C’est vraiment bien de lire ça dans le Figaro…

Source : Le Figaro, Patrick Chêne, 15/09/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE – L’ancien journaliste rend hommage à l’hôpital public et au dévouement des personnels de santé à l’égard des patients qui vivent une épreuve. Il plaide pour la prise en compte de leurs doléances par les pouvoirs publics.


Patrick Chêne est ancien journaliste de télévision et de radio.


Je viens de traverser un désert. Rien à voir avec mon parcours de journaliste. C’est vrai que j’ai toujours eu la chance d’enchaîner les belles aventures. De Stade 2 au Tour de France et passant par le 13 heures, Politique Matin ou la création de Média 365.

Le désert dans lequel je suis entré au tout début de cette année ne touche pas au professionnel. Il s’est annoncé à moi par un brusque changement sémantique. Sont entrés sans prévenir dans mon quotidien des mots qui jusque-là m’étaient étrangers. Scanner, tumeur, cancer, chimiothérapie, ablation, convalescence et enfin guérison…

« Cessons de nous plaindre ! ». Dans notre pays, la prise en charge en cas de vrai coup dur est exceptionnelle dans le service public.

L’un des objectifs de cette tribune est évidemment d’informer les lecteurs de cette maladie qui a bouleversé ma vie et m’a éloigné des médias. Pudique, j’ai préféré vivre cette épreuve dans l’intimité de ma famille et de mes amis – qui m’ont accompagné avec une extrême bienveillance- plutôt que via les réseaux sociaux…Mais je ne pouvais rester totalement silencieux non plus.

Le deuxième (et principal) objectif de ces quelques lignes est de partager l’expérience d’un malade dans le système français. Je soulignerai un peu plus loin les dysfonctionnements et les améliorations que les pouvoirs publics peuvent apporter mais mon premier message est plus direct: «Cessons de nous plaindre!». Dans notre pays, la prise en charge en cas de vrai coup dur est exceptionnelle dans le service public. Il faut juste en être conscient et s’en réjouir avant de s’attarder sur ce qui peut être amélioré.

Une fois que vous êtes pris en charge par un spécialiste et son équipe, on vous offre le luxe de pouvoir ne vous concentrer que sur votre maladie. Pas de tracasserie administrative pour le malade. Votre médecin traitant déclare la gravité de votre maladie à la Sécurité Sociale et vous voici pris en charge à 100%. Les examens, les hospitalisations, les frais pharmaceutiques…la seule présentation de votre carte vitale suffit.

Fortunés ou indigents, tout le monde est logé à la même enseigne dans le secteur public. Ceci n’a pas de prix. Il faut juste en être conscient.

Soigné dans le service du Professeur Peyromaure (dans le prestigieux service d’urologie de l’hôpital Cochin), j’y ai côtoyé une retraitée avec 800 euros de pension et un petit commerçant qui -comme moi- avaient bien assez à faire avec leur cancer pour se trouver confrontés à des soucis matériels comme c’est le cas dans la majeure partie des pays industrialisés. Fortunés ou indigents, tout le monde est logé à la même enseigne dans le secteur public.

Ceci n’a pas de prix. Il faut juste en être conscient.

Bien sûr l’accès aux soins doit être amélioré, notamment dans les déserts médicaux et il faut parfois trop de temps pour obtenir une consultation chez un spécialiste. Mais lorsque vous entrez à l’hôpital, la prise en charge est exceptionnelle.

L’autre phénomène marquant est quasiment devenu un cliché, un poncif: la qualité des personnels soignants. Dans combien de débats politiques ou médiatiques ai-je entendu les hommages rendus à ces corporations. Mais la réalité dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Le respect, la disponibilité, l’attention portée au malade sont inouïs. En chimio, en chirurgie ou ailleurs, à Paris ou à Avignon, je n’ai pas trouvé un contre-exemple. Dans ces moments où chaque mot compte, où l’on voudrait ne pas surcharger de travail ceux qui s’occupent de vous, on ne cesse de vous mettre à l’aise, de jour comme de nuit.

Avec un sourire bienveillant et une extraordinaire expertise. Jamais je ne dirai assez combien je dois à ces modestes héros de notre époque.

Pour avoir séjourné un peu longuement à l’hôpital Cochin, j’ai pu découvrir un peu l’envers du décor.

C’est moins idyllique évidemment. Je n’oserai pas faire un parallèle avec ce que j’ai vécu dans la Télévision

Lorsqu’un chef de service à la télévision doit user 30% de son énergie à bousculer les diktats administratifs, ce n’est pas grave. Quand cela se passe à l’hôpital, c’est coupable.

publique il y a quelques années mais force est de constater que les normes et les protocoles imposés par la grosse machine administrative éloignent parfois l’Assistance Publique de son cœur de métier: soigner des malades.

Lorsqu’un chef de service à la télévision doit user 30% de son énergie à bousculer les diktats administratifs, ce n’est pas grave. Quand cela se passe à l’hôpital, c’est coupable.

User son énergie pour sauver un poste d’infirmière ou de secrétaire dans le service, un lit ou un bloc opératoire plutôt que de s’occuper des malades est une ineptie. Vous l’aurez compris, j’ai choisi mon camp mais entre une équipe soignante soudée autour de son chef de service et une administration centralisée et déconnectée de la réalité de la relation soignant-soigné, j’ai choisi ceux qui agissent avec des horaires élastiques et une bienveillance de chaque instant. Le gouvernement parle souvent de simplification. Il en faut dans l’hôpital mais avec un souci permanent: donner tous les moyens aux soignants plutôt que de multiplier normes et règles déconnectées du réel.

Ma voix porte peu dans ce débat mais je suis heureux de la mêler ici à leur combat. Car c’en est un et de son issue dépendra la préservation des points positifs évoqués plus haut.

Source : Le Figaro, Patrick Chêne, 15/09/2017

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48 réponses à Patrick Chêne : « La gratitude d’un patient soigné pour un cancer »

Commentaires recommandés

LA ROQUE Le 18 septembre 2017 à 07h12

” Cessons de nous plaindre ! . Dans notre pays, la prise en charge en cas de vrai coup dur est exceptionnelle dans le service public.”

Si ont se plaint c’est parce que la plupart d’entre nous se rendent compte que la situation se dégrade dans les hôpitaux et que justement nous sommes attachés au fait que tout la monde peut se faire soigner en cas de maladie grave…

  1. joebardoc Le 18 septembre 2017 à 05h55
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    Bravo Patrick, on peut certainement trouver des contre exemples, mais ce qui importe, c’est qu’une voix que l’on connait et que l’on peut entendre rappelle que le service public et les hôpitaux français sont exemplaires à bien des titres, n’en déplaise à nos élites politiciennes qui se font soigner en clinique pour ne pas trop voir les sans dents. Tiens donc, je serais curieux de connaitre le pourcentage de nos élites qui fréquentent les hôpitaux publics plutôt que les cliniques privées…


    • Homère d'Allore Le 18 septembre 2017 à 07h01
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      Si, nos élites vont assez fréquemment au Val de Grâce. C’est l’un des rares hopitaux publics encore un peu sauvegardé des conditions de travail abominables.

      Mais sa fermeture esr programée. Ses services vont être transférés à Clamrt et Percy.


      • E von Salomon Le 18 septembre 2017 à 10h05
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        C’est (était) surtout l’hopital-phare de la medecine militaire … marrant que ces anti-militaires aillent se faire soigner là-bas.

        Malheureusement c’est peine perdue, on se dirige vers un système a l’Américaine ou l’accès au spécialiste est en fonction du compte en banque… Ces frais de médecins subissent l’inflation des primes d’assurances … lesquelles sont dépendantes des poursuites en justice…


    • Surya Le 18 septembre 2017 à 07h50
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      Rappelez vous de Jean marc Sylvestre, ce “journaliste” qui passait sont temps à cracher sur le système de soin français et la sécu, jusqu’au jour où il a du subir une opération à coeur ouvert en urgence. Il a d’ailleurs relaté son expérience dans un bouquin.


      • Asaln Le 18 septembre 2017 à 21h30
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        Et un an plus tard il (le curieux J.M Syslvestre) continuait de soutenir les politiques de l’offre et l’ordo-libéralisme à l’ Allemande.
        Moralité on ne change pas. Bien évidemment que “sur le coup” ils sont émus les “pipeuls” mais faire passer son émotion dans le domaine du raisonnement ça demande un peu plus de chou et de détermination y compris contre sa propre classe.
        Alors mon Patrick, comme les autres, continuera d’oublier la casse des services publics, le règne du dopage, parce que, comme dit l’autre “ça n’est pas le moment”, et que les bons sentiments n’ont , au mieux, généré que des dames patronnesses (cf Brel) au pire des concours de bonnes manières (celles de la petite bourgeoisie bien sûr) et de rosières, pour les servir, avec bonté bien sûr.
        Il est vraiment plus que temps de botter le cul à tout ces “clowns danseuses” pour reprendre l’expression de Franck Lepage. Nan mêêêê on va pas s’attendrir sur Patrick Chêne parce qu’il a eu les jetons ! Il y en a pleins (et pleines !) qui meurent dans la souffrance dans des hôpitaux publics biens démolis, à peine pris en charge, et dont tout le monde se fout, et en silence encore. Alors les larmes de P.C ou d’autres “connus” sur leur propre ego (je sais pléonasme) hein …

        Et si on pensait le monde au lieu de le couiner ?


        • Catalina Le 19 septembre 2017 à 07h15
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          je dois être un cas à part, à l’hôpital, on m’a oubliée derrière un rideau pendant plus de 9h, je disais rien parce que j’entendais des gens hurler de douleur aux urgences et que je pensais sincèrement que je n’étais pas une priorité, et puis, à 1h du matin, n’entendant plus rien j’ai appelé, enfin, quelqu’un est venu et m’a dit, ” on attend le résultat de votre prise de sang”, sauf que j’en avais pas eu de prise de sang …
          Une autre fois, ma nièce de 4 ans, deux fractures du poignet mais comme elle hurlait pas, elle a juste attendu 6 heures avant de voir un médecin qui s’est confondu en excuses, j’étais pourtant allé voir l’infirmière lui parlant d’au moins une fracture, réponse ” vous êtes infirmière ?”, non, bon alors il n’y a pas de fracture !!! sans parler d’une autre fois où je suis partie avec le poignet cassé parce que ça faisait 4 h que j’attendais sur un chariot dans le couloir, frigorifiée et sans même une couverture….alors oui, c’est vrai que c’est mieux qu’en Afrique mais bon…..il y a des choses très bien mais toutes ne sont pas très bien.


          • Christophe V. Le 19 septembre 2017 à 15h29
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            Catalina : non en effet tout n’est pas très bien mais tu évoques là le service des urgences que l’on sait surchargé . . . faute de médecins libéraux voulant faire ce sale boulot imprévisible. A quand une médecine de proximité publique ? Car finalement un médecin libéral, c’est un fonctionnaire déguisé non ? Sans les compte à rendre
            Attention, je ne crache pas sur la totalité de ces médecins mais sur une probablement faible minorité laquelle suffit à générer ces déserts médicaux. Au secteur public donc de prendre la relève.

            Cela étant, Catalina, ta mésaventure n’a pas l’air d’avoir eu des conséquences fâcheuses et n’entre en tout cas pas dans la rubrique qu’évoque PChène. A savoir les “vrais coups durs” !


  2. calal Le 18 septembre 2017 à 06h54
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    donner tous les moyens aux soignants plutôt que de multiplier normes et règles déconnectées du réel.

    comme partout dans l’administration, plein de fonks derriere les bureau et de moins en moins de fonks “au contact de l’usager”.
    a l’heure ou un ordinateur coute quasi rien et des reseaux, ou sont les gains de productivite dans la partie administrative du secteur public?
    j’ai bosse dans un lycee qq temps: le nombre de personnel administratif % au nombre d’eleves geres est une catatstrophe. alors que dans le prive aux us on parle de mettre des secretaires au chomage pour les remplacer par des programmes informatiques…la partie administrative est cense aider a mieux organiser le travail de ceux qui sont au “front”. pas a planquer les “copains” à l’arriere et a les pousser a pondre une tonne de circulaires pour tenter de justifier l'”utilite” de leur “planque”.


    • fanfan Le 18 septembre 2017 à 11h35
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      Aux urgences c’est tous les jours l’état d’urgence…
      https://m.youtube.com/watch?v=WZwbeQccZdQ

      Mme Touraine et Mr Valls ont supprimé 22 000 postes dans les hôpitaux… alors que 53 milliards de dividendes ont été versé … Merci !


  3. olivier Le 18 septembre 2017 à 06h54
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    J’ai trop d’exemples contraire autour de moi sur ce sujet pour penser que ce discours puisse être généralisé. C’est tout a son honneur, et s’il pouvais avoir raison, j’en serai ravi.
    Mais voila…
    Cela se passe à Paris, et monsieur est connu.
    Ailleur la situation est urgente.


    • Genuflex Le 18 septembre 2017 à 07h23
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      Je suis à Paris, je ne suis pas connu, et je serai près à faire le même éloge à la maternité de Cochin.

      Mais on ne fait pas un cas général d’un cas particulier.


      • John Le 18 septembre 2017 à 07h57
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        Tout pareil pour la maternite des Bluets. Une specialiste reconnue, qui fait de la recherche medicale et qui consulte au tarif secu !! C’est beau !


        • eric Le 18 septembre 2017 à 09h21
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          Les bluets ne sont pas vraiment “publics”, et sont sur le point d’etre fermés par les pouvoir public… (et oui, ils ne respectent pas les bonnes “procédures”)


    • Maxhno Le 18 septembre 2017 à 09h51
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      Etant d’une santé physique et financière un peu fragile, j’ai pu tester plusieurs établissements français et a chaque fois j’en suis ressorti avec le sentiment qu’il y avait encore des endroits sur terre ou la grandeur d’âme pouvait encore s’exprimer .
      Il y règne a chaque fois une douce ambiance de désinvolture de femmes et d’hommes qui doivent faire cohabité la rudesse d’un ministre pro-libéral et leurs buts non lucratif de fonctionnaires de l’oeuvre commune
      Un seul gros bémol “la bouffe” on sent tout de suite que le patron a pris les commandes du service et qu’il rentabilise le truc au maximum voir plus, car enfoncé au fond de ton lit tu ne risque pas de venir te plaindre
      Alors voila peut-être que si j’avais été riche je serrai allé a l’hôpital Américain de Neuilly avec chambre sur parc et saumon fumé mais il n’empêche que selon les statistiques, nous guérisons aussi bien voir mieux dans le public


  4. LA ROQUE Le 18 septembre 2017 à 07h12
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    ” Cessons de nous plaindre ! . Dans notre pays, la prise en charge en cas de vrai coup dur est exceptionnelle dans le service public.”

    Si ont se plaint c’est parce que la plupart d’entre nous se rendent compte que la situation se dégrade dans les hôpitaux et que justement nous sommes attachés au fait que tout la monde peut se faire soigner en cas de maladie grave…


    • Maguy Le 18 septembre 2017 à 12h33
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      Loin de moi l’idée de taper sur les soignants qui travaillent de plus en plus dans de mauvaises conditions de travail par manque de personnel. Le problème vient de la logique de profits du système libéral de plus en plus prégnant chez nous et dans le monde.
      Pour illustrer mon propos, le rapport glaçant de l’émission du 7 septembre d’”envoyé spécial”. Mes derniers séjours à l’hôpital le confirment car ils m’ont donné l’impression de ne pas être en sécurité. Sans parler de la nourriture.
      “Hôpital public, la loi du marché”
      Vous pouvez voir ou revoir l’émission Envoyé Spécial jusqu’au 6 octobre sur
      https://www.france.tv/france-2/envoye-special/237137-emission-du-jeudi-7-septembre-2017.html
      Ce thème est traité entre 41:45 et 1:41:40


  5. raoul Le 18 septembre 2017 à 07h54
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    C’est l’avis de ” monsieur tout le monde ” ou plus précisément un ” sans dent ” un patient ” qui n’est rien ” qui pourrait avoir une valeur bien plus intéressante que celle de Monsieur patrick CHENE,
    journaliste connu et reconnu du PAF.
    Je n’apprécie pas les personnes qui lancent à la cantonade des phrases à l’emporte pièce
    “” Cessons de nous plaindre “”” d’autant plus que , pour ma part, je ne me suis jamais plaint de ce service public .
    Bonne convalescence à vous, monsieur et simple mortel .


  6. RGT Le 18 septembre 2017 à 08h10
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    Le problème des chefs de service qui passent un temps précieux à faire de la paperasse est consternant.

    Je le sais bien car je l’ai vécu “de l’intérieur”, ma mère s’étant remariée à un professeur de médecine (et chef de service d’office) qui passait 10 heures par jour à remplir des formulaire administratifs idiots, parfois même pour aller simplement changer une ampoule dans un escalier !!!

    Alors c’est la “débrouille” pour éviter à tout prix ce genre de stupidité.
    Dans le cas des ampoules, j’avais fait une tournée d’inspection “pirate” pour identifier tous les types d’ampoules utilisés dans le bâtiment, puis j’en avais acheté un stock (payé sur ses fonds propres) qui était précieusement conservé dans son bureau.

    Quand une ampoule grillait, je venais le soir même la changer puis j’allais acheter immédiatement une ampoule de rechange.

    Une fois j’ai été surpris par un abruti des services administratifs qui m’a demandé ce que je faisais et qui a appelé la sécurité pour me faire évacuer.

    Un mois plus tard, l’ampoule en question n’était toujours pas changée malgré toutes les relances administratives du chef de service… Il fallait en moyenne 6 mois pour changer une simple ampoule (faire la demande, attendre l’acceptation – très longue, planifier l’intervention, etc, etc…).


    • RGT Le 18 septembre 2017 à 08h21
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      Je ne parle QUE pour une petite ampoule insignifiante. Quand il s’agissait d’un lit médicalisé ou de la réparation d’une fuite de lavabo ça pouvait prendre des années…

      Et pour du personnel soignant c’était des décennies…

      Et c’était dans les années 80-90, c’est allé en empirant…

      Pour le personnel soignant les patients sont des personnes en situation dramatique, mais pour l’administration ils ne sont que de simples chiffres noyés au fond des statistiques, voir même des “produits” nécessaires pour “amortir” le “matériel”…

      Je vous conseille de lire aussi les “coups de gueule” de Roland Gori, prof de médecine qui aujourd’hui se bat contre la “culture du résultat” dans les services publics.
      Je crois entendre mon beau-père avec près de 40 ans de décalage.

      Ensuite on nous vante sans sourciller les “mérites” des cliniques privées.
      Contrairement aux hôpitaux, elles sélectionnent les patients et ne prennent que les plus rentables (pour les actionnaires) et expédient ceux qui ne sont pas… à l’hôpital !!!


      • black micmac Le 18 septembre 2017 à 22h08
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        C’est exactement le fonctionnement du P.P.P (Partenariat Public / Privé).
        Privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes.


  7. isary Le 18 septembre 2017 à 08h20
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    bien sur,notre système de soins FUT exemplaire et nous avons raison collectivement de vouloir son
    maintien mais le sempiternel affrontement “hôpital public parfait qui accueille tout le monde pour pas
    un sou” et “les cliniques privées à but uniquement lucratif qui ne soignent pas les cas graves” est
    caricatural.

    Je suis médecin généraliste et il est fréquent de passer 45 mn avec un patient en traitement de cancer pour 23 euros.

    Mon fils victime d’un accident de moto en 2010 a été merveilleusement opéré dans un CHU mais je vous passe la prise en charge de la douleur….Un gag invraisemblable de mauvais report de prescription de morphine (effectuée sur une tablette!) par un médecin maitrisant mal le français écrit…L’infirmiére n’arrivait pas à le lire….

    Mon mari,chirurgien “dans le privé” n’a jamais pris de dépassement d’honoraires auprès de patients atteints de pathologies “graves”(c à d prise en charge à 100%) et a cessé son activité en 2016 après avoir cherché un successeur pendant prés de 15 ans!Sans succès…Si c’était l’ Eldorado que certains décrivent,il aurait dû y avoir pléthore de candidats,non?

    Bref,tout est dans tout et inversement.

    Le problème est ailleurs.Nous valorisions les instituteurs,les professeurs,les médecins maintenant,on valorise les “business school”,les écoles de commerce,le management et bientôt la E santé 2.0!


    • RGT Le 18 septembre 2017 à 20h30
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      Vous avez beaucoup de courage et je connais de nombreux médecins généralistes qui font un travail formidable pour une rémunération qui devient de plus en plus délirante.

      Un médecins généraliste qui fait correctement son travail avec humanité – les patients sont TOUS des êtres vivants en situation de souffrance intense – doit passer un temps important avec le patient pour arriver à faire un diagnostic fiable et surtout pour alléger ses souffrances.

      Comme son travail ne rapporte rien aux actionnaires ou à la finance (quoique, vu les fortunes engrangées par les labos, s’il n’y avait plus de médecins je me demande comment ils pourraient écouler leurs stocks).

      Une consultation de médecin (qui engage sa responsabilité et aussi notre vie, ne l’oublions pas) est actuellement moins rémunérée qu’une visite chez le coiffeur pour un simple brushing !!!

      Vous me direz, c’est “normal”, quand on voit les frais de coiffeur de Hollande (et ceux du maquilleur de Zupiter aussi) l’apparence est plus importante aux yeux des “élites” que l’état de santé de la population.


  8. J Le 18 septembre 2017 à 08h28
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    On oppose ici public et privé. Pourquoi pas ? S’agissant du public, la logique néolibérale, la dette, tout ça, poussent à une réduction drastique des moyens, pour le malheur aussi bien des patients que du personnel.

    S’agissant du privé, la même logique pousse à chercher le chiffre d’affaires, au besoin en détectant des tumeurs à soigner d’urgence où il n’y en a pas, et allez vérifier. Il y a quand même eu au moins une condamnation à de la prison ferme pour un chirurgien, dans le sud-ouest il me semble, qui avait abusé de façon trop voyante et faisait des opérations très mutilantes. Pour le reste, il y a des rumeurs un peu partout, mais c’est juste dans la nature des choses.


    • Alfred Le 18 septembre 2017 à 11h03
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      J’espère que nous pensons au même dans le sud ouest (extrème sud ouest?…) sinon ça veut dire qu’il y en avait deux et que l’un deux mutile encore pour faire des sous.


      • J Le 18 septembre 2017 à 12h40
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        Désolé, c’est de mémoire, je crois me rappeler Bordeaux mais pas sûr. Cela posé, j’ai bien peur que ce soit bien plus répandu que ça (on n’a quand même pas besoin de mutiler, il suffit d’ouvrir et refermer).


  9. 59Jeannot Le 18 septembre 2017 à 08h37
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    je suis dans le 62, je viens de suivre 2 protocoles de chimio; je peux affirmer que le service public, le personnel soignant doivent être glorifiés. Malgré les difficultés matérielles, les patients pas toujours faciles (la maladie entraine des réactions difficiles à contrôler) j’ai toujours bénéficié de soins dispensés avec la bonne humeur, le sourire et un dévouement exemplaire. Notre hôpital doit être préservé à tout prix. La seule critique que je puis formuler découle justement de certains qui sont autorisés à exercer en secteur 2 dans les locaux publics et qui en abuse. J’ai ainsi refusé une petite intervention,proposée en secteur 2, qui aurait mobilisé en chirurgie ambulatoire, une chambre pour la journée, plus un bloc opératoire; au final cela s’est réglé en soins externes en 1/2 heure en secteur 1. De même, lors d’une opération plus sérieuse,(9 h sur le billard)le chirurgien est venu me trouver à la fin du séjour, pour me demander s’il pouvait facturer l’opération en secteur 2. J’avoue avoir accepté, il venait de me sauver la vie, pouvais-je refuser.
    Donc, si la SS veut faire des économies, il y a matière à étudier d ce coté.


    • isary Le 18 septembre 2017 à 09h00
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      tout à fait d’accord avec vous,il y a plein d’économies “de bon sens” à faire pour préserver ce à quoi nous sommes tous attachés.C’est possible.Mais curieusement on nous (les médecins) emmerde avec des co…. administratives très chronophage.Que le praticien soit vertueux en veillant à utiliser au mieux les sous de la CQ ou qu’il soit beaucoup moins regardant,personne ne voit rien.C’est pourtant simple bien souvent

      On voudrait “casser” le système en étant sur que personne ne soit tenté par la profession qu’on ne s’ y prendrait pas autrement…


  10. Frédéric Le 18 septembre 2017 à 10h07
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    beau témoignage,lire aussi le livre de Françoise Simpère : “Fascination du chercheur” qui va de pair avec cet article


    • V_Parlier Le 18 septembre 2017 à 19h51
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      Pour l’article lui-même: Ayant vécu il y a longtemps la même expérience que l’auteur, j’en suis arrivé exactement aux mêmes conclusions, tant pour les compliments que pour les critiques.


  11. Arcousan09 Le 18 septembre 2017 à 10h14
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    En tant que médecin l’hôpital, que ce soit CHU ou hôpitaux généraux, mérite autre chose que le mépris, je pèse mes mots, des pouvoirs publics.
    L’hôpital n’a pas à être rentable comme une entreprise, sa mission set de faire preuve d’humanisme et de soigner ….
    Cependant le gouvernement qui prendra à bras le corps la restructuration de nos hôpitaux et de notre système de santé n’est pas encore d’actualité …. déserts médicaux, suicide de soignants … etc …


    • Kiwixar Le 18 septembre 2017 à 10h43
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      Coincer les (gros) fraudeurs fiscaux et imposer les grosses entreprises au même taux réel que les PME permettrait de financer sans problème une santé publique de très haute qualité, avec en prime de la bonne bouffe et du personnel travaillant des horaires raisonnables. C’est un choix politique, pas une difficulté.


      • Catalina Le 19 septembre 2017 à 07h24
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        en effet, ici, à Donetsk, pas de file d’attente, vous êtes pris en charge de suite, pas un seul lit dans le couloir, des infirmières aux petits soins et des spécialistes qui vous visitent quotidennement, vous pouvez parler avec votre chirurgien tous les jours, comme le pays est en guerre, j’en étais très étonnée et la réponse est que l’état taxe les grosses entreprises…..AInsi, même sans les cotisations, tout le monde est soigné, rapidement, efficacemment, le personnel a tout son temps et vous considère vraiment comme une personne. La question que j’ai le plus entendu c’est : “vous avez mal”? question que je n’ai pas entendu en France. Bon, il est vrai que si vous avez des sous on vous demande de payer vos médicaments mais je trouve cela normal et comme en plus ils ne sont pas vendus 10 ou 20 fois leur prix de production, en général, vous pouvez les acheter.


    • RGT Le 18 septembre 2017 à 20h49
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      Je vous conseille de lire ce texte de Roland Gori sur les “nouvelles méthodes d’évaluation” qui sont littéralement en train de détruire toute solidarité et par la même tous les services publics UTILES mais “non rentables” financièrement. http://www.directions.fr/Piloter/fonctionnement-structure/2014/10/-L-evaluation-produit-des-impostures–2028306W/

      OUI, l’hôpital n’est pas RENTABLE au sens financier du terme car il ne rapporte directement RIEN aux marchés financiers et aux actionnaires.

      Mais par contre il permet de maintenir la population en bonne santé, ce qui est QUAND-MÊME le point le plus important pour qu’elle puisse TRAVAILLER correctement !!!
      Je ne parle que du côté “actionnarial”.

      Du côté humain, la santé doit être un DROIT INALIÉNABLE et la première mission régalienne devrait justement de GARANTIR de droit.

      Allez faire comprendre ça à un énarque. La seule chose importante pour lui est son plan de carrière et ses allers-retours incessants entre le public et le privé qui lui permettent de consolider son carnet d’adresses et de garantir l’indécence de ses revenus.

      Si de plus il est “Young Leader”, je ne vous parle pas du désastre.
      Regardez l’ancien “plus haut personnage de l’État”, et son successeur aussi.
      Vous comprendrez que ce n’est pas avec de tels loustics que la santé des “gueux” sera préservée.

      Tout est politique.
      Arrêtez de voter pour des tartuffes.


      • olivier Le 18 septembre 2017 à 23h18
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        Si je puis me permettre : ma modeste contribution au sujet.

        Ivan Illich, ” Némésis médicale, l’expropriation de la santé ” 1975. N’a pas pris une ride hormis un ou deux passages. Un avant gout (du monde diplo) : http://olivier.hammam.free.fr/imports/auteurs/illich/sante-parfaite.htm

        Plus recent :
        Anne-Laure Bloch (neuro-chirurgienne et docteur en philosophie)
        “Médecine technique, médecine tragique: Le tragique, sens et destin de la médecine moderne ». résumé : http://www.vuibert.fr/ouvrage/9782842761561-medecine-technique-medecine-tragique


      • Maurice Le 19 septembre 2017 à 17h24
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        Votre démonstration est aussi claire que vos remarques sont pertinentes et je vous rejoins également dans vos conclusions; à savoir que n’importe quel choix est politique !

        Pour être actuellement dans ma 73iem année, je puis témoigner que j’ai vu le système de santé Français se dégrader au fil du temps, jusqu’à en arriver au fiasco actuel : voulu, organisé, planifié… Par des incapables, corrompus au delà de toute limite et au bénéfice exclusif de certains intérêts que chacun connaît !

        Il fut un temps, pas si ancien, où, de notoriété publique, tant en France qu’à l’ étranger, le système de santé français était le meilleur du monde !
        Des délégations étrangères allaient jusqu’à faire le déplacement pour le constater, admirer son fonctionnement et ses résultats et étudier sur place comment l’imiter !

        IDEM au sujet d’EDF ou de la SNCF, à l’époque où les trains roulaient moins vite, certes, mais où ils arrivaient à l’heure ! ! !
        CHERCHEZ L’ ERREUR

        (vous trouverez vite qui veut désorganiser notre mode de vie car c’était un trop bel exemple de solidarité républicaine, TOTALEMENT opposé, par construction et par principe, au modèle “Anglo-saxon” qui prône que TOUT est monnayable et “marchandisable” et qui prétends, contre les lois naturelles les plus élémentaires, organiser une concurrence aussi stupidement féroce qu’inutile en mettant en scène une manière de vivre qui est à l’opposé d’un mode de civilisation et qui organise le combat de tous contre chacun, et réciproquement, ad nauseam !


        • RGT Le 19 septembre 2017 à 19h56
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          Concernant EDF, vous devriez aussi rechercher les “bienfaits” des prescriptions des la Kommission €uropéenne… Leur souhait est de privatiser les barrages !!!

          Ces ouvrages ont coûté une fortune aux con-tribuables et sont un élément VITAL de notre territoire.

          En effet, si EDF les utilise pour absorber les pics de consommation (un barrage est actif en quelques minutes) mais pas que.

          Les barrages servent AUSSI à réguler les débits des cours d’eau et EDF les vide durant l’hiver (justement au moment où la consommation est la plus importante) afin que ces barrages soient vides au printemps lorsque les cours d’eau ont une tendance naturelle à s’épancher dans les vallées…

          Les entreprises privées achèteront ces ouvrages pour une misère, les exploiteront sans tenir compte des contraintes environnementales pour optimiser les profits, mais surtout espaceront les opérations de contrôle et de maintenance pour augmenter les profits.

          Je ne sais pas si vous avez déjà vu un barrage qui “pète”, mais ça fait des dégâts incommensurables.

          Et comme bien sûr l’entreprise est une “personne morale” les actionnaires qui auront activement orchestré ce CRIME seront à l’abri de toutes les poursuites.

          Les barrages seront alors nationalisés à prix d’or, remis en état avec de l’argent public et on repartir pour un tour…


  12. Maguy Le 18 septembre 2017 à 12h23
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    Loin de moi l’idée de taper sur les soignants qui travaillent de plus en plus dans de mauvaises conditions de travail par manque de personnel. Le problème vient de la logique de profits du système libéral de plus en plus prégnant chez nous et dans le monde.
    Pour illustrer mon propos, le rapport glaçant de l’émission du 7 septembre d'”envoyé spécial”. Mes derniers séjours à l’hôpital le confirment car ils m’ont donné l’impression de ne pas être en sécurité. Sans parler de la nourriture.
    “Hôpital public, la loi du marché”
    Vous pouvez voir ou revoir l’émission Envoyé Spécial jusqu’au 6 octobre sur
    https://www.france.tv/france-2/envoye-special/237137-emission-du-jeudi-7-septembre-2017.html
    Ce thème est traité entre 41:45 et 1:41:40


  13. Babar Le 18 septembre 2017 à 14h05
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    Etant à la fois médecin et patient atteint d’une pathologie du même ordre, je voudrais à la fois abonder dans le sens de l’auteur quand à la qualité des personnels soignants, mais aussi apporter une vision moins positive en ce qui concerne les performances diagnostiques dans le contexte des maladies graves ou chroniques totalement prises en charge. L’enseignement médical est de haute qualité, mais afin de permettre aux spécialistes d’effectuer un grand nombre d’actes pour leur assurer des revenus décents malgré un prix de consultation moindre que dans le reste de l’Europe, une institution, la Haute Autorité de Santé, a édicté des guides pour chaque Affection de Longue Durée comportant des algorithmes évitant de se poser des questions mais éludant la prise en compte des formes rares qui exigent des recherches personnalisées.
    Il s’agit d’une médecine de masse très performante pour 90% des malades mais désastreuse pour les 10% restants et je parle d’expérience…


    • isary Le 18 septembre 2017 à 15h39
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      jJe comprends tout à fait ce que vous voulez décrire.Tout cela nous ramène invariablement à la “logique” de notre belle époque à savoir qu’on y laisse de moins en moins de place à l’ individualisation de la réflexion.C’est dramatique à tous les niveaux mais à fortiori en matière d diagnostic médical.Les algorithmes et les “arbres décisionnels” savent mieux que nous ,les médecins,que le système souhaite transformer en “simples” exécutants (tant d’années d’études pour ça!)Allez expliquer à un algorithme que le fruit de votre expérience fait que même pour une simple varicelle,vous faites du cas par cas!Au dessus de leur capacités de compréhension.


  14. Josephine Le 18 septembre 2017 à 15h51
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    J’ai deux expériences récentes à l’hôpital, une qui s’est tres bien passée avec un chirurgien et une équipe soignante très professionnelle; la seconde fut difficile: enceinte j’ai été prise en charge à la maternite mais la pathologie sortait du cadre des maladies ” courantes”. Avec du coup l’impression que les soignants ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Le fait est: j’ai reçu des doses de cheval qui be correspondaient pas au protocole. La communication était source de stress, beaucoup de silences et manque d’explication. Tout ça à 6 mois et demi de grossesse. comme mon cas sortait de l’ordinaire des sages femmes prenaient le maximum de précautions en me faisant hospitaliser au moindre doute, ou tout simplement pour que je puisse subir des examens. Bref je ne leur jette pas la pierre, mais peut être soit une trop grande spécialisation, soit une difficulté à travailler à plusieurs Services rendent chaotique la prise en charge d’un patient ” hors normes” qui cumule les difficultés. Par contre je n’y ai absolument pas mal mangé! Pour ce qui est de l’aspect administratif j’en ai coûté des liasses d’étiquettes sont une ou deux sont utilisées et tout le reste jeté. Si qqn a une explication sur le pourquoi de ces étiquettes?


  15. Mohamed mizi-allaoua Le 18 septembre 2017 à 19h43
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    Originaires de Kabylie, ma femme est prise en charge à l’hôpital Tenon, dans le service d’oncologie des professeurs Glugorov et Richard pour lesquels je ne trouverai jamais les mots pour les remercier, sans oublier l’ensemble du personnel. C’est grâce à tous ces hommes et ces femmes de l’art, loin des faisseaux lumineux de la notoriété, mais armés de dévouement et d’abnégation, que ma femme est aujourd’hui vivante.Permettez-moi Monsieur Patrick Chêne d’insérer ces quelques mots dans votre magnifique phrase : ” Fortunés ou indigents, Français ou étrangers, tout le monde est logé à la même enseigne dans le secteur public. Ceci n’a pas de prix. Il faut juste être conscient et tout de même reconnaissant !”


  16. David D Le 18 septembre 2017 à 23h14
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    En ce qui me concerne, j’ai plutôt le souvenir de Patrick Chêne, qui, commentant le Tour de France à l’époque, s’était senti rassuré qu’on enlève son record du monde à Graeme Obree, parce que c’était la porte ouverte à des records battus par des amateurs et non plus des professionnels. Graeme Obree avait été attaqué sur sa position en oeuf, comme si au saut en hauteur on avait refusé sa médaille à Fosbury aux jeux de Mexico et décidé qu’aucun athlète ne pourrait jamais sauter comme il l’a fait. Graeme Obree avait surtout fabriqué son vélo avec du bric et du broc, à une époque où on s’ébaudissait des vélos hors de prix à haute technologie. Dans le moule, Chris Boardman était lui bien acceptable, mais pas Obree. Bref, je n’applaudis jamais les gens qui tiennent un beau discours.


  17. Master8 Le 19 septembre 2017 à 16h41
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    C’est très bien de défendre le service public. Mais les administratifs et les services techniques en font partie aussi et la plupart d’entre eux travaillent beaucoup pour permettre aux soignants de faire leur travail au mieux. Sans eux, l’hôpital n’existerait pas non plus. Je les ai côtoyé et la plupart sont lassés eux aussi de ne pas pouvoir faire mieux leur travail. Il ne faut pas se tromper d’ennemis. Le drame de ce pays, c’est sa division et l’incapacité de l’écrasante majorité de distinguer ses véritables oppresseurs.


  18. mat Le 19 septembre 2017 à 17h19
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    En effet on ne peut se plaindre de la prise en charge des coûts des traitements ni de l’humanité de la majorité du personnel soignant.

    Toutefois, concernant diagnostics et traitements, il peut y avoir de quoi perdre confiance.
    Quand pendant 2 ans tous les “spécialistes” vous disent que vous n’avez rien, que “c’est psychologique” parce que vous avez été maltraité pendant toute votre enfance, alors qu’en fait ce sont 3 maladies auto-immunes de m**** qui se déclenchent quasi simultanément, vous perdez légèrement la foi dans ce système de “santé”.

    Sans parler du discours du directeur adjoint d’un CHU qui dit, tranquilou pépère, lors d’un conseil que (sic) : “le patient le plus rentable, c’est celui qui rentre le lundi, se fait opérer le mardi, et décède le mercredi”…
    Ou encore la directrice (gestionnaire) d’un foyer pour adultes handicapés qui compare les éducateurs à des “employés des usines Airbus”.

    Je ne généralise pas les constats que j’ai fait, mais que Patoche Chêne ne généralise pas non plus. Il a les ronds pour les dépassements d’honoraires et la notoriété pour être chouchouté.


  19. Louis St O Le 19 septembre 2017 à 19h42
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    C’est drôle, dans le service public, il y a trop de lits, on y perd de l’agent, les hôpitaux sont en faillite nous dit-on ? Et la Sécu ne peut plus faire face.
    Alors que dans le privé, les cliniques n’ont jamais autant gagné d’argent, à Toulouse, la Clinique st Jean étant trop petite, une autre clinique qui fait au moins le double est en train de se construire 2 kilomètres plus loin.
    Alors je me pose une (des) question. Les actionnaires qui construisent cette clinique, mais aussi les médecins et chirurgiens, les infirmiers et les personnels de nettoyage, les brancardiers et tout le personnel administratif de cette clinique (trop petite) par qui sont-ils payés, je ne crois pas me tromper, c’est bien la sécu qui paye tout ce beau monde et la il n’y a pas de restriction. Chaque fois qu’on ferme un lit à l’hôpital on en ouvre un dans une clinique, parce que c’est pas parce qu’on ferme un lit qu’il n’y a plus de malade. … Vous comprenez maintenant pourquoi il faut fermer tous les hôpitaux publics.


  20. Incognitototo Le 20 septembre 2017 à 02h55
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    Je ne remets pas en cause l’expérience de Patrick Chêne et encore moins le service public auquel je suis viscéralement attaché… mais son expérience est la sienne et on peut se demander dans quelle mesure, il n’a pas bénéficié de “conditions particulières” du fait de sa notoriété.
    Je peux lui citer des dizaines de contre-exemples pour lesquels, ça s’est beaucoup moins bien passé, en commençant par le mien. Pour ceux qui auraient le courage de lire mon expérience, elle est là : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-3989920.html
    J’en ai vécu et en raconte d’ailleurs beaucoup d’autres tout aussi inquiétantes, notamment dans les services d’urgence.
    Les réalités que j’ai eu à vivre, tant pour la qualité des soins que pour l’efficacité des personnels, pour moi et pour mes proches sont autrement plus sordides.
    Rappelons à ce propos que les morts par maladies nosocomiales représentent 7 000 à 10 000 décès par an (3 000 à 5 000 directement imputables au séjour), tandis que 750 000 patients (6 à 7 % des hospitalisés) contracteront une maladie nosocomiale au cours de leur séjour.
    Bref, le service public (et privé aussi dans le domaine médical), ça craint quand ça devient les sévices publics…
    Les situations sont certainement contrastées, mais en tout état de cause, il ne faut pas non plus idéaliser, ni généraliser une expérience particulière.


  21. Black-micmac Le 22 septembre 2017 à 19h40
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    Pour travailler dans les hôpitaux, maison de retraite, ehpad (surtout en Ile-de-France) je peux confirmer que le personnel que je côtoie le plus, à savoir infirmier(ère), aide-soignant(e) sont très à l’écoute et font leur possible.

    Le problème c’est qu’il sont moins nombreux donc débordés.

    Il ont en moyenne 7mn pour faire la toilette des patient, comment peut-on le faire correctement en 7mn.

    J’ai vu dans une maison de retraite, la nuit, 1 infirmière et 1 aide-soignante pour plus de 40 lits. Je vous laisse imaginer en cas de gros problème pour gérer la situation.

    Il y a également l’exemple de l’hôpital Raymond Poincaré à Garches qui a fermé son service de cancérologie pediatrique alors qu’ils avaient des très bons résultats et malgré la bataille des familles et du personnel du service….. pourquoi ? Parce qu’ils utilisaient des techniques alternatives, ça n’a pas plus aux laboratoires pharmaceutiques.

    Comme il y a quelques dizaines d’années, on soignait les escarres avec du miel et du sucre pour cicatriser les plaies…. ça a été interdit quand les laboratoires ont sortis des pansements anti-escarres.

    Des exemples comme ça il y en a des tas….malheureusement.


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