La vision du “paléolibéral” Charles Gave

Source : Institut des libertés, Charles Gave, 25-09-2017

Les négociations sur le Brexit continuent et bien entendu la presse française continue à faire preuve de la remarquable objectivité dont elle est coutumière.

Tout français qui chercherait à s’instruire sur le sujet en lisant les journaux de notre pays est en fait aussi bien informé qu’un lecteur de la Pravda dans les années 70 sur ce qui se passait alors à Prague, tant les consignes sont suivies avec diligence par ceux qui se disent journalistes.Comme me le disait un ami récemment : » Il y a deux sortes de journalistes en France : ceux qui sont compétents et honnêtes, qui sont au chômage, et les autres. »

J’ai donc décidé de consacrer ma chronique du Lundi à ces négociations simplement pour essayer d’expliquer aux lecteurs quels sont vraiment les enjeux.

Je vais essayer de faire simple.

Commençons par les deux parties qui négocient.

D’un coté, nous avons le gouvernement britannique de madame May, de l’autre la Commission Européenne emmenée par monsieur Barnier.

Le gouvernement Britannique est mené par Madame May, très affaiblie par sa dissolution ratée de la Chambre des Communes qui a été suivie par ce qui aurait pu être un désastre électoral puisque les Conservateurs sont passés d’une solide majorité à une quasi- minorité, ne gouvernant qu’avec l’aide des protestants de l’Irlande du Nord. Il n’est pas certain que Madame May reste au pouvoir. Elle pourrait être débarquée bientôt, ayant commis vraiment trop d’erreurs, ce qui ne changerait rien au fond du problème.

Dans ce gouvernement, deux groupes se font face : ceux qui ont fait campagne pour le Brexit, emmenés par Boris Johnson (le ministre des affaires étrangères) et David Davies (le ministre chargé des négociations avec la Commission), qui tous deux avaient milité pour le Brexit et de l’autre ceux qui avaient voté pour « Bremain » sous la conduite du ministre des finances monsieur Hanson, qui a le charisme d’une huitre et est l’esclave de son administration.

Les premiers veulent une sortie claire, rapide et franche, les seconds sont à la recherche d’une solution du type de celle que monsieur Sarkozy a imposé aux Français qui avaient refusé la Constitution Européenne soumise à referendum, en leur collant son frère jumeau à sa place, le Traité de Lisbonne, faisant ainsi fi de la décision du Peuple, ce qui n’a pas porté chance à monsieur Sarkozy.

Pour faire bref et pour utiliser ma propre terminologie, les premiers représentent les hommes des arbres, les deuxièmes les hommes de Davos et les ODS locaux. (Note : ODS = Oints du Seigneurs = incompétents médiatiques qui pensent détenir la vérité)

Et Madame May essaye, sans beaucoup de succès, de naviguer entre ces deux groupes en expliquant dans son discours de Florence la semaine dernière que tout cela prendrait un peu plus de temps que prévu et qu’elle était prête à faire des concessions financières pour que la Grande-Bretagne continue à avoir un accès « normal » à l’Europe etc. etc.….

Venons-en à la Commission Européenne.

A l’évidence monsieur Barnier se met dans la position du mari cocu que sa femme a abandonné et qui veut la punir de cette trahison. En général, et comme chacun le sait, ce genre de divorce se passe mal. Il faut cependant bien comprendre ici que monsieur Barnier, qui n’est pas complètement idiot, agit sur instruction.

Et les instructions sont très claires.

Le but de la négociation n’est en aucun cas d’arriver à une solution satisfaisant tout le monde mais de préserver l’idée que nul ne peut faire marche arrière dans le mouvement historique qui doit consacrer la fin des nations européennes et l’arrivée du Messie sur terre, je veux dire l’Etat Européen.

Or, et il faut s’en souvenir, le mouvement à marche forcée vers un état fédéral européen n’a aucune légitimité démocratique : Il a toujours été imposé de facto et de jure « par le haut » et chaque fois que l’on a demandé son avis à un Peuple, il a dit qu’il ne voulait pas de structure fédérale.

Et donc, il faut bien comprendre, que si la sortie de la Grande-Bretagne n’entrainait pas une catastrophe pour l’économie anglaise voila qui pourrait donner des idées à d’autres pays tels la Pologne, la Suède ou l’Italie (qui va voter prochainement et qui elle fait partie de l’Euro…)

Il s’ensuit que pour la Commission et quelque soient les répercussions défavorables sur les économies en Europe ou en Grande-Bretagne, il faut absolument que les négociations entre la GB et la Commission échouent pour maintenir en vie leur rêve d’un Etat Européen, et que crèvent les peuples n’a aucune importance.

Pour Bruxelles, créer de toutes pièces une catastrophe économique en Grande-Bretagne est une question de vie ou de mort. Et si cette catastrophe amène à une dépression en Europe, cela n’a aucune importance, seul compte le but final.

Passons maintenant aux différents sujets qu’il va falloir traiter lors de ces discussions et commençons par un point de Droit.

La Grande-Bretagne doit-elle payer une « soulte » pour pouvoir sortir de l’Europe ? La réponse est NON. Il n’y a strictement rien de prévu dans les traités. Que les Européens s’imaginent que la Chambre des Communes vote un « tribut « de plus de 20 milliards d’Euro sans aucune contrepartie prouve à quel point ces gens sont dans le rêve…

Venons-en aux questions économiques.

La Grande-Bretagne a un déficit extérieur dans le domaine des biens de …95 milliards avec la zone Euro et un surplus dans le domaine des services d’environ 30 milliards, l’Allemagne comptant pour 50 % du surplus Européen et ces surplus étant massivement dus à des ventes de matériel de transport (voitures, camions, pièces détachées). Préserver ce surplus est essentiel pour l’Allemagne.

La City, qui représente une part importante du PIB anglais est de fait et de droit la principale place financière mondiale et bien sûr la seule vraie place financière européenne.Le but du gouvernement Britannique est de préserver la City autant que faire se peut.

Il ne faut pas être très grand clerc pour comprendre que les accords sur lesquels tous les gens de bonne compagnie pourraient se retrouver devraient être le maintien de la prééminence de la City en Europe contre la libre importation de voitures allemandes et de champagne ou de Bordeaux français.

Mais voila qui n’est pas possible puisque cela voudrait dire que le Droit Anglais ne serait plus sous le contrôle du Droit Européen pour toutes les opérations de fusions et acquisitions concernant deux entreprises si celles-ci avaient lieu à Londres. Voila qui signifierait la fin de la Cour de Justice Européenne (CdJE) et donc la fin de la tentative de créer un Etat Européen.

Bruxelles HAIT la city puisque la City, par son contact avec le « grand large », lui échappe et lui a toujours échappé. Pour les Delors de ce monde, ne pas pénaliser la City, c’est détruire l’idée même d’un Etat Européen dont les fonctionnaires contrôleraient toutes les entreprises par l’intermédiaire du Droit et des réglementations. Ce qui voudrait dire la fin du capitalisme de connivence en Allemagne et en France, ce qui est moralement insupportable, chacun en conviendra.

Et donc, il va falloir que l’Allemagne choisisse : soutenir la CdJE et la Commission, ou fermer les usines de Wolfsburg et de Munich.

Je n’ai pas le moindre doute que les autorités françaises vont être jusqu’auboutistes, tant pour elles, la continuation de leur rêve Européen est essentielle. Sans rentes à tirer sur Bruxelles, que ferait t’on des politiciens battus en France et de tous nos seconds couteaux ? Ils seraient peut être obligés de travailler ! On imagine le désastre.

Mais pour Madame Merkel, fraichement réélue, voila qui va être une décision difficile…

Le deuxième problème pour l’Europe est encore plus compliqué.

Le départ de la GB va faire perdre 16 % de ses ressources au budget européen et s’imaginer que la Commission va couper ses coûts de 16 % est plaisant mais peu probable. Il va donc falloir augmenter massivement les prélèvements sur les pays restants dont beaucoup ont de fort importants déficits budgétaires et à un moment où Bruxelles est tout sauf populaire.

Ou bien alors, il faudra tailler dans les programmes d’infrastructures, ce qui plaira énormément aux Polonais, Tchèques ou Portugais… Le route des subventions va être coupée et monsieur Juncker sera peut être forcé de payer des impôts normaux sus sa consommation d’alcool journalière, ce qui contribuera un peu à combler le trou créé par le départ des anglais mais restera insuffisant. Quant à créer un nouvel impôt européen géré par un ministre des finances européen, la grande idée de monsieur Macron, voila un projet qui va déclencher un enthousiasme assourdissant à Berlin, Dublin ou Varsovie.

Dur, dur…

Quant à l’économie anglaise, je ne me fais guère de soucis. Les exportations anglaises vers le reste du monde connaissent une croissance très forte depuis plus d’une décennie (contre zéro pour les exportations vers l’Europe) et la Grande-Bretagne va recommencer à acheter ses produits agricoles au Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande, ce qui fait que les prix alimentaires vont baisser très fortement ainsi que les factures pour les importations de nourriture. Une forte amélioration du commerce extérieur anglais est donc quasiment certaine.

Et, si par hasard, les choses se passaient plus mal que je ne le pense pour l’économie Britannique alors nul doute que la Livre- déjà très sous évaluée- ne plonge un peu plus, ce qui donnerait un violent coup d’accélérateur à un système productif ou le chômage est déjà à un plus bas et l’emploi à un plus haut (en particulier les emplois féminins). Et comme la GB produit plus de voitures que la France, remplacer des voitures allemandes, françaises, italiennes ou espagnoles par des voitures faites en GB ne serait pas extrêmement pénible, sauf pour quelques bobos snobs du coté de Hampstead , qui pourront continuer à se singulariser en achetant des véhicules Coréens ou Nippons tout en noyant leur chagrin en buvant des vins en provenance de l’Australie, de l’Afrique du Sud ou de la Nouvelle Zelande, tous pays qui jouent au rugby et avec lesquels on peut donc faire des affaires en toute confiance puisqu’ils utilisent le même Droit.

Conclusion

Dans le titre quelque peu énigmatique de cet article, ceux qui ont tout à perdre sont les Européens. Ceux qui n’ont rien à perdre sont les Anglais.

A lire la presse, contrôlée par les ODS et les hommes de Davos, on jurerait que le contraire correspondrait à la réalité.

Le but de cet article est donc tout simplement de rappeler que menacer des pires sévices le principal consommateur de vos produits est rarement une bonne idée. C’est ce qu’avait fait avec beaucoup de conviction Louis XIV quand il a supprimé l’Edit de Nantes, forçant les Protestants au départ, ou quand Napoléon institua le blocus continental. Tout le monde se souvient de l’effet heureux que ces brillantes idées ont eu sur la croissance économique respectivement en France et en Grande- Bretagne.

Plus ca change, plus c’est la même chose…

La seule chose immuable est la capacité des gouvernements français à faire la fortune de l’Angleterre.

Source : Institut des libertés, Charles Gave, 25-09-2017

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

64 réponses à Brexit : Quand ceux qui ont tout à perdre négocient avec ceux qui n’ont rien à gagner… Par Charles Gave

Commentaires recommandés

Dizalch Le 04 octobre 2017 à 06h27

Un régal à lire M. Gave, comme d’habitude, merci!

(le fond et la forme mettent de bonne humeur dés le matin 😉 “c’est fin, c’est fin, ça se mange sans faim”…).

Tout comme vous, je partage votre constat que nos gouvernants (Français et Européens), sont encore en dehors des “réalités”… et agissent “pour eux” et non pour les “citoyens des États qu’ils sont censés représentés”… Le tout, soutenu par cette (ex)-presse, qui ne porte plus que le nom de presse, sans le respect de la charte de Munich qu’elle devrait faire appliquer par ses “journalistes/éditorialistes” pourtant… bref, ils n’informent plus, ils “dé”forment…

cdt

  1. Dizalch Le 04 octobre 2017 à 06h27
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    Un régal à lire M. Gave, comme d’habitude, merci!

    (le fond et la forme mettent de bonne humeur dés le matin 😉 “c’est fin, c’est fin, ça se mange sans faim”…).

    Tout comme vous, je partage votre constat que nos gouvernants (Français et Européens), sont encore en dehors des “réalités”… et agissent “pour eux” et non pour les “citoyens des États qu’ils sont censés représentés”… Le tout, soutenu par cette (ex)-presse, qui ne porte plus que le nom de presse, sans le respect de la charte de Munich qu’elle devrait faire appliquer par ses “journalistes/éditorialistes” pourtant… bref, ils n’informent plus, ils “dé”forment…

    cdt


    • Wakizashi Le 04 octobre 2017 à 12h16
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      Je plussoie, c’est un régal à la lecture. Par contre, quand on lit la page Wiki de C. Gave, on voit ceci :

      « Il cherche à lire la morale économique contenue dans les paroles du Christ. Son message est pour Charles Gave profondément libérateur et individualiste, chaque homme étant regardé par Dieu dans une relation personnelle, étrangère à tout collectivisme […] Charles Gave lit dans la Bible une préférence marquée à ceux qui prennent des risques […] »

      En-dehors de l’aspect comique de l’exégèse Biblique version économique (les communistes disaient que Jésus était le 1er des communistes, chacun voit midi à sa porte…), C. Gave oublie juste que Jésus a commencé par dénoncer les marchands du temple. Pour quelqu’un qui défend l’économie de marché, donc la société marchande, c’est savoureux.

      Sinon, le jour où l’on arrêtera d’opposer systématiquement l’individu et le collectif en admettant que les 2 doivent nécessairement être pris en compte, on aura fait un grand pas en avant…


      • RD Le 04 octobre 2017 à 14h36
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        Charles Gave a en effet lors d’une vidéo de cette année répété à trois reprises que toute personne ne mettant pas d’argent en bourse irait je cite en enfer…
        Ni plus ni moins…


      • Whatzupp Le 04 octobre 2017 à 15h46
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        Les marchands du temple ont été chassés par Jésus non pas parce qu’ils étaient marchants mais parce qu’au temple, on vient pour Prier.

        Du reste, un libéral nommé Jésus revient sur cet évangile.


        • Whatzupp Le 04 octobre 2017 à 16h04
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          “Nul serviteur ne peut servir deux maîtres ;
          car ou il haïra l’un et aimera l’autre,
          ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre ;
          vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.”

          Jésus prononce cette phrase après avoir chassé les marchands du Temple. Quand il voit le Temple de son Père, envahi par les “marchands “, sa colère explose car on ne peut faire de l’argent sur la religion pas plus qu’on ne peut se servir de cette dernière pour conquérir le pouvoir politique. La référence à Mammon – le pouvoir économique – fait pendant à la référence à César – le pouvoir politique.
          Et nous retrouvons là un des thèmes constants et décisifs des Evangiles. A l’évidence, pour le Christ, il y a deux sortes d’hommes : ceux, peu nombreux, que Jésus appelle, et ceux encore moins nombreux qui, librement, ont décidé de répondre à cet appel.

          Ceux-là, les “parfaits”[3], les serviteurs de son Père, ne doivent se compromettre ni avec César ni avec Mammon. Il les exhorte à ne même pas posséder la pierre qu’ils mettront sous leur cou pour dormir.
          Les Apôtres, en tant qu’individus, ne doivent rien avoir à eux. Ils ne doivent pas se préoccuper du futur, mais vivre dans le présent en contact permanent avec leur maître.
          Saint François d’Assise correspond sans doute le mieux à ce que le Christ attendait de ces disciples….
          Sur les autres, sur tous ceux – vous et moi – qui n’ont pas répondu à “l’appel”, qui ne l’ont pas entendu ou l’ont repoussé car trop difficile à suivre, le Christ ne porte aucune condamnation de principe, ni à propos de leur engagement dans le monde ni à propos de leur richesse.


          • Wakizashi Le 04 octobre 2017 à 16h27
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            Je retiens surtout que selon Jésus, une démarche spirituelle est incompatible avec l’appât du gain (“vous ne pouvez servir Dieu et Mammon”). Notez qu’il n’y a pas que chez Jésus que l’on retrouve ça, mais dans à peu près toutes les formes de spiritualité.

            Bref, il ne m’a pas semblé que Jésus prêchait pour l’enrichissement matériel, mais pour une démarche spirituelle. Se servir de son discours pour justifier une doctrine économique quelle qu’elle soit, à fortiori libérale, est donc une confusion entre les dimensions verticale et horizontale à peu près aussi pertinente que de justifier la pesanteur bureaucratique par la gravitation universelle.

            En passant, Jésus a aussi évoqué les pauvres et les simples d’esprit, et il ne m’a pas semblé qu’il les prenait pour des loosers (rapport à la soi-disant préférence biblique pour “ceux qui prennent des risques”).


        • Wakizashi Le 04 octobre 2017 à 16h06
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          “Les marchands du temple ont été chassés par Jésus non pas parce qu’ils étaient marchants mais parce qu’au temple, on vient pour Prier.”

          Oui, cette allégorie ne dénonce pas les marchands en tant que tels, mais le fait qu’ils ne respectent rien, au point d’aller vendre leur camelote dans un lieu dédié à la spiritualité. Autant dire que notre société du règne des marchands, où tout se vend et tout s’achète, où tout est transformé en marchandise (y compris un organe ou un être vivant) lui aurait sûrement fait plaisir…

          “Du reste, un libéral nommé Jésus revient sur cet évangile.”
          ?


      • Debord Le 04 octobre 2017 à 17h18
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        Ca n’est pas ses seules conneries…
        https://oeilsurlefront.liberation.fr/les-intox/2017/09/13/les-calculs-foireux-de-causeur-pour-tenter-de-demontrer-le-grand-remplacement_1596016

        Un adepte du grand remplacement………….. un vrai trou d’


      • Logan Esculape Le 06 octobre 2017 à 08h06
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        Il faut lire « Un Libéral nommé Jésus » avant de juger, vraiment, et laisser libre son esprit critique sans le laisser dans le carcan de tous les préjugés qui nous paralysent bien souvent…


    • Manuel Le 04 octobre 2017 à 12h53
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      Voyez-vous je ne partage pas votre enthousiasme sur cet article, bien que je partage certaines analyses.

      Déjà, ce n’est pas la Grande Bretagne, mais le Royaume Uni. Et la différence sémantique est importante. Il faut ne pas connaître les Britanniques pour ne pas comprendre la différence.

      Le deuxième point, si le Brexit se passe mal pour les Britanniques, c’est aussi parce que les “Brexiteurs” n’avaient rien préparé. Je rappelle que May était pour le Remain, et B. Johnson est un tartuffe. Je pense que seul Michael Gove aurait été capable de mener le Brexit.

      Pour finir, le fameux 16%. Mais si on prend en compte le rabais qu’a obtenu Thatcher et l’investissement de l’EU dans le RU, ce chiffre me paraît complètement faux.

      Un dernier point, les Britanniques apprennent de leurs crises. A voir le système de séparation bancaire qui commence à se mettre en place au R.U. Par ailleurs, ce qui s’est passé en Catalogne ce w.e. ne se serait jamais produit au R.U.

      Keep calm and Brexit


  2. LBSSO Le 04 octobre 2017 à 06h29
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    Si vous voulez savoir ce que signifie “ODS” 🙂 dans l’article de C Gave (et pour Thomas Sowell) , c’est ici:
    http://institutdeslibertes.org/contre-attaque-des-oints-du-seigneur/

    Ps:sur l’Allemagne qui pourrait “changer de gué”
    http://institutdeslibertes.org/lallemagne-face-a-son-destin/


  3. Gordion Le 04 octobre 2017 à 07h21
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    Au lu de cette vulgarisation très claire, on doit se sentir plus éclairé sur cette stratégie gagnant-perdant.

    Ceci dit, l’ectoplasme européen et ses suppôts fédéralistes doivent évidemment chercher la parade sur le plan juridique, les autres composantes selon ce que l’auteur a expliqué ici pouvant difficilement être remises en cause.

    Contre-attaque juridique et politique sont, à mon sens, les seules possibilités que l’establishment peut utiliser.

    Continuez à nous éclairer M. Gave.


  4. Dizalch Le 04 octobre 2017 à 07h21
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    En parlant des journalistes dignent de la Pravda à l’époque M. Gave, je vous mets en lien le dernier communiqué du SNJ-cgt (même si je ne suis pas cgtiste, mais les informations qu’ils donnent dans ce communiqué sont primordiales, et en total rapport avec ce que vous soulevez).

    http://www.acrimed.org/Journalistes-au-service-de-l-Europe-liberale-SNJ

    “« L’Académie Notre Europe », émanation du think tank Institut Jacques-Delors, organise à partir du mois d’octobre une formation en direction des journalistes.
    Le premier vendredi de chaque mois, d’octobre à juin, une vingtaine de journalistes suivront une formation de quatre heures dont l’objectif est de « favoriser les échanges entre relais d’opinion et protagonistes de la construction européenne » (…)
    Nous souhaitons accompagner ce renouveau et contribuer à la formation d’une nouvelle classe dirigeante pro-européenne”…

    Surnaturel, la formation en propagande institutionnalisée… (même si cela existait déjà dans les salons)


    • Madudu Le 04 octobre 2017 à 11h20
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      Il faut avouer que l’actuelle “classe dirigeante pro-européenne” est un moteur essentiel de l’innovation en matière d’incompétence.

      C’est bien naturel dans ce contexte d’en vouloir une nouvelle.


  5. Fritz Le 04 octobre 2017 à 07h33
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    Bravo pour cet article. C’est incroyable, mais nous baignons dans le fanatisme eurolâtre sans nous en apercevoir. Comme le souligne M. Gave, “il faut absolument que les négociations entre la Grande Bretagne et la Commission échouent pour maintenir en vie leur rêve d’un Etat Européen, et que crèvent les peuples n’a aucune importance.”

    A l’appui de sa remarque finale : la Révocation (1685) et le Blocus continental (1807) encadrent à peu près la “Deuxième guerre de Cent Ans” (1689-1815) qui a consacré la victoire de l’Angleterre sur la France parisienne et courtisane, du grand perruquier au petit caporal. Sous cette appellation imagée, des historiens regroupent plusieurs conflits dans une vision du long terme.

    Il est intéressant de constater que les dévots de l’Europe violent systématiquement la parole évangélique “Que ton oui soit oui, que ton non soit non”. N’est-ce pas M. Sarkozy ?

    Enfin, j’apprécie l’image-titre du billet qui rappelle l’affiche d’El Lissitzky, “Avec le triangle rouge, enfonce les Blancs”. Appuyons les Anglais pour enfoncer les Bleus-Jaunes.


    • Araok Le 04 octobre 2017 à 10h02
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      Cher ami ( petite plaisanterie) je vous lis toujours avec attention et souvent plaisir.
      Je risque une réflexion générale (source?): À tout problème compliqué, il existe une solution simple…et fausse. L’explication de m.Gave est simple et limpide. Les bons d’un côté les mauvais de l’autre. Notre raison rationnelle est parfaitement satisfaite. Mais est-ce si vrai que cela ? J’aimerais le croire.
      Bonne journée à tous, je vais me faire une tisane-molotov (avec un sucre, qd même, on n’est pas des sauvages).


    • LBSSO Le 04 octobre 2017 à 13h11
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      Bonne nouvelle

      “Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin”.
      Matthieu
      et oui N Sarkozy est un malin 🙂


  6. isidor ducasse Le 04 octobre 2017 à 07h42
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    Bonjour,

    Sur les négociation voici ce qu’en pense Varoufakis:
    https://www.upr.fr/actualite/france/lancien-ministre-grec-yannis-varoufakis-conseil-a-theresa-may-brexit-eviter-de-negocier-a-prix

    Voici un extrait du texte:
    L’Eurogroupe, est sous le contrôle absolu de Thomas Wieser, l’homme le plus puissant de Bruxelles.

    T.Wieser qui est……….Américain.
    :
    http://www.consilium.europa.eu/fr/council-eu/eurogroup/eurogroup-working-group/

    NB: la page wikipédia sur thomas Wieser n’esixte plus qu’en Anglais !


    • Alfred Le 04 octobre 2017 à 10h50
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      Merci beaucoup pour avoir attiré notre attention sur ce personnage.
      Plus on creuse plus c’est effarant…
      J’ai trouvé une interview de Wieser où on lui demande quelle autre nationalité il aurait aimé avoir “lui qui est autrichien”. Il répond: la nationalité ce n’est pas important mais allez Neo-zellandais”. Le fait qu’il soit aussi (et avant tout?) américain n’a sans doute aucune espèce d’importance…
      Si les gens comprenaient vraiment ce qu’est cette Europe ils se révolteraient.


  7. Hgoerg Le 04 octobre 2017 à 08h14
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    Paleolibéral. Excellent, c’est bien trouvé. Peut-être pas faux dans ce pays, mais peut on rappeler que c’est aussi libéral tout cours et qu’il n’est pas possible de citer un homme politique un tout petit peu connu qui soit Paleolibéral ?


  8. calal Le 04 octobre 2017 à 08h35
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    J’aime egalement beaucoup les ecrits de m.gave.
    la ou je me pose des questions sur lui et egalement sur m.todd, c’est sur leur position ou leur biais “pro-americain,anglais”. ne sont ils pas en train de prendre parti pour le camp anglosaxon,puissance maritime, contre le camp europeen,eurasiatique,continental?

    et la je m’interroge actuellement:
    – ne faudrait il pas faire des efforts pour realiser ce grand ensemble continental europe-russie-chine?
    -est ce que cet ensemble serait moins “democratique” ou moins bon pour moi que l’appartenance au bloc anglo-saxon ( positions amha de todd et de m.gave)?
    – y a t il des forces dans l’union europeenne et dans le bloc occidental qui veulent empecher cette nouvelle “route de la soie” ,cette union allemagne-russie,,une europe qui tendrait vers l’est plutot que vers l’ouest?


    • Haricophile Le 04 octobre 2017 à 09h58
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      Les États Unis font actuellement la guerre, au sens premier du terme, contre cette “nouvelle route de la soie” si tu suit un peu l’actualité. Au Moyen Orient jusqu’à l’Afghanistan, en Ukraine … ils font justement la guerre partout pour que ça n’arrive jamais. Signe d’un empire déliquescent qui essaye de maintenir par la violence la suprématie qu’il est incapable désormais d’obtenir par d’autres moyens. « La violence est l’instrument des imbéciles et des incapables ».


    • PierreH Le 04 octobre 2017 à 10h19
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      Oui, même si l’attitude des dirigeants européens est bien analysée (“il faut faire un exemple”, un peu comme avec la Grèce, pour des raisons politiques), il y a décidément des choses qui me laissent perplexes chez M. Gave… Entre autres cette conviction inébranlable que le seul problème du capitalisme est la connivence avec les états: éliminez les réglementations et vous verrez ma bonne dame, ce sera le meilleur des mondes !!!
      Il faut cependant reconnaître au “camp anglo-saxon” un dynamisme qui lui a permis une nette domination du monde depuis plus de 100 ans, que ce soit au niveau militaire ou économique. Peut-être parce qu’en cultivant la compétition en interne de leur société (avec toute la casse sociale que ça implique) se révèlent-ils redoutables à l’international ? Je ne sais pas mais il est clair qu’ils fascinent par leur capacité à dominer…


      • Alfred Le 04 octobre 2017 à 16h47
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        “Il faut cependant reconnaître au “camp anglo-saxon” un dynamisme qui lui a permis une nette domination du monde depuis plus de 100 ans, que ce soit au niveau militaire ou économique”.
        Un peu comme l’Espagne il y a quelques siècles. Il n’y a aucune idée de supériorité à en retirer. C’est purement conjoncturel et tout a une fin.


    • Madudu Le 04 octobre 2017 à 11h38
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      Dans la logique de Mr Gave l’Euro est une abomination surnaturelle, lui il voudrait que ce soit le marché qui donne un prix aux échanges de devises. Or le taux de change à l’intérieur de la zone Euro est fixé à 1 pour 1, il est administré, comme si chacun des pays membres n’avaient pas sa propre banque centrale, ses propres émissions d’obligations, son propre taux directeur, ses propres lois, etc.

      Dans la logique de Mr Gave il convient également de faciliter les échanges internationaux ou, plus précisément, de ne pas trop fausser la libre concurrence internationale (je dis “pas trop” parce qu’il me semble qu’il comprend la nécessité du protectionnisme dans certains cas). Dans cet esprit il faudrait s’ouvrir à la Russie, à l’Iran, etc, ce contre quoi les US travaillent activement.

      Au niveau politique Mr Gave est même tellement libéral qu’il me semble qu’il admet que chaque peuple doit pouvoir s’organiser comme il l’entend sans être inquiété par ses concurrents, de manière à mettre en compétition les différentes stratégies d’organisation politique entre elles, pour faire émerger et se répandre les meilleures. Bien sûr ça va contre l’impérialisme états-unien.

      Mr Gave est un libéral radical, ce que ne sont pas du tout les “néo”libéraux.


    • Whatzupp Le 04 octobre 2017 à 16h14
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      Bonjour, Je crois que pour nos europeistes convaicus, la politique étrangére se résume à

      1/implanter bruxelles et sa corporation

      2/ fermer les yeux sur toutequestion d’immigration

      3/ Rejeter à la fois Trump et Poutine.

      “Le peut-il

      mais oui il le peut”


  9. Albert Le 04 octobre 2017 à 08h50
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    L’article met bien en avant les contradictions de la construction actuelle de l’UE, et le déficit démocratique du fédéralisme européen qu’on est en train d’imposer.Mais ne soyons pas naïfs: l’auteur est un nationaliste anglais d’une agréable distinction qui s’inscrit quand même dans la philosophie économique utilitariste et très libérale de Mme Thatcher: I want my money back ! Ceux qui rêvent d’une Europe sociale ne pourront jamais la faire avec de telles pensées. Et comme l’UE n’a pas vraiment fait de Social, les Britanniques ont eu de la chance (dès le début) avec l’UE. Et je suis (tristement) d’accord avec Gave: les Anglais ont conquis le monde, avec leur colonisation efficace, leur philosophie économique et sociale, leur langue, leurs repères anthropologiques. On peut donc être optimiste pour eux. La Globalisation de la planète est anglaise, et l’UE en est un peu responsable: l’UE sanctionnant le Royaume uni, c’est une blague..


    • step Le 04 octobre 2017 à 13h58
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      “Ceux qui rêvent d’une Europe sociale …” ah désolé, j’ai décroché, certains rêvent en couleur, moi je rêve la nuit.


    • Madudu Le 04 octobre 2017 à 17h22
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      “l’auteur est un nationaliste anglais”

      L’auteur est de nationalité française, pas anglais. Par ailleurs il est proche des États-unis plus que du Royaume-Uni.


  10. max Le 04 octobre 2017 à 09h10
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    > Mais voila qui n’est pas possible puisque cela voudrait dire que le Droit Anglais ne serait plus sous le contrôle du Droit Européen pour toutes les opérations de fusions et acquisitions concernant deux entreprises si celles-ci avaient lieu à Londres. **Voila qui signifierait la fin de la Cour de Justice Européenne (CdJE) et donc la fin de la tentative de créer un Etat Européen.**

    Je n’ai pas bien saisi le lien de causalité entre la première et la seconde phrase, quelqu’un pourrait détailler ?


    • PierreH Le 04 octobre 2017 à 10h23
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      Ce peut être un biais de M. Gave qui voit tout sous le spectre économique (peut-être, je ne suis pas sûr) ? Il semble obsédé par le fait que les états interviennent dans la vie économique et en particulier dans les grosses fusions et acquisitions…


      • Whatzupp Le 04 octobre 2017 à 15h49
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        Disons que pour un libéral, de fait l’état n’a de place que dans le régalien et…la dernière fois que j’ai regardé, l’economie n’en fait pas partie.

        L’etat stratége . lol, been there done that


        • Alfred Le 04 octobre 2017 à 16h52
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          Juste la filière nucléaire et la force de frappe, Ariane (réalisation française et non européenne (si l’on excepte les apports des savants ts du 3eme Reich)), Snecma et les ancêtres d’Airbus, le TGV et d’autres choses mineures..
          Bene where? Done what?


          • Alfred Le 04 octobre 2017 à 21h52
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            ..et le système de santé cubain…
            (Headshot 😉)


    • WASTERLAIN Le 04 octobre 2017 à 12h59
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      Je pense que Monsieur Grave fait référence aux arrêts rendus par la CJE qui en interprétant les textes de l’UE crée une jurisprudence contraignante pour les État et les entreprises, les banques comprises. Tous ces arrêts vont dans le même sens : plus de concurrence libre et non faussée au sens initial du traité de Maestricht, liberté absolue de circulation des biens, capitaux et personnes (lisez les travailleurs).
      Laisser aux mains de la City les clés de la finance, s’est exposer l’UE à des décisions de Londres contraires à cette philosophie dans cette matière.
      Bon, c’est que j’ai compris… …Mais si quelqu’un à une autre interprétation…


    • Manuel Le 04 octobre 2017 à 14h41
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      Je partage votre ressentiment. Dans son analyse, il y a des erreurs factuelles, des biais d’interprétation, une certaine mauvaise foi (comme si le rapport de force n’aurait pas existé en cas de brexit) et comme vous le soulignez des analyses qui manquent d’argumentation.

      Bref, à l’avenir j’éviterai cet auteur.


      • LBSSO Le 04 octobre 2017 à 21h18
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        @Manuel, je voudrais vous convaincre du contraire non parce que je partage tout ce qu’il écrit mais parce qu :
        – c’est un pamphlétaire de talent , pragmatique au style direct.
        Ex ici: http://institutdeslibertes.org/lettre-dun-ami-anglais-sur-le-brexit/

        -il peut être technique tout en étant vulgarisateur.
        Ex ici http://institutdeslibertes.org/10937-2/

        C’est un vrai libéral (donc un paléolibéral cultivé) qui ne peut supporter le capitalisme de connivence, l’interventionnisme de l’Etat, l’autoritarisme de l’UE,etc..C’est un homme haut en couleurs avec une cohérence rare.

        ps:il a écrit un article récemment en revanche qui m’a déçu .Mais au moins il a le courage de ses opinions.Je ne vous le mets pas en lien (vous le trouverez sur son site) pour ne pas brouiller ce commentaire.


        • Manuel Le 05 octobre 2017 à 01h26
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          Je vous remercie de votre message et des liens que vous m’avez partagés.
          Cependant, comme je l’ai dit plus haut, il écrit : ” Le départ de la GB va faire perdre 16 % de ses ressources au budget européen [..] augmenter massivement les prélèvements sur les pays restants”.
          C’est faux, voir Sapir + haut.

          Par ailleurs, dans le deuxième lien, je lis sa conclusion : “Si je n’ai plus de Liberté Individuelle et si je ne peux plus choisir librement avec qui je veux vivre, pourquoi l’économie de mon pays, ou de tout autre pays devrait elle fonctionner ?Car une économie prospère n’existe que s’il existe des prix libres et tous les prix trouvent leur origine dans la combinaison entre taux d’intérêts et taux de change.
          Nos économies implosent parce que nous ne sommes plus libres, et voila tout.”

          Lordon m’a fait découvrir Spinoza et son concept de Liberté. Dans ce contexte, cette conclusion, qui se veut logique, n’a strictement aucun sens.
          Donc je confirme ce que je pense sur cet homme.


  11. John V. Doe Le 04 octobre 2017 à 09h11
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    A cette heure quasi tous les avis exprimé sont extatiques or cet article reste un (1) avis sur la question. Je suis heureux de l’avoir lu, merci OB, mais il ne faut pas non plus abolir sa raison critique, l’auteur a lui aussi ses travers et ses limitations. La définition qu’il donne des OdS est assez éclairantes sur quelques-unes. Sa vision économique en est un aussi.


  12. Kiwixar Le 04 octobre 2017 à 09h48
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    Toujours un plaisir de suivre les écrits et les pensées de C. Gave. Il y a un point sur lequel le RU a quelque chose à perdre suite au Brexit : l’Ecosse… Quoique : les gisements d’hydrocarbures y sont bien bien moins intéressants qu’avant (Brexit anglais pour larguer le boulet écossais?).

    Autre point discutable : le RU qui « prend le large » alors que l’avenir est clairement eurasiatique (continental), avec (1) les nouvelles routes de la soie créées par Chine et Russie (2) les USA en voie de fin d’empire y compris au plan militaire (3) la City productrice de papier virtuel qui va se heurter à l’appétit des producteurs d’hydrocarbures pour les paiements réels (or, biens industriels, biens de conso).


    • PierreH Le 04 octobre 2017 à 10h26
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      Je commence à me demander si cet engouement constant pour le projet eurasiatique n’est pas au fond une méthode Coué… Il y a beaucoup de chemin à faire, probablement très long. De l’autre on a un peu tendance à sous-estimer le monde anglo-saxon, là aussi je me demande si on ne prend pas un peu nos désirs pour des réalités…


    • basile Le 04 octobre 2017 à 11h29
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      vous rejoignez une de mes interrogations.

      Lors du début du vote du Brexit, je voyais jouissifement (mais naïvement) l’Angleterre se rapprocher de la Russie, et un commerce s’instaurer entre l’axe Russie, GB, USA, faisant donc un crochet évitant l’UE.

      C’était pure innocence de ma part, j’avais naïvement oublié la haine anglaise envers les Russes.


    • LBSSO Le 04 octobre 2017 à 22h22
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      @Kiwixar,
      “le RU qui « prend le large » alors que l’avenir est clairement eurasiatique (continental)”

      Charles Gave a certainement lu C Smidtt qui a défendu la thèse selon laquelle les nations maritimes l’ont toujours remporté sur les terrestres.

      Si vous en avez le temps je vous invite à lire “Terre et Mer” , si ce n’est déjà fait, il vient d’être réédité.


  13. Kiwixar Le 04 octobre 2017 à 09h57
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    « le but de la négociation n’est en aucun cas d’arriver à une solution satisfaisant tout le monde »

    De manière générale (et particulièrement dans un cas aussi difficile que le Brexit, avec ces têtes de noeuds d’eurocrates), une bonne négociation, c’est quand chacun sort aussi INSATISFAIT que l’autre.


    • LBSSO Le 04 octobre 2017 à 13h02
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      ” têtes de noeuds d’eurocrates”
      Vous n’êtes vraiment pas sympa et reconnaissant avec eux 🙂 et en particulier avec
      Thomas Wieser (cf commentaire d’@isodore ducasse plus haut ) qui a déclaré:

      “Si je devais m’ exiler, je choisirais la Nouvelle-Zélande”.
      “I have never thought about this, I guess because nationality is quite an artificial labeling device. It does not help defining an individual, does it? If exiled, I would chose New Zealand.”
      http://www.politico.eu/list/politico-28/thomas-wieser/

      Vous avez apprécié sans doute également le concept de nationalité qualifiée d’ appellation artificielle…


      • Florent L. Le 04 octobre 2017 à 21h17
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        Et pour cause on a inventé la nationalite pour fournir de la chair à canon, après une certaine révolution en France. Il faut dire qu’avec le rejet de la religion il fallait une nouvelle cause mystique pour créer du fanatisme. Ca s’est confirmé avec l’éducation nationale, avant quoi les paysans ne connaissaient pas grand chose en dehors de leur village et pouvaient donc difficilement se sentir “francais”


  14. Louis Robert Le 04 octobre 2017 à 11h44
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    Savoureux!

    Vraiment trop indulgent envers cette misérable Pravda de France.

    Impeccable sur l’état du gouvernement du royaume et sur le « jeu » de la Commission Européenne.

    Aucun doute sur les « différents sujets qu’il va (bien) falloir traiter lors de ces discussions », hélas!

    Et que dire des bénéfices du grand large pour l’économie anglaise?

    Conclusion incontournable: « ceux qui ont tout à perdre sont les Européens. Ceux qui n’ont rien à perdre sont les Anglais. » Or, « à lire la presse, contrôlée par les ODS et les hommes de Davos, on jurerait que le contraire correspondrait à la réalité. »

    Cet humour, si agréablement moqueur, on en redemande.


    • JNX75 Le 04 octobre 2017 à 15h36
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      Pour le moment les bénéfices du grand large semblent ne pas se concrétiser. Premièrement car pour le commerce des biens le modèle gravitaire reste pertinent (le commerce diminue au carré de la distance). Deuxio car les USA sont un partenaire majeur, mais incertain avec Trump (cf. : les possibles droits de douanes sur Bombardier). Quant au reste, faut pas trop s’enflammer : les RU exporte trois fois moins en Chine qu’en France, autant en Inde qu’en Pologne.

      Source : http://visual.ons.gov.uk/uk-trade-partners/

      Les journaux anglais que je lis (The Guardian, The Economist) sont carrément plus pessimiste sur le Brexit que l’auteur en question.


      • Louis Robert Le 04 octobre 2017 à 20h11
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        Dans notre monde à l’envers, la Pravda de France semble vous faire grand effet! Mais enfin attendez un peu. Il n’a pas encore eu lieu, ce Brexit, ni pris effet. Les effets ne précèdent pas les causes, ils les suivent.

        Je sais, cette Pravda veut tellement que le Brexit soit un échec qu’elle a conclu qu’il en était déjà un dès sa première phrase. Prendre ses désirs pour la réalité à ce point, ce n’est pas sérieux, bien plutôt (presque) pathologique!

        Le grand large est immense, univers des gens éminemment pratiques, qui savent attendre… et s’entendre au mieux des intérêts mutuels, sans s’encombrer des modèles, des contraintes formelles. Ce sont ces gens qui font arriver les choses, qui transforment les mondes, qui en créent de nouveaux, et d’autres ordres mondiaux. « Un monde, plusieurs systèmes »…

        L’Eurasie n’a encore rien dit, n’a presque rien accompli… Le grand large est bien plus considérable et puissant encore. Le voilà qui s’ouvre, et le vieux royaume a compris.


        • JNX75 Le 05 octobre 2017 à 08h20
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          Et bien mon cher Louis Robert, vous avez votre avis, j’ai le mien, l’excellente nouvelle c’est que dans 5-10 ans on verra ce qui se passera, y a plus qu’à attendre 🙂

          (PS : je ne lis pas la presse française sur le Brexit, je prefere l’anglaise. The Economist c’est en effet une sorte de Pravda, mais de qualité, et qui reconnaît quand elle a tort, c’est plutôt rare)


  15. hl Le 04 octobre 2017 à 11h59
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    Bonjour,

    Même si je suis en accord avec une grande partie du texte, notamment l’intention punitive de la commission et ses raisons, un point me choque : celui d’envisager de laisser à la city le plein accès à la finance européenne tout en n’étant pas obligé de répondre aux lois européennes.

    Pour faire un parallèle, ce serait comme supprimer toutes les normes européennes pour un état étranger, qui pourrait alors vendre impunément du lait radioactif ou de la viande bourrée de produits cancérigènes, ou des voitures dont le système de freinage ne marche qu’un jour sur deux.

    Dans plusieurs des articles de ce site, le fait de subordonner le droit européen, et les décisions des états, à une organisation indépendante des lois européennes a été une des critiques des accords de commerce avec les USA et le canada. Il s’agit des fameuses commissions d’arbitrage pouvant décider qu’une société mérite indemnisation suite à une législation votée par un état.

    Je ne comprends donc pas que l’on puisse ensuite envisager sérieusement d’autoriser des institutions financières indépendantes du droit européen à œuvrer librement en Europe.

    On peut être pour ou contre l’Europe, mais les citoyens ont au moins une possibilité limitée de s’exprimer par leur vote. Ici, nous n’aurions absolument aucun moyen de nous exprimer, ni aucun moyen d’être indemnisé en cas de malversation.


  16. Ribouldingue Le 04 octobre 2017 à 12h21
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    Comme si les élites anglaises qui discutent avec les élites de l’UE n’avaient pas exactement la même vision des choses économiques. Cette tentative de nous expliquer ou sont les bons et ou sont les méchants est assez comique au final, ce sont juste des chiens enragés tentant de se bouffer entre eux en attendant de bouffer leurs moutons respectifs.


  17. Chris Le 04 octobre 2017 à 14h05
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    A lire le billet de Gave et tous les commentaires, je me demande si le but du Brexit n’est pas pour le RU de reprendre la main sur les affaires du monde, aidé en cela par la déliquescence financière (endettement/dédollarisation), militaire et morale de l’empire américain.
    Ils en sont tout à fait capable !


    • JNX75 Le 04 octobre 2017 à 15h40
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      J’ai de gros doute.. c’est pas pour rien que tout l’establishment Britannique est contre, sauf Boris Johnson qui fait le pitre.


      • Louis Robert Le 04 octobre 2017 à 20h33
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        «… tout l’establishment Britannique est contre… »?

        Cela reste à prouver JNX. Pouvez-vous seulement l’entreprendre?

        Parlant Brexit, nous parlons du royaume de demain, qui doit remplacer celui d’hier. On comprend donc facilement que ceux d’hier (comme ceux de l’UE…) soient mécontents de se sentir un peu bousculés par ceux qui s’apprêtent à prendre leurs places, mieux encore à passer vite devant, les abandonnant cruellement derrière.

        Le plus grand nombre aime répéter que nous aimons tous la concurrence. Ne les croyez pas, eux-mêmes n’en croient pas un mot…


        • JNX75 Le 05 octobre 2017 à 08h28
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          Prouver est un grand mot : David Cameron, Tony Blair, Theresa May, David Milliband, John Major, les PDF d’AstraZeneca, d’EasyJet, des constructeur auto, The Economist, la majeure partie des acteurs de la City. Voila , tous ces gens là affichent des positions contre le Brexit, sauf Theresa May qui ne peut plus le faire maintenant qu’elle a accepté le poste (au passage je souligne le courage de cette femme, prendre la barre pour une traversée qu’elle a toujours jugé être une aventure inutile, sachant qu’elle sera jugé responsable en cas d’echec aux yeux de l’histoire, je lui tire mon chapeau, et la voir dans son dernier discours m’a bien peiné).

          Quant à la concurrence, je crois que c’est un vaste débat. Mais si pour vous Brexit = moins de concurrence, on a pas la même lecture.


          • Louis Robert Le 05 octobre 2017 à 09h55
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            Brexit, Eurasie, BRICS me semblent être +++++ de concurrence en perspective pour l’establishment occidental… Voilà qui ne plaît pas à tout le monde. (euphémisme) Tout a été fait pour l’empêcher de se mettre en place depuis des décennies…sinon des siècles. En vain. Montée foudroyante de ce monde de demain, un monde pour TOUS.

            Oui, j’espère voir ça. 2022-2027? 🇨🇳🇬🇧


  18. Iatusa Le 04 octobre 2017 à 15h32
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    Aucun chiffre sur le depart des travailleurs européennes au RU…aucune vision sur la perte d’influence mondiale d’un petit pays ( voir les réactions de la Chine et du Japon à la visite de quémande de Missis May)…bref article uniquement à charge étayé par…aucun fait ! Vous êtes un journaliste au chômage? Ah oui c’est vrai, ce sont les autres journalistes qui travaillent, ainsi que les élus du peuple, les incompétents. Et vous n êtes pas arrivé à devenir l un d’eux, mais la frustration ne justifie pas tout…


    • Whatzupp Le 04 octobre 2017 à 17h35
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      Un journaliste au chomage? aucun faits étayés ????

      LOL


  19. alexander gam Le 04 octobre 2017 à 17h04
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    “qui a le charisme d’une huitre et est l’esclave de son administration.” Ah oui.. c’est du haut niveau.


    • FS Le 04 octobre 2017 à 23h00
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      En plus ce monsieur s’appelle Mr HAMMOND (et non pas HANSON). Au moins, a la difference de Davis, Johnson etc, Mr Hammond est honnete, a la tete sur les epaules, et n’est pas parti completement en vrille.

      ** commentaire de Britannique ici **


  20. Un_passant Le 04 octobre 2017 à 19h42
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    L’Allemagne a un très gros problème. En fait, elle en a même au moins six
    1. Le Royaume-Uni pour les raisons évoquées.
    2. Les Etats-Unis ne veulent pas continuer à importer des produits allemands aux conditions actuelles, ils en ont plus que marre de contribuer aux excédents allemands et que les importations venues d’Allemagne participent à creuser le déficit américain.
    3. La France et ses déficits et on pourrait élargir : tous les pays latins de l’UE qui ont un très fort endettement
    4. Le vieillissement de sa population
    5. L’influence négative à long terme de la Chine sur les exportations allemandes, la Chine commence a avoir la réputation d’être significativement montée en qualité (les industriels européens ne le crient pas sur les toits, on le comprend).
    6. L’abandon du nucléaire qui se fait au bénéfice… du charbon. C’est bien gentil les éoliennes, le photovoltaïque et tout ça mais… la question de la préservation de l’environnement pose le problème des implantations).
    etc.


  21. Renaud Le 06 octobre 2017 à 02h10
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    Toutes choses égales par ailleurs, ce qu’il y a d’intéressant avec Charles Gave est qu’il ne pratique pas la dialectique, il s’appuie sur : ce qui est. Ce qui est, est ce qui compte. Le plus souvent, la dialectique ne mène qu’au néant.
    Mais j’en reste toujours avec le modèle du vivant qui est une vraie référence et un modèle qui fonctionne, car quoi d’autre pourrait mieux nous instruire sur ce qu’il faut faire. Voici ce que j’écrivais, court et dense, il y a 8 ans :

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2556


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