosphériques.
Olivier a raison, il faut pas tout mélanger, d’autant plus que la sur-valorisation de la capitalisation boursière d’une dotcom ne se retrouve pas dans les comptes nationaux.
Jean Baptiste, il y a des choses très intéressantes dans la MMT mais il ne faut pas prendre tout ce qu’écrivent un certain nombre de ses adeptes sans garder un esprit critique, sinon cela devient vite une religion comme une autre!
@ Olivier
1 Il y a un énorme, grossissant problème de demande globale à la
base, c’est-à-dire d’insuffisance de monnaie, crédit ou non. Le crédit fonctionne très bien pour faire une bulle sur l’immobilier et les matières premières, pas pour donner un revenu à
la vaste majorité de ceux qui les achètent. Cf Full Employment
Abandoned de Mitchell et Muysken pour savoir comment ce problème a
disparu de l’esprit des économistes.
2 On ne vend rien aux banques, on les rémunère comme on rémunère
les réserves excédentaires, afin de laisser la banque centrale jouer
sur les taux directeurs.
Le privé en général est pro-cyclique, c’est vrai, ça renforce mon
argumentation.
@ Olivier et Chris sur le désendettement et le déficit public
Comme démontré ici : par la comptabilité, S-I = DéfPub + BC. Comme
expliqué en lien, le commerce extérieur ne change pas grand chose
(ça reporte la nécessité du déficit public) donc : S-I = DéfPub.
Là vient une subtilité qu’Oliver n’a pas comprise d’emblée : en
soi, un déficit ou un surplus budgétaire donné n’implique pas la
réduction de l’endettement. Tous les cas de concomitance entre
croissance/récession, déficit/surplus public et
endettement/désendettement privé sont possibles. En revanche, plus
l’État ponctionne le secteur privé par un surplus, plus la position
privée est fragilisée, soit qu’elle s’effondre de plus belle, soit
qu’elle s’endette encore plus, soit qu’elle se mette à stagner. La
chose devient encore plus subtile si on y ajoute le commerce
international : il se peut que le secteur privé, au lieu de
s’effondrer, se mette à dégager son excédent et celui pris par
l’État sur le reste du monde, comme lorsque De Gaulle avait repris
les rênes à partir de 1962… C’est alors le reste du monde qu’on
vide de son épargne ne monnaie nationale, qu’il en fasse des montages
financiers ou non. Ultimement, l’État, par ses surplus, cannibalise
son propre secteur privé parce que ce dernier a besoin d’actifs nets
pour se financer, les montages financiers ne fonctionnent qu’un
temps.
Voilà j’espère que c’est plus clair.
[Modéré : je limite les pub vers les autres blogs...]
« Pour les amateurs de la monétisation de dettes, nous venons de le vivre en Grèce : l’État a fait défaut, cela a coulé ses banques, l’UE lui a reprêté de l’argent en urgence pour qu’il les resolvabilise (c’est délirant…). Au final, l’État grec supporte donc encore une forte dette… »
Ma position favorite, c’est de supprimer l’obligation d’émettre des bons du Trésor auprès des banques du même montant que la monnaie souveraine injectée par les dépenses du trésor et qui dépassent le montant des taxes jusqu’alors prélevées. On laisse la banque centrale offrir des « placements souverains » similaires aux bons du Trésor si elle y tient pour ses habitudes de gestion des taux d’intérêts, mais c’est tout, le marché secondaire devient primaire, et le Trésor s’en fiche. Vive les stabilisateurs automatiques. Fini le Ponzi bancaire de pseudo-financement du Trésor qui effraie tant.
Pour le cas particulier de la Grèce, c’est assez différent : elle fait partie de la zone euro, elle n’es donc pas pleinement souveraine quant à sa monnaie. Je vous avais déjà répondu sur ce commentaire. Mieux vaudrait qu’elle sorte de l’euro pour retrouver sa manœuvrabilité, comme tout le monde, d’ailleurs. Dans tout les cas, mieux vaut le Ponzi à l’étage financier que le défaut du Trésor comme vous le souhaitez dans votre folie furieuse : nous serons alors la nouvelle Russie d’Eltsine avec un État déboussolé ne fonctionnant qu’à l’instinct et avec une poignée d’oligarques.
Olivier n’a jamais souhaité en arriver à une situation à la russe post union soviétique, mais à parlé du risque potentiel si rien n’est tenté. Il a dans le livre, le site où les soirées parlée de 3 possibilités mais que personne n’est prêt à prendre :
- la réintroduction d’une monnaie eurointernationale composée de 3 monnaie euromark, euro franc, euro latin (bon j’aime pas leur appelation) mais bon la monaie générique utilisée pour les échanges internationaux définie par 3 monnaies redéfinies tous les ans reflétant l’état économique des pays dépendant d’elles (et je suppose le passage d’un état à une autre monnaie en fonction de son évolution intérieur l’allemagne pouvant aboutir dans l’euro latin on sait jamais et la grèce à l’euro mark si son économie se développe de manière extraordinaire) c’est résumé mais bon.
- un vrai budget européen ou les état riches acceptent que les budgets finances les états plus faibles de manière solidaire comme l’ile de France reverse à la Corrèze sans que nous trouvion ça choquant (mais bon c’est pas demain la veille)
- et ce qui risque d’arriver c’est le défaut qu’Olivier souhaite qu’il sera au minimum organisé comme cela s’est passé en Argentine en sachant que nous souffirions mais infiniment moins que la manière dont celle qui s’est déroulé en Russie.
après Olivier corrigera me propos je pense car je site de mémoire.
c’est ça… Mais bon, c’est la simple formalisation de la théorie économique des zones monétaires optimales de Mundell, qui a eu le prix Nobel d’économie pour ses travaux…
« ce lien n’est pas “physique” (au sens où on pourrait parfaitement s’en passer), il est “légal” : la loi, et RIEN D’AUTRE, oblige une banque qui accorde un nouveau crédit à disposer en plus d’un petit pourcentage de monnaie centrale. »
Ce lien (réserves obligatoires) n’est pas simplement «légal». C’est d’abord une question de trésorerie. Il y a aussi un aspect «public relation» vis-à-vis des autres banques commerciales et des gros créanciers. Pour preuve, la Banque d’Angleterre s’impose aucune réserve obligatoire, elles sont laissées à la totale discrétion des banques qui dans la pratique gardent 3,1% (en 1998) Source : wikipédia
« MAIS ce besoin est très limité ! En Europe, c’est 1 % qu’il faut. Donc avec 500 Md€ de monnaie centrale en plus, il y a de quoi prêter 50 000 Md€ !!!! »
Au Royaume-Uni, c’est 0% qu’il faut. Donc avec 0£ de monnaie centrale, il y a de quoi prêter à l’infini !!! Vive le monde de Mikey !
“Donc avec 0£ de monnaie centrale, il y a de quoi prêter à l’infini !!!”
Non car les banques britanniques sont censées respecter les critères de solvabilité de Bâle II (dont elles sont co-signataires) ce qui fait que même avec 0£ de monnaie centrale, à moins d’avoir des fonds propres infinis, elle ne peuvent pas prêter à l’infini…
“vous avez déjà vu une banque qui refuse un prêt en disant “désolé, je n’ai plus d’argent disponible…” ?”
Oui, je l’ai vu. Bien sûr, ils ne le disent pas comme ça et surtout pas aux clients. Mais il y a des enveloppes pour les prêts, c’est-à-dire une limite et lorsque cette limite est proche, la banque restreint les crédits. Une banque n’a pas une capacité de prêt infinie. C’est vraiment n’importe quoi d’avancer cela, cela dénote une totale méconnaissance du monde bancaire.
J’avoue que je ne comprends effectivement pas ce passage.
Une banque, grosso-modo, prete ce qu’elle a en dépot des autres clients. Si son ratio credit-dépot est superieur à 100, elle est obligée d’emprunter (à d’autres banques, à des zinzins, aux particuliers sous forme d’obligations…)
Bien sûr qu’une banque peut être amenée à dire non. Si elle ne peut plus se refinancer, elle ferme ses portes, sinon c’est la faillite.
A coté de cela, il y a effectivement les contraintes de monnaie banque centrale, plus les contraites de sovabilité sur fonds propres (BAle II)
Gardez à l’esprit qu’un Banque peête à long terme de l’argent qu’elle n’a qu’à court terme. Comme un Etat, elle fait rouler sa dette de mois en mois, de jour en jour. Si elle ne peut plus faire rouler, c’est la fin de l’histoire.
Je peux vous assurer qu’en ce moment c’est CE problème qui fait peur aux banques. Car si plus de confiance, plus de prets des autres banques-institutions-.. et là, du jour au lendemain c’est la faillite.
Dans la Banque X où je travaille, ils sont obligés de se tourner vers les marchés asiatiques pour avoir de la fraiche, et là, gros stress, ils ne pretent pas à trois mois, mais à trois jours, c’est dire si la confiance règne.
C’est pour cette raison que les banques mettent le frein sur les crédits, mais il est vrai aussi qu’entreprises et particuliers ne sont plus trop friands d’enderttement, du fait de la crise et aussi des échéances politiques.
certes – mais là le souci c’est l’interbancaire
“Une banque, grosso-modo, prete ce qu’elle a en dépot des autres clients.”
Non, pas grosso-modo, vous n’avez qu’a regarder les chiffres :
(pour l’eurozone – grosso-modo)
Montant des dépôts des résidents : 9000 milliards
Montant des encours de crédit auprès des résidents : 18 000 milliards
Une banque, grosso-modo, prête le double de ce qu’elle a en dépôt des autres clients. Les autres sources de financement (grosso-modo la moitié) sont les fonds propres, le marché interbancaire et les emprunts à long terme (obligataires et autres).
en fait, mais j’y reviendrai, non, une banque créée la monnaie dans l’opération de crédit, qui se retrouve ensuite évidemment dans les dépôts.
“Les crédits font les dépôts”, pas le contraire.
On vient de le voir avec la BCE : 1/ elle a créé la monnaie centrale avec le VLTRO 2/ cette monnaie centrale est venue gonfler les dépôts des banques. Pas l’inverse…
je préfère dire que la monnaie vient en existence suite à la concession d’un crédit
le pire c’est que c’est vrai quelle que soit la forme que prend la monnaie, depuis que la monnaie existe, que ce soit des lignes dans le sable, des coquillages, des pièces d’or, des pierres gravées, des bouts de papiers, des bits dans la mémoire d’un ordinateur… mais chuuuut, il faut surtout pas le dire car cela va enrager tous ceux qui croient encore qu’on pourra faire différemment.
exact – ça fait du bien de voir que certains ont bien compris
Ca c’est une autre question, les théories sur la création et/ou la circulation monétaire.
Mais je maintiens que non, UNE banque ne crée pas de la dette(actif) par magie, si elle n’a pas la même somme au passif dans son bilan.
Après l’effet boule de neige de la circulation monétaire, ca lui fait une belle jambe.
Par contre, je me demande ce qui vous permet de trancher si facilement le débat de savoir si la crise actuelle (des Banques entre autre) est une crise de solvabilité ou de liquidité ?
je n’ai jamais parlé de magie, non ? créance à l’actif, dette au passif simultanée…
Pour le reste, lisez le blog
D’ailleurs, on se demande pourquoi les banques continuent à financer leurs prêts par des emprunts puisqu’elles peuvent prêter ce qu’elles veulent par magie.
D’ailleurs, on se demande pourquoi les banques continuent à financer leurs prêts par des emprunts puisqu’elles peuvent prêter ce qu’elles veulent par magie.
Non, justement elle ne le peut pas, c’est là une des principales confusions des théories monétaires dominantes : le crédit n’est pas de la monnaie, de la quasi-monnaie tout au plus, et plus précisément un droit à tirer sur la monnaie de la trésorerie de la banque offrant ce crédit. De la même manière qu’un chèque de 100 € n’est pas un billet de 100 €, et que le chèque en bois le prouve très bien, le crédit de 100 € n’est pas non plus un billet de 100 €. Si, par les crédits que la banque octroie, elle vient à devoir décaisser plus d’euros (billets ou monnaie banque centrale) qu’elle n’en a dans sa trésorerie ou ne peut s’en procurer, alors c’est la faillite. Et bon courage ensuite pour récupérer en billets ce que tu avais sur tes comptes bancaires (crédits).
Les libéraux ne comprenaient pas la monnaie et voulait que ce soit du troc, avec de l’or. les néolibéraux ne la comprennent pas non plus et veulent que la quasi-monnaie de crédit bancaire supplante la monnaie souveraine dont elle a besoin pour fonctionner. Absurde, mais on progresse, laborieusement, vers une reconnaissance de ce qu’est la monnaie : un avoir, un jeton universel symbole de la valeur.
JBB, vous n’avez toujours pas compris que toute monnaie est dette et que toute dette est monnaie à la simple condition d’être échangeable. Un billet n’est rien d’autre qu’un chèque au porteur pré-imprimé et de montant normalisé, un chèque et un billet c’est la même chose, et ne peuvent être distinguées que par des artifices légaux (cours légal par exemple), contrairement à ce que vous avez écrit.
Et puis qui sont “libéraux” et “néolibéraux” à qui vous prétendez donner des leçons ? Say ? Keynes (un “liberal ” pur jus) ? Friedman ?
@ P
La monnaie bancaire n’est que ça. Mais la monnaie étatique est différente : elle est un avoir sur de futures taxes. Un chèque de 100 euros peut faire défaut au moment de son paiement contre la volonté de l’émetteur du chèque. Un billet de 100 euros ne peut pas faire défaut auprès du Trésor contre la volonté de ce dernier. La monnaie souveraine est donc beaucoup plus stable que la monnaie bancaire. Elle est même indispensable au fonctionnement de cette dernière, alors que la réciproque n’est pas vraie.
“Une banque, grosso-modo, prete ce qu’elle a en dépot des autres clients.”
non, comme indiqué si après. La BCE n’a pas prêté aux banques leurs dépôts dans le VLTRO…
au départ c’est l’épargne qui fait les crédits, les banques prettaient ce qui y avait été déposé. Ont ne peut prette un chose qui ne nous est pas disponible. La quantité de prêt est trés dépendante du montants des dépots, ces d’ailleur pour cette raison que les banques de dépot se sont vue autoriser l’utilisation de ceux ci, contrairement aux banques d’affaires qui devaient trouver cette argent auprés de leur consoeur ou de particulier ou états trés riche et ne sachant quoi faire de cette richesse “argent, bénéfice, épargne exct …”.
Mais comme le prêt se transforme en dépot, le ponzi commence et au final, les banques centrale font le travail de super épargnant, alors qu’il ont aucun argent, aucune entreprise, aucun revenu, a part les interets quelles perçoivent, mais vue les interets qu’elles paient, les BCE n’ont que trés peut d’épargne ou de dépots.
Tout n’est que virtuel et basé sur la vitesse de roulement de la monnaie. Hors lorsqu’elle ne tourne plus ou au ralenti, toute cette théorie prends l’eau. Et c’est ce a quoi nous assistons.
Sinon votre conclusion est trés correcte “VII problémes et danger” il ne manque que l’aspect international sur le change et la parité des monnaie et la boucle et bouclé.
Cher Olivier,
je savais bien que tu finirais par parler de monnaie secondaire
(de façon exacte, d’ailleurs, cela m’a rassuré de voir que tu n’étais pas “jorionesque”)
Amicalement
Bruno.
Merci pour la méconnaissance – mon propos est du cours de 1ere année d’économie…
La seule limite “physique” à la capacité de création monétaire est la quantité de demande solvable. Il y a aussi une limite plus basse liée aux contraintes réglementaires.
En tous cas, comme indiqué, le sujet de la monnaie secondaire n’est pas le sujet du jour…
NB. il se passe la même chose chose avec la BCE qui vient de créer 500 Md€ de monnaie centrale comme ça – je vous rappelle qu’elle a indiqué qu’il n’y aurait aucune limite en montant de ses VLTRO….
Moi je ne parle pas du manuel d’économie. Je parle de la pratique bancaire telle que vue de mes propres yeux. Une banque finance ses prêts, elle est donc limitée. Si elle ne peut pas financer des prêts, elle ne les fait pas. C’est ainsi et demandez à des gens travaillant dans des banques au lieu de lire vos manuels d’écoliers.
Merci – fin du débat vu le ton.
La bonne question serait: “comment la banque finance ses prêts”, et pourquoi elle en accorde. Contrairement à ce qui est dit, ce n’est pas nécessairement, voire pas souvent, avec de l’épargne préalable, m^me si les banquiers le prétendent parfois, quand cela les arrange.
Mais on peut en débattre sans s’injurier, je pense.
B.L.
@olivier,
mes compliments pour ces 3 billets sur la monnaie banque centrale qui ont dû vous demander beaucoup de travail et sont excellents, aussi bien sur le plan didactique que sur la justesse des propos.
Merci pour ce dernier billet, qui malheureusement opacifie un peu ce que j’avais cru comprendre, ce qui m’amène à poser des questions bien naïves.
J’ai compris que les 2 circuits « monnaie centrale » et « monnaie secondaire » sont dissociés avec pour seules passerelles les billets et les bons du trésor. Pour reprendre votre métaphore, la BCE a entreposé des pommes (monnaie centrale) dans les hangars des banques commerciales, ce qui ne règle pas le problème économique car les hangars de poires (monnaie secondaire) sont vides car les banques sont insolvables en monnaie secondaire. C’est bien ça ? Mais alors, où est passée la monnaie secondaire qui manque tant aux trésoreries des entreprises et des ménages ? Est-elle thésaurisée quelque part ?
Vous avez écrit que la monnaie secondaire (les poires) est crée pour ainsi dire à volonté par les banques commerciales tant que les comptes des banques commerciales auprès de la BCE sont suffisamment garnis (en pommes) , ce qui est le cas à fortiori après les VLTRO. Je comprends que la crise rende les banques méfiantes, et qu’elles ne soient pas enclines à faire des prêts (et donc à créer de la monnaie secondaire) qui risquent de ne pas être remboursés par les clients. Souffririons-nous simplement d’une crise de confiance dans le système, qui est directement mesurable par l’absence de prêts interbancaires, ou y-a-t’il des raisons structurelles plus profondes ?
Enfin, il y a quelques coquilles, dans cette phrase par exemple que je ne comprends pas : « Et la BCE risque de de devoir continuer à prêter de grosses sommes – et à prolonger ces insensés taux à 0 % qui dirent… ».
“car les banques sont insolvables en monnaie secondaire.”
non, les banques ne manquent jamais de monnaie secondaire – elles ont en tant qu’elles veulent (ou presque). Mais comme indiqué, la monnaie est elles une dette, un passif, pas un actif. C’est pour cela que si elles perdent de l’argent sur leurs activités (quand on ne les rembourse pas) elles peuvent faire faillite…
Au risque de compliquer, la monnaie secondaire BNP n’est pas tout à fait la monnaie secondaire SG: après compensation, s’il reste un solde net, par exemple si la SG a dépensé vis à vis de la BNP plus que l’inverse, il faut passer par la monnaie centrale, soit en s’adressant à la BCE soit en allant sur le marché interbancaire.
Cela signifie que m^me si la BNP ne manque pas de monnaie bancaire BNP – puisqu’elle peut en créer si nécessaire – elle ne peut pas aller beaucoup plus vite que ses concurrentes pour le faire (les banques sont censées marcher au m^me pas aurait dit Keynes)
B.L.
Merci pour cette leçon sur la monnaie !
Des pommes, des poires… bientôt il ne restera que des scoubidous !
Olivier Crotaz affirme que les banques centrales achètent des actions : link to blog.crottaz-finance.ch
Auquel cas, je suppose qu’elles payent en monnaie centrale, et pas en monnaie secondaire ? N’est-ce pas là une autre « fuite » qui entraine une injection de liquidités dans l’économie ? Par ailleurs, lorsqu’une banque centrale achète de l’or, comme ce fut le cas ces derniers mois, ne paye-t-elle pas, là aussi, en monnaie centrale ?
“Une banque n’a pas une capacité de prêt infinie.”
c’est vrai, mais il ne me semble pas que c’est ce qu’Olivier avance.
Pour une banque donnée (en supposant qu’elle ne soit pas elle même dans une situation critique d’insolvabilité, ce qui, il est vrai, a tendance a être le cas actuellement pour un nombre grandissant de banques qui se sont gavées d’actifs toxiques par le passé et qui refusent de les valoriser à un niveau autre que fantaisiste depuis qu’on leur a donné cette possibilité) le principal facteur qui limite sa capacité de prêt c’est la demande de crédit de la part de clients solvables et pour des projets dont elle estime pouvoir évaluer le risque et le prendre.
Vu que cette demande solvable est loin d’être infinie (contrairement à ce que pensent certains “brillants” économistes qui croient que nos sociétés occidentales ne peuvent jamais être surendettées) la capacité de prêt des banques est loin d’être infinie et il est fort probable que nous ayons d’ores et déjà atteint ce seuil de surendettement (dettes publiques + privées des pays de l’OCDE > 350%) par delà duquel la croissance de l’endettement ne peut, au mieux, qu’avoisinner zéro% durablement ou être négative.
Plus je lis, et plus j’y réfléchis, moins je comprends. D’où sort la monnaie centrale prêtée par la BCE aux banques avec ce VLTRO ? JP. Chevallier avance que cette monnaie centrale résulterait simplement des dépôts des banques commerciales européennes auprès de la BCE : link to chevallier.biz
Ainsi, le jeu actuel s’apparenterait au bonneteau, avec le risque de perdre la bille à tout moment si les banques commerciales venaient à ne pas déposer leur monnaie centrale à la BCE, comme cela serait être le cas ces deux derniers jours… Qu’en pensez-vous ?
2 extraits :
Si je résume en rapprochant ces 2 exxtraits , ce sont des banques insolvables qui prêtent à des pays insolvables .
J’ai l’impression que ce monde ne tourne pas rond .
Rassurez moi , je ne suis quand même pas le seul à penser cela.
Malheureusement c’est assez vrai…
Bonjour,
Article clair (c’est rare) sur la différence de nature entre monnaie BCE et monnaie bancaire, merci ! Néanmoins, j’ai quelques questions :
“En effet, la plupart des banques sont en fait insolvables, et elles le savent. (..) Le VLTRO va simplement permettre d’acheter un peu de temps, mais cela ne règle en rien le problème de solvabilité des banques !”
Comment les banques peuvent-elles être insolvables, avec la quantité de monnaie qui vient de leur être prêté ? Pourquoi le VLTRO ne règle-il en rien le problème de solvabilité ?
“Un des dangers est que la BCE se retrouve à avoir en pension des titres de qualité très moyenne, ce qui n’est normalement pas sa règle.”
Pourquoi est-ce un danger (puisque la BCE n’a pas besoin de se financer) ?
Bien cordialement,
1/ on leur a prêté des pommes, mais le monnaie normale, c’est des poires, cela fait donc une belle jambe
2/ principe de base : un crédit n’enrichi ni n’appauvrit. Cela donne de la liquidité pas de la solvabilité. Vous devez 100 000 € et n’en avez que 50 000 : vous êtes insolvable. Je vous prête 50 000. Vous avez 100 000 € et devez 150 000 €. Vous êtes toujours autant insolvable…
merci de votre réponse, mais je ne comprends toujours pas :
1/ D’après votre billet, les banques peuvent créer elles-même les poires, donc elles ne sont pas insolvables en poires, elles ne peuvent l’être qu’en pommes. Et la BCE vient de leur prêter des pommes.
2/ Ok pour la solvabilité. Mais dans ce cas, les deux seules manières pour les banques de gagner (et pas emprunter) des pommes, c’est que la BCE leur achète des titres ? C’est de la “planche à billets”, non ?
Ou que les Etats leur remboursent des dettes ? Dans ce dernier cas, cela veut dire que l’Etat via ses recettes prend des poires sur son économie, et les transforme en pommes pour rembourser les banques ?
3/ Quid de ma deuxième question sur les dangers pour la BCE de détenir des titres de qualité moyenne?
1/ je répète : la monnaie c’est de la dette de banque, donc c’est de la perte pour elles… C’est le contraire d’un particulier par construction. Relisez le billet d’hier…
2/ oui c’est très dangereux. Mais on entre ici dans le total inconnu – une banque centrale en fonds propres négatif dans un monde hors étalon quelque chose, c’est du jamais vu…
Humm si vous avez besoin de 50 000 euros, et que je vous les prête sur 1000 ans, vous resterez insolvables, mais cela aura repoussé votre faillite de 1000 ans.
B.L.
Merci pour ces trois derniers billets très clairs, et qui donnent des informations très difficiles à trouver ailleurs sous une forme accessible. Evidemment, il est impossible de tout comprendre à des mécanismes devenus aussi complexes lors d’une première lecture, et c’est le type de billet à relire et à mettre en parallèle avec d’autres billets techniques (comme celui ci : http://www.les-crises.fr/40-ans-d-incurie-monetaire ). Merci encore pour ce travail très utile aux candides.
Bonjour Olivier Berruyer,
Juste une question : vous dîtes que le marché interbancaire se grippe et que les banques rechignent à se prêter entre elles de + en +. Dans ce cas, pourquoi le taux interbancaire (ex : euribor) diminue sur ces 6 derniers mois? (en passant de + de 2% à – de 1.5%). Est-ce du uniquement aux prêts à 3 ans de la BCE?
Merci !
un taux bas ne signifie pas que tout le monde peut y avoir accès.
c’est vrai pour les taux interbancaires, c’est vrai pour tous les autres types de prêts.
Par exemple, aujourd’hui les taux des crédits hypothécaires ou des crédits aux entreprises sont particulièrement bas, mais si vous n’apportez pas les garanties nécessaires et n’êtes pas un ménage ou une entreprise hyper solvable, vous ne trouverez pas de banque pour vous financer.
c’est la même chose avec les prêts des banques entre elles, certaines banques n’ont aucun problème à se financer sur le marché interbancaire, d’autres sont obligées d’aller sonner aux guichets de la banque centrale.
On n’est pas, pour le moment, dans la même situation qu’en 2008 quand plus aucune banque ne se faisaient confiance et les taux interbancaires étaient montés d’un seul coup à des niveaux très élevés.
[Modéré : on reste poli et courtois ici...]
Vous insistez à plusieurs reprises sur le fait que la monnaie banque centrale reste en circuit fermé ( on croirait entendre Ben Bernanke )
Je cite :
“Cela signifie donc que cette monnaie centrale ne peut “s’échapper” de ce circuit”
Mais en fait vous reconnaissez vers la fin du billet qu’il y a quelques possibilités de sorties, mineures :
- les emprunts d’Etat ( une paille, c’est sûr )
- la spéculation, je vous cite à nouveau
“Un autre est que les banques soient tentées d’utiliser cette liquidité pour aller financer des investissements spéculatifs, se mettant encore plus en danger (comme Jean Peyrelevade nous l’a expliqué dans ce billet)”
En clair tout l’argent prêté aux banques soit disant dans un circuit fermé peut en sortir, et en plus avec le risque que la BCE devienne une Ban Bank encore plus grosse que la FED.
Enfin vous dîtes qu’il n’y a pas créatio nmonétaire, vos chiffres indiquent pourtant que les prêts aux banques de la zone Euro ont augmenté de 510 milliards d’euros. Donc un prêt n’est pas une forme de création monétaire ?
La monnaie banque centrale devient monnaie secondaire par le circuit du Trésor Public.
et vice versa
Oui, la monnaie centrale est normalement en circuit fermé (désolé, je ne peux nier la réalité pour vous faire plaisir)
Et oui, il y a des possibilités de fuite, en particulier quand une banque achète des emprunts d’État – ce qui est RARE, ce sont surtout des assureurs et des fonds de pension qui en achètent.
Donc il y a des risques en Espagne et en Italie, mais pas ailleurs, comme vous le voyez.
C’est donc surtout dans ces 2 pays qu’il y aura un risque inflationniste si les banques continuent à ce rythme…
Et là, je me demande comment la BCE réagirait – car justement on est en train d’amplifier les écarts entre pays de la zone au lieu de faire converger…
“une banque centrale en fonds propres négatif dans un monde hors étalon quelque chose, c’est du jamais vu…”
Alors quelles conséquences? Si on fait rouler la dette pour l’éternité en permettant aux Etats de continuer à faire des déficits financés par leurs banques nationales qui elles-mêmes récupèrent leur liquidité de la BCE. On obtient bien:
- des Etats et des banques commerciales de plus en plus insolvables qui ne font pas faillite grâce aux bons soins de la BCE
- une BCE qui ne pourra pas faire autrement que de prêter car sinon, les actifs qu’elle détient en gage de la monnaie centrale qu’elle a prêté ne valent plus rien et elle est en fonds propres négatifs
Ca peut se terminer comment alors? Les gens finissent par comprendre qu’on marche sur la tête et retirent leur argent des banques? Les Etats qui empruntent en monnaie centrale finissent par générer de l’inflation et c’est Weimar? J’avoue me noyer un peu dans tout ça!
Je ne comprends pas… Si les banques utilisent cette “monnaie centrale” pour acheter des bons du trésor et que le gouvernement utilise l’argent empruntée via les bon du trésor pour disons payer les travailleurs qui vont réparer les routes, ça revient à dire que cette monnaie centrale est transférée dans l’économie réelle non?
@Unknown
Oui, justement parce que, comme je l’ai écrit plus bas, le Trésor Public (“Banque de l’Etat”) est le seul canal de transformation de monnaie de base en monnaie secondaire (et vice versa). Ce qui est par contre anormal c’est que cette “banque” soit la seule qui ne puisse pas se financer directement aux guichets de la BCE pour acheter les obligations de “son” État avec de la monnaie à 1%.
Mon cher Roger, je me permet d’intervenir sur les deux points que vous évoquez (Je ne suis pas du tout expert, j’essaye de comprendre moi aussi ! ):
- Cacher les fuites pour ne les introduire qu’à la fin n’est pas une bourde, cela s’appelle de la pédagogie. On complexifie progressivement le propos.
- Pour la création monétaire, comme disait je ne sais plus qui, il y a monnaie et monnaie (monnaie centrale et la “vraie” monnaie). La banque centrale a créé 510 milliards d’euros supplémentaires (je vous fais confiance sur les montants, flemme de remonter vérifier !), mais c’est de la monnaie centrale, ) pas de la monnaie qui se retrouvera sur les comptes bancaires…
merci, je suis heureux de voir qu’il y en a qui suivent
Bonjour
Même si je suis globalement d’accord avec l’exposé de Olivier, je ne suis pas sûr de comprendre où il veut en venir.
dire que la monnaie centrale (scripturale ou “fiduciaire”) sert essentiellement (mais pas uniquement) dans le circuit banque centrale – banques secondaires est une réalité, effectivement enseignée en première année.
Dire que les fameuses réserves théoriques sont pipo, car ce ne sont pas elles qui limitent l’émission de monnaie secondaire (c’est à dire de monnaie bancaire mais, chut, Olivier ne veut pas qu’on en parle) est vrai aussi.
dire que l’émission de monnaie centrale n’a pas un lien immédiat ou obligatoire avec les crédits à l’économie est vrai aussi, on s’en aperçoit (en fait le lien serait plutôt inverse, c’est la demande de crédits et l’octroi de crédits par les banques qui peut inciter la banque centrale à émettre de l’argent).
so what?
Les vraies questions portent sur toute autre chose, à mon avis.
a) Pourquoi la BCE a fait une injection brute de 1020 milliards, une injection nette de 523 milliards: on nous dit que c’est pour diminuer, ou cacher, le risque d’insolvabilité des banques secondaires. Pour qui fait-on cela, qui a le pouvoir de faire cela, et est-ce efficace, et à quel terme …
b) Comment est-il possible de prêter à 3, 5 ou 10% à un pays (indirectement en tout cas, puisque les banques secondaires, elles, sont approvisionnées à 1%) quand la croissance prévue sera nulle, voire négative, pour la plupart de ces pays?
c) que valent les promesses de rembpuirsement des banques face à ces prêts de la BCE
d) Les problèmes d’illiquidité des banques ont-ils disparus?
e) a qui profite le crime
f) Ces dettes, il faudra bien les “prendre”, comme le dit notre célèbre obsédé national. Qui va payer. Les créanciers (les moins malins, ceux qui ne se seront pas défaussés à temps), les entreprises, les ménages, lexs contribuables, les “étrangers”, les “nationaux”, d’autres “couillons”, un peu tout le monde. En quoi les manips de la BCE vont-elles changer quoi que ce soit?
J’ai bien sûr quelque avis – pas forcément “avisé” – sur toutes ces questions
Très cordialement
B.L.
a) pour empêcher le système bancaire de s’effondrer – car c en’est jamais beau à voir quand ça arrive…
b) car le pays est insolvable CQFD. Reste à faire prendre leurs pertes aux prêteurs, c’est tout pour moi. Logique non ? Cf La Grèce. NB. toujours fallacieux de rapprocher le 1 % du 10 %. On ne parle pas de la même chose…
c) très bonnes : il a dépôt d’un collatéral + des appels de marge + les fonds propres de la banque
d) ils sont masqués dirons nous
e) à tout le monde quand même…
f) rien, on “gagne du temps” en augmentant le total des pertes finales…
Cher Olivier, pas vraiment de désaccord sur tes réponses (sauf peut être sur le point b) entre le 1 et le 10%)
amitiés, B.L.
merci
Je me demande bien pourquoi on va chercher le 1 % sans arrêt. Un banque peut déjà prêter à un État ex nihilo, elle n’a pas besoin de ressources…
L’intérêt rémunère surtout sa structure, en particulier de la banque de dépôt. Et la prime de risque, bien entendu – 5 % de taux d’intérêt sur une émission de dette grecque en 2007 : tu en penses quoi avec le recul ?
Mais les banques font rarement cela. Car les acheteurs de dette publique ne sont pas des banques, mais des assureurs et des fonds de pension qui collectent l’épargne pré-existante…
Il n’y a pas que les bons du trésor pour basculer de la monnaie centrale en monnaie secondaire. Lorsque le TP paye des fournisseurs ou des fonctionnaires il utilise de la monnaie centrale qui devient monnaie secondaire lorsqu’elle aboutit sur des comptes de banques secondaire, et le payement des impôts à partir des comptes DAV a l’effet contraire.
Pourquoi les banques ont besoin de ressources de monnaie centrale ? Il y a une bonne explication ici link to tinyurl.com
… donc les banques ne peuvent pas littéralement prêter à l’Etat par création monétaire ex nihilo de monnaie secondaire, puisque justement le Trésor Public (l’Etat) EST une “quasi banque”…
certes, mais quand vous payez vos impôts c’est le contraire, donc au final tout se compense – sauf le déficit, donc les obligations publiques
autant donc simplifier la présentation des choses…
Salut Olivier,
je réponds enfin à ta question perfide: ce n’est pas du 5% qu’il aurait fallu en 2007, mais du 10% (cumulé sur 5 ans, cela aurait fait du 80%). Facile de refaire le passé.
Plus sérieusement, tu as l’air de dire que les dettes publiques, c’est surtout les fonds de pension et les assurances qui les achètent.
1) As tu des chiffres
é) Pourquoi les banques ont-elles eu si peur dans ce cas à propos des obligations “souveraines” grecques?
Amitiés
Bruno.
Bonsoir Olivier,
Un grand merci pour ton travail, c’est super clair, bravo.
Est ce possible d’avoir tes billets sur la monnaie banque centrale en pdf?
Il y a une icône Printer Friendly en bas du texte, qui permet de sauvegarder le document sur PDF. Pas si friendly que ça d’ailleurs car les graphes d’Olivier sont tronqués. Mais on récupère déjà le texte. Ensuite, pour les graphes, il suffit de cliquer dessus et de les sauvegarder.
encore merci pour cet article, olivier, tres important d’éclairer le public sur le fonctionnement de la monnaie, qui est une des bases majeures de l’economie. tellement important. sinon, vous dites :
“Tous ces circuits sont assez compliqués, mais ils ne visent qu’à pallier le fait qu’il n’y a pas qu’une seule banque, où il serait tellement simple de tout compenser – sans besoin de monnaie centrale…”
Ben oui, je suis completement d’accord !!!
il y a quand même une possibilité pour que les banques se remettent à preter aux agents privés. il faudrait pour cela que des organismes financent à coût très faible (on peut toujours rouler la dette de toute façon) des politiques de relance tres forte des états, ceux-ci relayant cette manne financiere auprès de leurs agents privés. la conséquence serait une nouvelle capacité d’endettement des agents privés auprès des banques. voilà comment on peut créer de la valeur artificiellement, et relancer la machine. bien sûr, la contrepartie, ce sera à terme une inflation, puis une hyperinflation car on vit dans un monde fini et certaines devises ne conserveront au final que tres peu de vraie valeur. Plus généralement, notre systeme monetaire a besoin de voire sa masse monetaire croitre indefiniment du fait des interets s’il ne veut pas connaitre la deflation (pas bon pour banques et politiques). pendant quelques decennies, pour l”occident, la croissance était là. ensuite, on a choisi la voie de l’endettement assez longtemps pour que celui-ci devienne énorme et qu’on commence à atteindre certaines limites (il fgaudrait aussi une croissance énorme pour rayer l’endettement). Vous croyez que le systeme va s’arreter là ? ben, je me trompe peut-être, mais je pense qu’il est possible que ses acteurs (banques et politiques) continuent dans une nouvelle phase : la création de fausse croissance, de fausse valeur (etf, subprime, endettement continu des états…). remarquez ça a déjà commencé. créer de la monnaie, ce n’est pas créer de la vraie valeur, et ça en anticipera de moisn en moins ! pour résumer, je pense que si on laisse la logique economique tranquille, on risque de voir arriver défaler un énorme tsunami deflationniste. Si les acteurs du systeme continuent dans la logique qui était la leur jusqu’à présent, on risque d’aboutir à une inflation, hyperinflation. je vous souhaite bon courage et bonne nuit !
Bonjour Olivier, votre billet était super intéressant mais les posts du jour sont partis dans tous les sens. En lisant toutes les remarques et questions que votre billet à fait jaillir, cela renforce ma conviction que l’on ne peut réellement comprendre un système, qu’en ayant une vision complète, c’est-à-dire aussi de savoir d’où il vient (pourquoi quand et comment) et ou il va … Avec mes meilleures pensées, Patrick Luder
Il faut remercier Olivier pour le travail de recueil d’information, de présentation et de pédagogie. J’avoue ne pas avoir vu la création de la monnaie centrale sous cet angle. Il faut que je relise le billet d’Olivier et mon Mishkin préféré calmement.
LTRO = Mont de Piété = “chez ma tante” !
“Chez ma tante” c’est quand t’es fauché, raide, pas une tune et que t’as quand même besoin de bouffer ou d’acheter le dernier Iphone pour faire la queue chez Coluche,
alors tu vas chez ma tante tu y laisses en dépôt ta dernière Rolex, ou la Porsche Cayenne qu’on t’a offerte pour tes 40 ans ( veinard!) ou la guitare de ta première communion ( oublie l’Iphone)
et ma tante de donne en échange plus ou moins de cash en fonction de la cote de ton bel objet,
puis fortune revenue, tu rembourses ma tante et tu repars avec ta Porsche (re veinard)..
Le LTRO c’est quand t’es une banque à la ramasse à court de liquidités parce que tes clients sont allé déposer leur argent en Suisse*, ou/(et en plus) que ton état te réclame de lui acheter ses bons du trésor pourris et que tu as dans ton bilan des prêts tout aussi pourris à ton état ou d’autres ou à des régions insolvables etc..
Alors tu vas voir super Mario le jour de la distribution, tu lui remets un paquet de ces prêts ( mais choisis les bien car il connait la musique Mario), en échange et en fonction de la côte de tes titres, Mario te mets du cash disponible sur ton compte à la BCE, il te fait en plus payer 1% de loyer, et t’as trois ans pour rembourser et repartir avec tes titres pourris.
Simplissime, non ?
Il y a quand même un petit soucis:
Si au cours de ces 3 ans la valeur de ces titres venait encore à baisser, Mario te réclamera la différence ( ça s’appelle appel de marge) et là il faudra payer cash ou apporter encore un peu plus de tires pourris..
* Beaucoup d’entreprises en Europe ont du cash à gogo car leurs affaires marchent bien pour le moment, mais prudentes,
au lieu de le laisser chez leurs banquiers ( plusieurs pour étaler les risques) sur des comptes à terme,
elles achètent des bons du trésor Suisse ou/et Allemand ou/et de la FED qui sont réputés pour leur solvabilité..
et si mario jouait pour les banques, est-ce que ton scenario tiendrait encore le coup ? j’ai comme un doute