3 beaux article pour un événement important trop peu commenté…

Liban : Démission d’Hariri contre l’Iran ! Par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 06-11-2017

Beyrouth, le 5 novembre.

La démission, vendredi dernier, du Premier ministre libanais Saad Hariri sonne comme un coup de tonnerre supplémentaire dans les cieux déjà passablement tourmentés des Proche et Moyen-Orient. Cette décision spectaculaire fait suite à l’appel du président américain Donald Trump, lancé le 20 mai dernier depuis Riyad, d’« isoler l’Iran ». Elle intervient dans la phase ultime d’une révolution de palais en Arabie saoudite qui a vu, samedi dernier, l’arrestation d’une trentaine de princes et d’hommes d’affaires. Enfin, elle survient dans un contexte stratégique dominé par la reprise en main de la presque totalité du territoire syrien par l’armée gouvernementale et ses alliés russes, iraniens et du Hezbollah libanais.

LA DEFAITE DE L’AXE AMERICANO-ISRAELO-SAOUDIEN

Avec la libération de Deir ez-Zor par l’armée gouvernementale syrienne, l’opposition armée et ses soutiens sunnites – Arabie saoudite, Qatar, Emirats arabes unis, Koweït, etc. – sont aux abois. En reprenant le contrôle des régions de l’est de la Syrie, l’armée syrienne et ses alliés, non seulement libèrent des zones pétrolières qui seront essentielles pour la reconstruction du pays, mais surtout opère leur jonction avec les forces de Bagdad sur la frontière avec l’Irak, une bande de quelque 650 kilomètre entre la Jordanie et la Turquie.

« L’épouvantail d’un « couloir chi’ite » tant redouté par Washington, Riyad et Tel-Aviv ressurgit comme un spectre panique », souligne un ambassadeur européen en poste à Beyrouth, « à tel point que pour retarder cet inéluctable retournement, les forces spéciales américaines présentes dans la zone ont poussé des groupes kurdes à faire alliance avec les dernières unités combattantes de l’organisation « Etat islamique » (Dae’ch) encore déployées dans l’est de la Syrie ».

Deir ez-Zor était le dernier centre urbain aux mains de Dae’ch en Syrie, depuis la chute de Rakka mi-octobre. Après avoir contrôlé un tiers du pays, Dae’ch est aujourd’hui acculé dans la vallée de l’Euphrate. Le 7 octobre dernier, le général américain Robert Sofge, numéro deux de la coalition internationale anti-Dae’ch, estimait qu’environ 2 000 combattants jihadistes se cachent dans le désert environnant. Les deux victoires de Rakka et de Deir ez-Zor ne signifient certainement pas la fin de Dae’ch. « Bien qu’extrêmement amoindrie, l’organisation a recomposé des cellules dormantes dans les zones libérées et se réoriente déjà vers des actions traditionnelles de guérilla, avec le soutien de plusieurs groupes kurdes », confirme une source militaire européenne, ajoutant : « l’axe américano-israélo-saoudien perdra cette guerre et c’est l’Iran et la Russie qui vont y gagner… »

Malgré les protestations américaines, les troupes irakiennes ont débarrassé les zones frontalières avec la Syrie de l’essentiel des groupes salafistes. Des milices irakiennes ont même franchi la frontière pour aider les troupes syriennes à reprendre Abu Kamal, la dernière localité contrôlée par Dae’ch. Il est certain que cette jonction favorisera une collaboration militaire entre la Syrie et l’Irak, cauchemar de Washington, de Tel-Aviv et de Riyad.

Les États-Unis avaient prévu de prendre Abou Kamal avec les unités des Forces démocratiques syriennes (FDS) – leurs forces supplétives kurdes. Malheureusement pour eux, les forces gouvernementales syriennes les ont pris de vitesse. Durant plusieurs journées consécutives, les bombardiers Tu-22M3 à long rayon d’action de la Russie, ont soutenu l’offensive syrienne par des raids d’importance effectués directement depuis la Russie. Le Hezbollah a engagé plusieurs milliers de combattants.

Parrainé par l’Arabie saoudite en Irak et en Syrie, Dae’ch a, donc été anéanti, L’Irak a retrouvé sa souveraineté nationale et la Syrie est en passe de reconquérir la sienne. Dans les deux cas, les forces armées gouvernementales ont empêché les Kurdes de s’approprier une partie du territoire et déjoué les tentatives de relancer la guerre civile à leur profit. Face à cet échec des Etats-Unis qui misait sur une « partition », appelant pudiquement à l’instauration d’un « fédéralisme », la reconquête de la quasi-totalité du territoire national syrien relance une dynamique de revanche et de nouveaux irrédentismes.

Les propos de Benjamin Netanyahou, le 5 novembre à la BBC, confirment involontairement cette évolution et la défaite de l’axe américano-israélo-saoudien : « la démission de Saad Hariri veut dire que le Hezbollah a pris le pouvoir, ce qui signifie que l’Iran a pris le pouvoir. Ceci est un appel à se réveiller ! Le Moyen-Orient vit une période extrêmement dangereuse où l’Iran mène une tentative pour dominer et contrôler toute la région… Quand tous les Arabes et les Israéliens sont d’accords sur une chose, le monde doit l’entendre. Nous devons stopper cette prise de contrôle iranienne ». Dans tous les cas de figures, chaque fois qu’une nouvelle menace cible l’Iran, c’est le Liban qui trinque.

FIN D’UNE REVOLUTION DE PALAIS

Désormais, l’Arabie Saoudite et ses satellites du Golfe (à l’exception notoire du Qatar) cherchent un autre théâtre d’où ils pourraient défier et fragiliser l’Iran pour compenser la perte de la Syrie. L’impérieux désir de renverser la donne régionale pourrait les amener à tenter de reprendre pied au Liban. Les États du Golfe, Israël et les États-Unis ne veulent pas que l’Iran récolte les fruits d’une victoire en Syrie.

Ironie de l’histoire : le Premier ministre libanais (qui a un passeport saoudien) a démissionné sur ordre de l’Arabie Saoudite, en Arabie Saoudite, en direct sur la télévision saoudienne Al-Arabia. Dans sa lettre de démission, rédigée par des fonctionnaires du palais saoudien, il accuse l’Iran d’ingérence étrangère dans la politique libanaise. Une rumeur prétend également qu’un assassinat de Saad Hariri était planifié au Liban, ce qui n’a aucun sens nous ont confirmé plusieurs responsables des services de la sécurité intérieure libanaise, même si des proches du Premier ministre affirment que ce sont les services de renseignement français qui l’auraient averti. A Beyrouth, ces derniers démentent formellement « cette rumeur sans fondement ». D’autres sources évoquent un montage du Mossad…

Toujours est-il que la démission du Premier ministre libanais en Arabie saoudite est concomitante avec une spectaculaire arrestation de princes et particulièrement les puissants chefs de la Garde nationale et de la Marine. Riyad a décidé de bloquer les comptes bancaires du prince milliardaire Walid ben Talal et de dix autres dignitaires saoudiens. Une trentaine d’anciens ministres et d’hommes d’affaires ont été arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche dernier, au nom de la lutte contre la corruption. Des porte-parole du Palais annoncent que quelques mille milliards de dollars pourraient être ainsi récupérés. Mais d’autres voix régionales plus avisées avancent que « sous prétexte d’une improbable lutte contre la corruption, il s’agissait surtout pour le nouveau pouvoir installé à Riyad d’achever sa révolution de palais en écartant les personnalités saoudiennes ne partageant pas les nouvelles options de Mohamad Ben Salman, à savoir un rapprochement avec Israël et un durcissement de la confrontation avec l’Iran, le Qatar et les mondes chi’ites ».

La démission surprise de Saad Hariri parachève une révolution de palais qui intervient en pleine reprise des négociations internationales sur la Syrie. En visite en Iran, le 1er novembre dernier, Vladimir Poutine a confirmé sa détermination à poursuivre le processus d’Astana par une prochaine réunion des différentes composantes de l’opposition à Sotchi. A Genève, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, Staffan de Mistura a prévu une nouvelle session de pourparlers entre l’opposition et le gouvernement syrien le 28 novembre prochain.

Au début de la semaine, Thamer al-Sabhan, le ministre saoudien des Affaires du Golfe, avait menacé le Hezbollah libanais et annoncé des surprises à venir. Se référant à l’un de ses tweets à l’adresse du gouvernement libanais, le ministre d’ajouter : « j’ai envoyé ce message au gouvernement parce que le parti de Satan (de Hezbollah s’entend) y est représenté et que c’est un parti terroriste. Le problème n’est pas de renverser le gouvernement, mais plutôt de renverser le Hezbollah ».

HASSAN NASRALLAH APPELLE AU CALME

Dimanche soir, lors d’une allocution télévisée, le secrétaire général du Hezbollah s’est montré rassurant en soulignant que « l’escalade politique verbale ne change rien à la réalité régionale ». Il a appelé les Libanais au calme et à ne pas céder à trois rumeurs colportées par ceux qui cherchent à provoquer une crise constitutionnelle : un projet d’assassinat contre Saad Hariri, une frappe israélienne et un plan saoudien pour attaquer le Liban.

Hassan Nasrallah a répondu point par point en expliquant, en substance : l’annonce d’un projet d’assassinat est « totalement fantaisiste » ; l’agenda de Tel-Aviv n’est pas identique à celui de Riyad et ne peut envisager des frappes dans le contexte actuel ; enfin, l’Arabie saoudite n’a pas les moyens d’attaquer le Liban. On peut ajouter… alors qu’elle perd en Syrie, qu’elle s’enlise au Yémen et qu’elle réprime la rue à Bahreïn, tandis que les dernières arrestations pourraient susciter des réactions de la rue et cristalliser une crise de régime qui couve depuis plusieurs mois !

Par ailleurs, le chef du Hezbollah a estimé que la démission de Saad Hariri n’est pas sa décision personnelle et qu’il faut attendre son retour au Liban pour qu’il s’explique devant ses pairs, peut-être ce jeudi, à moins que le Premier ministre libanais ne soit retenu en Arabie saoudite – en résidence surveillée, voire en prison ? Avec l’intelligence politique qu’on lui connait, Hassan Nasrallah a soigneusement évité d’accabler Saad Hariri personnellement, préférant remonter à la source de cette démission surprise : l’Arabie saoudite !

Sur la même longueur d’onde, des proches du président du Liban, Michel Aoun ont déclaré que cette démission – annoncée depuis un pays étranger – est anticonstitutionnelle. Le Président refuse d’en prendre acte avant d’avoir entendu, de la bouche de l’intéressé lui-même, les raisons d’une telle décision. A l’unisson, les deux responsables politiques ont demandé le retour physique de Saad Hariri sur le territoire libanais, afin de prendre les mesures adaptées.

Avant même l’annonce de la démission de Saad Hariri, Samir Geagea – le patron des Forces libanaise (FL) – avait, lui-aussi multiplié les attaques en direction du Hezbollah. Toujours en phase avec Tel-Aviv et Riyad, le leader d’extrême-droite cherchera, sans doute, à tirer profit de la situation pour affaiblir ses concurrents du camp chrétien en se présentant comme la seule alternative possible à la succession du président Michel Aoun.

D’autres conséquences sont à craindre. L’administration américaine pourrait en profiter pour annoncer de nouvelles sanctions contre le Hezbollah et le Liban. L’Arabie saoudite continuera à infiltrer au Liban une partie de ses combattants de la Qaïda et de Dae’ch en Syrie et en Irak. Comme depuis plusieurs décennies, la monarchie wahhabite financera de nouvelles opérations terroristes au Liban et dans d’autres pays de la région, ciblant des objectifs chi’ites et chrétiens. Sans prendre le risque de déclencher une guerre d’envergure, Israël poursuivra vraisemblablement harcèlements et provocations à l’encontre du Hezbollah le long de la frontière sud du Liban, de même que ses violations quotidiennes des l’espace aérien et des eaux territoriales du Pays du Cèdre.

En réponse à un article très étrange de Médiapart consacré la démission de Saad Hariri, Bernard Cornut – collaborateur de prochetmoyen-orient.ch-, a envoyé une réponse qui mérite d’être diffusée : « l’article cite le 1,5 million de réfugiés comme source de l’instabilité du Liban et la guerre en Syrie comme la cause de ces réfugiés. Il omet de mentionner la raison principale du déclenchement et de la prolongation de cette guerre, à savoir le feu vert d’Hillary Clinton au soutien financier et à l’armement massif des rebelles mercenaires engagés en Syrie, via les bases américaines installées en Turquie (Incirlik et Hatay) et en Jordanie, comme l’a reconnu récemment très clairement Hamid Ben Jassem, l’ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar dans un entretien télévisé le 25 octobre dernier. Il précisait ainsi ce qu’il avait déjà reconnu dans une interview du 15 avril 2017 au Financial Times, citant sa visite au roi Abdallah d’Arabie dès le début des évènements de Syrie pour assurer cet appui massif illégal à des rebellions illégales.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 06-11-2017

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Saa Hariri, un homme aux ordres

Source : Madaniya, René Naba, 05-11-2017

Saad Hariri n’est pas un homme d’ordre, mais un homme aux ordres et son comportement imprévisible fait désordre. Sa démission samedi 4 Novembre 2017 de son poste de premier ministre, inopinément, sur claquement des doigts des Saoudiens, accrédite l’image d’un fantoche, d’un homme de paille de la dynastie wahhabite, à l’origine de sa fortune et de promotion politique. Signe de sa dépendance extrême à l’égard de ses parrains, c’est depuis l’Arabie saoudite et non depuis Beyrouth, la capitale d’un pays dont il est le chef du gouvernement, qu’il a annoncé sa démission, camouflant son abandon de poste par une violente diatribe contre l’Iran et le Hezbollah, son rival politique victorieux de toutes ses confrontations face au chef du clan saoudo américain au Liban. Depuis l’Arabie saoudite, qui lui a infligé camouflet sur camouflet lors de sa faillite, sans la moindre aide, sans la moindre attention au sort des centaines d’employés que l’héritier failli a été contraint de licencier et de réduire au chômage sans la moindre indemnité, dans la pure tradition du capitalisme sauvage pétro monarchique.

Précédée par la convocation à Ryad de tous les hommes liges libanais du bailleur de fonds saoudien, -Samir Geagea, Samy Gemayel, les chefs des anciennes milices chrétiennes pro israéliennes, le Patriarche maronite Béchara Rahi – tous munis d’un ordre de mission d’un ministricule saoudien, Tamer Al Sabhane, ordonnant « l’expulsion du Hezbollah du gouvernement libanais », cette démission paraît devoir traduire la volonté du Royaume d’engager l’épreuve de force contre l’Iran et son allié chiite libanais, alors que l’Arabie Saoudite et son protecteur américain enregistrent revers sur revers tant en Syrie, qu’en Irak et que la coalition pétro monarchique est enlisée dans une guerre sans fin au Yémen. « De soustraire le Liban du champ de bataille afin de le contraindre à une normalisation avec Israël dans la foulée de la diplomatie saoudienne, dénoncera Sayyed Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah Libanais, à l’annonce de cette démission.

La démission forcée du dirigeant sunnite libanais s’est accompagnée d’une purge sans précédent au pouvoir dans le royaume saoudien portant sur 4 ministres, onze princes, le commandement de la garde nationale, le fief ultra conservateur de la dynastie wahhabite, afin de brider toute contestation du pouvoir du jeune prince héritier Mohamad Ben Salmane (MBS) et aspirant impétueux à la succession de son père. Elle pourrait entraîner le Liban dans une spirale infernale, dans le droit fil de la politique israélo-américaine visant à la neutralisation du Hezbollah et déboucher à terme sur une nouvelle épreuve de force avec Israël. Depuis l’an 2000, Israël n’a jamais remporté un succès décisif face au Hezbollah, un des décideurs majeurs sur le plan régional et un des grands vainqueurs de la guerre de Syrie.

La dernière confrontation Israël-Hezbollah en 2006, s’est soldée par une humiliante retraite israélienne du sud Liban et la double démission du premier ministre Ehud Olmert et du chef de l’aviation Dan Haloutz. L’abdication de Hariri Jr devant l’oukaze saoudien est intervenue moins d’un an après sa nomination à la tête du gouvernement, après une éclipse de cinq ans marquée par la déconfiture retentissante de son empire. En guise de justificatif à sa démission, le milliardaire failli a dénoncé le rôle néfaste de l’Iran et du Hezbollah. L’Iran, et non l’Arabie, incubateur du terrorisme islamique. Le Hezbollah, la sentinelle de l’Indépendance libanaise, celui là -même qui a fermé l’œil sur ses jongleries financières avec la banque centrale libanaise pour le renflouer. Le Hezbollah qui a cautionné son retour au pouvoir par une entente avec le président Michel Aoun.

Onze mois de gouvernance exactement ; un délai court mais suffisant pour lui permettre de se reconstituer, avec la bienveillance du Président libanais Michel Aoun et du Hezbollah, une santé financière notamment grâce au reprofilage arbitraire de sa dette par la Banque Centrale du Liban, l’acquisition injustifiée des terres du domaine publique maritime libanais, et la réaffectation des chômeurs de ses entreprises dans des services publics libanais. Pour justifier sa fuite, le fugitif permanent de la vie politique libanaise a assuré qu’il avait fait l’objet d’une tentative d’attentat, un argument similaire que le quotidien français Libération s’était dévoué à avancer en 2011 pour expliquer sa déportation vers l’Arabie saoudite.

HÉRITIER PROBLÉMATIQUE ET PARFAIT EXEMPLE D’UN DIRIGEANT OFF SHORE

Signe de son attachement au Liban, ce flying Dutchman de l’époque contemporaine, en errance perpétuelle, n’a jamai , bien jamais, fait séjourner sa famille -son épouse d’origine syrienne et ses deux enfants-au Liban, vivant leur scolarité et leurs vacances entre l’Arabie saoudite, Paris et le sud de la France. Héritier problématique, Saad Hariri constitue un parfait exemple d’un dirigeant off shore. A l’Image de l’opposition syrienne off shore pétro monarchique, dont il fut un ferme soutien. L’histoire des relations internationales abonde en effet d’exemples de gouvernement en exil, de gouvernement provisoire ou de gouvernement transitoire, mais nulle part ailleurs qu’au Liban ne s’est pratiqué l’exercice au quotidien d’un gouvernement off shore.

Un chef de gouvernement dûment investi mais quasiment absent du siège de son pouvoir, n’y faisant escale qu’entre deux voyages, gérant à distance un pays pourtant considéré comme l’épicentre d’une zone névralgique. Le mérite en revient à Saad Hariri, l’héritier problématique de son père assassiné, Rafic Hariri, le milliardaire libano saoudien, dont la mandature gouvernementale constituera, c’est là son unique titre de gloire, une rare contribution à la science politique contemporaine. Le premier cas dans l’histoire d’un gouvernement par télécommande (remote control), dans la double acception du terme, un gouvernement téléguidé par ses commanditaires saoudiens, dont il répercute les consignes par télécommande, depuis son lieu d’exil, à ses collaborateurs délocalisés au Liban.

En pleine offensive israélienne contre le Liban, en juillet 2016, il désertera la champ de bataille, Beyrouth, une capitale dont il est député et chef de son bloc parlementaire majoritaire, pour se mettre au frais dans les palaces climatisés d’Arabie saoudite, glanant au passage le titre de «planqué de Beyrouth». Il récidivera six ans plus tard. En pleine tourmente de la révolte arabe du printemps 2011, l’homme insensible aux bouleversements de sa zone, demeurera cinq ans hors du Liban en quête d’un mirobolant contrat, à l’effet de le renflouer et de payer ses créanciers ses propres frères et sœurs, ayant opté pour la séparation des biens, face à un être aussi aléatoire.

LE CHEVAL DE TROIE DE LA FRANCE DANS LES PROJETS DE RECONSTRUCTION DE LA SYRIE.

Ultime point d’ancrage de la France au Liban, Jupiter de France a volé à son secours au lendemain de la magistrale victoire du Hezbollah libanais, l’été 2017, sur les groupements terroristes Daech et Jabhat An Nosra, qu’il a éradiqués de la zone frontalière syro libanaise. Sa visite à Paris au lendemain de la reddition de Daech, de surcroît le jour de la fête religieuse d’Al Adha, était destinée à détourner l’attention de l’opinion française sur l’exploit militaire réalisé par son rival chiite. En voulant donner de la visibilité au premier ministre libanais en faillite politique et financière, la France a voulu renflouer un de ses rares partenaires au Liban.

Tout d’abord politiquement, par son accueil par le président Emmanuel Macron, accréditant ainsi l’image d’un interlocuteur des dirigeants occidentaux, puis économiquement en acceptant de servir de paravent aux entreprises françaises, sous couvert de sociétés mixtes franco-libanaises dans le plan de reconstruction de la Syrie, dont la France est exclue. Incorrigible, sa nouvelle défection du champ de bataille alors que les menaces israéliennes se font de plus en précises contre le Liban va définitivement ancrer l’image d’un pantin désarticulé au gré des aléas de la stratégie erratique saoudienne. Un être sans consistance, ni substance. « Les marins de toutes les nations croient à l’existence d’un bâtiment hollandais dont l’équipage est condamné par la justice divine, pour crime de pirateries et de cruautés abominables, à errer sur les mers jusqu’à la fin des siècles. On considère sa rencontre comme un funeste présage ». Que les oracles préservent le Liban de ce Flying Dutchman de l’époque contemporaine.

Source : Madaniya, René Naba, 05-11-2017

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Liban – Démission d’Hariri – Première salve de la guerre saoudienne contre le Hezbollah

Source : Afrique-Asie, 06-11-2017

Mise à jour (5 Nov, 15h) – après la publication de cet article, les dirigeants saoudiens ont procédé à un « nettoyage » en Arabie Saoudite. De nombreux princes et hommes d’affaires ont été arrêtés. On en reparlera.

Il y a quatre jours, nous avons posé cette question : Est-ce que le « modéré Al-Qaïda » s’est fixé le Hezbollah pour cible ? La réponse implicite de cet article était « Oui, la guerre arrive au Liban ».

Aujourd’hui, le Premier ministre libanais Saad Al-Hariri a démissionné en faisant une déclaration écrite par l’Arabie Saoudite sur la chaîne de télévision saoudienne Al Arabia (vidéo). C’était la première salve.

L’axe Saoudo-Israélo-Américain perdra cette guerre et c’est l’Iran et la Russie qui vont y gagner.

Au début de la semaine, Thamer al-Sabhan, le ministre saoudien extrêmement sectaire des Affaires du Golfe, avait menacé le Hezbollah libanais et annoncé une surprise :

Le belliqueux ministre saoudien des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhan, a appelé lundi à « renverser le Hezbollah » et a annoncé des « développements étonnants » dans les « jours à venir ».
…
Se référant à son tweet de dimanche sur le gouvernement libanais, le ministre a déclaré : « J’ai envoyé ce tweet au gouvernement parce que le parti de Satan (Hezbollah) y est représenté et que c’est un parti terroriste. Le problème n’est pas de renverser le gouvernement, mais plutôt de renverser le Hezbollah. »

« Les développements à venir vont en étonner plus, c’est certain », a ajouté M. al-Sabhan.

Pendant qu’il y avait des combats en Syrie et en Irak, le Liban était en paix. Maintenant que ces guerres se terminent, les luttes par procuration reprennent au Liban. Joseph Bahout l’avait prédit à la mi-octobre :

Au niveau régional, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis cherchent maintenant un autre endroit d’où ils pourraient défier et faire saigner l’Iran pour compenser la perte de la Syrie. Le violent désir de renverser la donne régionale pourrait les amener à tenter de reprendre pied au Liban. Les États du Golfe, Israël et les États-Unis ne veulent pas que l’Iran récolte les fruits d’une victoire en Syrie. S’ils cherchent à rééquilibrer la relation régionale avec Téhéran au Moyen -Orient, le seul endroit pour le faire serait le Liban, malgré les nombreux risques que cela comporterait.

Dans un tel cas, et malgré sa réticence à mettre en péril son sanctuaire libanais, le Hezbollah pourrait ne pas avoir d’autre choix que d’accepter le défi, surtout s’il a une composante israélienne.

La politique libanaise est organisée selon un accord compliqué. Le camp sunnite, financé par les Saoudiens, occupe le poste de premier ministre. Le poste de président est occupé par l’ancien général chrétien Michel Aoun. Le poste de président du parlement est occupé par le leader du mouvement chiite Amal Nabih Berri. Il y a deux mois, Berri avait proposé d’élire un nouveau parlement avant la fin de l’année. Une élection affaiblirait probablement la position sunnite.

Saad Al-Hariri est devenu premier ministre après une longue querelle au Liban qui s’était ravivée avec l’assassinat du père de Saad, Rafic Hariri, l’ancien premier ministre. Le Hezbollah a été accusé de cet assassinat mais il s’agissait plus probablement d’une opération secrète israélienne.

La famille Hariri s’est enrichie grâce à Saudi Oger, une entreprise de construction en Arabie Saoudite dont elle est propriétaire. Les Hariri ont des passeports saoudiens. Les affaires ont mal tourné sous Hariri junior. En juillet, Saudi Oger a fermé ses portes et le bruit court que la famille d’ex-milliardaires serait en faillite. Les dirigeants saoudiens les soutiennent financièrement.

Hariri avait récemment nommé un ambassadeur libanais en Syrie. Hier, Hariri a reçu la visite à Beyrouth d’Ali Velayati, un haut conseiller de Khamenei, le chef suprême d’Iran. Les Saoudiens n’ont apprécié ni l’un ni l’autre événement. Le plan de Thamer a été mis en marche. Ils ont envoyé un jet privé et ramené Hariri à Riyad. Là, le prince clown saoudien Mohammad bin Salman a donné à Hariri la lettre de démission (écrite par Thamer ?) qu’il a lue à la TV saoudienne.

Comble de l’ironie : Le Premier ministre libanais (qui a un passeport saoudien) démissionne sur ordre de l’Arabie Saoudite, en Arabie Saoudite, à la télévision saoudienne. Dans sa lettre de démission écrite par les Saoudiens (extraits), il accuse l’Iran d’ingérence étrangère dans la politique libanaise.

(Hariri prétend également que son assassinat était planifié au Liban. Cela n’a pas de sens. L’organisation de sécurité intérieure libanaise affirme qu’elle n’a pas connaissance d’un tel complot.) Hariri a besoin d’un prétexte pour rester en dehors du Liban et échapper à la colère de ceux qui lui faisaient confiance. Les médias saoudiens essaient de fabriquer une histoire fantastique à partir de ce supposé assassinat, mais il n’y a aucune preuve de quoi que ce soit.)

La démission de Hariri a pour but de provoquer une crise constitutionnelle au Liban et d’empêcher de nouvelles élections parlementaires. Voilà la suite probable du plan saoudien :

• L’administration Trump annoncera de nouvelles sanctions contre le Hezbollah et contre le Liban.
• Le gouvernement saoudien infiltrera au Liban une partie de ses combattants par procuration d’Al-Qaïda/EI de Syrie et d’Irak (éventuellement via la Turquie par la mer). Il financera des opérations terroristes libanaises locales.
• Des extrémistes sunnites se livreront à des nouvelles tentatives d’assassinat, à des attentats terroristes et à des émeutes contre les chrétiens et les chiites au Liban.
• Les États-Unis essayeront de pousser l’armée libanaise à déclarer la guerre au Hezbollah.
• Israël tentera de provoquer le Hezbollah et de détourner son attention avec de nouvelles machinations à la frontière libanaise et à la frontière syrienne. Mais il n’entamera PAS une vraie guerre.

Le plan a peu de chances de réussir :

• Le peuple libanais dans son ensemble ne veut pas d’une nouvelle guerre civile.
• L’armée libanaise ne s’impliquera avec un camp ou un autre et au contraire tentera de maintenir le calme partout.
• Les sanctions contre le Hezbollah frapperont tout le Liban, y compris les intérêts sunnites.
• Un nouveau premier ministre sunnite sera installé à la place de la marionnette saoudienne qui a démissionné.
• Le Liban constituera un nouveau marché pour les Russes et les Iraniens. Les compagnies russes s’engageront dans l’extraction gazière et pétrolière libanaise en Méditerranée et remplaceront les Etats-Unis.

Le plan saoudo/américano/israélien contre le Hezbollah a tout l’air d’une crise de rage impuissante provoquée par leur défaite en Syrie et en Irak.

Les troupes irakiennes ont, malgré les protestations des Etats-Unis, débarrassé les zones frontalières avec la Syrie de l’EI. Des milices irakiennes ont franchi la frontière pour aider les troupes syriennes à reprendre Abu Kamal, le dernier endroit contrôlé par l’EI. Cela ouvrira enfin une route directe de la Syrie vers l’Irak et au-delà. Les États-Unis avaient prévu de prendre Abou Kamal avec leurs forces par procuration kurdes/arabes et de bloquer cette route. Les forces gouvernementales syriennes se dépêchent de les en empêcher. Pour la quatrième journée consécutive, les bombardiers Tu-22M3 à long rayon d’action de la Russie ont soutenu le combat avec de grands raids effectués directement depuis la Russie. Le Hezbollah a réinjecté des milliers de combattants. Cette force massive va submerger les défenses de l’Etat islamique. La Syrie gagnera la course pour prendre la ville ainsi que la bataille.

L’Etat islamique parrainé par l’Arabie saoudite en Irak et en Syrie a été anéanti, il n’existe plus. Certains de ses éléments formeront des petits groupes terroristes dans le désert – cruels mais sans effet sur la situation globale.

L’Irak a retrouvé sa souveraineté nationale. Il a vaincu l’EI, empêché les Kurdes de s’approprier une partie du territoire arabe, et déjoué toutes les tentatives de relancer une guerre civile. Les combats en Syrie contre al-Qaïda, ainsi que l’ingérence turque, israélienne et américaine, dureront encore un an. Mais il est très probable que la puissante alliance de la Syrie, de l’Iran, de la Russie et du Hezbollah remportera la guerre. La Syrie a subi beaucoup de dommages mais elle a gardé son unité et son indépendance et elle survivra.

La guerre lancée contre le Hezbollah et donc contre le Liban se terminera probablement de la même manière.

Les efforts maniaques des Saoudiens et des Etats-Unis pour contrecarrer une prétendue influence iranienne (et russe), ont permis à l’Iran (et à la Russie) d’améliorer et de sécuriser leur situation bien mieux qu’ils n’auraient jamais pu l’espérer autrement. Je ne comprends vraiment pas pourquoi les Saoudiens pensent que leur nouvelle aventure au Liban va avoir une issue différente. Cela me dépasse.

Traduction : Dominique Muselet

Source : Afrique-Asie,, 06-11-2017

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34 réponses à Liban : Démission d’Hariri – l’analyse de Richard Labévière et René Naba

Commentaires recommandés

Alfred Le 09 novembre 2017 à 11h04

Sinon notre pitre jupitérien vient de se vanter de la victoire de la France contre daesh…
J’en ai un peu mare d’avoir honte des types qui nous gouvernent.

  1. Homère d'Allore Le 09 novembre 2017 à 06h53
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    Aujourd’hui, sur Sputnik, dans l’émission de Rachel Marsden, il y aura sur ce même sujet un débat entre Pierre Conessa, que nous connaissons tous, et l’analyste pour l’instant moins connu, mais tout aussi averti, Hassan Maged.

    Celui çi devrait utilement complèter ces articles.


  2. bluetonga Le 09 novembre 2017 à 07h22
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    Il y a deux jour, une fuite documents a montré la collusion Ryad-Tel Aviv au sujet du Liban, les ambassadeurs israéliens étant invités à activer auprès des autorités des pays où ils se trouvent le thème du danger iranien et du hezbollah au Liban ainsi qu’au Yemen (et à soutenir l’AS dans ce dernier cas). La partie n’es donc pas finie…

    http://www.zerohedge.com/news/2017-11-07/leaked-secret-israeli-cable-confirms-israeli-saudi-coordination-lebanon


  3. Martin Le 09 novembre 2017 à 07h32
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    Tout est dit, on assiste en effet à une “crise de rage impuissante” des saoudiens. Game over!


    • christian gedeon Le 09 novembre 2017 à 09h32
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      Oh lalalala. C’est plus compliqué que çà,cher Martin…le Mo et le PO sont un jeu(sic!) de billard à beaucoup de bandes. Wait and see. On va attendre de voir ce qui se passe au Yémen(qui n’intéresse décidément pas grand monde),et écouter Al Sissi qui a clairement fait savoir que non,une guerre contre l’Iran et le Hezbollah,très peu pour lui..les palabres vont vraiment commencer maintenant. C’est pourquoi jai très peu goûté l’article très définitif de M.Naba…


  4. max Le 09 novembre 2017 à 07h34
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    Excellents articles qui résument fort bien la situation présente.
    A force d’interventions sanglantes, les USA et Israël ont donc permit a l’Iran (et a la Russie) de tenir la région.
    Les kurdes se sont donc sacrifiés pour rien, une fois de plus, ce qui était prévisible quand on regarde une carte de la région.
    Israël pensait jouer sa sécurité en attisant les conflits régionaux et a donc pactisé avec l’Arabie Saoudite, choix perdant.
    Maintenant si le conflit déborde sur le Liban, c’est peut être une guerre d’usure qui se prépare et c’est sa survie qui risque d’être en jeu.
    Pour l’Arabie Saoudite c’est aussi la survie du régime qui est en cause (30 millions d’habitants dont 10 millions d’étrangers) mais aussi la Jordanie et l’Egypte ainsi que la Libye et le reste de l’Afrique.
    Les déclencheurs de tout cela sont des actes que leurs auteurs pensaient être sans conséquences.
    Eliminations de Mossadegh en Iran.
    Elimination de Saddam Hussein en Irak
    Elimination de Kadhafi en Lybie.


  5. basile Le 09 novembre 2017 à 08h12
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    enfin de bonnes nouvelles réjouissantes (très). Sans les Crises, on n’en aurait rien su de la part des journalistes laquais de Bruxelles et de Washington.

    je n’étais même pas au courant de cette autre bonne nouvelle, mais mauvaise pour eux, et c’est pourquoi ils l’ont cachée : l’armée syrienne a été plus rapide que les Américains pour prendre Abou Kamal

    On comprend que cela les défrise, et qu’ils tentent de discréditer Les Crises par des pastilles rouges.


    • Alfred Le 09 novembre 2017 à 08h23
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      Les irakiens et Syriens on pris conjointement abukamal les premiers mais les Américains avec les kurdes ont pris les champs pétroliers directement au nord les premiers. Cela fera l’objet de négociations futures.


      • basile Le 09 novembre 2017 à 08h40
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        les Américains tenant les champs pétroliers. Ils auront du mal à dire qu’ils étaient en Syrie pour raison humanitaire.


        • Madudu Le 09 novembre 2017 à 11h17
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          Il n’ont aucun mal à dire des choses complètement contraires à la réalité.

          Ce serait plutôt le contraire : ils ont beaucoup de mal à ne pas mentir ^^


        • Zevengeur Le 09 novembre 2017 à 13h49
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          Ces gens la osent tout, c’est d’ ailleurs a ça qu’on les reconnait !


    • gotoul Le 10 novembre 2017 à 13h33
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      Pour l’instant Abu Kamal n’est pas aux mains de l’armée syrienne, les combats continuent à l’intérieur et autour de la ville et les kurdes soutenus par les USA se raprochent.
      (https://www.romandie.com/news/Syrie-l-EI-contre-attaque-et-reprend-pres-de-50-de-Boukamal/861968.rom)


  6. Crapaud Rouge Le 09 novembre 2017 à 09h09
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    Complément intéressant : révélation d’un câble diplomatique israélien à l’adresse de toutes les ambassades demandant à faire pression sur l’Iran et le Hezbollah. Avec, comme il se doit, une grosse inversion de la vérité : « Vous devez insister sur le fait que la démission de Hariri confirme la menace que l’Iran et le Hezbollah font peser sur la sécurité du Liban ».

    Le journaliste israélien qui a obtenu le document est Barak Ravid, correspondant diplomatique pour Channel 10 News.

    http://arretsurinfo.ch/un-cable-explosif-revele-lalliance-entre-israel-et-larabie-saoudite-en-vue-de-pousser-a-la-guerre/


    • Chris Le 09 novembre 2017 à 15h00
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      Je me demande bien quel est le but de Channel 10 News de diffuser une pareille nouvelle ?
      Sachant qu’il est facile de retourner cette nouvelle : où est-ce vraiment la panique dans les rangs saoudo-américano-israéliens ?

      Barak Ravid est un journaliste israélien, travaillant au quotidien Haaretz depuis avril 2007, après deux ans passés au quotidien Maariv. Il a couvert les affaires diplomatiques, suivant l’actualité du Premier ministre, des Affaires étrangtères et de la Défense ainsi que les relations d’Israël avec les USA, l’UE et l’Autorité palestinienne.
      Diplômé d’histoire du Moyen-Orient de l’Université de Tel Aviv, Ravid a servi six ans dans l’armée israélienne, qu’il a quittée avec le rang de capitaine. Marié, il vit à Tel Aviv.

      Quelqu’un a t-il un avis ? Eclairé si possible.


  7. Bordron Georges Le 09 novembre 2017 à 09h29
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    Hariri, rappelez moi! Ce n’est pas l’ancien propriétaire d’un appartement à ¨Paris mis gracieusement, à la disposition de Chirac et sa famille et que ceux-ci ont évacué précipitamment, quand Hariri, pris par des difficultés financières, a dû le vendre rapidement?
    Entre Hariri, Jupiter-de-France et Chirac, une belle histoire de fantoches!


    • Fritz Le 09 novembre 2017 à 10h10
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      Saad Hariri est le fils de (T)rafic Hariri. Celui dont l’assassinat, le 14 février 2005, avait permis à la coalition franco-américano-saoudienne d’accuser la Syrie, et d’imposer le gouvernement Siniora.


      • christian gedeon Le 09 novembre 2017 à 10h36
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        Franchement,c’est mal d’écrire des choses pareilles.Je n’étais pas haririen,mais insulter sa mémoire comme vous faites est quand même un peu odieux,non?Permis d’accuser la Syrie? ben voyons…si ce n’est elle,c’est donc son frère,en quelque sorte.La Syrie n’avait rien à faire au Liban,qu’elle a pillé,avec ,je vous le rappelle l’accord tacite des occidentaux,trente ans durant. Et il n’y a pas eu que Hariri,n’est ce pas? Une longue théorie de journalistes,d’hommes politiques a subi le même sort. S’il vous plaît,le Liban ne s’nalyse pas en noir et blanc,mais avec les cinquante nuances de rouge de tant de sang versé…


        • Fritz Le 09 novembre 2017 à 13h39
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          J’ai insulté Rafic Hariri ? Désolé, ce n’était pas mon intention. C’est l’utilisation de son cadavre par le bloc occidental que je rejette. Il était à peine refroidi que déjà nos radios accusaient la Syrie (Laetitia Gayet sur France Inter, le 14 février 2005 à 13h 32).

          Rafic Hariri n’était pas “anti-syrien”, contrairement à la légende fabriquée après sa mort par le bloc. Et son assassinat n’a fait qu’aggraver les pressions sur la Syrie, qui était en position inconfortable depuis le vote de la résolution 1559. Si vraiment la Syrie voulait éliminer Rafic Hariri, elle l’aurait fait plus discrètement.

          Puisque vous parlez de “tant de sang versé”, j’aurai une pensée pour Bechir Gemayel, Rachid Karamé, Kamal Djoumblatt, Tony Frangié…


          • christian gedeon Le 09 novembre 2017 à 14h27
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            En effet les noms que vous citez méritent de l’être…à l’exception notable de Tony Frangié(qui a payé là la défection des Marada lors de la bataille dite des grands hôtels),les autres ont tous été assassinés par les sbires de la Syrie.la récente condamnation à mort par contumace de Habib Chartouni du PSNS,assassin de Cheikh Béchir,a au moins le mérite de jeter une lumière crue sur ces assassinats.Et il n’est pas évident que ce soit “la “Syrie qui ait tué Rafic Hariri,mais des services syriens ou affidés…vous savez,tout çà n’est pas monolithique,loin s’en faut…d’où mon appel à analyser le MO et le PO avec une certaine circonspection,les choses n’étant pas toujours ce qu’elles paraissent être…


            • Fritz Le 09 novembre 2017 à 16h00
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              Je n’ai pas votre connaissance vécue du Liban. Mais comme je ne veux pas trier entre les “bonnes” et les “mauvaises” victimes, j’ai cité Tony Frangié, tué avec une partie de sa famille en 1978. Vous savez quels sont leurs assassins.


  8. Alfred Le 09 novembre 2017 à 09h37
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    Pour compléter ces articles on peut noter que:
    – Hariri n’était pas le seul dirigeant de la région si spectaculairement en laisse courte depuis l’Arabie Saoudite: en effet le président “en exercice” ou du moins “reconnu par la communauté internationale” du Yémen (Hadi) est en assigné à résidence en Arabie Saoudite (“under house arrest”).
    – les ben salmane ont pris des assurances : visite du père à Moscou il y a peu (première historique pour un roi saoudien il le semble); visite secrète (le genre de secret assourdissant) du fils en Israël, et réception du beau fils / conseiller spécial de Trump juste avant les évènements.
    – les americains se sont fait doubler sur le corridor de communication de l’axe chiite mais ils ont bien doublé les russo-syriens sur le pétrole syrien (pour la majorité) avec des “kurdes” bien loin en territoire petrolifere non kurde. Pour ce faire ils ont “retourné” des “tribus locales” (selon eux mais des combattants de daesh selon les russes – les feux etant probablement vrais en même temps).
    -ce dernier point (d’une certaine manière confirmé par les Américains) tend à accréditer à posteriori la version russe selon laquelle les 300 combatants de daesh qui ont brièvement pris Al qaryatin (et y ont massacré plus de 120 civils) se sont infiltrés entre les positions camouflees syrienes avec l’aide américaine (renseignements).


  9. Alfred Le 09 novembre 2017 à 09h43
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    – De même selon les russo-syriens des hélicos americains auraient récupéré deux commanda ts étrangers de daesh avec leur familles juste avant la chute de mayadin.
    – sur l’Arabie les princes déchus étaient des alliés de l’establishment anti trump (Al waleed) et des “atouts” connus de la CIA (deux autres).
    – enfin Trump n’est peut être pas si éloigné e du deep state que cela: une des contreparties de son appui à ben salmane serait la cotation de la compagnie nationale saoudienne de pétrole Aramco à new York (qui figure donc au “programme” de ben salmane fils pour la future Arabie). La consequence bien connue s’était que cette compagnie serait plus que jamais soumise au droit americain (elle l’est déjà dans le cadre d’un rapport de force à cause de l’usage du dollar)…. Deep state et long terme.


  10. Alfred Le 09 novembre 2017 à 11h04
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    Sinon notre pitre jupitérien vient de se vanter de la victoire de la France contre daesh…
    J’en ai un peu mare d’avoir honte des types qui nous gouvernent.


  11. Eric83 Le 09 novembre 2017 à 13h07
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    Au proche et moyen-orient, le contrôle des hydrocarbures est rarement absent des motivations des conflits entre Etats et/ou à l’intérieur même des Etats.
    Est-ce le cas pour le Liban en cette fin 2017 ?

    https://www.lorientlejour.com/article/1082763/vers-un-nouveau-blocage-du-dossier-des-hydrocarbures-offshore-au-liban-.html


  12. tepavac Le 09 novembre 2017 à 17h51
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    Je ne commente pas le billet dont je suis(suivre) les aventures par ailleurs. O.B. sait que c’est le type même de sujet que je scrute.

    Juste pour dire qu’au delà de la focale sur le moyen-orient, lorsqu’on élargie la vue, cela fait froid dans le dos.
    collectes de données génétiques des populations Russes; et évidement la défense ne pouvait pas ne pas penser à une guerre bactériologique….
    https://fr.sputniknews.com/russie/201711091033802170-russie-donnes-biologiques-collecte/

    L’Otan qui demande à l’Europe d’élargir ses voies en vue de faciliter les manœuvres des armées;
    https://francais.rt.com/international/45415-menace-russe-otan-infrastructures-civiles-europe-guerre

    https://twitter.com/RTenfrancais/status/928606178740965376

    Que l’application des lois de 1928 contre le régime nazi s’applique dorénavant contre les médias Russes
    https://francais.rt.com/international/45444-washington-ordonne-enregistrement-rt-comme-agent-etranger-etats-unis

    et qu’enfin et entre autres, une réunion express, décidée en quelques instant entre Trump et Poutine au Vietnam. Voyage de Trump soit dit en passant, accompagné par 3 porte avions nucléaire….

    Ceci dit c’est juste un instantané de la situation actuelle, c’est juste que nos médias semblent absent sur de tels sujets


    • Alfred Le 09 novembre 2017 à 20h30
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      Oubliez les portes avions nucléaires. À peine plus de la moitié sont en mer et c’est un maximum dans l’histoire récente tant c’était tombé bas. Sans compter le détail de ceux qui sont en transit et ceux en entraînement/certification. Bref c’est un peu comme nous à une échelle supérieure. Ça “fait” puissant mais à éclipses ; quand les planètes sont alignées.
      Il est peu probable que les méchants chinois / russes / iraniens / nord correens / vénézuéliens et mêmes houtis ou n’importe quoi ne soient pas devenus experts dans l’alignement de ce genre de planètes. Et tout le monde y va de son missile. Même les houtis (pour ne pas dire le gouvernement du Yémen du Nord) on présenté il y a quelques jours un nouveau missile anti- navire (probablement d’un allié légèrement modifié).


  13. Alfred Le 09 novembre 2017 à 20h31
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    Sinon. Le bruit court d’une abdication prochaine du roi d’Arabie Saoudite en faveur de l’héritier survolté (on parle de l’immédiat : quelques jours).
    Des nouvelles fiables quelqu’un ?
    (On parle aussi de défections dans la garde royale et au ministère de l’intérieur)


    • Alfred Le 10 novembre 2017 à 00h22
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      …et micron qui vient à l’improviste casser les noix au futur roi juste le soir où celui ci pensait se couronner tout seul… reprendre en main l’armee, la garde nationale et la sécurité intérieure c’est du travail et c’est pas le moment de faire des risettes à Brigitte.
      Sont pénibles ces françaouis…


  14. Alfred Le 09 novembre 2017 à 21h09
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    Et un dernier pour la route: Hollande photographié avec un casque blanc sur la tête…
    https://mobile.twitter.com/JohnDelacour/status/928686757440344065/photo/1
    Savez les casques blancs, Netflix, les Oscars tout ça… Et puis les gros montages grossiers, le service de secours d’Al nosra (Al qaida toussa) et le personnel photographié en uniforme de combatants un jour et en sauveteur au casque blanc le lendemain…
    Bref Hollande n’a vraiment peur de rien surtout au moment d’entrer dans l’histoire et dans l’oubli. Hollande main dans la main avec Al qaida. Il fait se résoudre à l’admettre, il n’y avait pas de complot ni de trahison ; nous avons bien été gouvernés par un complet benet.


  15. Alfred Le 10 novembre 2017 à 11h29
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  16. Mina Le 11 novembre 2017 à 22h52
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    Pour une fois, les 2 sont à côté de la plaque. Lire l article détaillé de david ignatius ds le Washington post et celui de pepe Escobar ds le atimes


    • Alfred Le 12 novembre 2017 à 09h36
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      L’article du très estimé pépé Escobar date il me semble d’avant le coup de force. S’il introduit bien les clans en présence il ne rend pas compte de la victoire Trump contre CIA (pour l’instant) en Arabie.


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