Source : Vox, Matthew Iglesias, 05-07-2017

Photo par Duane Prokop/Getty Images pour MoveOn.org

Tout en spéculant frénétiquement au sujet de la candidature éventuelle à la nomination démocrate de Joe Biden, Kamala Harris, Kirsten Gillibrand, Cory Booker et de pratiquement tout le monde, la majorité de la classe politique ignore l’évidence. Bernie Sanders, est, à certains égards, l’homme politique le plus populaire d’Amérique et de loin l’orateur le plus recherché et le collecteur de fonds le plus prolifique de l’histoire des États-Unis.

S’il avait dix ou vingt ans de moins, son absence à l’audition pour 2020 organisée par le Center for American Progress en mai dernier aurait été l’objet de toutes les conversations, mais, en l’état des choses, on s’est accordé à dire dans les couloirs qu’il était simplement trop âgé et que manifestement il ne voulait pas se présenter.

Mais ne vous y trompez pas : Sanders est le vrai favori démocrate pour 2020.

En ce moment, il fait exactement ce qu’un candidat qui échoue de peu doit faire pour se présenter la seconde fois. Il a créé une organisation politique nationale, il a resserré ses liens avec ses collègues du Capitole, il a maintenu une forte présence dans les médias nationaux et il parcourt le pays pour évoquer les problèmes qui se posent.

Il a subtilement infléchi ses orientations politiques au centre, ce qui le fait accepter dans des couches plus larges du parti. Dans le même temps, il n’a rien lâché sur les quelques questions qui lui tiennent à cœur comme Medicare, l’assurance-maladie universelle, et la gratuité de l’enseignement à l’université, ce qui lui donne exactement le programme clair et largement accessible qui fait défaut à beaucoup de Démocrates mainstream.

Bien sûr, s’il se présentait et qu’il gagnait, il aurait 78 ans et il serait, d’assez loin, le président le plus âgé de l’histoire des États-Unis. D’ailleurs, il ne se présentera peut-être pas. Cependant, ses récentes décisions laissent entendre qu’il a envie de se présenter et qu’il serait le candidat à se battre pour l’obtenir.

Personne ne pensait que Bernie Sanders avait des chances de gagner.

Quand on s’est rendu compte de l’impact de la campagne 2016 de Sanders, elle était déjà inéluctablement essoufflée. Presque personne, y compris Sanders lui-même, ne pensait pendant l’été ou l’automne 2015 qu’il avait la moindre chance de battre Hillary Clinton. Comme l’ont rapporté Patrick Healy et Yamiche Alcindor en avril dernier, il « doutait, au début, de pouvoir battre Mme Clinton, et, pour lui, son rôle était de faire entendre son message politique sur une Amérique manipulée, plutôt que de tout faire pour gagner l’investiture ». Et il s’est seulement alors appliqué à tenter de l’emporter quand ses sondages ont progressé, de façon inattendue, au début de 2016.

En conséquence, les dirigeants syndicaux proches de la critique de Sanders sur la ligne Clinton n’ont pas songé sérieusement à le soutenir effectivement. Au lieu de cela, ils se sont servis de sa présence dans la course comme levier pour obtenir de Hillary Clinton des concessions sur des questions comme le partenariat trans-pacifique et l’impôt Cadillac sur les plans d’assurance-maladie très généreux.

Et puisque Sanders se présentait plus pour faire mieux connaître les questions qui lui tenaient à cœur que pour l’emporter, il ne s’est pas soucié d’apporter des réponses approfondies aux questions de politique étrangère, même si en rappelant les tendances bellicistes de Hillary Clinton qui avait approuvé en 2003 l’invasion de l’Irak, il lui a fait perdre beaucoup de crédit auprès de la base du Parti démocrate.

Les élus ont eu, presque unanimement, peur de le soutenir. Même si leurs opinions politiques étaient plus proches de celles de Sanders que de celles de Clinton et des groupes de réflexion de centre gauche — y compris ceux qui sont résolument à gauche des Démocrates mainstream — les élus se sont abstenus de travailler avec Sanders sur l’élaboration de sa politique, de crainte d’avoir à affronter le courroux de Clinton.

La prochaine fois, Sanders aura un grand atout : on ne le sous-estimera pas. La grande majorité des syndicats ont soutenu la candidature du représentant Keith Ellison à la présidence du DNC (Comité national démocrate) dans cette guerre par procuration Obama / Sanders visant à s’assurer le contrôle de l’appareil du parti. Et depuis le début 2017, Sanders travaille efficacement avec ses collègues Démocrates du Congrès, donnant son adhésion à un message russe, que ses sympathisants les plus fidèles n’aiment pas, coparrainant un projet de loi sur le salaire minimal avec la sénatrice Patty Murray (D Wa) et organisant des rassemblements en faveur de l’Affordable Care Act.

En bref, les fondements ont été posés pour une primaire plus normale dans laquelle les membres du Parti démocrate, proches idéologiquement de Sanders, le soutiendront pour la plupart, plutôt que de soutenir son adversaire ou de rester neutres, comme ils l’ont fait en 2016.

Sanders forme son équipe.

Plus tôt dans l’année, Sanders — qui n’appartient ni au comité des Affaires étrangères, ni à celui des forces armées, ni à celui du renseignement — a discrètement adjoint à son équipe Matt Duss, analyste chevronné du Moyen-Orient, connu pour sa critique de la tendance américaine à conclure une alliance aveugle avec l’Arabie Saoudite et Israël. Il est intéressant de noter que Sanders, qui en tant que maire de Burlington, a conduit quelque chose qui ressemblait à une politique étrangère de gauche, mais qui n’a pas manifesté beaucoup d’intérêt pour cette question au Congrès, il veut pouvoir traiter avec compétence sur l’ensemble de ces questions.

Sanders a également choisi Ari Rabin-Havl, plus connu ces dernières années pour son émission de radio Sirius XM, mais qui a auparavant conseillé Harry Reid lors de ses débuts comme leader des Démocrates au sénat.

Tandis que Sanders continue à mettre sur pied son équipe à Washington, son organisation de politique nationale, Our Revolution, travaille assidûment à faire élire des sympathisants de Sanders à des postes fédéraux et locaux. Il y a d’ailleurs, et c’est un élément important, une grande diversité ethnique dans la liste des élus de Our Revolution, un groupe qui inclut des membres du Congrès, des législateurs fédéraux, des présidents de partis d’État, et même des membres de conseils municipaux. Son camp est conscient que la stratégie afro-américaine de 2016 était bancale à la fois dans sa conception et dans son exécution, et Sanders se met en situation de pouvoir compter comme représentants sur des élus noirs et latinos venant du pays tout entier, tout en courtisant également les dirigeants nationaux comme William Barber du NAACP. [NdT : National Association for the Advancement of Colored People – l’Association nationale pour l’avancement des personnes de couleur].

Sanders tranquillise

Enfin et ce n’est pas le moins important, tout en continuant à constituer son organisation politique nationale et à demeurer ,pour ses concitoyens, le porte-drapeau d’une génération montante de jeunes gens de gauche, Sanders se met à tenir compte des craintes qu’inspire aux responsables du parti l’extrémisme idéologique.

C’est peut-être sa tribune du New York Times du 13 juin 2017 au titre provocateur « How Democrats Can Stop Losing Elections » (Comment les Démocrates peuvent cesser de perdre les élections) qui exprime le mieux les opinions du Sanders d’après élections.

Il garde vis-à-vis des dirigeants du Parti démocrate le ton caustique qui est la principale raison de son audience auprès des électeurs du centre gauche qui détestent les Républicains, mais n’ont pas de lien émotionnel ni intellectuel avec le Parti démocrate. Et il maintient son adhésion militante à l’idée que « les Démocrates doivent garantir à tous, comme un droit, des soins de santé par le biais d’un programme de régime d’assurance-maladie à payeur unique » , et c’est là une idée à laquelle, depuis des années, la plupart des Démocrates, comme, par moments, Barack Obama, Hillary Clinton, Nancy Pelosi etc, ont dit adhérer en théorie mais qu’ils ont presque toujours hésité à mettre en pratique.

Mais dans d’autres domaines, les propositions de Sanders — faire payer plus de taxes aux riches, investir dans les infrastructures, encourager les énergies propres, rendre possible l’accès des immigrés sans-papiers à la citoyenneté, réformer le système de justice pénale — sont en phase avec le consensus au sein du parti. Certaines revendications de sa campagne des primaires ne font plus partie de son agenda politique (démanteler les grandes banques, interdire la fracturation hydraulique au niveau national, imposer une taxe carbone). Dans le sillage du succès du slogan « Bernie aurait gagné », Sanders a profondément engagé sa base militante en faveur de l’assurance-maladie pour tous, tout en reconfigurant d’autres éléments de son programme en quelque chose de plus modéré que celui avec lequel il s’était en fait présenté, et pour lequel des arguments électoraux plus solides peuvent être énoncés.

Avec son appui solide à l’infructueuse tentative de Heath Mello de devenir maire de Omaha, l’importance grandissante de Sanders est même devenue une lueur d’espoir pour les Démocrates anti-avortement les plus éprouvés, qui font valoir, et ils ont sans doute raison, qu’une flexibilité idéologique sur ce sujet est primordiale pour s’assurer des majorités au congrès.

En attendant, d’anciens clivages, tel le conflit sur l’augmentation du salaire minimal à 12 $ ou bien à 15 $, deviennent soudainement plus faciles à surmonter. Sanders et Murray se sont associés pour faire adopter par la direction du parti leur projet de loi qui porte sur l’augmentation du salaire minimum à 15 $ de l’heure, mais pas avant 2024, date à laquelle l’inflation, aura fait de ces 15 dollars l’équivalent des 12 dollars actuels.

Bernie Sanders a un message clair

Si l’adoucissement de Sanders sur de nombreux sujets fonctionne pour lui, c’est en partie parce que sa campagne de 2016 a très bien renforcée sa stature de véritable héros de la gauche, désirant conquérir audacieusement le cœur du parti et dire des choses que personne d’autre ne dirait. Sa tendance à continuer à s’éloigner rhétoriquement du Parti démocrate contribue également à sceller cet accord.

Mais le liant fondamental qui les maintient ensemble, c’ est la force persistante de la croisade de Sanders en faveur d’un système de santé à payeur unique. C’est, pour commencer, la volonté passionnée manifestée de longue date par le National Nurses United (NdT : principal syndicat infirmier des USA), de loin le plus influent groupe d’intérêt à véritablement soutenir Sanders et un pilier institutionnel de son travail en cours.

C’est aussi un problème qui concerne directement les points clés de friction entre la base progressiste et la direction du Parti démocrate.

Presque tous les Démocrates avouent leur admiration pour le système de santé Medicare, et ils résistent aux efforts des Républicains pour le changer en un système d’assurance privée payant. Et lorsqu’il est question de mesures politiques complètement abstraites, ils conviennent généralement que les systèmes d’assurance maladie canadiens où le gouvernement gère un seul fonds commun a plus de sens. Même la plupart des Démocrates, du moins de façon sporadique, approuvent l’idée d’un système de santé payant pour les plus de 65 ans ou bien une option publique dans le cadre de l’Affordable care Act ( la loi sur la protection des malades et les soins abordables ).

Mais ils ne sont généralement pas disposés à résister et à faire campagne pour l’idée que le Medicare ne vaut pas seulement le coup d’être développé, mais d’être appliqué à tout le monde — en donnant généralement comme argument sa faisabilité politique. Appeler les démocrates à défendre ce en quoi la plupart des progressistes croient est clair et convaincant, et la mauvaise volonté à adopter ces idées alimente l’hypothèse que les leaders institutionnels du parti ne sont pas tout à fait au niveau. Pour une génération d’électeurs en particulier qui ne se rappellent pas comment le grand chambardement de la réforme du système de santé a échoué et s’est fait carboniser en 1993, et qui ont vu leurs espoirs s’accroître puis n’être pas vraiment concrétisés par le Affordable care Act [Loi sur la Protection des Patients et les Soins Abordables, NdT], l’idée d’un Medicare pour tout le monde représente un but à la fois ambitieux , séduisant et concret.

Pendant ce temps le reste du parti patauge dans une large mesure au niveau politique — conscient qu’un parti politique d’opposition devrait développer un programme politique, tout en n’étant pas sûr de ce que devrait être son contenu.

Bernie Sanders est très vieux

Bien sûr, tout le monde verrait en Sanders un candidat probable s’il avait encore 60 ans, mais cela ne change en rien le fait qu’il en a aujourd’hui 75. Des membres de l’establishment démocrate avec qui j’ai parlé considèrent simplement que Sanders est « trop vieux » et ne se présentera pas.

Et il pourrait être trop vieux pour se présenter. Certainement, s’il concourt en 2020, il sera la personne la plus âgée à obtenir la nomination de l’un des deux grands partis. En même temps, il est loin d’être clair qu’il y ait vraiment un âge limite en politique présidentielle. Donald Trump et John McCain, qui avaient respectivement 70 et 72 ans, lorsqu’ils ont obtenu leur nomination en tant que candidat à la présidentielle, n’ont pas semblé souffrir de leur âge avancé d’une façon qui aurait indiqué qu’ils auraient dépassé une limite infranchissable.

Les politiciens âgés pâtissent parfois, comme Hillary Clinton en 2016, de donner le sentiment que leur politique est maintenant dépassée. Mais le Parti démocrate dans son ensemble a basculé considérablement son empreinte idéologique dans la direction de Sanders ces 25 dernières années, donc dans son cas, l’âge le fait passer comme quelqu’un de visionnaire.

Et pour le moment, du moins, Sanders donne certainement l’impression d’être solide, alerte. Il est actif sur la scène politique nationale, mettant en avant ses candidats de Our Revolution, s’impliquant dans les manifestations, et faisant le tour des plateaux de télévision le dimanche.

Personne à l’intérieur ou à l’extérieur de son camp ne le nie, il est plus âgé que l’idéal recherché. Mais de là à dire qu’il est trop vieux pour se présenter à la candidature, cela n’est simplement pas corroboré par les faits. Et tandis que les partisans zélés de Clinton invoquent l’âge avancé de Sanders comme prétexte à un refus de le soutenir la prochaine fois, on n’entend presque jamais cela de la part de ceux qui l’ont soutenu la dernière fois — ce qui indique, de nouveau, que peu importe les problèmes que Sanders aurait à affronter en 2020, la prochaine campagne serait plus forte que l’originale.

Si ce n’est pas lui, alors qui ?

Les sympathisants de Sanders, qui ne sont pas nécessairement des partisans acharnés, ont généralement le sentiment que l’arrangement le plus raisonnable serait que Sanders se retire en faveur d’Elizabeth Warren. Les positions de ce tandem sont considérées à Washington comme essentiellement interchangeables, et beaucoup autour de Sanders affirment qu’il l’aurait soutenue, si elle avait choisi de concourir dès 2016.

Et l’option Warren est la plus attrayante à bien des égards. Warren est plus jeune (même si pas vraiment jeune, en soi), elle comblerait le désir profond des femmes libérales qui travaillent en politique de voir une femme à la Maison-Blanche, la rigueur de sa réflexion est fort appréciée par les têtes pensantes politiques, et c’est le plus important, elle représenterait un point de vue idéologique populiste, sans choisir parmi les crapules de la primaire de 2016.

Mais pour le camp de Sanders, c’est sans doute exactement le problème.

Tout mouvement politique de masse finit, dans une certaine mesure, par créer ses propres références. Warren, précisément, n’a pas haussé le ton pour défier Clinton, même lorsque de nombreux acteurs du parti le voulaient. Et quand Sanders l’a fait, elle ne l’a pas soutenu, en optant plutôt pour une neutralité délibérée. Cette décision a des répercussions sur la façon dont elle a été vue par les principaux partisans de Sanders. Ils ont intensifié une lutte idéaliste contre l’establishment du parti, et elle a joué un jeu cynique de politique de pouvoir. Ce qui semble avoir influencé la vision personnelle de Sanders de ce qu’est un allié naturel. Franklin Foer, de l’Atlantic, rapporte que Sanders « l’a chassé de son bureau pour lui avoir posé une question sur ses relations politiques avec Elizabeth Warren ».

(J’ai demandé à beaucoup de personnes, qui, selon eux, devrait se présenter si Bernie ne le faisait pas, et la majorité a répondu : Nina Turner.)

Parmi les fidèles de Bernie, le candidat de repli le plus souvent désigné n’est pas Warren ou le cheval de retour travailliste-libéral Sherbrod Brown, tous deux bien connus. C’est Nina Turner, ancienne sénatrice de l’État de l’Ohio, assez obscure, qui était une suppléante efficace de Sanders pendant la primaire. Turner est une conférencière habile, elle s’en est prise violemment à Clinton pendant la campagne, et c’est une femme noire dont la notoriété parmi les fans du mouvement de Sanders réfute l’idée que c’est une confrérie de mâles blancs.

Mais une ancienne sénatrice de l’Ohio soutenue par Bernie ressemble plus à une candidate perdante à l’élection de gouverneur de l’État en 2018, qu’à une candidate à l’investiture du Parti démocrate pour 2020.

Il est temps de prendre Bernie Sanders au sérieux

L’establishment du Parti démocrate est, à bien des égards, en plus mauvais état qu’il ne le croit.

La campagne rebelle de Sanders a révélé un électorat du Parti démocrate assez désireux de se rallier à un champion idéologique qui serait un contrepoint progressiste au camp républicain, résolument conservateur. La notion de pragmatisme continue de peser, mais la perte de contrôle des trois branches du gouvernement fédéral est une bévue qui signifie que les démocrates ne contrôlent plus le Sénat de l’État de New York, ni le palais du gouverneur en Illinois. Le pouvoir des chefs de parti comme cerveaux stratégiques est remis en question.

Enfin, et ce n’est pas le moins important, s’appuyer sur les électeurs afro-américains comme rempart contre l’aile gauche, comme Clinton l’a fait, est délicat car les opinions des Noirs sur la politique économique sont généralement plutôt de gauche. Les Démocrates comptent énormément sur les votes de la grande et très démocrate génération du millénaire, qui manque de souvenirs politiques clairs de la guerre froide ou de l’économie néolibérale en plein essor des années 90, de sorte que le mot « socialisme » ne leur fait pas peur, même s’il reste impopulaire à l’échelle nationale.

Sanders est devenu leur champion au cours de l’année 2016 et le reste maintenant. Mais si, en 2016, il a fait face à un adversaire unifié — et intimidant — et s’était lancé dans une campagne boiteuse, il dispose aujourd’hui, d’une solide organisation politique nationale, d’un appareil de collecte de fonds éprouvé, et il s’attaque de manière résolue à ses points faibles sur les affaires internationales, l’élaboration de politiques et la sensibilisation des minorités. Tout le monde est d’accord pour dire que dans un monde parfait, il agiterait une baguette magique et effacerait 10 ou 15 ans de son âge, mais ce n’est pas possible. Le mouvement qu’il a créé manque d’un successeur évidemment plus convaincant, et il continue d’être fort populaire auprès de ses concitoyens.

Prédire l’avenir est un jeu de dupes. Mais si Bernie Sanders se présente à nouveau, il sera difficile à battre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est en train de faire tout ce qu’il peut pour être à même de se présenter à nouveau.

Source : Vox, Matthew Iglesias, 05-07-2017

 

33 réponses à Bernie Sanders est le vrai chef de file des Démocrates pour 2020, par Matthew Iglesias

Commentaires recommandés

olivier Le 24 septembre 2017 à 11h22

«  Je soutiens Hillary Clinton »
«  Et je ferai tout ce que je peux pour être sûr qu’elle sera le prochain président des Etats-Unis »

…à ajouté celui qui avait durement critiqué pendant la campagne le financement de sa rivale par de grands groupes pétroliers et gaziers. Lui qui appelait à une «révolution politique».
Ou est la victime ?

On a les mêmes, on connais la chanson.

  1. la ma sabactani Le 24 septembre 2017 à 09h18
    Afficher/Masquer

    Medicare c’est tout de même la poule aux œufs d’or pour le cartel pharmaceutique et l’industrie de la santé américains. Quand il n’y a plus de service public et que TOUT est dans la sphère de l’économie de marché, un financement public de la santé ( et peut être encore plus de l’enseignement supérieur) est une énorme gabegie, un vol, les Républicains ont raison.

    Les américains partent de très loin pour reconstruire leur pays, les propositions radicalo-molles me semblent bien vaines.


    • TuYolPol Le 24 septembre 2017 à 12h01
      Afficher/Masquer

      C’est une remarque très importante, mais il faut bien commencer par quelquechose.
      On a du mal à imaginer que les États-Unis se sortiront un jour de leur idéologie de m* et de l’économie de dépendance qui va avec. 23000 milliards de dollars, qu’ils doivent au monde, et des guerres pour nous remercier.


  2. Fritz Le 24 septembre 2017 à 10h13
    Afficher/Masquer

    L’âge de Bernie Sanders n’est pas rédhibitoire, d’accord. Mais y aura-t-il une élection présidentielle en 2020 aux États-Unis ? Vu le désordre actuel, la question est posée.

    Et pourquoi nous assomme-t-on avec le “Russiagate”, alors que c’est l’éviction de Sanders par le clan Clinton qui constitue le vrai scandale de la présidentielle américaine en 2016 ?


    • Homère d'Allore Le 25 septembre 2017 à 06h57
      Afficher/Masquer

      Il y aura, de toute façon, une élection présidentielle en 2020 aux Etats-Unis.

      La Constitution est ainsi faite. Entre-temps, beaucoup de choses peuvent se passer mais cela ne remet nullement en cause le calendrier, avec ou sans Trump.


      • step Le 25 septembre 2017 à 19h02
        Afficher/Masquer

        par contre en cas d’empeachment, elle peut se produire plus tôt. C’est peut être aussi une raison de l’activisme de sanders.


        • SesMan Le 27 septembre 2017 à 14h11
          Afficher/Masquer

          En cas d’impeachment, c’est Mike Pence qui succède à Donald Trump. Il y a un ordre de succession très long à suivre avant qu’on en arrive à faire une élection présidentielle anticipée.
          Par contre, la prochaine échéance électorale, ce sont les midterms fin 2018.


  3. olivier Le 24 septembre 2017 à 11h22
    Afficher/Masquer

    «  Je soutiens Hillary Clinton »
    «  Et je ferai tout ce que je peux pour être sûr qu’elle sera le prochain président des Etats-Unis »

    …à ajouté celui qui avait durement critiqué pendant la campagne le financement de sa rivale par de grands groupes pétroliers et gaziers. Lui qui appelait à une «révolution politique».
    Ou est la victime ?

    On a les mêmes, on connais la chanson.


    • Fritz Le 24 septembre 2017 à 11h41
      Afficher/Masquer

      C’est la perversité de la logique “campiste” : camp contre camp, gauche contre droite, démocrates contre républicains… Je sais que ma rivale est corrompue jusqu’à l’os, mais je la soutiens quand même car je ne trahirai jamais mon CAMP.

      Les camps d’internement, ça existe aussi pour les cerveaux, et le pire, c’est que les internés ne veulent pas s’en évader.


      • olivier Le 24 septembre 2017 à 16h00
        Afficher/Masquer

        La logique des partis est puissante aux usa, mais cela ressemble à une excuse « pshychologisante » .


    • Chris Le 24 septembre 2017 à 11h54
      Afficher/Masquer

      D’accord avec vous. Mais dans le contexte (échec d’Hillary), pouvait-il dire le contraire au sein du parti Démocrate qui risquait de voler en éclat… ce qui est pourtant advenu, malgré tout le cirque russophobe pour cacher les vraies responsabilités ?


      • olivier Le 24 septembre 2017 à 16h08
        Afficher/Masquer

        Fritz parle des «  Les camps d’internement » pour cerveaux. Je crois que nous sommes enfermé dans l’un d’entre eux si je vous suis : nous ne pourrions rien attendre de grand d’un homme politique à cause de circonstances contextuelles ou d’un calcul politique qui passerais avant l’honneur ou la cohérence.

        A 75 ans, il lui restais quoi à perdre ? La face ? c’est fait.


    • s Le 24 septembre 2017 à 20h46
      Afficher/Masquer

      Pourquoi Sanders, indépendant, s’est-il rallié à Clinton ? Il avait certes donné sa parole qu’il soutiendrait le vainqueur de la primaire démocrate mais tellement d’irrégularités se sont révélées que beaucoup auraient compris qu’il revienne sur cette promesse, d’autant plus que, selon les sondages, il battrait Trump de façon bien plus nette que Clinton.
      Obama semble avoir joué un rôle important dans ce ralliement. Début juin, il convoque Sanders à la Maison-Blanche pour le 9 juin. Le 6 juin, la veille des avant-dernières primaires démocrates, Clinton est officiellement déclarée vainqueur par les médias, ce qui ne peut manquer de déstabiliser les électeurs de Sanders.
      7 juin : jour du vote. En Californie où Sanders attire des foules impressionnantes ( stades entiers), certains sondages le donnent au coude à coude avec Clinton. Très tôt dans la soirée avant que les premiers résultats de Californie ne soient connus, Clinton célèbre sa victoire à New York, robe blanche de suffragette etc, le F de G dans toute sa splendeur.
      Plus tard dans la nuit, Clinton est déclarée vainqueur alors qu’il reste des millions de bulletins à dépouiller (dont beaucoup ne seront d’ailleurs jamais dépouillés ).
      Le 9 juin, Sanders, qui a toujours l’intention de se battre jusqu’à la Convention, entre, apparemment guilleret, à la Maison-Blanche, il en ressort une heure après, très défait, comme si d’après certains, il avait subi une sorte de waterboarding.mental.


      • Alfred Le 24 septembre 2017 à 21h11
        Afficher/Masquer

        Merci pour ce rappel. Effectivement je me rappelle de cette “convocation” à la maison blanche et de son effet extrêmement décevant.


      • olivier Le 24 septembre 2017 à 23h07
        Afficher/Masquer

        Belle histoire.

        En imaginant que ce fut vrais (on aimerais les photos avant-apres pour comparer sa fameuse mine défaite, et discuter des fameux sondages qui ont prédit Trump, soit dis en passant), vous ne faite que souligner qu’il s’est donc couché. Comme un larbin.

        A moins d’imaginer une cave secrète sous la maison blanche, dédiée au lavage de cerveau express.

        Un grand homme qu’on vous dis.
        Certains ne s’en remettent pas et cherche semble-t-il a tous prix de belles excuses.


        • Alfred Le 25 septembre 2017 à 00h04
          Afficher/Masquer

          Clinton déclarée victorieuse en trichant et Sanders qui se couche effectivement comme un larbin vous trouvez que c’est une belle histoire ?


          • olivier Le 25 septembre 2017 à 07h06
            Afficher/Masquer

            Enjoliver le passé pour n’en faire qu’une victime – à tout prix – est indécent et malhonnête.


        • s Le 25 septembre 2017 à 00h10
          Afficher/Masquer

          @Olivier Vous savez de quoi on l’a menacé, lui et ses proches, moi pas, alors je m’abstiens de juger. On peut parfaitement imaginer Obama et le DNC capables d’à peu près n’importe quoi.
          Renseignez-vous sur ce qui s’est passé lors des primaires de New York, par exemple ou sur l’écart constant et pour le moins troublant, toujours en faveur de Clinton, entre les sondages sortie des urnes et les résultats.
          Pour la mine défaite, allez faire un tour sur You tube !


          • olivier Le 25 septembre 2017 à 07h02
            Afficher/Masquer

            Vous le jugez victime, sans preuve comme vous l’avouez.


            • Alfred Le 25 septembre 2017 à 15h52
              Afficher/Masquer

              Vous avez peut être raison mais vous même “vous le jugez coupable, sans preuves..). Donnez nous de billes (les tricheries démocrates sont établies).


            • olivier Le 25 septembre 2017 à 23h17
              Afficher/Masquer

              Je n’ai rien à prouver. C’est votre boulot.
              Moi je constate.
              « Je soutiens Hillary Clinton »
              « Et je ferai tout ce que je peux pour être sûr qu’elle sera le prochain président des Etats-Unis »
              Regardez le en face. Quand on se fait voler une election (selon vous), qu’on pretend avoir l’honneur et le courage de bien faire les choses, qu’on prone une révolution, on fait quoi ? Manifestement on soutiens son’ voleur’.

              Vous trouvez ça bien ?

              On peut s’imaginer toute sorte de complots et menaces, c’est romantique. Et si l’explication la plus simple etait la plus plausible ? il a trahi.


            • olivier Le 25 septembre 2017 à 23h44
              Afficher/Masquer

              Et soyons fou, imaginons que vous ayez raison, apres tout nous avons un ministre qui aurais pris la tasse dans quelques centimètre d’eau. Les crapuleries existent.

              On constate quoi au final ? qu’il a echoué, qu’il c’est humilié, et on en conclu qu’’ils’ le tiennent. Vous continuez à parier dessus en esperant un résultat différent ?

              Ca ne me parait pas raisonnable.


      • L'aieuil Le 25 septembre 2017 à 03h00
        Afficher/Masquer

        Dans les emails de Podesta, en particulier celui là (https://wikileaks.org/podesta-emails/emailid/47397 ) du directeur de campagne d’Hillary + de 6 mois avant le démarrage de la campagne abordant la seule fois où Sanders a, très légèrement, écorché la fortune (mal acquise) des Clintons… y a clairement une preuve d’arrangement bien antérieur aux primaires entre Sanders et Clinton sur les sujets à aborder.
        Sanders a été mis en avant par le parti pour rallier les socialistes américains et les faire voter Clinton, l’amie des banquiers, au “deuxième tour”. L’engouement réel suscité (sur fondamentalement le même phénomène que Trump de rejet des “éléphants”) lui n’était pas au programme, donc les démocrates ont fait comme d’habitude (tricher) et ont déclaré Clinton grande gagnante. Face au parti, Sanders à compris qu’il devait faire seulement le boulot pour lequel il était là: rabatteur.
        Donc une fois les moutons prêts pour la tonte il s’est immédiatement effacé.


  4. James Whitney Le 24 septembre 2017 à 12h40
    Afficher/Masquer

    Sanders serait un candidat intéressant pour 2010, mais il faut que l’on pousse à modifier son programme vers quelque chose que ressemble celui de CNR en France. En matière de santé ses propositions représente du progrès, mais il faut que une santé de qualité soit gratuite pour tout le monde, et bien sûr l’éducation, etc.

    Faut pas oublier que Sanders a toujours voté tous les crédits pour les interventions militaires partout dans le monde. On a besoin d’un président qui ne blâme pas les Russes ou les Coréens du Nord ou quiconque pour tous les maux du monde et qui a un peu de respect pour les gens de tous les pays.


  5. patrickluder Le 24 septembre 2017 à 12h59
    Afficher/Masquer

    Bernie Sanders aura près de 80 ans en 2020 …

    Les USA n’ont-ils vraiment personne d’autre à proposer ???


    • Fritz Le 24 septembre 2017 à 13h27
      Afficher/Masquer

      Les USA, c’est la jeunesse du monde.

      (Pardon, Paul Vaillant-Couturier : j’ai remplacé “l’URSS” par un sigle plus cool).


    • L'aieuil Le 24 septembre 2017 à 15h03
      Afficher/Masquer

      Les démocrates n’ont personne d’autre et ont réussi à se coller dans un coin a vouloir être le parti des minorités.
      Ils n’ont aucune chance de remporter une élection majeure dans un avenir proche, les mid-terms vont creuser encore l’écart entre les républicains et les démocrates qui est déjà énorme (parlement Étatiques 32 Vs 17, Sénat étatiques 35 Vs 12, Gouvernorats 34 Vs 15, Gouvernement étatiques 25 Vs 5). Et ils ont bien évidemment les deux chambres du congrès fédéral (parlement 241 Vs 194, Sénat 52-46). Ils vont forcément creuser puisque les démocrates doivent défendre 23 postes (7 en danger) au sénat contre 8 (1 en danger) pour les républicains.
      Le président républicain ne serait pas Trump, il régnerait sans aucune opposition.

      Le parti démocrate est en train de devenir un parti régional, une ligue de Cité-États dans un pays républicain.


      • Cédric Le 24 septembre 2017 à 18h47
        Afficher/Masquer

        enfin le parti des minorités, vous êtes drôle, mais la démographie étant une science exacte, ce n’est bientot plus le cas.


  6. christian gedeon Le 25 septembre 2017 à 11h05
    Afficher/Masquer

    Warren? mais c’est une blague…pourquoi? parce que c’est une femme? en sommes nous arrivés là? Warren est une planche pourrie,Clintoniste cachée et qui a fait beaucoup de mal à Saunders pendant sa campagne. Elle suit les lobbies féministes,y compris dans ce que le féminisme américain a de plus délirant…et in fine de plus raciste(les noirs étant en l’occurrence les hommes en général)…je rappelle quand même que Saunders,cette “icône “,est élu depuis des lustres,et vit sous les ors de l’establishment depuis,le tout dans un silence et un suivisme absolument remarquable…mais quelle blague cet article,on croit rêver…


  7. rosecestlamort Le 25 septembre 2017 à 11h50
    Afficher/Masquer

    on rappelle quand même que Sanders, à part être detesté de l’establishment démoractre, fait fuir la majorité des noirs electoralement parlant. C’est injuste mais c’est comme ça, il faudra encore trèèès longtemps aux USA avant qu’un candidat vu comme juif puisse être perçu favorablement coté noir, et vu l”époque de dingue dans laquelle on est entrée, chaque année qui passe actuellement élargit les rancoeurs.


  8. Max Le 25 septembre 2017 à 12h02
    Afficher/Masquer

    Pour les USA, les carottes sont cuites, ce n’est plus une question de dirigeants, le système est trop décomposé.
    Sanders et Noam Chomsky sur la gauche ou Pat Buchanan sur la droite eusse été utiles si, ils avaient eu les reines du pouvoir avant l’actuelle situation, le problème est qu’aux USA le vrai pouvoir n’est pas entre les mains des présidents.
    Quand un avion n’a plus de gouvernes, changer le pilote ne sert à rien.
    Si les décisions ne retournent pas à la rue, aucun changement de possible, même avec le meilleur d’entre eux, ca s’applique aussi à (nous).


  9. Manuel Le 25 septembre 2017 à 21h17
    Afficher/Masquer

    Le problème ce n’est pas le président américain, c’est le congrès, les lobbys militaires, pétroliers, des armes, financiers, de la chimie,

    En bref c’est le système. Sanders ou pas Sanders, comme dit Delamarche, ça ne changera rien. Ils ne pourront JAMAIS appliqué 1/100 de leur programme.

    Changez de camps et faites vous une raison en attendant, comme Todd, leur future déclin.


  10. RGT Le 26 septembre 2017 à 19h26
    Afficher/Masquer

    Sanders était largement moins pire que les deux protagonistes de l’élection mais il ne faut surtout pas oublier qu’il est quand-même membre du parti “démocrate”, et que cette caractéristique l’oblige à une SOUMISSION TOTALE aux lobbies qui financent ce parti.

    La seule solution, s’il souhaite réellement faire bouger les choses et ramener un peu de social dans ce pays est de créer son propre “mouvement” dans lequel TOUS les adhérents pourraient virer sans excuse et sans délai les opportunistes et les corrompus qui viennent plomber la politique de TOUS les pays occidentaux.

    Un mouvement “Sanders-Chomsky”, anarchiste sur les bords serait le bienvenu dans ce pays qui a été pendant longtemps l’un des foyers anarchistes les plus actifs.

    N’oublions pas que le 1er mai commémore le massacre d’une manifestation anarchiste pacifique à Haymarket Square, à Chicago en 1886, avec un bombe qui a explosé “opportunément” pour jeter le discrédit sur cette manif…

    Depuis la propagande et les lois iniques ont dépouillé les américains de toute velléité de préserver leurs intérêts vis à vis des ploutocrates et des chiens enragés qui tiennent lieu de police.


  11. P.G. Le 27 septembre 2017 à 01h43
    Afficher/Masquer

    https://youtu.be/wUXTtqVFbdo?t=7m50s

    Russie bla bla
    Iran bla bla
    Syrie bla bla
    Corée du Nord bla bla
    Poutine bla bla (« kleptocrats like Putin »)
    Dictateur bla bla
    Assad bla bla
    Churchill bla bla
    Nucléaire bla bla
    Armes chimiques bla bla
    1 % bla bla (alors qu’il en est)
    99 % bla bla
    Fake news bla bla
    Démocratie bla bla
    Ingérence de la Russie bla bla

    Bla bla bla…
    Bla bla bla…
    Bla bla bla…

    Même sempiternel exceptionnalisme zunien devant semer la démoncratie de part le monde… Donnez-lui le Nobel de la paix tout de suite qu’on passe à autre chose !


Charte de modérations des commentaires