Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 06-11-2017

« Le cerveau de l’Homme sans mémoires est semblable à une huître sans perle » (Jacques Caron). Fait relativement rare pour être relevé dans le flot continu d’ouvrages publiés sur la Syrie depuis 2011, la sortie récente chez l’éditeur Pierre-Guillaume de Roux d’un « document » (format poche de 250 pages de lecture agréable) intitulé « Alep la guerre et la diplomatie »1. Une véritable petite perle pour celui qui s’intéresse à l’étude des relations internationales, sans préjugé et sans a priori.

Qui en est l’auteur ? Une jeune diplomate (d’une quarantaine d’années) de haut rang à la mission permanente de la Fédération de Russie auprès de l’Office des Nations unies à Genève. En 2015, elle se commet dans un autre ouvrage sur la Syrie2.

Cette diplomate n’est donc pas la première venue sur les questions syriennes. Arabisante, historienne, docteur en géographie, parlant couramment l’arabe, l’anglais, le français (le russe, il va sans dire), figure majeure des négociations de Genève sur la Syrie, Maria Khodynskaya-Golenishcheva possède donc toutes les qualités requises pour nous livrer son analyse de la crise syrienne (nécessairement subjective car comment pourrait-il en être autrement pour une diplomate russe en activité), pour une fois pourrait-on dire tant ceci se produit rarement. La parole est donc à la défense de l’approche russe. Elle est particulièrement instructive tant elle est documentée sur le plan des faits précis, articulée sur le plan des idées cohérentes. C’est ce que nous allons nous attacher à démontrer dans ce qui suit (prolégomènes, argumentaire, péroraison).

EN GUISE DE PROLÉGOMÈNES3

Un « document exceptionnel » venant de l’Est (Richard Labévière, auteur de la très didactique préface de cet ouvrage)

Une fois n’est pas coutume, pourrait-on dire. Abreuvés que nous sommes des analyses venues de l’Ouest (les « think tanks » d’Outre-Atlantique, le seul endroit où il semblerait que l’on réfléchisse à en croire les milieux diplomatiques français bienpensants, comme semble le croire le Centre d’analyse de prévision et de stratégie du Quai d’Orsay4), nous en oublierions presque que l’on réfléchit également à l’Est (en Russie). Et si étonnant que cela puisse paraître, l’on pense juste et parfois bien sur certains dossiers emblématiques des relations internationales comme le dossier syrien depuis le début des « révolutions arabes ». Le simple fait de le dire était considéré comme un crime de lèse-pensée unique, il y a peu. Or, aujourd’hui, nous avons entre les mains un « document » fort instructif, même s’il n’est pas exempt de critiques au titre d’une légitime disputatio. Nul n’est parfait et nul ne détient la vérité dans le domaine des relations internationales.

Des questions dérangeantes pour l’Occident

Comment l’ours du Kremlin, cette ex-barbouze pourrait-il rivaliser intellectuellement avec ces génies français sortis des meilleures écoles de la République (ENA, HEC, X, ENS) qui possèdent la vérité révélée sur tout ? Comment ce malotru, ce pouilleux peut-il envisager le plus sérieusement du monde de rejouer un rôle de premier plan dans le concert des nations comme cela fut le cas pendant la guerre froide ? Comment peut-il avoir le toupet d’en finir avec ce moment unipolaire qui succède à la chute du mur de Berlin pour en revenir à un monde bipolaire et parler d’égal à égal avec Washington ?

Comment peut-il penser qu’il va mettre de l’ordre dans une Syrie sans dessus dessous après plusieurs années d’une guerre civile largement entretenue par les pétromonarchies sunnites du Golfe et par les Occidentaux (Américains, Français et Britanniques distribuant manu larga armes sophistiquées à une opposition démocratique introuvable et qui se retrouvent peu après dans les mains de l’EIIL) ? Comment Vladimir Poutine peut-il mieux comprendre « l’Orient compliqué » (général de Gaulle) que ceux qui en ont dessiné les frontières après la Première Guerre mondiale (accords Sykes-Picot) que sont les Britanniques et les Français ? Comment obtenir plus pour la paix des puissances régionales associées dans le processus d’Astana qu’avec les États-Unis ?

La réponse à toutes ces questions nous est fournie par cette diplomate russe, experte du monde arabe et du multilatéralisme qu’elle nous livre dans cette « petite contribution à la recherche de la paix », selon ses propres termes.

EN GUISE D’ARGUMENTAIRE

Nous nous bornerons à suivre le fil du récit – il se lit comme un roman policier – tel qu’il nous est proposé par l’auteur pour tenter de ne pas dénaturer son propos.

Introduction

Dans cette introduction intitulée « Un nouveau retour de la Russie », Maria Khodynskaya-Golenishcheva plante intelligemment le décor de la bataille d’Alep dans toutes ses dimensions (diplomatiques, militaires, stratégiques, géopolitiques, historiques, économiques…) en mettant l’accent sur les ambitions initiales des différents acteurs régionaux et extra-régionaux, en particulier du rôle peu glorieux des Occidentaux qui ont voulu transformer la ville d’Alep en « capitale alternative » de la Syrie. Dès le départ, l’auteur compare les objectifs des Russes (cohérents et constants) et ceux des Occidentaux (flous et variables) qui conduisent à une « grande victoire diplomatique » de la Russie.

Alep, guerre médiatique

D’entrée de jeu, l’auteur insiste sur la dimension médiatique de la bataille d’Alep (« propagande antisyrienne et antirusse ») tant elle se joue plus sur les réseaux sociaux que sur le terrain. Elle analyse précisément toutes les officines mises en place par les Occidentaux (anglo-saxons avec détermination et zèle) pour présenter une réalité binaire : les bons et les méchants (avec trucage de vidéos, incohérences dans les relations des bombardements des convois humanitaires). Elle dénonce la « communication massive » des médias occidentaux qui critiquent les méthodes utilisées à Raqqa lorsqu’ils louent les mêmes méthodes employées par la coalition occidentale contre l’EIIL à Mossoul. Une sorte de deux poids, deux mesures ; d’indignation à géométrie variable !

L’ONU au secours des jihadistes

L’auteur est particulièrement sévère sur l’ONU, ses organisations à vocation humanitaire qui seraient en contradiction avec les nobles principes posés par la Charte de San Francisco. Certains fonctionnaires internationaux (britanniques en particulier), certaines ONG y seraient les faux-nez des Américains et de la CIA dont ils ne seraient que les exécutants serviles. De nombreux faits documentés et datés nous sont fournis à l’instar de documents censés être rédigés par des groupements terroristes écrits dans un anglais oxfordien alors que leurs dirigeants seraient incapables de parler en anglais.

L’auteur s’interroge sur la détermination américaine réelle ou feinte de lutter contre l’EIIL dans la région tant est évidente la contradiction entre les paroles et les actes, une sorte de cacophonie diplomatico-militaire. Les batailles sur le nombre de terroristes présents à Alep (minimisé à dessein par les Américains) en fournissent un exemple éclairant, peu à l’honneur de Washington dont on ne parvient pas à définir ses véritables buts de guerre. Faire tomber Bachar Al-Assad dans une nouvelle opération de changement de régime ou casser le pays pour mieux le tenir par la suite en y installant quelques technocrates à sa botte pour tirer les marrons économiques du feu ? Quid de la priorité affichée d’éliminer l’EIIL ?

Négociations américano-russes

Le récit démontre à l’envi, de manière chronologique et notariale, la mauvaise foi patente de Washington qui contribue à prolonger la bataille d’Alep, multipliant à l’infini les préalables pour défendre directement les thèses de ses protégés du Golfe et indirectement des groupes terroristes, y compris les plus radicaux. Si John Kerry apparait comme un interlocuteur raisonnable aux yeux de l’auteur, Barack Obama est présenté comme le pire obstacle au « reset » par ses prises de position absurdes, prisonniers des faucons du Pentagone. Ce qui ne manque pas de piquant pour le prix Nobel de la paix 2009.

Les contradictions entre les diplomates, les militaires, la CIA et autres officines plus au moins clandestines éclatent au grand jour à l’épreuve des faits. De crise en crise, et en dépit de la volonté russe de maintenir ouvert le canal bilatéral par intérêt bien compris (ne soyons pas naïfs !), Moscou se tourne vers les principaux acteurs régionaux (Iran et Turquie principalement) dans divers formats sui generis de négociation pour conclure à son avantage la bataille d’Alep… et éventuellement de la majorité silencieuse syrienne lasse d’une guerre de sept ans qui n’a amené que chaos et désordre. Où sont passés les promesses d’un « printemps arabe » aux saveurs exotiques que l’on nous servait dans la presse « mainstream » ?

Libération d’Alep

À toute chose malheur est bon ! Conscient des limites intrinsèques du dialogue bilatéral, Moscou parvient à la conclusion opérationnelle que la clé de la libération d’Alep ne se trouve pas nécessairement à Washington mais aussi et surtout à Ankara et à Téhéran. De proche en proche, la diplomatie russe imagine de nouveaux formats de négociation sui generis et inclusifs lui permettant parfois d’avoir, via les acteurs régionaux, un accès direct aux principaux responsables de la galaxie terroriste (des plus modérés aux plus extrémistes) pour faire avancer la solution du problème d’Alep en épargnant au maximum les vies des civils otages.

Et, cela fonctionne parfaitement et dans la plus grande discrétion. Ceci démontre l’importance d’une diplomatie de la discrétion (qui ne se fasse pas dans les médias) et du pragmatisme (qui ne se ferme aucune porte pour parvenir à un but précis). La diplomatie de Serguei Lavrov, ça fonctionne et ça fonctionne très bien sans que l’intéressé vienne s’auto-glorifier à l atélévision comme le faisait en son temps le sinistre Laurent Fabius, celui à qui on doit en partie le naufrage de la diplomatie française.

Leçons d’Alep et géopolitique de la crise syrienne

En diplomate et chercheuse avisée qu’elle est, l’auteur passe de la pratique (description exhaustive de tous les outils de la boîte à outils diplomatique utilisés par Moscou) à la théorie (« loi du dualisme polycentrisme : deux piliers entourés d’une multiplicité d’acteurs jouissant de niveaux d’influence différents. En fait, jusqu’à quel point la verticale disciplinaire peut-elle s’imposer dans le cadre d’un système où deux forces prennent des décisions dont la mise en œuvre ne dépend pas d’eux mais de leurs alliés poursuivant des intérêts tout à fait divergents dans la même région ? », pages 136 et 137) pour tirer les conclusions de ces dernières années de guerre en Syrie en des termes originaux auxquels nous ne sommes guère habitués tant la pensée libre bâillonnée, l’information uniforme en Occident. C’est l’une des caractéristiques de la méthode scientifique de Claude Bernard qui écrivait en 1865 : « le savant complet est celui qui embrasse à la fois la théorie et la pratique expérimentale ».

La lecture de cet ouvrage est rafraichissante intellectuellement tant elle nous change de la pensée unique germanopratine même, s’il va sans dire, que nous ne partageons pas toutes les analyses de cette diplomate russe, précisons-le une nouvelle fois pour éviter tout malentendu. À cet égard, nous devons féliciter l’éditeur Pierre-Guillaume de Roux pour son ouverture d’esprit et son souhait d’ouvrir sa Maison à des thèses très variées, voire iconoclastes par rapport à l’uniformité ambiante !

EN GUISE DE PÉRORAISON5

Les enjeux de la crise

Nous ne saurions trop conseiller aux lecteurs de prochetmoyen-orient.ch de découvrir cet ouvrage pour se faire une idée plus précise des enjeux de la crise syrienne, pour peser les arguments des uns et des autres, pour comprendre comment la guerre a évolué au cours des trois dernières années dans un sens que personne n’aurait imaginé à l’Ouest, y compris ceux qui déversent leur absence de science sur les chaînes d’information en continue et dans des romans à l’eau de rose6.

Cette analyse russe est à mettre en relation directe avec la rencontre du 5 octobre 2017, à Moscou, entre le roi d’Arabie saoudite, Salman bin Abdelaziz et le président russe Vladimir Poutine (première du genre). Riyad serait désormais disposé à ne plus s’opposer au maintien de Bachar al-Assad à la tête de la Syrie – ce qui semble de toute manière acquis sur le terrain -, à la condition que la Russie calme les ardeurs, militaires comme économiques, de l’Iran à Damas. Ce qui tombe plutôt bien : le Kremlin essaye déjà de contenir une trop grande expansion militaire de Téhéran et de ses supplétifs dans le pays7. Comme dirait l’autre, les mouches ont changé d’ânes. Les Occidentaux vont-ils tirer les conséquences de leurs erreurs ? Dans l’affirmative, quand et sous quelle forme ? Quand iront-ils, la corde au cou, à Canossa boire le calice jusqu’à la lie ?

Une magistrale leçon de diplomatie

Le moins que l’on puisse dire est que Moscou sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas depuis le début de la crise syrienne. Aucune variation dans les objectifs, aucune hésitation sur les moyens diplomatiques et militaires. Pour s’en tenir à une définition classique du terme (celle d’un Gabriel Robin ou d’un Hubert Védrine), c’est ce que l’on qualifie chez les experts d’une authentique politique étrangère : une stratégie, une tactique, une volonté et des moyens. Tout ceci est décliné avec détermination et pragmatisme grâce à une diplomatie digne de ce nom qui n’hésite pas et qui demeure insensible au brouhaha médiatique et à la politique de l’émotion et de la compassion. Dès le mois d’avril 2016, nous avions tenté d’expliciter toutes les raisons objectives qui devaient conduire à un succès russe en Syrie8. Les faits nous ont – heureusement ou malheureusement – donné raison. En diplomatie, comme dans de nombreuses autres disciplines des sciences humaines, le réel finit toujours par l’emporter.

La France paie aujourd’hui la facture de ses incohérences répétées incompréhensibles, intérêt et principal. On manque de s’étouffer à découvrir dans le JDD du 22 avril 2017 les remarques suaves de Jean-Yves Le Drian sur la fin de la bataille de Raqqa. Il regrette qu’un « accord local a permis à certains djihadistes de fuir Raqqa en échange d’une accélération de la reprise de Raqqa. Mais ils n’iront pas très loin. Ils se regrouperont dans un dernier réduit qui, lui aussi, finira par tomber et ce sera la fin de l’organisation Daech en Syrie. C’est leur chant du cygne »9.

On ne peut que regretter les pudeurs de gazelle de notre lorientais lorsque ce sont des centaines de djihadistes les plus redoutables (ce que nous sommes censés combattre dans la région et en France) qui ont été autorisés à quitter Alep grâce à la médiation américaine que narre l’auteur du document que nous étudions !

Une superbe claque au Quai d’Orsay

Les rares développements consacrés à la France et à son absence dans le règlement de la crise syrienne sont pour le moins sévères. Par bonté d’âme, nous nous en tiendrons à une seule citation qui résume bien l’indigence de la diplomatie française dans un pays où elle disposait de nombreux atouts : « La rupture des négociations russo-américaines fut accueilli par certains acteurs, qui suivaient de près le dialogue noué entre Moscou et Washington, avec un soulagement non dissimulé. Ce fut notamment le cas de la France, Paris, décidant qu’il était temps de reprendre la main dans cette région dont sa diplomatie s’était exclue elle-même. Rappelons qu’en mars 2012 le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé décidait de fermer l’ambassade de France à Damas. Rien de moins ! » (page 159).

Toutes ces critiques sont amplement méritées. Si nous avions un conseil à prodiguer au responsable de la bibliothèque du ministère des Affaires étrangères, ce serait de faire l’acquisition de plusieurs exemplaires de cet ouvrage et d’en offrir un à Alain Juppé, à Laurent Fabius, à Jean-Marc Ayrault, à Jean-Yves Le Drian… et à notre ex-ambassadeur à Moscou (aujourd’hui ambassadeur à Pékin mais qui n’a toujours rien compris à la Russie où il a pourtant passé quatre années10) afin qu’ils méditent tous sur l’étrange défaite de la France en Syrie. Un cas d’école que l’on devrait enseigner dans toutes les écoles diplomatiques. Même si Maria Khodynskaya-Golenishcheva n’est pas Marc Bloch, son document en a tous les ingrédients indispensables : réalisme, lucidité, attachement aux faits, à la vérité des faits. Hommage doit être rendu une fois de plus à l’ex-ambassadeur de France à Moscou, Jean de Gliniasty pour sa clairvoyance dans un ouvrage de qualité qui a fait l’objet d’une présentation dans ce magazine11.

Alep, rien de nouveau… ou presque, à savoir le retour de la Russie et la perte d’influence durable des Occidentaux dans la région du Proche et du Moyen-Orient.

Guillaume Berlat
6 novembre 2017

1 Maria Khodynskaya-Golenishcheva, Alep la guerre et la diplomatie, Pierre-Guillaume de Roux, 2017.
2 Maria Khodynsjkaya-Golenishcheva, Du bon côté de l’histoire – La crise syrienne dans le contexte du devenir de l’ordre mondial multipolaire, éditions moscovites, Olma Media Group, 2015.
3 (1) Longue introduction placée en tête d’un ouvrage, contenant les notions préliminaires nécessaires à sa compréhension, (2) Ensemble de notions préliminaires nécessaires à l’étude d’une science, d’une question particulière, www.cnrtl.fr/definition/prolégomènes
4 Avant-propos de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Les mondes de 2030, Les Carnets du CAPS, Hors-série, été-automne 2017.
5 Conclusion ou dernière partie d’un discours dans laquelle l’orateur rappelle brièvement et de manière concise, l’essentiel de son propos et dont le but est de remporter la conviction de l’auditoire, www.cnrtl.fr/definition/péroraison
6 Jean-Pierre Filiu, Je vous écris d’Alep. Au cœur de la Syrie en révolution, Denoël, 2013.
7 Arabie Saoudite/Russie. Salman prêt à garder Bachar, www.IntelligenceOnline.fr , 18 octobre 2017, p. 3.
8 Guillaume Berlat, L’étrange victoire ou les clés du succès russe en Syrie, www.prochetmoyen-orient.ch , 18 avril 2016.
9 Jean-Yves Le Drian, « Un accord local a permis à certains djihadistes de fuir Raqqa », www.jdd.fr , 21 octobre 2017.
10 Conférence de M. Jean-Maurice Ripert sur le thème « France-Europe-Russie » co-organisée par le comité ANAJ/IHEDN et EuroDéfense-France, Amphithéâtre Des Vallières, École Militaire, Paris, 5 septembre 2017.
11 Jean de Gliniasty, La diplomatie au « péril des valeurs », LInventaire, 2017.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 06-11-2017

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34 réponses à Alep : Guerre, paix et mythologies, par Guillaume Berlat

Commentaires recommandés

DUGUESCLIN Le 10 novembre 2017 à 07h43

Il fut un temps lointain où en France (malgré son passé colonialiste) la bonne vieille tradition de diplomatie avait fort à faire face à l’impérialisme anglo-saxon. Elle avait su échanger avec la Russie culturellement et diplomatiquement s’en faisant une amie. Mais les impérialistes anglo-saxons ne pouvaient accepter une telle alliance qui leur faisait perdre leur domination.
Au Liban, en Irak et en Syrie, la France avait des amis, beaucoup d’étudiants de ces pays venaient en France, parce que, bien que colonialiste, elle cultivait aussi l’amitié et le respect.
Cette diplomatie sous l’influence anglo-américaine n’existe plus. L’amitié franco-russe est oubliée au détriment et contre les intérêts européens. Mais la Russie qui est la plus grande puissance européenne n’a pas faillie et ses succès seront profitables à l’Europe toute entière malgré les européistes qui persistent à se soumettre à un empire qui n’est pas le leur.
Les vestes vont se retourner c’est la logique de l’histoire.

  1. Nicolas Le 10 novembre 2017 à 06h52
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    Analyse intéressante avec au début une parenthèse comme une mouche dans la soupe : “nécessairement subjective car comment pourrait-il en être autrement pour une diplomate russe en activité”. Comme si les diplomates occidentaux, dont le travail est de promouvoir une politique néocoloniale, étaient “objectifs”.


    • Haricophile Le 10 novembre 2017 à 09h05
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      Je ne l’entend pas dans ce sens. Je l’entend comme le fait que l’auteur ne considère pas le point de vue Russe comme une «vérité révélée» (allusion catholique)

      Les Russes ne sont pas du tout neutres dans cette histoire. Même s’il se montre dans les faits qu’ils sont une source d’information et d’analyse beaucoup plus fiable et intelligente que le conglomérat émirat-occident, il est évident que leur point de vue est partial comme tout point de vue, et intéressé.

      Que ces analyses apportées, d’une grande intelligence, correspondent infiniment mieux à la réalité de ces événements complexes que la propagande de guerre servie par nos experts médiatiques illuminés et dirigeants corrompus ne doit pas faire oublier de brancher son cerveau. Les erreurs de l’un ne donne pas à l’autre systématiquement raison.


      • Nicolas Le 10 novembre 2017 à 14h04
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        Il ne m’est pas venu à l’idée que le point de vue de la diplomate russe en question est “objective”. Tout simplement parce que je considère que cette notion est idiote et fait partie de la propagande occidentale : ce que dit le porte-parole du Pentagone / de la Maison Blanche… est objectif, tout ce qui les contredit ne l’est pas. Il faut tout simplement se débarrasser de l’idée qu’il y aurait des points de vue objectif. Il y a des faits. Il y a ensuite d’une part divers points de vue qui sont en accord avec les faits, et d’autre part points de vue qui sont en désaccord avec les faits.
        On peut avoir diverses opinion de la politique étrangères russe, mais quand les médias US expliquent que la Russie en Syrie fait le jeu de Daech, c’est un point de vue qui contredit des faits connus. Sur la Syrie comme sur plusieurs autres sujets, le point de vue russe a au moins le mérite d’être compatible avec les faits connus.


  2. DUGUESCLIN Le 10 novembre 2017 à 07h43
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    Il fut un temps lointain où en France (malgré son passé colonialiste) la bonne vieille tradition de diplomatie avait fort à faire face à l’impérialisme anglo-saxon. Elle avait su échanger avec la Russie culturellement et diplomatiquement s’en faisant une amie. Mais les impérialistes anglo-saxons ne pouvaient accepter une telle alliance qui leur faisait perdre leur domination.
    Au Liban, en Irak et en Syrie, la France avait des amis, beaucoup d’étudiants de ces pays venaient en France, parce que, bien que colonialiste, elle cultivait aussi l’amitié et le respect.
    Cette diplomatie sous l’influence anglo-américaine n’existe plus. L’amitié franco-russe est oubliée au détriment et contre les intérêts européens. Mais la Russie qui est la plus grande puissance européenne n’a pas faillie et ses succès seront profitables à l’Europe toute entière malgré les européistes qui persistent à se soumettre à un empire qui n’est pas le leur.
    Les vestes vont se retourner c’est la logique de l’histoire.


  3. max Le 10 novembre 2017 à 07h59
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    Livre que je vais de suite acheter, non pas pour ses analyses pro-russes mais pour tenter de comprendre comment l’OTAN et Israël se sont fourvoyés une nouvelle fois dans un imbroglio qu’ils pensaient imperdable.
    Le constat
    La chute de la maison Assad de Syrie n’a pas eu lieu.
    Les troupes iraniennes sont à la frontière du Koweït, de l’Arabie Saoudite et sans doute en Syrie.
    L’aviation israélienne est surveillée par les radars russes.
    Le paradoxe est que militairement Israël n’a jamais eu une telle puissance de feu mais n’a jamais été aussi vulnérable.
    Tsahal, ca veut dire Armée de Défense d’Israël et à ce titre c’est une armée frontalière, comme pour la Russie.
    Les aventures de Bibi et des USA, l’expose maintenant en 1ere ligne.


  4. Fritz Le 10 novembre 2017 à 08h02
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    “l’étrange défaite de la France en Syrie”, c’est la défaite de la bêtise satisfaite, du conformisme triomphant, de l’alignement servile sur le bloc occidental. Celle du “sinistre Fabius”, certes, mais pas seulement. Celle de toute une génération ignare et suffisante qui a coulé notre pays et l’a rendu haïssable et méprisable à travers le monde.

    Ces saboteurs devront payer. La route est longue mais il ne tient qu’à nous de la prendre, ici et maintenant.


    • basile Le 10 novembre 2017 à 10h06
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      je crains que pour ces gens là, il n’y ait jamais de défaite proprement dite. Il y a toujours un point positif pour justifier leur action

      Concernant la France et la Syrie, la défaite sur place est compensée par le fait qu’ils aient pu abondamment faire rentrer dans les crânes des crédules que la Russie bombarde des civils, qu’elle utilise ses vieilles bombes non guidées, qu’elle a détruit 50 hôpitaux à Alep, qu’elle était au courant de l’attaque chimique, qu’elle a bombardé un convoi de l’ONU.

      cela leur suffit, pourrir l’image de la Russie dans l’esprit du Français moyen (même de nos propres amis). Va lutter contre ça. A leur yeux, la perte de la Syrie est mineure

      Concernant les Américains et sur un autre sujet, les adversaires de Trump ont gagné quelque chose d’hyper important : Trump n’a pas mis les pieds à Moscou en un an. Mais est en Chine. Va comprendre.


    • UnKnown Le 10 novembre 2017 à 10h23
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      2 Rue de Montpensier, 75001 Paris, il y a une belle tête d’œuf à entarter… La ruine du peu d’influence qu’avait encore la France dans le monde Arabe est récompensée par une nomination à la présidence du Conseil Constitutionnel…


      • Madudu Le 10 novembre 2017 à 12h19
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        La modération ne doit pas laisser passer ça : imaginez ce que les ennemis de ce blog pourraient en faire !


        • Papagateau Le 10 novembre 2017 à 15h35
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          Si tu te souci de l’opinion des ennemis de ce blog, alors tu n’es pas un bon soutien de ce blog ; Car il n’y aurait plus qu’à se taire, ou pire : Les approuver.


          • Fritz Le 10 novembre 2017 à 15h44
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            Allons, @Papagateau, le commentaire de Madudu est ironique.

            Si Noël Godin nous lit, qu’il se fournisse chez son pâtissier habituel pour garnir notre chauve constitutionnel.


  5. Fritz Le 10 novembre 2017 à 08h11
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    Ce matin sur Europe 1 : plaidoyer larmoyant pour accueillir en France les “revenants”, ces sympathiques jeunes gens qui ont fait le djihad en Syrie, ainsi que leurs familles. No border !

    Et c’est le même genre de médias qui nous casse les oreilles avec “la menace terroriste” et le “nécessaire état d’urgence”.


    • Alfred Le 10 novembre 2017 à 09h04
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      Je pense que nous payerons cher, nous citoyens, notre passivité sur ce sujet. En introduction admirez la belle barbe de hipster de Abu Sakr ancien procureur de daesh à raka:
      http://www.parismatch.com/Actu/International/Abou-Sakr-Nous-etions-a-Raqqa-pour-construire-le-Califat-1374725
      Il est bon de rappeler que sous ce califat votre vie (d’athée, de chrétien
      ou de musulman pas d’accord) valait autant que celle d’un chien des rues si vous étiez un homme. Quant à votre valeur si vous étiez une femme il s’agisait de votre valeur marchande. Les candidats au retour ont adhéré à cette idéologie et profité de ce système (tout comme on profite de la sécu en France).
      Hormis une forme tordue de racisme qui consiste à se croire supérieurs à tout le monde (et que notre civilisation est plus aboutie) il n’y a aucune raison d’accueillir des rouages d’une idéologie totalitaire et exterminatrice, tous occupés à minimiser leur rôle (à la maniere des nazis de l’apres guerre). Et pourtant on veut nous faire accpeter les “rat-line” d’ex-daesh.


      • briska Le 10 novembre 2017 à 17h09
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        Exactement! C’est une forme tordue de racisme, le vrai, celui de l’homme qui se croit le plus accompli.


      • Lysbeth Levy Le 12 novembre 2017 à 09h50
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        Et ça gène personne que cet ex-daeshien revienne en France avec des antécédents de crimes possibles ? Comment peux t’il parler tranquillement alors qu’il a sans aucun doute commis l’indicible ? C’est choquant alors qu’on nous dis que le retour des daeshien serait “contrôlé” celui ci se répand dans la presse pour nous expliquer sa vie en Syrie à Raqqa pour le Califat ..N’est il pas dangereux ?


    • Alfred Le 10 novembre 2017 à 09h12
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      Il me semble que la cause devrait être entendue pour les adultes, hommes et femmes (et pourtant). C’est plus corsé pour les enfants. Cherchez donc les videos sur “les lionceaux” du califat” et vous comprendrez le problème. Il est peut être utile ici de rappeler l’attentat contre un commisariat de police de damas perpetré par ..; deux petites filles de 7 et 9 ans que le papa avait envoyé se faire sauter (et la mere?). L’une l’a fait l’autre non. Il me semble donc qu’il n’existe qu’une solution (les enfants étants par definition inocents jusqu’à un certain age). Il faut accepeter les enfants seuls comme des orphelins et mettre les myens pour s’occuper d’eux. Sans les parents. C’est bien ce que nous ferions si une secte se créait demain ici, dont les membres appelaient sérieusement au meurtre de tous les rouquins: les enfant seraient placés et séparés de leurs parents.
      Cela c’est pour les anciens de daesh. Pour les anciens d’al nosra et de toute la galaxie dans la province d’ildib, vous n’en entrez pas parler. Une partie est déjà rentré d’elle même. Et le problème est le même.


    • Alfred Le 10 novembre 2017 à 09h30
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      Pour terminer sur ce dossier comme sur le nucléaire le plus inquiétant n’est pas le fond du dossier mais la façon dont il sera traité par les gouvernements successifs et par les médias. L’expérience prouve qu’il est totalement impossible de faire confiance à l’un comme à l’autre. Absence totale de transparence, mensonges sur les objectifs, arrangements sur les chiffres, utilisation du pathos,etc… Rappelons qu’au moment même ou les assassins des attentats parisiens passaient les frontières européennes il était certifié urbi et orbi qu’il était rigoureusement impossible que des terroristes se glissent parmi les migrants. (il suffit de retrouver les archives du monde de l’époque, entre autres). On peut comprendre la volonté de ne pas “faire d’amalgames”, mais c’est au contraire l’absence de confiance dans les autorités instituées (politiques et médiatiques) qui crée le manque de confiance et le rejet.


  6. francois Marquet Le 10 novembre 2017 à 08h15
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    Poutine avait annoncé son but premier: combattre les terroristes en Syrie pour ne pas avoir à les combattre dans le Caucase. Une troisième guerre de Tchétchénie, très peu pour lui.
    Bien sûr se greffent aussi des intérêts économiques sur l’affaire Syrienne. Mais penser que les russes allaient changer de ligne ou mollir était pour le moins naif.
    D’autre part, le soutien d’environ une moitié des Syriens à Bashar El Assad, seul garant du multiculturalisme Syrien, était documenté. Mais il n’est pas pire aveugles que ceux (Fabius, Juppé Hollande, Le Drian) qui ne veulent pas voir. La réalité les a rattrapés, mais les dégâts sont là: La France a perdu la main dans son pré (Syrie, Liban) et les russes, prêts à tout pardonner aux Français, mêmes les aventures de Napoléon à Moscou, nous regardent désormais comme des supplétifs des USA, plus comme un peuple souverain. Bref, comment décevoir ses amis tout en sacrifiant ses intérêts.


    • DUGUESCLIN Le 10 novembre 2017 à 17h31
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      Il fut un temps où la langue française était la langue des diplomates. Les russes apprenaient le français.
      Les temps ont changé. Allons-nous apprendre la langue russe, désormais?
      Les temps ont changé mais l’histoire n’est pas terminée.


  7. Alfred Le 10 novembre 2017 à 08h24
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    Merci beaucoup à m. Berlat (ainsi que les crises) de nous faire découvrir ce livre qui promet d’être passionnant. En particulier il sera très intéressant de confronter le dessous des cartes ainsi présenté après coup avec les infiltrations qui nous parvenaient à l’époque (que ce soit par des canaux annexes ou par les médias).
    (Ce livre faut penser à celui écrit “après coup” par un diplomate français témoin sur place de la partition du Soudan : “le Soudan dans tous ses états”. Juste pour dire qu’il a existé une diplomatie française (avec ses défauts mais une colonne vertébrale et des cerveaux) avant les “boillon” et “Fabius”).


  8. Brigitte Le 10 novembre 2017 à 08h46
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    Même si on peut regretter que Guillaume Berlat mette parfois des gants pour faire l’éloge de cet ouvrage, comme le note Nicolas, de peur d’être accusé de faire de la propagande pro-russe ? c’est un réel plaisir de lire cette critique si bien argumentée, sans appel pour la diplomatie française à la botte de Washington depuis au moins un demi-siècle, ne parlons même pas des anglais, dont on devrait rechercher le gène de la perfidie….Voici un ouvrage que je vais (m’) offrir en cette fin d’année.
    La guerre (civile) en Syrie touchant à sa fin, ne voilà t-il pas que les médias nous parlent maintenant de celle au Yemen? je crains hélas qu’une guerre en remplace une autre et que les mêmes acteurs joueront les mêmes rôles dans ce film d’horreur militaro-économico-diplomatique.


  9. rosecestlamort Le 10 novembre 2017 à 12h56
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    en complement, récente interview pas piquée des hannetons par nos amis suisses de la dame en question à la sortie du dit bouquin
    https://www.tdg.ch/monde/moyen-orient/reglera-crise-syrienne-iran/story/25449917


  10. christian gedeon Le 10 novembre 2017 à 15h54
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    Je vais l’acheter… c’est sympa,il y a quelque semaines déjà,j’écrivais que les intêrets russes et iraniens n’étaient pas les mêmes,ce qui paraît évident…et si le nouvel homme fort de l’As montre les dents aujourd’hui,en l’absence de toute réaction russe,c’est que ce point a été évoqué avec M. Poutine…et que se met déjà en place le nouvel acte,celui de la limitation de l’influence iranienne en Syrie et au Liban. Espérons que le message sera bien entendu à Téhéran. Je crois qu’il le sera.dans l’intérêt de tous.


  11. Laurent Fournier Le 10 novembre 2017 à 16h00
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    Ce livre a l’air tres interessant en effet.

    Un autre paru en mars, plus centre sur les aspects francais, et recemment traduit en Russe:

    http://ast.ru/catalog/955773.php

    a bientot une recession dans les-crises.fr?


    • Fritz Le 10 novembre 2017 à 20h03
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      Une récession du blog, personne ne l’espère. Quant à une recension d’un livre de Thierry M., il ne faut pas exagérer.


      • Laurent Fournier Le 11 novembre 2017 à 05h25
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        Merci de votre reponse. Pas de probleme, je ne veux pousser personne. La diversite mediatique est necessaire.


  12. Laurent Fournier Le 11 novembre 2017 à 05h19
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    Guillaume Berlat parle comme Serguei Lavrov ou Poutine: Avec non seulement beaucoup de politesse, mais meme avec une delicatesse diplomatique a l’extreme, que la plupart des occidentaux trouveraient deplacee si elle ne leur etait pas adressee (meme lorsqu’elle leur est adressee, une attitude hostile leur permettant de reciproquer sans se gener).

    Il y a deux manieres de gerer le terrorisme, Armes de fusils, on les massacre. Armes de rafales, de satellites, d’awacs et de bombes atomiques, on negocie. Et meme on ne les appelle pas “terroristes” mais “collegues”. Contredisez-moi si j’ai tord.

    Mais il y a encore autre chose dans l’attitude russe. Ils ont probablement determine qu’ils n’ont rien a gagner a une europe et une amerique hostiles ou en ruines. Et s’ils devaient choisir, ils prefereraient encore un occident hostile. Ca nous parait incomprehensible, car nous ne connaissons que deux alternatives, la domination par la force d’une part, et la non-violence d’autre part (en general percue comme une abstraction theorique).

    Mais il y a une troisieme possibiite: La notion “a chacun ses responsabillites”. La Russie n’a pas interet a la chute de l’Europe, qu’elle craint, car elle ne peut pas tout faire. Ce respect que la Russie nous porte est a la fois sincere et pragmatique. Une notion que la politique occidentale gagnerait a acquerir, si elle en est encore capable.


    • Fritz Le 11 novembre 2017 à 08h52
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      La diplomatie, c’est la politesse entre les nations : indispensable pour éviter la violence, et inspirée par un sentiment d’humanité commune. Je crains que “l’Occident” soit incapable de retrouver le respect et le pragmatisme de la diplomatie russe.


    • Louis Robert Le 11 novembre 2017 à 15h45
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      « Il y a deux manières de gérer le terrorisme… Contredisez-moi si j’ai tort ». Je me permets donc de plutôt compléter, Laurent…

      Je crois que le Président Poutine connaît une troisième manière, préventive celle-là, qui consiste à prendre soin de ne pas engendrer « le terrorisme » en détruisant des pays entiers, l’un après l’autre, et en décimant leurs populations, millions de réfugiés à la clé… et surtout s’abstenir d’ensuite les financer, les armer, les entraîner, les diriger et les encourager, ces terroristes, à renverser des gouvernements légitimement élus! À preuve, ce discours qu’il a prononcé à l’ONU où il interroge l’Empire d’Occident tout entier en ces termes: « Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait? »

      http://arretsurinfo.ch/poutine-avez-vous-au-moins-conscience-de-ce-que-vous-avez-fait/


      • Laurent Fournier Le 12 novembre 2017 à 11h03
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        Absolument. Merci.

        Ca me rappelle ce que presque tous les officiels cambodgiens ont dit a l’ambassadeur americain Dean en 1975, en refusant l’evacuation de derniere minute qui etait offerte a une minuscule minorite (quelques dizaines de personnes) de l’elite de Phnomh Penh: “Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait?”. Sirik Matak, premier ministre, ayant refuse d’abandonner son pays, a dit a l’ambassadeur Dean, (qui dirigeait depuis l’ambassade des bombardements comme celui-la:

        https://www.youtube.com/watch?time_continue=95&v=hks39OeJYAs

        que sa seule erreur fut d’avoir “cru” les americains. Tout en lui souhaitant ses meilleurs voeux.

        Ce geste de de dignite et de courage a empeche les americains de partir la tete haute, et hante encore aujourd’hui l’ambassadeur Dean. Je crois que le caractere dramatique, et popularise dans des films a succes, de la chute de Phomh Penh doit essentiellement a ce dernier geste de dignite et de courage de l’elite cambodgienne, et au fait que leur attitude a ete rendue publique.

        Mais il n’y a pas de raison de penser que cet exemple n’a pas eu lieu pour d’autres villes aneanties, comme Mossoul, Sirte, Bagdad (je pense a Tareq Aziz par exemple).


  13. Louis Robert Le 11 novembre 2017 à 13h36
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    En ces temps d’extrême imposture en Occident (« fake news, media, institutions, diplomacy, fake all…») je veux souligner combien il est renversant de lire qu’«abreuvés que nous sommes des analyses venues de l’Ouest… nous en oublierions presque que l’on réfléchit également à l’Est… », et que « si étonnant que cela puisse paraître, l’on pense juste et parfois bien sur certains dossiers emblématiques des relations internationales. »

    Ces propos me rappellent ce livre de K. Mahbubani, longtemps ambassadeur de Singapour à l’ONU, intitulé ironiquement: “Can Asians Think?”.

    Derrière l’indigence de la diplomatie occidentale (Proche et Moyen-Orient, Ukraine, Pays baltes, Corée, etc.., que les conflits permanents et la guerre perpétuelle, chaque jour plus nucléairement menaçante!

    Et dire que nous tourner vers l’Est pour mieux penser non seulement nous mérite le mépris voire l’opprobe de tant de nos concitoyens, mais provoque maintenant une censure d’une si rare virulence…


  14. passerby Le 11 novembre 2017 à 22h54
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    Un Suède un peu particulier en vacances en Syrie. Deux pages de son blog: Damas http://unusualtraveler.com/damascus/ et Alep http://unusualtraveler.com/aleppo/ . En anglais, illustré.


  15. Laurent Fournier Le 16 novembre 2017 à 12h30
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    Lorsque le navire coule, les rats sortent en ordre disperse. On a vu le curieux cas de la famille Seoud attaquant le Qatar, l’OTAN essayant a tous prix de garder, meme a la limite de faire semblant de garder, la Turquie, et soudainement coup de theatre, la BBC tourne conspirationiste: Elle nous montre les Etats-Unis laissant les cadres de l’EI partir de Raqqa! Incroyable, le decodex va-t-il classer la BBC “rouge”? Perfide Albion, agent double des Soviets…

    Pendant ce temps, imperturbable, Lavrov rappelle a qui veut l’entendre que 1) le Hezbolla est en Syrie legalement, et que 2) les gens qui attaquent les civils en Syrie sont les proteges des Etats-Unis. A bon entendeur… En Syrie, les Russes sont parmi les rares qui depuis 2011 disent ce qu’ils font, font ce qu’ils disent, et n’auront pas change d’avis en 6 ans de guerre. Ce n’est pas parcequ’ils sont polis qu’il faudrait croire qu’ils vont le faire maintenant.


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