Après le choc de la perte du AAA des États-Unis début août, après la dégradation du Japon en septembre, octobre a vu un coup double : Espagne ET Italie.

Voici notre classique graphique de suivi, qui représente la notation des États européens par les 3 grandes agences occidentales (Moody’s, Standard&Poor’s, Fitch), en retenant la note minimale des 3 :

Notations des Etats par les agences

Ce graphique est pour moi un des plus importants pour comprendre la Crise, avec celui sur les taux des emprunts d’État (voir plus bas).

Il nous montre notre avenir : celui de dégradations rapides et brutales, jusqu’au défaut. Et contrairement à la Grèce, il n’y aura probablement rien qui pourra freiner les marchés quand la panique (logique) va finir par les saisir face à l’évidence : nous sommes surendettés et les dettes ne sont pas remboursables (qu’on choisisse Relance ou Rigueur), ceci étant la conséquence logique de 40 années de laxisme budgétaire.

Notez aussi que les prêteurs n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes – la situation de déséquilibre des États est évidente, et des siècles d’Histoire montrent que ceci finit pratiquement toujours par un défaut…

On appelle ceci en jurisprudence un “soutien abusif” d’une structure en faillite – puisque tout le monde peut voir la situation financière désastreuse.

Notation dettes publiques

Notation des États fin juillet 2011

 

Mention spéciale aujourd’hui pour Michel Barnier – je songe à créer une sorte de prix Busiris économique cher à Maître Eolas.

« Il y a un traitement spécifique à adopter lorsqu’un pays est sous programme de négociation avec le FMI ou l’Union européenne. Si on considère que ce n’est pas opportun, on peut interdire ou suspendre cette notation. C’est une mesure à laquelle je réfléchis » [Michel Barnier, 20/10/2011]

Hmmmmmmmmmmm, c’est brillant ça ! Mais oui, on va interdire aux agences de donner leur avis, quelle bonne idée. Juste :

  • qui va prêter à un pays interdit de notation ?
  • qui va empêcher l’agence chinoise de donner son avis sur Internet ? Peut-on envahir Pékin si elle passe outre ?
  • va-t-on interdire mon blog, car je donne un avis ? Vais-je finir en prison ? Si oui, puis-je en choisir une avec les conditions les moins inhumaines possibles ?

Bref, cela fleure bon ce qu’on commence à appeler “l’EURSS”… Je suis d’ailleurs persuadé que les plus gros risques de cette Crise ne sont pas économiques mais démocratiques.

 

Vouloir s’attaquer à ce qui n’est qu’un thermomètre relève de la pure pathologie mentale.

Deuxième prix Éco-Busiris d’ailleurs :

« C’est peu de dire que les agences de notation n’ont pas vu la crise arriver, qu’elles n’ont pas noté correctement certains pays ou entreprises et qu’elles peuvent donc à ce titre être considérées comme une des causes de la crise que nous vivons »  [Michel Barnier, 20/10/2011]

Mais voui, c’est rien que la faute à Jean-Pierre Fitch ;) , nullement à celle des 500 parlementaires qui tous les ans votent des budgets en déficit, voyons ! Cette crise, c’est d’ailleurs, la faute à presque personne – juste aux agences…

 

Le plus gros scandale des agences, que je dénonce ici, c’est qu’elles sont trop… laxistes ! Nous ne méritons nullement un AAA ni même un AA ! Et je ne dis ni par provocation ni par irresponsabilité : truquer l’altimètre n’est pas le meilleur moyen de sortir un avion d’une zone de turbulence…

Les gouvernements ont beau jeu de se plaindre… Car ils bénéficient d’une énorme complaisance de ces agences au vu de leurs finances publiques – nous avons vu dans ce billet l’état de notre budget. Car non, elles ne sont pas en monopole. La Chine a créé la sienne, il y a quelques mois : Dagong. Comparons alors ses notes avec celles des 3 grandes agences occidentales (observées en mi-2011) :

Notations des Etats par les agences

Pour l’agence chinoise, la France a perdu depuis belle lurette sont AAA et doit se contenter d’un AA- (disons 14/20 au lieu de 20/20, mais Dagong a annoncé qu’elle allait abaisser notre note prochainement, comme celle des États-Unis), seule la Suisse restant dans les pays les mieux notés. Ceci semble bien plus sérieux que la note des agences occidentales, au vu des déséquilibres de nos comptes publics. ”2 poids, 2 mesures” ?

Pour tous ces pays, la vérité se situe probablement entre les deux, mais on voit bien l’utilité d’une analyse plus large – qui permet de démasquer les regards biaisés des agences…

J’y vois pour ma part la marque d’une arrogance occidentale, qui refuse de voir son état de délabrement et son déclassement – nous ne tenons plus que par le crédit des chinois et d’autres pays en développement, quelle ironie…

Depuis janvier, les faits ont donné raison à Dagong, car les notations occidentales des pays moins bien notés que la Chine ont depuis chuté jusqu’au niveau des estimations de Dagong. Restent à dégrader les pays mieux notés, avec sans doute des conséquences apocalyptiques sur les marchés…

Notations des Etats par les agences

On voit bien que les agences occidentales sont en train de rattraper l’agence chinoise. Je vous recommande d’ailleurs cette étude de Patrick Artus : L’Agence de Rating chinoise (DAGONG) a-t-elle raison ? (il répond oui).

Ainsi, notre soit disant AAA (AA- pour Dagong) est une illusion, qui va très vite se dissiper, comme le montre l’écart de taux (spread) entre la France et l’Allemagne :

NB. L’Allemagne ne mérite évidemment pas non plus son AAA, avec une dette de 2000 Md€, un modèle économique d’excédent commercial voué à l’échec et une population qui décroit…

Dans le billet suivant, je vous propose en exclusivité une interview décapante du président de Dagong – elle est savoureuse…

 

Avant la suite, et pour coller à l’actualité, je vous propose la dernière vidéo d’Olivier Delamarche

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Je ne résiste pas au plaisir de vous joindre deux savoureuses citations de François Leclerc, dans ces derniers billets sur le blog de Paul Jorion :

“Une vraie réussite ! c’est le monde développé tout entier qu’ils vont finir par mettre en faillite ! Après celui des Etats, le tour des banques zombies est redevenu d’actualité. La dette des uns est aussi pesante que les engagements des autres. Trop lourd, l’échafaudage repose sur la pointe écrasée de l’économie réelle, le condamnant à perdre l’équilibre.

« L’irrationnel prend le pas sur la réalité » croit pouvoir finement déceler le quotidien Le Monde, en mal d’explication, dans son dernier éditorial titré « Les banques à l’heure de la défiance ». La réalité, si l’on veut la solliciter, est que le monde qu’ils ont construit n’est plus solvable et que les créditeurs, pris à leur propre jeu, ne vont avoir d’autre issue que de l’admettre. Ne sachant pas l’éviter, ils paniquent.” [François Leclerc, billet du 21 août]

“A-t-on jamais vu dans l’histoire européenne autant de constance aveugle ? Il vient à l’esprit les Accords de Munich, si l’on cherche un précédent. En craignant que les mêmes causes produisent aussi une catastrophe. En l’occurrence l’éclatement programmé de la zone euro, suivie de l’entrée avec tambour et trompette dans une récession économique profonde et prolongée.

Cela sera le prix à payer pour une stratégie de sauvetage prioritaire d’un système financier qui montre à nouveau qu’il est à bout de souffle, l’expression de la totale inconséquence d’une génération entière de responsables politiques incapables de se hisser au niveau de leurs supposées responsabilités. Héritage désastreux du capitalisme financier poussé dans ses retranchements sous l’effet de ses propres contradictions.” [François Leclerc, billet du 19 août]

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Quelques rappels (reprise du billet précédent…)

Rappelons simplement qu’il existe dans le monde quelques agences de notations, privées, qui ont pour rôle de donner un avis indépendant sur la solvabilité des gros emprunteurs, principalement les entreprises, mais également les États. Il y en 3 principales, très anciennes, américaines : Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch, dont les opinions sont évidemment proches. Les États leur ont même accordé un rôle officiel, indirect, en obligeant certains investisseurs institutionnels (banques centrales, caisses de retraite, compagnies d’assurances) à n’acheter que des titres disposant d’une note minimale. L’expression de celles-ci est assez complexe, mais poétique, comprend 20 niveaux allant de AAA (le fameux triple A, donc 20/20, aucun risque) à D (défaut, 0/20), en passant par AA-, BBB+ ou CCC.

Ces dernières semaines, Moody’s a dégradé la note de la dette publique du Portugal (de 4 crans !) et d’un cran celle de l’Irlande, qui filent vers le défaut. Quand on connait la peur que suscite chez nos gouvernants la future perte du triple A (et donc notre dégradation d’un cran), on mesure les effets sur ces pays…

Les réactions des gouvernants ont été très vives :

José Manuel Barroso, a estimé mercredi 6 juillet que le choix de Moody’s était susceptible de rendre la situation de la dette en zone euro “moins claire” et “moins transparente”“[Nous] regrettons aussi la méthodologie choisie et la date choisie”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Strasbourg, rappelant que les agences de notation n’étaient ”pas infaillibles” et n’avaient pas réussi à anticiper convenablement la crise de 2008. Il a par ailleurs confirmé que la Commission européenne était prête à mettre sur la table très rapidement une proposition visant à réguler de manière plus étroite l’activité des agences, notamment en étudiant la question de leur responsabilité éventuelle devant les juridictions civiles. Il a enfin estimé qu’il était possible de créer une agence de notation européenne afin de renforcer la concurrence sur ce marché.

Le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier, a abondé dans son sens, invitant les agences à “évaluer avec objectivité et lucidité la situation des pays qu’elles notent” Outre-Rhin, le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, a fustigé “l’oligopole des agences de notation” et plaidé pour qu’on “limite (…) leur influence”.

La veille, la chancelière Angela Merkel balayait d’un revers de la main l’avertissement de Standard & Poor’s, qui verrait l’équivalent d’un défaut dans la proposition française de “roll-over” volontaire de la dette grecque par les banques. “Il est important que la troïka [UE, FMI et Banque centrale européenne] ne permette pas que sa capacité de jugement soit ignorée, a-t-elle dit. Je crois par-dessus tout au jugement de ces trois institutions.” [Source : Le Monde.fr]

Il convient de savourer chacune de ces phrases à leur juste valeur, et faire attention au bourrage de crâne. Loin de moi l’idée de défendre les agences de notation, elles ont en effet lourdement échoué en attribuant de très bonnes notes aux produits subprimes ; je propose également d’en créer une européenne – mais surement pas pour noter les États européens ! Les bras m’en tombent d’autant de mauvaise foi. Car soyons clairs : on ne peut pas en vouloir aux agences ET de ne pas faire leur travail ET de faire leur travail.

On voudrait faire croire que les pauvres États, que les pauvres gouvernement qui se démènent autant pour arranger la situation sont empêchés part ces mauvaises agences qui leur mettent des bâtons dans les roues, on entend même parler d’atteinte à la démocratie… Or, d’une part, les agences ne font que refléter la vision du marché. Observons les taux à ce jour :

Météo des taux souverains

On voit que les marchés n’ont plus confiance dans la Grèce, le Portugal et l’Irlande, que les taux demandés sont surréalistes et donc que ces pays filent vers le défaut. Les agences vont difficilement pouvoir dire qu’il n’y a pas problème…

Elles font donc leur devoir en avertissant les investisseurs… Je concède toutefois qu’il est très difficile de noter la dette d’un pays souverain. Car contrairement à une entreprise, un État peut tout simplement décider de faire défaut, et il ne se fera pas saisir par ses créanciers. Le problème n’est donc pas tant “peut-il payer” mais “veut-il payer” ? Le jour où le gouvernement évalue qu’il est moins pénible de faire défaut que de rembourser, la décision tombe d’elle même… Bref, où un État rembourse et il est AAA, ou il est D, imaginer qu’on peut noter entre ces limites n’est pas très sérieux, comme le prouve d’ailleurs la dégradation de 4 crans d’un coup du Portugal…

 

Enfin, pour l’aspect ”les marchés contre la démocratie”, j’en rirais si ce n’était pas si triste. Car les gouvernements ont, depuis la fin des années 1970, cessé d’emprunter sans frais auprès de la banque centrale pour aller se financer sur les marchés. Que les allemands ont expressément exigé ceci dans le traité de Maastricht ; leur logique était que, surveillés par le regard impitoyable des marchés, les gouvernements ne feraient pas n’importe quoi. Or, les gouvernements ont fait n’importe quoi (y compris l’Allemagne), et leur dette a désormais largement dépassé le point de non retour – comme nous l’avons vu dans la longue série sur la dette des États-Unis (je posterai sur la France à la rentrée).

Logiquement, les marchés commencent à se rendre compte que tous les pays occidentaux sont insolvables, et ne pourront rembourser. Leurs taux d’intérêts augmentent donc, ce qui augmente leur charge d’intérêt, donc leur déficit, et ce qui précipite la défiance des marchés – le cercle vicieux est en marche. C’est triste, mais c’est normal. On ne peut faire n’importe quoi avec ses finances publiques pendant près de 40 ans sans en payer le prix un jour…

James Carville, l’ancien directeur de campagne de Bill Clinton, a très justement déclaré en 1993 :

“Autrefois, j’aurais aimé être réincarné en président des États-Unis, en pape ou en champion de base-ball, mais désormais je voudrais revenir en marché obligataire. Comme ça, on peut intimider tout le monde.” [James Carville, 1993]

Mais surtout, ne tombez pas dans le piège des médias ou des populistes : on ne peut en vouloir aux marchés, c’est bien normal qu’ils agissent ainsi. Non, le problème est d’une part d’avoir accepté le principe de se mettre dans leurs mains, et d’autre part de n’avoir pas appelés les impôts nécessaires à l’équilibre budgétaire pendant 40 ans. Je publierai à l’occasion un argumentaire présentant ma vision de l’interdiction aux États de présenter un déficit public hors récession. Car comme le disait Napoléon :

« Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. [...] L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain. » [Napoléon Bonaparte]

Bref, les agences de notation ne sont que le thermomètre de la crise des dettes publiques en développement. Ce thermomètre est imparfait, c’est réel. Mais ce n’est pas en blâmant ou en cassant le thermomètre qu’on va guérir de son cancer…

Je vous propose d’ailleurs un graphique issu du précédent, retouché, pour regarder la situation des pays qui ont dépassé récemment un taux de 3,5 %, afin de déceler une tendance :

Taux souverains 3.50 %

Une fois atteint 3,50 %, on observe pour les pays fortement endettés une tendance au doublement de ce taux en 20 à 40 semaines (selon la “1ère loi empirique de Berruyer”) :)

L’Espagne n’a pas encore suivi ce chemin, mais elle n’est pas très endettée. Contrairement à l’Italie, mais qui vient tout juste d’atteindre ce cap fatidique…

On peut refaire l’étude  à partir du passage du taux de 5,50 % ;

Taux souverains 5.50 %

Ici la corrélation est encore meilleure. Comme aucun grand pays ne peut résister à des taux de 12 % avec 2 % d’inflation, on peut conjecturer que, une fois atteint 5,50 %, les grands pays feront défaut en moins de 6 mois (selon la “2e loi empirique de Berruyer”) :)

Alors quelles solutions me direz-vous ? Il y en a peu :

  • de la rigueur : en théorie oui, mais en pratique non. Il fallait la faire en 1990, maintenant, c’est trop tard. Augmenter les impôts ou diminuer les dépenses (1€ d’impôt est 1 € de salaire pour quelqu’un, dans le public ou dans le privé) va entraîner le pays dans la récession, et donc augmenter les déficits au final ;
  • faire défaut, pur et simple, sur tout ou partie de la dette (appelé pudiquement “restructuration” dans le second cas) : meilleure solution, cela revient finalement à faire payer un impôt rétroactif aux créanciers. C’est ce qui se passe pour n’importe quel particulier ou entreprise surendetté ;
  • lever un impôt sur l’épargne financière (= confisquer une partie pour ne pas être politiquement correct) pour rembourser immédiatement la dette : cela revient plus ou moins au cas précédent, car les taxés sont aussi généralement les créanciers ;
  • forcer la BCE à imprimer des euros pour rembourser la dette : solution qui me semble très dangereuse, et fait courir des risques au plus grand nombre pour sauver l’épargne des plus riches. Solution très injuste et non démocratique, qui sera donc probablement appliquée à la fin.

Bien entendu, on nous vend à grands renforts de moulinets des “solutions” de type “Eurobond”, mais bien entendu, la solution a un problème d’insolvabilité face à des dettes trop importantes n’est évidemment pas un outil qui vous permet de faire encore plus de dettes… C’est juste un outil de soins palliatifs permettant de continuer l’acharnement thérapeutique quelques mois encore…

Plusieurs d’entre vous m’ont écrit pour me demander mon avis pour leur épargne. Je ne suis pas conseiller financier, ni madame Irma. Toutefois, comprenant l’inquiétude face à la montée de périls important, je me hasarde à quelques conseils – et décline toute responsabilité à leur propos (un réel conseil financier oblige à connaitre parfaitement votre situation, et c’est un métier) :

  • ne restez pas en Bourse (ou en épargne salariale en actions !), sauf à aimer la spéculation à outrance ; [NB. Pas mal ce conseil de juillet,, non ? ;) )
  • attention aux obligations publiques ;
  • attention à l'assurance vie en euros (qu'on vous a vendue sans risque) : diversifiez alors au maximum votre portefeuille auprès de différents assureurs, en cas de défaillance d'un ;
  • l'immobilier est proche de son pic ;
  • l'inflation étant modérée, n'ayez pas peur de rester liquide ou sur des livrets dans les mois à venir, le problème actuel est de ne pas perdre d'argent, pas d'en gagner ;
  • ne laissez pas trop d'actifs auprès d'un même établissement ;
  • n'achetez pas de métaux précieux "papier" (or, argent...) : que du physique dont vous prendrez possession et que vous mettrez dans un coffre :) ;
  • diversifiez au maximum vos avoirs (n'achetez pas que de l'or...) ;
  • ne stockez pas de l'essence dans votre baignoire, c'est un très bon investissement, mais trop dangereux ! :)

Enfin, je vous propose quelques pensées fortes pour terminer :

« Qui perd ses dettes s'enrichit. » [Honoré de Balzac]

« Moi, je ne me ferai jamais sauter la cervelle pour des dettes. D’abord, je n’aurai jamais autant de cervelle que de dettes. » [Jules Berry]

« Un État devrait faire défaut tous les cent ans, afin de remettre les finances publiques en équilibre. » [Abbé Joseph-Marie Terray, ministre français des finances de 1768 à 1774]

« Il n’y a que les dettes que l’on peut payer qui sont ennuyeuses. » [Francis Picabia]


Dessin cartoon humour agences de notation

Dessin cartoon humour agences de notation

© Martin Vidberg – www.martinvidberg.com

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21 commentaires on 1120 Dégradations des notes des États

  1. BA dit :

    « En Europe, nous avons un rendez-vous avec le destin. C’est la politique et non plus la finance dont nous pouvons attendre le salut. Les politiciens ne peuvent plus commettre d’erreurs. Comme sur le Titanic, même les passagers de première classe ne sont pas à l’abri. »

    (Giulio Tremonti, ministre des Finances italien, 15 juillet 2011)

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=26233

    Giulio Tremonti compare l’Union Européenne au Titanic.

    Il a raison.

  2. France41 dit :

    Je me permets de vous féliciter pour votre site.Il est factuel ,

    pédagogique et recherche l’honnêteté intellectuelle.

    Il ne cherche pas à tout prix des boucs émissaires et à faire peur aux foules.

    Merci

  3. G. dit :

    Je rejoins ce que disait un autre de vos lecteurs:

    “Votre blog est remarquable par sa qualité pédagogique”

    Merci! Merci de mettre à portée du plus grand nombre des graphiques et données simples et lisibles. Certains autres blogs sont exemplaires sur le fond (criseusa.blog.lemonde.fr par exemple), le vôtre est exemplaire sur la forme: simple, compréhensible, percutant. Bravo!

    Attention cependant à bien continuer de challenger en amont les sources, échelles et interprétations des graphiques. C’est un piège dans lequel beaucoup de gens tombent très, très, très facilement… Dernièrement encore quelqu’un me citait un graphique “officiel” censé montrer que les grecs sont plus travailleurs que les autres européens, alors que le graphique montrait en réalité absolument autre chose, pour peu qu’on creuse la façon dont il était construit…

    ” [...] Solution très injuste et non démocratique, qui sera donc probablement appliquée à la fin.”

    J’aime votre cynisme. L’inflation fait peut-être perdre de l’argent aux plus riches, mais ce sont les plus pauvres qui en souffrent le plus.
    Toutefois, dieu bénisse les démocraties, un pauvre = un vote. A partir d’un certain seuil, les gouvernements auront tout intérêt à arrêter de spolier le petit peuple. Ne serait-ce que pour être réélu ou élu…
    Les “eurobonds” créerait dans un premier temps de l’inflation. Mais si d’avantage d’eurobonds sont alors créés et l’argent directement reversé pour aider les plus pauvres, puis les classes moyennes… les seuls perdant deviendraient les riches détenteurs de capitaux.
    Se poserait alors la question du taux de change avec les autres pays (USD, etc.). Les USD étant à 0.72 euros, nous avons de la marge…
    Bref, pas évident, mais “faire défaut” sur une partie de la dette n’est pas une bonne solution. Cela ne fera que faire fuir les capitaux privés, et sans capitaux privés pour acheter les dette des Etats ont se retrouve dans la situation ci-dessus: émettre des euro-bonds, imprimer de la monnaie, créer de l’inflation.

  4. lecteur dit :

    on évolue ( depuis longtemps  en fait dès la fabrication vente aux foules du concept de l’UE ) vers l ‘URSS
    ou il est interdit par exemple de reveler les chiffres
    de production du pétrole

  5. step dit :

    attention à l’assurance vie en euros (qu’on vous a vendue sans risque) : diversifiez alors au maximum votre portefeuille auprès de différents assureurs, en cas de défaillance d’un ;

     
    J’aimerai comprendre. C’est la notion d’euro qui chancelle ou la défaillance d’un assureur ?
    Le biais qui propagera la crise de la banque vers l’assurance, c’est bien le défaut des emprunteurs ? (Lié à la rigueur à la grecque appliquée sur la plèbe ?). Si cette rigueur n’est pas appliquée et qu’on mixe hair-cut et production de monnaie en faisant gaffe à l’inflation (le risque dont vous parlez), y a t’il un moyen de limiter les ravages de la crise au seul secteur banquaire, et ainsi ne pas avoir nos freddy mac et fannie mae ?
    Au fait, un livret A, c’est liquide ? Parce qu’il faudra bien loger les pauvres qu’on fabrique à tour de bras quelque part.
     

  6. fraanel dit :

    Par contre il y a un truc que je ne comprend pas dans vos analyses sur le budget de la France.
    Effectivement il y a un trés grosse différence entre vos chiffres et ceux annoncé par L’insee.
    http://www.insee.fr/fr/themes/......asp?id=37

    Pour exemple pour 2010 en Milliards
                             Vous                        Insee
    Dépenses            326                        1094.8
    Recettes              219                         957.8

    Y aurait il une subtilité que je n’aurai pas compris ?

  7. BA dit :

    Le premier graphique de ce billet montre dans quel ordre les dominos vont tomber : d’abord la Grèce, ensuite l’Irlande, ensuite le Portugal, ensuite l’Italie, etc, etc.

    Mercredi 26 octobre 2011 :
     
    L’Italie émet 10,5 milliards d’euros d’obligations, forte hausse des taux.
     
    L’Italie a émis au total mercredi 10,5 milliards d’euros d’obligations dont les taux d’intérêt ont une nouvelle fois augmenté, signe de la méfiance des investisseurs, a annoncé la Banque d’Italie.
     
    Dans le détail, le Trésor italien a émis 8,5 milliards d’euros d’obligations à six mois et 2 milliards de certificats du Trésor zéro-coupon à deux ans, atteignant ainsi son objectif grâce à une demande soutenue qui s’est élevée au total à plus de 17 milliards d’euros.
     
    Mais la péninsule a dû concéder une nouvelle fois une hausse des taux d’intérêt en raison de la méfiance des investisseurs.
     
    Les taux des titres à six mois ont fortement progressé à 3,535 % contre 3,071 % lors de la précédente émission similaire le 27 septembre, tandis que les taux des certificats à deux ans ont augmenté à 4,628 % contre 4,511 %.
     
    http://www.romandie.com/news/n.....111110.asp
     
    Plus les jours passent, plus l’Italie emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.
     
    Plus les jours passent, plus l’Italie se rapproche du défaut de paiement.
     
    L’Italie sera le quatrième domino à tomber.

  8. 1Direct dit :

    Bonjour à tous,
    Des questions me … grattent, de celles que mon incompétence, réelle ou supposée, m’amène à vous poser à vous blogueurs de ce site mais aussi (et surtout) à notre hôte Olivier ;) .

    1) A quel taux d’inflation, mais aussi de perte et/baisse des échanges économiques (etc.)pragmatiquement estimable, peut-on s’attendre à court et moyen terme (de 1 mois à 3 ans) en cas de sortie de l’Euro vers une monnaie nationale?
    Bien sûr il faut supposer que toutes les décisions techniques sont prises, y compris, si nécessaire, le contrôle des changes aux frontières le temps que “les choses” se mettent en place, se calme.
    (Contrôle des changes?! J’entends d’ici les hurlements d’agonisant de certains :)) )

    2) Vue la situation et son évolution pragmatiquement probable, combien va couter la continuité de l’Euro à la France en tenant comptes de ses conséquences dans les mêmes délais?

    A partir de là, au regard des résultats, je pense que les discussions et les faux/vrais arguments seront “filtrés” par le l’évidence faute de bon sens.
    Je sais ce n’est pas facile, peut-être impossible. Mais si ça l’était …
    Au moins une bonne base, une tendance, serait la bienvenue.
    Vous aurez compris que je parle uniquement des aspects “chiffrages” et non pas des aspects juridico-politiques.

    Donc si parmi vous des gens avertis peuvent nous faire part de réponses “circonstanciées”, non dogmatique ou politicienne, ce serait … GÉNIALE.
    Je suis certainement utopiste. Surtout j’essaie de rester les pieds sur terre (pas toujours facile ;) ) et pour cela j’ai besoin d’étayer mes opinions par de éléments concrets. Pas vous?

    Bon si vous pensez que je suis … ne le dites pas je le sais déjà :) .
    Mais savoir pourquoi ce serait impossible à déterminer peut aussi être intéressant. ;)

    Merci à tous

    P.S.:
    Une dernière pour la route:
    1) Depuis sa création et jusqu’à ce jour, combien l’Euro et toutes les conséquences économico-financières qui en découle a t’il couté ou rapporté en NET ? Est ce quantifiable, même “à la louche”?

    • 1Direct dit :


      Le jour où le gouvernement évalue qu’il est moins pénible de faire défaut que de rembourser, la décision tombe d’elle même

      Mon post ci-dessus va dans le sens de cette remarque:
      Faut-il continuer ou pas l’Euro dans/à ces conditions?
      Ceci étant le fait que de plus en plus de personnes “averties” se la posent et osent le faire à haute voix, donne une indication minimale que ce qui existe ne va plus. Enfin, si un jour ce fut le cas.

  9. 1Direct dit :

    Portugal: Pourquoi une note “inversée” de Dagong
    En dehors de la Chine, à la lecture du graphique je constate que, contrairement aux autres pays, l’agence Dagong met une note supérieure aux 3 autres.
    Pourquoi cette particularité flagrante?
     

  10. 1Direct dit :

    DANS LA GUEULE DU DRAGON CHINOIS
    Nous venons d’apprendre le voyage à Pékin du patron de la FESF.
    A priori l’objectif est d’obtenir des liquidités de la part de la Chine.
    Quel plaisir pour nos chers amis chinois que la porte ouverte d’une prise de participation de l’entreprise U.E./Zone Euro.
    Un cadeau aussi royal qu’inespéré !
    Que l’Allemagne et/ou la France n’ait ne fusse que penser se vendre à la Chine me laisse … :((
    Humble avis si cela se fait ce sera la plus grosse et belle … de toute notre histoire.
    Les chinois sont certainement des gens charmants mais il ne faut se raconter d’histoire, il y aura des contre-parties.
    La première, la plus évidente, est que ce sera “journée porte ouverte” permanente de toute l’Union Européenne y compris hors zone Euro.
    Le libre accès pour tous les produits “made in China” avec plus que moins de transferts de technologie obligatoire. Tout cela à sens unique bien sûr.
    Oui vraiment, même l’Allemagne aurait une vision de myope, non d’aveugle, d’accepter une entrée dans le FESF voire pire la BCE (Si, si je l’ai aussi entendu).
    Cordialement à tous
     

  11. Moi dit :

    Excellent article. Résumé impeccable de la situation. Ne lisez plus Le Monde et autres organes de presse officiels qui n’expliquent rien mais embrouillent. Venez ici (et quelques autres blogs qui expliquent tout en détail, en long et en large).

  12. jails dit :

    La note usurpée de la Suisse démontre clairement qu’il y a un problème dans les notations.
    Il doivent bossée avec un décalage minimum de  6 mois^^

  13. BA dit :

    Grèce : les marchés rassurés par le plan européen de sauvetage.
     
    Athènes n’a pas attendu longtemps pour tester les marchés. Après la décision prise par ses partenaires de voler à son secours en cas de difficulté, la Grèce a lancé aujourd’hui un emprunt de 5 milliards d’euros sur 7 ans, un placement porté par les banques Alpha Bank, Emporiki, Société Générale, Crédit agricole, ING et Merrill Lynch.
     
    Les marchés ont bien réagi : à midi, le livre d’offres se montait déjà à 7 milliards d’euros à un taux de 6 %, soit 310 points de base de plus que l’emprunt allemand sur la même durée. Il y a une semaine, le spread (écart de taux) était de 370 points de base sur 7 ans.
     
    Par comparaison, le Portugal emprunte sur 7 ans à 3,82 % et la Turquie, à 4,23 %, ce qui montre que la crise de confiance est loin d’être terminée. Néanmoins, dans les salles de marché, on estime que les spreads devraient continuer à se resserrer dans les prochaines semaines. L’Eurozone a-t-elle gagné son pari ?
     
    Lundi 29 mars 2010.
     
    http://bruxelles.blogs.liberat.....etage.html
     
    C’est ça, le plus important : les marchés ont été rassurés par le plan européen de sauvetage.
     
    C’est d’ailleurs la caractéristique de tous les plans européens de sauvetage : à chaque plan européen de sauvetage, les marchés sont rassurés.
     
    Pronostic : après le prochain plan européen de sauvetage, les marchés seront de nouveau rassurés.

  14. BA dit :

    Encore un succès total pour la zone euro ?
     
    Ben oui : comme d’habitude, la zone euro a rassuré les marchés.
     
    Et comme d’habitude, les bourses européennes sont en hausse de 9 %.
     
    Et comme d’habitude, les valeurs bancaires explosent les hausses : + 23 % pour la Société Générale, + 20 % pour BNP Paribas, + 18 % pour Crédit agricole.
     
    Et comme d’habitude, le feu de paille ne durera que quelques jours.
     
    Et comme d’habitude, le naufrage de la zone euro reprendra son rythme habituel.
     
    Vous vous rappelez de mai 2010 ?
     
    Lundi 10 mai 2010 :
     
    Le CAC 40 termine en hausse historique de 9,66 %‎.
     
    La Bourse de Paris s’envole. L’indice vedette de la place parisienne, CAC 40, a enregistré lundi sa troisième plus forte hausse de son histoire (+ 9,66 %), après l’annonce d’un plan d’aide européen. L’Union européenne a décidé de mettre en place un plan de stabilisation de 750 milliards d’euros, dont 440 milliards d’euros de crédits bilatéraux et garanties.
     
    Le CAC 40 a gagné 327,70 points à 3.720,29 points, avec 10,752 milliards d’euros échangés, un niveau particulièrement élevé.
     
    Toutes les valeurs du CAC 40 étaient dans le vert.
     
    Les valeurs bancaires marquent les plus importantes hausses : Société Générale (+ 23,86  %, à 40,60 euros), AXA (+ 21,87 %, à 14,405 euros), BNP Paribas (+ 20,90 %, à 53,11 euros), Crédit Agricole (+ 18,65 %, à 10,75 euros), Dexia (+ 17,27 %, à 3,87 euros).
     
    http://www.actualite-francaise.....,9230.html

  15. herve dit :

    Bonjour,

    L’actualité récente m’a fait penser à ce billet que j’avais lu en 2009 : http://www.wired.com/techbiz/i.....ntPage=all

    Il s’agit à la base d’une astuce mathématique séduisante, incomprise et mal utilisée (comme le dit l”auteur lui -même) par les banques et agences de notation pour transformer les dettes en magique ‘AAA’ . Vous avez dit subprimes ?

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