Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labéviére, 22-05-2017

Le président iranien sortant Hassan Rohani a été largement réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle, vendredi passé. Il totalise 58% des suffrages avec 23,54 millions de voix et bat ainsi son principal adversaire, le conservateur Ebrahim Raissi qui obtient un taux de 38,5% avec 15,78 millions d’électeurs. Samedi, l’ayatollah Khamenei – le guide suprême de la révolution – s’est félicité d’une participation populaire exceptionnelle avec 73% des inscrits, soit 40 millions de votants. Il a déclaré : “celui qui a gagné ces élections, c’est le peuple d’Iran. La nation a voté et la sécurité a été garantie (…) Le nouveau gouvernement devra lutter contre la corruption et aider les catégories les plus faibles et défavorisées”. En insistant sur les progrès de l’unification du peuple iranien et de la “démocratie islamique”, le Guide a appelé l’ensemble des Iraniens à soutenir l’action des nouveaux responsables. “Force nationale et sagesse internationale” conclut le Guide. L’Iran poursuit et consolide son retour dans le monde. Retours sur images.

Kermanshah, Paweh, Téhéran, 19 mai.

Les dernières pluies abondantes ont verdi les champs et les montagnes du Kurdistan, l’une des trente provinces d’Iran. Au sud de cette région frontalière de l’Irak, la ville de Kermanshah cultive ardemment le souvenir d’une bataille décisive de la fin de la guerre déclenchée par Saddam Hussein contre l’Iran (1980 – 1988). Soutenue et armée par Bagdad et les pays occidentaux, l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI), dirigée par la famille Radjavi, a tenté une ultime percée dans la région.

En 1988, après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec l’Irak, une colonne de blindés de l‘OMPI a été stoppée au col qui donne accès à Kermanshah. Baptisée Mersad (signifiant embuscade) par le gouvernement iranien, l’opération a opposé 7000 combattants de l’OMPI – soutenus par l’aviation irakienne – aux forces iraniennes du 26 au 30 juillet 1988. L’opération s’est soldée par un cuisant échec pour l’OMPI et les Irakiens. La passe montagneuse où les rebelles ont été neutralisés est aujourd’hui un lieu de pèlerinage où l’on vient de l’ensemble du pays pour honorer les martyrs qui ont défendu pied à pied “la terre de la patrie”.

S’ils aspirent à la reconnaissance d’une certaine autonomie, les Kurdes d’Iran – qui représente 9% de la population – votent majoritairement pour des candidats réformateurs. En redescendant du monument des martyrs vers le centre ville, les hommes en sarouels (pantalons bouffants) et ceinture d’étoffe s’assurent de l’identité des visiteurs étrangers. Parler directement politique serait mal venu, mais les portraits de Hassan Rohani, fraîchement placardés contre les murs, ne laissent aucun doute quant au soutien massif apporté au président sortant. “Reconduire le président sortant pour le prendre au mot et qu’il réalise enfin ses promesses représente certainement un choix par défaut mais vaut mieux qu’élire un religieux conservateur – haut fonctionnaire de justice – qu’on ne connaissait pas encore il y a six mois”, explique discrètement l’un de nos accompagnateurs.

ROHANI PAR DEFAUT

Mêmes visages et sensations à Paweh, où un autre monument et d’autres tombes commémorent le souvenir des affrontements sporadiques mais encore réguliers contre les factions séparatistes du PJAK ( Parti pour une vie libre au Kurdistan ). Ici, on vote aussi pour Hassan Rohani, parce qu’ “on est Iranien et entièrement Iranien” affirme un chauffeur de taxi qui en rajoute un peu puisqu’on arrive au siège de la municipalité. En fait, estime un universitaire qui travaille sur les minorités du pays, “rien de comparable avec l’Irak, la Turquie ou même la Syrie. En Iran, la question kurde est relativement gérée et le problème des autres minorités – Azéris, Arabes et Baloutches -, majoritairement sunnites (au moins 15% de la population iranienne) ne donne pas lieu à un irrédentisme sérieux même si celles-ci sont sérieusement surveillées parce que leurs territoires se superposent aux zones d’extraction d’hydrocarbures et d’exportations maritimes de pétrole et gaz iraniens”.

Cela dit, poursuit le même interlocuteur, “les pauvres des campagnes, les gens condamnés à rejoindre la périphérie des villes pour y exercer des petits boulots sont les premières victimes de la rationalisation de l’économie engagée par Rohani. Ces déclassés peuvent être séduits par un vote conservateur visant à sanctionner les promesses d’une embellie économique qui – malgré des annonces répétées – n’a pas suivi la signature de l’accord concernant le programme nucléaire. Une levée partielle des sanctions internationales n’a pas produit la relance économique promise par Hassan Rohani et les critiques fusent contre „les classes moyennes urbaines pro-occidentales qui s’américanisent de plus en plus”.

FÊTES URBAINES

Retour à Téhéran. Avenue Vali-ye Asr est l’artère fémorale de Téhéran et de son agglomération dont la population dépasse désormais 12 millions d’habitants. Du nord au sud, l’avenue fonctionne comme un baromètre social. Au nord, du pied des contreforts de la chaîne de l’Elbourz au musée d’art Moderne du parc Laleh (centre ville), les beaux quartiers s’affichent entre ministères, universités et centres commerciaux. La journée, les grues de chantier balaient le ciel et rythment l’activité des sociétés, des banques, des administrations et le flux d’embouteillages exponentiels.

Avec le crépuscule, une noria de motos et voitures hérissée de drapeaux violets se met à sillonner les rues en klaxonnant. Des grappes de jeunes filles et femmes, aux voiles improbables, remontent l’avenue en piaffant comme des pies joyeuses. Ambiance sortie d’école et fête de diplôme, elles distribuent des portraits de leur candidat en scandant: “la jeunesse est pour Rohani” et ” Raissi, c’est Reza Pahlavi!” (traduisez un retour à la dictature du Chah). Quelques motards du camp opposé apportent ponctuellement la contradiction avant qu’un cordon de policiers – en tenue légère et non armure anti-émeute – ne s’interpose fermement mais sans violence. Néanmoins, en dépit de quelques montées de fièvre sporadique, le climat reste très bon enfant, comme une sortie de match de football sans hooligans, atmosphère de 14 juillet ou de 31 décembre.

En descendant Vali-ye Asr vers le sud, les portraits de Rohani disparaissent progressivement. Quelques affiches de Raissi illustrent les carrefours des zones plus populaires : moins de commerces, moins de lumière, peu de grues. Le chauffeur de taxi peste contre les étudiants et la bourgeoisie des quartiers nord. Lui: “travaille presque 20 heures par jour et ne s’en sort pas pour nourrir sa femme et son gosse” alors pas question de voter comme les beaux quartiers et les “pro-américains”. Il faut “poursuivre la révolution islamique le plus fermement possible” lance-t-il enclenchant une compilation de Charles Aznavour dans la radio-cassette.

Retour et remontée vers le nord avec un autre chauffeur. Un portrait du guide Khameneï est scotché sur le tableau de bord: “bien-sûr je vote le Sayed Raissi parce que je travaille dur et que je ne veux pas devenir américain”. Les rues se sont vidées, laissant la place aux nettoyeurs municipaux qui restaurent la grâce des places et des jardins publics, très nombreux à Téhéran. Certains grognent contre ces gamins de la jeunesse dorée, transformés en autant d’agent électoraux de Rohani “qui salopent la ville”, d’autres admettent que la campagne électorale ne leur procure pas plus de travail que les fêtes religieuse et le mois du Ramadan… Jeudi, jour de week-end, sera plus calme, les équipes de militants devant s’abstenir jusqu’à l’ouverture du scrutin.

FILES D’ELEGANCE

Vendredi 19 mai. Les bureaux de vote – dans les écoles, les administrations publiques et les mosquées – ouvrent à 8 heures. Aussitôt, la télévision nationale a diffusé les images du Guide en train d’accomplir son devoir électoral dans un lieu non précisé, voulant – à l’évidence – donner l’exemple. 10 heures à l’école primaire de Sadeghiyet (nord-ouest). Une longue queue d’hommes endimanchés et de femmes élégantes – femmes et hommes mélangés – s’étire dans la cour. On commente les derniers soubresauts de la campagne, le débat des six candidats (quatre se sont maintenus), qui a été inhabituellement dur et polémique, notamment sur la question des enrichissements personnels…

“L’élégance de rigueur est d’autant plus soignée” explique un fin connaisseur de la vie politique iranienne, qu’”en ville la majorité des femmes qui travaillent cherchent à s’affranchir des contraintes vestimentaires pour, non pas singer la femme occidentale, mais tout simplement pour mieux respirer et signifier qu’on peut être croyante, pratiquante et nationaliste iranienne sans forcément adopter un uniforme rigide, triste et très peu adaptée aux contraintes de la vie urbaine “.

Même élégance aussi dans le métro, très propre, où les vendeurs de chaussures et de couvertures traversent les groupes en discussion. Sur la ligne qui mène au Bazar, activités et trafics ressemblent à ceux des jours ouvrables, mais avec une affluence plus dense. Les parcs du centre ville se peuplent de familles s’apprêtant à pique-niquer. Le grand Pont de la nature qui enjambe l’autoroute périphérique, lui aussi se remplit de promeneurs puisque les locaux de vote sont toujours encombrés et que l’ouverture va sans doute être prolongée jusqu’à minuit.

Mosquée Ebne Zahra (nord-ouest), 23 h 30. La femme responsable du local de vote nous invite à prendre un thé. A l’intérieur, si hommes et femmes votent séparément, tout le monde se retrouve à l’entrée autour d’un thé. Une discussion s’engage avec un groupe de jeunes Bassidj (volontaires de force paramilitaire) qui regrettent le temps de Mahmoud Ahmadinejad qui fut président de la République de 2005 à 2013. Les échanges se propagent au groupe de policiers qui assurent la fluidité des entrées et des sorties: ” ils sont marrants les jeunes qui réclament plus de rigueur, de fermeté…Quand ils l’ont, ils font la tête et protestent. Ensuite, ils sont nostalgiques… Faudrait savoir ce qu’ils veulent vraiment” estime le capitaine qui commande l’unité en ajoutant : ” une chose est sûre : l’attitude des Etats-Unis et d’Israël pèsent fortement sur cette élection. Les gens redoutent une nouvelle guerre”.

LE GUIDE A GAGNE SON PARI

Samedi midi: l’affaire est entendu! Rohani est réélu avec une avance imposante, plus de vingt points d’avance – environ 7 millions d’électeurs -, même s’il y a eu plus d’un million et demi de vote annulés pour vice de forme. “Depuis l’accord sur le dossier nucléaire, l’Iran a retrouvé une meilleure image sur le plan international” explique un politologue du Centre de recherche New Horizon, “mais en faisant de la levée des sanctions sa marque de fabrique, il a promis le paradis et – bien évidemment – beaucoup déçu”. Comment se fait-il alors qu’il n’ait pas été sanctionné davantage? “Parce que les gens ont effectivement eu peur d’une nouvelle guerre. En reconduisant Rohani, ils ont eu le sentiment de contracter une assurance vie” Il est vrai que la continuité réduit les surprises ! Evoquant Donald Trump, le politologue estime “qu’un seul fou est bien suffisant et qu’il ne s’agissait surtout pas de le défier, même par les urnes”.

D’un autre côté, rétorque son collègue, le nouveau gouvernement Rohani devra changer de tactique et de style: répondre à la demande sociale et ne plus baisser la garde devant les Américains “.

Le Guide avait prévenu: “accord sur le nucléaire mais que sur le nucléaire “, les autres dossiers pendants – Syrie, Yémen et Bahrein notamment – étant loin d’être résolus. Ce rappel des lignes rouges n’implique pas forcément -on peut l’espérer- une nouvelle guerre avec les Etats-Unis ou Israël. Le président américain qui vient d’arriver en Arabie saoudite a bien d’autres préoccupations : tordre le bras des Wahhabites pour qu’ils lâchent les terroristes de l’organisation “Etat islamique” ; garantir et sécuriser le retour des pétrodollars pour l’investissement domestique aux Etats-Unis ; enfin, officialiser la réconciliation Riyad/Tel-Aviv afin de relancer un processus de négociation entre Israéliens et Palestiniens.

Sur ce dernier dossier, Donald Trump n’agit pas en politique mais en homme d’affaires, cherchant avant tout à réussir là même où son prédécesseur a échoué. En cherchant aussi à aider les Saoudiens à sortir de leur enlisement Yéménite, le président américain veut montrer aux Russes qu’il tient ses alliés et qu’il est prêt à faire preuve de la même rigueur sur le dossier syrien, en vue de collaborer à l’instauration d’une espèce de Yalta proche et moyen-oriental. Comme celle d’Obama, la nouvelle administration américaine nourrit – elle-aussi – l’illusion de détacher Moscou de Damas… Le jour n’est pas venu, tant s’en faut ! En définitive, Washington cherche sans doute à réduire l’influence de l’Iran, qui, d’une manière presque géométrique, est en train de redevenir la puissance régionale dominante au grand dam de la Turquie.

Pour une normalisation avec l’Arabie saoudite, ce sera une autre paire de manches. Souvent cité sur ce dossier, l’ayatollah Khomeini avait coutume de dire que “la crise du Hedjaz1 (appellation évitant de qualifier l’Arabie de “saoudite” du nom de la famille régnante), se réglerait bien après celle de l’entité sioniste”. Par conséquent, à Téhéran, chacun s’accorde à reconnaître l’importance de la visite saoudienne de Donald Trump. Celle-ci n’aura pas que des conséquences économiques mais ouvrira des perspectives géopolitiques “nouvelles” ; ce qui ne signifie pas qu’elles seront forcément constructives…

En attendant, le plus grand gagnant du scrutin est le Guide de la révolution Ali Khamenei : il a su mobiliser son peuple pour une élection présidentielle qui pourrait servir de modèle à bien des pays. On n’ose justement songer à l’Arabie saoudite, grande démocratie-témoin, comme chacun sait ! Le guide a su rester dans sa fonction de superviseur et d’arbitre impartial animé par les seuls intérêts de l’Iran. Enfin, ayant gagné son pari de mobiliser une grande majorité d’Iraniennes et d’Iraniens, il incarne – lui-aussi – de fait, un Iran plus mature qui revient inexorablement sur la scène internationale.

Richard Labévière

1 Le Hedjaz est la région ouest de la péninsule arabique, comprenant notamment les provinces de Tabuk, Médine, La Mecque et Al Bahah ; sa principale ville est Djeddah, mais les cités les plus connues sont les villes de La Mecque et Médine.

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labéviére, 22-05-2017

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22 réponses à L’Iran consolide son retour… Par Richard Labévière

Commentaires recommandés

Fritz Le 24 mai 2017 à 06h55

En allant vers les quartiers sud de Téhéran, Richard Labévière a fait l’effort de comprendre le vote “ultraconservateur”, comme disent nos médias perroquets. D’autres auraient dit “populiste”.
Cet électorat souhaite continuer la révolution islamique de 1979, alors que les “réformateurs”, tout en se réclamant de la même révolution, recherchent des compromis avec le monde occidental et libéral.

Dans un livre paru il y a une vingtaine d’années, Bernard Hourcade définissait ainsi l’option des “conservateurs” : faire de l’Iran “une Arabie saoudite de gauche”. Nous sommes en 2017, et le Donald a choisi son camp : appuyer l’Arabie saoudite de droite, sanctuaire du wahhabisme et bourreau du Yémen, contre la démocratie iranienne. Un spectacle répugnant, comme disait Justin Raimondo.

  1. Fritz Le 24 mai 2017 à 06h55
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    En allant vers les quartiers sud de Téhéran, Richard Labévière a fait l’effort de comprendre le vote “ultraconservateur”, comme disent nos médias perroquets. D’autres auraient dit “populiste”.
    Cet électorat souhaite continuer la révolution islamique de 1979, alors que les “réformateurs”, tout en se réclamant de la même révolution, recherchent des compromis avec le monde occidental et libéral.

    Dans un livre paru il y a une vingtaine d’années, Bernard Hourcade définissait ainsi l’option des “conservateurs” : faire de l’Iran “une Arabie saoudite de gauche”. Nous sommes en 2017, et le Donald a choisi son camp : appuyer l’Arabie saoudite de droite, sanctuaire du wahhabisme et bourreau du Yémen, contre la démocratie iranienne. Un spectacle répugnant, comme disait Justin Raimondo.


    • Fritz Le 24 mai 2017 à 09h55
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      Précision : “L’Iran au XXe siècle” (Fayard, 1996) a été écrit par Bernard Hourcade, Jean-Pierre Digard et Yann Richard.


  2. RGT Le 24 mai 2017 à 10h42
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    Dans les années 80 j’avais des amis étudiants iraniens (et iraniennes) qui étaient venus faire leurs études en France.
    C’était encore du vivant de Khomeini, en pleine guerre Iran-Irak.

    Quel choc, j’avais découvert des personnes ouvertes, cultivées et absolument pas fanatiques, contrairement à tout ce qui était dit (et l’est encore) à l’époque.

    Certains étaient pro-régime, d’autres contre, mais ils se retrouvaient et dépassaient leurs divergences politiques avec beaucoup de respect.

    Ils avaient par contre TOUS un point commun : Leur haine farouche envers le Chah et son régime.

    Et je rencontrais aussi leurs parents quand ils venaient leur rendre visite.
    Pareil, des gens ouverts, respectueux et solidaires.

    Depuis, j’ai beaucoup de respect pour les perses qui sont largement moins critiquables que de nombreux peuples de cette planète.

    Tout ce qu’ils souhaitent, c’est qu’on les laisse tranquilles se débrouiller entre eux.

    Rappelez-vous Mossadegh en 1953… Eux ils s’en rappellent.


  3. Raoul Le 24 mai 2017 à 11h14
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    Bon article qui ne verse pas dans l’exultation devant la victoire de Rohani. Il est évident que quand les occidentaux sont satisfaits du résultat des élections dans un pays qui les dérange, il y a anguille sous roche.

    Je n’ai pas confiance en Rohani, trop faible face aux exigences des occidentaux. L’accord sur le nucléaire iranien ressemble de plus en plus à un marché de dupes. En particulier, les avoirs iraniens sont toujours bloqués dans les banques européennes ce qui montre ce que vaut en réalité l’accord.

    La récente attaque verbale de Trump contre l’Iran montre que les États-Unis n’en ont cure que Rohani soit un réformiste plus ou moins pro-occidental.

    Les iraniens veulent la paix, mais ce ne sont pas eux qui décident. Et, pour les États-Unis, une attitude conciliante est généralement interprétée comme un signe de faiblesse (comme les russes ont pu le constater).

    Ceci étant, le choix était difficile pour les iraniens car le candidat conservateur n’avait rien d’enthousiasmant, c’est le moins qu’on puisse dire.


  4. Owen Le 24 mai 2017 à 14h26
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    Communiqué de Trump le 22 mai au président israélien, extraits:
    1. L’Iran ne serait pas autorisé à posséder une arme nucléaire.
    2, l’Iran doit démanteler les terroristes et les milices chiites.
    3. L’Iran doit enlever toutes les mêmes milices étrangères de la Syrie.
    4. L’Iran doit évacuer les forces du Hezbollah en Syrie et désarmer cette organisation chiite libanaise.
    5. Le roi saoudien Salman lui avait raconté d’abord son souhait fervent d’une paix israélo-palestinienne. Trump a entendu le même sentiment d’autres dirigeants arabes et musulmans.
    http://www.debka.com/article/26068/Trump-Iran-must-disarm-militias-never-gain-nuke


  5. Owen Le 24 mai 2017 à 14h27
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    Ces jours ci, surveiller El Tanf, cette petite base que la coalition tente d’installer à l’intersection des frontières d’Irak, de Syrie et de Jordanie, depuis laquelle un convoi de l’armée syrienne a été bombardé il y a quelques jours. En réponse, et pendant la tournée trumpienne, une percée des forces syriennes et du Hezb a été faite samedi 20 mai, pour aller occuper le terrain proche de El Anf et “serrer” la base otanienne. http://jforum.fr/les-chiites-la-syrie-proches-du-conflit-avec-lotan-a-al-tanf.html
    Un détachement de parachutistes russes est arrivé dimanche 21 pour aller appuyer cette percée !
    http://jforum.fr/yrie-les-paras-russes-en-route-vers-le-triangle-des-frontieres.html

    Les Israéliens n’ont pas apprécié d’apprendre qu’une délégation militaire irakienne soit partie à Damas pour des pourparlers directs avec la Syrie. Une collaboration militaire directe entre Irakiens et Syriens, mais c’est impossible voyons ! http://www.debka.com/article/26058/Iraqi-officers-land-in-Syria-stir-Israeli-concern


  6. Julie Le 24 mai 2017 à 14h43
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    Entendu aux infos de 12h30 sur FrCulture: l’auteur de l’attaque de Manchester “se serait rendu en Syrie où il se serait radicalisé”. Le type a moins de 25 ans et donc on imagine que dans les 6 dernières années on peut être allé en Syrie sans être déjà bien radical? Ah oui j’oubliais, les “brigades internationales” que les journalistes du Monde essayent de nous vendre.
    De mieux en mieux… il va peut-être falloir aider la task-force si ce genre d’analyse est celle du ministère, et pas un bête ajout du journaliste…


  7. Julie Le 24 mai 2017 à 15h05
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  8. Dahool Le 24 mai 2017 à 18h39
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    Bonjour

    Qui connaît l’historique du terrorisme sunnite et chiite ?
    J’imagine un 80/20.

    Merci


    • Fritz Le 24 mai 2017 à 19h28
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      Même si les Chiites ont commis des attentats meurtriers, comme au Liban en 1982 et 1983, ils sont aujourd’hui souvent les victimes d’extrémistes sunnites : en Irak (depuis 2003), en Syrie, au Pakistan (région de Quetta), en Afghanistan (il s’agit des Hazaras), au Yémen… Tous ces attentats ont fait des MILLIERS de morts.

      Dans ces conditions, entendre le Donald flétrir “l’extrémisme et le terrorisme chiites”, et ce depuis l’Arabie saoudite, havre de tolérance et de modération comme chacun sait, a de quoi énerver. Et là, nos médias ne s’indignent plus contre Trump !

      Rappelons aussi qu’en Iran, les minorités juive, chrétienne et zoroastrienne sont tolérées. En Arabie saoudite, hmm, comment dire…


      • Julie Le 24 mai 2017 à 20h17
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        je pense que les attentats-suicides tels que les ont diffusé les wahhabites commencent au Pakistan dans les années 70 avec des attentats contre pélerinages et lieux de culte chiites.


      • Leila Le 25 mai 2017 à 00h51
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        Ne vous inquiétez pas, la rue sunnite les déteste mais gouvernements sunnite aime leur pognon…de même que les pays occidentaux.
        Mauvais calcul à moyen terme car leurs jours sont comptés…c au champagne que je fêterai l
        l’événement !


    • Fritz Le 24 mai 2017 à 20h26
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      Ajoutons que les attentats de 1982 et 1983 au Liban ne visaient pas des populations en tant que telles, et certainement pas des Sunnites, mais des puissances étrangères considérées à tort ou à raison comme occupantes (Israël, États-Unis, France). Cela dit, l’attentat du 18 avril 1983 contre l’ambassade américaine à Beyrouth a tué des dizaines de Libanais, réduits en morceaux carbonisés. Robert Fisk en a fait une description terrible (in Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée, La Découverte, 2012, pp. 105-106).


  9. Nanker Le 24 mai 2017 à 19h00
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    “En allant vers les quartiers sud de Téhéran, Richard Labévière a fait l’effort de comprendre le vote “ultraconservateur”, comme disent nos médias perroquets”

    Je dirais même plus : [toute sa vie] Richard Labévière a fait l’effort de comprendre [à l’inverse de] nos médias perroquets.
    Lorsqu’il dirigeait RFI (89.0) dans les année 90-2000 c’était simple : c’était comme si on lisait un n° du “Monde Diplomatique” dans l’oreille de l’auditeur de cette radio.

    Labévière a été viré et de changements en remaniements, aujourd’hui écouter RFI c’est comme feuilleter d’un doigt distrait un gratuit genre “Direct matin”.


  10. Leila Le 24 mai 2017 à 19h59
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    C curieux, si les gouvernements sunnites se méfient de l’Iran, les Chiites sont admirés par la rue Sunnite.
    Ils résistent à Israël, résistent aux américains et occidentaux honnis par la rue…
    L’Amérique voulait isoler l’Iran…elle s’est isolée et ses alliés aussi…crée des relation avec la Russie, la Chine…
    Il faut arrêter de parler des années 80, l’Iran se développe à toute vitesse.
    Les Perses ont dénoncé les guerres Libyenne, Irakienne, syrienne …qd le monde Sunnite se couchait.
    Tout le monde musulman sait que Daesh est une création Saoudienne, américaine, française, qatarie, turque, britannique…la rue le sait mais ne dit rien, par peur !
    Qui écoute cette rue ???
    Cela rassure de penser qu’il y a un clivage entre les peuples alors que ce clivage existe au niveau des gouvernants…si loin de la rue !
    Pour la rue, l’Iran est la fierté retrouvée…c ce que disent les jeunes que je côtoie à l’hôpital.
    Ceux qui sont nés en France, sont incapables de dire ce qui sépare les chiites des sunnites.
    Une descendance obscure sans prise avec leur quotidien. Leur quotidien depuis 25 ans, ce sont les guerres, les réfugiés,…l’humiliation permanente !


    • Julie Le 25 mai 2017 à 09h12
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      non.. les Chiites étaient admirés par la rue sunnite.
      justement depuis 2011 et les printemps arabes, le spin est si bien organisé que maintenant n’importe où en Egypte certains jeunes se mettent à vous expliquer que “ah les chiites, quel danger!” alors qu’ils n’en ont jamais vu, qu’ils ne savent pas de quoi il ressort, etc.


  11. julie Le 24 mai 2017 à 22h38
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    Décidément en regardant les médias du Golfe on se dit que c est que du bonheur la vie là-bas. Trump et sa famille vont pouvoir nous raconter tout ça dans leur prochain reality show

    https://m.youtube.com/watch?v=mWSF5I4I3Lw


  12. Bouddha Vert Le 25 mai 2017 à 01h00
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    Quitte à choisir entre 2 monstres de la production pétrolière, autant choisir le plus gros, d’autant plus s’il appartient à une famille qui aura toujours besoin d’une “armée rémunérée” pour la maintenir en place.


  13. aleksandar Le 25 mai 2017 à 16h40
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    L’Iran est incontournable au MO de part sa population, sa position géographique, son étendue ses réserves de pétrole et de gaz, son armée et………. ses cerveaux.
    L’armée iranienne est la seule a avoir l’expérience d’une guerre conventionnelle de haute intensité et elle est capable de mobiliser 1 millions de combattants.
    L’arsenal de missiles moyenne portée iranien est bien rempli,son efficacité certaine et sa liste de cibles en Arabie saoudite déjà répertoriée.
    Les USA une fois de plus sont incapables d’avoir une vision stratégique a long terme.
    Au contraire, des russes et chinois, pour qui l’Iran est une pièce maitresse dans le projet de développement OBOR. Ni l’une , ni l’autre ne permettra a qui que ce soit d’attaquer l’Iran.
    Sa sécurité étant assurée pour au moins deux décennies, l’Iran va pouvoir se développer a son rythme.


    • Leila Le 25 mai 2017 à 19h17
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      L’Egypte est un pays à part. Accords de camp David, Cinéma, et surtout 5 guerres depuis 67.
      Les plus de 45 ans ont tous fait ou conne quelqu’un qui a fait la guerre. La guerre est ” man changing “.


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