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27.mai.201727.5.2017 // Les Crises

Angel Merkel ou une belle leçon de diplomatie, par Guillaume Berlat

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 08-05-2017

« La France doit rayonner davantage par son exemple que par ses leçons de morale. Sa diplomatie doit prendre les réalités telles qu’elles sont, pas telles qu’elles voudraient qu’elles soient. Elle doit être réactive, souple, inventive, énergique, alignée sur personne »1. Sur un plan doctrinal, le nouveau président de la République, Emmanuel Macron serait bien inspiré de méditer ce jugement au moment où il lui appartiendra de fixer les grands axes de sa politique étrangères2.

Sur un plan concret, le président du mouvement En Marche serait bien inspiré de s’inspirer de l’exemple diplomatique d’Angela Merkel. Qu’apprend-on des derniers déplacements de la chancelière allemande ? Au cours des dernières semaines, elle s’est rendue successivement à Washington, à Riyad et à Sotchi. Chacune de ses visites constitue en elle-même une leçon de diplomatie pour apprenti diplomate et pour dirigeant politique déboussolé par un monde aussi incertain qu’imprévisible3.

La première leçon est qu’il est souvent indispensable de rencontrer un dirigeant incontournable de la planète pour se faire une idée précise sur le personnage et sur ses idées allant au-delà des poncifs et autres « fake news » qui circulent sur la toile. C’est ce qu’Angela Merkel fait en se rendant à Washington avec l’imprévisible Donald Trump. La deuxième leçon est qu’il faut savoir se faire désirer avec des interlocuteurs trop empressés. C’est ce qu’Angela Merkel fait avec la nouvelle équipe saoudienne qui la réclamait depuis plus de sept ans. Le résultat est à la hauteur de ses espérances tant sur le plan diplomatique (formation en Allemagne des forces de sécurité du Royaume saoudien) qu’économique (signature d’importants contrats par Siemens même si les Allemands n’ont pas conceptualisé la diplomatie économique comme l’a fait Laurent Fabius)4.

La troisième leçon est que toute bonne diplomatie ne doit pas se limiter à un dialogue avec ses seuls amis et alliés mais doit impérativement s’orienter également vers ses « ennemis », ses adversaires pour tenter de les comprendre et de les convaincre. C’est ce qu’Angela Merkel fait avec Vladimir Poutine qu’elle n’avait pas revu depuis plus de deux ans. Elle procède avec lui à un tour d’horizon de quatre heures (elle parle russe) balayant toutes les grandes crises (Ukraine, Syrie…) qui secouent la planète et prépare le prochain G20 qui verra la première sortie de Donald Trump à l’étanger5.

Ainsi, Angela Merkel apparait comme la véritable présidente d’une Europe allemande en lieu et place des ectoplasmes eurocrates que sont les Juncker, Tusk et autres Mogherini qui vivent dans leur bulle6. Elle grille ainsi la politesse à l’Union européenne dont elle ne sollicite ni l’avis, ni les instructions, faisant ainsi fi de feu la PESD. Elle se présente comme une européenne convaincue ! On le constate ainsi, de l’eau coulera sous les ponts avant que la politique étrangère européenne n’existe véritablement en dehors de ses usines à gaz bruxelloises (COPS, COREPER, conseils européens…) qui ne débouchent que sur des textes creux et sans saveur.

Qu’on le veuille ou non, la politique extérieure de l’Union européenne est une chimère à laquelle s’accrochent toujours les derniers « fédérastes » (formule des gaullistes au moment de la création du marché commun) impénitents. On ne travaille que sur la réalité et non sur des rêves. « L’Europe est sortie de l’Histoire au sens fort du terme »7, laissant ainsi le champ libre aux nations fortes.

La France est parvenue à une heure de vérité pour ce qui est de sa politique (ou son absence de politique) étrangère (qui n’est plus indépendante) et son corollaire sa politique d’influence (un titre un tantinet pompeux) dans le monde en dépit des déclarations lénifiantes de ses dirigeants. Il appartiendra à Emmanuel Macron de porter, en priorité, un diagnostic sans concession sur les multiples raisons de l’effacement de la France sur la scène internationale et sur la scène européenne8. Il lui appartiendra de mettre un terme à la diplomatie brouillonne, incantatoire et inaudible des plaisantins que furent Laurent Fabius et Jean-Marc Ayrault à la tête du Quai d’Orsay.

Il appartiendra également à Emmanuel Macron de privilégier la raison à l’émotion, le temps long au temps médiatique, la discrétion à l’ostentation, la réalité au moralisme, le multilatéralisme à l’unilatéralisme, la coopération à la coercition, le parler vrai au parler creux… En un mot, il gagnerait à tirer toutes les leçons de cette belle leçon de diplomatie donnée par Angela Merkel avec discrétion et sans la moindre arrogance.

Guillaume Berlat
8 mai 2017

1 Renaud Girard, Quel monde trouvera notre prochain président ?, Le Figaro, 2 mai 2017, p. 19.
2 Leslie Varenne, Quelle pourrait être la politique étrangère d’Emmanuel Macron ?, Evaris, 28 avril 2017.
3 Guillaume Berlat, L’étrange défaite ou les 7 péchés capitaux de la diplomatie française, www.prochetmoyen-orient.ch , 30 novembre 2015.
4 David Fontaine, L’Arabie saoudite et la cause des femmes, Le Canard enchaîné, 3 mai 2017, p. 5.
5 Thomas Wieder, La chancelière allemande et le président russe se parlent, sans s’entendre, Le Monde, 4 mai 2017, p. 14.
6 Cécile Ducourtieux, Bruxelles coupée du monde ?, Le Monde, 4 mai 2017, p. 16.
7 Régis Debray, « L’Europe est sortie de l’Histoire », Le Monde, 4 mai 2017, pp.22-23.
8 Marc Semo, Comment le candidat d’En Marche ! muscle sa politique étrangère, Le Monde, 4 mai 2017, p. 4.

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 08-05-2017

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Commentaire recommandé

Kiwixar // 27.05.2017 à 06h42

“Il appartiendra également à Emmanuel Macron de privilégier la raison à l’émotion, le temps long au temps médiatique, la discrétion à l’ostentation, la réalité au moralisme, le multilatéralisme à l’unilatéralisme, la coopération à la coercition, le parler vrai au parler creux…”

Il appartiendra également à Emmanuel Macron de privilégier les intérêts de la France et des Français, et non ceux des oligarques apatrides qui tirent les ficelles de leurs outils (USA, Allemagne et autres pays vassaux) patiemment gangrénés depuis 1913. C’est pas gagné.

42 réactions et commentaires

  • st-ayran // 27.05.2017 à 06h24

    C’est une bonne diplomatie de faire “l’Europe allemande” ou de se faire désirer par les Saoud ( le gign version coupeur de tête cœur de l’Allemagne …) ?

    Non.
    C’est irresponsable et extremement dangereux.

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    • RGT // 27.05.2017 à 10h13

      Sans doute pas tant que ça…

      Elle leur a peut-être simplement dit : “Vous pouvez foutre le bordel où vous voulez, je m’en fous, mais si vous venez foutre le bordel en Allemagne vous risquez de très GROSS problèmes.
      Je ne suis pas dans la peau de la Führerine mais je suis certain qu’elle a dû passer ce message qui a été TRÈS bien compris.

      D’ailleurs, “les djihadistes en Allemagne, combien de divisions” ?

      C’est aussi ça la “diplomatie”…

      Les russes sont aussi très forts dans ce genre de truc.

      Au temps de l’URSS, alors que c’était le bordel au Liban et que les diplomates “s’évaporaient dans les rues” un diplomate russe avait été enlevé et une rançon était demandée.
      Les russes avaient clairement annoncé qu’ils ne payeraient PAS parce que ça faisait partie des “risques du métier”.
      Et quelques jours après, la tête du dirigeant de cette organisation fût livrée par coursier sur le lieu même de détention de ce diplomate qui fût immédiatement libéré et plus aucun russe ne fût enlevé.

      Pendant ce temps, les autres négociaient la libération d’otages qui, à peine libérés, étaient remplacés par d’autres dans une ronde enjôlée.

        +15

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      • st-ayran // 27.05.2017 à 15h07

        Très intéressant votre remarque historique mais je ne vois pas le rapport;
        Les divisions entre djihadistes c’est un leurre. Il y en a beaucoup entre daesh, HTS, jaish al islam, ahrar al sham et consœurs et pourtant ça ne les empêche pas d’être tous dangereux.

        En Allemagne vous parlez des différences entre erdoganistes, kurdes salafistes et pseudos réfugiés syriens ? Et alors ? En quoi ça les empêcherait de poser une bombe ? 12 morts à Berlin en décembre dernier.
        L’armée allemande reste encore largement tributaire des américains, je ne vois pas comment il pourrait souverainement réagir.

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      • Jac // 27.05.2017 à 15h21

        “Et quelques jours après, la tête du dirigeant de cette organisation fût livrée par coursier sur le lieu même de détention de ce diplomate qui fût immédiatement libéré et plus aucun russe ne fût enlevé.”

        Ce que vous décrivez là, c’est exactement une des méthodes les plus efficaces de toutes les mafias. Voulez-vous insinuer que Merkel serait une “mafieuse” ??? en précisant en entrée de commentaire : “Vous pouvez foutre le bordel où vous voulez, je m’en fous, mais si vous venez foutre le bordel en Allemagne vous risquez de très GROSS problèmes.”

        et les-crises laisse passer votre commentaire ???????? C’est diffamatoire…

        En bref, vous considérez qu’il n’y a pas de “diplomatie possible” et peut-être vous voyez-vous comme un Lucky Luke chevauchant solitaire (a poor lonesome cowboy) au milieu d’un far west où règne la loi du plus fort… L’image serait assez pertinente si on considère que le néolibéralisme financier est une forme moderne de “la loi du plus fort” (ou du plus riche, ce qui a toujours été). Mais Merkel, quoi qu’on pense d’elle, n’est certainement pas le rouage de ce pouvoir mafieux, ni l’instigatrice, ni le pouvoir financier, puisque le pouvoir financier est par nature non personnifiable. Même vous vous contribuez à ce pouvoir quand vous placez de l’argent dans une banque pour qu’elle spécule avec… ou quand vous achetez en grande, voire très grande surface… ou quand vous vous ruez sur le dernier smartphone vanté par une publicité très efficace …etc
        Vous en avez conscience ?

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        • RGT // 27.05.2017 à 22h53

          Non, je voulais simplement signaler que la diplomatie, lorsqu’on négocie avec des états “limites” consiste souvent à faire comprendre à leurs dirigeants que s’ils commettent (ou soutiennent officieusement) des actes “peu recommandables” ils s’en prendront de plus féroces en retour.
          Non pas dirigés contre des clampins sans importance mais contre ces “élites” elles-mêmes qui payeront de leur sang les conséquences de leurs actes.
          C’était la technique des Hachichins.

          C’est tout à fait ce qu’avaient fait les russes au Liban. Ils n’avaient pas mené une opération commando contre les grouillots qui gardaient l’otage mais directement contre leur chef, avec avertissement implicite à tous ceux qui voulaient leur chercher des poux.

          Si les dirigeants français avaient informé les Saoudiens qu’ils risquaient quelques “petits” problèmes – et s’ils avaient les “c***” de le faire réellement il n’y aurait JAMAIS eu les attentats…
          Et (hélas pour Cazeneuve) nous n’aurions pas l’état d’urgence.

          Je signale simplement que Merkel a simplement dû “mettre les choses au clair” (je pense, et depuis bien longtemps).

          Merkel est l’instrument des ploutocrates ALLEMANDS, et eux seuls.

          Et si ses voisins sont victimes de “dommages collatéraux” elle s’en fout, tant que ce n’est pas dans son pays.

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      • Christian gedeon // 30.05.2017 à 05h36

        C est en effet la seule bonne methode,pragmatique, efficace et économique en quelque sorte.Un peu spectaculaire,certes,mais somme toute guère plus que les bombardements massifs des villes allemandes pour en finir avec les nazis,n’est ce pas? Ça a meme le mérite d’une certaine individualisation de la chose,si j’ose dire . la plupart sinon tous les poseurs suicide de bombes et autres kalchnikovistes récents étaient connus et suivis(sic!) par le services de police.C’est ballot pour les victimes,non? Au RU on va peut être assister à la vraie première mise en cause de la doctrine du je ne fais rien avant les morts,ce qui ne serait pas trop tôt. Il est à mon sens tout à fait démocratique de protéger le la vie des citoyens,avant.Par e qu’après,ce n’est pas comme dans les films,les morts ne se relèvent pas.

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  • Kiwixar // 27.05.2017 à 06h42

    “Il appartiendra également à Emmanuel Macron de privilégier la raison à l’émotion, le temps long au temps médiatique, la discrétion à l’ostentation, la réalité au moralisme, le multilatéralisme à l’unilatéralisme, la coopération à la coercition, le parler vrai au parler creux…”

    Il appartiendra également à Emmanuel Macron de privilégier les intérêts de la France et des Français, et non ceux des oligarques apatrides qui tirent les ficelles de leurs outils (USA, Allemagne et autres pays vassaux) patiemment gangrénés depuis 1913. C’est pas gagné.

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    • yann // 27.05.2017 à 10h17

      Plus le temps passe et plus cette Europe/France-Allemagne ressemble à un complot synarchique (d’Empire)!

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    • Iloveit // 28.05.2017 à 08h25

      Il a ete elu precisemment parce aucune idee de souverainisme ne risque pas de lui passer en tete.

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  • tchoo // 27.05.2017 à 06h58

    Et il ne fera rien de tout ça.
    Quand il ne changera rien à la situation actuelle suivant comme un petit caniche nos “amis américains “

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    • Idomar Yasagof // 30.05.2017 à 13h55

      Oui et c’est bien pour ça que le détail du financement de sa campagne est important à connaître.
      A qui précisément doit-il quelque chose ?

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  • basile // 27.05.2017 à 07h11

    je connais ce genre de diplomatie, on a la même en entreprise et dans l’administration. Des réunions interminables soit-disant pour se « concerter », mais en fait nous endormir (au sens réel) par du bla bla bla. Et tout le monde se fait des sourires, des politesses, des compliments

    Comme disait un célèbre magazine télé du groupe Le M****, pour sa rubrique courrier des lecteurs : ça va mieux en le disant.

    Et pouvoir nous dire par la suite, « mais vous étiez d’accord, on en a parlé »

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    • Jac // 27.05.2017 à 15h52

      Ah là là ! les réunions d’entreprises (de grosses entreprises en l’occurrence) je connais ça aussi et je confirme (dans les petites entreprises, c’est plus direct, il y a des disputes, c’est plus sympa, et ce n’est pas tjrs le patron qui a raison in fine).
      Sauf que dans ces grosses entreprises ou administrations aux réunions soporifiques, il n’ y a quasiment pas de diplomates… Au contraire ! Chacun ferme sa gueule de peur d’être viré ou mis au placard…. Ah là là ! comme c’est dur d’être libre ! moi j’ai claqué la porte… c’est un choix.

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      • Idomar Yasagof // 30.05.2017 à 13h58

        Dans les grandes entreprises, il n’y a pas de patron (celui qui risque son argent), il n’y a que des “managers” (celui qui ne risque rien ou si peu).

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  • Nanker // 27.05.2017 à 09h14

    « fédérastes »… magnifique, non?

    Et il est plaisant de noter qu’un néologisme forgé il y a presque 50 ans nous éclaire sur la réalité de 2017.
    De Gaulle et les gaullistes c’était quand même quelque chose…

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  • vert-de-taire // 27.05.2017 à 09h35

    Que de poncifs et de suffisance !

    “Il appartiendra à Emmanuel Macron de porter, en priorité, un diagnostic sans concession sur les multiples raisons de l’effacement de la France sur la scène internationale et sur la scène européenne”

    Mais qu’est-ce qu’on en a à faire de l’effacement de la France ?
    L’effacement de ce cirque tragi-comique destinée à une propagande ?
    Où chaque mot sert à tromper le monde pour ‘faire croire’.

    On dirait un professeur devant ses gamins, devant des ignares, répandant le bien contre le mal, la vérité, sur la base d’une sourde haine contre la France et les français, ce machin qui dérange le monde par son arrogance et ses ratés.

    Allez gamin Macron, montre que la France est moins c…e depuis que tu as balayé les c..s qui gouvernaient.

      +2

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    • Colbert // 27.05.2017 à 12h43

      Il n’a rien balayé du tout . Il les a recyclés , sous une autre étiquette . Procédé classique en France , et dans tous les domaines . On change le nom faute de pourvoir ou vouloir changer la chose …A noter , histoire de se foutre un peu de leur gueule , que LREM peut aussi se comprendre “Les républicains en marche!” …

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      • vert-de-taire // 04.06.2017 à 18h22

        Juste en grande partie
        Mais on attend pour voir, sans la moindre illusion.

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  • Fritz // 27.05.2017 à 09h36

    Je n’aime pas Merkel, mais je ne lui reproche pas de mener une diplomatie indépendante. Je lui conseillerais même d’aller jusqu’au bout de ce réalisme bien compris, en quittant l’Alliance atlantique et l’OTAN, alliance et organisation de guerre froide qui perpétuent la domination américaine sur l’Allemagne.

    La diplomatie de Merkel montre que dans l’UE, il y a deux poids deux mesures : l’Allemagne est libre d’accepter ou de refuser les directives de Bruxelles, et elle fixe sa diplomatie ; les autres pays doivent appliquer les directives, harmoniser leur diplomatie avec la PESC, et présenter leur budget à Bruxelles comme des gamins qui tremblent à l’idée d’une punition.

    Macron nous étonnant par une diplomatie réaliste et indépendante, pourquoi pas ? On peut rêver, ou même ne pas injurier l’avenir. Mais à une condition : qu’il ne suive pas les injonctions de la Führerin.

      +1

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    • Pascalcs // 27.05.2017 à 10h34

      Eh oui, au final l’épaisseur du chéquier fera toujours la différence. Nos diplomates désargentés ne sont plus que des manches à air. Revenir au rang “d’influent” et nettoyer les écuries du Sarkhollande va prendre du temps, de l’énergie et de l’humilité.
      La France va devoir apprendre à redevenir une nation avant d’y accoler “grande” en qualificatif.

        +3

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      • RGT // 27.05.2017 à 10h56

        Non, c’est surtout parce que les allemands sont bel et bien les seuls à avoir pris des protections contre l’UE.

        Toute directive de l’UE, toute décision doit absolument être approuvée par le Bundestag avant d’être applicable en Allemagne.

        Un truc qui ne leur plaît pas ne sera JAMAIS appliqué dans ce pays, même si TOUS les autres pays sont favorables.

        Ce qui fait que pour éviter que les “normes €uropéennes” soient différentes entre les pays, un truc qui ne plaît pas à l’Allemagne est tout simplement poubellisé.

        Les Allemands ont tout à fait raison, ce sont les autres pays qui sont des cons d’accepter tout et n’importe quoi sans broncher.

        Après, ne nous étonnons pas si les dés sont pipés. Nous nous faisons plumer car c’est TOUJOURS le tricheur qui gagne.

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        • Pascalcs // 27.05.2017 à 12h03

          Je ne qualifierai pas les Allemands de tricheurs. Ils ne le sont pas plus que nous, les Italiens, les Grecs, etc. Par contre ils manœuvrent admirablement bien car ils sont en mesure d’imposer leurs normes. Et comment font ils pour y arriver? C’est simple: ils ont souvent un coup d’avance et ils jouent en groupe. Tous l’inverse de nous. Et de surcroît, comme leurs négociateurs ne changent pas ministres et de conseillers comme de chemises, ils préparent les dossiers avec des gens compétents sur les sujets traités. C’est le jour et la nuit avec l’inaptitude dont notre corps politique fait souvent preuve.

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          • Caton l’Ancien // 27.05.2017 à 16h33

            Les Allemands ont surtout conscience de leurs intérêts et les défendent, ce qui est normal.
            Nos prétendues élites ont elles, théorisé la démission de tout ce qui ressemble à une défense des intérêts nationaux, rebaptisés égoïsmes nationaux. Donc ils jouent une stratégie de courtisans, il faut “être bien vu” de l’Allemagne, ne pas se fâcher avec les “partenaires” européens…

            En politique comme dans la vie courante, la volonté de plaire à tout prix fait forcément de vous un larbin puisque quelqu’un aura remarqué ce tropisme et cherchera à vous faire chanter (donne moi X sinon, je ne t’aime plus). Vous ne pouvez être libre que si vous vous défaites de la crainte d’être jugé négativement quand vous suivez votre chemin. D’ailleurs, à terme, vous gagnez le vrai respect qu’on accorde aux forces indépendantes plutôt que la pitié qu’on accorde aux serviles.

              +7

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        • Jac // 27.05.2017 à 16h45

          “Toute directive de l’UE, toute décision doit absolument être approuvée par le Bundestag avant d’être applicable en Allemagne.”

          C’est ce que j’appelle une démocratie. La France est toujours et encore une “monarchie”, et comme un monarque craint tjrs de perdre son pouvoir, il accepte tout d’un pouvoir qui le dépasse pourvu qu’il reste assis sur son trône. Un roi borgne au pays des aveugles.
          Pour pouvoir faire comme l’Allemagne et ne plus être si “con”, il faudrait élire NOTRE gouvernement et non plus un “monarque” qui le désigne à notre place.

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    • Jac // 27.05.2017 à 16h32

      Tout à fait d’accord avec vous, quant à sa diplomatie indépendante et votre “suggestion” de quitter l’Alliance atlantique et l’OTAN. D’autant plus (a contrario) que l’union européenne a créé l’euro pour “contrer” le dollar dominant dans les transactions marchandes et tenter de la sorte d’avoir plus d’indépendance vis à vis des USA (lequel euro selon moi, n’est pas comme une “chaussure, à son pied ou non” dixit O. Berruyer, ou du moins pas plus qu’un franc ou une peseta ou une lire, puisque une monnaie ne constitue pas à elle seule le pouvoir d’achat ; tout au plus les injustices qu’elle engendre le sont-elles à l’échelle européenne et non plus seulement nationale. Clin d’oeil à Berruyer : l’euro est un moyen, la chaussure un confort : on ne peut comparer que ce qui est comparable…)
      Quant à ce 2 poids 2 mesures que vous décrivez, qu’est-ce qui a empêché la France de faire pareil ? Les nouveaux entrants je veux bien, ils ont besoin de l’Europe pour survivre. Mais la France pays fondateur de l’union européenne n’a aucune excuse.

        +0

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  • vert-de-taire // 27.05.2017 à 09h42

    ‘« La France doit rayonner davantage par son exemple que par ses leçons de morale. Sa diplomatie doit prendre les réalités telles qu’elles sont, pas telles qu’elles voudraient qu’elles soient. Elle doit être réactive, souple, inventive, énergique, alignée sur personne ». Sur un plan doctrinal, le nouveau président de la République, Emmanuel Macron serait bien inspiré de méditer ce jugement au moment où il lui appartiendra de fixer les grands axes de sa politique étrangères.’

    Cessez de penser par idées mais par contraintes …
    Cela s’appelle l’esclavage.
    Le cadre est là, suivez_le, la prison est votre monde.

    Le capitalisme a étendu son pouvoir sur la planète, soumettez-vous au plus fort, c’est ainsi qu’il faut gouverner.

      +0

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  • outis // 27.05.2017 à 09h57

    En outre, l’Europe est la pelote de fils dont elle se sert pour ligoter la France.

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  • Teejee // 27.05.2017 à 10h25

    “Sur un plan concret, le président du mouvement En Marche serait bien inspiré de s’inspirer de l’exemple diplomatique d’Angela Merkel.”
    “Ainsi, Angela Merkel apparait comme la véritable présidente d’une Europe allemande en lieu et place des ectoplasmes eurocrates que sont les Juncker, Tusk et autres Mogherini qui vivent dans leur bulle. Elle grille ainsi la politesse à l’Union européenne dont elle ne sollicite ni l’avis, ni les instructions, faisant ainsi fi de feu la PESD.”

    Merveilleux article dont l’auteur reconnaît que c’est bien l’Allemagne qui dirige l’Union européenne et incite le Président français à suivre l’exemple de la Chancellière allemande.
    Tout est dit.

      +5

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  • georges glise // 27.05.2017 à 10h58

    mme merkel est allée à washington renouveler l’allégeance de l’allemagne (et de l’europe qu’elle dirige de fait) à l’empire washingtonien. monsieur macron a renouvelé cette allégeance à bruxelles et à taormina. quant à riyad, sarko et hollande y sont allés pour vendre des armes, trump aussi, et sans doute mme merkel aussi; soif inextinguible de pétrodollars, tant pis pour les yéménites, tant pis pour les droits de l’homme, tant mieux pour l’islam wahhabite, si volontiers terroriste!.
    quand reverrons-nous une vraie politique étrangère non alignée en france, telle que la concevait et la développait le général de gaulle. le seul vrai gaulliste qui reste dans notre pays, c’est mélenchon!

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    • Colbert // 27.05.2017 à 12h46

      Et Marine , (plus Philippot) quand même !

        +2

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  • Michel Ickx // 27.05.2017 à 11h27

    On a rien appris avec Tsipras et on recommence avec le nouveau président.Quand apprendra-t-on?

      +4

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  • Bonsensiste // 27.05.2017 à 11h54

    Les Allemands ont livrées des armes aux Saoudiens, y compris 270 chars Leopard en 2012 ?
    http://www.handelsblatt.com/politik/deutschland/waffenexporte-270-leopard-panzer-fuer-saudi-arabien-100-fuer-indonesien/7387092-2.html

    faut entretenir !

      +2

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    • Colbert // 27.05.2017 à 12h49

      Ill paraît que les armes sophistiquées , bourrées d’electronique , peuvent être neutralisées à distance par le fabriquant -vendeur . Tant avions que chars et missiles . Ce qui fait qu’on devrait pourvoir empêcher ces sauvages de s’en servir contre nos intérêts …Hé , hé , hé .

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  • triari // 27.05.2017 à 13h10

    Pour moi Merkel et Macron, c’est du pareil au même : l’une donne les ordres, l’autre obéi.
    Moi non plus je n’aime pas les leçons de morale à deux balles de la diplomatie française, mais de là à tisser des couronnes de laurier à Merkel, c’est un peu fort. La France n’a pas coupé les D.A.B. en Grèce juste avant le référendum de 2015 pour encourager le peuple grec à voter NAÏ. Le OXI a gagné à 60% seulement, qui sait à combien il aurait été sans ce chantage.
    Désolé, mais il ne peut pas y avoir de deux poids deux mesure dans la condamnation : la France est condamnable pour son soutien aux terroristes en Syrie et aux nazis en Ukraine, l’Allemagne est responsable de la hausse de mortalité infantile en Grèce.

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  • Renaud // 27.05.2017 à 14h31

    Emmanuel Macron a l’âge de l’ “époque” où a été formé.
    Et quelle formation! C’est à dire arrivé au “nec plus ultra” de la pratique bancaire omnipotente dont l’humanité actuelle pâtit de plus en plus avec la perte de contrôle et de souveraineté sur la monnaie, exactement sur la monnaie de crédit.
    C’est ce contrôle sur la création monétaire que les producteurs — ceux qui donnent sa vraie valeur à la monnaie — n’ont jamais eu et n’ont pas encore compris ce qui est arrivé malgré tant et tant de décennies et de générations de socialo-communisme qui, tout comme les libéraux, sont passé à côté de l’élucidation du mode de création de la monnaie et nous ont conduit toujours à des impasses… Cette monnaie de crédit initiée en 1694 par la banque d’Angleterre qui élabora ce modèle de création monétaire à partir du néant et qui, à présent, couvre et domine en temps réel les pays et les continents. Les politiques étant devenu des pantins de la plus puissante finance. C’est pour ça que les élections politiques n’ont presque plus de portée… On change les têtes, mais on ne change plus jamais de politiques…
    Mme Merkel est sans doute plus pragmatique, mais c’est l’Allemagne qui gère son mark nommé euro. Les autres, coincés dans l’ “euro”, sont des rigolos serviles et ignorants. Ils nous saoulent d’ennuis!.. et en plus la loi nous oblige de les nourrir…

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  • Pakete // 27.05.2017 à 15h09

    Plop,

    Au final, Merkel aura eu le bon ton de mettre un terme à l’UE, aucune structure politique ne peut exister sans politique étrangère commune, c’est d’autant plus vrai pour l’UE qui se veut comme projet politique commun mais qui se retrouve avec une chancelière faisant le tour du monde pour ses propres intérêts.

    Avec ça,ce tournant, à minima cet énième clou dans le cercueil de l’UE politique, se fait avec un ectoplasme technocrate à la tête du deuxième pays de la zone en question.

    Ca a du bon quelque part, ça dessillera quelques têtes obtus, mais il est dommage, vraiment dommage, d’en passer systématiquement par la politique du pire pour faire oeuvre de prise de conscience…

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  • Django // 27.05.2017 à 19h47

    Au début de l’article, ils écrivent “l’imprévisible D.Trump”; oui, il est indépendant, du moins son gouvernement, son pays, contrairement aux élites politiques européennes qui ne sont justes que des ministres de l’UE, ce qui les rend, eux, totalement prévisibles, ils ne produiront jamais de décisions innovantes, nouvelles, imprévisibles, cqfd ! Et cette prévisibilité permanente de nos marionnettes à la retraite payée par le contribuable , les “médias d’état” (=tous les journaux et chaînes de tv/radio [car subventionnés également par l’état et donc encore par le contribuable, sans ça, ils n’existent pas]) l’aiment bien !!! Je crois que le continent européen n’a jamais possédé de dirigeants plus traîtres (dans tous les sens du terme, et de manière générale) qu’à notre époque.

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  • Django // 27.05.2017 à 19h53

    Au début de l’article, ils écrivent “l’imprévisible D.Trump”; oui, il est indépendant, du moins son gouvernement, son pays, contrairement aux élites politiques européennes qui ne sont justes que des ministres de l’UE, ce qui les rend, eux, totalement prévisibles, ils ne produiront jamais de décisions innovantes, nouvelles, imprévisibles, cqfd ! Et cette prévisibilité permanente de nos marionnettes à la retraite payée par le contribuable , les “médias d’état” (=tous les journaux et chaînes de tv/radio [car subventionnés également par l’état et donc encore par le contribuable, sans ça, ils n’existent pas]) aiment bien !!!

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  • Seraphim // 28.05.2017 à 08h49

    Toujours ce “pragmatisme” à toutes les sauces, servi comme la vertu essentielle, la première à utiliser en diplomatie! Vous ne trouvez pas ça lassant? Et creux par dessus le marché? Ça ne veut rien dire, tout le monde est à sa façon, pragmatique! Même les terroristes: ils font des calculs, des évaluations, ils mesurent leurs moyens et les emploient au mieux, avec une certaine économie et en vue d’un but. Ils n’y a que les hommes spirituels (les ermites, les moines) qui ne pensent pas “pragmatique”. Mais aucune spiritualité n’anime les intentions de Macron vis à vis de l’Europe, ou alors j’ai raté un épisode. Quand Fabius clamait “Bachar ne mérite pas d’être sur terre” il n’y avait aucune morale, aucun “esprit”; juste un pari très confiant dans l’assassinat programmé d’el Assad. Mais raté. La question ne se pose pas en terme “pragmatisme” ou évanescente théorique, juste entre bon ou nul. Bon quand on connaît -bien- les pays, les histoires, les langues et les cultures, nul dans le cas contraire.

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