Prenons aujourd’hui un peu de recul, en allant observer le devenir de la banquise arctique, au Pôle Nord. Ce point met à jour l’analyse en profondeur réalisée dans ce billet, dans le cadre de la grande étude du réchauffement climatique.
Pour mémoire, elle avait atteint un premier minimum historique en septembre 2007, 40 % inférieur à sa moyenne 1979-2000. ayant perdu à ce moment-là 3 M de km² sur ses 7 M. Des navires ont ainsi pu pour la première fois la traverser, leur évitant un long détour.
Ce record a été largement battu en septembre 2012, avec 3,4 M km², contre 4,2 M km², soit une baisse de -20 %…
Je rappelle aussi ce billet qui explique que les scientifiques commencent à penser que cette fonte favoriserait les hivers froids en Europe.
Superficie de la banquise
Voici l’évolution mensuelle de la taille de la banquise ces dernières années (nous sommes actuellement au bout de la courbe rouge).
Notez l’allure comparée aux moyennes des 3 décennies passées (les 3 traits gris), surtout si on imagine la moyenne 2010-2011-2012 : la banquise se réduit de plus en plus vite…
Voici un zoom sur la situation printemps-été :
2013 ne démarre pas de façon catastrophique, mais c’est dans 2 à 3 semaines que nous pourrons apprécier la réelle tendance.
Voici la situation en temps réel :
Pour mémoire, la situation au moment du record de 2007 (en rose, la moyenne 1979-2000) (on verra plus loin le record de 2012):
Voici l’évolution des 12 derniers mois (cliquez pour agrandir) :
On observe ainsi une nette diminution du jour du début du dégel (exprimé dans son numéro dans l’année, 1er mai = 121) sur toute la banquise :
Voici les anomalies de concentration depuis 2004 (cliquez pour agrandir) :
Voici la taille de la banquise en août sur les 150 dernières années :
Enfin, voici un graphique estimant la superficie de la banquise depuis 1 500 ans, tiré d’une grande étude de Christophe Kinnard parue dans Nature (je remercie l’auteur pour m’avoir fourni les données) :
On note que le réchauffement naturel lors de l’optimum climatique autour de l’an mil a certes permis au Groenland de verdir un peu ses côtes (lire ce billet), mais n’a pas eu un impact majeur sur la banquise…
Épaisseur de la banquise
Si la baisse de superficie fluctue légèrement ces dernières années, dans une tendance très baissière, l’évolution à la baisse de l’épaisseur de la banquise est beaucoup plus marquée :
On note donc qu’à ce rythme, la banquise pourrait complètement disparaître en été d’ici une dizaine d’années, ce qui entraînera l’extinction des ours polaires par exemple. Mais “bien entendu”, on nous expliquera qu’évidemment, nous n’y sommes pour rien…
L’Agence spatiale européenne a réalisé cette belle animation :
d’où est tirée cette époustouflante image de l’épaisseur de la banquise et de la calotte du Groenland (cliquez pour la haute résolution) :
NB. Pas de crainte, il n’y a évidemment pas de “trou” au pôle Nord, c’est juste que le satellite qui mesure ne passe pas juste au dessus et il n’y a donc pas de données. L’ESA n’aurait pas dû colorier en bleu, mais en noir par exemple…
Voici enfin l’évolution de la répartition de l’épaisseur de la banquise :

Volume de la banquise
En conséquence, voici où nous en sommes quant au volume de la banquise (= superficie x épaisseur) :
Là-encore, 2013 est moins inquiétante que 2012, mais les choses peuvent encore largement s’inverser…
On note à quel point on frôle le “presque rien” désormais…
La baisse du volume est ainsi constante, et 2011 avait connu le minimum historique et 2012 vient donc de le battre…
D’ici une dizaine d’années, la banquise sera réduite à peau de chagrin en été…
On observe ici la réduction de l’âge moyen de la banquise :
Ainsi, il n’y a pratiquement plus aucune glace de plus de 4 ans… Je vous renvoie vers cette vidéo saisissante de la NASA montrant la disparition des glaces anciennes.
Couverture neigeuse
Ce phénomène concerne évidemment également la couverture neigeuse de l’Hémisphère. En juin 2012 a été battu le record d’anomalie entre tous les mois de juin : il a manqué 5,8 millions de km² par rapport à la moyenne de 10,5 millions, soit -55 %…
Le record minimal de 2012
Quelques cartes inquiétantes…
On superpose sur la prochaine le record de 2012 (en blanc) avec celui de 2007 :
En 2012 :
En 1984 :

































Merci pour les liens, celui d’Olivier montre bien l’”efficacité” du message climato sceptique (et ce serait peut-être encore pire aujourd’hui surtout aux US, même après Sandy), ou le biais introduit par les medias, qui ont en général besoin d’une opposition pour présenter une “histoire”, et oui je connais aussi le site de JM Jancovici et les travaux du club de Rome (enfin plutôt de Donella et Denis Meadows pour le livre “limits to growth de 1972″).
A propos du livre limits to growth, à noter que Guy Debord écrivait en 1971 dans “la planète malade” :
“L’époque qui a tous les moyens techniques d’altérer absolument les conditions de vie sur toute la Terre est également l’époque qui, par le même développement technique et scientifique séparé, dispose de tous les moyens de contrôle et de prévision mathématiquement indubitable pour mesurer exactement par avance où mène – et vers quelle date – la croissance automatique des forces productives aliénées de la société de classes : c’est à dire pour mesurer la dégradation rapide des conditions mêmes de la survie, au sens le plus général et le plus trivial du terme.”
Il est impressionnant je trouve à quel point ce passage décrit précisément le “programme” de l’étude limits to growth.
Sinon à propos de :
“mais là ou vous faites erreur dans votre logique c’est décorréler les deux il n’y a plus assez de production pour répondre à la demande actuelle et à venir mais suffisemment pour faire basculer le climat vers le pire (si ce n’est déjà en cours).”
Je ne comprend pas vraiment ce que vous voulez dire : justement je ne décorrèle en rien les deux, rappelant au contraire qu’il s’agit des deux aspects d’un même fait ou processus : l’utilisation de la combustion d’hydrocarbures comme source principale d’énergie et de loin pour la société ou civilisation actuelle.
Après savoir si les aspects climatiques vont être plus impactant pour cette société que la baisse du débit d’hydrocarbures à bruler ou l’inverse, ou dans quel ordre à quel degré et à quel moment, ça peut se discuter, mais il n’en reste pas moins que les mesures valides : diminuer la dépendance à la combustion d’hydrocarbures, sont les mêmes pour les deux aspects. Quand ça n’est pas le cas, comme pour le CCS(carbone capture and storage) par exemple, il s’agit typiquement de “fausses bonnes solutions” : toutes les évaluations amènent à quelque chose comme 30 ou 40% de consommation de ressources en plus, c’est à dire pour deux montagnes bousillées aux explosifs dans les Appalaches, une troisième ou troisème et demi bousillée pour appeler verte l’energie fournie par les deux premières)
Ça correspond en fait aux positions respectives de la courbe bleu “ressources” et de l’orange “pollution” dans ce diagramme du “limits to growth” de 72 ci dessous :
link to gailtheactuary.files.wordpress.com
Et pour les ressources en carburants liquides, les dernières évaluations de Jean Laherrère (coauteur avec Campbell de “the en of cheap oil en 98″) donnent :
link to iiscn.files.wordpress.com
Article complet (version préliminaire) :
link to tribune-pic-petrolier.org
Mais mon propos initial était plutôt de dire que :
- la crise actuelle est déjà une crise des ressources, un choc pétrolier en particulier, et les conséquences climatiques arrivent aussi déjà
- l’aspect climatique même si il est extrêmement déformé par les medias et “contré” par des campagnes climato sceptiques organisées (Koch brothers etc) est présent dans les medias
- l’aspect choc pétrolier actuel et pic de production est sans doute encore moins présent
- en plus cette note du quoi d’Orsay montre bien une certaine Omerta à ce sujet (un peu comme les réactions à limits to growth d’ailleurs), mais il faut aussi savoir qu’on pourrait dire que le “nom de code” de l’aspect raréfaction des ressources c’est “energy security”, et tout ce qui va avec ..
- résultat : on en reste à la qualification “financière” de la crise et en gros pour le climat on verra après, et pour le fait que l’on est dans un choc pétrolier majeur, on fait tout simplement comme si ça n’existait pas, la courbe du prix du baril en $ constant ? Connais pas ! (ou c’est les spéculateurs)
Et ça n’est pas du tout pour minimiser les aspects financiers de la crise, montagnes de dettes en particulier, qui en plus peuvent être caractérisées comme ayant été enclenchées après les trente glorieuses et à la suite des deux premiers chocs et passage au petro $, cela conformément à la croyance, ou désir de croissance à n’en plus finir.
Et en passant à propos du premier choc (73), si il y a un mythe dont il serait actuellement extrêmement urgent de sortir, c’est :
premier choc pétrolier = embargo Arabe = évènement géopolitique et non contraintes géologiques.
Alors que le premier choc pétrolier était avant tout la conséquence du pic de production US en **1970**.
En résumé :
- Nécessité pour les majors d’un prix du baril plus important pour pouvoir démarrer l’Alaska, le Golfe du Mexique, la mer du Nord
- De ce fait la hausse du baril était aussi la politique de la diplomatie Americaine
- En parallèle période de rééquilibrage entre les majors et les pays producteurs pour les revenus de chaque baril
- l’”embargo” un quasi non évènement en terme de nombre de barils sortis du marché, pas de l’Iran, pas de l’Irak, juste vers Hollande, “US”, Portugal
- Jamais effectif de l’Arabie Saoudite vers les US : les tankers continuaient de sortir de l’AS en passant par Barhain pour faire plus discret, vers l’US Army au Vietnam en particulier, voir à ce sujet l’interview de James Akins (ambassadeur US en Arabie Saoudite à l’époque) dans le doc “la face cachée du pétrole” partie 2 ci dessous :
link to iiscn.wordpress.com
De fait cet « embargo » était pratique :
- pour les Etats-Unis vis à vis de leur opinion publique ou occidentale en général, ceci permettant de « camoufler » le pic de production US comme raison principale du choc pétrolier (rappelons que les Etats Unis étaient le premier producteur à l’époque et de très loin)
- pour les pays producteurs Arabes, ceci permettant de montrer à l’opinion publique Arabe ou “rue Arabe” qu’ils “faisaient quelque chose en faveur des palestiniens.”
Mais le résultat est que le message n’a clairement pas été reçu, et qu’il est maintenant extrêmement tard…
Lundi 6 mai 2013 :
Des scientifiques s’alarment de l’acidification rapide de l’océan Arctique.
Des scientifiques ont tiré lundi la sonnette d’alarme sur l’acidification rapide de l’océan Arctique due aux émissions de CO2, un phénomène lourd de menaces pour le fragile écosystème de la région.
L’acidité des eaux de la planète a augmenté de 30% depuis le début de l’ère industrielle, atteignant un niveau inégalé depuis au moins 55 millions d’années, ont rappelé les intervenants d’une conférence internationale sur l’acidification des océans réunie à Bergen (sud-ouest de la Norvège).
L’océan Arctique est plus que tout autre vulnérable car les eaux froides absorbent davantage de CO2 et parce qu’il est abondé par l’eau douce venue de rivières et de la fonte des glaces, ce qui le rend moins apte à neutraliser chimiquement les effets acidifiants du dioxyde de carbone.
De plus, la fonte accrue de la banquise l’été met à découvert des superficies marines toujours plus grandes, lesquelles contribuent au surcroît d’absorption.
En mer d’Islande et en mer de Barents, le pH (potentiel hydrogène) a ainsi diminué d’environ 0,02 par décennie depuis la fin des années 1960.
Même en stoppant les émissions de CO2 aujourd’hui, des dizaines de milliers d’années s’écouleraient avant que les océans ne retrouvent leur niveau d’acidité d’avant l’ère industrielle il y a deux siècles, a dit le chercheur norvégien Richard Bellerby, principal auteur d’un rapport scientifique sur ce thème.
Encore mal connue et d’ampleur inégale selon les endroits, même à l’intérieur de la seule région Arctique, l’acidification fait courir un danger pour les coraux, mollusques et autres organismes à coquille comme le papillon des mers (ptéropode) dont la capacité de calcification est altérée.
Certaines espèces comme l’ophiure, un organisme marin proche de l’étoile de mer, sont directement menacées d’extinction, et les stocks de poissons peuvent aussi être affectés.
Par ricochet, ce sont la pêche industrielle, le tourisme ou encore le mode de vie des populations autochtones qui sont en jeu.
A contrario, d’autres espèces pourraient tirer parti de cette acidité croissante, ont noté les scientifiques.
L’incertitude n’est pas une excuse à l’inaction, a estié Sam Dupont de l’Université de Göteborg (Suède).
Les scientifiques ont appelé à remettre la lutte contre le changement climatique au centre des priorités politiques, déplorant qu’elle ait été éclipsée par la crise économique.
On doit se projeter au-delà de cette crise bancaire, a souligné Carol Turley, du Laboratoire d’études marines de Plymouth (Grande-Bretagne).
link to romandie.com
L’acidité des eaux de la planète a augmenté de 30%
Avez-vous plus de détails sur la signification de cette information? J’avoue ne pas savoir comment la comprendre.
Une eau trop acide empêche le développement du corail, rend plus difficile la construction des coquilles des mollusques, et menace par conséquent des écosystèmes entiers…
Merci Amsterdammer. Ce qui me titillait le plus, c’était les 30%. On est passé de quel pH à quel pH en combien de temps? Et par ailleurs, est-ce qu’on a des cartes de ce type de mesure? Est-ce que c’est très localisé ou ça se distribue etc. J’avoue que 30% m’ont fait froid dans le dos, et je voulais en savoir plus.
Le réchauffement global en terme de température semble marquer le pas depuis 1997.
Mais au niveau des pôles la régression de la surface de la banquise arctique est quasiment perceptible à l’ oeil nu année après année.
Il est possible que nous soyons sur un seuil de température, le surplus de chaleur étant temporairement absorbé dans la fonte des glaces polaires.
Mais lorsque cette fonte sera bien avancée, il se pourrait que le réchauffement au niveau de la température globale reprenne de plus belle.
@ Macarel
Taquinerie.
En lien, l’article sur l’extension record de la banquise antarctique en 2012. Ce n’est pas simple les évolutions climatiques.
link to laterredufutur.com
Ce n’est pas simple en effet, mais il s’agit, ici, de la banquise de l’Antarctique.
Et savez-vous à quoi est due cette croissance de la banquise antarctique?
A la fonte des glaces sur le continent antarctique!
Le réchauffement sur le continent provoque un déversement d’eau glacée dans les eaux côtières, ce qui a pour effet de favoriser la croissance de la banquise.
Pas simple, en effet, les évolutions climatiques. Reste que la planète se réchauffe et les glaces fondent…
Exactement !
Oui. Mais due à quoi? A l’augmentation de la masse centrale de glace qui flue à la base, non? Ou ce phénomène n’était qu’une illusion?
La fonte des glaces SUR le continent antarctique provoque un déversement d’eau glacée DANS les eaux côtières, ce qui a pour effet de refroidir celles-ci et donc favoriser la croissance de la banquise. Le réchauffement global provoque un refroidissement local par transfert de température.
Ce qui pose un problème pour les manchots empereurs, qui doivent parcourir des distances toujours plus grandes entre leurs lieux de chasse et leurs lieux de reproduction.
Et contribue ‘accessoirement’ à la montée des océans, puisque contrairement à la glace flottante dont la fonte ne change rien, il s’agit d’un apport depuis le continent.
Merci Olivier,
Encore une fois l’infographie est très parlante.
Pour ceux que cela intéresse, une animation saisissante de la disparition, maintenant presque totale des glaces anciennes de la banquise arctique (glace accumulée pendant plusieurs années) de 1980 à 2012 est disponible à link to climatewatch.noaa.gov
L’accélération récente de la fonte de la banquise arctique n’avait pas été prévue par les modèles. Toutes les causes n’en sont pas encore comprises. Les conséquences ne sont pas encore toutes connues. Personne ne peut dire si nous sommes, ou pas, en train d’assister à un de ces points de bascule qu’on estimait avoir une chance d’éviter en respectant une limite de 350 ppm de CO2.
La sagesse c’est ce qui reste quand on se rend compte qu’on ne sait vraiment pas grand-chose.
Si nous ne nous émancipons pas du joug de la finance mondiale, nous ne pourrons pas reprendre notre destin en main, et préparer une transition en douceur vers un monde où l’énergie, et les ressources diverses deviendront de plus en plus rares et donc chères.
Pour nous Européens, cela passe dans un premier temps par quitter l’UE, qui est totalement sous la coupe de la finance internationale, et des multinationales. Cela passe aussi par un changement quasiment total du personnel politique dans les espaces nationaux.
Enfin, cela passera par une refondation des coopérations entres les peuples en Europe, et dans le monde en général.
En fait sans révolution démocratique, point de salut.
Pire si nous continuons à faire alterner Nicolas et François qui mènent la même politique favorable aux actionnaires et aux spéculateurs, nous finirons par voir arriver au pouvoir des nationaux-socialistes, dont on sait qu’ils “résolvent” les problèmes de la façon la plus barbare qui soit.
Si Hollande et son gouvernement continuent à baiser les pieds de la finance internationale et des multinationales, voilà ce qui pourrait être un avant goût du journal télévisé dans “l’ après Hollande”:
link to prorussia.tv
Macarel, je ne comprends pas ce qui vous choque dans cet extrait du journal de Prorussia dont vous donnez le lien. Quant à faire venir Jean-Luc au pouvoir pour résoudre les problèmes, il est vrai que l’idéologie qu’il professe permettrait de réduire considérablement les émissions de CO2 en ramenant l’économie de notre pays à celle des PMA (Pays les moins avancés).
Je m’expose prudemment au soleil (lorsqu’il apparaît). Cependant, ces dernières années, notamment les deux dernières, a chaque exposition, je ressens une brûlure inhabituelle.
Soit c’est ma tolérance qui a changé, soit c’est le rayonnement qui nous parvient.
Que connaît-on de la couche d’ozone au pôle nord et plus généralement dans l’hémisphère nord ?
Je ne sais pas s’il y a un lien avec l’ozone, mais la quantité de radiation solaire perçue en Espagne par exemple a augmenté de 2.3% par décennie depuis les années 80 (+3.9 W/m-2). Ce phénomène a été appelé “global brightening” et se retrouve dans de nombreux pays, en particulier développés.
Selon les scientifiques, la hausse de la température moyenne mondiale doit être inférieure à deux degrés Celsius au cours de ce siècle si l’on veut éviter un dérèglement climatique majeur, ce qui ne sera possible que si les émissions de dioxyde de carbone n’excèdent pas 44 milliards de tonnes en 2020. Or, au rythme actuel, prévient l’AIE, le réchauffement planétaire du siècle devrait être compris entre 3,6 et 5,3°C.
Tout va très bien, madame la marquise.
Tout va très bien, tout va très bien.
Lundi 10 juin 2013 :
Nouveau record pour les émissions mondiales de CO2 en 2012.
Les émissions de dioxyde de carbone dans le monde ont atteint un niveau record en 2012 sous l’influence de la Chine. Leur hausse a plus que compensé les baisses aux Etats-Unis et en Europe, a rapporté lundi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Les émissions de CO2 ont augmenté de 1,4% à 31,6 milliards de tonnes, selon les estimations de l’agence, qui met en garde contre les conséquences de cette évolution sur le réchauffement climatique. La Chine arrive en tête des pays émetteurs et a largement contribué à la hausse mondiale, avec 300 millions de tonnes supplémentaires en 2012.
Les efforts de Pékin pour adopter des énergies renouvelables et améliorer son efficacité énergétique commencent cependant peut-être à porter leurs fruits, puisqu’il s’agit d’une des plus faibles augmentations de la décennie. Contraint de recourir davantage aux énergies fossiles depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima en mars 2011, le Japon a aussi vu ses émissions de CO2 augmenter, de 70 millions de tonnes l’an dernier.
En Europe, où certains pays se sont également davantage tourné vers le charbon, les émissions de dioxyde de carbone ont en revanche diminué de 50 millions de tonnes. C’est la conséquence à la fois de la crise économique, du développement des énergies renouvelables et des limitations imposées aux usines et aux centrales électriques, note l’AIE.
C’est aux Etats-Unis que la baisse a été la plus marquée, grâce au remplacement du charbon par le gaz de schiste dans les centrales électriques. Avec 200 millions de tonnes de CO2 émises en moins en 2012, les Etats-Unis ont retrouvé leur niveau du milieu des années 1990.
Selon les scientifiques, la hausse de la température moyenne mondiale doit être inférieure à deux degrés Celsius au cours de ce siècle si l’on veut éviter un dérèglement climatique majeur, ce qui ne sera possible que si les émissions de dioxyde de carbone n’excèdent pas 44 milliards de tonnes en 2020.
Or, au rythme actuel, prévient l’AIE, le réchauffement planétaire du siècle devrait être compris entre 3,6 et 5,3°C.
link to romandie.com
Plus les travaux avancent, plus on trouve de corrélations avec des tas de choses, mais de moins ne moins avec le CO2. Le fait qu’il s’agisse d’un gaz à effet de serre est très insuffisant comme justification.
Quant à l’AIE, je ne vois pas bien comment on pourrait prendre au sérieux des modèles prédictifs qui ont prouvé ne pas être prédictifs justement.
Tiens, voici un lien avec des données simples quant à la qualité prédictive des-dits modèles. Il faut continuer à chercher et innover, et surtout arrêter de faire des prédictions de ce genre sans aucune base scientifique. L’utilisation de modèles est dangereuse si on se contente de promouvoir leurs résultats comme définitifs, sans expliquer ce que donnent les variations de paramétrages, d’hypothèses (comme le fameux feedback loop concernant les nuages) ainsi que les données complètes qu’on utilise, et pour ces dernières, les hypothèses et autres ajustements ou marges d’erreur concernées.
C’est d’autant plus étonnant de voir qu’on accepte volontiers ces approximations et dérapages dans ce domaine, alors qu’on peut constater tous les jours les conséquences désastreuses de modèles identiquement construits, y compris par des ingénieurs issus des mêmes écoles, et qui gouvernent notre quotidien économique et financier.
Oups!
J’en ai oublié le lien: link to drroyspencer.com
Oui Pluton92, le communiqué précise que sans l’affaiblissement de la banquise arctique ces dernières décennies le cyclone n’aurait pas eu la même conséquence.
Cette année, dès le printemps, de grandes fissures sont déjà apparues dans la banquise, surprenant les scientifiques Russes et les forçant à évacuer sur la terre ferme leur poste d’observation sur la banquise qu’ils pensaient pourtant être à l’abri.
(Pour voir les fissures: link to news.discovery.com ).
Les facteurs cités de l’accélération exponentielle de la fonte des glaces arctiques sont nombreux. Je relève:
- Augmentation des dépôts de suie qui diminuerait l’albédo.
- Changements des débits des cours d’eau de la toundra qui modifie les courants marins et pousseraient les glaces vers le sud.
- Formation de nombreux lacs en été au dessus de la glace qui diminueraient fortement l’albédo.
- Ébullition de quantités gigantesques d’hydrates de méthane dans les dépôts marins de l’arctique due à un réchauffement des eaux et des courants locaux. Le méthane relâché par ce processus ayant un puissant effet de serre local.
- Oscillation du courant jet (jet stream) dû à la diminution du gradiant de température entre le pôle et les tropiques, conduisant à des anticyclones bloquants et à des déplacements en latitude inusités des phénomènes météorologiques (le même processus qui a causé le printemps pourri en Europe de l’ouest cette année a causé ce cyclone de longue durée dans l’arctique en 2012).
Certains de ces phénomènes ont été étudiés et mesurés. Beaucoup de controverse existe encore sur l’importance ce chaque facteur dans l’équation. Il est évident qu’ils se renforcent l’un-l’autre. Le modèle qui les relie n’existe pas encore.
Il serait prudent de faire un gros effort pour étudier ça ainsi que les conséquences pour le climat de l’hémisphère nord de cette disparition accélérée de la banquise.
Jeudi 13 juin 2013 :
Le réchauffement climatique menace des espèces encore solides.
De nombreuses espèces d’oiseaux, d’amphibiens et de coraux, qui ne sont pas actuellement menacés, pourraient se retrouver en danger en raison du réchauffement climatique, indique une étude internationale, mercredi.
Les oiseaux et les amphibiens de la forêt tropicale amazonienne, ainsi que les coraux au large de l’Indonésie apparaissent particulièrement vulnérables à la hausse générale des températures.
Au total, 41% de toutes les espèces d’oiseaux, 29% des amphibiens et 22% des coraux, non encore menacés, se trouvent “hautement vulnérables” face aux modifications climatiques, indique l’équipe de scientifiques qui a réalisé l’étude dans le journal Plos One.
“Cela est une surprise”, a commenté Wendy Foden de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui a dirigé les travaux d’une centaine de scientifiques.
Selon elle, les priorités en matière de conservation de la nature doivent être revues, en particulier afin de déterminer des zones protégées de la vie sauvage.
“Le changement climatique n’est pas la menace la plus importante pour le moment”, a-t-elle expliqué.
La perte de l’habitat animal provoquée par la hausse de la population humaine, la surexploitation et la présence d’espèces envahissantes sont les principales causes d’extinction, précise l’étude.
Les chercheurs ont adopté une nouvelle échelle de mesure pour évaluer la vulnérabilité au changement climatique. Elle se fonde sur l’exposition probable de chaque animal, sur sa sensibilité au changement et sur sa capacité d’adaptation.
Un groupe de scientifiques de l’Onu a estimé que 20 à 30% des espèces au niveau mondial sont confrontées à un risque croissant de disparition si les températures augmentent de plus de deux ou trois degrés au-dessus des niveaux de l’ère pré-industrielle.
link to lesechos.fr
“La perte de l’habitat animal provoquée par la hausse de la population humaine, la surexploitation et la présence d’espèces envahissantes sont les principales causes d’extinction, précise l’étude.”
C’est impressionnant, le nombre de problèmes que notre génération a à affronter !
C’est impressionnant.
Lundi 17 juin 2013 :
Danger pour la société si plus de 20% des énergies fossiles sont brûlées.
La plupart des énergies fossiles doivent rester dans les sous-sols car les brûler provoquera des changements qui mettront en cause l’existence de notre société, a prévenu lundi un nouveau rapport d’une agence gouvernementale en Australie, exportateur majeur de charbon et de gaz.
Selon la Commission sur le climat, brûler les énergies fossiles telles que le charbon, est le principal facteur de changement climatique.
Brûler toutes les réserves d’énergie fossile mènerait à des changements climatiques sans précédent si sévères qu’ils mettraient en cause l’existence de notre société telle qu’on la connaît aujourd’hui, assène le rapport intitulé La décennie cruciale.
Il est évident que la plupart des énergies fossiles doivent être laissées dans les sous-sols et ne pas être consumées, ajoute l’étude.
La plupart des pays, dont l’Australie, considèrent qu’une hausse des températures de plus de deux degrés serait trop prononcée. Mais pour assurer une stabilisation du climat, le monde doit se décarboniser, estime le rapport.
Afin d’atteindre notre objectif de stabilisation (de la hausse) des températures à deux degrés ou moins, nous devons tout simplement laisser quelque 80% des réserves d’énergie fossile dans le sol, a déclaré à la radio publique ABC Lesley Hughes, co-auteur de l’étude. On ne peut pas se permettre de les brûler et avoir un climat stable et sûr.
L’étude note une nouvelle vague de découvertes et d’exploitation de nouvelles réserves en Australie et ailleurs.
Les réserves australiennes de charbon représentent à elles seules 51 milliards de tonnes d’émissions de dioxyde carbone potentielles, soit un douzième du total considéré comme nécessaire pour faire grimper les températures de deux degrés, selon le rapport.
Pour Will Steffen, également co-auteur, il faut agir sans attendre car les risques de changement climatique annoncés de longue date par les scientifiques sont déjà en train de se produire.
La durée et la fréquence des jours d’extrême chaleur ont augmenté en Australie, et les températures provoquant des feux de brousse ont elles aussi augmenté dans le sud-est du pays, très peuplé, a-t-il dit.
link to romandie.com
Merci BA, je suis Australien, nous somme en effet aux premières loges pour constater les effets du réchauffement climatique ici. Nous prenons déjà une bonne raclée de la part du climat.
j’ai lu ce rapport de la commission climatique gouvernementale.
Une augmentation limitée à 2° C, ce qui serait nécessaire pour avoir une petite chance d’éviter le pire au niveau global, nous laisserait de toute façon, ici tout comme chez vous dans une belle mouisse.
Voici ce que dit le rapport sur ce qu’il faudrait faire pour éviter de dépasser les 2° fatidiques:
“The best chance for staying below the 2°C limit requires global emissions to begin declining as soon as possible and by 2020 at the latest. Emissions need to be reduced to nearly zero by 2050.”
“La meilleure chance de rester au dessous de la limite de 2°C exige que les émissions commencent à décroître dès que possible, 2020 au plus tard. Les émissions doivent être réduites à un niveau presque nul avant 2050.”
(Les émissions dont on parle sont, bien sûr, celles de gaz à effet de serre, CO2 et méthane principalement.)
J’imagine que ce rapport est un présage de l’annonce que le GIEC nous réserve dans quelques mois.
Tu crois qu’on a une chance?