Voici 60 ans, en février 1953, à Londres était signé un accord historique sur la detteallemande. Les termes de l’accord signé tranchent radicalement avec la manière dont est aujourd’hui traitée la Grèce. Après la seconde guerre mondiale, de multiples conditions ont été réunies pour permettre à l’Allemagne de l’Ouest de se développer rapidement en permettant la reconstruction de son appareil industriel. Non seulement la dette contractée par l’Allemagne en-dehors des deux guerres mondiales a été réduite de plus de 60%, mais le règlement des dettes de guerre et le paiement des réparations aux victimes civiles et aux Etats ont été reportés à une date indéterminée : de fait, à la réunification allemande qui est intervenue en 1990 et au traité de paix qui a été signé à Moscou la même année entre les autorités des deux Allemagnes en cours d’unification, les Etats-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni et la France. Le poids des réparations sur l’économie allemande a donc été longtemps différé. Et dans le cas des réparations dues à la Grèce, celles-ci n’ont pas représenté le moindre effort de la part de l’Allemagne puisque les autorités allemandes refusent de donner suite aux demandes grecques.

À la différence de ce qui s’était passé à l’issue de la première guerre mondiale, les puissances occidentales ont voulu après la seconde guerre mondiale éviter de faire peser sur l’Allemagne le poids de remboursements insoutenables car elles ont considéré qu’ils avaient favorisé l’accession du régime nazi au pouvoir. Les puissances occidentales voulaient également une Allemagne de l’Ouest forte économiquement (mais désarmée et occupée militairement) face à l’Union soviétique et ses alliés. Rien de tel n’est de mise avec la Grèce et les autres pays de la Périphérie au sein de l’Union européenne.

Pour atteindre cet objectif, non seulement le fardeau de la dette a été très fortement allégé et des aides économiques sous forme de dons ont été octroyées à l’Allemagne, mais surtout on lui a permis d’appliquer une politique économique tout à fait favorable à son redéploiement. Les grands groupes industriels privés ont pu se consolider, ceux-là mêmes qui avaient joué un rôle clé dans l’aventure militaire de la première guerre mondiale, dans le soutien aux nazis, dans le génocide des peuples juifs, tsiganes…, dans la spoliation des pays occupés ou annexés, dans la production militaire et l’effort logistique gigantesque de la seconde guerre mondiale. L’Allemagne a pu développer d’impressionnantes infrastructures publiques, elle a pu soutenir ses industries afin de satisfaire la demande locale et de conquérir des marchés extérieurs. L’Allemagne a même été autorisée à rembourser une grande partie de sa dette dans sa monnaie nationale. Pour rendre cela concret, il suffit de réfléchir à la situation qui a suivi l’accord de Londres de 1953. L’Allemagne rembourse par exemple à la Belgique et à la France une partie de ses dettes de l’entre deux guerres en deutsche marks. Ces deutsche marks qui n’avaient pas d’intérêt dans les échanges avec le reste du monde, Belges et Français ont essayé de s’en débarrasser rapidement en achetant des marchandises et des équipements fournis par l’économie allemande et contribué à refaire de l’Allemagne une grande puissance exportatrice.

De leur côté, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, l’Estonie, la Slovénie et les autres pays périphériques de la zone euro doivent rembourser leurs dettes publiques en euros alors qu’ils en manquent vu leur déficit commercial face aux pays les plus forts de la zone euro. Dans le même temps, les puissances qui dominent la zone euro les obligent, via la Commission européenne et les traités adoptés, à mener des politiques qui les empêchent tant de satisfaire la demande de leur marché que d’exporter. S’ils veulent quand même réussir à exporter, ils sont poussés à réduire encore plus les salaires, ce qui comprime un peu plus la demande intérieure et accentue la récession. Le programme de privatisation achève de porter des coups à leur appareil industriel, à leurs infrastructures et à leur patrimoine en général.

L’accord de Londres de 1953 sur la dette allemande

L’allègement radical de la dette de la République fédérale d’Allemagne (RFA) et sa reconstruction rapide après la seconde guerre mondiale ont été rendus possibles grâce à la volonté politique de ses créanciers, c’est-à-dire les États-Unis et leurs principaux alliés occidentaux (Grande-Bretagne, France). En octobre 1950, ces trois alliés formulent un projet dans lequel le gouvernement fédéral allemand reconnaît l’existence des dettes des périodes précédant et suivant la guerre. Les alliés y joignent une déclaration signifiant que « les trois pays sont d’accord que le plan prévoit un règlement adéquat des exigences avec l’Allemagne dont l’effet final ne doit pas déséquilibrer la situation financière de l’économie allemande via des répercussions indésirables ni affecter excessivement les réserves potentielles de devises. Les trois pays sont convaincus que le gouvernement fédéral allemand partage leur position et que la restauration de la solvabilité allemande est assortie d’un règlement adéquat de la dette allemande qui assure à tous les participants une négociation juste en prenant en compte les problèmes économiques de l’Allemagne » |1|.

La dette réclamée à l’Allemagne concernant l’avant-guerre s’élève à 22,6 milliards de marks si on comptabilise les intérêts. La dette de l’après-guerre est estimée à 16,2 milliards. Lors d’un accord conclu à Londres le 27 février 1953 |2|, ces montants sont ramenés à 7,5 milliards de marks pour la première et à 7 milliards de marks pour la seconde |3|. En pourcentage, cela représente une réduction de 62,6%.

De surcroît, l’accord établit la possibilité de suspendre les paiements pour en renégocier les conditions si survient un changement substantiel limitant la disponibilité des ressources |4|.

Pour s’assurer que l’économie de l’Allemagne occidentale est réellement relancée et qu’elle constitue un élément stable et central dans le bloc atlantique face au bloc de l’Est, les Alliés créanciers font des concessions très importantes aux autorités et aux entreprises allemandes endettées qui vont bien au-delà d’une réduction de dette. On part du principe que l’Allemagne doit être en condition de rembourser tout en maintenant un niveau de croissance élevé et une amélioration des conditions de vie de la population. Rembourser sans s’appauvrir. Pour cela, les créanciers acceptent primo que l’Allemagne rembourse dans sa monnaie nationale, le deutsche mark, l’essentiel de la dette qui lui est réclamée. A la marge, elle rembourse en devises fortes (dollars, francs suisses, livres sterling…). Secundo, alors qu’au début des années 1950, le pays a encore une balance commerciale négative (la valeur des importations dépassant celle des exportations), les puissances créancières acceptent que l’Allemagne réduise ses importations, elle peut produire elle-même des biens qu’elle faisait auparavant venir de l’étranger. En permettant à l’Allemagne de substituer à ses importations des biens de sa propre production, les créanciers acceptent donc de réduire leurs exportations vers ce pays. Or, 41% des importations allemandes venaient de Grande-Bretagne, de France et des États-Unis pour la période 1950-51. Si on ajoute à ce chiffre la part des importations en provenance des autres pays créanciers participant à la conférence (Belgique, Hollande, Suède et Suisse), le chiffre total s’élève même à 66%.
Tertio, les créanciers autorisent l’Allemagne à vendre ses produits à l’étranger, ils stimulent même ses exportations afin de dégager une balance commerciale positive. Ces différents éléments sont consignés dans la déclaration mentionnée plus haut : « La capacité de paiement de l’Allemagne, de ses débiteurs privés et publics, ne signifie pas uniquement la capacité de réaliser régulièrement les paiements en marks allemands sans conséquences inflationnistes, mais aussi que l’économie du pays puisse couvrir ses dettes en tenant compte de son actuelle balance des paiements. L’établissement de la capacité de paiement de l’Allemagne demande de faire face à certains problèmes qui sont : 1. la future capacité productive de l’Allemagne avec une considération particulière pour la capacité productive de biens exportables et la capacité de substitution d’importations ; 2. la possibilité de la vente des marchandises allemandes à l’étranger ; 3. les conditions de commerce futures probables ; 4. les mesures fiscales et économiques internes qui seraient nécessaires pour assurer un superavit pour les exportations. » |5|

En outre, en cas de litige avec les créanciers, en général, les tribunaux allemands sont compétents. Il est dit explicitement que, dans certains cas, « les tribunaux allemands pourront refuser d’exécuter […] la décision d’un tribunal étranger ou d’une instance arbitrale. » C’est le cas, lorsque « l’exécution de la décision serait contraire à l’ordre public » (p. 12 de l’Accord de Londres).

Autre élément très important, le service de la dette est fixé en fonction de la capacité de paiement de l’économie allemande, en tenant compte de l’avancée de la reconstruction du pays et des revenus d’exportation. Ainsi, la relation entre service de la dette et revenus d’exportations ne doit pas dépasser 5%. Cela veut dire que l’Allemagne occidentale ne doit pas consacrer plus d’un vingtième de ses revenus d’exportation au paiement de sa dette. Dans la pratique, l’Allemagne ne consacrera jamais plus de 4,2% de ses revenus d’exportation au paiement de la dette (ce montant est atteint en 1959). De toute façon, dans la mesure où une grande partie des dettes allemandes était remboursée en deutsche marks, la banque centrale allemande pouvait émettre de la monnaie, en d’autres mots monétiser la dette.

Une mesure exceptionnelle est également décidée : on applique une réduction drastique des taux d’intérêts qui oscillent entre 0 et 5%.

Une faveur d’une valeur économique énorme est offerte par les puissances occidentales à l’Allemagne de l’Ouest : l’article 5 de l’accord conclu à Londres renvoie à plus tard le règlement des réparations et des dettes de guerre (tant celles de la première que de la deuxième guerre mondiale) que pourraient réclamer à la RFA les pays occupés, annexés ou agressés (ainsi qu’à leurs ressortissants).

Enfin, il faut prendre en compte les dons en dollars des États-Unis à l’Allemagne occidentale : 1,17 milliard de dollars dans le cadre du Plan Marshall entre le 3 avril 1948 au 30 juin 1952 (soit environ 10 milliards de dollars aujourd’hui) auxquels s’ajoutent au moins 200 millions de dollars (environ de 2 milliards de dollars d’aujourd’hui) entre 1954 et 1961 principalement via l’agence internationale de développement des États-Unis (USAID).

Grâce à ces conditions exceptionnelles, l’Allemagne occidentale se redresse économiquement très rapidement et finit par absorber l’Allemagne de l’Est au début des années 1990. Elle est aujourd’hui de loin l’économie la plus forte d’Europe.

Allemagne 1953 / Grèce 2010-2012 

Si nous risquons une comparaison entre le traitement auquel la Grèce est soumise et celui qui a été réservé à l’Allemagne après la seconde guerre mondiale, les différences et l’injustice sont frappantes. En voici une liste non-exhaustive en 11 points :
1.- Proportionnellement, la réduction de dette accordée à la Grèce en mars 2012 est infiniment moindre que celle accordée à l’Allemagne.
2.- Les conditions sociales et économiques qui sont assorties à ce plan (et à ceux qui ont précédé) ne favorisent en rien la relance de l’économie grecque alors qu’elles ont contribué largement à relancer l’économie allemande.
3.- La Grèce se voit imposer des privatisations en faveur des investisseurs étrangers principalement alors que l’Allemagne était encouragée à renforcer son contrôle sur les secteurs économiques stratégiques, avec un secteur public en pleine croissance.
4.- Les dettes bilatérales de la Grèce (vis-à-vis des pays qui ont participé au plan de la Troïka) ne sont pas réduites (seules les dettes à l’égard des banques privées l’ont été) alors que les dettes bilatérales de l’Allemagne étaient réduites de 60% ou plus. Sans oublier les réparations de guerre reportées à une date indéterminée.
5. – La Grèce doit rembourser en euros alors qu’elle est en déficit commercial (donc en manque d’euros) avec ses partenaires européens (notamment l’Allemagne et la France), tandis que l’Allemagne remboursait l’essentiel de ses dettes en deutsche marks fortement dévalués.
6. – La banque centrale grecque ne peut pas prêter de l’argent au gouvernement grec alors que la Deutsche Bank prêtait aux autorités allemandes et faisait fonctionner (certes modérément) la planche à billets.
7. – L’Allemagne était autorisée à ne pas consacrer plus de 5% de ses revenus d’exportation au paiement de la dette alors qu’aucune limite n’est fixée dans le cas actuel de la Grèce.
8. – Les nouveaux titres de la dette grecque qui remplacent les anciens dus aux banques ne sont plus de la compétence des tribunaux grecs, ce sont les juridictions du Luxembourg et du Royaume-Uni qui sont compétentes (et on sait combien elles sont favorables aux créanciers privés) alors que les tribunaux de l’Allemagne (cette ancienne puissance agressive et envahissante) étaient compétents.
9. – En matière de remboursement de la dette extérieure, les tribunaux allemands pouvaient refuser d’exécuter des sentences des tribunaux étrangers ou des tribunaux arbitraux au cas où leur application menaçait l’ordre public. En Grèce, la Troïka refuse bien sûr que des tribunaux puissent invoquer l’ordre public pour suspendre le remboursement de la dette. Or, les énormes protestations sociales et la montée des forces néo-nazies sont directement la conséquence des mesures dictées par la Troïka et par le remboursement de la dette. Malgré les protestations de Bruxelles, du FMI et des « marchés financiers » que cela provoquerait, les autorités grecques pourraient parfaitement invoquer l’état de nécessité et l’ordre public pour suspendre le paiement de la dette et abroger les mesures antisociales imposées par la Troïka.
10.- Dans le cas de l’Allemagne, l’accord établit la possibilité de suspendre les paiements pour en renégocier les conditions si survient un changement substantiel limitant la disponibilité des ressources. Rien de tel n’est prévu pour la Grèce.
11.- Dans l’accord sur la dette allemande, il est explicitement prévu que le pays puisse produire sur place ce qu’il importait auparavant afin d’atteindre un superavit commercial et de renforcer ses producteurs locaux. Or la philosophie des accords imposés à la Grèce et les règles de l’Union européenne interdisent aux autorités grecques d’aider, de subventionner et de protéger ses producteurs locaux, que ce soit dans l’agriculture, l’industrie ou les services, face à leurs concurrents des autres pays de l’UE (qui sont les principaux partenaires commerciaux de la Grèce).

On pourrait ajouter que l’Allemagne, après la seconde guerre mondiale, a reçu des dons dans une proportion considérable, notamment, comme on l’a vu plus haut, dans le cadre du Plan Marshall.

Depuis 2010, dans les pays les plus forts de la zone euro, la plupart des dirigeants politiques, appuyés par les médias dominants, vantent les mérites de leur supposée générosité à l’égard du peuple grec et d’autres pays fragilisés de la zone euro qui font la une de l’actualité (Irlande, Portugal, Espagne…). Dans ce contexte, on appelle « plans de sauvetage » des mesures qui enfoncent encore un peu plus l’économie des pays qui les reçoivent et qui contiennent des reculs sociaux inédits au cours des 65 dernières années en Europe. S’y ajoute l’arnaque du plan de réduction de la dette grecque adopté en mars 2012 qui implique une réduction des créances dues par la Grèce aux banques privées de l’ordre de 50% |6| alors que ces créances avaient perdu entre 65 et 75% de leur valeur sur le marché secondaire. La réduction des créances des banques privées est compensée par une augmentation des créances publiques aux mains de la Troïka et débouche sur de nouvelles mesures d’une brutalité et d’une injustice phénoménales. Cet accord de réduction de la dette vise à enchaîner définitivement le peuple grec à une austérité permanente, il constitue une insulte et une menace pour tous les peuples d’Europe et d’ailleurs. Selon les services d’étude du FMI, en 2013, la dette publique grecque représentera 164% du Produit intérieur brut, c’est dire que la réduction annoncée en mars 2012 n’aboutira pas à un allègement réel et durable du fardeau de la dette qui pèse sur le peuple grec. 

Pour voir une véritable solution au drame de la dette et de l’austérité, il faudra encore de puissantes mobilisations sociales en Grèce et dans le reste de l’Union européenne ainsi que l’accession au pouvoir d’un gouvernement du peuple à Athènes. Il faudra un acte unilatéral de désobéissance provenant des autorités d’Athènes (soutenues par le peuple), telles la suspension du remboursement et l’abrogation des mesures antisociales, pour forcer les créanciers à des concessions d’envergure et imposer enfin l’annulation de la dette illégitime. La réalisation à une échelle populaire d’un audit citoyen de la dette grecque doit servir à préparer le terrain.

Eric Toussaint, docteur en sciences politiques, est président du CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org) et membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il a écrit, avec Damien Millet, AAA. Audit Annulation Autre politique, Seuil, Paris, 2012.

Source : http: www.cadtm.org/ 28 février 2013 par Eric Toussaint

1953, le tournant qui a permis à l’Allemagne de rebondir

L’Accord de Londres, signé le 27 février, a permis à la République fédérale d’effacer la moitié de sa dette d’avant et d’après-guerre. Le «miracle économique» allemand est lancé

Par Yves Hulmann Samedi 28 juillet 2012

En 1951, lorsque Hermann Josef Abs est chargé de représenter la délégation allemande lors d’une série de conférences prévues à Londres, le banquier est conscient de la difficulté de la tâche qui l’attend. «Monsieur Abs, si vous faites du mauvais travail, vous serez pendu à un poirier. Et si vous faites du bon travail, ce sera à un pommier», lui déclare Fritz Schäfer, le ministre des Finances. La boutade, rapportée par Hermann Josef Abs, ne décourage pas pour autant le conseiller financier du chancelier ouest-allemand Konrad Adenauer.

Durant deux ans, le responsable de la délégation allemande tentera de négocier les conditions les plus avantageuses pour la jeune République fédérale d’Allemagne. La RFA doit rembourser à la fois les obligations financières issues du Traité de Versailles, jamais honorées; les emprunts internationaux contractés durant la République de Weimar, dont le paiement des intérêts a été suspendu au début des années 1930; à quoi s’ajoutent encore les aides financières accordées par les Alliés pour reconstruire le pays ravagé après 1945.

Suite à la partition du pays en deux Républiques au sortir de la guerre, les négociateurs allemands sont confrontés à un premier dilemme: la RFA doit-elle accepter d’assumer pleinement l’héritage des dettes d’avant-guerre du Reich? Ou peut-elle se soustraire à cette responsabilité, étant donné que la partie est du territoire, la RDA, est occupée par les troupes soviétiques? Deux raisons incitent Konrad Adenauer à opter pour la première solution.

Souverainté et crédibilité

Premièrement, le chancelier, en place depuis 1949, fait du regain de souveraineté de la jeune République l’une des priorités de son action politique. Or, lors d’une conférence réunissant les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, organisée en septembre 1950 à New York, les Alliés ont fait miroiter une révision du statut d’occupation de la RFA, à condition que le pays reconnaisse les dettes d’avant-guerre de l’Allemagne.

Deuxièmement, le chancelier veut aussi rétablir la crédibilité du pays comme débiteur sur le plan international. Avoir accès à l’emprunt est indispensable pour permettre aux entreprises allemandes de se refinancer à l’international. En raison du défaut de paiement d’avant la guerre, ces dernières sont alors pénalisées dans leur activité d’exportations par des problèmes de liquidités et des coûts supplémentaires. Au début des années 1950, le pays a encore une balance commerciale négative, la valeur des importations dépassant celle des exportations.

Lorsque les négociations commencent, la partie est loin d’être gagnée. La délégation allemande fait face aux réticences de certains pays, comme la Grande-Bretagne et la France, concernant les dettes d’avant-guerre, jamais honorées. Ces dernières découlent encore en grande partie des réparations pour dommages de guerre prévues par le Traité de Versailles de 1919.

Une Allemagne étranglée

Très vite, l’Allemagne a été étranglée par le poids de ces paiements, soumis à un moratoire partiel dès 1922. En 1923, la République de Weimar n’est plus en mesure de verser quoi que ce soit.

Face à l’incapacité de l’Allemagne à satisfaire à ses engagements, un banquier américain, Charles Dawes, élabore, au milieu des années 1920, un premier plan de rééchelonnement. Le paiement des annuités est abaissé et la dette elle-même est réaménagée sous la forme d’emprunts internationaux à un taux de 7% avec une maturité de vingt-cinq ans. Leur valeur totale atteint 800 millions d’anciens Marks. Pendant un temps, l’économie allemande se redresse et le pays paie une partie de ses dettes. Grâce à ces remboursements, l’Allemagne affiche même un net bilan excédentaire de 1926 à 1929. Mais l’embellie est de courte durée: à la suite du krach boursier de 1929, l’économie allemande replonge.

En 1930, un autre Américain, Owen Young, patron de General Electric, élabore un deuxième plan de rééchelonnement de la dette ­allemande. Les «emprunts Young», d’un montant de 1,2 milliard d’anciens Marks, sont émis à un taux inférieur, de 5,5% et étalés sur une durée encore plus longue. Mais très vite, l’aggravation des conditions économiques réduit à néant l’effet des concessions consenties.

En 1931, le président américain Herbert Hoover suspend le paiement des réparations de guerre pour un an. Et en juillet 1932, les Alliés renoncent finalement à toute indemnité de guerre lors de la conférence à Lausanne, qui réunissait des représentants de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne pour régler la question des réparations prévues dans le Traité de Versailles. C’est le premier défaut de paiement officiel du Reich.

Négociations

Cependant, les emprunts de Dawes et de Young, qui avaient été souscrits par des investisseurs de divers pays, restent, eux, valables. L’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir ralentit une nouvelle fois les paiements, qui reprendront peu à peu par la suite. Après l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, seuls quelques pays comme la Suisse et la Suède continuent d’être remboursés. Lorsque Hermann Josef Abs entame en 1951 les négociations avec les représentants des Alliés, la question des engagements découlant pour l’Allemagne des emprunts de Dawes et de Young reste ainsi entièrement ouverte.

Les dettes d’avant-guerre sont estimées au départ à 13,5 milliards de Deutsche Marks. Au fil des négociations, leur valeur est d’abord ramenée à 9,6 milliards, en raison notamment de l’abandon de la ­référence à l’or et de la chute de la valeur du dollar. Au final, la somme des emprunts d’avant-guerre est encore ramenée à 7,3 milliards de Deutsche Marks, soit une remise de plus de 45% comparée à la somme initiale.

Quant aux dettes d’après-guerre, chiffrées initialement entre 15 et 16 milliards de Deutsche Marks, elles sont rabattues à un montant de 7 milliards également, soit une remise de dette de plus de moitié. Elles seront payées en tranches annuelles d’un peu plus de 200 millions, qui s’ajoutent à celles de 340 millions par an pour les emprunts d’avant-guerre.

Avec l’essor économique de la RFA durant les années 1950, ces montants peuvent être versés aisément. Le montant annuel d’un demi-milliard de Deutsche Marks versé par l’Allemagne en 1953 correspond à environ 4% du total de ses exportations. Les derniers emprunts de Dawes ont été entièrement remboursés en 1969, ceux de Young en 1980.

Une dette divisée par deux

La question du règlement de la dette allemande n’est pas encore terminée. La RFA ne s’estimait pas responsable d’assumer l’entier des sommes dues par le Reich. Mais une clause dite de «réunification» garantissait le remboursement des intérêts supplémentaires si les deux parties du pays devaient être réunifiées. Les derniers paiements correspondant à ces intérêts furent effectués en 2010.

A l’issue de la conférence de Londres, la République fédérale est ainsi parvenue à diviser par deux le poids de sa dette, avec le consentement de ses créanciers. Partant d’un montant total initial de près de 30 milliards de Deutsche Marks, les dettes d’avant et d’après-guerre de l’Allemagne sont ramenées à moins de 14 milliards, résume l’historienne Ursula Rombeck-Jaschinski, auteur d’un ouvrage consacré à cette question, publié en 2005.

Cette remise de dette, d’une ampleur rare en Europe au XXe siècle, est scellée avec l’accord signé le 27 février 1953 à Londres entre la RFA et 21 pays ayant pris part aux négociations. Outre les Etats-Unis, la plupart des pays européens ainsi que la Suisse en font partie. L’accord, qui sera ratifié par une loi le 24 août de la même année, sera reconnu par une douzaine de pays supplémentaires, y compris Israël en 1955.

Une approche non pas politique mais «comptable»

Comment la RFA a-t-elle pu obtenir des conditions aussi favorables? La réponse tient en partie à l’argumentation de Konrad Adenauer et de son conseiller économique: il ne faut pas mettre en péril le «miracle économique» naissant de la jeune République, un argument qui fait mouche auprès des Américains. De plus, les Etats-Unis veulent pouvoir compter sur la RFA, non seulement comme client mais aussi et surtout en tant que rempart contre le bloc communiste.

Enfin, la capacité de négociateur de Hermann Josef Abs, qui a siégé dans une trentaine de conseils d’administration d’entreprises et qui finira par présider la Deutsche Bank dans les années 1960, a aussi joué un rôle clé. Le banquier, que ses contemporains disent coquet et obsédé par les détails, parlait couramment plusieurs langues étrangères, dont le français, l’anglais et le néerlandais. S’y ajoute son pragmatisme lors des négociations.

Dans un long article publié en 1959, où il revient sur la phase qui a précédé l’Accord de Londres, il est frappant d’observer que Hermann Josef Abs raisonne plus comme un comptable que comme un politicien. Cette approche, tout comme la distance qu’il a gardé avec le régime nazi durant la guerre, jugée suffisante par les Alliés, ajoute à sa crédibilité. Peu importe s’il avait aussi siégé dans les conseils de plusieurs entreprises qui ont employé des prisonniers de guerre.

Cette remise de dette peut-elle servir de modèle dans le contexte la crise actuelle? On peut en tout cas observer que l’Accord de Londres, peu connu du grand public, a la particularité de faire parler de lui à chaque crise importante liée à l’endettement. Au milieu des années 1980, cet accord a souvent été cité en exemple par les adeptes d’un effacement d’une plus grande partie de la dette des pays en voie de développement. L’Allemagne, faisaient-ils valoir, n’a jamais dû rembourser plus de 5% de la valeur de ses exportations à partir de 1953, alors que de nombreux pays du tiers-monde ont dû y consacrer plus de 20%.

Le cas grec

Plus récemment, l’aggravation de la crise de la dette en Grèce et en Espagne a aussi ramené cet accord sur le devant de la scène. La remise de dette octroyée à l’Allemagne a favorisé un redémarrage rapide du pays, argumente-t-on en substance.

Mais on entend aussi un autre argument, plus inattendu: en 1946, l’Allemagne avait été condamnée à payer une somme de 7 milliards de dollars à la Grèce à titre de réparation pour l’occupation du pays de 1941 à 1944, un montant non réglé par l’Accord de Londres. Toutefois, en acceptant la réunification de la RFA et de la RDA dans le cadre du Traité de Moscou, la Grèce s’est privée de la possibilité de réclamer des réparations, a fait valoir l’Allemagne par la suite.

Selon une interpellation déposée au Parlement européen en février par le député Daniel Cohn-Bendit, cette dette vaudrait aujourd’hui plus de 80 milliards d’euros compte tenu des intérêts qui s’y sont ajoutés. Cette somme permettrait à la Grèce de rembourser une partie de la dette que le pays doit à l’Union européenne.

Si les chances d’obtenir gain de cause apparaissent plutôt minces pour la Grèce dans ce dossier, ce dernier épisode démontre qu’en matière de dette, l’histoire n’est jamais vraiment terminée.

Source : http: www.letemps.ch

 

économie. “Au XXe siècle, Berlin a été le roi de la dette”

Publié le 26/01/2015 – 11:40

Au cours du siècle dernier, l’Allemagne s’est trouvée trois fois en faillite. Si elle a pu se relever, c’est entre autres au détriment de la Grèce, expliquait l’historien de l’économie Albrecht Ritschl en 2011 dans un entretien avec l’hebdomadaire de Hambourg.

L’Allemagne joue les donneuses de leçons sur la question de savoir s’il convient d’accorder de nouvelles aides à la Grèce. Le gouvernement se montre inflexible sur le mode : “Vous n’aurez de l’argent que si vous faites ce que nous vous demandons.” Cette attitude est-elle justifiée ?Albrecht Ritschl Non, absolument pas. Dans toute l’histoire récente, c’est l’Allemagne qui a connu les pires faillites d’Etat, au XXe siècle. Sa stabilité financière et son statut de bon élève de l’Europe, la République fédérale les doit uniquement aux Etats-Unis, qui, aussi bien après la Première Guerre mondiale qu’après la Seconde, ont renoncé à des sommes considérables. Malheureusement, on a un peu trop tendance à l’oublier.

Que s’est-il passé exactement ?
Entre 1924 et 1929, la république de Weimar a vécu à crédit et a même emprunté auprès des Etats-Unis l’argent dont elle avait besoin pour payer les réparations de la Première Guerre mondiale. Cette pyramide s’est effondrée pendant la crise de 1931. Il n’y avait plus d’argent. Les dégâts ont été considérables aux Etats-Unis et l’effet a été dévastateur sur l’économie mondiale.

Il s’est produit la même chose après la Seconde Guerre mondiale.
Sauf que les Etats-Unis ont veillé à ce que l’on n’exige plus de l’Allemagne des réparations aussi exorbitantes. A quelques exceptions près, toutes les demandes ont été renvoyées à une future réunification des deux Allemagnes. C’est véritablement ce qui a sauvé l’Allemagne, cela a été le fondement du miracle économique qui a commencé dans les années 1950. Mais les victimes de l’occupation allemande ont dû renoncer aux réparations, y compris les Grecs.

Quelle a été l’ampleur des défauts de paiement de l’Etat allemand ?
Si l’on prend la puissance économique des Etats-Unis comme point de référence, le défaut allemand des années 1930 a eu autant d’impact que la crise financière de 2008. En comparaison, le problème de la Grèce est minime. Seul le risque de contagion à d’autres pays de la zone euro pose problème.

La République fédérale passe pour être un modèle de stabilité. Combien de fois l’Allemagne a-t-elle fait faillite, au total ?Cela dépend du mode de calcul. Rien qu’au cours du siècle dernier, au moins trois fois. Après les premiers défauts de paiement, dans les années 1930, les Etats-Unis ont consenti une remise de dette considérable à la République fédérale, en 1953. A partir de là, l’Allemagne s’est portée comme un charme pendant que le reste de l’Europe se saignait aux quatre veines pour panser les plaies laissées par la guerre et l’occupation allemande. Même en 1990, le pays s’est retrouvé en situation de non-paiement.

Pardon ? Un défaut ?
Oui, le chancelier d’alors, Helmut Kohl, a refusé d’appliquer l’Accord de Londres de 1953 sur les dettes extérieures de l’Allemagne, qui disposait que les réparations destinées à rembourser les dégâts causés pendant la Seconde Guerre mondiale devaient être versées en cas de réunification. Quelques acomptes ont été versés. Mais il s’agissait de sommes minimes. L’Allemagne n’a pas réglé ses réparations après 1990 – à l’exception des indemnités versées aux travailleurs forcés. Les crédits prélevés de force dans les pays occupés pendant la Seconde Guerre mondiale et les frais liés à l’occupation n’ont pas non plus été remboursés. A la Grèce non plus.

Contrairement à 1953, il s’agit moins aujourd’hui d’accorder une remise de dette à la Grèce que d’étirer l’échéancier du remboursement. Peut-on dire que le pays est menacé de faillite ?
Absolument. Un pays peut faire faillite même s’il n’est pas complètement fauché. Tout comme en Allemagne dans les années 1950, il serait illusoire de croire que les Grecs pourront s’acquitter seuls de leur dette. Aujourd’hui, il faut fixer le volume des pertes auxquelles doivent consentir les créanciers de la Grèce. Et, surtout, il s’agit de savoir qui va payer.

Et le premier des payeurs devrait être l’Allemagne…
En résumé, oui. Nous avons été très inconséquents – et nos industries exportatrices s’en sont bien trouvées. Personne en Grèce n’a oublié que la République fédérale devait sa bonne forme économique aux faveurs consenties par d’autres nations. Les Grecs sont parfaitement au courant des articles hostiles à leur égard parus dans les médias allemands. Si le vent tourne dans le pays, de vieilles revendications liées aux réparations de guerre pourraient refaire surface, y compris dans d’autres pays européens. Et si l’Allemagne se trouve contrainte de les honorer, nous y laisserons notre chemise. En comparaison, le renflouement de la Grèce est plutôt une bonne nouvelle. Si nous écoutons les boniments dont on nous abreuve et si nous continuons à jouer les grippe-sous, le cigare aux lèvres, nous sommes condamnés tôt ou tard à voir resurgir de vieilles ardoises.

Quelle solution serait actuellement préférable pour la Grèce – et l’Allemagne ?
Les faillites qu’a essuyées l’Allemagne au siècle dernier nous enseignent que le plus raisonnable serait de consentir une remise de dette généreuse. Ceux qui ont prêté de l’argent à la Grèce seraient alors contraints de renoncer à une bonne part de leurs créances. Certaines banques n’y survivraient pas, et il faudrait alors mettre sur pied de nouveaux programmes d’aide. Cela pourrait revenir cher à l’Allemagne, mais, d’une manière ou d’une autre, il nous faudra mettre la main à la poche. Et puis la Grèce se verrait ainsi donner une chance de prendre un nouveau départ.

Yasmin El-Sharif

Source : http://www.courrierinternational.com

58 réponses à Allemagne-Grèce : deux poids, deux mesures – L’annulation de la dette allemande en 1953…

Commentaires recommandés

Bruno Kord Le 26 juin 2015 à 08h14

Voici un commentaire sur la Grèce plein de mépris et d’ignorance

  1. Jaicruvoir Le 26 juin 2015 à 06h47
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    On ne compare pas des olives avec un savoir faire d’organisation.

    La Grèce est un pays sous développé. Ce n’est pas parce qu’elle est dans l’Europe géographique qu’elle est européenne dans l’économie.


    • Bruno Kord Le 26 juin 2015 à 08h14
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      Voici un commentaire sur la Grèce plein de mépris et d’ignorance


    • Francois Le 26 juin 2015 à 09h01
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      … Il ne peut donc pas venir d’un européiste authentique et éclairé.


    • Phil Defair Le 26 juin 2015 à 11h27
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      Mmmmh ? Marrant. Votre réflexion vaut son pesant de cacahuètes, Jaicruvoir…

      Autrement dit, vous revendiquez que, finalement, on ne favorise que les riches, ceux-ci ayant donné la preuve qu’ils savent utiliser l’argent. Le pauvre, qui par définition est pauvre, ne sait pas ce qu’est l’argent. Il est donc de bon ton de ne pas trop lui en donner, voire de lui piquer le peu qu’il a, car il risquerait de l’abîmer…


      • ummite Le 29 juin 2015 à 06h21
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        il est fort dommage que des ignares étalent leur science sur des forums
        pauvres grecs : une nation qui a inventée la démocratie et tant d’autres belles choses élevant ainsi l’espèce humaine au dessus de l’animal .


    • David D Le 26 juin 2015 à 11h51
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      Les propos sont excessifs, et cela n’appellerait pas de réponse en principe, car la différence morale entre l’Allemagne passée et la Grèce actuelle est déjà abyssale (ce n’est quand même pas aube dorée au pouvoir), mais, en revanche, en s’amusant à prendre en considération votre idée discriminante, si la Grèce doit passer pour un pays producteur d’olives sous-développé, comment va-t-elle faire pour rembourser la dette alors ?
      Dans tous les cas, tant que le problème empire, c’est ceux qui ont un argent facile à confisquer ou endormir qui font les frais des opérations, la population française est concernée dans l’ensemble, non ?
      Qu’on croie à l’Europe ou qu’on n’y croie pas, la Grèce ne peut pas rester dans la zone euro et donc dans l’Union européenne. La dictature européenne ne veut pas le voir, mais tout le monde a déjà compris que c’est une histoire de temps, même si un accord in extremis peut se trouver cette fois-ci encore, car ce sera toujours reculer pour mieux sauter.
      Enfin, les américains n’ont pas profité que des von Braun deux de leurs plus grands cinéastes sont d’origine grecque, Cassavettes et Kazan, deux dans le top du top, c’est pas les cent-uinièmes ou du populaire, c’est la crème de la crème, pas mal pour un pays qui aurait décliné jusqu’à en paraître sous-développé.


    • BEYER Michel Le 26 juin 2015 à 14h41
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      @Jaicruvoir…mettez vos lunettes et dîtes-moi ce que sont les qualités de l’économie européenne.


      • ummite Le 29 juin 2015 à 06h25
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        il est victime de l’idiocratie orchestrée par les tenants du pouvoir certains seraient bien inspirer d’écouter me LACROIX- RIZ


    • ulule Le 26 juin 2015 à 17h45
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      Crétinisation et Idiocratie par Bruno Lussato en 1987
      AVC x – Ajoutée le 12 juin 2015 – À lire sur À vos cerveaux l’article relié, “L’Idiocratie” : Extraits importants d’Apostrophes (1987) avec court extrait de Les Invasions Barbares (2003), afin de bien comprendre l’idiocratie actuelle.
      URL: https://www.youtube.com/watch?v=S79CyvxdUw8


    • fouineur Le 26 juin 2015 à 23h16
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      On notera l’esprit particulièrement Darwinien (autrement dit régressif au sens où ils veulent ramener les sociétés humaines à l’ordre naturel des choses), des partisans de l’ordre actuel des choses : si on les suit, les 3/4 de l’humanité peuvent crever puisqu’ insuffisamment compétitifs. “Marche ou Crève” est leur slogan préféré.


  2. André Le 26 juin 2015 à 07h18
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    Les conférences d’Annie Lacroix-Riz sur cette période de l’histoire sont très instructives.
    Un vrai travail d’historien s’appuyant sur les archives d’époque: de plus en plus rare de nos jours…
    A écouter absolument.


  3. Lysbethe Lévy Le 26 juin 2015 à 08h19
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    Paul Craig Robert lui propose de laisser les banques faire défaut donc faire faillite, la dette grecque est une dette indigne, le peuple grec n’est pour rien dans la création de cette dette mais bien les banques. Rien n’oblige les grecs à la payer, alors pourquoi ne laisseraient ils pas ces banques faire faillite comme l’Islande ?

    C’est le seul moyen de se liberer de ce fardeau…Les banquiers ont coupables, les grandes banques sont coupables, donc la dette est indigne, que Tsipira, Varoufakis laissent faire la faillite. Sortir de l’UE est le meilleur destin pour ce peuple soumis a un tel diktat.

    Certains crient à la trahison de Syriza pour avoir céder sur toute la ligne ce dont certains étaient surs a cause de l’entente Varoufakis avec le FMI au Texas bien avant les tractations, les dés étant pipés dès le début. Et même fait cadeau de 8 millions en plus.

    Qu’en pensez vous ?


    • Tatare Le 26 juin 2015 à 12h59
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      “pourquoi ne laisseraient ils pas ces banques faire faillite comme l’Islande ?”

      C’est un peu tard. Il y a belle lurette que ces banques ont revendu leurs créances à… La BCE, c’est à dire à nous tous.

      Comme d’habitude, les bénéfices sont pour le privé, les pertes pour le con-tribuable.


      • Phil Defair Le 26 juin 2015 à 20h47
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        Nuance et précision, mon cher Tatare: le FMI et la BCE ont bien voulu faire un énorme effort en faveur de la Grèce en leur épargnant d’avoir à traiter, mois après mois, avec des banquiers terriblement intransigeants. Ce faisant, le FMI et l’UE ont épargné au monde les risques d’une crise bancaire systémique, en cas de défaut grec.

        De même, gâteau sur la cerise, ils ont joliment contourné la nouvelle loi qu’ils ont eux-même édictée et qui veut qu’il soit interdit aux états de l’UE de venir en aide aux banques en cas de souci. Là, le soutien aux banques a été bouclé avant le souci. Grace à ce magnifique subterfuge, accompagné d’un mégotage savamment opéré à chaque étape d’aide à la Grèce, les marchés financiers peuvent s’en coller plein les fouilles en spéculant sur un éventuel grexit.

        Magnifique, non ? Avec un tel système, tout le monde est content, en fait. Tsipras peut assouvir ses plaisirs masochistes, Merkel les siens sadiques, les grecs s’habituent, les journaleux ont des piges à rédiger, et le tout nous maintient sous pression… Et pendant ce temps-là, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais le marché boursier, bah il est en pleine forme ! On a jamais gagné autant de pognon qu’en ce moment…


  4. Günter Schlüter Le 26 juin 2015 à 08h45
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    Je suis citoyen français mais aussi citoyen allemand. Je suis les informations sur les problèmes qui règnent entre la troika, l’UE et la Grèce de très près et in situ, vu que je réside en Allemagne depuis plus d’un quart de siècle. Quand j’entends et lis certaines déclarations de certains politiciens allemands (Schäuble, Kauder, Bosbach, Fuchs et… et il y a en bien d’autres et de trop), je me demande souvent s’il me sera enfin possible de trouver quelque nuance qui me permettrait de différencier ces derniers des suprématistes raciaux et racistes de l’époque nazie.


    • georges dubuis Le 26 juin 2015 à 10h48
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      Il est sûr que les allemands sont très rigoureux. J’ai un ami alsacien, l’entre 2, qui me le fait bien sentir, Ils ont un système de sécu bénéficiaire ! En Allemagne on peut même déclarer sa foi sur sa feuille d’impôt.


      • eskape Le 26 juin 2015 à 11h03
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        @georges dubuis
        ouais… et alors? votre remarque me semble totalement hors sujet, et je vois mal ce qu’elle vient faire ici. à moins qu’elle ne vise à annuler tout l’argumentaire de l’article, facon une fois de plus: il est tout permis aux allemands, puisque, voyez-vous comme ils sont des êtres supérieurs, et comme on doit être humbles et se sentir petits devant eux. oh, pardonne-nous, l’ Allemagne, pour notre impertinence !


        • Anouchka Le 26 juin 2015 à 18h02
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          Attention tout de même à ne pas sombrer dans un anti-germanisme primaire… Et de tomber dans le travers qui est reproché, à savoir la xénophobie et l’essentialisation des peuples…
          Certes il y a des discours inacceptables tenus dans l’espace public allemand. Rassurez-vous, des propos ignominieux du même genre sont aussi tenus en France et ailleurs. Il faut être vigilants, dénoncer ce qui doit l’être, mais se garder d’accuser en bloc la population d’un pays.
          Oui les attavismes et l’inertie culturelle existent, ils orientent les individus, façonnent leurs valeurs. Mais le libre-arbitre existe aussi, que diable! Et surtout, une société n’est jamais monolithique, elle est traversée par des courants contradictoires. Qui se souvient qu’à l’époque de Rosa Luxembourg, l’Allemagne etait prête a basculer dans le socialisme révolutionnaire ?


          • eskape Le 26 juin 2015 à 18h23
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            erreur de lecture: je ne stigmatise pas (tant) les allemands eux-mêmes, mais plutôt la soumission volontaire a eux et leur idolâtrie


      • step Le 26 juin 2015 à 18h15
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        ce n’est pas de la rigueur, c’est de la morgue de suprémaciste. Ce serait de la rigueur si cela s’appliquait aussi à eux-même, ce qui n’est pas le cas.

        j’ai eu mail-le à partir avec un allemand cette semaine pour un problème de spam qu’il recevrait de notre part:
        1) Pas bonjour, pas s’il vous plait
        2) Rappel à la REGLE comme quoi un expéditeur doit gérer sa mailing list et retirer les destinateurs à leur demande. (point qui n’était pas la question, il n’était pas sur notre mailling list, et il recevait ce mail suite à une redirection depuis un tiers).
        3) Menace de poursuites.
        4) Pas de formule de politesse d’usage en fin de demande.

        Tout ceci dans les deux premiers mails qui nous ont été adressé.
        Pauvres grecs….

        Nous avons justifié que nous n’étions pas l’expéditeur du mail qu’il recevait, et nous nous sommes bien entendu abstenu de lui indiquer nos doutes sur une adresse e-mail qui pourrait bien être le redirecteur. Quand on aboie à la loi, il ne faut pas être surpris d’en bénéficier qu’au minimum de sa valeur, et encore jusqu’au jour ou l’on se prend un mot de cambronne.


    • eskape Le 26 juin 2015 à 10h53
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      il en ressort de tout ca au moins ces 2 choses:
      – l’élargissement de l’Europe depuis les années 80-90 au delà des membres fondateurs de l’Europe occidentale et du nord, n’est pas un élargissement-intégration à de nouveaux membres, mais leur colonisation, de pays qu’on meprise et se permet de juger et traiter comme des nègres sous-développés.
      – en parlant de chantage, en fait il s’avère que c’est bien l’Allemagne qui procédé ainsi, en avançant le “danger extrême-droite” si jamais on l’obligeait à rea mplir ses obligations et devait se trouver (légèrement) en difficultés financières. comme il n’y a pas de danger de ce côté là en Grèce, on peut y aller gaiement.


    • Astrolabe Le 26 juin 2015 à 12h48
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      J’ai travaillé dix ans de ma vie en Allemagne et je trouve que vous avez entièrement raison.


      • Anouchka Le 26 juin 2015 à 13h35
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        Raison sur quel point? Que les nouveau entrant sont considérés comme des terres colonisées par l’Allemagne?
        Votre expérience est intéressante. Est-ce que vous pourriez citer des exemples concrets qui vous permettent d’en arriver à cette conclusion?


  5. Lt Anderson Le 26 juin 2015 à 09h09
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    Concernant le titre :
    ” Allemagne-Grèce : deux poids, deux mesures – L’annulation de la dette allemande en 1953…”

    Quand j’abordais parfois ce sujet avec mon “ami” journaliste, j’avais droit au classique : “oui mais tu vois c’est pas pareil, c’était la guerre froide, fallait s’unir contre la menace soviétique (ie le communisme)”.

    Haha, que l’Histoire est drôle parfois….


    • Anouchka Le 26 juin 2015 à 10h01
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      C’était peut-être quand même effectivement un peu différent.a l’époque de la remise de dettes de l’Allemagne, on venait de sortir de la catastrophe du nazisme. On était conscient que sans la grande inflation des années 20, en grande partie causée par le traité de Versailles et l’exigence inflexible côté francais de “faire payer” l’Allemagne pour la grande guerre, le nazisme n’aurait certainement pas prospéré autant par la suite. L”idee etait qu’il ne fallait pas enfoncer une deuxième fois l’Allemagne sous peine de vivre une deuxième catastrophe (type revolution communiste, par exemple, en effet)
      Le problème de l’époque actuelle, c’est que les ultra-libéraux qui sont aux manettes dans les pays occidentaux sont persuadés qu’il n’y a pas d’alternative au système economique qu’ils prônent, que tot ou tard, la Grèce sera obligée de rentrer dans le rang, et que de toute façon la Grece est un pays trop petit et trop faible pour générer une catastrophe à grande échelle comme l’Allemagne. Donc pas besoin de prendre de gants avec elle et pas besoin de dépenser trop pour elle non plus.
      Personnellement, je pense qu’ils font un pari tres risqué. Humilier un soi-disant “petit” peuple est un jeu tres dangereux.


      • achriline Le 26 juin 2015 à 15h17
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        “le nazisme n’aurait certainement pas prospéré autant par la suite”
        votre commentaire est basé sur l’histoire officielle, en fait le nazisme n’aurait pas prospéré si on ne lui en avait pas donné les moyens et là encore la finance a eu son rôle à jouer. Je vous conseille la lecture de “Wall Street et l’ascension d’Hitler” d’Antony Sutton.


        • Anouchka Le 26 juin 2015 à 17h33
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          L’un n’empêche pas l’autre.
          En tout cas, les gens des années 50 ne connaissaient certainement pas les thèses de Sutton, mais en revanche avaient bien en mémoire le traité de Versailles.
          L’implication du grand capital dans l’ascension des nazis est un fait complexe et on ne peut pas évacuer l’idée que la plupart des magnas qui soutenaient Hitler croyaient pouvoir le maîtriser et le manipuler, ce qui n’a pas été le cas. Wall street a aussi paraît-il donné de l’argent aux Bolcheviques (par le biais de Totski) et en même temps a l’armée blanche de Denikine, histoire de ne pas se faire d’ennemi en cas de victoire de l’un ou de l’autre parti. Le but des capitalistes américains etaient alors d’investir en Russie, et ils comptaient bien pouvoir le faire, même en cas de victoire des Bolcheviques… La suite leur prouva que non.


      • Wilmotte Karim Le 26 juin 2015 à 21h47
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        Les nazis ne représentent pas grand chose à la fin des années 20.
        Soit après l’hyperinflation.

        Par contre, le chômage et la misère a été très efficace.

        Et si la France avait réussi à neutraliser l’Allemagne, il n’y aurait pas eu de guerre.


        • Anouchka Le 27 juin 2015 à 10h26
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          C’est faire un peu trop vite peu de cas du ressenti des peuples, en l’occurrence ceux qui ont eu à subir les conséquences de la grande inflation.
          En outre votre impérialisme culturel franchouillard est assez sidérant. “Si la France avait réussi a maîtriser l’Allemagne”. On se croirait dans la France des années 30!


          • Wilmotte Karim Le 27 juin 2015 à 17h39
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            Sauf que je ne suis pas Français…

            C’est juste factuel : si la France avait maitrisé l’Allemagne, il ne pouvait pas y avoir de guerre. Hitler ou pas.


            • Anouchka Le 27 juin 2015 à 20h51
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              Le fait de ne pas être francais ne vous immunise pas automatiquement contre la germanophobie…
              Il faudrait que vous précisiez ce que vous entendez par “maîtriser l’Allemagne”. Le traité de Versailles, par exemple, avait déployé toute une série de mesures pour “maîtriser” l’Allemagne, en particulier pour empêcher sa remilitarisation. Et malgré cela, il y a eu le Nazisme et la 2nd guerre mondiale.
              Certains pensent que si l’on avait empêché la réunification de l’Allemagne, ça aurait été mieux pour l’Europe. Empêcher l’unification des petits royaumes allemand etait aussi la position de la diplomatie française pendant le 19ème. Et puis nous avons eu Sedan et le premier empire. Je pense, pour ma part, que si l’unification puis la réunification ont eu lieu, c’est que cela devait se faire.
              Empêcher que les Allemands se sentent fiers d’eux et cherchent à en remontrer aux autres serait en effet plus rassurant, surtout pour les Francais qui n’ont pas énormément confiance en eux en ce moment et se demandent parfois qui ils sont… Est-ce envisageable, concrètement? Je ne vois pas très bien comment. L’idee de scinder les institutions européennes en deux (notamment la monnaie), de créer une Europe du Sud a laquelle appartiendrait la France et une Europe du Nord a laquelle appartiendrait l’Allemagne est peut-être une bonne idee, mais je doute que l’Allemagne soit d’accord car elle sait que sans la France, elle serait immédiatement beaucoup moins puissante.


        • Citoyen Le 27 juin 2015 à 23h36
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          C’est-à-dire si la France et le Royaume-Uni n’avaient pas
          1. Refusé d’abord la proposition de Staline de prendre Allemagne hitlérienne en tenaille, de l’empécher ainsi d’envahir la Tchécoslovaquie…et d’annexer autres.
          France et Royaume-Uni ont préféré leurs industriels,oligarques très synmpathisants des thèses d’Hitler – issue de l’hygiénisme, racisme et eugénisme… américain (Ford, Standard Oil, etc…IBM,Coca-cola, etc…) officiellement portée.

          2. Ensuite faire un Pacte avec Hitler.. (Munich)

          Ils l’ont donc tous choisi. Et ils n’en sont pas morts, puisque seuls les populations – militaires et civiles – ont été décimées.
          A part, bien sur, qq têtes pour le spectacle.

          Eux? Impunis.Prospères.Protégés.Récupérés. Recyclés et employés partout. Institutions, Entreprises, Business … partout en Europe(politique, institutions européennes, otan, recherche, universités, etc.. PARTOUT).

          Qui gagne?
          Eux.
          Et on voudrait qu’ils aient changé.

          Pourquoi le feraient-ils?
          Si à tous les coups, ils gagnent et s’imposent soit par la tyrannie abjecte soit par la paupérisation et la propagande toutes aussi abjectes.

          Les populations ont-elles bougé? NON.
          Alors.. ça continue.


  6. Sjoberg Le 26 juin 2015 à 09h20
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    C’est en effet totalement déroutant. A vous lire, ce que je fais depuis quelques mois maintenant avec un grand intérêt, lassée des rengaines superficielles des média de masse que je ne lis plus (peut-être à tort!), les enjeux paraissent tellement évidents. Et pourtant ces tergiversations qui sont de l’ordre du brassage d’air, je me demande si nous ne sommes pas tous ici devenus de grands naïfs condamnés à ….je me demande à quoi?


  7. naz Le 26 juin 2015 à 09h50
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    C’est pas étonnant que l’Allemagne se sente supérieure, après les pires ignominies, on la cajole!
    Les Grecs eux, enfin les élus et les plus riches d’entre eux, ont dansé avec la manne UE; c’est pas pareil quand même, on n’aide pas les joyeux clampins, ceux qu’on berne à tous les étages, qui se ruinent à acheter vos armes, qui acceptent vos industries corrompues! Ce sont des faibles, des moins que rien, par comme eux, les Allemands fiers et forts.
    C’est la loi de la jungle, version humaine, les faibles, les mal organisés, les rigolos qui n’adoptent pas la rigueur protestante, il faut qu’ils soient de bons pauvres, qu’ils baissent le nez, qu’ils se battent la coulpe, qu’ils obéissent et qu’ils disent oui missié… et s’ils en bavent et souffrent, c’est encore mieux…
    L’Allemagne a gracieusement donné ses nazis pensant aux US et… s’est laissé soumettre, mais avec ardeur et zèle…


  8. Lt Anderson Le 26 juin 2015 à 10h03
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    Je pense que cette stigmatisation de la population grecque, et par extension celle des “pays du sud”, est le développement d’une nouvelle forme de racisme.
    Je pense que nos valeurs et références du moment ne sont que des restes du XXe siècle. Nous vivons encore sur l’héritage du XXe siècle, nous ne sommes pas encore entrés dans le XXIe siècle.

    Ne pas oublier que le XXe siècle n’a pas commencer en 1900 mais en 1914.


    • eskape Le 26 juin 2015 à 11h18
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      ah ben, une bonne guerre mondiale et on va enfin entrer de plein pied dans le siècle du progrès et civilisation, dont ces salauds de russkoffs n’arrêtent pas de nous priver. mais courage, on va finir par les obliger, à se comporter de manière civilisée


      • john Le 26 juin 2015 à 18h10
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        Le changement de l’ordre établi ne débouchera pas forcément sur une guerre, mais nous sommes manifestement au bout d’un système qui tient de moins en moins de debout. J’ai l’impression que nous sommes à l’aube d’un tournant qui combine 1929 et 1989(et cette fois nous sommes de l’autre coté du mur).

        Les siècles précédents ont commencé en 1715 (mort de Louis XIV) et 1815 (Waterloo)


        • Anouchka Le 26 juin 2015 à 18h21
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          Et pourquoi vous ne poursuivez pas… 1915


  9. Vince Le 26 juin 2015 à 11h58
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    Excellent article. Notamment le premier qui rappelle qu’on est face à un déni de démocratie : du côté grec où on essaie de faire tomber un gouvernement élu et côté franco-allemand où nos gouvernants élus font un blocage sur la restructuration de la dette grecque car ils auront du mal à justifier la nationalisation des dettes des banques franco-allemandes en 2012 sans aucun contrôle démocratique.

    A noter par ailleurs que le parallèle avec l’Allemagne s’arrête (ou ne démarre pas) si on considère qu’elle était à l’origine d’une guerre mondiale ayant fait 60M de morts alors que je ne pense pas que Syriza ait encore abattu un mouton ou autre bestiole…


  10. Fabrice Le 26 juin 2015 à 13h33
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    La différence aussi c’est que l’Europe des citoyens était encore possible, désormais ce sont l’Europe des marchés et là on a déjà l’explication au changement de ton entre ces deux périodes.

    La crainte que la RFA bascule dans le camp soviétique n’était pas nulle, à mon avis la Grèce jouerait plus sur le rapprochement avec Poutine et on verrait les USA calmer le jeu (on en a déjà eut un vague frémissement).

    Au final je n’arrive pas à me séparer d’une image qu’avait olivier au début de son site ou on avait l’idée confirmée désormais, le capitalisme (je dirais le néolibéralisme) pour les citoyens et le socialisme pour les banques ou face nous gagnons pile nous perdons vous payez.


    • Wilmotte Karim Le 26 juin 2015 à 21h51
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      “La crainte que la RFA bascule dans le camp soviétique n’était pas nulle”
      La crainte exprimée n’était pas nulle.
      La réalité est que la crainte était surjouée.


  11. Sjoberg Le 26 juin 2015 à 13h37
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    Pour la dernière de “Service public” aujourd’hui sur France Inter, encore un signe qui ne trompe pas, l’invité était Frédéric Lordon!
    http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1118439


    • eskape Le 26 juin 2015 à 18h08
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      ah ben vous avez quand même fini par retrouver les médias de masse. félicitations. (pardon, humour, pour ceux qui suivent) 😉


      • Sjoberg Le 28 juin 2015 à 17h21
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        oui j’en ai eu l’idee en en parlant, et je suis tombee sur cette emission! clin d’oeil ironique ou complice?


  12. pinaute Le 26 juin 2015 à 18h03
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    Il y a eu plus de compassion envers le nazisme qui a terrorisé l’europe jusqu’à annuler la dette allemande que n’en a démontré les chefs de l’union européenne actuelle envers le peuple grec qui lui n’a détruit personne. Faut bien dire l’importance du fric qui aujourd’hui sème la terreur économique parce que les bidous $$$$ sont l’essence de notre existence.


  13. Charlie Bermude Le 26 juin 2015 à 20h00
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    L’annulation de la dette Allemande ne fut pas un miracle . Au fond ce fut le résultat d’un rapport de force avec l’Urss . La volonté premiére des US était d’éliminer un concurrent potentiel . Le réalisme a fait le reste .
    De méme aujourd’hui , il semblerait que les révolutions orange , çà fait flop , exemple l’Ukraine .
    Du coup on voit Nuland en pointe d’une ‘communication bilatérale’ avec les Russes.
    Les Néocons s’exercent à l’introspection . Si c’est vrai pour l’Ukraine , ( la Russie en fait ) , je ne vois pas pourquoi ce ne le serait pas , pour les Balkans , dont la Gréce …


  14. Crapaud Rouge Le 26 juin 2015 à 22h34
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    Finalement, je crois que Sapir a tout à fait raison : l’UE et l’Eurogroupe veulent un changement de gouvernement, point barre. Tout s’explique dans cette perspective, sinon c’est une “tragicomédie” comme disait le Canard. Son dernier billet est là : http://russeurope.hypotheses.org/4007


  15. Stéphanie Le 27 juin 2015 à 00h18
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    • Günter Schlüter Le 27 juin 2015 à 20h37
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      Un référendum?
      Un acte de démocratie directe?
      Mais où allons-nous?
      Les réactions des caciques européistes, des chefs d’États et ministres des finances des pays membres de cette oligarchie (tyrannie?) européenne sont des preuves irréfutables de l’esprit anti-démocratique qui règne dans ce cercle très refermé sur lui-même.


  16. Greco Le 27 juin 2015 à 00h21
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    ALERTE : Info provenant des medias grecs: Tsipras annoncé un refererendum sur l’accord ou non proposé par les crenaciers. Pour Samedi prochain.Je ne sais pas s’ill prend position, il dit qu’il va accepter le resultat quel qui soit . La phrase que j;ai entendu etait” La responsabilité nous oblige de repondre avec un referendum au ultimatum des creanciers”. Ils a du monde qui vide son compte par le DAB. C’est passé vers 01.00 grecque


    • Greco Le 27 juin 2015 à 00h35
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      Je viens d’ecouter la TV grecque : il est clair! sans le dire concretement” il demande pratiqement à voter NON et prefere la rupture: ” la proposition des creanciers est la politque de l’acceptation de l’austerité très dure et sans fin” ” Le peuple va decider snas pressions et sans chantage”


      • Greco Le 27 juin 2015 à 00h52
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        A Bruxelles – selon les correspondants de la presse grecque, ont la …haine et la colère pour cette desicion : la question sera simple a repondu Tsipras à Merkel: “vous êtes pour ou contre les propositions des creanciers”!
        Voila, les nouvelles arrivent en France:http://www.bfmtv.com/international/grece-tsipras-annonce-un-referendum-pour-le-dimanche-5-juillet-897770.html
        Mais je sais pas si la pression Allemande sera si dure que le peuple acceptera (si les banques ferment Lundi, Tsipras va dans un referendum dans les pires conditions .


    • Carabistouille Le 27 juin 2015 à 00h45
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      Sapir disait d’un référendum qu’il était la pire des solutions dans ces circonstances mais il ne prévoyait pas qu’il serait organisé dans ce temps recourd d’une semaine.
      Temps record qui fait penser que l’option était prête.
      La première question que je me pose est quelle va être la vraie question.
      Acceptation du mémorandum ou refus et en ce cas assumer le défaut et éventuellement le Grexit?
      La deuxième est quelle est l’alternative politique qui va découler de ces questions.
      Tsipras va-t-il mettre sa démission en cas d’accord populaire du référendum ou au contraire va-t-il donner sa démission en cas de refus?
      C’est cette démission qui nous dira son positionnement.
      C’est là que nous serons fixé.
      Mais la question la plus importante et la plus urgente c’est est-ce qu’il va instaurer un contrôle des changes dés ce week-end pendant la fermeture des banques et de la bourse?
      Cette mesure ou non-mesure sera aussi indicatrice. Car s’il le fait, ça tendrait à dire qu’il veut aller au clash avec l’assentiment du peuple. Mais s’il ne le fait pas, ça va être un massacre inouï dés lundi. Un véritable carnage avec des autorités des pays de l’eurogroupe et toute l’oligarchie européenne qui va déclencher l’apocalypse.
      Les temps qui viennent vont être terribles. ça y est, grâce aux défenseurs des retraités aisés allemands, on a sauté dans le vide.
      Bye bye euro?


      • Citoyen Le 27 juin 2015 à 23h49
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        La question du référendum oui ou non aux propositions des créanciers (dont Syriza a accepté 50% lundi 22 juin et pas des moindres) deviendrait sans objet:
        1.Puisque l’Eurogroupe a éjecté la Grèce de sa réunion ce samedi. Et a continué sans la Grèce.
        2. Le même Eurogroupe a annoncé que l’ “aide” – crédit revolver s’arrêtera le 30 juin.
        (DATE de la tranche de remboursement au FMI par la Grèce).

        Grèce éjectée des négociations… veut dire… qu’il n’y a plus de propositions.
        Objet du référendum devrait donc changer
        Oui ou non Euro
        Oui ou non UE

        Vouloir rester dans l’Euro et l’UE c’est en effet reconnaître l’assise financière et capitaliste de celles-ci tout en leur demandant de se réaménager en surface.

        Impossible. Les traités sont intraitables.

        Mentir pour se faire élire, c’est pas beau.


  17. ponsov Le 27 juin 2015 à 11h50
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    Pour en revenir au sujet du billet.

    L’annulation de la dette allemande c’est ni plus ni moins que la volonté pour les USA de s’assurer un allié puissant en Europe. plusieurs historiens faisaient remarquer que les USA n’avaient pas anéanti BASF ,IG FARBEN entre autres à la fin de la Guerre, une Allemagne affaiblie ce n’est pas une bonne chose, il leur fallait un allié profondément anti-Russe, discipliné, qui un jour prendrait sa revanche pour retrouver sa suprématie en Europe, ce qui est le cas maintenant, Todd a raison entre autres, ils ont réussi à se réunifier et donc étendu l’OTAN à la frontière russe sans tirer un coup de canon.La mentalité allemande de domination est présente dans tous les discours,même à l’extrême gauche, Joska Fischer parlait de suprématie” qu’on nous a retiré deux fois” Pour continuer sur cette idée regardez Merkel c’est le fer de lance des sanctions contre Moscou, les producteurs de fruits et légumes viennent du sud de l’Europe elle s’en fiche, elle continue d’importer le gaz russe et d’exporter ses autos, elle est redoutable sur le plan politique et en plus elle tient la caisse.


    • Anouchka Le 27 juin 2015 à 13h46
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      Talleyrand disait qu’un État n’est grand que lorsqu’il est capable de ne pas humilier son adversaire dans une négociation alors meme qu’il est en position de force.
      Ce n’est visiblement pas le cas de l’Allemagne de Merkel.


  18. Libertad Le 30 juin 2015 à 10h16
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    Conférence d’Annie Lacroix-Riz : les origines de l’Union européenne: http://www.zintv.org/Conference-d-Annie-Lacroix-Riz-les


    • Annouchka Le 01 juillet 2015 à 13h29
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      Intéressant. Merci pour le lien. Bien sûr, ALR sélectionne les faits qui étayent sa thèse mais l’idée générale est certainement pertinente.
      Un commentaire sur le fond, maintenant. La question du nationalisme. Nationalisme de la part du patronat allemand ; absence de patriotisme de la part du patronat français. Quelles peuvent en être les raisons ?
      Talleyrand faisait remarquer lors du traité de Vienne en 1815, qu’il ne fallait pas se laisser abuser par le prétendu réveil des nationalités (notamment celui des Allemands) pendant l’époque napoléonienne et que ces réveils n’étaient que l’expression d’intérêts déjà existants bien avant la révolution.
      Le nationalisme n’est qu’un moyen d’embrigader les populations, il fonde sa dynamique sur l’affectif, sur l’instinct de conservation, le désir de grandeur… Pas sur l’intérêt ni la raison. Un patron d’industrie n’est certes pas une machine, mais il pense avant tout à maximiser son profit – ne serait-ce que pour ne pas se faire avaler. Les patrons d’industrie ne réfléchissent pas en termes nationaux et je ne vois pas pourquoi les patrons allemands le feraient plus que les autres.
      D’autre part, il est intéressant de noter que les nazis ne souhaitaient pas la domination de l’Allemagne sur le reste du monde, mais la domination des aryens sur les autres races. Comme le montre très bien A. Arendt, les nazis méprisaient le peuple allemand, les Aryens n’étaient qu’une partie de ce peuple, une race qu’ils avaient l’ambition de forger par purification du peuple allemand (un homme nouveau).
      Dans ce sens, il n’est pas étonnant que les classes détentrices du pouvoir économique de France, d’Allemagne, des USA et d’ailleurs aient pu être séduites par les théories nazies qui légitimaient la domination d’une aristocratie sur une masse d’exploités. Les premiers théoriciens de la supériorité aryenne émanaient d’ailleurs de nobles aigris par les récentes évolutions démocratiques du monde (Gobineau). On peut évoquer aussi Edouard VII. Quand à des gens comme Ford, ils rêvaient certainement d’une consécration de type aristocratique pour couronner leur réussite économique… Et l’ancrer définitivement aussi.


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