Boris Pilichowski est gestionnaire de fonds à Londres, analyste financier et ingénieur des Mines de Paris. Il a publié cette remarquable Tribune dans Le Monde du 16/08/2012
Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a donc décidé d’utiliser la “planche à billets” pour régler les dettes insurmontables de plusieurs pays européens. Cela signifie que le bilan financier de la BCE va continuer à basculer dans la démesure, atteignant des niveaux jamais vus dans les économies capitalistes modernes. Elle prêtera encore des milliers de milliards d’euros supplémentaires pour aider tous ceux qui ne peuvent pas rembourser, à savoir les gouvernements et autres institutions privées ou publiques mal gérées.
Ce procédé est aussi vieux que l’existence de la monnaie. Il s’agit d’imprimer de l’argent pour payer les dettes d’un Etat et de ses banques en faillite. Moult gouvernements y ont eu recours dans le passé et le résultat fut toujours le même : l’argent perd peu à peu de sa valeur car l’augmentation de la masse monétaire entraîne la hausse des prix des actifs (immobilier, matières premières, actions, etc.) et des biens de consommation. C’est une solution politiquement pratique à court terme mais qui fait monter les prix à moyen terme, et érode in fine le pouvoir d’achat de ceux qui ont un revenu fixe. En somme, ce que l’Etat paye d’un côté avec de l’argent sorti de nulle part, il le reprend par l’augmentation des prix. Cette “inflation monétaire” est donc une taxe imposée par la BCE agissant pour le compte des Etats.
De toutes les taxations possibles, l’inflation monétaire est la plus inégalitaire. En effet, l’impôt sur le revenu est progressif et ne touche que les plus aisés, ce qui est acceptable. Pour ce qui est de la TVA, il suffit juste de moins consommer pour moins la payer ! Elle favorise donc l’épargne au détriment de la consommation. En revanche, l’inflation monétaire créée par la BCE est plus meurtrière puisque non seulement elle obère le pouvoir d’achat des salariés et des pensionnés, mais elle favorise les détenteurs de biens en induisant une hausse des actifs financiers. Elle pénalise en revanche ceux qui ont épargné pour préparer leur avenir et voient s’effriter la valeur de leurs économies. Ainsi, en défendant les patrimoines, les banques centrales brisent la confiance dans tout contrat social, car elles taxent ceux qui sont les plus faibles et ceux qui sont les plus prudents.
Enfin, l’inflation est mal comprise et c’est donc une taxe qu’on ne maîtrise pas. Aujourd’hui, on ne sait pas si toute la monnaie créée mondialement depuis cinq ans déclenchera de l’inflation à hauteur de 3 %, 5 %, 15 % ou 1 000 %, ni quand cette inflation apparaîtra et dans quel domaine elle s’exprimera. Prix de l’immobilier ? Prix de l’énergie ? Prix de l’alimentation ? On sait juste qu’elle arrivera un jour, et les gouvernements feront alors mine d’être surpris pour s’exonérer.
L’inflation monétaire est donc une taxe lâche, puisque levée de façon détournée, et irresponsable, puisque non contrôlée. Nous voyons déjà comment l’augmentation du bilan des banques centrales depuis dix ans crée des flambées des prix successives loin d’être compensées par une augmentation des revenus des populations actives européennes. L’exemple récent de l’envolée du prix des céréales et du pétrole doit être pris comme un avertissement : chaque choc exogène, comme une guerre au Moyen-Orient ou une sécheresse aux Etats-Unis, a un effet démultiplié sur les prix.
Voilà pourquoi quand nous demandons à la BCE d’intervenir pour éponger le surendettement bancaire et étatique, comme aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, nous faisons payer les frais de la crise aux épargnants mais aussi à ceux qui n’ont pas acquis de patrimoine : les plus jeunes et les plus pauvres. Cette supercherie peut fonctionner un temps dans un pays structuré et solidaire, mais elle ne saurait constituer le point de départ fondateur d’une Europe fédérale. L’UE ne va pas trouver son unité en copiant le modèle financier américain en pleine faillite et générateur d’inégalités sociales.
L’Europe fédérale ne peut pas proposer un modèle moins équitable que celui des Etats qui la composent. Elle ne survivra que si les jeunes y trouvent leur intérêt, et, pour cela, il faut accepter la déflation naturelle des patrimoines et donc tolérer que certains Etats fassent défaut sur leur dette souveraine. Autrement dit, admettre la faillite inexorable de certaines banques. Il s’ensuivra alors une accélération de la crise financière mais aussi un dénouement plus rapide et plus juste : les jeunes seront les grands bénéficiaires de cette crise car ils pourront enfin acheter les biens acquis par leurs parents à des prix acceptables !
Les baby-boomers seront les grands perdants, mais à juste titre. Ce sont eux qui ont généré et accumulé les dettes du système depuis trente ans et prospèrent sans travailler sur des lauriers usurpés. Ils auront néanmoins toujours besoin des jeunes pour payer leurs retraites et leurs frais médicaux. La crise financière européenne de nos parents aura alors été réglée dans la justice sociale et cela pourra servir de socle démocratique à l’intégration européenne. Mais voilà, nos leaders politiques refusent les défauts souverains. Ils nous parlent de conséquences désastreuses dont on ne se relèverait pas. Tout doit donc être mis en place pour éviter la crise et défendre ainsi les patrimoines et les retraites de leurs congénères. On demande à Mario Draghi d’intervenir avec sa planche à billets. Tant pis pour l’inflation ! Tant pis pour les pauvres ! Tant pis pour les jeunes ! Tant pis pour l’Europe ! C’est une erreur historique.
Les baby-boomers font partie d’une génération qui s’est définie dans la lutte des classes d’âge en se rebellant contre ses aînés. Leur grande découverte fut la consommation et le plaisir individuel, et leur grand projet politique l’augmentation du pouvoir d’achat par la dette. Dans les années 1970, ils ruinèrent leurs parents en s’octroyant par la force des hausses de salaires et des nouvelles protections sociales.
Aujourd’hui les papy-boomers, devenus patrons, actionnaires tous azimuts, propriétaires immobiliers, responsables politiques, refusent de payer leurs dettes ou de voir leurs actifs financiers baisser car ceux-ci garantissent leur train de vie. Ils n’augmentent plus les salaires des jeunes (moins nombreux) parce qu’ils veulent préserver les marges de leurs entreprises qui fournissent leurs rentes. Lorsque leurs intérêts financiers sont menacés par la crise, ils utilisent l’Etat et désormais la BCE pour se protéger.
En refusant d’accepter les défauts des Etats, ils lèguent de l’inflation et des dettes insurmontables à leurs enfants. Les partis politiques européens de gauche, qui prônent pour la plupart la nécessité de faire intervenir la BCE pour augmenter l’inflation, doivent se rendre compte que l’envolée des prix n’est plus corrigée par une hausse des salaires.
Les jeunes Européens ne vont pas tarder à comprendre que les solutions économiques proposées pour sauver l’Europe servent avant tout leurs aïeux. Ils auront alors perdu confiance dans des leaders discrédités et se tourneront vers des solutions politiques, certes alternatives, mais extrémistes et dangereuses. L’Europe n’y survivra pas.
Source : Le Monde
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A chaque nouvel article et chaque nouvelle lecture, je trouve les articles de plus en plus pessimiste mais egalement de plus en pertinant… Triste realite.
Cette generation du baby-boom aura reussir a bien vivre en profitant des 30 glorieuses mais ne legguera a ces enfants ( dont je fais partie ayant 24ans) que des dettes.
Ces dettes auront garanties a maintenir la meme “croissance” que durant les 30 glorieuses seulement ca va etre a notre tour de passer a la caisse.
J’aime regarder l’europe comme une personne qui saute d’un immeuble, Draghi et la BCE ont decider que la solution pour ne pas s’ecraser etait d’ajouter des etages…. retardant uniquement le moment de la chute…
Pour finir,
“Ils auront alors perdu confiance dans des leaders discrédités et se tourneront vers des solutions politiques, certes alternatives, mais extrémistes et dangereuses.”
Attention!!!! S’il n’est pas deja trop tard…
Corentin
(desole clavier qwerty oblige, je n’ai pas d’accent et peut-etre quelques fautes d’orthographe hehe)
A chaque nouvel article et chaque nouvelle lecture, je trouve les articles de plus en plus pessimiste
Je me suis fais la même réflexion, Olivier semble avoir un gros coup de blues ces jours :-/
Pour ce qui est de l’inflation par la création monétaire, il me semble que le cas de ces dernières années est particulier car l’argent “imprimer” ne réapparaît quasiment jamais dans l’économie réel.
C’est d’ailleurs un reproche courant de cette méthode qui n’aide pas du tout les vrais créateurs d’emplois dans la vrais vie.
De toute façons il est impossible de connaitre le vrais taux d’inflation d’un pays, ils sont tous pipeauté à la truelle, quand chez moi on me dit officiellement que l’inflation est en dessous de 1% et que faire les courses me coutent au moins 25% de plus qu’il y a 5 ans, c’est plutôt autour des 5% donc, sauf qu’on a de nombreuse conventions collective de travail qui annexe automatiquement les salaires a cette inflation :-/
“J’aime regarder l’europe comme une personne qui saute d’un immeuble, Draghi et la BCE ont decider que la solution pour ne pas s’ecraser etait d’ajouter des etages…. retardant uniquement le moment de la chute…”
Très bien dit !! Les politiques veulent et les experts en “prestidigitation économique” les aident à gagner du temps, juste retarder la chute finale et donc pour l’instant tout va bien mais plus on chute de haut (étages ajoutés) plus l’impact est douloureux. J’ai 3 enfants de 15, 12 et 6 ans et franchement j’ai peur pour leurs futures conditions de vie : protection sociale, sécurité etc.
Personne n’a le pouvoir de modifier le système dès à présent car les politiques sont trop dépendants des milieux financiers qui vont faire fructifier l’argent fraichement imprimé pour soit disant résoudre les problèmes.
J’avais cru comprendre que ce que la BCE à proposé n’était justement pas “la planche à billet” : rachats certes illimités mais stérilisés (bon … ok pour le bilan de la BCE qui se retrouve un peu foireux). Je me trompe ?
Après, que ceux qui contrôlent, décident et détiennent, ne souhaitent pas voir les choses changer … c’est je pense une autre question.
Le système des dettes se perdra lui-même.
L’inflation (augmentation annuelle des prix variant de 5 à 50%) ne survient que quand la demande est plus forte que l’offre, c’est aussi le cas pour le pétrole ou les céréales mais l’immobilier ne peut subir une inflation que lorsque son financement suit aussi (fonds-propres disponible et fort endettement possible).
L’inflation touche surtout les jeunes et les pauvres lorsqu’elle est assez faible et qu’elle n’est pas accompagnée d’une augmentation des salaires, mais une forte inflation provoque la perte du pouvoir d’achat de toutes les économies (thésaurisation) et des systèmes de retraite par capitalisation. Une forte inflation touche donc surtout les paby-boomer. Les jeunes et les pauvres qui n’ont pas d’argent de côté ni de grosse capitalisation pour la retraite n’ont donc pas grand-chose à perdre dans une forte inflation, les salaires suivront obligatoirement, même avec un peu (ou beaucoup) de retard.
L’hyperinflation (brusque perte du pouvoir d’achat pouvant attendre 50% par mois ou plus) est la mort d’une monnaie provoquée par une perte de confiance généralisée. Les avoirs financiers et les dettes de tout le monde sont remis à zéro.
Je ne suis donc pas sûr que cet article de Boris Pilichowski soit vraiment probant, s’il est vrai que la folle course à l’empilement de dettes irremboursables par la BCE ne fait que repousser à moyen terme les risques d’hyperinflation (chute d’un système), les autres conditions à l’augmentation de prix ne sont pas réunies, il faudrait pour cela qu’une augmentation de la masse monétaire vienne jusque dans les poches des consommateurs. Avec la mutualisation des dettes et l’obligation de les financer au travers des Etats, le risque est de voir les Etats s’endetter toujours plus et de voir finalement les Etats augmenter fortement le niveau des taxes et des impôts => dans des proportions telles que cela forcera la vie courante à œuvrer un sous-sol, c’est-à-dire à recourir fortement au travail et aux échanges au noir puis au troc en dernier ressort.
Le niveau des taxes et des impôts est déjà tellement élevé, que le gris est déjà devenu la norme dans certains pays (la France n’est pas en reste). Et dans ce jeux du “black”, se sont les jeunes qui seront les plus forts … Est-ce qu’il existe déjà des études à ce sujet ?
remarques pertinentes !
Oui, la partie sur “l’inflation touche-t-elle les jeunes, les riches, les pauvres, les vieux?” est bcp mieux expliquée que dans mon message plus bas, bravo
P. Luder, heureux de constater que vous êtes toujours fidèle à ce blog, et toujours aussi clair et précis.
Merci pour les petits signes … je me demandais si toute cette perte de temps n’était pas finalement inutile ! Du Berruyer c’est un peu comme l’alcool, à petite dose ça peut faire du bien, mais attention à l’exagération
@Patrick Luder
Dans l’article de Boris Pilichowski, ce n’est pas une augmentation des prix consécutive à une demande plus forte qui est décrite, mais une dévalorisation monétaire qui induit une augmentation mécanique des prix. Si demain l’euro perd 50 % de sa valeur, la baguette passera automatiquement de 80 centimes d’euros à 1,60 euros. Où voyez vous une augmentation de la demande justifiant une inflation monétaire ?
Vous l’évoquez dans votre commentaire : il s’agit en effet d’ “une perte de confiance généralisée” dans la monnaie.
Et ne pensez pas un instant que les salaires suivront : il faut maintenant passer à la caisse et la catégorie désignée dans l’article sera celle qui sera pressurée jusqu’au terme d’une révolte salutaire.
Bien à vous.
Oui, enfin y a quand même une bonne nouvelle c’est que Le Monde (qui n’est pas lu que par des jeunes économistes atterrés!) diffuse ces propos de façon claire et crue… donc intelligible par tous;
le drame tient dans la dernière phrase: on se dit tout le long, ok le savoir et la diffusion vont diffuser dans des couches jeunes et novatrices de la population et donc un certain espoir qu’un défaut responsable (quoiqu’il dusse couter à ceux qui n’ont pas grand chose à perdre) arrivera…. et là, patatras pataquess, saperlipopette et propagande… des politiques extrémistes et dangereuses. houuu très très peur pour mes placements…vite vite votons Super Mario notre Berger se dis le troupeau!
et alors que dire du coup final sinon magistral! l’Europe n’y survivra pas. Ouf! nous voilà informé par ce grand prédicateur notoire et visionnaire de l’avenir de l’Europe.
c’est, Monsieur Boris, avec ce genre de conclusions que vous renforcez les extrêmes et le replis sur soi nationaliste. Dommage, vous en paierez surement le prix fort.
« Enfin, l’inflation est mal comprise et c’est donc une taxe qu’on ne maîtrise pas. »
Si beaucoup veulent anesthésier les rentiers par l’inflation, la phrase ci-dessus résume bien, pour moi, le problème: on ne la maîtrise pas. Je ne suis donc pas certain que jouer l’apprenti sorcier avec la monnaie soit une bonne idée pour le citoyen lambda, quelque soit l’objectif de départ.
Et puis il y a tellement de choses à faire avant de s’amuser avec la monnaie…
Je ne suis pas sur que ce monsieur, gestionnaire de fonds, soit idéalement placé pour être crédible dans sa vision des choses. Qu’en pensez-vous Olivier? Merci.
Cela fait deux ans qu’Olivier nous explique les risques d’une inflation par nature incontrôlable. Ce que je n’ai pas encore bien compris, c’est comment la monnaie BCE (les “poires”) finit par se retrouver dans l’économie courante (les “pommes”) et par générer de l’inflation.
Sinon, je ne peux qu’être d’accord avec cet article, effondré par ce que ma génération a fait des aspirations à l’égalité et à la justice sociale qu’elle affichait il y a 45 ans.
La seule monnaie centrale que vous voyez ce sont vos pièces et billets (il y a écrit ECB / BCE sur les billets €) Le reste de votre monnaie c’est de la monnaie secondaire scripturale (les écritures comptables de vos comptes en banque).
Plus vous avez de monnaie en circulation moins elle a de valeur (c’est très simplifié mais l’idée est là)
De plus, la BCE contrôle de manière indirecte la quantité de monnaie en circulation via plusieurs outils :
- manipulation du taux de réserve
- manipulation du taux de refinancement
- opérations d’open market visant à réduire la liquidité générale
Comment la monnaie centrale se change en monnaie secondaire :
- fuite en billets
- paiements par les états ou les banques (du compte de réserve vers les comptes bancaires de leurs fournisseurs; salariés…)
Même si ces paiements se font de l’Etat vers une banque, cela se fait sur des dépôts à vue dans M1; donc la masse monétaire au sens M1 augmente; pourquoi cela fait-il de l’inflation ? => Théorie Quantitative de la Monnaie
Excellent article et pour couronner le tout, Bernanke a lui aussi tirer sa dernière cartouche hier soir avec son QE advitam eternam
De ce que j’en ai compris : QE3 illimité en temps mais ne concernant que les MBS et non les Tbonds ?
Article intéressant et juste peut-être un peu trop conspirationniste concernant les papy-boomer.
Personnellement si la BCE a choisi cette politique c’est pas pour faire plaisir aux papy-boomer mais seulement parce que c’est le choix le plus facile à faire et le hasardeux. Une inflation de 10% non compenser par une hausse de salaire cela fait 10% en moins de pouvoir d”achat par contre la faillite des plusieurs banques…on ne sait pas ce que cela donne.
Il n’y a pas de conspiration: toute une génération se retrouve aux commandes un peu partout (industrie, politique, finance, médias) Il se trouve que chacun défend ses intérêts de manière individuelle et que le système en place sers leurs intérêts, ainsi ils défendent collectivement le système
Finalement tout ca est très injuste mais très normal
A moitié d’accord. L’inflation est une bénédiction pour ceux qui se sont lourdement endettés à taux fixe et sur une durée très longue, pour acheter de l’immobilier le plus souvent. Ceux qui font de tels emprunts lourds sont les pauvres, pas les davantage aisés qui ont l’espoir d’épargner un peu d’abord avant l’achat, histoire d’éviter un endettement trop lourd. L’inflation permet donc aux pauvres de se constituer un patrimoine (même si on peut discuter de la valeur du patrimoine acquis…)
Quant aux gens qui ont vraiment de l’argent en trop, qui ont déjà la résidence principale et secondaire acquise, leur patrimoine est souvent placé dans des valeurs qui s’érodent avec l’inflation (hors MP je pense. Le cas de l’immobilier est plus discutable : la valeur de l’immo s’érode-t-elle avec l’inflation ? Tjs moins vite qu’un compte d’épargne en tout cas).
Je ne dirais donc pas que l’inflation touche en premier les plus faibles (à moins de considérer qu’ils ne peuvent même pas s’endetter). Par contre, les plus prudents, ça je suis d’accord.
Enfin, je suis d’accord aussi sur le vrai fond de l’article, à savoir une politique générale et une organisation de la société au profit de la génération “baby-boom”, au détriment des jeunes qui trinquent franchement. Cette génération a connu une augmentation du pouvoir d’achat jamais vue dans l’histoire, et comme elle ne connaît que “les arbres qui poussent jusqu’au ciel”, elle cherche à continuer “comme avant” d’abord en s’étant endettée terriblement, et maintenant en pompant ce qu’elle peut sur les jeunes générations. Le patrimoine matériel qu’elle laissera est important, mais le patrimoine intellectuel laisse à désirer, et l’état des ressources et exutoires de la planète est tout aussi inquiétant.
Valérie, 31 ans.
Ceux qui font de tels emprunts lourds sont les pauvres
On ne prête qu’aux riches…ou au moins aux classes moyennes. Les pauvres n’ont accès à aucun crédit.
Il fut un temps, avant 2008, où l’on n’était pas très, très regardant sur les moyens de remboursement avant de prêter de l’argent. Même en France. En Belgique, je connais des tas de jeunes de mon âge qui sont endettés à plus de 1/3 de leurs revenus de l’époque.
Je suis d’accord, cela semble-t-il a changé depuis la crise des subprimes, surtout en France. Les banques sont tjs moins regardantes en Belgique, ça je peux vous dire. Au contraire, les taux sont très bas, et je vois encore ajd des jeunes s’endetter sur des sommes folles, genre 200.000€, alors qu’ils gagnent 2500€ à deux.
Et si l’immo français et belge reste si haut, c’est bien qu’il y a encore des gens pour l’acheter, et la plupart passe qd même par le crédit. Quand je regarde la “pyramide” des revenus (notamment le travail d’Olivier sur la question), je me demande bien comment l’immo peut rester aussi haut. Mais visiblement, ça marche (encore un petit peu).
En Belgique je n’ai pas constaté de bulle immobilière jusqu’à l’heure d’aujourd’hui. Les prix me paraissent dans les 30 à 40% moins élevés qu’en France à qualité et emplacement équivalents.
@tagada
Désolée, mais non. C’était encore vrai il y a qques années, mais ce n’est plus le cas. L’immo belge a largement rattrapé le français (sauf à Paris, il est vrai que Bxl reste nettement moins cher). La différence avec la France est que les centre-villes belges sont des cloaques (Liège, Charleroi,…), l’immo y est pas cher, alors que les périphéries sont très chères. Les Belges sont très forts pour les 4-façades au milieu de nulle part !
Je connais bien les deux marchés, puisque mon mari travaille en France (Strasbourg) et moi à Liège. On a donc regardé des deux côtés pour acheter un appart. Un appart 2ch. 70m2 à Strasbourg vaut 210.000€, moderne et bien isolé, périphérie chic à 10 km de Strasbourg avec TER vers la ville. Un appart un peu plus grand en Belgique vaut la même chose, mais mal exposé, mal isolé, plus vieux, à 25 km de Liège, sans transport en commun vers la ville (à part un bus matin et soir). Idem sur les maisons neuves : sorry, mais c’est le même prix. Sauf aux centre-villes, encore une fois.
Et sinon, les salaires en France ne sont plus *explicitement* indexés sur l’inflation, mais ne faites pas croire qu’ils n’ont pas augmentés depuis 1983. Par petits à-coups ils augmentent quand même. Notez que l’indexation automatique des salaires existe tjs en Belgique, par contre.
D’ailleurs, d’après le Financial Times, la Belgique est le pays au monde où l’immobilier est le plus sur-évalué, devant la France !
Effectivement j’ai lu ces articles du Financial Times et de The Economist. Je veux bien y croire mais je trouve ça étonnant par rapport au petit constat que j’ai eu sur le terrain.
J’ai des amis qui ont acheté 110m² à Liège pour 110000€, ce qui est la moitié des prix Français d’une ville comparable.
Et en regardant sur Vivastreet je m’aperçois que les prix sont autour de 1000€/m² soit effectivement la moitié d’une petite ville de province en France.
link to search.vivastreet.be
Y’a peut-être une bulle en Belgique, mais elle est loin d’être de l’ampleur de la bulle Française.
Tu as quel âge Valérie? Tu n’habites pas Lièges…il parait que les plus belle filles de Wallonie vivent dans cette ville! Je plaisante.
Plus sérieusement si l’immobilier est si haut c’est que dans la période d’incertitude où on vit les gens ont l’impression que c’est la seule valeur refuge…sauf qu’ils oublient que les taxes locales (foncière et d’habitation) sont en train de flamber à cause de la difficulté des collectivité locales pour se refinancer suite aux déboire de Dexia 8un truc qui nous rapproche vous les Belges et nous les Français)
Je ne vois pas en quoi il s’agit d’une bénédiction pour les personnes salariées lourdement endettées : depuis 1983 les salaires ne sont plus indexés sur l’inflation. Leur crédit apparent à rembourser sera donc toujours le même. Par contre ils se prendront l’inflation dans la face pour tout le reste.
L’inflation n’est bonne pour rembourser ses dettes que lorsque les revenus suivent, ce qui n’est plus le cas à cause de M. Jacques Delors.
Toujours la politique du bouc-émissaire. Selon cet article, les baby-boomers sont responsables d’avoir appauvri leurs parents en demandant des augmentations de salaire, et d’appauvrir leurs enfants en continuant à s’endetter.
Alors, un peu de recul ! le baby-boom c’est entre 1945 et 1955. Sarkozy est né en 1955 et Hollande en 1954. Les baby-boomer sont donc arrivés, pour la première fois, au pouvoir en 2007. L’on peut les rendre responsables du traitement du mal (endettement) mais pas de l’endettement lui-même. Eh oui, ce sont les parents des baby-boomers qui étaient au pouvoir à partir de 1975/1976, au moment des chocs pétroliers. Nos présidents furent Giscard né en 1926, Mittérand né en 1916 et Chirac né en 1932. Pas vraiment des baby-boomers. L’endettement illimité, en apparence du moins, ne fut possible que par la suppression des accords de Bretton Woods en 1971. Celui qui en fut à l’origine était Richard Nixon né en 1913, comme Mittérand. Pas vraiment non plus un baby-boomer !
Il ne faut pas faire d’anachronisme. Les baby-boomers sont les héritiers de la politique de la croissance par la dette. Aujourd’hui qu’ils sont au pouvoir, ils doivent rectifier le tir. C’est à eux que revient la tâche de désendettement. Cette tâche est d’autant plus difficile que la période de croissance économique est terminée et qu’une période de décroissance lui succède, ce qui est tout à fait normal quand un phénomène est régi par des cycles. A la formidable période de croissance de la dette qui s’étend de 1995 à 2008, va succéder une formidable période de dégonflement de cette bulle qui s’étendra jusqu’en 2020/2024.
C’est du moins le pari que font ceux qui nous gouvernent et qui préfèrent un atterrissage en douceur sur 12/15 ans à un clash, dont on ne connaît pas tous les effets collatéraux, que constituerait un défaut en cascades de tous les états endettés et la faillite de très nombreuses banques, y compris de dépôt, et de compagnies d’assurances. Il s’agit d’éviter la politique du pire !
Nous pouvons comparer l’addiction à l’endettement souverain à l’addiction d’un homme à une drogue dure. Quel est le meilleur moyen de s’en sortir ? le sevrage brutal, accompagné de douleurs atroces à se taper la tête contre les murs, ou la désintoxication progressive. Chacun répondra selon sa personnalité.
La sortie d’une addiction ne dépend ni d’un choc ni d’une thérapie douce, tant que l’on y trouvait un avantage on y replonge à la première occasion… La guérision d’une addiction ne peut provenir que d’une prise de conscience des points négatifs et d’une prise de conscience qu’il n’y avait finalemnt AUCUN point positif => Puis il faut simplement une décision personnelle, éventuellement assortie d’une aide extérieure.
je pense que tu surestimes le pouvoir politique. Je m’explique : Tu détermine la classe d’age aux manettes en fonction de l’age des présidents, or notre classe dominante politique est notablement plus agée que notre classe dominante économique. Qui te dit que miterrand (exemple) n’a pas fait une politique pour les quadras de l’époque, (1990-1950= 40 ans). A 65 Ans on est au “top” en politique, en affaire c’est entre 40 et 50 ans.
Dans les années 60, les jeunes et les actifs et les vieux qui découvraient le rock’n roll …
Ce n’est pas une affaire d’âge ou d’année de naissance, mais de vivre avec son temps !!!
oui c’est assez vrai et le temps à l’époque était de profiter de son temps. La vision générationelle est evidemment incomplète.
Je ne comprends toujours pas comment tu vas diminuer ta dette si tu as 0% de croissance (voir moins), et 3% de taux d’intérêt…. explique moi ça. Sachant que si tu fais des économies massives, tu diminues ton PIB, et que actuellement tu galère à mort pour ne pas faire + de 3% de déficit….
J’aimerais voir la tête de mon banquier si je venais chaque année lui demandé une augmentation de mon prêt de 3%. Or mes perspectives financières sont bien meilleur que celle des états.
oui oui c’est bien eux 45-55
la vingtaine en 68 qui vote depuis 40 ans pour eux même 63-2003 73-2013.
le travail gratuit des postes inutiles pour qu’ils aient un gros salaires, un bon logement payer par l’inflation, une fausse épargne de la revente de leurs cailloux des retraites maintenant au dessus de toute réalité c’est bien eux qui ont vécu par la dette.
voter c’est gouverner c’est ça ils sont donc arrivés au pouvoir en 1963 et pas en 2007 ?
Ils ont surtout voté pour le maintien de l’état-providence : la Sécu en dépit du gouffre financier qu’elle engendre, les indemnités de chômage, les soins gratuits pour tous, et ça continue aujourd’hui avec la retraite aux étrangers qui n’ont pas cotisé etc… et tout le tintouin qui va avec…une armée de fonctionnaires sur le plan national et dans les collectivités locales ; bref, tout pour le secteur public au détriment du secteur privé qui seul produit de la richesse.
Je sais que cela va déplaire à 80% des lecteurs de ce blog qui sont à gauche, mais c’est un fait.
“QUI s’est foutu comme d’une guigne des avertissements de la cour des compte”
Soyons sérieux ! 99,9% des gens qui votent n’ont jamais lu un rapport de la Cour des Comptes. Avant Seguin, le rapport de la Cour des Comptes était ultra-confidentiel. Et puis, 80% des gens votent au faciès (surtout les femmes) : “il a une bonne tête celui-là” ou “il a une sale gueule”, “il paraît honnête”, ou, “il a bien parlé”. C’est ça, la démocratie, la voix du pilier de bistrot vaut autant que celle d’un Bac +15. Et devine qui c’est les plus nombreux ? Alors il ne faut pas parler de la Cour des Comptes comme élément de détermination au moment du vote.
En revanche, le porte-monnaie, ça, l’électeur de base sait ce que c’est. Quand on lui promet une prime de rentrée des classes ou une prime de Noël, il comprend. Il ne se demande pas comment va être financé ces primes, il voit simplement que cela va lui faire un peu de beurre dans les épinards.
Quand Hollande dit, en campagne, qu’il va réanchanter les Français (par le chant des sirènes, sans doute), il y en a même qui l’ont cru. Quand il dit que la fermeture d’Aulnay est inacceptable, il y en a qui ont cru qu’il allait interdire la fermeture de l’usine. Pasqua avait raison de dire que les promesses n’engagent que ceux les croient. D’autant que l’électeur a la mémoire courte.
Les politiques sont des cyniques et les électeurs, sur le plan intellectuel, des crédules parce que ignorants. C’est pourquoi les campagnes électorales ne se font pas, fondées sur la raison, mais souvent sur l’émotion (idem pour les médias) ou sur le ressentiment (qui est une émotion négative).
Les coupables ne sont donc pas ceux qui votent et qui ne savent pas, mais les élus qui, eux, sont censés savoir, et qui, bien souvent, savent mais mentent.
“la Sécu en dépit du gouffre financier ”
Vaste blague, le déficit de la sécu est ridiculement faible (environ 2 % à 3 % de ses recettes), comparé à l’Etat (40 % des recettes).
Le baby-boom qui se transforme en papyboom, ce sont les 37-66 ans. Soit les naissances de 1946 à 1975. La pyramide des âges de l’INSEE est très explicite.
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=ccc&page=graph
Euh, petit détail, ce sont les babyboomers qui ont voté pour ces présidents. Non? Qui étaient les actifs et électeurs majoritaires? C’est bien eux qui ont choisi des irresponsables clientélistes.
Il ne faut pas confondre, être au pouvoir et avoir le pouvoir. C’est leur nombre qui rend les baby-boomers puissants depuis 40 ans. Les baby-boomers avaient déjà bien le pouvoir a la fin des années 60 car ils devenaient une part cruciale de l’électorat. Ils confirment cette domination par les événements de Mai 68, imposant a la génération précédente un nouveau mode de fonctionnement. Aujourd’hui, lorsque l’on regarde la répartition des votes, on se rend compte encore de la domination de l’électorat de cette génération. Ainsi, les décisions politiques prises défendent avant tout les retraités et leur épargne. Depuis le début de la crise économique, aucune reforme sérieuse et aucune loi ne s’est attaqué aux retraites actuelles, aux épargnes, aux assurances vies ou ou dépenses de santé de cette génération. Alors que pourtant, toute la solution est la.
Je reprendrais un commentaire de “Pol” sur le site de Paul Jorion :
“Boris Pilichowski [BP] est un imposteur: Posez la question: d’où tu parles ? et vous en conviendrez. BP est gestionnaire de fonds à Londres. Penser qu’il défend la cause des jeunes et des démunis est du phantasme. Un jeune qui ne possède rien que son intelligence et sa force de travail ne craint pas l’inflation. Il empruntera et les rentiers paieront. Et puis les faibles revenus peuvent être indexés sur le taux d’inflation…”
Lapidaire certes, mais le commentateur propose une nouvelle perspective dans la façon de voir l’effet de l’inflation.
La théorie quantitative de la monnaie nous apprend que l’inflation ne dépend pas que de la masse monétaire mais aussi de sa vitesse de circulation. Depuis le début de la crise, des masses énorme de monnaie sont en place, mais elle ne circule pas donc pas d’inflation montreuse (cf l’atonie du marché interbanquaire). Pour l’instant l’inflation n’est pas encore là. Quel élément provoquera le déplacement de ces masses de monnaie ?
Et pourtant c’est BP qui a raison et Pol qui se trompe lourdement.
Les interventions des banquiers centraux ont pour seul et unique but de regonfler la bulle des actifs (inflation du prix des actifs), croire, comme Pol, que les jeunes ont intérêt à ce type d’inflation c’est se mettre le doigt dans l’oeil jusqu’à …
C’est pourtant pas bien compliqué de comprendre qu’il y a différents types d’inflation, celle qui euthanasie les rentiers et diminue le poids des dettes car les salaires augmentent au même rythme que l’inflation, celle qui, au contraire, sauve les rentiers en augmentant le prix des actifs tandis que les salaires n’augmentent pas.
C’est clairement le deuxième type d’inflation auquel on a affaire comme l’explique très justement BP.
Les procès d’intentions de Pol ne valent pas tripette.
Soit. Tu réponds à pas mal des interrogations que je me faisais sur le “pari” de l’inflation au sujet duquel s’affrontente des économiste hétérodoxes que j’apprécie tous autant qu’ils sont, sans savoir qui a raison…
Mais du coup, s’il existe 2 types d’inflation (tout comme il me semble commencer à comprendre qu’il existe 2 types de monétisation de la dette, une directe, intéressante même si prudence doit demeurer, une indirecte, qui profite aux riches seulement et qui semble pourtant être celle que priviliégie la BCE), pourquoi ne pas mettre en place une politique favorisant l’inflation la moins nuisible, en indexant à nouveau sur elle les salaires ?
C’est beau de croire que l’inflation génèrerait une augmentation parallèle des salaires alors que chômage oblige, il y a pléthore de demandeurs d’emplois qui ne peuvent que faire baisser le niveau des salaires proposés. Le seul sujet du jour c’est qui doit payer la note et vous les connaissez, vous en êtes tout comme moi.
Le blog de Paul Jorion c’est pas vraiment une référence hein…
Vous croyez qu’un jeune aujourd’hui (rappelez nous le taux de chômage des jeunes dans ce pays ? Et pas que des jeunes d’ailleurs) peut emprunter facilement ? Pour acheter quoi ? Pour être gagnant avec l’inflation il faut emprunter longtemps; donc acheter un bien immo complètement surévalué.
“les rentiers paieront” : une fois de plus le bullshit keynésien de “y a ka faire de l’inflation pour euthanasier les rentiers”. C’est quand même triste que 40 ans après la crise des années 70 et la critique du modèle Keynésien par Friedman on entende encore ce genre de choses circuler. Les rentiers ne sont pas idiots; ils adapteront leur rente à l’inflation.
“Et puis les faibles revenus peuvent être indexés sur le taux d’inflation” : La stratégie actuelle est de faire de l’inflation pour alléger le poids de la dette. Considérons les revenus (hypothétiquement) indexés sur l’inflation (je rigole; allez demander à votre patron de vous augmenter de l’inflation réelle tous les ans HAHAHA) ou les obligs d’Etat OATi; vous croyez sérieusement que tout ça sera indexé sur l’inflation réelle ? Demandez vous par qui est calculée l’inflation. Ils n’ont aucun intérêt à publier les chiffres de l’inflation réelle, c’est même le contraire; ils intérêt à la minimiser le plus possible !
On a un merveilleux exemple de ce qui va arriver en Europe bientôt avec shadowstats !
Ok, merci, tu viens de répondre en partie à ma question posée plus haut.
D’autre part :
1) l’hyperinflation de l’après-guerre en Allemagne a-t-elle “profité” à certaines catégories de la population et si ou à qui ? Les salaires ont-ils été revus à la hausse ?
2) En vertu e quoi les salaires étaient-ils indexés sur l’inflation jusqu’aux années 80 et n’est-ce plus possible aujourd’hui pour faire passer la pilule et frapper les plus riches en préservant les plus précaires ?
merci
à Chris06,
Pour quelle raison est-il impossible, selon vous, de créer un canal parallèle de monétisation directe de la dette publique ? En clair, pourquoi systématiquement passer par des enchères privées et plus (reprise d’ABS toxiques) si affinités ? Je suis d’accord avec vous sur le fait que l’enjeu central est le déséquilibre des balances des paiements aux niveaux mondial (et européen) et l’absence de mécanismes correcteurs. Mais dans l’urgence, ne pourrait on monétiser directement desserrer l’étau des marchés et, deux “reflater” le bilan des ménages (sur le modèle de Keen) plutôt que ceux des banques ? On serait certes en système semi-flottant ; so what ? Ensuite viendrait le temps de la question de la réflexion sur le sort d’une économie sans demande et les limites des politiques de l’offre en contexte mondialisé…
on peut pas avoir à la fois des enchères privées et une banque centrale qui les court-circuite.
Si les banques centrales se mettaient à acquérir les dettes publiques directement auprès des Etats, il faudrait qu’elles les acquièrent toutes, se ne serait plus un “canal parralléle” mais le canal exclusif, c’est l’intégralité des dettes publiques qui devrait être ainsi monétisée. Je vous laisse deviner l’effet sur la monnaie, elle ne vaudrait plus rien.
Ce que propose Steve Keen est beaucoup plus intéressant car parfaitement compatible avec le fonctionnement du système des monnaies fiduciaires flottantes. Vous remarquerez qu’il se garde bien de suggérer une monétisation directe des dettes publiques qui est une ineptie.
Merci de votre réponse et de vos commentaires toujours instructifs. Je comprends très bien l’approche de Keen. Mais en ce qui concerne la dette publique, n’est-il pas possible de fixer un taux maximal de monétisation directe ? Par exemple 50% de dette publique, et donc de réduire sa négociabilité… Une forme de système mixte en somme. Je ne vois pas que qui bloque : cela pourrait être un système de flottement partiel des monnaies. Je vous pose cette question parce qu’il est très difficile de justifier cette obligation de passer par les primary dealers lorsque l’on voit ce que la monnaie banque centrale leur permet de faire en termes de levier d’endettement . Afin d’éviter que la monnaie ne se déprécie, on peut aussi limiter les jeux spéculatifs sur les monnaies (notamment des hedge funds). Ces marges de monétisation directe seraient bien utiles aux collectivités territoriales qui ont souffert des produits structurés (je ne dédouane pas bien sûr les directeurs financiers qui auraient pu s’interroger sur la faibllesse des taux avant la tempête) et sont en première ligne des dépenses d’investissement.
J’aimerai bien que l’on m’explique comment l’immobilier pourrai voir ses prix augmenter en cas d’inflation dans le contexte actuelle.
Les entreprises soumisent aux hausses de leurs matières premières augment leur prix mais aussi et surtout réduisent leur masse salariale à cout de suppressions de poste et de gel des salaires.
De plus, lorsque l’on regarde d’où devrait partir cette hausse, c’est à dire de prix qui excluent déjà nombres de primo accédants des classes moyennes, qui sera suffisamment solvable pour entretenir cette nouvelle hausse de l’immobilier ?
Ne pas confondre :
Prix de la construction = matériel + main-d’oeuvre + marges variant de 0% à 10%.
Prix de l’immobilier existant = le grand SOUK avec un prix toujours au plus haut = juste à la limite de ce que l’acheteur est d’accord de lâcher (on s’enfoncer) pour acquérir du rêve …
Je ne parlais pas des MP pour la construction mais pour les entreprises en générale qui subissent des hausses de cout sur lesquelles elles ne peuvent agir.
.
Par exemple, que font les compagnies aériennes face à la monté des taxes et du pétrole ? Elles bloquent les salaires et font des plan de suppressions de postes / licenciements.
Sinon je suis d’accord avec votre remarque
Les entreprises sont coincées entre le prix de revient des matériaux et les conventions collectives ou salaires minimum … et ne dégager aucune marge peut aller quelques mois ou quelques années, mais sans entretiens ni renouvellement des outils de travail, l’entreprise ainsi coincée est condamnée à plus ou moins court terme.
Si on ne peut pas restreindre le coût horaire des salaires, on peut exiger pour un court laps de temps, plus de rendement … donc le même travail et avec moins de personnes.
Un tel système conduit à choisir l’automation partout ou cela est possible, ce qui génère encore moins de postes de travail.
Autant dire que le plein emploi est à oublier dans notre société actuelle => et cela ne pourra qu’empirer !!!
Je me posais une question : lorsqu’un état émet une obligation, celle-ci est-elle nécessairement achetée avec de l’argent existant ou cela ne provoque-t-il pas de la création monétaire?
Nouvelles questions :
1) Cette mesure de Mario est-elle ce qu’on appelle : monétisation directe de la dette ?
2) Si oui, il me semble qu’O. Berruyer, dans son bouquin, n’était pas complètement opposé à l’idée dans une certaine mesure, considérant en tout cas qu’elle était bien moins catastrophique qu’une monétisation indirecte.
3) La monétisation, quelle qu’elle soit, est-ce exactement la même chose que “la planche à billet” ? ou s’agit-il d’une technique de création monétaire spécifique ?
merci
Bonjour,
alors là je ne suis pas d’accord avec cette vision anti boomers.
“Les baby-boomers seront les grands perdants, mais à juste titre. Ce sont eux qui ont généré et accumulé les dettes du système depuis trente ans et prospèrent sans travailler sur des lauriers usurpés”
“Aujourd’hui les papy-boomers, devenus patrons, actionnaires tous azimuts, propriétaires immobiliers, responsables politiques,”
C’est évident que toutes les personnes nées entre 1945 et 1970 sont tous devenus patrons actionnaires, goinfres, avide du sang de leurs enfants etc etc.
Il s’agirait de recadrer clairement le propos. Quelque individus (en regard de la population) ont tiré leur épingle du jeu et ont fait la pluie et le beau temps pour la bonne santé de leur nombril.
Tous les autres ont simplement (bètement ?) travaillé, économisé, espéré.
Dans le cadre d’une période à croissance forte, à faible coûts de ressources, à concurrence inexistante (on n’avait pas encore “inventé” les chinois), toute cette masse a souhaité améliorer son sort. et vous (ceux qui ne sont pas des boomers) auriez fait pareil à leur place.
Le vrai problème c’est d’une part le manque de vision politique à long terme. et on ne peut pas reprocher au vulgum boomer de faire un minimum confiance à ses élites surtout si son sort s’améliore. Et d’autre part la goinfrerie sans limite d’une clique qui au nom de la liberté individuelle et de leur hédonisme en ont profité pour supprimer tous les régulateurs à leur seul profit.
Croyez vous que les parents (boomers) de tous ces jeunes sont contents de voir le sort réservé à leurs rejetons ?
Cet article alors qu’il est intéressant sous l’angle de l’analyse de l’inflation à venir en profite pour distiller la haine intergénérations. Et je me demande si ce n’est pas son objectif premier.
Ouais, bien dit … j’ai eu le même sentiment !
pour être honnête intellectuellement il y a une chose reprochable à la génération ultérieure, qui est de na pas avoir cherché à savoir d’ou venait l’ameilloration de leur situation.
Evidemment qu’une classe d’age cherche à maximiser sa prospérité, mais quand cette dernière se construit sur la dette, il n’est pas surprenant que la génération qui vienne après en paye le prix. La surprise surjouée affectée par la plupart des gens de cette génération vis à vis de la crise en cours, me parait relever soit d’une certaine stupidité (ou croyance aveugle en des politiques), soit d’un certain cynisme. Il n’y a pas eu de grande surprise sociale ces 40 dernières années, la crise actuelle est la conséquence d’une suite logique de dysfonctionnement visibles, qui ne devrait pas surprendre personne.
Alors les papy boomers suceurs de sang c’est n’importe quoi, mais les aveuglés volontaires qui ont déserté leur devoir de vigilance citoyenne collective au profit leur bonheur individuel, oui, c’est assez ce que je pense. Je ne dis pas que une autre génération n’aurait pas fait pareil, mais cette génération l’a fait, et l’histoire ne retient pas les phrases qui commence par “si”.
Bravo, très bien dit. C’est bien ce que je pense aussi !
“les aveuglés volontaires qui ont déserté leur devoir de vigilance citoyenne collective”
Mais c’est qui ces gens-là ? quel devoir de vigilence ? comment l’exercer et surtout, comment l’exercer collectivement ?
Je ne comprends vraiment ce raisonnement qui consiste à rendre coupable une génération entière. C’est comme reprocher à tous les Allemands qui vivaient en 1940/1945 d’être coupables de la shoa !
Tout cela est très réducteur. Je suis un baby-boomer. Je ne vois pas en quoi je suis responsable de l’endettement des états pendant 35 ans. A titre personnel, j’ai, difficilement, remboursé mes dettres pour acquérir ma résidence principale (la seule que je possède), puis j’ai constitué, par mon épargne, une petite assurance-vie. Pas de quoi faire de moi un affreux capitaliste qui s’est enrichi sur le dos des générations futures.
Ton message porte sur la responsabilité collective. Si tant est qu’elle existe ??? Mais même en acceptant le concept, plus intellectuel que réel, l’homme, à titre individuel, n’est qu’un maillon de la chaîne, emporté par le mouvement qui est imprimé à la chaîne. Mais qui actionne la chaîne ? Certainement pas le maillon !
Y a-t-il un reponsable en bout de chaîne ? Je ne le crois pas. Ce que je crois, c’est qu’une situation donnée est toujours la conséquence d’une situation antérieure qui a fini son cycle. L’homme ne fait que s’adapter à la situation présente. Chaque génération tente de réparer les erreurs de la génération précédante en engendrant ses propres erreurs qui devront être rectifiées par la génération future etc… Par conséquent, la responsabilité est toujours inter-générationnelle.
C’est qui ces gens là : Un peu tout le monde, en fonction de son niveau de responsabilité , non obstant certains vrai cyniques.
Comment l’exercer, quel devoir ? Bonnes questions, un poil tardives. Des vrais associations de défenses collectives déjà, des class actions et autres possibilités de répliques collectives à inventer.
Je ne cherche pas une culpabilité, je fais mon bilan des 2 générations précédentes. Toute génération fait forcément le bilan des précédentes, il faut l’appliquer surtout que ce sera aussi notre cas. On ne peut pas dire qu’économiquement ce soit la joie. +1 point godwin.
Réducteur non, globalisant oui. Je ne fais pas le bilan de l’action de chacun, mais du mouvement de masse collectif que vous avez impulsé. Donc évidemment personne en particulier ne sera la description que je fais, mais le mouvement collectif social impulsé a donné ce bilan.
Ta remarque sur la responsabilité collective est fondamentale et résume tout le problème et les ”reproches” sensées (je ne parle en aucun cas d’affreux capitalistes) que l’on puisse faire. Tout ton post parle de ton cas personnel et de ta responsabilité personnelle. Ce n’est pas cela qui est en cause, mais justement le fait que votre génération n’ investit pas du tout dans l’action collective. On lui a fait croire l’entourloupe du siecle, c’est à dire que la responsabilité collective n’existe pas et qu’il existe un (des) deus ex machina (forcément) bienveillants qui vont veiller à leur bien à leur place. Ce peut être des politiques, des économistes, des lobbys plus ou moins influant la sphère médiatique. Pour concrétiser ce point, voici la réponse standard que j’ai quand je parle de la crise à cette génération: “ils vont bien trouver une solution”. C’est qui “ils” ?
Par définition la responsabilité et l’éthique sont des concepts intellectuels. Cela ne veut en aucun cas dire qu’ils ne sont pas importants. Il n’y a personne qui tire les maillons de la chaine, mais bien sur que si, les maillons impriment le mouvement de la chaine. Or comme les maillons ne se consultent pas entre eux, tout focalisés qu’ils sont par leur destin personnel, il tombent dans le piège tendu de la facilité apparente, qui est de repousser et de ne pas résoudre les questions qui se posent. Néglige une question et tu obtiens un problème, l’heure du trop plein de problème est simplement arrivé.
Dernier paragraphe, tu as tout à fait raison, l’idéal serait quand même qu’il reste moins de problème à régler à chaque génération, pas qu’il y en ait de plus en plus.
Je lis avec amusement que lorsqu’il lui s’agit de se défendre à travers la défense de sa classe d’âge, Patrick-Louis Vincent découvre la complexité des phénomènes sociaux dont l’individu est le jouet plus que l’acteur.
Il ne lui reste plus qu’à appliquer cet état d’esprit du cas particulier au cas général et il aura changé d’idéologie.
Extrait PL Vincent (billet “Ces salauds de pauvres qui boudent le RSA):
“N’est manipulé que celui qui le veut bien. Il y a suffisamment de sources d’informations (livres, Internet) pour se faire une idée précise du degré de manipulation.”
Delphin (baby-boomer lui-même)
appliquer -> accepter.
Quelques exemples d’actions collectives dont vous aviez la responsabilité qui auraient du être menées.
Je pense que les questions sont à la portée de tous (mais déjà imposer la question sur la place publique c’est bien mieux que rien).
1) La mondialisation. Quid des droits humains si la logique de la concurrence est uniquement le “moins cher”. idem pour la question écologique.
2) L’industrie. Comment croire en un modèle économique uniquement basé sur le service. Comment inciter les entrerprise à investir plus qu’elles ne le font dans l’ameilloration de leur performances plutôt que de redistribuer tous leurs bénéfices (voir plus) en rente.
3) La rente/la banque. c’est quoi, comment on s’en sert, quels sont les droits et les devoirs des agents économique dont le travail est de placer son argent. Comment faire que cette force de l’occident soit collectivement bénéfique.
4) L’immigration. Ca sert à quoi, quand et comment s’en servir. Comment gérer les différentiels économiques entre pays.
5) le veillissement. Comment le gérer, comment assurer la solidarité intergénérationnelle en cas de pyramide d’age inversée.
6) La répartission des richesses. Comment assurer une liquidité aux flux financiers qui ne se transforme pas en “pompe aspirante” vers les plus haut revenus. Je rappelle qu’une classe moyenne nombreuse et aisée est de l’intêret de tous, même les plus riches.
Toutes ces questions étaient sur la table il y a 30 ans. Toutes ces questions sont maintenant devenus des problèmes, car elles sont restées sur la table. Les rares évolutions sur le sujet, ont été l’oeuvre de lobbys souvent néolibéraux qui poursuivaient leur intérêt et leur volonté d’enrichissement. Normal, car le lobby des 99% est resté tout ce temps, d’un silence assourdissant. Il est plus que temps de l’organiser afin de le faire respecter.
“votre génération n’ investit pas du tout dans l’action collective.”
Comme je le disais, une génération répond aux erreurs de la génération précédante, dont l’action, très collective, engendra le communisme, le fascisme et le nazisme.
Alors oui, lorsque nous étions jeunes, nous disions “plus jamais ça” et c’est ainsi que s’est développé l’individualisme, avec, bien évidemment, ses excès que les nouvelles générations tenteront de corriger. Mais gare de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Lorsque nous étions jeunes et que nous réunissions pour refaire le monde, l’on ne parlait jamais d’économie. C’était le cadet de nos soucis. Les débats étaient politiques, et la liberté en était le centre. Le monde était très bipolaire. Il y avait ceux qui soutenaient l’URSS et ceux qui étaient pour le monde libre. Le débat économique se réduisait à pour ou contre un état collectiviste. Jusqu’à la chute du mur de Berlin, tel était le débat.
Un autre débat, toujours politique, était pour ou contre la guerre au Viet Nam, faite par les Américains pour enrayer la progression de l’idéologie communiste. Là encore, c’était très bi-polaire. Ceux qui étaient contre la guerre étant nécessairement accusés de soutenir le camp adverse.
Un autre débat encore, était autour de l’état-nation. Le nationalisme était fustigé par une grande partie de la jeunesse qui le rendait responsable des guerres mondiales. Ce débat était central pendant la révolution ratée de 1968. C’était le temps où Cohn-Bendit allait pisser sur la flamme du soldat inconnu.
Il serait très intéressant de revisionner les débats politiques télévisés d’alors (les débats étaient souvent fort animés et les gens ne pratiquaient pas l’autocensure comme aujourd’hui), entre jeunes et anciens, et vous vous apercevriez que jamais les jeunes ne parlaient de macro-économie. Cela ne les intéresaient pas. Ils cherchaient à répondre aux problèmes de la génération précédante.
Les autres débats touchaient aux moeurs et à leur libération, en réponse au carcan moral qui était imposé par la bourgeoisie catholique, alors au pouvoir.
Et bien moi, je trouve que notre génération n’a pas fait un mauvais travail, collectivement parlant. Le spectre des sociétés totalitaires s’est éloigné. Mais il réapparaît aujourd’hui avec les fondamentalismes religieux. Nous n’avons pas connu de guerres sur nos sols depuis 1945, contrairement aux 3 générations précédantes. Malheureusement les démons hégémoniques américains reprennent de plus belles.
Alors oui, nous n’avons pas vu le danger de la dette qui grossissait. Nous n’avons pas vu que la dette se substituait progressivement à l’impôt pour maintenir les avantages sociaux et l’état-providence. Mais ce n’était pas le sujet du moment (l’air du temps dont parlait Patrick Luder). Nous avions d’autres chats à fouetter.
Aujourd’hui, la donne est différente. La jeunesse d’aujourd’hui n’a pas à lutter pour la liberté sexuelle ; ils l’ont. Ils n’ont pas à lutter contre le communisme ; il est à genoux. En revanche, ils devront régler le problème de la monnaie pour réparer l’erreur de la fin de Bretton Woods, ils devront faire face aux conséquences de la dette souveraine. Ils devront peut-être se battre contre les fondamentalismes religieux. Ils devront aussi faire face à l’épuisement des ressources, et s’adapter au réchauffement climatique. Cela fait beaucoup, je le reconnais, d’autant que le temps s’accélère, et que l’on a de moins en moins de temps pour régler les problèmes.
Tout a fait.
Et je rajouterai que malgré la crise actuelle, ca continu encore et encore… les yeux commencent a s’ouvrir, mais l’info n’a pas encore atteint le cerveau, donc toujours pas de coup de volant ou de frein et le mur se rapproche toujours a grande vitesse…
D’accord avec Step, je ressnes la même chose (j’ai 33 ans) ; et j’ai beau ressasser les mêmes choses à mes parents depuis des années (limites écologiques du système, croissance finie ds un monde fini, surendettement, individualisme etc…), ils acquiescent toujours avec des yeux de chiens battus avant de retourner à leurs deux bagnoles, leur pavillon résidentiel avec jardin et piscine (= besoin de ta bagnole pour tout), leurs vacances de février au ski, leur abonnement au glof, leur accomplissement dans l’acte ulitme de consommer (beaucoup, bas de gamme et le moins cher possible, y compris pour la bouffe !) et leurs voyages en low coast à l’autre bout du monde.
Pourtant, ce ne sont pas des “un pour cent”, juste deux fonctionnaires consciencieux, plutôt de gauche, qui n’ont tué personne volé personne et sympathiques au demeurant… La bonne conscience incarnée
Haha, j’ai l’impression de lire une description des miens ! (ou oncle et tante, voisins, etc…)
Tous des braves gens, qui se sont enrichis presque sans le faire exprès et partent à la retraite avec un patrimoine conséquent, qui m’écoutent avec bienveillance parler du pic pétrolier, de la relation entre énergie abondante et bon marché et augmentation du pouvoir d’achat, de croissance finie dans un monde fini, etc. Ils me félicitent de ma compréhension du monde (ben oui, les jeunes en général ils ne cherchent qu’à avoir tout, tout de suite, sic!)…et puis ils vont acheter un 4×4 parce que ce serait sympa de changer de bagnole et continuent à bouffer de la viande rouge tous les jours ! Je crois surtout qu’ils s’en foutent de nos beaux discours
@ Valérie
Oui, c’est tout à fait ça !
“avant de retourner à leurs deux bagnoles, leur pavillon résidentiel avec jardin et piscine (= besoin de ta bagnole pour tout), leurs vacances de février au ski, leur abonnement au glof”
Je suis de la génération de tes parents, et je ne me reconnais pas du tout dans ta description. Pourtant notre pouvoir d’achats ne doit être bien différent de celui de tes parents (1 salaire de cadre moyen et une retraite d’ancien cadre moyen dans le privé : 1 seule voiture (20 ans cette année), pas de vacances depuis 10 ans, jamais allé à la montagne, pas de piscine. Et tout cela ne nous manque du tout. Nous vivons avec ce qui reste quand on a payé les impôts. Tiens, on a reçu la taxe foncière : +8% sur les deux dernières années. Et c’est pas fini.
Les impôts, Patrick-Louis Vincent, cela dépend des revenus, pas de l’âge : les jeunes qui le doivent en paient aussi. Alors ne faites pas celui qui n’a plus rien à manger parce qu’il a payé des impôts…
@Valérie
Je parlais de l’impôt foncier. La taxe foncière ne dépend pas des revenus, mais de la classification de l’immeuble, de la valeur estimée du foncier et de la gourmandise des élus locaux.
Nous avons tous entendu parler de propriétaires fonciers, à l’ile de Ré, qui payent des taxes exhorbitantes alors que leurs revenus sont faibles.
Alors votre cas est un peu particulier, si vous êtes dans le cas des retraités de l’île de Ré. Comme je comprends, vous avez donc une retraite “correcte sans plus” (comme cadre moyen du privé, il y a probablement pire), mais un patrimoine immobilier important (ayant acquis de la valeur à votre insu?) qui est fortement taxé, et cela pompe tout votre revenu. En clair, trop de capital et pas assez de revenus, c’est ça ?
C’est un cas particulier, et vous avez quand même ce capital important, même s’il ne génère pas de revenus.
Ce qui ne veut pas dire de façon générale que l’impôt foncier ou l’impôt sur la fortune est fondamentalement mauvais. Après, il y a probablement qques cas comme vous (?), qui doivent des impôts indus. Mais je pense que c’est vraiment une minorité. La plupart des papy-boomers ont des revenus qui leur permet de ne pas être étouffé sous les impôts sur le capital…
JJe me permets de réagir à votre remarque. Vos parents n’ont aucune je dits bien aucune raison de changer leur mode de vie. Ils ne font que profiter et ils ont biens raison des avantages que leur offre leurs revenus. Où est le problème ?
Nous avons deux situations possibles où il pourrait y avoir un problème.
1. Leurs revenus sont clairement abusifs par rapport aux services rendus à la société. Dans ce cas, ce n’est pas de leur responsabilité mais la responsabilité de l’Etat de corriger cet aspect.
2. Leur mode de vie est nuisible à la collectivité. Par exemple, acheter systématiquement les produits les moins chères peut être considéré comme favorisant les délocalisations, dans ce cas c’est encore à la collectivité de corriger cet aspect comme elle a pu le faire en instaurant un pris unique du livre. Moins de concurrence moins de destructions d’emplois.
En conclusion et d’une manière générale ils faut arrêter de chercher la faute vers le consommateur final, il ne fait que s’adapter à son environnement et c’est à la collectivité de le changer si elle pense que cette environnement doit l’être.
Les papy-boomers ne sont pas des suceurs de sang, mais QUI s’est foutu comme d’une guigne des avertissements de la cour des compte, dès les années 80? Ce sont bien les papy-boomers qui ont continué à voter pour les mêmes députés, les mêmes maires adeptes du clientélisme et du népotisme, continué d’adhérer à ces mêmes partis clientélistes. Combien de papyboomers en guise de justification à leur votent dis(ai)ent des politiciens : ils sont bien là pour une raison (croyant à leur soit-disant compétence – quel duperie!). Oui leur carrière! Pas l’intérêt supérieur de la nation, pas l’intérêt général, LEUR CARRIERE! Ce qui leur fait privilégier les pratiques clientélistes. Les syndicats, c’est du même acabit. Les exigences en matière de transparence dans la dépense des deniers publics et la reponsabilité des acteurs et intervenants de la vie publique, fonctionnaires et politiciens? Zéro, niet, nada, que dale!
Exactement. Ce genre d’analyse opposant les vieux aux jeunes, les hommes aux femmes, les immigrés aux français de souche… n’a qu’un objet ou effet: masquer la vraie opposition entre classes, entre élite et peuple, entre salariés et oligarchie. Laquelle élite, laquelle oligarchie on le sait, les 1 % et plus encore les 0,1 %, concentre une part de plus en plus importante du patrimoine et des revenus, à un rythme encore accéléré depuis 2007. Cela étant, la politique préconisée par l’auteur (acter le défaut et remettre les pendules à l’heure) ne serait sans doute pas très favorable aux classes supérieures, qui sont sans doute les principaux créanciers des entités qui seraient déclarées en défaut (sauf si le défaut s’étend aux dépôts…) ?
@Britton,
Il n’est pas question de distiller la haine intergénérations mais de prendre conscience qu’essayer à tout prix, comme le font les banquiers centraux, d’empêcher le dégonflement de la bulle gigantesque des actifs accumulée au cours des trente dernières années, avantage ceux qui possèdent ces actifs (immobilier résidentiel, commerces, actions, obligations) qui sont principalement des personnes de la génération du baby boom, au détriment des jeunes qui cherchent à démarrer dans la vie et qui n’ont absolument pas les moyens (à moins d’avoir des parents fortunés) de se payer un logement ou démarrer un petit commerce avec des niveaux de prix aussi stratosphériques.
Tant que la bulle des actifs ne sera pas dégonflée, l’avenir des jeunes sera bloqué.
Que l’on soit clair sur un point souvent méconnu non abordé par l’article. L’inflation a toujours existé car les dettes sont consécutifs à de la création monétaire donc le surplus de monnaie est allé quelque part. Elle est allée d’une part dans l’épargne (notamment sur les prêts aux Etats) et d’autre part dans les biens hauts de gammes qui ont considérablement augmenté. Collections en tout genre, art, vin, BD, … montée en gamme des voitures, des yachts (ils font désormais régulièrement plus de 100 mètres) des jets privée, des propriétés biens situées (sur la côte d’azur les propriétés de luxes sont passés du franc en euros sans changer le montant nominal en moins de 6 ans). La seule différence désormais c’est que pour que les classe possédantes puissent conserver ces biens haut de gamme, la BCE va continuer la création monétaire (le contraire, le défaut, spolierait les classes possédantes) mais cette fois l’inflation touchera le “panier moyen de la ménagère”. En effet, le remboursement des dettes par la création monétaire donnera un surplus monétaire aux classes possédantes qui cette fois ne prêteront pas à nouveau l’argent car elles ont désormais bien conscience que si elles le faisaient elles perdraient tout. Donc l’argent qui auparavant allait en partie dans l’épargne va se déplacer sur des biens réelles (matières première, terres agricoles, immobilier bien situé, etc… ce qui inévitablement va créer une inflation sur ces biens. Cette fois le « panier moyen de la ménagère » sera touché ruinant une bonne partie des classes moyennes qui n’auront pas pris les mêmes précautions de diversification de leur épargne que les classes les mieux informées de la situation économiques. La ploutocratie a de beaux jours devant elle !
La politique de la BCE n’est pas pour faire plaisir aux possédants, mais pour sauver les banques de la faillite. Car, dès lors que quelques banques feront faillite, il y aura un effet domino sur toutes les autres, du fait de l’interpossession des dettes de chacune. Comme ces banques sont, à la fois, banques d’affaires et banques de dépôts, et comme les états sont incapables d’assurer l’indemnisation des citoyens pour leurs dépôts bancaires, la faillite en cascade des banques entraîneraient, de facto, la ruine de tous les citoyens et des entreprises. La faillite des banques entraîneraient la faillite des entreprises et un chômage généralisé.
et c’est là qu’interviendra le future accord de Bâle … essayer de remettre quelques limites aux défiances de la finance, mais toujours sans se poser de questions sur l’avenir. Ils n’ont pas encore compris !
Bâle 3 va dans le bon sens mais c’est très insuffisant (tout comme le retour du glass steagall act); il faudrait coupler tout ça avec la règle de Volcker et des législations spécifiques sur les faillites bancaires.
Encore une confusion sur la création monétaire pour entretenir le fantasme de l’inflation. Dans quel but ? Effectivement, savoir “d’où parle” ce monsieur est plus informatif que ce discours caricatural et largement erroné :
“Il s’agit d’imprimer de l’argent pour payer les dettes d’un Etat et de ses banques en faillite.” La BCE ne paye pas les dettes de l’Espagne ou de l’Italie, elle rachète des obligations sur le marché secondaire afin de “détendre” les taux. En aucun cas cette opération n’aboutit pour ses deux pays à un allègement de la dette (et cela n’aboutit à une détente des taux que de manière très ponctuelle…). Cet argent ne sort pas du système bancaire faute de clients solvables et de conditions favorables à l’investissement. Il est massivement mis en dépôt auprès de la BCE. Il contribue avant tout à améliorer les ratios de solvabilité des banques et à fournir des liquidités qui font défaut au marché inter-bancaire. Ce qui n’est pas mis en dépôt auprès de la BCE alimente des bulles spéculatives, sur le marché des matières premières, par exemple.
Il n’y a donc aucune création monétaire.
Quant au “procès” fait aux baby-boomers, il est anachronique et paranoïde. Dans quel but culpabiliser une génération qui a simplement joué le jeu économique selon les règles qu’elle avait contribué à fixer à son avantage ? Ce qui correspond à l’expression normale du jeu des rapports de force capitalistiques ? Dans cette optique pourquoi parler aujourd’hui d’un “rapport de classe d’âge” plutôt que d’un rapport de classe ? Car c’est en réalité de cela qu’il s’agit et si les baby-boomers ont bénéficié d’une position “privilégiée” dans les rapports de force économique cela est aux acquis sociaux et à une répartition de la plus value établis par ces mêmes rapports de force. Ce qui a changé aujourd’hui c’est que les rapports de classe ont évolué en faveur des détenteurs du capital et que les acquis sociaux ont été méthodiquement dépecés depuis le milieu des années 80. La répartition de la plus value a également basculé des salaires vers le capital…
Monsieur vous faites une erreur grossière, vous partez du postulat que les dettes seront remboursées.
Admettons cette hypothèse et regardons les conséquences.
Un effort est fait pour rembourser les dettes, la masse monétaire se dégonfle mécaniquement, l’hypertrophie financière également, moins de dettes signifiant moins de bénéfices pour le système financier. Les faillites bancaires se multiplient au fur et à mesure du dégonfement des dettes, l’économie subit une récession compte tenu que pour un temps la majorité des acteurs renboursent leur dettes, ce qui impliqe une diminution importante de leur consommation. Cette diminution de la consommation à grande échelle provoque une déflation majeure sur les biens, puis par ricochet sur les services. Toute la croissance fictive des décénies antérieures réalisé” par l’endettement s’annule, une grande partie de la population se retrouve sans travail. La crise devient dépressionnaire, l’économie pour un temps est en quasi arrêt, le temps de reconstituer une épargne.
Vous croyez à un tel scénario ? qui est effectivement en train de se réaliser en Grèce ?
Les peuples se révolteront avant renonçant à rembourser les dettes.
Donc votre hypothèse est non fondée.
En revanche l’hypothèse que les dettes ne seront pas remboursées et une hypothèse plus que vraisemblable et dans ce cas la BCE doit recourir à la création monétaire pour compenser ses créances pourries non recouvrables.
Donc si, oui, il n’y pas encore de création monétaire ce n’est qu’un question de temps…
“il n’y pas encore de création monétaire ce n’est qu’un question de temps… ”
Oui, mais le sachant, cela laisse du temps aux états de s’organiser. Chaque jour, l’on nous annonce que telle ou telle mesure permettrait de faire des économies. Hier, l’on apprenait que 50% des médicaments étaient inutiles car inefficaces, et que leur non-remboursement permettrait uné économie de 10 Mds. Quelques jours auparavant, un autre rapport nous apprenait qu’une réorganisation des pouvoirs territoriaux permettraient de faire 25 Mds d’économie.
Nous avons un peu de temps devant nous pour faire les réformes d’un état devenu un mille-feuilles au fil des ans.
Bien sûr, si la volonté politique n’est pas là, et que l’on continue à faire comme si…, alors lorsque l’inflation arrivera, nous serons démunis. Des réformes étatiques comme celle-là, l’Italie et l’Espagne sont en train de les prendre. La France prend donc du retard par rapport à ses deux voisins.
Ne te fait aucune illusion sur la volonté politique, elle n’existe pas. Pour un politique, réduire le mille feuille c’est se tirer une balle dans le pied. A ce titre tu observeras que la “pseudo réforme” sarko sur la question vient de se faire annuler par hollande. Un politique tiens au territoire qui l’a elu, et ne souhaites surtout pas prendre le risque de se faire battre par un autre car son territoire a changé voir pire que le nombre d’élus potentiel a baissé.
Tu as sans doute raison. Mais l’histoire connaît des soubresauts qui pousse les politiques à faire ce qu’ils ne voulaient pas faire.
+10000000000
Et je rajouterai que c’est cette mentalité qui flingue aussi l’Europe politique, et donc, l’Europe tout court.
possible patrick, cependant ce genre de réformes le “dos au mur” en général ne donnent pas l’impact psychologique attendu, car faites trop tard.
Vos économies sont une goutte d’eau dans l’océan des dettes. Les dettes ne peuvent tout simplement pas être remboursées car l’argent nécessaire au remboursement n’existe plus et sauf à réduire deux générations en esclavage c’est tout simplement impossible…
Gagner du temps est une illusion et chaque jour qui passe nous promet une catastrophe encore plus grande
Tous ces milliards d’économie, ça se traduit derrière dans des boîtes qui sombrent et des emplois à la trappe.
Il y a sans aucun doute des économies qui ne nous (les européens) sont pas dommageable , mais seulement si elles réduisent nos importations ou si elles augmentent notre efficience (ex, l’énergie).
Or, il y a vraiment très très peu d’économie de ce type qui sont proposées. Je sais que je suis pas constructif, car je ne propose pas de solution, mais je vous invite à en proposer.
Je vais illustrer ça via un exemple Belge. Ils ont réduits les subsides (via une déduction fiscale) de l’isolation des maisons. Cette mesure a fait diminuer la consommation. Le gain finale était nul pour l’état. Mais pour le pays, c’est un gain négatif !
Méfions nous des économies de masses, car elles sont potentiellement très destructrice
Réduire le millefeuille des collectivités locales, réduire le nombre d’élus , le cumul des mandats et ce genre de chose ne peut avoir qu’un effet positif sur l’économie, en plus des économies non négligeables faites sur le fonctionnement.
C’est une des plaies de notre pays. Trop de communes, trop d’agglos, trop de départements, trop de régions : trop de doublons, trop de conflits d’intérêt, trop de copinage, trop de scélrose, etc… + dispersion des prises de décisions, etc..
Trop de députés et sénateurs également.
Trop de systèmes différents pour les uns et les autres (sécu, rsi, retraite, etc).
Trop de ‘chambre’ des métiers, du commerce, de l’agriculture, etc…
Il y a énormément d’économies a faire dans tout ça. Économies structurelles sur des choses qui coutent sans rapporter et qui sont un frein réel au développement, aux entreprise, à entrepreneuriat.
Il faut réformer réellement, en profondeur cette pieuvre aussi gourmande qu’inutile et contre productive.
Rembourser des médicaments qui n’ont aucun effet, voire qui sont dangereux est également contre productif et ne profite qu’a des lobbys. Cet argent pourrait être mieux utilisé dans la santé.
Ca n’a rien a voir avec des aides a l’insolation ou que sais je.
Et moi je vous trouve bien naïf. Vous dites :
“vous partez du postulat que les dettes seront remboursées” Or, il ne s’agit pas d’un postulat mais de la réalité des faits. Les dettes, pour l’instant, sont remboursées. Les grecs, malgré un rééchelonnement et une annulation partielle,les espagnols, italiens, remboursent leur dette. Voyez ce que la dette coûte à l’état français tous les ans. Seuls les islandais, à ma connaissance, ont décidé de faire défaut. Il ne s’agit donc pas d’un postulat (et puis regardez les pays africains surendettés suite aux politiques du FMI, la plupart ne continuent-ils pas à rembourser ?).
Pour ce qui est des conséquences vous voyez juste, c’est un scénario dépressionnaire “à la grecque” qui attend les économies de la zone euro. C’est déjà le cas du portugal, de l’Irlande, de l’Espagne, l’Italie suit le même chemin.
Là où je vous trouve naïf c’est de penser que les peuples “se révolterons avant” et qu’on leur en laissera le loisir. Car une fois de plus, les espagnols et les grecs, malgré les mouvements de révolte qu’ils ont connu, continuent à rembourser, au prix de la destruction de la classe moyenne, des mécanismes de protection sociale, et du démembrement de l’état.
Et dans l’hypothèse où les dettes ne seraient pas remboursées, ce que je souhaite, il suffira à la BCE de tirer un trait sur ces créances pourries. Le secteur privé bancaire, par contre, ira à la faillite. Ce sera alors l’occasion de le nationaliser, tout ou partiellement, afin de créer, par exemple, un service public du crédit
Et donc inflation ?
Si je comprends bien :
-soit on allège la dette en la monétisant et on se prend l’inflation sur la tête.
- soit on faut défaut et on doit créer de la monnaie pour faire redémarrer l’économie … et on se prend l’inflation sur la tête ?
Au final, c’est quoi la différence ?
Non, un défaut est déflationniste. On détruit des quantités de monnaie gigantesques (de l’épargne)
Ok merci. Mais si personne ne veut plus prêter et que l’économie est en coma profond, j’imagine qu’il faut créer de la monnaie…
La monnaie créé est donnée aux banques qui ne veulent pas prêter, mais spéculer
plus sérieusement, non, il n’y aucun problème monétaire dans l’histoire, ce n’est pas le souci.
La monétisation de la dette serait effectivement une solution. C’est ce qui s’appelle la création monétaire, mais elle est explicitement interdite par les traités. Le seul mandat de la BCE est de lutter contre l’inflation (par des politiques récessives). Il faudrait pour cela que la BCE puisse par exemple directement acheter des obligations souveraines (au taux de 1% cela changerait déjà pas mal de choses…)
Faire défaut est une autre solution, mais elle n’est pas réaliste car elle mettrait en faillite tout le système bancaire.
Quoi qu’il en soit la création monétaire n’est pas synonyme d’inflation. Dans le contexte actuel, il n’y a d’ailleurs pas assez d’argent en circulation. C’est le problème de l’argent dette et de l’intérêt : pour rembourser les prêts existants il faut en créer des volumes toujours plus importants, et donc créer encore plus de dette, etc…
“détendre les taux” pourquoi ? Pour permettre aux Etat de pouvoir continuer à s’endetter ? On ne change pas une équipe qui gagne…
Il faut être honnête comme un tradeur de la city pour dire que la BCE choisit l’inflation pour résorber les dettes des pays en difficultés.
C’est exactement le contraire que la BCE nous impose.
Certes nous auront l’inflation mais ce ne sera sûrement pas délibéré de la part de la BCE parce que jusqu’à présent ce n’est pas Monsieur Mario Draghi qui décide c’est l’Allemagne qui dit et comme nous le savons tous l’Allemagne dit; pas d’inflation, le reste n’est que gesticulations.
PS. Il est bien ce Monsieur Boris Pilichowski qui doit son éducation aux école gratuite de la république et sa fortune (on suppose que tout va bien pour lui de ce côté là) à la City du royaume d’Angleterre.
Bonjour!
Analyse intéressante, qui a le mérite de poser la question en termes de générations. Effectivement, le fait d’hypothéquer davantage le futur, de s’endetter sans fin dénote un clair manque de vision à long terme, voire un un certain mépris pour la jeune génération, de la part de personnes qui occupent des postes à responsabilité et détiennent le pouvoir. Ces personnes appartiennent effectivement à une génération qui a connu, elle, des conditions économiques totalement différentes qu’actuellement.
Lorsque je discute avec un “vieux” et qu’il m’explique la façon dont il a pu s’insérer dans le marché du travail, et que je compare avec ce qui se passe pour les jeunes actuellement, ça me donne envie de chialer. Comment cette génération peut-elle s’aveugler pareillement et ne pas prendre la mesure de la charge qu’elle laisse à la suivante? A part l’idée un peu apocalyptique d’”après moi le déluge”, je ne comprends pas vraiment ce qui peut justifier les choix politiques actuels, ni ceux des vingt ou trente dernières années.
Et l’article n’évoque même pas la question de la dette écologique….
Bonjour,
quel âge avez-vous ?
J’ai qd même bien l’impression que les jeunes ressentent bel et bien ce “conflit des générations”, en particulier sur le marché du travail. Ceux qui s’en sortent assez bien, c’est souvent au prix de lourds sacrifices.
Tandis que la génération avant, même sur ce forum, essaie un peu de minimiser les choses (“politique du bouc-émissaire” facile, ce n’est pas eux qui ont décidé la croissance par l’endettement, ils ne sont pas si contents de ce qu’ils laissent à leurs enfants, etc.)
Effectivement c’est un peu facile de se dédouaner de ses responsabilités quand ils étaient tous dans la rue pour manifester contre la moindre réforme allant contre leurs intérêts.
Par contre, personnes n’est venu dans la rue contre les 35h qui pénalisent en grande partie la jeune génération.
Eux ont garder leur salaire intact et ont pu profiter de leur nouveau temps libre dans leurs résidence secondaire. Nous n’avons connu que les 35h payées 35h avec de faibles voir pas d’augmentations.
Pardon, mais en quoi la RTT va-t-elle à l’encontre de nos intérêts (je fais partie de la génération Y moi aussi) ?
Il me semble au contraire, que l’une des seules issues possibles à l’aporie : plus de croissance possible mais nécessité de soutenir l’emploi, est bien le partage de ce travail devenu rare, eu égard aux gains de productivité réalisés… Et si nous devons également pour ce faire partager les richesses, je ne vois pas où est le problème, si l’on finance l’augmentation du smic horaire par l’instauration d’un salaire horaire maximum et que le rééquilibrage entre revenus du travail et revenus du K est assuré…
Impossible de s’en sortir autrement et j’ai beau être une décroissante convaincue, je eusis très étonnée de lire sur ce blog une telle hostilité à l’Etat.
Avant de recouvrer un max. d’autonomie, nous aurons besoin d’une politique très interventionniste, c’est une évidence…
“faire partager les richesses, je ne vois pas où est le problème,”
Le partage des richesses c’est comme les relations sexuelles ; ce n’est acceptable qu’entre personnes qui y consentent librement. Sinon, ça s’appelle du totalitarisme.
Comme quoi les taxes et les impôts sont les seuls amours de nos grands argentiers ;.)
Tout simplement car nous n’avons pas les mêmes besoins en fonction de notre age. Une personne dans sa seconde partie de carrière souhaitera effectivement avoir plus de temps libre pour profiter des efforts fournis jusque là et de ses revenues plus conséquent.
Un jeune qui débute à tout à construire et se fou du temps libre (dans une certaine mesure) si c’est pour rester enfermer dans son 2 pièces de 35m². Il (je) préférerai travailler 40 ou 45h par semaine payées pour capitaliser et ainsi accéder à la propriété plus facilement (ou préparer ma retraite).
Enfin ce n’est pas en réduisant le temps de travail que l’on créé des emplois, ça n’a jamais fonctionné et pourtant la gauche au pouvoir a tenté à plusieurs reprises. On crée des emplois avec de l’activité pour créer de l’activité il faut soit innover ou relocaliser. La décroissance est juste une blague tant que la démographie est galopante.
Bonjour!
J’ai 31 ans.
Eh oui de nombreux jeunes avec qui je discute, d’origines et de parcours très variés, ressentent une certaine amertume qui risque de se transformer en colère si ça continue dans la direction actuelle. Le prochain “mai 68″ version 2012 risque d’être violent, et j’ai l’impression que de nombreux “vieux” ne s’imaginent pas que ce soit possible, et pourtant le clash se rapproche à grands pas.
Je ne l’espère pas, mais le risque augmente avec l’aveuglement des décideurs actuels (moyenne d’age=60 ans au moins). On ne peut pas demander aux jeunes générations de faire preuve de solidarité quand on constate comment ces générations sont traitées par les précédentes.
J’adore le :” Pour ce qui est de la TVA, il suffit juste de moins consommer pour moins la payer ! Elle favorise donc l’épargne au détriment de la consommation.”
Ben oui, plutôt que d’acheter à bouffer, il suffit de foutre ton fric de côté…
Je relève aussi que le monsieur voit une corrélation évidente entre flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires de base. Maiss ne peut-on tout simplement penser Qu’elles sont la conséquence de la raréfaction des ressources naturelles et de la crise écologique, tout simplement ?
Pour le reste, j’ai du mal à ne pas partager son réquisitoire anti baby-boomers… Et la thèse pple qu’il défend (le défaut sur la dette souverraine) me semble assez pertinente…
Je trouve injuste de tout mettre sur le dos des baby-boomer en oubliant totalement leurs parents qui forment le gros des bataillons de retraités actuels: les déséquilibres ont commencés dans les années 70s – choc pétrolier – quand cette génération alors aux commandes a préféré prêter à l’état les augmentations de coûts plutôt que de les financer par l’impôts, ce sont d’ailleurs toujours eux qui en touche les intérêts. cette génération a aussi créé une partie de la dette écologique dont on ne parle jamais dans les comptes publics
Encore un truc que je comprends mal :
Si les Etats comptent sur l’inflation pour alléger le poids de leur dette, il s’agit du même principe que celui qui sous-tend l’idée que la même inflation allègera le poids de la dette des ménages endettés (emprunt immo etc…)
Ceci n’est possible que si les salaires sont indexés sur l’inflation, j’ai bien compris. Mais du coup, il en est de même pour l’Etat : celui-ci ne peut voir sa dette allégée via l’inflation que si les revenus augmentent, sans quoi il ne verra pas ses recettes fiscales augmenter et la charge de la dette sera-t-elle tjs la même pour lui. Non ?
Hypothèse fausse : les Etats ne comptent pas sur l’inflation pour alléger la dette. Les Etats redoutent un défaut de paiement d’un des membres de l’UE aux conséquences qu’ils ne maîtrisent pas… nuance
Pour éviter ce scénario catastrophe, ils lâchent sur la politique monétaire au risque d’avoir un phénomène inflationniste mais qu’ils ne souhaitent pas…car les conséquences d’un épisode inflationniste sont également imprévisibles…et menacerait comme un défaut d’un pays l’UE.
Alors entre deux maux ils ont choisit celui qui parait le pus lointain….
La seule solution, la restructuration ordonnée des dettes, n’est pas à l’ordre du jour…
Ok, j’ai compris et partage votre analyse (notamment sur la préférence au défaut partiel) mais vous ne répondez pas à ma question : en cas d’inflation sans hausse des salaires, la dette de l’Etat se trouverait-elle allégée ou pas ?
merci d’avance
Pour répondre à votre question ils vous compreniez que nous ne sommes plus dans les années 30, où les Etats pour payer leurs dépenses de fonctionnement imprimaient de la monnaie sans compter, la monnaie se dévaluant cela allégeait le fardeau de la dette. Ce scénario est désormais exclu car les Etats ne peuvent pas imprimer de la monnaie pour assurer leur fonctionnement. Autrement dit auparavant la création monétaire était due aux Etats qui pouvaient avec cette création monétaire payer leurs dettes !
De nos jours, les Etats ne peuvent plus imprimer de la monnaie pour assurer leur dépense de fonctionnement, la création monétaire étant du ressort des banques. Par conséquent si inflation il y a c’est dû au fait qu’il y eut trop de monnaie prêté par les banques. Donc les Etats sont au même niveau que n’importe quel acteur économique, ils vont subir l’inflation donc la hausse des coûts sans pour autant avoir de recette supplémentaires. Une spirale infernale va se déclencher asphyxiant les Etats qui pour s’en sortir devront faire défaut. Les dettes ne peuvent pas être remboursées par l’inflation car de nos jours ce ne sont les Etats qui en sont responsable ! C’est une illusion de croire ceal et ceux qui le pensent n’ont rien compris !
J’espère avoir répondu a votre question.
Tout à fait, merci.
Je me demandais juste dans quelle mesure on ne pouvait pas imaginer de revenir sur cette interdiction fait aux Etats d’emprunter aux banques centrales… (cela implique de sortir de l’Europe actuelle, bien sûr)
merci encore
Cela ne changerait en rien leur défaut inévitable sauf s’ils utilisent la planche à billet pour assurer leurs dépenses de fonctionnement, ce qui évidemment en dehors des clous de tous les traités européens. Dans ce cas, ils peuvent continuer de payer les fonctionnaires et de rembourser avec une monnaie dévaluée ! C’est exactement ce qui c’est passé après la première guerre mondiale. A noter que les monnaies ne résistent pas très longtemps à ce type de mécanisme et le franc Germinal a fini par disparaître après 128 années de bon et loyaux services !
Toutes les personnes qui avaient des emprunts d’Etats ont été ruinées au passage.
@ Danone
Ah, mais il n’est pas question dans mon esprit d’éviter le défaut… Juste d’imaginer quelles seraient les ressources de l’etat ayant fait défaut et auquel plus personne ne voudrait donc prêter. Avec la grosse crise qui s’ensuivrait, nous aurions certainement encore à faire face à un déficit primaire du budget de l’Etat le temps que l’économie se remette en branle (sur un nouveau logiciel de préférence, non croissanciste…). Ds ce cas, la seule issue ne serait-elle pas de redonner à la banque centrale le pouvoir de créer de la monnaie (dans certaines limites et conditions à définir démocratiquement) ?
En même tps, je dis ça, il me semble effectivement que l’impôt progressif reste le plus vertueux et équitable des instruments… Je cherche juste à comprendre pourquoi des types remarquables comme Lordon, Chouard ou Hollbecq donnent leur préférence à défaut + monétisation, en expliquant par ailleurs que les risques inflationnsites ds le contexte actuel sont plutôt faibles…
merci encore du temps que vous prenez pour éclairer les néophytes comme moi. ce sont des petites graines semées !
si vous voulez des années à 50 % d’inflation, c’est une bonne idée…
vous pensez que les problèmes de la Crise vont être résolus dans une banque à Francfort ?
“les Etats ne comptent pas sur l’inflation pour alléger la dette.”
Ce sont pourtant les solutions préconisées par Krugman / Roubini / Stiglitz.
Le Japon aussi s’est enfoncé dans des dettes faramineuses.
Quid du prix des actifs au Japon ?
L’immobilier a baissé de 65% lors du krach de 1990 et n’est pas remonté depuis.
Pourtant la pays est bien plus densément peuplé que la France. Alors ces histoires de “demande” qui maintiendrait les prix au plus haut…..
Le Japon fonctionne en circuit fermé. La création monétaire est épargnée donc prêté à l’Etat Nippon qui peut ainsi se refinancer. Par de circulation monétaire, pas d’inflation. De plus la population japonaise est en déclin donc pas d’inflation possible sur l’immobilier (d’ailleurs comme en Allemagne).
Excellent article, très lucide et juste dans son analyse
Par contre j’ai un doute sur le fait que les jeunes comprendront
Jusqu’a présent meme les vieux ne comprennent pas, seuls les initiés comprennent ce que représente vraiment l’inflation
J’ai 25 ans, célibataire, 15 000 euros d’épargne, aucune visibilité sur l’économie/politique sur plus de 6 mois, je fais quoi, je claque tout ?
Tu peux faire plein de choses.. acheter un terrain pour faire un potager pour quand tout pètera (prévoir un AK47 pour protéger tes patates et tes poules)
Si tu as confiance en toi et en tes capacités (ou que tu es inconscient), tu peux monter ta boite…
Tu peux acheter de l’or, le temps que la crise passe…
ps : l’or, ne le mets pas a la banque dans un coffre… il vaut mieux l’enterrer au fond du jardin… pas des lingots, mais des petites pièces…
Et idéalement, simule un vol pour ne plus être fiché comme détenant XXX grammes d’or.
L’achat du terrain avec potager, c’est ok si tu es capable de vivre en autarcie totale ; sinon, c’est quand même assez foireux parce qu’aller se mettre loin d’une ville, c’est avoir besoin d’une bagnole pour aller bosser (et recevoir un salaire) ; et en contexte de grosse, grosso crise mâtinée de peak oil, pas sûre qu’on puisse continuer à faire ses petits-aller-retour tranquillou…
Le truc du retour à l’autarcie, ça me semble perdu (même si je plaide pour un retour à beaucoup plus d’autonomie)… On s’en sortira ensemble ou on crèvera seul (ou ensemble).
Non ce serait une hérésie, compte tenu que l”épargne de précaution risque d’être laminée par l’inflation, il faut démonétiser l’épargne autrement dit acheter soit des actions sur des valeurs en matières premières (pétrole notamment) soit acheter directement les matières premières (or, argent, platine, diamant, etc…).
La première option est toutefois risquée car on ne connait l’ampleur de la récession à venir et les valeurs boursières peuvent baisser du moins à court terme…
Tout ceci a condition bien sur de ne pas avoir besoin de cet argent à court terme.
Surtout pas !!!!!!!!
Tu mets tout ça dans une boite à chaussures, et tu envoies à Mario Draghi en indiquant “Don pour le remboursement des banques et la construction d’un Europe fédérale néolibérale”.
Tu auras normalement en retour une belle carte postale de Francfort…
D’avance merci…
tu peux aussi l’envoyer à moi, en retour c’est une carte postale avec la mer (c’est plus joli) que tu recevras.
Voici d’avance la carte :
link to flickr.com
L’élément le plus important de la panoplie anti-crise, c’est effectivement l’AK47. Si l’on se retrouve dans l’état de la Grèce 2012 (allemagne 1932 même combat) avec des nazis partout (FN-chômage corrélation parfaite), on va en avoir grandement besoin dans la Résistance. On se retrouve dans le maquis. Bonne chance à toi.
Est-ce que quelqu’un sur ce blog a suffisamment de connaissance en économie pour expliquer à un débutant comme moi pourquoi d’un article à l’autre on change son fusil d’épaule…
Je m’explique. Depuis l’annonce de Draghi on nous explique sur ce blog que tout est “sous contrôle” car le rachat de dette se fait en les stérilisant. Donc en théorie pas de création monétaire. Aujourd’hui on nous annonce que du fait de ce rachat de dette on fait marcher la planche à billet et qu’on est à l’aube d’une sévère poussée inflationniste.
M. Berruyer ou quiconque maitrise ce sujet pourriez-vous m’expliquer CLAIREMENT.
Pas de risque d’inflation pour le moment, mais on pousse simplement à la destruction de l’euro…
effectivement mais :
1) Si stérilisation il y a, le montant des rachats de dettes que pourra effectuer la BCE ne sera pas illimité. Tout simplement car ce sera borné par les montants que peut stériliser la bce. On ne peut pas stériliser en illimité. Un jour on en sera là, alors stérilisé ou illimité ?
2) Pas de risque d’inflation globale, juste un risque d’hyperinflation par perte massive de confiance en la monnaie papier.
3) inflation locale: IE Bulle sur les actifs principalement a priori les matières premières, car toute cette épargne privée sauvée par super mario ne va pas devenir éthique pour autant, et risque de repartir dans le casino. Plus de liquidité dans le casino= plus de bulles, plus grosses.
j’ai a peut près bon ?
Moi, dans toute cette histoire de rachat illimité de la BCE, la question que je me pose, c’est “QUI” va racheter les obligations que la BCE va vendre, histoire de “stériliser” les achats. La BCE, c’est Ariel, les actifs qui y rentrent sont “junk”, mais ceux qui en sortent sont “safe” ?
oui moi aussi, c’est pour ca que l’illimité sans inflation j’y crois pas une seconde. J’achete du grec, je vend de l’espagnol, qui n’en veut…. heu, personne ? Ah c’est ballot tout ça….
Ah ! Ben voilà, tu en viens aux même questions que moi…
1) Qui va acheter les trucs que la BCE va vendre en contrepartie de la dette qu’elle rachète pour “stériliser” (si j’ai bien compris, l’idée est de ne pas créer de monnaie mais d’équilibrer…) ?
2) Et surtout qui va rembourser la dette publique ? Le fait qu’elle ne soit plus détenue par les banques ne signifie pas qu’elle n’existe plus que je sache… Et on sait combien il est illusoire de penser qu’on remboursera un jour ce monstre.
J’en déduis, et c’est peut-être le sens de l’oppostion d’Olivier à cette mesure, qu’on se dirige vers la monétisation plutôt que vers le défaut. Parce que comment un Etat peut-il faire défaut auprès de sa banque centrale ? ça n’a pas de sens…
Or, opter pour la monétisation plutôt que pour le défaut, c’est d’abord sauver les investissements foireux des banques (puisqu’on leur rachète les dettes pourries qu’on va assumer à leur place) plutôt que de chercher à trouver une solution juste socialement en restructurant la dette.
C’est ça ?
Oui, et surtout, il m’avait semblé comprendre qu’Olivier n’était pas hostile à certaine forme de monétisation ds son livre, alors que dans la video que j’ai visionné (excellente au demeurant, ainsi que le bouquin), il explique au contraire que ces histoires d’Etat qui pourraient se financer directement auprès de la banque centrale (cf. Chouard et Lordon) sont du foutage de gueule.
Olivier, tu peux m’éclairer sur ta position à ce sujet ?
merci
Je parlais alors de quelques milliards de ci de là, en fonction de la croissance.
Vu ce qu’il est advenu depuis 2 ans, je suis désormais sur une ligne d’interdiction absolue…
Merci de votre réponse Olivier. Je commence à mieux comprendre votre ligne qui me semble très cohérente (même si c’est dur à entendre…)
encore bravo pour votre travail
Merc.
Pourquoi dur ?
Il y a des milliers de milliards de patrimoine privé à détruire, point barre. Le tout est de trouver la façon la plus juste et la moins douloureuse pour la population et l’économie…
@ Olivier.
C’est ça qui semble dur… Trouver la façon la plus juste et la moins douloureuse pour la population et l’économie. Mais tu as raison, ce ‘est pas comme s’il n’y avait pas de pistes…
Quand on parle d’inflation et de relance économique, vous avez vu la décision de la FED?
En Europe, pour privilégier le marché intérieur, il faut un euro fort…Fort en quoi????
Fort en gueule ?
—>[]
Les USa font de la vraie planche à billet et tout le monde se les arraches, ils le ferait avec du papier Q usagé que ça n’y changerait rien … les $$ sont utilisés pour la grande majorité du marché mondialisé et il y a même des connards (pas très loin de chez moi) qui en achètent par bateau complet en faisant tourner leurs propre planche à billet =>quel monde de fous, oui !
Lorsque la BCE rachète aux prêteurs de la dette publique, y a-t-il création monétaire en contrepartie (les liquidité qu’elle accodre aux dits-prêteurs) et destruction de cette dette (= monétisation) ou bien la BCE se trouve-t-elle endettée (la dette se trouverait sur son passif) ?
La création monétaire ex nihilo n’aura lieu que si les dettes ne sont pas remboursées. La BCE en tant que créateur de monnaie annulera les créances irrécouvrables.
A noter que lorsque les dettes sont remboursées, il y a également création monétaire ex nihilo, les intérêts de la dette qui viennent mécaniquement augmenter la masse monétaire. Mais comme cette création est donnée à ceux qui ont prêté donc au plus riches l’inflation résultante concerne les biens destinés à ces personnes, biens qui ne sont pas pris en compte dans le calcul de l’inflation, voir mes explications plus en amont.
Un grand, merci, c’est bien ce que je pensais.
Non, lorsque “les dettes sont remboursées” il y a destruction de monnaie, à l’inverse. L’intérêt correspond à un prélèvement supplémentaire sur le débiteur qui n’a pas lui-même créé cette monnaie mais la retire du circuit monétaire. Il y a donc au contraire une destruction de monnaie Supérieure au volume prêté, ce qui débouche précisément sur la mise en concurrence de tous les emprunteurs pour une masse monétaire structurellement insuffisante au remboursement des intérêts (à moins de recourir perpétuellement à de nouveaux crédits d’un montant supérieur, cela ne vous rappelle rien ?). A ce jeu là il y a donc forcément des perdants…
Alors là qu’on m’explique…
J’ai une pièce d’or, je te la prête et dans un an tu me donnes deux pièces d’or. un an après la masse monétaire a bien augmenté de 1 pièce puisque désormais j’en ai deux…
La, je ne voie pas la faille de raisonnement…
D’abord il ne s’agit pas de “pièce d’or”. Dans le système monétaire actuel la banque prête une somme d’argent qu’elle crée tout simplement. Elle l’ajoute à son actif. Lorsque vous aurez remboursé cet argent il sera détruit. Le hic c’est que l’intérêt que vous allez rembourser n’est pas créé. Vous allez devoir “apporter” les intérêts “en plus” en les prélevant sur la masse monétaire existante, ce qui aboutit précisément à la mise en concurrence de tous les débiteurs sachant que la masse monétaire totale est structurellement insuffisante puisque le volume des intérêts n’a pas été créé. Il y a donc structurellement des perdants à ce jeu de chaises musicales. Lorsque vous “ramenez” l’intérêt à la banque, il est également détruit. Un tel système où la masse monétaire est structurellement insuffisante ne peut donc se maintenir que par le “roulement” des dettes en créant des volumes toujours plus grands de crédit…
Ivan, ta théorie serait juste si le seul moyen de créer de la monnaie était de la dette.
Mais il y a d’autres moyens de créer et de réguler la monnaie …
Le système de création monétaire n’est pas le problème, le système de création monétaire peut s’adapter à toute situation.
Les problèmes financiers en sont ses dérives :
1° taux de change (entre monnaies) hors de la réalité de vie des personnes.
2° systèmes d’auto-équilibrage détournés pour faire du profit.
3° moyens de leviers créant toujours de gros effets secondaires.
4° moyens de reporter les problèmes dans le temps et sur d’autres personnes.
Un système financier parfait ne devrait plus permettre de faire du profit, un système financier parfait devrait viser l’équilibre entre les personnes, un système financier parfait devrait inclure le patrimoine terrestre dans les coûts de la vie (le préserver et l’entretenir).
Hum, oui ? Lesquels ?
39 heure! soit, contre quoi? ça: link to youtube.com
ou ça: link to dailymotion.com?
Ne parlons pas de l’énergie, des matières premières, de l’environnement…
Conclusion; comment voulez vous vivre en société, pensez-vous qu’il n’y à RIEN A FAIRE? ou qu’au contraire nous sommes capable de construire un monde meilleur?
Si oui, alors remuez vous et accepter de partager et de faire partager par la force de la loi que nous auront imposée.
L’inflation pénalise les jeunes et favorise les propriétaires. C’est relativement exact dans le raisonnement traditionnel reposant sur « toutes choses égales par ailleurs dans le fonctionnement du système économique ».
Le libéralisme dogmatique parie sur la liberté et institutionnalise l’inégalité des pouvoirs de pilotage économique entre propriétaires et producteurs contraints pour exister. Il conduit maintenant à un enchaînement de crises de plus en plus accéléré. Les insolvabilités inhérentes à ce fonctionnement pénalisent ceux qui ne disposent pas de produits dérivés ou de pouvoir politique pour en reporter les risques sur ceux qui vivent le système en position désavantagée dès le départ.
Le dirigisme économique par le pouvoir politique n’est pas non plus la solution, les faits l’ont démontré à chaque occasion.
Les contorsions actuelles de la BCE ne sont en fait que des tentatives, assez dérisoires, pour conserver un système qui s’effondre sous son propre poids.
N’y a-t-il vraiment pas d’autres solutions que de rester dans le « toutes choses égales … » ?
link to zenon-elee.fr