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25.septembre.201825.9.2018 // Les Crises

A l’intérieur du programme secret d’Israël en appui aux rebelles syriens

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Source : Foreign Policy, Elizabeth Tsurkov, 06-09-2018

Des combattants ont été armés et rémunérés pour garder à distance de la frontière israélienne les forces liées à l’Iran

 

Des soldats israéliens à proximité du plateau du Golan, occupé par Israël, le 10 mai.

Israël a clandestinement armé et financé au moins 12 groupes rebelles dans le sud de la Syrie, ce qui a contribué à empêcher les combattants soutenus par l’Iran et les militants de l’État islamique de prendre position près de la frontière israélienne ces dernières années, rapportent plus de deux douzaines de membres de ces groupes, officiers comme soldats ordinaires.

Les livraisons de matériel militaire, qui ont pris fin en juillet dernier, comprenaient des fusils d’assaut, des mitrailleuses, des lance-mortiers et des véhicules de transport. Les agences de sécurité israéliennes ont livré les armes par trois postes frontières reliant les hauteurs du Golan occupées par Israël à la Syrie – les mêmes points de passage qu’Israël a utilisés pour acheminer l’aide humanitaire aux résidents du sud de la Syrie victimes d’années de guerre civile.

Israël a également rémunéré les combattants rebelles, leur versant à chacun environ 75 dollars par mois, et a financé les achats d’armes de ces groupes sur le marché noir syrien, selon les rebelles et des journalistes locaux.

Cette aide financière, ainsi que le service qu’Israël obtenait en retour, ont laissé les rebelles croire qu’Israël interviendrait si des troupes loyales au président Bachar al-Assad tentaient d’avancer sur le sud de la Syrie

Lorsque les forces du régime, soutenues par les forces aériennes russes, l’ont fait l’été dernier, Israël n’est pas intervenu, donnant aux groupes rebelles l’impression d’avoir été trahis.

« C’est une leçon que nous n’oublierons pas à propos d’Israël. Ils n’ont que faire… des gens. Ils se fichent de l’humanité. Tout ce qui les intéresse, ce sont leurs propres intérêts », a déclaré Y., un combattant de l’un des groupes, Forsan al-Jolan.

Israël a essayé de tenir secrètes les relations qu’elle entretient avec ces groupes. Bien que certaines publications en aient fait état, les entretiens que nous avons menés à ce sujet avec des miliciens sont des plus précis quant au soutien apporté par Israël à ces groupes. Tous les combattants ont parlé sous couvert d’anonymat et à condition que leur groupe d’appartenance ne soit pas révélé.

La quantité d’armes et d’argent qu’Israël a transférée à ces groupes – forts de milliers de combattants – est faible comparée à ce que fournissent d’autres pays impliqués dans la guerre civile qui dure depuis sept ans, parmi lesquels le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et les États-Unis d’Amérique. Même au plus fort du programme d’aide israélien en début d’année, les chefs des rebelles se sont plaints qu’il était insuffisant.

Mais ce soutien est important pour plusieurs raisons. C’est une façon de plus pour Israël d’essayer d’empêcher l’Iran d’asseoir sa position en Syrie – en plus des raids aériens sur les positions iraniennes et des pressions politiques qu’Israël a exercées via la Russie, la principale puissance médiatrice en Syrie.

Cela soulève également des interrogations quant à l’équilibre des pouvoirs en Syrie au moment où la guerre civile va vers sa fin. Les forces iraniennes qui ont aidé Assad à vaincre les rebelles ne montrant aucune inclination à se retirer de Syrie, le risque est grand que ce pays ne vienne mettre le feu aux poudres entre Israël et l’Iran.

Un porte-parole de l’ambassade d’Israël à Washington a refusé de faire des commentaires pour cet article.

Israël a commencé dès 2013 à armer les groupes rebelles ralliés à l’armée syrienne libre, notamment dans les régions de Quneitra, de Daraa et dans les zones rurales situées au sud de Damas. Les armes transférées à l’époque étaient principalement des fusils d’assaut M16 fabriqués aux États-Unis. Plus tard, Israël s’est mis à fournir aux rebelles des armes pour la plupart non américaines – apparemment pour dissimuler la source de l’aide – dont des fusils et des munitions provenant d’une livraison iranienne au groupe Hezbollah libanais qu’Israël avait saisie en 2009.

L’aide à ces groupes a été maintenue pendant un certain temps, puis s’est considérablement accrue l’an dernier. Israël, qui auparavant soutenait des centaines de combattants, est passée à des groupes comprenant des milliers de rebelles. Le renforcement de l’aide a coïncidé avec un changement plus global de la politique d’Israël en Syrie. Après les appels lancés à l’administration américaine et au Kremlin, qui n’ont pas permis d’obtenir un accord garantissant que les milices soutenues par l’Iran seraient tenues à distance du sud de la Syrie, Israël a adopté une politique plus agressive.

Son armée de l’air a commencé à frapper plus loin à l’intérieur du territoire syrien, ciblant non seulement les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah, mais aussi les bases iraniennes dans tout le pays.

Deux des groupes soutenus par Israël ont été identifiés officiellement : Forsan al-Jolan (les Chevaliers du Golan), une faction basée dans la ville frontalière de Jubata al-Khashab à Quneitra, et Liwaa Omar bin al-Khattab, basée à Beit Jinn, une ville jouxtant le Mont Hermon.

Contrairement à d’autres soutiens étrangers à l’opposition syrienne, Israël a fait peu d’efforts pour organiser et consolider son programme d’aide. L’État hébreux s’est apparemment appuyé sur ses relations bilatérales avec certains chefs rebelles, en leur acheminant directement de l’aide.

Selon les rebelles du sud de la Syrie, ces dirigeants communiquaient par téléphone avec les autorités israéliennes et les rencontraient parfois en face à face sur le plateau du Golan, occupé par Israël. Lorsque ces chefs changeaient de groupe ou de lieu, l’aide israélienne les suivait. D’autre part, lorsque des dirigeants ont été tués ou démis de leurs fonctions en raison de luttes de pouvoir internes, l’aide israélienne à leurs anciennes factions a été interrompue.

Forsan al-Jolan était la faction favorite d’Israël. L’année dernière, ses rangs ont cru de plusieurs centaines de combattants grâce à une augmentation du financement israélien, affirment certains de ses membres. Elle a également servi d’intermédiaire pour distribuer des armes fournies par Israël à d’autres groupes. Cela a conféré au groupe une influence démesurée à la fois à Quneitra et dans la province voisine de Daraa.

Israël a également utilisé sa puissance de feu pour appuyer les factions rebelles combattant la branche locale de l’État islamique dans le bassin du Yarmouk. Selon les rebelles, les journalistes et les résidents locaux, Israël a frappé à partir de drones les dirigeants de l’État islamique et lancé des missiles de précision contre des soldats, des fortifications, des véhicules de l’EI lors des combats contre les rebelles. Israël n’a pas apporté de soutien militaire équivalent aux attaques des rebelles contre les forces du régime.

L’aide humanitaire et militaire d’Israël a conduit de nombreux résidents du sud de la Syrie à considérer l’État hébreux comme un allié. Israël a fait connaître son programme dénommé « Bon Voisin » en arabe, qui comprend des opérations humanitaires dans le sud de la Syrie et l’accueil de certains Syriens dans les hôpitaux israéliens.

Y., un combattant de Forsan al-Jolan, me l’a dit il y a quelques mois : « Israël est le seul pays a avoir des intérêts dans la région ainsi qu’un peu d’humanité, et qui porte assistance à des civils ».

Mais, au moment où les troupes loyales à Assad, appuyées par les forces russes et iraniennes, ont réaffirmé leur contrôle sur une part grandissante du territoire syrien, Israël a cherché d’autres moyens pour garantir ses intérêts le long de la frontière.

En juillet dernier, des responsables israéliens sont apparemment parvenus à un accord avec la Russie qui a permis le retour des forces du régime à l’ouest de Daraa et de Quneitra, les zones jouxtant le plateau du Golan. En échange, la Russie aurait promis de retenir les milices appuyées par l’Iran à 80 kilomètres du plateau du Golan et de ne pas s’opposer aux frappes israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie.

Même après le début de l’offensive d’Assad dans le sud de la Syrie, de nombreux Syriens de la région gardaient espoir qu’Israël empêcherait au moins le régime de reprendre la province limitrophe de Quneitra. Des milliers de personnes ont fui vers la région voisine du plateau du Golan, mais Israël n’est pas intervenu pour les protéger.

Un dirigeant d’une communauté locale de l’ouest de Daraa, qui a accepté de parler à la condition d’être identifié sous le nom d’Abu Khaled, a déclaré qu’il s’était vite rendu compte que se fier à Israël avait été une erreur.

« Croyez-moi, Israël regrettera de ne pas avoir dit la vérité sur ce qui s’est passé dans le sud de la Syrie. Dans notre ville et aux alentours, nous nous sommes réconciliés à contrecœur avec le régime, mais cette réconciliation va avoir des répercussions sur Israël dans un avenir proche », a-t-il dit.

Alors que les forces du régime approchaient, certains des rebelles ont contacté leurs correspondants israéliens et ont demandé l’asile, craignant les représailles des forces d’Assad. Les autorités israéliennes ont réagi en autorisant quelques commandants rebelles avec leurs familles proches à pénétrer en Israël dans la nuit du 22 juillet. D’autres ont été refoulés.

On ne sait toujours pas où se trouvent ces commandants et leurs proches. Selon les Syriens, des rumeurs affirment que certains se trouveraient en Israël, d’autres en Jordanie. Un ancien commandant a informé ses subordonnés qu’il était arrivé en Turquie.

Quant aux combattants de base, la plupart ont choisi de rester chez eux et de se rendre au régime plutôt que de fuir vers Idlib, la dernière enclave tenue par les forces rebelles. Certains ont été arrêtés, apparemment pour avoir collaboré avec Israël, tandis que d’autres ont rejoint des milices pro-régime, voire même l’armée syrienne pour échapper aux représailles du régime.

Elizabeth Tsurkov est journaliste et chargée de recherche au Forum for Regional Thinking [Forum pour une réflexion régionale, NdT], un think tank israélien.

Source : Foreign Policy, Elizabeth Tsurkov, 06-09-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Catherine // 25.09.2018 à 08h39

Finalement, le résultat de tout ce qui s’est passé depuis sept ans ne correspond pas du tout à celui espéré par les dirigeants israeliens.

Il y a désormais une faille visible dans le mythe de leur intelligence.

De mon point de vue ils ne s’en remettront pas et pratiqueront par orgueil une forme de fuite en avant.

Je continue à admirer comment les russes gèrent tout ça.

38 réactions et commentaires

  • Gavrilo Princip // 25.09.2018 à 07h46

    Oui, on le sait depuis longtemps, aucune surprise.
    La presse israélienne a également publié des articles montrant les relations ambiguës entre Tsahal et Daech le long du Golan.
    Sur les dernières info venant de Syrie (et d’ailleurs) : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/09/des-chiffres-et-des-lettres.html

      +20

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    • DUGESCLIN // 25.09.2018 à 14h43

      Il faut comprendre le but de chacun.
      Israël espère que le chaos en Syrie continuera à faire tampon contre l’Iran. Pour cela, elle favorise la division, tente de séparer les alliés, tous les coups sont bons.
      La Russie veut que la Syrie retrouve la paix et sa souveraineté. Elle veut maintenir ses bases comme obstacle contre les forces de l’OTAN. Cette position est vitale et incontournable.
      La Russie n’est ennemie de personne, elle se contente d’aider la Syrie à se débarrasser de Daesh, sans menacer Israël ni les autres pays voisins. Elle passe des accords, notamment avec Israël pour éviter des accrochages fâcheux qui pourraient dégénérer.
      Israël en ne respectant pas ses accords avec la Russie, risque de perdre le seul pays sur place capable de garantir sa sécurité, grâce, notamment, à son plan de paix garanti par ses bases en Syrie.
      Israël ne joue pas la bonne carte en trahissant la Russie et en rejetant le plan de paix qu’elle propose.
      La donne a changé après le crash de l’Illiouchine, la Russie très légitimement se protègera des attaques dangereuses d’Israël, ce qui ne fera qu’accélérer la victoire syrienne devenue inéluctable, avec la perte d’un allié potentiel qui est la Russie.
      Si Israël avait choisi le plan de paix de la Russie, et participer aux accords d’Astana, elle serait dans le camp des vainqueurs. Elle s’est trompée d’alliés en choisissant le camp atlantiste qui vise la main mise sur les ressources du Golfe, qui veut empêcher la route de la soie, appauvrir la Russie, isoler la Chine et la soumettre.
      Il est évident que la Russie ni la Chine ne reculeront. La Russie imposera son plan de paix, avec, sans, ou s’il le faut contre Israël.
      Israël, à trop en vouloir, en semant le chaos dans le Golfe, en visant ses richesses et en espérant la possible extension de son territoire, risque de se retrouver dans le camp des perdants, car les atlantistes, sauf à engager une guerre mondiale, ne pourront plus assurer la garantie d’Israël. C’était le moment ou jamais de chercher un soutien du côté de la Russie et de la Chine. Elle a fait une erreur et choisit des solutions contraires à ses intérêts. Israël n’a pas choisi le bon camp, celui de la négociation et de la paix.
      En cas de guerre mondiale Israël serait la première détruite puisqu’elle possède l’arme atomique.

        +17

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      • Pollix // 25.09.2018 à 16h42

        ” Elle s’est trompée d’alliés en choisissant le camp atlantiste qui vise la main mise sur les ressources du Golfe, qui veut empêcher la route de la soie, appauvrir la Russie, isoler la Chine et la soumettre.”

        Hum, Israel n’est il pas déjà un moteur de l’intervention otanesque en Syrie ? Les intérêts sont trop convergents pour que ce ne soit qu’ un suivi passif… tout à fait d’accord sur le moment raté de l’Histoire: la Paix Maintenant s’estompe, se croyant comme les USA après la chute du mur le seul gendarme du Moyen Orient…

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      • Fritz // 25.09.2018 à 17h29

        Bravo Duguesclin, Israël a commis une faute monumentale en se mettant les Russes à dos.
        Et ce pays que certains présentent comme le grand manipulateur est plus vulnérable qu’il n’y paraît. En cas de conflit mondial, il serait balayé comme un fétu.

          +8

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  • Catherine // 25.09.2018 à 08h39

    Finalement, le résultat de tout ce qui s’est passé depuis sept ans ne correspond pas du tout à celui espéré par les dirigeants israeliens.

    Il y a désormais une faille visible dans le mythe de leur intelligence.

    De mon point de vue ils ne s’en remettront pas et pratiqueront par orgueil une forme de fuite en avant.

    Je continue à admirer comment les russes gèrent tout ça.

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    • John V. Doe // 25.09.2018 à 09h06

      Les Israéliens ont quand même obtenu que les forces iraniennes soient tenues à distance de leurs frontières tant que les Russes sont là. De leur point de vue, ce n’est pas à négliger : leur avance technologique les favorise dans ce cas.

        +1

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      • Pollix // 25.09.2018 à 13h26

        On se croirait sur un jeu stratégique de plateau “Risk”, tu avances d’un côté, j’avance de l’autre…il me semblait que la diplomatie pouvait éviter ( pour la “populace”…) la stratégie de la canonnière ! Evidemment, cela peut nécessiter quelques concessions intelligentes, qui dans ce monde de compétition, auront du mal à être exposées…avec Bibi Fricotin, les Israéliens ne risquent pas la paix (pour leurs enfants) d’ici un bout de temps !…

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      • Catherine // 25.09.2018 à 15h02

        En 2011 les iraniens n’étaient pas encore un problème.

        Les Israeliens étaient tout simplement rangés du côté de ceux qui commençaient à mettre en oeuvre un “changement de régime” dans cette Syrie avec laquelle ils sont encore en guerre.

        Les uns et les autres n’ont pas cru que les Russes puis le Hezbollah, puis les Iraniens s’engageraient aussi totalement et ouvertement pour défendre les intérêts de la Syrie et d’une majorité de sa population mais aussi les leurs qui sont clairement vitaux dans cette affaire.
        Je me souviens très bien quand Poutine a dit : nous défendrons la Syrie jusque dans les rues de Moscou.

        N’oubliez jamais ce témoignage :
        https://www.youtube.com/watch?v=BH9SHxetO1I

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        • Gavrilo Princip // 25.09.2018 à 16h28

          Depuis le départ, la problématique de la guerre en Syrie est la coupure ou non de l’arc chiite Iran-Irak-Syrie-Hezbollah.
          Les Israéliens, Saoudiens, Qataris, Turcs et Américains rêvaient de le briser et de créer un corridor sunnite, même djihadiste, nord-sud faisant passer les pipelines pétromonarchiques et empêchant le ravitaillement du Hezbollah.

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        • Catalina // 26.09.2018 à 08h03

          Bonjour,
          L’Iran est devenu un problème bien avant 2011, les Iraniens voulant profiter de la manne pétrolière seuls, sans se faire piller. Et ça, l”empire”, ne peut pas l’accepter, le pétrole iranien doit appartenir à des trusts, pas à un peuple !

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  • Sam // 25.09.2018 à 08h48

    C’est joli la calligraphie arabe, pour les liens. On n’y comprend rien, mais c’est joli.
    Ils auraient pu mettre aussi des liens vers des sites en hiéroglyphes. j’aime bien les hiéroglyphes.
    Tous ces gens qui trafiquent des armes et parlent d’humanité, c’est émouvant…

      +5

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    • Sandrine // 25.09.2018 à 09h41

      Moi j’ai bien aimé le combatant qui dit “c’est une leçon que nous n’oublierons pas. ils se fichent de l’humanité. Tout ce qui les intéresse, ce sont leurs propres intérets”… Comme si il se faisait des illusions sur Israel en acceptant leur soutien…
      Ca me rappelle l’affaire Skorenzy tout ça.

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    • marc // 25.09.2018 à 11h03

      on peut traduire automatiquement, mais c’est pas idéal, par exemple avec google chrome ça commence comme ça :

      “Ma vigne a appris de sources identiques que des réunions entre des factions de l’armée libre et des représentants d’Israël avaient eu lieu”

      للمزيد: https://www.enabbaladi.net/archives/188531#ixzz5S6OWUn1M

      par contre je ne comprends pas exactement votre dernière phrase : “Tous ces gens qui trafiquent des armes et parlent d’humanité, c’est émouvant…”
      seriez vous pour une baisse importante du budget de la défense? “on va se faire envahir en 2 minutes!”

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      • Sam // 25.09.2018 à 13h43

        Vous ne confondriez pas budget de la défense avec soutien à des factions armées en territoire étranger quand même ?
        L’un est une garantie de la souveraineté, l’autre est condamné par le droit international.

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        • marc // 25.09.2018 à 22h48

          bien sûr que j’ai rebondi sur votre phrase car elle était suffisament vague pour que j’y glisse un petit plaidoyer anti-militariste

          et la france qui vend des armes à l’arabie saoudite, c’est malheureusement conforme au droit international…

          quand au budget de la defense comme garantie de la souveraineté… pour mon pays qu’est la france, je me dis que cet argent pourrait servir à garantir des choses plus utiles…

          tiens, je me rappelle du gachis de l’opération militaire contre la syrie en avril dernier… je crois qu’un missile a notamment été jeté en pleine mer, c’est la procédure en cas de bug à la dernière minute… 2.8 millions d’euros dans le vent

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  • DUGUESCLIN // 25.09.2018 à 09h40

    Il ne fait aucun doute que les forces “atlantistes” connaissent bien cette situation, tout autant que les forces russes.
    Mais d’un côté et de l’autre la gestion de la situation est diamétralement opposée.
    La position russe est claire, c’est la lutte contre daesh en soutien de l’armée syrienne et n’est en guerre contre personne d’autre. De ce fait il y a des accords entre Israël et les atlantistes pour éviter des “accidents”entre les intervenants. La Russie apporte à Israël la garantie qu’elle n’est pas visée et Tsahal s’engage à éviter tout “accident” contre les forces russes.
    Mais Israël ne veut pas d’une Syrie indépendante, souveraine et unifiée, susceptible d’être une menace pour elle, avec l’Iran en fond de tableau.
    La Russie cherche la réconciliation entre les partis et la fin de la guerre.
    Israël se méfie de la paix qui peut être à son désavantage, du fait d’une puissance rétablie à sa porte.
    Mais Israël ne tient pas ses engagements envers la Russie, et par ses interventions non déclarées suffisamment tôt, présente un danger pour l’armée russe. La destruction de l’Iliouchine avec ses quinze morts change désormais la donne.
    La protection des forces russes est un impératif et les systèmes de défense aérienne qu’amèneront les russes gêneront sérieusement les interventions israéliennes diminuant ou supprimant les espoirs des forces rebelles, qui finalement finissent par accepter la paix au détriment de daesh et contre ceux qui veulent que la Syrie reste faible.
    La Russie a un rôle de médiateur dont le but est de ramener la paix, et elle s’en tient à ce rôle, avec succès, puisque chaque intervention intempestive du côté israélien renforce et justifie la montée en puissance de l’armée russe qui en aucun cas ne veut menacer Israël ni donner les moyens à la Syrie ni à l’Iran, d’être une menace pour elle.
    La seule issue pour Israël est l’arrêt de ses interventions en acceptant le plan de paix russe, qui, en retour, garantira la sécurité d’Israël. A défaut Israël se mettra en position de se faire du mal à elle-même car elle perdra la garantie que lui offre la Russie. Sans conciliation avec la Russie Israël sera perdante. Elle n’a plus d’autres choix que d’accepter, de mauvaise grâce, le plan de paix qui garantie la sécurité pour tous, Israël compris, en rejoignant la vision russe et contrairement à ce qu’elle veut faire croire, il y va de son intérêt. La Russie n’est pas son ennemie.
    Les israéliens le comprendront-ils?

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  • Pierre D // 25.09.2018 à 09h46

    Le respect de la souveraineté de la Syrie: un cauchemar pour Israël.

    https://fr.sputniknews.com/international/201809251038223770-livraison-s-300-syrie-reaction-israel/

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  • Didier Lagasse de Locht Didier // 25.09.2018 à 09h46

    A quand des poursuites et condamnations à tout pays intervenant militairement directement ou sous fausse bannière hors de ses frontières ?

    À quand un Droit International respecté par tous ?
    À quand la fin du droit de veto pour les grandes puissances ?

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    • Sandrine // 25.09.2018 à 10h10

      Quand? Quand le christ reviendra sur terre juger les vivants et les morts, peut-etre…. D’ici là, ne vous faites pas trop d’illusions.

        +13

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      • Le Belge // 25.09.2018 à 11h21

        Autant dire lorsque les poules auront des dents, alors. Plus prosaïquement, lorsque une guerre aura mis l’empire américain par terre (jamais aucun empire n’a été mis à bas pacifiquement) avec son excroissance proche-orientale (Israël). Peut-être qu’après ça, les dirigeants auront compris certaines choses que des gens comme Winston Churchill ou Charles de Gaulle avaient compris au sortir de la Seconde Guerre mondiale (et dire qu’on avait dit “plus jamais ça”). J’en viens à ne plus trop apprécier la génération des Baby-boomers. Enfants gâtés, adulescents éternels.

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        • Sandrine // 25.09.2018 à 11h40

          Churchill? Celui qui s’est opposé aux Allemand pour que la GB puisse préserver son empire et qui a rameuté les US pour lui venir en aide? Je ne comprends pas bien.
          Quand aux baby boomer… J’espère que vous ne leur faites pas le procès d’être né à leur époque…
          D’ailleurs, on verra ce que diront nos enfants de la génération de l’anaco-capitalisme et des théories fumeuses du no limit “pour tous”.

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  • Eric83 // 25.09.2018 à 09h50

    Nous pouvions supputer que les “évacuations” de la Syrie via Israël le 22 juillet dernier des “Casques Blancs” pouvaient aussi avoir été l’occasion d’exfiltrer des “rebelles” – dénomination gentillette et surtout trompeuse englobant en réalité des islamistes radicaux/djihadistes/terroristes – et une information de cet article lève le doute.

    “Alors que les forces du régime approchaient, certains des rebelles ont contacté leurs correspondants israéliens et ont demandé l’asile, craignant les représailles des forces d’Assad. Les autorités israéliennes ont réagi en autorisant quelques commandants rebelles avec leurs familles proches à pénétrer en Israël dans la nuit du 22 juillet. D’autres ont été refoulés.”

    En conséquence les Etats, dont la France, qui ont annoncé en juillet dernier accueillir sur leur sol de valeureux “Casques Blancs” risquent en réalité d’accueillir des commandants “rebelles” et leurs familles.

    En août dernier, j’avais envoyé un courrier au sujet de cet “accueil des Casques Blancs” à notre MAE :
    Appel au Ministre Le Drian, à cesser l’escalade dans l’infamie et la forfaiture – NON à l’accueil des « Casques Blancs » en France
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/appel-au-ministre-le-drian-a-206541

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    • Lec // 25.09.2018 à 12h24

      “”dont la France, qui ont annoncé en juillet dernier accueillir sur leur sol de valeureux “Casques Blancs” risquent en réalité d’accueillir des commandants “rebelles” et leurs familles.””

      Manu nous prépare un Bataclan puissance 10……

      pfffffff

        +8

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  • christian gedeon // 25.09.2018 à 10h21

    Ce qu’il y a dans l’article n’est pas faux…mais ce n’est pas exact,non plus. Au début de cette guerre soi disant civile,les israéliens sont restés en quelque sorte l’arme au pied. la vérité est qu’ils pensaient,voire espéraient,que M. Assad materait la “rébellion ” plus ou moins rapidement,que leur frontière avec la Syrie resterait ce qu’elle est de puis 1973,un havre de calme,un désert des tartares. Les choses ayant évolué comme on le sait,avec une presque débandade de l’Armée syrienne légale dans les deux premières années,la position israélienne ne pouvait que changer,avec l’arrivée sur le champ de bataille du hezbollah “libanais ” et des troupes des gardiens de la révolution,associées notamment aux chiites afghans et pakistanais.Israël a donc entamé un processus,dont on peut penser ce qu’on veut,de révision tactique,pour barrer la route de la frontière aux “iraniens ” pour simplifier. Il ,faut noter que le retour de l’Armée syrienne sur le Golan a amené Israël à stopper son aide aux rebelles du coin depuis quelques semaines. tant il est vrai qu’Israël préfère largement avoir pour voisin l’Armée syrienne que le hezbollah ou les iraniens. La situation des israéliens est aujourd’hui délicate,compte tenu du dernier “incident ” qui a amené la destruction de l’avion de reconnaissance russe. Ses pilotes ont été un peu trop “bons “,ont utilisé une tactique classique mais malvenue,et surtout étaient hors de la zone initialement prévue et communiquée aux russes. Erreur? Provocation des pilotes de leur propre chef? ou,la plus mauvaise des hypothèses,application d’un ordre? On verra. mais pour en revenir à l’essentiel,Israël a tout intérêt à retrouver à sa frontière une armée syrienne qui occupe complètement le terrain. par contre,et qu’on se le dise,Israël ne permettra jamais l’installation à demeure d’une force iranienne qui le menacerait directement. Dernière hypothèse que je garde pour la bonne bouche,les servants de la batterie de Sam qui a ouvert le feu savaient exactement ce qu’ils faisait…absurde? Creo qui absurdum.Ce serait la pire des hypothèses.

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    • Alfred // 25.09.2018 à 12h25

      Les pilotes n’ont pas été “un peu trop bons”. Ils ont utilisé une tactique classique de guerre en utilisant des gens qui n’étaient pas en guerre contre eux (ce qui relève du crime de guerre). C’est la différence de posture des uns envers les autres qui fait que cette manœuvre a réussi et non le fait qu’elle est été “bonne”. C’est typiquement ce que les anglo-saxons appellent un “cheap shot” dans le monde de la rue. C’est une minable mais grosse erreur. Ce coup ne fonctionnera plus contre quiconque et s’il ne serait pas “remboursé” par des français ou des yankees il le sera probablement par les russes (typiquement dans une “monnaie” différente mais avec un “taux de change” qui fait mal aux fesses). Bien joué les artistes. On ne va pas les plaindre.
      (Les français en ont profité pour rendre une monnaie aux Russes au sujet de la guerre électronique et de départ de missiles.. on peut le juger malvenu mais on peut le comprendre).

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      • christian gedeon // 25.09.2018 à 17h41

        Crime de guerre uniquement si la “victime ” est un avion civil,mon cher Alfred. mais relisez la fin de ma contribution. C’est peut-être le plus important.

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        • Alfred // 25.09.2018 à 21h00

          Un crime de guerre peut très bien être commis même à l’encontre de l’ennemi déclaré (assassiner des prisonniers qui s’étaient rendus, ne pas faire connaître ses couleurs au moment de passer à l’attaque lors d’une approche sous faux drapeau (si c’est le cas c’est alors une ruse de guerre), etc.. c’est assez bien défini). A fortiori le fait de se protéger derrière quiconque (personnel civil ou à statut militaire) qui n’est pas l’ennemi déclaré pour réaliser une action de guerre est un crime de guerre bien net et bien franc. Israel n’était pas en guerre contre la Russie que je sache.
          Pour la fin de votre contribution je ne doute absolument pas que le système militaro-politique syrien soit capable de produire ce genre de gugusses/raisonnements/actes (abattre un allié pour lui forcer la main). Mais je pense 1- que ce jeu aurait été trés dangeureux au regard du résultat (rapport risques / bénéfices défavorable), en particulier à ce moment là de la guerre. C’est un peu comme le coup des attaques chimiques: tant de risques pour de si petits bénéfices? (je vous accorde que l’hypothèse est moins bète car l’enjeu (israel) est plus important). Cependant les syriens ont prouvé que s’ils étaient sans pitié ils n’etaient pas idiots. Ils ne sont pas sortis vainqueurs en étant stupides. Pourquoi commencer maintenant? 2- que la réalisation pratique (en particulier discrète vis à vis de la russie) etait impossible (en particulier compte tenu des divers avis sur le niveau des syriens dans le domaine et compte tenu du niveau des russes (c’etait un avion de renseignement rappelons le..)). Bref les russes savent exactement ce qui s’est passé.
          Par contre une hypothèse que je n’ai pas vue mais que j’avance c’est une part d’erreur russe dans le concours de circonstances (à ajouter à l’acte de masquage israeleien et l’erreur syrienne): c’est le parcours de l’avion russe dans les reconstitutions montrées par la russie qui le suggère.

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    • joseph // 27.09.2018 à 16h58

      La DCA syrienne a abattu l’avion russe 40 minutes après la disparition des avions israéliens.
      Son but : renouveler à tout prix le fait d’armes d’il y a quelques mois: abattre un avion israelien.
      https://www.debka.com/israel-regrets-russian-deaths-and-downed-plane-holds-syria-responsible/
      P.S.”Credo quia absurdum”

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      • V_Parlier // 28.09.2018 à 16h59

        Affirmé avec une source qui n’existe pas…

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  • Catalina // 25.09.2018 à 12h01

    Bonjour Christian, et moi qui émettait l”hypothèse que les attaques à Deera, proche de la frontière israélienne était peut être une complicité entre Israel et les USA ( qui soutiennent tous deux les égorgeurs modérés)pour faire tomber la Syrie…c’est à cause de leur “philosohie” humaniste de changement de régime que cette idée m’est venue.
    Et oui de manière très étonnante, l’escalade a commencé là et pas ailleurs !

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  • Louis Robert // 25.09.2018 à 15h38

    Ce sont encore et toujours actes de guerre contre la Syrie par le régime de l’occupant de la Palestine.

    Une telle politique d’actes de guerre ne saurait durer. Par son déclin accéléré, l’Empire lui-même, délabré chez lui, en perte de prestige et d’influence sur tous les continents, en donne aujourd’hui le meilleur exemple.

    http://www.simonandschuster.com/books/America-The-Farewell-Tour/Chris-Hedges/9781501152672

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    • basile // 25.09.2018 à 20h51

      Trump à l’Onu a eu de violentes attaques contre l’Iran, pour cause selon lui de pouvoir corrompu, qui s’ingère dans la région. Trump souhaite le soulèvement du peuple iranien.

      A C dans l’air, les invités ont contesté que le pouvoir soit corrompu. Par contre, ils n’ont pas donné les raisons de cette haine de Trump envers l’Iran qui ne lui a rien fait.

      Chut. Il s’agit probablement du pays dont on ne doit pas prononcer le nom.

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      • Kiwixar // 26.09.2018 à 04h12

        Les Zuniens haïssent tous les producteurs de pétrole qui ne leur obéissent pas : Iran, Venezuela, Russie.

        L’Iran, c’est dans doute encore pire, puisqu’ils perpètrent un des pires crimes imaginables : une banque centrale non-alignée et qui n’est pas indépendante du gouvernement (donc qui est indépendante des cartels bancaires qui dirigent presque toute la planète).

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      • Germs // 26.09.2018 à 07h11

        Un semblant de réponces,
        1- Pendant la campagne, le président Trump a souvent dit, qu’il trouver les guerres mener par son pays inutile, mortelle et depensiére alors que le pays va à la dérive ( infratrusture, santé , etc). Mais après les milliards depenser et les soldats tué, c’était scandaleux que l’Iran” contrôle” l’Irack.
        2 – Kiwixar
        3- N’oubliez pas qu’il à grandit dans un pays où les mechants dans les films, series et livres : c’est les iraniens, ex lybien, coréen du nord etc

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  • serge // 26.09.2018 à 15h08

    Israël a besoin d’eau, de ressources à minima gazière et d’espace. A mon avis, toutes ses actions tendent à fragmenter ses voisins de telle manière qu’il puisse exister des zones grises permettant les approvisionnements en conséquence.

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  • Kokoba // 26.09.2018 à 15h24

    Si le but d’Israel est vraiment le retrait de l’Iran de Syrie alors cette stratégie est stupide.
    L’Iran n’est en Syrie que parce Bachar a désespérement besoin d’eux. Israel aurait pu apporter son soutien à la Syrie ou simplement utiliser leur influence pour que les USA arretent de déstabiliser la Syrie.
    Une Syrie stable, cela veut dire les Iraniens qui rentrent chez eux. Stratégie beaucoup plus simple et efficace.
    Donc soit les Israeliens sont stupides, soit ils ont une autre idée derrière la tete.

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  • joseph // 27.09.2018 à 16h39

    Les Israéliens étaient les seuls à avoir une bonne raison d’intervenir dans cette guerre : elle se passe directement à leur frontière.

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  • clauzip12 // 28.09.2018 à 23h06

    pour l’information de tous et plus particulièrement de Marc les avions chargés de charges explosives ne rentrent jamais sur le porte avion avec la bombe quel que soit son prix .
    le risque d’un appontage avec des déficiences n’est jamais pris parce que le navire peut être gravement endommagé voire coulé.les bombes sont larguées en mer et détruites
    quand le bombardier décolle sa cargaison est libérée d’une manière ou d’une autre
    la seule différence est sur les conséquences.

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