Source : Le Figaro Vox, Alexis Feertchak,

Soldats syriens à Alep Crédits photo George Ourfalian/AFP

Soldats syriens à Alep Crédits photo George Ourfalian/AFP

FIGAROVOX/ENTRETIEN – L’Armée syrienne a repris plus de 70% d’Alep-Est aux rebelles. Pour Caroline Galactéros, d’autres pays pourraient se rapprocher de la Russie qui, en Syrie, a su protéger les structures étatiques malgré la curée internationale contre elle.

Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre(éd.Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (éd. Nuvis, 2014).


FIGAROVOX. – L’Armée syrienne a repris le contrôle de la vieille ville d’Alep qui était aux mains des rebelles. Est-ce un tournant décisif pour la Guerre en Syrie?

Caroline GALACTEROS. – Cette avancée des forces du régime est importante. Après la libération d’autres quartiers d’Alep-Est, avoir pu extirper les djihadistes de ce dédale de rues et de souterrains et les contraindre à se replier vers le sud-est de la ville témoigne d’une dynamique militaire positive en faveur de l’armée syrienne. Surtout, l’exfiltration réussie de plusieurs dizaines de milliers de civils vers l’ouest de la ville prive les djihadistes de leurs «boucliers humains» … et les adversaires occidentaux du régime d’un argument médiatique lourd contre l’implication militaire de Moscou à ses côtés…

La prise d’Alep, si elle devait se réaliser rapidement, constituerait un cap au plan des forces morales qui s’opposent dans cet interminable pugilat, mais surtout une victoire politique symbolique de prix qui conforterait un rapport de force de plus en plus favorable à la restauration de l’Etat syrien. Le recul des djihadistes à Alep n’est en effet que la manifestation d’une déroute militaire globale qui semble chaque jour plus inéluctable, et d’un rapport de forces russo-américain où Washington perd pied. Même John Kerry dans sa déclaration à Bruxelles du 6 décembre (lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN), semble jeter l’éponge, apparemment convaincu que la partie (i.e le renversement du régime syrien et l’éclatement du pays) est perdue, et cherche habilement à dédouaner l’Amérique d’un soutien aux mouvements rebelles radicaux devenu indéfendable et surtout sans issue. Sans issue… mais pas sans objet résiduel. La rivalité Washington-Moscou restera vive, au moins jusqu’à l’entrée en fonction de Donald Trump fin janvier prochain. De ce point de vue, la réduction de l’insurrection djihadiste à Alep n’est donc pas décisive, et l’administration Obama poursuivra sans doute son soutien au moins indirect aux groupes radicaux (notamment via la Turquie) pour pourrir au maximum le jeu russe et plus encore celui du nouveau Président, qui a déjà entrepris un dialogue avec Moscou pour sortir l’Amérique de ce bourbier. Peut-être un «deal» de type «blanc-seing à la Russie en Syrie contre mains libres à l’Amérique en Irak» pour redorer le blason US est-il en train de se nouer. La guerre ne va donc pas s’arrêter avec l’éventuelle reprise d’Alep. Elle cessera lorsque les puissances sunnites, les Etats-Unis mais aussi la France accepteront leur «échec» et chercheront sérieusement un compromis politique soutenable pour la Russie et l’Iran. Il faut pour cela que Ryad, Doha, Ankara, Londres et Washington admettent qu’il y a plus à gagner à négocier qu’à combattre, et sans doute aussi que Paris cesse de prendre des initiatives diplomatiques (du type de la conférence envisagée «des pays refusant la guerre totale»…) à contretemps et contre-emploi. Ces gesticulations dérisoires déconnectées de la marche réelle des évènements sont hautement contreproductives, même du seul point de vue égoïste de l’intérêt national. Nous ne reviendrons pas ainsi dans un jeu d’où nos maladresses et notre entêtement dogmatique nous ont exclus en nous déconsidérant.

Dans quelle mesure la prise d’Alep consacre le retour militaire et diplomatique des Russes dans les affaires internationales?

Ce retour de la Russie est à mon sens plus qu’une évidence. C’est une nécessité, n’en déplaise aux nombreux «experts» et commentateurs qui veulent contre toute évidence persister à voir le monde avec un regard de cyclope myope, de manière simpliste et manichéenne. Ils se trompent d’ennemi, par confort intellectuel et refus de se remettre en question. Leur responsabilité est en fait lourde dans la perpétuation du chaos et de la violence car en claironnant leur pensée indigente, ils sclérosent les lignes de fracture au lieu de contribuer à les dépasser. Il est pourtant urgentissime de reconnaître enfin que le modèle implicite des relations internationales qui a eu cours depuis 20 ans s’est définitivement fracassé contre ses propres excès. L’idéalisme moralisateur comme masque d’un interventionnisme rapace a fait des ravages qu’on ne peut plus ignorer. Chez les peuples victimes de notre empressement à les «libérer», mais aussi chez tous ceux que l’on croit ainsi convaincre de la prévalence du modèle occidental de développement politique, économique et social. Et l’effet boomerang de cette offensive qui ne dit pas son nom joue désormais à plein contre nous.

Profitant de cet échec patent, la Russie propose – à l’occasion du conflit syrien -, de rééquilibrer le jeu international, d’admettre sa multipolarité de fait et de se rapprocher de l’Occident dont elle s’estime encore pleinement partie. Surtout, elle offre un modèle alternatif de référence et surtout de protection plutôt convaincant: fiable, cohérent, pragmatique, résilient. Ne pas «lâcher Assad» en dépit de la curée internationale contre lui, et surtout protéger l’Etat syrien du démembrement a un impact non seulement à Damas et Téhéran, mais aussi au Caire, à Alger, à Dehli, en Afrique, aux EAU, à Ankara et même d’une certaine façon, à Ryad… La diplomatie du dialogue ouvert et sans exclusive (officiel ou discret) de Moscou avec tous les acteurs directs et indirects du conflit syrien va bien au-delà de la gestion optimale de ce seul drame. L’entreprise de séduction «à la russe» tous azimuts se poursuit. Les émissaires de Moscou, directs ou indirects (palestinien…), nouent des contacts, proposent des partenariats divers, des contreparties attractives à un appui aux positions russes sur ce que doit être la transition politique syrienne. Bref, les lignes bougent et, au lieu de les franchir, là encore, en France ou ailleurs, on oppose artificiellement la logique militaire à la diplomatique, comme si elles n’étaient pas étroitement liées. Comme si on pouvait décider de faire la guerre ou de négocier! Ça ne marche pas comme ça. Ce n’est pas la guerre comme seul mode d’action …ou la diplomatie hors sol dans le silence des armes. Seule la prise d’ascendant militaire sur le terrain et un rapport de force qui ne peut plus évoluer qu’à la marge permettent à un moment donné aux belligérants contraints et forcés, et à leurs parrains divers de s’assoir à la table de négociation de manière productive.

Pour l’heure, les Russes ont marginalisé les Américains – qui ont déjà fort à faire pour «soutenir sans soutenir» les djihadistes et essayer de maitriser leur allié turc indocile. Ils dominent le front diplomatique et cherchent à réunir autour de leurs auspices exclusifs un panel crédible et représentatif de la diversité syrienne pour un processus politique qui débouchera sur des élections et surtout sur le maintien de l’unité syrienne même dans l’hypothèse d’une structure étatique fédérale. Mais à Paris, au lieu de s’insérer dans cette approche pragmatique, on persiste à criminaliser Vladimir Poutine, à parler d’Assad comme du bourreau unique de son peuple, à minorer le soutien populaire au régime de Damas pour accréditer l’idée qu’on pourrait, de l’extérieur, imposer un casting représentatif… qui pourtant a sombré sans équivoque dans le discrédit et en est lui-même réduit à proposer «de parler avec la Russie» pour ne pas quitter tout à fait la scène. Et la guerre continue.

Quelles suites peut-on imaginer pour le régime de Bachar al-Assad?

Assad n’est ni le (seul) problème, ni la solution. Cette polarisation sémantique elle aussi est hautement contreproductive. C’est un atout dans une négociation globale que chaque puissance intervenante essaie de valoriser au mieux. Si la reconquête militaire se poursuit à son avantage, il pourra sans doute négocier des conditions de sortie honorables pour lui et ses proches au terme d’un processus politique institutionnel et électoral auquel lui – ou d’autres de ses proches, membres éminents du régime – devront d’une façon ou d’une autre participer.

Quel est le jeu de la Turquie alors que le pays poursuit au Nord de la Syrie son opération «Bouclier de l’Euphrate»?

Lire la suite sur : Le Figaro Vox, Alexis Feertchak,

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21 réponses à Caroline Galactéros : la bataille d’Alep ou la déroute de la diplomatie occidentale en Syrie

Commentaires recommandés

Fritz Le 15 décembre 2016 à 02h14

Analyse remarquable, à la fois décapante et pondérée. Dans la suite de son entretien, Caroline Galactéros propose d’abandonner “les utopies mortifères de l’idéalisme moralisateur qui ont pavé le monde de cadavres civils sacrifiés sur l’autel de notre ubris”. Elle ajoute qu’il faut revenir aux principes fondateurs des Nations unies (le respect de l’égalité souveraine des nations et le refus de l’ingérence), et elle envisage une possibilité de rétablir les relations entre la France, la Russie et les États-Unis (le “triple reset”).

Sur la Syrie et les enjeux de cette guerre, je préfère le colonel Galactéros au colonel Goya.

  1. Fritz Le 15 décembre 2016 à 02h14
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    Analyse remarquable, à la fois décapante et pondérée. Dans la suite de son entretien, Caroline Galactéros propose d’abandonner “les utopies mortifères de l’idéalisme moralisateur qui ont pavé le monde de cadavres civils sacrifiés sur l’autel de notre ubris”. Elle ajoute qu’il faut revenir aux principes fondateurs des Nations unies (le respect de l’égalité souveraine des nations et le refus de l’ingérence), et elle envisage une possibilité de rétablir les relations entre la France, la Russie et les États-Unis (le “triple reset”).

    Sur la Syrie et les enjeux de cette guerre, je préfère le colonel Galactéros au colonel Goya.


    • Homère d'Allore Le 15 décembre 2016 à 07h51
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      L’ouverture du blog de Caroline Galacteros a permis de trouver une nouvelle source de réinformation passionnante
      Dommage que, concomitamment, cela ait privé les commentaires des crises.fr de l’une de ses meilleures intervenantes. ?


    • lvzor Le 18 décembre 2016 à 11h40
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      “L’idéalisme moralisateur comme masque d’un interventionnisme rapace a fait des ravages qu’on ne peut plus ignorer.”

      On ne saurait mieux dire! Quand lira-t-on de telles phrases dans la presse “degauche” ? (je précise que je ne suis pas du tout de droite 😀 )


  2. BEOTIEN Le 15 décembre 2016 à 03h25
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    Dur… réalisme ! Dont le manque quand il aurait pu les éviter, s’est payé de tant de tant de souffrances et de vies.

    À quand l’inventaire des armes qui ont permis cette horreur ?


  3. isidor ducasse Le 15 décembre 2016 à 07h39
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    Aprés la chute du bloc de l’Est, les US ont pu assoir leur hégémonie sur le reste du monde, et pour la première fois dans l’histoire une nation était devenue une puissance, militaire et économique, sans rivaux.
    Avec le Brexit, c’est le bloc de l’Ouest qui commence à s’éffriter, avec la victoire de Trump c’est la propagande médiatique qui fonctionne plus, et avec la victoire d’Alep c’est la puissance militaire US qui n’est plus hégémonique.
    Je pense nous allons tourner une grande page de l’histoire commencée en 1945.
    J’espère que la France va retrouver, son âme, sa liberté.


    • Louis Robert Le 15 décembre 2016 à 13h50
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      “Aprés la chute du bloc de l’Est, les US ont pu assoir leur hégémonie sur le reste du monde, et pour la première fois dans l’histoire une nation était devenue une puissance, militaire et économique, sans rivaux…”

      ***

      C’était faire fi à trop bon compte de la Chine et de la Russie! “La fin de l’histoire” (Fukuyama) ne méritait vraiment pas qu’on s’y arrête…

      L’Empire ne fut jamais sans très puissants rivaux. La fin de son hégémonie précède la victoire d’Alep. Deux livres, surtout, retinrent notre attention (il y en eut bien d’autres là-dessus):

      “The Post-American World” de l’Américain F. Zakaria et “When China Rules the World” du Britannique Martin Jacques.

      Tandis qu’aboient derrière… la longue caravane…


  4. Julie Le 15 décembre 2016 à 10h23
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    Correction à certains commentateurs hier: il y a bien une envoyée de radio france à Alep, elle a fournit des reportages que l’on peut entendre dans les journaux de rfi france inter france culture depuis qq jours: elle ne parle pas arabe, n’hésite pas à ajouter lourdement aux propos qu’on lui tient et n’a interviewé personne à Alep-ouest.

    Evacuation en directe des civils aujourd’hui (zero représentant de l’onu ou autre n’est là depuis des jours et des semaines que les corridors sont ouverts, mais bon c’était la même chose quand des centaines de milliers de personnes ont fui Mosul.. ils ont mis des semaines avant de venir.. alors là.. entre 2 adminstrations US et 2 administrations ONU… trop risqué, on pourrait envoyer des gens impartiaux!!)
    https://youtu.be/wnegE_DDOVA


  5. Fabien Le 15 décembre 2016 à 10h37
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    Un point pour Le Figaro, et c’est un homme de gauche qui le dit… On attend toujours une tribune de cette nature dans Le Monde ou dans Libé!


  6. moshedayan Le 15 décembre 2016 à 11h01
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    Il n’y a pas que l’aspect “droits de l’Hommiste” dans l’échec des diplomaties européistes et occidentales (France en premier). Je ne suis pas naïf. Les buts visés étaient encore et toujours (en faisant d’une pierre deux coups) d’affaiblir voire de mieux encercler la Russie (en abattant son allié traditionnel dans la région) : plan après la Géorgie, …l’Ukraine, la Syrie. Si cette optique est maintenue : le discours sur la nécessité d’une “défense de l’UE” face à l’abandon possible des Etats-Unis a un objectif : poursuivre les tensions avec la Russie et préparer un affrontement direct (et encore une fois ce ne seront pas les Américains directement responsables mais la bêtise des Européens “européistes” à l’école “allemande” du projet “européen”, faut le faire non !!! )


    • Fritz Le 15 décembre 2016 à 11h38
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      Sous Louis XVIII, il y avait les Ultra-royalistes, plus royalistes que le roi.
      Après l’élection de Trump, nous avons les Européistes, plus atlantistes que les Américains.

      En effet : faut le faire !


  7. UnKnown Le 15 décembre 2016 à 11h17
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    Vu le niveau des Pertes à Mossoul, les Irakiens doivent se dire que même si les frappes russes touchent beaucoup les civils (puisque la procédure de confirmation est disons… plus directe que celle de la coalition ou de l’OTAN), elles ont le mérite de fonctionner. On n’est pas dans la même configuration qu’à Alep, certes, mais encore 4 mois comme ça et l’offensive aura échouée (2000 morts officiels en un seul mois, 63 morts par jours! à ce tarif là, l’armée Irakienne qui attaque Mossoul aura perdu toute capacité offensive d’ici Mars)


  8. Fritz Le 15 décembre 2016 à 11h44
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    Je vous approuve entièrement. Israël comme le Liban ont tout intérêt à la reconstruction d’un État stable en Syrie, de même que Poutine ne cherche pas à humilier Obama. Réalistes et pragmatiques, les Russes proposent une solution gagnant-gagnant, malgré les injures dont on les accable.


  9. Julie Le 15 décembre 2016 à 12h32
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    Si encore l’EU avait fait des quotas de réfugiés syriens à protéger ne serait-ce que temporairement (temporary asylum visa comme cela avait été fait pour les Irakiens et les Afghans) mais le fait que certains membres se permettent de remettre en cause le droit international en matière d’asile, et qu’on ait préféré des tractations avec la Turquie en pleine purges staliniennes fait de la position européenne un imbroglio absolu. Et bon courage à la Grèce avec ses milliers d’îles, hein…


  10. Jack Le 15 décembre 2016 à 13h13
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    Mouais. La “déroute militaire globale” des djihadistes a été causée par la trahison de la Turquie, rien d’autre.
    Pour la marginalisation des américains, la dame a du rater la levée des restrictions de livraisons d’armes US. D’après Marc Toner, le porte-parole US, il s’agit d’armer les “groupes qui combattent le terrorisme dans la Syrie du nord.” En clair, on arme enfin les kurdes qui commencent à recevoir du matériel digne de ce nom. L’objectif est d’atteindre le niveau d’armement d’une véritable armée.


    • Julie Le 15 décembre 2016 à 17h05
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      et comme les Turcs n’ont pas cessé de bombarder les Kurdes, que ce soit en Turquie, en Syrie près de Manbij et en Irak, les Américains vont pouvoir se frotter les mains en regardant la Turquie creuser un peu plus la tombe du grand projet européen; mais bon là-dessus les Eurocrates et nos gouvernements myopes ont déjà fait un sacré boulot


  11. Julie Le 15 décembre 2016 à 17h01
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    si l on en croit les “journalistes” de la tranche du matin sur france culture
    l évacuation s’était arrêtée hier suite à d’insupportables demandes des alliés de la Syrie, en particulier des Iraniens, ce qui prouvait que les Russes et les Iraniens avaient des buts inconciliables, pour ne pas dire ineptes.
    la demande consistait à demander des garanties d’évacuation des civils shiites assiégés par les insurgés/djihadistes/islamistes, entre Idlib et Alep, dans les villages de Fouaa et Kafaryaa
    c’est vrai quoi, dans la mesure où on laisse partir les insurgés “avec leurs armes légères” (comme même nos médias le rapportent sans autre commentaire), pourquoi ne pas les laisser aller se faire un petit massacre une fois bien au chaud à Idlib?
    heureusement, la demande inacceptable a finalement fonctionné semble-t-il et ces deux villages assiégés vont aussi pouvoir évacuer civils et blessés
    https://twitter.com/maytham956


  12. mauxlesque Le 15 décembre 2016 à 19h12
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    Juste un petit bémol et pas des moindre la confusion sunnite et wahhabisme ne font pas bon ménage…
    Le Maghreb est sunnite je rappel que l’Algérie a payé le prix fort dans les années 90 a cause de ses mouvances donc dire “le soutien des pays sunnites” ou lieux de cités les pays en question et pour moi une “Grosse Erreur” de jugement et favorise les amalgames c’est du journalisme a emporte pièce…


  13. Nanker Le 15 décembre 2016 à 20h47
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    La même (avec le toujours remarquable Gérard Chaliand) ce soir sur «France Culture» :
    https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/letat-islamique-est-il-un-adversaire-militaire-comme-les-autres


  14. aleksandar Le 16 décembre 2016 à 19h01
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    Tres bon article sauf sur 1 point.
    Assad ne négociera pas une sortie honorable, d’abord parce qu’il ne négocie jamais, ensuite parce que la lecture du conflit par les syriens est très différent de la notre.
    La ou ici, on nous vend une guerre civile, les syriens dans leur grande majorité voient une guerre d’agression menée par l’étranger. Dans ce contexte Assad est l’homme qui a sauvé la Syrie et vaincu les USA. Une amie religieuse revenant de syrie il y a quelques mois m’expliquait que même des gens anti-Assad il y a 5 ans voient en lui LE dirigeant de la Syrie.
    Si on organise a la fin de cette guerre des élections présidentielles libres et surveillées par l’ONU, la victoire d’Assad aura des allures de raz de marée.


  15. Anne Jordan Le 17 décembre 2016 à 22h50
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    Eh oui , @aleksandar !
    alors que les pleureuses de ce mois de Décembre 2016 feraient bien de se souvenir qu’il y a2 ans , cette sortie ” honorable ” était sur la table et même envisagée par la Russie .
    Combien de milliers de gens seraient encore en vie , si nous n’avions pas vu tous ces tartuffe jeter de l’huile sur le feu ?
    Quant à la notion de ” guerre civile ” , hélas , même Mélenchon qui dit par ailleurs beaucoup de choses justes sur cette guerre commet l’erreur de parler de ” guerre civile ” .
    faudra lui écrire , via ses vidéos youtube et ses FAQ .
    ça en fera au moins un qui ne déraillera pas trop !


  16. BEOTIEN Le 22 décembre 2016 à 02h05
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    Soulignons une recommandation qui n’a, heureusement, pas été confirmé par les faits :

    “que Paris cesse de prendre des initiatives diplomatiques (du type de la conférence envisagée «des pays refusant la guerre totale»…) à contretemps et contre-emploi. Ces gesticulations dérisoires déconnectées de la marche réelle des évènements sont hautement contreproductives, ”

    Car ce n’est pas rien que la résolution qui en est sortie aie déboucher sur une meilleure sécurisation des conditions d’évacuation. D’abord pour les possibles victimes d’exactions de la part des vainqueurs comme des vaincus. Ensuite pour la capacité du régime et ses alliés russes et irakiens d’aboutir à une solution politique aussi consensuelle, donc fiable, que possible.


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